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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Selon la « police des polices », Laurent Simonin, chef d’état-major adjoint de la direction de l’ordre public et de la circulation, a « donné rendez-vous » à M. Benalla le 1er mai « sans solliciter d’autres garanties ».
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Affaire Benalla : le rapport de l’IGPN souligne la responsabilité d’un haut gradé

Selon la « police des polices », Laurent Simonin, chef d’état-major adjoint de la direction de l’ordre public et de la circulation, a « donné rendez-vous » à M. Benalla le 1er mai « sans solliciter d’autres garanties ».



Le Monde
 |    27.07.2018 à 18h02
   





                        



   


Le rapport de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), commandé par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, à la suite de la révélation d’une vidéo montrant l’ex-conseiller de l’Elysée Alexandre Benalla frappant des manifestants le 1er mai à Paris, livre ses premiers enseignements, vendredi 26 juillet. Selon ce rapport, l’un des hauts gradés de la préfecture de police n’avait « pas évoqué » avec sa hiérarchie la présence de M. Benalla comme observateur aux côtés des policiers le 1er mai.
« Il apparaît certain » que le chef d’état-major adjoint de la direction de l’ordre public et de la circulation, Laurent Simonin, « n’a pas évoqué avec son directeur la présence de M. Benalla sur le dispositif », estime l’IGPN.

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Benalla proche des policiers
« Sans solliciter d’autres garanties, convaincu de la véracité des dires de son interlocuteur [M. Benalla] et sans évoquer plus avant sa présence en tant qu’observateur sur le service d’ordre avec ses supérieurs hiérarchiques », M. Simonin « lui a donné rendez-vous le 1er mai, en début d’après-midi, à la préfecture de police », a relevé le rapport de la « police des polices », qui évoque la proximité entre M.  Benalla et des policiers chargés de l’ordre public dans la capitale.
Laurent Simonin et deux autres hauts gradés de la préfecture de police de Paris ont été mis en examen, soupçonnés d’avoir transmis à M. Benalla des images de vidéosurveillance de l’incident du 1er mai.

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L’IGPN met également en avant « le positionnement hiérarchique insuffisant du fonctionnaire référent », en l’occurrence le major Philippe Mizerski, le policier chargé d’encadrer M. Benalla ce jour-là. Dans plusieurs vidéos, celui-ci semble embarrassé par l’attitude d’Alexandre Benalla qui, en tant que collaborateur de l’Elysée, était considéré comme un « personnage de première importance » lors de la manifestation. 

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Enfin, l’IGPN recommande de fixer des règles pour l’accueil d’observateurs, estimant que les événements survenus le 1er mai « illustre[nt] la nécessité de formaliser dans une note cadre les grands principes qui doivent présider à l’accueil d’observateurs ». L’IGPN propose ainsi d’élaborer une « convention-type adaptable » et une « charte générale de l’observateur », deux propositions auxquelles Gérard Collomb, s’est dit favorable ; le ministère de l’intérieur a également fait savoir que les futurs observateurs immergés dans les services de police et de gendarmerie devront porter un « signe distinctif ».
Le 1er mai, M. Benalla portait notamment un brassard « police ». Outre les enquêtes judiciaire et administrative, deux enquêtes parlementaires ont été ouvertes pour faire la lumière sur l’affaire Benalla.


Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Prostituée et militante, Dinah Bons est l’une des consultantes de Proud, le syndicat des travailleuses du sexe des Pays-Bas, qui fait de la prévention et du conseil juridique.
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A Amsterdam, les travailleuses du sexe luttent contre le VIH et pour leurs droits

Prostituée et militante, Dinah Bons est l’une des consultantes de Proud, le syndicat des travailleuses du sexe des Pays-Bas, qui fait de la prévention et du conseil juridique.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 18h02
    |

            Paul Benkimoun (Amsterdam, envoyé spécial)








                        



                                


                            

En cette soirée caniculaire de juillet, De Wallen, le quartier chaud d’Amsterdam au centre de la ville, plus connu internationalement sous le nom de Red Light District (Quartier rouge), est encore plus chaud que d’habitude. Même en semaine, des flopées de touristes en tee-shirt et short viennent s’y encanailler. Parfois en visite organisée, le plus souvent en petits groupes ou en couple, ils arpentent les rues de cette zone où le sexe se vend ouvertement et s’expose dans des vitrines aux lumières et rideaux rouges. Les bars sont bondés. Les rues aussi.
De temps en temps, dans les grappes de badauds qui déambulent, une personne s’arrête. Une femme, smartphone à la main, veut immortaliser l’image d’une de ces travailleuses du sexe, qui invitent du regard le client à franchir la porte de leur local. Le sexe est peut-être en vitrine, mais les personnes qui se prostituent n’apprécient guère ces touristes qui se croient au zoo.
La porte s’ouvre, les insultes fusent, le contenu alcoolisé d’un verre vole vers l’importune, arrosant au passage quelques collatéraux. Sous les invectives, la touriste prend des airs innocents, penauds, mais non contente de ne pas effacer les photographies volées s’empresse de les envoyer par WhatsApp à des amis. Frissons garantis. Une scène qui se reproduit quelques instants plus tard avec d’autres protagonistes. Et doit probablement se répéter tous les jours.
« Le sexe, c’est avec une capote ou rien »
Au cœur du Red Light District, au tournant d’une ruelle se trouve le PIC. Le Prostitution Information Center a pignon sur rue. Créé en 1994 par une ancienne prostituée, Mariska Majoor, il est un lieu d’accueil, de détente, de ralliement. Une halte où les travailleuses du sexe, femmes ou transgenres, viennent aussi s’informer. Pas un lieu de travail. Entre boutique et café, ses murs aux couleurs vives égayent l’ambiance, parfois de façon exubérante, mais servent aussi à l’affichage d’événements.
« Nous voulions être...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Depuis la mi-juillet, la situation des futurs étudiants évolue lentement sur la plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, malgré les tentatives du ministère de l’enseignement supérieur de remettre de l’huile dans les rouages.
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Parcoursup : avant la trêve estivale, un quart des candidats n’est pas encore fixé

Depuis la mi-juillet, la situation des futurs étudiants évolue lentement sur la plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, malgré les tentatives du ministère de l’enseignement supérieur de remettre de l’huile dans les rouages.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h29
    |

            Camille Stromboni








                        



   


La situation des candidats à l’enseignement supérieur demeure relativement figée, à la veille de la trêve estivale, alors que les dernières universités ferment leurs portes. Sur les 812 000 lycéens et étudiants en réorientation inscrits sur la nouvelle plate-forme d’admission Parcoursup, 58 % d’entre eux, soit 593 800 jeunes, ont définitivement validé leur orientation, selon les indicateurs en date du 27 juillet.
Un quart des candidats n’est en revanche pas encore fixé sur sa formation pour la rentrée. 123 800 ont reçu une proposition mais maintenu d’autres vœux en attente et 71 200 n’ont encore obtenu aucune réponse favorable.
Le ministère de l’enseignement supérieur a beau avoir changé sa méthode d’affichage dans le tableau de bord publié quotidiennement sur la plate-forme, les chiffres sont têtus. Parmi ceux qui n’ont reçu aucune proposition, 53 700 apparaissent désormais comme des « inactifs », définis comme des « candidats qui sont contactés par les équipes de Parcoursup pour identifier leurs souhaits pour la rentrée » mais qui n’ont pas répondu à ces sollicitations. Cette nouvelle dénomination a été introduite le 23 juillet sur le tableau de bord de Parcoursup, alors que la colonne des jeunes « sans-places » refusait désespérément de diminuer.

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Les chiffres ont en effet toute leur importance. Parcoursup vit sa première année d’existence, à la suite de la réforme menée tambour battant par la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur les cendres de l’ancien système Admission post bac (APB). A la même période en 2017, au 21 juillet, 65 431 candidats étaient sans aucune proposition sur APB. La ministre évoquait alors un « énorme gâchis ». Cette fois-ci, le ministère ne cesse d’assurer que la procédure se déroule de manière satisfaisante, arguant que les nouvelles règles de ce processus désormais en continu rendent la comparaison caduque.
Mais une nouvelle catégorie s’ajoute à ces habituels « sans-facs » de l’été : celle des bacheliers qui ont reçu une proposition mais ont choisi de conserver d’autres vœux pour lesquels ils figurent en liste d’attente. Sur Parcoursup, les vœux d’orientation ne sont plus hiérarchisés comme sur APB, où le candidat recevait seulement la réponse favorable pour celui le plus haut de sa liste. Désormais, il reçoit et répond, au fil de l’eau, aux propositions des formations.
Ces 123 800 candidats qui attendent sont-ils totalement insatisfaits du vœu obtenu et attendent-ils une formation qui leur conviendra mieux ? Maintiennent-ils des vœux en attente par simple curiosité de voir s’ils y seront, in fine, acceptés ? Ce comportement inattendu des lycéens – en tout cas dans une telle proportion – participe à gripper la machine.
« Surbooking »
La situation est suffisamment engorgée pour que le ministère ait tenté d’accélérer les choses. Tout d’abord en affichant, depuis le 12 juillet, les taux de remplissage des formations. Beaucoup ont interprété cela comme une manière de décourager les candidats de maintenir leurs vœux en attente. En effet, la plupart des formations apparaissaient remplies à près de 100 %, l’indicateur ne distinguant pas les candidats y ayant validé définitivement un vœu de ceux qui maintenaient en parallèle d’autres vœux.

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A la mi-juillet, le ministère est passé à la vitesse supérieure en Ile-de-France, où la situation serait la plus bloquée : il a enjoint les universités franciliennes, par le biais des rectorats puis par courrier, à pratiquer un taux de remplissage supérieur de 10 % dans l’ensemble de leurs licences. Mais d’une manière quelque peu cavalière : il a appliqué ces taux par défaut dans la machine Parcoursup, alors que jusqu’ici, les licences fixaient elles-mêmes cette « surréservation ».
« Habituellement, en septembre, il y a environ 10 % de défections, expliquait le ministère au Figaro, le 25 juillet. Des places que les universités réaffectent par la suite. Cette année, nous avons demandé aux établissements parisiens de faire, dès maintenant, le “surbooking” qu’ils font habituellement à la rentrée. »
Des places créées au fil de l’eau
Une manière bien optimiste de voir les choses, jugent certains dans le monde universitaire. Personne ne sait si les « évaporés » des étés précédents vont faire défection de la même manière. Le risque pour les facs est de devoir accueillir des candidats supplémentaires, si tous ceux qui reçoivent une proposition grâce à ce « surbooking » l’acceptent et se présentent à la rentrée.
« On nous a appliqué ce taux minimum de manière automatique partout, mais ce n’est pas possible dans certaines licences sous tension, comme les Staps ou les sciences de la vie, s’énerve Olivier Oudar, vice-président de l’université Paris-XIII, qui souligne que son établissement a déjà fait un effort maximum en ouvrant plusieurs centaines de places supplémentaires en juillet. Nous ne pouvons pas pousser plus les murs, même avec les moyens supplémentaires promis par le ministère, qui ne sont pour l’instant qu’une promesse. » 
Chez certaines organisations étudiantes, en revanche, on voit la mesure d’un bon œil. « Si des formations doivent aller au-delà de leur capacité, cela se verra en septembre, et la ministre a justement annoncé le financement 10 000 places de plus », soutient le président de la Fédération des associations générales étudiantes, Jimmy Losfeld. Ces places sont créées au fil de l’eau, mais des licences aux IUT, les responsables ne manquent pas de faire part de l’impossibilité de recruter les enseignants et trouver les locaux dans un délai aussi court…
« Pas de véritable déblocage avant septembre »
Pour l’instant en tout cas, ce « petit appel d’air des 10 % a vite été résorbé, Parcoursup a repris son rythme très lent », constate Gilles Roussel, à la tête de la Conférence des présidents d’université, lui-même président de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Au sein de la communauté universitaire, rares sont ceux qui espèrent encore un désengorgement dans les semaines à venir. « Etant donné les très faibles flux de places qui se libèrent chaque jour, nous n’espérons pas de véritable déblocage avant le 6 septembre », confie M. Roussel. A cette date, la procédure principale de Parcoursup va s’achever, ce qui devrait remettre dans la machine la totalité des places maintenues en attente jusque-là.
D’ici là, un constat reste largement partagé, des BTS aux DUT et classes prépas, en passant par les universités. « Nous sommes toujours très en retard sur le remplissage de nos formations et sur les inscriptions de nos futurs étudiants », résume M. Roussel, qui évalue à 60 % la part de oui définitifs reçus dans les licences universitaires, habituellement presque remplies à cette période.
Peu de changements sont attendus du côté des filières sélectives (BTS, prépas…) dans les prochaines semaines : contrairement aux universités, appelées à rester en veille sur Parcoursup tout le mois d’août, ces dernières ferment leurs portes durant environ un mois. Cela va repousser d’autant les potentielles réponses aux candidats qui y postulent en procédure complémentaire. Quant aux commissions rectorales, qui traitent les dossiers des jeunes recalés, elles sont elles aussi nombreuses à fonctionner au ralenti, ou à l’arrêt, durant la trêve estivale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Trois magasins n’avaient pas été cédés dans les délais impartis par l’Autorité de la concurrence.
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Fnac Darty condamné à 20 millions d’euros d’amende

Trois magasins n’avaient pas été cédés dans les délais impartis par l’Autorité de la concurrence.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h19
   





                        


L’Autorité de la concurrence a annoncé vendredi 27 juillet qu’elle infligeait à Fnac Darty une amende de 20 millions d’euros pour ne pas avoir vendu dans le temps imparti trois des six magasins que le groupe était tenu de céder pour voir validé le rapprochement des deux enseignes.
Elle a ordonné par ailleurs à Fnac Darty de céder deux autres établissements, les magasins Darty Montmartre et Darty Passy, « en substitution » de ceux qui n’ont pas été vendus à « un repreneur agréé » avant le 1er août 2017, date fixée par l’Autorité lors de son examen de l’opération, en 2016, précise un communiqué.

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« Dans un environnement très concurrentiel pour le commerce physique, le groupe a fait ses meilleurs efforts pour exécuter les décisions demandées par l’Autorité », dit un communiqué du groupe, réagissant à la décision de la haute autorité de la concurrence. Fnac Darty a par ailleurs dit examiner « toutes les voies de recours à sa disposition pour contester le montant disproportionné de la sanction ». 
C’est la première fois que l’Autorité de la concurrence sanctionne une entreprise pour non-respect des engagements structurels conditionnant une opération de concentration. « Lorsqu’une entreprise prend des engagements devant l’Autorité de la concurrence, [...] elle doit comprendre qu’elle a une obligation de résultat. » Le non-respect des engagements « a empêché les consommateurs de bénéficier rapidement d’une nouvelle offre de produits électroniques à Paris », a argué la présidente de l’Autorité, Isabelle de Silva.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’affaire Benalla a également mis en lumière les limites des organismes de contrôle de la vidéosurveillance.
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Vidéosurveillance : des « comités d’éthique » sans pouvoirs, sans budget et, parfois, sans activité

L’affaire Benalla a également mis en lumière les limites des organismes de contrôle de la vidéosurveillance.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h43
    |

            Damien Leloup








                        



   


Qui surveille la vidéosurveillance ? Dans l’affaire Benalla, les vidéos du 1er-Mai sur la place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, filmées par une caméra de la préfecture de police, ont non seulement été conservées dans des conditions troubles, mais elles ont été transmises à Alexandre Benalla, qui dit les avoir lui-même remises à l’Elysée, avant que ces dernières apparaissent en ligne sur un compte Twitter militant pour La République en marche (LRM).
Or, ce n’est pas ce que prévoit la loi. Le cadre légal entourant la vidéosurveillance en France est strict. Les images ne peuvent être conservées que trente jours, hors enquête ; toute personne peut demander l’accès aux images le concernant ; seuls des agents habilités peuvent les consulter, et un certain nombre de conditions doivent être respectées, comme le fait de ne pas filmer l’intérieur de bâtiments. Mais les mécanismes de contrôle sont limités.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), le gendarme de la vie privée qui dispose de pouvoirs d’enquête et de sanctions dans ce domaine, croule sous le travail : son action couvre tant la vidéosurveillance publique que celle des entreprises. Et la vidéosurveillance n’est qu’une partie de son activité, puisque cet organisme public suit plus largement tous les manquements au respect de la vie privée. En 2017, elle a ainsi effectué 341 contrôles, secteurs public et privé confondus, dont « 47 concernant la vidéoprotection », selon son rapport annuel (PDF).
Avec deux cents employés et un budget annuel de 17 millions d’euros, impossible de tout suivre. Mais la CNIL a annoncé cette semaine avoir diligenté une enquête sur l’utilisation des images de la place de la Contrescarpe.

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Comités d’éthique plus ou moins fantômes
Au tournant des années 2010, lorsque plusieurs grandes villes, dont Paris, ont commencé à s’équiper massivement de caméras, élus locaux et nationaux ont décidé la mise en place de comités d’éthique. Paris a ainsi son comité d’éthique de la vidéoprotection, qui se réunit régulièrement, mais dont les pouvoirs sont très limités.
« Ce comité est utile, mais il est faible, note Pascal Julien, conseiller de Paris EELV, très critique envers la vidéosurveillance et qui siège au comité. L’affaire Benalla montre que des bandes [vidéo] ont été conservées plus d’un mois. Et que vaut le comité parisien, quand notre seule source d’information est la police ? Nous n’avons aucun pouvoir de sanction, et le comité n’est pas indépendant : jusqu’en 2014, et son ouverture à ma demande aux groupes politiques, la moitié des membres étaient nommés par la préfecture de police, et l’autre par la maire de Paris ! »
Pour autant, M. Julien juge que les comités d’éthique ont un rôle à jouer. « Cela nous permet de vérifier des choses, de soulever des problèmes. J’ai ainsi pu constater que certaines caméras anciennes ont des problèmes techniques pour flouter l’intérieur des bâtiments, ce qui est pourtant obligatoire. Que la procédure pour accéder aux images est quasiment impossible : j’ai moi-même essayé, comme un citoyen lambda, et je n’y suis pas parvenu ! Etonnez-vous, ensuite, qu’il n’y ait qu’une centaine de demandes d’accès chaque année… »
En l’absence d’un budget pour mandater des experts indépendants, le comité d’éthique parisien peut uniquement « essayer de mettre [la préfecture de police] face à ses contradictions », résume-t-il. La situation est similaire dans de très nombreuses villes, où des comités d’éthique ou de contrôle ont été instaurés, mais sans budget et sans réelle indépendance.
Ces comités ne sont pas obligatoires — Nice, l’une des villes comptant le plus grand nombre de caméras par habitant, n’en a pas. Dans la plupart des villes françaises en ayant mis en place, les membres sont nommés par la majorité municipale. Certaines grandes communes, comme Bourges, ont fait le choix d’ouvrir largement le comité à la société civile, mais le comité reste présidé par le maire. Surtout, en dehors des plus grandes agglomérations, rares sont les comités qui ont une réelle activité — faute de saisies par les citoyens, leurs réunions et rapports sont rares, quand ils existent.
A Lyon, le comité d’éthique n’avait reçu, en 2012, que… deux courriers en onze ans d’existence, portant de plus sur des caméras privées. Dans la majorité des cas, les citoyens mécontents saisissent directement la CNIL.
Une grande « commission nationale » peu active
Au niveau national, c’est la loi d’orientation et de programmation pour les performances de la sécurité intérieure, adoptée en 2011, qui a créé une Commission nationale de la vidéoprotection (CNV). Chargé d’une « une mission de conseil et d’évaluation de l’efficacité de la vidéoprotection », cet organisme, dans lequel siègent des élus, des personnalités qualifiées et un représentant de la CNIL, « émet des recommandations destinées au ministre de l’intérieur », et peut « se saisir d’office de toute difficulté tenant au fonctionnement d’un système de vidéoprotection ou de toute situation susceptible de constituer un manquement ». Des pouvoirs non négligeables, garantis par la loi, mais non assortis d’un budget.
Résultat, depuis 2012, c’est le silence radio : la CNV n’a publié aucun rapport d’activité. Sa composition, qui a évolué avec les départs en retraite et les changements électoraux, n’est même pas réellement publique : la page qui lui est consacrée sur le site du ministère de l’intérieur est protégée par un mot de passe. Selon les informations du Monde, aucune réunion de cette commission n’a eu lieu cette année.
La question ne devrait de toute manière plus se poser très longtemps : le Sénat a commencé à examiner, avant une adoption probable à l’automne, une proposition de loi simplifiant la présence des parlementaires dans des commissions extérieures aux assemblées. L’article 80 du texte prévoit la suppression pure et simple de la CNV.

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                Affaire Benalla : souriez, vous pouvez filmer




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Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ « Guérilla urbaine », selon Alexandre Benalla ; « rendez-vous convivial » pour les manifestants présents sur la place. Que s’est-il passé au cours du rassemblement en marge du 1er Mai ?
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : le déroulement des faits, le 1er mai, place de la Contrescarpe

« Guérilla urbaine », selon Alexandre Benalla ; « rendez-vous convivial » pour les manifestants présents sur la place. Que s’est-il passé au cours du rassemblement en marge du 1er Mai ?



Le Monde
 |    27.07.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 18h02
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



Il est 19 h 10, mercredi 1er mai, et, dans la rue Lacépède, donnant sur la place de la Contrescarpe, des jeunes, sourires aux lèvres, accueillent les CRS par une ola aussi ironique que bon enfant. Moins d’une heure plus tard, au même endroit, un homme — identifié le 18 juillet par Le Monde comme étant Alexandre Benalla — s’en prend violemment à deux personnes, sous le regard de plusieurs manifestants filmant la scène.
Une semaine après ces révélations, Emmanuel Macron est sorti de son silence, s’interroge sur le contexte de ces violences. « On ne voit jamais la scène d’avant ou la scène d’après, quel est le contexte, que s’est-il passé ? S’agissait-il d’individus qui buvaient gentiment un café en terrasse ? Que s’est-il passé juste ensuite ? J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non », a réagi mardi le président de la République.

        Les questions
         

          que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla



Présent dans le défilé du 1er Mai et place de la Contrescarpe quelques minutes avant les agissements de M. Benalla, Le Monde reconstitue ce rassemblement dans le Quartier latin, qui s’inscrivait alors dans une journée de tensions inédites. La préfecture ne souhaitant pas s’exprimer « au vu des affaires en cours », nous nous appuyons sur des témoignages et des vidéos de personnes présentes ce jour-là.
« Une journée très éprouvante »
A l’origine de ce rassemblement, les membres de la mouvance autonome — notamment le Comité d’action interlycéen et les collectifs interfacs — invitent, la veille de la manifestation, à « passer un moment convivial en partageant un apéro […] à la fin de la manif [du 1er Mai], vers 18 heures ».
C’est à cette heure-là que Sonia B. s’installe à la terrasse d’un café de la place du quartier touristique du 5e arrondissement. Elle est l’une des premières sur le lieu du rendez-vous. La jeune femme de 33 ans, qui n’a pas participé à la manifestation du 1er Mai, mais qui « soutient les demandes des militants », a décidé de « venir observer ce rendez-vous », en voyant l’appel au rassemblement sur le site Demosphère, qui répertorie les manifestations en France. La Polono-Américaine, qui vit en France depuis douze ans et habite le quartier, voit la place se remplir de manifestants visiblement soulagés d’avoir laissé derrière eux les lacrymogènes du pont d’Austerlitz.
« C’était une journée très éprouvante, on a été nassés sans raison, on a pris beaucoup de gaz, on a couru pour les éviter », rapporte Nicolas Lescaut, militant de La France insoumise et élu de l’UNEF. « De loin la manifestation la plus violente que j’ai connue », résume Renaud Delacroix, délégué syndical SUD-Santé Sociaux, qui est pourtant de « toutes les manifestations », citant celles du printemps 2016 contre la loi El Khomri et celles, plus récentes, contre les « lois Macron ». « Vu ce qu’on avait subi toute la journée, c’était bien de pouvoir se retrouver pour échanger, dans le calme », se remémore cet homme de 43 ans, qui travaille au sein de l’association Aides.

        Relire notre reportage
         

          lors de la manifestation du 1er mai




   


« Attitude hostile »
Si une poignée de manifestants ont pu accéder à la place sans se faire contrôler, la majorité d’entre eux, arrivés vers 19 heures, ont fait l’objet d’un filtrage par les forces de l’ordre, dont les effectifs se sont étoffés en début de soirée à mesure que le nombre de personnes souhaitant accéder à la place augmentait. « J’ai vu un jeune se faire refouler, simplement parce qu’il avait des lunettes de plongée dans son sac », commente Sonia B., qui déplore « une provocation inutile » des forces de l’ordre, vidéos à l’appui.
Nicolas Lescaut décrit, lui aussi, des « contrôles aléatoires et parfois humiliants ». Le militant insoumis mentionne également « les invectives violentes aux passants », comme cette mère souhaitant traverser la place avec sa poussette, et qui se serait vu rétorquer « dégage de là ! ».
A l’unisson, les manifestants estiment que c’est « la présence démesurée » de forces de l’ordre, le fait qu’elles empêchent des personnes supplémentaires d’accéder à la place et, selon Sonia B., « les méthodes de nasse utilisées par les CRS », qui ont fini d’« attiser les tensions ». En lisant l’interview de M. Benalla dans Le Monde — qui évoque un climat de « guérilla urbaine » sur la place — elle confie s’être « étouffée ». Jeudi 26 juillet, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises contre des policiers.

        La demande du procureur de Paris,
         

          qui exige des explications à la police sur les violences survenues place de la Contrescarpe



« Des jeunes avaient une attitude très hostile envers les policiers », reconnaît Nicolas Lescaut, qui évoque « en face » des policiers avançant vers la place en « bousculant les gens et les chaises ». Sur les vidéos tournées place de la Contrescarpe, on entend notamment des manifestants entonner des chants antipoliciers, comme « tout le monde déteste la police », « tous les flics sont des bâtards », ou encore « cassez-vous ! ».
Des canettes et des bouteilles de verre sont également jetées sur les forces de l’ordre, ce qui donne lieu à une première charge de police, vers 19 h 30, à grand renfort de gaz lacrymogène. « Les CRS ont répliqué en gazant, sans distinction, les gens assis par terre et les clients en terrasse », se souvient Renaud Delacroix, qui décrit un événement « très bref ».
Violences « tristement banales »
C’est là, peu avant 20 heures, que le couple molesté par M. Benalla intervient. Sur plusieurs vidéos, on voit les deux jeunes gens jetant chacun un projectile sur les CRS en faction sur la place. Puis, la jeune femme termine par un bras d’honneur. Alexandre Benalla et Vincent Crase, un gendarme réserviste employé par La République en marche et ponctuellement par l’Elysée, repèrent le couple, le désignent du doigt.

1er mai, à la place de la Contrescarpe. Dommage qu'on ne parle pas aussi de cette jeune femme qui s'est fait violen… https://t.co/iRFsKqIJ4V— scarletpolyglot (@Sonia B-C)


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Le chargé de mission à l’Elysée, casqué, s’avance, récupère la jeune femme au coin de la rue Mouffetard, et l’entraîne de l’autre côté de la place. Les forces de l’ordre, auxquelles Vincent Crase vient prêter main-forte, s’occupent du jeune homme. Les violences sont désormais connues de tous.
Les manifestants présents sur place disent qu’ils sont « choqués » par cette scène, mais surtout qu’ils y sont « habitués ». « C’est terrible à dire, mais quand on assiste souvent à des manifestations, ce genre de comportement de la part des forces de l’ordre est tristement banal, les réseaux sociaux regorgent de ce genre de vidéos », commente Renaud Delacroix pour expliquer que « l’affaire n’en était pas une avant que l’on apprenne qu’il ne s’agissait pas d’un fonctionnaire de police ». Et d’évoquer « le climat de violences policières » de ce printemps, citant l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes et celle de facultés, comme Tolbiac, à Paris.
Plus tard dans la soirée, le face-à-face entre manifestants et policiers s’est poursuivi dans le 5e arrondissement de Paris, jusqu’à environ 22 heures. Et de façon bien plus virulente selon Nicolas Lescaut, qui rapporte que des black blocs étaient cette fois présents. L’étudiant assure avoir assisté, « encore une fois », à des « scènes de violences policières ». Mais cette fois pas de vidéos. Et pas de M. Benalla.

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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Ceuta est l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Jeudi 26 juillet, plus de 600 migrants africains ont réussi à la franchir, espérant pouvoir déposer une demande d’asile auprès de l’Espagne.
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<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le 24 novembre 2017, un fauve d’un cirque parisien s’est offert ses seuls instants de liberté en effrayant des badauds dans les rues de la capitale. Avant de tomber sous les balles de son dompteur. Un fait divers insolite qui a relancé le débat sur la captivité des animaux sauvages.
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Le destin tragique de Mévy la tigresse


                      Le 24 novembre 2017, un fauve d’un cirque parisien s’est offert ses seuls instants de liberté en effrayant des badauds dans les rues de la capitale. Avant de tomber sous les balles de son dompteur. Un fait divers insolite qui a relancé le débat sur la captivité des animaux sauvages.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 13h40
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        

La queue. C’est la première chose que le policier a vue. Une queue longue et souple, annelée de noir, qui dépassait du grand drap blanc. Il a soulevé le tissu. L’animal, allongé sur le flanc droit, avait les yeux et la gueule entrouverts, du sang partout, rutilant, tout le long du corps, sur les pattes avant et le flanc gauche. Comme l’a fait avant lui le vétérinaire des sapeurs-pompiers, il n’a pu que constater son décès. Il n’y avait plus rien à faire.
Quelques minutes plus tôt, ce 24 novembre 2017, quand ses collègues ont entendu un message radio indiquant la présence d’un tigre en liberté dans le quinzième arrondissement parisien, aperçu par des passants d’abord sur l’esplanade Henri-de-France puis sur le pont du Garigliano, ils ont foncé.
De toute évidence, il s’agissait d’une urgence. Leur procès-verbal précise : « Faisons usage de nos moyens lumineux mais non sonores pour ne pas risquer d’effrayer la bête. » Arrivés sur place, autour de l’arrêt du tramway, pas trace du fauve, mais une poignée de riverains.
Certains sont affolés, beaucoup ont les yeux rivés sur leurs smartphones et partagent la nouvelle : un tigre se promène en plein Paris. D’autres encore s’amusent du message de la RATP : « Le trafic est interrompu sur l’ensemble de la ligne T3a en raison de la présence d’un tigre. »

Il y a aussi cette dame, employée de France Télévisions, surprise pendant sa pause par l’apparition du félin à un mètre d’elle. Un homme lui a hurlé « Venez derrière moi », et elle a obéi. C’est ce qu’il fallait faire, marcher lentement, tenter de rester calme même si elle ne pensait qu’à une chose : cette bête va me sauter dessus, elle va me dévorer, c’est ce que font les prédateurs aux hommes. Puis, le tigre et l’homme ont disparu.
C’est au pied des arbustes d’un petit sentier qui longe l’imposant bâtiment de verre de France Télévisions, entre le boulevard du Général-Martial-Valin et...




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<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Jeudi, en fin de matinée, le chef de l’Etat, a rencontré les habitants de La Mongie, la station de ski où, enfant, il passait ses vacances, avant d’inaugurer le « ponton du ciel » du pic du Midi de Bigorre. Un reportage de Vincent Nguyen.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/07/27/18-10">
<filnamedate="20180727"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180727"><AAMMJJHH="2018072718">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ « Mediapart » révèle que moins de douze heures après que, selon les dires d’Alexandre Benalla, les images ont été transmises à l’Elysée, plusieurs comptes de militants LRM en ont diffusé des extraits sur les réseaux sociaux.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : des militants macronistes ont diffusé les images de vidéosurveillance

« Mediapart » révèle que moins de douze heures après que, selon les dires d’Alexandre Benalla, les images ont été transmises à l’Elysée, plusieurs comptes de militants LRM en ont diffusé des extraits sur les réseaux sociaux.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 12h36
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


Les images de vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe ont-elles été instrumentalisées par l’Elysée ? C’est l’une des questions-clés de l’affaire. Dans un entretien au Monde, M. Benalla lui-même affirme avoir remis un CD-Rom contenant ces images à un responsable de la communication de la présidence de la République.
Ce 1er mai, une caméra de vidéosurveillance de la ville de Paris a filmé ce qui se passait sur la place – avant, pendant et après que M. Benalla frappe deux personnes. Malgré l’ouverture d’une enquête, le lendemain, par l’Inspection générale de la police nationale – à qui des images amateur avaient été transmises –, cette vidéo n’a pas été transmise aux enquêteurs de la « police des polices ».

        Comprendre
         

          pourquoi la question des images de vidéosurveillance est centrale



Elles ont pourtant été conservées, dans des conditions peu claires et alors que la loi prévoit leur suppression obligatoire au bout de trente jours, sauf en cas d’enquête. Elles ont également été transmises, juste après les premières révélations du Monde, à M. Benalla lui-même, qui affirme ne pas les avoir regardées, mais avoir transmis directement le fichier à Ismaël Emelien, conseiller spécial du président de la République.
Soupçon d’instrumentalisation
Qu’a fait la présidence de ces images ? « Je crois qu’ils ont essayé de la diffuser et de la fournir à des gens, pour montrer la réalité des faits », expliquait M. Benalla. Une enquête de Mediapart, publiée jeudi 26 juillet, montre qu’effectivement, des images issues des bandes de vidéosurveillance ont bien été diffusées en ligne, dès le lendemain matin. Le site d’investigation a retrouvé la trace de plusieurs comptes militants, qui ont publié ou retweeté une vidéo des images de vidéosurveillance.

@Libertarian_Soc @Romain_Pigenel Oui j'ai.. le voici 😉
— FallaitPasSuppr (@Fallait Pas Supprimer 📸)


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Diffusée initialement par le compte frenchpolitic, qui affiche les couleurs LRM, la vidéo a été reprise par plusieurs militants du parti, avec à chaque fois le même message : l’homme violemment interpellé par Alexandre Benalla aurait participé à des violences juste avant. Les messages contenant la vidéo ont depuis été supprimés. Mais leurs traces en ligne apportent du crédit aux déclarations de M. Benalla, et aux accusations selon lesquelles l’Elysée a tenté d’instrumentaliser des images obtenues de manière illégale. Trois policiers ont été sanctionnés pour avoir transmis les images en question à Alexandre Benalla.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le témoignage du patron de la direction de l’ordre public et de la circulation est mis en cause par l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron.
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Affaire Benalla : la délicate situation d’Alain Gibelin

Le témoignage du patron de la direction de l’ordre public et de la circulation est mis en cause par l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h03
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            
Parmi tous les fonctionnaires de police ou de gendarmerie qui ont défilé devant les parlementaires depuis le 23 juillet pour être auditionnés dans le cadre de l’affaire Benalla, Alain Gibelin, le directeur de la puissante direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la Préfecture de police de Paris, est sans doute l’un des moins haut placés. Mais son témoignage est aujourd’hui l’un des plus vivement contestés. En particulier par Alexandre Benalla, dont Le Monde a publié la version des faits, jeudi 26 juillet.
Une situation très inconfortable pour ce policier, visiblement ému au moment de sa deuxième audition. M. Gibelin a tout fait pour défendre sa bonne foi, jeudi, alors qu’il était de nouveau interrogé, à sa demande, par les députés, afin de rectifier sa première audition au cours de laquelle il avait fait une « erreur » en indiquant que M. Benalla avait participé à des réunions de travail durant la période où il était suspendu. Une affirmation aussitôt démentie par l’Elysée et puis par M. Gibelin lui-même, qui s’était ensuite excusé par écrit auprès de la commission d’enquête. Le patron de la DOPC a confirmé jeudi devant les parlementaires qu’il avait « mal entendu » la question de Marine Le Pen et commis de ce fait une confusion de date dont les députés lui ont donné acte. « Cela fait trente-trois ans que je me suis engagé au service de la République (…), c’est mon honneur qui est en jeu ! », s’est-il justifié.
Version réitérée
Mais à l’occasion de cette seconde audition, M. Gibelin a dû affronter une autre difficulté. Au cœur du litige cette fois : un déjeuner de travail. Selon Alexandre Benalla, aujourd’hui mis en examen notamment pour violences en réunion, M. Gibelin a menti aux parlementaires. Pour le jeune homme de 26 ans, le patron de la DOPC était bien informé de sa venue à la manifestation du 1er-Mai, puisqu’il en avait parlé lors de ce fameux déjeuner de travail. « On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le corapporteur Guillaume Larrivé (Les Républicains) a claqué la porte jeudi 26 juillet.
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Affaire Benalla : la commission d’enquête implose

Le corapporteur Guillaume Larrivé (Les Républicains) a claqué la porte jeudi 26 juillet.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 11h19
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

Chronique d’un échec annoncé. Jeudi 26 juillet, en fin d’après-midi, le député Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé a annoncé ce qui semblait inéluctable depuis plusieurs jours. « Je suis contraint de suspendre ma participation à ce qui n’est devenu, hélas, qu’une parodie », a déclaré le corapporteur de la commission d’enquête parlementaire lancée à l’Assemblée nationale dans la continuité de l’affaire Benalla. Dans son sillage, l’ensemble des groupes d’opposition ont annoncé qu’ils tournaient également le dos à cette commission censée « faire la lumière sur les événements survenus lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai ». Depuis lundi, ses membres tentent, dans un climat très tendu, d’identifier comment fut rendue possible la présence d’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, place de la Contrescarpe à Paris, où il a molesté deux personnes.

C’est à la suite d’un désaccord entre majorité et opposition sur la liste des personnes auditionnées que la commission d’enquête a implosé. Aux yeux de la première, les vœux formulés par la seconde étaient injustifiés. Mais le casting proposé par la majorité semblait trop restrictif pour les oppositions, de droite comme de gauche. Ces dernières réclamaient notamment de pouvoir auditionner, comme les sénateurs jeudi matin, le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler. Mercredi, le MoDem, allié de la majorité, avait soutenu cette position. Seule La République en marche s’y est opposée.
Ultimatum
Une audition « inutile », avait finalement tranché la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, également corapporteure de la commission d’enquête. Cette dernière s’était expliquée en déclarant que « les auditions menées jusqu’à ce jour nous ont montré qu’ils [M. Kohler et d’autres conseillers] n’avaient aucun lien avec cette affaire ». Cette position avait été confirmée par un vote de la commission des lois, où La République...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Dans les hautes sphères administratives, la recherche des responsables tout comme l’ascension rapide de M. Benalla à l’Elysée dérangent.
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L’affaire Benalla creuse le fossé entre le pouvoir et l’administration

Dans les hautes sphères administratives, la recherche des responsables tout comme l’ascension rapide de M. Benalla à l’Elysée dérangent.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 16h46
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

« Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » Dans son discours adressé aux députés de la majorité, mardi 24 juillet, le président de la République a voulu assumer toute la responsabilité des conséquences de l’affaire Benalla, du nom de l’ex-chargé de mission élyséen impliqué dans une opération de maintien de l’ordre musclée le 1er mai à Paris. Emmanuel Macron a rejeté « la République des fusibles, celle où on fait trinquer un fonctionnaire ici, un collaborateur là ». Faisant mine d’oublier le limogeage du préfet Henri-Michel Comet, en octobre 2017, à la suite d’un attentat perpétré à Marseille, le chef de l’Etat a insisté : « Je ne donnerai pas des têtes parce que je ne fonctionne pas comme ça. »
Il n’empêche. La semaine qui vient de s’écouler a particulièrement irrité un certain nombre de hauts fonctionnaires. Malgré les mots présidentiels, qui se voulaient apaisants, beaucoup d’entre eux ont le sentiment de servir, une fois de plus, de boucs émissaires commodes. Et considèrent que la haute fonction publique ne sort pas grandie de l’épisode.
L’ascension rapide de M. Benalla – qui avait accédé au grade de lieutenant-colonel – a en effet fait grincer des dents dans la gendarmerie, tout comme la manière dont était organisée la protection du chef de l’Etat. « J’ai du mal à comprendre, pourquoi forme -t-on des super gendarmes et policiers du GSPR [groupe de sécurité de la présidence de la République], alors qu’un ancien vigile militant PS peut assurer la protection du président de la République ? », a tweeté le 19 juillet l’ancien commandant du GIGN Frédéric Gallois.

« Comme avant… »
Le défilé des hauts fonctionnaires, responsables de police et de gendarmerie ou conseillers de l’Elysée, devant les commissions d’enquête parlementaires a été aussi particulièrement mal perçu. D’autant plus que certains auditionnés ont été sévèrement mis en cause à cette occasion :...




                        

                        


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Malaise au ministère de l’intérieur après l’affaire Benalla

Le comportement du ministre Gérard Collomb face à la crise est décrié par une partie de la hierarchie policière.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 14h50
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

C’est une des conséquences de l’affaire Benalla et l’ampleur des dégâts est difficile à évaluer. Mais les auditions qui se tiennent, depuis le 23 juillet, devant les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat risquent de laisser des traces durables au sein de la hiérarchie policière.
Le comportement décrié de l’ancien chargé de mission élyséen organisant les déplacements du président, en particulier lors d’une manifestation le 1er mai, à Paris, où il était présent en tant qu’observateur, ont révélé les diverses inimitiés et cloisonnements au sein de la maison « intérieur ». L’occasion d’une brutale mise au jour de la crise de confiance larvée, depuis de longs mois, entre les hauts responsables de la police et de la gendarmerie nationale d’un côté, et Gérard Collomb, leur ministre de tutelle de l’autre.
Alors que devant les parlementaires la plupart des hiérarques relevant de l’autorité de M. Collomb se sont efforcés à la contrition et ont assumé bon gré mal gré une part de responsabilité dans les dérives de M. Benalla, le ministre de l’intérieur, lui, entendu en début de semaine, a refusé d’endosser la moindre faute. Une défense perçue par beaucoup de fonctionnaires, au-delà même des cercles syndicaux qui se sont largement exprimés dans les médias, comme une façon inélégante de sauver sa place, même si les faits n’ont pas été démentis par la suite.
Depuis, cette attitude interroge sur la façon dont l’hôte de la Place Beauvau va pouvoir reprendre la main sur ses troupes, alors que, le 24 juillet, le président de la République a pris de court beaucoup de monde en refusant la « République des fusibles ». Une situation qui questionne au passage, une nouvelle fois, le positionnement de M. Collomb au sein de l’équipe gouvernementale.
Troupes déstabilisées
Rares sont ceux, au sein de l’institution policière, qui s’attendaient à l’aveu d’impuissance public du ministre de l’intérieur, les 23 et 24 juillet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le chef de l’Etat a profité d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées puis en Espagne, pour s’offrir une parenthèse.
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Affaire Benalla : du pic du Midi à Madrid, Macron tente de prendre de la hauteur

Le chef de l’Etat a profité d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées puis en Espagne, pour s’offrir une parenthèse.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 13h11
    |

            Virginie Malingre et 
Jean-Baptiste Chastand (à Madrid)








                        



   


Trois jours loin de Paris et de l’affaire Benalla. Du pic du Midi à Lisbonne, en passant par Madrid. Et autant de belles images à montrer aux Français, celles d’un président qui manie la proximité aussi bien avec ses concitoyens qu’avec ses homologues européens. Emmanuel Macron s’est offert une parenthèse bienvenue, mercredi 25 et jeudi 26 juillet, profitant d’un déplacement dans les Hautes-Pyrénées, puis d’une visite de travail en Espagne, pour tenter de retrouver un peu d’oxygène, après dix jours empoisonnés par l’affaire Benalla.
Jeudi, en fin de matinée, le chef de l’Etat, qui affiche un sourire ostensible, savoure sa rencontre avec les habitants de La Mongie, la station de ski où, enfant, il passait ses vacances. Quelque cinq cents personnes sont venues l’accueillir. Le président prend les mains qui se tendent, embrasse le front des enfants. Des impatients qui veulent le faire venir vers eux entonnent une Marseillaise. Au même moment, au Sénat, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, est entendu par la commission d’enquête liée à l’affaire Benalla.
Si, au pied des montagnes, il n’y a personne pour rappeler à Emmanuel Macron les dérapages de son ancien collaborateur, les médias ne le lâchent pas. Ils se glissent dans la foule pour tendre leurs micros, multiplient les questions. « Vous êtes très excités par ces sujets. Moi ça fait deux heures que je suis avec les gens. Vous êtes les seuls à m’en parler », fait mine de s’esclaffer le président, qui a vivement attaqué la presse ces derniers jours. « Ils sont excités comme tout », insiste-t-il en se tournant vers les badauds, les prenant à témoin. L’affaire Benalla, « c’est une tempête dans un verre d’eau. Et, pour beaucoup, c’est une tempête sous un crâne », a-t-il lancé un peu plus tôt dans la matinée, à Campan, où il rencontrait des agriculteurs.
« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ? »
Puis, le chef de l’Etat inaugure le « ponton du ciel » du pic du Midi de Bigorre, une passerelle suspendue au-dessus de 1 000 mètres de vide, aux côtés de son allié François Bayrou, maire de Pau et président du MoDem, et de Carole Delga, présidente de la région Occitanie. « Le pic, ce point fixe. Même quand tout est bousculé, il y a des choses inaltérables », commente Emmanuel Macron.
« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ici ? », lui demande une femme dans la foule. « Non, je suis venu au contact de nos concitoyens avec le même plaisir que d’habitude », lui répond le président, qui effectue là sa dernière « déambulation » de la journée avant de s’envoler vers Madrid, où il doit dîner avec le roi Felipe VI d’Espagne. Il retrouve d’abord le président socialiste du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, lui aussi au cœur d’une crise politique, pour s’être rendu en avion officiel à un concert du groupe de rock The Killers.
« Comme à son habitude, le président ne prendra aucune question nationale à l’étranger », avait exceptionnellement prévenu l’Elysée en amont de ce voyage, consacré à la zone euro et aux migrations. Un code de conduite que le chef de l’Etat respecte de manière aléatoire et auquel il a dérogé, jeudi soir. « Il y a eu par voie de presse un emballement, a-t-il répété. Il y a un président de la République qui est au travail, qui continue et que rien ne troublera. » « Laissons tomber les polémiques artificielles et intéressons-nous aux vrais problèmes des citoyens », a ajouté Pedro Sanchez, interpellé sur ses propres démêlées, en justifiant l’usage de l’avion par « des règles de sécurité ». Un vrai front européen.
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            data-slide-description="Emmanuel Macron à La Mongie le 26 juillet."
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            data-slide-description="Le président de la République a inauguré les nouveaux aménagements du pic du Midi avec Pascal Mailhos (premier à gauche au premier plan), préfet de la région Occitanie, Béatrice Lagarde, préfète de Hautes-Pyrénées, François Bayrou, maire de Pau, Carole Delga, présidente de la région Occitanie."
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            data-slide-description="Parmi les nouvelles installations, le Ponton sur le ciel, une passerelle suspendue au-dessus de 1 000 mètres de vide, un planétarium, un restaurant, un musée… Ce chantier, lancé il y a plus de deux ans, a coûté plus 7 millions d’euros. La rénovation a été financée en collaboration entre la région, le département et l’Europe."
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            data-slide-description="Emmanuel Macron poursuit sa visite en compagnie des enfants du centre de loisirs de Bagnères, du Secours populaire et de l’association Poing d’1pacte de la commune d’Aureilhan."
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            data-slide-description="Le président de la République aux abords du « ponton vers le ciel », sur lequel il ne s’aventurera finalement pas"
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            data-slide-description="« Est-ce que vous êtes venu chercher du réconfort ici ? », lui demande une femme dans la foule. « Non, je suis venu au contact de nos concitoyens avec le même plaisir que d’habitude », lui répond le président, qui effectue là sa dernière « déambulation » de la journée avant de s’envoler pour Madrid."
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Emmanuel Macron à La Mongie le 26 juillet.

VINCENT NGUYEN / RIVA PRESS POUR « LE MONDE »
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Jeux vidéo : questions sur la reconnaissance de l’addiction par l’OMS

La définition par l’Organisation mondiale de la santé d’un « trouble du jeu vidéo » fait débat : les jeux peuvent-ils vraiment être comparés à de la drogue ?



Le Monde
 |    27.07.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 10h09
    |

            Céline Mordant








                        



   


La décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’intégrer le « trouble du jeu vidéo » (gaming disorder) à la liste des addictions dans la future révision de la Classification internationale des maladies n’a pas fini de faire débat entre des psychiatres addictologues soucieux d’améliorer la prise en charge d’adolescents en souffrance et une communauté de joueurs qui se sent encore une fois stigmatisée et incomprise.
Quels sont les joueurs concernés ?
Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, 5 % des jeunes Français de 17 ans joueraient entre cinq et dix heures par jour ; un adolescent sur huit aurait un usage « problématique » du jeu vidéo selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Pourtant, tous ces joueurs excessifs ne peuvent pas être qualifiés d’accros. « Toute habitude de jouer aux jeux vidéo n’est pas pathologique », a insisté fin juin le porte-parole de l’OMS.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Il n’est pas question de diaboliser le jeu vidéo »



La définition correspond à une « petite minorité » des joueurs, de l’ordre de 1 % selon certains addictologues. Une série de critères a été définie. Le seul temps de jeu ne suffit pas : l’incapacité à contrôler la fréquence, l’intensité et la durée du jeu sont aussi déterminants. Ainsi que l’impact de cette pratique sur les activités familiales, sociales, éducatives ou professionnelles, à condition qu’il soit ancien (au moins un an).
Pour la psychiatre addictologue de l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, Geneviève Lafaye, la décision de l’OMS va permettre de mieux identifier les malades pour lesquels cette pratique excessive est souvent la partie émergée de l’iceberg :
« Quand on a un enfant inhibé, avec des difficultés familiales, qui se met à jouer beaucoup, dans la durée, et qu’il y a des conséquences de plus en plus sévères sur sa vie quotidienne, il faut consulter. Même si on a un doute. »

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          Jeux vidéo : jouer à s’en rendre malade



Le problème n’est-il pas du ressort des parents ?
La psychologue clinicienne Vanessa Lalo craint que cette annonce de l’OMS ne cause plus de dommages que de bénéfices en alimentant encore davantage l’inquiétude et l’incompréhension des parents face aux usages numériques de leurs ados :
« Avec ce terme d’addiction, ils font peur à tout le monde. Le risque c’est que tout le monde croie que son enfant est accro. »
Alors que l’enfant manquerait juste de limites ? Dans sa consultation, Vanessa Lalo note que la plupart des problèmes sont dus « à un désarroi de parentalité » :
« Avec des productions aux terrains de jeu illimités, les parents peuvent vite être débordés s’ils ne sont pas fermes. »
Il faut que les parents s’intéressent aux jeux auxquels jouent leurs enfants, conseille-t-elle, pour fixer des limites adaptées :
« On peut se contenter de cinq minutes plusieurs fois par jour sur “Clash Royale” et avoir plutôt besoin d’une heure ou deux par jour sur “Fortnite”… »
Le docteur Geneviève Lafaye témoigne quant à elle de la souffrance de nombreux parents qu’elle voit arriver dans son service, après avoir vu divers spécialistes et obtenu des conseils contradictoires (entre « il faut lâcher la bride à votre ado » et « posez-lui plus de limites », difficile de s’y retrouver) :
« Il faudrait une prise en charge plus uniforme. »
Même si ce sont souvent les parents qui poussent la porte de l’unité pour jeunes adultes et adolescents qu’elle a fondée il y a cinq ans au sein du service addictologie de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, moins de 5 % des patients refusent le programme de soins qui y est proposé : « Il n’y en a pas un qui dit qu’il n’a pas besoin d’être là. Au final ce programme de soins est à la hauteur de leur souffrance, ils se sentent reconnus. » Parmi les quelque deux cents nouveaux patients pris en charge par an dans l’unité, la plupart viennent pour dépendance à l’alcool ou au cannabis, ou pour toxicomanie. Un quart d’entre eux ont une pratique excessive des jeux vidéo. Pour le docteur Lafaye, les parents restent « de bons indicateurs » pour savoir quand leur enfant a un problème.
L’addiction aux jeux vidéos est-elle si particulière ?
« Le souci c’est le jeu vidéo ou la vie familiale ? », s’interroge Yann Leroux, qui se définit comme psychanalyste et geek. Pour lui, le jeu vidéo est encore une fois le « coupable idéal » et ce n’est pas nouveau : « Le débat sur l’addiction aux jeux vidéo a commencé dès les années 1970 avec les bancs d’arcade ! », rappelle-t-il. Les écrans sont plus des révélateurs que des fauteurs de trouble, insiste-t-il. « Quand on s’assoit en consultation avec les familles, on constate en fait des troubles classiques de l’adolescence : anxiété, dépression… Il n’y a pas besoin d’inventer une autre catégorie. »
Attention donc aux thérapies trop centrées sur le jeu lui-même et qui ne prendraient pas en compte l’ensemble des problèmes, souligne le psychanalyste. Et de s’inquiéter des conséquences catastrophiques en Corée du Sud ou en Chine de cette décision de l’OMS qui pourrait légitimer les prises en charge des adolescents accros aux jeux vidéo dans des centres spécialisés aux méthodes militaires…
Pour le psychanalyste Michael Stora, la question n’est pas de pathologiser des « crises d’ado virtuelles », mais bien de mieux aider ces « ermites vidéoludiques » qu’il voit en consultation depuis plus d’une décennie. « Rien de pire que le déni de souffrance », insiste-t-il, rappelant que la reconnaissance par le passé de la dépression avait grandement permis d’améliorer sa prise en charge. « Cette maladie, le gaming disorder, on la repère, elle existe. Ça ne va pas abîmer les jeux vidéo que de le reconnaître. Je suis joueur et je sais qu’à un moment donné, le jeu vidéo peut être un poison. »
Ce qui manque, dénonce Yann Leroux, lui aussi joueur invétéré, ce sont les preuves scientifiques. Selon lui, la pratique intensive des jeux vidéo n’entraîne ni rechute, ni syndrome de manque (le patient guérit spontanément dès qu’on lui coupe sa console), ne cause pas de dommages irréversibles dans le cerveau comme l’alcool… « Les gamers libèrent autant de dopamine que celle qui est libérée pendant la lecture d’un livre », dit-il.

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          Réseaux sociaux, sucre... les Occidentaux accros à la dopamine




        Lire (en édition abonnés) :
         

          Le numérique, une « drogue » qui fait débat



« Cette décision de l’OMS n’est pas tombée du ciel », lui répond le docteur Bruno Rocher, psychiatre addictologue au CHU de Nantes, pour qui l’objectif de la classification est au contraire de favoriser et faire progresser la recherche, notamment sur l’impact du jeu excessif sur le cerveau, dont il ne doute pas qu’il pourra être proche de celui de l’alcool par exemple. En attendant, « la reconnaissance du gaming disorder va inciter de nouveaux patients à consulter, et c’est un plus en termes de santé publique ».
La décision de l’OMS va-t-elle changer le regard des pouvoirs publics sur le jeu vidéo ?
Début juillet, une députée La République en marche interpellait à l’Assemblée nationale le secrétaire d’Etat chargé du numérique pour qu’il clarifie « les intentions du gouvernement » en matière de prévention et de prise en charge des « addictions aux écrans et aux jeux vidéo ».
L’annonce de l’OMS incitera-t-elle les pouvoirs publics à se mêler d’un dossier jusque-là laissé entre les seules mains des éditeurs ? « Il faut que l’Etat reprenne en main la prévention », juge Vanessa Lalo, qui dénonce l’inefficacité de la classification PEGI, un système d’évaluation élaboré en 2003 par la Fédération européenne des logiciels de loisirs, lobby représentant l’intérêt des éditeurs. L’association PEGI s’est montrée par exemple réticente à avertir les joueurs contre la présence de loot boxes – des « pochettes-surprises » payantes qui permettent d’avancer plus facilement dans un jeu vidéo – et a refusé de les signaler comme des jeux d’argent.

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          les systèmes de classements sont-ils suffisants ?



Vanessa Lalo plaide pour la création d’une autorité de régulation indépendante, face à une industrie (la première industrie culturelle dans le monde) qui produit des jeux de plus en plus addictogènes. « Le jeu vidéo aujourd’hui, c’est comme si on avait Disneyland dans son salon, souligne le psychiatre Olivier Phan. Ouvrir un livre devient fastidieux quand, à côté, il y a les jeux vidéo qui savent capter l’attention instantanément. Un jeune ne pourra jamais s’autoréguler avec les écrans, la lutte est trop inégale. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Si le projet de reconnaître l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie fait débat, dans les consultations psychiatriques, c’est déjà une réalité. Témoignages.
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Jeux vidéo : jouer à s’en rendre malade

Si le projet de reconnaître l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie fait débat, dans les consultations psychiatriques, c’est déjà une réalité. Témoignages.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 09h35
    |

            Céline Mordant








                        



                                


                            

Jeudi soir ordinaire à la consultation jeune consommateur du centre de soins spécialisé pour toxicomanes de la Croix-Rouge Pierre-Nicole, dans le 5e arrondissement de Paris. Ici, les adolescents viennent pour tout type de dépendance, du cannabis au jeu vidéo. Cette addiction d’un nouveau genre, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut faire inscrire dans la prochaine classification des maladies, concerne la moitié de la patientèle du psychiatre Olivier Phan dans cette structure parisienne et à la clinique Dupré de la Fondation santé des étudiants de France à Sceaux (Hauts-de-Seine).
Se présente Arthur, 13 ans, tête baissée, cheveu ébouriffé, accompagné de ses parents. Il ne va plus du tout au collège depuis les vacances de Noël, soit six mois, et passe ses journées à jouer en réseau. Ce qui est l’objet de vives tensions « verbales et physiques » avec ses parents : ces derniers parlent à demi-mot de menace de fugue et de chantage au suicide quand il leur arrive de couper le Wi-Fi ou de refuser de lui acheter un nouveau PC ou une nouvelle manette. « Il y a une perte de pouvoir terrible, avoue le père d’Arthur. On voit son fils, casque vissé sur les oreilles, entrer en furie parce qu’il doit absolument passer un niveau… regagner dès qu’il se réveille le fauteuil du salon où il était la veille, pour jouer. C’est difficile… »

« Dès qu’il y avait un ordinateur disponible, j’allais dessus »
Arthur s’est d’abord plaint en fin de 6e de divers maux de ventre pour éviter d’aller au collège. Puis petit à petit, il n’a plus pu y aller du tout, par crainte du regard des autres. Pour ses parents, arriver à le faire sortir de l’appartement familial pour se rendre à la consultation est une « petite victoire ». « Le point de départ, ça n’a pas été le jeu. Il y a eu quelque chose, mais on n’a pas trouvé quoi », expliquent-ils, « complètement démunis ».
« Le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/07/2018
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Raffaele Simone : « Le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple »

L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Emmanuel Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », mais aussi que les instances démocratiques fonctionnent, estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 07h03
    |

                            Raffaele Simone (Professeur de linguistique, essayiste)








                        



                                


                            

Tribune. Bien qu’elle semble constituer un épisode isolé, l’affaire Benalla, qui devient de plus en plus l’affaire Macron, suscite diverses réflexions sur le modèle démocratique et sur le contrôle du pouvoir. Les faits principaux sont assez simples : un jeune homme, jusque-là inconnu, œuvre comme « conseiller en sécurité » du président de la République sans avoir reçu – semble-t-il – de formation spécifique. Il escorte et accompagne le chef de l’Etat en toutes circonstances.
En échange de ce service, il obtient avec une rapidité incroyable des privilèges féodaux : un grade militaire disproportionné (il est fait lieutenant-colonel à l’âge de 26 ans), un appartement de fonction dépendant du palais de l’Elysée, un salaire important, une voiture avec chauffeur et… les insignes de la police (usurpés, puisqu’il n’est pas policier). Il les endosse pour s’adonner à une sorte de hobby sinistre : se déguiser en agent et cogner, à loisir, des manifestants du 1er-Mai.

Or, cette montagne d’abus n’a pas été découverte par le président, que cet homme accompagne pourtant partout, à un mètre de distance, et qui ne peut donc pas ne pas le connaître. C’est Le Monde qui a révélé l’affaire, le mercredi 18 juillet, en réunissant des preuves accablantes.
L’opposition s’insurge. Le président, en revanche, attend le 20 juillet pour licencier le jeune homme et se contente d’annoncer, dans un premier temps, que « les coupables seront punis ». Quand il se décide enfin à parler, il commet une erreur monumentale : il introduit, dans le discours public, la question explosive des préférences sexuelles du chef de l’Etat, laissant ainsi libre cours à une discussion dont la conclusion est imprévisible. Comme si cela ne suffisait pas, il défie l’opinion publique (« qu’ils viennent me chercher ! »).
Promesses imprudentes
Les deux enquêtes en cours (parlementaire et judiciaire) apporteront d’autres éléments...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Déclaré dans l’après-midi, le feu a également blessé six habitants et trois pompiers dans une tour de dix-huit étages.
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Seine-Saint-Denis : une femme et trois enfants meurent dans l’incendie d’une tour à Aubervilliers

Déclaré dans l’après-midi, le feu a également blessé six habitants et trois pompiers dans une tour de dix-huit étages.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 00h01
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 08h05
   





                        



   


Une mère et ses trois enfants sont morts jeudi 26 juillet, et neuf personnes ont été blessées dans l’incendie d’une tour HLM de 18 étages à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
« C’est une épreuve, un moment difficile à vivre. On se connaît tous ici », a expliqué, bouleversé, un habitant du 6e étage de cet immeuble du quartier de La Frette, à Aubervilliers. Dans cette commune populaire de la proche banlieue parisienne, le feu est parti dans l’après-midi du 17e étage de la tour et s’est propagé au 18e et dernier étage, ainsi qu’aux étages inférieurs. Une épaisse fumée noire était visible de loin.
Les pompiers ont retrouvé les corps sans vie des victimes en début de soirée dans un appartement du 17e, alors qu’ils « finalisaient l’extinction du sinistre », qui a également blessé six habitants et trois pompiers, a expliqué un porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).
« On déplore quatre victimes, une maman et ses trois enfants », a précisé le préfet de la Seine-Saint-Denis, Pierre-André Durand. « Le feu a été violent. Les pompiers ont terminé le travail à 22 h 11 », a-t-il détaillé. La femme retrouvée morte était enceinte, d’après plusieurs témoins.
30 véhicules et 100 pompiers
L’incendie, dont la cause reste indéterminée, a nécessité l’intervention d’une trentaine de véhicules et d’une centaine de sapeurs-pompiers. Leur travail a été compliqué par les températures caniculaires qui régnaient en Ile-de-France jeudi.
Un « petit criait par la fenêtre du 16e, il nous appelait », a témoigné Amor Ben Mbarek, 21 ans, un habitant de la cité. Des amis à lui « sont montés pour aider ». « On était posés en bas comme d’habitude, on a vu le petit, on a d’abord pensé qu’il rigolait », a confié Stéphane Attia-Bishay, 22 ans. « On est monté au 16e avec l’ascenseur. C’était tout noir, 70 degrés, j’ai cru que j’allais brûler. On a tapé aux portes, y avait que de la fumée. J’ai descendu le petit et une femme handicapée du 15e, à pied ».
Alors que des habitants sous le choc jugeaient que les pompiers avaient tardé à intervenir, Mickaël Sibilleau, le directeur de cabinet du préfet, a affirmé que les pompiers avaient mis « dix minutes à arriver » : « L’alerte a été donnée à 17 h 6 et ils sont arrivés à 17 h 16. »
Les habitants de l’immeuble ont été relogés pour la nuit dans un gymnase mis à disposition par la ville « par mesure de sécurité », a expliqué la mairie d’Aubervilliers. Les habitants « pourront regagner leur domicile dès vendredi une fois les lieux sécurisés », a expliqué la mairie, en adressant ses condoléances à la famille des victimes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’enquête, confiée à la sûreté départementale de Paris, vise « toutes personnes » susceptibles d’avoir commis des faits de violences envers avec les forces de l’ordre.
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Le parquet de Paris ouvre une enquête sur les violences contre des policiers le 1er-Mai place de la Contrescarpe

L’enquête, confiée à la sûreté départementale de Paris, vise « toutes personnes » susceptibles d’avoir commis des faits de violences envers avec les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 21h09
   





                        



   


Le parquet de Paris a annoncé, jeudi 26 juillet, avoir ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises contre des policiers le 1er-Mai place de la Contrescarpe à Paris, où l’ex-collaborateur de l’Elysée Alexandre Benalla a été filmé molestant deux individus qu’il a décrits comme « hystériques ».
Selon le parquet de Paris, l’enquête préliminaire ouverte jeudi ne concerne pas seulement la confrontation avec ces deux personnes mais « toutes personnes susceptibles d’avoir participé à la commission » des faits de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, le 1er mai, sur le « secteur de la place de la Contrescarpe ». L’enquête est confiée à la sûreté départementale de Paris.
Courrier de François Molins
Le procureur de la République de Paris, François Molins, avait adressé mercredi 25 juillet un courrier au directeur de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), pour lui demander les raisons pour lesquelles les deux manifestants concernés n’avaient pas été mis en cause pour des violences en vers des forces de l’ordre.

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          Le procureur de Paris demande des explications à la police



Le jeune homme mis à terre par M. Benalla avait été interpellé, menotté, avant d’être relâché quelques heures plus tard. Avec la jeune femme l’accompagnant, ils font partie des 44 personnes interpellées et relâchées, le jour même, sans poursuite judiciaire.
Ces deux jeunes gens apparaissent également sur une vidéo, semblant s’en prendre aux forces de l’ordre lors de heurts entre policiers et manifestants. Leur avocat avait expliqué qu’ils étaient sortis « prendre un verre » et non participer à cette manifestation. Après une charge de CRS, sous le coup de l’« incompréhension », ils avaient « jeté ce qu’ils avaient sous la main » vers les policiers, notamment « quelque chose comme une carafe d’eau » pour le jeune homme, selon l’avocat.

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          Les plaignants, « des badauds qui venaient assister à une manifestation »




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        

