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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La présidente LRM de la commission a précisé ne pas savoir si les travaux pourraient se poursuivre après le départ de son corapporteur.
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Affaire Benalla : le corapporteur LR suspend sa participation à la commission d’enquête de l’Assemblée

La présidente LRM de la commission a précisé ne pas savoir si les travaux pourraient se poursuivre après le départ de son corapporteur.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h53
   





                        



   


Guillaume Larrivé claque la porte. Le corapporteur de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée nationale s’est dit « contraint », jeudi 26 juillet, de suspendre sa participation à celle-ci, jugeant qu’elle n’était devenue « hélas qu’une parodie ». La veille, M. Larrivé avait regretté le refus de la présidente La République en marche (LRM), Yaël Braun-Pivet, d’accéder à ses demandes d’audition.
« Est-ce que l’Elysée souhaite torpiller les travaux de notre commission ? Je le crois, je le crains », a-t-il déclaré, avant d’accuser :
« Je pense qu’instruction a été donnée aux députés du groupe en marche de bâcler la préparation d’un vrai-faux rapport.
J’appelle une nouvelle fois la corapporteuse et les députés du groupe en marche à cesser de bloquer les travaux de la commission d’enquête dont les pouvoirs (…) expirent le 20 août. Il en va de la dignité de l’Assemblée nationale, qui ne saurait être aux ordres de l’Elysée. »

Le co-rapporteur LR @GLarrive "suspend sa participation" à la commission d'enquête, devenue selon lui "une parodie"… https://t.co/t3oc0e1Ejz— LCP (@LCP)


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La déclaration de M. Larrivé a été suivie de quelques applaudissements de la part des députés de l’opposition.
L’avenir de la commission incertain
« Choquée », Mme Braun-Pivet lui a ensuite répondu, répétant que « si la majorité n’avait pas souhaité cette commission d’enquête », celle-ci « n’aurait pas eu lieu ». Puis elle a réaffirmé fermement l’indépendance de sa commission, avant de clôturer la séance :
« Nous sommes un Parlement qui remplit ses missions de contrôle, nous ne recevons d’ordre de personne ! »

La co-rapporteure LREM @YaelBRAUNPIVET se dit "choquée" par les propos de @GLarrive et se défend d'être "aux ordres… https://t.co/Isr6vJt2MX— LCP (@LCP)


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Au sortir de la commission, Yaël Braun-Pivet a tenu à souligner le travail effectué :
« Cette commission a travaillé de façon très correcte, j’ai veillé à ce que toutes les oppositions puissent s’exprimer, que les députés non-membres de la commission des lois puissent s’exprimer. Pendant les auditions, nos oppositions ont pu s’exprimer. Elles ne voulaient pas poser de questions, mais en faire une tribune médiatique. Moi, je crois que l’on peut être fiers de nos travaux. »
La présidente de la commission a précisé ne pas savoir si les travaux de la commission pourraient se poursuivre après le départ du corapporteur.
« Une parodie »
De son côté, le député des Alpes-maritimes Eric Ciotti a abondé dans le sens de M. Larrivé, estimant lui aussi que la commission d’enquête est « une parodie », dont « l’objectif est d’étouffer la vérité » :
« Alors que le Sénat fait un travail très exhaustif, l’Assemblée nationale est contrainte par une volonté de l’Elysée. Les auditions ont été orientées. La commission est un échec total, parce qu’elle n’est pas libre, elle est bridée dans son fonctionnement. Elle n’a pas pu travailler parce que le groupe En marche n’a pas voulu qu’elle fonctionne. »
Avant la décision de M. Larrivé, le député de La France insoumise (LFI) Eric Coquerel avait critiqué une commission qui « tourne en rond » et incité la corapporteuse à démissionner, avant de suspendre sa participation et de quitter la salle.

Face à une commission qui "tourne en rond" et à "l'obstruction" de la part de la majorité, @ericcoquerel (LFI) inci… https://t.co/cxaChHgo2x— LCP (@LCP)


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Une ambiance déjà électrique mercredi
Mercredi, l’ambiance au sein de la commission d’enquête était déjà électrique. Les députés de l’opposition, toutes couleurs politiques confondues, s’en sont directement pris à Mme Braun-Pivet pour avoir mis aux voix la liste des prochaines auditions, décidée par son groupe et annoncée une heure avant, lors d’une conférence de presse surprise, sans consulter l’opposition.

        Lire :
         

          l’opposition dénonce de concert « la mascarade » de la commission d’enquête



A la sortie de la commission d’enquête, des députés d’opposition avaient dénoncé une « mascarade », s’applaudissant les uns les autres pour défendre « les droits du Parlement ». De son côté, Guillaume Larrivé avait déjà dénoncé : « Notre commission est entravée par la volonté d’un homme : Emmanuel Macron, et par ses relais à l’Assemblée nationale aux ordres de l’Elysée. » Avant de « donner vingt-quatre heures à la corapporteuse pour se ressaisir ».

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La date de sa discussion, qui doit être validée jeudi soir lors d’une conférence des présidents, devrait être mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement.
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Affaire Benalla : la motion de censure des députés LR contre le gouvernement a été déposée

La date de sa discussion, qui doit être validée jeudi soir lors d’une conférence des présidents, devrait être mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 19h24
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        



   


Les députés Les Républicains (LR) ont déposé, jeudi 26 juillet à 18 heures, une motion de censure contre le gouvernement. Le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, avait annoncé mardi que son groupe avait l’intention de déposer une telle motion à la suite de l’affaire Benalla, la justifiant par le fait que « le gouvernement a failli sur l’organisation de la protection du président de la République ».
Le texte, que la journaliste du Monde chargée du suivi du Parlement, Manon Rescan, a pu consulter :

Le texte de la motion de censure LR #DirectAN https://t.co/KrX9LK2YZJ— manonrescan (@Manon Rescan)


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« Cette affaire, qui a mis en lumière une confusion des pouvoirs à la tête de l’exécutif, une forme de subordination du gouvernement face à la présidence de la République, et une incapacité de ce même gouvernement à exercer ses responsabilités et pouvoirs institutionnels, justifie le dépôt de la présente motion de censure », explique notamment l’argumentaire des députés LR.
« Nous n’allons pas faire tomber le gouvernement, mais le premier ministre sera obligé de nous répondre. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse depuis cinq jours », avait déclaré Christian Jacob lors de la conférence de presse tenue mardi.
La date de sa discussion, qui doit être validée jeudi soir lors d’une conférence des présidents, devrait être mardi à 15 heures, à la place des questions au gouvernement.
Les députés PS pourraient voter la motion
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) et député, Olivier Faure, a affirmé, plus tôt jeudi, sur RMC et BFM-TV que le groupe de députés PS pourrait voter la motion de censure de la droite, même si ce n’est pas, selon lui, « la bonne façon de procéder ».
« Nous ne signerons pas la motion de censure. Il est possible que nous la votions, mais pas que nous la signons. Je pense que ce n’est pas la bonne façon de procéder. En réalité, ça rend service à Emmanuel Macron, puisqu’il va pouvoir clore une séquence par un vote qui marquera le fait qu’il n’y a pas de majorité alternative. »
Le dépôt d’une motion de censure (nécessitant la signature d’au moins 58 députés, sachant que le groupe LR compte à lui seul 103 membres) ouvre un délai de quarante-huit heures durant lequel elle ne peut pas être mise aux voix. Le débat sur la motion doit ensuite avoir lieu d’ici au troisième jour de séance.
Si elle est approuvée par la majorité absolue des députés, le gouvernement doit démissionner. Sous la Ve République, une seule motion de censure a été votée, en 1962, contre le gouvernement de Georges Pompidou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée a accepté de répondre longuement à nos questions.
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édition abonné


Entretien exclusif : Alexandre Benalla livre ses vérités

Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée a accepté de répondre longuement à nos questions.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 17h52
    |

            Gérard Davet, 
                                François Krug et 
Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Pour la première fois depuis le déclenchement de l’affaire qui porte son nom, Alexandre Benalla parle. Barbe rasée pour ne pas être importuné, l’ancien chargé de mission de l’Elysée, accusé d’avoir molesté deux manifestants en marge des manifestations du 1er Mai, a accepté de répondre longuement aux questions du Monde.
L’entretien, que nous n’avons pas fait relire, s’est déroulé à Paris, mercredi 25 juillet, au domicile de Marc Francelet, un ancien journaliste reconverti dans les affaires, qui se présente aujourd’hui comme « communicant ». Lors de la séance photo, réalisée en fin de journée, est apparue Michèle Marchand, figure de la presse people et très proche du couple Macron. Preuve que dans la tempête, M. Benalla n’est pas un homme seul.
Estimez-vous avoir « trahi et déçu » Emmanuel Macron ? Ce sont ses mots…
Ce sont des déclarations que je comprends. Parce que s’il y a un problème autour du président de la République, il ne doit pas être provoqué par un collaborateur. C’est quelqu’un qui avait — et qui a toujours, je pense — confiance en moi, dans mon action au quotidien. Mais au vu de ce que cette histoire a déclenché, je ne vois pas quels autres termes il aurait pu employer pour qualifier la situation. Donc, forcément qu’il y a de la déception, forcément qu’il doit y avoir un sentiment de trahison…

Avez-vous le sentiment de l’avoir trahi ?
Moi, je n’ai pas le sentiment d’avoir trahi le président de la République, j’ai le sentiment d’avoir fait une grosse bêtise. Et d’avoir commis une faute. Mais cette faute, elle est plus d’un point de vue politique : je n’aurais jamais dû aller sur cette manifestation en tant qu’observateur, puis j’aurais, peut-être, dû rester en retrait.
Reprenons du début. Comment apparaissez-vous dans l’entourage de M. Macron ?
Au départ, à l’été 2016, un copain m’appelle et me dit : « Alexandre, Emmanuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’initiative émane du chef d’état-major de la préfecture de police, Laurent Simonin, désormais mis en examen dans la procédure pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Un échange de SMS montre comment M. Benalla a été invité à la manifestation du 1er mai

L’initiative émane du chef d’état-major de la préfecture de police, Laurent Simonin, désormais mis en examen dans la procédure pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h29
   





                        


Une série de SMS, dont Le Monde a pu prendre connaissance, éclairent l’affaire Benalla sur une interrogation cruciale : qui a proposé à celui qui était alors chargé de mission à l’Elysée de se rendre à la manifestation du 1er mai, avec un équipement de policier ? Selon des échanges de textos que nous avons pu consulter, l’initiative émane du chef d’état-major de la préfecture de police, Laurent Simonin - également mis en examen dans la procédure pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».
Le 26 mars, à 11 h 33, voici le texto que fait parvenir M. Simonin à M. Benalla : « Bonjour Alexandre. Le premier mai verra se dérouler une manifestation importante avec un black bloc en tête de cortège. Comme jeudi dernier, il y aura des moments chauds entre l’extrême gauche et les forces de l’ordre. Je serai responsable de la journée du 1er mai comme je l’étais jeudi dernier. Je te propose de participer sur le terrain au service avec une des unités d’intervention en tant qu’observateur si ton emploi du temps le permet. Tu m’avais indiqué être intéressé et je l’ai déjà fait avec le préfet Latron il y a deux ans ». Nommé directeur du cabinet du préfet de police de Paris en 2015, Patrice Latron est préfet de l’Yonne depuis août 2017.
« Il faudrait juste que tu préviennes Yann Drouet de ta venue pour que le préfet de police soit au courant », ajoute M. Simonin, en faisant allusion à l’ex-chef de cabinet du préfet de police de Paris. « Si c’est possible pour toi, conclut le SMS, je me charge de te trouver casque, masque à gaz et autres protections si tu veux. Bien à toi. Laurent ».
« Bon échauffement pour demain »
Le vendredi 27 avril en fin d’après-midi, M. Benalla fait parvenir, toujours par texto, ses mensurations à M. Simonin, afin d’être équipé.
Lundi 30 avril, à 7 h 36, M. Simonin informe M. Benalla que la « Fac de Censier [a été] évacuée en 35 mn ce matin à 04 h 30 ». « Record de Tolbiac battu et bon échauffement pour demain. On a pris une banderole de black bloc », se félicite M. Simonin.
Le mardi 1er mai, M. Simonin fait parvenir, à 13 h 52, un texto à M. Benalla pour lui communiquer « le numéro de ton accompagnateur Philippe. Appelle-le quand tu arrives rue de la Cité ». Il joint les coordonnées de Philippe Mizerski, commissaire à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris, et qui a « encadré » le chargé de mission Elysée toute la journée du 1er mai.

        Lire aussi :
         

                Entretien exclusif : Alexandre Benalla livre ses vérités



Gérard Davet, Fabrice Lhomme et François Krug



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Il y a une caméra place de la Contrescarpe à Paris, où Alexandre Benalla s’en est pris le 1er mai à deux manifestants. Ses images lui ont été transmises dans des conditions encore floues.
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Affaire Benalla : pourquoi la question des images de vidéosurveillance est centrale

Il y a une caméra place de la Contrescarpe à Paris, où Alexandre Benalla s’en est pris le 1er mai à deux manifestants. Ses images lui ont été transmises dans des conditions encore floues.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 16h36
    |

            Damien Leloup








                        


En s’exprimant pour la première fois, dans un entretien au Monde, jeudi 26 juillet, Alexandre Benalla, ex-collaborateur d’Emmanuel Macron accusé de violences envers deux manifestants le 1er mai, apporte des faits nouveaux sur les images de vidéosurveillance qu’il a pu récupérer — illégalement — le soir même de nos révélations.

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On ne sait toujours pas ce qu’a filmé la caméra
On ne le sait pas précisément. Sur la place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, une caméra de vidéosurveillance filme à 360 degrés, et a donc vraisemblablement pu filmer l’intégralité de la scène qui s’y est déroulée, en marge de la manifestation du 1er Mai : les violences de M. Benalla envers deux manifestants, mais aussi ce qui s’est déroulé avant et après leur interpellation.
Dans son entretien au Monde, Alexandre Benalla explique avoir été contacté par « quelqu’un à la préfecture de police » qui affirmait détenir « la vidéo du gars et de la fille en train de jeter des projectiles sur les CRS ». Cet interlocuteur, que M. Benalla refuse d’identifier, lui aurait proposé les images pour qu’il puisse « se défendre ». Ce qu’il a accepté.
Les images ont circulé illégalement
C’est une question majeure de l’affaire. Les images n’ont pas été transmises à l’inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), qui avait pourtant été saisie dès le 2 mai sur la base d’images filmées par des témoins. Marie-France Monéger-Guyomarc’h, la directrice de l’IGPN, a expliqué mardi 24 juillet, lors de son audition par des parlementaires, que ses services n’avaient pas reçu les images : « Le préfet de police aurait pu effectivement nous transmettre cette vidéo, je ne peux pas répondre pour lui. »
Les images ont cependant été conservées par la préfecture de police. Le 18 juillet, immédiatement après les révélations du Monde, elles ont été transmises à M. Benalla, illégalement. Trois fonctionnaires de police ont été sanctionnés pour cette raison. M. Benalla affirme qu’elles lui ont été proposées, et que ce n’est pas lui qui a cherché à les consulter. Dans son entretien au Monde, il dit avoir reçu un CD contenant les images, qu’il assure ne pas avoir consulté, et l’avoir transmis « à l’Elysée », « à un conseiller communication ».
Jeudi matin, l’Elysée a confirmé qu’Alexandre Benalla avait remis ces images à Ismaël Emelien, conseiller spécial du président de la République. La Commission nationale informatique et libertés, qui dispose de pouvoirs de contrôle de la vidéosurveillance, a diligenté ce lundi 23 juillet un contrôle sur pièces sur l’utilisation de ces images.
L’Elysée est soupçonné d’avoir voulu instrumentaliser les images
Cette transmission des images à l’Elysée constitue un point particulièrement problématique de l’affaire. La vidéo n’a pas été rendue publique, alors qu’elle constitue un élément-clé de compréhension de ce qui s’est passé ce 1er mai. Pis, M. Benalla affirme, dans son entretien au Monde, que le service de communication de l’Elysée a « essayé de la diffuser et de la fournir à des gens, pour montrer la réalité des faits ».
Ce qui laisse supposer que l’Elysée a tenté d’instrumentaliser ces images pour promouvoir « sa » version des faits, sans le faire publiquement, et ce alors que le gouvernement a promis à plusieurs reprises de faire toute la lumière sur les événements qui se sont déroulés place de la Contrescarpe.

        Lire notre article sur la vidéosurveillance :
         

          Affaire Benalla : souriez, vous pouvez filmer



La conservation des images pose plusieurs questions
En France, la vidéosurveillance est très encadrée. Seules les autorités peuvent filmer ce qui se déroule sur la voie publique. Les images filmées ne sont pas librement accessibles à tous les fonctionnaires de police : la préfecture fixe une liste de personnes habilitées, établie par le préfet de police, qui « bénéficient à ce titre d’un accès sécurisé et sont tenues à une obligation de discrétion », comme le rappellent les arrêtés encadrant les installations.
Les images ne peuvent être conservées plus de trente jours — sauf dans les cas où une enquête en cours nécessite leur exploitation pour une durée plus longue. Elles peuvent dans ce cadre être transmises à d’autres services d’enquête. Des dérogations existent sur certains points dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Dans le cas précis de l’affaire Benalla, la légalité ou l’illégalité de la conservation des images est un point-clé. L’enquête déclenchée par l’IGPN, mise en suspens après quelques jours, n’avait visiblement pas requis la conservation de la vidéo du 1er mai. On ignore si une autre enquête, visant par exemple d’autres violences qui se seraient déroulées ce jour-là, a pu fournir une raison de leur conservation.
« En règle générale, conserver les images quelques jours suffit à effectuer les vérifications nécessaires en cas d’incident, et permet d’enclencher d’éventuelles procédures pénales. Si de telles procédures sont engagées, les images sont alors extraites du dispositif (après consignation de cette opération dans un cahier spécifique) et conservées pour la durée de la procédure », rappelle la Commission nationale informatique et libertés (CNIL).
Ironiquement, M. Benalla aurait pu, en mai, consulter tout à fait légalement les images de la place de la Contrescarpe : la loi prévoit que toute personne filmée par des caméras peut demander à voir les vidéos sur lesquelles elle apparaît.
L’efficacité de la vidéosurveillance reste encore à prouver
Paris a mis en place, depuis 2009, un large plan d’équipement en caméras de vidéosurveillance. Un peu plus d’un millier de caméras, gérées par la préfecture de police, filment la voie publique. S’y ajoutent environ 30 000 caméras équipant les réseaux de transport, pour lesquelles les images ne sont conservées que soixante-douze heures, et que les forces de l’ordre peuvent réquisitionner en cas de besoin.
La capitale compte aussi un nombre indéterminé de caméras privées, qui équipent banques, commerces et entreprises, dont les images peuvent également être réquisitionnées, mais qui obéissent à des règles plus strictes — elles ne peuvent notamment pas avoir pour but premier de filmer la voie publique.
La plupart des grandes villes françaises ont déployé des systèmes de vidéosurveillance, d’importance variable. Avec 2 030 caméras, Nice est la ville la plus vidéosurveillée de France par rapport à sa population. Mais la vidéosurveillance s’est aussi développée ces dernières années dans des communes plus petites.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine, et Olivier Rouquan, politologue, détaillent les caractéristiques constitutives d’une affaire d’Etat.
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Affaire Benalla : « C’est la notion de dissimulation qui crée l’affaire d’Etat »

Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine, et Olivier Rouquan, politologue, détaillent les caractéristiques constitutives d’une affaire d’Etat.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 12h02
    |

            Charlotte Chabas








                        



Depuis une semaine, l’actualité politique du pays est largement bouleversée par la révélation des actes de violence commis le 1er mai, place de la Contrescarpe, à Paris, par Alexandre Benalla, alors qu’il était chargé de mission employé par le cabinet de l’Elysée, et le manque de réaction de la part de l’Etat. A l’unisson pour une fois, l’opposition, de droite et de gauche, a promptement dénoncé « une affaire d’Etat ». De son côté, l’entourage du président s’est évertué à démentir pied à pied cette accusation, estimant, à l’image du premier ministre, qu’« une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d’Etat ».
Derrière cette passe d’armes, le terme d’« affaire d’Etat », qui n’est pas défini juridiquement, pose question. Depuis le début de la Ve République, qui donne des pouvoirs très forts au président de la République, les mandats exécutifs ont souvent été entachés d’une affaire d’Etat : Ben Barka pour Charles de Gaulle (1965), Markovic pour Georges Pompidou (1968), les diamants de Bokassa pour Valéry Giscard d’Estaing (1979), le Rainbow Warrior pour François Mitterrand (1985), les emplois fictifs de la Mairie de Paris pour Jacques Chirac (1999), Karachi pour Nicolas Sarkozy (20202), ou encore Cahuzac pour François Hollande (2012)…
Si la teneur des faits qui font que l’on parle d’une affaire d’Etat est variable — scandale diplomatique, corruption, népotisme ou autres violences —, il existe des ressorts communs qui permettent d’en distinguer les caractéristiques constitutives, selon Jean Garrigues et Olivier Rouquan, respectivement professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans, et politiste et chercheur associé au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (université Paris-II Panthéon-Assas).
Implication du plus haut sommet de l’Etat
En 1999, Lionel Jospin, alors premier ministre, se retrouve en première ligne après l’incendie de la paillote Chez Francis, dans le golfe d’Ajaccio, et la mise en cause dans cette affaire de trois gendarmes du groupe des pelotons de sécurité (GPS). Sa ligne de défense est claire : « C’est une affaire de l’Etat, ce n’est pas une affaire d’Etat. » Une distinction qu’il justifie par l’absence d’intervention au niveau de l’exécutif, c’est-à-dire « qu’il s’agisse du premier ministre, du ministre de la défense, de l’intérieur, du garde des sceaux », explique M. Rouquan.
Une différenciation qu’opère aussi M. Garrigues : « Une affaire d’Etat, c’est une affaire qui remet en question le pouvoir exécutif, et implique le sommet de l’Etat, pas forcément dans sa responsabilité mais dans son périmètre. » Dans l’affaire Benalla, « il s’agit de l’entourage très proche de Macron, ça pose question sur les choix de recrutement de l’exécutif et les privilèges accordés de manière imprudente », résume Jean Garrigues.

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Une « idée qu’on veut protéger le pouvoir »
Derrière les faits révélés, souvent par voie de presse de manière « assez spectaculaire », selon Olivier Rouquan, c’est « la notion de dissimulation qui crée l’affaire d’Etat ». Le politiste opère en effet « une distinction en trois types » :
« Une affaire d’Etat peut être liée à la raison d’Etat, c’est-à-dire quand l’Etat de droit n’est pas respecté au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat. Elle peut aussi exister lorsqu’il y a des intérêts privés qui outrepassent les intérêts de la nation. Enfin, c’est lorsqu’il y a l’idée qu’on veut protéger le pouvoir. C’est ce dernier cas qui est pertinent dans le cas de l’affaire Benalla ».
Ce constat est partagé par M. Garrigues, qui estime qu’« on est très loin d’une affaire des Irlandais de Vincennes [1982] ou des écoutes de l’Elysée [1983-1986], sous François Mitterrand, qui étaient des opérations en contravention totale avec la loi ». Mais derrière les faits qui, « d’un point de vue historique paraissent d’une gravité relative », il y a ce que l’historien appelle « le deuxième étage de la fusée », « comment l’affaire a été couverte, et la manière dont personne n’a prévenu le procureur ».
Dans le cas de l’affaire Benalla, « à ce jour, ce qui fait l’affaire d’Etat, c’est la gestion de l’affaire plus que son fond », résume M. Rouquan, qui note toutefois qu’on « ne sait pas encore tout : si lors des enquêtes, on découvre une filière de sécurité qui s’affranchit des règles de manière systémique, cela pourra créer une affaire plus vaste ».

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Elle bouleverse l’ordre des institutions
Une affaire d’Etat provoque généralement un débat de société d’une ampleur qui conduit à « bousculer le fonctionnement des institutions », souligne l’historien Jean Garrigues. Une affaire d’Etat peut ainsi le devenir « à l’aune de la réaction politique qu’elle engendre, notamment par le contre-pouvoir parlementaire », note le politologue Olivier Rouquan. « C’est l’aspect positif des affaires d’Etat, elles permettent généralement au pouvoir législatif de se faire davantage entendre », abonde M. Garrigues.
En ce sens, l’affaire Benalla a bousculé l’agenda parlementaire, provoquant la constitution de commissions d’enquête et le report de la réforme constitutionnelle, au mieux à la rentrée de septembre.
Un révélateur d’une manière d’exercer le pouvoir
Ce qui peut transformer une polémique en affaire d’Etat tient aussi au contexte dans lequel les faits sont révélés. Dans le cas présent, « il y a un pouvoir qui se voulait exemplaire et qui montre un comportement amateur et informel », juge le politologue. Or, selon lui, Emmanuel Macron « a fondé sa légitimité sur le fait de régénérer moralement l’exercice du pouvoir ».
L’ampleur prise par les faits se justifie selon M. Rouquan comme « un retour de bâton lié à une déception populaire. » Les premiers sondages réalisés, notamment par BFM-TV, montrent un « choc » dans l’opinion publique, notamment parmi les électeurs de M. Macron au premier tour de l’élection présidentielle en 2017.
« Le sentiment de défiance risque de grandir encore, c’est un fossé qui se creuse encore un peu plus entre les Français et l’exécutif », craint de son côté l’historien.

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Une « parole politique forte »
Dès lors, comment prend fin une affaire d’Etat ? « Soit dans le brouhaha, soit dans une parole politique forte », estime Jean Garrigues.
Dans le premier cas, il s’agit de laisser l’affaire s’éteindre, en s’appuyant notamment sur la lenteur du temps judiciaire — il aura ainsi fallu neuf ans d’instruction dans l’affaire des écoutes de l’Elysée dans les années 1980, par exemple —, ou en trouvant des contre-feux pour « changer de sujet », avance Olivier Rouquan. Pour l’affaire Benalla, « la stratégie d’extinction ne serait pas une bonne solution, car elle renforcerait l’idée d’opacité et d’autoritarisme », estime Jean Garrigues.
Dans le second cas, il s’agit « d’une clarification devant les Français par l’exécutif mis en cause », note l’historien, qui estime qu’il serait « plus stratégique pour le président de se livrer à un mea culpa à l’américaine ». « Même un président très régalien comme François Mitterrand acceptait la prise de parole au plus fort de la crise, pour s’adresser aux Français, les yeux dans les yeux », rappelle le politiste.

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Le président de la République n’a pas choisi cette option. Pour l’heure, il s’est exprimé, mardi 24 juillet, devant des députés de la majorité, avant de faire quelques déclarations devant la presse, lors d’un déplacement dans les Pyrénées, le lendemain.
« Il y a un vrai problème de gestion d’opinion, qui laisse le doute s’installer sur la personne qui incarne le pouvoir », résume Olivier Rouquan.

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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.
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Affaire Benalla : l’habile tour de passe-passe de Macron

Editorial. Si le président de la République a reconnu la gravité des faits reprochés à Benalla, il a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h25
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron assume. En s’exprimant pour la première fois, mardi 24 juillet, sur les faits de violence du 1er-Mai pour lesquels son collaborateur Alexandre Benalla a été mis en examen, il a proclamé, devant des députés de sa majorité : « Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » « S’ils veulent un responsable, a-t-il poursuivi, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. » Le chef de l’Etat s’est abstenu d’identifier ces « ils ». Les médias ? Les juges ? Les parlementaires ? Les Français ?
Le président assume donc sa responsabilité personnelle et il récuse la « République des fusibles ». Cette responsabilité tient essentiellement à la confiance qu’il a naguère prodiguée à M. Benalla. Il a marqué sa « déception » et dénoncé sa « trahison ».
Mais, en même temps, applaudi par ses fidèles, il a fait l’éloge de son collaborateur, saluant son « courage », son « talent », son « engagement » (à quatre reprises) et même sa « dignité ». Alors que des enquêtes, judiciaires, parlementaires, sont toujours en cours, il a plaidé responsable, mais pas coupable, des fautes et des erreurs qui ont émaillé cette affaire. Une posture que M. Macron peut afficher d’autant plus facilement qu’il est protégé par la Constitution.

Plus jupitérien que jamais, M. Macron a assumé son exercice très vertical du pouvoir et sa méfiance vis-à-vis de tous les contre-pouvoirs. Il voit dans cette affaire « un spectacle où la tentation pour presque tous les pouvoirs est de sortir de son lit ». Ses accusations sont graves.
« L’autel de l’émotion populaire »
La presse ? Elle « ne cherche plus la vérité » et « veut devenir un pouvoir judiciaire qui a décidé qu’il n’y avait plus de présomption d’innocence ». La justice ? Il se dit attaché à ce qu’elle fasse son travail. Mais il relève un « problème de fonctionnement », avec des auditions et des recherches qui sortent « à la seconde même dans la presse ». Le pouvoir législatif ? Il est tenté, énonce-t-il en visant plus particulièrement la « coalition baroque » des oppositions, « de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire ».

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M. Macron s’est ainsi livré à un habile tour de passe-passe. Tout en se défendant de sacrifier des collaborateurs sur « l’autel de l’émotion populaire », il a reconnu la gravité des faits reprochés à M. Benalla et entend corriger les dysfonctionnements observés. Mais, en même temps, il a cherché à faire disparaître la crise que l’affaire a générée. Paradoxalement, en tentant de faire baisser la pression, il a admis en creux l’importance de la crise que traverse l’exécutif.
En malmenant les contre-pouvoirs, en laissant planer des zones d’ombre, des imprécisions, des omissions, voire des contradictions, le président de la République fait un pari osé. Le résultat de sa contre-attaque pourrait aboutir à l’inverse de l’objectif recherché et mettre de l’huile sur le feu en galvanisant ses oppositions. M. Macron espère sans doute que l’été apaisera la fièvre et que le Parlement reprendra à la rentrée le chemin de la réforme constitutionnelle. Mais il n’est pas sûr qu’il ait rempli son rôle de gardien des institutions.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Dans un courrier au directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, François Molins demande les raisons pour lesquelles les deux jeunes gens n’ont pas été mis en cause.
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Affaire Benalla : le procureur de Paris demande des explications à la police

Dans un courrier au directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, François Molins demande les raisons pour lesquelles les deux jeunes gens n’ont pas été mis en cause.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h37
    |

            Emeline Cazi et 
Ariane Chemin








                        



                                


                            

Pour moins que ça, des étudiants et des manifestants sont aussitôt présentés à la justice, puis jugés en comparution immédiate. Une carafe jetée sur des forces de l’ordre, deux autres objets — vraisemblablement un cendrier, peut-être un autre —, sans oublier le bras d’honneur pour elle, l’index menaçant pour lui : en général, ce genre de comportements n’est pas laissé impuni.

Ce mardi 1er mai, pourtant, ni le jeune homme de 29 ans, ni la jeune femme de 30 ans, désormais connus comme le couple brutalisé par Alexandre Benalla place de la Contrescarpe, à Paris, n’ont été poursuivis par la justice, alors que 109 personnes étaient placées en garde à vue en fin de journée, sur les 283 personnes arrêtées à l’issue des manifestations. Et qu’au moins une quinzaine de personnes ont été déférées ce jour-là, notamment pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ». De quoi s’interroger. Selon nos informations, le procureur de la République de Paris a d’ailleurs adressé un courrier au directeur de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), mercredi 25 juillet. Il lui demande les raisons pour lesquelles les deux personnes n’ont pas été mises en cause pour des violences envers des forces de l’ordre. Et pourquoi ce jour-là aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre elles.
« Bon esprit »
Tous deux sont installés dans la banlieue sud de Paris. Ce soir-là, un peu avant 20 heures, ils se trouvent sur la place de la Contrescarpe, haut lieu touristique de la capitale, souvent bondé jusque tard dans la nuit. En ce jour férié, ils cherchent à s’attabler « pour une bière ou une crêpe », afin de « fêter le sixième anniversaire de leur rencontre », du moins selon leur avocat, Me Sahand Saber.
Le jeune homme est grec, mais il vit à Paris, où il travaille comme cuisinier. Elle, polyglotte, a vécu à Athènes, où elle a passé son bac,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Selon Benalla, c’est dès le 1er mai au soir que deux opérateurs en civil de la préfecture ont repéré sur Twitter des images de la manifestation durant laquelle il moleste deux manifestants.
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Affaire Benalla : comment et quand les acteurs du dossier ont visionné la vidéo du 1er-Mai

Selon Benalla, c’est dès le 1er mai au soir que deux opérateurs en civil de la préfecture ont repéré sur Twitter des images de la manifestation durant laquelle il moleste deux manifestants.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Qui savait, et quand ? C’est une des questions principales de l’« affaire Benalla » pour permettre de reconstituer les manquements dans la chaîne hiérarchique.
La scène de la place de la Contrescarpe, à Paris, le 1er mai, dans laquelle on voit Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, brutaliser une jeune femme et molester un jeune homme, a été filmée par Taha Bouhafs, un militant de La France insoumise qui a été candidat aux législatives dans l’Isère, et par Nicolas Lescaut, également militant LFI et élu de l’UNEF. Leurs deux vidéos ont été postées sur Twitter le jour même — la première à 20 h 17.
Au terme d’une semaine d’auditions par les commissions d’enquête mises sur pied à l’Assemblée nationale et au Sénat, voici ce que l’on sait des connaissances des différents acteurs du dossier sur l’existence de cette vidéo.

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La vidéo était connue dès le 1er mai, selon M. Benalla
Dans un entretien au Monde, Alexandre Benalla assure que c’est dès le 1er mai au soir, une heure et demie après les faits, que deux opérateurs en civil, dans la salle de commandement à la préfecture de police, ont repéré sur Twitter des images de la manifestation de la place de la Contrescarpe.
L’intéressé dit en avoir pris connaissance, avec le major Mizerski et un sous-directeur de la préfecture, dans une pièce attenante à la salle de commandement.
« Je ne comprends pas l’ampleur que ça va prendre, et c’est là justement mon erreur », dit M. Benalla, qui sous-entend ainsi ne pas en avoir fait part à ses collaborateurs.
Le 2 mai, Alexandre Benalla dit recevoir « un coup de téléphone de Patrick Strzoda », le directeur de cabinet du président de la République : « “Alexandre, qu’est-ce que c’est que cette histoire de vidéo, est-ce que vous pouvez venir me voir ?” C’est là que je comprends que j’ai fait une faute. »
Au ministère de l’intérieur, à la préfecture et à l’Elysée, on assure l’avoir découverte le 2 mai au matin
Que ce soit Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, Michel Delpuech, le préfet de Paris, Alain Gibelin, directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris, ou encore Alexis Kohler et Patrick Strzoda, respectivement secrétaire général et directeur de cabinet de l’Elysée, tout le monde s’accorde pour dire que c’est le 2 mai au matin que la vidéo sur laquelle apparaît M. Benalla serait officiellement entrée dans le champ des radars.
Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet)
« Après la réunion d’état-major (ouverte à 8 h 30), je me suis rapproché du chef du cabinet du ministre de l’intérieur pour visionner une vidéo qu’il m’avait signalée plus tôt ce matin-là. J’ai pris connaissance de cette vidéo, et il m’a indiqué que l’auteur des violences était un collaborateur de la présidence de la République, M. Alexandre Benalla. A ce moment-là, le chef de cabinet m’informe qu’il a eu connaissance de cette vidéo par un chargé de mission de la présidence. Après avoir regardé cette vidéo, je me suis, en accord avec le chef de cabinet du ministre de l’intérieur, mis en relation avec le directeur de cabinet du président de la République, pour m’assurer qu’il avait bien eu, à son niveau, connaissance de cette information, ce qu’il m’a confirmé. C’est à ce moment-là, et alors que je m’apprêtais à appeler le préfet de police, pour partager avec lui cette information, que ce dernier m’a contacté. »
Michel Delpuech, préfet de Paris : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 23 juillet)
« Autour de 10 h 15, alors que j’avais regagné mon bureau, j’ai reçu un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée [conseiller intérieur et sécurité du président de la République]. Il vient aux nouvelles auprès de moi pour me parler de “l’affaire Benalla”, je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de “l’affaire Benalla”. Je lui dis que je vais me renseigner. »
« Dans le même temps, mon service communication a trouvé la vidéo, nous la visionnons sur grand écran dans le bureau de mon directeur de cabinet. Il est vers 10 h 15, 10 h 30. »
« Après cet appel de la présidence de la République qui m’apprend l’existence de la vidéo Benalla […], j’ai joint en premier lieu le cabinet du ministre de l’intérieur, qui me répond qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet. […] Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
Alain Gibelin, directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet) :
« Le 2 mai, sur le coup de 9 h 30-10 heures, je reçois sur mon téléphone portable, un coup de téléphone du directeur de cabinet du préfet de police m’informant de l’existence sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant M. Benalla en train de concourir à une interpellation. Il me demande si j’ai des éléments de réponse à apporter. Immédiatement, je regarde sur mon ordinateur, j’ai vu sur YouTube la vidéo. »
Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet)
« J’ai appris le 2 mai au matin qu’un chargé de mission de l’Elysée aurait eu un comportement inapproprié et choquant. Je l’ai appris en prenant connaissance d’une vidéo montrée par le conseiller en charge des réseaux sociaux, et cette vidéo montrait une scène d’affrontements violents, poursuite assez confuse, et une autre scène qui était celle de l’intervention de ce chargé de mission qui semblait être M. Benalla. »
Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée : (source : audition devant la commission d’enquête du Sénat, le 26 juillet)
« J’ai été informé le 2 mai dans la matinée par le conseiller en charge des réseaux sociaux et par le directeur de cabinet de l’Elysée de la publication de la vidéo. Le directeur de cabinet m’indique qu’il a d’ores et déjà convoqué l’intéressé, qui a reconnu sa présence sur les lieux et sa participation à des interpellations. Je m’assure que la préfecture et le cabinet du ministère de l’intérieur sont bien informés. »
Eric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République : (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 25 juillet)
« Le 2 mai, Alexandre Benalla vient me voir en m’expliquant qu’il a participé à une interpellation au cours de la manifestation du 1er-Mai, en raison du fait que des manifestants jetaient des objets sur les forces de l’ordre et sur lui-même. Il m’a montré une bribe de son intervention sur son téléphone portable, je n’ai pas reconnu Vincent Crase et j’ai à peine reconnu et discerné Alexandre Benalla. C’est par la suite seulement, je ne sais plus si c’est le 2 ou le 3 mai, qu’il me dit que Vincent Crase était avec lui. »
Gérard Collomb est informé le 2 mai en début après-midi
Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, assure pour sa part n’avoir été mis au courant de l’existence de la vidéo et des actes commis par M. Benalla que le 2 mai en début d’après midi.
« Ce n’est qu‘en rentrant en début d’après-midi [le 2 mai] que, lors d’un de nos points de situation quotidiens, mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m’informent de l’existence d’une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe, de l’implication de M. Benalla dans ces faits et de la qualité de celui-ci », a déclaré M. Collomb (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 23 juillet).
« Ils m’indiquent s’être entretenus avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République, ce qui est une démarche tout à fait appropriée ».
Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, a confirmé : « Le ministre est parti en déplacement sans que nous puissions faire avec lui un point d’actualité du jour, comme nous en avons l’habitude. Dès son retour, vers 15 heures, 15 h 30 au plus tard, nous avions prévu avec le chef de cabinet de faire un point avec lui pour lui présenter la vidéo. » (source : audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet).
La « police des polices » assure avoir été alertée le 3 mai et n’avoir pas donné suite
Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a déclaré, lors de son audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 24 juillet, que « l’IGPN a[vait] reçu un signalement de violence policière le 3 mai à 2 h 13, par le biais de la plate-forme Internet, de la part d’un jeune pas témoin des faits, mais qui relayait des images trouvées sur Internet ».
« De notre côté, il n’y a pas de doutes que les protagonistes étaient des policiers. Les agents [qui analysent la vidéo] relèvent qu’il s’agit d’effectifs en civil, que les gestes techniques en opération sont assez mal réalisés, mais sans actions illégitimes », a-t-elle expliqué pour justifier qu’aucune suite n’ait été donnée à ce moment-là.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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Tour de France : Arnaud Démare s’impose à Pau

Le sprinteur français de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième étape de sa carrière, jeudi 26 juillet. Le Britannique Geraint Thomas (Sky) reste en jaune.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h45
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 19h01
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Arnaud Démare a bien fait de s’accrocher dans la montagne. « Et pas qu’à son espoir de victoire », ne manqueront pas d’ajouter ceux qui ont accusé le Tricolore de s’être aidé de la voiture pour terminer les étapes pyrénéennes dans les délais.
Au lendemain du procès en tricherie intenté sur les réseaux sociaux par son adversaire de sprint, Andre Greipel, qui, lui, a jeté l’éponge dans les Alpes, le coureur de la Groupama-FDJ a remporté la deuxième victoire de sa carrière dans le Tour de France, jeudi 26 juillet, à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Une fois n’est pas coutume, l’étape du jour s’est soldée par un doublé français : le natif de Beauvais (Oise) s’est imposé devant Christophe Laporte (Cofidis). Une première dans un sprint depuis 1978. Arnaud Démare, au micro de France Télévisions :
« Je ne me suis pas battu pour rien. C’est la récompense. Je ne suis pas le meilleur en montagne, mais je savais que les jambes étaient là. Je peux remercier Andre Greipel [qui l’a accusé hier de s’être accroché à la voiture pour finir dans les délais]. Aujourd’hui j’ai beaucoup pensé à lui. Je donne tout, le maximum. J’ai travaillé dur en montagne avant le Tour. Certains sprinteurs n’ont pas réussi [à survivre aux Alpes et aux Pyrénées]. »

📺 Relive the sprint of Stage 18 and and @ArnaudDemare's 2nd stage win on Le Tour ! 🏆🇫🇷 
— LeTour (@Le Tour de France)


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Peter Sagan affaibli
Le coureur de 26 ans pourra également remercier ses coéquipiers. Le train de l’équipe dirigée par Marc Madiot a passé son après-midi en tête de peloton pour limiter l’avance des cinq échappés du jour (Hayman, Durbridge, Terpstra, Boudat et Van Keirsbulck), maintenus à moins de trois minutes. Les fuyards repris à une quinzaine de kilomètres de la ligne, le sort se jouerait au sprint.
Débarrassé d’une bonne partie de ses habituels concurrents, incapables de passer la montagne (Gaviria, Greipel, Kittel, Groenewegen) ou affaibli (Sagan, victime d’une lourde chute la veille), Démare n’avait pas le droit à l’erreur à Pau. Il pourrait même doubler la mise dimanche, sur les Champs-Elysées, s’il finit dans les délais demain, au cours de la dernière étape en altitude. Nul doute qu’il sera particulièrement surveillé entre Lourdes et Laruns, loin derrière les favoris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les légistes tentaient, jeudi, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées par l’incendie de lundi, à l’est d’Athènes.
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Après les incendies en Grèce, le difficile processus d’identification

Les légistes tentaient, jeudi, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées par l’incendie de lundi, à l’est d’Athènes.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h31
   





                        


Quatre jours après l’incendie le plus meurtrier de l’histoire récente de la Grèce, qui a fait 82 morts, les légistes tentaient, jeudi 26 juillet, de mettre un nom sur des dizaines de corps retrouvés dans les zones ravagées, à l’est d’Athènes. Selon la chaîne publique ERT, plus d’une trentaine de corps ont été identifiés.
Les autres sont toujours en cours d’examen par une équipe renforcée de légistes, qui espèrent terminer la procédure samedi, pour une bonne part grâce à l’ADN de proches supposés, a expliqué à l’agence de presse grecque ANA le chef du service médico-légal d’Athènes, Nikos Karakoukis. Un des légistes a qualifié auprès de l’agence la catastrophe de « massive, avec beaucoup de corps calcinés, ce qui complique la procédure ». Les familles ne sont pas autorisées à voir les corps, un des médecins confiant que le corps médical lui-même « avait du mal à supporter ».
Outre un numéro officiel ouvert aux familles, un mur des disparus informel, ouvert par des développeurs privés sur Internet, et selon la presse « agréé » par la protection civile, affichait toujours jeudi la photo de 27 personnes portées disparues, sans qu’on puisse savoir si certaines figurent ou non parmi les corps retrouvés. Des hommes et femmes de tous âges, pour la plupart souriants sur des photos de famille, tous porteurs de noms grecs.

        Lire :
         

          Après des incendies dévastateurs et meurtriers, la prise en charge des sinistrés s’organise en Grèce



Mesures d’urgence
Par ailleurs, le ministère des infrastructures a annoncé que sur 2 489 maisons auscultées par quelque 340 agents jusqu’à mercredi soir dans la zone côtière sinistrée de Mati, près de la moitié (48,93 %) ne sont plus habitables. Jeudi matin, les agents du ministère sillonnent les ruelles pour marquer les maisons « de différentes couleurs en fonction de leur état, celles qu’il faudra détruire, et celles qui peuvent être réparées » explique Sia, une des employées.
Sur des portails, des habitants ont apposé des messages signalant qu’ils « allaient bien ». Nombre de rescapés ont été pris en charge par des associations, qui fournissent hébergement dans les villes voisines, vêtements et nourriture. La situation a créé un vaste élan de solidarité. Le ministère de l’éducation a par ailleurs annoncé que trois établissements scolaires seraient rouverts vendredi dans la zone.

        Lire le reportage :
         

          Grèce : à Mati, « la nuit a été dure, c’était l’apocalypse ! »



De son côté, le gouvernement a annoncé mercredi soir toute une série de mesures d’urgence pour les sinistrés, allant du versement d’indemnités pour la perte des proches et des maisons à l’exonération du paiement de l’électricité ou au rattrapage de points au concours universitaire. Les obsèques des victimes seront prises en charge. Un fonds spécial pour le réaménagement de la zone, ouvert aux dons, notamment étrangers, sera aussi créé, avec l’apport initial de 40 millions d’euros par l’Etat grec.
Les autorités critiquées par la presse d’opposition
Les partis d’opposition restent discrets pendant le deuil national, qui s’achève vendredi, et la presse progouvernementale préfère souligner la vague de solidarité qu’a suscitée la tragédie. En revanche, la presse d’opposition commence à s’en prendre aux autorités.
« Le gouvernement cherche à absoudre ses péchés en annonçant un paquet préélectoral », commente froidement le journal centriste d’opposition Ta Nea, regrettant qu’il n’y ait « pas encore eu de démission ». « Une tentative du gouvernement pour gérer politiquement son inaptitude », lance le quotidien libéral Kathimerini à propos des mesures annoncées. Et de dénoncer en bloc les divers services impliqués, en publiant les actes d’une réunion de coordination sur la prévention des feux qui s’était tenue en avril dans l’Attique, la région sinistrée.
« Municipalités, préfectures, pompiers et forestiers se sont disputés au lieu d’organiser la lutte contre le feu », écrit le journal, dénonçant après le drame de lundi « l’arbitraire et l’irresponsabilité du gouvernement, des autorités locales, de la préfecture » notamment. « Ce désastre horrible va être le prétexte d’une controverse politique », prédit déjà le journal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ D’une valeur de 3 milliards d’euros, la commande est la plus importante passée en France pour des TGV.
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La SNCF confirme avoir commandé une centaine de « TGV du futur » à Alstom

D’une valeur de 3 milliards d’euros, la commande est la plus importante passée en France pour des TGV.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 18h55
   





                        



   


La SNCF a validé, mercredi 25 juillet, l’octroi à Alstom d’un contrat de 3 milliards d’euros portant sur une centaine de trains à grande vitesse (TGV), une commande cruciale pour le constructeur ferroviaire français, prêt à passer sous le contrôle de l’allemand Siemens.
La commande concerne « une centaine de rames » de la cinquième génération de TGV et porte sur un montant « historique » de près de 3 milliards d’euros, a annoncé le président de la SNCF, Guillaume Pepy, lors d’une conférence de presse jeudi, précisant qu’il s’agissait de « la plus grosse commande de TGV jamais passée en France ».

        Lire aussi :
         

                Enquête de l’Union européenne sur le projet de fusion d’Alstom et de Siemens



La SNCF confirme ainsi une annonce prématurée faite le 22 mars par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, à l’issue d’un comité de suivi de la fusion entre Alstom et Siemens.
Ce contrat est en effet une bouffée d’oxygène pour Alstom, dont certaines usines étaient menacées depuis le rapprochement avec Siemens. Il est notamment crucial pour le site historique de Belfort, dont les commandes de TGV assuraient jusqu’ici une activité pour les salariés jusqu’en septembre 2019 seulement.
Fabrication de 20 motrices par an
Alstom emploie 460 salariés à Belfort, 9 000 en France et 34 500 dans le monde. Avec cette nouvelle commande, l’usine de Belfort sera responsable de la fabrication de 20 motrices par an pendant une décennie.
C’est « une bonne nouvelle pour tous ces sites », a affirmé un porte-parole d’Alstom à l’Agence France-Presse. Les « premiers sous-ensembles seront produits à partir de mi-2020, ce qui assurera de la charge au site » de Belfort.
La livraison des premières séries commencera en 2023 et se terminera en 2031. Guillaume Pepy a salué de son côté « une sacrée prouesse industrielle », précisant que la commande permettrait d’entretenir « 4 000 emplois pendant dix ans ».
Les nouvelles rames viendront remplacer le TGV Duplex, à étage, qui roule depuis 1995, avec de nouvelles voitures, d’une capacité comprise « entre 600 et 750 places » permettant « un gain de places de l’ordre de 20 % », a expliqué M. Pepy. « On en a beaucoup plus pour moins cher », a-t-il souligné. Le nouveau TGV sera également modulable, avec des fauteuils montés sur des rails permettant un aménagement flexible de l’intérieur des rames.
Alstom avait remporté en 2016 l’appel d’offres pour développer avec la SNCF cette nouvelle génération de TGV.



                            


                        

                        


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édition abonné


Les zones marines sauvages ont pratiquement disparu

La première étude systématique montre que des traces d’activité humaine sont retrouvées dans la majeure partie des océans.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 17h00
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

L’existence même de milieux marins sauvages ne sera-t-elle bientôt plus qu’un lointain souvenir ? Une étude publiée jeudi 26 juillet dans la revue Current Biology révèle qu’à l’échelle planétaire, seule 13 % de la surface des océans serait encore à l’état sauvage, exempte de traces liées à l’activité humaine. Pour l’équipe de chercheurs impliqués dans ce travail, ce constat plus qu’inquiétant signifie qu’il est temps d’agir – et en urgence – pour protéger ce qu’il reste de ces zones.
« Bien que l’océan soit immense – il couvre plus de 70 % de notre planète –, nous sommes parvenus à affecter de façon considérable la quasi-totalité de ce vaste écosystème », déplore Kendall Jones, chercheur à l’université de Queensland (Australie) et premier auteur de l’étude.
Or, « on sait que les zones marines non affectées par une activité humaine intense renferment des niveaux inégalables de biodiversité marine et d’espèces endémiques, ainsi qu’une diversité génétique élevée, poursuit ce spécialiste des plans de sauvegarde pour l’organisation non gouvernementale (ONG) de défense de l’environnement Wildlife Conservation Society. Il s’agit en outre d’un des derniers endroits où l’on peut encore rencontrer des populations importantes de superprédateurs [au sommet de la chaîne alimentaire], comme les requins. »
Afin de localiser ces zones et de quantifier leur étendue, le biologiste et ses collègues se sont livrés à une compilation et une analyse systématique, à l’échelle du km2, des données disponibles sur les activités humaines susceptibles d’avoir des répercussions sur le milieu marin. Le transport maritime, les activités de pêche ou encore le ruissellement de sédiments et de polluants découlant de l’agriculture intensive et de l’érosion des sols sont quelques-uns de ces « facteurs de stress » d’origine anthropique.
Répartition hétérogène
Selon les estimations des chercheurs, il ne reste plus,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le Mouvement du Pakistan pour la justice d’Imran Khan est en tête du scrutin, mais ses opposants dénoncent des fraudes et l’immixtion de l’armée.
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Pakistan : l’ancien champion de cricket Imran Khan revendique la victoire

Le Mouvement du Pakistan pour la justice d’Imran Khan est en tête du scrutin, mais ses opposants dénoncent des fraudes et l’immixtion de l’armée.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h16
    |

            Louis Imbert (Lahore (Pakistan), envoyé spécial)








                        


Ce n’est pas le « tsunami » dont Imran Khan rêvait. L’ex-joueur de cricket n’a toutefois pas attendu les résultats définitifs des élections générales pakistanaises. Il a revendiqué, jeudi 26 juillet, la victoire de son parti. « Nous avons réussi. On nous a donné un mandat », a-t-il déclaré lors d’une intervention télévisée en direct dans son quartier général de Bani Gala, à quelques kilomètres d’Islamabad.
Le décompte des votes, qui le plaçait en tête, a pris un retard inhabituel dans la nuit : ses rivaux dénoncent des fraudes. Avec à peine 47 % des voix recensées, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI) de M. Khan emporterait 114 sièges sur un total de 270 ouverts au vote au Parlement, selon des estimations de la presse : une majorité forte, mais encore trop courte pour qu’il puisse former seul un gouvernement.
Les accusations de ses principaux rivaux annoncent cependant une période de tourmente. La Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) et le Parti du peuple (PPP) de Bilawal Bhutto affirment que nombre de leurs agents électoraux ont été renvoyés des bureaux de vote par des soldats qui les gardaient, avant l’envoi des résultats à la commission électorale. « Ce sont des fraudes si flagrantes que tout le monde s’est mis à pleurer. Ce qu’ils ont fait aujourd’hui a ramené le Pakistan trente ans en arrière », a déclaré dans la nuit Shahbaz Sharif, qui dirige le PML-N en l’absence de son frère. L’ex-premier ministre Nawaz Sharif a en effet été emprisonné au début de juillet dans une affaire de corruption. Le parti a rejeté les résultats du scrutin avant même leur annonce officielle.
Tout au long de la campagne, les principaux rivaux du PTI avaient dénoncé des interférences, en leur défaveur, de la part de l’armée et du gouvernement temporaire, qui gérait les affaires courantes avant le vote. Des intimidations de candidats, la présence d’un nombre exceptionnel de soldats dans les bureaux de vote (plus de 370 000 hommes), des milliers d’enquêtes de police ouvertes contre des partisans du PML-N… Un porte-parole de l’armée a qualifié jeudi ces accusations de « propagande malveillante ». Quant à M. Khan, il se défend de longue date d’être le favori des militaires. S’il a pu faire trembler le PML-N depuis des mois, il le doit d’abord à sa propre métamorphose.
« Corruption » des vieilles familles
C’est son côté Donald Trump : M. Khan, le sanguin au tempérament de rock-star, fréquente les plus riches, tout en portant un discours antiélite crédible. Il a su tirer parti du dégoût des classes moyennes urbaines pour la « corruption » des vieilles familles politiciennes : la « mafia » des Sharif, celle des Bhutto. Lui n’a jamais été au gouvernement, ni directement inquiété par une affaire. Mais il a fini par devenir un réaliste. Pour s’imposer dans ce scrutin, il a su séduire de grands barons locaux à la réputation douteuse mais constituant un réservoir de votes, notamment dans le fief PML-N du Pendjab.

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                Au Pakistan, le clan Sharif joue sa survie politique face à l’armée



« Vous participez à des élections pour gagner. Pas pour être un gentil garçon », s’était-il justifié à la mi-juillet dans le quotidien Dawn. Nombre de ses militants historiques en restent désemparés. « C’est contre ces accapareurs de terres, contre ces islamistes incendiaires que nous nous étions dressés avec lui, pendant des années ! Et maintenant “ils” [l’armée] le soutiennent… C’est vraiment embarrassant… », soupire Amnah Mustafa, enseignante en sciences politiques à la Lahore School of Economics, passionnément engagée dans le PTI pendant dix ans. Aux militants jeunes et éduqués qui désertaient les meetings, les cadres du parti n’ont cessé de répéter qu’« Imran » menait cette année sa dernière campagne. Il a 65 ans. C’était aujourd’hui ou jamais.
Le peuple pakistanais n’a jamais manqué d’amour pour M. Khan, qui était adulé avant d’entrer en politique, en 1996. Il avait mené l’équipe nationale de cricket en tant que capitaine dans l’une de ses plus belles équipées en Coupe du monde, en 1992. Il était pourchassé par les paparazzis, il avait du succès auprès des femmes… Mais sans véritable appareil de parti, il n’a connu que l’échec.
Depuis octobre 2011, cependant, il montait : les rassemblements de masse qu’il organisait alors à Lahore, à Karachi, l’ont fait prendre au sérieux. En 2013, il refuse sa défaite aux élections générales, et dénonce des fraudes avec ses partisans, dans la rue. C’est là qu’il est le plus à l’aise. Au Parlement, il ne siège quasiment pas. Il est en campagne permanente depuis cinq ans. Les affaires judiciaires de M. Sharif lui ont donné l’occasion de multiplier les sit-in.
M. Khan se revendique nationaliste absolu, et musulman « born again ». Il a tout vu de l’Occident, seules comptent la foi et sa terre natale. Il a épousé sa conseillère spirituelle en février 2018 et a puisé, durant la campagne, dans les thèmes des mouvements de l’extrême droite islamiste. Sur les réseaux sociaux, ses partisans ont flirté avec les accusations de blasphème, qui au Pakistan sont des incitations au meurtre.
Imran Khan, « un franc-tireur »
Quant à l’armée, échaudée par l’ex-premier ministre Nawaz Sharif, qui l’a trop défiée, elle a paru s’interroger sur M. Khan. « Il est le moindre mal avec lequel l’armée puisse vivre. Mais elle s’en préoccupe : c’est un franc-tireur, qui se contredit lui-même à chaque détour de phrase… », estime Amir Mateen, animateur d’un talk-show sur une chaîne favorable à M. Khan.
Elu, serait-il contrôlable ? M. Khan a été successivement favorable et hostile au dialogue avec l’Inde, tendre et sévère avec les talibans. Depuis trois ans, il mesure ses dénonciations de l’Occident. Mais un coup de sang est vite arrivé : en 2012, il avait osé suggérer que l’armée abatte les drones américains qui frappaient des militants islamistes dans les régions tribales, à la frontière afghane.

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Les militaires fréquentent cependant de longue date le personnage. Il était revenu au cricket en 1987 à la demande du président putschiste Mohammad Zia Ul-Haq. Il a côtoyé le général Pervez Musharraf, avant de s’en écarter en fin de règne, en 2007. Il a surtout été proche de Hamid Gul, l’ancien chef des services secrets militaires pakistanais (Inter Services Intelligence), et grand soutien du « djihad » antisoviétique en Afghanistan, durant les années 1980. En 2013, le Tehrik-e taliban Pakistan, les talibans pakistanais, avait tenté sans succès de se faire représenter par « Taliban Khan » dans des pourparlers avec le gouvernement.
Selon les résultats préliminaires, M. Khan talonne le PML-N dans son fief du Pendjab, « verrou » de cette élection. Il a embrassé la cause du sud déshérité de la province. Il entend la réorganiser en cent jours. Il a promis la naissance d’un « Etat-providence islamique », dix millions d’emplois et cinq millions de logements neufs. Rares sont les analystes qui jugent ces annonces crédibles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Après trois ans d’enquête, un réseau de travail agricole dissimulé a été mis au jour dans l’Ain. Des Polonais envoyés par une mystérieuse agence d’intérim étaient payés 5 euros de l’heure pour travailler dans les champs.
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La fraude aux travailleurs illégaux gagne les champs

Après trois ans d’enquête, un réseau de travail agricole dissimulé a été mis au jour dans l’Ain. Des Polonais envoyés par une mystérieuse agence d’intérim étaient payés 5 euros de l’heure pour travailler dans les champs.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h13
    |

            Yann Bouchez (Bourg-en-Bresse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

De leur propre aveu, les enquêteurs ne s’attendaient pas à « ramasser » autant d’argent. Des liasses de billets rouges, bleus, orange ou verts, cachés dans des endroits insolites, dont une boîte à chaussures. Dans une penderie, plus de 100 000 euros.
Ce 18 juin, les perquisitions réalisées dans trois exploitations maraîchères au nord-est de Lyon, à cheval sur les départements de l’Ain et du Rhône, se révèlent fructueuses. Environ 350 000 euros sont saisis.
Les entreprises agricoles visées, en bordure de l’autoroute A46, d’où l’on distingue les champs et les serres à l’enfilade, n’ont pas été choisies au hasard. Voilà près de trois ans que les gendarmes de l’Ain, aidés par d’autres services d’enquête, les avaient dans le collimateur, après qu’un « renseignement » leur eut été fourni.
Dans leur viseur, des soupçons de travail dissimulé, étayés au fil des investigations. Cette opération, qui a mobilisé 90 gendarmes, mais aussi, entre autres, des fonctionnaires de la Mutualité sociale agricole, de l’Office central de lutte contre le travail illégal ou du groupe d’intervention régional de Lyon, ne s’est d’ailleurs pas limitée aux seuls maraîchers.
Le même jour, plus au sud, dans la banlieue de Valence, les locaux d’une agence d’intérim franco-polonaise promettant un « service de qualité au prix du discount » sont également visités. A la clé, 25 000 euros en cash saisis. Mais aussi des centaines de documents, dont des fiches de paie et des livres de comptes. Après avoir été analysés, ils viendront épaissir un dossier déjà bien fourni qui illustre la tentation, pour certains patrons peu scrupuleux en demande de main-d’œuvre, de recourir aux travailleurs étrangers sous-payés, hors du champ de la loi. En France, la fraude au détachement et les activités dissimulées figurent parmi les cas les plus fréquents de travail illégal.
« Tout était suspect »
Dans le cadre des perquisitions, dix personnes, dont les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
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Canicule : coup de chaud sur l’Ile-de-France, dix-huit départements en vigilance orange

Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 18h14
   





                        



   


Ventilateurs et brumisateurs sont à nouveau de sortie. L’Ile-de-France va connaître un coup de chaud jusqu’à vendredi, avec pour conséquence un pic de pollution à l’ozone, des restrictions de la circulation dans la région et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
Mercredi 25 juillet, Météo France a placé dix-huit départements en vigilance orange jusqu’à au moins jeudi après-midi : Paris, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise, le Nord, le Somme, le Pas-de-Calais, l’Aisne, la Marne, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, le Rhône, l’Ardèche, la Drôme. « Il s’agit d’un phénomène non remarquable mais nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées », souligne Météo France.

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Les véhicules les plus polluants seront interdits dans la capitale et en proche banlieue vendredi, a annoncé jeudi la préfecture de Paris. Mise en place de 5 h 30 à minuit, cette mesure concerne les véhicules non classés (pour la plupart dont l’immatriculation est antérieure à 1997) et les véhicules de classe 4 et 5, selon la classification des vignettes Crit’Air, obligatoires à Paris.
Un forfait antipollution de 3,80 euros pour la journée permettra d’emprunter les transports en commun franciliens. La région Ile-de-France prendra aussi en charge les coûts pour le covoiturage sur les trajets de courte distance.
Un pic de chaleur est attendu vendredi, prévoit Météo France, avec des températures comprises entre 34 et 37 degrés et des nuits de plus en plus chaudes, avant une accalmie ce week-end. Les températures devraient repartir à la hausse la semaine prochaine.
Episode de pollution à l’ozone
Les effets de ces fortes chaleurs se font sentir en Ile-de-France, avec un épisode de pollution à l’ozone. Le niveau maximum prévu vendredi dans la région francilienne sera compris entre 190 µg/m³ et 220 µg/m³ pour l’ozone, alors que le seuil d’information est fixé à 180 µg/m3, précise l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France (Airparif).
Ce gaz corrosif, qui favorise l’asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires, se forme sous l’action d’un fort ensoleillement et de températures élevées par la combinaison de deux polluants : les composés organiques volatils, émis par des sources naturelles mais également par l’industrie, et les oxydes d’azote (NO2), principalement émis par le trafic routier.
Le seuil d’information devrait aussi avoir été dépassé en Eure-et-Loire et dans le Loiret dès ce jeudi, tout comme dans l’est de la Seine-Maritime.

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Des îlots de fraîcheur
Pour lutter contre la pollution, la circulation en Ile-de-France a été réduite dès mardi de 20 km/h, et les poids lourds de plus de 3,5 tonnes doivent contourner l’agglomération parisienne. La préfecture a aussi demandé de réduire le fonctionnement des installations fixes des industries dont les émissions de composés organiques volatils contribuent à l’épisode.
Le préfet de Paris a déclenché le niveau 3 du plan de gestion de la canicule à Paris, qui correspond à une « alerte canicule ». Un numéro de téléphone (39 75) a été activé pour les personnes les plus fragiles.
Des salles où se rafraîchir sont ouvertes entre 14 heures et 18 heures, dans des mairies d’arrondissement ou des centres d’action sociale de la ville de Paris. L’application Extrema Paris, disponible sur smartphone, permet de repérer des îlots de fraîcheur, comme les parcs, les églises ou les lieux équipés de brumisateurs, ouverts le jour ou la nuit. D’autres salles sont ouvertes, par exemple dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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Par ailleurs, le distributeur Veolia Eau d’Ile-de-France refait campagne pour lutter contre l’ouverture intempestive de bouches à incendie en région parisienne, un phénomène apparu en 2015 qui complique le travail des pompiers et entraîne d’importantes pertes d’eau.

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Le thermomètre va aussi grimper ailleurs, notamment dans le Nord, où la température dépassait déjà les 20 °C mercredi à 5 h 45. A Lille, la mairie doit installer jeudi des brumisateurs sur deux places principales et deux parcs resteront ouverts dès mercredi soir jusqu’à 23 heures.
La préfecture du Nord a par ailleurs placé le département en « vigilance sécheresse » – niveau 1 sur une échelle de 4 – et appelle à éviter « tout gaspillage », sans imposer pour l’heure de restrictions. L’usage de l’eau est en revanche restreint dans des départements de l’Ouest en raison de la sécheresse, particulièrement en Vendée.
Pour les autres départements en vigilance jaune canicule (la moitié est de la France), « le pic de chaleur est attendu également pour vendredi », selon Météo France.
« Un moment de solidarité collective »
La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a rappelé mercredi sur RTL qu’« énormément de procédures » avaient été mises en place depuis une quinzaine d’années, et l’été meurtrier de 2003, pour faire face à ces épisodes caniculaires.
« Aujourd’hui nous établissons chaque semaine un décompte des personnels dans les services d’urgence. Nous adaptons évidemment les effectifs aux besoins, a déclaré la ministre. C’est aussi un moment de solidarité collective, c’est aussi le moment d’aller voir ses voisins. C’est le moment de faire attention à chacun d’entre nous et aux plus vulnérables. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le nombre de matelas au sol dans les établissements pénitentiaires reste très élevé, avec 1 667 dénombrés au début de juillet.
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Nouveau record pour les prisons françaises avec 70 710 personnes incarcérées

Le nombre de matelas au sol dans les établissements pénitentiaires reste très élevé, avec 1 667 dénombrés au début de juillet.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 17h38
   





                        



   


C’est un nouveau record. Au 1er juillet, 70 710 personnes étaient incarcérées dans les prisons françaises, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire publiés jeudi 26 juillet. Le précédent record, établi au mois de mai, était de 70 633 personnes incarcérées, selon les statistiques visibles sur le site du ministère de la justice et actualisées chaque mois.
Le nombre très symbolique de 70 000 détenus dans les 187 établissements pénitentiaires de France (départements et territoires ultramarins compris) avait, lui, été atteint en avril. L’augmentation de juin à juillet 2018 (+ 0,1 %) est toutefois moins importante que celle constatée à la même période il y a un an (+ 0,6 %).
Au 1er juillet, 82 943 personnes étaient placées sous écrou, dont 70 710 en détention dans un établissement pénitentiaire et 12 233 sous le coup d’une mesure de surveillance électronique ou d’un placement extérieur.
Augmentation du nombre de femmes et de mineurs
Parmi les personnes écrouées, le nombre des prévenus — incarcérés en attente de jugement — a encore augmenté ce mois-ci pour atteindre 21 007 personnes, contre 20 427 en juillet 2017.

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Résultat, si la densité carcérale reste stable au niveau national, elle apparaît très inquiétante, voire critique, dans les maisons d’arrêt et les quartiers maisons d’arrêt, où sont placés les prévenus, avec 142,5 %, une des plus mauvaises moyennes d’Europe.
Il ressort de la publication des statistiques que 105 établissements ou quartiers connaissent une situation de suroccupation supérieure à 120 % et 50 établissement, une suroccupation supérieure à 150 %. Le nombre des matelas au sol reste très élevé : 1 667 en juillet.
Parmi les hausses les plus significatives figurent celles du nombre de femmes (3 280) – qui représentent désormais 4 % des écroués – et de mineurs (877, soit 1,1 % des écroués).
A noter, la proportion grandissante des placements sous bracelet électronique, qui représentent 81,1 % des mesures d’aménagement de peine, et concernent 11 615 personnes.
7 000 nouvelles places d’ici à 2022
La réforme de la justice présentée en avril, avec un volet sur le système des peines, proscrit les détentions courtes, tout en garantissant l’application des peines d’emprisonnement de plus d’un an et en multipliant les alternatives en milieu ouvert.

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La réforme prévoit l’ouverture de 7 000 places d’ici à 2022, et non plus 15 000, comme l’avait promis Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.
Selon un sondage Harris Interactive réalisé en juin pour le barreau de Paris, les Français dans leur majorité estiment que l’incarcération en France est un modèle défaillant et que la prison ne remplit pas ses objectifs.
Six Français sur dix se disent d’autre part favorables à des alternatives à la prison : travaux d’intérêt général pour les peines légères des délinquants les plus jeunes, développement de prisons ouvertes où les détenus peuvent circuler librement pendant la journée.



                            


                        

                        


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Trump et Juncker signent un armistice commercial, à la surprise générale

Le président des Etats-Unis et le patron de la Commission européenne se sont, en outre, engagés en faveur de davantage de libre-échange.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 03h35
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 10h24
    |

            Arnaud Leparmentier (Washington, envoyé spécial)








                        



   


La conférence fut convoquée à la dernière minute dans la roseraie de la Maison Blanche… pour annoncer un armistice commercial entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a certes fait comme si l’affaire était jouée d’avance : « j’avais l’intention de parvenir à un accord aujourd’hui. Et nous avons un accord aujourd’hui », a-t-il déclaré ce mercredi 25 juillet. En réalité nul ne tablait réellement sur un compromis, lequel a fait dire à Donald Trump qu’« aujourd’hui est un très grand jour pour le commerce libre et équitable ». « Super d’être à nouveau sur la bonne voie avec l’UE », s’est réjoui le locataire de la Maison Blanche sur Twitter.

Great to be back on track with the European Union. This was a big day for free and fair trade!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Dans le détail, les Américains et les Européens se sont engagés à mettre en place un groupe de travail en faveur de plus de libre-échange transatlantique. « Nous nous sommes mis d’accord pour travailler vers l’objectif d’avoir zéro droit de douane, zéro barrière non tarifaire et zéro subvention sur les biens industriels hors automobile », a expliqué M. Trump en lisant le communiqué commun européo-américain.
En attendant, la menace de taxer jusqu’à 25 % les importations aux Etats-Unis d’automobiles européennes est suspendue tandis que les deux parties travailleront à mettre fin à la guerre de l’acier et de l’aluminium même si les droits imposés par Washington et les représailles décidées par Bruxelles ne sont pas suspendus. Les Européens s’engagent de leur côté à acheter plus de gaz naturel et de soja américains. Les deux ensembles économiques vont œuvrer aussi à une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Trump l’a joué à la « nord-coréenne »
Quels sont les enseignements à tirer de l’affaire ? D’abord, les Européens ont obtenu l’essentiel : la menace immédiate de droits de douane sur l’automobile est repoussée. « Nous nous sommes entendus pour qu’aucun droit additionnel ne soit décidé tant que nous négocions », a assuré après la réunion M. Juncker. Le communiqué ne détermine aucun délai à la négociation, ce qui satisfait les Européens.
Les ultimatums successifs lancés par les Américains sur l’acier et l’aluminium ont mis ces derniers dans une seringue et ont conduit, in fine, à l’imposition des droits. L’automobile est exclue de l’objectif zéro droit de douane, ce qui fait que l’Europe ne capitule pas par avance sur le sujet.
Pourquoi Donald Trump a-t-il bougé ? L’explication, toujours plus facile ex post, semble largement interne.
La grogne monte chez les constructeurs automobiles américains mais aussi chez les industriels les plus protectionnistes et anciens chouchous du locataire de la Maison Blanche, tels le fabricant de motocycles Harley Davidson ou celui de lave-linge Whirlpool qui ont annoncé cette semaine de mauvais résultats en raison de la guerre commerciale. Les républicains sont aussi de plus en plus remontés, à l’approche des élections de mi-mandat, surtout dans les terres agricoles du Midwest, frappées par les représailles chinoises et mexicaines qui taxent le soja et le porc. En conséquence, Donald Trump a dû annoncer, mardi, 12 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) d’aides aux agriculteurs, qui n’ont pas convaincu, les élus estimant que la meilleure manière de corriger les effets des guerres commerciales n’est pas de renflouer ses victimes mais d’arrêter ces guerres.
S’y ajoutent les jeux d’influence sans cesse mouvants à la Maison Blanche : le très protectionniste conseiller commercial Peter Navarro était absent lundi et c’est le conseiller économique, Larry Kudlow, ancien des équipes Reagan et libre-échangiste, qui semble avoir eu l’oreille du président. L’ancien commentateur de télévision avait préparé mardi soir un projet de communiqué avec les équipes de M. Juncker. Résultat : Donald Trump, plutôt que de la jouer « à l’iranienne » l’a joué à la « nord-coréenne », et il a effectué un retournement spectaculaire.
Les Européens lui ont donné quelques gages symboliques : l’objectif « zéro droit de douane » était un défi lancé depuis longtemps par M. Trump à l’UE. L’achat de soja, dont le cours baisse et qui n’est pas soumis à droits à l’importation en Europe, pourra offrir un débouché aux « farmers » frappés par les contre-sanctions chinoises – « je vous remercie pour cela, Jean-Claude », a déclaré M. Trump ; l’acquisition de gaz naturel liquéfié, qui plaira aux amis pétroliers du locataire de la Maison Blanche et va dans le sens d’une moindre imbrication géostratégique entre l’UE – en particulier l’Allemagne, via le pipeline à travers la baltique Northstream – et la Russie.
Unité sur le dos des Chinois
Dans la négociation, les Américains se sont contredits entre eux devant M. Trump et la délégation européenne étonnée. Les plus durs – le représentant au commerce Robert Lighthizer, voire le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin – auraient voulu inclure les produits agricoles dans l’objectif zéro droit de douane. M. Juncker a fait savoir qu’il n’avait pas de mandat des Vingt-Huit et il a laissé entendre que, dans ce cas, les Européens exigeraient la fin du « Buy American Act », vache sacrée aux Etats-Unis, qui protège les entreprises du pays dans l’attribution des marchés publics.
Enfin, l’unité s’est refaite sur le dos des Chinois. La réforme de l’OMC implique, selon les mots du communiqué lu par Donald Trump, de « traiter le problème des pratiques commerciales inéquitables, notamment le vol de propriété intellectuelle, le transfert forcé de technologie, les subventions industrielles, les distorsions créées par les entreprises possédées par l’Etat et les surcapacités ». Ainsi, Washington et Bruxelles font-ils désormais bloc, à en croire M. Trump : « Les Etats-Unis et l’UE comptent ensemble plus de 850 millions de citoyens et représentent la moitié du PIB [produit intérieur brut] mondial. En d’autres termes, ensemble, nous formons plus de 50 % du commerce. Si nous faisons équipe, nous pouvons rendre notre planète meilleure, plus sûre et plus prospère. » Un mouvement qui a satisfait M. Juncker, lequel avait offert à M. Trump une photo du cimetière militaire du Luxembourg où est enterré le général George Patton, libérateur de l’Europe en 1944-1945: « Cher Donald, rappelons-nous notre histoire commune », a écrit M. Juncker.
Subsistent deux interrogations. D’abord la réaction au sein de l’UE à cette négociation avec l’Amérique de Trump à moins d’un an des élections européennes.
M. Juncker estime qu’il ne s’agit pas d’une relance du traité de libre-échange transatlantique, vivement contesté par les opinions publiques, notamment française et allemande. Il estime qu’il n’a pas besoin de mandat de négociation et que celui-ci sera demandé, si nécessaire, aux Etats membres de l’UE, une fois que le groupe de travail, présidé par la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, et le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, sera parvenu à la fin de ses travaux – « d’ici à quelques mois », espère M. Juncker.
Deuxième interrogation, Donald Trump fera-t-il avec l’UE ce qu’il a fait au printemps avec la Chine : annoncer un armistice dans la guerre commerciale et repartir de plus belle à l’attaque après avoir été critiqué par son opinion publique et ses propres conseillers ? Mais pour l’instant, les Européens n’ont guère de meilleure option que de lui faire confiance. Ils espèrent en avoir fini des négociations par invectives et tweets interposés. La réponse viendra rapidement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ A la plage, à la campagne, dans les transports ou au bureau, les réponses à toutes ces questions (pas si) bêtes que l’on se pose en été.
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Quiz : les questions (pas si) bêtes que vous vous posez pendant l’été

A la plage, à la campagne, dans les transports ou au bureau, les réponses à toutes ces questions (pas si) bêtes que l’on se pose en été.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 16h56
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                            Les Décodeurs








                        


Combien y a-t-il de grains de sable dans le monde ? Peut-on privatiser une plage ? Pourquoi la peau pèle-t-elle ? Le rosé est-il un mélange de vins blanc et rouge ? Que font les sauveteurs l’hiver ? Autant de questions (pas si) bêtes auxquelles nous vous aidons à répondre tout l’été avec ce quiz des beaux jours.

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vraiment le droit d’entrer chez les gens s’ils habitent au bord de la mer 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faut-il boire quand il fait chaud ?","choices":["Un thé","Un verre d'eau","Une bière"],"bonnereponse":"Un verre 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faut peler avant d'être 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plus de chance de voir voler des vaches au mois d’août 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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.
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« Plus les libertés fondamentales semblent acquises, moins les citoyens s’y sentent attachés »

Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, relève, dans une tribune au « Monde », à l’occasion d’une étude effectuée pour l’ONG Human Rights Watch, que les pays les plus démocratiques sont les plus sujets à une dérive populiste.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 14h05
    |

Chloé Morin (directrice de projets internationaux chez Ipsos)







                        



                                


                            
Tribune. A la fin du XXe siècle, de nombreux théoriciens pensaient qu’une fois affirmés dans un pays, les principes démocratiques — dont la garantie des droits humains ou l’existence de contre-pouvoirs et d’institutions représentatives — s’enracineraient, et qu’aucun retour en arrière ne serait ni possible ni jugé souhaitable par des citoyens nouvellement « libérés ».
La thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause
L’affirmation de l’universalité des droits humains était considérée comme si évidente et si désirable que nul n’avait songé que l’opinion publique — à travers son adhésion à ce que nous appelons aujourd’hui les mouvements populistes, ou bien à travers un retrait sur la sphère individuelle et une indifférence croissante pour la vie de la cité (phénomène qui faisait déjà partie des craintes exprimées par Tocqueville) — puisse un jour s’ériger en obstacle à cette affirmation. Une fois les institutions nécessaires à l’expression de la volonté populaire mises en place, les droits et libertés de chacun garantis, nul n’avait songé à se demander si le système démocratique pourrait nourrir en son sein les germes de sa destruction.
Pourtant, avec la montée des populismes dans de nombreux pays occidentaux, la thèse selon laquelle la consolidation démocratique serait un processus inéluctable est fortement remise en cause. Plutôt qu’à une « fin de l’Histoire », nous assistons, sans toujours en comprendre les causes profondes, à un recul de l’adhésion aux principes démocratiques dans de nombreux pays.
Paradoxe inquiétant
Ipsos a récemment réalisé pour l’ONG Human Rights Watch une vaste étude auprès des citoyens d’une trentaine de pays, afin de comprendre leur perception des droits humains et de leur importance. Cette étude met en évidence un paradoxe inquiétant : plus les droits humains et libertés fondamentales semblent acquis — et il convient ici de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Lors du procès qui s’était tenu le 5 juillet, le parquet avait requis une peine de dix mois de prison avec sursis à l’encontre de Jimmy D., 49 ans.
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Un policier condamné à quatre mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel

Lors du procès qui s’était tenu le 5 juillet, le parquet avait requis une peine de dix mois de prison avec sursis à l’encontre de Jimmy D., 49 ans.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 16h41
   





                        


Un policier a été condamné à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Béthune, jeudi 26 juillet. Le gardien de la paix avait été mis en examen pour des faits de harcèlement sexuel à l’encontre de deux policières, de 2015 à 2017.
« On est satisfaits de cette décision. C’est l’aboutissement d’un combat de plusieurs années. Pour moi, c’est une première dans la police », a réagi Me Blandine Lejeune, avocate des deux femmes. « On obtient des dommages et intérêts symboliques, 300 et 800 euros », a-t-elle précisé. Les deux victimes sont en arrêt maladie.
Lors du procès qui s’était tenu le 5 juillet, le parquet avait requis une peine de dix mois de prison avec sursis à l’encontre de Jimmy D., 49 ans, désormais en poste dans les Bouches-du-Rhône.
Il était apparu que le gardien de la paix avait multiplié les remarques particulièrement salaces envers deux policières qui étaient ses collègues au commissariat d’Auby, dans le département du Nord : il déboutonnait son pantalon en entrant dans le bureau, envoyait des MMS avec une image pornographique à une des policières, souhaitait « bonne bourre » à un couple de retraités à la suite d’un contrôle de police ou se moquait d’une collègue prétendument « frigide ».
« Un boute-en-train »
« Je suis écœurée du monde de la police. La femme n’y a pas sa place », avait estimé à la barre une des deux plaignantes. Le prévenu, père de trois enfants et divorcé, s’était défendu en expliquant qu’il était « un boute-en-train », désireux « de mettre l’ambiance ». Il avait dit à l’audience que l’une des deux femmes avait porté plainte « pour de l’argent ».
L’avocate du policier, Me Corinne Spebrouck, a estimé que « la montagne avait accouché d’une souris », l’affaire retrouvant « de justes proportions ». « Il a dérapé, je l’entends bien, mais les demandes des parties civiles étaient exorbitantes, pratiquement 50 000 euros en tout, semblables à celles que l’on rencontre habituellement en cour d’assises ! », a-t-elle notamment réagi. « On peut être offusqué de paroles crues, mais le préjudice n’est pas aussi violent que lors d’une agression ou d’un viol. Le tribunal a su faire la part des choses », a salué Me Spebrouck.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Fournies avec chaque boisson fraîche, les pailles sont parmi les déchets les plus retrouvés dans les océans.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Des chercheurs de la NASA ont traduit les vibrations des mouvements du soleil en sons audibles par les humains. Des résultats diffusés sur le site de l’agence spatiale américaine, le 25 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ L’ONG Reporters sans frontières a publié un rapport sur le cyber-harcèlement des journalistes, parfois organisé par des Etats.
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Le harcèlement en ligne, « l’une des pires menaces contre la liberté de la presse », selon RSF

L’ONG Reporters sans frontières a publié un rapport sur le cyber-harcèlement des journalistes, parfois organisé par des Etats.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 10h57
   





                        



   


Comment faire taire les journalistes ? Selon Reporters sans frontières (RSF), le cyber-harcèlement est une nouvelle façon de s’y prendre, un phénomène de plus en plus courant et organisé. Un rapport publié jeudi 26 juillet par l’organisation non gouvernementale (ONG), qui dit avoir documenté des dizaines de cas dans trente-deux pays, dresse un état des lieux accablant et alerte sur ses conséquences. « Le harcèlement en ligne est un phénomène qui se propage à l’échelle mondiale et qui constitue aujourd’hui l’une des pires menaces contre la liberté de la presse », écrit ainsi Christophe Deloire, secrétaire général de l’ONG, dans un communiqué.
Principal danger : « La plupart des journalistes victimes de cyber-harcèlement interrogés par RSF sont pour beaucoup contraints à l’autocensure face à cette vague de violence dont ils n’avaient pas imaginé l’ampleur », peut-on lire dans le rapport. Le journaliste algérien Abdou Semmar témoigne par exemple avoir cessé de parler des homosexuels, et avoir réduit sa couverture des tabous de la société à la suite de menaces en ligne ciblant notamment sa sœur. « Les harceleurs envoient donc un message non seulement à leurs victimes, mais aussi à tous les journalistes », déplore Reporters sans frontières.

        Lire la tribune du collectif « Prenons la une » :
         

          Cyberharcèlement : « La presse doit mieux protéger les femmes journalistes »



Selon une étude du Conseil de l’Europe publiée l’an dernier et citée par RSF, 40 % des 940 journalistes interrogés auraient subi des formes de harcèlement ayant « affecté leur vie personnelle » au cours des trois années précédentes. Il s’agissait de cyber-harcèlement dans 53 % des cas. Les femmes et les journalistes d’investigation font partie des professionnels de l’information les plus fréquemment visés.
L’origine nébuleuse des campagnes de harcèlement
Les exemples ne manquent pas, du cyber-harcèlement de la journaliste française Nadia Daam, prise pour cible pour avoir critiqué les membres du forum 18-25 du site jeuxvideo.com, à celui de la journaliste d’investigation philippine Maria Ressa, qui a « été appelée “mocheté”, “chienne”, “serpent”, menacée de viol et de meurtre », rapporte-t-elle, après ses enquêtes sur le pouvoir.

        Lire aussi :
         

                Cyber-harcèlement sur Twitter : « Je vais t’égorger et violer ton cadavre »



Qui est à l’origine de ces campagnes de harcèlement ? RSF le reconnaît :
« Les liens entre les donneurs d’ordre et les trolls qui mettent en œuvre la cyberviolence contre les journalistes sont souvent difficiles à démontrer, et la recherche sur ces questions doit encore être développée. »
Elles peuvent être lancées « par des communautés d’individus », comme dans le cas de Nadia Daam, « des groupes politiques », voire des entreprises — l’ONG cite l’exemple de deux sociétés brésiliennes, JBS et 4Buzz, qui ont financé la mise en avant d’un faux reportage diffamant, apparaissait dans les résultats des moteurs de recherche chaque fois que le nom du journaliste Leonardo Sakamoto était écrit.

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« Harceler n’a jamais été aussi peu coûteux »
Mais RSF souligne que des Etats sont aussi à l’origine de ces campagnes de cyber-harcèlement. Russie, Chine, Inde, Turquie, Vietnam, Iran ou encore Algérie sont notamment accusés.
En Inde par exemple, la journaliste Rana Ayyub est apparue sur une liste de journalistes à cibler établie par l’équipe de campagne de Narendra Modi, aujourd’hui premier ministre. Depuis, les attaques sont incessantes, menées par les soutiens du régime très actifs en ligne, surnommés « yoddhas » par Narendra Modi. « On m’a traitée de prostituée. Mon visage a été apposé à la photo d’un corps nu et la photo de ma mère a été prise sur mon compte Instagram et “photoshopée” de toutes les manières possibles », a-t-elle confié à RSF. Idem en Equateur, où l’ancien président Rafael Correa avait cité en 2016 le nom de cinq journalistes du pays ayant participé à l’enquête internationale sur les « Panama Papers ».
Des opérations qui font parfois partie de dispositifs plus larges visant à nuire à la presse, consistant à noyer le contenu journalistique sur les réseaux sociaux « sous un flot de fausses nouvelles et de contenus en faveur du régime », explique l’ONG. Pour mettre en place ces opérations d’ampleur, les commanditaires font appel à « des activistes ou à des sous-traitants précaires, rémunérés pour rendre des histoires virales ou pour lancer des campagnes avec l’objectif de discréditer ou d’attaquer les journalistes et de diffuser leur propagande ».
Ils commandent aussi les services d’entreprises permettant d’acheter à peu de frais des abonnés, des « j’aime » ou des partages en masse, permettant d’amplifier artificiellement la visibilité des campagnes. « Harceler un journaliste de manière massive n’a jamais été aussi simple — et aussi peu coûteux », dénonce RSF, fustigeant les entreprises comme Devumi qui vendent des « vues » et autres « likes ». L’usage de bots, des programmes automatisés, est aussi répandu, tout comme la « sponsorisation » de publications, qui consiste à payer pour que celles-ci gagnent en visibilité sur un réseau social par exemple.
Donald Trump « encourage »
Au passage, l’ONG égratigne aussi le président états-unien. Sans l’accuser d’être à l’origine de telles campagnes, elle lui reproche le climat qu’il instaure en n’ayant « de cesse de haranguer les journalistes, les taxant de “fake news” à chaque nouvelle publiée n’allant pas dans son sens ». Un comportement qui « encourage », selon RSF, les incivilités en ligne.
Comment lutter contre ce phénomène ? L’organisation émet vingt-cinq recommandations, destinées aux Etats, aux organisations internationales, aux plates-formes, aux médias, mais aussi aux annonceurs. Aux premiers, elle demande notamment de « renforcer le cadre légal permettant la répression du harcèlement des journalistes en ligne, et l’appliquer strictement » et de ne pas, eux-mêmes, lancer ce type de campagne. Elle leur recommande aussi, point délicat, de « renforcer la responsabilité des plates-formes en ligne (…), sans pour autant leur conférer un pouvoir de contrôle des contenus ou de censure ».

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Ces dernières devraient, selon Reporters sans frontières, faire preuve de davantage de transparence sur leurs règles de modération, et faire attention « à ce que ces règles ne soient pas détournées de leur finalité pour faire taire des journalistes » — lors de campagnes de harcèlement, les comptes de journalistes sont souvent « signalés » par de nombreux internautes mal intentionnés pour demander leur fermeture aux plates-formes.



                            


                        

                        


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édition abonné


Ebola : comment la RDC a vaincu l’épidémie

L’usage du vaccin a permis d’optimiser la lutte contre le virus en coupant plus facilement la chaîne de transmission.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 15h25
    |

            Joan Tilouine








                        



                                


                            

Le dernier patient atteint de la maladie à virus Ebola a été identifié le 6 juin à Ngengobala, un village aux confins de la forêt équatoriale congolaise. Il est sorti six jours plus tard du centre de traitement de Bikoro, sur les rives du lac Tumba. Depuis, aucun nouveau malade n’a été signalé dans la province de l’Equateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) où 54 cas ont été signalés depuis le début de l’épidémie le 8 mai, dont 33 morts et 21 survivants. Les autorités ont décrété, mardi 24 juillet, la fin d’Ebola.
Cet immense pays d’Afrique centrale et ses partenaires s’étaient préparés « au pire des scénarios » lorsque cette neuvième épidémie est apparue dans deux foyers repérés dans des zones isolées, difficiles d’accès et dépourvues d’infrastructures de santé, avant d’atteindre la capitale provinciale, Mbandaka, à 150 km de routes défectueuses. Ebola risquait de se répandre à Kinshasa, la mégapole de près de 20 millions d’habitants, à près d’une ou deux semaines de navigation sur le fleuve Congo. Cela aurait été un désastre. Il n’en fut rien.

Le bilan de cette épidémie, la troisième plus longue et plus mortelle de RDC, contraste radicalement avec celle survenue en Guinée avant de se répandre en Afrique de l’Ouest, qui s’était soldée par la mort de 11 310 personnes entre décembre 2013 et mars 2016. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors essuyé de vives critiques pour la lenteur de sa réaction conjuguée à des défaillances de la part des autorités des pays touchés. Cette fois, en RDC, la riposte a été immédiate et bien coordonnée. 
« On a tiré les leçons de l’Afrique de l’Ouest et on a mis en place une coordination centralisée et un programme d’urgence, dit Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS. Cette fois, à peine l’épidémie déclenchée, nous avons mobilisé 4 millions de dollars prélevés sur notre fonds de réserve et avons dépêché très rapidement...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 25/07/2018
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Syrie : les attentats revendiqués par l’EI font plus de 200 morts dans le sud du pays

La province de Souweïda est notamment la cible d’attaques kamikazes, provoquant l’un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 21h05
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h02
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


La région druze de Souweïda, au sud-ouest de la Syrie, qui avait réussi à rester à l’écart du conflit syrien pendant plus de sept ans, a été brutalement rattrapée par les violences. Mercredi 25 juillet, une série d’attaques revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI) y a causé la mort de plus de 200 personnes, civils et combattants.
Cette opération de grande envergure, dans une zone sous le contrôle des forces gouvernementales, confirme le regain d’activité du groupe djihadiste en Syrie, après le recul majeur qu’a constitué la perte de Rakka, son quartier général, conquis par les forces kurdes, en octobre 2017. Elle illustre toute la difficulté qu’aura le pouvoir syrien à stabiliser le pays, en dépit de ses victoires sur le terrain et de l’écroulement, les uns après les autres, des fiefs rebelles.
L’assaut a débuté aux premières heures de la journée, quand quatre kamikazes ont actionné leurs ceintures d’explosifs à l’intérieur de la ville de Souweïda, capitale de la province du même nom, peuplée d’environ 400 000 habitants. Selon les médias d’Etat syriens, l’un d’eux s’est fait exploser en moto dans un marché, au moment où les commerçants installaient leurs étals.
Mise en scène barbare
Simultanément, plusieurs villages du nord-est du gouvernorat ont été attaqués par de petits groupes de djihadistes. Des habitants ont été tués chez eux, après y avoir laissé rentrer les assaillants qui avaient frappé à la porte, signe de l’insouciance qui prévalait jusque-là dans cette région. Après plusieurs heures de combats, les forces gouvernementales, soutenues par des raids aériens, sont parvenues à faire refluer les djihadistes dans le désert environnant.
Ces attaques soigneusement coordonnées ont fait au moins 215 morts et près de 180 blessés selon un bilan provisoire d’un responsable médical de Souweïda, cité par la radio pro-Damas Sham FM. Jeudi matin, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) établissait un nouveau décompte, à plus de 250 morts. C’est l’un des attentats les plus meurtriers jamais menés en zone gouvernementale depuis 2011. Certains soldats faits prisonniers par les djihadistes ont été égorgés, dans une mise en scène barbare destinée à ranimer la terreur qu’ils faisaient régner à l’apogée de leur pouvoir, après la proclamation du rétablissement du califat par leur chef Abou Bakr Al-Baghdadi, en 2014.

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Un calme relatif régnait jusque-là dans cette région, du fait d’arrangements tacites passés avec le régime et les rebelles du Sud syrien. Le premier avait concédé aux druzes quelques privilèges, notamment des exemptions de service militaire, en échange de leur neutralité dans le conflit. Les seconds s’étaient résignés à ne pas investir cette zone, sous la pression de leurs bailleurs de fonds et d’Israël, inquiet des répercussions d’une éventuelle attaque sur sa propre communauté druze.
Selon l’agence de presse officielle Sana, le carnage de Souweïda vise à diminuer la pression exercée par l’armée syrienne sur la poche de Yarmouk, une autre possession de l’EI, plus à l’ouest dans la banlieue de Damas. Cette zone, accolée à la frontière jordanienne et à la ligne de démarcation avec la partie du plateau du Golan sous occupation israélienne, est sous le feu des loyalistes depuis que ceux-ci ont reconquis tous les territoires adjacents de la province de Deraa, qui étaient aux mains des rebelles anti-Assad.
« Tuer le plus possible »
Pour Nawar Oliver, analyste militaire au think tank Omran, proche de l’opposition syrienne, le dessein des djihadistes était davantage prosaïque. « Leur seul objectif était de tuer le plus possible, pour démontrer qu’ils sont toujours présents. Ils ne cherchent plus à contrôler un territoire, comme c’était le cas après 2014. Les djihadistes sont revenus à la tactique de la guérilla qui était la leur en Irak, dans les années 2000, du temps de l’occupation américaine. »
Un repositionnement mis en évidence à la fin du mois de mai : plus de 70 membres de l’armée régulière et des milices qui l’épaulent, ainsi que quatre conseillers militaires russes, ont été tués à cette période, dans une série d’attaques menées dans la région de Deir ez-Zor (est), annonciatrices des coups de boutoir donnés à la région de Souweïda.
« C’est un terrain très hostile, un mélange de désert et de montagne, idéal pour se cacher »
Le maître-mot des extrémistes est désormais « rester », comme on l’entend dans l’un des nashids (chants religieux) qui accompagnent leur propagande Internet, intitulé Dawlati Baqiya (« mon Etat restera »). Et dans cette optique, les étendues désolées de l’est de Souweïda sont particulièrement propices. « C’est un terrain très hostile, un mélange de désert et de montagne, idéal pour se cacher, monter des embuscades et faire de la contrebande d’armes, souligne Nawar Oliver. Les forces prorégime auront le plus grand mal à en reprendre le contrôle. »

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Ces dernières semaines, parallèlement à l’offensive du régime contre Deraa qu’ils ont appuyée, des militaires russes ont rencontré à plusieurs reprises les leaders religieux de Souweïda. Selon des comptes rendus convergents, ils leur ont notifié que le traitement de faveur accordé à la province druze ces dernières années approchait de sa fin et qu’ils devaient se préparer à un retour en force du régime et de ses institutions.
L’effroi suscité par le bain de sang de mercredi pourrait accélérer ce processus. Mais sur place et dans les communautés druzes avoisinantes, notamment au Liban, quelques voix dissidentes se font entendre. Elles rappellent qu’au mois de mai, plusieurs centaines de combattants de l’EI ont été transférés en autocars, du camp palestinien de Yarmouk, en lisière de Damas, sur le point d’être reconquis par les forces prorégime, jusque dans la Badiya, au sud-est, le désert qui borde la frontière jordanienne. La zone même d’où sont partis les auteurs du massacre de mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ L’exécution de treize personnes en moins de trois semaines laisse le Japon sans réponses face aux questions soulevées par l’attentat au gaz sarin de 1995.
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Exécution des six derniers membres de la secte Aum condamnés à mort au Japon

L’exécution de treize personnes en moins de trois semaines laisse le Japon sans réponses face aux questions soulevées par l’attentat au gaz sarin de 1995.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 16h59
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Soucieuses de clore l’un des épisodes les plus traumatisants de l’histoire récente du Japon, les autorités nippones ont exécuté en moins de trois semaines les treize membres de la secte Aum Shinrikyo, qui avaient été condamnés à mort. Sept avaient été pendus le 6 juillet, dont le fondateur, en 1984, du mouvement, Chizuo Matsumoto (alias Shoko Asahara). Les six autres ont subi le même sort jeudi 26 juillet.
Tous avaient été reconnus coupables de crimes multiples. Il y eut l’assassinat, en 1989, de l’avocat Tsutsumi Sakamoto, sa femme et leur bébé ; la mort, en 1994, par intoxication au gaz sarin produit dans un laboratoire de la secte, de huit personnes à Matsumoto, dans le département de Nagano (centre) ; il y eut, enfin et surtout, l’attentat du 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo, encore au gaz sarin, qui fit 13 morts et intoxiqua plus de 6 200 personnes, dont beaucoup sont restées handicapées à vie.

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Comme à chaque fois au Japon, l’information sur les exécutions n’a filtré que tardivement. En conférence de presse, après leur confirmation, la ministre de la justice, Yoko Kamikawa, a parlé de l’attentat de 1995 comme d’une attaque terroriste ayant répandu la peur, même à l’étranger. « Beaucoup de vies précieuses ont été perdues, de nombreuses personnes souffrent d’un handicap, d’autres connaissent des difficultés. La peur, la souffrance et le chagrin que ressentent les victimes et les familles endeuillées sont inimaginables. La question de l’exécution a été soigneusement pesée avant d’être tranchée », a déclaré celle qui a, à ce jour, signé les ordres d’exécution de 17 condamnés à mort depuis son entrée en fonction en août 2017.
« Les exécutions ne sont pas une fin en soi pour les survivants et les familles des victimes », a réagi, également devant la presse, Shizue Takahashi, épouse d’un employé du métro mort dans l’attentat de 1995 et dirigeante d’un groupe de victimes. Mme Takahashi a promis de « continuer d’agir pour que ce crime ne soit pas oublié ».
Jusqu’à 10 000 fidèles
En tout, 189 membres d’Aum ont été jugés. La dernière procédure s’est terminée avec la confirmation en janvier de la condamnation à perpétuité d’un membre arrêté en 2012. Depuis, le gouvernement réfléchissait au calendrier des exécutions, avec, semble-t-il, la volonté de les appliquer avant la fin de l’ère Heisei – commencée en 1989 et qui coïncide avec le règne de l’empereur Akihito, devant abdiquer en 2019 –, dont l’attentat au gaz sarin reste l’événement le plus meurtrier.
Par ailleurs, les autorités redoutaient une réaction des anciens fidèles du culte toujours en liberté. Après sa dissolution, Aum, qui a compté jusqu’à 10 000 fidèles au Japon, a été divisé en deux mouvements, Aleph et Hikari no wa (« L’harmonie de la lumière »). Toujours sous surveillance des autorités, les deux structures réuniraient 1 650 membres. Les fidèles d’Aleph maintiendraient même leur fidélité au fondateur, Shoko Asahara, au point d’avoir organisé des pèlerinages à la prison où il attendait dans le couloir de la mort. Le mouvement aurait aussi des fidèles en Russie, malgré son interdiction en 2016.
Le mois de juillet aurait été retenu car les pendaisons ne devaient pas non plus interférer avec l’élection de septembre à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD, au pouvoir). Le premier ministre Shinzo Abe est candidat et compte l’emporter pour conserver la tête du gouvernement. Il semble avoir voulu éviter les critiques de l’opposition, même s’il y avait peu de risque que la peine capitale fasse l’objet de débats. Les pendaisons du 6 juillet ont vite été « oubliées ».
Procès déroutants
Et ce, malgré les condamnations internationales, notamment de la France qui, par la voie de son ambassadeur, Laurent Pic, a dit partager « la douleur des victimes, de leur famille et du peuple japonais », tout en ajoutant : « Comme ses partenaires de l’Union européenne, [la France] n’en est pas moins opposée à la peine de mort et appelle à son abolition partout dans le monde. »
Outre les questions sur le maintien de la peine capitale, l’exécution des 13 membres du culte alimente un sentiment d’inachevé dans la réflexion autour de l’attentat le plus meurtrier commis au Japon depuis la guerre, à l’origine d’un énorme traumatisme dans l’archipel. Les procès des membres de la secte furent parfois déroutants. Après avoir, dans un premier temps, reporté la responsabilité des crimes sur ses fidèles, le gourou Asahara s’est enfermé dans un mutisme ponctué de déclarations incohérentes.
« Beaucoup de questions fondamentales sur les crimes d’Aum restent sans réponse. Pourquoi le groupe a-t-il manifesté une telle hostilité envers la société et a-t-il été jusqu’à commettre l’attaque au sarin dans le métro ? Y avait-il une possibilité d’empêcher ses crimes ? », s’interrogeait dans un éditorial le quotidien de centre gauche Asahi, au lendemain des exécutions du 6 juillet.
« Frénésie d’exécution sans précédent »
Le Mainichi, également de centre gauche, se posait les mêmes questions, et citait le romancier Haruki Murakami, qui a consacré un ouvrage d’entretiens, Underground (Belfond, 2013) à l’attentat au gaz sarin. Dans ce livre, M. Murakami dénonce l’attitude des autorités et des Japonais qui tendent à considérer le crime comme un acte « extrême et exceptionnel » commis par un groupe isolé, et à éviter de s’interroger sur une réalité plus sombre de la société japonaise qui a poussé des personnes éduquées, des scientifiques ou encore des médecins à suivre aveuglément le gourou Asahara.
L’organisation Amnesty International a d’ailleurs dénoncé une « frénésie d’exécution sans précédent », qui « ne laisse pas la société japonaise plus en sécurité » : « Les pendaisons ne parviennent pas à expliquer pourquoi les gens ont été attirés par un gourou charismatique avec des idées dangereuses », a réagi Hiroka Shoji, chercheur de l’organisation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ Les salariés de la firme irlandaise se battent pour de meilleures conditions salariales et pour l’application du droit du travail du pays où ils sont employés.
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Ryanair : une forte mobilisation pour une grève sans précédent

Les salariés de la firme irlandaise se battent pour de meilleures conditions salariales et pour l’application du droit du travail du pays où ils sont employés.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 14h33
   





                        


Les syndicats du personnel de cabine de Ryanair se sont félicités jeudi 26 juillet du succès de leur grève dans quatre pays européens, d’une ampleur sans précédent pour la compagnie aérienne, et poursuivaient le mouvement en dépit de menaces de suppression d’emplois.
Le personnel de cabine employé par la compagnie à bas coût en Belgique, en Espagne et au Portugal mène une grève de deux jours, mercredi et jeudi, pour réclamer que lui soit appliqué le droit du travail national, et non celui de l’Irlande. En Italie, le débrayage s’est limité à mercredi mais il a eu un impact plus important qu’attendu.

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Au Portugal, dix-sept vols avaient déjà été annulés jeudi 9 heures du matin, selon Luciana Passo, présidente du Syndicat national du personnel de vol de l’aviation civile (SNPVAC). « Il y a une très forte adhésion à cette grève, s’est-elle félicitée. Rien qu’à Lisbonne, le taux d’adhésion mercredi a été de près de 80 %. Pour aujourd’hui, nous prévoyons une mobilisation similaire voire plus importante, d’après les données dont nous disposons. »
Une douzaine de liaisons avec l’Italie annulées
En Italie, le syndicat Uiltrasporti s’est vanté d’un « résultat extraordinaire » du mouvement, en demandant à Ryanair « de dialoguer pour éviter de nouvelles grèves ». « La très forte participation du personnel navigant basé en Italie a démontré le poids réel de notre syndicat parmi les travailleurs », affirme Uiltrasporti dans un communiqué diffusé mercredi soir.
La compagnie avait tenté de limiter l’impact de la grève en annulant préventivement six cents vols et en transférant les passagers des vols annulés sur d’autres vols ou en leur proposant un remboursement. Mais elle n’avait pas annoncé les mesures prises pour l’Italie.

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En Espagne, où les autorités avaient exigé de Ryanair qu’elle assure un service minimal, l’activité de la compagnie a été peu affectée mercredi, et la journée s’est déroulée sans incident notable, a annoncé le ministère des transports. Mais une douzaine de liaisons avec l’Italie ont été annulées, en « raison du fort suivi de la grève » dans ce pays, a ajouté le ministère.
Trois cents emplois en jeu
En Belgique, où Ryanair emploie quelque sept cents personnes, dix des onze vols prévus jeudi au départ de Bruxelles ont été annulés, selon la porte-parole de Brussels Airport, Nathalie Pierard. A l’aéroport de Charleroi, principale plate-forme belge du transporteur, 60 % des vols prévus ne sont pas partis, a annoncé Yves Lambot, secrétaire permanent de la Centrale nationale des employés.
Les syndicats ont défié les avertissements de Ryanair, qui avait annoncé mardi, en présentant des résultats trimestriels en baisse, que la poursuite des grèves l’obligerait à supprimer des vols et des emplois. Le lendemain, la compagnie mettait ses menaces à exécution en supprimant des vols au départ de Dublin pour l’hiver 2018, après une grève des pilotes basés en Irlande, prévenant que jusqu’à trois cents emplois, cent de pilotes et deux cents de personnel de cabine, étaient en jeu.

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Les grèves se multiplient au sein du personnel de Ryanair, alors qu’elles avaient été quasi inexistantes depuis la création de la compagnie, au milieu des années 1980. Ryanair a longtemps refusé de reconnaître les syndicats, mais elle a pris un virage à 180 degrés en fin d’année dernière en engageant des négociations avec des syndicats dans plusieurs pays. La compagnie à bas coût est parvenue à signer des accords avec des syndicats, mais les discussions restent difficiles dans plusieurs pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Des internautes accusent la chanteuse d’avoir copié un logiciel dans son titre « Damn, dis-moi ». Il ne s’agit pourtant pas de plagiat.
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Le prétendu plagiat de Christine and the Queens

Des internautes accusent la chanteuse d’avoir copié un logiciel dans son titre « Damn, dis-moi ». Il ne s’agit pourtant pas de plagiat.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h53
   





                        


C’est une vidéo vue près d’un demi-million de fois sur Facebook depuis le 22 juillet. « Incroyable : le dernier tube de Christine and the Queens est complètement piqué sur le logiciel Logic Pro qu’on trouve sur Apple », écrit un internaute, comparant la chanson Damn, dis-moi de la chanteuse Chris — le nouveau nom de scène de Christine and the Queens —, avec des sons préenregistrés disponibles dans l’onéreux logiciel de composition Logic Pro, édité par Apple.
Une polémique a ainsi vu le jour sur les réseaux sociaux, certain·e·s internautes fustigeant la paresse présumée de l’auteure-compositrice et s’indignant de ce « plagiat ».

Cependant, comme le rapporte France Inter, jeudi 26 juillet, cette chanson n’est ni une copie ni un plagiat — et ce même s’il suffit de quelques clics pour reproduire à l’identique l’accompagnement musical de la chanson de Christine and the Queens.
En effet, les boucles proposées dans Logic Pro sont libres de droits : cela siginifie qu’un·e artiste peut les utiliser à sa guise, sans les créditer.
C’est l’exercice, légal, auquel s’est livrée Héloïse Letissier (nom de l’artiste à l’état civil). Dans sa création, les trois boucles utilisées dans Damn, dis-moi ont en l’occurrence été modifiées et d’autres instruments ont également été ajoutés pour conduire à la chanson finale.
La jeune femme ne s’est par ailleurs jamais cachée d’utiliser les possibilités offertes par le numérique dans ses compositions. Dans une interview accordée à Vanity Fair, en 2017, elle revenait sur la genèse de son parcours de compositrice. « J’ai demandé autour de moi : “Quel est le moyen le plus simple d’écrire de la musique ?” On m’a dit : “Le logiciel GarageBand, sur Mac.” Je suis allée m’acheter un ordinateur. »



                            


                        

                        

