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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Etre nature (7/7). Afin d’éviter les écueils du primitivisme – qui fait du retour à la nature l’unique recours – comme les impasses du transhumanisme – qui cherche à dépasser la nature humaine –,  le philosophe Alain Badiou propose de réactiver l’idée communiste.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Delon en six films cultes (5/6). En 1970, un cinéaste au sommet de son art retrouve Alain Delon. Peu de mots entre eux tant la relation est fusionnelle. Les regards suffisent. Cette confiance est née sur le tournage du « Samouraï », trois ans plus tôt. Bien que craignant les caprices de l’acteur, Melville est fasciné par sa charge physique, son côté animal.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.
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Chronique

Pape Diouf : « La France n’est jamais aussi forte que quand elle réunit tous ses atouts »

Les Bleus ont beau ne pas tous être « gaulois », ils n’en restent pas moins français, et symbolisent l’énergie créée par la diversité, selon l’ancien président de l’OM.

Par                                            Pape Diouf (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 26.07.2018 à 15h17

     •
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        Mis à jour le 26.07.2018 à 15h36






    
Kylian Mbappé (au centre) à l’entraînement avec ses coéquipiers à Istra, près de Moscou, en juin 2018.
Crédits : FRANCK FIFE/AFP


Chronique. La défaite totale et sans rémission de l’Afrique, avec l’élimination de ses cinq représentants dès le premier tour du Mondial russe, est à mettre en parallèle avec la victoire finale de la France, qui a compté dans son effectif un grand nombre de joueurs d’ascendance africaine. Comment ne pas éprouver une incontestable ambivalence de sentiments à l’heure de dresser le bilan ?

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Aux Etats-Unis, où je viens de conclure un séjour d’une semaine, les gens se plaisent manifestement à « racialiser » le succès français. Jusqu’à Barack Obama, connu pourtant pour sa légendaire pondération et ses prises de position conciliantes, qui a déclaré malicieusement à l’occasion de son discours d’hommage à Nelson Mandela, le 17 juillet, à Johannesburg : « Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois… Mais ce sont tous des Français. » Cette forme de polémique, il faut en convenir, repose sur des faits bien réels et incontestables.

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Sur les 23 joueurs retenus par Didier Deschamps pour disputer la compétition, douze ont des origines d’Afrique subsaharienne et deux du Maghreb. Un des frères de Paul Pogba joue avec la sélection guinéenne. Celui de Steve Mandanda avec la République démocratique du Congo. N’Golo Kanté, considéré à juste titre comme le meilleur milieu défensif de la Coupe du monde, a failli répondre à l’appel de l’équipe nationale du Mali. L’excellent parcours qu’il a effectué durant la saison 2015-2016 avec le club de Leicester City, avant de rejoindre Chelsea, a changé son destin. C’est in extremis qu’il a été rattrapé par le sélectionneur français.
Peu de Bleus « gaulois »
Exceptés Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, qui vit en Espagne depuis l’âge de 6 ans, Florian Thauvin, Antoine Griezmann, Olivier Giroud et Hugo Lloris, le groupe tricolore ne compte pas d’autres « Gaulois » puisque Thomas Lemar (né à Baie-Mahault en Guadeloupe), Raphaël Varane (originaire du Morne-Rouge en Martinique) et Alphonse Aréola (dont les parents viennent des Philippines) ont des origines « extra hexagonales ».
Loin des thèses épousées par les extrémistes de tout poil, de Jean-Marie Le Pen aux intellectuels en mal d’inspiration, cet état de fait démontre et illustre que la France n’est jamais aussi grande et performante que quand elle s’ouvre aux autres et qu’elle réunit tous ses atouts dans un même élan. Et quand elle ne met pas un mouchoir sur son histoire et sur la géographie.

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Tous ces garçons qui ont hissé le pays sur le toit du monde ont en commun d’être français et ont légitimement été fêtés comme tels. Mais cette belle et heureuse parenthèse ne doit pas occulter cette réalité : il y a des Mohamed et des Mamadou qui n’ont pas la chance ni le talent de Pogba et Mbappé ! Le système scolaire, éducatif et ou social, les a laissés sur le bord de la route. Ils n’en sont pas moins français.
Pape Diouf a été président de l’Olympique de Marseille de 2005 à 2009.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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L’urgence d’apprivoiser le désert

Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui s’inspire de l’architecture vernaculaire.



Le Monde
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Le 17 juin, comme chaque année depuis 1992, s’est déroulée à l’appel des Nations unies la Journée mondiale de lutte contre la désertification. Les derniers rapports publiés n’en finissent pas d’inquiéter : près d’un tiers des terres de la planète, soit 4 milliards d’hectares, sont des zones naturelles arides et semi-arides ­menacées par une dégradation combinée des sols et de la végétation – une désertification menaçant toute survie. Un cinquième de la population mondiale est concernée, soit 1,5 milliard d’habitants ; 800 millions d’entre eux sont sous-alimentés, ce qui grossit le nombre des migrants climatiques.
Dans de nombreux pays, l’urgence d’agir, politique ou civile, se fait donc sentir, tandis qu’architectes et urbanistes se mobilisent pour habiter et réaménager les déserts. Né dans les années 1970, un puissant courant se fait jour depuis début 2000, qui préfère ­s’inspirer de l’architecture vernaculaire – du latin vernaculus (« indigène ») plutôt que du clinquant des constructions postmodernes, à l’empreinte carbone lourde et aux matériaux coûteux.
Habitats bioclimatiques
S’inspirant de techniques bioclimatiques pour certaines millénaires – briques de boue séchée, tour de vent, pièces en sous-sol, réservoir – de nombreux architectes, qu’ils soient chinois (Wang Shu, prix Pritzker 2012), iranien (Kamran Diba), israélien (Matti Cones) ou marocain (Omar Benchekroun), ont commencé de reconquérir les déserts et les zones semi-arides. En France, l’association La Voûte nubienneforme des maçons locaux et développe depuis les années 2000 des programmes d’habitation durable en terre crue dans toute l’Afrique sahélienne. Elle a mené à bien 2 500 chantiers en 2016 et 2017.
Dans la même lignée, le prix Cook pour l’architecture du désert, du nom de l’Américain Jeffrey Cook, spécialiste de l’architecture « passive » (notamment en Arizona), est décerné chaque année à des habitats bioclimatiques. En 2014, il a été remis à l’architecte béninois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La mer, nouvelle terre d’accueil

Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener.



Le Monde
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Depuis une décennie, plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandais, Blue21, DeltaSync, Dutch Docklands, Water­studio, Monteflore, proposent une stratégie radicale pour s’opposer aux effets néfastes du changement climatique et à une montée des eaux menaçante (encore ­confirmée, le 25 juin, par une nouvelle étude de la revue scientifique Nature) : conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles – comme l’annonçait Jules Verne dans L’Ile à hélice (Hetzel) en 1895. Pour ces pionniers, habiter sur les mers sans reproduire les dégradations dont nous accablons la terre sera le grand chantier d’avenir de l’humanité. Certains l’appellent la « révolution bleue ».
Ecoutons l’ingénieur civil Rutger de Graaf, l’un des fondateurs de l’agence Blue21 : « La population mondiale continue de croître. Pour l’accueillir et la nourrir, nous sommes en train de convertir les écosystèmes les plus vitaux du monde en zones urbaines polluées et en exploitations agricoles intensives. Ce n’est plus soutenable. Alors que, sur l’eau, il y a de l’espace. »
Pour lui, les mers et les océans, soit 71 % de la surface terrestre, sont devenus « la nouvelle frontière », le territoire vierge où fonder des « nouvelles colonies maritimes » et inventer l’urbanisme et l’architecture du futur. « Prenez les grandes villes polluées du monde, continue-t-il, la plupart sont côtières : elles pourraient se développer sur l’eau. Des structures brise-lames les protégeraient des tempêtes. Des maisons flottantes s’adapteraient automatiquement à l’élévation du niveau de la mer. »
Nouvel écosystème urbain
L’enjeu n’est pas seulement de désengorger les grandes cités avec des quartiers maritimes, mais aussi d’assurer leur production alimentaire et de réduire les pollutions. Une étude prospective publiée, en mai 2017, par Blue21 et l’université des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.
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Vincent Callebaut : « Il faut des villes prônant une symbiose entre humains et environnement  »

L’architecte à l’origine du projet global pour ­végétaliser la capitale, « Paris Smart City 2050 », fait partie de cette nouvelle génération qui fait l’expérience de l’écologie urbaine et amorce la nécessaire transition vers un monde durable.



Le Monde
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Belge installé à Paris, l’architecte Vincent Callebaut, 41 ans, est une figure reconnue de l’urbanisme et l’architecture biomimétiques. En 2015, son projet global pour ­végétaliser Paris avec des gratte-ciel verts, « Paris Smart City 2050 », a fait sensation. En 2010, son projet pour Taïwan d’une tour écologique avec jardins suspendus, la Tao Zhu Yin Yuan Tower, l’avait emporté sur celui de la célèbre architecte irako-britannique Zaha Hadid.

Vous avez déclaré appartenir à une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes écoresponsables. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je suis né en 1977 à La Louvière, en Belgique, l’une des régions les plus pauvres d’Europe du Nord qui a subi de plein fouet la crise industrielle. Je fais partie de cette génération imprégnée d’insecticides, asphyxiée par les smogs urbains et ingurgitant les déchets plastiques qui infectent notre propre chaîne alimentaire.
En 2050, j’aurai 73 ans : la population mondiale comptera 9 milliards d’habitants, avant d’atteindre le pic des 12 milliards annoncé pour 2 100. Or, toutes les statistiques et les publications scientifiques s’accordent au­jour­d’hui à prédire que 70 % de la population mondiale vivra demain dans des villes en flux tendus – lesquelles sont responsables déjà de 70 % des émissions de gaz à effet de serre et concentrent des inégalités sociales de plus en plus fortes.
Alors, je me pose la question de ma génération : le monde va-t-il vraiment s’effondrer, ou bien allons-nous réussir à construire une civilisation et des villes « résilientes » prônant la juste symbiose entre les humains et leur environnement ?
Quelles nouvelles exigences cela implique-t-il pour l’architecture et l’urbanisme ?
L’écologie urbaine est une nécessité pour organiser la transition énergétique vers un monde durable et la résistance face à l’urgence climatique. A la croisée des innovations sociales et technologiques, quatre piliers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.
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Les architectes entrent en résilience

Habiter sur les mers, aménager les zones désertiques ou faire respirer les zones urbaines, les projets des nouveaux « architectes green » portent une vision ambitieuse : créer une nouvelle civilisation en symbiose avec son environnement.



Le Monde
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ils sont nombreux, audacieux, souvent militants. Certains sont déjà des figures du XXIe siècle. Ils représentent une génération de jeunes architectes « asphyxiés » par nos grandes villes, qui veulent réintégrer l’urbanisme et l’architecture dans la biosphère. Ils se disent concernés et responsables, et on les comprend : d’après plusieurs études publiées lors de la Journée mondiale 2016 contre la désertification, 40 % de la consommation énergétique mondiale provient de la construction et de l’habitat. Alors, ils rompent avec les recherches formelles et les édifices de prestige du postmodernisme pour inventer une architecture associée au génie civil, économe, attentive aux matériaux durables et recyclables, s’appuyant sur les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, évaporation), bioclimatique (épousant l’environnement et le climat) ou biomimétique (s’inspirant des cycles et du design de la nature). Une révolution.
Les nombreux projets prospectifs et les réalisations de cette nouvelle génération témoignent de leur ambition déclarée. Pour Vincent Callebaut, 41 ans, il s’agit rien de moins que de bâtir « une nouvelle civilisation ». L’objectif est de construire « des villes résilientes », mais aussi d’alléger la pression humaine sur la biosphère en commençant d’aménager les régions désertiques (30 % des terres à récupérer) et d’habiter les mers (71 % de la surface terrestre) de façon écologique. Un projet global, cherchant des solutions au niveau planétaire, qui se dessine trait à trait.
État d’urgence décrété
Le premier grand chantier décisif et colossal de ces nouveaux architectes est de transformer et dépolluer les grandes cités. Car l’état d’urgence est décrété. D’ici à 2030, les deux tiers de la ­population seront citadins. Or, 95 % de la population mondiale vit dans des régions dont la qualité de l’air n’est pas conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon le rapport...




                        

                        


<article-nb="2018/07/26/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.
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« Plus les libertés fondamentales semblent acquises, moins les citoyens s’y sentent attachés »

Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h05
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Chloé Morin (directrice de projets internationaux chez Ipsos)







                        



                                


                            
Tribune. A la fin du XXe siècle, de nombreux théoriciens pensaient qu’une fois affirmés dans un pays, les principes démocratiques — dont la garantie des droits humains ou l’existence de contre-pouvoirs et d’institutions représentatives — s’enracineraient, et qu’aucun retour en arrière ne serait ni possible ni jugé souhaitable par des citoyens nouvellement « libérés ».
La thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause
L’affirmation de l’universalité des droits humains était considérée comme si évidente et si désirable que nul n’avait songé que l’opinion publique — à travers son adhésion à ce que nous appelons aujourd’hui les mouvements populistes, ou bien à travers un retrait sur la sphère individuelle et une indifférence croissante pour la vie de la cité (phénomène qui faisait déjà partie des craintes exprimées par Tocqueville) — puisse un jour s’ériger en obstacle à cette affirmation. Une fois les institutions nécessaires à l’expression de la volonté populaire mises en place, les droits et libertés de chacun garantis, nul n’avait songé à se demander si le système démocratique pourrait nourrir en son sein les germes de sa destruction.
Pourtant, avec la montée des populismes dans de nombreux pays occidentaux, la thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause. Plutôt qu’à une « fin de l’Histoire », nous assistons, sans toujours en comprendre les causes profondes, à un recul de l’adhésion aux principes démocratiques dans de nombreux pays.
Paradoxe inquiétant
Ipsos a récemment réalisé pour l’ONG Human Rights Watch une vaste étude auprès des citoyens d’une trentaine de pays, afin de comprendre leur perception des droits humains et de leur importance. Cette étude met en évidence un paradoxe inquiétant : plus les droits humains et libertés fondamentales semblent acquis — et il convient ici de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/26/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.
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« Les sciences du climat ont de nouveaux défis à relever »

Le climatologue Robert Vautard écrit dans une tribune au « Monde » que le dérèglement climatique qui frappe actuellement l’Europe oblige les chercheurs à adapter leurs méthodes de travail.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h54
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Robert Vautard (Directeur de recherches au CNRS, Institut Pierre-Simon-Laplace et Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement)







                        



                                


                            
Tribune. Tempêtes en janvier, vague de froid en mars, pluies diluviennes en juin, vagues de chaleur en juillet…, le réchauffement climatique est-il donc plus rapide et plus fort que prévu ? Tout le monde se pose la question, car désormais beaucoup lient directement les événements météorologiques à un réchauffement sur le temps long. Or, un tel événement particulier ne peut pas être attribué au seul changement climatique, la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur et des fortes pluies ont changé.
Pourtant, la météo de 2018 a de quoi interpeller. Et si le changement climatique, en plus d’augmenter la probabilité de certains événements météo extrêmes, se manifestait aussi par des phénomènes radicalement nouveaux ? Que pourrait-on dire si la vague de chaleur actuelle en Scandinavie durait encore tout l’été, ou si la France connaissait un épisode caniculaire comme celui d’août 2003, mais deux ou trois degrés plus chaud encore ?

Bien que peu probables aujourd’hui, d’après ce que prédisent les simulations des « modèles de climat », ces scénarios auraient des conséquences importantes, et nos sociétés, nos infrastructures, les espèces animales et végétales n’y sont pas préparées. La sécheresse sans précédent qui a frappé récemment l’Afrique du Sud en est un exemple.
Enchaînement de phénomènes météorologiques extrêmes
Depuis le début de l’année 2018, les phénomènes météorologiques extrêmes s’enchaînent en Europe. Mais la dernière séquence, depuis le mois de mai, est très particulière. Les vents, d’habitude circulant d’ouest en est, sont « bloqués » par un anticyclone chaud qui stationne sur la Scandinavie, rejetant les perturbations océaniques soit au nord de la Scandinavie, soit dans les régions méditerranéennes. Ainsi il a pu faire plus chaud et sec à Stockholm qu’à Casablanca !
Les séries d’observations météorologiques, homogènes, ne remontent qu’à un demi-siècle en général
Cette situation est à l’origine des pluies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.
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Affaire Benalla : l’habile tour de passe-passe de Macron

Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h25
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron assume. En s’exprimant pour la première fois, mardi 24 juillet, sur les faits de violence du 1er-Mai pour lesquels son collaborateur Alexandre Benalla a été mis en examen, il a proclamé, devant des députés de sa majorité : « Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » « S’ils veulent un responsable, a-t-il poursuivi, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. » Le chef de l’Etat s’est abstenu d’identifier ces « ils ». Les médias ? Les juges ? Les parlementaires ? Les Français ?
Le président assume donc sa responsabilité personnelle et il récuse la « République des fusibles ». Cette responsabilité tient essentiellement à la confiance qu’il a naguère prodiguée à M. Benalla. Il a marqué sa « déception » et dénoncé sa « trahison ».
Mais, en même temps, applaudi par ses fidèles, il a fait l’éloge de son collaborateur, saluant son « courage », son « talent », son « engagement » (à quatre reprises) et même sa « dignité ». Alors que des enquêtes, judiciaires, parlementaires, sont toujours en cours, il a plaidé responsable, mais pas coupable, des fautes et des erreurs qui ont émaillé cette affaire. Une posture que M. Macron peut afficher d’autant plus facilement qu’il est protégé par la Constitution.

Plus jupitérien que jamais, M. Macron a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs. Il voit dans cette affaire « un spectacle où la tentation pour presque tous les pouvoirs est de sortir de son lit ». Ses accusations sont graves.
« L’autel de l’émotion populaire »
La presse ? Elle « ne cherche plus la vérité » et « veut devenir un pouvoir judiciaire qui a décidé qu’il n’y avait plus de présomption d’innocence ». La justice ? Il se dit attaché à ce qu’elle fasse son travail. Mais il relève un « problème de fonctionnement », avec des auditions et des recherches qui sortent « à la seconde même dans la presse ». Le pouvoir législatif ? Il est tenté, énonce-t-il en visant plus particulièrement la « coalition baroque » des oppositions, « de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire ».

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M. Macron s’est ainsi livré à un habile tour de passe-passe. Tout en se défendant de sacrifier des collaborateurs sur « l’autel de l’émotion populaire », il a reconnu la gravité des faits reprochés à M. Benalla et entend corriger les dysfonctionnements observés. Mais, en même temps, il a cherché à faire disparaître la crise que l’affaire a générée. Paradoxalement, en tentant de faire baisser la pression, il a admis en creux l’importance de la crise que traverse l’exécutif.
En malmenant les contre-pouvoirs, en laissant planer des zones d’ombre, des imprécisions, des omissions, voire des contradictions, le président de la République fait un pari osé. Le résultat de sa contre-attaque pourrait aboutir à l’inverse de l’objectif recherché et mettre de l’huile sur le feu en galvanisant ses oppositions. M. Macron espère sans doute que l’été apaisera la fièvre et que le Parlement reprendra à la rentrée le chemin de la réforme constitutionnelle. Mais il n’est pas sûr qu’il ait rempli son rôle de gardien des institutions.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.
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« Il n’y a pas de doute : dans le futur, les vagues de chaleur seront plus fréquentes, plus intenses »

Le climatologue Hervé Le Treut appelle, dans une tribune au « Monde », à réfléchir à la gestion à long terme des territoires.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h42
    |

Hervé Le Treut (professeur à la Sorbonne Université et à l'Ecole polytechnique, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace et membre de l'Académi...







                        



                                


                            

Tribune. Chaque fois qu’un épisode de canicule touche la France ou une autre région sensible et emblématique à la surface de la planète, la même question, légitime et importante, revient : l’action de l’homme est-elle en cause ? Et, chaque fois, la réponse des scientifiques reste malaisée et difficile. Cette difficulté peut surprendre, parce que nous savons désormais beaucoup de choses sur l’évolution future du climat. Elle tient en fait à la difficulté particulière des problématiques climatiques, lorsque le contexte est d’ordre local et événementiel.
Un petit retour en arrière est nécessaire pour bien toucher du doigt ce problème. Les premières alertes sérieuses sur le climat de la Terre sont venues dès la fin des années 1970. Le rapport à l’Académie des sciences américaine, coordonné par le professeur Jule Charney, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), anticipait en 1979 des changements dans la température globale de la planète pouvant atteindre plusieurs degrés si le niveau atmosphérique du CO2 (et des autres gaz à effet de serre) venait à doubler. Ces résultats, issus de modèles numériques complexes, ont anticipé d’une vingtaine d’années la mise en évidence de ce réchauffement global dans l’atmosphère réelle, qui est devenu perceptible avec un haut niveau de certitude vers la fin des années 1990.

Nous savons par ailleurs que les gaz à effet de serre restent pour la plupart très longtemps dans l’atmosphère : un surplus de CO2 introduit à un instant donné dans l’atmosphère n’aura disparu que de moitié après cent ans, et nous ne disposons pour le moment d’aucune méthode prouvée pour accélérer le temps très long qui permet à l’atmosphère de se « nettoyer ». Nous cumulons donc des émissions de gaz à effet de serre qui, par ailleurs, ont été rapidement croissantes : 1 milliard de tonnes de carbone par an immédiatement après la seconde guerre mondiale, 10 milliards aujourd’hui. Le réchauffement futur et toutes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, les opérations « Serval », « Barkhane » et l’accord d’Alger, signé entre Bamako, les séparatistes touareg et d’autres groupes armés, n’ont fait qu’instrumentaliser les luttes intertouareg
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« Au Mali, le chaos résulte d’une succession de faux pas de la diplomatie française »

Pour Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, les opérations « Serval », « Barkhane » et l’accord d’Alger, signé entre Bamako, les séparatistes touareg et d’autres groupes armés, n’ont fait qu’instrumentaliser les luttes intertouareg



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
    |

Nicolas Normand (ministre plénipotentiaire honoraire, ancien ambassadeur au Mali, au Congo et au Sénégal, ancien directeur-adjoint de l’IHEDN)







                        



                                


                            

Tribune. Au Mali même, « homme malade » du Sahel, on ne compte pas moins, aujourd’hui, de dix-sept groupes politico-militaires, en dehors même de la nébuleuse djihadiste, ainsi que quatre armées dont trois étrangères. On observe parallèlement une montée continue des attaques et attentats terroristes depuis la signature, en 2015, de l’accord dit « de paix », issu du processus d’Alger, la France ayant curieusement délégué à l’Algérie, au rôle pourtant problématique dans la crise malienne, le traitement politique de la « paix » imposée par l’intervention française « Serval » de 2012. A notre avis, la situation calamiteuse au Mali résulte en bonne partie d’une succession de faux pas de la diplomatie française, entérinés par la communauté internationale.
Cependant, le principe même d’une intervention militaire de la France pour stopper l’avancée vers le centre du Mali d’une colonne de groupes djihadistes, en janvier 2013 (opération « Serval ») était judicieux. Inversement, la décision française de ne pas intervenir en Centrafrique, lorsqu’une colonne de rebelles (la Séléka) descendait vers Bangui, en mars 2013, a entraîné de très graves conséquences (une situation « prégénocidaire ») qui auraient pu et dû être évitées.
Des modalités problèmatiques
Mais ce sont les modalités de l’intervention de « Serval » et ses suites politiques qui paraissent problématiques, car une série de difficultés en résulte en effet directement. D’abord, dans le cadre de « Serval », on avait cru bon de faire un distinguo entre les différents groupes armés, certains (les bandes narco-sécessionnistes plus ou moins « laïques ») étant qualifiés de « politiques » et les autres, trafiquants d’inspiration islamique ou djihadiste, dominants sur le terrain, étant assimilés, à tort ou à raison, à des terroristes. En réalité, il n’y a pas de bons groupes armés dans un Etat démocratique, et chacun aurait dû être neutralisé ou au moins contraint à un désarmement immédiat.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Selon le journaliste Mohamed Fall Oumeir, le nouveau commandant mauritanien du G5 Sahel doit être exigeant dans la composition et la gestion de ses bataillons.
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Point de vue

« La force conjointe du G5 Sahel ne doit pas être un supplétif de l’opération Barkhane »

Selon le journaliste Mohamed Fall Oumeir, le nouveau commandant mauritanien du G5 Sahel doit être exigeant dans la composition et la gestion de ses bataillons.

Par                Mohamed Fall Oumeir



LE MONDE
              datetime="2018-07-25T18:35:19+02:00"

        Le 25.07.2018 à 18h35






    
Un soldat malien monte la garde à l’entrée du QG de la force conjointe G5 Sahel, à Sévaré, le 30 mai 2018.
Crédits : SEBASTIEN RIEUSSEC/AFP


Tribune. La décision était attendue depuis la dernière rencontre entre les chefs d’Etat des cinq pays du G5 Sahel avec leur homologue français à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu les 1er et 2 juillet en Mauritanie. L’une des principales questions soulevées à cette occasion était le remplacement du commandement malien de la force conjointe du G5 Sahel et la nomination d’un Mauritanien et d’un Tchadien.

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Le président français Emmanuel Macron avait insisté pour inscrire la question à l’ordre du jour. Le général malien Didier Dacko et son adjoint, le colonel major burkinabé Yaya Séré devaient céder leurs places au plus vite. L’attaque, le 29 juin, du PC de la force conjointe à Sévaré au Mali justifiait largement les critiques formulées à l’encontre de ce commandement.

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Le général Hanenna Ould Sidi, jusque-là chef d’état-major adjoint des armées mauritaniennes, et le général tchadien Oumar Bikimo, ont donc été désignés par leurs pays respectifs pour commander la force.
Tous deux ont été choisis sur la base de leur expérience et de leur notoriété, tant dans leurs pays que dans la région concernée.
Force de frappe et dialogue
Le général Hanenna Ould Sidi a participé aux premières expéditions punitives engagées par la Mauritanie contre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien), devenu Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Il a été chef du contre-espionnage, le cœur du renseignement militaire mauritanien, avant d’être désigné adjoint du chef d’état-major des armées, poste qu’il occupait jusqu’à présent.
Les efforts consentis par la Mauritanie en vue de mettre à niveau son armée pour faire face aux menaces terroristes ont certainement porté. Quand la garnison de Lemgheity (nord-est) avait été attaquée le 5 juin 2005, la Mauritanie était incapable d’organiser une expédition punitive dans le nord du Mali. Mais le renversement du régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi en 2008 par Mohamed Ould Abdel Aziz, l’actuel président, et la reprise des attaques contre la Mauritanie en septembre de la même année, ont poussé le pays à s’occuper sérieusement de la sécurisation de son espace.

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                En Mauritanie, un retour au calme sous surveillance



Une opération de restructuration de l’armée fut engagée, ainsi qu’une guerre ouverte contre le terrorisme, qui devait s’étendre jusqu’en 2011 avec des incursions en territoire malien.
Parallèlement, la Mauritanie a engagé une approche intellectuelle visant à remettre en cause les fondements idéologiques et les lectures fallacieuses des textes de base de l’islam. Ce qui a permis le repentir d’une soixantaine de prisonniers djihadistes, libérés et jamais retournés au combat.
L’ensemble de cette approche alliant force de frappe et dialogue en vue de contenir la propagande idéologique, constitue la stratégie mauritanienne qui a permis au pays d’éviter le pire et d’être épargné par les attaques terroristes.
Dialogue
Fort de cette expérience, le commandement mauritanien peut inspirer sur le théâtre malien. D’abord en faisant respecter les critères d’évaluation des bataillons proposés par chaque pays pour constituer la force conjointe du G5.
Il ne faut pas accepter des bataillons formés par une communauté donnée. Dans un espace où chaque groupe cherche à se protéger, voire à prendre le dessus sur les autres, il est dangereux d’intégrer dans cette force conjointe des unités qui ressemblent plus à des milices qu’à une armée nationale régulière. Les exactions qui peuvent être commises le seront au nom du G5, ce qui pourrait aliéner la relation avec les populations. L’objectif étant de rétablir la confiance entre les forces armées et la population, il importe de fermer les portes à toutes les dérives en les sanctionnant sévèrement. Rompre définitivement avec l’impunité qui règne actuellement.
Il faut engager un dialogue avec les représentants des communautés susceptibles d’accueillir et de soutenir les mouvements armés. Pour ce faire, le G5 Sahel doit accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Alger en 2015 entre le gouvernement malien, les séparatistes touaregs et d’autres groupes armés, qui tarde à être appliqué. Le futur gouvernement malien doit s’engager là-dessus.

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                Application de l’accord de paix au Mali : le temps presse



Ce dialogue doit aussi toucher l’ensemble de la société malienne pour permettre, à terme, une adhésion populaire au plan de paix.
Si les actions d’accompagnement de la mise en place de la force conjointe du G5 ne sont pas entreprises, son échec est prévisible. Elle ne sera qu’une force supplétive de l’opération française « Barkhane ».
Quand elle est intervenue en 2013 au Mali, la France avait voulu stopper l’avancée djihadiste au sud, puis libérer le nord occupé par différentes milices : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ansar Eddine, autre expression du nationalisme touareg, AQMI avec ses nuances multiples (Al-Mourabitoune, Emirat du Sahara, Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest). Aujourd’hui, la plupart de ces mouvements sont regroupés au sein d’une nébuleuse appelée Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), dirigé par le Touareg malien Iyad Ag-Ghali et dont les principales figures sont des autochtones bien enracinés dans le tissu socia malien. Ils frappent encore durement et entendent élargir le théâtre de leurs opérations à tout l’espace ouest-africain.
Le défi est grand. La menace, encore plus réelle que par le passé. Il faut du courage et de la détermination pour relever ce défi et juguler la menace.
Mohamed Fall Oumeir est un journaliste mauritanien, directeur de publication du journal « La Tribune »


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Etre nature (6/7). Alors que les terres fertiles du triangle de Gonesse semblent destinées à accueillir EuropaCity, un immense centre commercial d’un nouveau genre, la politologue Alice Le Roy rappelle la nécessité d’une agriculture urbaine et périurbaine.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.
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« Le football amateur ne doit pas être l’éternel oublié »

Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 13h07
    |

Eric Thomas (Président de l'Association française de football amateur)







                        



                                


                            

Tribune. Que cette victoire de l’équipe de France est belle ! Après celle de 1998, elle apporte une deuxième étoile qui redonne de l’espoir et une formidable vitalité à tous les Français. Ce bonheur partagé est le fruit d’un travail collectif, dont le mérite principal revient à tous les artisans anonymes et bénévoles du football amateur qui œuvrent chaque jour auprès de nos jeunes, dans les 14 000 clubs français. Et c’est à eux qu’il convient de rendre hommage pour ce travail de l’ombre aussi efficace que méconnu.
En effet, chacun le sait, nos Bleus ont tous été formés dès l’âge de 5 ou 6 ans dans un club près de chez eux, par des éducateurs compétents, des dirigeants responsables, dans des infrastructures municipales. Griezmann à Macon, M’Bappé à Bondy ou Pavard à Jeumont… Sans tous ces passionnés qui donnent du temps et transmettent leur savoir-faire, pas de rêve possible.
Pourtant, une fois la parenthèse enchantée de l’été passée, la rentrée s’annonce difficile pour nos clubs du « foot d’en bas », confrontés à d’innombrables difficultés : hémorragie des bénévoles, baisse des subventions publiques, suppression des emplois aidés, hausse du prix des licences, inflation normative, tracas administratifs, infrastructures vieillissantes…
Déjà plus de quatre mille structures ont déposé la clé sous la porte ces dernières saisons et beaucoup de clubs ne seront malheureusement pas en mesure d’accueillir tous les nombreux enfants qui pousseront la porte des clubs pour se licencier à la rentrée. Epuisement des bénévoles surchargés de responsabilités, écœurement vis-à-vis d’un système opaque – décourageant plus qu’il n’encourage – qui capte les ressources et impose ses décisions sans dialogue avec la base de la pyramide : les raisons de ces problèmes sont nombreuses et peuvent être illustrées en quelques chiffres.
Le football, c’est plus que du football
150 millions d’euros, soit le montant prélevé chaque année dans les caisses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Les membres de l’exécutif informés des agissements de M. Benalla auraient dû les dénoncer. Cependant, comme le relève le juriste Benjamin Fiorini dans une tribune au « Monde », le non-respect de cette obligation n’est assorti d’aucune sanction.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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L’affaire Benalla révèle « les failles de l’article 40 du Code de procédure pénale »

Les membres de l’exécutif informés des agissements de M. Benalla auraient dû les dénoncer. Cependant, comme le relève le juriste Benjamin Fiorini dans une tribune au « Monde », le non-respect de cette obligation n’est assorti d’aucune sanction.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 14h21
    |

Benjamin Fiorini (Docteur en droit pénal et sciences criminelles, université Lyon-III–Jean-Moulin)







                        



                                


                            
Tribune. Dans la République exemplaire promise par Emmanuel Macron, il semblait difficilement imaginable qu’un collaborateur de l’Elysée se voie reprocher des faits de « violences en réunion », d’« immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique » et de « port sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique ».
C’est pourtant dans cette situation pour le moins contre-exemplaire que se trouve Alexandre Benalla à la suite des révélations du journal Le Monde, une information judiciaire ayant été ouverte à son encontre à la suite du comportement qui a été le sien en marge des manifestations du 1er mai.

Au-delà du problème politique posé par la sanction quelque peu légère que s’est vu infliger M. Benalla — quinze jours de mise à pied, alors que le délit de violences en réunion est puni par l’article 222-13 du Code pénal de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende — se pose une question d’ordre juridique : celle des sanctions auxquelles s’exposent les membres de l’exécutif ayant eu connaissance de l’attitude de M. Benalla sans la dénoncer au procureur de la République.
Des critiques justifiées juridiquement
En effet, depuis que l’affaire a été révélée, plusieurs voix se sont élevées pour s’étonner que la présidence de la République, pourtant informée des faits si l’on en croit le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, ne les ait pas dénoncés à la justice comme l’exige pourtant l’article 40 du Code de procédure pénale.
Le non-respect de l’obligation de dénonciation prévue à l’article 40 n’est assorti d’aucune sanction !
Ces critiques sont tout à fait justifiées d’un point de vue juridique, puisque cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. En définissant l’Etat comme « foyer national du peuple juif » et en dégradant le statut de la langue arabe, la Loi nationale adoptée par la Knesset le 19 juillet renforce une vision ethnicisante de la société.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Israël et les risques d’une loi identitaire

Editorial. En définissant l’Etat comme « foyer national du peuple juif » et en dégradant le statut de la langue arabe, la Loi nationale adoptée par la Knesset le 19 juillet renforce une vision ethnicisante de la société.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 10h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La promesse originelle du projet sioniste, à l’aube d’Israël, était égalitaire. La Déclaration d’indépendance de 1948, texte de référence après les Lois fondamentales, dit que l’Etat « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants » et « sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix ». En outre, « il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ». 
Cette distinction entre citoyens se trouve pourtant au cœur de la Loi fondamentale adoptée par la Knesset le 19 juillet, qui définit l’Etat comme « foyer national du peuple juif ». Israël, Etat juif : une évidence historique depuis soixante-dix ans. Mais le message véhiculé par cette loi, voulue par Benyamin Nétanyahou, est excluant, même si sa traduction future demeure obscure. Il s’adresse à la minorité arabe (20 % de la population), pour lui signifier que ses membres seront à jamais des citoyens de seconde catégorie. Il porte atteinte à cette formule qu’aiment citer les responsables de l’Etat hébreu, comme un slogan dont on ne se lasse jamais sans tout à fait saisir les devoirs qu’il impose : « Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient. »
Cette loi se veut un marqueur identitaire. Elle rappelle des choses acquises, comme les attributs de souveraineté : l’hymne, le drapeau, les fêtes nationales. Mais elle dégrade aussi le statut de la langue arabe, considérée jusqu’à présent comme langue d’Etat au même titre que l’hébreu. On lui promet un vague « statut spécial ». Cette seule humiliation symbolique est une gifle donnée aux Arabes israéliens.
Ennemis de l’intérieur
De même, la loi stipule que l’Etat devra promouvoir « le développement des communautés juives », considérées comme « valeur nationale ». Dans sa version initiale, le texte permettait à une communauté homogène – comprendre juive – de ne pas accepter en son sein une personne extérieure. Malgré la modification de la formulation, l’article donne une valeur constitutionnelle à l’établissement de municipalités peuplées de Juifs. Une forme de séparation urbaine de facto est ainsi validée. Pourtant, les colons juifs achetant des maisons dans des quartiers arabes de Jérusalem-Est revendiquent, eux, le droit de vivre partout.
Cette Loi fondamentale crée un cadre dont l’interprétation par les tribunaux va être un enjeu majeur dans les années à venir. Que dira la Cour suprême, gardienne de l’Etat de droit, lorsqu’elle sera saisie dans des affaires de discrimination contre la minorité arabe ou druze ? Quelle sera sa marge de manœuvre si une entreprise ne souhaite recruter que des Juifs ? Ou si des municipalités refusent catégoriquement l’achat de biens immobiliers par des personnes non juives ?
Comme d’autres droites européennes, la droite israélienne est engagée sur une pente identitaire qui nécessite de désigner des ennemis, de l’intérieur et de l’extérieur. Conduite par M. Nétanyahou, elle s’imagine en avant-poste de la civilisation occidentale, face à la menace islamiste, comme dans le traitement des migrants africains. Lors des dernières élections législatives, en mars 2015, M. Nétanyahou avait électrisé son électorat dans une vidéo. « Le règne de la droite est en danger, disait-il. Les électeurs arabes vont aux bureaux de vote en grand nombre. Les ONG de gauche les amènent en bus. » La Loi fondamentale est le prolongement de cette vision ethnicisante de la société.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Pour la correspondante du « Monde » à Madrid, le rétablissement des ponts avec le gouvernement catalan voulu par le nouveau premier ministre espagnol est avant tout une opération de contention du séparatisme.
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Pedro Sanchez et la voie étroite du dégel en Catalogne

Analyse. Pour la correspondante du « Monde » à Madrid, le rétablissement des ponts avec le gouvernement catalan voulu par le nouveau premier ministre espagnol est avant tout une opération de contention du séparatisme.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. A peine porté à la présidence du gouvernement espagnol à la faveur d’une motion de défiance contre le conservateur Mariano Rajoy, le 1er juin, le socialiste Pedro Sanchez s’est employé à rétablir des ponts avec la Catalogne. Son souhait d’apaiser les tensions et de rétablir la « normalité » institutionnelle, après la tentative de sécession d’octobre 2017, s’est traduit dans ses discours mais aussi dans de premiers gestes.
A partir du 4 juillet, les autorités pénitentiaires ont notamment procédé au transfert des dirigeants indépendantistes accusés de « rébellion », actuellement en détention préventive dans des prisons de Catalogne. Le 9 juillet, M. Sanchez s’est entretenu longuement avec le président de la Généralité de Catalogne, l’indépendantiste radical Quim Torra. Le ton a été « cordial », ont insisté les deux hommes.

M. Sanchez s’est opposé à l’organisation d’un référendum d’indépendance de la Catalogne, que lui a demandé M. Torra, mais les deux hommes se sont accordés sur la réouverture d’espaces de dialogue « bilatéraux », une demande des indépendantistes qui refusent de voir leurs exigences diluées avec celles des autres régions d’Espagne.
La question du « droit à l’autodétermination »
Ainsi, après sept ans d’inactivité, la commission bilatérale Etat-Généralité doit se réunir à Barcelone la semaine prochaine. Le gouvernement espagnol entend répondre aux demandes du gouvernement catalan qui peuvent être satisfaites, en matière d’investissement ou de financement notamment. Il s’est déjà engagé à lever les recours devant le Tribunal constitutionnel qu’avait déposés le Parti populaire contre des lois sociales catalanes.
De son côté, la Généralité entend aborder la question du « droit à l’autodétermination », bien qu’elle n’ait aucune chance d’aboutir, ainsi que celle des prisonniers indépendantistes, sur laquelle elle demande que le parquet retire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francesco Martucci, professeur à l’université Panthéon-Assas, estime que la sanction à l’encontre de Google s’inscrit dans un contexte de guerre commerciale entre Bruxelles et Washington.
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Francesco Martucci : « L’amende infligée à Google relève de motivations politiques »

Dans une tribune au « Monde », Francesco Martucci, professeur à l’université Panthéon-Assas, estime que la sanction à l’encontre de Google s’inscrit dans un contexte de guerre commerciale entre Bruxelles et Washington.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 10h21
    |

Francesco Martucci (professeur à l'Université Panthéon-Assas, Centre de droit européen)







                        



                                


                            
Tribune. De la décision rendue à l’encontre de Google par la Commission, l’histoire retiendra le montant record de l’amende : 4,34 milliards d’euros. La somme s’avère d’autant plus conséquente qu’elle s’ajoute aux 2,42 milliards d’euros d’amende déjà infligés par la Commission à Google en juillet 2017. Alors que la précédente Commission a tergiversé, Margrethe Vestager a fait preuve d’une fermeté qui interroge quant au rôle de l’autorité de la concurrence dans l’Union européenne.
« L’Union européenne n’interdit pas la position dominante en soi, mais uniquement le fait d’en abuser »
La Commission reproche à Google d’avoir conclu trois types de stipulations contractuelles avec les fabricants d’appareils et les opérateurs de réseaux mobiles concernant l’installation d’applications Google (en particulier Google Search) au motif que des restrictions permettent à Google d’utiliser Android comme un moyen de consolider la position dominante de son moteur de recherche. Si les pratiques en cause sont établies, leur caractère anticoncurrentiel peut être discuté.
Tout est question de mesure et de contexte. En ayant à l’esprit la finalité du droit de la concurrence, la satisfaction des consommateurs, on peut se demander si la stratégie de Google nuit à ces derniers. La technologie du système d’exploitation Android couplée au modèle d’open source a profondément modifié le marché des services mobiles. Non seulement Google a permis de proposer une alternative à Apple, mais, en catalysant l’innovation, elle a contribué à stimuler les autres opérateurs du marché de la téléphonie mobile. Le prix concurrentiel est alors celui de la domination d’un marché, celui de la recherche sur Internet, ce qui est incontestable. Il est légitime de se demander si la délimitation du marché pertinent pour apprécier la position dominante n’est pas en l’espèce excessivement étroite.
Contribuer au progrès
La jurisprudence est constante : le traité sur le fonctionnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le sénateur Philippe Bas, président de la commission d’enquête au Sénat chargée de l’affaire, estime que la révision constitutionnelle engagée par Macron doit être modifiée en profondeur.
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Philippe Bas : « L’affaire Benalla, de la sortie de “route politique” à l’affaire d’Etat »

Le sénateur Philippe Bas, président de la commission d’enquête au Sénat chargée de l’affaire, estime que la révision constitutionnelle engagée par Macron doit être modifiée en profondeur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 21h59
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 09h31
    |

Philippe Bas (président de la commission sénatoriale d'enquête sur l'affaire Benalla, président de la commission des lois, sénateur de la Manche)







                        



                                


                            
Deux degrés de lecture peuvent être appliqués à l’affaire Benalla. Premier degré : sur la voie publique, un individu exerce des violences sur des personnes. Il est passible de poursuites pénales. Il agit au sein d’un dispositif de maintien de l’ordre sans en être membre, mais avec toutes les apparences d’être policier ou gendarme. Il commet une usurpation qui peut donner lieu à des poursuites. Il obtient un acquiescement au moins tacite à son action de la part des responsables du dispositif de sécurité. Ceux-ci peuvent être poursuivis. Mais il avait fait connaître sa qualité de collaborateur du président de la République ; qui l’a protégé instantanément et pendant près de trois mois. C’est là que commence la « sortie de route » politique et que l’on passe du judiciaire à l’affaire d’Etat, qui seule concerne le Parlement dans ses pouvoirs d’investigation élargis.
Circonstance atténuante pour les responsables du dispositif de sécurité, le sésame présidentiel est une circonstance aggravante pour l’individu en cause, auteur d’un inadmissible abus d’autorité. Il n’y a rien de plus contraire à l’Etat de droit que l’abus d’autorité : il sape la confiance de nos concitoyens dans les institutions de la République en permettant à ceux qui devraient contribuer le plus à faire respecter la légalité de s’en dédouaner pour leur propre usage.
Ni le préfet de police, ni le ministre de l’intérieur, ni le premier ministre, ni le président de la République, pas plus qu’aucun de leurs collaborateurs informés de ces infractions ne se sont de surcroît inquiétés de saisir le procureur de la République des faits constatés, au titre des obligations qui leur sont pourtant faites par le célèbre article 40 du code de procédure pénale. On est en droit de penser qu’une inhibition générale a paralysé le sens du devoir des autorités publiques. Cette inhibition porte un nom : la déférence et la soumission à l’égard du chef de l’Etat et de ses collaborateurs immédiats. Et elle a une...




                        

                        

