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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La chaleur exceptionnelle et les incendies ont tué depuis juillet des centaines de personnes et provoqué de nombreux dégâts dans le monde.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le bilan humain de ces feux, les plus meurtriers du siècle après ceux d’Australie en 2009, s’est alourdi à 82 morts, le 26 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La première étude systématique montre que des traces d’activité humaine sont retrouvées dans la majeure partie des océans.
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Les zones marines sauvages ont pratiquement disparu

La première étude systématique montre que des traces d’activité humaine sont retrouvées dans la majeure partie des océans.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 17h00
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

L’existence même de milieux marins sauvages ne sera-t-elle bientôt plus qu’un lointain souvenir ? Une étude publiée jeudi 26 juillet dans la revue Current Biology révèle qu’à l’échelle planétaire, seule 13 % de la surface des océans serait encore à l’état sauvage, exempte de traces liées à l’activité humaine. Pour l’équipe de chercheurs impliqués dans ce travail, ce constat plus qu’inquiétant signifie qu’il est temps d’agir – et en urgence – pour protéger ce qu’il reste de ces zones.
« Bien que l’océan soit immense – il couvre plus de 70 % de notre planète –, nous sommes parvenus à affecter de façon considérable la quasi-totalité de ce vaste écosystème », déplore Kendall Jones, chercheur à l’université de Queensland (Australie) et premier auteur de l’étude.
Or, « on sait que les zones marines non affectées par une activité humaine intense renferment des niveaux inégalables de biodiversité marine et d’espèces endémiques, ainsi qu’une diversité génétique élevée, poursuit ce spécialiste des plans de sauvegarde pour l’organisation non gouvernementale (ONG) de défense de l’environnement Wildlife Conservation Society. Il s’agit en outre d’un des derniers endroits où l’on peut encore rencontrer des populations importantes de superprédateurs [au sommet de la chaîne alimentaire], comme les requins. »
Afin de localiser ces zones et de quantifier leur étendue, le biologiste et ses collègues se sont livrés à une compilation et une analyse systématique, à l’échelle du km2, des données disponibles sur les activités humaines susceptibles d’avoir des répercussions sur le milieu marin. Le transport maritime, les activités de pêche ou encore le ruissellement de sédiments et de polluants découlant de l’agriculture intensive et de l’érosion des sols sont quelques-uns de ces « facteurs de stress » d’origine anthropique.
Répartition hétérogène
Selon les estimations des chercheurs, il ne reste plus,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les légistes tentaient, jeudi, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées par l’incendie de lundi, à l’est d’Athènes.
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Après les incendies en Grèce, le difficile processus d’identification

Les légistes tentaient, jeudi, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées par l’incendie de lundi, à l’est d’Athènes.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h31
   





                        


Quatre jours après l’incendie le plus meurtrier de l’histoire récente de la Grèce, qui a fait 82 morts, les légistes tentaient, jeudi 26 juillet, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées, à l’est d’Athènes. Selon la chaîne publique ERT, plus d’une trentaine de corps ont été identifiés.
Les autres sont toujours en cours d’examen par une équipe renforcée de légistes, qui espèrent terminer la procédure samedi, pour une bonne part grâce à l’ADN de proches supposés, a expliqué à l’agence de presse grecque ANA le chef du service médico-légal d’Athènes, Nikos Karakoukis. Un des légistes a qualifié auprès de l’agence la catastrophe de « massive, avec beaucoup de corps calcinés, ce qui complique la procédure ». Les familles ne sont pas autorisées à voir les corps, un des médecins confiant que le corps médical lui-même « avait du mal à supporter ».
Outre un numéro officiel ouvert aux familles, un mur des disparus informel, ouvert par des développeurs privés sur Internet, et selon la presse « agréé » par la protection civile, affichait toujours jeudi la photo de 27 personnes portées disparues, sans qu’on puisse savoir si certaines figurent ou non parmi les corps retrouvés. Des hommes et femmes de tous âges, pour la plupart souriants sur des photos de famille, tous porteurs de noms grecs.

        Lire :
         

          Après des incendies dévastateurs et meurtriers, la prise en charge des sinistrés s’organise en Grèce



Mesures d’urgence
Par ailleurs, le ministère des infrastructures a annoncé que sur 2 489 maisons auscultées par quelque 340 agents jusqu’à mercredi soir dans la zone côtière sinistrée de Mati, près de la moitié (48,93 %) ne sont plus habitables. Jeudi matin, les agents du ministère sillonnent les ruelles pour marquer les maisons « de différentes couleurs en fonction de leur état, celles qu’il faudra détruire, et celles qui peuvent être réparées » explique Sia, une des employées.
Sur des portails, des habitants ont apposé des messages signalant qu’ils « allaient bien ». Nombre de rescapés ont été pris en charge par des associations, qui fournissent hébergement dans les villes voisines, vêtements et nourriture. La situation a créé un vaste élan de solidarité. Le ministère de l’éducation a par ailleurs annoncé que trois établissements scolaires seraient rouverts vendredi dans la zone.

        Lire le reportage :
         

          Grèce : à Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »



De son côté, le gouvernement a annoncé mercredi soir toute une série de mesures d’urgence pour les sinistrés, allant du versement d’indemnités pour la perte des proches et des maisons à l’exonération du paiement de l’électricité ou au rattrapage de points au concours universitaire. Les obsèques des victimes seront prises en charge. Un fonds spécial pour le réaménagement de la zone, ouvert aux dons, notamment étrangers, sera aussi créé, avec l’apport initial de 40 millions d’euros par l’Etat grec.
Les autorités critiquées par la presse d’opposition
Les partis d’opposition restent discrets pendant le deuil national, qui s’achève vendredi, et la presse progouvernementale préfère souligner la vague de solidarité qu’a suscitée la tragédie. En revanche, la presse d’opposition commence à s’en prendre aux autorités.
« Le gouvernement cherche à absoudre ses péchés en annonçant un paquet préélectoral », commente froidement le journal centriste d’opposition Ta Nea, regrettant qu’il n’y ait « pas encore eu de démission ». « Une tentative du gouvernement pour gérer politiquement son inaptitude », lance le quotidien libéral Kathimerini à propos des mesures annoncées. Et de dénoncer en bloc les divers services impliqués, en publiant les actes d’une réunion de coordination sur la prévention des feux qui s’était tenue en avril dans l’Attique, la région sinistrée.
« Municipalités, préfectures, pompiers et forestiers se sont disputés au lieu d’organiser la lutte contre le feu », écrit le journal, dénonçant après le drame de lundi « l’arbitraire et l’irresponsabilité du gouvernement, des autorités locales, de la préfecture » notamment. « Ce désastre horrible va être le prétexte d’une controverse politique », prédit déjà le journal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le pic de pollution à l’ozone est dû à combinaison de la canicule et du trafic routier.
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Le pic de pollution à l’ozone va se poursuivre en Ile-de-France et s’étend à plusieurs régions

Le pic de pollution à l’ozone est dû à combinaison de la canicule et du trafic routier.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h53
   





                        


La pollution à l’ozone persistera en Ile-de-France vendredi 27 juillet pour la cinquième journée consécutive. Elle s’étend également à d’autres régions.
Le niveau maximum prévu en situation de fond dans la région Ile-de-France sera compris entre 190 µg/m³ et 220 µg/m³ pour l’ozone, alors que le seuil d’information est fixé à 180 µg/m3, précise l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France (Airparif).
Le seuil d’information devrait aussi avoir été dépassé en Eure-et-Loire et dans le Loiret dès ce jeudi, tout comme dans l’est de la Seine-Maritime.
Pour tenter de réduire cette pollution, les véhicules les plus polluants n’étaient pas censés circuler à Paris et en proche banlieue mercredi et jeudi.
Ce pic de pollution à l’ozone est dû à combinaison de la canicule et du trafic routier. Ce gaz corrosif se forme sous l’action d’un fort ensoleillement et de températures élevées par la combinaison de deux polluants : les composés organiques volatils (COV), émis par des sources naturelles mais également par l’industrie, et les oxydes d’azote (NO2), principalement émis par le trafic routier.
Il favorise l’asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires. Il présente également des conséquences néfastes sur la végétation.

La #pollution en Île-de-France sera élevée aujourd'hui (indice 84/100) et élevée demain (78/100). https://t.co/uFdy5tXBv1— Airparif (@Airparif)


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Les régions touchées
Dans ce contexte, la vitesse maximale autorisée a été réduite jeudi sur les principaux axes routiers dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Moselle, la Meuse et en Meurthe-et-Moselle.
Dans le Nord, le niveau d’alerte a été dépassé pour jeudi et le restera vendredi, tout comme dans le Pas-de-Calais, la Somme, l’Aisne et l’Oise.
Dans le Sud, le bassin Lyon Nord-Isère et l’ouest de l’Ain sont passés jeudi en vigilance rouge, entraînant un abaissement de 20 km/h des vitesses maximales autorisées sur les routes du Rhône.
La vigilance orange a été activée dans la vallée du Rhône, dans l’ouest de l’Ardèche, dans le bassin grenoblois et le bassin lémanique. L’organisme Atmo Auvergne-Rhône-Alpes ne prévoit pas d’amélioration « avant samedi ».

        Lire aussi :
         

                Canicule : coup de chaud sur l’Ile-de-France, dix-huit départements en vigilance orange



Un épisode de pollution de l’air à l’ozone est aussi prévu dans le Gard, l’Hérault et la Haute-Garonne. Une procédure d’alerte niveau 1 pour pollution à l’ozone a été déclenchée dans le Var et les Bouches-du-Rhône.
Dans les Bouches-du-Rhône, les vitesses maximales autorisées ont été abaissées de 20 km/h, jeudi. La préfecture des Bouches-du-Rhône a également demandé aux navires de mer et bateaux fluviaux de se raccorder « électriquement à quai et de ne pas utiliser les groupes électrogènes à bord » dans la limite des installations disponibles.
Le 14 juillet, les autorités avaient déjà déclenché la procédure d’alerte à la pollution à l’ozone dans les Bouches-du-Rhône et dans le Var, une procédure alors assortie d’une baisse de la vitesse autorisée sur de nombreux axes dans ces deux départements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ L’usage du vaccin a permis d’optimiser la lutte contre le virus en coupant plus facilement la chaîne de transmission.
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Ebola : comment la RDC a vaincu l’épidémie

L’usage du vaccin a permis d’optimiser la lutte contre le virus en coupant plus facilement la chaîne de transmission.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h25
    |

            Joan Tilouine








                        



                                


                            

Le dernier patient atteint de la maladie à virus Ebola a été identifié le 6 juin à Ngengobala, un village aux confins de la forêt équatoriale congolaise. Il est sorti six jours plus tard du centre de traitement de Bikoro, sur les rives du lac Tumba. Depuis, aucun nouveau malade n’a été signalé dans la province de l’Equateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) où 54 cas ont été signalés depuis le début de l’épidémie le 8 mai, dont 33 morts et 21 survivants. Les autorités ont décrété, mardi 24 juillet, la fin d’Ebola.
Cet immense pays d’Afrique centrale et ses partenaires s’étaient préparés « au pire des scénarios » lorsque cette neuvième épidémie est apparue dans deux foyers repérés dans des zones isolées, difficiles d’accès et dépourvues d’infrastructures de santé, avant d’atteindre la capitale provinciale, Mbandaka, à 150 km de routes défectueuses. Ebola risquait de se répandre à Kinshasa, la mégapole de près de 20 millions d’habitants, à près d’une ou deux semaines de navigation sur le fleuve Congo. Cela aurait été un désastre. Il n’en fut rien.

Le bilan de cette épidémie, la troisième plus longue et plus mortelle de RDC, contraste radicalement avec celle survenue en Guinée avant de se répandre en Afrique de l’Ouest, qui s’était soldée par la mort de 11 310 personnes entre décembre 2013 et mars 2016. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors essuyé de vives critiques pour la lenteur de sa réaction conjuguée à des défaillances de la part des autorités des pays touchés. Cette fois, en RDC, la riposte a été immédiate et bien coordonnée. 
« On a tiré les leçons de l’Afrique de l’Ouest et on a mis en place une coordination centralisée et un programme d’urgence, dit Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS. Cette fois, à peine l’épidémie déclenchée, nous avons mobilisé 4 millions de dollars prélevés sur notre fonds de réserve et avons dépêché très rapidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’insolite lieu des « murs à pêches » de la ville de Seine-Saint-Denis accueille une vie associative dense. Et son avenir agite les passions depuis plus de vingt ans.
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A Montreuil, un labyrinthe vert où les pêches poussent sur des murs

L’insolite lieu des « murs à pêches » de la ville de Seine-Saint-Denis accueille une vie associative dense. Et son avenir agite les passions depuis plus de vingt ans.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h45
    |

                            Aline Nippert








                        



                                


                            

C’est un trou de verdure enchanteur, où des pêchers grimpent le long de murs fatigués. Au bout de l’impasse Gobetue – fameuse pour tout Montreuillois –, un mur blanchâtre coiffé d’un toit de plâtre et percé d’une petite porte en bois. Pascal Mage, responsable de l’association des murs à pêches, est là, encombré d’une large pochette qui déborde de documents.
Il emprunte un petit sentier sur la droite du mur, d’un pas pressé. Ce lieu labyrinthique – fait de petits chemins escarpés, de façades délabrées, de petites ouvertures en bois fermées à clefs et de jolis jardins fleuris –, l’homme le connaît par cœur. Rien d’étonnant, le vaillant mène la bagarre pour la défense de ce territoire depuis la première heure. Les tensions entre associations et municipalité sont aujourd’hui exacerbées par des projets d’aménagements urbains, dans la perspective du Grand Paris, qui devraient empiéter sur le site.
Situé à seulement une dizaine de kilomètres du centre de Paris, dans les hauteurs de la ville de Montreuil, l’espace s’étend aujourd’hui sur 34 hectares. « Au XIXe siècle, les murs s’étalaient sur plusieurs centaines de kilomètres et s’étiraient jusqu’aux villes voisines de Montreuil : Bagnolet, Rosny, Romainville, Fontenay », précise le guide avant de s’asseoir sur le sol pour étaler les documents apportés. Cartes du passé et photographies jaunies viennent illustrer l’histoire des murs à pêches racontée par un Pascal Mage passionnant et passionné.

Pêches royales
C’est au XVIIe siècle que le récit débute. Les horticulteurs montreuillois de l’époque cherchaient un moyen pour que les pêches puissent être récoltées chaque année, malgré un climat mal adapté à ce type de culture. « Les pêchers fleurissent au mois de mars, tandis que l’hiver n’est pas encore terminé. », explique Pascal Mage. Le risque alors, c’est que les dernières gelées fassent périr les fleurs. Et que les pêches ne naissent pas.
D’où...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.
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« Les sciences du climat ont de nouveaux défis à relever »

Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h54
    |

Robert Vautard (Directeur de recherches au CNRS, Institut Pierre-Simon-Laplace et Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement)







                        



                                


                            
Tribune. Tempêtes en janvier, vague de froid en mars, pluies diluviennes en juin, vagues de chaleur en juillet…, le réchauffement climatique est-il donc plus rapide et plus fort que prévu ? Tout le monde se pose la question, car désormais beaucoup lient directement les événements météorologiques à un réchauffement sur le temps long. Or, un tel événement particulier ne peut pas être attribué au seul changement climatique, la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur et des fortes pluies ont changé.
Pourtant, la météo de 2018 a de quoi interpeller. Et si le changement climatique, en plus d’augmenter la probabilité de certains événements météo extrêmes, se manifestait aussi par des phénomènes radicalement nouveaux ? Que pourrait-on dire si la vague de chaleur actuelle en Scandinavie durait encore tout l’été, ou si la France connaissait un épisode caniculaire comme celui d’août 2003, mais deux ou trois degrés plus chaud encore ?

Bien que peu probables aujourd’hui, d’après ce que prédisent les simulations des « modèles de climat », ces scénarios auraient des conséquences importantes, et nos sociétés, nos infrastructures, les espèces animales et végétales n’y sont pas préparées. La sécheresse sans précédent qui a frappé récemment l’Afrique du Sud en est un exemple.
Enchaînement de phénomènes météorologiques extrêmes
Depuis le début de l’année 2018, les phénomènes météorologiques extrêmes s’enchaînent en Europe. Mais la dernière séquence, depuis le mois de mai, est très particulière. Les vents, d’habitude circulant d’ouest en est, sont « bloqués » par un anticyclone chaud qui stationne sur la Scandinavie, rejetant les perturbations océaniques soit au nord de la Scandinavie, soit dans les régions méditerranéennes. Ainsi il a pu faire plus chaud et sec à Stockholm qu’à Casablanca !
Les séries d’observations météorologiques, homogènes, ne remontent qu’à un demi-siècle en général
Cette situation est à l’origine des pluies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.
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« Il n’y a pas de doute : dans le futur, les vagues de chaleur seront plus fréquentes, plus intenses »

Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h42
    |

Hervé Le Treut (professeur à la Sorbonne Université et à l'Ecole polytechnique, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace et membre de l'Académi...







                        



                                


                            

Tribune. Chaque fois qu’un épisode de canicule touche la France ou une autre région sensible et emblématique à la surface de la planète, la même question, légitime et importante, revient : l’action de l’homme est-elle en cause ? Et, chaque fois, la réponse des scientifiques reste malaisée et difficile. Cette difficulté peut surprendre, parce que nous savons désormais beaucoup de choses sur l’évolution future du climat. Elle tient en fait à la difficulté particulière des problématiques climatiques, lorsque le contexte est d’ordre local et événementiel.
Un petit retour en arrière est nécessaire pour bien toucher du doigt ce problème. Les premières alertes sérieuses sur le climat de la Terre sont venues dès la fin des années 1970. Le rapport à l’Académie des sciences américaine, coordonné par le professeur Jule Charney, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), anticipait en 1979 des changements dans la température globale de la planète pouvant atteindre plusieurs degrés si le niveau atmosphérique du CO2 (et des autres gaz à effet de serre) venait à doubler. Ces résultats, issus de modèles numériques complexes, ont anticipé d’une vingtaine d’années la mise en évidence de ce réchauffement global dans l’atmosphère réelle, qui est devenu perceptible avec un haut niveau de certitude vers la fin des années 1990.

Nous savons par ailleurs que les gaz à effet de serre restent pour la plupart très longtemps dans l’atmosphère : un surplus de CO2 introduit à un instant donné dans l’atmosphère n’aura disparu que de moitié après cent ans, et nous ne disposons pour le moment d’aucune méthode prouvée pour accélérer le temps très long qui permet à l’atmosphère de se « nettoyer ». Nous cumulons donc des émissions de gaz à effet de serre qui, par ailleurs, ont été rapidement croissantes : 1 milliard de tonnes de carbone par an immédiatement après la seconde guerre mondiale, 10 milliards aujourd’hui. Le réchauffement futur et toutes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le bilan humain de ces feux, les plus meurtriers du siècle après ceux d’Australie en 2009, s’est alourdi à 80 morts.
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Après des incendies dévastateurs et meurtriers, la prise en charge des sinistrés s’organise en Grèce

Le bilan humain de ces feux, les plus meurtriers du siècle après ceux d’Australie en 2009, s’est alourdi à 80 morts.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 20h56
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 21h25
   





                        



   


Ce sont les feux les plus meurtriers du siècle, après ceux d’Australie en 2009. Sur la côte orientale d’Athènes, en Grèce, les secours s’organisent. Les pompiers poursuivaient, mercredi 25 juillet, les opérations de recherches alors que onze personnes restaient dans un état critique, sous assistance respiratoire. Dans la journée, le nombre de morts s’est alourdi à 80, avec le décès à l’hôpital d’un octogénaire.
Les pompiers continuent de ratisser le secteur, à la recherche d’éventuelles nouvelles victimes. Mais « ce n’est pas toujours possible d’entrer dans les maisons, a expliqué une des agentes de la protection civile, car certaines menacent de s’effondrer. »

        Lire le reportage :
         

          A Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »



Vu l’état des corps, dont l’identification sera longue, il est possible que « des disparus figurent parmi les 79 victimes découvertes », a précisé la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri. Dans l’attente, autorités et volontaires tentent de venir en aide aux sinistrés, qu’ils aient perdu des proches, leur maison ou leur emploi, parfois tout. Dans l’inventaire des dégâts, qui ne fait que commencer, on a déjà recensé plus de 300 maisons et magasins détruits ou sérieusement endommagés.
« Beaucoup de rescapés souffrent de stress post-traumatique », a expliqué un responsable du ministère de la santé, Theophilos Rozenberg. Le ministère a ouvert des cellules psychologiques mais aussi des équipes sanitaires, alors que l’alimentation en eau et en électricité reste coupée. Au gymnase de Rafina, transformé en centre de secours, l’élan de solidarité suscité par les événements fait affluer dès mardi nourriture, médicaments et vêtements, tandis que nombre d’entreprises et associations ont ouvert des comptes.
Mesures annoncées
Mais, passé le premier choc, la gestion de la catastrophe fait polémique. Le gouvernement, qui a déclaré un deuil de trois jours, a très vite assuré que toutes les familles seraient indemnisées, qu’il prendrait en charge les obsèques, et exonérerait les rescapés de la taxe foncière et du paiement de l’électricité pour 2018.
Mercredi soir, le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a fait savoir que les exonérations seraient de 10 000 euros pour la perte d’un proche parent, 5 000 euros pour une maison détruite. Il a également annoncé la prise en charge des orphelins et des dispositions ponctuelles allant jusqu’au rattrapage de points au concours universitaire pour les victimes. Un compte spécial sera par ailleurs ouvert aux dons, notamment étrangers, et abondé dans un premier temps à hauteur de 40 millions d’euros par l’Etat grec pour le réaménagement de la zone et autres actions de soutien.
« L’échec du gouvernement »
Le grand quotidien d’opposition Ta Nea n’en critique pas moins « l’incapacité (…) et l’échec du gouvernement à protéger ses citoyens à quelques kilomètres d’Athènes » et appelle à désigner les fautifs. De leur côté, les experts mettent en cause le manque de prévention et de sensibilisation des populations au risque, une des plaies chroniques du pays.
Le premier ministre, Alexis Tsipras, a très vite souligné à quel point le phénomène avait été « extrême », et M. Tzanakopoulos a mis l’accent sur la simultanéité lundi de « 15 départs de feu sur trois fronts différents » dans l’Attique. « On n’a pas eu le temps » de mettre en marche le plan d’évacuation, à cause de la vitesse du vent, a plaidé pour sa part un haut responsable de la protection civile auprès du quotidien Kathimerini.
Le commissaire européen Christos Stylianides, responsable de l’aide humanitaire, accouru mardi soir, a aussi mis en garde contre les retombées du changement climatique en Europe, relevant que la vague de feux sur le continent touche jusqu’à la Suède. Mercredi, l’Attique connaissait une accalmie des feux, avec comme seul front encore actif depuis lundi un incendie au-dessus de Kinetta, à 50 km à l’ouest d’Athènes.

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            data-slide-description="Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants."
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            data-slide-description="Un groupe de 26 personnes carbonisées a été découvert mardi matin dans la cour d’une villa de Mati, localité balnéaire sur la côte orientale de l’Attique – à 40 kilomètres au nord-est d’Athènes –, a annoncé un responsable de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Une maison en flammes à Mati, localité ravagée par les feux. La plupart des victimes ont été piégées « à leur domicile ou dans leurs voitures », a fait savoir le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos."
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            data-slide-description="Les 26 morts retrouvés mardi matin à Mati se sont ajoutés aux 24 déjà recensées depuis lundi soir, selon un décompte de l’Agence France-Presse."
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            data-slide-description="Des bateaux, dont des bâtiments militaires, ont été mobilisés pour évacuer les résidents et les touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer."
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            data-slide-description="Au vu de la situation, la présidence grecque de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie, en juillet 1974."
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            data-slide-description="« L’heure est à la lutte contre les flammes », avait déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, après avoir présidé une réunion de crise, évoquant une nuit de lundi à mardi « difficile »."
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            data-slide-description="M. Tsipras a chiffré à « plus de 600 » les pompiers déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit, autour de Mati et à quelque 55 km à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères."
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            data-slide-description="Selon le secrétaire général à la protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés dans la journée par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une « situation extrême »."
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            data-slide-description="Athènes a aussi activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires ; Chypre et l’Espagne ont déjà offert leur aide, selon M. Kapakis."
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            data-slide-description="Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés."
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            data-slide-description="Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. En 2007, les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, de maquis et de cultures."
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Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants.

VALERIE GACHE / AFP
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ L’hépatite C, la grande oubliée (3). Pionnier dans la fabrication d’un antiviral dès 2015, le royaume n’a pas encore lancé son Plan national de lutte contre la maladie.
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Enquête

Comment le Maroc est devenu producteur d’un générique contre l’hépatite C... qui reste inaccessible

L’hépatite C, la grande oubliée (3). Pionnier dans la fabrication d’un antiviral dès 2015, le royaume n’a pas encore lancé son Plan national de lutte contre la maladie.

Par                                            Ghalia Kadiri (Casablanca, Maroc, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 25.07.2018 à 17h37

     •
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        Mis à jour le 26.07.2018 à 12h16






    
Dans les laboratoires du fabricant marocain Pharma5.
Crédits : Pharma5


C’est l’un des grands paradoxes de santé publique au Maroc. Le royaume est l’un des rares pays à produire, depuis fin 2015, ses propres traitements contre l’hépatite C à base d’une nouvelle molécule « miracle » capable de guérir la plupart des malades, vendue soixante fois moins cher qu’aux Etats-Unis et trente fois moins cher qu’en France. Et pourtant, le traitement reste encore inaccessible à une grande partie des patients marocains atteints de la maladie infectieuse.
L’histoire était belle. Elle a débuté avec la commercialisation fin 2013 d’un antiviral à action directe révolutionnaire, le sofosbuvir du laboratoire américain Gilead, qui avait déclenché une vive polémique dans le monde en raison de son prix exorbitant. Ce dernier a néanmoins bouleversé la prise en charge de l’hépatite C puisqu’il la guérit en seulement douze semaines sans les effets secondaires observés traditionnellement et quelle que soit la souche du virus, alors que les traitements classiques duraient beaucoup plus longtemps avec un taux de guérison ne dépassant pas 60 %.

        Présentation de notre série
         

          L’hépatite C, la grande oubliée



Mais, pour garantir une situation de monopole, la firme américaine avait imposé des brevets dans plusieurs pays, faisant du sofosbuvir le seul produit disponible sur place et empêchant, par son prix prohibitif, de nombreux malades d’y avoir accès. Le Maroc, classé dans la catégorie des pays à revenus intermédiaires, n’était pas considéré par Gilead comme un concurrent potentiel pour produire un générique et ne lui avait donc pas imposé pas de brevet. « Ça a été notre chance, car personne ne nous pensait capable de mettre un tel produit sur le marché », sourit Myriam Lahlou Filali, directrice générale du groupe pharmaceutique Pharma5. Ce laboratoire local, qui présente aujourd’hui un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros, a saisi l’occasion pour percer le secret de fabrication du sofosbuvir en toute légalité.
400 000 personnes infectées
En novembre 2015, le générique marocain du sofosbuvir est mis sur le marché à environ 1 160 euros la cure, contre plus de 40 000 euros en France. Le royaume est alors le seul pays africain, avec l’Egypte, à produire les génériques du sofosbuvir. Une vraie révolution thérapeutique dans un pays où 400 000 personnes sont infectées, soit 1,2 % de la population, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« 1 160 euros, ça reste une fortune relativement au PIB marocain »
Sauf que, pour les bénéficiaires du Régime d’assistance médicale (Ramed) pour les plus démunis, qui concerne 35 % des Marocains, le médicament n’est pas remboursé. « Le générique est peut-être beaucoup moins cher que dans les pays occidentaux, mais 1 160 euros, ça reste une fortune relativement au PIB marocain », déplore le docteur Taha Brahni, chargé de plaidoyer à Coalition Plus, qui rassemble une centaine d’associations de lutte contre le VIH et les hépatites.

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                Hépatites B et C : un fléau mondial en expansion



La gratuité du traitement pour les patients « ramedistes » est pourtant prévue dans le Plan stratégique national (PSN) pour le dépistage et le traitement des hépatites virales, élaboré en 2016. Un plan qui n’est toujours pas lancé en juillet 2018. Son initiateur, le ministre de la santé El-Houcine Louardi, a été limogé en octobre 2017, laissant le département sans tête pendant trois mois. « Le contexte politique au Maroc a en effet retardé le lancement du plan, reconnaît Ibtissam Khoudri, responsable du PSN au ministère de la santé, à Rabat. Mais nous sommes sur la bonne voie. Une fois que nous aurons les médicaments et les tests de dépistage, nous lancerons le PSN. Nous ne pouvons pas négliger tous ces patients qui attendent le traitement. Le nouveau ministre fait tout son possible pour que cela aboutisse. »
« Solidarité familiale »
En attendant, les médecins et les acteurs de la société civile sont désarmés face aux malades les plus démunis, « temporairement non soignés », selon le ministère de la santé. « Nous conseillons aux patients de faire appel à la solidarité familiale ou à vendre des biens s’il le faut afin de se procurer la cure », témoigne un médecin dans le secteur public. L’Association de lutte contre le sida au Maroc (ALCS), membre de Coalition Plus, qui fait un travail de plaidoyer pour une meilleure prise en charge des hépatites depuis l’arrivée des antiviraux, avait commencé des opérations de dépistage dès 2014 chez les personnes à risque. Notamment auprès des toxicomanes, particulièrement touchés par la maladie car ils s’échangent du matériel d’injection contaminé. « Nous avons trouvé un foyer d’infection à Nador [nord], où il y a beaucoup de consommateurs de drogues. Mais nous ne pouvons plus rien faire, ça déchire le cœur », regrette le docteur Brahni.

        Episode 1
         

          « A Nairobi, les héroïnomanes de mon squat n’avaient jamais entendu parler de l’hépatite C »



Déjà trop élevé pour la majorité des malades, le prix du générique vendu par Pharma5 n’a pas évolué et les laboratoires qui ont ensuite lancé leur propre générique se sont alignés sur ce tarif alors qu’en Inde et en Egypte, la cure de trois mois se vend désormais à quelques centaines d’euros. « A la veille du lancement, le ministère nous a demandé de constituer un stock nécessaire car un appel d’offres allait être lancé », explique Mme Lahlou Filali. Mais l’appel d’offres n’est tombé que fin 2017, avant d’être annulé quelques jours plus tard. « Nous avions acheté la matière première au prix fort afin de répondre rapidement aux besoins du pays. L’investissement, très lourd, ne nous a pas permis de baisser le prix », se défend la directrice de Pharma5, qui a finalement écoulé ses stocks dans le secteur privé au Maroc et en exportant en Russie et dans plusieurs pays africains.
« On ne sait pas combien ni qui et où sont les populations infectées. On navigue à vue »
Les raisons du report de l’appel d’offres sont restées inconnues. « Les responsables au ministère attendaient certainement que d’autres laboratoires créent leur générique. Soit par favoritisme, en particulier sous la pression des firmes étrangères qui souhaitent s’implanter. Soit pour créer de la concurrence et faire baisser le prix du médicament », révèle un fin connaisseur du dossier. Plusieurs scandales de corruption ont récemment éclaboussé le ministère de la santé, où différents directeurs, dont Omar Bouazza, à la tête du département du médicament et de la pharmacie, ont été remerciés par le nouveau ministre, Anas Doukkali, en poste depuis janvier. « Vu le prix du traitement, il y a beaucoup d’argent en jeu », poursuit la source.
Urgence
L’autre paradoxe, c’est le retard pris dans le travail de diagnostic, qui est encore le point faible de la lutte contre l’hépatite C au Maroc comme ailleurs sur le continent, où l’écrasante majorité des personnes infectées ignorent qu’elle le sont. Or, sans traitement pris à temps, les malades errent d’épisodes de fatigue en perte de poids, de douleurs musculaires en diarrhées, de maux de tête en troubles dépressifs, avant de développer une cirrhose ou un cancer du foie, et continuent à transmettre le virus sans le savoir. « Il n’y a aucune étude de séroprévalence de l’hépatite C au Maroc : on ne sait pas exactement combien, ni qui, ni où sont les populations infectées. On navigue à vue », souligne le Dr Brahni de Coalition Plus. Le ministère de la santé assure toutefois qu’une étude, cofinancée notamment par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est « en cours de lancement ».

        Episode 2
         

          Au Cameroun, diagnostic et traitement de l’hépatite C sont encore réservés « à une élite »



Aujourd’hui, le plus grand défi reste de trouver les fonds nécessaires pour lancer le Plan stratégique national, que Coalition Plus a estimé à 6,9 milliards de dirhams (625 millions d’euros). « Tant que le traitement était nocif et très cher, la maladie ne faisait pas partie des grands enjeux de santé publique, assure Hakima Himmich, fondatrice de l’ALCS et actuelle présidente de Coalition Plus. Depuis l’arrivée des antiviraux à action directe, le ministère est convaincu. A présent, il faut sortir l’argent. » Pour convaincre les responsables, Coalition Plus a récemment publié une enquête démontrant que le traitement de l’hépatite C est plus rentable à long terme puisqu’il épargne le coût faramineux des complications.
Parmi les options de financement, la possibilité d’un prêt à taux zéro octroyé par Unitaid a été examinée, mais « aucune initiative concrète n’existe à ce stade », explique son directeur exécutif, Lelio Marmora. Il devient pourtant urgent de traiter les milliers de malades en attente de guérison.
Cette série a été réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.

Sommaire de notre série Hépatite C, la grande oubliée
Le Monde Afrique propose une série de reportages, décryptages, portraits et entretiens pour raconter l’état d’avancement de la lutte contre l’hépatite C sur le continent.
Episode 3 Comment le Maroc est devenu producteur d’un générique contre l’hépatite C... qui reste inaccessible
Episode 2 Au Cameroun, diagnostic et traitement de l’hépatite C sont encore réservés « à une élite »
Episode 1 « A Nairobi, les héroïnomanes de mon squat n’avaient jamais entendu parler de l’hépatite C »
Présentation de la série L’hépatite C, la grande oubliée




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Cette découverte scientifique laisse redouter une stigmatisation plus importante des milliers de survivants de l’épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest en 2014.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/07/2018
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Un cas de résurgence du virus Ebola au Liberia un an après l’infection initiale

Cette découverte scientifique laisse redouter une stigmatisation plus importante des milliers de survivants de l’épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest en 2014.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 07h47
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Le virus de la fièvre Ebola peut continuer à tuer, alors même que la maladie a été déclarée vaincue. Un article de la revue scientifique The Lancet Infectious Diseases, publié mardi 24 juillet, fait état du cas d’une femme qui, un an après avoir survécu à la maladie, a infecté son mari et deux de ses enfants au Liberia, en novembre 2015.
« Ce n’est pas la première fois, mais ces cas de résurgence sont assez rares, et il faut, à chaque fois, les documenter pour pouvoir quantifier la probabilité et organiser les programmes de suivi », explique le docteur Lorenzo Subissi, microbiologiste et épidémiologiste, coauteur de l’article. Une dizaine de cas similaires ont été observés, dont deux au Liberia, au cours de l’année 2015.
De fait, après l’épisode de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest, durant les années 2014-2015, qui fit plus de 11 000 morts, pour la première fois la communauté médicale put travailler sur un grand nombre de survivants, 17 000, puisque le virus avait contaminé 28 000 personnes au total dans les trois pays touchés, Liberia, Sierra Leone et Guinée. « Lors des épidémies précédentes [les premières flambées de fièvre à virus Ebola sont apparues en 1976], nous disposions tout au plus de quelques dizaines, voire centaines, de personnes ayant survécu à la maladie, alors que, là, elles sont des milliers », avance Lorenzo Subissi.
« Réactivation » lors d’une grossesse
Dans le cas documenté par The Lancet Infectious Diseases, il s’agit d’une famille de six personnes : les parents et quatre fils âgés de 2 mois, 5 ans, 8 ans et 15 ans. Ce dernier a été diagnostiqué Ebola à Monrovia, le 19 novembre 2015. Aussitôt dirigé vers une unité de traitement Ebola, il est mort quatre jours plus tard.
Les investigations, menées systématiquement dans l’entourage des malades, ont permis de constater que le père et le fils de 8 ans, ainsi que le fils décédé, étaient aussi porteurs du virus, identique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Une tromperie consistant à « gonfler » les émissions de CO2 permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.
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Pollution: la Commission européenne soupçonne les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations

Une tromperie consistant à « gonfler » les émissions de CO2 permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 06h39
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Les constructeurs automobiles sont décidément plein de ressources. Le scandale du « dieselgate » avait révélé en 2015 que Volkswagen (VW), notamment, avait truqué ses moteurs afin de minorer les rejets d’oxyde d’azote, un gaz très toxique, lors des tests d’homologation. Cette fois, ils sont soupçonnés, au contraire, de « gonfler » les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de leurs flottes afin de satisfaire aux futures normes.
L’alerte a été donnée par la Commission européenne. Dans un courrier daté du 18 juillet que Le Monde a pu consulter, les commissaires chargés respectivement du climat et de l’énergie (Miguel Canete) et de l’industrie (Elzbieta Bienkowska) révèlent que « des données collectées par les autorités des Etats membres » ont mis en évidence que des constructeurs avaient volontairement « gonflé » leurs niveaux d’émissions.

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                Nouvelles normes d’émissions de CO2 : Bruxelles cède au lobby automobile



A partir de 2021, voitures et utilitaires seront soumis à un nouveau test harmonisé au niveau mondial appelé « WLPT » (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure), en lieu et place de l’actuel protocole dit « NEDC ». Principal changement, les réductions de CO2 des voitures seront désormais mesurées en pourcentage et non plus en valeur absolue (gramme par kilomètre) comme c’est le cas aujourd’hui.
L’Union européenne (UE) a imposé aux constructeurs un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30 % d’ici à 2030, et de 15 % en 2025. Or ces objectifs seront calculés par rapport aux niveaux d’émissions déclarés par les fabricants en 2020 dans le cadre de l’actuel cycle NEDC. D’où l’intérêt de la tromperie.
Des émissions « gonflées » jusqu’à 13 %
Bruxelles assure avoir accumulé des « preuves ». Selon les données collectées, les rejets de CO2 seraient gonflés en moyenne de 4,5 % et jusqu’à 13 %. Concrètement, lors des contrôles en laboratoire, les constructeurs auraient par exemple fait tester leurs voitures avec des batteries déchargées (nécessitant donc de consommer plus, et d’émettre davantage de CO2 pour qu’elle se recharge) ou en désactivant le système « start & stop ».
« Les objectifs de 2025 et 2030 seraient fragilisés par un point de départ gonflé », conclut la Commission, qui recommande de ne plus baser les calculs sur les valeurs déclarées par les constructeurs, mais sur les niveaux mesurés par des organismes indépendants dans le cadre du nouveau protocole WLTP.
« Après le dieselgate, les constructeurs automobiles avaient promis de changer et que les nouveaux tests étaient la solution. Maintenant, il est clair qu’ils sont en train de les utiliser pour saper les nouveaux standards de CO2, estime William Todts, directeur de l’ONG Transport & Environment. Ils veulent s’y conformer avec un minimum d’efforts pour pouvoir continuer à vendre des diesels et retarder la transition vers les voitures électriques. »
Les constructeurs seront sanctionnés s’ils ne respectent pas les objectifs de réduction fixés pour 2025 et 2030. Ils sont soupçonnés de s’être mis d’accord pour ne pas être pénalisés les uns par rapport aux autres, estime-t-on à Transport & Environment.
Interrogé par l’AFP, le constructeur allemand BMW a affirmé « faire tout son possible » pour parvenir à l’objectif ambitieux fixé par l’UE tout en assurant se conformer aux outils de mesures réglementaires. En France, PSA assure effectuer ces mesures « en toute transparence » sous le contrôle d’organismes indépendants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La chaleur exceptionnelle et les incendies ont tué depuis juillet des centaines de personnes et provoqué de nombreux dégâts dans le monde.
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Grèce, Japon, Finlande… la canicule fait des ravages à travers le monde

La chaleur exceptionnelle et les incendies ont tué depuis juillet des centaines de personnes et provoqué de nombreux dégâts dans le monde.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h56
   





                        



   


Des dizaines d’incendies continuaient à ravager la Grèce, mercredi 25 juillet, ainsi que plusieurs pays d’Europe du Nord, tandis qu’une grande partie du continent suffoque sous la chaleur. De la Suède au Québec en passant par le Japon, la canicule affecte la moitié de l’hémisphère Nord. Selon les experts climatiques, ces vagues de chaleur exceptionnelles pourraient devenir de plus en plus courantes.
Incendies en Grèce
Le bilan provisoire des incendies de forêt qui ont ravagé lundi soir la côte à l’est d’Athènes est évalué, aujourd’hui, par les autorités, à 79 morts. Les pompiers poursuivaient mercredi les recherches de personnes bloquées dans des maisons ou des voitures carbonisées, aux environs des stations balnéaires de Mati et de Rafina, dévastées par des incendies meurtriers.
Qualifié de « tragédie nationale » par les médias du pays, le feu, parti du mont Pendeli attisé par des vents de 100 km/h, s’est rapidement propagé et a envahi Mati, à 40 kilomètres d’Athènes, détruisant des centaines d’habitations.
Les résidents, paniqués, ont fui en direction de la plage proche, où plusieurs d’entre eux ont dû rester plusieurs heures. Mardi, le pays était sous le choc des découvertes macabres, en particulier celle de 26 personnes, dont des enfants, carbonisées.

La Grèce en deuil après des incendies meurtriers, au moins 74 morts https://t.co/iDMje0kk6M #AFP https://t.co/T5OKsyOnXH— afpfr (@Agence France-Presse)


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Le pays, qui a activé le mécanisme européen de protection civile, s’est vu offrir de l’aide, notamment en moyens aériens, par l’Espagne, la France, l’Israël, la Bulgarie, la Turquie, l’Italie, la Macédoine, le Portugal et la Croatie, tandis que les messages de condoléances arrivaient en nombre de l’étranger.

        Lire notre reportage :
         

          Grèce : à Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »



L’Europe du Nord suffoque
D’Oslo à Riga, les pays nordiques et baltes sont écrasés depuis plusieurs semaines par la chaleur et la sécheresse qui embrasent forêts et tourbières, brûlent les pâtures, vident les nappes phréatiques et font même baisser le niveau des grands lacs.
La Suède, qui par endroits n’a quasi pas enregistré de précipitations en près de trois mois et connaît le mois de juillet le plus chaud depuis au moins deux siècles et demi, a dû faire appel à la solidarité européenne pour lutter contre le feu. Plus de 25 000 hectares sont déjà partis en fumée ; ce qui représente plus de deux fois la superficie de Paris.

Incendies en #Suede, la situation le 24/7 à 15h. 26 feux actifs selon les secours, dont 4 ont un niveau critique. P… https://t.co/IBoQmsbmXV— OlivierSweden (@Olivier Truc)


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Le risque est jugé « extrême » par les autorités, en particulier dans la partie méridionale, où le thermomètre pourrait atteindre 35 oC dans les prochains jours, sans espoir de pluie. L’office des forêts suédois a d’ores et déjà estimé les préjudices à 87 millions d’euros.
En Finlande, la province septentrionale de la Laponie est particulièrement touchée, avec des feux de forêt et d’herbe persistants, qui viennent s’ajouter, à sa frontière orientale, à des incendies partis de Russie.

24/07 dans la presse, réalité climatique :
• Canicule au Japon : 80 morts, 35.000 personnes à l'hôpital 
— ObsDefClim1 (@Observatoire Défense et Climat)


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Dans le sud de la Norvège, plusieurs feux de forêts se sont déclarés ces dernières semaines, provoquant, le 15 juillet, la mort d’un pompier. Et comme en Suède, des éleveurs sont contraints d’abattre une partie de leur cheptel, faute d’herbe et de foin.
Canicule : au moins 80 morts au Japon
L’Europe, qui oscille entre canicule et incendies, n’est pas seule à souffrir de la canicule. Une vague de chaleur s’est abattue sur le Japon depuis deux semaines. Les températures élevées – au-delà de 40 oC – ont fait au moins 80 morts et 35 000 personnes ont dû être hospitalisées.

Le Bureau de Meteo Japon a convoqué une conférence de presse urgente (et c’est déjà extraordinaire venant d’eux) po… https://t.co/61GPp5WRfk— JaponMeneATout (@Jerome Ydarack)


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La majorité des décès concerne des personnes âgées, mais des enfants figurent au nombre des victimes, dont un garçon de 6 ans qui a succombé à un coup de chaleur à la suite d’activités extérieures et alors que la salle de classe n’était pas climatisée.
« Des mesures d’urgence sont nécessaires pour protéger les enfants », a déclaré mardi matin le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’une conférence de presse. Le gouvernement va subventionner l’installation de climatiseurs dans les écoles, les collèges et les lycées à partir de l’été 2019.
A la date du 1er avril 2017, moins de la moitié des salles de classes d’établissements scolaires publics disposaient d’une climatisation. L’extension de la durée des congés d’été figure également parmi les dispositions à l’étude, a déclaré M. Suga. Des températures inédites ont été atteintes dans tout le pays, notamment dans la ville de Kumagaya (préfecture de Saitama), au nord de Tokyo, qui a battu le record national lundi avec un thermomètre affichant 41,1 oC.

        Lire la tribune de Jean-François Heimburger, journaliste spécialiste du Japon :
         

          « Il est nécessaire d’améliorer la prise en compte des catastrophes naturelles au Japon »



Vague de chaleur meurtrière au Québec
Une vague de chaleur a frappé le Québec au début du mois de juillet, avec une température ressentie allant jusqu’à 45 oC et provoquant 70 morts, selon un bilan des autorités sanitaires communiqué le 10 juillet. Une chaleur d’une intensité comparable à celle qui, en 2010, avait entraîné la mort d’une centaine de personnes dans la région de Montréal.
Les victimes font partie de « populations très vulnérables, personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques ou mentales » et ne disposant pas de la climatisation, a précisé la docteure Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
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Canicule : coup de chaud sur l’Ile-de-France, dix-huit départements en vigilance orange

Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h14
   





                        



   


Ventilateurs et brumisateurs sont à nouveau de sortie. L’Ile-de-France va connaître un coup de chaud jusqu’à vendredi, avec pour conséquence un pic de pollution à l’ozone, des restrictions de la circulation dans la région et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
Mercredi 25 juillet, Météo France a placé dix-huit départements en vigilance orange jusqu’à au moins jeudi après-midi : Paris, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise, le Nord, le Somme, le Pas-de-Calais, l’Aisne, la Marne, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, le Rhône, l’Ardèche, la Drôme. « Il s’agit d’un phénomène non remarquable mais nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées », souligne Météo France.

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                Grèce, Japon, Finlande… la canicule fait des ravages à travers le monde



Les véhicules les plus polluants seront interdits dans la capitale et en proche banlieue vendredi, a annoncé jeudi la préfecture de Paris. Mise en place de 5 h 30 à minuit, cette mesure concerne les véhicules non classés (pour la plupart dont l’immatriculation est antérieure à 1997) et les véhicules de classe 4 et 5, selon la classification des vignettes Crit’Air, obligatoires à Paris.
Un forfait antipollution de 3,80 euros pour la journée permettra d’emprunter les transports en commun franciliens. La région Ile-de-France prendra aussi en charge les coûts pour le covoiturage sur les trajets de courte distance.
Un pic de chaleur est attendu vendredi, prévoit Météo France, avec des températures comprises entre 34 et 37 degrés et des nuits de plus en plus chaudes, avant une accalmie ce week-end. Les températures devraient repartir à la hausse la semaine prochaine.
Episode de pollution à l’ozone
Les effets de ces fortes chaleurs se font sentir en Ile-de-France, avec un épisode de pollution à l’ozone. Le niveau maximum prévu vendredi dans la région francilienne sera compris entre 190 µg/m³ et 220 µg/m³ pour l’ozone, alors que le seuil d’information est fixé à 180 µg/m3, précise l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France (Airparif).
Ce gaz corrosif, qui favorise l’asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires, se forme sous l’action d’un fort ensoleillement et de températures élevées par la combinaison de deux polluants : les composés organiques volatils, émis par des sources naturelles mais également par l’industrie, et les oxydes d’azote (NO2), principalement émis par le trafic routier.
Le seuil d’information devrait aussi avoir été dépassé en Eure-et-Loire et dans le Loiret dès ce jeudi, tout comme dans l’est de la Seine-Maritime.

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                Le pic de pollution à l’ozone va se poursuivre en Ile-de-France et s’étend à plusieurs régions



Des îlots de fraîcheur
Pour lutter contre la pollution, la circulation en Ile-de-France a été réduite dès mardi de 20 km/h, et les poids lourds de plus de 3,5 tonnes doivent contourner l’agglomération parisienne. La préfecture a aussi demandé de réduire le fonctionnement des installations fixes des industries dont les émissions de composés organiques volatils contribuent à l’épisode.
Le préfet de Paris a déclenché le niveau 3 du plan de gestion de la canicule à Paris, qui correspond à une « alerte canicule ». Un numéro de téléphone (39 75) a été activé pour les personnes les plus fragiles.
Des salles où se rafraîchir sont ouvertes entre 14 heures et 18 heures, dans des mairies d’arrondissement ou des centres d’action sociale de la ville de Paris. L’application Extrema Paris, disponible sur smartphone, permet de repérer des îlots de fraîcheur, comme les parcs, les églises ou les lieux équipés de brumisateurs, ouverts le jour ou la nuit. D’autres salles sont ouvertes, par exemple dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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                A Paris, des « îlots de fraîcheur » pour rendre la canicule plus supportable



Par ailleurs, le distributeur Veolia Eau d’Ile-de-France refait campagne pour lutter contre l’ouverture intempestive de bouches à incendie en région parisienne, un phénomène apparu en 2015 qui complique le travail des pompiers et entraîne d’importantes pertes d’eau.

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                Les « geysers sauvages » par temps de canicule, un jeu dangereux



Le thermomètre va aussi grimper ailleurs, notamment dans le Nord, où la température dépassait déjà les 20 °C mercredi à 5 h 45. A Lille, la mairie doit installer jeudi des brumisateurs sur deux places principales et deux parcs resteront ouverts dès mercredi soir jusqu’à 23 heures.
La préfecture du Nord a par ailleurs placé le département en « vigilance sécheresse » – niveau 1 sur une échelle de 4 – et appelle à éviter « tout gaspillage », sans imposer pour l’heure de restrictions. L’usage de l’eau est en revanche restreint dans des départements de l’Ouest en raison de la sécheresse, particulièrement en Vendée.
Pour les autres départements en vigilance jaune canicule (la moitié est de la France), « le pic de chaleur est attendu également pour vendredi », selon Météo France.
« Un moment de solidarité collective »
La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a rappelé mercredi sur RTL qu’« énormément de procédures » avaient été mises en place depuis une quinzaine d’années, et l’été meurtrier de 2003, pour faire face à ces épisodes caniculaires.
« Aujourd’hui nous établissons chaque semaine un décompte des personnels dans les services d’urgence. Nous adaptons évidemment les effectifs aux besoins, a déclaré la ministre. C’est aussi un moment de solidarité collective, c’est aussi le moment d’aller voir ses voisins. C’est le moment de faire attention à chacun d’entre nous et aux plus vulnérables. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Fournies avec chaque boisson fraîche, les pailles sont parmi les déchets les plus retrouvés dans les océans.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Un flot de cinq milliards de mètres cubes d’eau a été libéré lundi soir, submergeant au moins sept villages dans le sud-est du pays. Plusieurs morts sont à déplorer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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La rupture d’un barrage au Laos, chronique d’un drame annoncé

Un flot de cinq milliards de mètres cubes d’eau a été libéré lundi soir, submergeant au moins sept villages dans le sud-est du pays. Plusieurs morts sont à déplorer.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 14h24
    |

            Harold Thibault et 
Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

Combien de personnes ont disparu dans la province d’Attapeu, dans le sud-est du Laos ? Les autorités laotiennes étaient incapables de le dire après que la rupture du barrage Xe-Pian Xe Nanmoy a libéré, lundi 23 juillet vers 20 heures, un flot de cinq milliards de mètres cubes d’eau qui a submergé au moins sept villages, emporté les maisons et contraint des habitants à se réfugier sur le toit des bâtiments restés debout, ou dans les arbres.
« Des centaines de personnes » manquent à l’appel, se contentait d’évaluer l’agence de presse officielle KPL, mardi 24 juillet. Dans cette région reculée d’un pays montagneux, et où le pouvoir se démarque par son opacité, le bilan est incertain.
Dans la matinée de mercredi, le consulat de Thaïlande au Laos faisait état de dix-neuf corps retrouvés. « Il y a 131 disparus », a finalement déclaré, mercredi dans la journée, le premier ministre Thongloun Sisoulith, alors que l’agence de presse officielle évoquait jusqu’ici « des centaines de disparus ».
Des images de la chaîne ABC Laos News montrent des villages dont ne dépassent plus de l’eau boueuse que les arbres et les toits. Dans une vidéo, une femme traumatisée monte avec son bébé dans une barque en bois et explique que sa mère est toujours réfugiée sur un arbre. Au moins 6 600 personnes sont sans logement.
La retenue est située sur un affluent du Mékong dans une région à l’extrême-sud, non loin des frontières du Vietnam et du Cambodge. Le projet de cette retenue d’eau, dont 90 % de la production était censé bénéficier à la Thaïlande une fois les travaux finis, est le fruit d’une collaboration entre l’Etat laotien, une entreprise thaïlandaise et deux groupes sud-coréens, dont une branche de SK, l’un des principaux conglomérats de Corée du Sud.
Le projet de 410 mégawatts devait entrer en opération en 2019. Il consiste en deux barrages principaux et cinq retenues auxiliaires qui devaient permettre de détourner trois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Lundi, la rupture d’un barrage, situé sur un affluent du Mékong dans le sud-est du pays, a provoqué l’inondation de plusieurs villages.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Barrage effondré au Laos : 131 personnes disparues, selon un premier bilan

Lundi, la rupture d’un barrage, situé sur un affluent du Mékong dans le sud-est du pays, a provoqué l’inondation de plusieurs villages.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 05h57
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 14h32
   





                        



C’est un premier bilan, qui risque de s’alourdir. Un total de 131 personnes sont portées disparues au Laos, après l’effondrement d’un barrage qui a submergé des villages entiers, a déclaré mercredi 25 juillet le premier ministre laotien, Thongloun Sisoulith. L’agence de presse officielle évoquait jusqu’ici « des centaines de disparus ».
Avec la rupture lundi soir du barrage, situé sur un affluent du Mékong dans le sud-est du Laos, cinq milliards de mètres cubes d’eau – l’équivalent de plus de deux millions de piscines olympiques – ont été libérés.

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                Effondrement d’un barrage au Laos, des centaines de personnes portées disparues



Des dégâts détectés la veille
Mercredi, le groupe sud-coréen partenaire d’un projet hydroélectrique en construction au Laos a par ailleurs expliqué avoir découvert que la partie supérieure d’un barrage auxiliaire avait été emportée par les eaux 24 heures avant son effondrement.
SK Engineering & Construction, un constructeur sud-coréen qui est l’un des partenaires du projet, a déclaré s’être rendu compte des dégâts subis par la partie supérieure du barrage auxiliaire vers 21 heures dimanche. « Nous avons immédiatement alerté les autorités et commencé à évacuer les villageois en aval », a dit l’entreprise dans un communiqué.

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Les travaux de réparation entrepris ont été entravés par les pluies abondantes qui ont endommagé les routes. Lundi matin, les opérateurs ont évacué de l’eau du barrage de Xe-Namnoy, l’un des deux principaux ouvrages du projet, afin de tenter de réduire la pression sur la structure auxiliaire. Vers midi, le gouvernement a été prévenu de l’aggravation des dégâts, ce qui l’a conduit à émettre un ordre d’évacuation officiel à l’intention des habitants situés en aval. La structure s’est effondrée quelques heures plus tard, ajoute SK Engineering.
Mardi matin, sept des 12 villages situé en aval avaient été inondés, ajoute SK. Des photos prises du ciel montrent une gigantesque zone comprenant des maisons comme la jungle, noyée sous les eaux brunâtres. Dans une vidéo, on peut voir des familles perchées sur les toits en train d’attendre les secours. Un temple bouddhiste proche est partiellement submergé.
Equipe de crise
Le groupe sud-coréen a annoncé l’envoi sur les lieux d’une équipe de crise, constituée d’hélicoptères, de bateaux et de secouristes. « Actuellement, SK E & C travaille activement au sauvetage des personnes et à l’aide aux réparations avec le gouvernement laotien », selon le communiqué.
Des dizaines de barrages, financés majoritairement par la Chine, sont actuellement en construction dans le pays communiste pauvre et enclavé, notamment sur le Mékong. Traversé par un vaste réseau de rivières, le Laos tire de l’exportation de l’énergie hydroélectrique une source de revenus importante, exportant la majeure partie de l’électricité vers les pays voisins comme la Thaïlande.
L’ouvrage à 1,2 milliard de dollars situé près de la frontière avec le Cambodge est en cours de construction depuis 2013. Le projet comprend une série de barrages sur les rivières Houay Makchanh, Xe-Namnoy et Xe-Pian.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Dans la ville balnéaire la plus touchée par les incendies autour d’Athènes, l’heure est au deuil. Le bilan des feux s’est alourdi à au moins 79 morts.
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Grèce : à Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »

Dans la ville balnéaire la plus touchée par les incendies autour d’Athènes, l’heure est au deuil. Le bilan des feux s’est alourdi à au moins 79 morts.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 01h34
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 13h13
    |

                            Marina Rafenberg (Mati, Rafina (Grèce), envoyée spéciale)








                        



Mati, à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Athènes, ressemblait à une ville fantôme, mardi 24 juillet, dans l’après-midi. Rares sont les habitations qui ont résisté aux terribles feux de la nuit de lundi à mardi, l’odeur de brûlé embaumait encore l’air, les Canadair survolaient toujours les environs, les carcasses des véhicules étaient omniprésentes, et les rescapés venaient vérifier l’étendue des dégâts. « Mati n’existe plus », a déclaré à la télévision grecque le maire de Rafina, le chef-lieu voisin, Evangelos Bournous. Plus de 1 000 demeures et 300 véhicules ont été ravagés par les flammes. Soixante-dix-neuf personnes ont péri à Mati et à Rafina, et au moins 187 personnes, dont 23 enfants, ont été blessées, selon le dernier bilan officiel, mercredi en milieu de matinée.
Le bilan excède désormais celui des incendies qui ravagèrent le sud de la péninsule du Péloponnèse en août 2007 et qui tuèrent environ 70 personnes.
En début d’après-midi mardi, après une nuit blanche, Katerina Pantelidis est revenue sur les lieux avec son frère Giorgos, le visage couvert de cendres et en pleurs. « A dix minutes près, je n’aurais pas été en vie… Quand nous sommes sortis de la maison avec mon père et ma mère, les flammes arrivaient à toute vitesse, emportées par le vent. Nous avons couru jusqu’à la marina pour nous mettre à l’abri. Je suis tombée, je me suis foulé la cheville, j’ai cru vraiment que j’allais mourir, raconte-t-elle confuse, les yeux embués. J’entends encore les cris de partout, je revois les visages d’enfants brûlés, les animaux calcinés, ce sont des images d’horreur ! »

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Giorgos Pantelidis était à Rafina quand le feu s’est propagé : « J’ai attendu avec angoisse pendant des heures avant de les voir sains et saufs, je n’avais pas de nouvelles, ils avaient laissé leurs téléphones portables à la maison. » Pendant huit heures, la famille Pantelidis a attendu les secours dans le petit port de plaisance, avec près de 300 personnes. « Finalement, c’est un pêcheur qui nous a ramenés vers le port de Rafina. Il nous a sauvé la vie ! », confie Katerina Pantelidis.

   


« Nous avons tout perdu »
Au club nautique, Michalis Schinas a mobilisé tous les propriétaires de bateau pour qu’ils aident les gardes-côtes et qu’ils ramènent autant que possible des personnes vers Rafina. « A ce moment-là, nous devions aider. Maintenant, après les événements, nous sommes sous le choc. Nous avons vu des enfants se noyer, des dizaines de blessés et des grands brûlés. De nombreuses personnes âgées sont aussi portées disparues et nous craignons de retrouver leurs corps en mer les prochains jours… », dit-il. Une base de données pour retrouver les disparus a été mise en place, et sur les réseaux sociaux, les photos des personnes recherchées sont relayées activement.

   


Le toit de la maison des Pantelidis s’est effondré et sur l’entrée de la bâtisse, un signe jaune vient d’être griffonné. Un ingénieur civil est passé mardi, comme l’a prévu le gouvernement dans toute la région, et a décrété qu’elle devait être démolie car elle est devenue trop dangereuse pour y habiter. « Le gouvernement promet de nous aider mais comment ? Nous avons tout perdu. Nous sommes désormais à l’hôtel et nous ne savons pas pour combien de temps… », s’exaspère Giorgos Pantelidis.
L’adjoint au maire de Rafina, Panagiotis Kalfantis, assure que « 150 personnes restent sans logement principal, de nombreuses maisons n’ont plus ni l’électricité ni l’eau, et cela prendra des semaines avant un retour à la normale ». A quelques mètres de la bâtisse des Pantelidis, Giannis Kalogiros a, malgré les recommandations des pompiers, bravé les flammes pour sauver son fils de 7 ans, bloqué, avec sa belle-sœur et son bébé, dans une chambre d’hôtel : « J’ai agi bêtement, j’aurais pu mourir. Mais je me suis dit que ma vie n’avait pas beaucoup de sens sans mon fils et j’ai pris ce risque. »
Tasos Filipou, propriétaire de l’Hôtel Miami, estime avoir eu « de la chance » : « Tout autour de nous, les maisons brûlaient, plusieurs personnes sont mortes, mais notre hôtel a été épargné… Les touristes sont tous partis dans d’autres hôtels, dans des localités voisines épargnées par les feux. Pour moi, la saison est finie ! »
Solidarité
La solidarité s’organise un peu partout dans la région sinistrée. Les supermarchés ont offert de l’eau et de la nourriture aux survivants, des volontaires affluent de toute la région pour distribuer des vivres et des médicaments, des médecins se mobilisent bénévolement, des associations de protection des animaux recueillent les bêtes égarées.
Nikos Nikolakopoulos a parcouru une quarantaine de kilomètres pour apporter nourriture et eau aux personnes qui ont perdu leurs maisons et sont temporairement hébergées dans le stade de la ville de Rafina ou dans les hôtels aux alentours. « Mon meilleur ami habite à Mati, il a failli perdre la vie, sa voiture a été complètement brûlée, sa maison partiellement démolie mais le plus important c’est que toute sa famille aille bien. Tellement de personnes sont mortes, c’est une tragédie et c’est bien normal d’aider ! », commente le trentenaire.
Despina Perimeni, de la Croix-Rouge, parle d’un « véritable élan de solidarité ». « Tout le monde est traumatisé. Nous avons mis en place des premiers secours pour les blessés, mais aussi une cellule psychologique. Les lendemains d’une telle catastrophe vont être difficiles », constate-t-elle.
Mardi, le premier ministre, Alexis Tsipras, a déclaré trois jours de deuil national : « Nous ne devons pas nous laisser dépasser par notre peine. Nous devons dans les prochaines heures lutter, être unis et solidaires avec les citoyens touchés par cette tragédie. »
Vers 18 heures, mardi, Konstantinos Kalamaras, pompier, prenait sa première pause pour manger un sandwich, après plus de vingt-quatre heures de service. « La nuit de lundi à mardi a été très dure, nous avons tout donné pour sauver le plus de vies possible. Mais c’était l’apocalypse !, soupire-t-il, éreinté, dégoulinant de sueur. La vue de squelettes d’enfants morts carbonisés dans les bras de leur mère me marquera à jamais. J’ai vécu la pire nuit de ma vie et j’espère ne jamais en revivre de telles. »
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants."
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            data-slide-description="Un groupe de 26 personnes carbonisées a été découvert mardi matin dans la cour d’une villa de Mati, localité balnéaire sur la côte orientale de l’Attique – à 40 kilomètres au nord-est d’Athènes –, a annoncé un responsable de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Une maison en flammes à Mati, localité ravagée par les feux. La plupart des victimes ont été piégées « à leur domicile ou dans leurs voitures », a fait savoir le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos."
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            data-slide-description="Les 26 morts retrouvés mardi matin à Mati se sont ajoutés aux 24 déjà recensées depuis lundi soir, selon un décompte de l’Agence France-Presse."
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            data-slide-description="Des bateaux, dont des bâtiments militaires, ont été mobilisés pour évacuer les résidents et les touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer."
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            data-slide-description="Au vu de la situation, la présidence grecque de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie, en juillet 1974."
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            data-slide-description="« L’heure est à la lutte contre les flammes », avait déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, après avoir présidé une réunion de crise, évoquant une nuit de lundi à mardi « difficile »."
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            data-slide-description="M. Tsipras a chiffré à « plus de 600 » les pompiers déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit, autour de Mati et à quelque 55 km à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères."
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            data-slide-description="Selon le secrétaire général à la protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés dans la journée par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une « situation extrême »."
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            data-slide-description="Athènes a aussi activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires ; Chypre et l’Espagne ont déjà offert leur aide, selon M. Kapakis."
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            data-slide-description="Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés."
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            data-slide-description="Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. En 2007, les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, de maquis et de cultures."
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Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes avaient fait mardi matin 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves. Mercredi, le bilan a été porté à 79 tués et 187 blessés, dont 23 enfants.

VALERIE GACHE / AFP
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Les températures pourraient atteindre 33 degrés en région parisienne et 35 degrés dans le nord du pays.
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Vague de chaleur : neuf départements en vigilance orange en Ile-de-France et dans le Nord

Les températures pourraient atteindre 33 degrés en région parisienne et 35 degrés dans le nord du pays.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 22h55
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h30
   





                        


Météo-France a placé, mardi 24 juillet, neuf départements en vigilance orange, en région parisienne et dans le Nord, pour un épisode de canicule qui doit durer au moins jusqu’à jeudi soir, avec des températures pouvant atteindre « 33 degrés en région parisienne ».
Sont concernés par le bulletin de l’organisme météorologique les départements suivants : Paris, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise et le Nord.
Interdiction des véhicules polluants à Paris
Mercredi, les véhicules les plus polluants seront interdits à Paris et en proche banlieue. Cette mesure concerne les véhicules non classés — pour la plupart dont l’immatriculation est antérieure à 1997 — et les véhicules de classe 4 et 5, selon la classification des vignettes Crit’Air, obligatoires dans la capitale.

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Le distributeur Veolia Eau d’Ile-de-France refait campagne pour lutter contre l’ouverture intempestive de bouches à incendie en région parisienne, un phénomène apparu en 2015 qui complique le travail des pompiers et entraîne d’importantes pertes d’eau.

Le thermomètre va aussi grimper dans d’autres régions, sans atteindre forcément des niveaux caniculaires. « Les 35 °C pourront être atteints dans le Nord, l’Est, en journée mais il faut aussi voir les températures nocturnes », pour parler d’un épisode de canicule, rappelle le prévisionniste de Météo-France.
« Sur les autres départements en vigilance jaune canicule, le pic de chaleur est attendu également pour vendredi, mais soit la durée de l’épisode, soit les températures maximales prévues ne justifient pas leur placement en vigilance orange », explique Météo-France dans son bulletin.

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Des restrictions d’usage de l’eau ont toutefois été prises dans plusieurs départements de l’ouest de la France en raison de la sécheresse, particulièrement en Vendée.




                            


                        

                        

