<FILE-date="2018/07/27/18">

<article-nb="2018/07/27/18-1">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Démocraties fatiguées 1/6. Le philosophe Jürgen Habermas enjoint à Angela Merkel de saisir les propositions d’Emmanuel Macron pour sortir l’Europe de la régression économique et politique dont les populismes sont le symptôme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-2">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Delon en six films cultes (6/6). A la fois acteur et producteur, Alain Delon s’implique totalement, en 1976, dans le rôle d’un marchand d’art, pris pour un juif et déporté après la rafle du Vél d’Hiv. « Alain est une personnalité à la recherche de son identité », juge le cinéaste Joseph Losey, avec qui la relation fut à la fois facile et complexe. Il en sort un chef-d’oeuvre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-3">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Infractions fiscales : une réforme équilibrée

Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h34
   





                        


Editorial du « Monde ». Certains verrous sont plus difficiles à faire sauter que d’autres, surtout quand ils sont anciens. Voilà près d’un siècle, depuis la loi de 1920 sur la pénalisation de la fraude fiscale, que l’administration des finances gardait jalousement le monopole du déclenchement des poursuites pénales contre les fraudeurs.
Au fil du temps, les oppositions à ce système se sont multipliées, dénonçant son opacité et le suspectant de ne pas suffisamment garantir l’équité entre les contribuables. Leur but : faire sauter le « verrou de Bercy ». La réforme en cours de discussion au parlement montre que le vieux mécanisme sait encore opposer une certaine résistance aux tentatives d’effraction.
L’adoption, le 25 juillet, par la commission des finances de l’Assemblée nationale d’un amendement au projet de loi sur la fraude fiscale met de l’huile dans les rouages pour dégripper le verrou de Bercy, sans toutefois le faire sauter totalement. La réforme a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.

        Lire aussi :
         

                Les députés s’apprêtent à entériner le démembrement du « verrou de Bercy »



Jusqu’à présent, seule l’administration fiscale pouvait transmettre un dossier au parquet, sur avis conforme de la commission des infractions fiscales (CIF). Cette prérogative était justifiée par la volonté d’optimiser le recouvrement des infractions. En clair, une bonne négociation vaut mieux qu’une procédure judiciaire longue et aléatoire.
La règle du « non bis in idem », qui implique qu’un contribuable ne peut-être sanctionné deux fois, par l’administration et par la justice, prive de fait cette dernière d’intervenir dans l’immense majorité des affaires. Sur les 15 000 dossiers se traduisant par de lourdes pénalités, seul un millier est ainsi transmis à la CIF, avant que le parquet ne soit saisi dans 95 % de ces cas.
Une attente légitime
Mais la multiplication des scandales d’évasion fiscale et de fraude au sortir de la crise financière n’a fait que souligner l’incohérence qui pouvait parfois exister entre la gravité du délit et le régime dérogatoire autorisé par le verrou de Bercy. De ce point de vue, l’affaire Cahuzac a été emblématique. La justice n’avait pu lancer des poursuites contre l’ex-ministre du budget que par un moyen détourné : pour blanchiment de fraude fiscale et non simple fraude fiscale.
La réforme répond à cette attente légitime en obligeant désormais à transmettre les dossiers les plus graves à la justice (au-delà de 100 000 euros, notamment), selon des critères définis par la loi. Par ailleurs, le juge pourra lui-même se saisir, s’il découvre un cas de fraude connexe en enquêtant sur une première affaire. Enfin, c’est désormais le parquet qui examinera l’opportunité des poursuites, mettant ainsi fin à cette situation où l’administration se substituait à lui.
En théorie, la réforme devrait permettre un doublement du nombre de dossiers qui sont adressés à la justice. Certains estiment que les avancées sont trop timides, pointant notamment le fait que le contrevenant pourra toujours plaider coupable et éviter ainsi un procès grâce à un règlement financier à l’amiable.
L’argument est recevable, mais, en même temps, il aurait été inconséquent de basculer dans une juridicisation à tous crins. Permettre au parquet d’engager mécaniquement des poursuites sans plainte préalable de l’administration aurait exposé au risque de saisir le juge pénal d’un nombre excessif de petites affaires, alors que les tribunaux sont déjà surchargés. Le pragmatisme l’a emporté. Le verrou est mort, vive le verrou.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-4">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


AMLO ou la « quatrième transformation du Mexique »

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h30
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. Début juillet, Andres Manuel Lopez Obrador a provoqué un tsunami électoral au Mexique. L’ancien maire de Mexico (2000-2005), que l’on surnomme par ses initiales, « AMLO », a remporté la présidentielle avec 53 % des suffrages. Son Mouvement de régénération nationale (Morena) a aussi décroché une majorité absolue au Congrès. Cette victoire écrasante marque un virage à gauche inédit depuis trois décennies.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un état interventionniste, redistributeur des richesses
Le président élu ne prendra ses fonctions que le 1er décembre. Mais AMLO a déjà annoncé son ambitieux programme réformateur. Il promet la « quatrième transformation du Mexique », après l’indépendance de 1810, la réforme (instaurant la laïcité) de 1857 à 1861 et la révolution de 1910.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un Etat interventionniste, redistributeur des richesses. Son projet prévoit de combattre les inégalités criantes provoquées par les politiques néolibérales instaurées depuis trente ans par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre, au pouvoir) et le Parti action nationale (PAN, droite).
Sa priorité est la lutte contre la corruption qui permettrait de récupérer 500 milliards de pesos (22,8 milliards d’euros) par an. Le tout associé à un programme d’austérité, incluant une réduction drastique des salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien, pour collecter entre 200 et 300 milliards de pesos. Ces sommes seraient allouées au développement du marché intérieur, à la hausse de salaire minimum (88 pesos par jour actuellement, soit 4 euros), à des programmes sociaux et à la gratuité de la santé et de l’éducation. Des projets qui assureraient, sans hausse des impôts ni de la dette publique, une croissance de 4 % à 6 %, contre 2 % en moyenne ces six dernières années,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-5">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les affinités végétales 3|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historien Romain Bertrand évoque un souvenir d’adolescence venu de l’autre bout du monde et la pauvreté des mots à dresser un portrait fidèle de la nature.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-6">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Raffaele Simone : « Le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple »

L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 07h03
    |

                            Raffaele Simone (Professeur de linguistique, essayiste)








                        



                                


                            

Tribune. Bien qu’elle semble constituer un épisode isolé, l’affaire Benalla, qui devient de plus en plus l’affaire Macron, suscite diverses réflexions sur le modèle démocratique et sur le contrôle du pouvoir. Les faits principaux sont assez simples : un jeune homme, jusque-là inconnu, œuvre comme « conseiller en sécurité » du président de la République sans avoir reçu – semble-t-il – de formation spécifique. Il escorte et accompagne le chef de l’Etat en toutes circonstances.
En échange de ce service, il obtient avec une rapidité incroyable des privilèges féodaux : un grade militaire disproportionné (il est fait lieutenant-colonel à l’âge de 26 ans), un appartement de fonction dépendant du palais de l’Elysée, un salaire important, une voiture avec chauffeur et… les insignes de la police (usurpés, puisqu’il n’est pas policier). Il les endosse pour s’adonner à une sorte de hobby sinistre : se déguiser en agent et cogner, à loisir, des manifestants du 1er-Mai.

Or, cette montagne d’abus n’a pas été découverte par le président, que cet homme accompagne pourtant partout, à un mètre de distance, et qui ne peut donc pas ne pas le connaître. C’est Le Monde qui a révélé l’affaire, le mercredi 18 juillet, en réunissant des preuves accablantes.
L’opposition s’insurge. Le président, en revanche, attend le 20 juillet pour licencier le jeune homme et se contente d’annoncer, dans un premier temps, que « les coupables seront punis ». Quand il se décide enfin à parler, il commet une erreur monumentale : il introduit, dans le discours public, la question explosive des préférences sexuelles du chef de l’Etat, laissant ainsi libre cours à une discussion dont la conclusion est imprévisible. Comme si cela ne suffisait pas, il défie l’opinion publique (« qu’ils viennent me chercher ! »).
Promesses imprudentes
Les deux enquêtes en cours (parlementaire et judiciaire) apporteront d’autres éléments...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-7">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ A la suite de la rencontre entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, les Européens doivent rester vigilants, car l’administration Trump entend toujours casser l’ordre commercial multilatéral, estiment le chercheur Charles Kupchan et le journaliste Edward Alden.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Après l’accord avec Washington, Bruxelles doit préparer un plan B »

A la suite de la rencontre entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, les Européens doivent rester vigilants, car l’administration Trump entend toujours casser l’ordre commercial multilatéral, estiment le chercheur Charles Kupchan et le journaliste Edward Alden.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h30
    |

Charles Kupchan (chercheur en relations internationales à l'Université Georgetown et au Council on Foreign Relations) et Edward Alden (membre du Co...







                        



                                


                            

Tribune. Au cours de leur rencontre, le 25 juillet, le président Donald Trump et le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker ont désamorcé, en tout cas pour l’instant, la menace de guerre commerciale entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Les deux dirigeants sont convenus de travailler ensemble pour éliminer les barrières entravant les échanges commerciaux. L’Europe s’est engagée à acheter plus de soja et de gaz naturel américains.
C’est une bonne nouvelle. Les deux parties se parlent. Une trêve sur l’instauration de nouveaux droits de douane a été conclue. Et plutôt que de qualifier l’UE d’« ennemi » comme il l’a fait lors de son récent déplacement en Europe, Trump s’est montré optimiste, annonçant « une nouvelle phase dans les relations entre les Etats-Unis et l’Union européenne ».
Mais l’Europe devrait se méfier. Bruxelles doit absolument s’engager dans des négociations commerciales avec Washington. Mais les Européens devraient garder à l’esprit la versatilité de Trump ainsi que son apparente détermination à démanteler l’ordre commercial multilatéral actuel. Le discours accommodant de Trump, il y a deux jours, n’a peut-être été qu’une manœuvre politique tactique visant à s’assurer le soutien des producteurs de soja américains qui pâtissent des représailles chinoises aux droits de douane américains. En outre, renégocier un nouvel accord commercial transatlantique soulève de formidables obstacles.
Définir une nouvelle feuille de route
L’administration Obama et l’UE ont travaillé sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) pendant des années pour un résultat nul. Et Trump a d’ores et déjà fait savoir qu’il souhaitait instaurer de nouveaux droits de douane sur les importations de véhicules européens.
L’UE doit donc élaborer un plan B. L’Europe et ceux de ses partenaires qui partagent son point de vue devraient définir une feuille de route afin...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-8">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Etre nature (7/7). Afin d’éviter les écueils du primitivisme – qui fait du retour à la nature l’unique recours – comme les impasses du transhumanisme – qui cherche à dépasser la nature humaine –,  le philosophe Alain Badiou propose de réactiver l’idée communiste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-9">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Delon en six films cultes (5/6). En 1970, un cinéaste au sommet de son art retrouve la star. Peu de mots entre eux tant la relation est fusionnelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-10">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤         

Chronique

Pape Diouf : « La France n’est jamais aussi forte que quand elle réunit tous ses atouts »

Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.

Par                                            Pape Diouf (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-07-26T15:17:31+02:00"

        Le 26.07.2018 à 15h17

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-07-27T12:15:46+02:00"

        Mis à jour le 27.07.2018 à 12h15






    
Kylian Mbappé (au centre) à l’entraînement avec ses coéquipiers à Istra, près de Moscou, en juin 2018.
Crédits : FRANCK FIFE/AFP


Chronique. La défaite totale et sans rémission de l’Afrique, avec l’élimination de ses cinq représentants dès le premier tour du Mondial russe, est à mettre en parallèle avec la victoire finale de la France, qui a compté dans son effectif un grand nombre de joueurs d’ascendance africaine. Comment ne pas éprouver une incontestable ambivalence de sentiments à l’heure de dresser le bilan ?

        Lire aussi :
         

                Pape Diouf : « Les équipes africaines ont été éliminées du Mondial parce qu’elles ont perdu leur esprit »



Aux Etats-Unis, où je viens de conclure un séjour d’une semaine, les gens se plaisent manifestement à « racialiser » le succès français. Jusqu’à Barack Obama, connu pourtant pour sa légendaire pondération et ses prises de position conciliantes, qui a déclaré malicieusement à l’occasion de son discours d’hommage à Nelson Mandela, le 17 juillet, à Johannesburg : « Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois… Mais ce sont tous des Français. » Cette forme de polémique, il faut en convenir, repose sur des faits bien réels et incontestables.

        Lire aussi :
         

                « Race » : la génétique face à ses démons



Sur les 23 joueurs retenus par Didier Deschamps pour disputer la compétition, douze ont des origines d’Afrique subsaharienne et deux du Maghreb. Un des frères de Paul Pogba joue avec la sélection guinéenne. Celui de Steve Mandanda avec la République démocratique du Congo. N’Golo Kanté, considéré à juste titre comme le meilleur milieu défensif de la Coupe du monde, a failli répondre à l’appel de l’équipe nationale du Mali. L’excellent parcours qu’il a effectué durant la saison 2015-2016 avec le club de Leicester City, avant de rejoindre Chelsea, a changé son destin. C’est in extremis qu’il a été rattrapé par le sélectionneur français.
Peu de Bleus « gaulois »
Exceptés Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, qui vit en Espagne depuis l’âge de 6 ans, Florian Thauvin, Antoine Griezmann, Olivier Giroud et Hugo Lloris, le groupe tricolore ne compte pas d’autres « Gaulois » puisque Thomas Lemar (né à Baie-Mahault en Guadeloupe), Raphaël Varane (originaire du Morne-Rouge en Martinique) et Alphonse Aréola (dont les parents viennent des Philippines) ont des origines « extra hexagonales ».
Loin des thèses épousées par les extrémistes de tout poil, de Jean-Marie Le Pen aux intellectuels en mal d’inspiration, cet état de fait démontre et illustre que la France n’est jamais aussi grande et performante que quand elle s’ouvre aux autres et qu’elle réunit tous ses atouts dans un même élan. Et quand elle ne met pas un mouchoir sur son histoire et sur la géographie.

        Lire aussi :
         

                Avec les Bleus, « l’Afrique championne du monde » ? La réponse efficace de Benjamin Mendy



Tous ces garçons qui ont hissé le pays sur le toit du monde ont en commun d’être français et ont légitimement été fêtés comme tels. Mais cette belle et heureuse parenthèse ne doit pas occulter cette réalité : il y a des Mohamed et des Mamadou qui n’ont pas la chance ni le talent de Pogba et Mbappé ! Le système scolaire, éducatif et ou social, les a laissés sur le bord de la route. Ils n’en sont pas moins français.
Pape Diouf a été président de l’Olympique de Marseille de 2005 à 2009.


<article-nb="2018/07/27/18-11">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’urgence d’apprivoiser le désert

Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
   





                        



                                


                            
Le 17 juin, comme chaque année depuis 1992, s’est déroulée à l’appel des Nations unies la Journée mondiale de lutte contre la désertification. Les derniers rapports publiés n’en finissent pas d’inquiéter : près d’un tiers des terres de la planète, soit 4 milliards d’hectares, sont des zones naturelles arides et semi-arides ­menacées par une dégradation combinée des sols et de la végétation – une désertification menaçant toute survie. Un cinquième de la population mondiale est concernée, soit 1,5 milliard d’habitants ; 800 millions d’entre eux sont sous-alimentés, ce qui grossit le nombre des migrants climatiques.
Dans de nombreux pays, l’urgence d’agir, politique ou civile, se fait donc sentir, tandis qu’architectes et urbanistes se mobilisent pour habiter et réaménager les déserts. Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui préfère ­s’inspirer de l’architecture vernaculaire – du latin vernaculus (« indigène ») plutôt que du clinquant des constructions postmodernes, à l’empreinte carbone lourde et aux matériaux coûteux.
Habitats bioclimatiques
S’inspirant de techniques bioclimatiques pour certaines millénaires – briques de boue séchée, tour de vent, pièces en sous-sol, réservoir – de nombreux architectes, qu’ils soient chinois (Wang Shu, prix Pritzker 2012), iranien (Kamran Diba), israélien (Matti Cones) ou marocain (Omar Benchekroun), ont commencé de reconquérir les déserts et les zones semi-arides. En France, l’association La Voûte nubienneforme des maçons locaux et développe depuis les années 2000 des programmes d’habitation durable en terre crue dans toute l’Afrique sahélienne. Elle a mené à bien 2 500 chantiers en 2016 et 2017.
Dans la même lignée, le prix Cook pour l’architecture du désert, du nom de l’Américain Jeffrey Cook, spécialiste de l’architecture « passive » (notamment en Arizona), est décerné chaque année à des habitats bioclimatiques. En 2014, il a été remis à l’architecte béninois...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-12">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La mer, nouvelle terre d’accueil

Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Depuis une décennie, plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandais, Blue21, DeltaSync, Dutch Docklands, Water­studio, Monteflore, proposent une stratégie radicale pour s’opposer aux effets néfastes du changement climatique et à une montée des eaux menaçante (encore ­confirmée, le 25 juin, par une nouvelle étude de la revue scientifique Nature) : conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles – comme l’annonçait Jules Verne dans L’Ile à hélice (Hetzel) en 1895. Pour ces pionniers, habiter sur les mers sans reproduire les dégradations dont nous accablons la terre sera le grand chantier d’avenir de l’humanité. Certains l’appellent la « révolution bleue ».
Ecoutons l’ingénieur civil Rutger de Graaf, l’un des fondateurs de l’agence Blue21 : « La population mondiale continue de croître. Pour l’accueillir et la nourrir, nous sommes en train de convertir les écosystèmes les plus vitaux du monde en zones urbaines polluées et en exploitations agricoles intensives. Ce n’est plus soutenable. Alors que, sur l’eau, il y a de l’espace. »
Pour lui, les mers et les océans, soit 71 % de la surface terrestre, sont devenus « la nouvelle frontière », le territoire vierge où fonder des « nouvelles colonies maritimes » et inventer l’urbanisme et l’architecture du futur. « Prenez les grandes villes polluées du monde, continue-t-il, la plupart sont côtières : elles pourraient se développer sur l’eau. Des structures brise-lames les protégeraient des tempêtes. Des maisons flottantes s’adapteraient automatiquement à l’élévation du niveau de la mer. »
Nouvel écosystème urbain
L’enjeu n’est pas seulement de désengorger les grandes cités avec des quartiers maritimes, mais aussi d’assurer leur production alimentaire et de réduire les pollutions. Une étude prospective publiée, en mai 2017, par Blue21 et l’université des sciences...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-13">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vincent Callebaut : « Il faut des villes prônant une symbiose entre humains et environnement  »

L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Belge installé à Paris, l’architecte Vincent Callebaut, 41 ans, est une figure reconnue de l’urbanisme et l’architecture biomimétiques. En 2015, son projet global pour ­végétaliser Paris avec des gratte-ciel verts, « Paris Smart City 2050 », a fait sensation. En 2010, son projet pour Taïwan d’une tour écologique avec jardins suspendus, la Tao Zhu Yin Yuan Tower, l’avait emporté sur celui de la célèbre architecte irako-britannique Zaha Hadid.

Vous avez déclaré appartenir à une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes écoresponsables. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis né en 1977 à La Louvière, en Belgique, l’une des régions les plus pauvres d’Europe du Nord qui a subi de plein fouet la crise industrielle. Je fais partie de cette génération imprégnée d’insecticides, asphyxiée par les smogs urbains et ingurgitant les déchets plastiques qui infectent notre propre chaîne alimentaire.
En 2050, j’aurai 73 ans : la population mondiale comptera 9 milliards d’habitants, avant d’atteindre le pic des 12 milliards annoncé pour 2 100. Or, toutes les statistiques et les publications scientifiques s’accordent au­jour­d’hui à prédire que 70 % de la population mondiale vivra demain dans des villes en flux tendus – lesquelles sont responsables déjà de 70 % des émissions de gaz à effet de serre et concentrent des inégalités sociales de plus en plus fortes.
Alors, je me pose la question de ma génération : le monde va-t-il vraiment s’effondrer, ou bien allons-nous réussir à construire une civilisation et des villes « résilientes » prônant la juste symbiose entre les humains et leur environnement ?
Quelles nouvelles exigences cela implique-t-il pour l’architecture et l’urbanisme ?
L’écologie urbaine est une nécessité pour organiser la transition énergétique vers un monde durable et la résistance face à l’urgence climatique. A la croisée des innovations sociales et technologiques, quatre piliers...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-14">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ces nouveaux architectes verts qui font respirer les villes

Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 06h33
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ils sont nombreux, audacieux, souvent militants. Certains sont déjà des figures du XXIe siècle. Ils représentent une génération de jeunes architectes « asphyxiés » par nos grandes villes, qui veulent réintégrer l’urbanisme et l’architecture dans la biosphère. Ils se disent concernés et responsables, et on les comprend : d’après plusieurs études publiées lors de la Journée mondiale 2016 contre la désertification, 40 % de la consommation énergétique mondiale provient de la construction et de l’habitat.
Alors, ils rompent avec les recherches formelles et les édifices de prestige du postmodernisme pour inventer une architecture associée au génie civil, économe, attentive aux matériaux durables et recyclables, s’appuyant sur les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, évaporation), bioclimatique (épousant l’environnement et le climat) ou biomimétique (s’inspirant des cycles et du design de la nature). Une révolution.
Les nombreux projets prospectifs et les réalisations de cette nouvelle génération témoignent de leur ambition déclarée. Pour Vincent Callebaut, 41 ans, il s’agit rien de moins que de bâtir « une nouvelle civilisation ». L’objectif est de construire « des villes résilientes », mais aussi d’alléger la pression humaine sur la biosphère en commençant d’aménager les régions désertiques (30 % des terres à récupérer) et d’habiter les mers (71 % de la surface terrestre) de façon écologique. Un projet global, cherchant des solutions au niveau planétaire, qui se dessine trait à trait.
Etat d’urgence décrété
Le premier grand chantier décisif et colossal de ces nouveaux architectes est de transformer et dépolluer les grandes cités. Car l’état d’urgence est décrété. D’ici à 2030, les deux tiers de la ­population seront citadins. Or, 95 % de la population mondiale vit dans des régions dont la qualité de l’air n’est pas conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon le rapport...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-15">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Plus les libertés fondamentales semblent acquises, moins les citoyens s’y sentent attachés »

Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h05
    |

Chloé Morin (directrice de projets internationaux chez Ipsos)







                        



                                


                            
Tribune. A la fin du XXe siècle, de nombreux théoriciens pensaient qu’une fois affirmés dans un pays, les principes démocratiques — dont la garantie des droits humains ou l’existence de contre-pouvoirs et d’institutions représentatives — s’enracineraient, et qu’aucun retour en arrière ne serait ni possible ni jugé souhaitable par des citoyens nouvellement « libérés ».
La thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause
L’affirmation de l’universalité des droits humains était considérée comme si évidente et si désirable que nul n’avait songé que l’opinion publique — à travers son adhésion à ce que nous appelons aujourd’hui les mouvements populistes, ou bien à travers un retrait sur la sphère individuelle et une indifférence croissante pour la vie de la cité (phénomène qui faisait déjà partie des craintes exprimées par Tocqueville) — puisse un jour s’ériger en obstacle à cette affirmation. Une fois les institutions nécessaires à l’expression de la volonté populaire mises en place, les droits et libertés de chacun garantis, nul n’avait songé à se demander si le système démocratique pourrait nourrir en son sein les germes de sa destruction.
Pourtant, avec la montée des populismes dans de nombreux pays occidentaux, la thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause. Plutôt qu’à une « fin de l’Histoire », nous assistons, sans toujours en comprendre les causes profondes, à un recul de l’adhésion aux principes démocratiques dans de nombreux pays.
Paradoxe inquiétant
Ipsos a récemment réalisé pour l’ONG Human Rights Watch une vaste étude auprès des citoyens d’une trentaine de pays, afin de comprendre leur perception des droits humains et de leur importance. Cette étude met en évidence un paradoxe inquiétant : plus les droits humains et libertés fondamentales semblent acquis — et il convient ici de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-16">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les sciences du climat ont de nouveaux défis à relever »

Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h54
    |

Robert Vautard (Directeur de recherches au CNRS, Institut Pierre-Simon-Laplace et Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement)







                        



                                


                            
Tribune. Tempêtes en janvier, vague de froid en mars, pluies diluviennes en juin, vagues de chaleur en juillet…, le réchauffement climatique est-il donc plus rapide et plus fort que prévu ? Tout le monde se pose la question, car désormais beaucoup lient directement les événements météorologiques à un réchauffement sur le temps long. Or, un tel événement particulier ne peut pas être attribué au seul changement climatique, la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur et des fortes pluies ont changé.
Pourtant, la météo de 2018 a de quoi interpeller. Et si le changement climatique, en plus d’augmenter la probabilité de certains événements météo extrêmes, se manifestait aussi par des phénomènes radicalement nouveaux ? Que pourrait-on dire si la vague de chaleur actuelle en Scandinavie durait encore tout l’été, ou si la France connaissait un épisode caniculaire comme celui d’août 2003, mais deux ou trois degrés plus chaud encore ?

Bien que peu probables aujourd’hui, d’après ce que prédisent les simulations des « modèles de climat », ces scénarios auraient des conséquences importantes, et nos sociétés, nos infrastructures, les espèces animales et végétales n’y sont pas préparées. La sécheresse sans précédent qui a frappé récemment l’Afrique du Sud en est un exemple.
Enchaînement de phénomènes météorologiques extrêmes
Depuis le début de l’année 2018, les phénomènes météorologiques extrêmes s’enchaînent en Europe. Mais la dernière séquence, depuis le mois de mai, est très particulière. Les vents, d’habitude circulant d’ouest en est, sont « bloqués » par un anticyclone chaud qui stationne sur la Scandinavie, rejetant les perturbations océaniques soit au nord de la Scandinavie, soit dans les régions méditerranéennes. Ainsi il a pu faire plus chaud et sec à Stockholm qu’à Casablanca !
Les séries d’observations météorologiques, homogènes, ne remontent qu’à un demi-siècle en général
Cette situation est à l’origine des pluies...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-17">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : l’habile tour de passe-passe de Macron

Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h25
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron assume. En s’exprimant pour la première fois, mardi 24 juillet, sur les faits de violence du 1er-Mai pour lesquels son collaborateur Alexandre Benalla a été mis en examen, il a proclamé, devant des députés de sa majorité : « Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » « S’ils veulent un responsable, a-t-il poursuivi, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. » Le chef de l’Etat s’est abstenu d’identifier ces « ils ». Les médias ? Les juges ? Les parlementaires ? Les Français ?
Le président assume donc sa responsabilité personnelle et il récuse la « République des fusibles ». Cette responsabilité tient essentiellement à la confiance qu’il a naguère prodiguée à M. Benalla. Il a marqué sa « déception » et dénoncé sa « trahison ».
Mais, en même temps, applaudi par ses fidèles, il a fait l’éloge de son collaborateur, saluant son « courage », son « talent », son « engagement » (à quatre reprises) et même sa « dignité ». Alors que des enquêtes, judiciaires, parlementaires, sont toujours en cours, il a plaidé responsable, mais pas coupable, des fautes et des erreurs qui ont émaillé cette affaire. Une posture que M. Macron peut afficher d’autant plus facilement qu’il est protégé par la Constitution.

Plus jupitérien que jamais, M. Macron a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs. Il voit dans cette affaire « un spectacle où la tentation pour presque tous les pouvoirs est de sortir de son lit ». Ses accusations sont graves.
« L’autel de l’émotion populaire »
La presse ? Elle « ne cherche plus la vérité » et « veut devenir un pouvoir judiciaire qui a décidé qu’il n’y avait plus de présomption d’innocence ». La justice ? Il se dit attaché à ce qu’elle fasse son travail. Mais il relève un « problème de fonctionnement », avec des auditions et des recherches qui sortent « à la seconde même dans la presse ». Le pouvoir législatif ? Il est tenté, énonce-t-il en visant plus particulièrement la « coalition baroque » des oppositions, « de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire ».

        Lire aussi :
         

                Les questions que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla



M. Macron s’est ainsi livré à un habile tour de passe-passe. Tout en se défendant de sacrifier des collaborateurs sur « l’autel de l’émotion populaire », il a reconnu la gravité des faits reprochés à M. Benalla et entend corriger les dysfonctionnements observés. Mais, en même temps, il a cherché à faire disparaître la crise que l’affaire a générée. Paradoxalement, en tentant de faire baisser la pression, il a admis en creux l’importance de la crise que traverse l’exécutif.
En malmenant les contre-pouvoirs, en laissant planer des zones d’ombre, des imprécisions, des omissions, voire des contradictions, le président de la République fait un pari osé. Le résultat de sa contre-attaque pourrait aboutir à l’inverse de l’objectif recherché et mettre de l’huile sur le feu en galvanisant ses oppositions. M. Macron espère sans doute que l’été apaisera la fièvre et que le Parlement reprendra à la rentrée le chemin de la réforme constitutionnelle. Mais il n’est pas sûr qu’il ait rempli son rôle de gardien des institutions.

        Lire aussi :
         

                Entretien exclusif : Alexandre Benalla livre ses vérités






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-18">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il n’y a pas de doute : dans le futur, les vagues de chaleur seront plus fréquentes, plus intenses »

Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h42
    |

Hervé Le Treut (professeur à la Sorbonne Université et à l'Ecole polytechnique, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace et membre de l'Académi...







                        



                                


                            

Tribune. Chaque fois qu’un épisode de canicule touche la France ou une autre région sensible et emblématique à la surface de la planète, la même question, légitime et importante, revient : l’action de l’homme est-elle en cause ? Et, chaque fois, la réponse des scientifiques reste malaisée et difficile. Cette difficulté peut surprendre, parce que nous savons désormais beaucoup de choses sur l’évolution future du climat. Elle tient en fait à la difficulté particulière des problématiques climatiques, lorsque le contexte est d’ordre local et événementiel.
Un petit retour en arrière est nécessaire pour bien toucher du doigt ce problème. Les premières alertes sérieuses sur le climat de la Terre sont venues dès la fin des années 1970. Le rapport à l’Académie des sciences américaine, coordonné par le professeur Jule Charney, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), anticipait en 1979 des changements dans la température globale de la planète pouvant atteindre plusieurs degrés si le niveau atmosphérique du CO2 (et des autres gaz à effet de serre) venait à doubler. Ces résultats, issus de modèles numériques complexes, ont anticipé d’une vingtaine d’années la mise en évidence de ce réchauffement global dans l’atmosphère réelle, qui est devenu perceptible avec un haut niveau de certitude vers la fin des années 1990.

Nous savons par ailleurs que les gaz à effet de serre restent pour la plupart très longtemps dans l’atmosphère : un surplus de CO2 introduit à un instant donné dans l’atmosphère n’aura disparu que de moitié après cent ans, et nous ne disposons pour le moment d’aucune méthode prouvée pour accélérer le temps très long qui permet à l’atmosphère de se « nettoyer ». Nous cumulons donc des émissions de gaz à effet de serre qui, par ailleurs, ont été rapidement croissantes : 1 milliard de tonnes de carbone par an immédiatement après la seconde guerre mondiale, 10 milliards aujourd’hui. Le réchauffement futur et toutes...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-19">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, les opérations « Serval », « Barkhane » et l’accord d’Alger, signé entre Bamako, les séparatistes touareg et d’autres groupes armés, n’ont fait qu’instrumentaliser les luttes intertouareg
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Au Mali, le chaos résulte d’une succession de faux pas de la diplomatie française »

Pour Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, les opérations « Serval », « Barkhane » et l’accord d’Alger, signé entre Bamako, les séparatistes touareg et d’autres groupes armés, n’ont fait qu’instrumentaliser les luttes intertouareg



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
    |

Nicolas Normand (ministre plénipotentiaire honoraire, ancien ambassadeur au Mali, au Congo et au Sénégal, ancien directeur-adjoint de l’IHEDN)







                        



                                


                            

Tribune. Au Mali même, « homme malade » du Sahel, on ne compte pas moins, aujourd’hui, de dix-sept groupes politico-militaires, en dehors même de la nébuleuse djihadiste, ainsi que quatre armées dont trois étrangères. On observe parallèlement une montée continue des attaques et attentats terroristes depuis la signature, en 2015, de l’accord dit « de paix », issu du processus d’Alger, la France ayant curieusement délégué à l’Algérie, au rôle pourtant problématique dans la crise malienne, le traitement politique de la « paix » imposée par l’intervention française « Serval » de 2012. A notre avis, la situation calamiteuse au Mali résulte en bonne partie d’une succession de faux pas de la diplomatie française, entérinés par la communauté internationale.
Cependant, le principe même d’une intervention militaire de la France pour stopper l’avancée vers le centre du Mali d’une colonne de groupes djihadistes, en janvier 2013 (opération « Serval ») était judicieux. Inversement, la décision française de ne pas intervenir en Centrafrique, lorsqu’une colonne de rebelles (la Séléka) descendait vers Bangui, en mars 2013, a entraîné de très graves conséquences (une situation « prégénocidaire ») qui auraient pu et dû être évitées.
Des modalités problèmatiques
Mais ce sont les modalités de l’intervention de « Serval » et ses suites politiques qui paraissent problématiques, car une série de difficultés en résulte en effet directement. D’abord, dans le cadre de « Serval », on avait cru bon de faire un distinguo entre les différents groupes armés, certains (les bandes narco-sécessionnistes plus ou moins « laïques ») étant qualifiés de « politiques » et les autres, trafiquants d’inspiration islamique ou djihadiste, dominants sur le terrain, étant assimilés, à tort ou à raison, à des terroristes. En réalité, il n’y a pas de bons groupes armés dans un Etat démocratique, et chacun aurait dû être neutralisé ou au moins contraint à un désarmement immédiat.
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/07/27/18-20">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Selon le journaliste Mohamed Fall Oumeir, le nouveau commandant mauritanien du G5 Sahel doit être exigeant dans la composition et la gestion de ses bataillons.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤         

Point de vue

« La force conjointe du G5 Sahel ne doit pas être un supplétif de l’opération Barkhane »

Selon le journaliste Mohamed Fall Oumeir, le nouveau commandant mauritanien du G5 Sahel doit être exigeant dans la composition et la gestion de ses bataillons.

Par                Mohamed Fall Oumeir



LE MONDE
              datetime="2018-07-25T18:35:19+02:00"

        Le 25.07.2018 à 18h35






    
Un soldat malien monte la garde à l’entrée du QG de la force conjointe G5 Sahel, à Sévaré, le 30 mai 2018.
Crédits : SEBASTIEN RIEUSSEC/AFP


Tribune. La décision était attendue depuis la dernière rencontre entre les chefs d’Etat des cinq pays du G5 Sahel avec leur homologue français à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu les 1er et 2 juillet en Mauritanie. L’une des principales questions soulevées à cette occasion était le remplacement du commandement malien de la force conjointe du G5 Sahel et la nomination d’un Mauritanien et d’un Tchadien.

        Lire aussi :
         

                Un général mauritanien et un adjoint tchadien prennent la tête de la force du G5 Sahel



Le président français Emmanuel Macron avait insisté pour inscrire la question à l’ordre du jour. Le général malien Didier Dacko et son adjoint, le colonel major burkinabé Yaya Séré devaient céder leurs places au plus vite. L’attaque, le 29 juin, du PC de la force conjointe à Sévaré au Mali justifiait largement les critiques formulées à l’encontre de ce commandement.

        Lire aussi :
         

                Les djihadistes maliens s’invitent au sommet de l’Union africaine



Le général Hanenna Ould Sidi, jusque-là chef d’état-major adjoint des armées mauritaniennes, et le général tchadien Oumar Bikimo, ont donc été désignés par leurs pays respectifs pour commander la force.
Tous deux ont été choisis sur la base de leur expérience et de leur notoriété, tant dans leurs pays que dans la région concernée.
Force de frappe et dialogue
Le général Hanenna Ould Sidi a participé aux premières expéditions punitives engagées par la Mauritanie contre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien), devenu Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Il a été chef du contre-espionnage, le cœur du renseignement militaire mauritanien, avant d’être désigné adjoint du chef d’état-major des armées, poste qu’il occupait jusqu’à présent.
Les efforts consentis par la Mauritanie en vue de mettre à niveau son armée pour faire face aux menaces terroristes ont certainement porté. Quand la garnison de Lemgheity (nord-est) avait été attaquée le 5 juin 2005, la Mauritanie était incapable d’organiser une expédition punitive dans le nord du Mali. Mais le renversement du régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi en 2008 par Mohamed Ould Abdel Aziz, l’actuel président, et la reprise des attaques contre la Mauritanie en septembre de la même année, ont poussé le pays à s’occuper sérieusement de la sécurisation de son espace.

        Lire aussi :
         

                En Mauritanie, un retour au calme sous surveillance



Une opération de restructuration de l’armée fut engagée, ainsi qu’une guerre ouverte contre le terrorisme, qui devait s’étendre jusqu’en 2011 avec des incursions en territoire malien.
Parallèlement, la Mauritanie a engagé une approche intellectuelle visant à remettre en cause les fondements idéologiques et les lectures fallacieuses des textes de base de l’islam. Ce qui a permis le repentir d’une soixantaine de prisonniers djihadistes, libérés et jamais retournés au combat.
L’ensemble de cette approche alliant force de frappe et dialogue en vue de contenir la propagande idéologique, constitue la stratégie mauritanienne qui a permis au pays d’éviter le pire et d’être épargné par les attaques terroristes.
Dialogue
Fort de cette expérience, le commandement mauritanien peut inspirer sur le théâtre malien. D’abord en faisant respecter les critères d’évaluation des bataillons proposés par chaque pays pour constituer la force conjointe du G5.
Il ne faut pas accepter des bataillons formés par une communauté donnée. Dans un espace où chaque groupe cherche à se protéger, voire à prendre le dessus sur les autres, il est dangereux d’intégrer dans cette force conjointe des unités qui ressemblent plus à des milices qu’à une armée nationale régulière. Les exactions qui peuvent être commises le seront au nom du G5, ce qui pourrait aliéner la relation avec les populations. L’objectif étant de rétablir la confiance entre les forces armées et la population, il importe de fermer les portes à toutes les dérives en les sanctionnant sévèrement. Rompre définitivement avec l’impunité qui règne actuellement.
Il faut engager un dialogue avec les représentants des communautés susceptibles d’accueillir et de soutenir les mouvements armés. Pour ce faire, le G5 Sahel doit accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Alger en 2015 entre le gouvernement malien, les séparatistes touaregs et d’autres groupes armés, qui tarde à être appliqué. Le futur gouvernement malien doit s’engager là-dessus.

        Lire aussi :
         

                Application de l’accord de paix au Mali : le temps presse



Ce dialogue doit aussi toucher l’ensemble de la société malienne pour permettre, à terme, une adhésion populaire au plan de paix.
Si les actions d’accompagnement de la mise en place de la force conjointe du G5 ne sont pas entreprises, son échec est prévisible. Elle ne sera qu’une force supplétive de l’opération française « Barkhane ».
Quand elle est intervenue en 2013 au Mali, la France avait voulu stopper l’avancée djihadiste au sud, puis libérer le nord occupé par différentes milices : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ansar Eddine, autre expression du nationalisme touareg, AQMI avec ses nuances multiples (Al-Mourabitoune, Emirat du Sahara, Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest). Aujourd’hui, la plupart de ces mouvements sont regroupés au sein d’une nébuleuse appelée Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), dirigé par le Touareg malien Iyad Ag-Ghali et dont les principales figures sont des autochtones bien enracinés dans le tissu socia malien. Ils frappent encore durement et entendent élargir le théâtre de leurs opérations à tout l’espace ouest-africain.
Le défi est grand. La menace, encore plus réelle que par le passé. Il faut du courage et de la détermination pour relever ce défi et juguler la menace.
Mohamed Fall Oumeir est un journaliste mauritanien, directeur de publication du journal « La Tribune »

