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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le texte prolonge la possibilité de licenciement des fonctionnaires et encadre fortement le droit de manifestation.
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Turquie : le Parlement adopte une loi « antiterroriste » remplaçant l’état d’urgence

Le texte prolonge la possibilité de licenciement des fonctionnaires et encadre fortement le droit de manifestation.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h57
   





                        



   


Le Parlement turc a adopté mercredi 25 juillet une nouvelle loi « antiterroriste » controversée qui reprend plusieurs mesures de l’état d’urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et levé la semaine dernière, rapporte l’agence de presse étatique Anatolie.
Le Parti de la justice et du développement (AKP), parti majoritaire qui a présenté ce texte au Parlement, a défendu son projet comme nécessaire pour éviter un « ralentissement » dans la lutte contre les « groupes terroristes » après la levée de l’état d’urgence.
Mais ses détracteurs accusent le gouvernement de vouloir pérenniser l’état d’urgence avec cette loi qui renforce considérablement les pouvoirs des autorités.

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Le texte contient plusieurs mesures qui semblent en effet inspirées de l’état d’urgence, comme la possibilité pour les autorités de continuer de limoger les fonctionnaires liés à des « groupes terroristes » pendant encore trois ans.
En outre, les administrateurs publics nommés pendant l’état d’urgence à la tête d’entreprises soupçonnées de liens avec une « organisation terroriste » pourront rester en place pendant encore trois ans.
Encadrement du droit de manifester
Autres mesures : les manifestations et les rassemblements seront, sauf autorisation spéciale, interdits après le coucher du soleil. Les autorités locales pourront restreindre l’accès à certaines zones et la garde à vue pourra dans certains cas durer jusqu’à douze jours.
L’adoption de cette loi survient une semaine après la levée de l’état d’urgence qui avait été instauré quelques jours après la tentative de coup d’Etat du 15 au 16 juillet 2016.
Ankara impute la tentative de putsch au prédicateur Fethullah Gülen, qui réside depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis et dément toute implication.
Dans le cadre de cet état d’urgence, les autorités turques ont mené pendant deux ans une traque implacable des putschistes et de leurs sympathisants présumés, mais ont aussi visé des opposants prokurdes accusés de « terrorisme », des médias critiques et des associations.
Depuis le coup de force, près de 80 000 personnes soupçonnées de liens avec le putsch ou avec le « terrorisme » ont été incarcérées, et plus de 150 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus.
Peu avant le vote des députés mercredi, le ministère de l’intérieur avait levé la révocation des passeports de plus de 155 000 personnes qui avaient été privées de leur document de voyage sous l’état d’urgence au motif qu’elles étaient mariées à un « suspect ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Nids d’espions (4/6). « Le Monde » consacre une série d’articles à des métropoles où se joue le grand jeu de l’espionnage international. Aujourd’hui, la capitale belge, marquée par une retentissante affaire de faux papiers et d’agents russes.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Une jeune militante suédoise a refusé de s’asseoir dans l’avion et a empêché le décollage pour protester contre le renvoi d’un demandeur d’asile en Afghanistan, lundi 23 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La perspective de quitter l’UE a dopé les demandes de naturalisation de Britanniques expatriés en France. La démarche reste délicate pour des raisons administratives et culturelles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Depuis le Brexit, mon cœur bat davantage pour la France que pour l’Angleterre »

La perspective de quitter l’UE a dopé les demandes de naturalisation de Britanniques expatriés en France. La démarche reste délicate pour des raisons administratives et culturelles.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 12h10
    |

                            Pablo Menguy








                        



   


« Le jour des résultats du vote, je me suis levée tôt. J’ai regardé les résultats, j’ai pleuré. » Catherine Bennett, 27 ans, vit en France depuis cinq ans. Après l’annonce du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, en juin 2016, cette journaliste de la chaîne télévisée France 24 a pris la décision de demander la nationalité française. La première raison : rester une citoyenne européenne. « J’ai grandi avec la chance de pouvoir circuler librement dans l’Union européenne. Je m’y suis habituée et je ne veux pas revenir en arrière. Je me sens encore plus européenne que française », explique la jeune femme.
Nombreux formulaires
Catherine Bennett est loin d’être la seule dans ce cas. Depuis l’annonce du Brexit, le nombre de dossiers de naturalisation a explosé. Selon le ministère de l’intérieur, 3 173 demandes ont été déposées en 2017. Ils n’étaient que 386 Britanniques à avoir fait la démarche en 2015. Déposer une demande ne garantit cependant pas aux citoyens britanniques d’obtenir la double nationalité : en 2017, seul un dossier sur deux était accepté. Il faut dire que les démarches restent longues et complexes. Les candidats doivent remplir de nombreux formulaires, traduire eux-mêmes en français les certificats anglais, passer un test linguistique, ou encore effectuer un entretien en face-à-face avec un fonctionnaire.
Nicky Gentil, 54 ans, vit à Paris depuis 1988. Cette auteure, également musicienne, qui a écrit un premier livre en français et s’apprête à en publier un deuxième, va être interrogée en même temps que son époux, chacun dans une pièce différente. « Mon mari est français, ils veulent s’assurer que ce n’est pas un mariage blanc », explique-t-elle.
Si un titre de séjour européen lui était jusqu’alors suffisant, Nicky Gentil a pris la décision, l’année dernière, de demander la nationalité française. Sa carte de séjour ne sera en effet plus valable en mars 2019, date effective de sortie du Royaume-Uni de l’UE. « Dans un premier temps, juste après le vote, je n’ai rien fait car je pensais qu’ils allaient se rendre compte de leur bêtise et revenir en arrière. Mais pas du tout. »

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Pour Nicky Gentil, le sentiment de ne pas être aidée par les institutions officielles est prégnant : « J’ai l’impression d’être abandonnée par les autorités françaises et anglaises. Ils ne nous aident pas pour les procédures. Tout le monde s’en fout. »
Pour beaucoup, la meilleure solution reste l’entraide, notamment via les réseaux sociaux. Sur des groupes Facebook spécialisés, les internautes échangent et se conseillent. « Grâce aux retours que j’ai eus sur Facebook, je me suis constitué une liste de dix-sept pages de questions que l’on pourrait me poser à l’entretien », explique Catherine Bennett.
Ce sont davantage les lenteurs de la bureaucratie française qui exaspèrent Amy O’Brien, originaire du nord de l’Angleterre : « Au Canada ou aux Etats-Unis, on peut tout faire en ligne, c’est beaucoup plus simple ! L’administration française est en retard de ce côté-là. » 
Identité questionnée
Au-delà des soucis de procédures, se pose surtout la question de l’identité pour ces expatriés, désormais en décalage avec la majorité de leurs compatriotes depuis le référendum sur le Brexit voici deux ans. Doit-on rester anglais uniquement « dans le cœur » ? « Je me suis beaucoup disputée avec des membres de ma famille qui ont voté pour le Brexit. Mais ma mère, elle, a vite compris mon choix quand je lui ai dit que je voulais obtenir la nationalité française », confie Amy O’Brien.
Pour cette informaticienne de 29 ans, la montée du courant conservateur depuis le vote du Brexit a fait office de déclic. « Les xénophobes et la droite dure se cachent moins pour dire ce qu’ils pensent. Ils sont décomplexés », maugrée-t-elle. « J’adore la France, je me sens bien ici et je compte y rester encore longtemps. Même si le chocolat anglais et l’ambiance des pubs me manquent », ajoute-t-elle en souriant.
« Quand je vais en Angleterre et que je reviens en France, dans l’avion en apercevant l’aéroport Charles-de-Gaulle, je me sens “at home”. C’est un bon indicateur pour savoir si je me sens plus anglaise ou plus française, analyse Nicky Gentil. Lorsque je suis en Angleterre, je me sens française, quand je suis à Paris, je me sens davantage british. Mon humour noir anglais ressort, je ne peux pas nier mes racines. »

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A Catherine Bennett, c’est la « politesse anglaise » qui manque le plus. Mais pas question pour elle de faire machine arrière. Sa vie est en France, maintenant. « Je n’ai plus confiance dans mon pays natal qui a pris une décision aussi ridicule. Je ne veux plus en faire partie. Je n’ai jamais été très patriote mais alors là… Ça me rend folle », s’exaspère la journaliste.
Tous les ponts ne sont cependant pas coupés. Si la finale du Mondial de football avait opposé la France à l’Angleterre, Catherine Bennett aurait supporté… l’Angleterre. Et de se justifier : « Notre pays implose. Par conséquent, cela aurait été bien de gagner la Coupe du monde. Au moins ça ! On a besoin de bonnes nouvelles. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Après le retrait par la justice espagnole du mandat d’arrêt européen contre lui, Carles Puigdemont a annoncé qu’il quittera l’Allemagne pour mener son activité politique depuis la Belgique.
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L’ex-président catalan Carles Puigdemont de retour en Belgique ce week-end

Après le retrait par la justice espagnole du mandat d’arrêt européen contre lui, Carles Puigdemont a annoncé qu’il quittera l’Allemagne pour mener son activité politique depuis la Belgique.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 12h01
   





                        



   


Il peut désormais circuler librement. Après le retrait par la justice espagnole du mandat d’arrêt européen contre lui, l’ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont, en Allemagne depuis quatre mois, a annoncé mercredi 25 juillet qu’il rentrerait « ce week-end » en Belgique, depuis laquelle il a décidé de mener son activité politique.
Carles Puigdemont avait quitté l’Espagne pour la Belgique après une proclamation d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre, point d’orgue d’une grave crise politique entre cette région et l’Etat espagnol. Il avait été arrêté en Allemagne, à son retour d’un déplacement en Finlande, sur la base d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne après la tentative de sécession de cette région.
« Je n’attendrai pas vingt ans pour [revenir] en Catalogne »
La justice allemande avait accepté le 12 juillet que M. Puigdemont soit extradé vers l’Espagne pour malversation, mais pas pour rébellion, chef d’accusation beaucoup plus grave. L’Espagne, qui n’entend pas le juger uniquement pour malversation, avait en conséquence retiré le mandat d’arrêt européen contre l’ex-président catalan et cinq autres dirigeants séparatistes en exil.

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                La justice espagnole retire les mandats d’arrêt visant Puigdemont et cinq dirigeants catalans



M. Puigdemont devrait dorénavant pouvoir se déplacer comme il l’entend en Europe, sauf en Espagne, où le mandat d’arrêt reste en vigueur. En théorie, il devrait attendre vingt ans, le délai de prescription, pour retourner en Espagne sans risquer d’être arrêté. « Je ne sais pas si je devrai attendre vingt ans pour mettre les pieds en Espagne, ce que je sais, c’est que je n’attendrai pas vingt ans pour mettre les pieds en Catalogne », a-t-il lancé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Pour la correspondante du « Monde » à Madrid, le rétablissement des ponts avec le gouvernement catalan voulu par le nouveau premier ministre espagnol est avant tout une opération de contention du séparatisme.
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Pedro Sanchez et la voie étroite du dégel en Catalogne

Analyse. Pour la correspondante du « Monde » à Madrid, le rétablissement des ponts avec le gouvernement catalan voulu par le nouveau premier ministre espagnol est avant tout une opération de contention du séparatisme.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. A peine porté à la présidence du gouvernement espagnol à la faveur d’une motion de défiance contre le conservateur Mariano Rajoy, le 1er juin, le socialiste Pedro Sanchez s’est employé à rétablir des ponts avec la Catalogne. Son souhait d’apaiser les tensions et de rétablir la « normalité » institutionnelle, après la tentative de sécession d’octobre 2017, s’est traduit dans ses discours mais aussi dans de premiers gestes.
A partir du 4 juillet, les autorités pénitentiaires ont notamment procédé au transfert des dirigeants indépendantistes accusés de « rébellion », actuellement en détention préventive dans des prisons de Catalogne. Le 9 juillet, M. Sanchez s’est entretenu longuement avec le président de la Généralité de Catalogne, l’indépendantiste radical Quim Torra. Le ton a été « cordial », ont insisté les deux hommes.

M. Sanchez s’est opposé à l’organisation d’un référendum d’indépendance de la Catalogne, que lui a demandé M. Torra, mais les deux hommes se sont accordés sur la réouverture d’espaces de dialogue « bilatéraux », une demande des indépendantistes qui refusent de voir leurs exigences diluées avec celles des autres régions d’Espagne.
La question du « droit à l’autodétermination »
Ainsi, après sept ans d’inactivité, la commission bilatérale Etat-Généralité doit se réunir à Barcelone la semaine prochaine. Le gouvernement espagnol entend répondre aux demandes du gouvernement catalan qui peuvent être satisfaites, en matière d’investissement ou de financement notamment. Il s’est déjà engagé à lever les recours devant le Tribunal constitutionnel qu’avait déposés le Parti populaire contre des lois sociales catalanes.
De son côté, la Généralité entend aborder la question du « droit à l’autodétermination », bien qu’elle n’ait aucune chance d’aboutir, ainsi que celle des prisonniers indépendantistes, sur laquelle elle demande que le parquet retire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le poids des instituts monétaires s’est accru pendant la crise. Certains populistes rêvent de les reprendre en main.
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L’indépendance des banques centrales irrite

Le poids des instituts monétaires s’est accru pendant la crise. Certains populistes rêvent de les reprendre en main.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 10h47
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Les populistes ont un point commun : ils n’apprécient guère la liberté dont jouissent les banques centrales, ces puissantes institutions menant leur barque sans rendre de comptes au pouvoir politique. Mardi 24 juillet, la banque centrale turque a renoncé à relever ses taux directeurs en dépit de l’inflation galopante – signe, selon les observateurs, qu’elle a cédé aux pressions du président Recep Tayyip Erdogan. Le 19 juillet, Donald Trump s’est déclaré « peu emballé » par le relèvement des taux directeurs entamé par la Réserve fédérale (Fed), laissant craindre qu’à l’avenir, il multiplie les pressions sur celle-ci.

En Italie, certains économistes proches de la coalition au pouvoir sont convaincus que la Péninsule se porterait mieux si elle regagnait sa souveraineté monétaire – façon de critiquer, là aussi, l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), qui devait se réunir jeudi 26 juillet.
A première vue, ces signaux inquiétants ont quelque chose de paradoxal. Pendant la crise, les instituts monétaires – en particulier la BCE et la Fed – ont longtemps été seuls aux manettes pour relancer la croissance. Face à des gouvernements tétanisés, ils ont pris une place considérable dans nos économies. Mais depuis quelques mois, alors que la reprise mondiale se solidifie, ils réduisent peu à peu leurs interventions pour battre en retraite. Pourquoi, alors, la tentation de les reprendre en main surgit-elle aujourd’hui ? « En vérité, celle-ci n’est pas nouvelle : elle se produit régulièrement dans l’histoire, et cela ne se termine jamais très bien », précise Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et de développement, à Genève.
Dérives
Cela tient à la nature même du pouvoir des banques centrales : celui de piloter la création monétaire par différents outils, comme les taux directeurs, en fonction des besoins de l’économie. Lorsqu’un institut monétaire n’est pas indépendant, il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La médiatrice européenne estime que Bruxelles n’a pas été à la hauteur lorsque l’ancien président de la Commission a annoncé qu’il rejoignait Goldman Sachs.
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Affaire Barroso : la réponse de la Commission européenne jugée trop faible

La médiatrice européenne estime que Bruxelles n’a pas été à la hauteur lorsque l’ancien président de la Commission a annoncé qu’il rejoignait Goldman Sachs.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h24
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

C’est un peu le dernier feuilleton d’une série qui manque de suspense. Après quatre mois d’enquête, la médiatrice européenne Emily O’Reilly a remis sa décision finale dans « l’affaire Barroso » : selon elle, la Commission européenne a bel et bien fait preuve de « mauvaise gestion. » L’exécutif de l’Union européenne (UE) aurait dû réagir plus fermement lorsque José Manuel Barroso, qui a occupé pendant dix ans les fonctions de président de l’institution européenne (de 2004 à 2014), a annoncé qu’il rejoignait la banque d’affaires Goldman Sachs.

Dès l’annonce de la reconversion professionnelle de M. Barroso en juillet 2016, un groupe d’employés des institutions de l’UE avait lancé une pétition réclamant des mesures « fortes et exemplaires » contre l’ancien président de la Commission. Ce texte avait récolté le soutien de plus de 150 000 citoyens. Mais la Commission européenne avait choisi d’agir avec prudence en confiant l’affaire à son comité d’éthique, un comité consultatif composé – comme le souligne la médiatrice – de 3 personnes, dont 2 sont des anciens conseillers de la Commission Barroso. A l’époque, ce comité consultatif avait conclu qu’il n’y avait pas « suffisamment de preuves pour établir une violation [par M. Barroso] de ses obligations légales ».
Peu de doutes sur l’existence de lobbying
Les règles de l’UE sont relativement évasives dans ce genre de cas : elles stipulent que les anciens commissaires doivent notifier leur intention de rejoindre un nouvel emploi dans les dix-huit mois suivant la fin de leur mandat (période de « latence ») et qu’ils sont tenus d’agir « avec intégrité et discrétion » tout au long de leur carrière. A la lecture de l’avis du comité d’éthique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait choisi d’en rester là. Tout juste avait-t-il décidé d’étendre la période de latence de dix-huit mois à trois ans, pour les futurs présidents de Commission.

Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La nouvelle loi, adoptée le 20 juillet, impose à 25 % les dons perçus par des organismes traitant des migrations.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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La Hongrie taxe toute activité présentant les migrations sous un angle positif

La nouvelle loi, adoptée le 20 juillet, impose à 25 % les dons perçus par des organismes traitant des migrations.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 09h01
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Bernhard Knoll n’en revient toujours pas. Il savait qu’une énième loi était en préparation en Hongrie, afin de limiter encore les marges de manœuvre, désormais faméliques, de la société civile. Mais il ne pensait pas que le dernier texte en date, voté par le parlement le vendredi 20 juillet dernier, allait l’impacter personnellement. C’est en découvrant sa traduction en anglais, trois jours plus tard, qu’il a réalisé la gravité de la situation.
« J’organise depuis quatre ans des cours sur la politique européenne d’immigration à Budapest et désormais, les activités qui présentent les migrations sous un angle positif seront taxées à auteur de 25 % », explique ce chargé de cours à l’Université d’Europe centrale (CEU), un prestigieux campus anglophone privé, situé au cœur de la capitale hongroise. « Il s’agit d’une atteinte inacceptable à ma liberté académique. A dessein, le texte est extrêmement vague, afin de pousser les personnes travaillant sur ce sujet à l’autocensure. Faute de savoir s’ils tombent sous le coup de la loi, les gens vont se dire : “mieux vaut que je n’organise pas ce séminaire ou cette formation”. »
Concrètement, s’il souhaite organiser de nouveau son cours l’année prochaine, Bernhard Knoll devra sans doute payer 25 % d’impôts sur les dons qu’il reçoit des ONG, des organisations internationales ou des fondations privées. Cela pourrait rendre son modèle économique caduc. Il devra également déclarer au gouvernement l’identité des donateurs auprès desquels il est allé solliciter une dotation.

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                La Commission européenne met en cause la politique antimigrants de la Hongrie



L’amendement promulgué a été voulu par le premier ministre Viktor Orban. Il entrera en vigueur à la fin du mois d’août et prévoit, selon sa traduction mise en ligne le 24 juillet par l’ONG Helsinki Committee, de taxer les soutiens financiers accordés à des organisations promouvant l’immigration. Sont visées toutes les initiatives éducatives donc, mais aussi les campagnes médiatiques et les « activités de propagande ». Pour l’exécutif, il s’agit de « lutter contre l’immigration » et la totalité des fonds perçus doit être utilisée dans le seul but de renforcer la protection des frontières du pays, qui, partiellement, sont aussi celles de l’espace Schengen.
Libertés académiques clairement définies
Mais la manière dont cette nouvelle loi a été adoptée lui offre la saveur particulièrement politique de la provocation. Car le vote des députés est survenu au lendemain de l’annonce par la Commission Juncker d’un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), au Luxembourg. Les initiatives éducatives désormais ciblées n’apparaissaient pas dans les précédentes versions de ce texte amendant la loi de finance. Elles semblent avoir été ajoutées au dernier moment, selon Bernhard Knoll.
Bruxelles entend contester la législation hongroise concernant l’application du droit d’asile, qui semble non conforme aux traités communautaires. La Commission a envoyé une lettre de mise en demeure au gouvernement de Viktor Orban, pour lui demander de modifier un autre paquet législatif, qu’il avait fait adopter le 20 juin dernier et qui rendait passible d’un an de prison toute personne apportant une assistance à un migrant.
En s’en prenant maintenant aux libertés académiques et d’expression, Viktor Orban semble donc vouloir ouvrir une nouvelle tranchée dans la guerre idéologique qu’il mène au sein du Parti populaire européen (PPE), la grande formation majoritaire de droite à laquelle il appartient. Avec dans le viseur, les élections européennes de mai 2019. Il espère que sa ligne, autoritaire, triomphera enfin de la vieille démocratie chrétienne qui domine politiquement l’UE, en association avec les sociaux-démocrates, depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il ne semble pas craindre l’exclusion.

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Il teste aussi la réaction d’un nouvel « ennemi » potentiel au sein des organisations internationales et intergouvernementales, alors que l’ONU, l’OSCE et le Conseil de l’Europe critiquent régulièrement ses atteintes aux droits fondamentaux. Car les libertés académiques sont définies clairement dans la Recommandation de 1997 de l’Unesco comme étant la « liberté d’enseignement en dehors de toute contrainte doctrinale » et le « droit de ne pas être soumis à la censure institutionnelle ». Cet instrument juridique avait été adopté suite aux préoccupations de la communauté internationale, concernant la « vulnérabilité de la communauté universitaire à l’égard des pressions politiques indésirables qui pourraient porter atteinte aux libertés académiques ».
La Hongrie, qui a rejoint l’Unesco dès 1948, demeure par ailleurs membre de l’Espace européen de l’enseignement supérieur, mis en place en 1999 pour faire converger les systèmes universitaires des pays membres selon des valeurs fondamentales communes, dont la liberté académique.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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En Syrie, une opération humanitaire franco-russe à la tonalité très politique

Dans la nuit du 20 au 21 juillet, de l’aide humanitaire, fournie par Paris, a été acheminée dans le pays par un avion militaire russe. Aucune capitale occidentale n’avait jusque-là collaboré avec Moscou, allié numéro un de Damas.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 11h58
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante), 
Hélène Sallon et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

C’est la première manifestation concrète du rapprochement franco-russe sur le dossier syrien, vanté par Emmanuel Macron et Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg le 24 mai. Dans la nuit du 20 au 21 juillet, 50 tonnes d’aide humanitaire, fournie par Paris, ont été acheminées jusqu’en Syrie par un avion militaire russe. Aucune capitale occidentale n’avait jusqu’alors collaboré avec Moscou, allié numéro un de Damas, pour livrer de l’aide en Syrie. Pendant ce temps, les forces loyalistes enchaînent les victoires et s’approchent de l’écrasement définitif de la rébellion.
Le fret, composé de médicaments, tentes, couvertures et accessoires de cuisine, a été chargé dans un Antonov 124 sur l’aéroport de Châteauroux, et débarqué sur la base de Hmeimim, près de Lattaquié, le quartier général du contingent russe en Syrie. Il est destiné aux habitants de la Ghouta, la banlieue de Damas reconquise par le régime Assad au printemps, à l’issue de huit semaines de bombardements dévastateurs menés de concert avec l’aviation russe, qui ont tué 1 600 civils.
Cette opération assez peu orthodoxe, menée avec l’Etat responsable d’une grande partie des souffrances de la population que l’on prétend soulager, est justifiée, au ministère des affaires étrangères, par des considérations d’efficacité. Elle est présentée comme un test, une tentative de contourner les blocages du gouvernement syrien, fameux pour sa capacité à entraver le travail des Nations unies, le principal opérateur humanitaire dans le pays. En associant Moscou à sa démarche, le Quai d’Orsay escompte que son aide bénéficie d’un traitement préférentiel et parvienne rapidement à ses destinataires, notamment 500 blessés graves de la Ghouta.
Dans la communauté humanitaire et parmi l’opposition syrienne, cette initiative sème le trouble. « C’est un changement de cap ahurissant, lâche un responsable d’ONG, très impliqué dans le dossier syrien. Le matériel livré justifie-t-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le projet de loi sur la Cour suprême a conduit la Commission européenne à engager contre Varsovie une procédure d’infraction à l’indépendance de la justice.
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En Pologne, le Sénat adopte une réforme controversée de la justice

Le projet de loi sur la Cour suprême a conduit la Commission européenne à engager contre Varsovie une procédure d’infraction à l’indépendance de la justice.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 02h59
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h03
   





                        



   


Les sénateurs polonais ont voté dans la nuit de mardi 24 à mercredi 25 juillet un projet de loi controversé sur l’élection du nouveau président de la Cour suprême, sous les cris de manifestants qui tentaient de faire avorter in extremis l’adoption de cette réforme critiquée par l’Union européenne.
Soixante sénateurs ont voté pour, trente ont voté contre et un sénateur s’est abstenu. Après le vote les sénateurs de l’opposition ont scandé « tribunaux libres » et « Pologne libre ».
Adopté vendredi, après une procédure express à la chambre basse du Parlement (Diète), le projet de loi doit encore être promulgué par le chef d’Etat conservateur, Andrzej Duda, qui en profitera certainement pour obtenir des gains politiques, notamment l’aval du parti Droit et Jutice (PiS, au pouvoir) pour son référendum pour une nouvelle Constitution.
« Honte ! », « le Sénat est à nous », « Sénateur, ne signe pas ! L’histoire te balaiera ! » ont scandé environ un millier de manifestants réunis depuis la semaine dernière devant le Parlement. Leurs voix étaient audibles jusqu’à l’intérieur du Sénat. Une centaine des plus déterminés est restée jusqu’au moment du vote, qui a eu lieu à 1 h 40.

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                Dernier acte de la prise en main du pouvoir judiciaire en Pologne



Procédure d’infraction
« Cette loi n’a pour but que de changer les cadres » à la Cour suprême, a lancé tout juste avant le vote le sénateur libéral Aleksander Pociej (Plate-forme civique, PO, opposition). Plus tôt, il avait qualifié le projet de loi de « prise d’assaut » du plus haut tribunal au pays.
Les auteurs de ce projet de loi soulignent qu’il a pour but surtout d’accélérer l’élection d’un nouveau président de la Cour suprême en remplacement de Malgorzata Gersdorf, qui refuse de partir à la retraite comme veulent l’y obliger les conservateurs dans le cadre d’une réforme de la justice contestée par l’opposition et par Bruxelles.
Par une série de questions-réponses, les sénateurs de l’opposition avaient tenté de retarder le vote, à leurs yeux considéré comme celui de la dernière chance.
Les dispositions du projet de loi sur la Cour suprême ont conduit la Commission européenne à engager contre la Pologne une procédure d’infraction à l’indépendance de la justice, qui pourrait aboutir à des sanctions financières. Le gouvernement polonais est également visé par une procédure inédite déclenchée par l’exécutif européen pour l’ensemble de ses réformes judiciaires qui, selon Bruxelles, menacent de manière « systémique » l’Etat de droit en donnant le contrôle au gouvernement sur la justice.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Pologne et Etat de droit, dangereuse impasse






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le gouvernement a annoncé mardi le lancement d’une procédure qui pourrait conduire à l’annulation de l’attribution du sidérurgiste au géant mondial ArcelorMittal.
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Rome envisage d’annuler l’attribution d’Ilva à ArcelorMittal

Le gouvernement a annoncé mardi le lancement d’une procédure qui pourrait conduire à l’annulation de l’attribution du sidérurgiste au géant mondial ArcelorMittal.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 00h19
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h23
   





                        



   


Le gouvernement italien a annoncé mardi 24 juillet dans la soirée le lancement d’une procédure qui pourrait conduire à l’annulation de l’attribution du sidérurgiste Ilva au géant mondial ArcelorMittal, un coup de tonnerre susceptible de mettre en danger des milliers d’emplois.
Ilva compte 14 000 salariés, pour l’essentiel à Tarante, dans les Pouilles (Sud). ArcelorMittal devait en garder 10 000, et 2 500 devaient être repris par l’administration extraordinaire de l’ancienne Ilva pour des travaux de dépollution de ce site.

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La procédure a été lancée par le ministre du développement économique, Luigi Di Maio, en raison de problèmes relevés par l’ANAC, l’autorité nationale anticorruption, dans la procédure d’appel d’offres.
« A la suite des vérifications internes sur le dossier Ilva et de l’avis fourni par l’ANAC, [le ministère] estime que les conditions sont réunies pour lancer une procédure administrative pouvant conduire à l’éventuelle annulation » du décret d’adjudication de juin 2017, a expliqué M. Di Maio dans un communiqué. « C’est une mesure régie par la loi qui prendra trente jours. Un acte visant à vérifier les faits à la suite des importants manquements relevés. »
Le ministre, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), rencontrera mercredi « les dirigeants d’ ArcelorMittal pour poursuivre la discussion sur la mise à jour de leur proposition ». Plus tôt dans la journée, le ministre avait dit : « Nous sommes en train de confier la plus grande aciérie d’Europe, qui a eu un impact dévastateur sur la santé, » et pour cela « nous avons besoin d’un appel d’offres bien fait ».
Pertes de parts de marché
Le ministère avait saisi l’ANAC le 11 juillet, à la demande de Michele Emiliano, président (gauche) de la région des Pouilles. Le 19 juillet, le président de l’ANAC, Raffaele Cantone, avait relevé plusieurs points litigieux, comme le fait que le délai pour la mise aux normes environnementales ait été allongé de six ans en cours d’appel d’offres alors même qu’il ne restait plus que deux candidats. Une période plus longue dès le départ aurait pu permettre à d’autres groupes de rester dans la course.
Au début de juillet, M. Di Maio avait de plus jugé que les précédents engagements concernant Ilva pris par ArcelorMittal avec l’ancien gouvernement de centre gauche n’étaient pas suffisants, tant sur le plan environnemental qu’en matière d’emplois maintenus.

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ArcelorMittal avait annoncé mardi avoir accepté, sans les détailler, « toutes les demandes substantielles » du nouveau gouvernement.
Dans la journée, le secrétaire général de la FIM-CISL (Federazione Italiana Metalmeccanici-Confederazione Italiana Sindacati Lavoratoridu), Marco Bentivogli, avait appelé le gouvernement à prendre rapidement une décision : « Il est temps d’arrêter de rejeter la faute. S’il y a des vices [de forme] dans l’appel d’offres, il faut l’annuler. Et sinon il faut rouvrir immédiatement les négociations syndicales, arrêtées depuis deux mois. » Car, selon lui, l’incertitude ralentit les travaux de mise aux normes environnementales, ce qui « rend moins sûr le site pour les travailleurs et fait perdre des parts de marché et des ressources financières considérables » au sidérurgiste italien.
Une procédure qui n’en finit pas de s’enliser
A la tête d’un consortium composé également de la Caisse italienne des dépôts (CDP) et de la banque Intesa Sanpaolo, ArcelorMittal a obtenu au début du mois de mai l’accord européen pour le rachat d’Ilva, en contrepartie de la cession d’autres actifs en Italie, au Benelux et en Europe centrale et orientale.

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Mais la nouvelle coalition au pouvoir en Italie, formée par le M5S et la Ligue (extrême droite), a repoussé la prise de contrôle de la société, initialement prévue pour le 1er juillet.
ArcelorMittal, qui doit acquérir Ilva pour 1,8 milliard d’euros, s’est aussi engagé à investir 2,3 milliards d’euros pour améliorer la productivité et pour accélérer la dépollution du site de Tarente, accusé d’être l’un des plus polluants d’Europe.
En juin 2017, le précédent gouvernement de centre gauche avait privilégié l’offre ArcelorMittal à celle d’un consortium formé autour du groupe indien Jindal South West Steel. Ce dernier avait relevé in extremis son offre sur Ilva, passant de 1,2 milliard d’euros à 1,85 milliard, mais sans succès.
Lourdement endettée et au bord de l’asphyxie financière, Ilva a été placée sous tutelle par l’Etat italien au début de 2015 puis nationalisée. L’Etat a lancé au début de 2016 une procédure, qui n’en finit pas de s’enliser, pour trouver un repreneur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Il est notamment reproché à Yasmin H. d’avoir « aidé » son mari, Sief Allah H., à se rendre en Pologne pour y acheter des explosifs, selon le parquet général fédéral.
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Attentat à la ricine déjoué en Allemagne : la femme du suspect arrêtée

Il est notamment reproché à Yasmin H. d’avoir « aidé » son mari, Sief Allah H., à se rendre en Pologne pour y acheter des explosifs, selon le parquet général fédéral.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 20h27
   





                        


La femme d’un Tunisien soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la « bombe biologique » en Allemagne a été interpellée à son tour pour son rôle présumé dans la préparation de l’attaque, a annoncé mardi 24 juillet la justice allemande.
Cette Allemande de 42 ans, présentée comme Yasmin H., a été arrêtée mardi, a indiqué dans un communiqué le parquet général fédéral, compétent dans les affaires de terrorisme. Il lui est reproché d’avoir « aidé » son mari, Sief Allah H., à se rendre en Pologne pour y acheter des explosifs, toujours selon le parquet.
Sief Allah H., Tunisien de 29 ans arrivé en Allemagne en 2015, a été arrêté mi-juin à Cologne dans l’appartement du couple. Actuellement en détention, il est soupçonné d’avoir voulu fabriquer une « bombe biologique » à base de ricine, un poison d’origine végétale très violent, 6 000 fois plus puissant que le cyanure.

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La police avait découvert dans l’appartement du couple plus de 3 000 graines de ricine et 84 milligrammes de ricine, 950 grammes de poudre pyrotechnique, deux bouteilles de liquide inflammable, des fils soudés à des ampoules et 240 billes de métal.
L’Allemagne en alerte
Selon le parquet, Yasmin H. a également mis à la disposition de son mari ses comptes bancaire et PayPal pour qu’il commande en ligne les graines de ricine. Afin d’en tester les effets du poison, le couple avait en outre acheté un hamster nain, poursuit le parquet.
Sief Allah H. a tenté sans succès à deux reprises de se rendre en Syrie via la Turquie en 2017, probablement pour rejoindre le groupe Etat islamique, et il était en contact avec la mouvance islamiste, selon les autorités. Son épouse l’a aidé dans ses deux tentatives de rallier l’EI, notamment en lui réservant des billets d’avion pour Istanbul, soutient le parquet.
L’Allemagne est en alerte en raison de plusieurs attaques djihadistes perpétrées ou envisagées dans le pays ces dernières années. La plus grave, survenue en décembre 2016, a été commise par un Tunisien de 23 ans, Anis Amri, auteur d’un attentat au camion-bélier sur un marché de Noël à Berlin. L’attaque, revendiquée par l’EI, avait fait 12 morts.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.
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Royaume-Uni : Theresa May dirigera désormais les négociations sur le Brexit

Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 19h51
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi 24 juillet qu’elle prenait désormais la direction des négociations sur la sortie de l’Union européenne, jusqu’ici dévolue au ministre du Brexit, qui l’assistera sur ce dossier.

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« Il est essentiel que le gouvernement s’organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne », explique dans une déclaration écrite au Parlement la dirigeante conservatrice, ajoutant : « Je dirigerai (désormais) les négociations avec l’Union européenne ».

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Un divorce à 40 milliards d’euros
Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici à la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La capitale grecque est actuellement encerclée par de nombreux incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet, faisant au moins 60 morts et plus de 150 blessés.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Migrants : « La place d’un enfant n’est pas derrière les grillages »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h54
    |

Jean-Marie Dru (Président de l’Unicef France)







                        



                                


                            
Tribune. L’opinion publique s’est à juste titre émue du sort réservé aux enfants migrants aux Etats-Unis. Traitements intolérables, contraires au respect de la dignité ­humaine. Mais l’opinion publique en France devrait tout autant s’élever contre l’enfermement des enfants dans des centres de rétention, qui se pratique dans notre pays.
Beaucoup pensent qu’il est impossible d’échapper à l’alternative : séparer les enfants de leurs parents ou les enfermer avec leurs parents. Comme si le seul moyen d’éviter la solution américaine, comme si la seule façon de garder des enfants auprès de leurs parents, consistait à les enfermer avec eux.
Or le droit français permet d’éviter cela, notamment à travers l’assignation à résidence. Depuis 2016, le pointage auprès des autorités locales est censé être la règle et la rétention l’exception. Nos voisins européens ont su s’adapter : l’Irlande et les pays nordiques ont renoncé à l’enfermement des enfants. La Finlande, le Danemark, le Royaume-Uni, ­l’Irlande, les Pays-Bas et la ­Bulgarie pratiquent déjà le pointage auprès des autorités. En Belgique, un programme pilote appliqué à des familles susceptibles d’être éloignées a montré que très peu d’entre elles se soustrayaient aux mesures d’éloignement.
Traumatisme
En France, en 2017, trois cent cinq enfants ont été placés en centre de rétention, soit sept fois plus qu’en 2013. Au gouvernement qui estime que c’est peu, nous répondons que c’est trop. Certaines préfectures ont recours au placement de familles en rétention, pensant que l’enfermement facilitera les formalités d’expulsion. Si ces enfermements peuvent durer moins de quarante-huit heures, ils se prolongent parfois au-delà d’une semaine. Au gouvernement qui considère que c’est peu, nous répondons que c’est trop.
L’aménagement des centres que promet le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, n’y changera rien : la place d’un enfant n’est pas derrière des grillages. Et pourtant, le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
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Migrants : Bruxelles avance sur sa proposition de « centres contrôlés » de débarquement

L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour l’instant, le chantage italien fonctionne : dans une communication rendue publique mardi 24 juillet, la Commission européenne propose de coordonner des « centres contrôlés » de débarquement des migrants, sur le sol européen, pour pallier le refus de Rome d’accueillir dans ses ports les bateaux de sauvetage des ONG. La semaine dernière à Bruxelles, le gouvernement italien a posé un ultimatum à ses partenaires européens, leur donnant cinq semaines afin de trouver des solutions de « débarquement » hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
Preuve que la Commission est démunie face au manque de solidarité européenne et à la politique antimigrants d’un gouvernement populiste italien, spécialement de son ministre de l’intérieur, le leader de l’extrême droite, Matteo Salvini : la proposition européenne consiste surtout en de l’argent – 6 000 euros par migrant – dont bénéficieraient les pays de l’UE se portant volontaires pour créer ces centres sur leur territoire. Ces centres permettraient de « débarquer » ou de « transférer » les migrants en vue d’un retour dans leur pays d’origine ou d’une demande d’asile.

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Ceux-ci pourraient être créés spécifiquement à chaque arrivée de navire, précise la Commission, avec comme « but premier d’améliorer le processus de distinction entre les individus en besoin de protection internationale et les migrants irréguliers qui n’ont pas le droit de rester dans l’Union européenne ». La Commission se propose d’y coordonner l’intervention des gardes-côtes européens et d’experts européens de l’asile. « Tous les coûts seront couverts par le budget de l’Union européenne », est-il précisé. Pour un débarquement d’environ 500 migrants, la Commission estime pouvoir mobiliser jusqu’à 300 spécialistes européens.
Ni « camps » ni centres de « détention »
Bruxelles espère éviter de futurs Aquarius ou Lifeline, du nom de ces bateaux d’ONG refusés en juin par les ports italiens, qui ont erré plusieurs jours en Méditerranée avant d’être recueillis, respectivement par l’Espagne et Malte. Dans ces deux cas, d’autres pays, dont la France, s’étaient portés volontaires, lors du débarquement, pour procéder à l’identification, au « tri » puis à l’accueil des migrants. Mais ces opérations, chaotiques, avaient mis en risque l’équipage des bateaux et donné une image déplorable du manque de solidarité européenne.
Reste un obstacle de taille. Pour l’heure, aucune capitale ne s’est portée volontaire pour accueillir de manière permanente ces centres « contrôlés » recommandés par le Conseil européen du 28 juin, même si la plupart des capitales reconnaissent que l’Italie a été jusqu’à présent livrée à elle-même. La France, qui refuse d’accueillir de tels centres, propose plutôt des centres fermés sur le sol italien, pour éviter les mouvements secondaires de migrants entre différents pays de l’Union.
La Commission a aussi fait des propositions mardi sur les « plates-formes de débarquement », destinées, elles, à accueillir les migrants hors de l’Union, conformément aux conclusions adoptées par les Vingt-Huit lors du conseil du 28 juin. Pour la Commission, il ne doit s’agir ni de « camps » ni de centres de « détention », contrairement à ce qu’ont souhaité plusieurs ministres de l’intérieur de l’UE, notamment l’Autrichien et l’Italien. Ces « plates-formes » pourraient être utilisées pour organiser l’envoi des demandeurs d’asile directement vers l’Union, mais devraient être établies « le plus loin possible des endroits de départs illégaux », précise la Commission, afin d’éviter tout « appel d’air ». Aucun pays n’est toutefois nommé.
629 migrants morts en juin
Il est entendu que ces « plates-formes » devraient être gérées par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et l’Organisme des nations unies chargé des migrations (OIM). Mais là encore, aucun pays du pourtour méditerranéen n’a pour l’heure accepté d’en héberger. Lundi 23 juillet, l’agence Reuters rapportait que la Tunisie refusait de recevoir un bateau d’ONG maltais, avec une quarantaine de migrants africains à bord, bloqué depuis une semaine au large de ses côtes.
Les ambassadeurs de l’Union doivent discuter de ces propositions bruxelloises dès mercredi 25 juillet et une réunion avec le HCR et l’OIM est également programmée le 30 juillet à Genève. Mais les choix politiques sur la localisation de ces centres devraient intervenir plus tard : les capitales ne sont manifestement pas prêtes. Si le nombre de passages en Méditerranée centrale a beaucoup chuté par rapport à 2017, le nombre de morts a été élevé, avec 629 migrants morts en juin en tentant de rejoindre les côtes européennes, selon l’OIM. En cause, selon l’organisation, la réduction de la présence des ONG en mer.
La situation pourrait s’avérer critique si les Européens ne parviennent pas à s’entendre cet été, après l’ultimatum de Rome pour redéfinir le mandat de « Sophia », l’opération militaire européenne de sauvetage en Méditerranée. Elle avait été lancée en juin 2015 à la suite d’une série de naufrages meurtriers en Méditerranée et a permis, à ce jour, de secourir près de 44 000 personnes. Dotée actuellement de six navires de pays de l’UE (Italie, France, Irlande, Espagne, Slovénie et Allemagne), et commandée par l’Italie, cette mission a pour but de lutter contre les passeurs et d’éviter les naufrages en Méditerranée centrale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.
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Mesut Özil, la star du football qui divise l’Allemagne

Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h06
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Après la débâcle sportive, l’onde de choc politique. Près d’un mois après l’élimination de l’Allemagne dès le premier tour de la Coupe du monde, le départ du joueur Mesut Özil de l’équipe nationale suscite une polémique. Les enjeux dépassent le cadre footballistique. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que (…) je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », a indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.
Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions. « Le départ de Mesut Özil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien Tagesspiegel. « Mesut Özil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis X générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Özil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands au premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Özil et Ilkay Gündogan, poser aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.
« Allemand quand nous gagnons, immigré quand nous perdons »
Prises à Londres, ces photos avaient été opportunément diffusées sur les réseaux sociaux par les partisans de M. Erdogan. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, ce dernier – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces images avaient été condamnées par tous les partis politiques, qui ont critiqué cet hommage rendu à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.
Dimanche, Mesut Özil a estimé que ces reproches étaient infondés. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur de 29 ans né à Gelsenkirchen, une ville industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. (…) Pour moi, faire une photo avec le président Erdogan n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste (…) de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres. »
Dans la lettre justifiant son départ, Mesut Özil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la Fédération allemande de football (DFB) et ancien député de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, qui lui a valu de violentes attaques racistes, lui qui avait joué dans l’équipe victorieuse du Mondial 2014, au Brésil.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Özil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste », ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la Coupe du monde. Un argument repris par Uli Hoeness, le président du Bayern Munich.
« Le succès n’existe que dans la diversité »
A l’inverse, plusieurs journaux et responsables politiques ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Özil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a affirmé Cem Özdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en veillant ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer.

   


La réaction prudente de la chancelière n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et où M. Erdogan compte de nombreux partisans. A la présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour lui, soit douze points de plus que son score total.
Deux autres raisons expliquent le ton mesuré de Mme Merkel. La première tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde est liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet à Ankara.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont en effet salué le retrait de Mesut Özil. « Je félicite Mesut Özil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a ainsi commenté le ministre turc de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.
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Guerre commerciale : Trump accueille le « brutal » Juncker

Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 06h41
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Trump s’apprête à recevoir, mercredi 25 juillet, un homme qu’il a qualifié de « tueur brutal ». Le reproche fait sourire, s’agissant du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président d’une Commission européenne finissante dans une Europe déglinguée par le Brexit et les populismes. Lors du G7 au Québec, début juin, M. Trump avait pourtant commencé sa diatribe par ce reproche. « Brutal » parce que le président de la Commission dispose des compétences juridiques exclusives en matière commerciale et que c’est vers lui que renvoient Angela Merkel et Emmanuel Macron lorsqu’ils veulent obtenir des concessions dans ce domaine.
Le président des Etats-Unis préférerait négocier des accords d’« homme à homme » avec les dirigeants des nations européennes pour mieux les affaiblir, mais les Européens lui opposent la règle et le droit qu’ils se sont imposés. Cette pratique exaspère M. Trump, qui a déclaré début juillet que « l’Union européenne est une ennemie, avec ce qu’ils nous font dans le domaine du commerce », accusant de surcroît ces pays qui sont membres de l’OTAN « de ne pas payer leurs factures ».
C’est donc Jean-Claude Juncker, 63 ans, qui sera reçu à la Maison Blanche mercredi pour tenter d’échapper à une taxation des importations automobiles de 20 à 25 % au nom de la sécurité nationale. Le processus fait l’objet en parallèle de contestations sur le sol américain et d’auditions à Washington. Le secrétaire au commerce Wilbur Ross a démenti que les jeux soient faits. En réalité, chacun estime que M. Trump imposera des droits avant les élections de mi-mandat en novembre. Donald Trump a encore déploré au G7 qu’il y ait trop de Mercedes et si peu de Chevrolet à New York. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, lui avait fait remarquer que ce choix était peut-être celui des consommateurs.
Une crispation accentuée par l’amende infligée à Google
Il n’empêche, M. Trump estime avoir un dossier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les incendies qui ravagent depuis lundi les alentours de la capitale grecque ont fait au moins 79 morts et plus de 180 blessés, dont 23 enfants.
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