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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.
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Tour de France : Quitana s’impose, Froome et Bardet craquent

Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 18h31
   





                        



   


Si le départ façon course automobile ne comptera pas parmi les meilleures idées du Tour, le dernier col de la 17e étape aura fait des dégâts chez les favoris. Critiqués depuis Noirmoutier pour leur attentisme, les adversaires de la Sky ont profité des derniers kilomètres du col du Portet pour reprendre quelques secondes à Chris Froome.
Troisième désormais au général, le quadruple vainqueur de la Grande boucle a sans doute perdu tout espoir de faire la passe de cinq cette année. Mais un Britannique peut en cacher un autre et un Sky aussi : Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher et a pris une belle option sur la victoire finale.

📺 Relive the last km of Stage 17 and @NairoQuinCo's epic win! 🏆🇨🇴
— LeTour (@Le Tour de France)


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Pas de podium pour Bardet
Critiqué pour son manque de panache depuis plusieurs saisons, Nairo Quintana a pris ses responsabilités dans cette courte étape (65 kilomètres), entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan. Le Colombien s’est envolé avec Dan Martin dans la dernière difficulté de l’après-midi. Déjà vainqueur sur cette édition 2018, l’Irlandais a finalement échoué à 28 secondes du coureur de la Movistar, vainqueur de la deuxième étape sur le Tour de sa carrière.

📊 STAGE 17 - TOP 10 GC 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Plus loin, Dumoulin et Roglic ont tenté de faire exploser le wagon de la Sky, qui comptait encore quatre éléments dans le dernier col. Troisième de l’étape, Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher. Son compatriote et initial leader, Chris Froome, est le grand battu du jour. Le vainqueur du dernier Giro a concédé plus de quarante secondes aux autres favoris et a sans doute tiré un trait sur un cinquième tour.
Plus loin encore, Romain Bardet s’est laissé détacher quand la Sky a accéléré. Arrivé à plus de deux minutes de Quintana, le Français ne montera pas sur un troisième podium consécutif sur le Tour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.
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La demi-volée de Pavard élue plus beau but de la Coupe du monde 2018

Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h32
   





                        



   


Le but exceptionnel du défenseur de l’équipe de France Benjamin Pavard en huitièmes de finale du Mondial 2018 contre l’Argentine (4-3) a été élu « plus beau but » de la compétition, a annoncé mercredi 25 juillet la Fédération internationale de football (FIFA).

        Lire :
         

          Equipe de France : le sacre de la jeunesse conquérante



La reprise en demi-volée du joueur de Stuttgart, qui avait permis aux Bleus d’égaliser en seconde période contre les Argentins de Lionel Messi, l’a emporté à l’issue d’un vote du public organisé sur le site Internet de la FIFA. Pavard est arrivé en tête des 169 réalisations enregistrées en Russie, devant le Colombien Juan Quintero (face au Japon en phase de groupes) et le Croate Luka Modric (contre l’Argentine en phase de groupes).
Ce but a fait de Pavard (22 ans) l’une des révélations de la Coupe du monde et a constitué un tournant dans le parcours des Français, sacrés ensuite champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire, le 15 juillet contre la Croatie en finale (4-2).

        Lire la chronique :
         

          Qu’aurions-nous fait sans Benjamin Pavard ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Le Colombien remporte la 17e étape à Saint-Lary-Soulan, Geraint Thomas accentue son avance au classement général. Chris Froome et Romain Bardet ont passé une mauvaise journée.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.
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« Le football amateur ne doit pas être l’éternel oublié »

Eric Thomas, président de l’association française de football amateur (Affa), rappelle dans une tribune au « Monde » que la victoire tricolore en Coupe du monde revient pour une grande part au monde amateur, pour qui la rentrée s’annonce difficile.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 13h07
    |

Eric Thomas (Président de l'Association française de football amateur)







                        



                                


                            

Tribune. Que cette victoire de l’équipe de France est belle ! Après celle de 1998, elle apporte une deuxième étoile qui redonne de l’espoir et une formidable vitalité à tous les Français. Ce bonheur partagé est le fruit d’un travail collectif, dont le mérite principal revient à tous les artisans anonymes et bénévoles du football amateur qui œuvrent chaque jour auprès de nos jeunes, dans les 14 000 clubs français. Et c’est à eux qu’il convient de rendre hommage pour ce travail de l’ombre aussi efficace que méconnu.
En effet, chacun le sait, nos Bleus ont tous été formés dès l’âge de 5 ou 6 ans dans un club près de chez eux, par des éducateurs compétents, des dirigeants responsables, dans des infrastructures municipales. Griezmann à Macon, M’Bappé à Bondy ou Pavard à Jeumont… Sans tous ces passionnés qui donnent du temps et transmettent leur savoir-faire, pas de rêve possible.
Pourtant, une fois la parenthèse enchantée de l’été passée, la rentrée s’annonce difficile pour nos clubs du « foot d’en bas », confrontés à d’innombrables difficultés : hémorragie des bénévoles, baisse des subventions publiques, suppression des emplois aidés, hausse du prix des licences, inflation normative, tracas administratifs, infrastructures vieillissantes…
Déjà plus de quatre mille structures ont déposé la clé sous la porte ces dernières saisons et beaucoup de clubs ne seront malheureusement pas en mesure d’accueillir tous les nombreux enfants qui pousseront la porte des clubs pour se licencier à la rentrée. Epuisement des bénévoles surchargés de responsabilités, écœurement vis-à-vis d’un système opaque – décourageant plus qu’il n’encourage – qui capte les ressources et impose ses décisions sans dialogue avec la base de la pyramide : les raisons de ces problèmes sont nombreuses et peuvent être illustrées en quelques chiffres.
Le football, c’est plus que du football
150 millions d’euros, soit le montant prélevé chaque année dans les caisses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.
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Tour de France : « Le vélo, c’est de la voile », par Antoine Vayer

Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h15
    |

                            Antoine Vayer (ex-entraîneur de Festina)








                        



   


Chronique. Le vélo et la voile, à cause du rôle primordial du vent, aiment à se comparer. Ils travaillent maintenant avec les mêmes ingénieurs pour le matériel, l’étude du terrain, la physique, la météorologie. Ce travail porte sur l’optimisation des trois forces qui opposent une résistance à l’avancement de leur ensemble homme-machine : la pesanteur ou le poids, la résistance de l’air et son écoulement, et le frottement. Pour le 50e anniversaire du Golden Globe Challenge, course en solitaire autour du monde et sans escale, une édition vintage est partie cette année, sans radars ni ordinateurs. Comme si le Tour avait lieu sans oreillettes et sans capteurs de puissance.
En 1968, le vainqueur anglais, Sir Robin Knox-Johnston, bouclait sur son bateau de croisière un tour du globe en trois cent treize jours, quand le Néerlandais Jan Janssen gagnait sa Grande Boucle à 33,5 km/h de moyenne. En 2017, Armel Le Cléac’h explose le record du Vendée Globe en soixante-quatorze jours sur son 60 pieds quand Christopher Froome, pour son quatrième sacre, bat celui – officiel – du Tour à 40,99 km/h. Les poids des engins high-tech à voile ou à pédales ont baissé de plus d’un tiers. Un vélo ne peut pas peser moins de 6,8 kg. Ceci explique cela ?
Jean-Marie Leblanc, ancien patron du Tour, pour justifier la performance de Lance Armstrong (rayée des tablettes en 2005 à 41,65 km/h), m’écrivait : « Le sport dans le domaine des technologies suit l’évolution historique des connaissances humaines, il n’est intellectuellement pas honnête de subordonner les améliorations des performances à la pharmacopée. Les hommes, les machines, les routes évoluent. » Il avait raison et tort à la fois.
Au vu de la traversée des Alpes et de l’ascension sur les hauteurs de Mende, certains semblent toujours avoir « le vent-dans-l’-dos », expression imagée du jargon qui qualifie celui qui use d’artifices pour avancer, comme en permanence poussé par Eole, même vent debout !
Entraînements à jeun
Dans les cols, on ne bénéficie pas du même phénomène d’aspiration. Le vent est nul. Le vélo n’a pas de foil, comme en voile, et plus de moteur, comme cela a pu être le cas et comme France 2 l’a soupçonné pour le Slovène Primoz Roglic, 4è du classement général. Reste à jouer sur le rapport poids/puissance de l’homme pour s’élever plus vite. Perdre de la masse sans perdre de force. Bradley Wiggins, dès 2011, chez Sky, faisait des entraînements pour maigrir, sans glucides et parfois à jeun.
Wiggins et Geraint Thomas, initialement musclés et lourds, issus de la piste, sont devenus rachitiques mais avec un rapport poids/puissance de 70 kilos pour 450 watts développés en col et sur le plat. C’est imbattable pour les grands Tours, même par les grimpeurs. Le mieux est de coupler ces régimes d’entraînement « low carb » (pauvres en sucre) avec des corticoïdes, voire des amphétamines coupe-faim, afin d’accélérer le processus d’amincissement et de stimuler une puissance folle.
En 1968, c’est le Français Bernard Moitessier, annoncé vainqueur de la course organisée par le Sunday Times, qui devait l’emporter devant l’Anglais. Il préféra faire route vers l’océan Indien avant de franchir la ligne d’arrivée « pour sauver son âme ». En 1999, Christophe Bassons, qui refusait la tricherie et le revendiquait, quitta le navire du Tour. Pour les éditions 2018, les comportements du marin et du cycliste auraient-ils été différents ? Les pratiques et les mentalités évoluent moins vite que la technologie.
Antoine Vayer est enseignant. Vingt ans après l’affaire Festina, équipe dont il était l’entraîneur en 1998, il explore durant ce Tour de France les métamorphoses du cyclisme



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ L’obsession des meilleurs cyclistes du monde pour leur poids pousse certains à des stratégies risquées, au point d’inquiéter l’Union cycliste internationale.
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Tour de France : les leaders à plein régime

L’obsession des meilleurs cyclistes du monde pour leur poids pousse certains à des stratégies risquées, au point d’inquiéter l’Union cycliste internationale.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 16h09
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne)








                        



                                


                            

Dans un recoin de son téléphone portable, cet ancien coureur membre de l’organisation du Tour de France a gardé une photo de Christopher Froome. Il porte le maillot de l’équipe de Grande-Bretagne, en 2009, et tient le guidon de ses bras replets. Il le garde en témoignage de ce à quoi ressemblait le Britannique à 24 ans, avant de s’infliger le régime drastique qui a contribué à faire de lui un quadruple vainqueur du Tour. Les grands leaders, aujourd’hui ? « On dirait des rescapés des camps. » 
En septembre dernier, Christopher Froome a posé nu pour le quotidien britannique The Times, assumant son corps, sa cage thoracique protubérante, ses os saillants, ses proportions de son propre aveu « ridicules ». L’incroyable basculement de sa carrière, sur le Tour d’Espagne 2011, coïncide avec une perte de poids digne d’un boxeur avant la pesée, sous la pression d’une fin de contrat imminente chez Sky : cet été-là, Froome perd 4,5 kilos en sept semaines et se présente au départ de la Vuelta à moins de 69 kilos. « Je me suis affamé pour perdre du poids, et je ne crois pas que cela soit sain ni soutenable », dira-t-il plus tard. Il descendra deux kilos plus bas à l’aube de son premier Tour de France, en 2012.
L’attention portée au poids est telle chez Christopher Froome que, lorsqu’il passe au contrôle antidopage, il se pèse en sous-vêtements pour constater sa perte de poids durant l’étape et adapte en conséquence la ration de sa mixture d’après-course. Si le Team Sky y est si attentif, c’est que l’amélioration du rapport entre le poids et la puissance développée a fait le succès de son premier cobaye : Bradley Wiggins, vainqueur du Tour 2012 avec neuf kilos de moins qu’à l’époque où il devenait champion olympique sur piste.
Se coucher la faim au ventre
Ces méthodes ont infusé dans un peloton cycliste très attentif aux modes. On surveille parfois ce que mange le voisin, on pèse le contenu de sa propre assiette....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ La 17e étape ne compte que 65 kilomètres et s’achève au sommet de l’effrayant col du Portet. Un sprint en montagne qui promet de faire de gros dégâts.
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Tour de France : l’étape la plus courte sera-t-elle la meilleure ?

La 17e étape ne compte que 65 kilomètres et s’achève au sommet de l’effrayant col du Portet. Un sprint en montagne qui promet de faire de gros dégâts.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 15h01
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne)








                        



   


17E ÉTAPE : BAGNÈRES-DE-LUCHON - COL DU PORTET, 65 KM
Dire qu’il fut un temps, dans ses premières années, où le Tour de France empruntait le même parcours d’une édition sur l’autre. Nous vivons aujourd’hui sous le régime du renouvellement forcé : jamais deux fois la même chose ! De l’inédit ! De l’épatant ! L’obligation de nouveauté est devenue la norme, à tel point que la nouveauté la plus surprenante serait qu’il n’y en ait pas. Imaginez le coup de théâtre lors de la présentation du Tour 2019 par Christian Prudhomme : « Bonjour à tous, cette année, nous avons décidé de refaire exactement le même Tour de France que l’an dernier. Salut. »
Les organisateurs sont désormais obligés de se creuser le ciboulot pour dénicher de nouvelles curiosités à chaque édition, et il faut reconnaître qu’ils ont foré en profondeur cette année, même si les trouvailles d’ASO sont souvent aussi belles pour les téléspectateurs que sans effet sur la course – le plateau des Glières (dans les Alpes), le pic de Nore (dans l’Aude) ou encore l’usage de gaz lacrymogène contre le peloton hier, fort divertissant, mais qui n’a pas bouleversé le classement général.

        L’étape d’hier :
         

          Alaphilippe plein gaz, des lacrymogènes contre les agriculteurs



Cela dit, la trouvaille majeure de l’édition 2018 ne relève pas du gadget, et risque de faire de sacrés dégâts. « Cette étape va être extrêmement décisive, il va y avoir de gros écarts », pronostique le Maillot jaune Geraint Thomas. Pour Romain Bardet, « une grosse partie de la hiérarchie sera faite mercredi soir ».
Geraint Thomas en pole position sur la grille
De quoi s’agit-il ? De faire court, toujours plus court, et haut, toujours plus haut. Une étape de montagne, mais une étape pour sprinteurs. Une étape pour sprinteurs de montagne. L’an dernier, l’étape entre Saint-Girons et Foix proposait trois ascensions sur 101 kilomètres, ce qui était déjà spectaculaire, mais il fallait rouler 25 bornes avant le pied de la première, et 25 autres en descente après le sommet de la dernière.
En 2018, on a raboté ces kilomètres « inutiles » : l’étape de ce mercredi débute en côte et s’achève au sommet, après seulement 65 kilomètres. 65, comme le numéro du département, les Hautes-Pyrénées, où l’action va se dérouler – prochain défi, une étape de 1 kilomètre dans l’Ain (ou de 971 kilomètres en Guadeloupe) ?

        Notre article de l’an dernier (avec le même titre, oui) :
         

          Les étapes courtes sont (parfois) les meilleures



Avec 38 kilomètres d’ascension sur 65, l’étape semblait suffisamment dingue en elle-même. ASO a ajouté de la curiosité à la curiosité, avec un départ façon Formule 1, en fonction du classement général, que la brève vidéo ci-dessous expliquera mieux que mes mots.

Today's start is going to be special. 🚦
Learn all about it with this nice little video  👌
— LeTour (@Le Tour de France)


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L’idée : isolés en tête, les leaders ne seront pas protégés par leur bataillon d’équipiers, plus loin au classement et donc sur la grille de départ. Christian Prudhomme explique : « Si certains veulent mettre le feu très vite, qu’ils sachent que c’est fait pour. » En Danseuse traduit : « Vous allez me faire le plaisir d’attaquer les Sky d’entrée de jeu, compris ? »

🏁🚦🏁
🔜
— LeTour (@Le Tour de France)


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Notre pronostic : la sublime ascension finale, au col du Portet (16 km à 8,7 % de pente moyenne), est si effrayante qu’elle anéantira les velléités de grande épopée solitaire, et l’on assistera à 500 mètres de flottement, le temps que les équipes se reforment en un peloton classique, avec à l’avant le train de la Sky – le funiculaire, en l’occurrence. Évidemment, si Dumoulin ou Roglic ou Bardet s’envolent dès le mètre 0 et finissent avec 4 minutes d’avance sur Thomas et Froome, complètement décontenancés par l’absence de leurs équipiers au départ, nous modifierons cet article a posteriori.

   


« Je ne suis pas sûr que la grille de départ va changer quelque chose, anticipe avec flegme Geraint Thomas. Si un gars du Top 10 part dès le km 0, ce sera sacrément couillu. » Comme son Maillot jaune, le directeur sportif de l’équipe Sky, Nicolas Portal, tempère les ardeurs : « Ceux qui partent dès le départ vont forcément le payer à un moment. Ceux qui attaqueront tout de suite risquent d’être ceux qui sont loin au général. Si quelqu’un qui est à 8 minutes attaque dès le début, on ne va pas poursuivre à fond, on va attendre de se regrouper et faire notre boulot. »
Tout semble pouvoir se passer sur cette étape, et ce « tout » inclut la possibilité qu’il ne s’y passe en fait rien. Quoi qu’il en soit, l’événement est suffisamment rare en cyclisme pour qu’on le souligne : pour une fois, ne ratez pas le départ !

   


Départ 15 h 15. Arrivée vers 17 h 45.
A PART ÇA, on n’est pas obligé d’aimer le vélo, on a le droit de penser que les cyclistes sont tous dopés, on a le droit de dire que personne ne les oblige à s’infliger tant de souffrance, mais on ne peut que saluer la bravoure de Philippe Gilbert, qui a basculé dans le ravin hier, avant de repartir, finir l’étape, puis abandonner, rotule gauche fracturée.


Dans la légende. https://t.co/CYdSTGn8Qt— DansLaMusette (@Dans la Musette)


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Le Tour du comptoir : Carcassonne
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on a eu la paix (2).

   


Dans la série des rades où le suiveur du Tour assoiffé de quiétude peut avoir la paix (voir l’étape de Bourg-Saint-Maurice), bienvenue au Bar des Halles, en plein cœur de la Bastide Saint-Louis de Carcassonne, déserte grâce aux multiples barrages qu’implique le passage du Tour de France à quelques encablures. Pas une voiture. Pas un bruit. Un Coca frais. Le bonheur.
Philippe, 53 ans, a repris l’affaire il y a quinze jours à peine. On s’inquiète de l’absence de clients en arrivant, mais les nombreuses paluches serrées par le patron dans les minutes suivantes nous rassurent. « Je connais la moitié de Carcassonne, et l’autre moitié me connaît », dit cet homme sympathique à la carrure de rugbyman ou de videur de boîte de nuit, qui se trouve précisément avoir été rugbyman et videur de boîte de nuit dans sa vie d’avant, deux carrières éprouvantes auxquelles il a dû mettre fin.

   


Il refoulait les mal sapés, les mal accompagnés, les trop enivrés au Zénith ou au Souvenir (les clubbeurs carcassonnais sauront de quoi on parle), mais c’est devenu trop dangereux : « Avant, on risquait de se prendre une tarte. Maintenant, on risque de se prendre un coup de couteau. » 
Le rugby aussi, c’est devenu trop dangereux ? « Non, mais il ne peut plus jouer que les troisièmes mi-temps ! », se marre, au comptoir, un client rigolard. Un certain Titi, un phénomène manifestement, qui répond « non, moi, de la danse classique » quand on lui demande s’il a fait du rugby lui aussi, et qui fréquente le Bar des Halles depuis quarante ans.
« C’est l’endroit le plus branché de Carcassonne. affirme ce quinquagénaire à qui l’on peut sans doute faire confiance, puisqu’il n’est pas 11 heures du matin, et qu’il s’enfile un demi pour faire passer la cuisse de lapin du boucher d’à côté qu’il mange avec les doigts. Faut venir ici le samedi midi, y a du lourd. Les faux branchés sont dans les faux endroits, les vrais branchés dans les vrais endroits. » Le Bar des Halles, donc, pas le Zénith ni le Souvenir.

   


PS. Nous avons croisé au comptoir Jean-François Saïsset, maire de la commune voisine de Trausse-Minervois, professeur d’histoire-géo, et président de l’AS Carcassonne XIII, club emblématique du « rugby vrai » (entendez : pas le rugby à XV, vendu au profesionnalisme et aux forces de l’argent). Or ce club est en proie à des difficultés financières, et a besoin de sous.
Comme M. Saïsset est abonné au Monde depuis 1978, on lui a promis qu’on ferait passer le message. Si vous souhaitez aider l’ASC XIII, appelez le 04 68 47 74 74 ou écrivez à communication@asc13.fr. Il en va de l’avenir de l’ASC XIII, donc de l’avenir de son président, donc de l’avenir de ses finances, donc de l’avenir de son abonnement au Monde, donc de l’avenir du Monde.

   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Le Français s’impose à Luchon, sa 2e victoire sur le Tour. Journée plus difficile pour les paysans de la Piège. Nos trois leçons de l’étape.
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Tour de France 2018 : Alaphilippe plein gaz, des lacrymogènes contre les agriculteurs

Le Français s’impose à Luchon, sa 2e victoire sur le Tour. Journée plus difficile pour les paysans de la Piège. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 07h51
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (Envoyés spéciaux à Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne)








                        


Julian Alaphilippe aime les jours de repos, mais surtout les lendemains : le Français à pois remporte l’étape de Bagnères-de-Luchon comme celle du Grand-Bornand il y a une semaine. Echappé dans un groupe de sacrés grimpeurs, le Français a mis la pression sur Adam Yates dans la dernière descente, et la chute du Britannique lui a offert la victoire. Les favoris ont boudé la première étape pyrénéenne, marquée par la neutralisation provisoire de la course après une intervention musclée des forces de l’ordre contre une manifestation d’agriculteurs.
>> Les classements du Tour de France

Another hell of a day for the Frenchman @alafpolak who grabs another stage win, but in a mountain stage this time !… https://t.co/gIOtsEoiUT— LeTour (@Le Tour de France)


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La Piège se referme sur le Tour
Le Maillot jaune en larmes, à l’arrêt sur la route : Geraint Thomas a reçu des gaz lacrymogènes dans le visage au cours de la 16e étape. Cette fois pourtant, ce ne sont pas les Sky qui étaient visés, mais tout le peloton qui a été touché, et ce n’est pas le fait de supporteurs en colère, mais des forces de l’ordre intervenues pour disperser une manifestation d’agriculteurs qui bloquaient la route du Tour.
L’incident s’est déroulé moins de 30 kilomètres après le départ donné à Carcassonne. Les coureurs ont dû mettre pied à terre, coincés par les affrontements entre gendarmes et manifestants. Ces derniers, venus avec tracteurs et moutons, avaient disposé des bottes de paille sur la route afin d’attirer l’attention sur la sortie programmée de leur région, la Piège, du statut de « zone agricole défavorisée », et la fin des indemnités compensatoires qui vont avec.

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                Zones agricoles défavorisées : des communes de l’Aude craignent de « tout perdre »



Sur son site internet, la Confédération paysanne de l’Aude explique : « Alors que le Tour nous montre une image bucolique de la France, la Confédération paysanne tient à rappeler que celui-ci traverse des campagnes dans lesquelles les paysans rencontrent des difficultés considérables ; c’est particulièrement vrai dans la Piège où les paysans ont mis des bottes de paille sur la route pour rappeler que leurs villages sortaient toujours des zones défavorisées, zones qui leur permettaient de toucher l’ICHN, l’indemnité compensatrice de handicap. »
Les forces de l’ordre sont parvenues à dégager une voie de passage pour la caravane et le peloton, en ayant auparavant gazé à tout va, ce qui a permis au peloton de humer l’atmosphère d’une fin de manifestation. « Il y avait vent de face, donc (le gaz) est revenu dans le peloton, raconte le Maillot blanc Pierre Latour. J’avais jamais pris de lacrymo dans la tête, ça gratte les yeux et la gorge. On était pas mal à s’arroser et à cracher un peu. » « Un coureur s’est mis à vomir », assure Nicolas Portal, directeur sportif de la Sky. « On ne se sent pas en insécurité, tempère le Maillot jaune Geraint Thomas. Chacun fait de son mieux, ASO, la police. »
« Le métier de cycliste est dangereux, il ne faut pas ajouter du danger au danger, a déclaré le directeur du Tour, Christian Prudhomme. Il faut respecter les coureurs. Il peut y avoir des revendications, légitimes ou pas, ce n’est pas à moi de juger, mais on ne bloque pas une route du Tour de France. » Cela arrive en effet très rarement. Des manifestations avaient perturbé des étapes en 2004 et 2008. Le blocage le plus célèbre date de 1982, lorsqu’un contre-la-montre par équipes avait carrément été annulé, en raison de la manifestation des ouvriers d’Usinor-Denain.
Résultat des courses, mardi : course neutralisée en rase campagne pendant un quart d’heure, le temps de s’asperger d’eau et de collyre. « L’action des manifestants, très éloignée du caractère familial et populaire du Tour de France et de son esprit, aurait pu avoir des conséquences plus graves pour les participants de la Grande Boucle sans l’action maîtrisée des forces de l’ordre », assure la préfecture. Action dont on revoit ci-dessous les meilleurs moments de maîtrise :

   



   



   



   



   



   



   


Alaphilippe a la recette de la popularité

   


Cette fois, les Français doivent le connaître. Julian Alaphilippe, plus connu avant ce Tour du public belge que du public français, a coché depuis une semaine les cases qui ont fait les cyclistes tricolors les plus populaires de ces dernières années : sourires, deux victoires d’étape et un maillot à pois, comme Thomas Voeckler en 2012 et Warren Barguil en 2017.

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                Tour de France : Julian Alaphilippe, le vélo à l’ancienne



Que dire de sa récupération au fil d’un Tour de France où on le voit presque chaque jour à l’avant, de sa façon de décrocher, en fin d’étape, certains des meilleurs grimpeurs du peloton ? Dans un sport où les superlatifs reviennent parfois comme des boomerangs, l’on préfère rester avare en mots et donner la parole aux acteurs.
Patrick Lefevere, patron de son équipe Quick-Step Floors : « Il court de février à octobre : le cyclisme devrait se mettre à genoux devant un coureur comme ça. »
Brian Holm, directeur sportif qui était dans la voiture suivant Alaphilippe : « Julian était dans toutes les échappées pendant les 70 premiers kilomètres (la bonne est partie après 100 kilomètres, ndlr). Il sautait partout comme un putain de lapin. Ensuite, tu en paies le prix, et j’ai cru qu’il en payait le prix dans le dernier col. Je lui ai dit : “Ne pars pas trop tard, cette fois (ce qu’il avait fait dans l’étape de Mende, où il avait échoué à la deuxième place, ndlr). On a déjà gagné trois étapes, ne panique pas. Reste calme, mais avant le sommet, s’il te reste des forces, rassemble-les et fais un dernier effort.” Et c’est ce qu’il a fait. On s’est dit que 30 secondes de retard au sommet, c’était beaucoup. Yates est un bon coureur, il est technique. Mais Julian est l’un des meilleurs descendeurs du monde, donc s’il y allait, peut-être qu’il pouvait le stresser un peu. » Yates est tombé dans la descente, à 6 kilomètres de l’arrivée, alors que son avance n’était plus que d’une quinzaine de secondes.
Julian Alaphilippe : « Je connaissais la descente pour avoir fait l’étape en reconnaissance avec Bob Jungels, au printemps. Je savais que la descente était technique et dangereuse. Je ne savais pas qu’il était tombé, quand je l’ai rattrapé il était en train de remonter sur mon vélo et ça m’a fait chier pour lui. J’ai voulu être fair-play et attendre un peu. Il était à 100 mètres mais je pense qu’après sa chute il a eu peur, et il n’arrivait pas à revenir sur moi. Alors j’ai tout donné, je me suis concentré et au bout c’est une deuxième victoire. » 

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                Tour de France : « La parade nuptiale de Julian Alaphilippe », par Olivier Haralambon



Les jeux (de maillot) sont faits, ou presque
Evidemment, en ce qui concerne le jaune, non. Mais pour les autres maillots distinctifs, on peut considérer que les jeux sont faits.

   


Pour le vert, on peut même l’affirmer : s’il arrive jusqu’à Paris, Peter Sagan remportera dimanche le classement par points, dit « du meilleur sprinteur », pour la 6e fois de sa carrière, égalant ainsi le record de l’Allemand Erik Zabel (qui l’avait, lui, remporté six fois d’affilée). Son plus proche poursuivant, Alexander Kristoff, compte 282 points de retard, soit 42 de plus que le maximum qu’il pourrait encore empocher, s’il remportait toutes les étapes et les sprints intermédiaires jusqu’à la fin du Tour. Ce qui avait, de toute façon, peu de chances d’arriver.
Pour le maillot à pois, les 49 points d’avance de Julian Alaphilippe (122) sur Warren Barguil (73) – 3e à ce classement, Geraint Thomas, compte 30 points – ne sont pas une garantie absolue, mais semblent largement suffisants pour lui permettre de finir meilleur grimpeur du Tour et succéder à son dauphin. Il reste trois ascensions hors catégorie, trois de 1ère catégorie, une de 2e, et quatre de 4e, soit 119 points à empocher pour celui qui passerait en tête à chaque sommet. Or, Barguil n’est manifestement pas dans la forme de sa vie, contrairement à Alaphilippe. Donc Socrate est un homme, et Alaphilippe va finir à pois sur les Champs.
Quant au maillot de meilleur jeune, il semble solidement scotché aux épaules de Pierre Latour, qui possède 2’29 d’avance sur Guillaume Martin et surtout 14 minutes sur Egan Bernal, le Colombien de la Sky qui grimpe encore mieux mais se désintéresse complètement de ce classement (il a encore quatre occasions de le gagner).
Les deux Français, comme souvent sur ce Tour, ont fini ensemble la 16e étape. « J’ai essayé de bouger, mais Pierre me marquait, raconte Guillaume Martin. Ça a été un beau mano à mano. On ne fait pas exprès, on ne s’attend pas, mais on est sensiblement du même niveau sur cette course, ce qui fait qu’on arrive à peu près toujours ensemble. Pour le maillot blanc, il faut que je compte sur un jour sans de Pierre. Parce qu’il a deux minutes trente d’avance, et qu’il va me prendre à peu près autant sur le chrono (20e étape). Il faut compter sur la dernière étape de montagne (la 19e), où il y a peut-être moyen de prendre une grande échappée, pour créer de grands écarts. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.
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Tour de France : Julian Alaphilippe remporte la 16e étape

Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Une victoire dans les Alpes, un autre dans les Pyrénées : Julian Alaphilippe sait bien faire les choses. A Bagnères-de-Luchon, le Français a signé une deuxième victoire d’étape sur ce Tour de France 2018. « J’en reviens même pas, c’est un truc de malade », lâchait à chaud le coureur de la Quick-Step au micro de France 2 après l’arrivée.
Cette 16e étape longue de 218km a été courue sur un rythme très élevé dès le départ de Carcassonne. L’échappée a mis du temps à se dégager. Un groupe de 46 coureurs s’est dégagé avant le col du Portet d’Aspet, parmi eux Julian Alaphilippe et Warren Barguil, son principal adversaire pour le maillot à pois du meilleur grimpeur.
Mais quand le Breton calait au pied du col du Portillon, dernière difficulté de la journée, Julian Alaphilippe arrivait à suivre les accélérations des meilleurs grimpeurs du groupe. Dans le dernier kilomètre, il se lançait à la poursuite d’Adam Yates. Réputé meilleur descendeur que le Britannique, Alaphilippe poussait ce dernier à la faute dans un virage et volait vers la victoire.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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A l’arrivée, le coureur de 26 ans devance l’Espagnol Gorka Izaguirre, Yates, le Néerlandais Bauke Mollema et l’Italien Domenico Pozzovivo. Le groupe maillot jaune termine à 8’52’’ du vainqueur du jour. Comme prévu (et redouté) la grande explication entre favoris est remise à mecredi avec très courte (65km) mais terrible étape entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dixième de l’étape, le maillot blanc Pierre Latour réalise une bonne opération au classement général et remonte de la 17e à la 13e place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.
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Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h48
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Commission d’enquête sur l’affaire Benalla, acte II. Mardi 24 juillet dans l’après-midi et en soirée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, puis Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), et Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, doivent être auditionnés par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée en commission d’enquête.
Ils seront interrogés sur les manquements ayant conduit aux faits commis par Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron accusé, notamment, de violence sur deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai à Paris.
La veille, les six heures d’audition cumulées – du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin – n’ont pas réussi à éclaircir un certain nombre de questions suscitées par cette affaire Benalla.

        Lire le récit :
         

          journée extraordinaire à l’Assemblée



Qui a accepté que M. Benalla soit présent au côté des policiers le 1er mai, qui en a été informé et par qui ?
A l’Elysée, c’est M. Strzoda qui assure avoir accordé la possibilité à M. Benalla d’accompagner des policiers lors des manifestations.
« Alexandre Benalla m’avait prévenu deux jours plus tôt qu’il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er-Mai. Il m’en a demandé l’autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu’il y allait en observateur », a expliqué, il y a une semaine, M. Strzoda au Monde.
Ce statut d’« observateur » est donné, selon le préfet de police, Michel Delpuech, à des collaborateurs, journalistes, magistrats ou stagiaires désireux de voir de l’intérieur les interventions de la police. Toutefois, ce statut n’implique pas de participation aux missions des forces de l’ordre. « Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait », a précisé M. Delpuech, lundi lors de son audition par la commission d’enquête.
Le préfet a déclaré que lui-même n’avait pas été informé de la sollicitation de M. Benalla – il a cependant précisé qu’il lui aurait accordé le statut d’observateur si on le lui avait demandé.
« M. Benalla ne bénéficiait d’aucune autorisation pour être présent en tant qu’observateur sur cette manifestation », a assuré de son côté le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.
Ce dernier a déclaré que c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à M. Benalla. C’est aussi ce qu’a déclaré M. Delpuech, précisant que M. Simonin n’en avait pas averti sa hiérarchie.
M. Simonin a été mis en examen pour avoir contribué à la transmission d’images de vidéosurveillance à M. Benalla au soir du 18 juillet.
Qui a donné à M. Benalla, le 1er mai, un casque, un brassard ainsi qu’une radio de police ?
Le casque dont était équipé M. Benalla le 1er mai lui avait été fourni par M. Simonin, a déclaré M. Gibelin. « Je n’ai aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque », a-t-il ajouté, faisant référence au brassard et à la radio de police dont disposait Alexandre Benalla le 1er mai. MM. Collomb et Delpuech ont, eux aussi, assuré qu’ils en ignoraient l’origine.
Cette interrogation ne sera éclaircie que par les conclusions de l’enquête administratives de l’IGPN, dont les auditions sont en cours.
Qui a été informé, et quand, de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit M. Benalla frapper des manifestants ?
Selon M. Collomb, la personne qui a lancé l’alerte est Vincent Caure, collaborateur de M. Macron chargé des réseaux sociaux à l’Elysée. Le ministre a expliqué qu’après avoir pris connaissance de la vidéo le 2 mai « en début d’après-midi », M. Caure a alerté Jean-Marc Girier, son chef de cabinet, qui, peu après, a informé Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, de l’existence de la vidéo. Ce dernier a, par la suite, transmis l’information à l’Elysée.
M. Delpuech a déclaré, pour sa part, que c’est « vers 10 heures » le 2 mai qu’il lui a été révélé que « circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er-Mai » et qu’il a « demandé à en savoir plus ». M. Delpuech dit avoir reçu, à 10 h 15, un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, lequel lui parle de M. Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Le préfet dit avoir alors visionné la vidéo avec son directeur de cabinet avant de joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond qu’« il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». 
Selon le récit du préfet, le cabinet de M. Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment où le ministre en aurait été informé, selon ses propres dires. Les deux versions ne sont pas incompatibles. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Lire :
         

          Les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations



Pourquoi l’article 40 n’a-t-il pas été appliqué ?
MM. Collomb, Delpuech et Gibelin ont longuement été interrogés sur le fait que l’article 40 du code de la procédure pénale n’a pas été actionné.
Pour rappel, cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé qu’il appartient aux personnes en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de « recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale ».
Une défense visant implicitement M. Strzoda et le désignant comme étant celui qui aurait pu avertir le procureur en vertu de l’article 40. L’ancien préfet sera auditionné par la commission des lois mardi 24 juillet à 16 h 30.

        Lire avant son audition :
         

          Patrick Strzoda, un haut fonctionnaire expérimenté embarqué dans une affaire d’Etat



M. Benalla a-t-il été réellement suspendu ?
M. Gibelin, devant commission d’enquête, a affirmé que M. Benalla était présent au cours de réunions de travail s’étant tenues entre le 4 et le 19 mai. Or c’est la période durant laquelle M. Benalla a été suspendu de ses fonctions en raison d’un comportement « manifestement inapproprié », comme une lettre de M. Strzoda le lui a signifié.
« L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », a déclaré M. Gibelin au cours de son audition.
La présidence de la République avait réagi, mardi, en assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ».
Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans cette lettre, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ». Il invoque également une incompréhension au niveau des dates évoquées.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Le coureur de la Quick-Step, porteur du maillot à pois, s’est adjugé la 16e étape, mardi, entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Tour de France : Pierre Latour, la drôle de relève du cyclisme français

Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 13h54
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                            Alexandre Pedro








                        



   


Impossible de rater Pierre Latour sur les routes du Tour de France. De l’extérieur, il y a ce maillot blanc du meilleur jeune porté depuis la 11e étape qui capte les regards. Mais dans l’intimité du peloton du peloton, le coureur de 24 ans (14e au classement général) s’annonce à plusieurs mètres à la ronde par un rire que certains qualifieront d’original. « Il est bizarre, je sais », admet volontiers le lieutenant de Romain Bardet au sein de l’équipe AG2R La Mondiale.
Bon public, le Drômois peut même se bidonner à s’en donner un point de côté. Il raconte l’épisode de ce Tour du Finistère où son coéquipier Samuel Dumoulin « s’est mis en position de Superman en haut d’une bosse : j’ai tellement rigolé que j’ai failli me faire lâcher du peloton ».
A l’heure d’un cyclisme régi par les gains marginaux et un ascétisme pas toujours tordant, Pierre Latour est une bulle de légèreté. Un garçon qui a longtemps parlé à ses jambes (« Brigitte et Bernardette » comme il le racontait à Libération en 2017), les a encouragées ou conspuées et qui regrette que la préparation du Tour le prive depuis deux ans de la fête de la pogne (une brioche à la fleur d’oranger) de Romans-sur-Isère. Un drôle de numéro, donc. « Je m’en fous si on pense que je suis étrange », racontait-il au Monde en début lors d’un stage en Sierra Nevada en mai.
A plus de 2 300 mètres d’altitude, Pierre Latour fait le métier, comme on dit. Il mange, dort et rêve peut-être même cyclisme, lui qui avoue n’avoir jamais eu d’idole à cuissards et a longtemps préféré le cheval, avant de monter sur un vélo à 15 ans « pour faire le con ». Le père, tourneur fraiseur, a bien roulé chez les amateurs dans sa jeunesse, mais sans refiler le virus au fiston. « Il regardait le Tour en juillet, mais moi je lui disais qu’il m’emmerdait avec son cyclisme et je m’endormais devant sur le canapé. » 
Quelques années plus tard, l’ancien téléspectateur narcoleptique remporte la classique des Alpes – une course qui vous classe un futur grimpeur chez les juniors – et « [prend] un peu conscience » de ses qualités. Mais l’idée de carrière l’effleure encore de loin. Latour s’inscrit en BTS électrotechnique sans demander d’horaires aménagés, menant sa carrière chez les amateurs et sa scolarité à sa façon. Sans stress excessif, disons. « Pour le BTS blanc, je me suis dit que je n’allais pas réviser comme ça, je saurais ce que je sais et ce que je ne sais pas. Bon, j’ai eu 4 ou 5. Je ne savais pas grand-chose apparemment. »
Leader sur la Vuelta en 2019
Son diplôme en poche (« à ras les pâquerettes ») il rejoint AG2R La Mondiale en 2015 pour trois saisons en non deux comme la tradition le veut dans l’équipe dirigée par Vincent Lavenu. Preuve que ce dernier perçoit déjà le gros moteur du coureur derrière le garçon fâché avec le sérieux. Le directeur sportif, Julien Jurdie, a appris depuis à composer avec « ce phénomène ». Derrière « ses blagues à deux balles », il décrit un autre Latour. Plus méchant et dur au mal dès qu’il accroche un dossard sur son dos. « Mentalement, c’est un des garçons les plus forts du peloton, assure Jurdie. On le voit grimacer, à la rupture, mais ne jamais lâcher. Il sait se faire mal, ça ne se travaille, il a ça en lui. »
Demandez plutôt à Darwin Atapuma. Lors de la 20e étape du Tour d’Espagne 2016, le Colombien pense bien avoir décroché son compagnon d’échappée dans le dernier col. Latour agonise, pédale avec les oreilles et les épaules mais dépose son adversaire dans les derniers hectomètres. « Au niveau de l’échelle de la souffrance, j’étais pas mal », dit-il. Aux commentaires ce jour-là sur Eurosport, Richard Virenque sait depuis qu’il ne faut jamais enterrer Pierre Latour.

La saison prochaine, le Français devrait retrouver les routes de la Vuelta. Chez AG2R La Mondiale, on a envie de savoir si le bras droit de Romain Bardet a l’étoffe d’un leader sur un grand tour. Son potentiel excite déjà les imaginations patriotiques. Le coureur grimpe et roule fort, comme le prouvent ses deux titres de champion de France du contre-la-montre. Un profil plutôt rare qui, dans le cyclisme français, vous catapulte assez vite en héritier de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore du Tour en 1985.
Troisième du Tour de Catalogne cette saison, Latour a déjà prouvé qu’il pouvait maintenir sa concentration sur une semaine. Et forcer un peu sa nature lunaire. « Je peux me relâcher, traîner en fin de peloton, admet-il. Parfois, je me retourne et je me rends compte qu’il n’y a personne derrière moi. Sur une semaine, je suis parvenu à me concentrer. Sur trois, c’est autre chose. » 
D’ailleurs, il avoue ne pas trop savoir s’il aime le Tour et vouloir ne vivre que pour ce bout de tissu jaune comme un Bardet. « Moi, j’ai besoin de débrancher par moments. » Après le Tour de France, il a d’ailleurs prévu d’emmener Brigitte et Bernadette en balade pédestre dans sa campagne drômoise : « Mes parents ont un nouveau chien, il faut bien le promener un peu. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ En quelques mots, le patron de l’équipe Sky, a mis lundi un peu de sel dans une dernière semaine du Tour qui n’allait déjà pas en manquer.
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Tour de France : cracher sur les cyclistes fait-il partie de la culture française ?

En quelques mots, le patron de l’équipe Sky, a mis lundi un peu de sel dans une dernière semaine du Tour qui n’allait déjà pas en manquer.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 08h26
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h13
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Conques-sur-Orbiel, Aude)








                        



   


16E ÉTAPE : CARCASSONNE - BAGNÈRES-DE-LUCHON, 218 KM
Bienvenue dans la dernière semaine du Tour, qui sera courte, puisqu’elle débute un mardi et s’achève un samedi. Trois étapes de montagne, un contre-la-montre final, un sprint au milieu, et nous serons déjà sur les Champs-Elysées avec un Britannique en jaune. D’ici là, la course aura répondu aux ultimes questions sur lesquelles le peloton aura six heures pour méditer aujourd’hui entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchons, la plus longue étape de montagne du Tour (218 km), organisée vingt-quatre heures avant la plus courte (65 km), l’intérêt sportif risquant d’être inversement proportionnel à la distance.
Questions : qui de Chris Froome ou Geraint Thomas dégainera son poignard en premier dans le duel skyïcide qui va nous tenir en haleine jusqu’à la veille des Champs ? L’un ou l’autre peut-il subir une « Simon Yates » – du nom du jeune Anglais qui dominait le dernier Tour d’Italie avant de s’effondrer en troisième semaine ? L’exclusion de Gianni Moscon, a.k.a « l’Alexandre Benalla du peloton », va-t-elle ne rien changer, ne rien changer du tout, ou ne strictement rien changer à la mainmise des Sky sur la course ?

        Les leçons de la 15e étape :
         

          Carcassonne pour Cort Nielsen, le glas sonne pour Moscon



Questions subsidiaires : assistera-t-on enfin à une victoire d’étape d’une équipe française, événement inédit cette année ? Assistera-t-on à une victoire d’étape de la Cofidis, événement inédit depuis dix ans ? Pourquoi déplore-t-on qu’une équipe française n’ait pas encore gagné d’étape ? Serait-ce vraiment bon pour le pays ? Ne serait-il pas meilleur pour le pays que cesse l’évasion fiscale qui lui coûte 50 milliards d’euros par an ? Dans le fond, qu’est-ce qui fait le bonheur d’une nation ? Mais dans le fond du fond, qu’est-ce que la nation française ? Mais dans le fond du fond du fond, cracher sur les cyclistes fait-il partie de la culture française ?
« On peut aussi faire un Tour réservé aux équipes françaises »
Cette dernière question nous est soufflée par Dave Brailsford, qui l’a formulée telle quelle en conférence de presse, hier, lors d’une journée de repos où il a beaucoup été question de l’hostilité du public envers l’équipe Sky qu’il dirige.
On revoit l’action au ralenti : « Je ne pense pas que les crachats aient leur place dans le sport professionnel, ni même dans la vie de tous les jours. Mais il semblerait que ce genre de chose se fasse ici. C’est intéressant. On a fait le Tour d’Italie alors que “l’affaire Froome” était en cours, et les Italiens ont été fantastiques. [Pendant la Vuelta], les Espagnols ont été fantastiques. Il semblerait que ce soit quelque chose de très français. Vous voyez, quelque chose dans la culture française, non ? [It just seems to be a French thing. Just like a French cultural thing, you know, isn’t it ?] »
Les Italiens ont effectivement été fantastiques lors du Giro, surtout les deux infirmiers courant après Froome avec un inhalateur de Ventoline géant dans le colle delle Finestre – on n’a encore rien vu de mieux sur la route du Tour de France qu’une pancarte indiquant : « Ici, l’asthme, on le soigne en buvant du pinard. » Fantastique aussi, le CV de l’Italien Gianni Moscon, qui comporte déjà quelques hauts faits de violence et de racisme. Peut-être tout cela est-il très italien ?

Guy from a country with century-long issues with hooliganism who manages Italian guy who has harassed a black compe… https://t.co/aHUN3tbKKP— Pflax1 (@Peter Flax)


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« Un type venant d’un pays ayant un problème de hooliganisme depuis des siècles, et qui dirige un Italien ayant insulté un coureur noir et qui vient d’être exclu du Tour pour avoir frappé un coureur français, dit que le problème est lié à la culture française. »
Dans l’euphorie générale, le patron de l’équipe Sky a vidé une seconde bouteille d’huile sur le brasier : « Quand on accueille un événement comme le Tour de France, on devrait avoir envie que les meilleurs coureurs du monde y participent, et faire preuve d’un peu plus de respect à leur égard. Si on ne veut pas qu’ils viennent, on peut aussi faire un Tour de France réservé aux équipes françaises. » 
Flamboyant Brailsford, qui parle avec ses tripes, sans filtre, sans calcul, à l’instinct. Si seulement ses cyclistes pouvaient courir de la même manière ! S’il n’avait pas l’impression de voir passer un rouleau compresseur branché sur son compteur de watts, le public serait-il aussi hostile envers la Sky ?
La Sky, c’est le PSG
Certains rivaux ont tenté de voler au secours de l’équipe honnie, comme Vincent Lavenu, patron de la formation AG2R : « Sky domine, soit. Comme Usain Bolt a dominé en athlétisme, comme Rafael Nadal domine à Roland-Garros. Mais, là, on ne ressent pas cette agressivité. » Faux. Sky domine plutôt comme le PSG domine la Ligue 1 : ses coureurs, ses entraîneurs, ses méthodes sont supérieurs, parce que son budget est supérieur.
« N’importe quel équipier de Froome et Thomas est mieux payé que Romain Bardet », souffle, dépité, un cadre de l’équipe AG2R, dont le budget (14,5 millions d’euros en 2017) est 2,5 fois inférieur à celui de la Sky (37 millions). Se réjouir de voir Sky gagner le Tour, c’est se réjouir de voir le PSG mettre 8-0 au FC Metz. L’équipe britannique a trouvé la formule pour gagner des courses, mais pas l’estime des fans de vélo. Combien de temps ses dirigeants feront-ils semblant de ne pas le comprendre ?
Soyons clairs : rien n’autorise la violence ou l’insulte ; rien n’interdit les sifflets ou les huées. Ce n’est pas ici que l’on défendra les quelques abrutis qui s’en prennent physiquement aux coureurs de la Sky. Mais ne pas applaudir sagement l’équipe qui écrase la concurrence par sa puissance financière et une supériorité technologique aux antipodes d’une vision romantique du cyclisme, oui, peut-être y a-t-il là quelque chose de très français.

   



   


Départ à 11 h 30 ; arrivée vers 17 h 20.
Tour du comptoir : Millau
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on découvre un proverbe.

   


Combien avez-vous pris de jours de vacances depuis 2015, vous ? Mario Depoilly le sait, et de mémoire : cinq jours pour un mariage en septembre 2015, cinq jours pour un mariage en septembre 2016, six jours en avril 2018. Seize en quatre ans. En semaine, il s’offre deux après-midi de pause, dimanche et lundi. Le reste du temps, de 5 h 30 à 21 h 30 environ, il est derrière son comptoir et sert à boire au quartier.

   


Ça a commencé le 5 janvier 2014, jour de la réouverture du Café du Rouergue, qu’il a racheté. Ça prendra fin en mars 2020, quand le crédit sera remboursé. D’ici là, Mario serre les dents, plus qu’il ne l’avait envisagé. Sur l’année, il encaisse 70 000 euros. Les bons mois, cela lui en laisse 400. Mario croit bon de préciser qu’il « ne sor[t] pas ». « C’est bien plus dur que ce que je pensais. Mais je me serai battu. »
A l’achat, Mario dit s’être fait « pigeonner », dans l’euphorie de vouloir monter son affaire, et nous apprend un dicton au passage : « Comme on dit, un pigeon se lève tous les matins. » Ce qui le rembourse de sa vie au comptoir, il le dit avec un sourire presque coquin : « Les gens. C’est très, très enrichissant. Les gens viennent s’asseoir à votre table et vous parlent de leurs problèmes, de politique, de leur région... »

   


Mario vient des environs de Dieppe, a fait des années de restauration à Paris où il est devenu supporteur du PSG, ce qui ne doit pas être facile tous les jours à Millau. Il est venu par amour, mais l’amour est capricieux. Ici, il a trouvé « très dur de se faire accepter, car les gens sont assez chauvins ». Il a toutefois récupéré toute la clientèle, qui est là dès 6 heures : les ouvriers, le marchand de journaux, les retraités pour qui il bricole un petit déjeuner, un tripou par exemple.
La Coupe du monde a bien marché, ça l’a fait respirer. Le maire avait refusé l’installation d’un écran géant pour faire marcher les cafés. Au comptoir, on n’a parlé que de ça, pendant un mois. Mario avait senti le coup : il avait repris l’abonnement à BeIN et diffusait les matches en intégralité. Ça changeait de BFM-TV. Et maintenant, de quoi parle-t-on ? Du Tour, un peu, même si les Sky n’inspirent personne. L’affaire Benalla ? « Quoi ? Non, personne ne parle de ça. Mais oui, j’ai vu qu’ils en parlaient à la télé. » De politique, un peu, quand même. A propos, on est passé près de la correctionnelle : « Heureusement que c’est pas Le Figaro, on aurait mis des barbelés à l’entrée ! » Si vous êtes à Millau et que vous n’êtes pas du Figaro, allez au Café du Rouergue.

   





                            


                        

                        


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Allemagne : Mesut Ozil, footballeur loyal ou ambassadeur instrumentalisé ?

En quittant l’équipe nationale de football, le joueur d’origine turque a déclenché une vive polémique en Allemagne, alimentée par certains ministres du président Erdogan.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 20h02
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 06h39
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


En Allemagne, la polémique prend de l’ampleur au lendemain de l’annonce par le footballeur Mesut Ozil de son départ de l’équipe nationale. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », avait indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.

        Comprendre pourquoi
         

          le footballeur Mesut Ozil quitte la sélection, invoquant le « racisme »



Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions, dont les enjeux dépassent largement le cadre footballistique. « Le départ de Mesut Ozil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien berlinois Tagesspiegel, qui, comme l’ensemble des médias allemands, consacrait ses gros titres à la décision du joueur. « Mesut Ozil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis x générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Ozil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands dès le premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
« Respect aux racines de mes ancêtres »
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Ozil et Ilkay Gündogan, posant aux côtés du président turc Recep Tayipp Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.

        Le rappel des faits :
         

          Deux footballeurs allemands font scandale en faisant d’Erdogan « leur » président



Prises dans un hôtel de Londres, ces photos avaient été rapidement diffusées sur les réseaux sociaux par le Parti de la justice et du développement (AKP), le mouvement islamo-conservateur du président turc. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, M. Erdogan – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces photos avaient été condamnées par l’ensemble des partis politiques, qui avaient jugé au mieux maladroit et au pire scandaleux l’hommage rendu par des joueurs de l’équipe nationale à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.

        Le récit de l’issue de l’élection présidentielle turque :
         

          Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



Dimanche, Mesut Ozil est revenu sur les critiques suscitées par ces photos, estimant que celles-ci étaient parfaitement injustifiées. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur d’Arsenal, né en 1988 à Gelsenkirchen, une ville du bassin industriel de la Ruhr, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque d’Allemagne. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. Durant mon enfance, ma mère m’a dit de ne jamais oublier d’où je venais. J’ai rencontré le président Erdogan à Londres, lors d’un gala de charité. Pour moi, faire une photo avec [lui] n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste de respecter le plus haut dignitaire de mon pays […], de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres, qui auraient été fiers de ce que je suis devenu aujourd’hui. »
« Il a joué comme une merde »
Dans la lettre de trois pages accompagnant l’annonce de son départ, Mesut Ozil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la fédération allemande de football (DFB) et ancien député conservateur (CDU) de 2002 à 2016. « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, à l’occasion de laquelle le joueur avait été visé par de nombreuses attaques à caractère raciste, lui qui faisait déjà partie de l’équipe nationale vainqueure de la Coupe du monde en 2014.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses en Allemagne. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Ozil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est doublement indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste » en Turquie, ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la dernière Coupe du monde.
Contre Mesut Ozil, la charge la plus virulente est toutefois venue de Uli Hoeness, le président du Bayern Munich. « Pour moi, Ozil a eu un alibi pendant des années, il n’a pas du tout aidé l’équipe d’Allemagne […]. Quand est-ce qu’il a passé un adversaire pour la dernière fois ? Personne ne l’a questionné athlétiquement. Maintenant il peut se cacher derrière l’histoire d’Erdogan. Il a joué comme une merde pendant des années, et maintenant c’est la faute de Reinhard Grindel ou d’Oliver Bierhoff [le manager général de l’équipe d’Allemagne]. »
« Une décision qui doit être respectée »
D’un autre côté, plusieurs journaux et responsables politiques, tout en prenant leurs distances avec la décision surprise de Mesut Ozil, ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Ozil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a ainsi estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a réagi de son côté Cem Ozdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en prenant garde de ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Ozil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a ainsi déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer, lundi à midi.
« Le plus beau but contre le virus du fascisme »
La réaction prudente de la chancelière allemande n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et dans laquelle M. Erdogan compte de nombreux partisans. A l’élection présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour le candidat de l’AKP, soit douze points de plus que son score total.
Plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont salué le retrait de Mesut Ozil
Deux autres raisons expliquent également le ton mesuré de Mme Merkel. La première est purement politique, et tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son propre camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde raison est diplomatique, liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet de la part des autorités turques.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan, qui ne manque pas une occasion de dénoncer la situation des Turcs installés en Allemagne, ont en effet salué le retrait de Mesut Ozil « Nous soutenons pleinement la décision honorable de notre frère Mesut Ozil », a ainsi réagi le ministre turc des sports, Mehmet Kasapoglu. « Je félicite Mesut Ozil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a quant à lui commenté son collègue chargé de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Le nageur américain, sextuple champion olympique, a attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux une photo de lui sous perfusion.
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Ryan Lochte, légende de la natation, suspendu quatorze mois par l’agence antidopage américaine

Le nageur américain, sextuple champion olympique, a attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux une photo de lui sous perfusion.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 19h59
   





                        



   


La substance est autorisée, mais la méthode d’injection, non. Ryan Lochte, sextuple champion olympique et seize fois champion du monde de natation, s’est fait rappeler à l’ordre par l’Usada, l’agence antidopage américaine, pour s’être administré en trop grande quantité et dans un laps de temps trop court une substance autorisée.
« Les perfusions en intraveineuse de plus de 100 millilitres sur un créneau de douze heures sont interdites en permanence », a précisé l’agence américaine antidopage. Les seules exceptions, en cas d’urgence clinique, doivent faire l’objet d’une autorisation pour usage thérapeutique (TUE), que ne possédait pas le nageur.
Ryan Lochte a été sanctionné de quatorze mois de suspension, jusqu’en juillet 2019 — tout juste un an avant le lancement des Jeux olympiques d’été à Tokyo, un objectif revendiqué par le nageur américain. Il sera notamment privé des prochains championnats du monde, organisés en Corée du Sud.
C’est le nageur de 33 ans lui-même qui avait attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux, le 24 mai, une photo de lui en pleine perfusion.
« Je n’ai rien pris d’illégal. Tout était légal. Vous pouvez acheter ça chez CVS ou Walgreens [deux chaînes de supérettes et de pharmacies américaines], mais il y a des règles et vous devez vous y conformer », a regretté Ryan Lochte lors d’une conférence de presse lundi 23 juillet. Il a également dit accepter cette décision.
Ryan Lochte a déjà été suspendu après les jeux olympiques de 2016, au Brésil : il avait prétendu avoir été victime d’un braquage par des faux policiers alors qu’il rentrait en taxi au village olympique après une longue nuit arrosée au Club France, dans un quartier huppé de Rio. En réalité, ils ont été filmés dans une station-service où ils sont accusés d’avoir uriné sur les murs et d’avoir vandalisé les toilettes, avant de se quereller avec le vigile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ De retour en première division italienne, le club est accusé d’avoir arrangé une partie, en fin de saison passée.
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Match truqué : cinq points de pénalité pour Parme

De retour en première division italienne, le club est accusé d’avoir arrangé une partie, en fin de saison passée.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h40
   





                        



   


Trois ans après sa mise en faillite et son renvoi dans les bas-fonds du football italien (Serie D, quatrième division), pour Parme le retour dans l’élite s’annonce délicat. Le club historique s’est vu infliger cinq points de pénalité pour la saison prochaine, par la fédération nationale (FIGC) lundi 23 juillet.

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À l’origine des soupçons de tricherie, Emanuele Calaio est, quant à lui, suspendu pour deux ans et écope d’une amende de 20 000 euros. L’attaquant parmesan est accusé d’avoir envoyé des messages à un ancien coéquipier, évoluant depuis à La Spezia, pour l’inciter à lever le pied avant une partie décisive pour la montée en Serie A.
Emanuele Calaio suspendu deux ans
Après la victoire de Parme (2-0) dans ce dernier match de la saison 2017-2018, les supporteurs de La Spezia avaient fustigé le niveau de leurs favoris, en particulier celui d’Alberto Gilardino, un ancien international et ex-joueur de Parme, qui avait manqué un penalty en tirant largement au-dessus, alors que le score n’était que de 1-0.
« Le tribunal considère prouvé que Calaio, en envoyant les messages en question […] a tenté de commettre un acte illégal », indique le communiqué de la FIGC. Le club de Parme a annoncé avoir « pris acte avec une énorme amertume » de cette décision et a annoncé un appel « très rapidement » auprès de la Cour fédérale d’appel de la Fédération italienne.
Fondé en 1913, le club avait connu ses heures de gloire dans les années 1990, marquées par deux Coupes de l’UEFA (1995 et 1999) et une Coupe des coupes (1993).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
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Affaire Benalla : ce qu’il faut retenir de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée

Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h43
    |

                            Le Monde.fr








                        



Michel Delpuech a été auditionné sous serment, lundi 23 juillet dans l’après-midi, sur « l’affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête. Alexandre Benalla, désormais ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, a été l’auteur de violences filmées sur deux manifestants en marge de la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris.
Après cette seconde audition, consécutive à celle, lundi matin, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du rôle d’Alexandre Benalla et sur les raisons de sa présence auprès des forces policières ce jour-là. Au cours de son audition, le ministre de l’intérieur avait insisté sur la responsabilité de l’Elysée et de la préfecture de police de Paris. Michel Delpuech a quant à lui rappelé que M. Benalla n’était « pas sous [s] on autorité », mais sous celle de l’Elysée.

        Comprendre
         

          les six failles dans les réponses de Gérard Collomb



Retour sur les temps marquants de l’audition du préfet de police de Paris.
Comment et quand Michel Delpuech a-t-il rencontré Alexandre Benalla ?
M. Delpuech a affirmé avoir rencontré M. Benalla pour la première fois l’avant-veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, il y a un an, au cours d’une réunion de travail. Il dit avoir croisé M. Benalla à plusieurs reprises : « Il était dans le cercle proche des personnes autour du président. Beaucoup de photographies le montrent, en disant ça, je ne révèle rien », rapporte M. Delpuech.
Le préfet de police de Paris affirme par ailleurs ne pas connaître personnellement M. Benalla. « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro de M. Benalla », rapporte-t-il.

        Collomb, Delpuech, Strzoda :
         

          les trois protagonistes au cœur de l’affaire Benalla



Qui a autorisé Benalla a assiter à la manifestation auprès des forces de police ?
On en sait une peu plus à l’issue de cette journée d’audition. Selon Michel Delpuech, c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à Alexandre Benalla.
L’homme est déjà mis en examen pour avoir participé à la transmission d’éléments de vidéosurveillance à Alexandre Benalla le soir du 18 juillet. Selon Michel Delpuech, Laurent Simon a agi sans en référer à sa hiérarchie. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, affirmait déjà que « Alexandre Benalla avait obtenu l’autorisation non pas par le préfet mais par quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie ».
Plus tard au cours de son audition, M. Delpuech précisera cependant :
« Si j’avais été sollicité, je ne l’ai pas été, pour cette demande, l’aurais-je refusé ? L’honnêteté m’oblige à dire que non, je n’avais aucune raison de la refuser pour un collaborateur de l’Elysée qui travaille quotidiennement avec mes services. En revanche, je l’aurais mis en garde contre les risques que présentait cette manifestation, compte tenu des informations dont nous disposions. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait. Vous connaissez la formule : “fraus omnia corrumpit” [« la fraude corrompt tout »]. »
Quand et comment a-t-il été informé de sa présence auprès des forces de police le 1er mai ?
Le 2 mai, « à 10 h 15 », précise Michel Delpuech, il reçoit un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée. « Il m’a indiqué que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo relatant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. Je ne comprends pas ce dont il parle. Je lui dis que je vais me renseigner », rapporte Michel Delpuech dans son discours liminaire. Quelques minutes plus tard, il visionne la vidéo sur un grand écran, en compagnie de son service de communication, et identifie M. Benalla.
Les mesures prises ensuite
Après avoir visionné la vidéo, Michel Delpuech rapporte avoir pris deux initiatives :
la première consiste à joindre le cabinet du ministère de l’intérieur, qui a affirmé être d’ores et déjà informé de la situation et en liaison avec l’Elysée sur le sujet ;
Et de préciser :
« Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c’est bien ce qu’il s’est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions. Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
la seconde initiative a d’ailleurs été de lancer une investigation pour en savoir davantage sur les raisons ayant conduit M. Benalla à être présent sur la place de la Contrescarpe.

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          La sécurité du président devait passer sous autorité unique de l’Elysée



Sur la délivrance d’un port d’armes à M. Benalla
Le député Les Républicains Philippe Gosselin a souligné que le ministre de l’intérieur avait refusé à trois reprises de délivrer un port d’armes à l’endroit de M. Benalla, qui lui sera finalement délivré grâce à l’autorisation de la préfecture de police. « On est en présence d’une législation assez complexe », avance M. Delpuech :
« Pendant la campagne électorale un port d’armes avait été délivré pour permettre à l’agent de sécurité de protéger les locaux. Cette autorisation n’a jamais été renouvelée. Benalla a ensuite sollicité un port d’arme. […] Il y a des ports d’arme liés aux fonctions, c’est de la compétence préfectorale. […] J’ai pris cette décision. Je l’ai retirée quand M. Benalla a cessé ses fonctions. »
Le préfet de police affirme que ce dernier lui a été accordé car l’enquête de proximité ayant visé M. Benalla avait eu des retours positifs, et que son casier judiciaire était vierge.
« J’assume cette responsabilité personnellement », ajoute le préfet de police.
Sur l’équipement (brassard, casque et radio de police) de M. Benalla le jour de la manifestation
C’est une question qui a été posée plusieurs fois. Qui a fourni le brassard et la radio de police, visibles sur les vidéos, à M. Benalla ? Selon M. Delpuech, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) a seulement fourni un casque de protection à M. Benalla. Le préfet de police affirme ne pas disposer d’informations permettant d’expliquer pourquoi M. Benalla avait également un brassard et une radio.
Sur la non utilisation de l’article 40 du code de procédure pénale
Dans la même veine, interrogé plusieurs fois sur le fait que l’article 40 du code de procédure pénale n’ait pas été actionné, le préfet de police a répondu :
« En pratique, on renvoie à l’autorité qui a la responsabilité hiérarchique. c’est en tout cas ce que j’ai pensé – peut-être à tort, mais je l’assume. Il y avait déjà pas mal de personnes informées quand je l’ai été moi-même, la liste serait longue s’il fallait dresser les autorités qui auraient pu saisir l’article 40. Dans ces conditions, ce n’était plus au préfet de prendre cette décision. »
Pour rappel, l’article 40 du code de procédure pénale prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

        Comprendre en quoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Sur sa responsabilité en tant que préfet de police de Paris
Michel Delpuech a estimé avoir pris les mesures nécessaires. Il justifie cela en avançant qu’il a immédiatement informé le cabinet du ministère de l’intérieur lorsque la vidéo a été portée à sa connaissance, le 2 mai.
Mais également en soulignant que « dès lors que c’était pris en compte par l’autorité hiérarchique compétente [c’est-à-dire l’Elysée], j’ai considéré que l’affaire était prise en compte au niveau pertinent ».
« M. Benalla n’était pas sous mon autorité. »
« Le préfet de police est une autorité importante, mais dans une chaîne hiérarchique. »
Le préfet de police de Paris a par ailleurs conclu son discours introductif en expliquant que ces faits étaient « le résultat de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain ». Interrogé sur cette dernière formule, Michel Delpuech a engagé la responsabilité de l’Elysée. « La relation quotidienne de proximité et de confiance entre la préfecture de police et les services de l’Elysée est une nécessité. Quand on bascule dans un lieu de proximité à une relation qui perd de sa pureté, on prend des risques, c’est ce que j’ai voulu évoquer par cette expression. Le reste ne me concerne pas », a conclu le préfet de police de Paris.

        Notre analyse :
         

          les failles de la chaîne de commandement




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le sélectionneur de l’équipe de France aurait pu se retirer sur un triomphe, mais il a préféré remettre son bilan en jeu. Non sans risques, mais en position de force, selon notre chroniqueur Jérôme Latta.
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Un chèque en bleu, Deschamps après Deschamps

Le sélectionneur de l’équipe de France aurait pu se retirer sur un triomphe, mais il a préféré remettre son bilan en jeu. Non sans risques, mais en position de force, selon notre chroniqueur Jérôme Latta.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h20
    |

                            Jérôme Latta








                        



   


Chronique. Tout a été dit sur Didier Deschamps, tout sera redit, cette fois sur le mode de la louange. Une victoire en Coupe du monde vaut béatification pour son sélectionneur, on le sait depuis qu’Aimé Jacquet a remporté le trophée. Son capitaine d’alors, premier Français à soulever celui-ci, a doublé en Russie le palmarès mondial de l’équipe de France en même temps que le sien. Si la Croatie avait mieux géré sa première période, une deuxième finale perdue aurait fait basculer le sélectionneur français du côté obscur de la lose, mais ainsi va le football : des scores parfois irrationnels forgent les destins.

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          Didier Deschamps, maître ès palmarès



A ce niveau de consécration, le sage sait ce qu’il a à faire : se retirer en pleine gloire, se reposer des efforts consentis, vivre de sa rente d’image. Michel Hidalgo en 1984 et Aimé Jacquet en 1998 n’avaient pas tergiversé, à respectivement 51 et 56 ans, prenant la tête de la Direction technique nationale. À bientôt 50 ans, Deschamps n’est pas beaucoup plus jeune, et il est trop intelligent pour ne pas connaître les risques. Il a cependant confirmé qu’il poursuivrait son mandat au moins jusqu’en 2020.
Gagner plus
Il sait sans doute que l’immunité n’est que provisoire, que les critiques sur sa philosophie de jeu sont simplement suspendues, et que les risques de ternir son bilan sont plus grands que les chances d’enrichir celui-ci. Aucun titre mondial ne préserve des difficultés à se qualifier pour le tournoi suivant : Didier Deschamps se souvient d’un billet pour l’Euro 2000 qui n’avait tenu qu’à un penalty dans les dernières minutes d’Andorre-France. « C’est dans les plus belles victoires que l’on fait les plus grosses conneries », a-t-il déclaré au Parisien. Et la « malédiction du tenant du titre » illustre les difficultés des favoris en phase finale, la rapidité des disgrâces.
Qu’est-ce qui incline Deschamps à courir le risque d’un quatrième cycle de deux ans ? Peut-être l’exemple de l’Espagne et de l’Allemagne, qui ont obtenu des résultats significatifs lors de longs mandats de sélectionneur. Plus probablement l’envie de marquer encore l’histoire. Par exemple en rattrapant la ligne de palmarès perdue il y a deux ans face au Portugal, c’est-à-dire en remportant l’Euro comme entraîneur après l’avoir remporté comme joueur. Il sait aussi qu’il dispose d’une génération prodigieuse, qui a déjà l’expérience de la victoire et va être propulsée par sa confiance.
Il pourrait chercher au sein d’un club un autre doublé joueur-entraîneur, celui de la Ligue des champions, près duquel il était passé en 2004 avec l’AS Monaco. Mais il sait les conditions d’exercice en club, où il est rare d’avoir les coudées franches, et où la précarité règne. En sélection, Deschamps n’est pas près d’être menacé, il n’y partage les responsabilités qu’avec Noël Le Graët – et ce partage est une répartition des tâches. Si le sélectionneur est un homme de pouvoir, c’est surtout un sélectionneur-né, qui se coule parfaitement dans les exigences de la fonction.
Position de force
Les critiques à son égard ont procédé essentiellement d’une méconnaissance des spécificités du football de sélection, avec le temps de travail tactique réduit, le nivellement des valeurs, les pièges des qualifications et des phases finales… Autant de raisons pour lesquelles la priorité accordée à la formation d’un esprit de groupe a fait la différence. Obtenir de joueurs majeurs qu’ils se sacrifient pour le collectif, c’est ce à quoi beaucoup de grandes sélections ne parviennent plus, et c’est à porter au crédit du Basque.
À la lumière de l’ère post-1998, on pourrait s’inquiéter que son style fasse trop école au sein de la Direction technique nationale et de la formation française, avec l’adoption de dogmes qui ne seront pas remis en cause à temps. Mais Deschamps n’est pas un dogmatique : il s’est coulé dans la tendance actuelle qui a accordé une prime aux équipes laissant le ballon à l’adversaire – une réponse opportuniste qui a peu de chance de se muer en philosophie. Quant à son penchant défensif, il l’avait démenti jusqu’au premier match en Russie inclus, montrant des velléités de jouer les cartes offensives de son effectif. Rien ne dit qu’il n’y reviendra pas.

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Didier Deschamps ne lâchera donc pas la sélection, n’étant pas du genre à abandonner une position de force. Un choix inverse de celui de Zinédine Zidane (que l’on imaginait prendre sa suite à la tête des Bleus), qui a quitté le Real Madrid au pic de sa consécration. Deschamps a toujours cru en lui-même, plus encore que ceux qui lui prédisaient très tôt un grand avenir d’entraîneur. Il faut espérer que l’équipe de France continue à y trouver son compte. En tout cas, hier comme aujourd’hui, elle pourrait avoir pire sélectionneur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ A 29 ans, il remporte son troisième titre mondial, son premier en individuel.
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Mondiaux d’escrime : l’épéiste français Yannick Borel sacré champion du monde

A 29 ans, il remporte son troisième titre mondial, son premier en individuel.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h47
   





                        



   


L’épéiste français Yannick Borel a remporté la médaille d’or des championnats du monde à Wuxi, en Chine, au terme d’une finale remportée haut la main contre le Vénézuélien Ruben Limardo Gascon (15-4).
Sacré en juin pour la troisième fois consécutive champion d’Europe en individuel, Borel réalise un doublé jamais vu depuis Hugues Obry, en 1998. À 29 ans, et malgré une blessure au poignet droit qui nécessitera une opération, le Guadeloupéen confirme sa stature de leader. Seul le titre olympique en individuel manque au palmarès de celui qui avait été sacré par équipes à Rio en 2016.
L’argent pour Ysaora Thibus
La fleurettiste française Ysaora Thibus doit, quant à elle, se contenter de la médaille d’argent après s’être inclinée face à l’Italienne Alice Volpi au terme d’une finale serrée. Thibus a atteint la finale en battant la Russe numéro un mondiale Inna Deriglazova (15-14) en quarts de finale, puis l’Italienne Arianna Errigo (quatrième mondiale) lors d’une demi-finale remportée en un éclair (15-2).
Thibus avait décroché deux médailles de bronze individuelles aux championnats d’Europe et aux Mondiaux de 2017. À 26 ans, elle s’entraîne en Californie depuis l’été dernier, aux côtés de Sergei Golubytskyi.
Mardi, les sabreuses Cécilia Berder (deuxième mondiale, vice-championne d’Europe et médaillée de bronze aux Mondiaux 2017) et Manon Brunet (numéro sept mondiale et quatrième aux Jeux olympiques de Rio) pourront également viser un podium.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Paradoxe, le cyclisme est un sport d’équipe où le coureur vit isolé avec ses doutes une fois l’étape terminée.
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Tour de France : Au milieu du peloton, la solitude

Paradoxe, le cyclisme est un sport d’équipe où le coureur vit isolé avec ses doutes une fois l’étape terminée.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 09h55
    |

            Henri Seckel (Carcassonne (Aude), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le Tour de France, cirque surpeuplé : 176 coureurs au départ, 450 membres d’équipes (directeurs sportifs, mécanos, médecins, etc.), 2 000 journalistes, consultants et photographes accrédités, de 10 à 12 millions de personnes sur le bord des routes pendant trois semaines. « Et au milieu de tout ça, tu peux ressentir une grande solitude. Tu peux partager la chambre avec un coéquipier, et pourtant ne rien savoir de sa vie, de ses souffrances, parce qu’évoquer ces sujets, c’est avouer sa faiblesse, et ça ne se fait pas. »
Yoann Offredo parle. « Et puis il y a toute la partie immergée de l’iceberg. Ce sont les heures d’entraînement seul à partir du mois de novembre, sous la pluie, le froid. Tu es loin de toute cette foule, personne ne t’applaudit sur le bord de la route. Au Tour de France, tous les yeux sont rivés sur toi. Quelques mois plus tard, quand tu rentres dans ta chambre le soir, tu es seul face à toi-même. »
Le Français de 31 ans, tempérament fougueux sur un vélo (Wanty Groupe-Gobert), volontiers mélancolique quand il en descend, souligne une difficulté de ce paradoxe qu’est le cyclisme professionnel. Sport d’équipe où le coureur accomplit sa performance seule sur son vélo ; sport individuel où l’on ne peut gagner sans le collectif ; activité grégaire dans laquelle la solitude guette, et doit s’apprivoiser.
Travailleur nomade
Le cycliste est un travailleur nomade qui passe entre cent cinquante et deux cents jours par an loin de chez lui, le temps de se rendre sur une course, de la disputer, d’en revenir. « Pendant des années, je n’ai pas voulu faire de grands Tours de trois semaines à cause de l’éloignement », explique Yoann Offredo – un Tour d’Espagne (2010) et deux Tours de France en onze ans de carrière –, qui a collé sur le cadre de son vélo une photo de sa femme et ses deux enfants.
Les cas ne sont pas rares de coureurs privés d’une carrière professionnelle par leur sensibilité, alors que leurs...




                        

                        

