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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ À une seconde du Néerlandais sur le contre-la-montre, Chris Froome grimpe sur la troisième place du podium, aux dépens de Primoz Roglic.
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Tour de France : Dumoulin remporte le chronomètre, Thomas le maillot jaune

À une seconde du Néerlandais sur le contre-la-montre, Chris Froome grimpe sur la troisième place du podium, aux dépens de Primoz Roglic.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 18h24
   





                        



   


À chacun sa journée sur le Tour. Vainqueur la veille de la dernière étape pyrénéenne et parmi les favoris du chrono entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette, le Slovène Primoz Roglic n’a pris que la huitième place de l’épreuve, à plus d’une minute de Tom Dumoulin.
Apparu à la peine dans les derniers cols de cette édition 2018, Chris Froome n’a, lui, échoué qu’à une seconde du Néerlandais. Le Britannique, quadruple vainqueur de la Grande boucle pourra tout de même se réjouir d’avoir chipé la troisième place au général à Roglic.
« J’ai eu quelques journées difficiles comme hier. Être deuxième au général et gagner aujourd’hui, c’est merveilleux », a déclaré Tom Dumoulin. « J’ai 27 ans, donc j’espère encore devenir un peu plus fort, surtout en montagne et pour pouvoir essayer de gagner un jour le Tour de France. »

TOM DUMOULIN S'IMPOSE D'UN CHEVEU DEVANT FROOME !!! 🔥🔥🔥
— francetvsport (@France tv sport)


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Froome grimpe sur le podium
Troisième de la vingtième étape, Geraint Thomas est assuré de remporter son premier grand tour, dimanche 29 juillet, et d’offrir à la Sky un sixième maillot jaune sur les sept dernières épreuves.
« Je ne sais pas quoi dire. C’est juste énorme. Je ne pensais pas du tout remporter le Tour de France pendant la course, et soudainement... j’ai remporté le Tour! », a-t-il lâché après son arrivée.
En tête aux premiers intermédiaires, le Gallois a levé le pied en fin de parcours pour éviter la chute, et concède finalement quatorze secondes à Dumoulin, champion du monde de la spécialité.
« Je me sentais très bien aujourd’hui. J’ai entendu que j’étais devant, et j’ai un peu insisté sur les virages. Nicolas Portal (le directeur sportif) m’a dit d’y aller doucement, d’être plus relâché, juste d’assurer la victoire sur le Tour. C’est ce que j’ai fait. J’étais stressé. C’était la plus grosse étape des trois semaines », a expliqué Geraint Thomas .

📊 STAGE 20 - TOP 10 GC 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Long d’une petite trentaine de kilomètres, le contre-la-montre basque a tout de même occasionné trois changements dans le top dix. Outre la remontée de Froome sur la troisième marche du podium, le Français Romain Bardet a surclassé Mikel Landa pour récupérer la sixième place de l’Espagnol. Le Russe Ilnur Zakarin a lui troqué son dixième rang contre le neuvième du Colombien Nairo Quintana.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Le coureur néerlandais a remporté samedi, entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette, l’épreuve contre-la-montre. Christopher Froome prend la deuxième place du chrono et déloge le Slovène Primoz Roglic de la troisième place du classement général.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Actionnaire principal depuis 1999, M6 est sur le point de céder le club au fonds d’investissement américain General American Capital Partners (GAPC).
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Les Girondins de Bordeaux prêts à passer sous pavillon américain

Actionnaire principal depuis 1999, M6 est sur le point de céder le club au fonds d’investissement américain General American Capital Partners (GAPC).



Le Monde
 |    28.07.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 12h29
   





                        



   


L’Amérique aux portes du Haillan : après dix-neuf ans d’actionnariat quasi exclusif, M6 a annoncé vendredi 27 juillet être entré en négociations exclusives avec le fonds d’investissement américain General American Capital Partners (GAPC) pour la vente des Girondins de Bordeaux (L1). L’accord doit toutefois encore être soumis à l’approbation des élus de la métropole bordelaise, qui a participé au financement du stade.
« Dans un contexte d’augmentations des budgets de plusieurs clubs de Ligue 1, le Groupe M6 considère que la cession du FC Girondins de Bordeaux à GACP, qui propose un projet sportif ambitieux et une stratégie d’investissement sur le long terme, constituerait la meilleure option pour maintenir la position du club et faire progresser à terme ses résultats », a expliqué le groupe de médias dans un communiqué.
M6, qui se présentait comme la « chaîne 0 % foot » pendant la Coupe du monde 1998, avait surpris son monde en rachetant le club un an plus tard et en en devenant l’actionnaire à 99 %. La cession des Girondins clôt un épisode sportif de dix-neuf ans avec M6, marqué par un titre de champion (2009), une Coupe de France (2013) trois Coupes de la Ligue (2002, 2007 et 2009), deux Trophées des champions (2008, 2009) et une participation aux quarts de finale de Ligue des champions en 2010.

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Depuis mars, les dirigeants de la chaîne discutaient avec cette société d’investissement dirigée par Joseph DaGrosa et établie en Floride. Mais le groupe n’a pas révélé vendredi le prix envisagé de la transaction, évalué alors à 70 millions d’euros par le magazine Challenges.
Joseph DaGrosa est cofondateur de la société 1848 Capital Partners LLC, spécialisée dans la gestion de portefeuilles. Son ambition est de développer le club en matière de marketing, de merchandising, de sponsoring, sur le modèle pratiqué outre-Atlantique dans les franchises de basket-ball, de hockey sur glace ou de football américain.
80 millions d’euros sur trois ans pour « développer le club »
De fait, les Girondins, avec leurs 65 millions de budget, peinent à suivre le train de grosses cylindrées de la Ligue 1, passées elles sous pavillon d’investisseurs étrangers, apportant des moyens toujours croissants comme le PSG (budget 8 fois supérieur), Monaco (3 fois), ou encore Marseille (2 fois), qui lui aussi a cédé en octobre 2016 aux sirènes américaines (Franck McCourt).
« On a décidé de se recentrer sur nos métiers de radio télévision et on a trouvé des investisseurs pour développer le club dans des conditions qui sont peut-être plus satisfaisantes pour le club, a dit vendredi sur RTL Nicolas de Tavernost. Ils se sont engagés, dans les trois ans qui viennent, à apporter 80 millions d’euros supplémentaires pour développer le club. »
Avant de sceller l’accord, il faudra encore l’assentiment des élus de la métropole bordelaise, qui a son mot à dire pour avoir participé au financement du stade des Girondins, inauguré en 2015. Le club s’est en effet engagé à lui verser pour ce stade Matmut un loyer annuel de 3,85 millions d’euros jusqu’en 2045, une somme que les Américains ont cherché pendant des semaines à faire baisser. « La décision définitive sur l’agrément du maintien de cette garantie par le repreneur devra être prise par les élus de Bordeaux Métropole, lors de leur conseil du 28 septembre prochain », a fait savoir la ville.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Après le contre-la-montre vers Espelette, Geraint Thomas sera certain de remporter son premier Tour. Mais autour de lui, personne ne fait rien pour que l’on puisse être certain de la valeur de cette victoire.
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Tour de France : pourquoi l’on ne croit plus aux miracles

Après le contre-la-montre vers Espelette, Geraint Thomas sera certain de remporter son premier Tour. Mais autour de lui, personne ne fait rien pour que l’on puisse être certain de la valeur de cette victoire.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 12h34
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Saint-Pée-sur-Nivelle, Pyrénées-Atlantiques)








                        


20e ETAPE : SAINT-PÉE-SUR-NIVELLE–ESPELETTE, 31 KM CONTRE LA MONTRE

   


Le Tour s’est élancé de Lourdes, vendredi 27 juillet, et on a pris ça comme un message : « Si certains croient que la Vierge a fait là une apparition et qu’en venant ici, ils guériront de maux incurables, alors faites l’effort de croire à un vainqueur propre du Tour de France. » On a pensé à l’homme dont il ne faut pas prononcer le nom, zéro Tour de France remporté, sept fois sur la plus haute marche du podium des Champs-Elysées : « Je suis désolé que vous ne puissiez pas croire aux miracles. » Dans le vélo, personne ne croit plus aux miracles. Il faut juste s’accorder sur ce qui en est un.
Un Slovène qui se met au vélo à 22 ans et monte, six ans plus tard, sur le podium du Tour, est-ce un miracle ? Un honnête cycliste britannique qui, à 26 ans, devient en deux mois le meilleur du monde grâce à la perte de quatre kilos, est-ce un miracle ? Un spécialiste gallois de la poursuite sur piste qui, à 32 ans, remporte le Tour de France, est-ce un miracle ?
Pour ce dernier cas, on aurait tendance à répondre que non.
Et pourtant, personne n’y croit : on a parlé Tour de France chaque matin dans les cafés des villes départs. Parmi les Français, il faut créer des dossiers et des sous-dossiers. Ceux qui regardent le Tour ; ceux qui regardent la course ; ceux qui croient à la régularité de la course qu’ils regardent. Dans ce dernier dossier, il n’y a plus personne. Ils respectent, bien sûr, les efforts et les souffrances, adhèrent au mythe des forçats de la route. Mais les dés leur semblent pipés.
Si personne ne croit en lui, à qui Geraint Thomas doit-il en vouloir ? A tous ceux qui ne pédalent pas.
La presse, dont une partie ne gobe plus tout cru ce qu’on veut lui faire croire. Elle a globalement cessé de poser des questions, car il n’y a pas de bonne réponse, sur ce sujet-là. Un confrère anglophone a tenté, vendredi, s’excusant par avance de demander à Geraint Thomas comment on pouvait le croire. Le Gallois n’a même pas fait semblant — il a raison : « Je ne peux rien dire pour vous prouver (mon honnêteté). » Tout de même, en farfouillant dans ses pochettes, il a trouvé un disque rayé : « Je peux dire que je fais les choses de la bonne façon, l’équipe aussi. On s’entraîne très dur. Mes résultats résisteront à l’épreuve du temps. » 
Le manageur de l’équipe Sky, Dave Brailsford, accusé d’avoir créé, avec l’ex-entraîneur Shane Sutton, un environnement dans lequel des médicaments étaient détournés pour améliorer les performances sportives. Le président de l’Union cycliste internationale (UCI) en personne a qualifié ces pratiques de dopage. Beaucoup de questions posées au patron de la Sky sur les pratiques médicales de l’équipe sont restées sans réponse. La presse britannique réclame son départ.
L’instance antidopage du cyclisme, la CADF, qui semble se contenter d’avoir jugulé le dopage sanguin et qui ne déclare plus qu’un cas positif par an en moyenne dans le World Tour. Il y a dix ans, les grands du sport tombaient par paquets, faisant naître par ricochet l’espoir que les autres n’avaient rien à se reprocher. Ce n’est plus le cas. La possibilité de contrôles rétroactifs, permettant de profiter des perfectionnements des tests de détection, n’est jamais saisie. Surtout, ne prendre aucun risque. La peur du « faux positif », comme dans le cas de Froome, guide les décisions. Le Monde a eu connaissance de deux cas récents, sur le Tour 2015 et dans les jours précédents le Tour 2017, de contrôles qui auraient pu — dû ? — être déclarés positifs, finalement classés sans suite. Deux Français. Le Tour est sous bonne garde… Le dernier positif en course remonte à 2012, si l’on omet Luca Paolini, contrôlé positif à la cocaïne en 2015.
L’Agence mondiale antidopage (AMA), dont la faiblesse, longtemps, envers la Russie, et l’incapacité à appliquer son règlement dans celui de Christopher Froome, a laissé s’installer l’idée que selon que vous serez puissant ou misérable, ses jugements vous rendraient blanc ou noir.
L’environnement : positif en 2007, Alexander Vinokourov traîne devant le bus d’Astana, dont il est le patron ; la Quick-Step, qui accomplit une saison extraordinaire, n’a pas trouvé d’autres médecins qu’Yvan Van Mol et José Ibarguren Taus, accusés par le passé — mais jamais condamnés — d’avoir facilité la prise de produits dopants. Nous avions demandé l’an passé à Patrick Lefevere, patron de l’équipe, pourquoi prendre de tels risques avec l’image de son équipe et du vélo : « Ce sont des hommes de confiance. On a tous fait des erreurs, mais il faut voir le contexte. J’ai été éduqué par la Bible : que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre. » On en revient à Lourdes.
Geraint Thomas est seul. Son parcours est plus crédible que son équipe et que les instances qui la surveillent — c’est dire où nous en sommes rendus. A ce stade, le miracle serait que le public du Tour retrouve un jour la foi.

   


Départ de Geraint Thomas à 16 h 29, arrivée environ 45 minutes plus tard.
Le Tour du comptoir : Lourdes
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville départ de la veille.

   


Dans le Sud-Ouest, chacun sait qu’il ne faut jamais traverser le centre-ville de Lourdes. Que c’est une porte ouverte sur l’enfer, automobile s’entend. Heureusement pour le café Aux armes de Belgique, beaucoup de monde vient dans le coin expressément pour aller dans le centre-ville de Lourdes. Le bistro, ainsi nommé pour attirer les nombreux pèlerins belges au siècle dernier, survit depuis près d’un siècle sur le boulevard de la Grotte. La famille Barzu tient le bazar depuis 1937, cinq générations.

   


Voilà Luc, un client bigourdan, avec trois R précise-t-il, qui a l’impression que partout où il se rend, on lui tape dessus parce qu’il vient de Lourdes. Au motif que les Lourdais feraient de l’argent avec la religion, qu’il y aurait des magouilles autour des cierges, qu’on ne sait pas vraiment si l’eau est bénite ou si c’est de la Contrex. « Et alors ?, dit Luc. On voudrait qu’on distribue les statuettes de plâtre de la Vierge de la main à la main ? » « Toi qui es athée, ça ne devrait pas te choquer qu’on fasse du commerce autour de la religion, non ? » Il a raison. D’ailleurs, peut-on être Lourdais et athée ? Luc a l’air fatigué des histoires de religion mais lâche quand même : « Ça va, on n’entre pas dans les ordres au prétexte qu’on vit ici. Le gamin qui passe en fauteuil roulant, il vient chercher quelque chose. Il n’y a rien à dire. On est dans le respect. »

   


Chacun fait avec ce qu’il a : Lourdes n’a pas de voie vers l’Espagne, pas de passage, pas d’usine. Mais elle a un miracle. « Lourdes, c’est un petit trou du cul de treize mille habitants, reprend Luc. Alors voilà, on a la religion. Mais regardez autour : le ski, le vélo… Il faudrait qu’on arrête de ne penser qu’à la grotte. »
Faute de devenir une terre de base pour les escapades cyclistes, Lourdes tente de développer son statut de ville du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle qui figure sur la voie du piémont pyrénéen, le moins emprunté des quatre chemins de Saint-Jacques en France. On n’appellera pas encore ça de la diversification.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.
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Tour de France : « Le dopage paie »

Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 13h47
    |

                            Antoine Vayer (ex-entraîneur de Festina)








                        



                                


                            

Chronique. Il ne s’agit pas d’en faire l’apologie, mais les faits sont là : le dopage paie, toujours et encore. Caféine, corticoïdes, Tramadol : les produits de base utilisés par une partie du peloton répondent aux trois critères pour les qualifier de dopants – amélioration de la performance, risque sanitaire et contraire à l’esprit sportif –, et pourtant ils sont légaux.
Leur utilisation par l’équipe Sky, dans le passé au moins, est attestée. Est-ce grâce à eux que Geraint Thomas a développé avec une stupéfiante facilité autour de 420 watts en moyenne dans les six principaux cols finaux des étapes de ce Tour 2018 ? Comme Bradley Wiggins, son prédécesseur chez Sky, a allumé la flamme olympique, le Gallois a rallumé celle d’exploits à un niveau qu’on croyait à jamais éteint.
Le fait d’avoir été pris par la patrouille pendant leur carrière et suspendus est même une plus-value.
Le dopage paie : les commentateurs, consultants, experts des médias les plus en vue sont souvent ceux qui ont cristallisé la tricherie. Dans le déni de leur passé, même sous serment devant le Sénat, ils encouragent, en minimisant le dopage actuel, ce qui leur a permis de monter dans l’ascenseur social et leur a apporté argent et notoriété. Le fait d’avoir été pris par la patrouille pendant leur carrière et suspendus est même une plus-value. Lance Armstrong me disait, avant la résolution de son procès dans un accord avec la justice américaine : « Antoine, on me réclame 100 millions de dollars : je ne les ai pas. » Il n’en a rendu qu’une dizaine. Il anime son propre talk-show. Le dopage paie pendant et après sa carrière. C’est un investissement. Faire un hold-up garantit retraite et reconversion dans le milieu.
Organismes et laboratoires
J’ai parlé suffisamment longtemps ces vingt dernières années avec les quatre présidents de l’Union cycliste internationale (UCI) pour le savoir. Hein Verbruggen, ère EPO, premier grand fossoyeur du cyclisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Dans l’histoire du cyclisme, seuls sept coureurs ont réussi le pari tenté par Christopher Froome cette année.
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L’impossible doublé Giro-Tour de France

Dans l’histoire du cyclisme, seuls sept coureurs ont réussi le pari tenté par Christopher Froome cette année.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h41
    |

            Henri Seckel (Saint-Pée-sur-Nivelle, Pyrénées-Atlantiques)








                        



                                


                            

Christopher Froome a raté deux rendez-vous d’un coup avec l’histoire de son sport, dans laquelle il peut espérer se faire une place grâce à son palmarès plutôt qu’à son style peu esthétique ou sa personnalité lisse, qui ne laisseront peut-être pas une trace indélébile. Quadruple vainqueur du Tour de France (2013, 2015, 2016, 2017), le Britannique comptait profiter de l’édition 2018 pour s’installer au sommet de la hiérarchie, en compagnie des « cinq fois » : Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Miguel Indurain.
Victorieux en mai sur le Tour d’Italie, Froome aurait par la même occasion intégré un autre cercle prestigieux : celui des coureurs ayant remporté le Giro et la Grande Boucle la même année. Hélas pour lui, l’échalas de l’équipe Sky, 4e du classement général au matin de la 20e et avant-dernière étape – un contre-la-montre dans le Pays basque samedi 28 juillet –, n’avait plus aucune chance de rattraper son coéquipier Geraint Thomas – plus de deux minutes trente les séparent – ni d’intégrer la ligue des cyclistes extraordinaires ayant réussi le fameux doublé.

Fausto Coppi (1949, 1952), Jacques Anquetil (1964), Eddy Merckx (1970, 1972, 1974), Bernard Hinault (1982, 1985), Stephen Roche (1987), Miguel Indurain (1992, 1993) et Marco Pantani (1998) patienteront avant d’accueillir un huitième membre dans leur confrérie. Un peu ? Longtemps ? Eternellement ?
« Fatigué mentalement et physiquement »
On peut considérer, d’un côté, que « Chris » Froome n’en est pas passé loin cette année, tout comme le Néerlandais Tom Dumoulin, 2e du Tour d’Italie au printemps, et dauphin du Maillot jaune avant l’ultime contre-la-montre. Mais on peut aussi constater que plus personne n’a enlevé Giro et Tour coup sur coup depuis vingt ans et l’Italien Marco Pantani en 1998, année dont le cyclisme se souvient pour d’autres raisons moins glorieuses avec l’affaire Festina.
Le défi est immense. Impossible ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Le plus fort dans la descente du col d’Aubisque vers Laruns, le Slovène, dans le sillage d’une moto, ramasse l’étape et la troisième place du classement général aux dépens de Christopher Froome. Nos trois leçons de l’étape.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Tour de France : Primoz Roglic finit comme une moto au bout d’une étape divine

Le plus fort dans la descente du col d’Aubisque vers Laruns, le Slovène, dans le sillage d’une moto, ramasse l’étape et la troisième place du classement général aux dépens de Christopher Froome. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 19h41
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 12h04
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Laruns, Pyrénées-Atlantiques)








                        


On finit en beauté : les coureurs du Tour de France ont offert un enchaînement Tourmalet-Aubisque à couper le souffle vendredi, Mikel Landa et Romain Bardet se lançant à l’assaut de la victoire d’étape et se retrouvant même sur le podium virtuel, avant que les coups de boutoir du duo Dumoulin-Roglic contre Christopher Froome, un temps lâché, ne coûtent sa peau à l’échappée royale. Le Slovène part dans la descente de l’Aubisque et s’impose détaché à Laruns, éjectant Froome du podium. Le Tour est gagné pour Thomas mais derrière lui, trois homes se tiennent en 33 secondes avant le très difficile contre-la-montre au Pays basque.
>> Les classements du Tour de France
Primoz Roglic a aussi la fonction « sourire »

   


L’un des visages les plus énigmatiques du peloton s’est brièvement illuminé ce vendredi sur le podium à Laruns. On a souvent croisé le chemin de Primoz Roglic sur ce Tour de France ; on ne l’a jamais vu sourire. Il a traversé la zone mixte des journalistes avec la tête de celui qui venait de chuter du podium provisoire du Tour, quand il venait d’y grimper. On se demande souvent s’il n’était pas plus heureux sur les tremplins de saut à ski, le sport de ses rêves dans un pays qui consacre ces artisans des airs.

        Lire notre portrait en 2017 :
         

          Primoz Roglic, le saut de l’inconnu



En franchissant la ligne en vainqueur d’étape du Tour de France, pour la deuxième fois de sa carrière après Serre-Chevalier l’an dernier, Roglic arborait le même visage fermé. En levant mécaniquement les bras, il a laissé apparaître une longue croix tatouée au revers de son bras droit. Elle est accompagnée d’une citation latine. Interrogé à ce sujet par Libération, l’an dernier : « Je ne me rappelle plus vraiment le sens. »
Nos confrères avaient peiné à lui arracher quelques mots, lui qui préfère « parler avec les jambes ». Le Tour est dans de beaux draps si Primoz Roglic, désormais troisième du classement général, s’installe comme prétendant au maillot jaune dans les années à venir. Pas seulement pour son absence de charisme mais aussi pour la traînée de soufre qu’il laisse dans son sillage, marqué au fer rouge par un reportage de Stade 2 l’accusant d’avoir glissé un moteur dans son vélo - la Lotto NL-Jumbo avait démenti mais jamais déposé la plainte en diffamation annoncée.
Il y a aussi cette tendance à prendre le sillage des motos, déjà dénoncée l’an dernier par Andre Greipel sur le Tour d’Algarve (l’Allemand ne serait pas ascendant balance, par hasard ?) et à nouveau par Tom Dumoulin, aujourd’hui après la ligne d’arrivée : Roglic aurait souvent pris l’aspiration de la moto de télévision pour creuser l’écart sur le groupe maillot jaune dans la descente. « Il volait dans la descente et je me suis fait lâcher dans une ligne droite parce qu’il était assis sur son cadre et dans l’aspiration de la moto. Je sprintais et je ne pouvais pas me rapprocher. C’est vraiment ridicule. Je suis super énervé. »
Qu’y peut le Slovène ? « Ce n’est pas de ma faute, et tout le monde a la possibilité de prendre la première place d’un groupe. Je ne crois pas en avoir tiré un quelconque avantage. » Il était plus franc du collier l’an dernier dans Libération : « En quoi est-ce interdit ? Tout le monde fait ça ! Quand vous voyez des images très rapprochées du peloton à la télé, vous ne pensez pas que les coureurs sont derrière une moto télé ? » C’était avant de jouer le podium du Tour.

👏 @rogla 
— LeTour (@Le Tour de France)


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Finalement, une étape de montagne, c’est beau

   


Il a fallu attendre la dernière pour s’en apercevoir, c’est ballot, mais au moins quittera-t-on la montagne sur une bonne impression. Les cinq précédentes, disons-le, nous avaient plongés dans des abîmes de détresse.
Que retiendra-t-on du triptyque alpestre ? Nibali qui se vautre à cause d’un spectateur, la polémique sur les fumigènes, l’ennui, le « mur blanc de la Sky » et sa façon d’anesthésier la course jusqu’aux 300 derniers mètres, l’amorce de la prise de pouvoir de Geraint Thomas. Et le numéro de Julian Alaphilippe (au Grand-Bornand), si vous êtes Français, évidemment.
Idem pour les deux premières journées pyrénéennes, dont on gardera essentiellement en mémoire le pétard mouillé du départ façon Formule 1, et le « Fuck you » de Chris Froome au gendarme qui l’avait mis par terre, au bout de l’étape qui l’a vu perdre le Tour. Et le numéro de Julian Alaphilippe (à Bagnères-de-Luchon), si vous êtes français, évidemment.

   


Vendredi, miracle : de Lourdes à Laruns, on a enfin vu le vélo qu’on aime, lors d’une étape qu’on a presque eu du mal à suivre tant les coups ont fusé sans cesse, et de toutes parts. Les outsiders sont partis à l’aventure sans se poser de questions, les Sky ont dû faire preuve de finesse tactique pour les contrer, le classement virtuel s’est affolé – Mikel Landa était revenu à une grosse minute de Geraint Thomas à 50 km du but. L’enchaînement de trois cols mythiques a provoqué un mouvement quasi-permanent. Landa, Bardet, Majka dans le Tourmalet, Kruijswijk, Dumoulin, Bardet dans l’ascension de l’Aubisque, puis Majka et enfin Roglic dans la descente, morceau de bravoure à travers les nuages où le Slovène a construit sa victoire.
La plus belle étape du Tour s’est montrée à la hauteur de son décor à couper le souffle. Si l’on peut se permettre – on va se faire des ennemis –, d’un strict point de vue esthétique, les Pyrénées, c’est quand même autre chose que les Alpes. Il faut voir le Soulor, il faut voir l’Aubisque verdoyante et brumeuse, où même le bitume des routes arrive à avoir de l’allure. On y reviendra, avec ou sans le Tour.

   


Encore une gueule cassée chez Education First
Lawson Craddock n’est plus seul. L’Américain, lanterne rouge du Tour de France, vit une heure de gloire sans fin grâce à sa chute lors de la première étape, depuis laquelle il roule avec un trait de fracture à la clavicule et une arcade recousue. Son équipe va pouvoir présenter un superbe duo d’éclopés sur les Champs-Elysées dimanche : Taylor Phinney a franchi la ligne d’arrivée dans un piteux état à Laruns, comme en témoignent ces images elles-mêmes de qualité assez piteuse, les seules que nous ayons pour l’instant.

Phinney crossing the line with a bandage on his face. Obviously crashed and hit (possible broke?) his nose somewher… https://t.co/jP36BvKBb1— LVCKV (@Daniel Ostanek)


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Taylor Phinney(Team EF Education First-Drapac) 19. etabı Roglic'in 40 dakika gerisinde burnu bandajlı ve kanlar içi… https://t.co/fAVXNdUcOJ— FrontSet (@frontset)


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Ohhh @taylorphinney... #TDF2018 l #LesRP https://t.co/6EaqFU0a1E— josselin_riou (@Josselin Riou)


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« Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé, a-t-il déclaré à l’arrivée, selon des propos recueillis par les confrères de VeloNews. J’ai roulé sur une bosse et perdu l’équilibre au mauvais moment, j’ai fini par me prendre un arbre dans la face, je me suis cassé le nez. »
L’Américain, l’un des plus intéressants spécimens du peloton, a d’abord été rafistolé tant bien que mal par le médecn de la course, avant de filer à l’hôpital à l’arrivée, comme l’a tweeté son équipe Education First, qui s’appelle en réalité « EF Education First Drapac powered by Cannondale Pro Cycling Team ».

#TDF2018: You may have seen a bloodied, bandaged @taylorphinney coming across the finish line with five minutes to… https://t.co/122qcTc6gd— Ride_Argyle (@EF Education First - Drapac p/b Cannondale)


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Nous vous donnerons évidemment des nouvelles de l’état de Taylor Phinnez cassé lorsque nous en aurons. Quoi qu’il en soit, joli tir groupé à l’arrivée de la 19e étape pour EF Education First Drapac powered by Cannondale Pro Cycling Team : Craddock avant-dernier à 38 minutes de Roglic, Phinney dernier à 40 minutes. Cinq minutes plus tard, il était hors-délais. Phinneylement, il verra Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Le Slovène a remporté la deuxième étape de sa carrière, vendredi, à Laruns, dans les Pyrénées-Atlantiques.
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Tour de France : Primoz Roglic remporte l’étape, Geraint Thomas consolide son maillot jaune

Le Slovène a remporté la deuxième étape de sa carrière, vendredi, à Laruns, dans les Pyrénées-Atlantiques.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 19h54
   





                        



   


Même la stratégie particulière d’un de ses coéquipiers (Steven Kruijswijk), qui l’a empêché de prendre plusieurs fois les devants dans la dernière difficulté de la journée (le col d’Aubisque), n’a pas empêché Primoz Roglic de lever les bras à l’arrivée. Intercalé entre Tom Dumoulin et Christopher Froome au général, le Slovène grimpe sur le podium, lui qui n’a jamais fait mieux qu’une 38e place sur un grand tour (France, 2017). Mais, à 28 ans, Roglic est encore un coureur jeune, lui qui a débuté le cyclisme à 21 ans après une première carrière de sauteur à ski.
Dans cette dernière étape en altitude, Mikel Landa et Romain Bardet sont sortis du peloton dès le Tourmalet, à 100 kilomètres de l’arrivée. Les deux membres du top dix ont rejoint l’échappée, partie plus tôt, et compté jusqu’à trois minutes d’avance sur les favoris, à la victoire finale.

📺 Relive the final kilometer of Stage 19 and @rogla's superb win! 🇸🇮 🏆
— LeTour (@Le Tour de France)


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Froome éjecté du podium
Accompagnés de Rafal Majka et Ilnur Zakarin sur les premières pentes du col d’Aubisque, les deux hommes ont vu progressivement revenir les premiers au général, poussés par les multiples attaques de Roglic et Dumoulin. Plusieurs fois décroché, Froome est finalement parvenu à finir la journée dans le groupe de tête. Le quadruple vainqueur du Tour doit une fière chandelle à son coéquipier Egen Bernal, autour d’une troisième semaine impressionnante, à seulement 21 ans.
L’Aubisque passé, Primoz Roglic a pris ses distances avec ses sept compagnons, à cinq kilomètres de l’arrivée. Le Slovène termine dix-sept secondes devant Geraint Thomas, qui consolide son maillot jaune et prend une sacrée option sur la victoire finale, dimanche, à Paris.
Quatrième désormais au général, à treize secondes de Roglic, Froome devra se sublimer samedi sur le contre-la-montre s’il veut monter sur la boîte aux Champs-Elysées. Roglic est vice-champion du monde en titre du chrono et ses jambes répondent plutôt bien actuellement.

📊 STAGE 19 - TOP 10 GC 📊 
— LeTour (@Le Tour de France)


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ A Wuxi, en Chine, la France domine en finale les grandes favorites russes (45-35).
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Escrime : les Françaises championnes du monde au sabre par équipes

A Wuxi, en Chine, la France domine en finale les grandes favorites russes (45-35).



Le Monde
 |    27.07.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 14h54
   





                        



   


Elles s’appellent Manon Brunet, Cécilia Berder et Caroline Quéroli et sont championnes du monde. Les trois sabreuses françaises ont remporté, vendredi 27 juillet, la médaille d’or par équipes aux championnats du monde de Wuxi, en Chine, en finale face à la redoutable équipe russe (45-35).
Emmenées par la gagnante de l’épreuve individuelle, Sofia Pozdniakova (21 ans), et la championne olympique en titre, Yana Egorian, les Russes étaient les grandes favorites de l’épreuve. La victoire n’en est donc que plus belle. Les Françaises ont mené pendant tout le match, maintenant un écart constant de 10 points.
Manon Brunet, 22 ans, prend sa revanche sur les Russes. Lors des Jeux de Rio, la Lyonnaise s’était inclinée en demi-finale contre Sofia Velikaya (pour une touche) avant de perdre la finale pour la médaille de bronze face à Olga Kharlan.
La Morlaisienne du Cercle d’escrime orléanais Cécilia Berder, 28 ans, est déjà une référence du sabre avec son titre de vice-championne du monde en 2015.
Agée de 20 ans, la Parisienne Caroline Quéroli est la petite dernière de la bande et sort de deux titres de championne du monde chez les juniors.
C’est la quatrième médaille de ces championnats du monde qui revient à la France, après le titre de Yannick Borel (épée), l’argent d’Ysaora Thibus (fleuret) et le bronze des fleurettistes dames — Ysaora Thibus, Pauline Ranvier, Anita Blaze et Astrid Guyart.

        Lire aussi :
         

                Mondiaux d’escrime : l’épéiste français Yannick Borel sacré champion du monde






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Le Slovène prend la troisième place à Chris Froome. Geraint Thomas conserve le maillot jaune et est presque assuré de remporter le Tour avant même le contre-la-montre de samedi.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ La 19e étape franchit tous les cols mythiques des Pyrénées, dernières chances pour Tom Dumoulin de renverser Geraint Thomas, solide Maillot jaune.
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Tour de France 2018 : un peu d’imagination

La 19e étape franchit tous les cols mythiques des Pyrénées, dernières chances pour Tom Dumoulin de renverser Geraint Thomas, solide Maillot jaune.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 13h28
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Lourdes, Hautes-Pyrénées)








                        



   


19E ÉTAPE : LOURDES - LARUNS, 200 KM
Évidemment, ça demande un peu d’imagination, et on ne peut pas dire que celle du Tour 2018 soit débordante. Mais faisons l’effort. Mettons. Que Geraint Thomas ait mal dormi cette nuit, gêné par les nuées de moustiques du Parc Beaumont de Pau où se trouve l’hôtel de son équipe ; qu’il paie son insomnie en calant sur les pentes de l’Aubisque en fin d’après-midi ; que Tom Dumoulin parvienne à lui prendre cinquante secondes à l’arrivée.
Mettons encore. Que demain, rattrapé par la perspective vertigineuse d’un triomphe sur les Champs, le Maillot jaune s’emballe et appuie un peu trop fort sur ses pédales dans le contre-la-montre d’Espelette ; qu’il vire large dans le premier rond-point, et aille dire bonjour aux barrières ; que Dumoulin, champion du monde de la discipline, boucle son chrono une minute plus vite que lui. Nous voilà donc avec un écart inférieur à dix secondes entre les deux hommes dimanche matin, et la promesse d’une dernière étape palpitante – fantasme absolu d’une partie de la rédaction d’En Danseuse.
Qui a vu la solidité et l’assurance affichées par Geraint Thomas depuis trois semaines sait bien que tout cela relèverait du miracle. Mais 1), l’étape du jour débute à Lourdes, et 2), Christophe Laporte a failli offrir hier à l’équipe Cofidis sa première victoire sur le Tour depuis dix ans, ce qui est bien la preuve que tout peut arriver dans le football. Le Français a finalement échoué à la deuxième place, gêné par un geste technique subtil de son compatriote Arnaud Démare : un « écart de bâtard ».

        L’étape d’hier :
         

          Démare a bien fait de s’accrocher



Dommage pour la Cofidis, et tant mieux pour nous, qui nous voyons gratifiés d’une nouvelle séquence d’anthologie par la FDJ. Marc Madiot a crié moins moins fort et moins longtemps que l’an dernier à Vittel, mais la petite marque d’amour finale est de toute beauté.

ON L'A ! 🏆 #TDF2018 https://t.co/bnXVfrgNHd— GroupamaFDJ (@Équipe Cycliste Groupama-FDJ)


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« Ah j’appelle ma femme. » Central.
Tout comme Démare, qui a bénéficié hier de l’absence de ses rivaux éliminés par la montagne, de la blessure de Sagan, et de la clémence du jury, Geraint Thomas semble avoir la baraka sur le Tour 2018 qu’il a traversé sans encombre, esquivant tous les pièges, y compris la tentative de harponnage de ce spectateur indélicat dans le col du Portet.

Le maillot Jaune @GeraintThomas86 clairement accroché dans le final de l’étape... (via Beardmacbeardy sur Insta)… https://t.co/12t7mJGVRC— FlorianRinguede (@Florian Ringuedé)


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C’est comme si la désormais légendaire « chatte à Dédé » s’était momentanément déguisée en « chatte à Gege ». Comme si le Gallois avait attiré à lui toute la bonne fortune possible, au détriment de Chris Froome, dont on peut constater ci-dessous qu’il aura vécu un Tour de France 2018 mémorable, mais dans le sens inverse.

Le tour de Froome https://t.co/xD5efqwcBQ— mproprecycling (@MonsieurPropre)


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Aspin, Tourmalet, Aubisque : une dernière orgie de cols mythiques à franchir aujourd’hui, et Geraint Thomas pourra voir la vie en jaune. « On s’attend au pire, et on espère le meilleur, disait-il hier. Je m’attends à ce que Tom Dumoulin tente quelque chose pendant l’étape. Mais gagner deux ou trois minutes [aujourd’hui], ça peut vouloir dire en perdre plus [demain]. » « Mes chances de gagner le Tour sont très minces, constatait pour sa part le Néerlandais. Mais si je vois une opportunité, je vais la saisir. Thomas peut me battre dans le contre-la-montre, il est très en forme. Si je veux gagner, il me faudra sans doute prendre deux minutes dans les Pyrénées. Ce sera compliqué. »
Ce sera même impossible. A moins que Thomas ne se prenne le guidon dans la lanière de l’appareil photo d’un spectateur. A moins qu’un gendarme ne lui saute dessus dans la descente du Tourmalet. A moins qu’il ne tire tout droit dans un virage. A moins que la flamme rouge ne s’effondre sur son passage. A moins qu’un chien ne se fiche sous ses roues. A moins qu’un photographe ne se retire trop tard de sa trajectoire. A moins qu’un troupeau de vaches ne traverse devant lui.
Attention, le Tour ne manque pas toujours d’imagination.

   


Départ à 13 h 05. Arrivée prévue à 17 h 45.
Le Tour du comptoir : Trie-sur-Baïse
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on n’a pas fait de jeux de mots.

   


Le type arrive au comptoir. « Deux bières s’il vous plaît. - On n’a plus que de l’ambrée. » Le type se retourne « André ! Y a plus que de l’ambrée ! T’en veux une quand même ? » (au loin) - ouais ! » Le type se reretourne. « Alors une ambrée pour André. »
Ambrée, pardon, André, pardon, entrée en matière prometteuse, parce qu’on espérait bien débarquer dans un paradis du jeu de mots en arrivant à Trie-sur-Baïse, village des Hautes-Pyrénées qui tient à son tréma.

   


Espoir déçu. Sans doute est-ce mieux ainsi : plus personne, hormis les esprits farcis par trois semaines de Tour comme le nôtre, ne se gausse du potentiel salace du nom de la commune. On a bien croisé, par ailleurs, trois messieurs venus de Burg, à quelques kilomètres d’ici, qui ont fièrement évoqué la banda (la fanfare) de leur village, victorieuse du championnat de France de la discipline il y a cinq ans dans la ville voisine de Condom. Mais le filon du graveleux s’est vite tari.
On a encore eu droit à un sobre « Triais sur le volet » de la part d’un voisin de comptoir à qui on demandait comment s’appelaient les habitants d’ici. Et basta. Fini les calembours.
Trie-sur-Baïse – la Baïse est la rivière qui passe par là, où l’on pêche l’anguille –, 1066 habitants au dernier recensement, au moins dix fois plus ce jeudi matin. En attendant le départ, trois messieurs d’un âge respectable assis dans des chaises pliantes plongent leur fourchette en plastique dans des boîtes de thon à moitié décapsulées. Une famille épluche des œufs durs assise par terre, juste à côté du café opportunément appelé « Le Sport », à l’intérieur duquel règne un foutoir sans nom. On y croise des hordes de jeunes gens ivres hurlant si fort qu’il y aurait de quoi rendre sourds les plus anciens s’ils ne l’étaient pas déjà.

   


Parmi les vieux de la vieille, assis l’un face à l’autre, Robert Ader, venu de Villembits (aucun jeu de mots) et Marcel Bertreyx, de Lamarque-Rustaing, tous deux nés en 1936.
Ce dernier était agriculteur, il possédait une soixantaine de bovins, il lui manque l’avant-bras droit, mais on n’a pas osé demander pourquoi. Il est né chez lui, à une époque où l’on n’allait pas encore à la maternité de Tarbes pour sortir du ventre de sa mère. « J’ai mes racines ici, je suis planté dans cette région », dit-il en roulant les « r » très fort (essayez un peu de prononcer « Marcel Bertreyx » en roulant les « r », pour voir).
Son compère Robert Ader n’a pas toujours vécu dans le coin. « Je me suis exilé pour fonder une entreprise de BTP. » Exilé où ? « En Haute-Corrèze. » On a connu plus lointain, comme exil. Lui aussi était né à domicile. « On a connu des choses, mon pauvre... », dit-il, avant d’énumérer : « J’ai connu le premier raccordement au gaz, le premier téléphone, les premiers WC... » Il pourra désormais dire qu’il a connu le premier départ d’une étape du Tour à Trie-sur-Baïse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », le coureur, qui dispute la Grande Boucle, analyse sa journée type à travers des questions kantiennes.
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édition abonné


Tour de France : « Critique de la raison vélocipédique », par Guillaume Martin

Dans sa chronique au « Monde », le coureur, qui dispute la Grande Boucle, analyse sa journée type à travers des questions kantiennes.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 09h11
    |

                            Guillaume Martin








                        



                                


                            
Chronique. On connaît Kant pour sa Critique de la raison pure, ou pour son style de vie monacal. Ce que l’on sait moins, c’est que le philosophe allemand est également l’auteur d’un imposant traité consacré à la petite reine.
A priori, l’œuvre de Kant n’a pourtant que peu à voir avec le cyclisme. Mais il faut se méfier des a priori. Car ce dont je fais l’expérience ici chaque jour sur le Tour, c’est de l’importance capitale des quatre grandes questions kantiennes : « Que puis-je connaître ? » « Que m’est-il permis d’espérer ? » « Que dois-je faire ? » « Qu’est-ce que l’homme ? »
Le matin de chaque étape, je commence, par exemple, par ouvrir le livre de route de l’épreuve, afin d’analyser le parcours du jour, sa longueur, ses difficultés, ses pièges… Ces informations sont enrichies un peu avant le départ, lors du briefing dans le bus, quand le directeur sportif ajoute des indications sur la météo annoncée ou bien l’adversité à affronter. En bref, dans ce temps de préparation, je cherche à accumuler un maximum de connaissances sur ce qui m’attend. Et je réponds ainsi à la première question kantienne !
Tout naturellement, ce savoir théorique initial oriente mes ambitions pour l’étape du jour. N’étant pas sprinteur, si l’étape est plate, et sans piège majeur, je sais bien que mes chances de victoire sont proches de zéro. Si en revanche le parcours est à ma convenance, je me prends à rêver de succès. « Que m’est-il permis d’espérer ? » – voilà ce que je me demande après avoir pris connaissance des particularités de l’étape à venir.
L’homme, brut. « Ecce homo »
Se pose alors la question de ce que je dois faire. A ce stade, je dois avouer que l’impératif catégorique régissant la morale cycliste – gagner ! – s’éloigne assez largement du commandement kantien d’« agir seulement d’après la maxime dont on puisse vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». Vouloir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Libre dans sa tête, le Néerlandais, 2e au classement général, est le seul à avoir inquiété l’équipe qui domine ce Tour. Et cela va continuer.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Tour de France : Tom Dumoulin, l’antidote à la Sky

Libre dans sa tête, le Néerlandais, 2e au classement général, est le seul à avoir inquiété l’équipe qui domine ce Tour. Et cela va continuer.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h48
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            Clément Guillou (Envoyé spécial à Lourdes (Hautes-Pyrénées)








                        



                                


                            

Le futur vainqueur du Tour n’est pas français, mais son nom sonne français. C’est déjà ça ? Tom Dumoulin – 2e au classement général, dont le patronyme est hérité d’ancêtres wallons – pointe depuis dix jours à la table des prétendants à la victoire dans le Tour de France. Ce sera un jour, si ce n’est pas dimanche – il faudrait pour cela une défaillance du maillot jaune Geraint Thomas (Sky) vendredi dans les Pyrénées et, la veille au soir, le Néerlandais semblait ne pas trop y croire.
Bradley Wiggins, qui connaît deux ou trois choses du Tour pour l’avoir gagné en 2012, l’avait prédit il y a quatre ans. L’Anglais venait de remporter le titre de champion du monde du contre-la-montre et, tandis que le jeune Dumoulin, médaillé de bronze à 23 ans, disait timidement se voir un avenir dans les classiques, Wiggins avait interrompu : « Il a juste besoin d’aller chez Sky, et il va tout casser ! » Dans sa bouche, cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : chez nous, Dumoulin gagnera le Tour, et vite avec ça. Les Britanniques lui ont fait la cour ; lui s’est détourné.
Conçu dans le même moule
C’est drôle : le possible antidote à la domination du Team Sky est un coureur conçu dans le même moule. Un spécialiste de contre-la-montre qui a perdu du poids pour escalader plus vite que les grimpeurs capricants, qui sont tout en rupture de rythme quand lui monte au tempo qui lui sied. Le cyclisme l’a vu venir de loin : depuis 2015, les patrons d’équipe l’imaginent en adversaire de Christopher Froome. L’équipe allemande Sunweb, l’une des plus ambitieuses et des mieux structurées du peloton, a recentré son projet autour de lui, laissant partir les coureurs qui vivaient mal l’ombre de sa haute stature, John Degenkolb et Warren Barguil.
Pour l’heure, il manque à Dumoulin une meute. Dès que l’on voit les alpages, la Sunweb s’éparpille, un par lacet
Pour l’heure, il manque à Dumoulin une meute. Dès que l’on voit les alpages, la Sunweb s’éparpille, un par...




                        

                        


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FIFA : le Tribunal arbitral du sport confirme la suspension de Jérôme Valcke

Le TAS a rendu, vendredi, son verdict dans l’affaire impliquant l’ex-numéro 2 français de la Fédération internationale de football.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 07h20
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 10h41
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Douze jours après la finale de la Coupe du monde en Russie et le sacre des Bleus, le feuilleton du « FIFAgate » reprend ses droits. Selon nos informations, le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne a rendu son verdict, vendredi 27 juillet, dans le dossier impliquant le Français Jérôme Valcke, l’ex-secrétaire général de la Fédération internationale de football (2007-2015). Les « juges » du TAS ont confirmé la suspension de dix ans prononcée à son encontre, en 2016, par les instances disciplinaires de la FIFA. Valcke entend faire appel de cette décision devant le Tribunal fédéral suisse.
Démis de ses fonctions en septembre 2015, à la suite des accusations de malversation faites contre lui par l’ex-footballeur israélien Benny Alon dans le cadre de la billetterie du Mondial brésilien de 2014, l’ancien numéro 2 de l’instance planétaire avait saisi le TAS pour faire appel de la suspension de dix ans prononcée à son encontre. Le Parisien, 57 ans, avait été auditionné en octobre 2017 par les « juges » de Lausanne. Ces derniers ont repoussé à cinq reprises la notification de leur décision. Cette fois, c’est l’ex-secrétaire général de la FIFA qui a demandé à ce que cette annonce soit différée à la fin d’août, au terme des congés estivaux. Mais le TAS n’a pas accédé à sa requête.
Peu médiatisé, complexe, le cas Valcke est emblématique de la litanie de scandales qui ont miné ­la Fédération internationale de football et entraîné la chute de son ancien président, le Suisse Sepp Blatter (1998-2015), dont la radiation de six ans a été confirmée par le TAS. En février 2016, Valcke avait été suspendu pour avoir enfreint sept chapitres du code d’éthique de la FIFA. Selon les documents déposés devant le TAS, auxquels Le Monde a eu accès, l’ex-bras droit de Sepp Blatter est poursuivi pour « conflits d’intérêts » et pour avoir « accepté et distribué des ­cadeaux et autres avantages ».
Voyages en jets privés
La liste des griefs est longue. Il est accusé, entre autres, d’avoir tenté de brader les droits télévisés des Mondiaux 2018 et 2022 lors de ses négociations avec l’Union caribéenne de football (CFU, pour Caribean Football Union, en anglais), en mars 2011, en amont de la réélection de Sepp Blatter. La CFU était alors présidée par le Trinidadien Jack Warner, aujourd’hui suspendu à vie. Valcke est aussi ­accusé par la FIFA d’avoir utilisé des jets privés avec ses proches, comme lors d’une virée au Taj Mahal en 2012. Le nom de son fils, salarié de l’entreprise américaine E.ON, apparaît également dans un contrat de 709 000 dollars (605 000 euros), avec de juteuses commissions à la clé, entre la fédération et ladite société.
Pour Me Stéphane Ceccaldi, qui défend Valcke devant le TAS avec ses confrères suisses Jonas Oggier et Marco Niedermann, son client a été privé de la possibilité de faire valoir que la FIFA avait eu « une attitude générale récurrente, qui a consisté à valider l’ensemble des actes de gestion de l’intéressé, et en particulier les quatre voyages en jet privé qu’on lui reproche, commandés et payés dans des conditions ostensibles, et validés en fin d’exercice par les instances internes de contrôle. Cette attitude ­devrait interdire à la FIFA de se ­dédire rétrospectivement, outre que le recours fréquent aux jets privés par Blatter et d’autres ne leur a valu aucune remontrance de la FIFA »… La stratégie de défense du camp Valcke est claire : montrer que ces pratiques ont été autorisées et validées en interne.
Licencié « avec effet immédiat » en janvier 2016 par la FIFA, rémunéré à hauteur de 1,9 million d’euros annuels en 2015 et récipiendaire de 42 000 francs suisses (36 000 euros) au « titre de solde de rémunération », Valcke entend aussi défendre ses droits de salarié. Il rejette l’interdiction professionnelle prononcée par le comité d’éthique de l’instance, qui l’accuse de « refus de coopérer » et d’avoir détruit des documents.
Son avocat brandit son contrat d’« officiel et salarié » qui, à la différence du statut d’élu de Sepp Blatter « lui permet de revendiquer les garanties du droit du travail suisse, dont les règles d’ordre public privent par principe l’employeur de tout pouvoir disciplinaire ». « M. Valcke a déjà été ­sévèrement sanctionné par son employeur et ne pouvait être sanctionné une deuxième fois très lourdement pour les mêmes faits après son licenciement », développait en octobre 2017 Me Ceccaldi.
« Je ne suis pas parfait mais je n’ai rien fait de criminel »
« J’attends la décision du TAS, confiait récemment au Monde M. Valcke, qui réside actuellement à Barcelone, où il a monté la société OMV Frontline, spécialisée dans l’événementiel. Je ne suis pas parfait mais je n’ai rien fait de criminel, rien ne justifie ces années de procédure et je ne finirai pas en prison. »
L’ex-bras droit de Sepp Blatter se décrit comme une « cible » de la nouvelle FIFA présidée par le Suisso-Italien Gianni Infantino, désireuse de charger sa barque afin de se refaire une virginité sur son dos.
Depuis 2016, l’ex-journaliste de Canal+ fait par ailleurs l’objet d’une procédure pénale ouverte par le parquet helvétique pour des soupçons de malversation. En octobre 2017, le ministère public suisse (MPC) a ouvert une autre procédure à son encontre dans le cadre de l’affaire impliquant le Qatari Nasser Al-Khelaïfi (« NAK »), le président du Paris-Saint-Germain. Ce dernier fait également l’objet d’une procédure pénale.
Le parquet helvétique soupçonne NAK — en sa qualité de directeur du groupe BeIN Media — d’avoir prétendument offert des « avantages indus en lien avec l’octroi de droits média dans certains pays en ce qui concerne les Coupes du monde de 2026 et de 2030 » à Jérôme Valcke. Le Français est, lui, « soupçonné d’avoir accepté des avantages indus en lien avec l’octroi de droits médias dans certains pays de la part d’un homme d’affaires dans le domaine des droits sportifs en ce qui concerne les Coupes du monde de football de la FIFA de 2018 [en Russie], 2022 [au Qatar], 2026 et 2030 ».
L’affaire Al-Khelaïfi
Le MPC suisse s’intéresse surtout à une villa située à Porto Cervo, en Sardaigne. Selon la police italienne qui l’a perquisitionnée, elle serait « le moyen de corruption » utilisé par M. Al-Khelaïfi avec Jérôme Valcke. Baptisée la « villa Bianca », ladite demeure avait été visitée à deux reprises par l’ex-numéro 2 de la FIFA, à l’été 2013. Le Parisien était alors désireux de l’acheter.
A défaut de l’acquérir, Valcke a décidé de la louer pour y résider. Le Monde a eu accès au contrat de location. Dans ce document rédigé en anglais et en italien, il apparaît que la « villa Bianca », nichée dans le complexe balnéaire « Le Pleiadi », appartient à Abdelkader Bessedik, un proche de NAK et « manageur » de la société qatarie Golden Home Real Estate.
Ledit contrat de location a été signé le 1er juillet 2014 par le représentant de Golden Home Real Estate et Jérôme Valcke, en tant qu’unique actionnaire de la société offshore Umbelina SA, domiciliée aux îles Vierges britanniques, un paradis fiscal. Créée en 2013 pour acheter un yacht, Umbelina SA est notamment apparue, en 2016, lors du scandale des « Panama Papers ».
« Effectif entre les deux parties pour une période de quatorze mois », le bail de location de la « villa Bianca » s’étire du 1er avril 2014 au 31 août 2015 et est renouvelable pour douze mois. Le loyer annuel de la propriété s’élève à 96 000 euros. Le locataire doit s’acquitter de douze versements réguliers « par virement bancaire » de 8 000 euros. Dans le camp Valcke, on assure que le Français a bien payé son loyer.
Si Nasser Al-Khelaïfi et Jérôme Valcke ont été entendus, en octobre 2017, par le parquet suisse sur les conditions de la location de la « villa Bianca », ils n’ont en revanche jamais été auditionnés par le comité d’éthique de la FIFA, qui a pourtant ouvert une enquête préliminaire dans ce dossier. En octobre, le parquet suisse est censé auditionner Niclas Ericson, ancien directeur du département télévision de la FIFA, pour faire la lumière sur cette affaire. Dans les camps Al-Khelaïfi et Valcke, on espère que le MPC refermera sa procédure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Arnaud Démare remporte la 17e étape au sprint, à Pau, devant un autre Français. Encore une journée vaine pour les baroudeurs. Nos trois leçons de l’étape.
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Tour de France : Démare a bien fait de s’accrocher, les échappées pourraient aussi bien renoncer

Arnaud Démare remporte la 17e étape au sprint, à Pau, devant un autre Français. Encore une journée vaine pour les baroudeurs. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 19h45
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 08h14
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Saint-Savin, Hautes-Pyrénées, où vous ne devriez pas passer à côté du Viscos)








                        


Il a fallu attendre le dernier jeudi du Tour, mais une équipe française a fini par s’imposer sur cette Grande boucle pas simple pour les quatre formations tricolores. Arnaud Démare s’impose au sprint à Pau après que son équipe a roulé toute la journée derrière les cinq échappés. Christophe Laporte, deuxième et gêné dans les 100 derniers mètres par Démare, complète un doublé français.

📺 Relive the sprint of Stage 18 and and @ArnaudDemare's 2nd stage win on Le Tour ! 🏆🇫🇷 
— LeTour (@Le Tour de France)


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ALLEZ NONO ! ALLEZ NONO ! ALLEZ NONO !

   


Certains diront que c’est plus facile quand Gaviria, Groenewegen, Greipel, Kittel et Cavendish ne sont pas là, et ils auront raison. Les autres répondront que ces messieurs n’avaient qu’à passer la montagne, et ils auront raison aussi.
Devant un peloton dépouillé de ses meilleurs sprinteurs depuis les Alpes (abandon ou hors-délai), Arnaud Démare a remporté à Pau sa deuxième étape sur le Tour, un an après l’inoubliable sprint de Vittel. Il devance Christophe Laporte – premier doublé français sur un emballage massif depuis Jacques Esclassan et Yvon Bertin à Saint-Amand-les-Eaux en 1978 – et signe une 3e victoire d’étape française cette année (après Alaphilippe, deux fois), la première pour une équipe tricolore.
Au bout d’un « sprint parfait », mis sur orbite par Jacopo Guarnieri, « Nono » a pris la tête aux 200 mètres, et ne l’a plus quittée, autant grâce à sa puissance qu’à une subtile embardée vers le centre de la chaussée qui a peut-être empêché Christophe Laporte de le devancer. Peter Sagan finit 8e, peut-être pas tout à fait remis de sa chute de la veille.
Démare, lui, s’est parfaitement remis de la courte mais rude étape du col du Portet, ainsi que de la polémique qui l’a « énormément blessé » : André Greipel avait ouvertement accusé le Français d’avoir effectué l’ultime ascension accroché à une voiture pour finir dans les délais. « Je peux le remercier parce qu’aujourd’hui, je pensais beaucoup à lui », a taquiné Arnaud Démare à l’arrivée. La Groupama-FDJ, au départ de Trie-sur-Baïse, était drôlement remontée, le directeur sportif Yvon Madiot jurait sur la tête de ses enfants et l’équipe avançait que les commissaires de l’Union cycliste internationale (UCI) avaient accompagné Démare toute l’étape. Une caméra dans la voiture de l’équipe derrière Démare, conduite par Frédéric Guesdon, attesterait même que le sprinteur n’a jamais saisi la portière.
« Il y aura toujours des doutes quand on gagne, a déploré le sprinteur français, qui a raconté cette anecdote illustrant la suspicion dont il fait l’objet dans le peloton : Lors de l’étape de Bagnères de Luchon [la 16e, qu’il a fini largué à l’arrière], la voiture de Bora [l’équipe de Sagan] s’est arrêtée, et m’a suivi pendant 40 kilomètres sur le plat. Elle a vu que je me suis battu. Certes, je perdais du temps sur le peloton, mais j’étais toujours dans les temps. J’ai peut-être une force mentale qu’ils n’imaginent pas. »
De son côté, Marc Madiot, mi-soulagé, mi-surexcité, pouvait souffler : « On se faisait un peu chambrer, c’était normal. On voulait vraiment aller chercher quelque chose, on a été la chercher, c’est super. On avait bien remonté les pendules ce matin, y avait de la rage, de l’envie, du collectif. » On attend maintenant une vidéo du patron de la FDJ digne de celle de l’an dernier, que l’on revoit pour le plaisir.

Cofidis a trouvé son sprinteur

   


On peut bien l’avouer, la rédaction d’En Danseuse a parfois souri à la lecture des communiqués quotidiens de l’équipe Cofidis, contant l’aventure d’une formation invitée à une table trop haute pour elle. Souvent présente à l’avant quel que soit le terrain, l’équipe nordiste, qui s’est relancée cette année sous l’impulsion de son nouveau manager Cédric Vasseur a au choix eu « pas de chance », vécu « une journée difficile », montré un « bel état d’esprit » ou connu une « transition délicate ». Jeudi, elle est pourtant passée tout près d’être la première équipe française à lever les bras sur ce Tour, grâce à Christophe Laporte.
Sauf qu’Arnaud Démare a semblé aimanté par le centre de la route dans son sprint, pile l’endroit, c’est curieux, où Laporte était en train de le déborder : le sprinteur de Cofidis était le plus rapide dans les 100 derniers mètres - 70 contre 68 km/h - et la photo-finish aurait sans doute été plus serrée si Démare avait sprinté droit.

At more than 70km/h, Laporte (COF) was faster than Demare (GFC) in the final run down to Pau but that wasn't enough… https://t.co/1OQpAAGLQJ— letourdata (@letourdata)


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Le Varois au duvet d’adolescent n’avait pas vraiment le cœur à célébrer son premier podium sur le Tour, à l’arrivée : « On démarre le sprint le long des barrieres et on finit au milieu de la route... Après, il y a des commissaires... » Démare était-il le plus fort ? « Je ne sais pas. En tout cas, c’est lui qui a gagné sur le papier. Que ce soit le plus fort ou pas, c’est lui qui a gagné. Je trouve qu’il se décale sur la gauche, chacun jugera. »
« Il ne fait aucun doute qu’Arnaud dévie sa trajectoire dans le final, observait Cédric Vasseur.Je ne fais pas partie du collège des commissaires mais on nous a déclassé Nacer Bouhanni pour moins que cela ! »
Tiens, Nacer Bouhanni ! Ce jeudi, l’ancien meilleur sprinteur de Cofidis, rétrogradé par Cédric Vasseur dans la hiérarchie interne de l’équipe, galérait en Belgique sur une course balayée par la pluie et le vent. Sur le Grand Prix Pino Cerami, son équipe a roulé toute la journée pour favoriser une arrivée au sprint. Les échappés ont eu le dernier mot et Bouhanni a fini 34è. Il chercherait une nouvelle équipe pour l’an prochain, même si son contrat expire fin 2019.
Christophe Laporte aura, lui, une dernière chance sur les Champs-Elysées. Pas de pression : cela fait dix ans que Cofidis n’a pas gagné sur le Tour de France.
Les échappées restent fanny

   


A moins qu’un homme seul refasse le coup d’Alexander Vinokourov en 2005 sur les Champs-Elysées, le peloton du Tour disputera à Paris son huitième sprint massif : une première depuis 2013, et un chiffre qui n’a pas été dépassé depuis...1999.
C’est beaucoup, et c’est la preuve que les équipes qui viennent sur le Tour avec un sprinteur ne laissent plus passer une seule occasion sur la course la plus importante de l’année. Rien de plus rationnel : les sprinteurs sont parmi les coureurs les mieux payés du peloton et les équipes investissent beaucoup autour d’eux, avec du développement matériel et des « poissons-pilotes » qui les accompagnent toute l’année.
Depuis deux ans, la FDJ a investi autour d’Arnaud Démare en recrutant des coureurs expérimentés, parmi les meilleurs du monde dans le secteur : les Italiens Jacopo Guarnieri et Davide Cimolai en 2017, et le Néerlandais Ramon Sinkeldam, cet hiver. Elle n’allait pas laisser passer l’occasion de donner une nouvelle chance de victoire à Arnaud Démare, dans le contexte d’un peloton qui a perdu ses meilleurs sprinteurs et avec un Peter Sagan affaibli par sa chute de la veille.
Ainsi la FDJ a-t-elle mis tous ses hommes – elle est encore au complet – à contribution dans une poursuite qui n’a laissé aucune chance aux cinq échappés, des rouleurs de compétition dont l’avance n’a jamais atteint deux minutes (Niki Terpstra, Luke Durbridge, Matthew Hayman, Guillaume Van Keirsbulck et Thomas Boudat).
Les échappés devraient avoir plus de chance vendredi, entre Lourdes et Laruns.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Le sprinteur français de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième étape de sa carrière, jeudi 26 juillet. Le Britannique Geraint Thomas (Sky) reste en jaune.
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Tour de France : Arnaud Démare s’impose à Pau

Le sprinteur français de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième étape de sa carrière, jeudi 26 juillet. Le Britannique Geraint Thomas (Sky) reste en jaune.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h45
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 19h01
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Arnaud Démare a bien fait de s’accrocher dans la montagne. « Et pas qu’à son espoir de victoire », ne manqueront pas d’ajouter ceux qui ont accusé le Tricolore de s’être aidé de la voiture pour terminer les étapes pyrénéennes dans les délais.
Au lendemain du procès en tricherie intenté sur les réseaux sociaux par son adversaire de sprint, Andre Greipel, qui, lui, a jeté l’éponge dans les Alpes, le coureur de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième victoire de sa carrière dans le Tour de France, jeudi 26 juillet, à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Une fois n’est pas coutume, l’étape du jour s’est soldée par un doublé français : le natif de Beauvais (Oise) s’est imposé devant Christophe Laporte (Cofidis). Une première dans un sprint depuis 1978. Arnaud Démare, au micro de France Télévisions :
« Je ne me suis pas battu pour rien. C’est la récompense. Je ne suis pas le meilleur en montagne, mais je savais que les jambes étaient là. Je peux remercier Andre Greipel [qui l’a accusé hier de s’être accroché à la voiture pour finir dans les délais]. Aujourd’hui j’ai beaucoup pensé à lui. Je donne tout, le maximum. J’ai travaillé dur en montagne avant le Tour. Certains sprinteurs n’ont pas réussi [à survivre aux Alpes et aux Pyrénées]. »

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— LeTour (@Le Tour de France)


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Peter Sagan affaibli
Le coureur de 26 ans pourra également remercier ses coéquipiers. Le train de l’équipe dirigée par Marc Madiot a passé son après-midi en tête de peloton pour limiter l’avance des cinq échappés du jour (Hayman, Durbridge, Terpstra, Boudat et Van Keirsbulck), maintenus à moins de trois minutes. Les fuyards repris à une quinzaine de kilomètres de la ligne, le sort se jouerait au sprint.
Débarrassé d’une bonne partie de ses habituels concurrents, incapables de passer la montagne (Gaviria, Greipel, Kittel, Groenewegen) ou affaibli (Sagan, victime d’une lourde chute la veille), Démare n’avait pas le droit à l’erreur à Pau. Il pourrait même doubler la mise dimanche, sur les Champs-Elysées, s’il finit dans les délais demain, au cours de la dernière étape en altitude. Nul doute qu’il sera particulièrement surveillé entre Lourdes et Laruns, loin derrière les favoris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Le coureur Groupama-FDJ s’adjuge le sprint à Pau devant un autre Français, Christophe Laporte. Le Britannique Geraint Thomas conserve le maillot jaune.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Repos pour le peloton jeudi, avec 171 kilomètres de transition entre les Pyrénées et les Pyrénées qui n’étaient pas au programme à l’origine.
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Tour de France : l’étape qui n’aurait pas dû avoir lieu

Repos pour le peloton jeudi, avec 171 kilomètres de transition entre les Pyrénées et les Pyrénées qui n’étaient pas au programme à l’origine.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h39
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (Envoyés spéciaux à Trie-sur-Baïse, avec le tréma, Hautes-Pyrénées)








                        



   


18E ÉTAPE : TRIE-SUR-BAÏSE - PAU, 171 KM
Habile Tour de France : au cas où l’on aurait commencé à s’amuser le mercredi, il nous met dans les pattes 171 kilomètres de plat le jeudi entre Trie-sur-Baïse et Pau.
Tiens, Pau ! Ca faisait longtemps. Au moins depuis l’an dernier.
Les plus anciens des suiveurs connaissent mieux Pau que François Bayrou et Didier Gadou réunis. Pau est devenue pour nous la ville du Tour de France avant d’être la capitale du Béarn et l’on se demande si, dans la catastrophique éventualité où le Tour disparaîtrait un jour, il ne faudrait pas raser la ville ou au moins la rebaptiser, pour lui offrir un nouveau départ.

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          Sur notre blog du Tour 2017, quelques souvenirs du Tour à Pau



Cela dit, l’étape du jour n’aurait pas dû exister. Lorsque ce Tour a été dessiné, il devait initialement s’élancer une semaine plus tôt. L’Union cycliste internationale l’a finalement décalé d’une semaine pour subir moins de concurrence de la Coupe du monde, et cela n’a pas été sans conséquences pour le parcours. Alors que les organisateurs prévoyaient trois étapes consécutives dans les Pyrénées, un contre-la-montre autour de Pau - évidemment - et une étape en ligne au Pays basque le samedi. Mais non : le 28 juillet, l’étape en ligne au Pays basque n’était plus possible en raison de la concurrence avec les fêtes de Bayonne. Il a donc fallu réorganiser la troisième semaine et glisser une étape de plaine entre les trois étapes de montagne.
Voilà comment Trie-sur-Baïse a bouché un trou mais ne s’en plaint pas : pour recevoir le Tour, le département a refait les routes, et c’est sur un enrobé d’aérodrome que les coureurs s’élanceront. Au moins sur les trois premiers kilomètres, puisqu’on arrive ensuite dans le Gers, qui n’avait aucune raison de refaire la route qui est déjà très bien comme ça.
Trie-Pau, donc, où chacun aura le droit de tenter sa chance, surtout la (Groupama-)FDJ. L’un des sprinteurs encore debouts roule sous ses couleurs. Parfois même un peu vite dans les cols, où Arnaud Démare est soupçonné de s’accrocher de temps à autres à la voiture de son directeur sportif pour rentrer dans les délais, ces deux derniers jours.

   


Démare traîne cette réputation de coureur à la portière depuis plusieurs années, notamment lors de sa victoire sur Milan-San Remo 2016, où des coureurs italiens l’avaient soupçonné d’avoir été remorqué dans la côte de la Cipressa. André Greipel, rentré à la maison dans l’étape de l’Alpez d’Huez lorsqu’il avait compris qu’il finirait hors-délais, a mis ses grosses cuisses dans le plat, mercredi soir sur Twitter : « Peut-être que quelqu’un devrait dire à Arnaud Démare et Groupama-FDJ qu’il y a des traceurs GPS sur le Tour de France. Chapeau pour avoir perdu seulement 9 minutes en 17 km sur Nairo Quintana ». Puis #notthefirsttime, ce qui veut dire #paslapremièrefois.

@AndreGreipel @GroupamaFDJ @LeTour @NairoQuinCo Merci pour le respect que tu m'accordes mon cher @AndreGreipel. Je… https://t.co/fRw3tbtDeR— ArnaudDemare (@Arnaud Demare)


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Démare a répondu, Greipel a effacé son tweet : Rohff et Booba sont encore un petit cran au-dessus en terme de clash, mais c’est un bel effort de la part de l’Allemand, soutenu en cela par deux autres sprinteurs, ce qui augure assez mal de la popularité de l’ancien champion de France dans sa confrérie.
Trie-Pau toujours : on ne conseille pas au résident monégasque le plus célèbre du peloton, Christopher Froome, de tenter sa chance ces jours-ci, au rythme où les emmerdes s’accumulent sur son porte-bagage. Après les chutes, le coup des gaz lacrymogènes et la perte du Tour de France au profit de son ami Geraint Thomas, il a été hier pris à partie par un policier dans la descente du col du Portet vers son hôtel. Il l’avait pris pour un spectateur descendant à vélo. A la décharge du sifflet, Froome, en anorak gris, n’avait pas la dégaine d’un quadruple vainqueur de l’épreuve.

Un gendarme placa a Froome baixant. #letour #tour @teamsky https://t.co/VvvAmta3Ph— albertsecall (@Albert Secall)


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Froome a dit « Fuck you », ce qui permet de constater que même lorsqu’il laisse échapper une insulte, il a l’air d’un petit moineau inoffensif.

Froome was very angry: “Fuck you!” @BorjaCuadrado @ProCyclingStats @DiarioMarca_ @diarioas @CiclismoInter… https://t.co/IsLGcAsndn— albertsecall (@Albert Secall)


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Jusqu’à preuve du contraire, la gendarmerie française est donc la grande animatrice de ces Pyrénées. Que trouvera-t-elle aujourd’hui ? Enlever la voiture de Dave Brailsford garée en double file ? Mettre une contravention à Geraint Thomas pour excès de vitesse dans une descente ? Désosser le bus de la Sky pour y trouver des produits ? Imposer un Ricard à toute la Sky avant le départ, étant donné qu’il aura lieu à 14 heures, bien après l’heure du Ricard ? Que de pistes possibles. L’an prochain, c’est elle qui trace le Tour et décide des règles. On va se marrer.

   


Départ à 13 h 55 ; Arrivée prévue vers 17 h 45.
Le Tour du marché : Bagnères-de-Luchon
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille, sauf que cette fois, il s’agit d’un stand au marché.
Où l’on a mangé un gâteau.

   


On cherche un café, on tombe sur un gâteau. Fascinant gâteau que ce long cylindre de pâte à pics, on dirait des pignons de vélo collés les uns aux autres. Ou une espèce de kebab à l’horizontale.

   


Mickäel Van Mo Alves aurait pu être belge, avoir l’accent belge, et être éliminé en demi-finale, puisque son père est belge. Il aurait pu être portugais, parler portugais, et être éliminé en huitième de finale, puisque sa mère est portugaise. Mais il est français, il parle avec l’accent du sud-ouest, et il est champion du monde, puisque ses parents se sont rencontrés et l’ont fabriqué à Bagnères-de-Luchon.
Lui fabrique désormais ce merveilleux gâteau, qui s’appelle « gâteau à la broche », en raison de la présence d’une broche pour aider à sa confection, dont nous vous délivrons ici les secrets.

   


Pas de lait. Un quart de beurre, un quart de farine, un quart de sucre, un quart d’œuf, tel un quatre quarts. Mickaël ajoute rhum, vanille et poudre d’amende fraîche, sa touche personnelle. Certains mettent de la fleur d’oranger. L’ancienne école se contente de rhum et de Ricard. On ne parfume pas du tout la pâte dans l’Aveyron – qui dispute aux Pyrénées la paternité du gâteau, lequel aurait été importé en France par les soldats de Napoléon lors de la retraite de Russie.

   


Prenez un cône en bois (en général du pommier, solide, pour ne pas que ça se fende sous l’effet de la chaleur). Recouvrez d’un papier de cuisson. Mettez le cône sur votre broche. Placez votre broche devant votre brasier. Aspergez le cône de couches de pâte successives, et faites tourner la broche, d’abord lentement, puis rapidement pour former les pics (cf. démo ci-dessous). Pour un petit gâteau, comptez trois quarts d’heure de cuisson. Pour les plus gros, trois ou quatre heures. Avec ça,uUne crème anglaise ou un coulis de fruit rouge feront l’affaire.

C’est hypnotisant. Plutôt que les roues des cyclistes, on pourrait regarder cette broche tourner pendant des heures.
Et bon appétit bien sûr.

   






                            


                        

                        


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Tour de France : Et Froome est devenu un « équipier parfait »

Son bras droit supposé, Geraint Thomas, est en position idéale pour remporter le Tour de France



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h39
    |

            Henri Seckel (Col du Portet (Hautes-Pyrénées)








                        



   


Christopher Froome au bord de l’asphyxie sur son engin, langue pendante, tête basse. Christopher Froome largué. Christopher Froome a perdu. Sur les dernières pentes du col du Portet (Hautes-Pyrénées), les rêves de maillot jaune du Britannique s’envolent au moment où son coéquipier Geraint Thomas décolle dans les ultimes lacets du parcours.
La 17e étape, remportée par le Colombien Nairo Quintana mercredi 25 juillet, n’a pas tenu les promesses de son tracé aussi alléchant qu’inédit – 65 kilomètres à peine, dont pas un de plat, et trois cols mythiques. Mais de cette journée pas inoubliable, au bout d’un Tour qui ne le sera pas plus, resteront tout de même la détresse du quadruple vainqueur de l’épreuve et la fin de l’ambiguïté : la victoire sur les Champs-Elysées, dimanche, est promise à Geraint Thomas.

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L’issue du feuilleton entre les deux coéquipiers, dont personne ne pouvait depuis le départ du Tour dire qui était le n° 1 et qui était le n° 2, constituait la seule réelle incertitude d’une course largement dominée par l’équipe Sky. Le suspense est levé. « On a un leader défini maintenant, les choses sont beaucoup plus claires », affirme Nicolas Portal, le directeur sportif français de la formation britannique sur le point de s’adjuger un sixième Tour de France en sept ans, avec un troisième coureur différent (Wiggins en 2012, Froome en 2013, 2015, 2016 et 2017).
Pas de miracle « façon Bardonecchia »
Au lendemain de la seconde des trois étapes de montagne pyrénéennes, Froome, 3e au classement général, comptait 2 minutes 31 secondes de retard – un gouffre – sur Thomas, lequel possédait 1 minute 59 secondes d’avance sur son dauphin, le Néerlandais Tom Dumoulin. « Je pense que je suis en bonne position maintenant », pouvait sourire le Gallois de 32 ans à l’arrivée, lui qui ne devait être qu’un lieutenant au départ et que personne n’imagine à présent échouer sur les deux derniers écueils avant Paris – une étape de montagne vendredi, via le Tourmalet et l’Aubisque, un contre-la-montre accidenté samedi.
Dave Brailsford, manageur de l’équipe Sky, a tout de même sorti l’extincteur pour empêcher tout le monde de s’enflammer : « On a deux minutes d’avance, la probabilité qu’on remporte cette course repose plus sur Geraint à présent, je pense. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout est fini. » 
Pour Froome, si, sauf nouveau miracle « façon Bardonecchia », la ville du Piémont où arrivait la 19e étape du dernier Tour d’Italie, au mois de mai : au matin, Froome comptait 3 minutes 22 secondes de retard sur le leader du classement général. Le soir, il avait enfilé le maillot rose après avoir tout renversé lors d’un raid solitaire stupéfiant.
Une cohabitation est-elle possible?
Le coup de théâtre a peu de chances de se reproduire sur les routes de France, de l’aveu même de celui qui a remporté les trois derniers grands Tours (France et Espagne 2017, Italie 2018) et semble passer le témoin à son coéquipier : « On n’a plus qu’à veiller sur Geraint maintenant. “G” n’a fait absolument aucune erreur cette année, il mérite pleinement de porter le maillot jaune. On croise les doigts pour qu’il aille jusqu’au bout et finisse le boulot à Paris. »
« Si Froome se sacrifie et aide Thomas, il sera un titan, un des plus grands de tous les temps »
Dave Brailsford a salué les propos et l’attitude d’un « équipier parfait » : « Si Geraint finit par gagner la course, il deviendra une légende. Mais si Froome se sacrifie et l’aide à le faire, il sera un titan, un des plus grands de tous les temps, sans même avoir gagné la course. »
Froome ne remportera donc pas cette année un cinquième Tour de France qui l’aurait placé sur la même ligne que Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Et déjà se pose la question de la cohabitation, au sein de l’équipe Sky, de deux coureurs dominateurs qui risquent de se rouler sur les pieds dans les années à venir. « C’est génial d’avoir deux gars qui peuvent gagner des grands Tours dans la même équipe, esquive Nicolas Portal. Ce n’est pas donné à tout le monde. Tant qu’ils ne se mettent pas des pains dans la tête, ça va. » Pour l’heure, les Sky se contentent d’en mettre à la concurrence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, ce que le changement de braquet a eu comme conséquence sur le style et les performances des coureurs.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Tour de France : « Cent caresses plutôt que cinquante coups de pioche », par Olivier Haralambon

Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, ce que le changement de braquet a eu comme conséquence sur le style et les performances des coureurs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h31
    |

                            Olivier Haralambon








                        



   


Chronique. La montagne est intimement liée au cyclisme, cet art sisyphéen. Au début, les ci-devant « grimpeurs » ahanaient de toute éternité dans la caillasse et les éboulis. Titubant tels des ânes ivres, sous les noires pluies d’orage ou dans les grésillements de midi, les « forçats de la route » avançaient un coup de pédale après l’autre, dans une succession de gémissements étouffés, accompagnant la jambe descendante d’une inclination du visage, à droite puis à gauche, tendant inlassablement l’autre joue.
Longtemps donc, l’escaladeur planta sa pédale dans la pente comme on plante un piolet. Longtemps il porta sur sa tête le vol circulaire de quelque rapace fasciné par sa peine. Puis, comme on sait, les chaussées se vêtirent de bitume, et la masse fusible des rochers donna naissance à des panoramas moins hostiles.
Pour autant, le grimpeur n’était pas soulagé, condamné qu’il semblait à n’avancer qu’en heurts et à-coups. Robic, Poulidor, Merckx semblaient se briser les reins cinquante fois par minute, grimaçant au ras de la potence comme sous les coups de bâton.
Du style herculéen aux petites usines à plaisir
D’où vient alors – et par quel miracle ? – l’altier port de tête des grimpeurs d’aujourd’hui dont, même au plus dur de l’effort, le regard reste accroché aux sommets ? Quel prodige nous a donc conduit du style herculéen d’Hinault, calé au fond de la selle loin derrière l’axe du pédalier, repoussant la pédale vers l’avant comme un survivant cherchant à se dégager des décombres, au petit cul tranquille de Dumoulin, caressant quasi dédaigneusement la pédale de la pointe du chausson sans se désaxer le moins du monde ? Comment le corps calleux des bagnards, le corps grippé du grimpeur, a-t-il laissé place à ces petites usines à plaisir ? Et comment se fait-il que ces « rois du parquet » que sont les pistards devinssent depuis quelques années si aptes aux ascensions ?
C’est la gamme des braquets disponibles – c’est l’industrie ! – qui, considérablement élargie, a ouvert la porte du vélodrome. Là où le plus court braquet du Blaireau était, disons, de 42 × 24 (environ 3,70 mètres par coup de pédale), aujourd’hui les coureurs disposent d’un 36 × 28 (2,70 mètres). Conséquemment, la cadence de pédalage s’est considérablement élevée, à un niveau dont les cireurs de parquet sont familiers.
Après Wiggins, c’est de Geraint Thomas que l’on s’étonne, comme si le fait d’avoir été poursuiteur le disqualifiait d’emblée. Idiotie. Ce qui fait la qualité d’un pistard, c’est la coordination musculaire, la souplesse : il faut être fin pédaleur pour rouler vite.
Entre cinquante coups de pioche ou cent caresses, c’est peut-être la montagne qui a choisi.
Olivier Haralambon est l’auteur de « Le Coureur et son ombre » (Premiers Parallèles, 2017)



                            


                        

                        

