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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un manuel pour deux 2|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de manuels universitaires qui, par leur approche globale de l’histoire contemporaine, font référence depuis plus d’un quart de siècle.
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                Milza & Berstein : une mystérieuse alchimie


Un manuel pour deux 2|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de manuels universitaires qui, par leur approche globale de l’histoire contemporaine, font référence depuis plus d’un quart de siècle.

Le Monde
                 |                 28.07.2018 à 16h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Les exemplaires sont fatigués, défraîchis par les manipulations et les consultations répétées. Pourtant, celles et ceux qui s’en sont servis au fil de leurs études, d’histoire comme de sciences politiques, ne s’en sont pas séparés. Mieux, ils ont tenu à les apporter pour les faire dédicacer. Voilà une situation que Pierre Milza et Serge Berstein ont connue à de multiples reprises. Et quand on songe qu’il s’agit le plus souvent de simples manuels universitaires, on mesure la singularité de la situation. Rigueur, clarté, souci de la nuance et de l’équilibre, ces « outils » résistent au temps. Et ­Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à Paris-VIII dont Pierre Milza dirigea la thèse, y voit toujours parmi les « meilleures synthèses pour appréhender l’histoire contemporaine ».
A ses yeux, « par leur façon très large d’embrasser les séquences chronologiques », Milza et Berstein sont « les pionniers d’une histoire globale » – encore à venir quand ils inaugurent leur collaboration dans les années 1970, mais dont l’ouverture préfigure l’aspiration à une vision totale, sans discrimination ni priorité sélective. Et de fait, aujourd’hui encore, c’est par la lecture préliminaire de leur Histoire du XXe siècle (Hatier, 1990), sans cesse rééditée et mise à jour depuis plus d’un quart de siècle, que ­Marie-Anne Matard-Bonucci s’apprête à recommander aux étudiants qui préparent les concours d’aborder la question au programme : « Culture, ­médias, pouvoirs aux Etats-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991 »…

Des livres qu’ils cosignent – tous ne sont pas des manuels –, on peinerait à déterminer ce que l’on doit à l’un ou l’autre de ces deux historiens s’ils n’avaient chacun leurs domaines de prédilection. A Berstein, le champ politique, l’économie et la sphère nationale ; à Milza, les relations internationales, le social et le culturel. Il existe une telle symbiose entre eux, un tel partage...


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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.
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Hommage à un passeur de frontières

Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h00
   





                        



                                


                            
Disparu le 28 février, Pierre Milza laisse ­inconsolables celles et ceux qui ont collaboré avec lui à une vision plurielle du monde contemporain. L’introduction d’un volume d’hommage à l’historien, publié en 2014 par une vingtaine de chercheurs ayant soutenu leur thèse sous sa direction, en rappelle l’engagement et la force.
« Durant toute sa carrière, Pierre Milza a été un passeur de frontières dans toutes les acceptions du mot, géographique et linguistique, acadé­mique et thématique. Le Centre d’histoire du XXe siècle a largement contribué au renouveau de l’histoire politique. Aux côtés de l’ami fidèle Serge Berstein, et d’autres collègues, il en a fait un lieu ouvert, tissant des liens avec de multiples universités françaises et étrangères dans un esprit pluraliste. Avec Daniel Roche, il a su, à travers la Revue d’histoire moderne et contemporaine, mettre en valeur les renouveaux d’une historiographie nationale et internationale. Pionnier dans de nombreux champs de recherche, directeur de thèses libéral et généreux, il est aussi un pédagogue – comme l’attestent ses manuels – et un vulgarisateur au meilleur sens du terme, auteur d’ouvrages conçus selon des critères scientifiques incontestables mais accessibles aux non-spécialistes. Homme d’engagement, il s’efforce dans ses écrits ou ses inter­ventions publiques de démonter et de nuancer les représentations clivées et les clichés stériles.
Bataillant, par exemple, dès la fin des années 1980, contre l’idée d’une prétendue facilité de l’intégration de l’ancienne immigration (notamment celle des Italiens), véhiculée à tort par les discours différentialistes au sujet des immigrés. Insistant, encore aujourd’hui, sur le risque d’un usage politique du mot “fascisme”, détournant des véritables menaces pesant sur la démocratie. S’opposant, avec d’autres, aux lois mémorielles au nom d’une indépendance de l’historien. D’Italie et d’ailleurs, à ses côtés, ses élèves et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.
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                Jean Claude Ameisen : «  Permettre à chacun d’accéder à la liberté  »


Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.

Le Monde
                 |                 28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 11h09
                 |

            Catherine Vincent

















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Médecin, chercheur, directeur du Centre d’études du vivant (Institut des humanités, sciences et société - université Paris-Diderot), Jean Claude Ameisen a été président du Comité consultatif national d’éthique de 2012 à 2016.

Avoir du courage face au handicap, qu’est-ce que cela signifie ?
C’est faire face, jour après jour, aux difficultés, à la souffrance, à la détresse et à l’angoisse liées à la situation de handicap. Il faut du courage pour affronter l’isolement, l’indifférence, l’exclusion. Pour vivre dans une société qui ne tient pas compte de votre singularité et de vos besoins particuliers. Il faut du courage aux proches, qui font face à la solitude et à l’épuisement pour apporter, chaque jour, l’amour, l’affection et le soutien indispensables, et pallier le manque cruel d’aide humaine, matérielle et professionnelle, notamment pour les soins infirmiers et l’accompagnement au jour le jour.
Il faut du courage aux associations, aux familles et aux bénévoles pour combattre sans cesse, et si souvent en vain, afin qu’enfants et adultes puissent accéder à leurs droits fon­damentaux : le droit à une scolarisation, à un logement adapté, le droit d’aller et venir dans les lieux et transports publics, le droit à une formation, à un emploi, aux soins, à la culture, à une vie affective et sexuelle. Le droit de vivre avec les autres, parmi les autres, et de ne pas être relégué aux marges de la société.
On estime qu’il y a, en France, 12 millions de personnes en situation de handicap, et 8 millions de proches aidants. Plus que du courage, c’est un héroïsme quotidien – et méconnu – qui leur permet de tenter de ne pas sombrer, de ne pas s’effondrer.
Ce courage au quotidien concerne-t-il aussi les aidants professionnels ?
Il les concerne d’autant plus que les soignants sont en nombre insuffisant, débordés, épuisés et en burn-out. C’est aussi le cas des aides de vie à domicile et des auxiliaires...


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Catherine Vincent
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Etats-Unis - UE, un armistice commercial ambigu

Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 14h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Un répit et plus si affinités. Lorsque le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est envolé pour Washington afin de tenter de désamorcer l’escalade vers la guerre commerciale enclenchée par Donald Trump, il ne s’attendait sans doute pas à obtenir autant de l’impulsif président américain. Pour la première fois depuis le début de la crise, les Etats-Unis ont accepté, le 25 juillet, de modérer le ton et de troquer les ultimatums contre des discussions en bonne et due forme. Si cette accalmie est bienvenue, ses modalités restent encore très floues. L’Europe doit rester prudente face à ce qui s’apparente plus à un compromis tactique de la part de M. Trump qu’à un changement radical de stratégie.
L’Europe a accepté d’ouvrir des discussions en vue d’éliminer les barrières commerciales transatlantiques, s’est engagée à acheter plus de soja et de gaz naturel américains, et, en contrepartie, a obtenu l’assurance que Washington reverrait sa position sur les taxes ­concernant l’acier et l’aluminium, et renoncerait, dans un premier temps, à frapper le secteur automobile. Les éléments de cette négociation ont de quoi laisser dubitatif.

        Lire aussi :
         

                Accord commercial entre Washington et Bruxelles : Trump exulte, Macron temporise



D’abord, contrairement à la ligne adoptée jusque-là, l’UE donne le sentiment d’accepter de discuter « avec un pistolet sur la tempe ». En ramenant les Européens à la table des négociations sans avoir accepté comme préalable de retirer les taxes sur l’acier et l’aluminium décidées fin juin en toute illégalité, M. Trump marque un point. La France a pris ses distances avec cette approche, qui risque d’entraîner l’UE sur le terrain du président américain sans avoir rien obtenu de concret.
Par ailleurs, les termes de cette négociation se heurtent aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les accords préférentiels. Ce serait un nouveau coup de canif donné au multilatéralisme, que M. Trump voue aux gémonies. Enfin, annoncer des négociations avec le seul pays qui a quitté l’accord de Paris sur le climat ne fait qu’affaiblir un peu plus cet accord.
Calculs de court terme
Les promesses de l’UE paraissent difficilement tenables. Le gaz américain coûte deux fois plus cher que le gaz russe, et il faudrait que les Européens se dotent de coûteuses infrastructures pour pouvoir changer leurs sources d’approvisionnement. Quant au soja, c’est un sujet qui dépend des marchés agricoles mondiaux, pas d’un accord politique. Les Européens en achèteront aux Américains s’il est compétitif et en fonction de leurs besoins, pas pour faire plaisir aux agriculteurs du Midwest.
La déclaration d’intention signée à Washington semble répondre à des calculs de court terme. La politique commerciale de M. Trump commence à provoquer la grogne des agriculteurs, de certains industriels et d’élus du Parti républicain. Le président avait besoin de faire retomber la pression. D’autre part, ce rapprochement avec l’UE peut être vu comme un moyen d’isoler la Chine, qui reste son principal sujet de préoccupation.
De son côté, M. Juncker obtient un sursis sur l’automobile, à la grande satisfaction de l’Allemagne. C’est un deuxième point pour M. Trump, qui parvient à entretenir les divisions au sein de l’UE. Celle-ci n’est pas à l’abri d’un nouveau revirement américain. Gagner du temps comme elle vient de le faire n’est qu’un pis-aller. Les Européens doivent poursuivre leur objectif de long terme : réinventer un multilatéralisme renforcé mais plus équitable, dans le cadre de l’OMC, avec ou sans les Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

                Trump et Juncker signent un armistice commercial, à la surprise générale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La paix est mise à rude épreuve aux Comores sous nos yeux impuissants »

L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 08h46
    |

Omar Mirali (Professeur d'histoire à Aulnay-sous-Bois)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un communiqué du 25 juillet, le ministère français des affaires étrangères recommande à ses ressortissants de faire preuve d’une vigilance accrue dans les jours qui précèdent et suivent le référendum du 30 juillet. Ce communiqué précise par ailleurs que ce scrutin est susceptible d’engendrer une dégradation des conditions de sécurité publique.
En février dernier, la société civile, par l’intermédiaire de M. Ahmed Ali Bazi, à la tête de l’UCCIA (Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des Comores), avait sollicité le président Azali Assoumani pour la tenue d’assises nationales inclusives pour faire le bilan des quarante-trois années d’indépendance des Comores. Des recommandations ont été soumises au président Azali et c’est sur la base de ces recommandations que celui-ci a décidé de convoquer le référendum constitutionnel du 30 juillet.

Seulement, la tenue de ce référendum pose problème pour au moins deux raisons. D’abord, parce que les assises nationales desquelles découle ce projet de référendum étaient exclusives malgré ce que la société civile avait proposé, l’opposition en étant écartée tout comme la diaspora qui ne comptait aucun représentant. Deuxièmement, ce référendum a été convoqué en dehors de tout juge électoral.
Un article sans ambiguïté
A quatre jours du référendum, les Comores ne disposent plus de juge électoral. En effet, le président Azali a suspendu la Cour constitutionnelle en transférant ses compétences à la Cour suprême dont les juges sont nommés exclusivement par décret présidentiel. Une façon pour le président d’avoir le contrôle du scrutin ?
Pour toucher à ces dispositions constitutionnelles, le président n’a pas eu recours à un référendum et n’en a même pas informé le peuple. Il a juste signé une décision présidentielle – ce n’est même pas un décret – disant que les compétences de la Cour constitutionnelle ont été transférées, provisoirement, à la Cour suprême...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ A ceux qui prétendent que l’amende record infligée au géant américain par la commission européenne relève de motivations politiques, Léonidas Kalogeropoulos, délégué général de l’Open Internet Project (OIP), répond, dans une tribune au « Monde », qu’il s’agit bien de raisons économiques.
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Amende Google : « La concurrence, ce n’est pas la loi du plus fort »

A ceux qui prétendent que l’amende record infligée au géant américain par la commission européenne relève de motivations politiques, Léonidas Kalogeropoulos, délégué général de l’Open Internet Project (OIP), répond, dans une tribune au « Monde », qu’il s’agit bien de raisons économiques.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 07h38
    |

                            Léonidas Kalogeropoulos (Délégué général de l’Open Internet Project (OIP)








                        



                                


                            
Tribune. L‘amende infligée à Google est justifiée économiquement ! Par une tribune intitulée « L’amende infligée à Google relève de motivations politiques » et parée des vertus académiques de son auteur, Francesco Martucci, professeur à l’Université Panthéon-Assas, les lecteurs du Monde du 25 juillet pourraient presque s’apitoyer sur le sort réservé à la firme de Mountain View, dont la capitalisation boursière a bondi de 25,5 %, avec un résultat d’environ 875 milliards de dollars, malgré l’amende de 4,3 milliards d’euros infligée par la commission européenne le 18 juillet.
Le contempteur d’une décision qui sanctionne des pratiques déloyales constatées depuis 2011, soit plus de sept ans, observées par l’instruction d’une première plainte introduite dès 2013, ayant bloqué artificiellement l’émergence de toute alternative en Europe du moteur de recherche de Google, passe curieusement sous silence ce en quoi une pratique est constitutive d’un « abus » de position dominante, pour prétendre que Google n’aurait été sanctionnée que pour punir l’entreprise d’être puissante, sur fond de tensions entre l’Europe et les Etats-Unis.

Bien entendu, les pratiques condamnées sont bien concrètes et précises, et il suffit pour s’en convaincre de constater que de très nombreux fabricants de terminaux mobiles auraient souhaité proposer le moteur européen Qwant à leurs consommateurs. Sauf que pour pouvoir utiliser le système d’exploitation Android et afin de faire fonctionner le terminal (80 % des systèmes d’exploitation utilisés en Europe), il faut accorder une exclusivité à l’utilisation du moteur de recherche de Google, qui, par de tels mécanismes de vente liée, parvient à représenter plus de 90 % de parts de marché des moteurs de recherche en Europe.
Abus de position dominante
La vente liée pratiquée entre des acteurs dominants à plus de 80 ou 90 % liées entre eux sous l’égide de la même maison mère, Alphabet, est effectivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Parce qu’il n’y a pas eu intention de l’Etat de commettre un acte délictieux, il n’y a pas d’affaire d’Etat, explique dans une tribune au « Monde », le philosophe Philippe Raynaud qui estime que les partis d’opposition polémiquent avec d’autant plus d’acharnement qu’ils n’ont toujours pas digéré le résultat de l’élection présidentielle.
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Philippe Raynaud : « L’affaire Benalla n’est pas une affaire d’Etat »

Parce qu’il n’y a pas eu intention de l’Etat de commettre un acte délictieux, il n’y a pas d’affaire d’Etat, explique dans une tribune au « Monde », le philosophe Philippe Raynaud qui estime que les partis d’opposition polémiquent avec d’autant plus d’acharnement qu’ils n’ont toujours pas digéré le résultat de l’élection présidentielle.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 06h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Entretien. Professeur de science politique à l’université Paris II-Panthéon-Assas [où il enseigne la philosophie politique], Philippe Raynaud a publié de nombreux ouvrages, dont L’Esprit de la Ve République (Perrin, 2017) et Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée (Desclée de Brouwer, 200 pages, 17 euros). [Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et lauréat du prix Alexis de Tocqueville en 2014], il explique pourquoi l’affaire Benalla n’est pas, selon lui, une affaire d’Etat.
L’affaire Benalla est-elle une affaire d’Etat ?
Une affaire d’Etat est une affaire lors de laquelle les plus hautes autorités sont accusées d’avoir autorisé des actes considérés comme illégaux, en général au nom de la raison d’Etat, qui, elle-même, peut-être interprétée de façon plus au moins extensive. Dans l’affaire du Rainbow-Warrior, par exemple, le ministre de la défense, Charles Hernu, avait ordonné, avec l’autorisation de François Mitterrand, le coulage du navire de l’organisation écologiste Greenpeace par les services secrets français, le 10 juillet 1985. On peut aussi ajouter les écoutes téléphoniques ordonnées par François Mitterrand. Or, ce n’est pas du tout le cas avec l’affaire Benalla, lors de laquelle un chargé de mission a fait une faute regrettable, certes, mais aucunement commanditée par l’Elysée. Même s’il a été autorisé à assister à la manifestation du 1er-Mai avec les forces de l’ordre, aucun responsable de l’Etat ne lui a demandé de jouer à Rambo place de la Contrescarpe, à Paris. Il s’agit d’une crise politique qui devient une « affaire d’Etat » si l’on entend par là que le sommet de l’Etat est touché, mais elle n’est aucunement comparable avec le Watergate, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, qui serait bien avisé d’être aussi soucieux des abus de pouvoir au Venezuela.
Emmanuel Macron se présentait comme le héros du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Démocraties fatiguées 1/6. Le philosophe Jürgen Habermas enjoint à Angela Merkel de saisir les propositions d’Emmanuel Macron pour sortir l’Europe de la régression économique et politique dont les populismes sont le symptôme.
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<article-nb="2018/07/28/18-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Delon en six films cultes (6/6). A la fois acteur et producteur, Alain Delon s’implique totalement, en 1976, dans le rôle d’un marchand d’art, pris pour un juif et déporté après la rafle du Vél d’Hiv. « Alain est une personnalité à la recherche de son identité », juge le cinéaste Joseph Losey, avec qui la relation fut à la fois facile et complexe. Il en sort un chef-d’oeuvre.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Infractions fiscales : une réforme équilibrée

Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h34
   





                        


Editorial du « Monde ». Certains verrous sont plus difficiles à faire sauter que d’autres, surtout quand ils sont anciens. Voilà près d’un siècle, depuis la loi de 1920 sur la pénalisation de la fraude fiscale, que l’administration des finances gardait jalousement le monopole du déclenchement des poursuites pénales contre les fraudeurs.
Au fil du temps, les oppositions à ce système se sont multipliées, dénonçant son opacité et le suspectant de ne pas suffisamment garantir l’équité entre les contribuables. Leur but : faire sauter le « verrou de Bercy ». La réforme en cours de discussion au parlement montre que le vieux mécanisme sait encore opposer une certaine résistance aux tentatives d’effraction.
L’adoption, le 25 juillet, par la commission des finances de l’Assemblée nationale d’un amendement au projet de loi sur la fraude fiscale met de l’huile dans les rouages pour dégripper le verrou de Bercy, sans toutefois le faire sauter totalement. La réforme a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.

        Lire aussi :
         

                Les députés s’apprêtent à entériner le démembrement du « verrou de Bercy »



Jusqu’à présent, seule l’administration fiscale pouvait transmettre un dossier au parquet, sur avis conforme de la commission des infractions fiscales (CIF). Cette prérogative était justifiée par la volonté d’optimiser le recouvrement des infractions. En clair, une bonne négociation vaut mieux qu’une procédure judiciaire longue et aléatoire.
La règle du « non bis in idem », qui implique qu’un contribuable ne peut-être sanctionné deux fois, par l’administration et par la justice, prive de fait cette dernière d’intervenir dans l’immense majorité des affaires. Sur les 15 000 dossiers se traduisant par de lourdes pénalités, seul un millier est ainsi transmis à la CIF, avant que le parquet ne soit saisi dans 95 % de ces cas.
Une attente légitime
Mais la multiplication des scandales d’évasion fiscale et de fraude au sortir de la crise financière n’a fait que souligner l’incohérence qui pouvait parfois exister entre la gravité du délit et le régime dérogatoire autorisé par le verrou de Bercy. De ce point de vue, l’affaire Cahuzac a été emblématique. La justice n’avait pu lancer des poursuites contre l’ex-ministre du budget que par un moyen détourné : pour blanchiment de fraude fiscale et non simple fraude fiscale.
La réforme répond à cette attente légitime en obligeant désormais à transmettre les dossiers les plus graves à la justice (au-delà de 100 000 euros, notamment), selon des critères définis par la loi. Par ailleurs, le juge pourra lui-même se saisir, s’il découvre un cas de fraude connexe en enquêtant sur une première affaire. Enfin, c’est désormais le parquet qui examinera l’opportunité des poursuites, mettant ainsi fin à cette situation où l’administration se substituait à lui.
En théorie, la réforme devrait permettre un doublement du nombre de dossiers qui sont adressés à la justice. Certains estiment que les avancées sont trop timides, pointant notamment le fait que le contrevenant pourra toujours plaider coupable et éviter ainsi un procès grâce à un règlement financier à l’amiable.
L’argument est recevable, mais, en même temps, il aurait été inconséquent de basculer dans une juridicisation à tous crins. Permettre au parquet d’engager mécaniquement des poursuites sans plainte préalable de l’administration aurait exposé au risque de saisir le juge pénal d’un nombre excessif de petites affaires, alors que les tribunaux sont déjà surchargés. Le pragmatisme l’a emporté. Le verrou est mort, vive le verrou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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AMLO ou la « quatrième transformation du Mexique »

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h30
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. Début juillet, Andres Manuel Lopez Obrador a provoqué un tsunami électoral au Mexique. L’ancien maire de Mexico (2000-2005), que l’on surnomme par ses initiales, « AMLO », a remporté la présidentielle avec 53 % des suffrages. Son Mouvement de régénération nationale (Morena) a aussi décroché une majorité absolue au Congrès. Cette victoire écrasante marque un virage à gauche inédit depuis trois décennies.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un état interventionniste, redistributeur des richesses
Le président élu ne prendra ses fonctions que le 1er décembre. Mais AMLO a déjà annoncé son ambitieux programme réformateur. Il promet la « quatrième transformation du Mexique », après l’indépendance de 1810, la réforme (instaurant la laïcité) de 1857 à 1861 et la révolution de 1910.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un Etat interventionniste, redistributeur des richesses. Son projet prévoit de combattre les inégalités criantes provoquées par les politiques néolibérales instaurées depuis trente ans par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre, au pouvoir) et le Parti action nationale (PAN, droite).
Sa priorité est la lutte contre la corruption qui permettrait de récupérer 500 milliards de pesos (22,8 milliards d’euros) par an. Le tout associé à un programme d’austérité, incluant une réduction drastique des salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien, pour collecter entre 200 et 300 milliards de pesos. Ces sommes seraient allouées au développement du marché intérieur, à la hausse de salaire minimum (88 pesos par jour actuellement, soit 4 euros), à des programmes sociaux et à la gratuité de la santé et de l’éducation. Des projets qui assureraient, sans hausse des impôts ni de la dette publique, une croissance de 4 % à 6 %, contre 2 % en moyenne ces six dernières années,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les affinités végétales 3|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historien Romain Bertrand évoque un souvenir d’adolescence venu de l’autre bout du monde et la pauvreté des mots à dresser un portrait fidèle de la nature.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/28/18-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/07/2018
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Raffaele Simone : « Le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple »

L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 07h03
    |

                            Raffaele Simone (Professeur de linguistique, essayiste)








                        



                                


                            

Tribune. Bien qu’elle semble constituer un épisode isolé, l’affaire Benalla, qui devient de plus en plus l’affaire Macron, suscite diverses réflexions sur le modèle démocratique et sur le contrôle du pouvoir. Les faits principaux sont assez simples : un jeune homme, jusque-là inconnu, œuvre comme « conseiller en sécurité » du président de la République sans avoir reçu – semble-t-il – de formation spécifique. Il escorte et accompagne le chef de l’Etat en toutes circonstances.
En échange de ce service, il obtient avec une rapidité incroyable des privilèges féodaux : un grade militaire disproportionné (il est fait lieutenant-colonel à l’âge de 26 ans), un appartement de fonction dépendant du palais de l’Elysée, un salaire important, une voiture avec chauffeur et… les insignes de la police (usurpés, puisqu’il n’est pas policier). Il les endosse pour s’adonner à une sorte de hobby sinistre : se déguiser en agent et cogner, à loisir, des manifestants du 1er-Mai.

Or, cette montagne d’abus n’a pas été découverte par le président, que cet homme accompagne pourtant partout, à un mètre de distance, et qui ne peut donc pas ne pas le connaître. C’est Le Monde qui a révélé l’affaire, le mercredi 18 juillet, en réunissant des preuves accablantes.
L’opposition s’insurge. Le président, en revanche, attend le 20 juillet pour licencier le jeune homme et se contente d’annoncer, dans un premier temps, que « les coupables seront punis ». Quand il se décide enfin à parler, il commet une erreur monumentale : il introduit, dans le discours public, la question explosive des préférences sexuelles du chef de l’Etat, laissant ainsi libre cours à une discussion dont la conclusion est imprévisible. Comme si cela ne suffisait pas, il défie l’opinion publique (« qu’ils viennent me chercher ! »).
Promesses imprudentes
Les deux enquêtes en cours (parlementaire et judiciaire) apporteront d’autres éléments...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ A la suite de la rencontre entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, les Européens doivent rester vigilants, car l’administration Trump entend toujours casser l’ordre commercial multilatéral, estiment le chercheur Charles Kupchan et le journaliste Edward Alden.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Après l’accord avec Washington, Bruxelles doit préparer un plan B »

A la suite de la rencontre entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, les Européens doivent rester vigilants, car l’administration Trump entend toujours casser l’ordre commercial multilatéral, estiment le chercheur Charles Kupchan et le journaliste Edward Alden.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h30
    |

Charles Kupchan (chercheur en relations internationales à l'Université Georgetown et au Council on Foreign Relations) et Edward Alden (membre du Co...







                        



                                


                            

Tribune. Au cours de leur rencontre, le 25 juillet, le président Donald Trump et le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker ont désamorcé, en tout cas pour l’instant, la menace de guerre commerciale entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Les deux dirigeants sont convenus de travailler ensemble pour éliminer les barrières entravant les échanges commerciaux. L’Europe s’est engagée à acheter plus de soja et de gaz naturel américains.
C’est une bonne nouvelle. Les deux parties se parlent. Une trêve sur l’instauration de nouveaux droits de douane a été conclue. Et plutôt que de qualifier l’UE d’« ennemi » comme il l’a fait lors de son récent déplacement en Europe, Trump s’est montré optimiste, annonçant « une nouvelle phase dans les relations entre les Etats-Unis et l’Union européenne ».
Mais l’Europe devrait se méfier. Bruxelles doit absolument s’engager dans des négociations commerciales avec Washington. Mais les Européens devraient garder à l’esprit la versatilité de Trump ainsi que son apparente détermination à démanteler l’ordre commercial multilatéral actuel. Le discours accommodant de Trump, il y a deux jours, n’a peut-être été qu’une manœuvre politique tactique visant à s’assurer le soutien des producteurs de soja américains qui pâtissent des représailles chinoises aux droits de douane américains. En outre, renégocier un nouvel accord commercial transatlantique soulève de formidables obstacles.
Définir une nouvelle feuille de route
L’administration Obama et l’UE ont travaillé sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) pendant des années pour un résultat nul. Et Trump a d’ores et déjà fait savoir qu’il souhaitait instaurer de nouveaux droits de douane sur les importations de véhicules européens.
L’UE doit donc élaborer un plan B. L’Europe et ceux de ses partenaires qui partagent son point de vue devraient définir une feuille de route afin...




                        

                        


<article-nb="2018/07/28/18-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Etre nature (7/7). Afin d’éviter les écueils du primitivisme – qui fait du retour à la nature l’unique recours – comme les impasses du transhumanisme – qui cherche à dépasser la nature humaine –,  le philosophe Alain Badiou propose de réactiver l’idée communiste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/07/28/18-16">
<filnamedate="20180728"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180728"><AAMMJJHH="2018072818">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Delon en six films cultes (5/6). En 1970, un cinéaste au sommet de son art retrouve la star. Peu de mots entre eux tant la relation est fusionnelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/07/28/18-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤         

Chronique

Pape Diouf : « La France n’est jamais aussi forte que quand elle réunit tous ses atouts »

Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.

Par                                            Pape Diouf (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-07-26T15:17:31+02:00"

        Le 26.07.2018 à 15h17

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-07-27T12:15:46+02:00"

        Mis à jour le 27.07.2018 à 12h15






    
Kylian Mbappé (au centre) à l’entraînement avec ses coéquipiers à Istra, près de Moscou, en juin 2018.
Crédits : FRANCK FIFE/AFP


Chronique. La défaite totale et sans rémission de l’Afrique, avec l’élimination de ses cinq représentants dès le premier tour du Mondial russe, est à mettre en parallèle avec la victoire finale de la France, qui a compté dans son effectif un grand nombre de joueurs d’ascendance africaine. Comment ne pas éprouver une incontestable ambivalence de sentiments à l’heure de dresser le bilan ?

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Aux Etats-Unis, où je viens de conclure un séjour d’une semaine, les gens se plaisent manifestement à « racialiser » le succès français. Jusqu’à Barack Obama, connu pourtant pour sa légendaire pondération et ses prises de position conciliantes, qui a déclaré malicieusement à l’occasion de son discours d’hommage à Nelson Mandela, le 17 juillet, à Johannesburg : « Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois… Mais ce sont tous des Français. » Cette forme de polémique, il faut en convenir, repose sur des faits bien réels et incontestables.

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Sur les 23 joueurs retenus par Didier Deschamps pour disputer la compétition, douze ont des origines d’Afrique subsaharienne et deux du Maghreb. Un des frères de Paul Pogba joue avec la sélection guinéenne. Celui de Steve Mandanda avec la République démocratique du Congo. N’Golo Kanté, considéré à juste titre comme le meilleur milieu défensif de la Coupe du monde, a failli répondre à l’appel de l’équipe nationale du Mali. L’excellent parcours qu’il a effectué durant la saison 2015-2016 avec le club de Leicester City, avant de rejoindre Chelsea, a changé son destin. C’est in extremis qu’il a été rattrapé par le sélectionneur français.
Peu de Bleus « gaulois »
Exceptés Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, qui vit en Espagne depuis l’âge de 6 ans, Florian Thauvin, Antoine Griezmann, Olivier Giroud et Hugo Lloris, le groupe tricolore ne compte pas d’autres « Gaulois » puisque Thomas Lemar (né à Baie-Mahault en Guadeloupe), Raphaël Varane (originaire du Morne-Rouge en Martinique) et Alphonse Aréola (dont les parents viennent des Philippines) ont des origines « extra hexagonales ».
Loin des thèses épousées par les extrémistes de tout poil, de Jean-Marie Le Pen aux intellectuels en mal d’inspiration, cet état de fait démontre et illustre que la France n’est jamais aussi grande et performante que quand elle s’ouvre aux autres et qu’elle réunit tous ses atouts dans un même élan. Et quand elle ne met pas un mouchoir sur son histoire et sur la géographie.

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Tous ces garçons qui ont hissé le pays sur le toit du monde ont en commun d’être français et ont légitimement été fêtés comme tels. Mais cette belle et heureuse parenthèse ne doit pas occulter cette réalité : il y a des Mohamed et des Mamadou qui n’ont pas la chance ni le talent de Pogba et Mbappé ! Le système scolaire, éducatif et ou social, les a laissés sur le bord de la route. Ils n’en sont pas moins français.
Pape Diouf a été président de l’Olympique de Marseille de 2005 à 2009.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.
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L’urgence d’apprivoiser le désert

Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
   





                        



                                


                            
Le 17 juin, comme chaque année depuis 1992, s’est déroulée à l’appel des Nations unies la Journée mondiale de lutte contre la désertification. Les derniers rapports publiés n’en finissent pas d’inquiéter : près d’un tiers des terres de la planète, soit 4 milliards d’hectares, sont des zones naturelles arides et semi-arides ­menacées par une dégradation combinée des sols et de la végétation – une désertification menaçant toute survie. Un cinquième de la population mondiale est concernée, soit 1,5 milliard d’habitants ; 800 millions d’entre eux sont sous-alimentés, ce qui grossit le nombre des migrants climatiques.
Dans de nombreux pays, l’urgence d’agir, politique ou civile, se fait donc sentir, tandis qu’architectes et urbanistes se mobilisent pour habiter et réaménager les déserts. Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui préfère ­s’inspirer de l’architecture vernaculaire – du latin vernaculus (« indigène ») plutôt que du clinquant des constructions postmodernes, à l’empreinte carbone lourde et aux matériaux coûteux.
Habitats bioclimatiques
S’inspirant de techniques bioclimatiques pour certaines millénaires – briques de boue séchée, tour de vent, pièces en sous-sol, réservoir – de nombreux architectes, qu’ils soient chinois (Wang Shu, prix Pritzker 2012), iranien (Kamran Diba), israélien (Matti Cones) ou marocain (Omar Benchekroun), ont commencé de reconquérir les déserts et les zones semi-arides. En France, l’association La Voûte nubienneforme des maçons locaux et développe depuis les années 2000 des programmes d’habitation durable en terre crue dans toute l’Afrique sahélienne. Elle a mené à bien 2 500 chantiers en 2016 et 2017.
Dans la même lignée, le prix Cook pour l’architecture du désert, du nom de l’Américain Jeffrey Cook, spécialiste de l’architecture « passive » (notamment en Arizona), est décerné chaque année à des habitats bioclimatiques. En 2014, il a été remis à l’architecte béninois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.
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La mer, nouvelle terre d’accueil

Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Depuis une décennie, plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandais, Blue21, DeltaSync, Dutch Docklands, Water­studio, Monteflore, proposent une stratégie radicale pour s’opposer aux effets néfastes du changement climatique et à une montée des eaux menaçante (encore ­confirmée, le 25 juin, par une nouvelle étude de la revue scientifique Nature) : conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles – comme l’annonçait Jules Verne dans L’Ile à hélice (Hetzel) en 1895. Pour ces pionniers, habiter sur les mers sans reproduire les dégradations dont nous accablons la terre sera le grand chantier d’avenir de l’humanité. Certains l’appellent la « révolution bleue ».
Ecoutons l’ingénieur civil Rutger de Graaf, l’un des fondateurs de l’agence Blue21 : « La population mondiale continue de croître. Pour l’accueillir et la nourrir, nous sommes en train de convertir les écosystèmes les plus vitaux du monde en zones urbaines polluées et en exploitations agricoles intensives. Ce n’est plus soutenable. Alors que, sur l’eau, il y a de l’espace. »
Pour lui, les mers et les océans, soit 71 % de la surface terrestre, sont devenus « la nouvelle frontière », le territoire vierge où fonder des « nouvelles colonies maritimes » et inventer l’urbanisme et l’architecture du futur. « Prenez les grandes villes polluées du monde, continue-t-il, la plupart sont côtières : elles pourraient se développer sur l’eau. Des structures brise-lames les protégeraient des tempêtes. Des maisons flottantes s’adapteraient automatiquement à l’élévation du niveau de la mer. »
Nouvel écosystème urbain
L’enjeu n’est pas seulement de désengorger les grandes cités avec des quartiers maritimes, mais aussi d’assurer leur production alimentaire et de réduire les pollutions. Une étude prospective publiée, en mai 2017, par Blue21 et l’université des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Vincent Callebaut : « Il faut des villes prônant une symbiose entre humains et environnement  »

L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.



Le Monde
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26.07.2018 à 14h02
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Belge installé à Paris, l’architecte Vincent Callebaut, 41 ans, est une figure reconnue de l’urbanisme et l’architecture biomimétiques. En 2015, son projet global pour ­végétaliser Paris avec des gratte-ciel verts, « Paris Smart City 2050 », a fait sensation. En 2010, son projet pour Taïwan d’une tour écologique avec jardins suspendus, la Tao Zhu Yin Yuan Tower, l’avait emporté sur celui de la célèbre architecte irako-britannique Zaha Hadid.

Vous avez déclaré appartenir à une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes écoresponsables. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis né en 1977 à La Louvière, en Belgique, l’une des régions les plus pauvres d’Europe du Nord qui a subi de plein fouet la crise industrielle. Je fais partie de cette génération imprégnée d’insecticides, asphyxiée par les smogs urbains et ingurgitant les déchets plastiques qui infectent notre propre chaîne alimentaire.
En 2050, j’aurai 73 ans : la population mondiale comptera 9 milliards d’habitants, avant d’atteindre le pic des 12 milliards annoncé pour 2 100. Or, toutes les statistiques et les publications scientifiques s’accordent au­jour­d’hui à prédire que 70 % de la population mondiale vivra demain dans des villes en flux tendus – lesquelles sont responsables déjà de 70 % des émissions de gaz à effet de serre et concentrent des inégalités sociales de plus en plus fortes.
Alors, je me pose la question de ma génération : le monde va-t-il vraiment s’effondrer, ou bien allons-nous réussir à construire une civilisation et des villes « résilientes » prônant la juste symbiose entre les humains et leur environnement ?
Quelles nouvelles exigences cela implique-t-il pour l’architecture et l’urbanisme ?
L’écologie urbaine est une nécessité pour organiser la transition énergétique vers un monde durable et la résistance face à l’urgence climatique. A la croisée des innovations sociales et technologiques, quatre piliers...




                        

                        

