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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le feu, qui sévit depuis mercredi dans la forêt nationale de San Bernardino, au sud-est de Los Angeles, a réduit en cendres près de 5 000 hectares et n’était circonscrit qu’à 16 % samedi matin.
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Un incendie en Californie conduit à l’évacuation de 7 000 personnes

Le feu, qui sévit depuis mercredi dans la forêt nationale de San Bernardino, au sud-est de Los Angeles, a réduit en cendres près de 5 000 hectares et n’était circonscrit qu’à 16 % samedi matin.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 18h07
   





                        


L’« avancée rapide » d’un incendie qui sévit depuis mercredi dans la forêt nationale de San Bernardino, à près de 150 kilomètres au sud-est de Los Angeles, a conduit à l’évacuation de 7 000 personnes, ont annoncé, samedi 28 juillet, les autorités.
« Plus de 1 300 pompiers se battent contre le feu Cranston, qui a détruit cinq maisons et a entraîné la fermeture de routes et l’évacuation d’environ 7 000 personnes », a indiqué le service national des forêts.
Le brasier a réduit en cendres près de 5 000 hectares et n’était circonscrit qu’à 16 % samedi matin. Il menace environ 4 900 bâtiments et trois pompiers ont été blessés.
Un homme de 32 ans a été arrêté peu après le départ de ce feu. Il est soupçonné d’être à l’origine de neuf incendies et a été inculpé vendredi matin de quinze chefs d’accusation d’incendie criminel pour lesquels il a plaidé non coupable.

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Deux autres feux
Plus au nord, le feu « Ferguson » continuait sa progression près du parc national de Yosemite qui a dû fermer en partie, notamment la Yosemite Valley qui ne devrait rouvrir au public que le 3 août en fin de journée.
Selon un point sur la situation diffusé samedi matin, cet incendie, qui a démarré le 13 juillet, avait détruit 20 000 hectares et restait circonscrit à 2 %, comme vendredi. Un pompier a été tué et sept personnes blessées.
En ce qui concerne le feu « Carr » au nord de la ville de Redding (nord de la Californie), qui a causé la mort de deux pompiers jeudi dans des incidents distincts, le dernier bilan des pompiers vendredi soir faisait état de près de 20 000 hectares brûlés en quatre jours, de 500 bâtiments détruits et 75 endommagés.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’ancien président indépendantiste catalan est revenu en Belgique, samedi. Il affirme qu’il agira « depuis Bruxelles » mais en « envisageant toute l’Europe ».
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Pour Carles Puigdemont, son retour en Belgique n’est « pas la fin du voyage »

L’ancien président indépendantiste catalan est revenu en Belgique, samedi. Il affirme qu’il agira « depuis Bruxelles » mais en « envisageant toute l’Europe ».



Le Monde
 |    28.07.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 18h09
   





                        



   


A peine a-t-il foulé le sol belge samedi 28 juillet, après quatre mois passé en Allemagne, où il avait été arrêté, que Carles Puigdemont a repris son combat pour une Catalogne indépendante. Lors d’une conférence de presse à la Délégation de la Catalogne auprès de l’Union européenne, à Bruxelles, il a appelé le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez à faire des actes concrets.
Egalement présent pour l’occasion, l’actuel président indépendantiste Quim Torra a pour sa part promis « plus de défaites à venir pour l’Espagne si elle continue » à ignorer le droit à l’autodétermination du peuple catalan.

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« Nous sommes face à un problème politique qui a besoin d’une solution politique. Et la seule manière, c’est le vote. Cette équation est claire pour nous », a déclaré Quim Torra. « Voyons s’il y a un dialogue qui se transforme en actions », a poursuivi l’indépendantiste radical, à l’égard de l’actuel président socialiste, Pedro Sanchez.
M. Puigdemont a quant à lui affirmé que son « voyage » ne s’arrêterait pas là. « Il ne prendra fin que quand tous les prisonniers seront relâchés, que les personnes en exil pourront revenir et que les Catalans réaliseront leur droit à l’autodétermination sans menace de violence », a-t-il déclaré.
Pedro Sanchez pressé d’agir par les indépendantistes
Selon les deux hommes, Pedro Sanchez doit agir avant l’automne, c’est-à-dire avant le début des procès des dirigeants indépendantistes emprisonnés. Dans le cas contraire, les députés du parti démocrate européen catalan (PDeCAT) – dont est issu le président déchu - pourraient décider de bloquer l’activité du gouvernement.
A l’issue de cette conférence de presse, les deux leaders catalans ont participé à une fête visant à célébrer le retour de M. Puigdemont ainsi qu’à exiger la libération des prisonniers politiques et le retour des personnes en exil.
Comme d’autres dirigeants catalans, Carles Puigdemont avait quitté l’Espagne fin 2017 après que le gouvernement espagnol a mis sous tutelle la Catalogne qui venait de s’autodéclarer indépendante.
Après plusieurs mois en Belgique, il s’était fait intercepter en Allemagne suite aux mandats d’arrêt européen et international émis par l’Espagne contre lui et quatre de ses ministres régionaux.
Or, il y a dix jours, la justice espagnole a levé ces procédures suite à la décision du tribunal allemand de ne remettre M. Puigdemont à la justice espagnole que pour un délit de détournement de fonds publics et d’écarter le principal chef d’accusation : la rébellion, passible de trente ans de prison. Les mandats d’arrêt restent toutefois en vigueur en Espagne.

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La Commission européenne ne veut pas s’impliquer
A la suite de ce dénouement, l’ancien président indépendantiste a donc choisi de revenir en Belgique pour poursuivre son combat. « Aucune nation n’est devenue indépendante en ayant la reconnaissance depuis le début, il faut y travailler. Je vais continuer à faire de l’internationalisation (…) depuis Bruxelles, mais en envisageant toute l’Europe », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’avait toutefois nullement l’intention de demander l’asile en Belgique.
Interrogé sur ses rapports avec la Commission européenne, il a déclaré :
« J’ai été très déçu par la réaction des décideurs européens, pas à cause de leur opinion sur l’indépendance de la Catalogne, mais à cause de leur silence vis-à-vis des violations des droits fondamentaux. Mais l’Europe ne se résume pas à un bâtiment rempli d’états et d’hommes politiques. Il y a aussi les citoyens ».
La Commission européenne, de son côté, a déjà fait savoir que le retour de Carles Puigdemont en Belgique ne changeait rien : « Nous ne nous impliquerons pas là-dedans, notre position n’a pas changé ».
Est-ce que le mouvement indépendantiste est toujours bien présent en Catalogne ? Selon les propos de M. Puigdemont, la fête de la Catalogne le 11 septembre, la célébration du premier anniversaire du référendum catalan le 1er octobre ainsi que le début des procès des dirigeants indépendantistes attendus à l’automne seront un bon marqueur. Les grandes échéances sont données.
Sophie Petitjean



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’attaque qui a visé, samedi matin, un centre de formation des sages-femmes dans la ville afghane de Jalalabad, n’a pour l’instant pas été revendiqué.
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Afghanistan : au moins deux morts dans l’attaque d’une école de sages-femmes

L’attaque qui a visé, samedi matin, un centre de formation des sages-femmes dans la ville afghane de Jalalabad, n’a pour l’instant pas été revendiqué.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h50
   





                        



   


L’attaque qui a eu lieu samedi contre une école de sages-femmes à Jalalabad dans l’est de l’Afghanistan a fait au moins « deux morts et cinq blessés », selon Ghulam Sanyee Stanikzai, le porte-parole de la police du Nangarhar.
L’attaque n’a pas été revendiquée pour l’instant. Elle s’« est terminée » après sept heures d’échanges de tirs entre les forces de l’ordre et les assaillants retranchés, a précisé Attaullah Khogyani, le porte-parole du gouverneur provincial.
La première explosion avait retenti samedi matin vers 11 h 30 (9 heures heure de Paris), suivie d’autres détonations et de tirs. « L’attaque a visé notre centre de formation des sages-femmes », faisait savoir ce matin le porte-parole du département provincial de la santé, Inamullah Miakhil, qui précisait que cette école était financée par le ministère de la Santé sans fonds occidentaux.

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Des témoins ont affirmé à l’AFP avoir entendu plusieurs explosions successives suivies de tirs. Ehsan Niazi, qui se trouvait au département du travail et des affaires sociales voisin de l’école, a également signalé de la fumée montant du site. « Après la première explosion j’en ai entendu trois autres et j’ai vu trois assaillants s’engouffrer dans la rue conduisant au département », a-t-il ajouté.
Un taux de mortalité maternelle de nouveau en hausse
La cible n’a pas été choisie au hasard car la formation de sages-femmes est une nécessité absolue dans le pays : l’UNICEF estime qu’à peine 45 % des femmes afghanes bénéficient d’une assistance médicale durant leur accouchement.
Après une nette amélioration dans les dix années qui ont suivi l’intervention américaine fin 2001 pour chasser les talibans du pouvoir, le taux de mortalité maternelle s’est de nouveau détérioré. En cause ? Le manque de personnels qualifiés et de structures de soins dans les régions les plus reculées ou en proie à l’insécurité, estime l’USAid, l’agence de développement des Etats-Unis et l’un des principaux donateurs.
Ce taux s’établissait officiellement à 396 décès pour 100 000 naissances en 2015 (contre plus de 1 600 estimés en 2002). Pour autant, ces chiffres sont contestés par les observateurs sur le terrain qui font valoir que beaucoup de régions sont hors de portée des études de l’Unicef ou du gouvernement afghan.

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Jalalabad, capitale régionale de l’Est de l’Afghanistan, est fréquemment le théâtre d’attentats perpétrés par les talibans ou le groupe Etat islamique (EI). Le dernier en date remontait au 11 juillet, contre un bâtiment du département de l’éducation. L’opération, qui n’avait pas été revendiquée, avait fait onze morts.
Le 10 juillet, une attaque suicide de l’EI contre un convoi des services de renseignements afghans avait fait douze morts, essentiellement des civils pris dans l’incendie d’une station-service déclenché par l’explosion.
La pression exercée depuis l’hiver par les forces afghanes appuyées par l’armée américaine a permis récemment de déloger l’organisation Etat islamique des districts qu’il contrôlait depuis deux ans, même si sa présence est loin d’avoir été éliminée dans la région.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ A Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Novossibirsk, de nombreux manifestants ont pris part à un rassemblement autorisé pour protester contre l’allongement de l’âge du départ à la retraite.
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Des dizaines de milliers de Russes manifestent contre une réforme des retraites

A Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Novossibirsk, de nombreux manifestants ont pris part à un rassemblement autorisé pour protester contre l’allongement de l’âge du départ à la retraite.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 16h17
   





                        



   


L’opposition à une mesure soutenue par le président russe, Vladimir Poutine, reste encore inhabituelle dans le pays. Pourtant, des dizaines de milliers de Russes ont participé samedi 28 juillet à des manifestations organisées à travers le pays par le Parti communiste contre un projet de hausse de l’âge du départ à la retraite.
A Moscou, 100 000 personnes, selon les organisateurs, environ 10 000 selon des journalistes, ont pris part à un rassemblement autorisé contre la réforme actuellement en lecture au Parlement.
Dans les rues de Moscou, la foule entonnait des slogans tels que « Poutine, ne touche pas à nos retraites ! » et brandissait des pancartes portant les mots : « Nous voulons vivre de nos retraites et ne pas mourir au travail. »

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Dizaines de villes
Des manifestations ont eu lieu dans des dizaines d’autres villes, allant de l’Extrême-Orient à la Sibérie et à l’ouest de la Russie. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, environ 1 000 personnes se sont rassemblées sous des drapeaux rouges, certaines portant des portraits de Staline. A Novossibirsk, en Sibérie occidentale, l’agence de presse étatique TASS a mentionné 1 200 manifestants, citant la mairie.
Cette opposition, soutenue par un Parti communiste d’habitude plutôt complaisant envers le Kremlin, s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, et qui a recueilli 2,9 millions de signatures.
La réforme, annoncée par le premier ministre, Dmitri Medvedev, prévoit d’allonger progressivement, à partir de 2019, le seuil de départ à la retraite à 65 ans pour les hommes d’ici à 2028, et à 63 ans pour les femmes en 2034 ; huit années de plus pour les femmes, cinq pour les hommes. Cela passe mal, même si la faiblesse des pensions (183 euros en moyenne par mois) contraint des millions de retraités russes à trouver un travail d’appoint.
Les femmes sont particulièrement vulnérables. Elles doivent souvent se contenter, après 50 ans, de petits boulots pour joindre les deux bouts, alors même que leur espérance de vie a augmenté à 77,7 ans. Celle des hommes, elle, reste basse : 67,5 ans. A peine plus de deux ans après l’âge de départ à la retraite envisagé.
M. Poutine, qui n’avait pas mentionné la question des retraites lors de la campagne qui a abouti à sa réélection en mars, a ainsi vu sa cote de popularité chuter à 64 % en juillet, contre 80 % en mai, selon le centre russe d’études de l’opinion (VTsIOM). Le président russe a dit la semaine dernière qu’il n’appréciait pas l’idée d’augmenter l’âge de départ à la retraite, mais qu’il était nécessaire de « prendre des décisions cruciales ».
Comme Galina Nikiforova, 59 ans, venue manifester à Saint-Pétersbourg, certains opposants à la mesure soulignent le faible intérêt des employeurs pour les personnes plus âgées :
« Comment allons-nous vivre ? Je ne le sais pas. Ils n’embauchent personne au-dessus de 50 ans. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dimanche, 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain président de la République malienne. Six points pour comprendre ce scrutin attendu.
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Compte rendu

Tout comprendre à l’élection présidentielle au Mali

Dimanche, 8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le prochain président de la République malienne. Six points pour comprendre ce scrutin attendu.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.07.2018 à 15h55

     •
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        Mis à jour le 28.07.2018 à 16h37





C’est un scrutin attendu et redouté. Dimanche 29 juillet, les Maliens iront aux urnes pour élire leur futur président de la République. Le contexte sécuritaire demeure instable, tandis que l’opposition a récemment fait monter la pression en dénonçant une « vaste tentative de fraude ». La campagne électorale, ouverte le 7 juillet, vient de se clore.
A la veille du premier tour, voici six points pour comprendre les enjeux de cette élection majeure, dont l’issue est très incertaine.
24 candidats, 8 millions de votants
L’élection du futur président incombe à quelque 8 millions de votants. Pour accueillir les électeurs, 23 041 bureaux de vote sont répartis sur l‘ensemble du territoire. Depuis le précédent scrutin présidentiel de 2013, les deux favoris n’ont pas changé.
D’un côté, l’actuel président, Ibrahim Boubacar Keïta (dit « IBK »).

    
Ibrahim Boubacar Keita.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


De l’autre, Soumaïla Cissé (dit « Soumi »), chef de file de l’opposition.

    
Soumaïla Cissé.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


En 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), avait été plébiscité au second tour avec 77,6 % des voix face à Soumaïla Cissé. Cette année, le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) espère inverser la tendance.
Vingt-quatre candidats sont en lice pour ce scrutin, qui est pour, beaucoup d’entre eux, dont « IBK » et « Soumi », l’élection de la dernière chance. Dix étaient déjà sur la ligne de départ en 2013.
Preuve de l’effritement de la majorité présidentielle, selon l’opposition, sept anciens ministres d’Ibrahim Boubacar Keïta et un ancien ambassadeur figurent parmi les compétiteurs. Mais l’émergence d’un front anti-Ibrahim Boubacar Keïta en cas de second tour n’est pas garantie, tant l’opposition semble divisée.
Une campagne sous le signe de l’insécurité
Contrairement à 2013, où la campagne s’était déroulée « dans le calme, sans incidents », selon la mission d’observation de l’Union européenne, celle de 2018, entamée le 7 juillet, a été plus mouvementée.
Le 20 juillet, la coalition de groupes armés GATIA-MSA a rapporté « l’exécution sommaire de plus de vingt personnes » par des hommes armés aux environs de Menaka, dans le nord-est du pays. Deux jours plus tard, dans le Centre, un soldat était tué dans une embuscade tendue par des terroristes dans la forêt de Soumouni, selon le ministère de la défense. Une attaque au cours de laquelle onze djihadistes auraient été tués par l’armée.
Toujours dans le Centre, le 23 juillet, l’aéroport de Sévaré a été la cible de tirs d’obus lors d’une attaque djihadiste présumée, qui n’a pas fait de victimes. Le lendemain, une partie de la population de Tombouctou se révoltait contre les actes de banditisme dont elle serait victime, accusant les Arabes d’en être les auteurs.
Le même jour, au sud de Mopti, huit personnes ont été tuées dans l’explosion d’une mine. Des incidents qui, à la veille de l’élection, ont fait monter la tension.

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Abstention élevée attendue
C’est une habitude au Mali. Depuis l’avènement de la démocratie, en 1992, moins d’un Malien sur deux s’est déplacé lors des cinq scrutins présidentiels. La dernière élection, en 2013, avait cependant été particulièrement suivie, dans un contexte post-coup d’Etat qui avait ébranlé la République, quelques semaines après le déclenchement de la guerre dans le nord du pays. En 2013, le taux de participation était d’environ 49 % au premier tour, et de près de 46 % au second.
Mais cette année, l’insécurité pourrait faire grimper davantage l’abstention dans le Nord et dans le Centre. Pour sécuriser cette élection sous haute tension, 30 000 éléments des forces de défense et de sécurité seront déployés, selon le ministère de la sécurité.
Dans le Nord, les groupes armés signataires aideront les forces étatiques, mais dans le Centre, la sécurisation du scrutin sera à la seule charge de l’Etat.
La région de Mopti, qui représente près de 13 % de l’électorat, est la plus instable du pays. Entre 2016 et 2017, les incidents liés à la sécurité y ont été multipliés par trois, selon l’ONU. Une dégradation de la situation sécuritaire qui se confirme en 2018, avec au moins 43 civils tués entre avril et juin, dans le centre du pays.
Dans ces conditions, les électeurs prendront-ils le risque de se déplacer pour aller voter ?
Risques de fraude
Pas si sûr. Une partie de l’opposition craint que les zones insécurisées du Centre soient des foyers potentiels de fraude. Selon le ministère de l’administration territoriale, à la date du 25 juillet, 72,9 % des 8 millions de votants avaient retiré leur carte d’électeur.
Les taux de retraits, supérieurs à la moyenne dans les zones qui concentrent pourtant l’insécurité – savoir Mopti (74,7 %), Gao (86,5 %), Tombouctou (79,6 %) et Kidal (81,4 %) –, ont été jugés suspects par plusieurs observateurs et candidats.
Selon les données de la Direction générale des élections (DGE), ces quatre régions représentent près de 22 % de l’électorat total attendu aux urnes ce dimanche.
La polémique autour d’un fichier électoral parallèle
Les soupçons de fraude sont au centre de l’attention depuis la déclaration fracassante de l’URD, le 20 juillet. Le directoire de campagne de Soumaïla Cissé avait alors annoncé l’existence d’un supposé fichier électoral parallèle, mis en ligne sur le site de la DGE.
Différent du fichier électoral audité par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ce supposé fichier contiendrait notamment 275 761 doublons d’électeurs. Une « vaste tentative de fraude », selon l’URD.
La DGE, chargée de la gestion du fichier électoral, a reconnu une « erreur informatique », qui serait corrigée avant l’élection. « L’Agetic [Agence des technologies de l’information et de la communication] est en train d’apporter les corrections qu’il faut, a assuré Sidi Mohamed Diawara, conseiller spécial du premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga.
Selon lui, il y a un seul fichier électoral, et cette erreur informatique n’aura aucune incidence sur le scrutin et sur ses résultats : « La compilation des résultats sera faite sur la base des votes exprimés par les personnes qui figurent sur les listes des bureaux de vote. Ces listes ont été établies à partir du fichier audité par l’OIF. Tout ça n’influe donc en rien sur le vote de dimanche. »

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Après avoir reçu une quinzaine de mandataires des candidats à l’élection, le 26 juillet, le premier ministre a proposé une nouvelle rencontre, cette fois-ci avec les candidats, dont l’objet est d’entendre les propositions de l’opposition pour aller à l’élection de manière apaisée. Plusieurs d’entre eux s’y sont rendus le 28 juillet.
Résultats et recours
Selon la loi électorale, les résultats provisoires doivent être proclamés « dans les cinq jours qui suivent la date du scrutin », soit le 3 août, dernier délai. Un laps de temps que les candidats peuvent utiliser pour soulever d’éventuelles irrégularités auprès de la Cour constitutionnelle, chargée de proclamer les résultats définitifs.
Les candidats pourront également déposer un recours dans les quarante-huit heures suivant la proclamation des résultats provisoires. En 2013, onze plaintes avaient été déposées, toutes rejetées. Le second tour est prévu le 12 août.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Il avait déjà été interdit à la fin de juin d’exercer son ministère en raison d’accusations d’abus sexuels d’un adolescent il y a plusieurs décennies.
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Le pape accepte la démission du cardinal américain Theodore McCarrick, soupçonné d’abus sexuels

Il avait déjà été interdit à la fin de juin d’exercer son ministère en raison d’accusations d’abus sexuels d’un adolescent il y a plusieurs décennies.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 15h19
   





                        



   


Le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, déjà interdit d’exercer son ministère en raison d’accusations d’abus sexuels aux Etats-Unis, a annoncé samedi 28 juillet le Saint-Siège.
« Le Saint Père a reçu la lettre dans laquelle le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington présentait sa démission du collège des cardinaux », dit le communiqué.

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« Le pape François accepte cette démission du collège cardinalice et a ordonné sa suspension de tout ministère public, avec l’obligation de rester dans une maison, qui doit encore lui être indiquée, pour mener une vie de prière et de repentance jusqu’à ce que les accusations portées contre lui soient examinées dans le cadre d’un procès canonique normal », ajoute le texte.
Des accusations « crédibles et étayées »
Le cardinal McCarrick, un prêtre qui fut promu évêque et archevêque dans l’archidiocèse de New York avant de partir pour Washington, en 2001, est l’un des cardinaux américains les plus en vue à l’international.
Bien qu’officiellement retraité, il continuait de voyager, notamment pour défendre des questions de droits humains. Il avait été particulièrement en pointe pour soutenir les mesures prises contre les prêtres pédophiles aux Etats-Unis.
Dans un communiqué publié le 20 juin, le cardinal Timothy Dolan, de New York, avait expliqué que son diocèse avait reçu des allégations d’une personne, un adolescent à l’époque des faits, concernant des abus supposés du cardinal McCarrick il y a « presque quarante-cinq ans ».
Conformément à la charte sur la protection des enfants adoptée en 2002 par les évêques américains à la suite du scandale de pédophilie qui secoua le diocèse de Boston, « une agence indépendante » a mené une enquête, dont les résultats ont été transmis à une commission, qui a jugé les accusations « crédibles et étayées ».
Le Vatican, alerté, avait demandé au cardinal McCarrick de « ne plus exercer publiquement son ministère ». Theodore McCarrick, se disant « choqué » par ces accusations, avait accepté cette décision, « tout en maintenant son innocence ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Une douzaine de partis dénoncent des fraudes lors des élections générales remportées par la formation de l’ex-star du cricket.
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édition abonné


Pakistan : Imran Khan face à ses opposants et à ses promesses

Une douzaine de partis dénoncent des fraudes lors des élections générales remportées par la formation de l’ex-star du cricket.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h12
    |

            Louis Imbert (Islamabad, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le futur premier ministre du Pakistan devait avoir les coudées franches pour former son gouvernement, selon les résultats quasiment définitifs des élections générales, publiés vendredi 27 juillet, deux jours après le scrutin. Le PTI, la formation de l’ex-star du cricket, obtient 114 sièges sur les 342 que compte l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une majorité absolue, mais ce pieux populiste, au tempérament flamboyant, n’aura aucun mal à faire alliance avec des candidats indépendants et islamistes.
Le résultat est contesté : vendredi, une douzaine de partis réunis à Lahore ont dénoncé « un vol » du vote populaire, à l’issue d’un scrutin qu’ils jugent outrageusement manipulé. Ils exigent un nouveau vote et annoncent des manifestations de rue. Leurs élus ne siégeront pas à l’Assemblée.

Mais derrière cette unité de façade, l’opposition hésite. L’ex-parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), qui obtient 63 sièges, s’est jointe aux contestataires mais, par prudence, la formation a demandé à consulter ses élus. L’appareil du parti avait décidé la veille qu’ils siégeraient sans faire d’esclandre. Le Parti du peuple (PPP) de Bilawal Bhutto, qui a obtenu un succès honorable avec 43 sièges, a lui aussi dénoncé les résultats, sans toutefois se joindre aux frondeurs.
M. Khan avait promis dès jeudi, dans un discours de victoire au ton accommodant, des enquêtes sur ces accusations de fraude. Il doit apaiser un pays dont une partie est convaincue que son futur premier ministre a bénéficié, durant la campagne, des pressions exercées sur la presse et les candidats par l’armée, hostile à l’ex-premier ministre Nawaz Sharif.
L’institution judiciaire a elle aussi pesé de tout son poids sur l’élection en condamnant M. Sharif à dix ans de prison au début du mois de juillet. Des fraudes ont été dénoncées durant le décompte des votes. Chacun reconnaît cependant que le discours de M. Khan contre la « corruption »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le principal parti d’opposition et la presse libre ont été interdits pour garantir une nouvelle victoire électorale du premier ministre.
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Hun Sen verrouille son emprise sur le Cambodge

Le principal parti d’opposition et la presse libre ont été interdits pour garantir une nouvelle victoire électorale du premier ministre.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h03
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        



   


Après trente-trois ans au pouvoir, le premier ministre cambodgien, Hun Sen, semble indéboulonnable. Ce qui ne l’empêche pas de serrer la vis de ses concitoyens : à l’approche des élections législatives du dimanche 29 juillet, le maître du pays a en effet pris toutes les précautions pour assurer la victoire de sa formation, le Parti du peuple cambodgien.
Fin 2017, il a fait dissoudre, par le biais d’un jugement de la Cour suprême, le plus grand parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), sous prétexte qu’un de ses chefs, Kem Sokha, était en train de préparer un « complot » contre le gouvernement avec l’aide des Etats-Unis. M. Kem est en prison depuis septembre 2017 et risque une très lourde peine de prison. Le cofondateur du PSNC, le franco-cambodgien Sam Rainsy, a dû se résoudre à l’exil en France.

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La liberté d’expression en a aussi pris pour son grade : l’un des deux grands journaux, le Cambodia Daily, un quotidien bilingue, a dû fermer en 2017 ; l’autre, le Phnom Penh Post, d’expression anglaise, a été racheté par un homme d’affaires proche du pouvoir. Tous deux ont été accusés de ne pas s’être s’acquittés de taxes que le département des impôts leur avait soudainement demandées. Dans un pays où le sport national est l’évasion fiscale, les mauvais esprits y ont vu une tentative du pouvoir de museler toute voix discordante. Même si, par ailleurs, l’Etat s’est lancé dans une politique de contrôle fiscal pour augmenter ses recettes qui semble, aux dires de certains hommes d’affaires, n’épargner personne.
Fermeture de 32 radios
Si l’on ajoute à tout cela l’arrestation, en novembre, de deux journalistes locaux de Radio Free Asia (RFA) accusés d’« espionnage » et la fermeture en un an de trente-deux radios, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de la liberté d’expression dans le contexte bien particulier d’une démocratie cambodgienne en capilotade. « La guerre contre la presse indépendante laisse le champ libre à des médias de masse aux ordres du parti au pouvoir », dénonce l’ONG Reporters sans frontières dans un récent rapport.
Pour couronner le déploiement de tous ces efforts, le gouvernement cambodgien a annoncé, début juillet, qu’une série de mesures destinées à prémunir le royaume contre les « fake news » entreraient bientôt en application. Mesures qui font craindre aux critiques du régime qu’il s’agit là d’une nouvelle disposition représentative de la « verticale du pouvoir » cambodgien.
Dans un tel contexte, le résultat du scrutin ne fait guère de doute : personne ne peut plus se mesurer à la mécanique du parti en place. « L’espace politique pour tous ceux qui défendent les droits humains et la démocratie ne cesse de se restreindre », constate Soeung Saroen, directeur du Comité pour la coopération au Cambodge, une coalition d’ONG de la société civile.
Les thuriféraires du système ne sont pas d’accord : si on les écoute, les dix-neuf autres partis qui se présentent aux élections de dimanche démontrent bien une vitalité démocratique héritée des accords de Paris, signés en 1991 dans le but de lancer un Cambodge ruiné par la période des Khmers rouges (1975-1979) sur la voie des libertés politiques.
« Comment pouvez-vous dire que ces élections ne sont qu’une formalité ? », s’insurge Dim Sovanarom, porte-parole de la Commission électorale nationale. Selon cet ancien journaliste parfaitement francophone, les « élections sont organisées dans le cadre d’un système de multipartisme au sein duquel il n’y a pas de “grands” ou de “petits” partis : tous sont égaux devant la Constitution ». Quant à la dissolution du PSNC, le grand parti de l’opposition, « c’est une décision de justice, ne mélangez pas la cause et les conséquences », avertit M. Dim…
Certes. Mais sur les vingt partis en lice, guère plus de trois ou quatre peuvent être considérés comme de « vraies » formations d’opposition. Et le Grassroots Democratic Party, formation cofondée par le défunt ténor de la société civile Kem Ley, abattu dans des circonstances mystérieuses il y a deux ans, n’a pu réunir que 300 000 dollars de budget pour sa campagne électorale.
« Poigne de fer »
Quant aux autres partis, soit ils servent de faire valoir au gouvernement, soit ils sont dirigés par des personnages parfois un brin farfelus : le parti Dharmacracy, jeu de mots construit à partir du concept de « dharma », qui dans la religion bouddhiste majoritaire au Cambodge définit les enseignements du bouddha, est dirigé par une dame se targuant du fait que son entrée en politique lui a été dictée par un esprit…
« La plupart des partis sont des nouveau-nés, des lucioles qui vont s’éteindre bientôt », estime, en une métaphore typiquement khmère, Sokry Zharon, 23 ans, l’un des créateurs du forum de discussion public pour la jeunesse « politikoffee ». Un espace de liberté qui survit, hébergé dans un think-tank allemand. Mais Sokry Zharon refuse tout de même de dire, par prudence, pour qui il ira voter.
Le premier ministre Hun Sen s’est livré, vendredi, devant des dizaines de milliers de militants habillés de blanc et bleu, couleurs du parti, à une tirade publique dont il est coutumier. Se félicitant d’avoir « éliminé les traîtres qui voulaient renverser le gouvernement », le chef de gouvernement a justifié sa « poigne de fer », celle-ci permettant au Cambodge ne plus « être en état de guerre ».
Hun Sen compte sur deux piliers pour asseoir le socle de sa réputation et garantir la pérennité de son pouvoir : son statut d’ancien transfuge khmer rouge passé à temps du côté des Vietnamiens qui ont libéré le pays en 1979 et mis fin au cauchemar génocidaire ; et le fait qu’il a réussi à assurer depuis des années une certaine prospérité pour un pays désormais classé par la Banque mondiale sur la liste des nations aux « revenus intermédiaires dans la tranche inférieure ». Une évolution remarquable par rapport au passé de misère et de terreur.

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          Au Cambodge, les ouvrières convoquées aux urnes



Pour le milliardaire sino-khmer Sear Rithy, 49 ans, magnat de l’immobilier et de la logistique, une chose est ainsi certaine : « Hun Sen a réussi à réunifier le pays et assurer la stabilité politique qui est garante de la paix. » Le père de M. Sear était réparateur de bicyclettes, sa mère cuisinière. Il n’oubliera jamais le camp d’enfants où il vécut jusqu’à l’âge de huit ans. « Je me souviens de cette scène dans une rizière : une jeune fille violée par un soldat khmer rouge. Après il l’a égorgé et lui a planté une grenade dans le vagin. Je sais ce que guerre et paix veulent dire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’opposition craint fraudes et violences lors du vote par lequel Mnangagwa veut légitimer son pouvoir.
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Compte rendu

Après Mugabe, le Zimbabwe au défi des urnes

L’opposition craint fraudes et violences lors du vote par lequel Mnangagwa veut légitimer son pouvoir.

Jean-Philippe Rémy (Harare (Zimbabwe), envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-28T10:02:54+02:00"

        Le 28.07.2018 à 10h02






                        

Crédits : LUIS TATO / AFP


                    

A quel moment la joie s’est-elle enfuie ? Quand l’étincelle s’est-elle éteinte ? Alors que le Zimbabwe tout entier compte les heures qui le séparent, d’ici au 30 juillet, du premier scrutin depuis l’indépendance (1980), auquel ne participe pas Robert Mugabe – chassé du pouvoir à l’âge de 93 ans, il y a huit mois, par une coalition de militaires –, les électeurs mesurent à quel point l’esprit de jubilation qui régnait à la chute du seul dirigeant qu’avait connu le pays jusqu’alors s’est évanoui.
Emmerson Mnangagwa, l’homme qui a pris le pouvoir en novembre 2017 avec le soutien des généraux, avait présenté à l’époque le coup d’Etat en douceur comme une opération de « nettoyage » de la corruption, et déclarait dans la foulée le pays « ouvert au business », en rupture avec les postures idéologiques de l’ère Mugabe, suscitant un immense espoir de changement.
Il promettait à la fois de relâcher le contrôle des agences de sécurité sur la population (différentes administrations et services de renseignement, en plus de la police), mais aussi de relancer le pays à l’économie sinistrée. Avec plus de 90 % de taux de chômage, un manque cruel de devises alors que les dollars, à la suite de l’hyperinflation de 2008, ont remplacé la monnaie nationale, et des millions de talents ayant émigré pour tenter de vivre, les attentes étaient à la mesure de la catastrophe nationale. Et par un tour de magie, Robert Mugabe en devenait le seul instigateur.
« Ce pays est une salle d’attente »
Bien sûr, il s’agissait moins d’une illusion que du calcul de voir la chute du vieil homme ouvrir à nouveau le jeu politique et détendre le climat. Emmerson Mnangagwa, pur produit du système à l’origine de cette descente aux enfers, insistait : il allait donner, en cent jours, des preuves tangibles de sa capacité à hisser la nation d’ici à 2030 parmi les pays à revenu intermédiaire, en déclenchant un boom notamment de la production minière et agricole. Rien de...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.
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Etats-Unis - UE, un armistice commercial ambigu

Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 14h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Un répit et plus si affinités. Lorsque le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est envolé pour Washington afin de tenter de désamorcer l’escalade vers la guerre commerciale enclenchée par Donald Trump, il ne s’attendait sans doute pas à obtenir autant de l’impulsif président américain. Pour la première fois depuis le début de la crise, les Etats-Unis ont accepté, le 25 juillet, de modérer le ton et de troquer les ultimatums contre des discussions en bonne et due forme. Si cette accalmie est bienvenue, ses modalités restent encore très floues. L’Europe doit rester prudente face à ce qui s’apparente plus à un compromis tactique de la part de M. Trump qu’à un changement radical de stratégie.
L’Europe a accepté d’ouvrir des discussions en vue d’éliminer les barrières commerciales transatlantiques, s’est engagée à acheter plus de soja et de gaz naturel américains, et, en contrepartie, a obtenu l’assurance que Washington reverrait sa position sur les taxes ­concernant l’acier et l’aluminium, et renoncerait, dans un premier temps, à frapper le secteur automobile. Les éléments de cette négociation ont de quoi laisser dubitatif.

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D’abord, contrairement à la ligne adoptée jusque-là, l’UE donne le sentiment d’accepter de discuter « avec un pistolet sur la tempe ». En ramenant les Européens à la table des négociations sans avoir accepté comme préalable de retirer les taxes sur l’acier et l’aluminium décidées fin juin en toute illégalité, M. Trump marque un point. La France a pris ses distances avec cette approche, qui risque d’entraîner l’UE sur le terrain du président américain sans avoir rien obtenu de concret.
Par ailleurs, les termes de cette négociation se heurtent aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les accords préférentiels. Ce serait un nouveau coup de canif donné au multilatéralisme, que M. Trump voue aux gémonies. Enfin, annoncer des négociations avec le seul pays qui a quitté l’accord de Paris sur le climat ne fait qu’affaiblir un peu plus cet accord.
Calculs de court terme
Les promesses de l’UE paraissent difficilement tenables. Le gaz américain coûte deux fois plus cher que le gaz russe, et il faudrait que les Européens se dotent de coûteuses infrastructures pour pouvoir changer leurs sources d’approvisionnement. Quant au soja, c’est un sujet qui dépend des marchés agricoles mondiaux, pas d’un accord politique. Les Européens en achèteront aux Américains s’il est compétitif et en fonction de leurs besoins, pas pour faire plaisir aux agriculteurs du Midwest.
La déclaration d’intention signée à Washington semble répondre à des calculs de court terme. La politique commerciale de M. Trump commence à provoquer la grogne des agriculteurs, de certains industriels et d’élus du Parti républicain. Le président avait besoin de faire retomber la pression. D’autre part, ce rapprochement avec l’UE peut être vu comme un moyen d’isoler la Chine, qui reste son principal sujet de préoccupation.
De son côté, M. Juncker obtient un sursis sur l’automobile, à la grande satisfaction de l’Allemagne. C’est un deuxième point pour M. Trump, qui parvient à entretenir les divisions au sein de l’UE. Celle-ci n’est pas à l’abri d’un nouveau revirement américain. Gagner du temps comme elle vient de le faire n’est qu’un pis-aller. Les Européens doivent poursuivre leur objectif de long terme : réinventer un multilatéralisme renforcé mais plus équitable, dans le cadre de l’OMC, avec ou sans les Etats-Unis.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Depuis l’arrivée au pouvoir de l’ex-opposant Nikol Pachinian, la liste des personnes soupçonnées de malversations s’allonge, jusque dans l’entourage de l’ancien président.
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La lutte contre la corruption ébranle la politique arménienne

Depuis l’arrivée au pouvoir de l’ex-opposant Nikol Pachinian, la liste des personnes soupçonnées de malversations s’allonge, jusque dans l’entourage de l’ancien président.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h56
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Moins de trois mois après avoir été porté au poste de premier ministre, le 8 mai, par un mouvement inédit de protestations dans la rue, Nikol Pachinian s’est vanté d’avoir déjà récupéré l’équivalent de 36 millions d’euros. L’ex-opposant âgé de 43 ans, qui avait promis de s’attaquer à la corruption, véritable fléau en Arménie, est passé aux actes : l’ancienne petite république soviétique du Caucase vit depuis plusieurs semaines au rythme des scandales qui touchent tous les secteurs, l’administration, l’armée ou les douanes, et des interpellations qui se multiplient jusque dans l’entourage proche de l’ancien président, Serge Sarkissian.
Son prédécesseur, l’ancien président Robert Kotcharian (1998-2008) fait lui-même face à la lourde accusation d’avoir « renversé l’ordre constitutionnel arménien ». Actuellement libre, il risque jusqu’à quinze ans de prison s’il est reconnu coupable de fraude électorale en ayant fait basculer en février 2008 le vote en faveur de son allié de l’époque, Serge Sarkissian. Des affrontements avaient alors éclaté au cours desquels huit manifestants et deux agents de police avaient été tués. « C’est une accusation absolument fabriquée, s’est défendu M. Kotcharian, jeudi 26 juillet, sur la chaîne de télévision Yerkir Media TV. Il s’agit clairement d’une persécution politique, une vendetta de la “révolution de velours”. »

Arrêté pour avoir organisé ces manifestations, Nikol Pachinian avait été condamné à sept ans de prison, puis libéré dans le cadre d’une amnistie en 2011. Sept ans plus tard, au printemps dernier, l’ex-opposant s’était imposé à la faveur d’un vaste mouvement pacifique de protestations qu’il avait lui-même baptisé « révolution de velours ».
Le premier coup de massue est tombé très tôt, dès la mi-juin, avec la perquisition menée sous l’œil des caméras au domicile du général à la retraite Manvel Grigorian, ex-député du Parti républicain au pouvoir depuis 1990,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le bilan humain des feux qui ont ravagé la côte d’Athènes s’est alourdi samedi à 88 morts, parmi lesquels trois enfants. L’identification des victimes prendra quelques jours.
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La Grèce en deuil, les premières victimes des incendies commencent à être identifiées

Le bilan humain des feux qui ont ravagé la côte d’Athènes s’est alourdi samedi à 88 morts, parmi lesquels trois enfants. L’identification des victimes prendra quelques jours.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 14h06
   





                        


Le deuil de la Grèce sera long après l’incendie le plus meurtrier que le pays ait jamais connu. Le bilan humain des feux qui ont ravagé la côte d’Athènes, lundi 23 juillet, s’est alourdi samedi à quatre-vingt-huit morts, parmi lesquels trois enfants, deux jumelles et un garçon, qui figurent parmi les premières victimes identifiées.
Une autre victime, une quadragénaire, est morte à l’hôpital où elle était soignée, et où une dizaine de personnes restent dans un état grave, selon le ministère de la santé.
Un détective embauché par la famille de Sophia et de Vassiliki, des jumelles de 9 ans, qui étaient en route vers la plage avec leurs grands-parents quand le feu s’est abattu sur la localité balnéaire de Mati, a annoncé aux médias dans la nuit que les fillettes avaient été identifiées parmi les morts.
Leur sort a ému la Grèce, leur père ayant d’abord cru les reconnaître sur des photos de rescapés, avant d’être détrompé. Depuis, leurs visages tournaient en boucle dans les médias.
Elles ont été retrouvées enlacées avec leurs deux grands-parents sur un terrain où vingt-six corps calcinés ont été découverts mardi matin. Situé au bord d’une falaise, l’endroit s’est refermé comme un piège sur ces victimes qui tentaient de gagner la mer, à quelques mètres.

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          Grèce : à Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »



La difficile identification des victimes
Une mère de famille a également perdu son fils de 11 ans, sa fille de 13 et son époux, de 54 ans, autres visages tragiques du sinistre. Elle a fait part de leur identification aux médias vendredi soir.
Selon la presse, un nourrisson de 6 mois est mort de problèmes respiratoires à l’hôpital en début de semaine, après avoir passé plusieurs heures sous un nuage de fumée et de cendres dans l’eau, dans les bras de sa mère, toujours hospitalisée samedi.
Quatre touristes étrangers ont été recensés parmi les vingt-cinq personnes qui, selon les services légistes, avaient été identifiées samedi : un jeune marié irlandais en voyage de noces ; une mère et son fils polonais ; et un Belge dont la fille adolescente a été sauvée.
La confusion régnait toujours quant au nombre exact de disparus, dans l’attente de la fin des identifications mais aussi faute de recensement précis des rescapés finalement retrouvés.

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L’inventaire des dégâts matériels se poursuivait par ailleurs. Selon le ministère des infrastructures, 3 366 constructions avaient été expertisées samedi, dont un millier d’entre elles classées comme inhabitables et 800 très endommagées.
Le gouvernement assume tout en se dédouanant
Alors que la polémique enflait, vendredi, le gouvernement a tenté de se dédouaner en évoquant une piste criminelle et en mettant en cause des décennies d’urbanisme anarchique.
Invisible depuis trois jours, le premier ministre, Alexis Tsipras, a finalement convoqué un conseil des ministres en fin d’après-midi. A sa sortie, il a notamment déclaré assumer « la responsabilité politique de la tragédie ». Sans toutefois rien concéder sur l’organisation des secours, dénoncée par l’opposition.
Le ministre adjoint à la protection du citoyen, Nikos Toskas, a réaffirmé samedi sur la télévision publique qu’il n’y avait « pas eu d’erreurs stratégiques ». « La meilleure planification au monde n’aurait pas pu » parer au sinistre, a-t-il dit, alors que le gouvernement a mis en cause la violence des vents et l’urbanisme anarchique.

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Un des nombreux bénévoles accourus sur les lieux depuis mardi pour soutenir les rescapés témoignait samedi matin devoir souvent « gérer la colère des habitants ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.
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« La paix est mise à rude épreuve aux Comores sous nos yeux impuissants »

L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 08h46
    |

Omar Mirali (Professeur d'histoire à Aulnay-sous-Bois)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un communiqué du 25 juillet, le ministère français des affaires étrangères recommande à ses ressortissants de faire preuve d’une vigilance accrue dans les jours qui précèdent et suivent le référendum du 30 juillet. Ce communiqué précise par ailleurs que ce scrutin est susceptible d’engendrer une dégradation des conditions de sécurité publique.
En février dernier, la société civile, par l’intermédiaire de M. Ahmed Ali Bazi, à la tête de l’UCCIA (Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des Comores), avait sollicité le président Azali Assoumani pour la tenue d’assises nationales inclusives pour faire le bilan des quarante-trois années d’indépendance des Comores. Des recommandations ont été soumises au président Azali et c’est sur la base de ces recommandations que celui-ci a décidé de convoquer le référendum constitutionnel du 30 juillet.

Seulement, la tenue de ce référendum pose problème pour au moins deux raisons. D’abord, parce que les assises nationales desquelles découle ce projet de référendum étaient exclusives malgré ce que la société civile avait proposé, l’opposition en étant écartée tout comme la diaspora qui ne comptait aucun représentant. Deuxièmement, ce référendum a été convoqué en dehors de tout juge électoral.
Un article sans ambiguïté
A quatre jours du référendum, les Comores ne disposent plus de juge électoral. En effet, le président Azali a suspendu la Cour constitutionnelle en transférant ses compétences à la Cour suprême dont les juges sont nommés exclusivement par décret présidentiel. Une façon pour le président d’avoir le contrôle du scrutin ?
Pour toucher à ces dispositions constitutionnelles, le président n’a pas eu recours à un référendum et n’en a même pas informé le peuple. Il a juste signé une décision présidentielle – ce n’est même pas un décret – disant que les compétences de la Cour constitutionnelle ont été transférées, provisoirement, à la Cour suprême...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Vendredi soir, la Lune totalement éclipsée et l’éclatante planète Mars ont été visibles côte à côte à l’œil nu, un spectacle rare.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’ancien avocat du candidat républicain l’avait enregistré à son insu. Aujourd’hui, ce qu’il sait pourrait se retourner contre Donald Trump.
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Michael Cohen, l’avocat lâché, se venge de Donald Trump

L’ancien avocat du candidat républicain l’avait enregistré à son insu. Aujourd’hui, ce qu’il sait pourrait se retourner contre Donald Trump.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 00h38
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 00h43
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Michael Cohen avait dit par le passé être prêt « à prendre une balle » pour Donald Trump. L’ancien avocat de celui qui n’était pas encore président des Etats-Unis a fait savoir qu’il ne voulait plus « jouer les punching-ball ». Ainsi, Michael Cohen, qui a arrangé les différents « coups » du président, notamment en achetant le silence des femmes avec lesquelles il aurait eu des liaisons, balance.
Ainsi, les médias ont diffusé cette semaine des enregistrements de conversations entre MM. Trump et Cohen ayant eu lieu deux mois avant l’élection de 2016. Il y est question d’acheter le silence de Karen McDougal, playmate de l’année 1998 du magazine Playboy, qui voulait vendre ses mémoires sur sa relation « romantique de dix mois en 2006 et 2007 » avec Donald Trump.

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                Donald Trump enregistré à son insu par son ancien avocat



Elle a aussi accusé M. Trump d’avoir voulu lu donner de l’argent après leur première relation sexuelle. Mercredi 25 juillet, le président a réagi furieux : « quel genre d’avocat enregistrerait son client. C’est si déplorable ! ». M. Cohen avait semble-t-il l’habitude d’enregistrer ses conversations plutôt que de prendre des notes.
Le spectre de l’ingérence russe
Surtout, M. Cohen a tenté de mouiller M. Trump dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Celui-ci cherche à savoir s’il y a eu collusion entre les équipes de campagne de Trump et les Russes pour dénigrer la candidate démocrate Hillary Clinton.
Une réunion intéresse particulièrement les enquêteurs, celle de Donald Trump Junior, fils du président, et de son gendre Jared Kushner le 9 juin 2016 à New York à la Trump Tower. Trump junior avait été appâté par un intermédiaire pour rencontrer une avocate russe, Natalia Veselnitskaya ayant prétenduement des informations contre Mme Clinton. Les équipes Trump se sont par la suite défaussées, assurant que cette rencontre n’avait rien donné et que l’avocate n’était pas du gouvernement russe, mais la révélation de son existence à l’été 2017 avait provoqué la sidération à Washington, contraignant Trump junior à être interrogé devant le congrès.
La nouveauté est que Michael Cohen accuse Donald Trump d’avoir été au courant en amont de la proposition. Il affirme même qu’il était avec le candidat à la présidentielle quand il a donné son feu vert à la rencontre.
Un revirement plus affectif que stratégique
« Je ne savais RIEN de la rencontre avec mon fils Don Jr », a riposté le président vendredi sur Twitter, accusant son ancien avocat « d’inventer des histoires ». L’ancien maire de New York et avocat du président, Rudolf Giuliani est monté au front sur les plateaux de télévision, reprochant à Cohen de « mentir depuis des années ».
Selon la presse américaine, M. Cohen n’aurait pas de preuve pour étayer ses propos mais serait prêt à répéter ses accusations devant le procureur Mueller.
Le changement de tactique de l’ancien avocat serait affectif plus que stratégique. Il n’aurait pas supporté de se sentir « lâché » par M. Trump dans la foulée de la descente du FBI dans ses bureaux en avril pour fraude bancaire et manquement aux règles de financements des campagnes électorales. Donald Trump, lui, ne cesse de dénoncer une « chasse au sorcières ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Un enfant de 12 ans est mort vendredi d’une balle dans la tête et un adolescent a succombé à ses blessures samedi. Un homme de 43 ans a aussi été tué.
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Gaza : deux jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne lors de manifestations

Un enfant de 12 ans est mort vendredi d’une balle dans la tête et un adolescent a succombé à ses blessures samedi. Un homme de 43 ans a aussi été tué.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 21h07
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 11h17
   





                        



   


Un Palestinien de 12 ans a été tué d’un tir dans la tête par un soldat israélien, vendredi 27 juillet, lors d’une manifestation, qui s’est soldée par des affrontements à la frontière entre la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas, et Israël, selon le ministère de la santé gazaoui. Samedi matin, un autre adolescent a succombé à ses blessures, également infligées par des tirs de soldats israéliens.
Cela porte à trois le nombre de Palestiniens tués lors de ces manifestations, un homme de 43 ans étant mort lui aussi d’une balle dans la tête tirée par un militaire israélien, selon le ministère gazaoui.
L’armée israélienne ne s’est pas exprimée à ce sujet. Selon elle, sept mille « émeutiers » palestiniens ont lancé des pierres et des pneus enflammés vers ses soldats postés à la barrière. Les troupes ont, dit-elle, répondu « avec des moyens antiémeutes et ont tiré selon les règles d’engagement ».

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                Un colon israélien tué dans une attaque au couteau en Cisjordanie



La menace persistante d’une nouvelle guerre
Cet affrontement est survenu sur fond de violences récurrentes entre Tsahal et des groupes palestiniens de la bande de Gaza. Jeudi, la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a promis de venger la mort de trois de ses membres, tués la veille dans des raids israéliens en représailles à des tirs de roquette de la bande de Gaza, qui ont blessé un soldat israélien. Vendredi, le Hamas a qualifié l’attaque au couteau dans la colonie d’Adam d’« opération courageuse résultant des crimes quotidiens de l’occupation israélienne ».
Samedi dernier, le Hamas a annoncé un cessez-le-feu au lendemain d’une escalade de violences ayant coûté la vie à quatre Palestiniens et à un soldat israélien, le premier tué dans le secteur depuis la guerre de Gaza en 2014.

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                A Gaza, le risque d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hamas



Mardi, Israël a rouvert partiellement le terminal de Kerem Shalom, par où transitent les marchandises destinées à la bande de Gaza, qu’il avait fermé le 9 juillet en rétorsion aux incendies provoqués dans le sud d’Israël par des cerfs-volants et des ballons lancés de Gaza.
Au moins 157 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 30 mars, début de manifestations contre le blocus israélien qui dure depuis plus de dix ans et pour réclamer le droit au retour des Palestiniens qui fuirent ou furent chassés de leurs terres à la création d’Israël, en 1948.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Mardi 24 juillet, l’élu républicain Jason Spencer a démissionné après avoir été piégé par la nouvelle émission polémique de l’humoriste britannique Sacha Baron Cohen.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le chiffre de la croissance au deuxième trimestre est politiquement décisif. Les estimations pour le troisième ne seront publiées qu’à la fin d’octobre, juste avant les élections de mi-mandat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/07/2018
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Donald Trump triomphe avec une croissance trimestrielle du PIB de 4,1 %

Le chiffre de la croissance au deuxième trimestre est politiquement décisif. Les estimations pour le troisième ne seront publiées qu’à la fin d’octobre, juste avant les élections de mi-mandat.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 18h41
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 09h29
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Donald Trump a immédiatement convoqué un point presse sur les pelouses de la Maison Blanche, vendredi 27 juillet, quand les chiffres ont été connus.
Ceux-ci sont, il est vrai, excellents. La croissance américaine a atteint au deuxième trimestre 4,1 % (contre + 2,2 % au premier trimestre). Même s’il peut être révisé, c’est le chiffre le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2014. Sur un an, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé de 2,8 %.
Le président Trump a estimé que ces chiffres étaient « très durables » et qu’il ne s’agissait pas d’une « performance isolée » : « Si la croissance continue sur ce rythme, la taille de l’économie américaine doublera dans un délai plus court de dix ans que sous les présidents Obama et Bush » – la croissance sous leur présidence était de 1,9 % et 1,8 %. Celle du président Trump est pour l’instant de 2,7 %.
Avant même que les chiffres soient publiés, M. Trump avait rompu avec la tradition, vendant à moitié la mèche : « Ce sont des chiffres incroyables. Si je les avais utilisés pendant la campagne, les vendeurs de fake news auraient dit “il exagère”. » Il a attribué cette croissance à sa réforme fiscale, à sa politique de déréglementation et… à sa politique commerciale.

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                Les principales mesures de la réforme fiscale américaine pour les entreprises



Exportations de soja, consommation et réforme fiscale
Un point de croissance est en effet attribuable à la guerre commerciale. Mais pas pour les raisons expliquées par M. Trump : les exportations ont bondi de près de 10 % en raison de l’envol exceptionnel des ventes de soja. Explication, les acheteurs se sont empressés d’en acquérir avant que n’entrent en vigueur les droits de douane de 25 % imposés en rétorsion par les Chinois à partir du mois de juillet. Par définition, cette performance commerciale n’est pas durable. Ce point de croissance a été compensé par un déstockage des entreprises, qui a fait baisser de 1 point la hausse du PIB.
La croissance a aussi été tirée par la consommation, qui a crû au rythme de 4 %, son niveau le plus élevé depuis la fin de 2014. Celle-ci est alimentée par le plein-emploi, alors que le chômage se situait à 4 % de la population active au mois de juin. Mais aussi par la réforme fiscale de M. Trump. Celle-ci entraîne une baisse des impôts payés par les Américains, qui ont réduit leur taux d’épargne de 7,2 % à 6,8 %.
Les entreprises, grandes gagnantes de la réforme fiscale – et qui ont dû dans la foulée rapatrier leurs profits situés à l’étranger (300 milliards de dollars au premier semestre, soit 257 milliards d’euros) – continuent d’investir à un rythme de 7,3 %. Ce chiffre, même s’il est en retrait sur les 11,5 % du premier trimestre, reste très bon.
Dépenses publiques et investissement immobilier
Enfin, les dépenses publiques ont cru de 2,1 %, tandis que les dépenses fédérales progressaient de 3,5 %, alors que le déficit budgétaire devrait augmenter de 1 000 milliards de dollars d’ici à dix ans si rien n’est corrigé, selon la commission des finances du Congrès. Au premier semestre, le déficit a atteint 382 milliards de dollars, soit environ 3,8 % du PIB. Ce chiffre est considérable pour une économie en plein boom.
Deuxième ombre au tableau : l’investissement immobilier, qui a reculé de 1,1 %, peut-être en raison de la hausse des taux d’intérêt, de la suppression d’avantage fiscaux et de la faiblesse du stock de logement.
Depuis la reprise de 2009, la croissance n’a été en moyenne que de 2,2 %, bien plus faible que celle de 2,9 % sur la période 2001-2007 et les 3,6 % enregistrés de 1991 à 2001 pendant les années Clinton.
Ces chiffres devraient conforter la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) dans sa volonté d’augmenter les taux d’intérêt à deux reprises d’ici à la fin de l’année. Rien ne devrait toutefois être décidé lors de sa réunion de la semaine prochaine, mais les taux pourraient être fixés entre 2 % et 2,25 % dès le mois de septembre.

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                Confiante dans l’économie américaine, la Réserve fédérale relève ses taux



Le chiffre de la croissance au deuxième trimestre est politiquement décisif. Les estimations pour le troisième ne seront publiées qu’à la fin octobre, juste avant les élections de mi-mandat, mais trop tard pour influencer fortement les électeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les Comoriens sont appelés lundi à se prononcer sur la modification du système de présidence tournante. Le texte prévoit aussi la suppression de la Cour constitutionnelle et des postes de vice-présidents.
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Décryptage

Aux Comores, le référendum constitutionnel de tous les dangers

Les Comoriens sont appelés lundi à se prononcer sur la modification du système de présidence tournante. Le texte prévoit aussi la suppression de la Cour constitutionnelle et des postes de vice-présidents.

Par                Faïza Soulé Youssouf (Moroni, Grande-Comore)



LE MONDE
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        Le 27.07.2018 à 18h17

     •
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        Mis à jour le 28.07.2018 à 16h27






    
Manifestation de l’opposition comorienne contre le référendum, le 13 juillet 2018 à Moroni.
Crédits : YOUSSOUF IBRAHIM/AFP


C’est dans un climat plus que tendu que les Comoriens sont appelés à répondre par « oui » ou par « non » à un projet de révision constitutionnelle lundi 30 juillet. Au soir du samedi 21 juillet, Moustadrane Abdou, l’un des trois vice-présidents des Comores a échappé de peu « à une tentative d’assassinat par fusillade » alors qu’il se rendait chez lui à Anjouan.
Si le « oui » l’emporte, des élections anticipées devront avoir lieu en 2019 plutôt qu’en 2021. La réforme voulue par l’actuel président Azali Assoumani modifierait profondément le système de présidence tournante en vigueur depuis 2001, et lui permettrait de se présenter à sa propre succession. Ce que lui interdit la Constitution actuelle qui régit la vie politique des trois îles formant l’Union des Comores : Grande-Comore, Mohéli et Anjouan.
C’est pour en finir avec un long passé de coups d’Etat, d’assassinats ou d’exil de présidents et de crises séparatistes que l’Union des Comores a institué la présidence tournante à mandat unique, à la faveur des accords de Fomboni en 2001. Des accords qui avaient permis le retour à une relative stabilité politique avec trois alternances pacifiques.

        Lire notre enquête
         

          Comores et Mayotte, si loin, si proches



Les dispositions de ce projet de révision vont plus loin qu’un toilettage de la Constitution. En voulant supprimer la Cour constitutionnelle et les postes de vice-présidents issus des trois îles, « on modifie la nature du régime », explique le doctorant en droit constitutionnel Mohamed Rafsandjani. Le texte fondamental en vigueur stipule que tous les cinq ans, des primaires sont organisées dans l’île à laquelle échoit la présidence et que seuls les habitants de cette île sont autorisés à voter. Trois candidats sont alors retenus pour les élections générales auxquelles sont convoqués tous les Comoriens. Ainsi en 2021, Azali, issu de Grande-Comore, doit quitter ses fonctions au profit d’une personnalité issue de l’île d’Anjouan pour un nouveau mandat de cinq ans. Mais si le projet de révision constitutionnelle est accepté par les Comoriens, les élections primaires seront remplacées par « un scrutin universel direct majoritaire à deux tours ».
« L’islam est la religion d’Etat »
L’autre grande nouveauté de ce projet est le caractère renouvelable du mandat. « La nouvelle Constitution introduit une subtilité : ce ne sera pas à proprement parler le mandat qui sera renouvelable mais plutôt le tour de l’île qui pourra jouir de la présidence tournante durant deux mandats consécutifs », poursuit Mohamed Rafsandjani. Et permettre ainsi au président Azali de solliciter les suffrages pour dix ans de plus.
Mais le texte va encore plus loin. Le préambule du projet de Constitution dispose que « le peuple comorien affirme solennellement sa volonté de cultiver une identité nationale basée (…) sur une seule religion, l’islam sunnite ». L’article 97 est plus explicite : « L’islam est la religion d’Etat. L’Etat puise dans cette religion, les principes et les règles d’obédience sunnite et de rite chafiite qui régissent le culte et la vie sociale. » L’Union des Comores, petit archipel de l’océan Indien, compte 99 % de musulmans, principalement sunnites. « Avec ce texte référendaire, l’islam sunnite devient un élément de l’identité nationale, analyse Mohamed Rafsandjani, passant d’une religion d’Etat à une religion de la nation avec le risque qu’il soit utilisé pour exclure de la communauté nationale les minorités d’autres obédiences. »

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                Aux Comores, un haut responsable de l’opposition condamné à la prison avec sursis



Les chiites sont une minorité continuellement visée par le président de la République, qui n’a pas hésité à déclarer le 17 juillet qu’il voudrait les voir « tous expulsés ». Certains observateurs voient dans ces attaques un moyen d’atteindre l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi, membre de la coalition au pouvoir et devenu un opposant du chef de l’Etat en 2017. Considéré comme proche de l’Iran chiite alors que les Comores entretiennent d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, renforcées après la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar en 2017, Ahmed Sambi est assigné à résidence depuis mai « pour troubles à l’ordre public ».
« Ce projet est dangereux »
L’opposition ainsi qu’une grande partie de la société civile sont vent debout contre cette réforme constitutionnelle. D’autant plus que le 12 avril, le président Azali avait déjà fait transférer les compétences de la Cour constitutionnelle, qui fait office de juge électoral, à la Cour suprême, dont les magistrats sont nommés par le chef de l’Etat « sur avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature ». Un moyen de « s’assurer de garder la main sur le processus électoral », dénonce l’opposition, qui a manifesté plusieurs fois ces dernières semaines dans les rues de la capitale, Moroni.
Les gouverneurs de Grande-Comore et d’Anjouan et un vice-président ont publiquement rejeté la révision. Le premier magistrat de l’île d’Anjouan, Abdou Salami, de Juwa, le principal parti d’opposition, espère « encore ramener le Colonel Azali à la raison » : « Nous combattrons son entêtement jusqu’à ce qu’il cède la place à un Anjouanais dans trois ans, la stabilité et la paix dans le pays en dépendent, a-t-il déclaré au Monde Afrique. Ce projet est dangereux et fait craindre le pire. »

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L’Union de l’opposition exige avant toute chose le rétablissement de la Cour constitutionnelle et s’est engagée dans les deux dernières semaines de campagne référendaire dans des meetings sur les trois îles pour convaincre les Comoriens de la nécessité de bouder le vote. Abdou Salami explique que « le boycott n’est pas un simple choix, mais une obligation patriotique ». Et répète à l’envi que « le scrutin du 30 juillet n’aura pas lieu », sans que personne ne sache comment l’Union de l’opposition pourra l’empêcher. Une stratégie qui ouvre un boulevard au président Azali. « Nous avons jugé utile de faire connaître aux Comoriens la dangerosité de ce projet et d’alerter la communauté internationale », justifie Youssouf Boina, secrétaire général de l’Union pour le développement des Comores, membre de l’Union.
L’Union africaine (UA), dans un communiqué du 21 juillet, a rappelé « l’environnement paisible dont jouissent les Comoriens à la suite de l’adoption des accords de Fomboni de 2001. La conférence exhorte les parties prenantes à engager le dialogue sans délai et à mener une consultation inclusive sur les réformes constitutionnelles. »


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Décryptage

A Johannesburg, les BRICS se cherchent un nouveau souffle

Face à la nouvelle donne protectionniste américaine, les dirigeants chinois, russe, brésilien, indien et sud-africain tentent de faire bloc.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-07-27T18:07:50+02:00"

        Le 27.07.2018 à 18h07






    
Les présidents indien, chinois, sud-africain, russe et brésilien au 10e sommet des BRICS, à Johannesburg, le 26 juillet 2018.
Crédits : MIKE HUTCHINGS/AFP


L’ordre international a bien changé depuis la formation, en 2009, des BRICS, le club des puissances émergentes destiné à faire contrepoids à l’Occident, qui rassemblait le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, auquel s’est adjoint l’Afrique du Sud en 2011. La Chine, devenue première puissance économique mondiale, a repris le flambeau du libre-échange. L’alliance transatlantique est plus que jamais fragilisée par les Etats-Unis de Donald Trump, en plein repli économique isolationniste. L’Union européenne s’est perdue dans les limbes du Brexit et la montée des populismes. Et pendant ce temps, les cinq, qui représente 40 % de la population mondiale, poursuivent leur rattrapage économique, passant de 11 % du PIB mondial en 2001, à 23 % en 2017, non sans quelques turbulences.

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Au long de cette décennie, les BRICS ont peiné à concrétiser leur alliance, qui fédère des économies bien disparates, de la superpuissance chinoise au « nain » sud-africain en passant par l’Inde, volontiers rivale de Pékin. Mais, à l’occasion de leur 10e sommet annuel, qui se termine ce vendredi 27 juillet à Johannesburg, la nouvelle donne américaine et son protectionnisme a permis aux BRICS de faire à nouveau bloc, s’érigeant en hérauts du multilatéralisme.
Bilan plutôt mince
La Chine de Xi Jinping a tiré les premières flèches à l’ouverture du sommet : « Personne ne sortira vainqueur d’une guerre commerciale », a averti le dirigeant chinois, fustigeant « les coups que portent l’unilatéralisme et le protectionnisme au commerce multilatéral ». Plus modérée, la déclaration finale, adoptée jeudi par Xi Jinping, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Russe Vladimir Poutine, l’Indien Narendra Modi et le Brésilien Michel Temer, souligne « leur inquiétude concernant les effets des mesures de politique macroéconomique prises dans certaines grandes économies avancées ». Des mesures qui « peuvent causer une volatilité économique et financière dans les économies émergentes et avoir un impact sur leur perspective de croissance », peut-on y lire.

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Une fois encore, les dirigeants ont plaidé pour un renforcement de leur coopération économique. « En 2017, le commerce entre les BRICS a augmenté de 30 % et nous comptons développer encore plus ce partenariat », a estimé Vladimir Poutine. « Un partenariat stratégique destiné à faire de la prochaine décennie une autre décennie dorée », a renchéri Xi Jinping, qui achevait à Johannesburg une minitournée africaine destinée à consolider l’ascension de la Chine sur le continent.
Face à ces vœux pieux, le bilan du sommet semble néanmoins plutôt mince. Deux accords dans les domaines de l’environnement et de l’aviation ont été signés. Evoqués lors des précédents sommets, des projets de traités de libre-échange, d’élargissement du club à de nouveaux membres ou de création d’une agence de notation des BRICS, n’ont pas été discutés.
« En résumé, le résultat n’est ni très excitant, ni de trop décevant, estime l’analyste et commentateur sud-africain Peter Fabricius. La déclaration finale est très longue, de plus en plus de sujets sont couverts, avec le risque de diluer leurs objectifs initiaux. »

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Une avancée notable concerne la Nouvelle Banque de développement (NBD), « qui est peut-être la matérialisation la plus concrète du partenariat des BRICS », d’après le président sud-africain. Créée en 2015 pour devenir la « banque mondiale des émergents », celle-ci aura timidement octroyé 7,5 milliards de prêts fin 2018. Ce montant devrait doubler en 2019, d’après son directeur. Une branche régionale a été ouverte à Johannesburg, et une autre doit voir le jour l’année prochaine à Sao Paolo, au Brésil, avec pour objectif de s’adresser à d’autres pays en développement.
14 milliards de dollars d’investissement
« Les BRICS sont toujours aussi pertinents, voire plus, veut croire le ministre sud-africain des finances, Nhlanhla Nene. Parce que désormais ce sont nos propres ressources que nous mettons en commun et que nous investissons dans le développement de nos pays. »
Au-delà d’un symbolisme parfois maladroit – les cinq présidents, qui arboraient tous le même pin’s « BRICS », ont déposé leurs empreintes de main dans des plaques en béton pour rendre hommage à Nelson Mandela –, les discutions bilatérales ont vite repris le dessus. Jeudi après-midi, le programme multilatéral concocté par l’hôte sud-africain pour aborder le thème du sommet, « Croissance inclusive et une prospérité partagée », a dû être écourté « pour des raisons logistiques ». Les dirigeants se sont donc séparés pour poursuivre en tête-à-tête.

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L’annonce la plus significative, faite la veille du sommet, consiste en 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros) d’investissements promis par Pékin à l’Afrique du Sud. De quoi renforcer l’idée, pour leurs détracteurs, que les BRICS ne sont autre qu’un véhicule de l’influence chinoise destiné à asseoir la domination de Pékin sur le nouvel ordre mondial.

