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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le président français a animé vendredi sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.
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A Lisbonne, Emmanuel Macron expose sa vision d’une Europe à trois vitesses

Le président français a animé vendredi sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 18h07
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Lisbonne, Envoyé spécial)








                        



   


Pas une question sur l’affaire Benalla. C’est devant une salle remplie seulement aux deux tiers et composée d’un public poli qu’Emmanuel Macron a déroulé, vendredi 27 juillet à Lisbonne, son ambition pour le futur de l’Union européenne. Le président français, au côté du premier ministre socialiste portugais Antonio Costa, a pris plaisir à revenir à ses fondamentaux pro-européens en animant sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.
Lancée lors de son discours à la Sorbonne, en septembre 2017, l’idée d’organiser des débats dans toute l’Europe est censée être appliquée par chaque capitale européenne d’ici octobre. Seule la Hongrie a refusé, les autres pays jouant le jeu avec plus ou moins d’entrain.
Les Portugais, profondément francophiles et pro-européens, avaient bien fait les choses. M. Macron n’a jamais été mis en difficulté, de quoi changer après dix jours de polémiques en France sur les violences reprochées à son chef de cabinet adjoint. L’auditorium de la Fondation Gulbenkian était surtout rempli d’un public composé d’expatriés français et de Portugais souvent bien apprêtés.
« Il y a beaucoup de monde des ministères et pas beaucoup de citoyens lambda », témoignait une haute fonctionnaire portugaise travaillant sur les affaires européennes et venue assister à l’événement. En pleines vacances scolaires, un midi de jour de semaine, pouvait-il en être autrement ?
« L’Europe sensuelle »
Sur l’immigration, les institutions européennes ou le couple franco-allemand, aucune question n’a jamais vraiment surpris les deux responsables politiques, qui ont fustigé devant un public conquis la montée des « extrêmes » et des « nationalistes » en Europe centrale.

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« L’Europe doit être un objet plus chaud, plus sensible, plus sensuel, au sens premier du terme, a notamment plaidé le président français. On a créé une Europe un peu bureaucratique. On ne peut pas simplement dire que l’Europe ce sont des règles, des objets froids qui s’imposent depuis un extérieur lointain. »
Antonio Costa, lui, a longuement plaidé pour un budget de la zone euro, alors que le Portugal se remet à peine de la crise financière de 2008 qui l’a conduit sous la tutelle de la « troika » (Commission, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). « Il faut un budget de la zone euro qui permette d’investir », a-t-il expliqué, obtenant l’assentiment du Français. « Je n’ai rien à redire, je partage tout », a appuyé M. Macron, qui a arraché un accord de principe sur le sujet en Allemagne, mais sans qu’aucun montant d’un tel budget soit jusqu’ici avancé.
Si le président français a surtout paraphrasé son discours de la Sorbonne, il s’est fait un peu plus précis sur sa vision de l’Europe « à dix ou quinze ans ». Il a notamment évoqué une Europe en trois « cercles ». Le plus large consisterait en une « union de valeurs, de principes démocratiques et de libertés économiques », « quelque chose entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe actuels ».
Cet ensemble serait « moins intégré, mais très exigeant sur les valeurs », a promis M. Macron en assurant que la Russie et la Turquie auraient vocation à en faire partie « soit en son sein, soit avec des accords d’association étroits ». Ce qui suppose que ces deux pays adoptent des standards démocratiques européens dont ils sont pour l’instant très éloignés.
« Le cœur du réacteur »
Le second cercle, plus resserré, consisterait en un « marché unique fort », « quelque part entre l’UE et la zone euro actuelles ». Celui-ci pourrait notamment s’occuper de sujets « militaires, commerciaux ou numériques » et garantirait « une vraie liberté de circulation en son sein ».
Le troisième cercle, dont on aura compris que la France a vocation à faire partie, serait « le cœur du réacteur », « avec un marché du travail beaucoup plus intégré », une « convergence sociale » voire une assurance chômage commune. Le « cœur d’une Europe des peuples plus intégrée, qui est allée au bout de la logique de la zone euro », a résumé M. Macron. Sans être aussi précis, Antonio Costa n’a pas caché son avis favorable à une Europe à plusieurs vitesses qui aurait vocation à contourner les pays plus eurosceptiques.
Largement applaudis par le public europhile de la fondation Gulbenkian, les deux responsables doivent encore toutefois prouver qu’ils sont capables de convaincre le commun des Européens.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Jeudi, en fin de matinée, le chef de l’Etat, a rencontré les habitants de La Mongie, la station de ski où, enfant, il passait ses vacances, avant d’inaugurer le « ponton du ciel » du pic du Midi de Bigorre. Un reportage de Vincent Nguyen.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Infractions fiscales : une réforme équilibrée

Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h34
   





                        


Editorial du « Monde ». Certains verrous sont plus difficiles à faire sauter que d’autres, surtout quand ils sont anciens. Voilà près d’un siècle, depuis la loi de 1920 sur la pénalisation de la fraude fiscale, que l’administration des finances gardait jalousement le monopole du déclenchement des poursuites pénales contre les fraudeurs.
Au fil du temps, les oppositions à ce système se sont multipliées, dénonçant son opacité et le suspectant de ne pas suffisamment garantir l’équité entre les contribuables. Leur but : faire sauter le « verrou de Bercy ». La réforme en cours de discussion au parlement montre que le vieux mécanisme sait encore opposer une certaine résistance aux tentatives d’effraction.
L’adoption, le 25 juillet, par la commission des finances de l’Assemblée nationale d’un amendement au projet de loi sur la fraude fiscale met de l’huile dans les rouages pour dégripper le verrou de Bercy, sans toutefois le faire sauter totalement. La réforme a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.

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Jusqu’à présent, seule l’administration fiscale pouvait transmettre un dossier au parquet, sur avis conforme de la commission des infractions fiscales (CIF). Cette prérogative était justifiée par la volonté d’optimiser le recouvrement des infractions. En clair, une bonne négociation vaut mieux qu’une procédure judiciaire longue et aléatoire.
La règle du « non bis in idem », qui implique qu’un contribuable ne peut-être sanctionné deux fois, par l’administration et par la justice, prive de fait cette dernière d’intervenir dans l’immense majorité des affaires. Sur les 15 000 dossiers se traduisant par de lourdes pénalités, seul un millier est ainsi transmis à la CIF, avant que le parquet ne soit saisi dans 95 % de ces cas.
Une attente légitime
Mais la multiplication des scandales d’évasion fiscale et de fraude au sortir de la crise financière n’a fait que souligner l’incohérence qui pouvait parfois exister entre la gravité du délit et le régime dérogatoire autorisé par le verrou de Bercy. De ce point de vue, l’affaire Cahuzac a été emblématique. La justice n’avait pu lancer des poursuites contre l’ex-ministre du budget que par un moyen détourné : pour blanchiment de fraude fiscale et non simple fraude fiscale.
La réforme répond à cette attente légitime en obligeant désormais à transmettre les dossiers les plus graves à la justice (au-delà de 100 000 euros, notamment), selon des critères définis par la loi. Par ailleurs, le juge pourra lui-même se saisir, s’il découvre un cas de fraude connexe en enquêtant sur une première affaire. Enfin, c’est désormais le parquet qui examinera l’opportunité des poursuites, mettant ainsi fin à cette situation où l’administration se substituait à lui.
En théorie, la réforme devrait permettre un doublement du nombre de dossiers qui sont adressés à la justice. Certains estiment que les avancées sont trop timides, pointant notamment le fait que le contrevenant pourra toujours plaider coupable et éviter ainsi un procès grâce à un règlement financier à l’amiable.
L’argument est recevable, mais, en même temps, il aurait été inconséquent de basculer dans une juridicisation à tous crins. Permettre au parquet d’engager mécaniquement des poursuites sans plainte préalable de l’administration aurait exposé au risque de saisir le juge pénal d’un nombre excessif de petites affaires, alors que les tribunaux sont déjà surchargés. Le pragmatisme l’a emporté. Le verrou est mort, vive le verrou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le témoignage du patron de la direction de l’ordre public et de la circulation est mis en cause par l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron.
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Affaire Benalla : la délicate situation d’Alain Gibelin

Le témoignage du patron de la direction de l’ordre public et de la circulation est mis en cause par l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h03
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            
Parmi tous les fonctionnaires de police ou de gendarmerie qui ont défilé devant les parlementaires depuis le 23 juillet pour être auditionnés dans le cadre de l’affaire Benalla, Alain Gibelin, le directeur de la puissante direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la Préfecture de police de Paris, est sans doute l’un des moins haut placés. Mais son témoignage est aujourd’hui l’un des plus vivement contestés. En particulier par Alexandre Benalla, dont Le Monde a publié la version des faits, jeudi 26 juillet.
Une situation très inconfortable pour ce policier, visiblement ému au moment de sa deuxième audition. M. Gibelin a tout fait pour défendre sa bonne foi, jeudi, alors qu’il était de nouveau interrogé, à sa demande, par les députés, afin de rectifier sa première audition au cours de laquelle il avait fait une « erreur » en indiquant que M. Benalla avait participé à des réunions de travail durant la période où il était suspendu. Une affirmation aussitôt démentie par l’Elysée et puis par M. Gibelin lui-même, qui s’était ensuite excusé par écrit auprès de la commission d’enquête. Le patron de la DOPC a confirmé jeudi devant les parlementaires qu’il avait « mal entendu » la question de Marine Le Pen et commis de ce fait une confusion de date dont les députés lui ont donné acte. « Cela fait trente-trois ans que je me suis engagé au service de la République (…), c’est mon honneur qui est en jeu ! », s’est-il justifié.
Version réitérée
Mais à l’occasion de cette seconde audition, M. Gibelin a dû affronter une autre difficulté. Au cœur du litige cette fois : un déjeuner de travail. Selon Alexandre Benalla, aujourd’hui mis en examen notamment pour violences en réunion, M. Gibelin a menti aux parlementaires. Pour le jeune homme de 26 ans, le patron de la DOPC était bien informé de sa venue à la manifestation du 1er-Mai, puisqu’il en avait parlé lors de ce fameux déjeuner de travail. « On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le corapporteur Guillaume Larrivé (Les Républicains) a claqué la porte jeudi 26 juillet.
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Affaire Benalla : la commission d’enquête implose

Le corapporteur Guillaume Larrivé (Les Républicains) a claqué la porte jeudi 26 juillet.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 11h19
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

Chronique d’un échec annoncé. Jeudi 26 juillet, en fin d’après-midi, le député Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé a annoncé ce qui semblait inéluctable depuis plusieurs jours. « Je suis contraint de suspendre ma participation à ce qui n’est devenu, hélas, qu’une parodie », a déclaré le corapporteur de la commission d’enquête parlementaire lancée à l’Assemblée nationale dans la continuité de l’affaire Benalla. Dans son sillage, l’ensemble des groupes d’opposition ont annoncé qu’ils tournaient également le dos à cette commission censée « faire la lumière sur les événements survenus lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai ». Depuis lundi, ses membres tentent, dans un climat très tendu, d’identifier comment fut rendue possible la présence d’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, place de la Contrescarpe à Paris, où il a molesté deux personnes.

C’est à la suite d’un désaccord entre majorité et opposition sur la liste des personnes auditionnées que la commission d’enquête a implosé. Aux yeux de la première, les vœux formulés par la seconde étaient injustifiés. Mais le casting proposé par la majorité semblait trop restrictif pour les oppositions, de droite comme de gauche. Ces dernières réclamaient notamment de pouvoir auditionner, comme les sénateurs jeudi matin, le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler. Mercredi, le MoDem, allié de la majorité, avait soutenu cette position. Seule La République en marche s’y est opposée.
Ultimatum
Une audition « inutile », avait finalement tranché la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, également corapporteure de la commission d’enquête. Cette dernière s’était expliquée en déclarant que « les auditions menées jusqu’à ce jour nous ont montré qu’ils [M. Kohler et d’autres conseillers] n’avaient aucun lien avec cette affaire ». Cette position avait été confirmée par un vote de la commission des lois, où La République...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans les hautes sphères administratives, la recherche des responsables tout comme l’ascension rapide de M. Benalla à l’Elysée dérangent.
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L’affaire Benalla creuse le fossé entre le pouvoir et l’administration

Dans les hautes sphères administratives, la recherche des responsables tout comme l’ascension rapide de M. Benalla à l’Elysée dérangent.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 16h46
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

« Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » Dans son discours adressé aux députés de la majorité, mardi 24 juillet, le président de la République a voulu assumer toute la responsabilité des conséquences de l’affaire Benalla, du nom de l’ex-chargé de mission élyséen impliqué dans une opération de maintien de l’ordre musclée le 1er mai à Paris. Emmanuel Macron a rejeté « la République des fusibles, celle où on fait trinquer un fonctionnaire ici, un collaborateur là ». Faisant mine d’oublier le limogeage du préfet Henri-Michel Comet, en octobre 2017, à la suite d’un attentat perpétré à Marseille, le chef de l’Etat a insisté : « Je ne donnerai pas des têtes parce que je ne fonctionne pas comme ça. »
Il n’empêche. La semaine qui vient de s’écouler a particulièrement irrité un certain nombre de hauts fonctionnaires. Malgré les mots présidentiels, qui se voulaient apaisants, beaucoup d’entre eux ont le sentiment de servir, une fois de plus, de boucs émissaires commodes. Et considèrent que la haute fonction publique ne sort pas grandie de l’épisode.
L’ascension rapide de M. Benalla – qui avait accédé au grade de lieutenant-colonel – a en effet fait grincer des dents dans la gendarmerie, tout comme la manière dont était organisée la protection du chef de l’Etat. « J’ai du mal à comprendre, pourquoi forme -t-on des super gendarmes et policiers du GSPR [groupe de sécurité de la présidence de la République], alors qu’un ancien vigile militant PS peut assurer la protection du président de la République ? », a tweeté le 19 juillet l’ancien commandant du GIGN Frédéric Gallois.

« Comme avant… »
Le défilé des hauts fonctionnaires, responsables de police et de gendarmerie ou conseillers de l’Elysée, devant les commissions d’enquête parlementaires a été aussi particulièrement mal perçu. D’autant plus que certains auditionnés ont été sévèrement mis en cause à cette occasion :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le comportement du ministre Gérard Collomb face à la crise est décrié par une partie de la hierarchie policière.
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Malaise au ministère de l’intérieur après l’affaire Benalla

Le comportement du ministre Gérard Collomb face à la crise est décrié par une partie de la hierarchie policière.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 14h50
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

C’est une des conséquences de l’affaire Benalla et l’ampleur des dégâts est difficile à évaluer. Mais les auditions qui se tiennent, depuis le 23 juillet, devant les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat risquent de laisser des traces durables au sein de la hiérarchie policière.
Le comportement décrié de l’ancien chargé de mission élyséen organisant les déplacements du président, en particulier lors d’une manifestation le 1er mai, à Paris, où il était présent en tant qu’observateur, ont révélé les diverses inimitiés et cloisonnements au sein de la maison « intérieur ». L’occasion d’une brutale mise au jour de la crise de confiance larvée, depuis de longs mois, entre les hauts responsables de la police et de la gendarmerie nationale d’un côté, et Gérard Collomb, leur ministre de tutelle de l’autre.
Alors que devant les parlementaires la plupart des hiérarques relevant de l’autorité de M. Collomb se sont efforcés à la contrition et ont assumé bon gré mal gré une part de responsabilité dans les dérives de M. Benalla, le ministre de l’intérieur, lui, entendu en début de semaine, a refusé d’endosser la moindre faute. Une défense perçue par beaucoup de fonctionnaires, au-delà même des cercles syndicaux qui se sont largement exprimés dans les médias, comme une façon inélégante de sauver sa place, même si les faits n’ont pas été démentis par la suite.
Depuis, cette attitude interroge sur la façon dont l’hôte de la Place Beauvau va pouvoir reprendre la main sur ses troupes, alors que, le 24 juillet, le président de la République a pris de court beaucoup de monde en refusant la « République des fusibles ». Une situation qui questionne au passage, une nouvelle fois, le positionnement de M. Collomb au sein de l’équipe gouvernementale.
Troupes déstabilisées
Rares sont ceux, au sein de l’institution policière, qui s’attendaient à l’aveu d’impuissance public du ministre de l’intérieur, les 23 et 24 juillet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le chef de l’Etat a profité d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées puis en Espagne, pour s’offrir une parenthèse.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : du pic du Midi à Madrid, Macron tente de prendre de la hauteur

Le chef de l’Etat a profité d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées puis en Espagne, pour s’offrir une parenthèse.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 13h11
    |

            Virginie Malingre et 
Jean-Baptiste Chastand (à Madrid)








                        



   


Trois jours loin de Paris et de l’affaire Benalla. Du pic du Midi à Lisbonne, en passant par Madrid. Et autant de belles images à montrer aux Français, celles d’un président qui manie la proximité aussi bien avec ses concitoyens qu’avec ses homologues européens. Emmanuel Macron s’est offert une parenthèse bienvenue, mercredi 25 et jeudi 26 juillet, profitant d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées, puis d’une visite de travail en Espagne, pour tenter de retrouver un peu d’oxygène, après dix jours empoisonnés par l’affaire Benalla.
Jeudi, en fin de matinée, le chef de l’Etat, qui affiche un sourire ostensible, savoure sa rencontre avec les habitants de La Mongie, la station de ski où, enfant, il passait ses vacances. Quelque cinq cents personnes sont venues l’accueillir. Le président prend les mains qui se tendent, embrasse le front des enfants. Des impatients qui veulent le faire venir vers eux entonnent une Marseillaise. Au même moment, au Sénat, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, est entendu par la commission d’enquête liée à l’affaire Benalla.
Si, au pied des montagnes, il n’y a personne pour rappeler à Emmanuel Macron les dérapages de son ancien collaborateur, les médias ne le lâchent pas. Ils se glissent dans la foule pour tendre leurs micros, multiplient les questions. « Vous êtes très excités par ces sujets. Moi ça fait deux heures que je suis avec les gens. Vous êtes les seuls à m’en parler », fait mine de s’esclaffer le président, qui a vivement attaqué la presse ces derniers jours. « Ils sont excités comme tout », insiste-t-il en se tournant vers les badauds, les prenant à témoin. L’affaire Benalla, « c’est une tempête dans un verre d’eau. Et, pour beaucoup, c’est une tempête sous un crâne », a-t-il lancé un peu plus tôt dans la matinée, à Campan, où il rencontrait des agriculteurs.
« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ? »
Puis, le chef de l’Etat inaugure le « ponton du ciel » du pic du Midi de Bigorre, une passerelle suspendue au-dessus de 1 000 mètres de vide, aux côtés de son allié François Bayrou, maire de Pau et président du MoDem, et de Carole Delga, présidente de la région Occitanie. « Le pic, ce point fixe. Même quand tout est bousculé, il y a des choses inaltérables », commente Emmanuel Macron.
« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ici ? », lui demande une femme dans la foule. « Non, je suis venu au contact de nos concitoyens avec le même plaisir que d’habitude », lui répond le président, qui effectue là sa dernière « déambulation » de la journée avant de s’envoler vers Madrid, où il doit dîner avec le roi Felipe VI d’Espagne. Il retrouve d’abord le président socialiste du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, lui aussi au cœur d’une crise politique, pour s’être rendu en avion officiel à un concert du groupe de rock The Killers.
« Comme à son habitude, le président ne prendra aucune question nationale à l’étranger », avait exceptionnellement prévenu l’Elysée en amont de ce voyage, consacré à la zone euro et aux migrations. Un code de conduite que le chef de l’Etat respecte de manière aléatoire et auquel il a dérogé, jeudi soir. « Il y a eu par voie de presse un emballement, a-t-il répété. Il y a un président de la République qui est au travail, qui continue et que rien ne troublera. » « Laissons tomber les polémiques artificielles et intéressons-nous aux vrais problèmes des citoyens », a ajouté Pedro Sanchez, interpellé sur ses propres démêlées, en justifiant l’usage de l’avion par « des règles de sécurité ». Un vrai front européen.
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            data-slide-description="Emmanuel Macron à La Mongie le 26 juillet."
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            data-slide-description="Le président prend les mains qui se tendent, embrasse le front des enfants. Des impatients qui veulent le faire venir vers eux entonnent une « Marseillaise »."
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            data-slide-description="Les médias se glissent dans la foule pour tendre leurs micros, multiplient les questions. « Vous êtes très excités par ces sujets. Moi ça fait deux heures que je suis avec les gens. Vous êtes les seuls à m’en parler », fait mine de s’esclaffer le président, qui a vivement attaqué la presse ces derniers jours."
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            data-slide-description="« Ils sont excités comme tout », insiste-t-il en se tournant vers les badauds, les prenant à témoin. L’affaire Benalla, « c’est une tempête dans un verre d’eau. Et, pour beaucoup, c’est une tempête sous un crâne », a-t-il lancé un peu plus tôt dans la matinée, à Campan, où il rencontrait des agriculteurs."
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            data-slide-description="Le président de la République a inauguré les nouveaux aménagements du pic du Midi avec Pascal Mailhos (premier à gauche au premier plan), préfet de la région Occitanie, Béatrice Lagarde, préfète de Hautes-Pyrénées, François Bayrou, maire de Pau, Carole Delga, présidente de la région Occitanie."
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            data-slide-description="A La Mongie, le 26 juillet."
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            data-slide-description="Parmi les nouvelles installations, le Ponton sur le ciel, une passerelle suspendue au-dessus de 1 000 mètres de vide, un planétarium, un restaurant, un musée… Ce chantier, lancé il y a plus de deux ans, a coûté plus 7 millions d’euros. La rénovation a été financée en collaboration entre la région, le département et l’Europe."
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            data-slide-description="Emmanuel Macron poursuit sa visite en compagnie des enfants du centre de loisirs de Bagnères, du Secours populaire et de l’association Poing d’1pacte de la commune d’Aureilhan."
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            data-slide-description="Le président de la République aux abords du « ponton vers le ciel », sur lequel il ne s’aventurera finalement pas"
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            data-slide-description="« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ici ? », lui demande une femme dans la foule. « Non, je suis venu au contact de nos concitoyens avec le même plaisir que d’habitude », lui répond le président, qui effectue là sa dernière « déambulation » de la journée avant de s’envoler pour Madrid."
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Emmanuel Macron à La Mongie le 26 juillet.

VINCENT NGUYEN / RIVA PRESS POUR « LE MONDE »
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le texte vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile, au motif de faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés.
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Le projet de loi sur l’asile et l’immigration adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée

Le texte vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile, au motif de faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 11h17
   





                        


Rappels au règlement et suspensions de séance avaient ponctué mercredi soir la seconde lecture du texte présenté par Gérard Collomb, perturbée par l’affaire Benalla. C’est dans une atmosphère apaisée que les débats sur le projet de loi asile-immigration ont repris jeudi jusqu’à l’adoption du texte par 48 voix pour, 17 voix contre et 12 abstentions dans la soirée. Un projet de loi qui doit faire l’objet d’une dernière navette avec le Sénat avant son adoption définitive par l’Assemblée le 1er août.
Comme en première lecture, la majorité LRM-Modem a voté pour, tout comme le groupe UDI-Agir alors que LR et la gauche ont voté contre ce projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ».
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui a reconnu avoir traversé « une période un peu complexe » avec les critiques subies dans l’affaire Benalla, a de nouveau défendu « une loi équilibrée » « Ce texte ne répond pas à la gravité de la situation du défi migratoire », a déploré pour sa part le député LR Eric Ciotti.

        Lire aussi :
         

                Assemblée nationale : l’examen de la loi asile et immigration perturbé par l’affaire Benalla



La gauche a voté contre « un texte de régression », selon la socialiste Marietta Karamanli, le communiste Stéphane Peu regrettant de son côté que la rétention des familles avec mineurs n’ait pas été définitivement interdite. Le texte vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile, au motif de faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés.
Le délit d’aide à l’entrée irrégulière maintenu
Lors de la fin de cette nouvelle lecture jeudi soir, l’Assemblée a notamment adopté des amendements LRM-Modem pour transposer la décision du Conseil constitutionnel sur « le principe de fraternité », au nom duquel une aide désintéressée à des étrangers ne saurait être passible de poursuites.

        Lire aussi :
         

                Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel consacre le « principe de fraternité »



Selon cet amendement qui va un peu plus loin que ce que la majorité avait voté en première lecture, l’acte d’aide au séjour ou à la circulation ne pourra être poursuivi « s’il n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et a consisté à fournir des conseils ou accompagnements juridiques, linguistiques ou sociaux, ou toute autre aide apportée dans un but exclusivement humanitaire ».
Le délit d’aide à l’entrée irrégulière, qui n’a pas été censuré par le Conseil constitutionnel, est, lui, en revanche bien maintenu, a rappelé le ministre de l’intérieur. Si la gauche a soutenu ces amendements, Les Républicains (LR) s’y sont vivement opposés.
Les députés ont également approuvé l’adaptation du droit du sol à Mayotte, soutenue par l’exécutif pour faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores. Comme en première lecture, certains députés LRM se sont abstenus. Si Matthieu Orphelin s’est réjoui du retour à trente jours (au lieu de quinze) du délai de recours pour un demandeur d’asile débouté, « d’autres points essentiels n’ont pas abouti », citant notamment « la révision du délai maximal de rétention ».

Bénévole d’Amnesty relaxée pour aide à l’entrée d’étrangers : le parquet fait appel de la relaxe
Le parquet de Nice a fait appel du jugement de relaxe prononcé le 13 juillet au bénéfice de Martine Landry, une bénévole d’Amnesty International poursuivie pour aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière. La justice reproche à Martine Landry, responsable d’Amnesty à Nice, d’avoir, le 28 juillet 2017, convoyé à pied, depuis le poste frontière italien de Vintimille jusqu’à celui de Menton côté français, deux mineurs guinéens en situation irrégulière. Des faits susceptibles d’être qualifiés d’aide à l’entrée pouvant valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
L’intéressée conteste les faits, indiquant avoir attendu les deux mineurs côté français. Dans son jugement, le tribunal avait indiqué que « la preuve de la matérialité du franchissement de la frontière » par la prévenue n’avait « pas été rapportée ». « Elle n’a à aucun moment cherché à se soustraire à la loi, s’inscrivant au contraire dans le respect du droit », avait également souligné la présidente du tribunal, évoquant « une action fraternelle dans un but humanitaire », avant de la relaxer.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le texte sera discuté mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement. Les groupes de gauche pourraient eux aussi déposer une motion de censure.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/07/2018
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Affaire Benalla : les Républicains ont déposé leur motion de censure contre le gouvernement

Le texte sera discuté mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement. Les groupes de gauche pourraient eux aussi déposer une motion de censure.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 07h19
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        



   


Les députés Les Républicains (LR) ont déposé, jeudi 26 juillet à 18 heures, une motion de censure contre le gouvernement. Le patron des députés LR, Christian Jacob, avait annoncé mardi que son groupe avait l’intention de déposer une telle motion à la suite de l’affaire Benalla, la justifiant par le fait que « le gouvernement a failli sur l’organisation de la protection du président de la République ».
Le texte, que la journaliste du Monde chargée du suivi du Parlement, Manon Rescan, a pu consulter :

Le texte de la motion de censure LR #DirectAN https://t.co/KrX9LK2YZJ— manonrescan (@Manon Rescan)


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« Cette affaire, qui a mis en lumière une confusion des pouvoirs à la tête de l’exécutif, une forme de subordination du gouvernement face à la présidence de la République, et une incapacité de ce même gouvernement à exercer ses responsabilités et pouvoirs institutionnels, justifie le dépôt de la présente motion de censure », précise notamment l’argumentaire des députés LR.
« Le gouvernement se défausse depuis cinq jours »
« Nous n’allons pas faire tomber le gouvernement, mais le premier ministre [Edouard Philippe] sera obligé de nous répondre. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse depuis cinq jours », a déclaré M. Jacob lors d’une conférence de presse tenue mardi. La motion sera discutée mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement.
Interrogé sur le sujet à Madrid, lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a déclaré ne pas « envisager qu’elle [la motion de censure] puisse conduire à sanctionner le gouvernement d’Edouard Philippe » au vu des forces politiques en présence à l’Assemblée nationale, où les députés La République en marche (LRM) sont majoritaires.
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), et député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, a affirmé, plus tôt jeudi, sur RMC et BFM-TV que le groupe de députés PS (Nouvelle Gauche) pourrait voter la motion de censure de la droite, même si ce n’est pas, selon lui, « la bonne façon de procéder » :
« Nous ne signerons pas la motion de censure. Il est possible que nous la votions, mais pas que nous la signons. Je pense que ce n’est pas la bonne façon de procéder. En réalité, ça rend service à Emmanuel Macron, puisqu’il va pouvoir clore une séquence par un vote qui marquera le fait qu’il n’y a pas de majorité alternative. »
La gauche pourrait elle aussi déposer une motion
Mardi, ce sont peut-être deux motions de censure qui pourraient être discutées. En effet, jeudi soir, Valérie Rabault présidente du groupe Nouvelle Gauche, a annoncé qu’elle avait fait « une proposition » au chef de file de La France insoumise (LFI) et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon pour que les groupes de gauche déposent leur propre motion de censure. « Nous souhaitons que la gauche puisse avoir son expression propre, car il y a bien une gauche et une droite en France », a argué Mme Rabault.
Elle a toutefois insisté sur le fait qu’il s’agissait bien d’une « proposition », les groupes devant se mettre d’accord sur le texte de la motion, mais également sur le député qui en sera le premier signataire.
« C’est une bonne façon de clore politiquement » la séquence Benalla avant la fin de la session parlementaire, prévue normalement mercredi, explique encore M. Mélenchon, qui annonce que son groupe votera également en faveur de la motion déposée par les députés de droite. Il appelle depuis le début de l’affaire à la discussion d’un tel texte, mais il ne dispose pas du nombre suffisant de parlementaires dans son groupe pour le faire. Un minimum de 58 signataires est nécessaire, mais LFI ne dispose que de dix-sept députés.
Les socialistes sont, eux, au nombre de trente, le soutien des députés communistes serait donc nécessaire pour faire aboutir cette motion. « Je suis certain que les communistes vont prendre une décision de même nature », a fait savoir M. Mélenchon jeudi soir. Le dépôt de cette motion doit avoir lieu au maximum quarante-huit heures avant le débat.
Si la motion est approuvée par la majorité absolue des députés, le gouvernement doit démissionner. Sous la Ve République, une seule motion de censure a été votée, en 1962, contre le gouvernement de Georges Pompidou.

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Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ La présidente LRM de la commission d’enquête a précisé ne pas savoir si les travaux pourraient se poursuivre après le départ des députés d’opposition.
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Affaire Benalla : l’opposition suspend sa participation à la commission d’enquête de l’Assemblée

La présidente LRM de la commission d’enquête a précisé ne pas savoir si les travaux pourraient se poursuivre après le départ des députés d’opposition.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 07h28
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        



   


Guillaume Larrivé claque la porte, et avec lui le reste de l’opposition. Le corapporteur de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée nationale s’est dit « contraint », jeudi 26 juillet, de suspendre sa participation à celle-ci, jugeant qu’elle n’était devenue « hélas, qu’une parodie ». La veille, M. Larrivé avait regretté le refus de la présidente La République en marche (LRM), Yaël Braun-Pivet, d’accéder à ses demandes d’audition.
« Est-ce que l’Elysée souhaite torpiller les travaux de notre commission ? Je le crois, je le crains », a-t-il déclaré, avant d’accuser :
« Je pense qu’instruction a été donnée aux députés du groupe en marche de bâcler la préparation d’un vrai-faux rapport.
J’appelle une nouvelle fois la corapporteuse et les députés du groupe en marche à cesser de bloquer les travaux de la commission d’enquête dont les pouvoirs (…) expirent le 20 août. Il en va de la dignité de l’Assemblée nationale, qui ne saurait être aux ordres de l’Elysée. »

Le co-rapporteur LR @GLarrive "suspend sa participation" à la commission d'enquête, devenue selon lui "une parodie"… https://t.co/t3oc0e1Ejz— LCP (@LCP)


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La déclaration de M. Larrivé a été suivie de quelques applaudissements de la part des députés de l’opposition, qui n’ont pas tardé à annoncé leur retrait de la commission également.
L’avenir de la commission incertain
« Choquée », Mme Braun-Pivet lui a ensuite répondu, répétant que « si la majorité n’avait pas souhaité cette commission d’enquête », celle-ci « n’aurait pas eu lieu ». Puis elle a réaffirmé fermement l’indépendance de sa commission, avant de clôturer la séance :
« Nous sommes un Parlement qui remplit ses missions de contrôle, nous ne recevons d’ordre de personne ! »

La co-rapporteure LREM @YaelBRAUNPIVET se dit "choquée" par les propos de @GLarrive et se défend d'être "aux ordres… https://t.co/Isr6vJt2MX— LCP (@LCP)


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Au sortir de la commission, Yaël Braun-Pivet a tenu à souligner le travail effectué :
« Cette commission a travaillé de façon très correcte, j’ai veillé à ce que toutes les oppositions puissent s’exprimer, que les députés non membres de la commission des lois puissent s’exprimer. Pendant les auditions, nos oppositions ont pu s’exprimer. Elles ne voulaient pas poser de questions, mais en faire une tribune médiatique. Moi, je crois que l’on peut être fiers de nos travaux. »
Sur le fond, là où LR voit une « affaire d’Etat », la majorité estime qu’on est en présence d’une affaire essentiellement policière, avec « des dérives individuelles de M. Alexandre Benalla et de certaines autorités de police ».
Le reste de l’opposition se retire
En début de soirée, les députés socialistes ont à leur tour annoncé la suspension de leur participation sur Twitter :

L'@AssembleeNat est empêchée de conduire de façon pluraliste les travaux de la commission d'enquête #Benalla. La vé… https://t.co/XowA1hlenw— socialistesAN (@Groupe Nouvelle Gauche)


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Avant la décision de M. Larrivé, le député de La France insoumise (LFI) Eric Coquerel avait critiqué une commission qui « tourne en rond » et incité la corapporteuse à démissionner, avant de suspendre sa participation et de quitter la salle.

Face à une commission qui "tourne en rond" et à "l'obstruction" de la part de la majorité, @ericcoquerel (LFI) inci… https://t.co/cxaChHgo2x— LCP (@LCP)


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Dans la foulée, les communistes ont parlé de « mascarade ».
Pour Marine Le Pen, « en empêchant la commission d’enquête de faire émerger la vérité, LRM se déshonore. Nous ne participerons plus à cette manœuvre indigne ».
« La commission d’enquête est morte, victime des excès de certains opposants et de la servilité et de la partialité de sa présidente », a dénoncé de son côté le coprésident du groupe UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde.
De son côté, le député LR des Alpes-maritimes Eric Ciotti a également abondé dans le sens de M. Larrivé, estimant lui aussi que la commission d’enquête est « une parodie », dont « l’objectif est d’étouffer la vérité » :
« Alors que le Sénat fait un travail très exhaustif, l’Assemblée nationale est contrainte par une volonté de l’Elysée. Les auditions ont été orientées. La commission est un échec total, parce qu’elle n’est pas libre, elle est bridée dans son fonctionnement. Elle n’a pas pu travailler parce que le groupe En marche n’a pas voulu qu’elle fonctionne. »
Une ambiance déjà électrique mercredi
Mercredi, l’ambiance au sein de la commission d’enquête était déjà électrique. Les députés de l’opposition, toutes couleurs politiques confondues, s’en sont directement pris à Mme Braun-Pivet pour avoir mis aux voix la liste des prochaines auditions, décidée par son groupe et annoncée une heure avant, lors d’une conférence de presse surprise, sans consulter l’opposition.

        Lire :
         

          l’opposition dénonce de concert « la mascarade » de la commission d’enquête



La présidente de la commission a précisé ne pas savoir si les travaux de la commission pourraient se poursuivre. Une audition est en principe prévue vendredi, celle du commandant de la compagnie de CRS présente place de la Contrescarpe le 1er-Mai. Après les auditions, un rapport doit être écrit, mais a priori sans le député de droite. Seule Mme Braun-Pivet, présidente et corapporteur de la commission d’enquête, devrait en prendre la plume. Reste à savoir si un tel document peut être produit sans la signature du corapporteur initial. Le cas échéant, sans validation d’un membre de l’opposition, il risquerait de perdre toute sa crédibilité politique.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans une circulaire envoyée mardi, Edouard Philippe propose de « tirer toutes les conséquences de la décentralisation » et combattre le sentiment, croissant parmi les Français, que l’Etat les abandonne.
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La réorganisation territoriale de l’Etat, un « enjeu majeur » pour le premier ministre

Dans une circulaire envoyée mardi, Edouard Philippe propose de « tirer toutes les conséquences de la décentralisation » et combattre le sentiment, croissant parmi les Français, que l’Etat les abandonne.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 16h46
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

C’est « un enjeu majeur pour le gouvernement », prévient Edouard Philippe. Dans une circulaire signée mardi 24 juillet et envoyée aux ministres et aux préfets, le premier ministre lance la réorganisation territoriale de l’Etat. L’« enjeu majeur » qu’évoque le chef du gouvernement, c’est de lutter avec le sentiment croissant parmi les Français que l’Etat les abandonne.
En outre, plus la dématérialisation des rapports entre citoyens et administration prend de l’ampleur, plus la fracture numérique risque de s’aggraver. A cela s’ajoute une certaine confusion dans l’organisation des services publics locaux qui peut désorienter notamment les plus fragiles.
Le document propose donc de « tirer toutes les conséquences de la décentralisation ». Car, souligne Matignon, le paradoxe est cuisant : cela fait trente ans que l’Etat ne cesse de transférer des compétences au niveau local et jamais les Français n’ont eu à ce point le sentiment que les services publics disparaissent.
Plus de marges de manœuvre aux décideurs locaux
Le premier ministre estime donc qu’il faut clarifier les missions des uns et des autres. Il souhaite renforcer les services de l’Etat sur les missions régaliennes : la sécurité, la gestion des crises, la lutte contre la fraude, les flux migratoires et l’environnement. En revanche, l’Etat pourrait se désengager d’autres compétences au profit des collectivités locales, lorsque celles-ci sont trop étroitement imbriquées : développement économique (sauf pour les restructurations), tourisme, logement, sport…
Dans d’autres domaines, comme le pilotage des contrats aidés ou la famille, où il existe des chevauchements, Edouard Philippe demandent aux ministres et aux préfets de lui faire des propositions.
Pour mener à bien cette transformation, le premier ministre souhaite donner plus de marges de manœuvres aux décideurs locaux. Il compte notamment sur l’assouplissement des instances de dialogue social...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Selon Benalla, c’est dès le 1er mai au soir que deux opérateurs en civil de la préfecture ont repéré sur Twitter des images de la manifestation durant laquelle il moleste deux manifestants.
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Affaire Benalla : comment et quand les acteurs du dossier ont visionné la vidéo du 1er-Mai

Selon Benalla, c’est dès le 1er mai au soir que deux opérateurs en civil de la préfecture ont repéré sur Twitter des images de la manifestation durant laquelle il moleste deux manifestants.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Qui savait, et quand ? C’est une des questions principales de l’« affaire Benalla » pour permettre de reconstituer les manquements dans la chaîne hiérarchique.
La scène de la place de la Contrescarpe, à Paris, le 1er mai, dans laquelle on voit Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, brutaliser une jeune femme et molester un jeune homme, a été filmée par Taha Bouhafs, un militant de La France insoumise qui a été candidat aux législatives dans l’Isère, et par Nicolas Lescaut, également militant LFI et élu de l’UNEF. Leurs deux vidéos ont été postées sur Twitter le jour même — la première à 20 h 17.
Au terme d’une semaine d’auditions par les commissions d’enquête mises sur pied à l’Assemblée nationale et au Sénat, voici ce que l’on sait des connaissances des différents acteurs du dossier sur l’existence de cette vidéo.

        Lire aussi :
         

                Les personnages-clés à connaître pour comprendre l’affaire Benalla



La vidéo était connue dès le 1er mai, selon M. Benalla
Dans un entretien au Monde, Alexandre Benalla assure que c’est dès le 1er mai au soir, une heure et demie après les faits, que deux opérateurs en civil, dans la salle de commandement à la préfecture de police, ont repéré sur Twitter des images de la manifestation de la place de la Contrescarpe.
L’intéressé dit en avoir pris connaissance, avec le major Mizerski et un sous-directeur de la préfecture, dans une pièce attenante à la salle de commandement.
« Je ne comprends pas l’ampleur que ça va prendre, et c’est là justement mon erreur », dit M. Benalla, qui sous-entend ainsi ne pas en avoir fait part à ses collaborateurs.
Le 2 mai, Alexandre Benalla dit recevoir « un coup de téléphone de Patrick Strzoda », le directeur de cabinet du président de la République : « “Alexandre, qu’est-ce que c’est que cette histoire de vidéo, est-ce que vous pouvez venir me voir ?” C’est là que je comprends que j’ai fait une faute. »
Au ministère de l’intérieur, à la préfecture et à l’Elysée, on assure l’avoir découverte le 2 mai au matin
Que ce soit Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, Michel Delpuech, le préfet de Paris, Alain Gibelin, directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris, ou encore Alexis Kohler et Patrick Strzoda, respectivement secrétaire général et directeur de cabinet de l’Elysée, tout le monde s’accorde pour dire que c’est le 2 mai au matin que la vidéo sur laquelle apparaît M. Benalla serait officiellement entrée dans le champ des radars.
Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet)
« Après la réunion d’état-major (ouverte à 8 h 30), je me suis rapproché du chef du cabinet du ministre de l’intérieur pour visionner une vidéo qu’il m’avait signalée plus tôt ce matin-là. J’ai pris connaissance de cette vidéo, et il m’a indiqué que l’auteur des violences était un collaborateur de la présidence de la République, M. Alexandre Benalla. A ce moment-là, le chef de cabinet m’informe qu’il a eu connaissance de cette vidéo par un chargé de mission de la présidence. Après avoir regardé cette vidéo, je me suis, en accord avec le chef de cabinet du ministre de l’intérieur, mis en relation avec le directeur de cabinet du président de la République, pour m’assurer qu’il avait bien eu, à son niveau, connaissance de cette information, ce qu’il m’a confirmé. C’est à ce moment-là, et alors que je m’apprêtais à appeler le préfet de police, pour partager avec lui cette information, que ce dernier m’a contacté. »
Michel Delpuech, préfet de Paris : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 23 juillet)
« Autour de 10 h 15, alors que j’avais regagné mon bureau, j’ai reçu un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée [conseiller intérieur et sécurité du président de la République]. Il vient aux nouvelles auprès de moi pour me parler de “l’affaire Benalla”, je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de “l’affaire Benalla”. Je lui dis que je vais me renseigner. »
« Dans le même temps, mon service communication a trouvé la vidéo, nous la visionnons sur grand écran dans le bureau de mon directeur de cabinet. Il est vers 10 h 15, 10 h 30. »
« Après cet appel de la présidence de la République qui m’apprend l’existence de la vidéo Benalla […], j’ai joint en premier lieu le cabinet du ministre de l’intérieur, qui me répond qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet. […] Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
Alain Gibelin, directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet) :
« Le 2 mai, sur le coup de 9 h 30-10 heures, je reçois sur mon téléphone portable, un coup de téléphone du directeur de cabinet du préfet de police m’informant de l’existence sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant M. Benalla en train de concourir à une interpellation. Il me demande si j’ai des éléments de réponse à apporter. Immédiatement, je regarde sur mon ordinateur, j’ai vu sur YouTube la vidéo. »
Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet)
« J’ai appris le 2 mai au matin qu’un chargé de mission de l’Elysée aurait eu un comportement inapproprié et choquant. Je l’ai appris en prenant connaissance d’une vidéo montrée par le conseiller en charge des réseaux sociaux, et cette vidéo montrait une scène d’affrontements violents, poursuite assez confuse, et une autre scène qui était celle de l’intervention de ce chargé de mission qui semblait être M. Benalla. »
Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée : (source : audition devant la commission d’enquête du Sénat, le 26 juillet)
« J’ai été informé le 2 mai dans la matinée par le conseiller en charge des réseaux sociaux et par le directeur de cabinet de l’Elysée de la publication de la vidéo. Le directeur de cabinet m’indique qu’il a d’ores et déjà convoqué l’intéressé, qui a reconnu sa présence sur les lieux et sa participation à des interpellations. Je m’assure que la préfecture et le cabinet du ministère de l’intérieur sont bien informés. »
Eric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 25 juillet)
« Le 2 mai, Alexandre Benalla vient me voir en m’expliquant qu’il a participé à une interpellation au cours de la manifestation du 1er-Mai, en raison du fait que des manifestants jetaient des objets sur les forces de l’ordre et sur lui-même. Il m’a montré une bribe de son intervention sur son téléphone portable, je n’ai pas reconnu Vincent Crase et j’ai à peine reconnu et discerné Alexandre Benalla. C’est par la suite seulement, je ne sais plus si c’est le 2 ou le 3 mai, qu’il me dit que Vincent Crase était avec lui. »
Gérard Collomb est informé le 2 mai en début après-midi
Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, assure pour sa part n’avoir été mis au courant de l’existence de la vidéo et des actes commis par M. Benalla que le 2 mai en début d’après midi.
« Ce n’est qu‘en rentrant en début d’après-midi [le 2 mai] que, lors d’un de nos points de situation quotidiens, mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m’informent de l’existence d’une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe, de l’implication de M. Benalla dans ces faits et de la qualité de celui-ci », a déclaré M. Collomb (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 23 juillet).
« Ils m’indiquent s’être entretenus avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République, ce qui est une démarche tout à fait appropriée ».
Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, a confirmé : « Le ministre est parti en déplacement sans que nous puissions faire avec lui un point d’actualité du jour, comme nous en avons l’habitude. Dès son retour, vers 15 heures, 15 h 30 au plus tard, nous avions prévu avec le chef de cabinet de faire un point avec lui pour lui présenter la vidéo. » (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet).
La « police des polices » assure avoir été alertée le 3 mai et n’avoir pas donné suite
Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a déclaré, lors de son audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet, que « l’IGPN a[vait] reçu un signalement de violence policière le 3 mai à 2 h 13, par le biais de la plate-forme Internet, de la part d’un jeune pas témoin des faits, mais qui relayait des images trouvées sur Internet ».
« De notre côté, il n’y a pas de doutes que les protagonistes étaient des policiers. Les agents [qui analysent la vidéo] relèvent qu’il s’agit d’effectifs en civil, que les gestes techniques en opération sont assez mal réalisés, mais sans actions illégitimes », a-t-elle expliqué pour justifier qu’aucune suite n’ait été donnée à ce moment-là.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Malgré une faible augmentation au dernier trimestre, la tendance est plutôt à une baisse (modeste) du chômage depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée.
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Le chômage diminue légèrement depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron

EN UN GRAPHIQUE – Malgré une faible augmentation au dernier trimestre, la tendance est plutôt à une baisse (modeste) du chômage depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h17
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


Le dernier bilan de Pôle emploi, publié le 25 juillet, n’est guère réjouissant pour le gouvernement : au deuxième trimestre 2018, le nombre de chômeurs a légèrement augmenté, après avoir connu une baisse substantielle en début d’année.
Entre mars et juin, il a crû de 0,2 % (+ 6 700 personnes, en comptant la France métropolitaine et les DOM-COM, hors Mayotte), et de 0,1 % (+ 4 600, pour la seule France métropolitaine), selon l’indicateur le plus souvent utilisé, qui compte les demandeurs d’emploi sans aucune activité et tenus de chercher un emploi (catégorie A).
Mais, au-delà de ces chiffres conjoncturels, la tendance est plutôt à la baisse du chômage depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, même si celle-ci reste modeste.
Le chômage est en recul de 1,1 % si l’on considère uniquement la catégorie A, mais de seulement 0,4 % en intégrant l’ensemble des chômeurs, y compris ceux qui travaillent partiellement.


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Une baisse de 1,1 % du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A depuis un an
Nombre de personnes inscrites à Pôle emploi par trimestre en France (sauf Mayotte), corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Source : Pôle emploi



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Il existe une autre façon de mesurer le chômage, en le rapportant à la population active, c’est-à-dire à l’ensemble des personnes disponibles pour travailler. Ce comptage de l’Insee, qui suit les recommandations du Bureau international du travail (BIT), est reconnu internationalement, contrairement à celui de Pôle emploi.
Dans ce cas, il apparaît également que le taux de chômage a légèrement baissé depuis l’arrivée au pouvoir de M. Macron, passant de 9,4 % à 9,2 % (pour la métropole et les DOM-COM, hors Mayotte) — ou de 9,1 % à 8,9 % pour la seule métropole.
Ce chiffre reste encore loin de l’objectif de 7 % que s’est fixé le président pour la fin de son mandat, en 2022.


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Un taux de chômage en dents de scie depuis un an
Taux de chômage trimestriel en France au sens du BIT, corrigé des variations saisonnières. Les données du premier trimestre 2018 sont provisoires.

Source : Insee



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<article-nb="2018/07/27/18-15">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Plus les libertés fondamentales semblent acquises, moins les citoyens s’y sentent attachés »

Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h05
    |

Chloé Morin (directrice de projets internationaux chez Ipsos)







                        



                                


                            
Tribune. A la fin du XXe siècle, de nombreux théoriciens pensaient qu’une fois affirmés dans un pays, les principes démocratiques — dont la garantie des droits humains ou l’existence de contre-pouvoirs et d’institutions représentatives — s’enracineraient, et qu’aucun retour en arrière ne serait ni possible ni jugé souhaitable par des citoyens nouvellement « libérés ».
La thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause
L’affirmation de l’universalité des droits humains était considérée comme si évidente et si désirable que nul n’avait songé que l’opinion publique — à travers son adhésion à ce que nous appelons aujourd’hui les mouvements populistes, ou bien à travers un retrait sur la sphère individuelle et une indifférence croissante pour la vie de la cité (phénomène qui faisait déjà partie des craintes exprimées par Tocqueville) — puisse un jour s’ériger en obstacle à cette affirmation. Une fois les institutions nécessaires à l’expression de la volonté populaire mises en place, les droits et libertés de chacun garantis, nul n’avait songé à se demander si le système démocratique pourrait nourrir en son sein les germes de sa destruction.
Pourtant, avec la montée des populismes dans de nombreux pays occidentaux, la thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause. Plutôt qu’à une « fin de l’Histoire », nous assistons, sans toujours en comprendre les causes profondes, à un recul de l’adhésion aux principes démocratiques dans de nombreux pays.
Paradoxe inquiétant
Ipsos a récemment réalisé pour l’ONG Human Rights Watch une vaste étude auprès des citoyens d’une trentaine de pays, afin de comprendre leur perception des droits humains et de leur importance. Cette étude met en évidence un paradoxe inquiétant : plus les droits humains et libertés fondamentales semblent acquis — et il convient ici de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-16">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Malgré une semaine mouvementée, rythmée par l’affaire Benalla, les débats ont repris à l’Assemblée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                

Les débats sur le projet de loi asile-immigration ont repris dans le calme

Malgré une semaine mouvementée, rythmée par l’affaire Benalla, les débats ont repris à l’Assemblée.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h38
   





                        


Les débats sur le projet de loi asile-immigration ont repris jeudi 26 juillet au matin dans le calme à l’Assemblée, les députés donnant notamment leur aval en nouvelle lecture à une réduction du délai pour déposer les demandes d’asile, une des mesures-clés du texte controversé.
Après une soirée dans une ambiance orageuse la veille, émaillée de plusieurs rappels au règlement liés à l’affaire Benalla, face à un ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, fragilisé, les débats ont repris dans un hémicycle clairsemé.
Les députés ont voté sans changement la réduction de cent vingt à quatre-vingt-dix jours du délai pour déposer une demande d’asile après l’entrée en France. Cette mesure, qui doit concourir à réduire à six mois (contre onze environ) le délai d’instruction de la demande d’asile, recours compris, a été à nouveau critiquée par la gauche.
Le texte pourrait être adopté le 1er août
Nadia Essayan (MoDem) est aussi intervenue pour dire que le délai de cent vingt jours était « quand même plus raisonnable ». Rare fausse note, la communiste Elsa Faucillon a déploré « un examen extrêmement pauvre en termes de mobilisation », « mais aussi en termes de débat », reprochant au ministre ses courtes réponses. M. Collomb a mis en avant son « long exposé liminaire » la veille, où « l’ensemble des arguments étaient traités ».

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Au même moment, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, était entendu devant la commission d’enquête du Sénat, où Marine Le Pen (RN) avait notamment fait le déplacement. Le gouvernement espère voir le texte définitivement adopté le 1er août, dernier jour de session extraordinaire, après une dernière navette avec le Sénat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le secrétaire général de l’Elysée était auditionné jeudi 26 juillet au Sénat sur l’affaire Benalla.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La version de la loi évolution du logement, de l’aménagement  et du numérique (ELAN), adoptée mercredi, a été largement amendée.
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Logement : les sénateurs s’attaquent aux lois littoral et SRU

La version de la loi évolution du logement, de l’aménagement  et du numérique (ELAN), adoptée mercredi, a été largement amendée.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h44
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Au terme de 64 heures de débat étalées sur huit jours et quelques nuits et après l’examen de 1 156 amendements dont 188 ont été votés, les sénateurs ont, mercredi 25 juillet, adopté la loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (loi ELAN) avec un jour de retard, le calendrier ayant été bousculé par les auditions dans l’affaire Benalla. Les débats avaient démarré mardi 17 juillet et les sénateurs ont bousculé sur nombre de points sensibles et contre l’avis du gouvernement le texte issu de la première lecture de l’Assemblée.
Ainsi, sur la loi littoral, ils ont élargi la brèche déjà ouverte par les députés. Outre l’urbanisation, sous certaines conditions, des « dents creuses » (espaces non construits entre deux zones d’habitation), les sénateurs, à l’initiative des élus de Bretagne, ont décidé d’autoriser, dans les zones non urbanisées, des installations nécessaires aux activités agricoles, forestières, aux cultures marines liées à leur « valorisation locale ». Or, c’est là tout l’enjeu du débat. « En ajoutant les termes “valorisation locale”, on sait très bien que l’on risque de voir des projets de restaurants qui s’inventeront une activité ostréicole ou agricole pour justifier leur création », a déclaré le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec (EELV). Un point de vue partagé par le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, qui se promet d’y revenir : « Cet ajout constitue une porte très largement ouverte à l’installation de toute une série d’établissements et cela revient à franchir une ligne rouge. »

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Vente des logements sociaux
Les sénateurs ont aussi tenu tête au gouvernement sur les normes handicapées, portant à 30 % la part de logements accessibles dans les programmes neufs, contre 10 % dans la version adoptée en première lecture par les députés et souhaitée par le gouvernement : « Un équilibre a été trouvé entre le tout accessible et les 10 % voulus par le gouvernement », a plaidé la rapporteuse, Dominique Estrosi-Sassone (Les Républicains, Alpes-Maritimes), spécialiste du logement.
La réorganisation des organismes HLM a aussi fait débat : pour les obliger à se regrouper, le gouvernement fixait une taille minimale de 15 000 logements, ramenée à 10 000 par les sénateurs. Sur la vente des logements sociaux que le ministère veut encourager, deux innovations ont été apportées par le Sénat, soucieux de redonner du pouvoir aux élus locaux : que les logements ne soient vendus qu’après l’avis conforme des maires concernés et que la moitié du produit des ventes soit réinvestie dans la commune, afin d’éviter la trop forte saignée de territoires déjà fragilisés.
La chambre haute a défié le gouvernement en « détricotant », selon les élus de gauche, ou « ajustant », selon ceux de droite, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (loi SRU) qui exige 25 % de logements sociaux dans les communes urbaines. Les sénateurs ont d’abord inclus de nouvelles catégories d’habitat dans la comptabilisation de ce que l’on considère comme logement social, comme ceux en accession sociale à la propriété, puis ont repoussé l’échéance de 2025 à 2031 « pour donner une bouffée d’oxygène aux maires », a soutenu Mme Estrosi-Sassone, voire jusqu’en 2040 pour les communes récemment entrées dans le champ d’application de la loi SRU. Ils ont surtout, au grand dam des élus socialistes et communistes, permis de mutualiser à l’échelon intercommunal les objectifs de construction de logements sociaux assignés aux communes déficitaires, une mesure qui ruine l’esprit même de la loi SRU dont l’objectif de mixité sociale est précisément de répartir l’offre HLM. Le ministre s’est là encore promis de revenir sur ces points.
Un camouflet a été infligé par les sénateurs au gouvernement en lui retirant l’habilitation à légiférer par ordonnance pour réformer la copropriété. Enfin, l’action de groupe dans le domaine locatif, pouvant être menée par des associations de locataires, a été rétablie à l’initiative de Martial Bourquin (PS, Doubs).
Seul moment d’unanimité : le vote, sur proposition d’Agnès Canayer (LR, Seine-Maritime), en faveur de la création d’un bail de location intergénérationnel permettant à un jeune de moins de 30 ans de bénéficier d’un loyer réduit en contrepartie de services rendus à son hôte de 60 ans ou plus, et dont un décret fixera le détail.
La loi ELAN ainsi amendée doit faire l’objet d’un examen en commission mixte paritaire avant son vote définitif par l’Assemblée : elle pourrait se tenir d’ici à fin juillet, selon le vœu du gouvernement, et a peu de chances d’aboutir, obligeant à une seconde lecture.

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Pour le secrétaire général de l’Elysée, la sanction à l’encontre de Benalla « peut apparaître insuffisante »

Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler était entendu par la commission d’enquête  parlementaire du Sénat, dans la matinée jeudi 26 juillet.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h24
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            
On ne connaît principalement de lui que son allure roide et sa voix neutre annonçant à deux reprises la composition du gouvernement sur les marches de l’Elysée le 15 mai et le 19 juin 2017. Une « notoriété furtive », selon sa propre formule, rompue jeudi 26 juillet lorsque le secrétaire général de l’Elysée a été entendu par la commission d’enquête parlementaire du Sénat. Dans son propos liminaire, le président de la commission Philippe Bas a souligné que cette commission « n’est pas un tribunal, l’objectif de nos travaux n’est pas de prononcer des condamnations et des sanctions ». En écho, le co-rapporteur Jean-Pierre Sueur (PS) a indiqué qu’il n’avait jamais eu l’intention de convoquer le président de la République devant la commission, au nom du respect de la séparation des pouvoirs.

Devant les sénateurs, le secrétaire général a d’abord confirmé les propos du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, sur le déroulé des événements du 1er mai et la date à laquelle il avait été informé des actes reprochés à Alexandre Benalla. « Il ne fait aucun doute et il n’y a eu aucun doute sur le fait que ces actes étaient inappropriés, choquants, et constituaient une faute. Il était évident pour tout le monde que le comportement d’Alexandre Benalla devait être sanctionné et que cette sanction devait intervenir rapidement. Elle a été appréciée à la lumière des faits et des éléments dont nous disposions à l’époque », a déclaré Alexis Kohler.
« La sanction a été très rapide, mais son exécution est très lente ! », a répliqué Philippe Bas, en rappelant que la retenue sur salaire décidée à l’encontre d’Alexandre Benalla n’avait pas été effectuée en mai mais serait appliquée sur le solde de ses congés payés.
« Que des retours positifs »
Sous l’insistance du président Philippe Bas, qui évoquait « la gravité du trouble apporté au fonctionnement de l’Etat par l’intrusion d’un collaborateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Toujours sous le feu des critiques, le chef de l’Etat entend tirer les enseignements de l’affaire.
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Emmanuel Macron espère tourner la page Benalla

Toujours sous le feu des critiques, le chef de l’Etat entend tirer les enseignements de l’affaire.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h41
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
Une semaine après les révélations du Monde sur l’affaire Benalla, Emmanuel Macron est passé à l’offensive. En sortant de son mutisme, mardi soir devant les députés de la majorité, puis le lendemain en répondant aux questions de la presse qui le suivait dans un déplacement dans les Hautes-Pyrénées, le chef de l’Etat espère faire retomber la pression politico-médiatique.
« Ça doit faire une heure que je suis là, personne ne m’en a parlé (à part vous) ! » a-t-il crânement lancé au sujet de l’affaire devant les journalistes de BFM-TV et CNews, qui le suivaient à Bagnères-de-Bigorre, où il a dîné dans la soirée avec des élus. « A mon avis, la chaleur et la fatigue, c’est à Paris que ça monte la tête ! Arrêtez de vous exciter comme ça », a-t-il poursuivi. « Je ne vais pas chercher des fusibles parce que vous avez envie de voir du sang et des larmes dans le tournant de l’été », a-t-il conclu, réaffirmant, être « le seul responsable », comme il l’avait fait la veille devant les élus de la majorité.
Mardi soir, le président avait également expliqué à ses troupes, réunies pour la fin de la session parlementaire, que le Parlement devait cesser de se prendre pour « un tribunal populaire », alors que ses plus proches collaborateurs, dont son directeur de cabinet, Patrick Strzoda, et le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, sont auditionnés par les commissions d’enquêtes parlementaires dediées à l’affaire Benalla. Ragaillardis par la verve présidentielle, les députés de La République en marche (LRM) l’ont bien entendu. Mercredi, la présidente de la commission des lois de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a ainsi jugé « inutile d’auditionner d’autres membres du cabinet du président de la République et du ministre de l’intérieur », suscitant l’ire de l’opposition.
Emmanuel Macron a profité de son intervention mardi soir pour appeler ses troupes à serrer les rangs, alors que ses ministres sont...




                        

                        

