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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).
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TV - « Somebody Feed Phil » : virée gourmande et mots d’esprit

Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    29.07.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

Au cours de la première saison de Somebody Feed Phil (« Qu’on nourrisse Phil ! »), Philip Rosenthal, le sympathique créateur et animateur de cette divertissante série documentaire gastronomique de Netflix, nous avait emmenés à Bangkok, Saïgon, Tel-Aviv, Lisbonne, La Nouvelle-Orléans et Mexico.
Pour cette deuxième virée globe-trotteuse, le créateur, scénariste et producteur de la sitcom Everybody Loves Raymond (1996-2005) met le cap sur… Le Cap, Buenos Aires, Copenhague, Venise, Dublin et New York. Avec, chaque fois, quelques tables étoilées mais, surtout, des bistrots et de la cuisine de rue, que découvre l’Américain avec la bénévolence de l’amateur prêt à surprendre sa voûte palatine.
On s’amuse toujours aux gamineries de Philip Rosenthal, dont les yeux bleus écarquillés disent l’enthousiasme du gourmand jamais rassasié, capable de goûter une vingtaine de portions de pizzas à la file. On aime aussi retrouver ses parents – à l’humour typiquement juif new-yorkais –, joints par Skype au cours chaque épisode.
Mais cette fois-ci, on les ­retrouve « en vrai », chez eux, à New York, pour le dernier ­épisode de cette saison. Phil leur présente un invité surprise, le chef français Daniel Boulud, très connu aux Etats-Unis, venu ­goûter et juger la soupe aux boulettes de matzo de Mme Rosenthal mère.

   


Evidemment, les parents n’ont pas la moindre idée de l’identité de leur illustre visiteur, fameux pour son hamburger au foie gras. Au point que M. Rosenthal père propose même au chef, qui a aimé la soupe, d’en emporter un peu chez lui, au cas où celui-ci ne saurait pas se faire cuire un œuf…
La drôlerie de Philip Rosenthal est réjouissante. Mais, comme dans les sitcoms, un bon mot toutes les cinq secondes finit par être lassant. Et son sens de l’autodérision prend une place telle qu’elle vole parfois la vedette aux plats goûtés et aux chefs et critiques culinaires rencontrés.
Cependant, on voit bien que son regard peut être poétique, comme dans le sixième et dernier volet, consacré à sa ville natale. On y retrouve ce ton de déclaration amoureuse à Manhattan dont les Français ont pris le goût à travers les films de Woody Allen qu’ils aiment tant.
Somebody Feed Phil, saison 2, série documentaire de Philip Rosenthal (Etats-Unis, 2018, 6×55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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Devenu l’un des animateurs préférés des Français, Michel Cymes, médecin et chirurgien ORL, présente « Le Magazine de la santé » et « L’Enquête de santé » (France 5), ainsi que « Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain » (France 2). Il a publié en mai Chers hypocondriaques… (Stock, 224 pages, 17,50 euros).
Cette chanson était un énorme tube à l’époque de mes 17 ans, en 1974. Ça disait : « Le premier pas/J’aimerais qu’elle fasse le premier pas/Je sais, cela ne se fait pas/Pourtant j’aimerais que ce soit elle qui vienne à moi/Car voyez-vous je n’ose pas… » C’était une drôle de coïncidence parce qu’au même moment, j’avais flashé sur une jeune fille blonde et jolie que je croisais chaque jour dans la rue, avec son teckel, quand je partais au lycée. Elle marchait devant moi, je fantasmais beaucoup, alors qu’à mon avis, elle ne m’avait même pas remarqué…
J’étais extrêmement timide. Pendant des mois, j’ai cherché comment l’aborder sans avoir l’air con. Je me disais : « Je vais lui proposer de promener le chien avec elle… » Mais je n’ai jamais eu l’audace. J’ai fini par déménager. Ce n’était pas celui-là, l’amour de ma vie, parce que je suis très heureux aujourd’hui. Mais cette expérience, comme d’autres frustrations, m’a probablement servi dans la vie. Je tente tout aujourd’hui.
Miracle de la mémoire
J’écoute régulièrement cette chanson. Je l’adore ! A chaque fois, je repense à cette fille, quarante-cinq ans après, alors que j’ai une mémoire de poisson rouge. Je revois la scène, elle est encore très présente. C’est un miracle de la mémoire. La chanson réveille le souvenir, peut-être parce que plusieurs parties de mon cerveau étaient mobilisées en même temps : la vision, l’émotion…
Ado, j’étais vraiment une quiche dans le domaine de la drague. Dans les boums, je me mettais toujours copain avec le mec qui passait les disques pour pouvoir lui demander Hey Jude, des Beatles. C’est un slow qui dure sept minutes, ça me laissait plus de temps pour draguer. En deux-trois minutes, sinon, je n’avais pas le temps de passer la main dans le dos, de me resserrer, puis de tenter d’embrasser. Je n’étais pas très à l’aise avec la parole. C’est la radio qui m’a servi de thérapie, plus tard. Au lycée, j’étais le grand déconneur, les filles venaient toutes me voir, je les faisais marrer, mais j’étais tellement mauvais en drague que c’étaient les copains qui sortaient avec elles. J’étais un aspirateur à nanas pour les autres. 


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.
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                L’art « queer » de Lili Reynaud Dewar


Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 10h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On demande à Lili Reynaud Dewar vers quel avenir tend son art : « Une famille queer un peu dissolue, répond-elle, et qui invente de nouvelles formes de sociabilité. » Dans la plupart des œuvres de cette plasticienne-performeuse, il y a différents objets exposés et une vidéo où on la voit danser nue, le corps entièrement peint, filmée dans le lieu d’exposition où nous nous trouvons, mais en notre absence. Les mouvements qu’elle interprète sont des fragments chorégraphiques de Joséphine Baker, en boucle, comme un photogramme bloqué qui sauterait indéfiniment. Parmi ses personnages tutélaires, on trouve aussi le musicien afrofuturiste Sun Ra, l’écrivain gay Guillaume Dustan, promoteur à l’aube des années 2000 du sexe sans préservatif (elle le cite dans My Epidemic, 2015, installation réalisée pour la Biennale de Venise), ou encore la biologiste et philosophe Donna Haraway, dont elle a utilisé le célèbre Manifeste ­cyborg (1985), entre autres, pour son projet TEETH GUMS MACHINES FUTURE SOCIETY (« Dents, gencives, machines, futur, société », 2016).
Dans un de ses textes théoriques, Reynaud Dewar écrit qu’« avec l’éloquence qui [lui] est propre (déli­bérément emphatique, ironique – ou plutôt paro­dique ? ! –, revendicative) », Donna Haraway professe « un rejet de la nature en tant qu’instance de légiti­mation des mécanismes de hiérarchisation, de domination, de silence, d’oubli ». Cette définition pourrait sans doute en partie s’appliquer à son propre art, qui est souvent drôle, à double sens, teinté d’ironie. Pour le critique Diedrich Diederichsen, elle appartient à cette génération d’après les idéologies qui ne croit plus aux mythes du progrès, en particulier ­social. Ce qui était déjà le cas, note-t-il dans le cata­logue d’Interpretation – un des premiers projets phares de Reynaud Dewar, présenté à la Kunsthalle de Bâle en 2010 – de Sun...


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L’art « queer » de Lili Reynaud Dewar
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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/07/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 112)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 07h04
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine » est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque.
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L’écrivain et ex-dissident russe Vladimir Voïnovitch est mort

L’auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine » est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 22h13
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 09h46
   





                        


L’écrivain russe Vladimir Voïnovitch, ancien dissident soviétique et auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque, ont annoncé samedi ses proches.
« Vladimir Nikolaïevitch (Voïnovitch) est mort », a fait savoir un membre de la famille de l’écrivain, dont les livres ont été traduits dans plusieurs langues, à l’agence publique de presse TASS.
Le ministre de la Culture, Vladimir Medinski, a salué un « écrivain au grand talent, auteur de paroles de chansons appréciées, un homme à la position citoyenne responsable et active ». « Son œuvre a toujours été une vision aiguisée de la réalité, habilement véhiculée par un langage vivant et fascinant », a-t-il ajouté saluant la contribution de Vladimir Voïnovitch au « renforcement de la liberté d’expression, au développement des principes d’égalité, de compréhension mutuelle et d’harmonie sociale » en Russie.
Dissident en URSS, puis critique des nouvelles autorités russes
Né en 1932 à Stalinabad, au Tadjikistan soviétique, Vladimir Voïnovitch s’est d’abord fait connaître en tant qu’auteur satirique, avec notamment « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », un roman qui expose les absurdités du totalitarisme. Traduit en plusieurs langues, cet ouvrage lui a valu la notoriété. Publié pour la première fois en 1975 par Ymca-press, la maison d’édition de la dissidence à Paris, le livre a longtemps circulé dans les milieux de l’émigration mais aussi en URSS, sous le manteau.
Proche d’autres dissidents de l’époque, il est exclu de l’Union des écrivains soviétiques puis contraint d’émigrer en Allemagne quelques années plus tard après avoir été déchu de sa nationalité.
Egalement auteur de textes de chansons, il retourne en Russie en 1993 après la dissolution de l’Union soviétique et poursuit son travail d’écrivain, souvent critique des nouvelles autorités russes.
Dans « Moscou 2042 », un livre de fiction publié en 1987, il écrit que la Russie s’apprête à être dirigée par un officier du KGB, germanophone et ancien résident en Allemagne de l’Est. Sa prédiction se réalise le 31 décembre 1999. Vladimir Poutine, réélu en mars 2018, est un lieutenant-colonel du KGB qui fut en poste à Dresde dans les années 1980.
En 2002, il n’hésite pas à présenter un pamphlet s’attaquant au « mythe » du génie du prix Nobel de littérature et ex-dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne, mort en 2008.
Parcours
1932
Naissance à Douchanbé (Tadjikistan, URSS).
1961
La revue « Novy Mir » publie sa première nouvelle « C’est ici que nous vivons ».
1974
Exclu de l’Union des écrivains.
1980
Emigre en Allemagne.
1981
Privé de la citoyenneté soviétique. Gorbatchev la lui rend dix ans plus tard.
2007
Publie « Les Aventures singulières du soldat Tchonkine », tome III.
2018
Mort d’une crise cardiaque à l’âge de 86 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Notre choix du soir. Cédric Condon retrace, avec les qualités et défauts du docu-fiction, le parcours des jésuites dans l’empire au XVIe siècle (sur Arte à 20 h 50).
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TV - « Chine, l’empire du temps »

Notre choix du soir. Cédric Condon retrace, avec les qualités et défauts du docu-fiction, le parcours des jésuites dans l’empire au XVIe siècle (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    28.07.2018 à 18h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50

Imagine-t-on une querelle scientifique dont l’enjeu soit la pronostication d’une ombre censée dire la meilleure méthode pour établir un calendrier ? Ce défi, voulu par l’empereur de Chine Kangxi (1661-1722), entendait à la fois établir son autorité contre les régents qui gouvernaient en son nom – il était monté sur le trône à 6 ans – et trancher une querelle qui courait depuis le début du siècle entre le savoir traditionnel chinois et la science occidentale incarnée par la Compagnie de Jésus.
C’est l’usage des logarithmes que maîtrisait le père Ferdinand ­Verbiest (1623-1688) qui permit aux jésuites de l’emporter, mais l’épilogue restait fragile, car le débat contradictoire laissa bien des cicatrices et les tensions entre les Chinois et les étrangers n’en restèrent que plus vives. Il n’empêche ! Verbiest fut conséquemment nommé en 1669 à la tête du bureau de l’astronomie, contrôlant l’établissement du calendrier qui relevait du mandat du ciel dévolu à l’empereur. Un succès soldant un long combat que résument trois tombes jésuites au cimetière Zhalan de Pékin, rappelant que le débat eut ses héros et ses victimes : de l’Italien Matteo Ricci (1552-1610) au Flamand Verbiest, en passant par l’Allemand Johann Adam Schall von Bell (1591-1666), même si la peine de mort prononcée contre lui par le pouvoir mandchou fut commuée en résidence surveillée à vie.

   


Depuis la venue en Asie du père Ricci dans les années 1580, les jésuites adoptèrent une ligne de conduite aussi rare que subtile. Estimant, à juste titre, très élevé le degré de civilisation de la Chine comme du Japon, ils entendirent se servir de l’engouement de ces empires pour les sciences – notamment la géométrie et l’astronomie – pour implanter le christianisme grâce aux savoirs européens dans ces disciplines qu’ils y importaient prioritairement.
Habile, la manœuvre fut payante, en Chine, tant que les empereurs, soucieux d’une rigueur indispensable pour mesurer le temps, établir les horoscopes et les prévisions atmosphériques comme astrologiques, protégèrent les détenteurs d’un savoir nouveau et enfin fiable.
Tenus pour des traîtres
Jusque-là, les erreurs, nombreuses, menaçaient la réputation du souverain comptable du lien entre le ciel et la terre, donc les savants responsables sévèrement sanctionnés. Matteo Ricci mesure l’enjeu pour le christianisme, séduit l’empereur Wanli (1572-1620), forme des disciples sur place tel le mathématicien Xu Guangqi (1562-1633) qu’il convertit et demande à Rome des pères jésuites spécialisés en astronomie afin d’asseoir la religion romaine.
Mais qu’un règne s’achève, qu’une révolte renverse une dynastie – le dernier des Ming, l’empereur Chongzhen (1627-1644), se suicide pour éviter d’être pris –, que de nouveaux maîtres se défient de ces Occidentaux protégés par leurs prédécesseurs, et tout est à refaire.
Tenus pour des traîtres, des hérétiques aussi, les jésuites connaissent ainsi des heures sombres et les fonctionnaires indigènes qu’ils ont convaincus ou formés paient parfois de leur vie leurs convictions scientifiques. C’est ce passionnant conflit bien peu connu que le documentaire de Cédric Condon, tourné en Chine, relate avec les qualités et les défauts de ces docu-fictions où les scènes dramatiques convainquent peu. Mais le sujet se prête mal à un lyrisme porteur et la précision du débat justifie pleinement qu’on suive les deux volets de l’évocation.
Chine, l’empire du temps, de Cédric Condon (Fr., 2017, 2 × 55 min).



                            


                        

                        


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Le mapping, entre art et attraction touristique

Les œuvres numériques envahissent les villes mais leur aspect artistique doit encore s’affirmer.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h41
    |

                            Marie Frumholtz








                        



   


Quel centre-ville ne dispose pas de son mapping ? En pleine saison estivale, ces spectacles sons et lumière immersifs surgissent à la tombée de la nuit un peu partout en France. De la place Stanislas à Nancy, en passant par les cathédrales d’Orléans ou d’Amiens, leurs musiques et leurs couleurs vives déplacent des masses de touristes chaque soir.
À Metz, le parvis de la cathédrale Saint-Etienne ne désemplit pas depuis un mois. La réalisation de Yann Nguema est projetée sur la façade à quatre reprises trois fois par semaine durant toute la durée du festival Constellations. Très élaboré, ce mapping d’un quart d’heure varie les effets 3D à grand renfort de projecteurs et de lasers, le tout sur un fond sonore psychédélique. L’artiste a d’abord entré, à l’aide d’un logiciel, les coordonnées de chaque pierre. Un algorithme spécifique est ensuite élaboré pour permettre la mise en mouvement très précise de la façade. L’effet est saisissant lorsque le Graoully, le monstre légendaire de la ville de Metz, toise de toute sa hauteur l’ensemble des spectateurs.
Des selfies « instagrammables »
« Le côté numérique et monumental de ces projets remporte un succès incroyable auprès du public. Ce sont les nouveaux feux d’artifice », estime Nicolas d’Ascenzio en charge du parcours numérique du festival. Mais malgré la qualité de l’installation, l’organisateur hésite à la réitérer, tant le procédé semble éculé. Même impression du côté de Yann Nguema : « On a tendance à voir et revoir les mêmes effets multicolores sur tous les bâtiments de France. Cela a certes un impact touristique mais ça ne veut pas dire que la qualité des propositions est au rendez-vous. Les gens vont finir par s’habituer et par devenir plus exigeants ».
Estimant perdre 15 à 20 % de ses effets en extérieur, l’artiste souhaite revenir à des créations en intérieur, plus intimistes, à l’image de l’exposition du collectif japonais teamLab à la Villette.

Si le succès de ces installations ne se dément pas, c’est aussi et surtout grâce aux réseaux sociaux. Une pancarte indique d’ailleurs dès l’entrée de la grande Halle de la Villette que leur usage est fortement encouragé. Le hashtag #teamlab a déjà été repris plus de 238 000 fois sur Instagram. Les motifs de fleurs colorées ou de lampions se reproduisant à l’infini dans les miroirs constituent un environnement très propice aux selfies « instagrammables ». Quant aux vidéos, elles capturent ces moments « magiques » où d’un simple geste, le spectateur fait évoluer l’œuvre. Immersif et interactif, le mapping se passe de toute explication, cartel ou médiateur.
Une porte d’entrée 
Ces caractéristiques, les institutions muséales tentent aussi de se les approprier. Le château d’Auvers-sur-Oise (95) par exemple, a complètement revu sa scénographie l’an passé. Une agence spécialisée a aménagé huit salles où des animations sonores et visuelles de grands formats comptent l’histoire des peintres impressionnistes du village. « Ce changement a permis à notre musée de passer dans le XXIe siècle, estime Delphine Travers directrice du lieu. En 45 minutes, le visiteur comprend en quoi ce village a été important pour l’histoire de l’art. »

   


Et peu importe si les visiteurs présents en cet après-midi de juillet cherchent davantage le meilleur angle pour un selfie à l’aide de leur perche, qu’à écouter les explications. « Il faut savoir vivre avec son temps. Les réseaux sociaux constituent une belle porte d’entrée pour visiter Auvers-sur-Oise » assure la directrice.
Des œuvres plus pointues
A Metz également, le mapping « n’est qu’un produit d’appel pour découvrir d’autres choses » assume Nicolas d’Ascenzio. Le programmateur a ainsi sélectionné des œuvres plus pointues, comme Warping Halos du collectif Children of the Light installée dans l’église des Trinitaires. Le FRAC Lorraine est également inclus dans le parcours numérique.

   


« Ce festival contribue à la nouvelle identité de notre ville dont le slogan est “art et technologie” » explique Hacène Lekadir, adjoint à la culture de la ville. Metz a déjà reçu le label French Tech et son tiers lieu numérique TCRM-BLIDA, dirigé par Nicolas d’Ascenzio, a accueilli en résidence de nombreux artistes du festival Constellations.

   


« Les arts numériques ne sont pas encore très représentés dans les musées. La question se pose encore de reconnaître le jeu vidéo comme le 10e art. Mais à terme, je suis sûre que nous aurons des œuvres numériques pérennes dans l’espace public, affirme le jeune homme. Il faut trouver des artistes qui parviennent à l’équilibre entre le “fun” et le projet artistique. » Une mission à laquelle il s’attelle déjà pour l’édition de l’an prochain.
Constellations de Metz jusqu’au 16 septembre 2018; Château d’Auvers-sur-Oise, parcours immersif “vision impressionniste” accessible toute l’année; « teamLab : au-delà des limites », jusqu’au 9 septembre à la Grande Halle de la Villette.



                            


                        

                        


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                Milza & Berstein : une mystérieuse alchimie


Un manuel pour deux 2|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de manuels universitaires qui, par leur approche globale de l’histoire contemporaine, font référence depuis plus d’un quart de siècle.

Le Monde
                 |                 28.07.2018 à 16h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Les exemplaires sont fatigués, défraîchis par les manipulations et les consultations répétées. Pourtant, celles et ceux qui s’en sont servis au fil de leurs études, d’histoire comme de sciences politiques, ne s’en sont pas séparés. Mieux, ils ont tenu à les apporter pour les faire dédicacer. Voilà une situation que Pierre Milza et Serge Berstein ont connue à de multiples reprises. Et quand on songe qu’il s’agit le plus souvent de simples manuels universitaires, on mesure la singularité de la situation. Rigueur, clarté, souci de la nuance et de l’équilibre, ces « outils » résistent au temps. Et ­Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à Paris-VIII dont Pierre Milza dirigea la thèse, y voit toujours parmi les « meilleures synthèses pour appréhender l’histoire contemporaine ».
A ses yeux, « par leur façon très large d’embrasser les séquences chronologiques », Milza et Berstein sont « les pionniers d’une histoire globale » – encore à venir quand ils inaugurent leur collaboration dans les années 1970, mais dont l’ouverture préfigure l’aspiration à une vision totale, sans discrimination ni priorité sélective. Et de fait, aujourd’hui encore, c’est par la lecture préliminaire de leur Histoire du XXe siècle (Hatier, 1990), sans cesse rééditée et mise à jour depuis plus d’un quart de siècle, que ­Marie-Anne Matard-Bonucci s’apprête à recommander aux étudiants qui préparent les concours d’aborder la question au programme : « Culture, ­médias, pouvoirs aux Etats-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991 »…

Des livres qu’ils cosignent – tous ne sont pas des manuels –, on peinerait à déterminer ce que l’on doit à l’un ou l’autre de ces deux historiens s’ils n’avaient chacun leurs domaines de prédilection. A Berstein, le champ politique, l’économie et la sphère nationale ; à Milza, les relations internationales, le social et le culturel. Il existe une telle symbiose entre eux, un tel partage...


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Hommage à un passeur de frontières

Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h00
   





                        



                                


                            
Disparu le 28 février, Pierre Milza laisse ­inconsolables celles et ceux qui ont collaboré avec lui à une vision plurielle du monde contemporain. L’introduction d’un volume d’hommage à l’historien, publié en 2014 par une vingtaine de chercheurs ayant soutenu leur thèse sous sa direction, en rappelle l’engagement et la force.
« Durant toute sa carrière, Pierre Milza a été un passeur de frontières dans toutes les acceptions du mot, géographique et linguistique, acadé­mique et thématique. Le Centre d’histoire du XXe siècle a largement contribué au renouveau de l’histoire politique. Aux côtés de l’ami fidèle Serge Berstein, et d’autres collègues, il en a fait un lieu ouvert, tissant des liens avec de multiples universités françaises et étrangères dans un esprit pluraliste. Avec Daniel Roche, il a su, à travers la Revue d’histoire moderne et contemporaine, mettre en valeur les renouveaux d’une historiographie nationale et internationale. Pionnier dans de nombreux champs de recherche, directeur de thèses libéral et généreux, il est aussi un pédagogue – comme l’attestent ses manuels – et un vulgarisateur au meilleur sens du terme, auteur d’ouvrages conçus selon des critères scientifiques incontestables mais accessibles aux non-spécialistes. Homme d’engagement, il s’efforce dans ses écrits ou ses inter­ventions publiques de démonter et de nuancer les représentations clivées et les clichés stériles.
Bataillant, par exemple, dès la fin des années 1980, contre l’idée d’une prétendue facilité de l’intégration de l’ancienne immigration (notamment celle des Italiens), véhiculée à tort par les discours différentialistes au sujet des immigrés. Insistant, encore aujourd’hui, sur le risque d’un usage politique du mot “fascisme”, détournant des véritables menaces pesant sur la démocratie. S’opposant, avec d’autres, aux lois mémorielles au nom d’une indépendance de l’historien. D’Italie et d’ailleurs, à ses côtés, ses élèves et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.
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Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.

Le Monde
                 |                 28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 11h09
                 |

            Catherine Vincent

















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Médecin, chercheur, directeur du Centre d’études du vivant (Institut des humanités, sciences et société - université Paris-Diderot), Jean Claude Ameisen a été président du Comité consultatif national d’éthique de 2012 à 2016.

Avoir du courage face au handicap, qu’est-ce que cela signifie ?
C’est faire face, jour après jour, aux difficultés, à la souffrance, à la détresse et à l’angoisse liées à la situation de handicap. Il faut du courage pour affronter l’isolement, l’indifférence, l’exclusion. Pour vivre dans une société qui ne tient pas compte de votre singularité et de vos besoins particuliers. Il faut du courage aux proches, qui font face à la solitude et à l’épuisement pour apporter, chaque jour, l’amour, l’affection et le soutien indispensables, et pallier le manque cruel d’aide humaine, matérielle et professionnelle, notamment pour les soins infirmiers et l’accompagnement au jour le jour.
Il faut du courage aux associations, aux familles et aux bénévoles pour combattre sans cesse, et si souvent en vain, afin qu’enfants et adultes puissent accéder à leurs droits fon­damentaux : le droit à une scolarisation, à un logement adapté, le droit d’aller et venir dans les lieux et transports publics, le droit à une formation, à un emploi, aux soins, à la culture, à une vie affective et sexuelle. Le droit de vivre avec les autres, parmi les autres, et de ne pas être relégué aux marges de la société.
On estime qu’il y a, en France, 12 millions de personnes en situation de handicap, et 8 millions de proches aidants. Plus que du courage, c’est un héroïsme quotidien – et méconnu – qui leur permet de tenter de ne pas sombrer, de ne pas s’effondrer.
Ce courage au quotidien concerne-t-il aussi les aidants professionnels ?
Il les concerne d’autant plus que les soignants sont en nombre insuffisant, débordés, épuisés et en burn-out. C’est aussi le cas des aides de vie à domicile et des auxiliaires...


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Jean Claude Ameisen : «  Permettre à chacun d’accéder à la liberté  »
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Catherine Vincent
    













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Emouvant, nomade, musical... Nos choix de replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de documentaires et de podcasts à (re)découvrir en différé.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 06h38
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu de votre été cette semaine : de l’histoire, une artiste tragique, des bateaux et du polar.
Au 209, rue Saint-Maur, la mémoire retrouvée



Derrière une porte cochère bleue, un petit hall ouvre sur une cour fleurie nichée au centre d’un groupe de bâtiments à l’architecture classique, propre au XIXe siècle. Rien ne distingue particulièrement cet immeuble sis au 209, rue Saint-Maur, dans le 10e arrondissement de Paris, d’un autre. Rien n’indique non plus qu’il a été, pendant la seconde guerre mondiale, un refuge pour certains, un piège pour d’autres. Or c’est lui que Ruth ­Zylberman (auteure notamment de Paris-fantôme, 2002) a choisi d’investir pour retracer l’histoire de ses habitants et raviver la mémoire des survivants.
Endossant tour à tour les rôles d’enquêtrice, de mémorialiste d’une communauté dont elle ressuscite les liens, mais aussi de ravaudeuse de souvenirs, de passeuse entre les générations, la réalisatrice livre un film éminemment sensible et poignant, baigné d’une atmosphère tantôt à la Modiano, tantôt à la Perec. Christine Rousseau
« Les Enfants du 209, rue Saint-Maur, Paris 10e », de Ruth Zylberman (France, 2017, 100 min). Sur Arte.fr.
Des vies menées à contre-courant

A 50 ans, Bertrand Latouche fait le point sur sa vie, ce « beau bordel ». Un bordel fait d’« œuvres vives », de ces « 4 millimètres d’acier qui [le] séparent de l’eau », autrement dit la partie immergée de la coque.
Car Bertrand habite sur un bateau. Et celui-ci a pris l’eau il y a trois ans. Il s’est alors rendu dans un chantier naval, où il revient pour réparer le gouvernail et poser sa caméra. Au bord de l’eau, on découvre une petite communauté de navigateurs nomades. Jean-Luc, Claudine, Jean-Yves et Christian ont décidé, un jour, de rompre avec leur vie de terrien sédentaire pour se réfugier dans une certaine marginalité.
A la lumière de ces personnages aux trajectoires atypiques, à rebours des schémas prétracés qui inondent la société, le réalisateur signe une magnifique excursion poétique dans un endroit qui paraît parfois hors du monde. Une ode à la liberté qui offre aussi une réflexion sur la notion de rupture, professionnelle ou amoureuse, parfois nécessaire pour pouvoir se reconstruire, changer de cap. Camille Langlade
« Les Œuvres vives », de Bertrand Latouche (France, 2017, 50 min). Sur France.tv.
Bluesy Amy Winehouse

A l’aide de nombreuses images d’archives inédites, Asif Kapadia évoque la vie tragique de la chanteuse Amy Winehouse, morte à l’âge de 27 ans, en 2011. Il en ressort un film total, embrassant aussi bien la question esthétique que biographique, et poursuivant sans relâche la question insoluble de la mort d’une toute jeune femme à ce point douée et couronnée de succès, mais porteuse d’une souffrance dont personne ne connaîtra le fin mot.
A cet égard, on peut se demander si le film a raison de mettre en cause aussi continûment les deux hommes qui furent ses plus proches aimés en même temps que ses mauvais génies : son petit ami Blake Fielder et Mitch Winehouse, son paternel. Refusant la situation peu enviable de l’arbitre, le spectateur sera plus sûrement touché par l’immense sentiment de gâchis et de perte que la mort de cette jeune chanteuse suscite. Jacques Mandelbaum
« Amy », d’Asif Kapadia (Etats-Unis, 2015, 127 min). Rediffusion lundi 30 à 22 h 50 sur CStar.
Des Jours aux couleurs du polar

   


Chaque samedi, Les Jours proposent un podcast tiré de quelques-unes de leurs séries d’articles consacrées à des faits divers et autres tribulations policières. Les corbeaux de l’affaire Grégory, le meurtre non résolu de Cécile Bloch, ou l’histoire peu commune d’une prostituée proxénète... Jours de polar nous plonge dans un univers des plus sombres où tous les épisodes sont lus par des comédiennes et des comédiens, conférant au texte une dimension extrêmement réaliste et visuelle.
Les descriptions n’épargnent aucun détail – même ceux, morbides, d’une scène de crime – et transportent littéralement l’auditeur. Cette série a également le mérite de mettre au jour des récits noirs méconnus, plus passionnants les uns que les autres. Camille Langlade
« Jours de polar », de Patricia Tourancheau et Camille Polloni. A écouter sur Lesjours.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’actrice, décédée en décembre 2016, sera présente grâce à des images tournées pour « Le Réveil de la Force », que le réalisateur J.J. Abrams n’avait pas utilisées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/07/2018
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Carrie Fisher, la princesse Leia de Star Wars, apparaîtra dans l’épisode IX

L’actrice, décédée en décembre 2016, sera présente grâce à des images tournées pour « Le Réveil de la Force », que le réalisateur J.J. Abrams n’avait pas utilisées.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 03h48
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 06h39
   





                        



   


Alors que le tournage de Star Wars : Episode IX doit débuter la semaine prochaine, Disney a révélé, vendredi 28 juillet, à la surprise générale, l’apparition posthume de Carrie Fisher lors du long-métrage, ainsi que la présence de la star de la série Mark Hamill, alias Luke Skywalker.
Le dernier opus de la saga, débutée en 1977 avec La guerre des étoiles, doit sortir dans les salles obscures en décembre 2019. L’histoire reprend après la disparition de Luke Skywalker dans Star Wars, Les derniers Jedi. La princesse Leia, interprétée par Carrie Fisher, était toujours en vie à la fin de cet épisode, mais l’actrice qui l’incarne, elle, s’est éteinte en décembre 2016, peu après la fin du tournage.
« Nous aimions éperdument Carrie Fisher », a écrit dans un communiqué le réalisateur J.J. Abrams, de retour aux manettes pour l’épisode IX après avoir réalisé le septième opus Star Wars, Le Réveil de la Force en 2015. « Trouver une conclusion satisfaisante à la saga Skywalker sans elle nous échappait. Nous n’allions jamais recommencer les castings » ou utiliser un personnage virtuel créé par ordinateur, a-t-il ajouté.
Disney précise que l’apparition de Carrie Fisher serait permise par l’utilisation de précédentes images non diffusées remontant au tournage du septième épisode, avec l’approbation de sa fille, Billie Lourd.
Luke Skywalker de retour
Ce ne sera pas la première fois que Carrie Fisher apparaîtra dans un film Star Wars tout en étant absente du tournage. Une version rajeunie de Carrie Fisher en princesse Leia apparaît dans Rogue One, le spin-off de 2016, grâce à une technologie informatique controversée, qui a donc cette fois été abandonnée.
Autre surprise, l’annonce de la présence de Mark Hamill au générique. Son personnage, Luke Skywalker, au centre de la saga, disparaissait pourtant à la fin du dernier opus. Reviendra-t-il en chair et en os ou sous la forme d’un hologramme, comme c’est le cas pour les chevaliers Jedi décédés ? Pour l’instant, aucun élément de l’intrigue n’a filtré.

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Une chose est sûre, les fans retrouveront aussi un autre personnage marquant, puisque Billy Dee Williams reprendra le rôle de Lando, trente-cinq ans après avoir interprété le compère de Han Solo dans les épisodes V et VI.
Enfin, des têtes connues seront en tout cas de retour pour l’ultime segment de la saga, comme Daisy Ridley, Adam Driver, John Boyega, Oscar Isaac, Lupita Nyong’o, Domhnall Gleeson, Kelly Marie Tran et Joonas Suotamo. Naomi Ackie et Richard E. Grant rejoignent le casting tandis que le compositeur John Williams, auteur de la musique de chaque épisode de la série, sera toujours aux manettes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Leslie Moonves est mis en cause par au moins six femmes. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies. Reconnaissant des avances, il s’excuse pour des « erreurs ».
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Le PDG de la chaîne américaine CBS accusé de harcèlement sexuel

Leslie Moonves est mis en cause par au moins six femmes. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies. Reconnaissant des avances, il s’excuse pour des « erreurs ».



Le Monde
 |    28.07.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 06h39
   





                        



   


Le PDG de la chaîne américaine CBS, Leslie Moonves, est accusé de harcèlement sexuel par six femmes, dont les témoignages ont été publiés vendredi 27 juillet par le magazine The New Yorker. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies.
Parmi les six victimes présumées, quatre racontent que cet ancien acteur les aurait touchées ou embrassées de force. Trois d’entre elles ont témoigné à visage découvert, comme l’actrice Illeana Douglas (Les Affranchis, Six Feet Under).
Les accusations les plus anciennes remontent au milieu des années 1980, une époque ou Leslie Moonves n’avait pas encore rejoint CBS, qu’il a intégrée en 1995. Les allégations les plus récentes datent du début des années 2000. Plusieurs victimes présumées affirment aussi avoir été menacées par le dirigeant après qu’elles ont refusé ses avances et avoir été sanctionnées professionnellement.
Dans une déclaration transmise par CBS, le dirigeant de 68 ans, l’une des figures les plus incontournables de la télévision américaine, a reconnu avoir fait « il y a plusieurs décennies » des avances, qu’il « regrette immensément », à des femmes, mais estime ne s’être jamais livré à du harcèlement sexuel.
« J’ai toujours compris et respecté le fait que non voulait dire non, et je me suis tenu à ce principe. Je n’ai jamais utilisé ma position pour causer du tort à la carrière de quelqu’un ou l’entraver. »
Ces derniers mois, Leslie Moonves s’était pourtant présenté comme l’un des plus ardents défenseurs du mouvement #metoo, né dans le sillage de l’affaire Weinstein.
Une culture du laisser-faire
Au-delà du cas personnel de Leslie Moonves, l’article du New Yorker affirme pourtant qu’il existait au sein de CBS une culture du laisser-faire, qui favorisait le harcèlement sexuel. Il cite d’autres cas, notamment celui du présentateur vedette Charlie Rose, débarqué en novembre 2017 après que huit femmes l’ont accusé de harcèlement, voire d’attouchements.
Dans une déclaration, la chaîne a estimé que l’image qui était donnée d’elle dans l’article n’était pas fidèle à la réalité, celle d’une société, selon elle, qui « traite ses dizaines de milliers d’employés avec dignité et respect ».
L’auteur de l’article, Ronan Farrow, fils de Woody Allen et de Mia Farrow, a reçu au printemps un prix Pulitzer pour ses révélations sur le producteur de cinéma Harvey Weinstein, qui contenaient les premiers témoignages l’accusant de viol. Début mai, il a fait tomber le puissant procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, en publiant le témoignage de quatre femmes l’accusant de violences et de menaces.

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L’action CBS a décroché après la publication d’un article du Hollywood Reporter annonçant celui du New Yorker. Le titre a perdu 6,12 % sur la séance à la Bourse de New York.
Fait rarissime, avant même la parution de l’article, CBS a publié un communiqué annonçant qu’une enquête interne avait été ouverte et qu’elle serait dirigée par les administrateurs indépendants. « Une fois que sera terminée cette enquête (…), le conseil d’administration étudiera ses conclusions et prendra les actions nécessaires », ont indiqué ces derniers.
Une légende de la télévision
Depuis les révélations sur Harvey Weinstein, aujourd’hui inculpé, les affaires de comportements déplacés, d’agressions sexuelles, de harcèlement ou de viol se sont multipliées. Elles ont notamment touché les milieux des médias, du sport et de la politique. La parole des victimes s’est libérée et les témoignages s’accumulent contre des hommes célèbres, accusés d’abuser de leur pouvoir auprès des femmes.
Leslie Moonves est une légende de la télévision, qui est parvenue à redresser CBS, en grande difficulté durant les années 1990, et à en faire la chaîne américaine la plus regardée de la dernière décennie. Arrivé en 1995 au sein du groupe, puis promu à sa tête en 2003, il a lancé plusieurs programmes devenus d’immenses succès, comme The Big Bang Theory, la « famille » des CSI (Les Experts) ou encore Survivor.
Leslie Moonves est engagé avec la famille Redstone, actionnaire majoritaire de CBS, dans une bataille pour l’avenir de la chaîne, que les Redstone souhaitent fusionner avec le groupe de médias Viacom, contre son avis.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Volontiers provocateur et soutien de Donald Trump, le rappeur de Chicago reste un producteur inspiré.
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Kanye West à l’heure du bilan

Volontiers provocateur et soutien de Donald Trump, le rappeur de Chicago reste un producteur inspiré.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h40
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Avec Kanye West, c’est tout ou rien. Du 25 mai au 22 juin, le producteur hip-hop a publié cinq albums sur les plates-formes de streaming, dont le sien, Ye, en tant que rappeur et au sous-titre étrange, I Hate Being Bipolar, It’s Awesome (« Je déteste être bipolaire, c’est génial »). Pour les quatre autres disques, chacun sorti à une semaine d’intervalle, il compose les musiques pour des artistes aussi divers que le rappeur engagé Nas ou la chanteuse R & B Teyana Taylor avec l’aide d’une armada de beatmakers talentueux, tels Mike Dean et Andrew Dawson.

Depuis un mois, plus rien, à peine un petit clip pour illustrer un titre, 4th Dimension, de son ami Kid Cudi, deux pour les raps vengeurs de Pusha T, qui dirige, par ailleurs, son label G.O.O.D Music, mais pas un seul pour son propre album. Aucune tournée au programme pour jouer ses nouveaux morceaux sur scène. Il a pourtant été question que ces cinq disques soient publiés, vendredi 27 juillet, dans un même coffret ­vinyle intitulé les Wyoming Sessions, car Daytona, de Pusha T, Ye, de ­Kanye West, Kids See Ghosts, de Kid Cudi, Nasir de Nas et K.T.S.E., de Teyana Taylor, ont le même format, entre sept et huit chansons et la même cohérence artistique. Les chansons ont toutes été enregistrées dans le ranch que possèdent Kanye West et sa femme, Kim ­Kardashian, dans les montagnes du Wyoming. Au grand dam de ses fans, il n’en sera finalement rien… pour l’instant.
« Une même énergie de dragon »
Pour autant, c’est l’heure du bilan pour Kanye West, dont la seule ­activité depuis un mois est d’alimenter son fil Twitter de bonnes résolutions : « Je n’accepte plus aucun conseil pour le restant de ma vie », ou l’énigmatique « Je déteste parler de choses dont je suis supposé parler ». Il faut dire que, quand le rappeur prend la parole, c’est souvent pour s’attirer les foudres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. La deuxième saison de la série confirme qu’elle reste dans la continuité de « The Good Wife » tout en la revivifiant (sur Amazon video à la demande).
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TV - « The Good Fight » met la barre plus haut

Notre choix du soir. La deuxième saison de la série confirme qu’elle reste dans la continuité de « The Good Wife » tout en la revivifiant (sur Amazon video à la demande).



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Amazon Video à la demande

On n’imaginait pas pouvoir oublier de sitôt The Good Wife (2009-2016), et son personnage principal, l’avocate Alicia Florrick (Julianna Margulies). C’est pourtant ce à quoi est parvenue sa suite, The Good Fight (2017-2018), dont la deuxième saison est disponible sur Amazon Video.
Diane Lockhart était un personnage essentiel mais ne semblait être que « deuxième pupitre » (« second chair »), comme dit le jargon juridique anglo-saxon, derrière Alicia. Voici cette grande bringue BCBG, en fin de carrière mais toujours pimpante, parvenue au premier plan, ce que mérite amplement son interprète, Christine Baranski.
Certes cette chanteuse et actrice, également connue à Broadway, n’irradie pas le mystère assez fascinant qui était celui de ­Julianna Margulies dans The Good Wife, mais Baranski casse la baraque, notamment quand, elle se « lâche » grâce à l’appui de certains stupéfiants.
La saison 1 avait commencé par l’annonce, devant une Diane défaite, de l’élection de Donald Trump. Omniprésent – comme dans d’autres séries –, le président controversé constitue un matériau de premier choix pour les scénaristes qui suivent ses frasques, réelles ou supposées, d’une manière quasiment synchrone avec l’actualité.
En entrant dans un cabinet d’avocats afro-américain, Diane donne la possibilité aux créateurs d’évoquer l’autre versant du métier, où l’on voit que les préjugés – politiques ou raciaux –, quoique inversés, n’en sont pas toujours moins vifs.

   


Le récit de The Good Fight est plus « ramassé » que celui de The Good Wife et a diminué le nombre de scènes grotesques de tribunal dont The Good Wife abusait. Mais l’on rit toujours, comme au début de l’épisode 5 – tordant mais qui verse vite dans une réalité sociale assez dramatique. Si de nouveaux rôles se sont substitués à ceux de The Good Wife (avec l’arrivée notable de Rose Leslie), The Good Fight a développé l’importance de rôles mineurs déjà connus, tel celui de Marisa (la vibrionnante Sarah Steele), qui devient enquêtrice et forme un duo piquant avec l’énigmatique Jay (Nyambi Nyambi), ou celui de Luca Quinn (Cush Jumbo).
On s’amusera de voir, le temps du cinquième épisode, les auteurs faire un clin d’œil au principe moteur de la série The Affair, créée par Sarah Treem et Hagaï Levi, dont la quatrième saison est en cours sur Canal+ Séries : la même séquence d’événements est narrée d’un double point de vue en vis-à-vis.
Ritournelle instrumentale
Les oreilles cultivées auront déjà remarqué que David Buckley, le compositeur de la musique de The Good Fight, connaît ses classiques, qu’il parodiait plus ou moins allusivement dans The Good Wife. Le générique de The Good Fight – et ses images d’explosions psychédéliques qui rappellent la fin de Zabriskie Point (1970), de Michelangelo Antonioni – est fondé sur une ritournelle instrumentale extraite de L’Orfeo (1607), de Claudio Monteverdi.
Buckley détourne et développe ce thème au fil d’un grand crescendo accumulatif qui s’achève sur un fortissimo orchestral et choral. On se doute bien que ce choix ne changera pas la face du monde des séries, mais cette excentrique subtilité méritait d’être soulignée.
The Good Fight, saison 2, série créée par Robert King, Michelle King et Phil Alden Robinson. Avec Christine Baranski, Rose Leslie, (EU., 2017, 13 × 49-53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Podcast. Dans la « Vraies Vies des héros de l’Antiquité », l’historienne Giulia Sissa conte leurs exploits avec un zeste de modernité (sur France Inter).
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Jason, Achille ou Héraclès, des demi-dieux toujours vivants

Podcast. Dans la « Vraies Vies des héros de l’Antiquité », l’historienne Giulia Sissa conte leurs exploits avec un zeste de modernité (sur France Inter).



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h30
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur France Inter

   


Ils ont été vénérés, détestés, choyés ou massacrés. Andromaque, Héraclès, Hector ou encore Agamemnon ont traversé les siècles, et leurs noms résonnent aujourd’hui encore dans l’imaginaire collectif. Les parcours de ces héros de la mythologie grecque ont inspiré les plus grands dramaturges comme Corneille (1606-1684) ou d’immenses peintres tels que Rubens (1577-1640) et Picasso (1881-1973).
C’est ce que rappelle l’historienne Giulia Sissa, qui, dans La Vraie Vie des héros de l’Antiquité – nom de cette série d’été diffusée sur France Inter –, conte, avec lyrisme, les destins de quelques demi-dieux légendaires. Cette helléniste passionnée souhaite faire revivre des odyssées fantastiques où de glorieux guerriers tels que Persée ou Achille ont eu à affronter les pires créatures comme les sœurs Grées (trois vieilles dames qui se partageaient un œil et une dent), les Cyclopes et autre Méduse qui, ornée de sa chevelure de serpents, pouvait transformer en pierre quiconque croisait son regard…
Place réservée aux femmes
Il y a de la vengeance, de l’inceste, et beaucoup de rivalités dans la mythologie grecque. L’une d’elles est décrite dans Jason, le bellâtre. Ce jeune homme, fils d’Eson, roi d’Iolcos en Thessalie, est dépossédé du trône par son demi-frère Pélias. De peur de perdre sa couronne, un oracle avertit le nouveau souverain : « Qu’il fasse attention à l’homme chaussé d’une seule sandale. Il lui prendra son royaume. » Lorsque Jason se présenta en son palais, Pélias vit qu’il ne portait qu’une seule chaussure. Pour s’en débarrasser, il décida de lui confier le soin de rapporter la Toison d’or, propriété du roi Eétès, précieusement surveillé en Colchide, au bord de la mer Noire, par un dragon insomniaque.
Une série d’épreuves attend Jason qui sera épaulé par des femmes charmées par sa beauté. La plus efficace sera Médée, qui n’hésitera pas à trahir son père, Eétès, pour l’aider à se procurer la fameuse Toison.
L’aspect intéressant, dans les différentes histoires de cette série estivale, est la place que réserve la mythologie grecque aux femmes, qui sont souvent amenées à tuer par amour. Chaque samedi jusqu’au 25 août, un monde étrange, sanguinaire et semi-divin est raconté avec soin où l’aspect affectif des héros est détaillé avec force.
« La Vraie Vie des héros de l’Antiquité », de Giulia Sissa (36 min). Le samedi, à 19 h 20, ou à retrouver sur Franceinter.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour d’Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 27.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h09
                 |

            Gaëlle Dupont

















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Sociologue de la famille, Irène Théry est directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle s’est engagée en faveur du mariage pour tous, de l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, et d’une gestation pour autrui « éthique ». En 2016, elle est l’héroïne de « La Sociologue et l’Ourson », documentaire coréalisé par son fils Mathias Théry sur l’élaboration de la loi sur le mariage pour tous.
La chanson d’amour la plus chère à mon cœur est I’m Your Man, de Leonard Cohen, indissociable d’un moment important de ma vie. Mon amoureux et moi, nous vivions ensemble depuis déjà vingt ans et nos enfants et beaux-enfants étaient adolescents quand une tempête affective s’est abattue sur nous, si grave que nous nous sommes séparés.
Mais quelques mois plus tard, nous n’avons pu nous empêcher de retomber dans les bras l’un de l’autre. Tomber amoureux, c’est merveilleux. Mais s’aimer à nouveau et prendre ensemble un nouveau départ, il n’y a pas de mots pour dire la joie que c’est. Et nous qui, en bons révolutionnaires opposés au mariage bourgeois, nous étions mariés dans les années 1970 carrément à la sauvette, nous nous sommes alors en quelque sorte re-mariés « pour de bon » en invitant cette fois frères et sœurs, amis et enfants à fêter avec nous comme il se doit notre bonheur retrouvé !
Gentillesse infinie
Ce jour-là, un ami nous offrit A la recherche du bonheur, Hollywood et la comédie du remariage, un livre de Stanley Cavell (Cahiers du cinéma, 1993) qui semblait écrit pour nous. Ne nous disait-il pas qu’à l’heure de l’égalité des sexes et du « mariage conversation », tout vrai mariage est celui qui a subi l’épreuve de la mort et de la résurrection, ouvrant la voie à la conquête inespérée de la complicité dans l’humour et la distance à soi ?
La chanson de Leonard Cohen, qui a résonné dans notre maison pendant toute cette période, exprime tout cela magnifiquement. C’est un peu l’hymne de notre remariage. Et nous l’aimons toujours autant aujourd’hui. D’abord pour sa musique, à la fois simple et sophistiquée, nonchalante et lyrique. Mais aussi pour la voix et les mots : le boxeur sur le ring, les balades sur le sable, les promesses non tenues et le « If you want a father for your child » qui m’a toujours embué les yeux.
Pour sa gentillesse infinie. Et bien sûr aussi pour sa façon d’oser magnifier les stéréotypes tout en les détournant de leur sens. Car rien ne dit mieux que cette chanson qu’il peut être si peu traditionnel de jouer au cow-boy, au chevalier servant et au protecteur, et si féminin de répondre : « Je suis ton homme. » Après tout, c’est juste une histoire de tempo. »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Gaëlle Dupont
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Delon en six films cultes (6/6). A la fois acteur et producteur, Alain Delon s’implique totalement, en 1976, dans le rôle d’un marchand d’art, pris pour un juif et déporté après la rafle du Vél d’Hiv.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La Villa Arson, à Nice, met en lumière les premières œuvres de celle qui s’appelait alors Judy Gerowitz à Los Angeles, dans les années 1960.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Judy Chicago en a sur le capot

La Villa Arson, à Nice, met en lumière les premières œuvres de celle qui s’appelait alors Judy Gerowitz à Los Angeles, dans les années 1960.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h40
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

L’exposition « Los ­Angeles 1955-1985 », présentée au Centre Pompidou à Paris en 2006, la « Beat Generation » en 2016 au même endroit : les ­artistes californiens sont assez régulièrement exposés en France. Mais ils sont loin de l’être autant que les New-Yorkais, et toute occasion de les revoir est bienvenue. La Villa Arson, à Nice, en offre une, inattendue en ce lieu où les manifestations à caractère historique sont rares.
Le titre est attirant mais un peu trompeur : « Los Angeles, les ­années cool » paraît annoncer le panorama d’une décennie, les ­années 1960, alors qu’il s’agit principalement d’une artiste, Judy Chicago, au temps où elle s’appelait Judy Gerowitz. Elle n’était pas encore l’une des principales activistes du féminisme en art, luttant pour que de plus jeunes qu’elle obtiennent comme de droit ce qui lui avait été refusé : être considérée sans ­paternalisme ni condescendance comme une artiste de sexe féminin comme il y en a de sexe masculin.
Son action à l’université de Fresno et au California Institute of the Arts, l’exposition ­ « Womanhouse », ses prises de parole publiques et ses écrits, dont son autobiographie récemment traduite (Through the Flower, en français Mon ­combat d’artiste femme, Presses du réel, 232 p., 28 €), sont dans les livres d’histoire. Mais Judy n’est Chicago que depuis 1970 et ­ « Womanhouse » date de 1972. Et avant, donc ?
Avant, il y a une artiste née en 1939 à Chicago, venue se former à Los Angeles en 1957 et qui multiplie les expériences pour se situer par rapport aux mouvements qui dominent alors aux Etats-Unis. Tous l’intéressent, aucun ne la satisfait, elle ne peut se résoudre à s’intégrer à l’un d’eux. Exemple : le pop art prend ses sujets et ses matériaux dans la consommation et les inventions techniques. Ce qui est vrai sur la Côte est l’est autant à l’ouest. Judy Chicago – il est plus simple de la désigner ainsi – se saisit vers 1965 d’un support en accord avec ce constat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La chanteuse fêtera ses 78 ans au festival Fiesta Sète accompagnée de sa fille, son fils, sa petite-fille et son petit-fils.
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Toto La Momposina, ambassadrice de la musique populaire colombienne

La chanteuse fêtera ses 78 ans au festival Fiesta Sète accompagnée de sa fille, son fils, sa petite-fille et son petit-fils.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 15h12
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

C’est la tendance du moment : les artistes latino-américains s’exposent et chantent en famille. Après les Brésiliens Caetano ­Veloso et Gilberto Gil, la France reçoit la plus célèbre ambassadrice de la musique populaire colombienne, Toto la Momposina qui, à son tour, se présente sur scène avec sa tribu.
En tournée européenne, concomitante à la parution de deux ­albums, La Verdolaga (vinyle ­Astar Artes/L’Autre Distribution) et Oye Manita (CD Astar Artes/L’Autre Distribution), la chanteuse fêtera au festival Fiesta Sète, le 1er août, ses 78 ans, accom­pagnée d’un ensemble de dix ­musiciens et chanteuses, dont sa fille, son fils, sa petite-fille et son petit-fils.

Fière et comblée, elle en rit de bonheur, lorsque nous la rencontrons, en famille, fin juin, à Paris, dans les studios de Radio Nova, lors de l’enregistrement de l’émission « Néo Géo », de Bintou Simporé. « Je suis plus exigeante avec eux qu’avec mes autres musiciens », affirme la chanteuse. Marco, 57 ans, son fils tambourinaire, qui l’accompagne depuis toujours, acquiesce. Pas facile, la maman. Fou rire général.

Dans la famille de Toto La Momposina, tout le monde était musicien, depuis cinq générations. Son père battait le tambour, sa mère chantait et dansait. Celle-ci avait créé un groupe de danse à Bogota, la capitale. La famille s’y était installée pour fuir la guerre civile qui ravageait la campagne où Toto La Momposina est née, le 1er août 1940, dans le village de ­Talaigua, sur l’île Mompos, située sur le fleuve Magdalena qui descend du haut des Andes pour ­rejoindre la côte caribéenne.
Un éventail de rythmes
Toto la Momposina rit pour tout, pour trois fois rien, pour une question. Quand a-t-elle commencé sa carrière ? Mais elle a toujours chanté, voyons ! Dans les fêtes de famille, les fêtes de rue… En insistant un peu, on obtient une précision, fournie par le fils, Marco : « Elle s’est révélée...




                        

                        

