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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les Comoriens sont appelés lundi à se prononcer sur la modification du système de présidence tournante. Le texte prévoit aussi la suppression de la Cour constitutionnelle et des postes de vice-présidents.
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Décryptage

Aux Comores, le référendum constitutionnel de tous les dangers

Les Comoriens sont appelés lundi à se prononcer sur la modification du système de présidence tournante. Le texte prévoit aussi la suppression de la Cour constitutionnelle et des postes de vice-présidents.

Par                Faïza Soulé Youssouf (Moroni, Grande-Comore)



LE MONDE
              datetime="2018-07-27T18:17:01+02:00"

        Le 27.07.2018 à 18h17






    
Manifestation de l’opposition comorienne contre le référendum, le 13 juillet 2018 à Moroni.
Crédits : YOUSSOUF IBRAHIM/AFP


C’est dans un climat plus que tendu que les Comoriens sont appelés à répondre par « oui » ou par « non » à un projet de révision constitutionnelle lundi 30 juillet. Au soir du samedi 21 juillet, Moustadrane Abdou, l’un des trois vice-présidents des Comores a échappé de peu « à une tentative d’assassinat par fusillade » alors qu’il se rendait chez lui à Anjouan.
Si le « oui » l’emporte, des élections anticipées devront avoir lieu en 2019 plutôt qu’en 2021. La réforme voulue par l’actuel président Azali Assoumani modifierait profondément le système de présidence tournante en vigueur depuis 2001, et lui permettrait de se présenter à sa propre succession. Ce que lui interdit la Constitution actuelle qui régit la vie politique des trois îles formant l’Union des Comores : Grande-Comore, Mohéli et Anjouan.
C’est pour en finir avec un long passé de coups d’Etat, d’assassinats ou d’exil de présidents et de crises séparatistes que l’Union des Comores a institué la présidence tournante à mandat unique, à la faveur des accords de Fomboni en 2001. Des accords qui avaient permis le retour à une relative stabilité politique avec trois alternances pacifiques.

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Les dispositions de ce projet de révision vont plus loin qu’un toilettage de la Constitution. En voulant supprimer la Cour constitutionnelle et les postes de vice-présidents issus des trois îles, « on modifie la nature du régime », explique le doctorant en droit constitutionnel Mohamed Rafsandjani. Le texte fondamental en vigueur stipule que tous les cinq ans, des primaires sont organisées dans l’île à laquelle échoit la présidence et que seuls les habitants de cette île sont autorisés à voter. Trois candidats sont alors retenus pour les élections générales auxquelles sont convoqués tous les Comoriens. Ainsi en 2021, Azali, issu de Grande-Comore, doit quitter ses fonctions au profit d’une personnalité issue de l’île d’Anjouan pour un nouveau mandat de cinq ans. Mais si le projet de révision constitutionnelle est accepté par les Comoriens, les élections primaires seront remplacées par « un scrutin universel direct majoritaire à deux tours ».
« L’islam est la religion d’Etat »
L’autre grande nouveauté de ce projet est le caractère renouvelable du mandat. « La nouvelle Constitution introduit une subtilité : ce ne sera pas à proprement parler le mandat qui sera renouvelable mais plutôt le tour de l’île qui pourra jouir de la présidence tournante durant deux mandats consécutifs », poursuit Mohamed Rafsandjani. Et permettre ainsi au président Azali de solliciter les suffrages pour dix ans de plus.
Mais le texte va encore plus loin. Le préambule du projet de Constitution dispose que « le peuple comorien affirme solennellement sa volonté de cultiver une identité nationale basée (…) sur une seule religion, l’islam sunnite ». L’article 97 est plus explicite : « L’islam est la religion d’Etat. L’Etat puise dans cette religion, les principes et les règles d’obédience sunnite et de rite chafiite qui régissent le culte et la vie sociale. » L’Union des Comores, petit archipel de l’océan Indien, compte 99 % de musulmans, principalement sunnites. « Avec ce texte référendaire, l’islam sunnite devient un élément de l’identité nationale, analyse Mohamed Rafsandjani, passant d’une religion d’Etat à une religion de la nation avec le risque qu’il soit utilisé pour exclure de la communauté nationale les minorités d’autres obédiences. »

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Les chiites sont une minorité continuellement visée par le président de la République, qui n’a pas hésité à déclarer le 17 juillet qu’il voudrait les voir « tous expulsés ». Certains observateurs voient dans ces attaques un moyen d’atteindre l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi, membre de la coalition au pouvoir et devenu un opposant du chef de l’Etat en 2017. Considéré comme proche de l’Iran chiite alors que les Comores entretiennent d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, renforcées après la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar en 2017, Ahmed Sambi est assigné à résidence depuis mai « pour troubles à l’ordre public ».
« Ce projet est dangereux »
L’opposition ainsi qu’une grande partie de la société civile sont vent debout contre cette réforme constitutionnelle. D’autant plus que le 30 avril, le président Azali avait déjà fait transférer les compétences de la Cour constitutionnelle, qui fait office de juge électoral, à la Cour suprême, dont les magistrats sont nommés par le chef de l’Etat « sur avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature ». Un moyen de « s’assurer de garder la main sur le processus électoral », dénonce l’opposition, qui a manifesté plusieurs fois ces dernières semaines dans les rues de la capitale, Moroni.
Les gouverneurs de Grande-Comore et d’Anjouan et un vice-président ont publiquement rejeté la révision. Le premier magistrat de l’île d’Anjouan, Salami Abdou Salami, de Juwa, le principal parti d’opposition, espère « encore ramener le Colonel Azali à la raison » : « Nous combattrons son entêtement jusqu’à ce qu’il cède la place à un Anjouanais dans trois ans, la stabilité et la paix dans le pays en dépendent, a-t-il déclaré au Monde Afrique. Ce projet est dangereux et fait craindre le pire. »

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L’Union de l’opposition, qui a jusque-là justifié son absence de participation à la campagne référendaire par la gravité de la situation, exige avant toute chose le rétablissement de la Cour constitutionnelle. Le gouverneur de l’île d’Anjouan explique que « le boycott n’est pas un simple choix, mais une obligation patriotique ». Et répète à l’envi que « le scrutin du 30 juillet n’aura pas lieu », sans que personne ne sache comment l’Union de l’opposition pourra l’empêcher. Mais, à quelques jours du référendum, l’opposition semble avoir changé de stratégie et enchaîne les meetings sur les trois îles. « Nous avons jugé utile de faire connaître aux Comoriens la dangerosité de ce projet et d’alerter la communauté internationale », explique Youssouf Boina, secrétaire général de l’Union pour le développement des Comores, membre de l’Union.
L’Union africaine (UA), dans un communiqué du 21 juillet, a rappelé « l’environnement paisible dont jouissent les Comoriens à la suite de l’adoption des accords de Fomboni de 2001. La conférence exhorte les parties prenantes à engager le dialogue sans délai et à mener une consultation inclusive sur les réformes constitutionnelles. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Face à la nouvelle donne protectionniste américaine, les dirigeants chinois, russe, brésilien, indien et sud-africain tentent de faire bloc.
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Décryptage

A Johannesburg, les BRICS se cherchent un nouveau souffle

Face à la nouvelle donne protectionniste américaine, les dirigeants chinois, russe, brésilien, indien et sud-africain tentent de faire bloc.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-07-27T18:07:50+02:00"

        Le 27.07.2018 à 18h07






    
Les présidents indien, chinois, sud-africain, russe et brésilien au 10e sommet des BRICS, à Johannesburg, le 26 juillet 2018.
Crédits : MIKE HUTCHINGS/AFP


L’ordre international a bien changé depuis la formation, en 2009, des BRICS, le club des puissances émergentes destiné à faire contrepoids à l’Occident, qui rassemblait le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, auquel s’est adjoint l’Afrique du Sud en 2011. La Chine, devenue première puissance économique mondiale, a repris le flambeau du libre-échange. L’alliance transatlantique est plus que jamais fragilisée par les Etats-Unis de Donald Trump, en plein repli économique isolationniste. L’Union européenne s’est perdue dans les limbes du Brexit et la montée des populismes. Et pendant ce temps, les cinq, qui représente 40 % de la population mondiale, poursuivent leur rattrapage économique, passant de 11 % du PIB mondial en 2001, à 23 % en 2017, non sans quelques turbulences.

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Au long de cette décennie, les BRICS ont peiné à concrétiser leur alliance, qui fédère des économies bien disparates, de la superpuissance chinoise au « nain » sud-africain en passant par l’Inde, volontiers rivale de Pékin. Mais, à l’occasion de leur 10e sommet annuel, qui se termine ce vendredi 27 juillet à Johannesburg, la nouvelle donne américaine et son protectionnisme a permis aux BRICS de faire à nouveau bloc, s’érigeant en hérauts du multilatéralisme.
Bilan plutôt mince
La Chine de Xi Jinping a tiré les premières flèches à l’ouverture du sommet : « Personne ne sortira vainqueur d’une guerre commerciale », a averti le dirigeant chinois, fustigeant « les coups que portent l’unilatéralisme et le protectionnisme au commerce multilatéral ». Plus modérée, la déclaration finale, adoptée jeudi par Xi Jinping, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Russe Vladimir Poutine, l’Indien Narendra Modi et le Brésilien Michel Temer, souligne « leur inquiétude concernant les effets des mesures de politique macroéconomique prises dans certaines grandes économies avancées ». Des mesures qui « peuvent causer une volatilité économique et financière dans les économies émergentes et avoir un impact sur leur perspective de croissance », peut-on y lire.

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Une fois encore, les dirigeants ont plaidé pour un renforcement de leur coopération économique. « En 2017, le commerce entre les BRICS a augmenté de 30 % et nous comptons développer encore plus ce partenariat », a estimé Vladimir Poutine. « Un partenariat stratégique destiné à faire de la prochaine décennie une autre décennie dorée », a renchéri Xi Jinping, qui achevait à Johannesburg une minitournée africaine destinée à consolider l’ascension de la Chine sur le continent.
Face à ces vœux pieux, le bilan du sommet semble néanmoins plutôt mince. Deux accords dans les domaines de l’environnement et de l’aviation ont été signés. Evoqués lors des précédents sommets, des projets de traités de libre-échange, d’élargissement du club à de nouveaux membres ou de création d’une agence de notation des BRICS, n’ont pas été discutés.
« En résumé, le résultat n’est ni très excitant, ni de trop décevant, estime l’analyste et commentateur sud-africain Peter Fabricius. La déclaration finale est très longue, de plus en plus de sujets sont couverts, avec le risque de diluer leurs objectifs initiaux. »

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Une avancée notable concerne la Nouvelle Banque de développement (NBD), « qui est peut-être la matérialisation la plus concrète du partenariat des BRICS », d’après le président sud-africain. Créée en 2015 pour devenir la « banque mondiale des émergents », celle-ci aura timidement octroyé 7,5 milliards de prêts fin 2018. Ce montant devrait doubler en 2019, d’après son directeur. Une branche régionale a été ouverte à Johannesburg, et une autre doit voir le jour l’année prochaine à Sao Paolo, au Brésil, avec pour objectif de s’adresser à d’autres pays en développement.
14 milliards de dollars d’investissement
« Les BRICS sont toujours aussi pertinents, voire plus, veut croire le ministre sud-africain des finances, Nhlanhla Nene. Parce que désormais ce sont nos propres ressources que nous mettons en commun et que nous investissons dans le développement de nos pays. »
Au-delà d’un symbolisme parfois maladroit – les cinq présidents, qui arboraient tous le même pin’s « BRICS », ont déposé leurs empreintes de main dans des plaques en béton pour rendre hommage à Nelson Mandela –, les discutions bilatérales ont vite repris le dessus. Jeudi après-midi, le programme multilatéral concocté par l’hôte sud-africain pour aborder le thème du sommet, « Croissance inclusive et une prospérité partagée », a dû être écourté « pour des raisons logistiques ». Les dirigeants se sont donc séparés pour poursuivre en tête-à-tête.

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L’annonce la plus significative, faite la veille du sommet, consiste en 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros) d’investissements promis par Pékin à l’Afrique du Sud. De quoi renforcer l’idée, pour leurs détracteurs, que les BRICS ne sont autre qu’un véhicule de l’influence chinoise destiné à asseoir la domination de Pékin sur le nouvel ordre mondial.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président français a animé vendredi sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.
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A Lisbonne, Emmanuel Macron expose sa vision d’une Europe à trois vitesses

Le président français a animé vendredi sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 18h07
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Lisbonne, Envoyé spécial)








                        



   


Pas une question sur l’affaire Benalla. C’est devant une salle remplie seulement aux deux tiers et composée d’un public poli qu’Emmanuel Macron a déroulé, vendredi 27 juillet à Lisbonne, son ambition pour le futur de l’Union européenne. Le président français, au côté du premier ministre socialiste portugais Antonio Costa, a pris plaisir à revenir à ses fondamentaux pro-européens en animant sa première « consultation citoyenne sur l’Europe » en dehors de la France.
Lancée lors de son discours à la Sorbonne, en septembre 2017, l’idée d’organiser des débats dans toute l’Europe est censée être appliquée par chaque capitale européenne d’ici octobre. Seule la Hongrie a refusé, les autres pays jouant le jeu avec plus ou moins d’entrain.
Les Portugais, profondément francophiles et pro-européens, avaient bien fait les choses. M. Macron n’a jamais été mis en difficulté, de quoi changer après dix jours de polémiques en France sur les violences reprochées à son chef de cabinet adjoint. L’auditorium de la Fondation Gulbenkian était surtout rempli d’un public composé d’expatriés français et de Portugais souvent bien apprêtés.
« Il y a beaucoup de monde des ministères et pas beaucoup de citoyens lambda », témoignait une haute fonctionnaire portugaise travaillant sur les affaires européennes et venue assister à l’événement. En pleines vacances scolaires, un midi de jour de semaine, pouvait-il en être autrement ?
« L’Europe sensuelle »
Sur l’immigration, les institutions européennes ou le couple franco-allemand, aucune question n’a jamais vraiment surpris les deux responsables politiques, qui ont fustigé devant un public conquis la montée des « extrêmes » et des « nationalistes » en Europe centrale.

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« L’Europe doit être un objet plus chaud, plus sensible, plus sensuel, au sens premier du terme, a notamment plaidé le président français. On a créé une Europe un peu bureaucratique. On ne peut pas simplement dire que l’Europe ce sont des règles, des objets froids qui s’imposent depuis un extérieur lointain. »
Antonio Costa, lui, a longuement plaidé pour un budget de la zone euro, alors que le Portugal se remet à peine de la crise financière de 2008 qui l’a conduit sous la tutelle de la « troika » (Commission, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). « Il faut un budget de la zone euro qui permette d’investir », a-t-il expliqué, obtenant l’assentiment du Français. « Je n’ai rien à redire, je partage tout », a appuyé M. Macron, qui a arraché un accord de principe sur le sujet en Allemagne, mais sans qu’aucun montant d’un tel budget soit jusqu’ici avancé.
Si le président français a surtout paraphrasé son discours de la Sorbonne, il s’est fait un peu plus précis sur sa vision de l’Europe « à dix ou quinze ans ». Il a notamment évoqué une Europe en trois « cercles ». Le plus large consisterait en une « union de valeurs, de principes démocratiques et de libertés économiques », « quelque chose entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe actuels ».
Cet ensemble serait « moins intégré, mais très exigeant sur les valeurs », a promis M. Macron en assurant que la Russie et la Turquie auraient vocation à en faire partie « soit en son sein, soit avec des accords d’association étroits ». Ce qui suppose que ces deux pays adoptent des standards démocratiques européens dont ils sont pour l’instant très éloignés.
« Le cœur du réacteur »
Le second cercle, plus resserré, consisterait en un « marché unique fort », « quelque part entre l’UE et la zone euro actuelles ». Celui-ci pourrait notamment s’occuper de sujets « militaires, commerciaux ou numériques » et garantirait « une vraie liberté de circulation en son sein ».
Le troisième cercle, dont on aura compris que la France a vocation à faire partie, serait « le cœur du réacteur », « avec un marché du travail beaucoup plus intégré », une « convergence sociale » voire une assurance chômage commune. Le « cœur d’une Europe des peuples plus intégrée, qui est allée au bout de la logique de la zone euro », a résumé M. Macron. Sans être aussi précis, Antonio Costa n’a pas caché son avis favorable à une Europe à plusieurs vitesses qui aurait vocation à contourner les pays plus eurosceptiques.
Largement applaudis par le public europhile de la fondation Gulbenkian, les deux responsables doivent encore toutefois prouver qu’ils sont capables de convaincre le commun des Européens.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le premier ministre a tenté, vendredi, de faire retomber la polémique autour de la prise en charge du sinistre par les autorités. Le bilan s’est alourdi à 87 morts.
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Incendies en Grèce : Alexis Tsipras assume « la responsabilité politique de la tragédie »

Le premier ministre a tenté, vendredi, de faire retomber la polémique autour de la prise en charge du sinistre par les autorités. Le bilan s’est alourdi à 87 morts.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h51
   





                        



   


La polémique enflait vendredi 27 juillet en Grèce après les incendies qui ont ravagé lundi la région d’Athènes, dont le bilan s’est alourdi à 87 morts. Le gouvernement a tenté en effet de se dédouaner en désignant une piste criminelle et mettant en cause des décennies d’urbanisme anarchique.
Invisible depuis trois jours, le premier ministre, Alexis Tsipras, a finalement convoqué un conseil des ministres en fin d’après-midi, vendredi. A sa sortie, il a notamment déclaré assumer « la responsabilité politique de la tragédie ». « Je crois que cela va de soi pour le premier ministre et le gouvernement du pays », a-t-il ajouté, dans une intervention retransmise à la télévision.
« Nous n’allons pas essayer d’échapper à nos responsabilités », a-t-il souligné. Il a expliqué que « les tragédies servaient souvent à faire apparaître les problèmes absents en temps normal du discours public ».
Rappelant que beaucoup de localités en Grèce « avaient été construites illégalement sur des cours d’eau ou sur des côtes », il a souligné qu’« aujourd’hui nous prenons conscience d’une manière douloureuse que nous gouvernons un pays dominé par des irrégularités ».
Jeudi soir, le gouvernement avait tenté une première explication officielle, indiquant avoir saisi la justice d’un « élément sérieux » pouvant indiquer une origine criminelle du sinistre.
Bilan provisoire de 87 morts
Dans des déclarations aux médias, le chef du service médico-légal d’Athènes, Nikos Karakoukis, a révisé à la hausse, à 86 morts, le nombre des victimes, contre 82 officiellement recensés jusque-là. Un blessé grave est, en outre, mort à l’hôpital.

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Sur le terrain à Mati, la localité la plus touchée par les feux, où 49 % des maisons ont été déclarées inhabitables, les sauveteurs qui continuent de ratisser les décombres au milieu des pins calcinés n’excluaient pas de nouvelles découvertes macabres. « C’est un travail de longue haleine, il faut attendre que les cendres retombent et parfois repasser quatre, cinq fois au même endroit avant de trouver quelque chose », relevait la secouriste Stavroula Stergiadou.
L’identification des victimes doit aussi durer encore quelques jours, « de 75 à 80 % des corps étant carbonisés », a indiqué Grigoris Léon, président de la société grecque de médecine légale.
Reconstruire autrement
Avant la prise de parole d’Alexis Tsipras, vendredi après-midi, le gouvernement a tenté de reprendre la main alors que les critiques montent sur la gestion de cette crise, l’opposition sortant de sa réserve, à l’issue de trois jours de deuil national.
Se succédant sur les lieux, les responsables gouvernementaux ont mis en cause les décennies de violation des règles de construction et d’aménagement, ayant conduit à la construction dans la zone de quelque 4 000 maisons mal desservies au milieu des pins.
« Toute la zone doit être redessinée (...) il faut ouvrir des routes, rouvrir l’accès à la mer », a plaidé le ministre de l’intérieur, Panos Skourletis, relevant que les autorités devront « entrer en conflit avec des intérêts organisés ». « Toute la Grèce est construite sur ce modèle », a-t-il insisté. Ces mea culpa sont récurrents dans le pays après chaque catastrophe, sans jusque-là de réel coup d’arrêt mis à l’indiscipline citoyenne et à la complaisance officielle dont elle bénéficie.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un groupe de 26 personnes carbonisées a été découvert mardi matin dans la cour d’une villa de Mati, localité balnéaire sur la côte orientale de l’Attique – à 40 kilomètres au nord-est d’Athènes –, a annoncé un responsable de la Croix-Rouge."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Une maison en flammes à Mati, localité ravagée par les feux. La plupart des victimes ont été piégées « à leur domicile ou dans leurs voitures », a fait savoir le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos."
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            data-slide-description="Les 26 morts retrouvés mardi matin à Mati se sont ajoutés aux 24 déjà recensées depuis lundi soir, selon un décompte de l’Agence France-Presse."
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            data-slide-description="Des bateaux, dont des bâtiments militaires, ont été mobilisés pour évacuer les résidents et les touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer."
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            data-slide-description="Au vu de la situation, la présidence grecque de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie, en juillet 1974."
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            data-slide-description="« L’heure est à la lutte contre les flammes », avait déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, après avoir présidé une réunion de crise, évoquant une nuit de lundi à mardi « difficile »."
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            data-slide-description="M. Tsipras a chiffré à « plus de 600 » les pompiers déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit, autour de Mati et à quelque 55 km à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères."
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            data-slide-description="Selon le secrétaire général à la protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés dans la journée par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une « situation extrême »."
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            data-slide-description="Athènes a aussi activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires ; Chypre et l’Espagne ont déjà offert leur aide, selon M. Kapakis."
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            data-slide-description="Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés."
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            data-slide-description="Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. En 2007, les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, de maquis et de cultures."
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Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants.

VALERIE GACHE / AFP
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La progression foudroyante du feu, qui a ravagé la zone en « à peine une heure et demie », a privé les autorités de toute marge pour agir à temps et évacuer les habitants, avait aussi fait valoir le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos.
« Gouvernement dangereux »
Le principal parti d’opposition, la Nouvelle Démocratie (droite), a dénoncé une « comédie de rejet de toute responsabilité », jugeant que beaucoup de questions restaient sans réponse, notamment sur le nombre de pompiers engagés et l’absence d’un « ordre immédiat d’évacuation ».
« Ce gouvernement est dangereux et doit partir », a réagi une des dirigeantes de l’opposition centriste, Fofi Gennimatas. Un autre, Stavros Théodorakis, s’est indigné que pas un seul responsable n’ait démissionné.
Beaucoup de victimes sont mortes en tentant de rallier la mer, à l’accès parfois barré par des falaises, par des rues « larges d’à peine 3 ou 4 mètres », a précisé le maire. « Nous sommes tous responsables, gouvernement, services et citoyens », a-t-il ajouté, précisant que sa propre maison familiale, qui a brûlé, avait été construite illégalement.
« La question désormais est de savoir ce qui peut être fait » pour éviter une nouvelle tragédie, soulignait l’éditorial du quotidien libéral Kathimerini.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Ricardo Ezzati, cardinal et archevêque de Santiago, est soupçonné d’avoir couvert des actes de pédophilie commis par des prêtres de son diocèse.
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Un cardinal chilien accusé d’avoir dissimulé un scandale de pédophilie

Ricardo Ezzati, cardinal et archevêque de Santiago, est soupçonné d’avoir couvert des actes de pédophilie commis par des prêtres de son diocèse.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 18h01
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


L’Eglise catholique est de nouveau dans la tourmente au Chili où, pour la première fois, un cardinal a été mis en accusation, le 25 juillet, pour avoir couvert des prêtres pédophiles.
Cité à témoigner devant la justice, le 21 août, Ricardo Ezzati, cardinal et archevêque de Santiago, a célébré, le 26 juillet, une messe dans la cathédrale de Santiago, au cours de laquelle de nombreux fidèles ont brandi des pancartes pour protester contre les abus sexuels commis par des prêtres de différentes congrégations.
Mgr Ezzati est soupçonné d’avoir couvert Oscar Muñoz, 56 ans, un curé accusé d’avoir abusé au moins sept mineurs entre 2002 et 2018, dans les villes de Santiago et Rancagua, au sud de la capitale. M. Muñoz a été placé en détention provisoire, le 12 juillet, pour six mois, en attendant que l’enquête judiciaire progresse. Il occupait des postes à responsabilités au sein de l’archevêché de Santiago, où il était notamment chargé de recevoir les déclarations de victimes d’abus sexuels commis par des prêtres.
« Secrets de Polichinelle »
Mgr Ezzati est également soupçonné d’avoir couvert Fernando Karadima, un prêtre octogénaire, ayant abusé de nombreux enfants et adultes. Ancien formateur charismatique de prêtres, Karadima a été reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990. Il a été contraint de se retirer pour une vie de pénitence.
Au Chili, pour la première fois, la justice a dévoilé, le 23 juillet, des chiffres accablants. Au total, 158 personnes – évêques, prêtres mais aussi laïcs liés à l’Eglise – sont ou ont été visées par des enquêtes pour abus sexuels sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960. Si la plupart des ces dossiers ont été classés au fil du temps après une condamnation, un classement sans suite ou un non-lieu, 36 enquêtes sont toujours en cours, a indiqué le procureur général Luis Torres, lors d’une conférence de presse à Santiago.
Depuis 1960, le parquet général a recensé 266 victimes, dont 178 étaient mineures. « Dans leur grande majorité, les faits dénoncés correspondent à des agressions sexuelles commises par des curés de paroisses ou des personnes liés à des établissements scolaires », a précisé le procureur Torres.

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Ces données incluent des auteurs présumés qui faisaient partie du clergé au moment des faits, dont des évêques, des prêtres ou des diacres, mais aussi des moines. En outre sont visés une dizaine de « laïcs qui exerçaient une fonction dans la communauté de l’Eglise », tels que des coordinateurs dans des établissements scolaires religieux.
Pour les associations de défense des victimes, il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. « Le travail qu’est en train de réaliser le parquet est sans aucun doute quelque chose de très positif et il commence à mettre en lumière des cas qui étaient des secrets de Polichinelle », a déclaré à l’AFP Juan Carlos Claret, porte-parole de l’Association des laïcs d’Osorno (sud).
« Nous n’avons pas su écouter »
Dans le cadre de l’énorme scandale de pédophilie qui ébranle le clergé chilien, l’ensemble de la hiérarchie ecclésiale du pays – soit 34 évêques – avait présenté le 18 mai sa démission au pape, une démarche inédite. Le souverain pontife a jusqu’à présent accepté la démission de cinq évêques, dont celle du très controversé monseigneur Juan Barros, soupçonné d’avoir caché les actes de pédophilie, dans les années 1980 et 1990, de Fernando Karadima, mais qui nie toute responsabilité. Au cours des derniers mois, le pape a reçu plusieurs victimes de M. Karadima au Vatican.
Devenu le symbole de la crise de l’Eglise chilienne, Mgr Barros a démissionné début juin, après une marche arrière spectaculaire du pape par rapport à son voyage au Chili, en janvier, quand le souverain pontife l’avait défendu avec force, dénonçant des « calomnies » à son encontre. L’opinion publique avait été scandalisée par l’omniprésence de Mgr Barros dans les messes célébrées par François.

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                L’Australie lance l’indemnisation des victimes de pédophilie



Le souverain pontife avait lui-même nommé cet évêque dans le diocèse d’Osorno en janvier 2015, malgré les réserves formulées à l’époque par des experts de la commission vaticane de protection des mineurs.
Par la suite, le pape avait reconnu de « graves erreurs » de jugement, à la lecture, en avril, des conclusions de 2 300 pages d’enquête, dont 64 témoignages recueillis au Chili et aux Etats-Unis. Il avait parlé d’un « manque d’informations véridiques et équilibrées ». « Honteusement, je dois dire que nous n’avons pas su écouter et réagir à temps » aux scandales d’abus sexuels au sein de l’Eglise chilienne, avait-il reconnu, le 31 mai, dans une lettre de mea culpa adressée aux Chiliens.
Un autre scandale a éclaté le 24 juillet. Au cours d’une émission de la chaîne de télévision chilienne TVN, 23 anciennes religieuses ont dénoncé avoir été victimes, « pendant des années », d’abus de la part de prêtres au sein de la congrégation des « sœurs du bon samaritain » dans la région de Maule, au sud de Santiago. Elles affirment avoir été expulsées de leur couvent. Elles ont précisé avoir parlé en janvier devant l’archevêque de Malte, Charles Scicluna, envoyé par le pape pour écouter les victimes d’abus au sein de l’Eglise chilienne, mais affirment n’avoir pas reçu, jusqu’à présent, de réponse officielle du Vatican.

        Lire l’analyse de l’historienne Valérie Theis :
         

          La realpolitique papale ne date pas d’hier






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les accès à l’esplanade ont été fermés quelques heures, vendredi, en raison de heurts entre la police israélienne et des fidèles palestiniens après la prière.
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Jérusalem : la police israélienne ferme les accès à l’esplanade des Mosquées après des heurts

Les accès à l’esplanade ont été fermés quelques heures, vendredi, en raison de heurts entre la police israélienne et des fidèles palestiniens après la prière.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h30
   





                        



   


La police israélienne a fermé les accès à l’esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, vendredi 26 juillet, à la suite de heurts entre fidèles palestiniens et forces de l’ordre israéliennes après la prière. Le waqf, autorité religieuse musulmane chargée du site, a confirmé que les accès à l’esplanade, sur laquelle se trouve notamment la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, avaient été fermés.
Ils ont été rouverts peu après 17 heures, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.
La police israélienne a dit que des heurts avaient éclaté après la prière du vendredi quand, selon elle, « des émeutiers ont commencé à lancer des feux d’artifice vers la police ». Ele dit avoir évacué le site et procédé à des arrestations, mais selon elle, certains suspects auraient fui pour se réfugier dans la mosquée.
Des images vidéo publiées par le waqf montrent des policiers lançant des grenades lacrymogènes pour disperser des Palestiniens.

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                A Jérusalem, quatorze blessés à l’esplanade des Mosquées



L’esplanade des Mosquées, ou mont du Temple pour les juifs, est un point de friction fréquent entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes. Elle est située à Jérusalem-Est, dans la partie palestinienne de la ville sainte, occupée et annexée par Israël. Une annexion jamais reconnue par les Nations unies (ONU). En juillet 2017, la décision israélienne d’installer des détecteurs de métaux pour en contrôler les accès avait provoqué plusieurs semaines d’émeutes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Sayragul Sauytbay, jugée au Kazakhstan pour avoir franchi illégalement la frontière, était cadre dans un camp où sont détenus des membres des minorités ouïgoure et kazakhe.
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Les révélations sur les camps d’internement embarrassent Pékin

Sayragul Sauytbay, jugée au Kazakhstan pour avoir franchi illégalement la frontière, était cadre dans un camp où sont détenus des membres des minorités ouïgoure et kazakhe.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 14h30
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Le procès de Sayragul Sauytbay, une citoyenne chinoise d’ethnie kazakhe du Xinjiang, la région autonome du grand Ouest chinois, embarrasse Pékin – mais aussi Astana – en raison des révélations de la prévenue sur les camps d’internement pour les minorités ethniques musulmanes en Chine.
Sayragul Sauytbay, 41 ans, est jugée au Kazakhstan pour avoir franchi illégalement la frontière entre les deux pays. Arrêtée en mai par la police kazakhe après que la Chine a donné l’alerte, elle a déjà comparu plusieurs fois depuis juillet, et devrait s’y plier encore le 1er août.
Son procès se tient à Jarkent, dans l’est du Kazakhstan, non loin de la frontière avec la Chine. Elle risque, en sus d’une amende ou de plusieurs mois de prison, d’être expulsée vers la Chine en raison des accords de sécurité qui lient le Kazakhstan et son puissant voisin.
Or, son procès public, suivi par les médias et les organisations des droits de l’homme au Kazakhstan, constitue un nouveau témoignage sur le réseau secret de camps d’endoctrinement dans lesquels sont détenus de manière extrajudiciaire des milliers de Ouïgours, la principale minorité ethnique du Xinjiang, mais aussi de Chinois d’ethnie kazakhe, un motif d’indignation croissante pour les citoyens du Kazakhstan voisin.
« Secrets d’Etat »
Les Ouïgours constituent 46 % de la population de la région autonome du Xinjiang, et les Kazakhs environ 6,5 %, soit 1,5 million de personnes. Les deux groupes sont de religion musulmane. Les Han, l’ethnie majoritaire chinoise, y représentent 40 % de la population. Pékin est jusqu’à ce jour resté très discret sur l’affaire.

Sayragul Sauytbay a raconté, lors de sa comparution le 13 juillet, avoir fui illégalement la Chine pour rejoindre son mari et ses deux enfants installés au Kazakhstan depuis 2016. Elle subissait des pressions pour les inciter à revenir en Chine – où elle estime qu’ils auraient été internés – mais aussi pour servir d’informatrice...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ceuta est l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Jeudi 26 juillet, plus de 600 migrants africains ont réussi à la franchir, espérant pouvoir déposer une demande d’asile auprès de l’Espagne.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ 51 % des Britanniques ayant une opinion sur le sujet estiment nécessaire l’organisation d’un nouveau référendum à l’issue des négociations, selon le sondage de l’institut YouGov pour le « Times ».
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Brexit : une majorité de Britanniques en faveur d’un nouveau référendum

51 % des Britanniques ayant une opinion sur le sujet estiment nécessaire l’organisation d’un nouveau référendum à l’issue des négociations, selon le sondage de l’institut YouGov pour le « Times ».



Le Monde
 |    27.07.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 17h18
   





                        


Pour la première fois, une majorité de Britanniques soutient la tenue d’un nouveau référendum sur le résultat final des négociations du Brexit selon un sondage publié vendredi 27 juillet alors que Bruxelles vient de retoquer les nouvelles propositions de Londres pour une future coopération douanière.
Quelque 42 % des Britanniques estiment nécessaire l’organisation d’un nouveau référendum à l’issue des négociations, quand 40 % ne le souhaitent pas, selon le sondage réalisé auprès de 1 653 personnes par l’institut YouGov pour le quotidien The Times. Si l’on ôte de ces chiffres les personnes n’ayant pas d’opinion sur le sujet, le taux monte à 51 % de Britanniques favorables à un nouveau référendum, contre 49 % qui ne le souhaitent pas.
L’idée d’un nouveau référendum, soutenue notamment par l’organisation People’s vote, a gagné du terrain ces dernières semaines avec le soutien apporté notamment la semaine dernière par l’ancienne ministre de l’éducation Justine Greening. Une pétition dans ce sens lancée mercredi par le quotidien The Independent avait récolté plus de 200 000 signatures vendredi matin.
Le plan « Chequers » retoqué
Ce sondage survient alors que le négociateur en chef pour l’Union européenne, Michel Barnier, a retoqué jeudi le plan « Chequers » [du nom de la résidence de villégiature de la première ministre britannique] de Theresa May. Cette proposition vise à conserver des liens commerciaux étroits avec le continent après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, en mettant en place un nouveau système de contrôle pour les biens, au travers duquel le Royaume-Uni assurerait le contrôle et la collecte des droits de douanes à sa frontière avec l’Union europénne (UE).
« L’UE ne peut pas déléguer, et ne déléguera pas l’application de sa politique et de ses règles douanières, de la perception de la TVA et des droits d’accises à un non-membre, qui ne serait pas soumis aux structures de gouvernance de l’UE », a dit M. Barnier lors d’une conférence de presse avec le ministre du Brexit britannique, Dominc Raab, à Bruxelles. Pour M. Barnier, si le Royaume-Uni veut conserver des relations commerciales fluides avec l’UE, la solution est de rester dans l’union douanière ce que Mme May a exclu jusqu’ici afin de pouvoir signer librement des accords de libre-échange avec des pays tiers. Ces déclarations signifient « la mort du plan “Chequers” », a estimé vendredi le quotidien The Guardian.

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                Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit



Mais M. Barnier l’a avertie : « Je dis simplement à ceux qui chercheraient une feuille de cigarette entre le mandat des 27 chefs d’Etat et de gouvernement et ce que je fais perdent leur temps. » Or « nous n’avons pas beaucoup de temps à perdre », a-t-il ajouté alors que les négociations sur un accord de sortie sont censées être terminées pour le sommet européen de la mi-octobre.

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                Le Royaume-Uni post-Brexit, avant-poste du trumpisme en Europe ?




Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur le Brexit :
six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ce notable touareg, fin stratège, est devenu le chef incontesté du djihad au Sahel. Paris et Washington traquent cet ancien bon vivant qui lança son odyssée meurtrière en manipulant les groupes rebelles, les pouvoirs, à Bamako et à Alger, et les Occidentaux.
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Enquête

Iyad Ag-Ghali, l’ennemi numéro un de la France au Mali

Ce notable touareg, fin stratège, est devenu le chef incontesté du djihad au Sahel. Paris et Washington traquent cet ancien bon vivant qui lança son odyssée meurtrière en manipulant les groupes rebelles, les pouvoirs, à Bamako et à Alger, et les Occidentaux.

Cyril Bensimon, 
Charlotte Bozonnet, 
Nathalie Guibert, 
Joan Tilouine et 
Madjid Zerrouky
    



LE MONDE
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        Le 27.07.2018 à 13h09

     •
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        Mis à jour le 27.07.2018 à 16h04






                        

Crédits : ROMARIC OLLO HIEN/AFP


                    

Il a connu le Paris branché, la Libye de Kadhafi, les beaux quartiers de Bamako… Iyad Ag-Ghali est revenu s’enfermer dans son désert, où ce guerrier s’est condamné à tuer et à mourir. Le poète inspiré d’autrefois s’applique désormais à instrumentaliser des versets du Coran pour justifier sa grande odyssée meurtrière qu’il appelle « djihad ».
Il mène une existence clandestine, fuyant les téléphones portables, ne se déplacerait qu’à dos de dromadaire ou à moto. Nul ne peut vivre seul dans le Sahara. Lui coordonne de discrets émissaires qui transmettent ordres et messages à ses soldats. Parmi ses anciens frères d’armes, certains assurent qu’il s’entoure d’enfants pour lui tenir compagnie, et se protéger des missiles. D’autres jurent qu’il erre avec un cheptel dans l’immensité saharienne, déguisé en berger, quelque part autour de la frontière séparant l’Algérie de son pays, le Mali.
Iyad Ag-Ghali a aujourd’hui 60 ans, et il écrit la dernière page de sa vie, une existence rythmée par les luttes armées et les négociations politiques au nom des siens, les Touareg. Sa dernière arme est le terrorisme au nom d’Allah. A la tête d’une alliance d’unités djihadistes affiliées à Al-Qaida, baptisée « Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin » (JNIM, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), Iyad Ag-Ghali est devenu l’homme le plus recherché du Sahel. Paris comme Washington le traquent.
Il a revendiqué le double attentat qui a frappé, le 2 mars, l’ambassade de France et l’état-major général des armées à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il s’est aussi attribué la responsabilité de l’attaque du 29 juin contre le nouveau quartier général de la force du G5 Sahel – qui réunit des soldats du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad –, à Sévaré, dans le centre du Mali. C’est encore lui qui revendique l’attaque à Gao, dans le nord du Mali, contre une patrouille de militaires français, le 1er juillet, jour d’ouverture du...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Depuis le mois de mai, le pays connaît une vague de chaleur couplée à une sécheresse hors norme.
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Sécheresse : en Belgique, le spectre de 1976

Depuis le mois de mai, le pays connaît une vague de chaleur couplée à une sécheresse hors norme.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 12h08
    |

                            Intérim (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Dans la capitale belge, les drapeaux noir-jaune-rouge de la Coupe du monde de football ont laissé place au jaune des pelouses. Vendredi 27 juillet, jusqu’à 36 °C étaient attendus à Bruxelles. Depuis le printemps, le temps est globalement chaud et sec. Selon les chiffres de l’Institut royal météorologique (IRM), le pays a connu une température moyenne de 16,3 degrés pour le mois de mai, soit 2,7 °C de plus que la normale, et 18,1 °C en juin, pour une température habituelle de 16,2 °C. Le journal flamand Het Nieuwsblad avance que « l’été 2018 pourrait être responsable du décès de 2 500 personnes en plus que la moyenne. »
Autres conséquences : les agriculteurs craignent pour leurs réserves, les ventes de ventilateurs et de boissons rafraîchissantes explosent et dans les familles, on s’organise, quitte à dormir au jardin pour trouver un peu de fraîcheur la nuit.
La situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines semaines. L’indice de sécheresse enregistré en 1976, l’été de tous les records, devrait même être égalé début août pour la même période. Toutefois, pour le chef du département prévisions de l’Institut royal météorologique (IRM) David Dehenauw, la situation n’est pas encore aussi critique que cette année-là. Il met en avant deux différences principales : en 1976, les précipitations étaient encore plus limitées qu’aujourd’hui pour la période mi-juin-mi-juillet (3 mm, contre 19 mm cette année). Et la sécheresse s’étendait à l’époque à tout le pays, alors que cette année, elle concerne principalement l’ouest et le nord-ouest – la Flandre, principalement. « Cette partie a connu moins de précipitations, car elle était sous l’influence de l’anticyclone sur la Scandinavie, alors que le sud a profité de l’instabilité des conditions météo en France », explique-t-il.
Limitation d’eau et amendes
Le nord du pays a donc été le premier à réagir, en rééchelonnant régulièrement son niveau d’alerte. Signe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’objectif était de reprendre en main un pays alors en proie à d’énormes manifestations contre la présidente conservatrice d’alors, Park Geun-hye.
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Quand le renseignement militaire sud-coréen envisageait d’imposer la loi martiale

L’objectif était de reprendre en main un pays alors en proie à d’énormes manifestations contre la présidente conservatrice d’alors, Park Geun-hye.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h53
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Les ministères sud-coréens de la défense et de la justice vont enquêter sur des allégations fleurant bon le temps des dictatures. Annoncées lundi 23 juillet conformément à une demande du président progressiste Moon Jae-in, leurs investigations devront déterminer les objectifs réels d’un projet d’imposition de la loi martiale élaboré début 2017 par le renseignement militaire (Defense Security Command, DSC).
Conçu apparemment sur ordre du ministre de la défense de l’époque, Han Min-koo, le plan avait pour objectif de reprendre en main un pays alors en proie à d’énormes manifestations contre la présidente conservatrice Park Geun-hye (2013-2017) pour son implication dans un vaste scandale de trafic d’influence et de corruption. Menée pacifiquement, cette « révolution des bougies » avait abouti à la destitution fin 2016 de Mme Park, une mesure confirmée en mars 2017 par la Cour constitutionnelle.

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                La présidente Park Geun-hye destituée, la Corée du Sud se prépare à une nouvelle élection



Si elle avait été rejetée par la Cour et si les manifestations s’étaient poursuivies, le DSC, arguant des risques de violences, était semble-t-il prêt à déployer blindés et forces spéciales pour reprendre le contrôle de la rue, à arrêter des élus de l’opposition et bloquer tout vote au Parlement contre la loi martiale, à confier le contrôle des administrations provinciales à des officiers supérieurs ou encore à censurer les médias.
Révélé le 5 juillet par le député de la majorité démocrate Lee Cheol-hui et l’ONG Centre coréen pour les droits humains des militaires, le plan suscite une vive polémique. « Les militaires doivent craindre le peuple plus que quiconque, a lancé le président Moon vendredi 27 juillet. Le DSC doit devenir une unité qui contribue au renforcement de nos capacités de défense en se rangeant strictement à sa mission originelle ». Les conservateurs ont défendu les militaires, qui auraient pour devoir de se préparer à toute menace contre la sécurité nationale.
Rappel des années sombres
La majorité progressiste dénonce de son côté des plans rappelant des années sombres pour la Corée du Sud : en 1979 un coup d’Etat contre le président Choi Kyu-ha (1919-2006), porta au pouvoir l’autoritaire Chun Doo-hwan (de 1980 à 1987), jusqu’alors à la tête du renseignement militaire. Le père de Mme Park, le dictateur Park Chung-hee (1917-1979), était lui-même arrivé au pouvoir par un putsch militaire en 1961.
« Le DSC a montré qu’il n’hésiterait pas à élaborer des plans prévoyant le recours aux armes contre la population », a de son côté déploré le 7 juillet dans un éditorial le quotidien de centre gauche Hankyoreh. La publication est par ailleurs favorable au démantèlement du controversé service créé pendant la guerre de Corée (1950-1953) et coutumier des immixtions dans les affaires d’Etat.
Pour les enquêteurs, la question est de savoir qui était au courant du projet et s’il n’était qu’une option ou un véritable plan d’action, le DSC n’ayant pas le pouvoir d’imposer la loi martiale. Devant la commission parlementaire sur la défense le 24 juillet, le général So Kang-won, du DSC, a affirmé avoir reçu l’ordre de préparer le plan du directeur du service, qui aurait transmis une instruction du ministre de la défense d’alors. Or il est peu probable que ce dernier ait agi sans avoir consulté la présidente de l’époque ou son conseiller à la sécurité nationale.
L’affaire affaiblit l’actuel ministre de la défense, Song Young-moo. Apparemment au courant depuis mars de l’existence du plan, il n’aurait pas transmis à la présidence les documents détaillant le projet, se contentant de l’évoquer brièvement lors d’une réunion en avril. Une négligence qui le place aujourd’hui en situation délicate.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’Ouest américain subit le incendies à répétition et les températures explosent, tandis que l’Est est dévasté par des précipitations inhabituelles.
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Climat : l’été de tous les dangers aux Etats-Unis

L’Ouest américain subit le incendies à répétition et les températures explosent, tandis que l’Est est dévasté par des précipitations inhabituelles.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 12h43
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Le célèbre Half Dome, la montagne « coupée en deux » du parc national de Yosemite, n’est même plus visible tant la fumée est épaisse. La vallée ressemble désormais à une ville fantôme, et le Wi-Fi fonctionne anormalement bien au Yosemite Valley Lodge, raconte le New York Times. Explication : les visiteurs avaient jusqu’à mercredi 25 juillet à midi pour évacuer le parc national de Californie, envahi par la fumée et cerné par les flammes. Ils sont tous partis et seuls restent les pompiers, alors que l’air est « plus irrespirable qu’à Pékin », selon les responsables du parc. En pleine saison touristique, les hôtels, qu’il faut parfois réserver un an à l’avance, sont fermés au moins jusqu’à dimanche.
Les Etats-Unis s’émeuvent du destin de Yosemite, menacé mais pas encore ravagé par les flammes. La situation est pire ailleurs : quinze feux ont détruit 450 kilomètres carrés dans l’Oregon ; huit ont éclaté dans le Colorado (800 km² détruits). Cinq incendies en Californie ont détruit 170 kilomètres carrés et contraint 20 000 personnes à l’évacuation. En cause, la sécheresse et la hausse des températures, qui font s’embraser les forêts de l’ouest du pays lors d’incendies déclenchés par des orages de foudre. Quelque 17 000 pompiers sont mobilisés.
Double haute pression
Le sud-ouest du pays est victime de températures extrêmes, qui affectent 40 millions d’Américains. Les records de chaleur sont battus. Mercredi 25 juillet, la température à Palm Springs, en Californie, a dépassé les 120 degrés Fahrenheit (49 °C). La veille, un pic historique de 52,9 °C a été enregistré dans la vallée de la Mort. La Californie en est à sa seconde vague de chaleur en un mois. Si les températures extrêmes sont normales dans les vallées, elles sont plus inhabituelles le long des côtes. La bétonisation de la région de Los Angeles accentue la chaleur et empêche le rafraîchissement nocturne. Les températures de jour en été sont désormais 3,3 à 4,5 degrés supérieures à ce qu’elles étaient il y a un siècle, et les habitants ne les supportent que grâce à l’air conditionné. Un temps plus frais est attendu pour le week-end.

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                Réchauffement climatique : « Nous sommes tous vulnérables »



Pendant que l’Ouest est victime du feu, la façade atlantique subit la dévastation de l’eau même si aucun cyclone n’a pour l’instant frappé les côtes. Les deux phénomènes sont liés : les précipitations, inhabituelles, sont provoquées par une double haute pression, celle sur l’Atlantique et celle sur le Midwest responsable des fortes chaleurs. Les vents d’altitude, les « jet-streams », descendent inhabituellement bas sur le golfe du Mexique avant de remonter vers le nord, via la Floride, gonflés d’eau.
Les précipitations sont permanentes. Sept millions de personnes sont sous la menace d’inondations, alors que les précipitations ont atteint de 15 à 40 centimètres. La Pennsylvanie a reçu des records de pluies pour juillet, tandis que les orages mettent la pagaille dans les aéroports du nord-est des Etats-Unis. Une accalmie est prévue, mais les précipitations devraient reprendre la semaine prochaine.
Dans le Midwest, ce sont les tornades qui font des ravages. Le week-end dernier, sur un lac artificiel du Missouri, un orage d’une violence inédite, avec des vents à 120 km/h, a retourné une embarcation touristique. Elle a causé la noyade de dix-sept personnes, dont neuf membres d’une même famille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ A Mati, détruite par les flammes, les bâtiments avaient été construits dans des zones à risque, sur des terrains où la forêt avait déjà brûlé.
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Les constructions illégales au cœur du drame des incendies en Grèce

A Mati, détruite par les flammes, les bâtiments avaient été construits dans des zones à risque, sur des terrains où la forêt avait déjà brûlé.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h12
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



                                


                            

Les incendies survenus à l’est d’Athènes, dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 juillet, qui ont causé la mort de 82 personnes, ont soulevé plusieurs débats en Grèce, notamment sur les constructions illégales, très nombreuses dans la région boisée touchée. « La construction anarchique est un crime du passé, et à Mati, la plupart des maisons ont été construites sans permis (…). Après une telle tragédie, il est temps de comprendre qu’il est dangereux de ne pas respecter les lois », a déclaré Panos Kammenos, le ministre de la défense, au micro de la BBC, jeudi 26 juillet.
A la chambre des ingénieurs civils de Grèce, les déclarations du ministre, jugées provocantes, sont pourtant confirmées. « Les maisons dans la localité de Mati étaient pratiquement toutes construites illégalement, puisqu’il est interdit de bâtir dans des zones boisées, a fortiori s’il s’agit de forêts de pins qui prennent très facilement feu », constate Dimitris, un ingénieur civil qui s’est porté volontaire comme 300 autres pour répertorier les dégâts subis par les bâtiments après les incendies mortels de lundi soir, même si ce sont en priorité les ingénieurs du ministère des travaux publics qui supervisent les opérations.
Selon la chambre des ingénieurs civils, près de 1,1 million de bâtiments sont construits illégalement et devraient être complètement démolis, sur environ 7 millions répertoriés dans tout le pays par le cadastre, en passe d’être enfin terminé. Mais selon une étude de Nikos Belavilas, professeur d’urbanisme à l’Université d’Athènes, les cartes forestières de la région de Rafina, touchée par les incendies, ne devaient être émises que d’ici un mois, ce qui ne facilite pas la tâche des secours. Surtout, les bâtiments avaient été eux-mêmes construits sur des terrains où la forêt avait déjà été brûlée afin de faire de la spéculation immobilière.
Une simple amende
Ces zones seront-elles de nouveau construites ? D’après les experts, ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le numéro deux du gouvernement britannique défend le principe d’une « super-association » avec l’Union européenne.
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David Lidington : « L’échec des négociations sur le Brexit n’est dans l’intérêt de personne »

Le numéro deux du gouvernement britannique défend le principe d’une « super-association » avec l’Union européenne.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 12h02
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            

David Lidington est numéro deux du gouvernement de Theresa May, en charge de la coordination des différents ministères. Cet ancien ministre des affaires européennes a fait campagne en juin 2016 pour le maintien dans l’Union européenne et plaide depuis le référendum pour une sortie en douceur. Après la démission du ministre des affaires étrangères Boris Johnson, chef de file des « hard brexiters », il avertit les Européens qu’il est grand temps de relancer les tractations, afin d’éviter un divorce brutal en mars 2019.
Craignez-vous un échec des négociations du Brexit ?
Ce n’est dans l’intérêt de personne. Nous faisons évidemment des plans d’urgence pour nous préparer à toutes les options. En cas d’échec des négociations, le Royaume-Uni ne serait pas le seul touché. A court terme, cela créerait une série de perturbations économiques sur les deux rives de la Manche, pas seulement à Douvres, mais aussi à Calais. L’Irlande connaîtrait aussi de sérieuses difficultés. En outre, un non-accord mènerait à une longue période d’acrimonie et de rancune entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept, qui rendrait difficile toute relance en profondeur de notre coopération.
N’avez-vous pas le sentiment que les « hard brexiters » souhaitent un tel échec ?
Le nombre de gens qui cherchent activement un clash l’année prochaine est très réduit. La plupart des responsables politiques britanniques savent qu’il s’agit d’un équilibre à trouver entre souveraineté et accès commercial. Les démocraties européennes font face à d’énormes défis stratégiques. Nos modèles économiques sont ébranlés par l’économie numérique. On doit se demander qui se réjouirait d’un éventuel échec. Ce serait M. Poutine. On voit bien que la Russie est plus agressive…
M. Trump pourrait se réjouir aussi, lui qui vient de soutenir les partisans d’une rupture brutale avec l’UE…
Un de nos objectifs est de convaincre les Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Depuis deux ans, Pékin a renforcé massivement son appareil répressif contre la minorité musulmane du Xinjiang.
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Les arrestations de Ouïgours se généralisent en Chine

Depuis deux ans, Pékin a renforcé massivement son appareil répressif contre la minorité musulmane du Xinjiang.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
27.07.2018 à 11h28
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Le nombre d’arrestations et d’inculpations au Xinjiang, dans l’extrême ouest de la Chine, a été multiplié plusieurs fois en 2017 par rapport aux années précédentes, confirmant l’ampleur extraordinaire qu’a prise, ces deux dernières années, la répression, par les autorités chinoises, de la minorité ethnique ouïgoure, turcophone et musulmane.
Le Xinjiang, dont les 10,5 millions de Ouïgours constituent environ 46 % de la population, est dans le viseur des organisations des droits de l’homme et de nombreux experts pour le vaste réseau secret de camps de rééducation politique qui y a proliféré depuis 2016. Les statistiques des arrestations et des inculpations compilées, à partir de sources officielles chinoises, par l’ONG China Human Rights Defenders (CHRD), basée à Hongkong, n’incluent pas les détentions forcées en camp d’endoctrinement, car celles-ci sont extrajudiciaires. Mais des corrélations existent.
CHRD a calculé que le nombre officiel d’arrestations avait été multiplié par huit entre 2016, année il avait certes baissé par rapport à la précédente, et 2017, pour atteindre 227 882, soit 21 % du total des arrestations pour toute la Chine. Or, en moyenne, les arrestations au Xinjiang ne représentaient, lors des quatre années précédentes, que de 1,5 % à 4 % des arrestations à l’échelle du pays. De même, les inculpations ont été multipliées par cinq toujours entre 2016 et 2017, atteignant cette année-là le chiffre de 215 833 dossiers, soit environ 13 % des inculpations prononcées dans l’intégralité du pays – contre une moyenne, les autres années, similaire à celle des arrestations.

La population du Xinjiang représente 1,5 % de la population totale de la Chine. Aucun chiffre officiel ne donne l’ethnicité des individus arrêtés, mais l’examen de leurs noms par d’autres ONG, par le passé, atteste d’une surreprésentation des Ouïgours parmi eux. Les condamnations, de type politique ou pour des questions liées au « terrorisme » ou à « l’extrémisme »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le chef de file du Labour refuse d’adopter un code de conduite qui empêcherait le parti de critiquer le « racisme » d’Israël.
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L’antisémitisme prêté à Jeremy Corbyn déchire le Parti travailliste

Le chef de file du Labour refuse d’adopter un code de conduite qui empêcherait le parti de critiquer le « racisme » d’Israël.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h40
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Accusé de complaisance envers l’antisémitisme, Jeremy Corbyn, le chef de file du Parti travailliste, n’en finit pas de se débattre. Fait sans précédent, trois journaux de la communauté juive britannique, The Jewish Chronicle, Jewish News et Jewish Telegraph ont publié, jeudi 26 juillet, une manchette et un éditorial communs proclamant leur « unité » face à « la menace existentielle pour la vie juive de ce pays que constituerait un gouvernement dirigé par Jeremy Corbyn ». Alors que le Labour « était jusqu’à récemment le parti naturel de la communauté juive », ces trois médias considèrent que l’organisation « a vu ses valeurs et son intégrité minées par le mépris corbyniste envers les juifs et d’Israël ».
Cette « une » exceptionnelle relance la querelle en cours sur le nouveau code de conduite contre l’antisémitisme que vient d’adopter le Labour. Mis en cause depuis deux ans à l’occasion de dérapages, le parti a décidé de reprendre à son compte une définition large de l’antisémitisme rédigée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Adoptée par le Royaume-Uni et partiellement par le Parlement européen mais contestée, elle est assortie de onze exemples d’expressions et de comportements antisémites, dont sept font référence à l’Etat d’Israël.
« Droit de décrire la discrimination et les injustices »
En l’intégrant à ses règles, le Labour a choisi de ne pas reprendre quatre de ces exemples, notamment ceux qui consistent à accuser l’Etat d’Israël de « mener une politique raciste » et à « avoir à l’égard d’Israël un niveau d’exigence plus élevé qu’à l’égard d’autres pays ». Le parti justifie ces exceptions : assimiler ces opinions à de l’antisémitisme pourrait « conduire à priver les Palestiniens, y compris ceux qui sont citoyens israéliens et ceux qui les soutiennent, du droit de décrire la discrimination et les injustices auxquelles ils sont confrontés avec...




                        

                        


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AMLO ou la « quatrième transformation du Mexique »

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h30
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. Début juillet, Andres Manuel Lopez Obrador a provoqué un tsunami électoral au Mexique. L’ancien maire de Mexico (2000-2005), que l’on surnomme par ses initiales, « AMLO », a remporté la présidentielle avec 53 % des suffrages. Son Mouvement de régénération nationale (Morena) a aussi décroché une majorité absolue au Congrès. Cette victoire écrasante marque un virage à gauche inédit depuis trois décennies.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un état interventionniste, redistributeur des richesses
Le président élu ne prendra ses fonctions que le 1er décembre. Mais AMLO a déjà annoncé son ambitieux programme réformateur. Il promet la « quatrième transformation du Mexique », après l’indépendance de 1810, la réforme (instaurant la laïcité) de 1857 à 1861 et la révolution de 1910.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un Etat interventionniste, redistributeur des richesses. Son projet prévoit de combattre les inégalités criantes provoquées par les politiques néolibérales instaurées depuis trente ans par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre, au pouvoir) et le Parti action nationale (PAN, droite).
Sa priorité est la lutte contre la corruption qui permettrait de récupérer 500 milliards de pesos (22,8 milliards d’euros) par an. Le tout associé à un programme d’austérité, incluant une réduction drastique des salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien, pour collecter entre 200 et 300 milliards de pesos. Ces sommes seraient allouées au développement du marché intérieur, à la hausse de salaire minimum (88 pesos par jour actuellement, soit 4 euros), à des programmes sociaux et à la gratuité de la santé et de l’éducation. Des projets qui assureraient, sans hausse des impôts ni de la dette publique, une croissance de 4 % à 6 %, contre 2 % en moyenne ces six dernières années,...




                        

                        


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Compte rendu

Au Mali, une élection présidentielle sous haute tension

Ibrahim Boubacar Keïta est en quête d’un second mandat sans avoir réglé les problèmes sécuritaires du pays.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 27.07.2018 à 10h25

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        Mis à jour le 27.07.2018 à 16h45






                        

Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


                    

Quelques centaines de mètres séparent les deux quartiers généraux. « Ils nous marquent à la culotte », s’agace Mahamadou Camara. Le directeur de la communication de la campagne du président Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »), en lice pour un second mandat, dimanche 29 juillet, tire les rideaux pour jeter un œil à l’immense affiche de son principal adversaire. Soumaïla Cissé, candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD), a installé son QG à deux pas de celui du candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM).
Pour la première fois de l’histoire de la démocratie malienne, il n’y a pas de prime au président sortant. La bataille entre les 24 candidats n’en est que plus féroce. « Soumi » suit les traces d’IBK, à commencer par le choix des lieux de meetings à travers le pays. « Ce sont nos affiches qui restent. Le peuple peut ainsi constater que la capacité de mobilisation d’IBK est faible par rapport à la nôtre », glisse un des soutiens de M. Cissé.
« Défendre le bilan »
En août 2013, IBK avait été plébiscité, élu avec 77,6 % des voix au second tour. Fort de sa popularité de premier ministre à poigne sous Alpha Oumar Konaré, il était perçu comme l’homme de la situation, dont l’autorité permettrait de résoudre la crise au nord, qui avait nécessité en janvier l’intervention de l’armée française contre la rébellion touareg et djihadiste. Cinq ans plus tard, l’un de ses soutiens le reconnaît, la donne a changé : « La position de hauteur prise dans la campagne de 2013 n’était plus tenable aujourd’hui. Cette fois, l’idée était de montrer un homme de terrain, qui va à la rencontre des Maliens pour défendre son bilan. »
Les images montrant IBK enturbanné lors de sa visite à Kidal, le 19 juillet, en compagnie d’un chef touareg, Bilal Ag Achérif, secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), illustrent cet état d’esprit. En cinq ans, c’est la première fois qu’IBK se rend dans le fief...


