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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Le sprinteur français de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième étape de sa carrière, jeudi 26 juillet. Le Britannique Geraint Thomas (Sky) reste en jaune.
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Tour de France : Arnaud Démare s’impose à Pau

Le sprinteur français de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième étape de sa carrière, jeudi 26 juillet. Le Britannique Geraint Thomas (Sky) reste en jaune.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h45
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 19h01
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Arnaud Démare a bien fait de s’accrocher dans la montagne. « Et pas qu’à son espoir de victoire », ne manqueront pas d’ajouter ceux qui ont accusé le Tricolore de s’être aidé de la voiture pour terminer les étapes pyrénéennes dans les délais.
Au lendemain du procès en tricherie intenté sur les réseaux sociaux par son adversaire de sprint, Andre Greipel, qui, lui, a jeté l’éponge dans les Alpes, le coureur de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième victoire de sa carrière dans le Tour de France, jeudi 26 juillet, à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Une fois n’est pas coutume, l’étape du jour s’est soldée par un doublé français : le natif de Beauvais (Oise) s’est imposé devant Christophe Laporte (Cofidis). Une première dans un sprint depuis 1978. Arnaud Démare, au micro de France Télévisions :
« Je ne me suis pas battu pour rien. C’est la récompense. Je ne suis pas le meilleur en montagne, mais je savais que les jambes étaient là. Je peux remercier Andre Greipel [qui l’a accusé hier de s’être accroché à la voiture pour finir dans les délais]. Aujourd’hui j’ai beaucoup pensé à lui. Je donne tout, le maximum. J’ai travaillé dur en montagne avant le Tour. Certains sprinteurs n’ont pas réussi [à survivre aux Alpes et aux Pyrénées]. »

📺 Relive the sprint of Stage 18 and and @ArnaudDemare's 2nd stage win on Le Tour ! 🏆🇫🇷 
— LeTour (@Le Tour de France)


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Peter Sagan affaibli
Le coureur de 26 ans pourra également remercier ses coéquipiers. Le train de l’équipe dirigée par Marc Madiot a passé son après-midi en tête de peloton pour limiter l’avance des cinq échappés du jour (Hayman, Durbridge, Terpstra, Boudat et Van Keirsbulck), maintenus à moins de trois minutes. Les fuyards repris à une quinzaine de kilomètres de la ligne, le sort se jouerait au sprint.
Débarrassé d’une bonne partie de ses habituels concurrents, incapables de passer la montagne (Gaviria, Greipel, Kittel, Groenewegen) ou affaibli (Sagan, victime d’une lourde chute la veille), Démare n’avait pas le droit à l’erreur à Pau. Il pourrait même doubler la mise dimanche, sur les Champs-Elysées, s’il finit dans les délais demain, au cours de la dernière étape en altitude. Nul doute qu’il sera particulièrement surveillé entre Lourdes et Laruns, loin derrière les favoris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Le coureur Groupama-FDJ s’adjuge le sprint à Pau devant un autre Français, Christophe Laporte. Le Britannique Geraint Thomas conserve le maillot jaune.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Repos pour le peloton jeudi, avec 171 kilomètres de transition entre les Pyrénées et les Pyrénées qui n’étaient pas au programme à l’origine.
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Tour de France : l’étape qui n’aurait pas dû avoir lieu

Repos pour le peloton jeudi, avec 171 kilomètres de transition entre les Pyrénées et les Pyrénées qui n’étaient pas au programme à l’origine.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h39
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (Envoyés spéciaux à Trie-sur-Baïse, avec le tréma, Hautes-Pyrénées)








                        



   


18E ÉTAPE : TRIE-SUR-BAÏSE - PAU, 171 KM
Habile Tour de France : au cas où l’on aurait commencé à s’amuser le mercredi, il nous met dans les pattes 171 kilomètres de plat le jeudi entre Trie-sur-Baïse et Pau.
Tiens, Pau ! Ca faisait longtemps. Au moins depuis l’an dernier.
Les plus anciens des suiveurs connaissent mieux Pau que François Bayrou et Didier Gadou réunis. Pau est devenue pour nous la ville du Tour de France avant d’être la capitale du Béarn et l’on se demande si, dans la catastrophique éventualité où le Tour disparaîtrait un jour, il ne faudrait pas raser la ville ou au moins la rebaptiser, pour lui offrir un nouveau départ.

        Lire aussi :
         

          Sur notre blog du Tour 2017, quelques souvenirs du Tour à Pau



Cela dit, l’étape du jour n’aurait pas dû exister. Lorsque ce Tour a été dessiné, il devait initialement s’élancer une semaine plus tôt. L’Union cycliste internationale l’a finalement décalé d’une semaine pour subir moins de concurrence de la Coupe du monde, et cela n’a pas été sans conséquences pour le parcours. Alors que les organisateurs prévoyaient trois étapes consécutives dans les Pyrénées, un contre-la-montre autour de Pau - évidemment - et une étape en ligne au Pays basque le samedi. Mais non : le 28 juillet, l’étape en ligne au Pays basque n’était plus possible en raison de la concurrence avec les fêtes de Bayonne. Il a donc fallu réorganiser la troisième semaine et glisser une étape de plaine entre les trois étapes de montagne.
Voilà comment Trie-sur-Baïse a bouché un trou mais ne s’en plaint pas : pour recevoir le Tour, le département a refait les routes, et c’est sur un enrobé d’aérodrome que les coureurs s’élanceront. Au moins sur les trois premiers kilomètres, puisqu’on arrive ensuite dans le Gers, qui n’avait aucune raison de refaire la route qui est déjà très bien comme ça.
Trie-Pau, donc, où chacun aura le droit de tenter sa chance, surtout la (Groupama-)FDJ. L’un des sprinteurs encore debouts roule sous ses couleurs. Parfois même un peu vite dans les cols, où Arnaud Démare est soupçonné de s’accrocher de temps à autres à la voiture de son directeur sportif pour rentrer dans les délais, ces deux derniers jours.

   


Démare traîne cette réputation de coureur à la portière depuis plusieurs années, notamment lors de sa victoire sur Milan-San Remo 2016, où des coureurs italiens l’avaient soupçonné d’avoir été remorqué dans la côte de la Cipressa. André Greipel, rentré à la maison dans l’étape de l’Alpez d’Huez lorsqu’il avait compris qu’il finirait hors-délais, a mis ses grosses cuisses dans le plat, mercredi soir sur Twitter : « Peut-être que quelqu’un devrait dire à Arnaud Démare et Groupama-FDJ qu’il y a des traceurs GPS sur le Tour de France. Chapeau pour avoir perdu seulement 9 minutes en 17 km sur Nairo Quintana ». Puis #notthefirsttime, ce qui veut dire #paslapremièrefois.

@AndreGreipel @GroupamaFDJ @LeTour @NairoQuinCo Merci pour le respect que tu m'accordes mon cher @AndreGreipel. Je… https://t.co/fRw3tbtDeR— ArnaudDemare (@Arnaud Demare)


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Démare a répondu, Greipel a effacé son tweet : Rohff et Booba sont encore un petit cran au-dessus en terme de clash, mais c’est un bel effort de la part de l’Allemand, soutenu en cela par deux autres sprinteurs, ce qui augure assez mal de la popularité de l’ancien champion de France dans sa confrérie.
Trie-Pau toujours : on ne conseille pas au résident monégasque le plus célèbre du peloton, Christopher Froome, de tenter sa chance ces jours-ci, au rythme où les emmerdes s’accumulent sur son porte-bagage. Après les chutes, le coup des gaz lacrymogènes et la perte du Tour de France au profit de son ami Geraint Thomas, il a été hier pris à partie par un policier dans la descente du col du Portet vers son hôtel. Il l’avait pris pour un spectateur descendant à vélo. A la décharge du sifflet, Froome, en anorak gris, n’avait pas la dégaine d’un quadruple vainqueur de l’épreuve.

Un gendarme placa a Froome baixant. #letour #tour @teamsky https://t.co/VvvAmta3Ph— albertsecall (@Albert Secall)


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Froome a dit « Fuck you », ce qui permet de constater que même lorsqu’il laisse échapper une insulte, il a l’air d’un petit moineau inoffensif.

Froome was very angry: “Fuck you!” @BorjaCuadrado @ProCyclingStats @DiarioMarca_ @diarioas @CiclismoInter… https://t.co/IsLGcAsndn— albertsecall (@Albert Secall)


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Jusqu’à preuve du contraire, la gendarmerie française est donc la grande animatrice de ces Pyrénées. Que trouvera-t-elle aujourd’hui ? Enlever la voiture de Dave Brailsford garée en double file ? Mettre une contravention à Geraint Thomas pour excès de vitesse dans une descente ? Désosser le bus de la Sky pour y trouver des produits ? Imposer un Ricard à toute la Sky avant le départ, étant donné qu’il aura lieu à 14 heures, bien après l’heure du Ricard ? Que de pistes possibles. L’an prochain, c’est elle qui trace le Tour et décide des règles. On va se marrer.

   


Départ à 13 h 55 ; Arrivée prévue vers 17 h 45.
Le Tour du marché : Bagnères-de-Luchon
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille, sauf que cette fois, il s’agit d’un stand au marché.
Où l’on a mangé un gâteau.

   


On cherche un café, on tombe sur un gâteau. Fascinant gâteau que ce long cylindre de pâte à pics, on dirait des pignons de vélo collés les uns aux autres. Ou une espèce de kebab à l’horizontale.

   


Mickäel Van Mo Alves aurait pu être belge, avoir l’accent belge, et être éliminé en demi-finale, puisque son père est belge. Il aurait pu être portugais, parler portugais, et être éliminé en huitième de finale, puisque sa mère est portugaise. Mais il est français, il parle avec l’accent du sud-ouest, et il est champion du monde, puisque ses parents se sont rencontrés et l’ont fabriqué à Bagnères-de-Luchon.
Lui fabrique désormais ce merveilleux gâteau, qui s’appelle « gâteau à la broche », en raison de la présence d’une broche pour aider à sa confection, dont nous vous délivrons ici les secrets.

   


Pas de lait. Un quart de beurre, un quart de farine, un quart de sucre, un quart d’œuf, tel un quatre quarts. Mickaël ajoute rhum, vanille et poudre d’amende fraîche, sa touche personnelle. Certains mettent de la fleur d’oranger. L’ancienne école se contente de rhum et de Ricard. On ne parfume pas du tout la pâte dans l’Aveyron – qui dispute aux Pyrénées la paternité du gâteau, lequel aurait été importé en France par les soldats de Napoléon lors de la retraite de Russie.

   


Prenez un cône en bois (en général du pommier, solide, pour ne pas que ça se fende sous l’effet de la chaleur). Recouvrez d’un papier de cuisson. Mettez le cône sur votre broche. Placez votre broche devant votre brasier. Aspergez le cône de couches de pâte successives, et faites tourner la broche, d’abord lentement, puis rapidement pour former les pics (cf. démo ci-dessous). Pour un petit gâteau, comptez trois quarts d’heure de cuisson. Pour les plus gros, trois ou quatre heures. Avec ça,uUne crème anglaise ou un coulis de fruit rouge feront l’affaire.

C’est hypnotisant. Plutôt que les roues des cyclistes, on pourrait regarder cette broche tourner pendant des heures.
Et bon appétit bien sûr.

   






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Son bras droit supposé, Geraint Thomas, est en position idéale pour remporter le Tour de France
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Tour de France : Et Froome est devenu un « équipier parfait »

Son bras droit supposé, Geraint Thomas, est en position idéale pour remporter le Tour de France



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h39
    |

            Henri Seckel (Col du Portet (Hautes-Pyrénées)








                        



   


Christopher Froome au bord de l’asphyxie sur son engin, langue pendante, tête basse. Christopher Froome largué. Christopher Froome a perdu. Sur les dernières pentes du col du Portet (Hautes-Pyrénées), les rêves de maillot jaune du Britannique s’envolent au moment où son coéquipier Geraint Thomas décolle dans les ultimes lacets du parcours.
La 17e étape, remportée par le Colombien Nairo Quintana mercredi 25 juillet, n’a pas tenu les promesses de son tracé aussi alléchant qu’inédit – 65 kilomètres à peine, dont pas un de plat, et trois cols mythiques. Mais de cette journée pas inoubliable, au bout d’un Tour qui ne le sera pas plus, resteront tout de même la détresse du quadruple vainqueur de l’épreuve et la fin de l’ambiguïté : la victoire sur les Champs-Elysées, dimanche, est promise à Geraint Thomas.

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                Tour de France : coup d’arrêt pour le Français Romain Bardet



L’issue du feuilleton entre les deux coéquipiers, dont personne ne pouvait depuis le départ du Tour dire qui était le n° 1 et qui était le n° 2, constituait la seule réelle incertitude d’une course largement dominée par l’équipe Sky. Le suspense est levé. « On a un leader défini maintenant, les choses sont beaucoup plus claires », affirme Nicolas Portal, le directeur sportif français de la formation britannique sur le point de s’adjuger un sixième Tour de France en sept ans, avec un troisième coureur différent (Wiggins en 2012, Froome en 2013, 2015, 2016 et 2017).
Pas de miracle « façon Bardonecchia »
Au lendemain de la seconde des trois étapes de montagne pyrénéennes, Froome, 3e au classement général, comptait 2 minutes 31 secondes de retard – un gouffre – sur Thomas, lequel possédait 1 minute 59 secondes d’avance sur son dauphin, le Néerlandais Tom Dumoulin. « Je pense que je suis en bonne position maintenant », pouvait sourire le Gallois de 32 ans à l’arrivée, lui qui ne devait être qu’un lieutenant au départ et que personne n’imagine à présent échouer sur les deux derniers écueils avant Paris – une étape de montagne vendredi, via le Tourmalet et l’Aubisque, un contre-la-montre accidenté samedi.
Dave Brailsford, manageur de l’équipe Sky, a tout de même sorti l’extincteur pour empêcher tout le monde de s’enflammer : « On a deux minutes d’avance, la probabilité qu’on remporte cette course repose plus sur Geraint à présent, je pense. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout est fini. » 
Pour Froome, si, sauf nouveau miracle « façon Bardonecchia », la ville du Piémont où arrivait la 19e étape du dernier Tour d’Italie, au mois de mai : au matin, Froome comptait 3 minutes 22 secondes de retard sur le leader du classement général. Le soir, il avait enfilé le maillot rose après avoir tout renversé lors d’un raid solitaire stupéfiant.
Une cohabitation est-elle possible?
Le coup de théâtre a peu de chances de se reproduire sur les routes de France, de l’aveu même de celui qui a remporté les trois derniers grands Tours (France et Espagne 2017, Italie 2018) et semble passer le témoin à son coéquipier : « On n’a plus qu’à veiller sur Geraint maintenant. “G” n’a fait absolument aucune erreur cette année, il mérite pleinement de porter le maillot jaune. On croise les doigts pour qu’il aille jusqu’au bout et finisse le boulot à Paris. »
« Si Froome se sacrifie et aide Thomas, il sera un titan, un des plus grands de tous les temps »
Dave Brailsford a salué les propos et l’attitude d’un « équipier parfait » : « Si Geraint finit par gagner la course, il deviendra une légende. Mais si Froome se sacrifie et l’aide à le faire, il sera un titan, un des plus grands de tous les temps, sans même avoir gagné la course. »
Froome ne remportera donc pas cette année un cinquième Tour de France qui l’aurait placé sur la même ligne que Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Et déjà se pose la question de la cohabitation, au sein de l’équipe Sky, de deux coureurs dominateurs qui risquent de se rouler sur les pieds dans les années à venir. « C’est génial d’avoir deux gars qui peuvent gagner des grands Tours dans la même équipe, esquive Nicolas Portal. Ce n’est pas donné à tout le monde. Tant qu’ils ne se mettent pas des pains dans la tête, ça va. » Pour l’heure, les Sky se contentent d’en mettre à la concurrence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, ce que le changement de braquet a eu comme conséquence sur le style et les performances des coureurs.
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Tour de France : « Cent caresses plutôt que cinquante coups de pioche », par Olivier Haralambon

Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, ce que le changement de braquet a eu comme conséquence sur le style et les performances des coureurs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h31
    |

                            Olivier Haralambon








                        



   


Chronique. La montagne est intimement liée au cyclisme, cet art sisyphéen. Au début, les ci-devant « grimpeurs » ahanaient de toute éternité dans la caillasse et les éboulis. Titubant tels des ânes ivres, sous les noires pluies d’orage ou dans les grésillements de midi, les « forçats de la route » avançaient un coup de pédale après l’autre, dans une succession de gémissements étouffés, accompagnant la jambe descendante d’une inclination du visage, à droite puis à gauche, tendant inlassablement l’autre joue.
Longtemps donc, l’escaladeur planta sa pédale dans la pente comme on plante un piolet. Longtemps il porta sur sa tête le vol circulaire de quelque rapace fasciné par sa peine. Puis, comme on sait, les chaussées se vêtirent de bitume, et la masse fusible des rochers donna naissance à des panoramas moins hostiles.
Pour autant, le grimpeur n’était pas soulagé, condamné qu’il semblait à n’avancer qu’en heurts et à-coups. Robic, Poulidor, Merckx semblaient se briser les reins cinquante fois par minute, grimaçant au ras de la potence comme sous les coups de bâton.
Du style herculéen aux petites usines à plaisir
D’où vient alors – et par quel miracle ? – l’altier port de tête des grimpeurs d’aujourd’hui dont, même au plus dur de l’effort, le regard reste accroché aux sommets ? Quel prodige nous a donc conduit du style herculéen d’Hinault, calé au fond de la selle loin derrière l’axe du pédalier, repoussant la pédale vers l’avant comme un survivant cherchant à se dégager des décombres, au petit cul tranquille de Dumoulin, caressant quasi dédaigneusement la pédale de la pointe du chausson sans se désaxer le moins du monde ? Comment le corps calleux des bagnards, le corps grippé du grimpeur, a-t-il laissé place à ces petites usines à plaisir ? Et comment se fait-il que ces « rois du parquet » que sont les pistards devinssent depuis quelques années si aptes aux ascensions ?
C’est la gamme des braquets disponibles – c’est l’industrie ! – qui, considérablement élargie, a ouvert la porte du vélodrome. Là où le plus court braquet du Blaireau était, disons, de 42 × 24 (environ 3,70 mètres par coup de pédale), aujourd’hui les coureurs disposent d’un 36 × 28 (2,70 mètres). Conséquemment, la cadence de pédalage s’est considérablement élevée, à un niveau dont les cireurs de parquet sont familiers.
Après Wiggins, c’est de Geraint Thomas que l’on s’étonne, comme si le fait d’avoir été poursuiteur le disqualifiait d’emblée. Idiotie. Ce qui fait la qualité d’un pistard, c’est la coordination musculaire, la souplesse : il faut être fin pédaleur pour rouler vite.
Entre cinquante coups de pioche ou cent caresses, c’est peut-être la montagne qui a choisi.
Olivier Haralambon est l’auteur de « Le Coureur et son ombre » (Premiers Parallèles, 2017)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Le coureur d’AG2R La Mondiale ne montera pas sur un troisième podium d’affilée. Un échec collectif que son entourage peine à analyser.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Tour de France : coup d’arrêt pour le Français Romain Bardet

Le coureur d’AG2R La Mondiale ne montera pas sur un troisième podium d’affilée. Un échec collectif que son entourage peine à analyser.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 09h39
    |

            Clément Guillou (envoyé spécial au Col du Portet (Hautes-Pyrénées)








                        



   


Puisque « la démarche (le) nourrit et non le résultat », alors Romain Bardet trouvera dans ce Tour de France à boire et à manger. Le Français de l’équipe AG2R La Mondiale a souffert mille maux mercredi dans la montée du col du Portet, celle-là même où il imaginait, avant le départ du Tour de France, que le maillot jaune se jouerait et qu’il serait dans le coup pour l’enfiler. En fait de quoi on le vit lâché à 6 kilomètres du sommet sur un relais de Wout Poels : le meilleur Français du Tour mis au supplice par le quatrième de cordée de l’équipe Sky. Frappé d’hypoglycémie, Bardet finissait au courage, dans la roue d’Alejandro Valverde, à près de deux minutes du maillot jaune Geraint Thomas qu’il accompagnait encore avant que la course dépasse le cap des 2000 mètres d’altitude. « C’est très malheureux mais il faut accepter, disait, dans les alpages, le huitième du classement général. J’avais de bonnes jambes sur l’étape mais j’ai senti que je manquais de sucre sur la derniere montée ; j’avais des maux de tête, j’étais complètement bridé. »

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                Tour de France : Et Froome est devenu un « équipier parfait »



Même une hypothétique victoire vendredi, pour la dernière étape de montagne, ne ferait pas oublier ce Tour où rien n’est allé comme prévu pour Bardet. A 27 ans, sur un parcours qui devait lui convenir, il osait pour la première fois rêver tout haut d’une victoire finale à Paris. Après deux podiums, c’est un premier coup d’arrêt dans une carrière ascensionnelle, où l’Auvergnat cochait les cases devant le mener à la victoire sur le Tour, « step by step », comme on dit dans l’école de management dont il est diplômé. Il s’était aussi préparé à ce qu’un jour, l’aventure collective qu’il incarne tourne mal. En novembre dernier : « Le nombre de fois où je suis passé à deux doigts de la catastrophe sur cette course… Tout n’est pas dépendant de ma volonté. »
Latour n’est pas encore la relève
« C’est un Tour bizarre pour nous », admet son entraîneur Jean-Baptiste Quiclet, qui tente de comprendre. Il fait le compte des secondes perdues ; elles ont filé comme dans un sablier, par petits grains, inéluctablement. Faiblesse collective dans le contre-la-montre par équipes, problème mécanique à Mûr-de-Bretagne, faute tactique à La Rosière, panne de jambes à Mende puis au col du Portet. « C’est un Tour particulier de par la rapidité des tempos, le management de l’équipe Sky qui use et ne permet pas de faire grand-chose. Mais ça ne fait pas s’effondrer le projet global. Aucun élément objectif ne me fait dire qu’on a raté le virage. »
L’équipe AG2R La Mondiale, elle, a indéniablement fait un tout-droit, réduite à cinq hommes après la mi-Tour. Le contraste est saisissant entre le collectif conquérant du Tour de France 2017, seul à tenter de déstabiliser le schéma figé imposé par la Sky, et celui de 2018, démembré, déboussolé, mal inspiré.
« Romain Bardet est notre leader et on se focalise sur lui. On doit lui faire confiance »
Romain Bardet envisage sa conquête du Tour comme celle du marché international par une PME : il réclame une implication collective totale et le même professionnalisme qu’à la Sky, rien moins qu’une révolution culturelle pour une équipe française née il y a 26 ans. Il n’a eu ni l’un ni l’autre sur ces trois semaines, où les problèmes mécaniques dans l’équipe ont été nombreux, y compris dans l’étape de Roubaix où les trois crevaisons ne furent pas dues qu’à la malchance, mais aussi à un nombre insuffisant de boyaux adaptés aux pavés. Des craquelures sont apparues ici ou là dans le vernis d’une formation soudée autour d’un homme, des initiatives individuelles comme celles, a-t-il semblé, de Pierre Latour, rigolard maillot blanc. « Latour, y’a encore du travail, lâchait Vincent Lavenu, le manageur, au Portet. Il faut canaliser son énergie s’il ambitionne un jour de faire de bons classements généraux. Romain Bardet est notre leader et on se focalise sur lui. On doit lui faire confiance. Quand on s’investit à bloc comme Romain, ça va automatiquement remarcher. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Moins spectaculaire qu’espéré, l’étape vers le col du Portet a sacré le Colombien Nairo Quintana et Geraint Thomas. Nos trois leçons de l’étape.
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Tour de France : pas de feu d’artifice, mais bouquet final en vue pour Geraint Thomas

Moins spectaculaire qu’espéré, l’étape vers le col du Portet a sacré le Colombien Nairo Quintana et Geraint Thomas. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 07h58
    |

            Henri Seckel et 
Clément Guillou (col du Portet, Hautes-Pyrénées)








                        


Il n’y a pas eu de putsch chez Sky dans cette courte étape de montagne, pour la bonne raison que Christopher Froome n’en avait pas les moyens. La victoire finale se rapproche pour Geraint Thomas, tout en contrôle aujourd’hui, tandis que la deuxième place se jouera entre Dumoulin, Roglic et Froome, lâché pour la première fois de sa « deuxième » carrière sur un col du Tour de France. Devant le quatuor, Nairo Quintana réalise un numéro dans le dernier col et sauve son Tour, tandis que Romain Bardet a subi une défaillance.
Geraint Thomas va donc gagner le Tour de France…

   


Chris Froome au bord de l’asphyxie, tirant la langue, distancé, pendant que son maillot jaune de coéquipier Geraint Thomas s’envole vers la ligne d’arrivée grappiller quelques secondes d’avance supplémentaires. Si la 17e étape n’a pas été le feu d’artifice espéré (voir plus bas), elle a fourni cette image forte du triple tenant du titre en détresse, et restera dans l’histoire comme le jour où l’ambiguïté a disparu : le Tour 2018 est promis à Geraint Thomas.
Le Gallois de 32 ans, qui ne devait être qu’un lieutenant, comptait ce matin un avantage de 99 secondes sur celui qui était censé être son leader. Troisième au col du Portet, il lui en a pris 52 de plus, et son avance sur Froome s’élève désormais à 2 minutes et 31 secondes. Verdict de Geraint Thomas à l’arrivée : « Je pense que je suis en bonne position maintenant. » Un euphémisme alors qu’il reste une étape pyrénéenne vendredi, par-delà le Tourmalet et l’Aubisque, et un contre-la-montre samedi.
« On a un leader qui est clairement défini, les choses sont beaucoup plus claires », confirme Nicolas Portal, directeur sportif de l’équipe Sky. Est-ce plié ? « “G” est quand même très très fort. » Froome lui-même a entériné la nouvelle hiérarchie officielle de l’équipe britannique : « “G” mérite d’être en jaune, on croise les doigts pour qu’il le garde jusqu’à Paris. Deux minutes, c’est plutôt confortable comme avance. Ce sera très difficile de perdre ce Tour de France. »
De son côté, Dave Brailsford a sorti l’extincteur pour éteindre son équipe qui a du mal à ne pas s’enflammer. « On a deux minutes d’avance, la probabilité qu’on remporte cette course repose plus sur Geraint à présent je pense, euphémise le manageur de l’équipe. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout est fini. »
L’affaire semble pourtant entendue, Chris Froome ne remportera pas son cinquième Tour de France dimanche, sauf chute de ses rivaux, ou nouveau miracle façon Bardonnechia, la ville d’arrivée de la 19e étape du dernier Tour d’Italie. Au matin, il comptait 3 minutes et 22 secondes de retard sur le leader du classement général. Le soir, il avait enfilé le maillot rose et possédait 40 secondes d’avance sur son dauphin, après avoir tout renversé lors d’un raid solitaire stupéfiant. « S’il y a bien quelqu’un capable de rebondir, c’est Chris Froome », assure Brailsford. Là, ce ne serait plus un rebondissement. Ce serait une révolution.
… mais le podium n’est pas joué

   


Primoz Roglic pourra raconter ça à ses petits-enfants : « J’ai fait craquer Christopher Froome dans un col du Tour de France. » C’est arrivé pour la première fois ce 25 juillet 2018, et le Britannique, par son relatif coup de mou, rend la course au podium palpitante. Roglic pourra-t-il raconter à ses petits-enfants qu’il est monté sur le podium du Tour de France ? Possible : le voilà revenu à 16 secondes de Christopher Froome. Mais il ne faut pas compter sur lui pour le dire : le Slovène n’est pas du genre bavard et a bien regardé le dernier Tour d’Italie. Il est donc prudent : « On a vu ce qu’a fait Froome sur les derniers jours au Giro. Il n’est pas fini. Beaucoup de choses peuvent encore se passer. On veut toujours plus mais c’est mon deuxième Tour de France, je dois être réaliste. »
Réaliste aussi, Tom Dumoulin voit bien, lui, que Froome n’est pas sur la pente ascendante, à la différence de la dernière semaine du Tour d’Italie. « Peut-être que l’enchaînement Tour-Vuelta-Giro, c’est un peu trop, observe le Néerlandais, désormais deuxième. Mais je ne suis pas ici pour faire perdre le Tour à Froome, je suis ici pour le gagner moi-même ou pour faire le podium. Je suis toujours très fort. »
Problème : Roglic l’est aussi et le numéro réalisé par Nairo Quintana dans le dernier col, grimpé une minute plus vite que Geraint Thomas, montre qu’il arrive dans les Pyrénées frais comme un gardon. Vendredi, il faudra ouvrir grand les yeux : il n’est pas exclu de voir le prudent Colombien attaquer une deuxième fois en trois jours.
« On a une course d’enfer ! »

   


C’est lorsqu’on s’est approchés de Philippe Mauduit, directeur sportif de l’équipe UAE Emirates, que l’on s’est demandé si on venait de voir la même course. Coureurs et directeurs sportifs n’apprécient jamais que l’on dise que la course n’a pas été tout à fait à la hauteur des attentes car, quel que soit le spectacle, la souffrance est immense.
Mais tout de même, après cette étape-sprint dont tout le monde – organisateurs, presse ET coureurs – attendait beaucoup – des leaders isolés de leurs coéquipiers dès le sommet du premier col, des tentatives de la dernière chance de Quintana, Bardet ou Landa – et qui s’est finalement animée dans le troisième et dernier col, comme dans une étape de montagne traditionnelle du Tour, on a osé cette simple question : « Comment expliquer cette course d’attente entre favoris, alors que les précédentes étapes courtes de montagne, en 2011 et 2017, avaient donné lieu à des attaques dès le début de l’étape ? »
Et on a pris la grêle : « Si tu as vu une course d’attente, il faut que tu ailles te raser les pattes et que tu ailles dans le peloton, tu verras comment ça se passe. Dans tous les cols, on a perdu des mecs dans le peloton, et au pied du dernier col ils n’étaient pas si nombreux que ça à être dans le groupe des leaders. Je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus. Tirez-leur un grand coup de chapeau à tous, parce que, de l’intérieur, j’ai l’impression qu’ils nous ont offert un spectacle extraordinaire. Vous êtes toujours négatifs ! Vous êtes tous là à vous concentrer sur le maillot jaune : ils se suivent, ils s’attaquent pas… Mais les gars, le Tour de France a toujours été comme ça ! Vous pleurez sur le classement général mais réjouissez-vous de ce que vous voyez autour ! On a un spectacle d’enfer ! Putain, c’est une course d’enfer ! Le 10e qui attaque, le 8e qui attaque, le 5e… c’est exceptionnel, jamais on ne voit ça ! (A l’assistant de l’équipe :) Ils me cassent les couilles. »
Rhabillés pour l’hiver, ce qui tombe bien car il ne faisait pas chaud au sommet du col du Portet, on est allés vérifier qu’on avait bien vu, en 2011, les frères Schleck (alors 2e et 3e du classement général) attaquer dès le col du Galibier dans une étape de 109 kilomètres s’achevant à l’Alpe-d’Huez ; ou Mikel Landa et Nairo Quintana, 7e et 8e, lancer l’offensive dès le premier des trois cols dans l’étape de 101 kilomètres vers Foix l’an passé. Un scénario palpitant, incomparable avec l’étape du jour qui a vu l’équipe Sky contrôler l’échappée de Valverde et endormir son monde jusqu’au pied du col du Portet. Si bien qu’à mi-pente de cette dernière difficulté, quatre coureurs de Sky composaient le groupe de tête de neuf coureurs.
Nicolas Portal, directeur sportif de l’équipe britannique, explique cette différence par l’habitude prise par tous les coureurs de surveiller leur capteur de puissance : « Le niveau est tellement haut et tout le monde sait désormais utiliser les SRM. Chacun sait au-delà de quelle limite il ne peut pas aller. Les gars sont beaucoup plus en alerte et savent rouler aux watts. Il y a moins de prise de risques car si on en prend et qu’on se rate, c’est fini. »
« Ça ne va pas faire plaisir à tout le monde », précise Nicolas Portal, car une partie du peloton demande déjà l’interdiction des capteurs de puissance en course. Le directeur du Tour Christian Prudhomme, croisé à l’arrivée, semblait, pour sa part, vouloir au plus vite prendre des initiatives pour brider la force collective de la Sky, qui terrorise l’ensemble de ses adversaires : « Ce ne fut pas cadenassé mais ce fut moins “bim bam boum” (sic) que celle de l’Alpe-d’Huez en 2011 ou de Foix l’année dernière, oui. Je pense qu’il faut persévérer dans ces étapes courtes, et persévérer n’est pas diabolicum. On rêve tous de davantage d’attaques, que les choses se passent par l’avant plutôt que l’écrémage par l’arrière, c’est une évidence. Le “salary cap” (masse salariale plafonnée) me semble une très bonne hypothèse. Il faut aller vite. »
Nul doute que le message a déjà été transmis à David Lappartient, président de l’Union cycliste internationale.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ L’OM a été lourdement sanctionné à la suite des multiples débordements de ses supporteurs, lors de sa dernière campagne européenne.
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Football : Marseille menacé d’exclusion en Coupe d’Europe

L’OM a été lourdement sanctionné à la suite des multiples débordements de ses supporteurs, lors de sa dernière campagne européenne.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 20h05
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 00h27
   





                        



   


Marseille devra se tenir à carreau pendant deux ans. Tel est l’avertissement donné mercredi 25 juillet au club phocéen par la commission de discipline de l’Union des associations européennes de football (UEFA). L’instance a menacé de suspendre le quatrième du dernier championnat de France de toute compétition continentale, en cas de nouveau débordement de ses supporteurs, au cours des deux prochaines saisons.
« Perturbations dans les tribunes », « actes de vandalisme », « fumigènes », « jet d’objets » et « retardement du coup d’envoi » : l’UEFA a relevé une série de cinq incidents lors de la dernière campagne européenne marseillaise, achevée en finale de la Ligue Europa, contre l’Atlético Madrid (0-3), à Lyon – en marge des matches contre Leipzig en quart de finale à domicile, Salzbourg en demi-finale (aller et retour), ainsi que lors de la finale perdue.
Premier match européen à huis clos
Sous la menace d’une exclusion, l’OM disputera son prochain match européen à huis clos, et le suivant sans ses virages. Il devra aussi s’acquitter d’une amende de 100 000 euros et contacter l’Olympique lyonnais, en vue de réparer les dommages causés dans le stade propriété du club de Jean-Michel Aulas, hôte de la dernière finale de la Ligue Europa.
L’OL avait porté plainte pour de multiples « dégradations » après la rencontre, constatant notamment que « 105 sièges avaient été dégradés, qu’une caméra de surveillance, des néons et des distributeurs de savon et de papier dans les toilettes avaient été arrachés », selon les explications du responsable de la gestion du Groupama Stadium à l’Agence France-Presse.
« Il va falloir qu’on rentre dans les clous »
Le soir de la finale, remportée 3-0 par l’Atlético, 21 personnes dont 18 supporteurs marseillais avaient été interpellées, principalement pour des violences et des dégradations en marge du match, ainsi que pour l’utilisation de fumigènes.
« Ça serait bien qu’on ne soit pas exclu, il va falloir qu’on rentre dans les clous », a réagi, de son côté, l’entraîneur de l’OM, Rudi Garcia, après le match amical perdu contre le Betis Séville (3-2) à Faro (Portugal). « On sait que l’UEFA est très sévère, à juste titre, a-t-il ajouté. On a besoin de nos supporters, si on ne les a pas pour la 1re journée d’Europa League c’est déjà très négatif. »
« Il va falloir que tout le monde prenne ses responsabilités pour qu’on puisse jouer dans un stade Vélodrome plein. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.
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Tour de France : Quintana s’impose, Froome et Bardet craquent

Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 09h35
   





                        



   


Si le départ façon course automobile ne comptera pas parmi les meilleures idées du Tour, le dernier col de la 17e étape aura fait des dégâts chez les favoris. Critiqués depuis Noirmoutier pour leur attentisme, les adversaires de la Sky ont profité des derniers kilomètres du col du Portet pour reprendre quelques secondes à Chris Froome.
Troisième désormais au général, le quadruple vainqueur de la Grande boucle a sans doute perdu tout espoir de faire la passe de cinq cette année. Mais un Britannique peut en cacher un autre et un Sky aussi : Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher et a pris une belle option sur la victoire finale.

📺 Relive the last km of Stage 17 and @NairoQuinCo's epic win! 🏆🇨🇴
— LeTour (@Le Tour de France)


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Pas de podium pour Bardet
Critiqué pour son manque de panache depuis plusieurs saisons, Nairo Quintana a pris ses responsabilités dans cette courte étape (65 kilomètres), entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan. Le Colombien s’est envolé avec Dan Martin dans la dernière difficulté de l’après-midi. Déjà vainqueur sur cette édition 2018, l’Irlandais a finalement échoué à 28 secondes du coureur de la Movistar, vainqueur de la deuxième étape sur le Tour de sa carrière.

📊 STAGE 17 - TOP 10 GC 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Plus loin, Dumoulin et Roglic ont tenté de faire exploser le wagon de la Sky, qui comptait encore quatre éléments dans le dernier col. Troisième de l’étape, Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher. Son compatriote et initial leader, Chris Froome, est le grand battu du jour. Le vainqueur du dernier Giro a concédé plus de quarante secondes aux autres favoris et a sans doute tiré un trait sur un cinquième tour.
Plus loin encore, Romain Bardet s’est laissé détacher quand la Sky a accéléré. Arrivé à plus de deux minutes de Quintana, le Français ne montera pas sur un troisième podium consécutif sur le Tour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.
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La demi-volée de Pavard élue plus beau but de la Coupe du monde 2018

Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h32
   





                        



   


Le but exceptionnel du défenseur de l’équipe de France Benjamin Pavard en huitièmes de finale du Mondial 2018 contre l’Argentine (4-3) a été élu « plus beau but » de la compétition, a annoncé mercredi 25 juillet la Fédération internationale de football (FIFA).

        Lire :
         

          Equipe de France : le sacre de la jeunesse conquérante



La reprise en demi-volée du joueur de Stuttgart, qui avait permis aux Bleus d’égaliser en seconde période contre les Argentins de Lionel Messi, l’a emporté à l’issue d’un vote du public organisé sur le site Internet de la FIFA. Pavard est arrivé en tête des 169 réalisations enregistrées en Russie, devant le Colombien Juan Quintero (face au Japon en phase de groupes) et le Croate Luka Modric (contre l’Argentine en phase de groupes).
Ce but a fait de Pavard (22 ans) l’une des révélations de la Coupe du monde et a constitué un tournant dans le parcours des Français, sacrés ensuite champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire, le 15 juillet contre la Croatie en finale (4-2).

        Lire la chronique :
         

          Qu’aurions-nous fait sans Benjamin Pavard ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Le Colombien remporte la 17e étape à Saint-Lary-Soulan, Geraint Thomas accentue son avance au classement général. Chris Froome et Romain Bardet ont passé une mauvaise journée.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.
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édition abonné


« Le football amateur ne doit pas être l’éternel oublié »

Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 13h07
    |

Eric Thomas (Président de l'Association française de football amateur)







                        



                                


                            

Tribune. Que cette victoire de l’équipe de France est belle ! Après celle de 1998, elle apporte une deuxième étoile qui redonne de l’espoir et une formidable vitalité à tous les Français. Ce bonheur partagé est le fruit d’un travail collectif, dont le mérite principal revient à tous les artisans anonymes et bénévoles du football amateur qui œuvrent chaque jour auprès de nos jeunes, dans les 14 000 clubs français. Et c’est à eux qu’il convient de rendre hommage pour ce travail de l’ombre aussi efficace que méconnu.
En effet, chacun le sait, nos Bleus ont tous été formés dès l’âge de 5 ou 6 ans dans un club près de chez eux, par des éducateurs compétents, des dirigeants responsables, dans des infrastructures municipales. Griezmann à Macon, M’Bappé à Bondy ou Pavard à Jeumont… Sans tous ces passionnés qui donnent du temps et transmettent leur savoir-faire, pas de rêve possible.
Pourtant, une fois la parenthèse enchantée de l’été passée, la rentrée s’annonce difficile pour nos clubs du « foot d’en bas », confrontés à d’innombrables difficultés : hémorragie des bénévoles, baisse des subventions publiques, suppression des emplois aidés, hausse du prix des licences, inflation normative, tracas administratifs, infrastructures vieillissantes…
Déjà plus de quatre mille structures ont déposé la clé sous la porte ces dernières saisons et beaucoup de clubs ne seront malheureusement pas en mesure d’accueillir tous les nombreux enfants qui pousseront la porte des clubs pour se licencier à la rentrée. Epuisement des bénévoles surchargés de responsabilités, écœurement vis-à-vis d’un système opaque – décourageant plus qu’il n’encourage – qui capte les ressources et impose ses décisions sans dialogue avec la base de la pyramide : les raisons de ces problèmes sont nombreuses et peuvent être illustrées en quelques chiffres.
Le football, c’est plus que du football
150 millions d’euros, soit le montant prélevé chaque année dans les caisses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.
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Tour de France : « Le vélo, c’est de la voile », par Antoine Vayer

Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h15
    |

                            Antoine Vayer (ex-entraîneur de Festina)








                        



   


Chronique. Le vélo et la voile, à cause du rôle primordial du vent, aiment à se comparer. Ils travaillent maintenant avec les mêmes ingénieurs pour le matériel, l’étude du terrain, la physique, la météorologie. Ce travail porte sur l’optimisation des trois forces qui opposent une résistance à l’avancement de leur ensemble homme-machine : la pesanteur ou le poids, la résistance de l’air et son écoulement, et le frottement. Pour le 50e anniversaire du Golden Globe Challenge, course en solitaire autour du monde et sans escale, une édition vintage est partie cette année, sans radars ni ordinateurs. Comme si le Tour avait lieu sans oreillettes et sans capteurs de puissance.
En 1968, le vainqueur anglais, Sir Robin Knox-Johnston, bouclait sur son bateau de croisière un tour du globe en trois cent treize jours, quand le Néerlandais Jan Janssen gagnait sa Grande Boucle à 33,5 km/h de moyenne. En 2017, Armel Le Cléac’h explose le record du Vendée Globe en soixante-quatorze jours sur son 60 pieds quand Christopher Froome, pour son quatrième sacre, bat celui – officiel – du Tour à 40,99 km/h. Les poids des engins high-tech à voile ou à pédales ont baissé de plus d’un tiers. Un vélo ne peut pas peser moins de 6,8 kg. Ceci explique cela ?
Jean-Marie Leblanc, ancien patron du Tour, pour justifier la performance de Lance Armstrong (rayée des tablettes en 2005 à 41,65 km/h), m’écrivait : « Le sport dans le domaine des technologies suit l’évolution historique des connaissances humaines, il n’est intellectuellement pas honnête de subordonner les améliorations des performances à la pharmacopée. Les hommes, les machines, les routes évoluent. » Il avait raison et tort à la fois.
Au vu de la traversée des Alpes et de l’ascension sur les hauteurs de Mende, certains semblent toujours avoir « le vent-dans-l’-dos », expression imagée du jargon qui qualifie celui qui use d’artifices pour avancer, comme en permanence poussé par Eole, même vent debout !
Entraînements à jeun
Dans les cols, on ne bénéficie pas du même phénomène d’aspiration. Le vent est nul. Le vélo n’a pas de foil, comme en voile, et plus de moteur, comme cela a pu être le cas et comme France 2 l’a soupçonné pour le Slovène Primoz Roglic, 4è du classement général. Reste à jouer sur le rapport poids/puissance de l’homme pour s’élever plus vite. Perdre de la masse sans perdre de force. Bradley Wiggins, dès 2011, chez Sky, faisait des entraînements pour maigrir, sans glucides et parfois à jeun.
Wiggins et Geraint Thomas, initialement musclés et lourds, issus de la piste, sont devenus rachitiques mais avec un rapport poids/puissance de 70 kilos pour 450 watts développés en col et sur le plat. C’est imbattable pour les grands Tours, même par les grimpeurs. Le mieux est de coupler ces régimes d’entraînement « low carb » (pauvres en sucre) avec des corticoïdes, voire des amphétamines coupe-faim, afin d’accélérer le processus d’amincissement et de stimuler une puissance folle.
En 1968, c’est le Français Bernard Moitessier, annoncé vainqueur de la course organisée par le Sunday Times, qui devait l’emporter devant l’Anglais. Il préféra faire route vers l’océan Indien avant de franchir la ligne d’arrivée « pour sauver son âme ». En 1999, Christophe Bassons, qui refusait la tricherie et le revendiquait, quitta le navire du Tour. Pour les éditions 2018, les comportements du marin et du cycliste auraient-ils été différents ? Les pratiques et les mentalités évoluent moins vite que la technologie.
Antoine Vayer est enseignant. Vingt ans après l’affaire Festina, équipe dont il était l’entraîneur en 1998, il explore durant ce Tour de France les métamorphoses du cyclisme



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ L’obsession des meilleurs cyclistes du monde pour leur poids pousse certains à des stratégies risquées, au point d’inquiéter l’Union cycliste internationale.
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Tour de France : les leaders à plein régime

L’obsession des meilleurs cyclistes du monde pour leur poids pousse certains à des stratégies risquées, au point d’inquiéter l’Union cycliste internationale.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 16h09
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne)








                        



                                


                            

Dans un recoin de son téléphone portable, cet ancien coureur membre de l’organisation du Tour de France a gardé une photo de Christopher Froome. Il porte le maillot de l’équipe de Grande-Bretagne, en 2009, et tient le guidon de ses bras replets. Il le garde en témoignage de ce à quoi ressemblait le Britannique à 24 ans, avant de s’infliger le régime drastique qui a contribué à faire de lui un quadruple vainqueur du Tour. Les grands leaders, aujourd’hui ? « On dirait des rescapés des camps. » 
En septembre dernier, Christopher Froome a posé nu pour le quotidien britannique The Times, assumant son corps, sa cage thoracique protubérante, ses os saillants, ses proportions de son propre aveu « ridicules ». L’incroyable basculement de sa carrière, sur le Tour d’Espagne 2011, coïncide avec une perte de poids digne d’un boxeur avant la pesée, sous la pression d’une fin de contrat imminente chez Sky : cet été-là, Froome perd 4,5 kilos en sept semaines et se présente au départ de la Vuelta à moins de 69 kilos. « Je me suis affamé pour perdre du poids, et je ne crois pas que cela soit sain ni soutenable », dira-t-il plus tard. Il descendra deux kilos plus bas à l’aube de son premier Tour de France, en 2012.
L’attention portée au poids est telle chez Christopher Froome que, lorsqu’il passe au contrôle antidopage, il se pèse en sous-vêtements pour constater sa perte de poids durant l’étape et adapte en conséquence la ration de sa mixture d’après-course. Si le Team Sky y est si attentif, c’est que l’amélioration du rapport entre le poids et la puissance développée a fait le succès de son premier cobaye : Bradley Wiggins, vainqueur du Tour 2012 avec neuf kilos de moins qu’à l’époque où il devenait champion olympique sur piste.
Se coucher la faim au ventre
Ces méthodes ont infusé dans un peloton cycliste très attentif aux modes. On surveille parfois ce que mange le voisin, on pèse le contenu de sa propre assiette....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ La 17e étape ne compte que 65 kilomètres et s’achève au sommet de l’effrayant col du Portet. Un sprint en montagne qui promet de faire de gros dégâts.
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Tour de France : l’étape la plus courte sera-t-elle la meilleure ?

La 17e étape ne compte que 65 kilomètres et s’achève au sommet de l’effrayant col du Portet. Un sprint en montagne qui promet de faire de gros dégâts.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 15h01
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne)








                        



   


17E ÉTAPE : BAGNÈRES-DE-LUCHON - COL DU PORTET, 65 KM
Dire qu’il fut un temps, dans ses premières années, où le Tour de France empruntait le même parcours d’une édition sur l’autre. Nous vivons aujourd’hui sous le régime du renouvellement forcé : jamais deux fois la même chose ! De l’inédit ! De l’épatant ! L’obligation de nouveauté est devenue la norme, à tel point que la nouveauté la plus surprenante serait qu’il n’y en ait pas. Imaginez le coup de théâtre lors de la présentation du Tour 2019 par Christian Prudhomme : « Bonjour à tous, cette année, nous avons décidé de refaire exactement le même Tour de France que l’an dernier. Salut. »
Les organisateurs sont désormais obligés de se creuser le ciboulot pour dénicher de nouvelles curiosités à chaque édition, et il faut reconnaître qu’ils ont foré en profondeur cette année, même si les trouvailles d’ASO sont souvent aussi belles pour les téléspectateurs que sans effet sur la course – le plateau des Glières (dans les Alpes), le pic de Nore (dans l’Aude) ou encore l’usage de gaz lacrymogène contre le peloton hier, fort divertissant, mais qui n’a pas bouleversé le classement général.

        L’étape d’hier :
         

          Alaphilippe plein gaz, des lacrymogènes contre les agriculteurs



Cela dit, la trouvaille majeure de l’édition 2018 ne relève pas du gadget, et risque de faire de sacrés dégâts. « Cette étape va être extrêmement décisive, il va y avoir de gros écarts », pronostique le Maillot jaune Geraint Thomas. Pour Romain Bardet, « une grosse partie de la hiérarchie sera faite mercredi soir ».
Geraint Thomas en pole position sur la grille
De quoi s’agit-il ? De faire court, toujours plus court, et haut, toujours plus haut. Une étape de montagne, mais une étape pour sprinteurs. Une étape pour sprinteurs de montagne. L’an dernier, l’étape entre Saint-Girons et Foix proposait trois ascensions sur 101 kilomètres, ce qui était déjà spectaculaire, mais il fallait rouler 25 bornes avant le pied de la première, et 25 autres en descente après le sommet de la dernière.
En 2018, on a raboté ces kilomètres « inutiles » : l’étape de ce mercredi débute en côte et s’achève au sommet, après seulement 65 kilomètres. 65, comme le numéro du département, les Hautes-Pyrénées, où l’action va se dérouler – prochain défi, une étape de 1 kilomètre dans l’Ain (ou de 971 kilomètres en Guadeloupe) ?

        Notre article de l’an dernier (avec le même titre, oui) :
         

          Les étapes courtes sont (parfois) les meilleures



Avec 38 kilomètres d’ascension sur 65, l’étape semblait suffisamment dingue en elle-même. ASO a ajouté de la curiosité à la curiosité, avec un départ façon Formule 1, en fonction du classement général, que la brève vidéo ci-dessous expliquera mieux que mes mots.

Today's start is going to be special. 🚦
Learn all about it with this nice little video  👌
— LeTour (@Le Tour de France)


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L’idée : isolés en tête, les leaders ne seront pas protégés par leur bataillon d’équipiers, plus loin au classement et donc sur la grille de départ. Christian Prudhomme explique : « Si certains veulent mettre le feu très vite, qu’ils sachent que c’est fait pour. » En Danseuse traduit : « Vous allez me faire le plaisir d’attaquer les Sky d’entrée de jeu, compris ? »

🏁🚦🏁
🔜
— LeTour (@Le Tour de France)


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Notre pronostic : la sublime ascension finale, au col du Portet (16 km à 8,7 % de pente moyenne), est si effrayante qu’elle anéantira les velléités de grande épopée solitaire, et l’on assistera à 500 mètres de flottement, le temps que les équipes se reforment en un peloton classique, avec à l’avant le train de la Sky – le funiculaire, en l’occurrence. Évidemment, si Dumoulin ou Roglic ou Bardet s’envolent dès le mètre 0 et finissent avec 4 minutes d’avance sur Thomas et Froome, complètement décontenancés par l’absence de leurs équipiers au départ, nous modifierons cet article a posteriori.

   


« Je ne suis pas sûr que la grille de départ va changer quelque chose, anticipe avec flegme Geraint Thomas. Si un gars du Top 10 part dès le km 0, ce sera sacrément couillu. » Comme son Maillot jaune, le directeur sportif de l’équipe Sky, Nicolas Portal, tempère les ardeurs : « Ceux qui partent dès le départ vont forcément le payer à un moment. Ceux qui attaqueront tout de suite risquent d’être ceux qui sont loin au général. Si quelqu’un qui est à 8 minutes attaque dès le début, on ne va pas poursuivre à fond, on va attendre de se regrouper et faire notre boulot. »
Tout semble pouvoir se passer sur cette étape, et ce « tout » inclut la possibilité qu’il ne s’y passe en fait rien. Quoi qu’il en soit, l’événement est suffisamment rare en cyclisme pour qu’on le souligne : pour une fois, ne ratez pas le départ !

   


Départ 15 h 15. Arrivée vers 17 h 45.
A PART ÇA, on n’est pas obligé d’aimer le vélo, on a le droit de penser que les cyclistes sont tous dopés, on a le droit de dire que personne ne les oblige à s’infliger tant de souffrance, mais on ne peut que saluer la bravoure de Philippe Gilbert, qui a basculé dans le ravin hier, avant de repartir, finir l’étape, puis abandonner, rotule gauche fracturée.


Dans la légende. https://t.co/CYdSTGn8Qt— DansLaMusette (@Dans la Musette)


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Le Tour du comptoir : Carcassonne
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on a eu la paix (2).

   


Dans la série des rades où le suiveur du Tour assoiffé de quiétude peut avoir la paix (voir l’étape de Bourg-Saint-Maurice), bienvenue au Bar des Halles, en plein cœur de la Bastide Saint-Louis de Carcassonne, déserte grâce aux multiples barrages qu’implique le passage du Tour de France à quelques encablures. Pas une voiture. Pas un bruit. Un Coca frais. Le bonheur.
Philippe, 53 ans, a repris l’affaire il y a quinze jours à peine. On s’inquiète de l’absence de clients en arrivant, mais les nombreuses paluches serrées par le patron dans les minutes suivantes nous rassurent. « Je connais la moitié de Carcassonne, et l’autre moitié me connaît », dit cet homme sympathique à la carrure de rugbyman ou de videur de boîte de nuit, qui se trouve précisément avoir été rugbyman et videur de boîte de nuit dans sa vie d’avant, deux carrières éprouvantes auxquelles il a dû mettre fin.

   


Il refoulait les mal sapés, les mal accompagnés, les trop enivrés au Zénith ou au Souvenir (les clubbeurs carcassonnais sauront de quoi on parle), mais c’est devenu trop dangereux : « Avant, on risquait de se prendre une tarte. Maintenant, on risque de se prendre un coup de couteau. » 
Le rugby aussi, c’est devenu trop dangereux ? « Non, mais il ne peut plus jouer que les troisièmes mi-temps ! », se marre, au comptoir, un client rigolard. Un certain Titi, un phénomène manifestement, qui répond « non, moi, de la danse classique » quand on lui demande s’il a fait du rugby lui aussi, et qui fréquente le Bar des Halles depuis quarante ans.
« C’est l’endroit le plus branché de Carcassonne. affirme ce quinquagénaire à qui l’on peut sans doute faire confiance, puisqu’il n’est pas 11 heures du matin, et qu’il s’enfile un demi pour faire passer la cuisse de lapin du boucher d’à côté qu’il mange avec les doigts. Faut venir ici le samedi midi, y a du lourd. Les faux branchés sont dans les faux endroits, les vrais branchés dans les vrais endroits. » Le Bar des Halles, donc, pas le Zénith ni le Souvenir.

   


PS. Nous avons croisé au comptoir Jean-François Saïsset, maire de la commune voisine de Trausse-Minervois, professeur d’histoire-géo, et président de l’AS Carcassonne XIII, club emblématique du « rugby vrai » (entendez : pas le rugby à XV, vendu au profesionnalisme et aux forces de l’argent). Or ce club est en proie à des difficultés financières, et a besoin de sous.
Comme M. Saïsset est abonné au Monde depuis 1978, on lui a promis qu’on ferait passer le message. Si vous souhaitez aider l’ASC XIII, appelez le 04 68 47 74 74 ou écrivez à communication@asc13.fr. Il en va de l’avenir de l’ASC XIII, donc de l’avenir de son président, donc de l’avenir de ses finances, donc de l’avenir de son abonnement au Monde, donc de l’avenir du Monde.

   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Le Français s’impose à Luchon, sa 2e victoire sur le Tour. Journée plus difficile pour les paysans de la Piège. Nos trois leçons de l’étape.
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Tour de France 2018 : Alaphilippe plein gaz, des lacrymogènes contre les agriculteurs

Le Français s’impose à Luchon, sa 2e victoire sur le Tour. Journée plus difficile pour les paysans de la Piège. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 07h51
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (Envoyés spéciaux à Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne)








                        


Julian Alaphilippe aime les jours de repos, mais surtout les lendemains : le Français à pois remporte l’étape de Bagnères-de-Luchon comme celle du Grand-Bornand il y a une semaine. Echappé dans un groupe de sacrés grimpeurs, le Français a mis la pression sur Adam Yates dans la dernière descente, et la chute du Britannique lui a offert la victoire. Les favoris ont boudé la première étape pyrénéenne, marquée par la neutralisation provisoire de la course après une intervention musclée des forces de l’ordre contre une manifestation d’agriculteurs.
>> Les classements du Tour de France

Another hell of a day for the Frenchman @alafpolak who grabs another stage win, but in a mountain stage this time !… https://t.co/gIOtsEoiUT— LeTour (@Le Tour de France)


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La Piège se referme sur le Tour
Le Maillot jaune en larmes, à l’arrêt sur la route : Geraint Thomas a reçu des gaz lacrymogènes dans le visage au cours de la 16e étape. Cette fois pourtant, ce ne sont pas les Sky qui étaient visés, mais tout le peloton qui a été touché, et ce n’est pas le fait de supporteurs en colère, mais des forces de l’ordre intervenues pour disperser une manifestation d’agriculteurs qui bloquaient la route du Tour.
L’incident s’est déroulé moins de 30 kilomètres après le départ donné à Carcassonne. Les coureurs ont dû mettre pied à terre, coincés par les affrontements entre gendarmes et manifestants. Ces derniers, venus avec tracteurs et moutons, avaient disposé des bottes de paille sur la route afin d’attirer l’attention sur la sortie programmée de leur région, la Piège, du statut de « zone agricole défavorisée », et la fin des indemnités compensatoires qui vont avec.

        Lire aussi :
         

                Zones agricoles défavorisées : des communes de l’Aude craignent de « tout perdre »



Sur son site internet, la Confédération paysanne de l’Aude explique : « Alors que le Tour nous montre une image bucolique de la France, la Confédération paysanne tient à rappeler que celui-ci traverse des campagnes dans lesquelles les paysans rencontrent des difficultés considérables ; c’est particulièrement vrai dans la Piège où les paysans ont mis des bottes de paille sur la route pour rappeler que leurs villages sortaient toujours des zones défavorisées, zones qui leur permettaient de toucher l’ICHN, l’indemnité compensatrice de handicap. »
Les forces de l’ordre sont parvenues à dégager une voie de passage pour la caravane et le peloton, en ayant auparavant gazé à tout va, ce qui a permis au peloton de humer l’atmosphère d’une fin de manifestation. « Il y avait vent de face, donc (le gaz) est revenu dans le peloton, raconte le Maillot blanc Pierre Latour. J’avais jamais pris de lacrymo dans la tête, ça gratte les yeux et la gorge. On était pas mal à s’arroser et à cracher un peu. » « Un coureur s’est mis à vomir », assure Nicolas Portal, directeur sportif de la Sky. « On ne se sent pas en insécurité, tempère le Maillot jaune Geraint Thomas. Chacun fait de son mieux, ASO, la police. »
« Le métier de cycliste est dangereux, il ne faut pas ajouter du danger au danger, a déclaré le directeur du Tour, Christian Prudhomme. Il faut respecter les coureurs. Il peut y avoir des revendications, légitimes ou pas, ce n’est pas à moi de juger, mais on ne bloque pas une route du Tour de France. » Cela arrive en effet très rarement. Des manifestations avaient perturbé des étapes en 2004 et 2008. Le blocage le plus célèbre date de 1982, lorsqu’un contre-la-montre par équipes avait carrément été annulé, en raison de la manifestation des ouvriers d’Usinor-Denain.
Résultat des courses, mardi : course neutralisée en rase campagne pendant un quart d’heure, le temps de s’asperger d’eau et de collyre. « L’action des manifestants, très éloignée du caractère familial et populaire du Tour de France et de son esprit, aurait pu avoir des conséquences plus graves pour les participants de la Grande Boucle sans l’action maîtrisée des forces de l’ordre », assure la préfecture. Action dont on revoit ci-dessous les meilleurs moments de maîtrise :

   



   



   



   



   



   



   


Alaphilippe a la recette de la popularité

   


Cette fois, les Français doivent le connaître. Julian Alaphilippe, plus connu avant ce Tour du public belge que du public français, a coché depuis une semaine les cases qui ont fait les cyclistes tricolors les plus populaires de ces dernières années : sourires, deux victoires d’étape et un maillot à pois, comme Thomas Voeckler en 2012 et Warren Barguil en 2017.

        Lire aussi :
         

                Tour de France : Julian Alaphilippe, le vélo à l’ancienne



Que dire de sa récupération au fil d’un Tour de France où on le voit presque chaque jour à l’avant, de sa façon de décrocher, en fin d’étape, certains des meilleurs grimpeurs du peloton ? Dans un sport où les superlatifs reviennent parfois comme des boomerangs, l’on préfère rester avare en mots et donner la parole aux acteurs.
Patrick Lefevere, patron de son équipe Quick-Step Floors : « Il court de février à octobre : le cyclisme devrait se mettre à genoux devant un coureur comme ça. »
Brian Holm, directeur sportif qui était dans la voiture suivant Alaphilippe : « Julian était dans toutes les échappées pendant les 70 premiers kilomètres (la bonne est partie après 100 kilomètres, ndlr). Il sautait partout comme un putain de lapin. Ensuite, tu en paies le prix, et j’ai cru qu’il en payait le prix dans le dernier col. Je lui ai dit : “Ne pars pas trop tard, cette fois (ce qu’il avait fait dans l’étape de Mende, où il avait échoué à la deuxième place, ndlr). On a déjà gagné trois étapes, ne panique pas. Reste calme, mais avant le sommet, s’il te reste des forces, rassemble-les et fais un dernier effort.” Et c’est ce qu’il a fait. On s’est dit que 30 secondes de retard au sommet, c’était beaucoup. Yates est un bon coureur, il est technique. Mais Julian est l’un des meilleurs descendeurs du monde, donc s’il y allait, peut-être qu’il pouvait le stresser un peu. » Yates est tombé dans la descente, à 6 kilomètres de l’arrivée, alors que son avance n’était plus que d’une quinzaine de secondes.
Julian Alaphilippe : « Je connaissais la descente pour avoir fait l’étape en reconnaissance avec Bob Jungels, au printemps. Je savais que la descente était technique et dangereuse. Je ne savais pas qu’il était tombé, quand je l’ai rattrapé il était en train de remonter sur mon vélo et ça m’a fait chier pour lui. J’ai voulu être fair-play et attendre un peu. Il était à 100 mètres mais je pense qu’après sa chute il a eu peur, et il n’arrivait pas à revenir sur moi. Alors j’ai tout donné, je me suis concentré et au bout c’est une deuxième victoire. » 

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                Tour de France : « La parade nuptiale de Julian Alaphilippe », par Olivier Haralambon



Les jeux (de maillot) sont faits, ou presque
Evidemment, en ce qui concerne le jaune, non. Mais pour les autres maillots distinctifs, on peut considérer que les jeux sont faits.

   


Pour le vert, on peut même l’affirmer : s’il arrive jusqu’à Paris, Peter Sagan remportera dimanche le classement par points, dit « du meilleur sprinteur », pour la 6e fois de sa carrière, égalant ainsi le record de l’Allemand Erik Zabel (qui l’avait, lui, remporté six fois d’affilée). Son plus proche poursuivant, Alexander Kristoff, compte 282 points de retard, soit 42 de plus que le maximum qu’il pourrait encore empocher, s’il remportait toutes les étapes et les sprints intermédiaires jusqu’à la fin du Tour. Ce qui avait, de toute façon, peu de chances d’arriver.
Pour le maillot à pois, les 49 points d’avance de Julian Alaphilippe (122) sur Warren Barguil (73) – 3e à ce classement, Geraint Thomas, compte 30 points – ne sont pas une garantie absolue, mais semblent largement suffisants pour lui permettre de finir meilleur grimpeur du Tour et succéder à son dauphin. Il reste trois ascensions hors catégorie, trois de 1ère catégorie, une de 2e, et quatre de 4e, soit 119 points à empocher pour celui qui passerait en tête à chaque sommet. Or, Barguil n’est manifestement pas dans la forme de sa vie, contrairement à Alaphilippe. Donc Socrate est un homme, et Alaphilippe va finir à pois sur les Champs.
Quant au maillot de meilleur jeune, il semble solidement scotché aux épaules de Pierre Latour, qui possède 2’29 d’avance sur Guillaume Martin et surtout 14 minutes sur Egan Bernal, le Colombien de la Sky qui grimpe encore mieux mais se désintéresse complètement de ce classement (il a encore quatre occasions de le gagner).
Les deux Français, comme souvent sur ce Tour, ont fini ensemble la 16e étape. « J’ai essayé de bouger, mais Pierre me marquait, raconte Guillaume Martin. Ça a été un beau mano à mano. On ne fait pas exprès, on ne s’attend pas, mais on est sensiblement du même niveau sur cette course, ce qui fait qu’on arrive à peu près toujours ensemble. Pour le maillot blanc, il faut que je compte sur un jour sans de Pierre. Parce qu’il a deux minutes trente d’avance, et qu’il va me prendre à peu près autant sur le chrono (20e étape). Il faut compter sur la dernière étape de montagne (la 19e), où il y a peut-être moyen de prendre une grande échappée, pour créer de grands écarts. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.
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Tour de France : Julian Alaphilippe remporte la 16e étape

Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Une victoire dans les Alpes, un autre dans les Pyrénées : Julian Alaphilippe sait bien faire les choses. A Bagnères-de-Luchon, le Français a signé une deuxième victoire d’étape sur ce Tour de France 2018. « J’en reviens même pas, c’est un truc de malade », lâchait à chaud le coureur de la Quick-Step au micro de France 2 après l’arrivée.
Cette 16e étape longue de 218km a été courue sur un rythme très élevé dès le départ de Carcassonne. L’échappée a mis du temps à se dégager. Un groupe de 46 coureurs s’est dégagé avant le col du Portet d’Aspet, parmi eux Julian Alaphilippe et Warren Barguil, son principal adversaire pour le maillot à pois du meilleur grimpeur.
Mais quand le Breton calait au pied du col du Portillon, dernière difficulté de la journée, Julian Alaphilippe arrivait à suivre les accélérations des meilleurs grimpeurs du groupe. Dans le dernier kilomètre, il se lançait à la poursuite d’Adam Yates. Réputé meilleur descendeur que le Britannique, Alaphilippe poussait ce dernier à la faute dans un virage et volait vers la victoire.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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A l’arrivée, le coureur de 26 ans devance l’Espagnol Gorka Izaguirre, Yates, le Néerlandais Bauke Mollema et l’Italien Domenico Pozzovivo. Le groupe maillot jaune termine à 8’52’’ du vainqueur du jour. Comme prévu (et redouté) la grande explication entre favoris est remise à mecredi avec très courte (65km) mais terrible étape entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dixième de l’étape, le maillot blanc Pierre Latour réalise une bonne opération au classement général et remonte de la 17e à la 13e place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.
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Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h48
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Commission d’enquête sur l’affaire Benalla, acte II. Mardi 24 juillet dans l’après-midi et en soirée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, puis Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), et Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, doivent être auditionnés par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée en commission d’enquête.
Ils seront interrogés sur les manquements ayant conduit aux faits commis par Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron accusé, notamment, de violence sur deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai à Paris.
La veille, les six heures d’audition cumulées – du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin – n’ont pas réussi à éclaircir un certain nombre de questions suscitées par cette affaire Benalla.

        Lire le récit :
         

          journée extraordinaire à l’Assemblée



Qui a accepté que M. Benalla soit présent au côté des policiers le 1er mai, qui en a été informé et par qui ?
A l’Elysée, c’est M. Strzoda qui assure avoir accordé la possibilité à M. Benalla d’accompagner des policiers lors des manifestations.
« Alexandre Benalla m’avait prévenu deux jours plus tôt qu’il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er-Mai. Il m’en a demandé l’autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu’il y allait en observateur », a expliqué, il y a une semaine, M. Strzoda au Monde.
Ce statut d’« observateur » est donné, selon le préfet de police, Michel Delpuech, à des collaborateurs, journalistes, magistrats ou stagiaires désireux de voir de l’intérieur les interventions de la police. Toutefois, ce statut n’implique pas de participation aux missions des forces de l’ordre. « Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait », a précisé M. Delpuech, lundi lors de son audition par la commission d’enquête.
Le préfet a déclaré que lui-même n’avait pas été informé de la sollicitation de M. Benalla – il a cependant précisé qu’il lui aurait accordé le statut d’observateur si on le lui avait demandé.
« M. Benalla ne bénéficiait d’aucune autorisation pour être présent en tant qu’observateur sur cette manifestation », a assuré de son côté le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.
Ce dernier a déclaré que c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à M. Benalla. C’est aussi ce qu’a déclaré M. Delpuech, précisant que M. Simonin n’en avait pas averti sa hiérarchie.
M. Simonin a été mis en examen pour avoir contribué à la transmission d’images de vidéosurveillance à M. Benalla au soir du 18 juillet.
Qui a donné à M. Benalla, le 1er mai, un casque, un brassard ainsi qu’une radio de police ?
Le casque dont était équipé M. Benalla le 1er mai lui avait été fourni par M. Simonin, a déclaré M. Gibelin. « Je n’ai aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque », a-t-il ajouté, faisant référence au brassard et à la radio de police dont disposait Alexandre Benalla le 1er mai. MM. Collomb et Delpuech ont, eux aussi, assuré qu’ils en ignoraient l’origine.
Cette interrogation ne sera éclaircie que par les conclusions de l’enquête administratives de l’IGPN, dont les auditions sont en cours.
Qui a été informé, et quand, de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit M. Benalla frapper des manifestants ?
Selon M. Collomb, la personne qui a lancé l’alerte est Vincent Caure, collaborateur de M. Macron chargé des réseaux sociaux à l’Elysée. Le ministre a expliqué qu’après avoir pris connaissance de la vidéo le 2 mai « en début d’après-midi », M. Caure a alerté Jean-Marc Girier, son chef de cabinet, qui, peu après, a informé Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, de l’existence de la vidéo. Ce dernier a, par la suite, transmis l’information à l’Elysée.
M. Delpuech a déclaré, pour sa part, que c’est « vers 10 heures » le 2 mai qu’il lui a été révélé que « circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er-Mai » et qu’il a « demandé à en savoir plus ». M. Delpuech dit avoir reçu, à 10 h 15, un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, lequel lui parle de M. Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Le préfet dit avoir alors visionné la vidéo avec son directeur de cabinet avant de joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond qu’« il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». 
Selon le récit du préfet, le cabinet de M. Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment où le ministre en aurait été informé, selon ses propres dires. Les deux versions ne sont pas incompatibles. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Lire :
         

          Les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations



Pourquoi l’article 40 n’a-t-il pas été appliqué ?
MM. Collomb, Delpuech et Gibelin ont longuement été interrogés sur le fait que l’article 40 du code de la procédure pénale n’a pas été actionné.
Pour rappel, cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé qu’il appartient aux personnes en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de « recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale ».
Une défense visant implicitement M. Strzoda et le désignant comme étant celui qui aurait pu avertir le procureur en vertu de l’article 40. L’ancien préfet sera auditionné par la commission des lois mardi 24 juillet à 16 h 30.

        Lire avant son audition :
         

          Patrick Strzoda, un haut fonctionnaire expérimenté embarqué dans une affaire d’Etat



M. Benalla a-t-il été réellement suspendu ?
M. Gibelin, devant commission d’enquête, a affirmé que M. Benalla était présent au cours de réunions de travail s’étant tenues entre le 4 et le 19 mai. Or c’est la période durant laquelle M. Benalla a été suspendu de ses fonctions en raison d’un comportement « manifestement inapproprié », comme une lettre de M. Strzoda le lui a signifié.
« L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », a déclaré M. Gibelin au cours de son audition.
La présidence de la République avait réagi, mardi, en assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ».
Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans cette lettre, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ». Il invoque également une incompréhension au niveau des dates évoquées.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Le coureur de la Quick-Step, porteur du maillot à pois, s’est adjugé la 16e étape, mardi, entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.
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Tour de France : Pierre Latour, la drôle de relève du cyclisme français

Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 13h54
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Impossible de rater Pierre Latour sur les routes du Tour de France. De l’extérieur, il y a ce maillot blanc du meilleur jeune porté depuis la 11e étape qui capte les regards. Mais dans l’intimité du peloton du peloton, le coureur de 24 ans (14e au classement général) s’annonce à plusieurs mètres à la ronde par un rire que certains qualifieront d’original. « Il est bizarre, je sais », admet volontiers le lieutenant de Romain Bardet au sein de l’équipe AG2R La Mondiale.
Bon public, le Drômois peut même se bidonner à s’en donner un point de côté. Il raconte l’épisode de ce Tour du Finistère où son coéquipier Samuel Dumoulin « s’est mis en position de Superman en haut d’une bosse : j’ai tellement rigolé que j’ai failli me faire lâcher du peloton ».
A l’heure d’un cyclisme régi par les gains marginaux et un ascétisme pas toujours tordant, Pierre Latour est une bulle de légèreté. Un garçon qui a longtemps parlé à ses jambes (« Brigitte et Bernardette » comme il le racontait à Libération en 2017), les a encouragées ou conspuées et qui regrette que la préparation du Tour le prive depuis deux ans de la fête de la pogne (une brioche à la fleur d’oranger) de Romans-sur-Isère. Un drôle de numéro, donc. « Je m’en fous si on pense que je suis étrange », racontait-il au Monde en début lors d’un stage en Sierra Nevada en mai.
A plus de 2 300 mètres d’altitude, Pierre Latour fait le métier, comme on dit. Il mange, dort et rêve peut-être même cyclisme, lui qui avoue n’avoir jamais eu d’idole à cuissards et a longtemps préféré le cheval, avant de monter sur un vélo à 15 ans « pour faire le con ». Le père, tourneur fraiseur, a bien roulé chez les amateurs dans sa jeunesse, mais sans refiler le virus au fiston. « Il regardait le Tour en juillet, mais moi je lui disais qu’il m’emmerdait avec son cyclisme et je m’endormais devant sur le canapé. » 
Quelques années plus tard, l’ancien téléspectateur narcoleptique remporte la classique des Alpes – une course qui vous classe un futur grimpeur chez les juniors – et « [prend] un peu conscience » de ses qualités. Mais l’idée de carrière l’effleure encore de loin. Latour s’inscrit en BTS électrotechnique sans demander d’horaires aménagés, menant sa carrière chez les amateurs et sa scolarité à sa façon. Sans stress excessif, disons. « Pour le BTS blanc, je me suis dit que je n’allais pas réviser comme ça, je saurais ce que je sais et ce que je ne sais pas. Bon, j’ai eu 4 ou 5. Je ne savais pas grand-chose apparemment. »
Leader sur la Vuelta en 2019
Son diplôme en poche (« à ras les pâquerettes ») il rejoint AG2R La Mondiale en 2015 pour trois saisons en non deux comme la tradition le veut dans l’équipe dirigée par Vincent Lavenu. Preuve que ce dernier perçoit déjà le gros moteur du coureur derrière le garçon fâché avec le sérieux. Le directeur sportif, Julien Jurdie, a appris depuis à composer avec « ce phénomène ». Derrière « ses blagues à deux balles », il décrit un autre Latour. Plus méchant et dur au mal dès qu’il accroche un dossard sur son dos. « Mentalement, c’est un des garçons les plus forts du peloton, assure Jurdie. On le voit grimacer, à la rupture, mais ne jamais lâcher. Il sait se faire mal, ça ne se travaille, il a ça en lui. »
Demandez plutôt à Darwin Atapuma. Lors de la 20e étape du Tour d’Espagne 2016, le Colombien pense bien avoir décroché son compagnon d’échappée dans le dernier col. Latour agonise, pédale avec les oreilles et les épaules mais dépose son adversaire dans les derniers hectomètres. « Au niveau de l’échelle de la souffrance, j’étais pas mal », dit-il. Aux commentaires ce jour-là sur Eurosport, Richard Virenque sait depuis qu’il ne faut jamais enterrer Pierre Latour.

La saison prochaine, le Français devrait retrouver les routes de la Vuelta. Chez AG2R La Mondiale, on a envie de savoir si le bras droit de Romain Bardet a l’étoffe d’un leader sur un grand tour. Son potentiel excite déjà les imaginations patriotiques. Le coureur grimpe et roule fort, comme le prouvent ses deux titres de champion de France du contre-la-montre. Un profil plutôt rare qui, dans le cyclisme français, vous catapulte assez vite en héritier de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore du Tour en 1985.
Troisième du Tour de Catalogne cette saison, Latour a déjà prouvé qu’il pouvait maintenir sa concentration sur une semaine. Et forcer un peu sa nature lunaire. « Je peux me relâcher, traîner en fin de peloton, admet-il. Parfois, je me retourne et je me rends compte qu’il n’y a personne derrière moi. Sur une semaine, je suis parvenu à me concentrer. Sur trois, c’est autre chose. » 
D’ailleurs, il avoue ne pas trop savoir s’il aime le Tour et vouloir ne vivre que pour ce bout de tissu jaune comme un Bardet. « Moi, j’ai besoin de débrancher par moments. » Après le Tour de France, il a d’ailleurs prévu d’emmener Brigitte et Bernadette en balade pédestre dans sa campagne drômoise : « Mes parents ont un nouveau chien, il faut bien le promener un peu. »



                            


                        

                        

