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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour d’Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 26.07.2018 à 16h35
                 |

            Denis Cosnard

















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Avocat de formation, celui qui fut ministre de l’économie (2012-2014) sous la présidence de François Hollande s’est reconverti dans le monde de l’entreprise en créant deux sociétés pour relancer le miel et les amandes, des productions « made in France » mal en point.
Serge Lama, son extraction modeste, sa tête de révolutionnaire de 1793, ses difficiles premiers pas d’artiste dans les années 1950, n’est pas seulement l’homme des Petites Femmes de Pigalle. Il est l’homme d’un grand amour de jeunesse qu’il n’a jamais pu quitter, et l’auteur de cette chanson poignante : D’aventures en aventures.
Cette année-là, 1964, Mireille vient de lui donner sa première grande chance au Petit Conservatoire de la chanson. Engagé pour le jour anniversaire de ses 21 ans dans un célèbre cabaret de la rive gauche aujourd’hui disparu, L’Ecluse, le voici en première partie de Barbara, accompagnée au piano par la belle Liliane Benelli, dont il devient fou amoureux. Il s’envole alors, porté par l’amour et son talent. Il assure le lever de rideau de Marcel Amont, puis la première partie de Georges Brassens et de Barbara à Bobino, avec Liliane, sa fiancée, assise au piano.
Amant éternel
Le 12 août 1965, en tournée dans le sud de la France, Serge et Liliane sont côte à côte dans la 404 blanche conduite par Jean-Claude, le frère d’Enrico Macias, non loin d’Aix-en-Provence. La voiture s’encastre dans un arbre. Liliane est tuée sur le coup. Serge échappe de si peu à la mort qu’il doit subir dix opérations chirurgicales en un an. Marcel Amont, accouru à l’hôpital, supplie les médecins de ne pas trachéotomiser Serge afin qu’il garde sa grande voix de chanteur, éraillée, belle et grave.
Quelques mois plus tard, un 7 décembre, ses amis Georges Brassens, Marcel Amont, Régine, Pierre Perret, Barbara, Enrico Macias, Jean-Jacques Debout et Sacha Distel donnent à l’Olympia une soirée de soutien à Serge le grand blessé, auquel ils reversent la recette pour l’aider à vivre pendant qu’il ne peut plus chanter. Barbara écrit Une petite cantate dédiée à Liliane.
Rétabli, Serge Lama signe en 1968 D’aventures en aventures, un texte qui chante l’amour immarcescible pour cette Liliane qu’il aura aimée encore cinquante ans : « Bien sûr j’ai d’autres certitudes/J’ai d’autres habitudes/Et d’autres que toi sont venues (…)  Mais d’aventures en aventures/De trains en trains, de ports en ports/Jamais encore je te le jure/Je n’ai pu oublier ton corps ». Une chanson puissante, dans la peine comme dans la joie perdue qu’elle exprime par la voix tremblante de l’amant éternel de Liliane, la belle tragiquement disparue sous ses yeux.
« De trains en trains, de ports en ports/Je n’ai pu fermer ma blessure/Parce que je t’aime/Je t’aime encore ». Cette chanson figure en tête de ma playlist intime. Une femme que j’ai aimée me l’a fait écouter, peut-être parce qu’elle voulait être aimée pour toujours. Moi aussi, j’aime partager avec elle les espérances de cette chanson, cette chanson de l’amour qui dure par-delà la vie et la mort. 


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Denis Cosnard
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Delon en six films cultes (5/6). En 1970, un cinéaste au sommet de son art retrouve Alain Delon. Peu de mots entre eux tant la relation est fusionnelle. Les regards suffisent. Cette confiance est née sur le tournage du « Samouraï », trois ans plus tôt. Bien que craignant les caprices de l’acteur, Melville est fasciné par sa charge physique, son côté animal.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.
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L’urgence d’apprivoiser le désert

Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
   





                        



                                


                            
Le 17 juin, comme chaque année depuis 1992, s’est déroulée à l’appel des Nations unies la Journée mondiale de lutte contre la désertification. Les derniers rapports publiés n’en finissent pas d’inquiéter : près d’un tiers des terres de la planète, soit 4 milliards d’hectares, sont des zones naturelles arides et semi-arides ­menacées par une dégradation combinée des sols et de la végétation – une désertification menaçant toute survie. Un cinquième de la population mondiale est concernée, soit 1,5 milliard d’habitants ; 800 millions d’entre eux sont sous-alimentés, ce qui grossit le nombre des migrants climatiques.
Dans de nombreux pays, l’urgence d’agir, politique ou civile, se fait donc sentir, tandis qu’architectes et urbanistes se mobilisent pour habiter et réaménager les déserts. Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui préfère ­s’inspirer de l’architecture vernaculaire – du latin vernaculus (« indigène ») plutôt que du clinquant des constructions postmodernes, à l’empreinte carbone lourde et aux matériaux coûteux.
Habitats bioclimatiques
S’inspirant de techniques bioclimatiques pour certaines millénaires – briques de boue séchée, tour de vent, pièces en sous-sol, réservoir – de nombreux architectes, qu’ils soient chinois (Wang Shu, prix Pritzker 2012), iranien (Kamran Diba), israélien (Matti Cones) ou marocain (Omar Benchekroun), ont commencé de reconquérir les déserts et les zones semi-arides. En France, l’association La Voûte nubienneforme des maçons locaux et développe depuis les années 2000 des programmes d’habitation durable en terre crue dans toute l’Afrique sahélienne. Elle a mené à bien 2 500 chantiers en 2016 et 2017.
Dans la même lignée, le prix Cook pour l’architecture du désert, du nom de l’Américain Jeffrey Cook, spécialiste de l’architecture « passive » (notamment en Arizona), est décerné chaque année à des habitats bioclimatiques. En 2014, il a été remis à l’architecte béninois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.
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La mer, nouvelle terre d’accueil

Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Depuis une décennie, plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandais, Blue21, DeltaSync, Dutch Docklands, Water­studio, Monteflore, proposent une stratégie radicale pour s’opposer aux effets néfastes du changement climatique et à une montée des eaux menaçante (encore ­confirmée, le 25 juin, par une nouvelle étude de la revue scientifique Nature) : conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles – comme l’annonçait Jules Verne dans L’Ile à hélice (Hetzel) en 1895. Pour ces pionniers, habiter sur les mers sans reproduire les dégradations dont nous accablons la terre sera le grand chantier d’avenir de l’humanité. Certains l’appellent la « révolution bleue ».
Ecoutons l’ingénieur civil Rutger de Graaf, l’un des fondateurs de l’agence Blue21 : « La population mondiale continue de croître. Pour l’accueillir et la nourrir, nous sommes en train de convertir les écosystèmes les plus vitaux du monde en zones urbaines polluées et en exploitations agricoles intensives. Ce n’est plus soutenable. Alors que, sur l’eau, il y a de l’espace. »
Pour lui, les mers et les océans, soit 71 % de la surface terrestre, sont devenus « la nouvelle frontière », le territoire vierge où fonder des « nouvelles colonies maritimes » et inventer l’urbanisme et l’architecture du futur. « Prenez les grandes villes polluées du monde, continue-t-il, la plupart sont côtières : elles pourraient se développer sur l’eau. Des structures brise-lames les protégeraient des tempêtes. Des maisons flottantes s’adapteraient automatiquement à l’élévation du niveau de la mer. »
Nouvel écosystème urbain
L’enjeu n’est pas seulement de désengorger les grandes cités avec des quartiers maritimes, mais aussi d’assurer leur production alimentaire et de réduire les pollutions. Une étude prospective publiée, en mai 2017, par Blue21 et l’université des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.
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Vincent Callebaut : « Il faut des villes prônant une symbiose entre humains et environnement  »

L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Belge installé à Paris, l’architecte Vincent Callebaut, 41 ans, est une figure reconnue de l’urbanisme et l’architecture biomimétiques. En 2015, son projet global pour ­végétaliser Paris avec des gratte-ciel verts, « Paris Smart City 2050 », a fait sensation. En 2010, son projet pour Taïwan d’une tour écologique avec jardins suspendus, la Tao Zhu Yin Yuan Tower, l’avait emporté sur celui de la célèbre architecte irako-britannique Zaha Hadid.

Vous avez déclaré appartenir à une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes écoresponsables. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis né en 1977 à La Louvière, en Belgique, l’une des régions les plus pauvres d’Europe du Nord qui a subi de plein fouet la crise industrielle. Je fais partie de cette génération imprégnée d’insecticides, asphyxiée par les smogs urbains et ingurgitant les déchets plastiques qui infectent notre propre chaîne alimentaire.
En 2050, j’aurai 73 ans : la population mondiale comptera 9 milliards d’habitants, avant d’atteindre le pic des 12 milliards annoncé pour 2 100. Or, toutes les statistiques et les publications scientifiques s’accordent au­jour­d’hui à prédire que 70 % de la population mondiale vivra demain dans des villes en flux tendus – lesquelles sont responsables déjà de 70 % des émissions de gaz à effet de serre et concentrent des inégalités sociales de plus en plus fortes.
Alors, je me pose la question de ma génération : le monde va-t-il vraiment s’effondrer, ou bien allons-nous réussir à construire une civilisation et des villes « résilientes » prônant la juste symbiose entre les humains et leur environnement ?
Quelles nouvelles exigences cela implique-t-il pour l’architecture et l’urbanisme ?
L’écologie urbaine est une nécessité pour organiser la transition énergétique vers un monde durable et la résistance face à l’urgence climatique. A la croisée des innovations sociales et technologiques, quatre piliers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.
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Les architectes entrent en résilience

Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h02
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ils sont nombreux, audacieux, souvent militants. Certains sont déjà des figures du XXIe siècle. Ils représentent une génération de jeunes architectes « asphyxiés » par nos grandes villes, qui veulent réintégrer l’urbanisme et l’architecture dans la biosphère. Ils se disent concernés et responsables, et on les comprend : d’après plusieurs études publiées lors de la Journée mondiale 2016 contre la désertification, 40 % de la consommation énergétique mondiale provient de la construction et de l’habitat. Alors, ils rompent avec les recherches formelles et les édifices de prestige du postmodernisme pour inventer une architecture associée au génie civil, économe, attentive aux matériaux durables et recyclables, s’appuyant sur les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, évaporation), bioclimatique (épousant l’environnement et le climat) ou biomimétique (s’inspirant des cycles et du design de la nature). Une révolution.
Les nombreux projets prospectifs et les réalisations de cette nouvelle génération témoignent de leur ambition déclarée. Pour Vincent Callebaut, 41 ans, il s’agit rien de moins que de bâtir « une nouvelle civilisation ». L’objectif est de construire « des villes résilientes », mais aussi d’alléger la pression humaine sur la biosphère en commençant d’aménager les régions désertiques (30 % des terres à récupérer) et d’habiter les mers (71 % de la surface terrestre) de façon écologique. Un projet global, cherchant des solutions au niveau planétaire, qui se dessine trait à trait.
État d’urgence décrété
Le premier grand chantier décisif et colossal de ces nouveaux architectes est de transformer et dépolluer les grandes cités. Car l’état d’urgence est décrété. D’ici à 2030, les deux tiers de la ­population seront citadins. Or, 95 % de la population mondiale vit dans des régions dont la qualité de l’air n’est pas conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon le rapport...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Depuis 1997, Jean-Maurice Ooghe est le réalisateur d’une épreuve sportive suivie dans plus de 180 pays
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Le Tour de France, un blockbuster itinérant

Depuis 1997, Jean-Maurice Ooghe est le réalisateur d’une épreuve sportive suivie dans plus de 180 pays



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h00
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Dans quelques minutes, les coureurs vont s’élancer et avaler, comme d’ordinaire, quelque 200 kilomètres de bitume. Au même moment, Jean-Maurice Ooghe, le chef d’orchestre de ce barnum, prend place sur une chaise haute dans le car-régie de France Télévisions, situé à deux pas de la ligne d’arrivée. Devant lui, des écrans de toutes tailles et une équipe (une cinquantaine de personnes) qui exécute à la seconde près ses consignes. De son micro serre-tête, il est en contact permanent avec les différents cadreurs placés au départ, au finish, sur les cinq motos disséminées le long du parcours et dans les deux hélicoptères. « On est d’autant plus performant qu’on a des habitudes et qu’on se comprend sans se parler », assure Jean-Maurice Ooghe.
« Jean-Mo », comme on le surnomme, est le réalisateur du Tour de France depuis 1997. C’est à lui que revient la précieuse tâche de mettre en scène l’épreuve sportive la plus regardée au monde (hors année Jeux olympiques et Coupe du monde de football). Mais au moment de prendre l’antenne, aucun stress chez lui : « J’ai l’habitude. Si j’étais stressé, je serai déjà mort depuis longtemps », raconte-t-il.
Une série d’été en 21 épisodes
Le top départ vient d’être donné, et pendant plus de cinq heures, Jean-Maurice Ooghe, 65 ans, avalera seulement un café et quelques gorgées d’eau sans quitter son siège. Absorbé par les écrans, il cligne à peine des yeux, ne lâchant pas du regard les moniteurs pour éviter de louper la moindre image. Il ne veut rien rater car c’est lui également qui réalise la Grande Boucle pour les chaînes internationales.
Sans discontinuer, il parle à ses troupes en lançant des « très beau plan ça », en réclamant un ralenti, en positionnant motos et hélicoptères selon l’évolution de la course, ou encore en transmettant une consigne de dernière minute émanant de la police qui demande que ne soit plus filmé un site en raison d’une opération en cours. Il n’hésite pas à pousser une gueulante quand il lit une faute d’orthographe sur un bandeau ; ou à rappeler qu’il ne faut pas oublier de montrer les visages de ces millions d’anonymes massés sur les bords des routes. « Le public s’est approprié les caméras, les gens savent ce qu’il faut faire pour être repéré par les hélicos », se réjouit-il.
« Tout ce que vous voyez à l’écran, comme les monuments, les paysages, est écrit à l’avance. » Jean-Maurice Ooghe, réalisateur
Depuis des décennies, le Tour de France est la série d’été dont les 21 épisodes sont écrits au jour le jour par les coureurs. Le réalisateur ne maîtrise ni l’intrigue, ni le décor, ni les acteurs. Tout l’aspect sportif lui échappe, mais pour le reste, tout ce qui est montré à la télévision est « scénarisé ». « Je fais le Tour de France deux fois dans l’année. A partir de janvier, je repère le parcours et, pour chaque étape, j’écris un scénario qui va constituer la partie documentaire, explique Jean-Maurice Ooghe. Tout ce que vous voyez à l’écran, comme les monuments, les paysages, est écrit à l’avance. » Le fruit de ses repérages est répertorié dans un guide (« roadbook ») de six cents pages qui détaillent, avec les coordonnés GPS, les sites à filmer tout au long de l’étape avec une précision de géomètre. Traduit en anglais, ce guide est distribué aux commentateurs du monde entier. « C’est tellement précis que les cameramen sur les motos et les hélicoptères ont pour consigne de ne pas filmer ce qui n’est pas dans le roadbook, assure-t-il. Imaginez qu’ils voient un petit manoir que je n’avais pas prévu de montrer et qu’ils le tournent quand même. Si je le passe à l’antenne, les commentateurs vont être perdus. » 
Un savoir-faire reconnu mondialement
Vendredi 27 juillet, lors de la 19e étape entre Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Laruns (Pyrénées-Atlantiques), c’est lui qui a choisi de montrer, entre autres, l’église médiévale des Templiers, à Luz-Saint-Sauveur, ou le majestueux lac Bleu de Lesponne. Jean-Maurice Ooghe semble prendre un plaisir infini à mettre en valeur le patrimoine français. D’ailleurs, c’est devenu la marque de fabrique du Tour de France : ses longs plans séquences sur des paysages que l’on ne pensait trouver que dans des continents infiniment plus exotiques. Ce savoir-faire est mondialement reconnu et s’exporte même. Par exemple, les responsables du Giro (le Tour d’Italie) qui organisent des courses au Moyen-Orient, demande des conseils à M. Ooghe. « Le Tour de France a une technologie très performante grâce à laquelle nous sommes les meilleurs du monde. Mais si on est les meilleurs, c’est aussi du fait qu’on couvre la plus grande course au monde », déduit-il.
Et que dire du public ? Fin 2007, l’Institut Sportlab avait mené une enquête, commandée par des sponsors du Tour. A la question « pourquoi regardez-vous le Tour à la télévision ? », la réponse la plus fréquente avait été « pour les paysages » (22 %). Seulement 8 % des sondés avaient déclaré suivre la Grande Boucle « pour les champions et leurs exploits ». Cette place donnée à la culture et au patrimoine peut prendre sur certaines étapes jusqu’à 50 % du temps d’antenne. « Je dis souvent que je suis le réalisateur du Tour de France et du tour de la France, lance M. Ooghe. Je suis aussi le pilote d’un tapis volant sur lequel j’emmène les téléspectateurs faire une grande et belle ballade autour des monuments de la France. Ce côté culturel va d’une certaine manière permettre à un public qui n’aurait pas aimé le Tour à s’intéresser à la course. C’est gagnant-gagnant. » 
Des caméras au cœur du peloton
Aujourd’hui, les organisateurs de la Grande Boucle revendiquent plus de 2 milliards de téléspectateurs (en audience cumulée) dans le monde sur plus de 180 pays. En France, les chiffres grimpent quelque peu après des années à la baisse, la faute aux différentes affaires liées au dopage. Le 22 juillet, France 2 a enregistré 4,03 millions de suiveurs, c’était 3,5 millions en 2012 (contre plus de 5 millions dans les années 1990).
Désormais, « Jean-Mo » a un autre défi : il aimerait se rapprocher davantage encore des coureurs tout au long de l’étape. « On a du mal à rendre compte de la vie à l’intérieur du peloton », reconnaît-il. Il y a bien huit caméras embarquées sur les vélos de coureurs, mais elles ne peuvent pas diffuser en direct ; les images sont récupérées après la course. Pour l’heure, tous les coureurs sont géolocalisés. « Ça ne se voit pas en termes d’images, mais ces capteurs améliorent de manière importante la compréhension de la course. S’il y a un incident comme une bordure, je peux mieux placer les caméras et donner des informations plus précises aux téléspectateurs. Avant on était à l’aveugle », souligne-t-il.
Haute voltige
Sur le Tour, Jean-Maurice Ooghe a toute liberté pour filmer la course : il assure ne recevoir aucune consigne de la part d’Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire de l’épreuve. Des huées du public destinées à Lance Armstrong, aux encouragements pour Warren Barguil, à l’hostilité contre Christopher Froome, rien ne passe à la trappe. « Cela fait parti de la dramaturgie du Tour, je les montre », affirme-t-il. En revanche, il évite au maximum de passer à l’antenne « les imbéciles » qui courent aux côtés des cyclistes pour éviter de les « inciter à faire cette connerie dangereuse ». Il s’interdit aussi d’être « sensationnaliste » lorsqu’un coureur se blesse gravement.
Jean-Maurice Ooghe se demande comment il réussit étape par étape à filmer une course en direct qui s’étend sur des centaines de kilomètres. « Ça paraît facile, mais je peux vous dire que c’est de la haute voltige en termes de technologie télé », assure-t-il. Car France Télévisions met à sa disposition plus de 300 techniciens. Sans compter notamment deux avions-relais, des drones. La Grande Boucle, c’est avant tout un blockbuster itinérant. Mais Jean-Maurice Ooghe préfère dire qu’« il y a un côté miraculeux » à réaliser et retransmettre, chaque été, le Tour de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 2|5]. « Prendre refuge », qui paraît le 5 septembre, déploie deux récits en résonance.
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Zeina Abirached et Mathias Enard entre Orient et Occident

[Une planche de BD de la rentrée 2|5]. « Prendre refuge », qui paraît le 5 septembre, déploie deux récits en résonance.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h16
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            



Deux semaines d’écart séparent, fin 2015, la publication de Boussole (Actes Sud), le roman de Mathias Enard, lauréat du prix Goncourt cette année-là, de celle du Piano oriental (Casterman), bande dessinée remarquée de la Franco-Libanaise Zeina Abirached. Les nombreux thèmes communs à ces ouvrages – la musique, l’exil, les rapports entre Orient et Occident… – ne pouvaient que rapprocher les deux auteurs autour d’un même projet.
La première histoire a pour cadre le Berlin d’aujourd’hui. La seconde se déroule en Afghanistan, en 1939
Mathias Enard et Zeina Abirached ont d’abord appris à se connaître, à l’occasion de salons littéraires où ils étaient invités, avant de se lancer dans Prendre ­refuge (Casterman, sortie le 5 septembre), un album offrant deux histoires pour le prix d’une, et même trois si l’on prend en compte la résultante de leur proximité. « On est toujours surpris par le rebond provoqué par ce genre de juxta­position narrative », explique Mathias Enard, coutumier du fait.
La première histoire a pour cadre le ­Berlin d’aujourd’hui, où Nayla, une réfugiée syrienne récemment arrivée, noue une relation imparfaite avec Karsten, un jeune Allemand féru d’Orient qui s’est épris d’elle. La seconde histoire se déroule sur le site des bouddhas géants de ­Bâmiyan, en Afghanistan, en 1939 – décor majestueux au pied duquel deux exploratrices européennes vont tomber amoureuses avant d’apprendre, la même nuit, que la guerre a éclaté.
Déracinement, difficulté d’aimer
La progression, en parallèle, de ces deux récits n’ayant a priori rien à voir l’un avec l’autre fait réverbérer en écho des sujets connexes, comme le déracinement ou la difficulté d’aimer. S’ajoute au mystère tout un jeu d’analogies et de zooms ­historiques : entre l’Allemagne actuelle, qui a accueilli 1 million de migrants, et l’Allemagne raciste d’hier ; entre les ­souffrances de la population syrienne et celles du peuple afghan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Des internautes accusent la chanteuse d’avoir copié un logiciel dans son titre « Damn, dis-moi ». Il ne s’agit pourtant pas de plagiat.
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Le prétendu plagiat de Christine and the Queens

Des internautes accusent la chanteuse d’avoir copié un logiciel dans son titre « Damn, dis-moi ». Il ne s’agit pourtant pas de plagiat.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h53
   





                        


C’est une vidéo vue près d’un demi-million de fois sur Facebook depuis le 22 juillet. « Incroyable : le dernier tube de Christine and the Queens est complètement piqué sur le logiciel Logic Pro qu’on trouve sur Apple », écrit un internaute, comparant la chanson Damn, dis-moi de la chanteuse Chris — le nouveau nom de scène de Christine and the Queens —, avec des sons préenregistrés disponibles dans l’onéreux logiciel de composition Logic Pro, édité par Apple.
Une polémique a ainsi vu le jour sur les réseaux sociaux, certain·e·s internautes fustigeant la paresse présumée de l’auteure-compositrice et s’indignant de ce « plagiat ».

Cependant, comme le rapporte France Inter, jeudi 26 juillet, cette chanson n’est ni une copie ni un plagiat — et ce même s’il suffit de quelques clics pour reproduire à l’identique l’accompagnement musical de la chanson de Christine and the Queens.
En effet, les boucles proposées dans Logic Pro sont libres de droits : cela siginifie qu’un·e artiste peut les utiliser à sa guise, sans les créditer.
C’est l’exercice, légal, auquel s’est livrée Héloïse Letissier (nom de l’artiste à l’état civil). Dans sa création, les trois boucles utilisées dans Damn, dis-moi ont en l’occurrence été modifiées et d’autres instruments ont également été ajoutés pour conduire à la chanson finale.
La jeune femme ne s’est par ailleurs jamais cachée d’utiliser les possibilités offertes par le numérique dans ses compositions. Dans une interview accordée à Vanity Fair, en 2017, elle revenait sur la genèse de son parcours de compositrice. « J’ai demandé autour de moi : “Quel est le moyen le plus simple d’écrire de la musique ?” On m’a dit : “Le logiciel GarageBand, sur Mac.” Je suis allée m’acheter un ordinateur. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires d’Antoine Griezmann et de Jay-Z, Marc Beaugé scrute celui du rappeur normand, qui fait la tournée des festivals cet été. En pantacourt ? Ce n’est pas impossible.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dix ans après la sortie du premier opus, cette comédie musicale au kitsch assumé persiste et signe.
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« Mamma Mia ! Here we go again » : pour quelques tubes d’Abba de plus...

Dix ans après la sortie du premier opus, cette comédie musicale au kitsch assumé persiste et signe.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 09h41
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » - pourquoi pas
Il existe une catégorie de films, c’est comme ça, qui rend indulgents. L’affaire tient, au fond, à peu de chose. D’une énergie bon enfant, d’une bande-son qui réveille des souvenirs de jeunesse, d’une histoire qui flatte sans vergogne la part sentimentale de chacun… peu importe. Mamma Mia ! Here we go again, comédie musicale d’Ol Parker, fait ressortir de la salle de cinéma avec l’envie de chanter et de danser. De la même manière que le premier volet Mamma Mia ! de Phyllida Lloyd nous avait « enchanté ». Reconnaissons que l’argument pèse peu et compte beaucoup à la fois. Même si dans les deux films, il s’agit de tisser une histoire autour de quelques tubes du groupe Abba, il faut bien reconnaître que cela fonctionne.

        Lire aussi :
         

                Abba, le mauvais goût a du bon



Dans l’opus précédent sorti en 2008, Sophie (Amanda Seyfried) s’était mis en tête de retrouver et de réunir ses trois pères potentiels sur l’île grecque de Kalokairi où sa mère, Donna (Meryl Streep), ignorante de qui elle tenait sa fille bien-aimée, gérait un hôtel. Dans le deuxième opus, Donna est morte et Sophie, qui a tout mis en œuvre pour rénover l’hôtel (délabré) de sa mère, s’apprête à fêter la réouverture de l’établissement en grande pompe. Sam (Pierce Brosnan) et les deux grandes amies fidèles de sa mère, Rosie et Tanya (Julie Walters et Christine Baranski), ont répondu à l’appel. D’autres personnes, et personnalités, sont attendues. Il faut donc que tout soit prêt pour les accueillir dignement. Dans ce présent où règne l’effervescence – malgré les coups du sort qui s’acharnent à l’altérer – le passé surgit (jusqu’à nous perdre un peu) pour raconter et montrer ce qu’avait tu le premier volet. A savoir les événements ayant conduit Donna (incarnée, jeune, par Lily James) dans les bras de trois hommes, susceptibles chacun d’être le père de sa fille.
Ringardise assumée
De ce récit qui entremêle deux époques, Mamma Mia ! Here we go again tisse une toile dont l’esthétique kitsch assure l’unité. Costumes, éclairages, chorégraphies, scénario réduit au strict minimum, contribuent à nous emmener dans un univers qui, – se plaît-on à la croire – assume sa ringardise. Pour mieux faire passer, qui sait, sa vacuité. Puisque l’essentiel est de caser les tubes d’Abba – même ceux qui n’avaient pas trouvé leur place dans le premier volet, tel Fernando. C’est d’ailleurs ce que l’on attend durant toute la durée du film, dont certains traits d’humour (pas mal assurés par les deux copines de Donna, Rosie et Tanya, toujours en quête d’amour) plus que par les romances qui se multiplient, permettent de faire passer le temps. Un temps qui passe dans une sorte de bonne humeur dans laquelle on se surprend de tomber, malgré l’aspect foutraque du film, l’interprétation approximative et appuyée des acteurs, l’indigence des dialogues et les décors carte postale. L’été conduit à de bien drôles abandons.

Film américain d’Ol Parker. Avec Lily James, Amanda Seyfried, Meryl Streep (1 h 54). Sur le web : www.facebook.com/MammaMia.lefilm, www.universalpictures.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 25 juillet)
La Saison du diable, film philippin de Lav Diaz (à ne pas manquer)Une pluie sans fin, film chinois de Dong Yue (à voir)Contes de juillet, film français de Guillaume Brac (à voir)Roulez jeunesse, film français de Julien Guetta (à voir)Vierges, film français, israélien et belge de Keren Ben Rafael (à voir)The Charmer, film danois de Milad Alami (pourquoi pas)Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses, film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (pourquoi pas)Mamma Mia ! Here We Go Again, film américain de Ol Parker (pourquoi pas)
A L’affiche également
Bajirao Mastani, film indien de Sanjay Leela BhansaliC’est qui cette fille, film français et américain de Nathan SilverHôtel Artemis, film américain de Drew Pearce





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Depuis 2015, le maestro italien a créé une académie d’opéra consacrée au compositeur de « Macbeth », en Emilie Romagne.
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A Ravenne, Riccardo Muti aux sources de Verdi

Depuis 2015, le maestro italien a créé une académie d’opéra consacrée au compositeur de « Macbeth », en Emilie Romagne.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h13
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Sur l’affiche, Riccardo Muti est de dos, bras ouverts en arc de cercle, tel un atlante soutenant le monde. Un symbole de la mission que le grand maestro italien s’est donnée : transmettre aux jeunes ­générations ce qui lui a été confié. Pour ce faire, outre l’Orchestre de jeunes Luigi Cherubini fondé dix ans plus tôt, il a créé en 2015, à ­Ravenne, sa ville d’adoption, une Académie de l’opéra italien, plus particulièrement dévolue à ­Giuseppe Verdi, dont il revendique la filiation en ligne directe : « Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, explique-t-il, mais j’ai étudié la direction avec Antonino Votto, qui a été l’assistant de Toscanini à la Scala de Milan, lequel avait travaillé avec Verdi. Tous deux croyaient dans les valeurs morales d’une école italienne attachée au respect des partitions. C’est un savoir précieux, qui se perdra si je ne le transmets pas. »
Après Falstaff, La Traviata et Aïda, la session 2018, qui se ­déroule du 21 juillet au 3 août, est consacrée à Macbeth,un opéra moins couru que les trois autres, mais que Muti dirige depuis plus de quarante ans, comme en témoignent une bonne dizaine de CD et de DVD, enregistrés de ­Florence, en 1975, à Chicago, en 2013. A 76 ans le 28 juillet prochain, le maestro, qui vient de ­recevoir au Japon l’honorifique Praemium Imperiale for Music, est dans une forme éblouissante. Veste, pantalon et polo noirs, chaussures de sport, il animera sans cérémonie, durant deux ­heures et demie, la conversation publique qui ouvre la quatrième édition de son académie.

Après avoir présenté la brochette de jeunes musiciens qui travailleront durant deux semaines sous sa férule en présence du public – quatre chefs d’orchestre et quatre pianistes répétiteurs ­sélectionnés sur 300 candidats venus de 51 pays –, le maestro ­déroulera avec brio son credo. Une croisade contre ce qu’il appelle « la tradition », ce dévoiement stylistique qui affecte,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Entre pouvoir et richesse, le Grimaldi Forum expose des trésors découverts dans les tombes des pharaons prêtés par le Musée du Caire.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Jennifer Richard retrace la saga sanglante et grotesque des Blancs en Afrique.
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Les plaies à vif de la colonisation

Jennifer Richard retrace la saga sanglante et grotesque des Blancs en Afrique.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il est à toi ce beau pays, de Jennifer Richard, Albin Michel, 756 p., 25 €.

Il est à toi ce beau pays s’ouvre par deux morts. Le 20 mars 1916, en Virginie, Ota Benga se souvient des siens massacrés par la Force publique, l’armée du roi des Belges, Léopold II, au Congo. Emmené aux Etats-Unis par un missionnaire américain, exposé comme curiosité, notamment au zoo du Bronx, où il a cohabité avec les singes, le jeune Pygmée doit désormais se faire appeler Otto Bingo, apprendre le mode de vie américain dans un orphelinat et travailler à l’usine. Il se tire une balle en pleine poitrine.
Quarante ans plus tôt, le 1er mai 1873, dans le royaume bisa (actuelle Zambie), un glorieux explorateur succombe de la dysenterie. Il s’appelle David Livingstone. Sa disparition attire la lumière sur les richesses de l’Afrique. « Il n’aurait pas l’occasion de voir se mettre en place la grande mission civilisatrice de l’Europe. Et c’était mieux ainsi », écrit Jennifer ­Richard. De quoi la mort de ces deux hommes est-elle le nom ? De la colonisation, et de la terrible aventure du ­peuple noir. Une tragédie en trois actes que l’écrivaine franco-américaine orchestre avec brio sur vingt-trois ans, trois continents et plus de 700 pages.
Hypocrisie et calcul politique
La saga s’écoule par courts chapitres et saynètes qui saisissent des personnages marquants, comme l’explorateur Henry Morton Stanley, les dirigeants Léopold II et Jules Ferry, ou des militants de la cause noire américaine, tels l’enseignant Booker T. Washington et le pasteur et historien George Washington Williams. Solidement documentées, ces scènes témoignent du talent de Jennifer Richard pour manier le récit d’aventures et l’épopée, le roman historique et le Southern Gothic. Surtout, leur enchaînement crée des échos entre ce qui se joue au même moment en Afrique, en Europe et en Amérique, et dans les vies des protagonistes – souvent quantités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Romans, récits, histoire, science-fiction, biographie, manga… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 27 juillet 2018.
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Livres de l’été en bref

Romans, récits, histoire, science-fiction, biographie, manga… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 27 juillet 2018.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
    |

                            Mathieu Strux, 
Frédéric Potet, 
                                Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres"), 
Abel Mestre, 
                                Florence Noiville, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Cathia Engelbach et 
                            Florent Georgesco








                        



                                


                            Roman. Le « w » d’Hawthorne
Lettre américaine, de Marie Goudot (Libretto, inédit, 176 p., 9,10 €).
Considéré comme l’un des premiers romans de la littérature américaine, La Lettre écarlate (1850) est aussi un pamphlet virulent contre la société puritaine du XVIIe siècle. Si la vie de son auteur, Nathaniel Hawthorne (1804-1864), est assez bien connue, le mystère de son génie littéraire reste entier.
Marie Goudot choisit de l’approcher dans une belle et poétique biographie romancée. Lettre américaine (Libretto, inédit, 176 p., 9,10 €) mêle ainsi de manière habile – parfois déstabilisante – un récit de type biographique, et des réflexions, rêves ou idées fugaces exprimées à la première personne par l’écrivaine.
S’appuyant sur les travaux consacrés à l’auteur, comme sur la correspondance qu’il a entretenue avec Herman Melville (1819-1891), Marie Goudot peut ainsi proposer une relecture personnelle et suggestive de la trajectoire de ce fils de marin disparu en mer, descendant honteux des juges chargés de la chasse aux sorcières à Salem (Massachusetts).
Né Nathaniel Hathorne, il choisit d’ajouter un W au nom qui passera à la postérité. « W comme writer, écrit Marie Goudot, ou comme to warp, se voiler. (…) W comme witch, sorcière, wreck, l’épave, familiale bien sûr, wrong, le garçon dans son tort, qui a quitté le droit chemin de ses aïeux. » Comment se faire un nom qui puisse gommer l’histoire familiale ? « Tu prétendais te débarrasser de notre lignée éclaboussée de sang et tu y pioches tes sujets », crient au jeune homme ses ancêtres. Marie Goudot rend à ce conflit intérieur toute sa violence et sa force littéraire. Fl. By
Histoire. A l’Alhambra !
Histoire de Grenade, de Sophie Makariou et Gabriel Martinez-Gros,Fayard, 448 p., 26 €.
Raconter le destin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le chef d’orchestre russe dédie sa vie depuis trente ans au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. A 65 ans, il a décidé de se livrer.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Valery Gergiev, ogre musical

Le chef d’orchestre russe dédie sa vie depuis trente ans au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. A 65 ans, il a décidé de se livrer.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h36
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                            Etienne Anheim (Historien et collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Valery Gergiev est précédé de sa légende, celle d’un des plus grands chefs d’orchestre de notre temps, passionné et ­excessif, toujours en mouvement entre son antre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, qu’il gouverne depuis trois décennies, et les salles du monde entier – il dirige parfois plus de trois cents concerts par an. Pourtant, lorsqu’on l’écoute, affable, précis, tranquille, il semble à distance de sa répu­tation, posé à côté de lui-même comme le livre qu’il vient de publier est posé sur la table basse du salon de l’hôtel Bristol, à Paris, où il reçoit Le Monde.
Il parle de cette Rencontre (Actes Sud, 224 p., 22 €) sans que l’on sache tout à fait s’il considère en être l’auteur ou le personnage principal. Lorsqu’on lui en fait la remarque, il s’explique : « Ce n’est pas un monologue, c’est un dialogue. Au départ, j’étais peu convaincu par l’idée d’un livre, je me disais que pour comprendre ce qu’était le Mariinsky et ce que j’essayais de faire, il faudrait vingt ans. » Mais la rencontre de Bertrand Dermoncourt, directeur de Radio Classique et éditeur chez Actes Sud, le fait changer d’avis. « Non seulement il connaissait très bien la musique et mon travail, mais il est venu à Saint-Pétersbourg, il a assisté à mes répétitions, tout cela a été très important, je me suis senti en confiance. »
Il a tout de même fallu plus de dix ans d’échanges pour parvenir au terme de l’entreprise
On comprend que ces entretiens sont à ses yeux moins qu’un véritable livre, et beaucoup plus : la trace d’une vie mais aussi d’une rencontre, fragment d’un ensemble plus vaste, celui de l’histoire culturelle des rapports entre France et Russie, dans laquelle le chef veut s’inscrire depuis ses débuts à Tours en 1987, et qui le conduit à défendre ­Debussy avec autant de passion que Prokofiev ou Chostakovitch.
Il a tout de même fallu plus de dix ans d’échanges pour parvenir au terme de l’entreprise. Pour lui, qui a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Portrait de l’écrivaine, et jurée du prix Femina, en lectrice.
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Keskèli, Camille Laurens

Portrait de l’écrivaine, et jurée du prix Femina, en lectrice.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h48
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            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Un premier souvenir de lecture ?
La Petite Princesse, de Frances Hodgson Burnett (1905). La scène qui m’a marquée enfant, au point que j’en rêvais la nuit, est celle où Sara, devenue pauvre et malheureuse après la mort de son père, retrouve la joie de vivre en voyant chaque jour sa misérable mansarde s’enrichir de cadeaux – beaux meubles, bon feu dans la cheminée, délicieux repas – sans savoir qui est son bienfaiteur. Cette idée qu’il pourrait toujours y avoir quelqu’un pour m’aider ou m’aimer en secret a illuminé mon enfance. C’est peut-être une métaphore de la lecture, au fond.
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
La Vie privée, d’Olivier Steiner (Gallimard, 2014). La vie privée, c’est celle du désir, des fantasmes les plus obscurs du narrateur, dans une maison au bord de la mer. C’est aussi la vie privée de tout, celle d’Emile, qui repose à l’étage après une lente agonie. Rarement la vie et la mort se sont mêlées avec une telle simplicité dans un récit. Le style d’Olivier Steiner « épouse le temps » et la matière même de notre humanité. C’est juste, beau, poignant.
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
L’Homme sans qualités (1930-1932), de Robert Musil. Je n’ai jamais pu aller au-delà de cinquante pages. Je me souviens pourtant d’une phrase que j’avais adorée : « Quinze jours plus tard, elle était sa maîtresse depuis deux semaines. » Mais ce passage se situe tout au début et ne reflète pas vraiment le ton général de l’œuvre, trop abstraite à mon goût.
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
J’aurais aimé rencontrer Roland Barthes et parler de ses Fragments d’un discours amoureux (Seuil, 1977). Actuellement, j’apprécie toute soirée avec un écrivain doté d’un fort sens de l’humour, hostile à l’esprit de sérieux, pas trop narcissique et avec qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le Grimaldi Forum de Monaco expose jusqu’au 9 septembre plus de 150 pièces d’antiquité parées du divin métal. Un voyage dans le temps et dans le travail des hommes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/07/2018
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L’âge d’or des joyaux égyptiens

Le Grimaldi Forum de Monaco expose jusqu’au 9 septembre plus de 150 pièces d’antiquité parées du divin métal. Un voyage dans le temps et dans le travail des hommes.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 10h08
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Des bijoux à Monaco ? Banal, direz-vous. En or ? C’est commun. Certes, mais égyptiens, cela l’est moins. Le Grimaldi Forum consacre, sous la houlette de Christiane Ziegler, directrice honoraire du département des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, une exposition à « l’or des pharaons ».
Plus de cent cinquante objets qu’on ne reverra pas de sitôt sous nos latitudes, ainsi que le précise Khaled El-Enany, le ministre égyptien des antiquités : « C’est leur dernier voyage hors de nos frontières, après quoi ils formeront le noyau du nouveau musée égyptien du Caire. »
Celui-ci, le GEM (Great Egyptian Museum), un bâtiment colossal et ultramoderne situé à proximité du plateau de Gizeh, juste en face des pyramides de Khéops, Képhren et Mykérinos, est en voie d’achèvement. Son inauguration est envisagée en 2019, et il accueillera les trésors de Tanis comme ceux de Toutankhamon.

Mise en valeur de la culture nationale
Sans vider pour autant l’ancien Musée égyptien du Caire, si attachant. Comme le précise le directeur du GEM, Tarek Sayed Tawfik : « Nous y avons déjà prélevé 3 500 pièces, et personne ne s’en est rendu compte ! » Il faut dire qu’il y a de la matière – on n’a toujours pas terminé le récolement des réserves – et que ce n’est pas fini : les fouilles vont bon train – le ministre des antiquités annonce 250 missions étrangères actives dans son pays, où plus de 1 300 sites ont été répertoriés, et les archéologues égyptiens multiplient les découvertes.
Autant que se multiplient en Egypte les ouvertures ou les réouvertures de musées – une dizaine depuis 2017, selon Khaled El-Enany. L’enjeu n’est pas mince : le pays reçoit huit millions de touristes par an, un chiffre en augmentation dont se félicite Rania Al-Mashat, ministre chargée de la chose.
Mais c’est approximativement le même nombre de visiteurs qu’au seul Musée du Louvre. Les autorités politiques ont donc fait de la mise en valeur de la culture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque jeudi, un(e) journaliste du « Monde » dresse la liste des ouvrages qui l’inspirent dans son travail. Cette semaine, Maïa Mazaurette, chroniqueuse « sexe » pour « La Matinale ».
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« Mes incontournables » : sept livres pour comprendre la sexualité, par Maïa Mazaurette

Chaque jeudi, un(e) journaliste du « Monde » dresse la liste des ouvrages qui l’inspirent dans son travail. Cette semaine, Maïa Mazaurette, chroniqueuse « sexe » pour « La Matinale ».



Le Monde
 |    26.07.2018 à 06h35
    |

                            Maïa Mazaurette








                        



                                


                            « MES INCONTOURNABLES », PAR MAÏA MAZAURETTE

La secousse Virginie Despentes
Si Catherine Millet a pu marquer la génération Mai 68, King Kong Théorie (2006), de Virginie Despentes, est « la » bible des moins de 45 ans – simple, efficace, facile à relire pendant les coups de mou, pour se rappeler à sa colonne vertébrale.
Il était temps de secouer le vieux monde, Despentes l’a fait. Nous manquions de modèles qui ne soient pas des femmes-pâquerettes ou des femmes blessées. Elle nous a inventé la femme-guenon, qui ne s’excuse de rien, ne se protège de rien, et jouit selon ses propres termes. Bon sang. J’avais failli attendre.

« King Kong Théorie », de Virginie Despentes, Livre de poche, 160 p., 6,10 €.

Anne Rice conduit l’orgie
Que se passe-t-il quand les contes de fées se terminent ? Nos héros vivent-ils heureux avec beaucoup d’enfants et une Opel Corsa, ou embarquent-ils directement dans un donjon, vêtus de strings panthère fendus ? C’est cette dernière option que choisit Anne Rice, la star des romans d’hémoglobine (dont le célébrissime Entretien avec un vampire – JC Lattès, 1978 –, sans vouloir rappeler à vos souvenirs la désastreuse perruque de Tom Cruise dans l’adaptation cinéma).
Trêve de romance molle, nous embarquons, dans Les Infortunes de la Belle au bois dormant  pour une initiation BDSM décadente, avec des princesses transformées en poneys, des punitions plus vicieuses les unes que les autres, des orgies sans queue ni tête. Qui a dit que les Américaines étaient puritaines ?

« Les Infortunes de la Belle au bois dormant. Initiation. Punition. Libération », d’Anne Rice, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adrien Calmevent, Pocket, 3 volumes, 352 p., 6,95 € ; 352 p., 6,95 € ; 360 p., 7,90 €.
Joyce Carol Oates et le viol
Malgré une bibliographie longue comme les huit bras de Kali, Joyce Carol Oates prouve qu’on peut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Acquérir une sculpture de plein air est un investissement qui demande du temps et de la réflexion.
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Au domaine du Muy dans le Var, une galerie dans un parc

Acquérir une sculpture de plein air est un investissement qui demande du temps et de la réflexion.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 07h31
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                            Roxana Azimi








                        



   


L’arrière-pays varois regorge de parcs de sculptures. Et de collectionneurs. Le galeriste parisien Jean-Gabriel Mitterrand et son fils Edward l’ont bien compris en ouvrant, en 2015, le domaine du Muy (Var), un écrin grandeur nature des potentialités de la sculpture d’extérieur et une vitrine de leur savoir-faire en matière d’ingénierie paysagère.
Dix jours durant, Edward Mitterrand a crapahuté sécateur à la main, coupant ronces et broussailles pour tracer le parcours offert aujourd’hui aux visiteurs. Une grosse pomme dorée de Claude Lalanne a pris racine au sommet d’une colline, un champignon géant de Carsten Höller a grandi dans un sous-bois. Une quarantaine de pièces sont désormais installées sur quinze hectares accessibles sur rendez-vous de juillet à septembre.

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Une sculpture de plein air ne s’achète pas sur un coup de cœur. Il faut prendre son temps, réfléchir aux questions d’échelle, de masse et de volume. « Il faut se demander ce qui peut résister à côté d’un bel arbre ou ce qui tient dans une clairière », précise Edward Mitterrand. Et d’ajouter : « les gens ne doivent pas avoir l’impression d’avoir un phare qui obstrue leur jardin. » D’autant plus qu’il est difficile de revenir en arrière. « Si l’on se trompe en accrochant un tableau dans un salon, ce n’est pas grave. En extérieur, l’installation et le démontage ont un coût, poursuit Edward Mitterrand. Une fois qu’on a démoli une pelouse et fait couler une dalle, on réfléchit à plusieurs fois avant de l’enlever. »
Compter avec l’entretien
D’autres critères, moins esthétiques, doivent être pris en compte comme la prise au vent et les intempéries. Les pièces ne doivent pas se plier à la première brise ni se pommeler de rouille au moindre crachin. « Le bronze tient mieux le coup en extérieur, détaille Edward Mitterrand. On peut le nettoyer avec une éponge et de l’eau. Le cuivre se noircit vite et il faut cirer et recirer. » Et il faut aussi compter avec l’entretien. « De la même manière qu’on lave une voiture ou qu’on tond une pelouse, il faut tous les ans nettoyer les sculptures. Et savoir qu’il est difficile de les garder exactement dans le même état qu’au premier jour », indique Alexandre Devals, directeur de la Fondation Venet qui compte un beau parc de sculptures près du domaine du Muy.

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Les sculptures en extérieur ont enfin un coût, entre 40 000 euros et 300 000 euros. Sans parler des « faux frais ». « Le transport et l’installation peuvent ajouter 10 à 15 % au prix d’une sculpture », observe Jean-Pierre Foubet, directeur général du domaine de Chasse-Spleen dans le Médoc, où trônent huit sculptures monumentales. Mais, ajoute Edward Mitterrand, « les galeries font souvent des efforts pour les œuvres difficiles à installer et parfois elles offrent le transport ».
Malgré tous ces bémols, ces œuvres comblent généralement leurs propriétaires. « Elles offrent davantage de perspectives, confie Jean-Pierre Foubet. Vous pouvez la regarder à cent mètres comme à un mètre. On s’en lasse peut-être moins. »
www.domainedumuy.com



                            


                        

                        

