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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Dimanche, 8 millions de Maliens sont appelés aux urnes pour le premier tour d’une élection présidentielle à haut risque.
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Compte rendu

Election au Mali : calme à Bamako, incidents dans le centre et le nord

Dimanche, 8 millions de Maliens sont appelés aux urnes pour le premier tour d’une élection présidentielle à haut risque.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 29.07.2018 à 17h04

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        Mis à jour le 29.07.2018 à 17h10






    
Vote à Bamako, le 29 juillet.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


« Président, il reste cinq minutes ! Faites entrer les délégués », crie avec enthousiasme Boubacar Diallo, un des deux assesseurs du bureau de vote n° 5. Quatre délégués des 24 candidats en lice pour le premier tour de l’élection présidentielle entrent et s’assoient en silence sur les pupitres délabrés.

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Il est 8 heures, dimanche 29 juillet. A l’école de Boulkassoumbougou, dans la banlieue de Bamako, le vote commence à l’heure pour les 30 600 électeurs inscrits dans ce centre. Tout comme dans la plupart des bureaux de vote visités par les 100 observateurs de la Mission d’observation de l’Union européenne (MOUE).
« 70 % des 44 bureaux que nous avons observés ont ouvert à temps. Les 30 % restants ont accusé un retard allant de 5 à 30 minutes », a expliqué Cécile Kyenge, la chef de la mission, en fin de matinée.
« Il y a de l’anxiété »
A Boulkassoumbougou, quelques minutes avant le début du vote, les délégués ont les yeux rivés sur l’urne, retournée sans couvercle, que Boubacar Diallo secoue avec vigueur. « Regardez tous, regardez bien, il n’y a rien dedans », dit-il avant de la reposer. Pour M. Diarra, il est important d’insister sur ce point : aucune fraude ne sera admise. Surtout par ces temps de polémique.
Les suspicions de fraude, lancées par une partie de l’opposition le 20 juillet, ont marqué la fin de campagne et chauffé les esprits. « Tout est au point, tout le monde s’est mis d’accord », répète M. Diallo, avant de faire entrer le premier électeur. Issa Daou, la soixantaine, est le seul électeur présent devant le bureau. Il entre, se dirige vers l’isoloir et fait son choix. « Il y a de l’anxiété, avoue-t-il en sortant. Mais toutes ces histoires de crise post-électorale, ce ne sont que des mots. Tout va bien se passer. »
Dans ce centre de vote, les cartes d’électeurs non distribuées, que les retardataires pouvaient retirer aujourd’hui, ne sont pas arrivées. Le même constat a été fait dans plusieurs autres bureaux de vote.

    
Quelque 23 000 bureaux sont ouverts. Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures, les résultats officiels provisoires le 3 août au plus tard, avant un éventuel second tour le 12 août.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


A quelques kilomètres de là, en plein centre-ville de Bamako, c’est le problème inverse. Dans le centre de vote de Oulofoubougou Bolibana, les cartes d’électeurs non distribuées sont bien arrivées. « Mais regardez un peu la taille de la pile. Personne n’est encore venu en retirer », déplore Boubacar Diarra, le coordinateur du centre. Il est 9 h 45 et depuis l’ouverture du vote, la pile de 173 cartes d’électeurs à retirer n’a pas diminué. Elle représente plus d’un quart des inscrits.
« Les citoyens sont déçus des politiques »
« Ça ne va pas être comme en 2013, cette fois j’ai l’impression que les gens ne vont pas sortir pour aller voter », estime M. Diarra. Il y a cinq ans, les gens s’étaient mobilisés très tôt le matin, parce qu’il y avait eu un coup d’Etat et que les Maliens tenaient à mettre en place un régime légaliste. Aujourd’hui, les citoyens sont déçus des politiques. Leurs conditions de vie n’ont pas changé. Ils n’y croient plus. Surtout que ce sont les mêmes politiques qui sont aux manettes depuis l’avènement de la démocratie, il y a plus de quinze ans ! »
Les mains plongées dans ses fari, une pâte de haricot verte cuite dans la paille, Fatimata Diarra regarde le balai incessant de véhicules et de motos, s’arrêtant devant le centre de vote du lycée Nelson Mandela, dans le quartier central de l’Hippodrome. 21 341 électeurs y sont inscrits. Que pense-t-elle de l’élection ? « C’est bien, dit elle entre deux clients. Il y a du monde ce matin. Plus que d’habitude. »

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Va-t-elle aller voter ? « Je pense surtout à l’argent, ça va bien marcher aujourd’hui », sourit-elle. À sa droite, Awa Diarra enfile des morceaux de chèvre marinés sur des pics en bois. « On ira peut-être voter, après », dit-elle timidement. La cuisinière avoue avoir « un peu peur. Tout ce qu’on veut, c’est que l’élection se passe en paix, peu importe qui gagne ».
Agressions, saccages et vols de matériel électoral
Si à Bamako, l’élection s’est déroulée le matin dans le calme, plusieurs incidents ont été constatés dans le centre et dans le nord du pays, représentent près de 37 % du corps électoral. « Dans la région de Tombouctou, 17 urnes ont été emportées dans la nuit du 28 au 29 juillet. En conséquence, les bureaux des 4 centres n’ont pas pu ouvrir. », rapporte la Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (COCEM), qui a déployé 1 000 observateurs sur le terrain.
Le West Africa Network for Peacebuilding (WANEP), avec 300 agents déployés, dresse pour sa part la liste de neuf localités sans opération de vote dans la région de Tombouctou.
Dans la région de Mopti, dans le centre du pays, plusieurs localités ont subi des attaques. A Kounari, dans le cercle de Mopti, le président d’un bureau de vote a été agressé. A Fatoma, dans le même cercle, un local de la sous-préfecture contenant du matériel électoral a été brûlé la nuit précédant le vote. A Gandamia, dans le cercle de Douentza, ce sont des agents électoraux qui ont été attaqués, empêchant le vote d’avoir lieu.
Les premiers résultats de ce premier tour sont attendus dans les 48 heures. Les résultats officiels provisoires doivent être proclamés au plus tard le 3 août, avant un éventuel second tour le 12 août.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’amour au front (1/6). Ahmed Kathrada et Sylvia Neame, militants antiapartheid, ont tout bravé pour vivre leur relation, à commencer par les lois raciales.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La participation est de 82 %. Le premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis 33 ans, a annoncé sur Facebook une « victoire écrasante ». Le nombre de bulletins blancs ou nuls sera à scruter.
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Cambodge : forte participation aux législatives, le parti au pouvoir revendique la victoire

La participation est de 82 %. Le premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis 33 ans, a annoncé sur Facebook une « victoire écrasante ». Le nombre de bulletins blancs ou nuls sera à scruter.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 18h23
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        


Le taux de participation important (82 %) aux élections législatives de dimanche 29 juillet est, en soi, une sorte de victoire pour l’homme fort du Cambodge, le premier ministre Hun Sen. Au pouvoir depuis trente-trois ans, il était important pour le maître du royaume, âgé de 65 ans, qu’un nombre élevé d’électeurs accomplissent leur devoir de citoyens. C’était pour lui une question de légitimité. Même si la « victoire écrasante » annoncée dans la soirée par Hun Sen sur son compte Facebook - « Nous espérons gagner plus de 100 sièges » sur 125, a déclaré le porte-parole de son parti, le Parti du peuple cambodgien (PPC) - pourrait être tempérée par la possibilité d’un nombre important de bulletins blancs ou nuls.
« Dans mon bureau de vote, de nombreux électeurs ont rayé leurs bulletins », nous disait S., un jeune intellectuel de 23 ans qui requiert l’anonymat. Ce pourrait être pour certains Cambodgiens une manière de protester contre des élections du troisième type : après la dissolution, à la fin de 2017, du plus grand parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), accusé de « complot » contre le gouvernement, l’issue du scrutin ne faisait aucun doute : les dix-neuf partis en lice contre celui du premier ministre ne pouvaient menacer ce dernier, dont la victoire était acquise.
Hun Sen a choisi la manière forte avant les élections
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », a aussitôt réagi dans un communiqué le président du PSNC, le Franco-Cambodgien Sam Rainsy, 69 ans, en exil à Paris. Il a dénoncé de « fausses élections placées sous le signe de la peur [qui] ne peuvent pas traduire la volonté populaire. » Le cofondateur de son parti, Kem Sokha, est en prison depuis bientôt deux ans.
Sam Rainsy, qui avait appelé au boycott, avait déjà déclaré au Monde, peu avant l’élection, que « l’enjeu du scrutin ne sera[it] pas la victoire mais le taux de participation ». Mais il ne se faisait guère d’illusions : « Dans les campagnes, où le contrôle du PPC est permanent, les gens auront peur de ne pas se rendre aux urnes. Les ruraux iront voter contre leur gré », affirmait-il.
Tous les observateurs sont d’accord pour dire que si Hun Sen a choisi cette fois-ci la manière forte avant les élections, resserrant un peu plus l’emprise de son régime sur le pays, c’est bien pour empêcher une possible victoire de ses adversaires le 29 juillet : il y a cinq ans, lors du dernier scrutin, l’opposition avait taillé des croupières au parti du premier ministre, qui avait perdu vingt-deux sièges par rapport à l’élection précédente.

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« Nous avons peur d’être sanctionnés »
Dans les ateliers de confection textile, dont la production représente 70 % des exportations du pays, contremaîtres et patrons, pour la plupart proches du gouvernement, avaient exorté leurs employés à aller voter.
« Nous avons peur d’être sanctionnés au cas où notre index ne serait pas taché d’encre quand nous reviendrons au travail mardi », redoutait, en fin de semaine, Lyeen Shinath, 33 ans, syndicaliste dans l’usine chinoise de Roo Hsing — au Cambodge, chaque votant plonge son doigt dans de l’encre noire après avoir glissé son bulletin dans l’urne.

   


Sur un mode plus anecdotique, la franchise Chatime, compagnie taïwanaise qui sert du thé parfumé, avait promis dès vendredi sur son site une tasse gratuite de bubble tea (thé aux graines de tapioca) à tout client montrant un doigt taché de noir…
Détail, la franchise cambodgienne appartient à Mme Pich Chanmony, épouse de Hun Manet, lui-même fils aîné du premier ministre, personnage qui occupe de très hautes fonctions dans l’aviation et dans les unités antiterroristes du régime.
Opposition divisée
La campagne « doigt propre » de l’opposition interdite ou en exil, qui avait ainsi baptisé ses appels au boycott, aura donc échoué, quelles qu’en soient les raisons. D’autant que les opposants de l’intérieur, dont certains sont désormais à la tête de partis qui se présentaient aux élections, étaient hostiles à ce boycott.
Les adversaires de Hun Sen apparaissent plus que jamais divisés. « Sam Rainsy a échoué, il est politiquement fini ! », déclarait dimanche soir Yang Saing Koma, président du Grassroots Democratic Party (GDP), formation qu’il a cofondée en 2015 avec le défunt critique du régime Kem Ley, assassiné dans des circonstances mystérieuses un an plus tard en plein Phnom Penh.
« J’ai dû me battre durant cette élection contre deux adversaires, a dit M. Yang Saing, 52 ans, dans la modeste baraque de bois qui lui sert de siège dans la banlieue de Phnom Penh. Contre le premier ministre, Hun Sen, et contre le parti de Sam Rainsy. Ils ont beau être des adversaires politiques, ils se ressemblent. En fait, ils appartiennent à une génération du passé. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Depuis le 8 juillet, des manifestations contre la corruption et l’absence de services publics agitent le sud de l’Irak. Les protestataires dénoncent notamment la pénurie chronique de courant.
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Irak : le ministre de l’électricité limogé après trois semaines de contestation

Depuis le 8 juillet, des manifestations contre la corruption et l’absence de services publics agitent le sud de l’Irak. Les protestataires dénoncent notamment la pénurie chronique de courant.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 12h06
   





                        



   


Faut-il y voir une tentative d’apaisement du gouvernement irakien envers les manifestants ? Le premier ministre, Haïder Al-Abadi, a limogé dimanche 29 juillet le ministre de l’électricité, Qassem Al-Fahdaoui, à la suite des manifestations qui agitent depuis trois semaines le sud de l’Irak, notamment pour dénoncer la pénurie chronique de courant.
Cette décision a été prise « en raison de la détérioration du secteur de l’électricité », précise le bureau du premier ministre. La démission de M. Fahdaoui faisait partie des slogans des protestataires lors des récentes manifestations dans le sud de l’Irak, mais aussi à Bagdad, où les foyers n’ont accès qu’à quelques heures d’électricité par jour.

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M. Abadi a dans les faits « suspendu » M. Fahdaoui, selon le communiqué, car seul le Parlement est autorisé à démettre définitivement un ministre de ses fonctions. L’Irak ayant procédé au début de juillet à un nouveau comptage des résultats des législatives de mai, l’ouverture de la nouvelle session parlementaire est cependant retardée.
Selon le dernier bilan, datant du 23 juillet, quatorze personnes ont été tuées et 275 manifestants blessés depuis le 8 juillet, date du début de manifestations contre la corruption et l’absence de services publics. Le mouvement de protestation, parti de la ville côtière de Bassora avant de s’étendre au sud du pays, puis de gagner récemment Bagdad, a toutefois perdu en intensité, notamment du fait de dispersions violentes par les services de sécurité.

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Coupures de courant quotidiennes
Les pénuries et coupures de courant sont chroniques dans ce pays riche en pétrole et où les températures estivales avoisinent 50 °C. Le portefeuille de l’électricité est ainsi un poste à haut risque dans les gouvernements. L’Irak a officiellement alloué depuis la chute du dictateur Saddam Hussein, en 2003, 40 milliards de dollars (34 milliards d’euros) pour remettre sur pied son réseau électrique, mais une partie de cette somme a été détournée.
Au moins deux anciens ministres de l’électricité sont accusés de corruption, notamment pour des contrats fantômes de plusieurs millions de dollars. En 2010, l’un des prédécesseurs de M. Fahdaoui, Karim Wahid, avait déjà dû démissionner après d’importantes manifestations.
Depuis l’invasion emmenée par les Etats-Unis en 2003, la consommation d’électricité en Irak est montée en flèche avec l’arrivée massive d’appareils électroménagers, d’ordinateurs, de paraboles et de téléphones portables. Mais les Irakiens doivent compter davantage sur les générateurs installés à chaque coin de rue par des entrepreneurs privés que sur les quelques heures quotidiennes d’électricité publique.
Récemment, les compagnies iraniennes qui fournissaient une importante part d’électricité au sud du pays ont cessé leurs livraisons en raison de très importants impayés. Les responsables irakiens tentent de justifier le manque d’investissements et la vétusté du réseau par la baisse des cours du pétrole, qui est la principale source de revenu pour le budget de l’Etat. Ils pointent également du doigt la population qui, dans sa grande majorité, ne paie pas les factures d’électricité aux compagnies publiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Plusieurs feux, qui ont fait six morts, font rage depuis le milieu de la semaine. 63 000 hectares ont brûlé dans l’Etat de l’Ouest américain.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Assujetties à des journées de 12 heures durant lesquelles elles n’avaient pas le droit de s’asseoir ou même de s’appuyer contre un mur, des vendeuses indiennes ont monté un syndicat pour protester contre leurs conditions de travail indignes.
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Au Kerala, les vendeuses gagnent le droit de s’asseoir


                      Assujetties à des journées de 12 heures durant lesquelles elles n’avaient pas le droit de s’asseoir ou même de s’appuyer contre un mur, des vendeuses indiennes ont monté un syndicat pour protester contre leurs conditions de travail indignes.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h38
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








   


C’est la fin d’un long calvaire pour les employées des magasins du Kerala, un Etat du sud de l’Inde. La profession, presque exclusivement féminine, vient d’obtenir, en juillet, un « droit de s’asseoir » sur les lieux de travail. Les employeurs interdisaient aux vendeuses de se reposer sur un tabouret, de s’appuyer sur un mur ou même de s’absenter quelques minutes pour aller aux toilettes. Dans les centres commerciaux construits au cours des dernières décennies, elles ont aussi été priées de ne pas utiliser les ascenseurs : certains clients se plaignaient d’être obligés de prendre les escaliers, faute de place.
En Inde, le client est roi, et la vendeuse doit se tenir debout pour le servir, si possible en sari, pour donner à l’enseigne une image respectable. Et ce n’est pas après le travail qu’elle peut espérer s’asseoir : les employées continuent de travailler chez elles, debout dans la cuisine.
Premier combat : « le droit à uriner »
Malgré les problèmes de santé de ces nombreuses femmes, les grands syndicats de cet Etat, où le parti communiste est pourtant puissant, ne se sont pas souciés de leur sort. Ce sont les travailleuses elles-mêmes qui se sont pris en main.
Tout a commencé en 2009, avec un premier combat. Une couturière de Kozhikode a décidé de lancer, avec des amies balayeuses et vendeuses de son quartier, l’organisation Penkoottu. A l’époque, elles se sont mobilisées pour défendre le « droit à uriner ». Les toilettes n’existent quasiment pas sur les lieux de travail. Ils figurent bien dans les plans de l’architecte au moment du dépôt du permis de construire, mais sont reconvertis en remises une fois les bâtiments terminés.

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Les employées doivent donc se rendre aux toilettes publiques… ou se retenir. Car les superviseurs – en majorité des hommes – leur accordent rarement des pauses : quelques dizaines de minutes dans des journées de dix à douze heures de travail. Certaines femmes sont victimes de malaise lorsqu’elles s’arrêtent de boire pour ne pas avoir à se rendre aux toilettes, ou souffrent d’infections urinaires. Grâce à leur « grève des toilettes », elles ont obtenu la construction de sanitaires.
Avec ces luttes, les femmes ont gagné en visibilité
Ce premier succès a donné des idées aux vendeuses d’un magasin de saris du même quartier, qui ont réclamé le droit de s’asseoir. Penkoottu a pris de l’ampleur et décidé de créer le syndicat Asanghaditha Mekhala Thozhilali Union (AMTU), en 2016. « Ce fut un long combat, se souvient Anima Muyarath, une jeune avocate qui a aidé le groupe à enregistrer l’organisation. Les autorités nous ont d’abord expliqué qu’un syndicat ne peut pas défendre uniquement les droits des femmes ou qu’il ne peut pas regrouper des employés d’un secteur informel [petits établissements qui n’offrent pas de protection sociale]. »

   


L’inscription dans le code du travail du « droit à s’asseoir » ou de la mise à disposition obligatoire de toilettes n’est que le début d’un nouveau combat. L’adoption de nouvelles lois en Inde n’aboutit parfois à rien de concret. Car les inspecteurs du travail n’ont souvent pas les moyens de se déplacer, ou ferment les yeux en échange de quelques billets généreusement distribués par les patrons.

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Ecartées des syndicats dominés par les hommes, les femmes ont au moins gagné en visibilité et se sont donné les moyens de revendiquer elles-mêmes des améliorations de leurs conditions de travail. « Pendant de longues années, elles n’osaient pas se plaindre de leur sort. Elles étaient réputées dociles, non syndiquées et étaient moins payées que les hommes », explique Anima Muyarath. Et ce nouveau syndicat fait bien plus que négocier de meilleures conditions de travail. Ses membres l’utilisent également comme plate-forme pour venir en aide aux victimes de violences conjugales.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les Palestiniens louent en l’adolescente de 17 ans un exemple de courage face aux abus israéliens dans les territoires palestiniens occupés. Elle sort de huit mois de prison.
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Ahed Tamimi, la jeune Palestinienne qui avait giflé des soldats israéliens, a été libérée

Les Palestiniens louent en l’adolescente de 17 ans un exemple de courage face aux abus israéliens dans les territoires palestiniens occupés. Elle sort de huit mois de prison.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 14h03
   





                        



   


Son visage juvénile ceint de longues boucles blondes toise les passants, peint sur le mur de séparation construit par Israël en Cisjordanie occupée. L’adolescente est devenue une icône de la résistance palestinienne. Au terme de huit mois de détention pour avoir giflé deux soldats israéliens, Ahed Tamimi a pu sortir de prison, dimanche 29 juillet.
La jeune fille de 17 ans et sa mère, Nariman Tamimi, également incarcérée à la suite de l’incident, ont été transférées de la prison Sharon, en Israël, en Cisjordanie occupée, où elles résident, a annoncé un porte-parole de la prison.
Elles ont été conduites par des soldats israéliens jusqu’à leur village de Nabi Saleh, un territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de cinquante ans. En larmes, l’adolescente a embrassé les membres de sa famille et les soutiens venus l’accueillir, sur un petit chemin menant à la bourgade.
Face à un mur de caméras, un keffieh, châle blanc et noir symbole de la résistance palestinienne, sur les épaules, Ahed Tamimi a brièvement invité les médias à suivre la conférence de presse qu’elle donnera plus tard dans la journée.
Puis, Bassem Tamimi, son père, a rejoint les deux femmes, et le trio s’est dirigé vers la maison familiale, entouré par une foule scandant : « Nous voulons vivre libres ! »
Un peu plus tôt, des membres de la famille et des soutiens d’Ahed Tamimi s’étaient réunis près d’un point de passage à Rantis, en Cisjordanie occupée, pour accueillir Ahed Tamimi et sa mère, mais ils n’avaient pu les saluer, les deux femmes ayant été remises à des soldats israéliens à l’abri des regards et des caméras.
Les autorités israéliennes ont tenu à limiter la médiatisation de la libération des deux femmes, diffusant des informations contradictoires sur l’endroit par lequel elles étaient censées rentrer en Cisjordanie occupée.

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Arrêtés pour avoir peint le visage d’Ahed Tamimi

   


Samedi, la police des frontières israélienne a arrêté deux Italiens et un Palestinien, soupçonnés « d’abîmer et de vandaliser le mur de sécurité dans la zone de Bethléem », selon la police dans un communiqué de presse. Les trois hommes, dont les visages étaient masqués, sont accusés d’avoir peint illégalement sur le mur. Ils étaient toujours en détention dimanche.
Le ministère des affaires étrangères italien a dit, dimanche, qu’il suivait « avec la plus grande attention le cas des deux Italiens arrêtés à Bethléem », ajoutant que que le consul italien s’était rendu « au lieu de détention à Jérusalem » et qu’un avocat du consulat avait pu s’entretenir avec les deux hommes.
Mercredi, l’artiste de rue italien Jorit Agoch avait revendiqué être l’auteur du portrait. Un message publié samedi soir sur une page Facebook qui porte son nom disait qu’il avait été arrêté et qu’il demandait de l’aide.
Un anniversaire en prison
Ahed Tamimi avait été arrêtée le 19 décembre 2017, quelques jours après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur Internet. Des images la montraient s’approchant avec sa cousine Nour Tamimi de deux soldats israéliens appuyés contre un muret, dans la cour de sa maison, à Nabi Saleh.
Les deux jeunes filles leur demandent de quitter les lieux, puis leur donnent des coups de pied et de poing et des gifles. Ahed Tamimi avait 16 ans au moment de son arrestation. Condamnée à huit mois de prison le 21 mars à l’issue d’un accord dit de « plaider coupable », l’adolescente a fêté ses 17 ans en prison. Sa cousine avait elle été libérée en mars.

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Lourde peine
Issue d’une famille connue pour sa lutte contre l’occupation israélienne, Ahed Tamimi avait déjà été impliquée dans une série d’incidents avec des soldats, dont les images avaient fait le tour du monde.
Les Palestiniens louent en Ahed Tamimi un exemple de courage face aux abus israéliens dans les territoires palestiniens occupés. Nombre d’Israéliens considèrent pour leur part qu’elle est un exemple de la façon dont les Palestiniens encouragent leurs enfants à la haine.
Le procès de l’adolescente devant un tribunal militaire a bénéficié d’une importante couverture médiatique. « Il y a eu cette image symbolique d’une enfant se confrontant à un soldat israélien hyperarmé juste devant sa maison. Et le fait qu’elle ait été condamnée à une si lourde peine a suscité l’attention », explique Yara Hawari, une militante palestinienne, amie de la famille Tamimi.

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Ahed Tamimi s’est vu infliger une peine presque aussi lourde — huit mois de prison — que le soldat israélien Elor Azaria, condamné à neuf mois pour avoir abattu un assaillant palestinien blessé, qui ne présentait plus aucun danger.
« Vous ne pouvez pas prendre une petite terroriste et en faire une héroïne, mais c’est ce que nous avons fait », regrette Oren Haza, un député du Likoud (droite), le parti du premier ministre, Benjamin Nétanyahou. « Elle est très dangereuse », soutient-il. « La plupart des Israéliens vous diront qu’ils voudraient la voir en prison pour vingt ans. »
Pour les défenseurs des droits humains, l’affaire Tamimi a permis de mettre en lumière les pratiques des tribunaux militaires israéliens et leur taux de condamnations très élevé — 99 % — de Palestiniens. La Cisjordanie étant un territoire occupé militairement par Israël, les Palestiniens qui y résident sont jugés devant des tribunaux militaires.
« Des centaines d’enfants palestiniens restent derrière les barreaux et ne bénéficient d’aucune attention », a déclaré le directeur de l’ONG Human Rights Watch en Israël, Omar Shakir, qui dénonce les « mauvais traitements endémiques » infligés aux mineurs.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Au moins 13 personnes ont trouvé la mort et des centaines d’autres ont été blessées dans un séisme qui a frappé dimanche l’île du sud-est indonésien.
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Indonésie : l’île touristique de Lombok secouée par un séisme meurtrier

Au moins 13 personnes ont trouvé la mort et des centaines d’autres ont été blessées dans un séisme qui a frappé dimanche l’île du sud-est indonésien.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 11h49
   





                        


L’île touristique de Lombok, dans le sud-est de l’Indonésie, est secouée par un puissant sésisme. De magnitude 6,4, il a tué au moins treize personnes, et des centaines d’autres ont été blessées, dimanche 29 juillet.
Ce tremblement de terre a provoqué des scènes de panique, des habitants fuyant leurs maisons et des occupants d’hôtels se précipitant à l’extérieur. Le séisme, dont l’épicentre était situé à une faible profondeur, sept kilomètres, a eu lieu à 6 h 47, heure locale dimanche (0 h 47 en France). Il a été suivi par plus d’une centaine de répliques, a précisé l’institut américain de géophysique USGS.
« Treize personnes sont mortes, des centaines ont été blessées et des milliers de maisons ont été endommagées dans le séisme. Nous sommes encore en train de collecter des informations », a déclaré dans un communiqué un porte-parole de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes. Un précédent bilan de la même source faisait état d’au moins 10 morts et 40 blessés.
Le ministère malaisien des affaires étrangères a indiqué qu’une de ses ressortissantes avait péri dans le séisme, et que six autres étaient blessés.
« Ils se trouvaient tous au pied du mont Rinjani quand l’incident s’est produit », a-t-il précisé en référence à ce volcan culminant à quelque 3 700 mètres et dont les sentiers de randonnée sont très populaires. Les multiples répliques ont contribué à nourrir la panique dans certains villages, comme à Sembalun, dans l’est de l’île.
Besoin de couvertures et de nourriture
Plus de 200 personnes dont les maisons ont été endommagées ou détruites ont planté des tentes. Certaines refusaient de rentrer chez elles de crainte que de nouvelles secousses n’achèvent de détruire leur domicile. Le toit d’une clinique locale s’est effondré, ses murs fissurés. Certains habitants ont expliqué qu’ils avaient besoin de couvertures et de nourriture.
Le tremblement de terre a eu lieu à 50 kilomètres au nord-est de Mataram, la principale ville de Lombok. Cette île est une destination touristique réputée et se trouve à une centaine de kilomètres à l’est de l’île de Bali, elle aussi très touristique.
Autre conséquence du puissant séisme, les sentiers de randonnée très populaires sur le mont Rinjani, ont été fermés à la suite de glissements de terrain.
Deux touristes espagnols qui escaladaient le mont avec un guide local au moment où le séisme s’est produit ont été légèrement blessés à la suite d’un glissement de terrain, a déclaré le propriétaire d’une maison d’hôtes proche du volcan Rinjani.
A l’hôtel Katamaran sur la plage de Senggigi, une trentaine d’hôtes se sont précipités dans le lobby de l’établissement pendant une demi-heure, avant de regagner leurs chambres.
Aucune alerte au tsunami déclenchée
Le séisme a aussi été ressenti sur les petites îles de Gili, au large de Lombok, des destinations touristiques populaires. « Heureusement, il n’y a eu aucune scène de panique pendant le séisme, même s’il était assez puissant », estime une réceptionniste de l’hôtel Ombak Paradise, sur l’île de Gili Air.
Aucune alerte au tsunami n’a été déclenchée, a indiqué le porte-parole de l’agence indonésienne de géophysique et de météorologie.
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Le pays est frappé par de nombreux séismes, mais la plupart ne sont pas dangereux.
En 2004, un tsunami provoqué par un séisme sous-marin de magnitude 9,3 survenu au large de l’île de Sumatra, dans l’ouest de l’archipel, a tué 220 000 personnes dans les pays qui bordent l’océan Indien, dont 168 000 en Indonésie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ce déplacement sur l’île caribéenne est le premier d’un représentant du gouvernement français depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en mai 2017.
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Le Drian visite Cuba pour « renforcer » les liens avec la France

Ce déplacement sur l’île caribéenne est le premier d’un représentant du gouvernement français depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en mai 2017.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 03h56
   





                        



   


Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a indiqué samedi 28 juillet à La Havane que sa visite jusqu’à dimanche à Cuba visait à « renforcer » les relations entre les deux pays. « Nous sommes dans une relation très positive, dynamique, et ma visite vise à approfondir cette dynamique et à la renforcer », a déclaré M. Le Drian à son homologue cubain Bruno Rodriguez, qui l’a reçu au ministère des affaires étrangères.
La visite s’est poursuivie au palais présidentiel où M. Le Drian a rencontré le nouveau président cubain, Miguel Diaz-Canel, « dans un climat cordial », selon un communiqué officiel lu à la télévision nationale. « Les deux parties ont souligné le bon état de leurs relations et ont exprimé la volonté de voir se poursuivre un dialogue politique de haut niveau », a-t-il ajouté.
Les deux hommes ont qualifié de « favorable » le développement des relations économiques et commerciales entre les deux pays et ont reconnu « le rôle croissant des entreprises françaises » dans l’économie locale, principalement dans les secteurs de l’énergie, des transports et de la construction. Une trentaine d’entreprises françaises sont implantées à Cuba.

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Ambiance détendue
Ce déplacement sur l’île caribéenne est le premier d’un représentant du gouvernement français depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en mai 2017.
Le chef de la diplomatie française est également le premier des ministres européens des affaires étrangères à se rendre à La Havane depuis que Miguel Diaz-Canel a accédé à la présidence cubaine en avril.
Avant de s’entretenir avec le président Diaz-Canel, M. Le Drian a souligné auprès de son homologue cubain que sa visite à La Havane s’inscrivait « dans la continuité » de celles des anciens présidents François Hollande à Cuba en mai 2015 et Raul Castro en France en février 2016.
Dans une ambiance détendue, Jean-Yves Le Drian a félicité M. Rodriguez pour avoir été reconduit dans ses fonctions, qu’il occupe depuis 2009. « Vous êtes déjà un vétéran dans vos fonctions, pas aussi avancé que (Sergueï) Lavrov, mais vous êtes sur la bonne voie », a-t-il dit en plaisantant en référence au très expérimenté ministre russe des affaires étrangères, qui était mardi à Paris.
Sur le même ton de plaisanterie, M. Rodriguez lui a répondu n’être, lui, « jamais entré dans le secteur de la défense nationale », faisant allusion au poste de ministre de la défense que M. Le Drian occupait précédemment. « Nous apprécions beaucoup le développement des relations bilatérales qui sont une priorité pour Cuba », a également déclaré M. Rodriguez.
Leadership français
Il a affirmé que Cuba apprécie et reconnaît le leadership de la France dans les relations qu’entretient Cuba avec l’Union européenne, dans le domaine multilatéral et « en particulier dans la lutte contre le changement climatique ».
« Nous reconnaissons la position française sur le blocus qui entrave les liens économiques entre l’Europe et notre pays », a-t-il ajouté, faisant référence à l’embargo américain sur Cuba, en vigueur depuis 1962.
Avant la fin dimanche de son voyage en Amérique latine, qui avait débuté en Colombie, M. Le Drian devait aussi rencontrer le ministre cubain du commerce extérieur et de l’Investissement étranger, Rodrigo Malmierca, et effectuer une visite du centre historique de La Havane.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine » est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque.
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L’écrivain et ex-dissident russe Vladimir Voïnovitch est mort

L’auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine » est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 22h13
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 09h46
   





                        


L’écrivain russe Vladimir Voïnovitch, ancien dissident soviétique et auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque, ont annoncé samedi ses proches.
« Vladimir Nikolaïevitch (Voïnovitch) est mort », a fait savoir un membre de la famille de l’écrivain, dont les livres ont été traduits dans plusieurs langues, à l’agence publique de presse TASS.
Le ministre de la Culture, Vladimir Medinski, a salué un « écrivain au grand talent, auteur de paroles de chansons appréciées, un homme à la position citoyenne responsable et active ». « Son œuvre a toujours été une vision aiguisée de la réalité, habilement véhiculée par un langage vivant et fascinant », a-t-il ajouté saluant la contribution de Vladimir Voïnovitch au « renforcement de la liberté d’expression, au développement des principes d’égalité, de compréhension mutuelle et d’harmonie sociale » en Russie.
Dissident en URSS, puis critique des nouvelles autorités russes
Né en 1932 à Stalinabad, au Tadjikistan soviétique, Vladimir Voïnovitch s’est d’abord fait connaître en tant qu’auteur satirique, avec notamment « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », un roman qui expose les absurdités du totalitarisme. Traduit en plusieurs langues, cet ouvrage lui a valu la notoriété. Publié pour la première fois en 1975 par Ymca-press, la maison d’édition de la dissidence à Paris, le livre a longtemps circulé dans les milieux de l’émigration mais aussi en URSS, sous le manteau.
Proche d’autres dissidents de l’époque, il est exclu de l’Union des écrivains soviétiques puis contraint d’émigrer en Allemagne quelques années plus tard après avoir été déchu de sa nationalité.
Egalement auteur de textes de chansons, il retourne en Russie en 1993 après la dissolution de l’Union soviétique et poursuit son travail d’écrivain, souvent critique des nouvelles autorités russes.
Dans « Moscou 2042 », un livre de fiction publié en 1987, il écrit que la Russie s’apprête à être dirigée par un officier du KGB, germanophone et ancien résident en Allemagne de l’Est. Sa prédiction se réalise le 31 décembre 1999. Vladimir Poutine, réélu en mars 2018, est un lieutenant-colonel du KGB qui fut en poste à Dresde dans les années 1980.
En 2002, il n’hésite pas à présenter un pamphlet s’attaquant au « mythe » du génie du prix Nobel de littérature et ex-dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne, mort en 2008.
Parcours
1932
Naissance à Douchanbé (Tadjikistan, URSS).
1961
La revue « Novy Mir » publie sa première nouvelle « C’est ici que nous vivons ».
1974
Exclu de l’Union des écrivains.
1980
Emigre en Allemagne.
1981
Privé de la citoyenneté soviétique. Gorbatchev la lui rend dix ans plus tard.
2007
Publie « Les Aventures singulières du soldat Tchonkine », tome III.
2018
Mort d’une crise cardiaque à l’âge de 86 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ « La décision de l’administration Trump ne fera qu’aggraver l’épidémie de violence armée aux Etats-Unis », ont déclaré des élus de la Chambre des représentants.
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Etats-Unis : un jugement autorisant l’impression d’armes en 3D inquiète des élus démocrates

« La décision de l’administration Trump ne fera qu’aggraver l’épidémie de violence armée aux Etats-Unis », ont déclaré des élus de la Chambre des représentants.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h39
   





                        


Dangereuses, faciles à dissimuler et quasi impossibles à contrôler. Les armes à feu en plastique réalisées avec des imprimantes 3D devraient en inquiéter plus d’un à l’avenir. Des élus américains s’alarment d’ores et déjà d’un récent jugement qui autorise la distribution gratuite aux Etats-Unis d’un programme d’impression en 3D d’armes de poing en plastique.
Après trois ans de batailles devant les tribunaux, le gouvernement américain a finalement conclu un accord à l’amiable avec un militant texan du port d’armes, Cody Wilson. Ce jeune libertarien âgé de 25 ans exigeait au nom du deuxième amendement de la Constitution américaine sur le droit à porter des armes, de permettre la fabrication d’armes chez soi, sans le contrôle des autorités – car elles ne portent pas de numéro de série –, et pour une somme modique.
Un accord resté secret jusqu’à récemment
Cet accord a été conclu le 29 juin entre le Département d’Etat, qui contrôle les exportations américaines d’armement, et le groupe Defense Distributed (DD) de M. Wilson. Son existence est restée secrète jusqu’à ce que des groupes militant pour un renforcement de la réglementation des armes aux Etats-Unis n’exigent sa publication la semaine dernière.

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L’accord à l’amiable autorise « tout résident des Etats-Unis (…) à avoir accès, discuter, utiliser, reproduire ou bénéficier des informations techniques » mises à la disposition du public sur le site de Defense Distributed. Il prévoit que M. Wilson recevra près de 40 000 dollars au titre de dommages et intérêts.
N’importe quel possesseur d’une imprimante en 3D, dont le coût avoisine les 2 000 dollars, pourra donc à partir de la semaine prochaine se fabriquer une arme pour quelques centaines de dollars de plus avec un corps en plastique. Le site de DD invite même toute personne intéressée à télécharger le programme à partir du 1er août.
Une décision « inexplicable » pour des élus démocrates
Qualifiant cet accord à l’amiable de « stupéfiant » et la décision de dédommager Cody Wilson d’« inexplicable », cinq sénateurs démocrates ont exigé dans une lettre ouverte que le gouvernement justifie sa décision et leur fournisse des explications écrites.
« Cet accord permettra à ces manuels d’être postés en ligne pour une distribution illimitée à tous – y compris des criminels et des terroristes – aussi bien ici, aux Etats-Unis, qu’à l’étranger ».
« La décision de l’administration Trump ne fera qu’aggraver l’épidémie de violence armée aux Etats-Unis », ont ajouté jeudi 42 élus démocrates de la Chambre des représentants, notant que ces armes « ne portent pas le numéro de série d’un constructeur et peuvent être fabriquées avec des matériaux plastiques qu’il sera impossible de détecter aux contrôles de sécurité ».

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« Nous ne devrions pas devoir attendre que quelqu’un tue une personne dans les bureaux de la Chambre des représentants après avoir franchi un contrôle de sécurité avec une arme en plastique imprimée en 3D pour faire quelque chose pour arrêter ceci », concluent ces mêmes élus démocrates.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Un état d’urgence partiel a été déclaré dans l’Etat de l’Ouest américain, où plusieurs incendies, qui ont fait six morts, font rage depuis le milieu de la semaine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/07/2018
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Six morts dans les incendies en Californie

Un état d’urgence partiel a été déclaré dans l’Etat de l’Ouest américain, où plusieurs incendies, qui ont fait six morts, font rage depuis le milieu de la semaine.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 12h28
   





                        



   


Les incendies ont fait six morts et gagnent rapidement du terrain en Californie, où un état d’urgence partiel a été déclaré. Des milliers de personnes ont dû être évacuées, et un pyromane supposé a été arrêté. Selon le service des urgences du gouverneur de la Californie, quelque 63 000 hectares ont brûlé dans les 14 incendies en cours et 10 000 pompiers sont mobilisés pour les combattre.

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L’incendie baptisé « Carr », au nord de la ville de Redding (nord de la Californie), qui a causé la mort de deux pompiers jeudi, a consumé 32 700 hectares depuis lundi, a détruit 500 bâtiments et en a endommagé 75 autres, selon les pompiers, samedi. Vendredi soir, la superficie brûlée était de 20 000 hectares. Il n’est maîtrisé qu’à 5 % et, dans la nuit, « a progressé dans toutes les directions avec des avancées importantes », également selon les pompiers. Deux jeunes enfants et leur arrière-grand-mère âgée de 70 ans ont péri dans l’incendie, a annoncé samedi leur famille à des médias américains.
Au total, 38 000 personnes ont été évacuées dans le comté de Shasta, du fait de ce qui a été qualifié par le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, de foyer « incontrôlable ».
Soutien fédéral
Le président Donald Trump a signé samedi un décret ordonnant à l’Agence fédérale des situations d’urgence d’apporter son soutien aux autorités du comté.
Dans le sud de la Californie, « plus de 1 300 pompiers se battent contre le feu “Cranston”, qui a détruit cinq maisons et a entraîné la fermeture de routes et l’évacuation d’environ 7 000 personnes », selon l’Office fédéral des forêts.
Le brasier qui sévit depuis mercredi dans la forêt nationale de San Bernardino, près de 150 kilomètres à l’est de Los Angeles, a réduit en cendres près de 5 300 hectares et n’était maîtrisé qu’à 17 %, selon un bilan samedi matin. Il menace environ 4 900 bâtiments, et trois pompiers ont été blessés.
Un homme de 32 ans, Brandon McGlover, a été arrêté peu après le départ de ce feu. Il est soupçonné d’être à l’origine de neuf incendies dans le sud-ouest du comté de Riverside et a été inculpé, vendredi matin, de quinze chefs d’accusation d’incendie criminel, pour lesquels il a plaidé non coupable.
Etat d’urgence
Le gouverneur Jerry Brown a décrété l’état d’urgence dans ce comté — ce qui permet de débloquer des moyens supplémentaires —, affecté par des coupures d’électricité en raison des dégâts causés par les flammes sur plusieurs kilomètres du réseau de distribution.
Plus au nord, le feu « Ferguson » continuait sa progression près du parc national de Yosemite, qui a dû fermer en partie, notamment la Yosemite Valley, qui ne devrait rouvrir au public que le 3 août en fin de journée.

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Selon un point sur la situation diffusé samedi matin par le service d’information Inciweb, cet incendie, qui a démarré le 13 juillet, avait détruit 20 000 hectares et restait maîtrisé à 29 %, comme vendredi. Un pompier a été tué et sept personnes blessées.
Le service des urgences de l’Etat a prévenu que « le risque d’incendie continu[ait] d’augmenter à travers la Californie ». « Assurez-vous que votre famille et vos amis sont prêts à évacuer. Soyez sur vos gardes », a-t-il tweeté.
D’après le Centre national interorganismes de lutte contre les incendies, 36 incendies majeurs sévissaient samedi matin à travers les Etats-Unis. Ils ont déjà ravagé plus de 93 000 hectares sur le territoire géré par l’Office fédéral des forêts.
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            data-slide-description="Près de Redding, dans le nord de la Californie, où l’incendie « Carr » a causé la mort de deux pompiers  jeudi 26 juillet. L’incendie a déjà consumé 32 700 hectares, détruit 500 bâtiments et en a endommagé 75 autres."
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            data-slide-description="Près de la ville d’Igo. Une chaleur écrasante, des vents forts et une importante humidité ont compliqué la tâche des pompiers."
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            data-slide-description="Un Canadair tente de contenir l’incendie baptisé « Ferguson », avant qu’il n’atteigne les habitations du comté de Mariposa, en Californie, le 25 juillet."
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            data-slide-description="Les pompiers élaborent leur stratégie contre l’incendie « Carr », dans le comté de Shasta, en Californie, le 26 juillet."
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            data-slide-description="Le brasier qui sévit depuis mercredi dans la forêt nationale de San Bernardino, à environ 150 kilomètres au sud-est de Los Angeles, n’était maîtrisé qu’à 17 %, selon un bilan samedi matin."
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            data-slide-description="De l’enfilement de maisons de Lake Keswick Estates, à Redding, il ne reste que quelques ruines après le passage de l’incendie « Carr », le 27 juillet."
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            data-slide-description="Mark Peterson, dont la maison a été détruite par l’incendie, fait boire les chèvres qu’il a pu sauver, à Redding, le 27 juillet."
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            data-slide-description="La fumée de l’incendie « Ferguson » a atteint la vallée du parc national de Yosemite. Le célèbre Half Dome n’était presque plus visible tant la fumée était épaisse, le 25 juillet. L’air était « plus irrespirable qu’à Pékin », selon les responsables du parc."
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            data-slide-description="Le 25 juillet, les visiteurs ont été évacués du parc national de Yosemite, qui restera fermé jusqu’au 3 août. Ici, une famille s’apprête à quitter son emplacement dans le très populaire camping d’Upper Pines, au cœur de la vallée."
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            data-slide-description="Deux jeunes enfants et leur arrière-grand-mère âgée de 70 ans ont été tués par l’incendie, dans cette maison de Redding, le 28 juillet. Samedi soir, le bilan des incendies en Californie était de six morts."
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            data-slide-description="Une pompier en intervention à Redding, le 27 juillet. L’incendie « Carr » a causé la mort de deux pompiers dans des incidents distincts."
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            data-slide-description="Ce bateau, attaché au ponton du lac Wiskeytown, dans le comté de Shasta, n’a pas échappé aux flammes, le 27 juillet."
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            data-slide-description="Des biches sur une route recouverte de poudre ignifuge, près de Redding, le 28 juillet."
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            data-slide-description="Un couple évacué de son domicile revient évaluer les dégâts, à Redding, le 27 juillet."
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Près de Redding, dans le nord de la Californie, où l’incendie « Carr » a causé la mort de deux pompiers  jeudi 26 juillet. L’incendie a déjà consumé 32 700 hectares, détruit 500 bâtiments et en a endommagé 75 autres.

NOAH BERGER / AP
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’ancien président indépendantiste catalan est revenu en Belgique, samedi. Il affirme qu’il agira « depuis Bruxelles » mais en « envisageant toute l’Europe ».
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Pour Carles Puigdemont, son retour en Belgique n’est « pas la fin du voyage »

L’ancien président indépendantiste catalan est revenu en Belgique, samedi. Il affirme qu’il agira « depuis Bruxelles » mais en « envisageant toute l’Europe ».



Le Monde
 |    28.07.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h37
   





                        



   


A peine a-t-il foulé le sol belge, samedi 28 juillet, après quatre mois passé en Allemagne, où il avait été arrêté, que Carles Puigdemont a repris son combat pour une Catalogne indépendante. Lors d’une conférence de presse à la Délégation de la Catalogne auprès de l’Union européenne, à Bruxelles, il a appelé le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez à faire des actes concrets.
Egalement présent pour l’occasion, l’actuel président indépendantiste Quim Torra a pour sa part promis « plus de défaites à venir pour l’Espagne si elle continue » à ignorer le droit à l’autodétermination du peuple catalan.

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« Nous sommes face à un problème politique qui a besoin d’une solution politique. Et la seule manière, c’est le vote. Cette équation est claire pour nous », a déclaré Quim Torra. « Voyons s’il y a un dialogue qui se transforme en actions », a poursuivi l’indépendantiste radical, à l’égard de l’actuel président socialiste, Pedro Sanchez.
M. Puigdemont a quant à lui affirmé que son « voyage » ne s’arrêterait pas là. « Il ne prendra fin que quand tous les prisonniers seront relâchés, que les personnes en exil pourront revenir et que les Catalans réaliseront leur droit à l’autodétermination sans menace de violence », a-t-il déclaré.
Pedro Sanchez pressé d’agir par les indépendantistes
Selon les deux hommes, Pedro Sanchez doit agir avant l’automne, c’est-à-dire avant le début des procès des dirigeants indépendantistes emprisonnés. Dans le cas contraire, les députés du parti démocrate européen catalan (PDeCAT) – dont est issu le président déchu – pourraient décider de bloquer l’activité du gouvernement.
A l’issue de cette conférence de presse, les deux leaders catalans ont participé à une fête visant à célébrer le retour de M. Puigdemont ainsi qu’à exiger la libération des prisonniers politiques et le retour des personnes en exil.
Comme d’autres dirigeants catalans, Carles Puigdemont avait quitté l’Espagne fin 2017 après que le gouvernement espagnol a mis sous tutelle la Catalogne qui venait de s’autodéclarer indépendante.

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Après plusieurs mois en Belgique, il s’était fait intercepter en Allemagne suite aux mandats d’arrêt européen et international émis par l’Espagne contre lui et quatre de ses ministres régionaux.
Or, il y a dix jours, la justice espagnole a levé ces procédures suite à la décision du tribunal allemand de ne remettre M. Puigdemont à la justice espagnole que pour un délit de détournement de fonds publics et d’écarter le principal chef d’accusation : la rébellion, passible de trente ans de prison. Les mandats d’arrêt restent toutefois en vigueur en Espagne.
La Commission européenne ne veut pas s’impliquer
A la suite de ce dénouement, l’ancien président indépendantiste a donc choisi de revenir en Belgique pour poursuivre son combat. « Aucune nation n’est devenue indépendante en ayant la reconnaissance depuis le début, il faut y travailler. Je vais continuer à faire de l’internationalisation (…) depuis Bruxelles, mais en envisageant toute l’Europe », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’avait toutefois nullement l’intention de demander l’asile en Belgique.
Interrogé sur ses rapports avec la Commission européenne, il a déclaré :
« J’ai été très déçu par la réaction des décideurs européens, pas à cause de leur opinion sur l’indépendance de la Catalogne, mais à cause de leur silence vis-à-vis des violations des droits fondamentaux. Mais l’Europe ne se résume pas à un bâtiment rempli d’états et d’hommes politiques. Il y a aussi les citoyens. »
La Commission européenne, de son côté, a déjà fait savoir que le retour de Carles Puigdemont en Belgique ne changeait rien : « Nous ne nous impliquerons pas là-dedans, notre position n’a pas changé. »

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Est-ce que le mouvement indépendantiste est toujours bien présent en Catalogne ? Selon les propos de M. Puigdemont, la fête de la Catalogne, le 11 septembre, la célébration du premier anniversaire du référendum catalan, le 1er octobre, ainsi que le début des procès des dirigeants indépendantistes, attendus à l’automne, seront un bon marqueur. Les grandes échéances sont données.
Sophie Petitjean



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Jalalabad, capitale régionale de l’est de l’Afghanistan, est fréquemment visée par des attentats perpétrés par des talibans ou par le groupe Etat islamique.
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Afghanistan : au moins deux morts dans l’attaque d’une école de sages-femmes

Jalalabad, capitale régionale de l’est de l’Afghanistan, est fréquemment visée par des attentats perpétrés par des talibans ou par le groupe Etat islamique.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 10h02
   





                        



   


Une école de sages-femmes a été attaquée samedi 28 juillet à Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan. Deux personnes ont été tuées, un garde et un chauffeur, et cinq blessées. Les soixante-sept étudiantes et l’encadrement du centre ont été libérés sains et saufs, selon le porte-parole de la police du Nangarhar.
L’attaque n’a pas été revendiquée pour l’instant. Elle s’« est terminée » après sept heures d’échanges de tirs entre les forces de l’ordre et les assaillants retranchés, selon le porte-parole du gouverneur provincial. Une première explosion avait retenti vers 11 h 30 (9 heures, heure de Paris), suivie d’autres détonations et de tirs.
Des témoins ont entendu plusieurs explosions, suivies de tirs, et ont évoqué de la fumée montant du site. « Après la première explosion, j’en ai entendu trois autres », a dit l’un d’eux.

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« L’attaque a visé notre centre de formation des sages-femmes », faisait savoir ce matin le porte-parole du département provincial de la santé, précisant que cette école était financée par le ministère de la santé, sans fonds occidentaux.
Le taux de mortalité maternelle de nouveau en hausse
Cette cible n’a pas été prise au hasard, dans un pays où la formation de sages-femmes est une urgente nécessité. L’Unicef estime qu’à peine 45 % des Afghanes bénéficient d’une assistance médicale durant leur accouchement.
Après une nette amélioration dans les dix années qui suivirent l’intervention américaine à la fin de 2001 pour chasser les talibans du pouvoir, le taux de mortalité maternelle s’est de nouveau détérioré. Et ce, selon l’USAid, l’agence de développement des Etats-Unis et l’un des principaux donateurs, en raison du manque de personnel qualifié et de structures de soins dans les régions les plus reculées ou en proie à l’insécurité.
Ce taux était officiellement de 396 décès pour 100 000 naissances en 2015 (contre plus de 1 600 estimés en 2002). Des chiffres contestés par des observateurs sur le terrain qui font valoir que beaucoup de régions sont hors de portée des études de l’Unicef ou du gouvernement afghan.

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Jalalabad, capitale régionale de l’est de l’Afghanistan, est fréquemment visée par des attentats perpétrés par des talibans ou par le groupe Etat islamique (EI). Le dernier remontait au 11 juillet, contre un bâtiment du département de l’éducation. L’opération, qui n’avait pas été revendiquée, avait fait onze morts.
Le 10 juillet, une attaque-suicide de l’EI contre un convoi des services de renseignement afghans avait fait douze morts, essentiellement des civils, pris dans l’incendie d’une station-service déclenché par l’explosion.
La pression exercée depuis l’hiver par les forces afghanes, appuyées par l’armée américaine, a permis récemment de déloger l’organisation Etat islamique des districts qu’elle contrôlait depuis deux ans, mais elle est loin d’être éradiquée de la région.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ A Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Novossibirsk, de nombreux manifestants ont pris part à un rassemblement autorisé pour protester contre l’allongement de l’âge du départ à la retraite.
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Des dizaines de milliers de Russes manifestent contre une réforme des retraites

A Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Novossibirsk, de nombreux manifestants ont pris part à un rassemblement autorisé pour protester contre l’allongement de l’âge du départ à la retraite.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 16h17
   





                        



   


L’opposition à une mesure soutenue par le président russe, Vladimir Poutine, reste encore inhabituelle dans le pays. Pourtant, des dizaines de milliers de Russes ont participé samedi 28 juillet à des manifestations organisées à travers le pays par le Parti communiste contre un projet de hausse de l’âge du départ à la retraite.
A Moscou, 100 000 personnes, selon les organisateurs, environ 10 000 selon des journalistes, ont pris part à un rassemblement autorisé contre la réforme actuellement en lecture au Parlement.
Dans les rues de Moscou, la foule entonnait des slogans tels que « Poutine, ne touche pas à nos retraites ! » et brandissait des pancartes portant les mots : « Nous voulons vivre de nos retraites et ne pas mourir au travail. »

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Dizaines de villes
Des manifestations ont eu lieu dans des dizaines d’autres villes, allant de l’Extrême-Orient à la Sibérie et à l’ouest de la Russie. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, environ 1 000 personnes se sont rassemblées sous des drapeaux rouges, certaines portant des portraits de Staline. A Novossibirsk, en Sibérie occidentale, l’agence de presse étatique TASS a mentionné 1 200 manifestants, citant la mairie.
Cette opposition, soutenue par un Parti communiste d’habitude plutôt complaisant envers le Kremlin, s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, et qui a recueilli 2,9 millions de signatures.
La réforme, annoncée par le premier ministre, Dmitri Medvedev, prévoit d’allonger progressivement, à partir de 2019, le seuil de départ à la retraite à 65 ans pour les hommes d’ici à 2028, et à 63 ans pour les femmes en 2034 ; huit années de plus pour les femmes, cinq pour les hommes. Cela passe mal, même si la faiblesse des pensions (183 euros en moyenne par mois) contraint des millions de retraités russes à trouver un travail d’appoint.
Les femmes sont particulièrement vulnérables. Elles doivent souvent se contenter, après 50 ans, de petits boulots pour joindre les deux bouts, alors même que leur espérance de vie a augmenté à 77,7 ans. Celle des hommes, elle, reste basse : 67,5 ans. A peine plus de deux ans après l’âge de départ à la retraite envisagé.
M. Poutine, qui n’avait pas mentionné la question des retraites lors de la campagne qui a abouti à sa réélection en mars, a ainsi vu sa cote de popularité chuter à 64 % en juillet, contre 80 % en mai, selon le centre russe d’études de l’opinion (VTsIOM). Le président russe a dit la semaine dernière qu’il n’appréciait pas l’idée d’augmenter l’âge de départ à la retraite, mais qu’il était nécessaire de « prendre des décisions cruciales ».
Comme Galina Nikiforova, 59 ans, venue manifester à Saint-Pétersbourg, certains opposants à la mesure soulignent le faible intérêt des employeurs pour les personnes plus âgées :
« Comment allons-nous vivre ? Je ne le sais pas. Ils n’embauchent personne au-dessus de 50 ans. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dimanche, 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain président de la République malienne. Six points pour comprendre ce scrutin attendu.
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Compte rendu

Tout comprendre à l’élection présidentielle au Mali

Dimanche, 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain président de la République malienne. Six points pour comprendre ce scrutin attendu.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.07.2018 à 15h55

     •
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        Mis à jour le 29.07.2018 à 10h41





C’est un scrutin attendu et redouté. Dimanche 29 juillet, les Maliens iront aux urnes pour élire leur futur président de la République. Le contexte sécuritaire demeure instable, tandis que l’opposition a récemment fait monter la pression en dénonçant une « vaste tentative de fraude ». La campagne électorale, ouverte le 7 juillet, vient de se clore.
A la veille du premier tour, voici six points pour comprendre les enjeux de cette élection majeure, dont l’issue est très incertaine.
24 candidats, 8 millions de votants
L’élection du futur président incombe à quelque 8 millions de votants. Pour accueillir les électeurs, 23 041 bureaux de vote sont répartis sur l‘ensemble du territoire. Depuis le précédent scrutin présidentiel de 2013, les deux favoris n’ont pas changé.
D’un côté, l’actuel président, Ibrahim Boubacar Keïta (dit « IBK »).

    
Ibrahim Boubacar Keita.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


De l’autre, Soumaïla Cissé (dit « Soumi »), chef de file de l’opposition.

    
Soumaïla Cissé.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


En 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), avait été plébiscité au second tour avec 77,6 % des voix face à Soumaïla Cissé. Cette année, le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) espère inverser la tendance.
Vingt-quatre candidats sont en lice pour ce scrutin, qui est pour, beaucoup d’entre eux, dont « IBK » et « Soumi », l’élection de la dernière chance. Dix étaient déjà sur la ligne de départ en 2013.
Preuve de l’effritement de la majorité présidentielle, selon l’opposition, sept anciens ministres d’Ibrahim Boubacar Keïta et un ancien ambassadeur figurent parmi les compétiteurs. Mais l’émergence d’un front anti-Ibrahim Boubacar Keïta en cas de second tour n’est pas garantie, tant l’opposition semble divisée.
Une campagne sous le signe de l’insécurité
Contrairement à 2013, où la campagne s’était déroulée « dans le calme, sans incidents », selon la mission d’observation de l’Union européenne, celle de 2018, entamée le 7 juillet, a été plus mouvementée.
Le 20 juillet, la coalition de groupes armés GATIA-MSA a rapporté « l’exécution sommaire de plus de vingt personnes » par des hommes armés aux environs de Menaka, dans le nord-est du pays. Deux jours plus tard, dans le Centre, un soldat était tué dans une embuscade tendue par des terroristes dans la forêt de Soumouni, selon le ministère de la défense. Une attaque au cours de laquelle onze djihadistes auraient été tués par l’armée.
Toujours dans le Centre, le 23 juillet, l’aéroport de Sévaré a été la cible de tirs d’obus lors d’une attaque djihadiste présumée, qui n’a pas fait de victimes. Le lendemain, une partie de la population de Tombouctou se révoltait contre les actes de banditisme dont elle serait victime, accusant les Arabes d’en être les auteurs.
Le même jour, au sud de Mopti, huit personnes ont été tuées dans l’explosion d’une mine. Des incidents qui, à la veille de l’élection, ont fait monter la tension.

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                Une élection présidentielle malienne sous haute tension



Abstention élevée attendue
C’est une habitude au Mali. Depuis l’avènement de la démocratie, en 1992, moins d’un Malien sur deux s’est déplacé lors des cinq scrutins présidentiels. La dernière élection, en 2013, avait cependant été particulièrement suivie, dans un contexte post-coup d’Etat qui avait ébranlé la République, quelques semaines après le déclenchement de la guerre dans le nord du pays. En 2013, le taux de participation était d’environ 49 % au premier tour, et de près de 46 % au second.
Mais cette année, l’insécurité pourrait faire grimper davantage l’abstention dans le Nord et dans le Centre. Pour sécuriser cette élection sous haute tension, 30 000 éléments des forces de défense et de sécurité seront déployés, selon le ministère de la sécurité.
Dans le Nord, les groupes armés signataires aideront les forces étatiques, mais dans le Centre, la sécurisation du scrutin sera à la seule charge de l’Etat.
La région de Mopti, qui représente près de 13 % de l’électorat, est la plus instable du pays. Entre 2016 et 2017, les incidents liés à la sécurité y ont été multipliés par trois, selon l’ONU. Une dégradation de la situation sécuritaire qui se confirme en 2018, avec au moins 43 civils tués entre avril et juin, dans le centre du pays.
Dans ces conditions, les électeurs prendront-ils le risque de se déplacer pour aller voter ?
Risques de fraude
Pas si sûr. Une partie de l’opposition craint que les zones insécurisées du Centre soient des foyers potentiels de fraude. Selon le ministère de l’administration territoriale, à la date du 25 juillet, 72,9 % des 8 millions de votants avaient retiré leur carte d’électeur.
Les taux de retraits, supérieurs à la moyenne dans les zones qui concentrent pourtant l’insécurité – savoir Mopti (74,7 %), Gao (86,5 %), Tombouctou (79,6 %) et Kidal (81,4 %) –, ont été jugés suspects par plusieurs observateurs et candidats.
Selon les données de la Direction générale des élections (DGE), ces quatre régions représentent près de 22 % de l’électorat total attendu aux urnes ce dimanche.
La polémique autour d’un fichier électoral parallèle
Les soupçons de fraude sont au centre de l’attention depuis la déclaration fracassante de l’URD, le 20 juillet. Le directoire de campagne de Soumaïla Cissé avait alors annoncé l’existence d’un supposé fichier électoral parallèle, mis en ligne sur le site de la DGE.
Différent du fichier électoral audité par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ce supposé fichier contiendrait notamment 275 761 doublons d’électeurs. Une « vaste tentative de fraude », selon l’URD.
La DGE, chargée de la gestion du fichier électoral, a reconnu une « erreur informatique », qui serait corrigée avant l’élection. « L’Agetic [Agence des technologies de l’information et de la communication] est en train d’apporter les corrections qu’il faut, a assuré Sidi Mohamed Diawara, conseiller spécial du premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga.
Selon lui, il y a un seul fichier électoral, et cette erreur informatique n’aura aucune incidence sur le scrutin et sur ses résultats : « La compilation des résultats sera faite sur la base des votes exprimés par les personnes qui figurent sur les listes des bureaux de vote. Ces listes ont été établies à partir du fichier audité par l’OIF. Tout ça n’influe donc en rien sur le vote de dimanche. »

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Après avoir reçu une quinzaine de mandataires des candidats à l’élection, le 26 juillet, le premier ministre a proposé une nouvelle rencontre, cette fois-ci avec les candidats, dont l’objet est d’entendre les propositions de l’opposition pour aller à l’élection de manière apaisée. Plusieurs d’entre eux s’y sont rendus le 28 juillet.
Résultats et recours
Selon la loi électorale, les résultats provisoires doivent être proclamés « dans les cinq jours qui suivent la date du scrutin », soit le 3 août, dernier délai. Un laps de temps que les candidats peuvent utiliser pour soulever d’éventuelles irrégularités auprès de la Cour constitutionnelle, chargée de proclamer les résultats définitifs.
Les candidats pourront également déposer un recours dans les quarante-huit heures suivant la proclamation des résultats provisoires. En 2013, onze plaintes avaient été déposées, toutes rejetées. Le second tour est prévu le 12 août.

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Le pape accepte la démission du cardinal américain Theodore McCarrick, soupçonné d’abus sexuels

Il avait déjà été interdit à la fin de juin d’exercer son ministère en raison d’accusations d’abus sexuels d’un adolescent il y a plusieurs décennies.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 15h19
   





                        



   


Le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, déjà interdit d’exercer son ministère en raison d’accusations d’abus sexuels aux Etats-Unis, a annoncé samedi 28 juillet le Saint-Siège.
« Le Saint Père a reçu la lettre dans laquelle le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington présentait sa démission du collège des cardinaux », dit le communiqué.

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« Le pape François accepte cette démission du collège cardinalice et a ordonné sa suspension de tout ministère public, avec l’obligation de rester dans une maison, qui doit encore lui être indiquée, pour mener une vie de prière et de repentance jusqu’à ce que les accusations portées contre lui soient examinées dans le cadre d’un procès canonique normal », ajoute le texte.
Des accusations « crédibles et étayées »
Le cardinal McCarrick, un prêtre qui fut promu évêque et archevêque dans l’archidiocèse de New York avant de partir pour Washington, en 2001, est l’un des cardinaux américains les plus en vue à l’international.
Bien qu’officiellement retraité, il continuait de voyager, notamment pour défendre des questions de droits humains. Il avait été particulièrement en pointe pour soutenir les mesures prises contre les prêtres pédophiles aux Etats-Unis.
Dans un communiqué publié le 20 juin, le cardinal Timothy Dolan, de New York, avait expliqué que son diocèse avait reçu des allégations d’une personne, un adolescent à l’époque des faits, concernant des abus supposés du cardinal McCarrick il y a « presque quarante-cinq ans ».
Conformément à la charte sur la protection des enfants adoptée en 2002 par les évêques américains à la suite du scandale de pédophilie qui secoua le diocèse de Boston, « une agence indépendante » a mené une enquête, dont les résultats ont été transmis à une commission, qui a jugé les accusations « crédibles et étayées ».
Le Vatican, alerté, avait demandé au cardinal McCarrick de « ne plus exercer publiquement son ministère ». Theodore McCarrick, se disant « choqué » par ces accusations, avait accepté cette décision, « tout en maintenant son innocence ».

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édition abonné


Pakistan : Imran Khan face à ses opposants et à ses promesses

Une douzaine de partis dénoncent des fraudes lors des élections générales remportées par la formation de l’ex-star du cricket.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h12
    |

            Louis Imbert (Islamabad, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le futur premier ministre du Pakistan devait avoir les coudées franches pour former son gouvernement, selon les résultats quasiment définitifs des élections générales, publiés vendredi 27 juillet, deux jours après le scrutin. Le PTI, la formation de l’ex-star du cricket, obtient 114 sièges sur les 342 que compte l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une majorité absolue, mais ce pieux populiste, au tempérament flamboyant, n’aura aucun mal à faire alliance avec des candidats indépendants et islamistes.
Le résultat est contesté : vendredi, une douzaine de partis réunis à Lahore ont dénoncé « un vol » du vote populaire, à l’issue d’un scrutin qu’ils jugent outrageusement manipulé. Ils exigent un nouveau vote et annoncent des manifestations de rue. Leurs élus ne siégeront pas à l’Assemblée.

Mais derrière cette unité de façade, l’opposition hésite. L’ex-parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), qui obtient 63 sièges, s’est jointe aux contestataires mais, par prudence, la formation a demandé à consulter ses élus. L’appareil du parti avait décidé la veille qu’ils siégeraient sans faire d’esclandre. Le Parti du peuple (PPP) de Bilawal Bhutto, qui a obtenu un succès honorable avec 43 sièges, a lui aussi dénoncé les résultats, sans toutefois se joindre aux frondeurs.
M. Khan avait promis dès jeudi, dans un discours de victoire au ton accommodant, des enquêtes sur ces accusations de fraude. Il doit apaiser un pays dont une partie est convaincue que son futur premier ministre a bénéficié, durant la campagne, des pressions exercées sur la presse et les candidats par l’armée, hostile à l’ex-premier ministre Nawaz Sharif.
L’institution judiciaire a elle aussi pesé de tout son poids sur l’élection en condamnant M. Sharif à dix ans de prison au début du mois de juillet. Des fraudes ont été dénoncées durant le décompte des votes. Chacun reconnaît cependant que le discours de M. Khan contre la « corruption »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le principal parti d’opposition et la presse libre ont été interdits pour garantir une nouvelle victoire électorale du premier ministre.
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Hun Sen verrouille son emprise sur le Cambodge

Le principal parti d’opposition et la presse libre ont été interdits pour garantir une nouvelle victoire électorale du premier ministre.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 10h52
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        



   


Après trente-trois ans au pouvoir, le premier ministre cambodgien, Hun Sen, semble indéboulonnable. Ce qui ne l’empêche pas de serrer la vis de ses concitoyens : à l’approche des élections législatives du dimanche 29 juillet, le maître du pays a en effet pris toutes les précautions pour assurer la victoire de sa formation, le Parti du peuple cambodgien.
Fin 2017, il a fait dissoudre, par le biais d’un jugement de la Cour suprême, le plus grand parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), sous prétexte qu’un de ses chefs, Kem Sokha, était en train de préparer un « complot » contre le gouvernement avec l’aide des Etats-Unis. M. Kem est en prison depuis septembre 2017 et risque une très lourde peine de prison. Le cofondateur du PSNC, le franco-cambodgien Sam Rainsy, a dû se résoudre à l’exil en France.

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La liberté d’expression en a aussi pris pour son grade : l’un des deux grands journaux, le Cambodia Daily, un quotidien bilingue, a dû fermer en 2017 ; l’autre, le Phnom Penh Post, d’expression anglaise, a été racheté par un homme d’affaires proche du pouvoir. Tous deux ont été accusés de ne pas s’être s’acquittés de taxes que le département des impôts leur avait soudainement demandées. Dans un pays où le sport national est l’évasion fiscale, les mauvais esprits y ont vu une tentative du pouvoir de museler toute voix discordante. Même si, par ailleurs, l’Etat s’est lancé dans une politique de contrôle fiscal pour augmenter ses recettes qui semble, aux dires de certains hommes d’affaires, n’épargner personne.
Fermeture de 32 radios
Si l’on ajoute à tout cela l’arrestation, en novembre, de deux journalistes locaux de Radio Free Asia (RFA) accusés d’« espionnage » et la fermeture en un an de trente-deux radios, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de la liberté d’expression dans le contexte bien particulier d’une démocratie cambodgienne en capilotade. « La guerre contre la presse indépendante laisse le champ libre à des médias de masse aux ordres du parti au pouvoir », dénonce l’ONG Reporters sans frontières dans un récent rapport.
Pour couronner le déploiement de tous ces efforts, le gouvernement cambodgien a annoncé, début juillet, qu’une série de mesures destinées à prémunir le royaume contre les « fake news » entreraient bientôt en application. Mesures qui font craindre aux critiques du régime qu’il s’agit là d’une nouvelle disposition représentative de la « verticale du pouvoir » cambodgien.
Dans un tel contexte, le résultat du scrutin ne fait guère de doute : personne ne peut plus se mesurer à la mécanique du parti en place. « L’espace politique pour tous ceux qui défendent les droits humains et la démocratie ne cesse de se restreindre », constate Soeung Saroen, directeur du Comité pour la coopération au Cambodge, une coalition d’ONG de la société civile.
Les thuriféraires du système ne sont pas d’accord : si on les écoute, les dix-neuf autres partis qui se présentent aux élections de dimanche démontrent bien une vitalité démocratique héritée des accords de Paris, signés en 1991 dans le but de lancer un Cambodge ruiné par la période des Khmers rouges (1975-1979) sur la voie des libertés politiques.
« Comment pouvez-vous dire que ces élections ne sont qu’une formalité ? », s’insurge Dim Sovanarom, porte-parole de la Commission électorale nationale. Selon cet ancien journaliste parfaitement francophone, les « élections sont organisées dans le cadre d’un système de multipartisme au sein duquel il n’y a pas de “grands” ou de “petits” partis : tous sont égaux devant la Constitution ». Quant à la dissolution du PSNC, le grand parti de l’opposition, « c’est une décision de justice, ne mélangez pas la cause et les conséquences », avertit M. Dim…
Certes. Mais sur les vingt partis en lice, guère plus de trois ou quatre peuvent être considérés comme de « vraies » formations d’opposition. Et le Grassroots Democratic Party, formation cofondée par le défunt ténor de la société civile Kem Ley, abattu dans des circonstances mystérieuses il y a deux ans, n’a pu réunir que 300 000 dollars de budget pour sa campagne électorale.
« Poigne de fer »
Quant aux autres partis, soit ils servent de faire valoir au gouvernement, soit ils sont dirigés par des personnages parfois un brin farfelus : le parti Dharmacracy, jeu de mots construit à partir du concept de « dharma », qui dans la religion bouddhiste majoritaire au Cambodge définit les enseignements du bouddha, est dirigé par une dame se targuant du fait que son entrée en politique lui a été dictée par un esprit…
« La plupart des partis sont des nouveau-nés, des lucioles qui vont s’éteindre bientôt », estime, en une métaphore typiquement khmère, Sokry Zharon, 23 ans, l’un des créateurs du forum de discussion public pour la jeunesse « politikoffee ». Un espace de liberté qui survit, hébergé dans un think-tank allemand. Mais Sokry Zharon refuse tout de même de dire, par prudence, pour qui il ira voter.
Le premier ministre Hun Sen s’est livré, vendredi, devant des dizaines de milliers de militants habillés de blanc et bleu, couleurs du parti, à une tirade publique dont il est coutumier. Se félicitant d’avoir « éliminé les traîtres qui voulaient renverser le gouvernement », le chef de gouvernement a justifié sa « poigne de fer », celle-ci permettant au Cambodge ne plus « être en état de guerre ».
Hun Sen compte sur deux piliers pour asseoir le socle de sa réputation et garantir la pérennité de son pouvoir : son statut d’ancien transfuge khmer rouge passé à temps du côté des Vietnamiens qui ont libéré le pays en 1979 et mis fin au cauchemar génocidaire ; et le fait qu’il a réussi à assurer depuis des années une certaine prospérité pour un pays désormais classé par la Banque mondiale sur la liste des nations aux « revenus intermédiaires dans la tranche inférieure ». Une évolution remarquable par rapport au passé de misère et de terreur.

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Pour le milliardaire sino-khmer Sear Rithy, 49 ans, magnat de l’immobilier et de la logistique, une chose est ainsi certaine : « Hun Sen a réussi à réunifier le pays et assurer la stabilité politique qui est garante de la paix. » Le père de M. Sear était réparateur de bicyclettes, sa mère cuisinière. Il n’oubliera jamais le camp d’enfants où il vécut jusqu’à l’âge de huit ans. « Je me souviens de cette scène dans une rizière : une jeune fille violée par un soldat khmer rouge. Après il l’a égorgé et lui a planté une grenade dans le vagin. Je sais ce que guerre et paix veulent dire. »



                            


                        

                        


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Compte rendu

Après Mugabe, le Zimbabwe au défi des urnes

L’opposition craint fraudes et violences lors du vote par lequel Mnangagwa veut légitimer son pouvoir.

Jean-Philippe Rémy (Harare (Zimbabwe), envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-28T10:02:54+02:00"

        Le 28.07.2018 à 10h02






                        

Crédits : LUIS TATO / AFP


                    

A quel moment la joie s’est-elle enfuie ? Quand l’étincelle s’est-elle éteinte ? Alors que le Zimbabwe tout entier compte les heures qui le séparent, d’ici au 30 juillet, du premier scrutin depuis l’indépendance (1980), auquel ne participe pas Robert Mugabe – chassé du pouvoir à l’âge de 93 ans, il y a huit mois, par une coalition de militaires –, les électeurs mesurent à quel point l’esprit de jubilation qui régnait à la chute du seul dirigeant qu’avait connu le pays jusqu’alors s’est évanoui.
Emmerson Mnangagwa, l’homme qui a pris le pouvoir en novembre 2017 avec le soutien des généraux, avait présenté à l’époque le coup d’Etat en douceur comme une opération de « nettoyage » de la corruption, et déclarait dans la foulée le pays « ouvert au business », en rupture avec les postures idéologiques de l’ère Mugabe, suscitant un immense espoir de changement.
Il promettait à la fois de relâcher le contrôle des agences de sécurité sur la population (différentes administrations et services de renseignement, en plus de la police), mais aussi de relancer le pays à l’économie sinistrée. Avec plus de 90 % de taux de chômage, un manque cruel de devises alors que les dollars, à la suite de l’hyperinflation de 2008, ont remplacé la monnaie nationale, et des millions de talents ayant émigré pour tenter de vivre, les attentes étaient à la mesure de la catastrophe nationale. Et par un tour de magie, Robert Mugabe en devenait le seul instigateur.
« Ce pays est une salle d’attente »
Bien sûr, il s’agissait moins d’une illusion que du calcul de voir la chute du vieil homme ouvrir à nouveau le jeu politique et détendre le climat. Emmerson Mnangagwa, pur produit du système à l’origine de cette descente aux enfers, insistait : il allait donner, en cent jours, des preuves tangibles de sa capacité à hisser la nation d’ici à 2030 parmi les pays à revenu intermédiaire, en déclenchant un boom notamment de la production minière et agricole. Rien de...


