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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’affaire Benalla démontre, de manière spectaculaire, à quel point la vidéosurveillance protège bien plus les puissants que les citoyens ordinaires.
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Affaire Benalla : souriez, vous pouvez filmer

L’affaire Benalla démontre, de manière spectaculaire, à quel point la vidéosurveillance protège bien plus les puissants que les citoyens ordinaires.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 18h18
    |

            Damien Leloup








                        



   


C’est une victime collatérale de plus, à ajouter à la longue liste des conséquences de l’affaire Benalla : la vidéosurveillance. Car au-delà des violences qui se sont déroulées le 1er mai sur la place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, et des nombreuses questions qui se posent sur la manière dont elles ont été couvertes ou camouflées, se trouve un autre scandale : le fait que des images de vidéosurveillance aient été transmises par des fonctionnaires de police à Alexandre Benalla.
Il y a, sur la place de la Contrescarpe, une caméra en cloche, capable de filmer à 360 degrés, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et dont les images peuvent être légalement conservées un mois, plus longtemps en cas d’enquête. Des caméras comme celle-ci, il y en a un millier à Paris. Auxquelles s’ajoutent, bien sûr, les 30 000 caméras du réseau RATP, et les milliers d’autres, privées, qui équipent les commerces, banques et autres entreprises de la capitale, et dont les images peuvent être légalement réquisitionnées par les forces de l’ordre.
Cette caméra en cloche a, comme c’est sa fonction, filmé M. Benalla frappant deux personnes. Les images étaient à la disposition de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), dont la première enquête en mai avait été mise « en veille », selon sa directrice, Marie-France Monéger-Guyomarc’h. Elles ont été conservées, dans des conditions peu claires, et avec une absence de sécurité évidente, puisque ce ne sont pas moins de trois fonctionnaires de police qui ont fait l’objet de sanctions pour les avoir transmises à Alexandre Benalla.

        Lire :
         

          Affaire Benalla : pour quelles raisons les cinq personnes ont-elles été mises en examen ?



Une utilité largement mise en cause
Quelle démonstration plus brutale pourrait-on trouver de l’argument selon lequel la « vidéoprotection », comme l’appellent pudiquement les villes et les entreprises qui y ont recours, protège surtout ceux qui la contrôlent ? L’affaire Benalla n’aurait jamais éclaté si la scène n’avait pas été filmée par des témoins, à l’aide de leur téléphone portable. Censée protéger les citoyens et permettre d’arrêter des suspects, la vidéosurveillance a servi, ce jour de manifestation du 1er-Mai, à protéger un suspect – quand, le même jour, les images de vidéosurveillance étaient abondamment utilisées pour tenter d’identifier des personnes suspectées de violences contre les forces de l’ordre.
Un problème qui s’ajoute à une longue liste de griefs contre cette pratique, qui s’est généralisée en France dans les années 2000 en dépit d’une abondante littérature scientifique qui relativise largement son utilité. Les études sur le long terme sont unanimes. Non, la vidéosurveillance ne réduit pas la criminalité, ou alors de façon marginale – en règle générale, elle la déplace. Son impact dissuasif sur le terrorisme est encore plus discutable : l’attentat de Nice a eu lieu dans la ville la plus « vidéosurveillée » de France.
En revanche, elle peut être utile à l’élucidation des enquêtes. Ce 25 juillet, elle a ainsi servi à confirmer la présence à Sarcelles, en région parisienne, du braqueur Redoine Faid, recherché depuis son évasion de prison le 1er juillet, après avoir été repéré par des gendarmes. De même, les caméras ont servi à retracer les déplacements des auteurs des attentats de novembre 2015 à Paris. Mais à côté de ces exemples spectaculaires, la vidéosurveillance est loin d’être une panacée. Selon une étude menée à Marseille par le chercheur Laurent Mucchielli, l’exploitation de la vidéosurveillance ne joue un rôle que dans 3 % des enquêtes.
Ces résultats limités n’ont pas empêché les caméras de continuer à fleurir un peu partout en France, y compris dans les plus petits villages et les PME – plus de 25 000 sont installées chaque année, selon le lobby de l’industrie. Et ce malgré les avertissements répétés de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), qui épingle chaque année des dizaines d’entreprises pour des abus d’utilisation : salariés non informés, caméras surveillant les postes de travail, voire les vestiaires du personnel… A la lecture des mises en demeure de la CNIL, on comprend aisément que dans ces sociétés la vidéo a bien pour objectif la surveillance, et non la protection.
Un dispositif détourné de son but premier
Qu’en est-il, dès lors, pour les caméras gérées par la puissance publique ? Quelle confiance peut-on avoir dans un dispositif de surveillance permanente dont l’affaire Benalla a montré de manière éclatante qu’il peut être totalement détourné de son but premier ? Qui, en résumé, surveille les surveillants ?
Il y a bien, aux côtés de la CNIL, des comités d’éthique de la vidéoprotection, à Paris comme dans d’autres villes. Mais la multiplication des caméras rend la tâche complexe – sans compter que ces comités sont le plus souvent placés sous la tutelle de l’administration qui gère les caméras. Le 12 juillet, un policier a bien été suspendu après avoir, le 9 juin, passé à tabac un homme menotté, sous l’œil d’une caméra du tribunal de Paris ; mais la sanction n’a eu lieu que parce que le site Là-bas a publié les images, que l’auteur des violences avait faites circuler, pour se vanter, à d’autres collègues.
Alors, dans l’affaire Benalla comme dans d’autres, c’est finalement au citoyen, armé de son smartphone, d’un appareil photo ou d’une caméra portable, que revient la tâche ingrate de documenter la violence, plus spécialement lorsqu’elle émane, avec ou sans justification, des forces de l’ordre. Une forme d’« ubérisation » du contrôle de la force publique, en quelque sorte – quand les forces de l’ordre ne confisquent pas tout simplement les appareils photo et autres smartphones des témoins.
Aux Etats-Unis, filmer un contrôle de police, parfois en direct, est devenu une pratique courante, notamment pour les Noirs américains, principales victimes des violences policières. Il y a un an, après le meurtre d’un homme à New York par un policier en dehors de son service, la mairie avait refusé de rendre publiques les images de vidéosurveillance.
Devenue omniprésente, la vidéosurveillance sert rarement – même si elle a pu le faire – les victimes de violences policières. Ultime paradoxe ? Dans plusieurs pays, une solution semble toute trouvée pour limiter les abus des forces de l’ordre : les « bodycams », ces caméras portées par les policiers en intervention, et déclenchées à leur discrétion. Les premières études réalisées au Royaume-Uni, champion d’Europe de la vidéosurveillance, montrent qu’elles peuvent être efficaces. Les plaintes contre la police ont diminué drastiquement là où elles sont testées. « Ces caméras créent un équilibre entre la version des faits du policier et celle du suspect, ce qui augmente la responsabilité des deux parties », expliquait en 2016 au Guardian le docteur Barak Ariel de l’université de Cambridge, auteur d’une étude sur le sujet. Un succès pour les libertés publiques ? Pas si sûr. Les admirateurs les plus assidus de la vidéosurveillance aimeraient désormais équiper de caméras similaires… les professeurs dans les écoles.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a déclaré devant la commission d’enquête du Sénat que la retenue de salaire se ferait sur les reliquats de congés lors du solde de tout compte avant licenciement.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Suspendu quinze jours, Alexandre Benalla a malgré tout été intégralement payé en mai

Le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a déclaré devant la commission d’enquête du Sénat que la retenue de salaire se ferait sur les reliquats de congés lors du solde de tout compte avant licenciement.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 18h03
   





                        


Mis à pied, mais payé. Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission de l’Elysée, accusé de violences sur des manifestants lors d’une manifestation place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai, a certes été suspendu quinze jours en mai pour ces faits, mais il a malgré tout été intégralement rémunéré, contrairement aux déclarations faites précédemment par l’Elysée.
C’est ce qu’a déclaré le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, lors de son audition, mercredi 25 juillet, par la commission d’enquête instituée sur l’« affaire Benalla » par la commission des lois du Sénat.
« Retenue sur les droits à congés »
« M. Benalla a touché pour le mois de mai son salaire intégral », a déclaré M. Strzoda devant la commission d’enquête, ajoutant que « les quinze jours de suspension feront l’objet d’une retenue sur les droits à congés qu’il avait en reliquat au titre de l’année 2017 ». Il a précisé que cela aurait lieu lors du solde de tout compte avant licenciement.

"La retenue sur salaire infligée à Monsieur #Benalla a été faite sur ses droits à congé de 2017. Il a été intégrale… https://t.co/bH0Y52z3Cr— FCornutGentille (@Fr Cornut-Gentille)


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Un peu plus tard, M. Strzoda a redit : 
« Il y a retenue sur salaire puisqu’il a droit à des congés que nous devons lui payer. Ils ne seront pas payés et ce sera l’équivalent de quinze jours de travail. »
Pourquoi cette retenue n’a-t-elle pas encore eu lieu ?
« C’est une mesure de gestion dans la mesure où le décret de 1986 précise que la suspension, c’est avec le maintien du traitement. Et donc, si on veut vraiment qu’il y ait une sanction financière, en terme de gestion on a ce recours [de ne pas lui payer une partie de ses congés dus]. »
Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, avait assuré, dans une déclaration officielle faite jeudi 19 juillet, que M. Benalla avait été « mis à pied pendant quinze jours », du 4 au 22 mai, « avec suspension de salaire ».
La présidence de la République avait ensuite annoncé, vendredi 20 juillet, avoir engagé « la procédure de licenciement » de M. Benalla.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».


Avant les déclarations de M. Strzoda au Sénat tout à l’heure, Philippe Vigier, député UDI, et Eric Woerth, président de la commission des finances, ont écrit à M. Strzoda pour lui demander plusieurs documents au nom des « pouvoirs de la commission d’enquête » : le contrat de travail de M. Benalla, la sanction prononcée à son égard en mai 2018 et sa lettre de licenciement. La lettre a été remise ce matin à l’Elysée, ils attendent la réponse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ « Le Monde » publie des extraits de ce discours pour en relever les zones d’ombre, les imprécisions et les nombreuses questions auxquelles le président ne répond pas.
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Les questions que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla

« Le Monde » publie des extraits de ce discours pour en relever les zones d’ombre, les imprécisions et les nombreuses questions auxquelles le président ne répond pas.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 15h00
    |

                            Service politique et 
                            Les Décodeurs








                        



                                


                            

Près d’une semaine après les révélations du Monde, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est sorti de son silence, mardi 24 juillet, devant des députés de la majorité présidentielle, pour réagir à l’affaire Benalla, du nom de son collaborateur mis en examen pour des faits de violence. Dans son discours, le président de la République a défendu la position de l’Elysée, dénoncé les contrevérités et « un pouvoir médiatique qui veut devenir un pouvoir judiciaire ».
« Ce qui s’est passé le 1er mai est grave, sérieux. Et ça a été pour moi une déception, une trahison », a dit le président au sujet des images montrant son subordonné violentant deux manifestants. Emmanuel Macron a également dit endosser la responsabilité de cette affaire pour tenter de mettre fin à la crise politique :
S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction. Ça n’est pas la république des fusibles, la république de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français. »
Mais, à travers cette intervention, devant un public de fidèles, sans contradiction possible, M. Macron choisit d’éviter la plupart des questions soulevées depuis le déclenchement de cette affaire, et elles restent très nombreuses, pour comprendre les dysfonctionnements d’institutions aussi importantes que l’Elysée, le ministère de l’intérieur ou la préfecture de police. Il choisit, ensuite, de s’en prendre au travail des médias, qu’il accuse de chercher à se transformer en « pouvoir judiciaire » et de ne plus chercher la vérité — des accusations graves pour un président de la République. Il remet en cause, enfin, le rôle des parlementaires, ou d’une partie d’entre eux, qui souhaitent faire la lumière sur cette affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Nombreux sont ceux à être convoqués par les deux chambres.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les constitutionnalistes sont divisés sur la question. Dominique Rousseau estime que c’est possible, Denys de Béchillon assure que c’est « inconstitutionnel ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : Emmanuel Macron peut-il se rendre devant la commission d’enquête ?

Les constitutionnalistes sont divisés sur la question. Dominique Rousseau estime que c’est possible, Denys de Béchillon assure que c’est « inconstitutionnel ».



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 14h59
    |

                            Astrid de Villaines








                        



Comme souvent avec la fonction présidentielle, le débat divise les constitutionnalistes. Emmanuel Macron peut-il se rendre devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, comme le réclament le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et celui de Génération.s, Benoît Hamon, après les révélations du Monde sur l’affaire Benalla ? La question qui touche à la séparation des pouvoirs ne fait pas l’unanimité chez les professeurs de droit public qui proposent des lectures différentes de la Constitution.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : les ratés de la communication de l’Elysée



Pour Dominique Rousseau, interrogé mardi 24 juillet dans nos colonnes, « la commission d’enquête parlementaire peut demander à entendre le président de la République ». Le professeur de droit public à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne s’appuie sur l’article 67 de la Constitution, qui stipule que « le président (…) ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». Selon M. Rousseau, la commission d’enquête n’étant « ni une juridiction ni une autorité administrative », rien ne s’oppose à ce que le chef de l’Etat soit auditionné, s’il le souhaite. Car contrairement à toute personne convoquée par la commission d’enquête qui risque deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende en cas de refus, le chef de l’Etat bénéficie de l’immunité pénale pendant son mandat.
« Protection de la fonction »
Denys de Béchillon fait une analyse strictement inverse. « Le président de la République ne peut en aucun cas aller devant une commission d’enquête, il n’y a pas de débat », répond au contraire le professeur de droit public à l’université de Pau. Selon lui, ce n’est pas l’article 67 de la Constitution qu’il faut lire, mais les articles 24 et 51-2. Ce dernier stipule que « des commissions d’enquête peuvent être créées au sein de chaque assemblée (…) pour l’exercice des missions de contrôle et d’évaluation définies au premier alinéa de l’article 24 ». L’article 24 est clair : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du gouvernement. » « Les commissions d’enquête sont là pour contrôler le gouvernement, pas le président de la République », résume M. de Béchillon. Et d’ajouter : « L’essence même de la Ve République est la séparation des pouvoirs et la protection de la fonction du président de la République : par l’immunité pénale et par son absence de responsabilité politique. »

        Lire aussi :
         

                Les personnages-clés à connaître pour comprendre l’affaire Benalla



Pour M. Rousseau, la séparation des pouvoirs ne serait pas mise à mal par une éventuelle audition du chef de l’Etat : « Il y aurait atteinte à la séparation des pouvoirs si la commission lui demandait des comptes sur sa politique (…) mais là, les questions porteront sur ses décisions en tant que chef de l’administration de l’Elysée. » « Si on pouvait convoquer le président à heure fixe, lui faire prêter serment et lui demander des comptes, on aboutirait forcément à juger sa politique », craint au contraire M. de Béchillon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ De l’Elysée au ministère de l’intérieur en passant par les différents services de la police, Les Décodeurs passent en revue les différents protagonistes de l’affaire.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les personnages-clés à connaître pour comprendre l’affaire Benalla

De l’Elysée au ministère de l’intérieur en passant par les différents services de la police, Les Décodeurs passent en revue les différents protagonistes de l’affaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 12h43
    |

            Agathe Dahyot, 
Maxime Vaudano, 
Adrien Sénécat, 
Jérémie Baruch et 
                                Thibaut Faussabry








                        


Ce que l’on appelle désormais « l’affaire Benalla » ne se limite pas aux violences commises par un collaborateur d’Emmanuel Macron sur des manifestants le 1er mai. Depuis les premières révélations du Monde le 18 juillet, c’est en réalité le fonctionnement de pans entiers de l’Elysée et de la police qui sont mis en cause.
Comment un employé de l’Elysée a-t-il pu apparaître avec un brassard de police alors qu’il était censé se cantonner à un rôle de simple « observateur » ? Pourquoi a-t-il écopé d’une simple suspension de quinze jours lorsqu’il a été identifié sur des vidéos en train de brutaliser deux manifestants ? Dans quelles conditions a-t-il récupéré des images de vidéosurveillance de la scène auprès de fonctionnaires de la préfecture de police de Paris 18 juillet ?
Autant de questions qui traversent l’enquête judiciaire, mais aussi celle de la « police des polices » (IGPN) et les travaux des commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat.


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.entourage_legende p{
    margin:0;
    line-height:14px;
}

.entourage_legende .icones div{
    width:50%;
}


.entourage_legende img{
    width:14px;
    height:14px;
    margin-left:5px;
    margin-right:10px;
    vertical-align: inherit!important;
}

.entourage_legende img.pastille_gd_ecole{
   position: relative;
    top: 3px;
}

.entourage_legende .elu{
    margin-left:7px;
    margin-right:8px!important;
}

.entourage_legende .bercy{
    margin-left:5px;
    display: inline;
    position: relative;
    top:2px;
}

.entourage_legende .dsk{
    margin-left:5px;
    display: inline;
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    top:3px;
}

@media (max-device-width: 480px) {
    .entourage_legende .icones div{
        width:100%;
    }
}


.entourage_miniportrait{
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    font-size: 14px;
    margin:0 5% 5px 0;
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    clear:left;
    position: relative;
    box-sizing:border-box;
}

.entourage_miniportrait:nth-child(even){
    clear:right;
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.entourage_miniportrait:hover{
    background:rgba(233, 237, 240, 0.5);
    cursor: pointer;
}

.entourage_miniportrait a{
    display: block;
    width:100%;
    height:100%;
    text-decoration: none!important;
    border-bottom: none!important;
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.entourage_miniportrait img{
    width:54px;
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.entourage_miniportrait img.bercy{
    border:2px solid #4990E2;
    border-radius:10px;
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.entourage_miniportrait img.pastille_gd_ecole{
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    width: 30px;
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    left: 2px;
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.entourages .elu{
    width: 10px;
    height:10px;
    background:#28beaa;
    border-radius: 90px;
    margin-right: 1px;
    display: inline-block;
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.entourage_miniportrait p{
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.entourage_miniportrait p:not(.nom){
    color:rgba(22, 33, 44, 0.5);
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.entourage_miniportrait .nom{
    font-weight: bold;
    opacity: 1;
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    font-size: 15px;
}



/* TITRES */

.entourage_titre{
    margin: 32px 0 15px;
    font-size: 2rem;
    font-family: "The Serif Office",Georgia,serif;
    text-align: center;
    width:100%;
}
.app_abonnes .entourage_titre {
    font-family: "The Antiqua",Georgia,serif;
}

/* FICHES */

.entourage_top {
    border-bottom: 1px solid #E3E3E3;
    padding:0 70px 44px 70px;
}

.entourage_item {
    width: 100%;
    background: #FFFFFF;
    border-radius: 3px;
    border: 1px solid #E3E3E3;
    padding:38px 0px 0;
    margin: 40px auto 20px auto;
}




.entourage_item .portrait{
    width:100px;
    float:left;
}
.entourage_item .portrait img{
    border-radius:6px;
    width:100%;
    margin-top:6px;
}



.entourage_item .detail{
    width:calc(100% - 115px);
    float:left;
    margin-left:15px;
}


.entourage_item .nom {
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 18px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 24px;
    margin: 5px 0 5px 0;
}

.entourage_item .descriptif{
    opacity: 0.5;
    font-family: Helvetica;
    font-size: 15px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 20px;
    margin:0;
}
.entourage_item .slugs{
    margin: 6px 0 0 0;
}
.entourage_item .slugs span{
    border-radius: 2px;
    margin-right: 3px;
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 13px;
    color: #FFFFFF;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 24px;
    padding:4px 8px;
    text-align: center;
    margin-top: 3px;
    display: inline-block;
}
.slug_misenexamen{
    background: #FB5100;
}

.slug_contrescarpe{
    background: #333;
}






.entourage_middle{
    padding:44px 70px;
    font-size: 15px;
    line-height: 21px;
    border-bottom: 1px solid #E3E3E3;
}

.entourage_middle h2{
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 16px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 19px;
}

.entourage_middle p, .entourage_middle h2{
    margin:0 0 20px 0;
}



/* BOTTOM */


.entourage_bottom{
    padding:44px 70px;
    font-size: 15px;
    line-height: 21px;
    background:#FAFBFC;
}

.entourage_bottom h2{
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 16px;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 19px;
    color: #16212c;
    margin-top:25px;
}
.entourage_bottom h2.rouge{
    color: #FF2B23;
}

.entourage_bottom ul{
    margin-top: 25px;
}
.entourage_bottom ul, .entourage_bottom li{
    list-style:none;
}
.entourage_bottom li{
    position:relative;
}
.entourage_bottom li:before {
      content: 'A0';
  display: inline-block;
  margin-right: 5px;
  color:#16212c!important;
  font-weight: bold;
    position: absolute;
    left: -1.5em;
    top: 0;
  margin:0px 10px 0 0;
}
.entourage_bottom .affaires li:before {
  color:#FF2B23!important;
}



.exergue_misenexamen{
    border-bottom: 4px solid #FB5100;
}

/* Partage */

.entourage_partage{
    color:#747B83;
    padding:20px 0 20px 50px;
    font-size:12px;
    font-weight: bold;
    border-top: 1px solid #E3E3E3;
    cursor: pointer;
}
.entourage_partage:hover span.copy_trigger{
        border-bottom: 1px dotted #747b83;
}

.entourage_partage img{
    height:12px;
    float:left;
    margin: 4px 4px 0 0;
}

.copy_success{
    opacity: 0;
    color:#80B904;
    margin-left:4px;
    display: block;
}

.credits_images{
    font-family: Helvetica,arial,sans-serif;
    font-size:.8em;
        border: 1px solid #E3E3E3;
        padding:16px;
}



.entourage_separateur {
    width:100%;
    float:left;
    background:#E9EDF0;
    height:4px;
    margin:40px 0 40px;
}

#entourages_footer{
    position:fixed;
    height:auto;
    border:1px solid #E3E3E3;
    background:rgba(255,255,255,0.9);    
    font-size:15px;
    font-weight: bold;
    font-family: Helvetica;
    
}
#entourages_footer img{
    margin-right: 4px;
    border:0;
}
#entourages_footer a{
   width:100%;
   height:100%;
   display: block;
   padding:20px 70px;
   border-bottom: 0!important;
   text-decoration: none!important;
   color:#16212C!important;
   display: flex;
    -webkit-display: flex;
   -moz-display: flex;
   -ms-display: flex;
   align-items:center;
   -webkit-align-items:center;
   -moz-align-items:center;
   -ms-align-items:center;
   cursor: pointer;
}
#entourages_footer:hover {
    text-decoration:underline;
}



/* SVG */
   .cls-1 {
        isolation: isolate;
      }

      .cls-2, .cls-5 {
        fill: #2e3942;
      }

      .cls-10, .cls-3, .cls-4, .cls-7, .cls-8, .cls-9 {
        fill: none;
      }

      .cls-3, .cls-5, .cls-7, .cls-8 {
        stroke: #2e3942;
      }

      .cls-3, .cls-4, .cls-7, .cls-9 {
        stroke-linecap: square;
      }

      .cls-3, .cls-4 {
        stroke-dasharray: 1 3;
      }

      .cls-4 {
        stroke: #333d46;
      }

      .cls-5 {
        stroke-width: 2px;
      }

      .cls-6 {
        fill: #fff;
      }

      .cls-9 {
        stroke: #fb5100;
        stroke-width: 3px;
      }

      .cls-10 {
        stroke: #5d6060;
        stroke-miterlimit: 10;
        stroke-width: 0.25px;
      }

#gallerie_portraits_affaire_benalla #personnes g[id]{
    cursor: pointer;
}
#gallerie_portraits_affaire_benalla #personnes g[id]{
    transition:opacity .3s;
}
.opak{
    opacity: .5;
}

/* mobile */

@media screen and (max-width: 520px) {
   .entourage_miniportrait{
        width:100%;
        margin:0 0 5px 0;
   }

   .entourage_top{
        padding: 0 10px 44px;
   }
   .entourage_middle, .entourage_bottom{
        padding: 44px 10px;
   }
    .entourage_bottom ul{
        padding-left: 25px;
        padding-right: 10px;
    }
    .entourage_partage{
        padding:20px 10px;
    }

}



require(["jquery","d3/3.5.6"], function($,d3) {
 
    


 0 ? 25 : 0,
    entourages_footer_position = $("#entourages_footer").offset().top,
    first_elem = $(".entourage_item")[0],
    last_elem = $(".entourage_item")[$(".entourage_item").length-1],
    bottom_position = $(last_elem).offset().top + $(last_elem).outerHeight(),
    top_position = $(first_elem).offset().top;
    $("#entourages_footer").css({
        "width":$(".entourages").width()+10,
        "left":$(".entourages").offset().left-5,
        "bottom":footer_height
    });

    function checkScroll(e){
 top_position) { /* On a scrollé en dessous du header */
            $("#entourages_footer").show()
          } else { /* On est au-dessus du header */
            $("#entourages_footer").hide();
          }
    }
    $(window).on("scroll", function(e) {
          checkScroll($(this))
    });
 
    gallerie = d3.select("#gallerie_portraits_affaire_benalla")

 g[id]")
   
    personnes.on("mouseover",function(){
        personnes.classed("opak",true)
        d3.select(this).classed("opak",false)
    })
    .on("mouseleave",function(){
        personnes.classed("opak",false)
    })

    personnes.each(function(){
        personne = d3.select(this);
        idelem = personne.attr("id");
        rect = personne.select("rect")[0];
        personne
             .insert("a","rect")
             .attr("href", "#fiche_"+idelem)
             .append(function() { return rect[0]; });    
    })

    $(".entourages a, #entourages_footer a, #gallerie_portraits_affaire_benalla a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation();
    });

})




Pour mieux comprendre les rouages de cette affaire, Les Décodeurs retracent les profils des différents acteurs du dossier. Parmi eux, cinq personnes, dont Alexandre Benalla, ont été mises en examen dimanche 22 juillet.



















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































        


Au ministère de l'intérieur









Gérard Collomb
Ministre de l'intérieur




Numéro deux du gouvernement d'Edouard Philippe, il est responsable de la sécurité du territoire, et donc de la police.
Il a expliqué, au cours de son audition à l'Assemblée nationale, avoir été informé des violences d'Alexandre Benalla par l'Elysée, le 2 mai. Il a également affirmé qu'il ne connaissait pas personnellement M. Benalla et qu'il pensait que ce dernier « faisait partie des services de police ».
Il a saisi l'IGPN, la « police des polices », le 19 juillet, au lendemain des révélations du Monde. Selon lui, « de nouveaux éléments et de nouvelles images où M. Benalla est doté d'une radio et porte un brassard siglé police justifia[ie]nt la saisine de l'IGPN ».            











Stéphane Fratacci
Directeur de cabinet de Gérard Collomb




Il est le bras droit de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur. Selon l'audition de M. Collomb, il a été mis au courant de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla le 2 mai par le chef du cabinet, Jean-Marie Girier, avant d'en informer le ministre de l'intérieur. Ce dernier a également affirmé que c'est M. Fratacci qui lui avait indiqué que l'Elysée allait sanctionner le chargé de mission. « J'ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté », a expliqué M. Collomb, renvoyant les critiques vers son directeur de cabinet et, surtout, l'Elysée.
C'est également à son directeur de cabinet que Gérard Collomb a demandé de saisir l'inspection générale de la police nationale (IGPN) le 19 juillet.
Stéphane Fratacci, qui ne s'est pas exprimé publiquement sur ce dossier pour l'heure, doit être auditionné jeudi 24 juillet à 21 heures par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.      












Jean-Marie Girier
Chef de cabinet de Gérard Collomb




Ce proche collaborateur de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur connaissait bien Alexandre Benalla. Il a même validé son embauche dans l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, en 2017.
Selon l'audition de M. Collomb, il est le premier membre du cabinet à être mis au courant de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla, le 2 mai. Prévenu par Vincent Caure, chargé des réseaux sociaux à l'Elysée, il aurait ensuite transmis l'information au directeur de cabinet, Stéphane Fratacci.         








        


A la préfecture de police de Paris











Michel Delpuech
Préfet de police de Paris




C'est sous son autorité que la préfecture de police de Paris assure le maintien de l'ordre lors des manifestations comme celles du 1er-Mai.
Auditionné à l'Assemblée nationale le 23 juillet, le haut fonctionnaire a assuré ne pas avoir été mis au courant de la venue d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase sur le terrain le 1er mai. Selon lui, c'est son subordonné Laurent Simonin qui a accordé l'autorisation, sans le prévenir — bien qu'il concède par ailleurs qu'il n'y aurait eu aucune raison de la refuser à ses yeux.
Par ailleurs, M. Delpuech n'a pas pu expliquer comment M. Benalla avait pu être équipé d'un brassard de police et d'une radio le 1er Mai. Il a en revanche assumé « personnellement » la décision de délivrer un port d'armes à l'intéressé le 13 octobre 2017.           










Alain Gibelin
Directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris




Ce haut fonctionnaire est notamment chargé des opérations de maintien de l'ordre lors de grandes manifestations.
Auditionné par les députés lundi 23 juillet, il a affirmé que M. Benalla « ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police » pour se rendre à la manifestation place de la Contrescarpe. Selon lui, c'est Laurent Simonin, contrôleur général à la direction de l'ordre public et de la circulation, qui a accepté qu'Alexandre Benalla soit présent en tant qu'observateur, en dehors de la procédure habituelle.         











Laurent Simonin
Contrôleur général à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris
Mis en examen



Ce chef d'Etat major adjoint est l'un des trois membres de la préfecture de police de Paris suspendus puis mis en examen dans l'affaire pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ». Il a été mis en cause par sa hiérarchie à la préfecture de police lors des auditions à l'Assemblée nationale.
Il lui est d'abord reproché d'avoir autorisé la présence de M. Benalla comme observateur le 1er mai, sans en référer à sa hiérarchie et hors du cadre réglementaire. Soupçonné de lui avoir fourni son propre casque pour la manifestation, il est également poursuivi pour « complicité de port illégal d'insigne ». Enfin, c'est lui qui aurait contacté M. Benalla pour lui proposer de lui communiquer les images de vidéosurveillance extraites par le commissaire Maxence Creusat, le soir du 18 juillet, après la publication des premières révélations du Monde. Laurent Simonin ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet pour l'heure.         










Maxence Creusat
Commissaire à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC)
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce jeune commissaire était chargé du maintien de l'ordre place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, où Alexandre Benalla a violenté les deux manifestants le 1er mai. Au moment des violences commises, Maxence Creusat se tenait à quelques mètres du collaborateur de l'Elysée, mais il n'aurait rien vu, occupé avec les CRS qu'il commandait.
Selon l'audition d'Alain Gibelin, c'est lui qui s'est rendu auprès des services de vidéosurveillance de la préfecture, le soir du 18 juillet, pour vérifier la présence d'une vidéo des événements du 1er mai, qui a par la suite été transmise illégalement à Alexandre Benalla.
Il est venu se dénoncer le lendemain auprès d'Alain Gibelin, « le visage défait », en lui expliquant qu'il avait fait « une grosse connerie ».
Il a été suspendu dans la foulée, et mis en examen avec deux autres policiers pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ».
Selon un message publié par son avocat, Thibault de Montbrial, sur Twitter, M. Creusat « n'entend esquiver aucune question, et notamment celle, essentielle pour comprendre ce dossier, de la proximité manifeste aux yeux du jeune commissaire qu'il est, entre la plus haute hiérarchie policière et M. Benalla ». 











Jean-Yves Hunault
Commandant chargé de la liaison entre la préfecture de police et l’Elysée
Mis en examen



Il fait partie des trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus dès le jeudi 19 juillet, suspectés d'avoir transmis des extraits de vidéosurveillance à M. Benalla après la publication de l'enquête du Monde le 18 juillet. Tous trois ont été mis en examen dimanche 22 juillet pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ».
M. Hunault ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire pour l'heure.          











Philippe Mizerski
Major à la direction de l’ordre public et de la circulation (DPOC)
Présent sur la place de la Contrescarpe



C'est lui qui devait encadrer Alexandre Benalla tout au long de son « observation » le 1er mai. Les vidéos montrent qu'il ne s'est jamais interposé quand MM. Benalla et Crase s'en sont pris physiquement à deux manifestants, place de la Contrescarpe.
Interpellé à plusieurs reprises sur ce point lors de son audition par les députés lundi 23 juillet, le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, a refusé de commenter le rôle de ce fonctionnaire le 1er mai : « Je n'avais jamais entendu parler de M. Mizerski », a assuré le ministre.
M. Mizerski ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet pour l'heure.           













A l'Elysée










Emmanuel Macron
Président de la République




Le président était en déplacement en Australie au moment des faits. Son directeur de cabinet Patrick Strzoda a néanmoins expliqué au Monde l'en avoir informé, le 2 mai. Le chef de l'Etat lui aurait alors répondu : « Si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions » contre Alexandre Benalla, qui figure alors parmi son premier cercle de fidèles.
Mais il est aujourd'hui mis en cause par tous ceux qui estiment que les sanctions à l'encontre du conseiller n'ont pas été à la mesure des faits.
Emmanuel Macron est sorti de son silence le mardi 24 juillet, en affirmant être « le seul responsable » de l’affaire. Il a qualifié le comportement de M. Benalla de « déception » et de « trahison », tout en critiquant le travail de la presse, qui ne « cherche plus la vérité ».        










Alexis Kohler
Secrétaire général de l'Elysée




Il s'agit du collaborateur le plus proche d'Emmanuel Macron à l'Elysée. C'est lui qui aurait informé le premier le président, alors en déplacement en Australie, de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla. Lui aussi qui a validé sa mise à pied pour quinze jours. Lui encore qui a été chargé par Emmanuel Macron, le 22 juillet, de proposer une réorganisation du cabinet « pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise ».
Il doit s'exprimer publiquement pour la première fois le jeudi 26 juillet, lors de son audition devant le Sénat.            










Patrick Strzoda
Directeur de cabinet d'Emmanuel Macron




Ses fonctions lui donnent autorité sur Alexandre Benalla. C'est ainsi lui qui lui accorde, le 29 avril, l'autorisation de participer « en tant qu'observateur » à une intervention le 1er mai auprès de la préfecture de police.
Interrogé par Le Monde au début de l'affaire, il a déclaré avoir été informé dès le 2 mai de l'existence des images des violences impliquant son subordonné place de la Contrescarpe à Paris. Il affirme avoir rapidement prévenu Emmanuel Macron et convoqué M. Benalla.
Il est également l'auteur du courrier daté du 3 mai annonçant au conseiller sa sanction : une mise à pied du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire et un changement d'affectation.
M. Strzoda a été auditionné par les députés mardi 24 juillet pour détailler sa version des faits. Il a expliqué ne pas avoir saisi la justice parce qu’il n’avait « pas assez d’éléments » pour le faire. Il a ajouté avoir pris la décision de mettre à pied M. Benalla pendant deux semaines « seul, en [s]on âme et conscience ».           











François-Xavier Lauch
Chef de cabinet d'Emmanuel Macron




Il était le supérieur hiérarchique direct d'Alexandre Benalla à l'Elysée.
Il ne s'est pas exprimé sur l'affaire pour l'heure.     










Laurent Hottiaux
Conseiller « intérieur et justice » d'Emmanuel Macron




Il est le conseiller intérieur et sécurité du président de la République à l'Elysée. Son nom n'avait pas été évoqué dans cette affaire avant l'audition de Michel Delpuech, le préfet de Paris, à l'Assemblée nationale, lundi 23 juillet. Devant les députés, le préfet a affirmé que c'est par un appel de M. Hottiaux le 2 mai, vers 10 h 15, qu'il a pris connaissance de « l'existence de l'affaire Benalla ».
Laurent Hottiaux ne s'est pas exprimé publiquement sur la question pour l'heure.            










Vincent Caure
Conseiller « réseaux sociaux » d'Emmanuel Macron




Ce collaborateur d'Emmanuel Macron aurait été le premier à repérer la vidéo d'Alexandre Benalla sur les réseaux sociaux, le 2 mai. C'est lui qui en a informé Gérard Collomb, par le biais de son directeur de cabinet, Jean-Marie Girier.
Il ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire.           











Alexandre Benalla
Adjoint au chef de cabinet du président de la République, chargé de la sécurité
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce collaborateur d'Emmanuel Macron était responsable de la sécurité du président au moment des faits. Invité à observer à l'intervention des forces de l'ordre lors des manifestations du 1er mai à Paris, il a été filmé place de la Contrescarpe, en train de violenter une jeune femme et de molester un homme, déjà à terre, entouré par des CRS. Il est soupçonné d'avoir largement outrepassé son rôle d'observateur en portant un casque et un brassard de police, ainsi qu'une radio.
Ces actions ont d'abord valu à Alexandre Benalla une mise à pied de quinze jours et une rétrogradation. Mais à la suite de la révélation de son identité par Le Monde, le 18 juillet, il a été placé en garde à vue et mis en examen pour « violences en réunion » et « immixtion dans l'exercice d'une fonction publique ». L'Elysée a également annoncé son licenciement.
M. Benalla a fait savoir par ses avocats qu'il avait voulu « prêter main-forte » aux policiers pour maîtriser « deux individus particulièrement virulents » et pallier « l'apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place ». Il assure que son « action vigoureuse mais menée sans violence n'a causé aucune blessure ».          











A la République en marche (LRM)










Christophe Castaner
Délégué général de la République en marche




En tant que patron du parti présidentiel, il est le supérieur hiérarchique de Vincent Crase. Après la révélation de l'affaire, il a déclaré : « Je me suis entretenu avec lui, il ne comprend pas son geste. Il a présenté ses excuses mais ça ne suffit pas. » M. Castaner a expliqué ne pas avoir les éléments pour le licencier : « Ma condamnation morale ne suffit pas », a-t-il admis, ajoutant qu'en cas de condamnation judiciaire, la donne pourrait changer.     










Vincent Crase
Salarié de la République en marche
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce gendarme réserviste s'occupe de la sécurité au sein du parti présidentiel La République en marche (LRM). Son patron Christophe Castaner le décrit comme un « agent d'accueil ». Il a également été mobilisé « très ponctuellement » par le commandement militaire de l'Elysée pour des missions de sécurité.
Il est un proche d'Alexandre Benalla : il a d'abord été son supérieur lors d'une formation, avant de devenir son collaborateur durant la campagne présidentielle. Ils ont même créé ensemble une éphémère Fédération française de la sécurité privée.
Le 1er mai, sur la place de la Contrescarpe, il était au côté de M. Benalla, en tant qu'observateur. Il a toutefois participé lui aussi à l'intervention musclée contre les manifestants, et portait une arme à sa ceinture, alors que la préfecture de police ne lui en avait pas donné l'autorisation.
L'Elysée a annoncé avoir mis fin à toute collaboration avec lui, mais il reste salarié de LRM. Il a été mis en examen pour « violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public », « immixtion dans l'exercice d'une fonction publique » et « port prohibé » d'une arme à feu. Il ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire. 



        
Images : Jean-Claude Coutasse/French Politics et Laurence Geai pour Le Monde · AP · AFP · Reuters · BFMTV · Twitter · M6 · Bestimage · Taranis · Claude Truong-Ngoc.







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Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.Rapidement, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulé des cinq premiers jours.Benalla, Mizerski, Crase... quels sont les personnages-clés de l’affaire ?A l’Assemblée, une commission d’enquête a mené des auditions dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur nos suivis en direct du premier jour puis du deuxième jour.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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Affaire Benalla : les ratés de la communication de l’Elysée

Depuis les révélations du « Monde », le 18 juillet, l’exécutif s’affaire à circonscrire la pire crise qu’ait eu à affronter Emmanuel Macron depuis son élection.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 12h34
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            

Tout doucement, après quatre jours de silence, les réseaux sociaux du président sont sortis de leur latence. Mardi 24 juillet, à 9 h 02, le chef de l’Etat est réapparu sur Twitter avec ce message de solidarité pour les « victimes » des « terribles incendies » grecs. Sur Instagram, Soazig de La Moissonnière a posté une photo. #Behindthescene (« en coulisses ») précise la photographe officielle de l’Elysée. On y voit Emmanuel Macron, en chemise, un crayon à la bouche, des feuilles dans la main, l’air détendu, dans le salon doré qui lui tient lieu de bureau officiel.

Deux cartes postales qui montrent un président au travail, loin des rebondissements à répétition de l’affaire Benalla. Deux signes précurseurs du réveil de la communication de l’Elysée avant la prise de parole du président le soir même. Mardi, M. Macron a repris la main après une semaine où la présidence a subi l’actualité.
Dans un premier temps, le « déni »
Depuis les révélations du Monde, mercredi 18 juillet, pas un jour ne se passe sans que de nouvelles informations, avérées ou pas, enflamment les réseaux sociaux. De quoi entretenir le doute, malgré les démentis à répétition, qui sont désormais aussi inaudibles que nombreux. « La communication de crise devient très difficile, voire impossible, quand on court après les événements », commente Gaspard Gantzer, ancien conseiller communication de François Hollande à l’Elysée.
Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, est envoyé au front, jeudi 19 juillet, à 9 heures. Devant les caméras, à l’Elysée, il affirme qu’Alexandre Benalla avait été autorisé à accompagner les forces de l’ordre ce 1er mai. Il revient ensuite sur sa mise à pieds et affirme qu’il a « été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ». Très vite, la déclaration de Bruno Roger-Petit est remise en cause. A l’Assemblée, quelques minutes après sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.
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Tour de France : Quitana s’impose, Froome et Bardet craquent

Le Colombien de l’équipe Movistar a remporté la deuxième étape du Tour de sa carrière, mercredi 25 juillet, à Saint-Lary-Soulan. Le Britannique Geraint Thomas conforte son maillot jaune.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 18h31
   





                        



   


Si le départ façon course automobile ne comptera pas parmi les meilleures idées du Tour, le dernier col de la 17e étape aura fait des dégâts chez les favoris. Critiqués depuis Noirmoutier pour leur attentisme, les adversaires de la Sky ont profité des derniers kilomètres du col du Portet pour reprendre quelques secondes à Chris Froome.
Troisième désormais au général, le quadruple vainqueur de la Grande boucle a sans doute perdu tout espoir de faire la passe de cinq cette année. Mais un Britannique peut en cacher un autre et un Sky aussi : Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher et a pris une belle option sur la victoire finale.

📺 Relive the last km of Stage 17 and @NairoQuinCo's epic win! 🏆🇨🇴
— LeTour (@Le Tour de France)


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Pas de podium pour Bardet
Critiqué pour son manque de panache depuis plusieurs saisons, Nairo Quintana a pris ses responsabilités dans cette courte étape (65 kilomètres), entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan. Le Colombien s’est envolé avec Dan Martin dans la dernière difficulté de l’après-midi. Déjà vainqueur sur cette édition 2018, l’Irlandais a finalement échoué à 28 secondes du coureur de la Movistar, vainqueur de la deuxième étape sur le Tour de sa carrière.

📊 STAGE 17 - TOP 10 GC 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Plus loin, Dumoulin et Roglic ont tenté de faire exploser le wagon de la Sky, qui comptait encore quatre éléments dans le dernier col. Troisième de l’étape, Geraint Thomas ne s’est pas laissé décrocher. Son compatriote et initial leader, Chris Froome, est le grand battu du jour. Le vainqueur du dernier Giro a concédé plus de quarante secondes aux autres favoris et a sans doute tiré un trait sur un cinquième tour.
Plus loin encore, Romain Bardet s’est laissé détacher quand la Sky a accéléré. Arrivé à plus de deux minutes de Quintana, le Français ne montera pas sur un troisième podium consécutif sur le Tour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Trois semaines après son évasion, le braqueur a échappé à son interpellation, mardi à Sarcelles. Retour sur l’itinéraire d’un braqueur compulsif, qui a inventé sa vie comme un film d’action.
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Redoine Faïd, la fuite en avant du braqueur cinéphile

Trois semaines après son évasion, le braqueur a échappé à son interpellation, mardi à Sarcelles. Retour sur l’itinéraire d’un braqueur compulsif, qui a inventé sa vie comme un film d’action.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h17
    |

            Soren Seelow et 
Simon Piel








                        



                                


                            
Quand il a entendu les pales de l’hélicoptère siffler dans l’air de la cour d’honneur de la prison de Réau (Seine-et-Marne), ce dimanche 1er juillet en fin de matinée, Antonio Ferrara a été parcouru d’un frisson. « Le Roi de la belle », tel qu’il est surnommé depuis une spectaculaire évasion de Fresnes, en mars 2003, finissait tout juste un parloir quand le vieil Alouette s’est posé dans l’enceinte du pénitencier : « C’est pas pour moi, c’est pas pour moi !, a lancé le braqueur aux surveillants pour dissiper toute méprise. Ramenez-moi vite en cellule ! »
Dans un parloir voisin, un autre expert en évasion, Redoine Faïd, voit enfin se réaliser le scénario sur lequel il travaille depuis des semaines. Exfiltré en à peine dix minutes par un commando héliporté, il disparaîtra quelques heures plus tard dans le nord de la région parisienne, avant d’échapper de peu à son interpellation, mardi 24 juillet, à Sarcelles (Val-d’Oise), après trois semaines de cavale. Son évasion de la prison de Réau, redoutée par tous les policiers de France, était écrite. Depuis son premier braquage, à l’âge de 18 ans, ce passionné de cinéma a fait de sa vie un film d’action, violent et transgressif. Sa date de libération, prévue en 2035, ne figurait pas dans le script.

Rien d’étonnant à ce que ce soit une comédienne, Béatrice Dalle, qui prenne la plume pour saluer l’artiste, peu après le début de sa cavale : « Que Dieu te protège. Bravo Redoine Faïd, toute la France est avec toi… Au revoir pénitentiaire, au revoir », avait-elle écrit le 1er juillet sur son compte Instagram. Cette sympathie semblera déplacée aux victimes du truand, au premier rang desquelles les proches d’Aurélie Fouquet, une jeune policière tuée en 2010 lors d’une course-poursuite. Mais ainsi va la légende du grand banditisme, qui, par le miroir fantasmé du cinéma, élève les gangsters au rang de héros auprès d’une partie de l’opinion.
Personnage ambivalent
Comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Des mouvements liés à des groupes armés pourtant interdits ont pris part aux élections générales de mercredi, influant sur les partis dominants.
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Au Pakistan, des islamistes radicaux en campagne

Des mouvements liés à des groupes armés pourtant interdits ont pris part aux élections générales de mercredi, influant sur les partis dominants.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h57
    |

            Louis Imbert (Karachi, Lahore, envoyé spécial)








                        



   


Voilà un homme peu commode. Jibran Nasir, la trentaine, est avocat. Barbe noire et moustache soignée, le verbe batailleur, il déroule un discours résolument laïc, qui le distingue dans les élections générales pakistanaises qui se sont déroulées mercredi 25 juillet. M. Nasir brigue un siège au Parlement, à Karachi, monstre urbain d’environ 20 millions d’habitants – personne ne connaît le chiffre exact –, le plus grand port du Pakistan qui pollue tant qu’il le peut la côte est de la mer d’Arabie. Ses mots d’ordre progressistes et tolérants lui valent l’hostilité de l’extrême droite islamiste, qu’il dénonce.
Depuis deux mois, des partis fraîchement créés, dont certains sont affiliés à des groupes armés interdits, ont imprimé leur marque sur cette campagne. Ils dénoncent la minorité religieuse persécutée des Ahmadi et militent pour le maintien d’une loi draconienne condamnant le blasphème, à l’image du Tehrik-e-Labaik Pakistan, qui se rallie au cri de « Mort aux blasphémateurs ».

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                Au Pakistan, le clan Sharif joue sa survie politique face à l’armée



Il y a quelques semaines, interpellé dans un rassemblement public à Karachi, Jibran Nasir a refusé poliment de déclarer sa religion. Depuis, de petits groupes de militants islamistes s’invitent à ses meetings. Ils font du bruit, bousculent ses partisans – des jeunes pour la plupart, éduqués et déterminés. Ils viennent les enquiquiner jusque chez eux.
Le 17 juillet, M. Nasir s’est trouvé encerclé par une foule hostile, dans la rue. Il a fallu que les paramilitaires qui tiennent Karachi, les Sindh Rangers, dirigés par des officiers de l’armée, le sortent de ce mauvais pas. Un camarade a fini par glisser à M. Nasir : « Tu vas te faire tuer. »
« Inefficacité incroyable des autorités »
« Cela fait cinq ans qu’on m’accuse de blasphémer, en direct à la télévision comme dans mes meetings. Tant que je suis vivant, on peut dire que ce ne sont que des mots, dit-il, lorsqu’on l’interroge sur la réalité de la menace qui pèse sur lui. Je constate que ces gens agissent librement. C’est le fruit d’une inefficacité incroyable des autorités, ou bien peut-être est-ce planifié, voulu. »
M. Nasir aimerait que les formations politiques dominantes cessent de faire les yeux doux aux factions islamistes et qu’elles dénoncent ensemble leurs excès. Mais il se fait peu d’illusions. Celui que les sondages ont donné favori durant la campagne, l’ex champion de cricket Imran Khan, a capitalisé dans ses discours sur la question du blasphème. Il sait qu’en cas de victoire au scrutin de mercredi, il devra s’efforcer de constituer une coalition fragile avec des indépendants et des formations islamistes.
Mercredi, un attentat suicide a frappé un bureau de vote dans la ville de Quetta, dans la province instable du Baloutchistan (sud-ouest), qui a fait au moins 29 morts. Le 13 juillet, un précédent attentat, revendiqué par l’organisation Etat islamique, avait fait 149 morts, dans la même région, dans un meeting électoral d’une puissante famille locale, proche des services de sécurité. C’était la pire attaque menée dans le pays depuis la fin des dernières opérations majeures de l’armée dans les régions tribales du nord-ouest, refuge des talibans pakistanais, en 2016.

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                Attentat-suicide meurtrier à Quetta, alors que les Pakistanais élisent leurs députés



Malgré cet attentat spectaculaire, et plusieurs attaques revendiquées par les Talibans dans les régions pachtounes du nord-ouest, la campagne électorale fut au fond moins violente que celle de 2013. Mais les mouvements radicaux se sont banalisés dans le jeu électoral. Les petits partis qu’ils ont créés sont destinés à obtenir un score modeste dans les urnes, mais ils font du prosélytisme, ils cherchent des partisans, ils influencent.
« Rien de répréhensible ne sort »
« Facebook a fermé hier notre compte principal, sans explications, au dernier jour de la campagne ! C’est dur…, se désole Hanzla, la vingtaine, membre de l’équipe chargée de la communication de l’un de ces mouvements, Allahu Akbar Tehrik. Nous avons pourtant un comité de censure interne : rien de répréhensible ne sort. » Hanzla aura à peine eu le temps de nous offrir un thé au lait, mardi 24 juillet, dans son quartier général à Lahore, capitale de la puissante province du Pendjab (est), où se jouent ces élections. Un coup de fil des autorités nous a fait éconduire poliment. Elles tiennent ces lieux à l’œil.
Hanzla et ses camarades opèrent dans le quartier Mazang, dans le centre-ville, derrière une haute enceinte gardée par de jeunes hommes armés habillés de kaki, d’allure paramilitaire. Des policiers attendent dans la cour. Le mouvement occupe tout un bloc d’immeubles : des militants traînent sur les terrasses, et sur les marches de leur mosquée, dans la chaleur humide.
Le parti exhibe volontiers sur ses affiches le visage d’Hafiz Saeed, candidat à Lahore. L’homme est accusé d’avoir orchestré les attentats de Bombay de 2008, en Inde, qui avaient tué 166 personnes. Il est considéré comme un terroriste par les Nations unies, et Washington a mis sa tête à prix, pour 10 millions de dollars (9 millions d’euros), ce qui ne l’a pas empêché de se faire couvrir de pétales de roses en meeting.
En avril, les Etats-Unis ont placé son mouvement, la Milli Muslim League (MML) sur leur liste des organisations terroristes : ils y voient un paravent du Lashkar-e-Toiba, que M. Saeed a cofondé pour mener des attaques contre des troupes indiennes dans la région himalayenne du Cachemire, que se disputent l’Inde et le Pakistan. La MML s’est vue interdire de participer aux élections. Ses militants, habitués à changer sans cesse le nom et le statut social de leur parti, ont fait comme d’habitude : ils ont rejoint une autre coquille, Allahu Akbar Tehrik, qui présente 253 candidats à travers le pays.

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                Les juges pakistanais s’immiscent dans la campagne électorale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Un article publié dans la revue « Science » jeudi fait état du plus grand volume d’eau liquide jamais découvert sur la planète.
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Un vaste lac d’eau liquide découvert sur la planète Mars

Un article publié dans la revue « Science » jeudi fait état du plus grand volume d’eau liquide jamais découvert sur la planète.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h49
   





                        



   


Un vaste lac souterrain a été découvert pour la première fois sur Mars, où jamais un tel volume d’eau liquide, condition indispensable au développement de la vie, n’avait encore été trouvé, a annoncé mercredi 25 juillet une équipe internationale d’astronomes.
Situé sous une couche de glace martienne, le lac fait environ 20 kilomètres de large et laisse envisager la présence de davantage d’eau, voire de vie, sur la Planète rouge, selon un article publié dans la revue américaine Science.
« Résultat stupéfiant »
« C’est un résultat stupéfiant qui laisse penser que la présence d’eau sur Mars n’est pas seulement un ruissellement temporaire révélé par de précédentes découvertes, mais une masse d’eau permanente qui crée les conditions pour de la vie sur une période de temps prolongée », a commenté Alan Duffy, professeur associé à l’université de Swinburne (Australie), qui n’a pas participé à l’étude.
La planète Mars est désormais froide, désertique et aride, mais était auparavant chaude et humide et abritait une large quantité d’eau liquide et de lacs il y a au moins 3,6 milliards d’années.

        Lire :
         

          La mission InSight part sonder les entrailles martiennes



Les scientifiques cherchent à trouver des traces contemporaines d’eau liquide, de telles découvertes étant essentielles pour percer le mystère d’une éventuelle forme de vie sur Mars dans un passé lointain, voire même de sa persistance jusqu’à nos jours.
Etre en mesure d’accéder à des sources d’eau pourrait également aider les humains à survivre lors de futures missions d’exploration de la planète rouge, voisine de la Terre. L’eau du lac qui vient d’être découvert pourrait cependant ne pas être potable. Elle se trouve par ailleurs à 1,5 kilomètre de profondeur sous la surface, dans un environnement rude.
« Rester prudent »
La présence d’une éventuelle forme de vie microbienne dans le lac est sujette à débat : certains experts se montrent sceptiques sur ce point, estimant que le lac est trop froid et contient une forte dose de sels et de minéraux martiens dissous.
La température est probablement en dessous du point de congélation de l’eau pure mais le lac peut rester à l’état liquide en raison de la présence de magnésium, de calcium et de sodium.
« C’est une découverte d’une portée extraordinaire, susceptible de renforcer les hypothèses quant à la présence d’organismes vivants sur la Planète rouge », affirme Fred Watson, de l’Observatoire astronomique australien, non impliqué dans l’étude. « Il faut néanmoins rester prudent car la concentration de sels nécessaire au maintien de l’eau à l’état liquide pourrait être fatale à toute vie microbienne similaire à celle de la Terre », a-t-il ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Une tromperie consistant à « gonfler » les émissions de dioxyde de carbone permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.
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Pollution: la Commission européenne soupçonne les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations

Une tromperie consistant à « gonfler » les émissions de dioxyde de carbone permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h47
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Les constructeurs automobiles sont décidément plein de ressources. Le scandale du « dieselgate » avait révélé en 2015 que Volkswagen, notamment, avait truqué ses moteurs afin de minorer les rejets d’oxyde d’azote, un gaz très toxique, lors des tests d’homologation. Cette fois, ils sont soupçonnés, au contraire, de « gonfler » les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de leurs flottes afin de satisfaire aux futures normes.
L’alerte a été donnée par la Commission européenne. Dans un courrier daté du 18 juillet que Le Monde a pu consulter, les commissaires européens chargés respectivement du climat et de l’énergie (Miguel Canete) et de l’industrie (Elzbieta Bienkowska) révèlent que « des données collectées par les autorités des Etats membres » ont mis en évidence que des constructeurs avaient volontairement « gonflé » leurs niveaux d’émissions.

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A partir de 2021, voitures et utilitaires seront soumis à un nouveau test harmonisé au niveau mondial appelé « WLPT » (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure), en lieu et place de l’actuel protocole dit « NEDC ». Principal changement, les réductions de CO2 des voitures seront désormais mesurées en pourcentage et non plus en valeur absolue (gramme par kilomètre) comme c’est le cas aujourd’hui.
L’Union européenne a imposé aux constructeurs un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30 % d’ici à 2030, et de 15 % en 2025. Or ces objectifs seront calculés par rapport aux niveaux d’émissions déclarés par les fabricants en 2020 dans le cadre de l’actuel cycle NEDC. D’où l’intérêt de la tromperie.
Des émissions « gonflées » jusqu’à 13 %
Bruxelles assure avoir accumulé des « preuves ». Selon les données collectées par Bruxelles, les rejets de CO2 seraient gonflés en moyenne de 4,5 % et jusqu’à 13 %. Concrètement, lors des contrôles en laboratoire, les constructeurs auraient par exemple fait tester leurs voitures avec des batteries déchargées (nécessitant donc de consommer plus, et d’émettre davantage de CO2 pour qu’elle se recharge) ou en désactivant le système « start & stop ».
« Les objectifs de 2025 et 2030 seraient fragilisés par un point de départ gonflé », conclut la Commission, qui recommande de ne plus baser les calculs sur les valeurs déclarées par les constructeurs, mais sur les niveaux mesurés par des organismes indépendants dans le cadre du nouveau protocole WLTP.
« Après le dieselgate, les constructeurs automobiles avaient promis de changer et que les nouveaux tests étaient la solution. Maintenant, il est clair qu’ils sont en train de les utiliser pour saper les nouveaux standards de CO2, estime William Todts, directeur de l’ONG Transport & Environment. Ils veulent s’y conformer avec un minimum d’efforts pour pouvoir continuer à vendre des diesels et retarder la transition vers les voitures électriques. »
Les constructeurs seront sanctionnés s’ils ne respectent pas les objectifs de réduction fixés pour 2025 et 2030. Ils sont soupçonnés de s’être mis d’accord pour ne pas être pénalisés les uns par rapport aux autres, estime-t-on à Transport & Environment.
Interrogé par l’AFP, le constructeur allemand BMW a affirmé « faire tout son possible » pour parvenir à l’objectif ambitieux fixé par l’UE tout en assurant se conformer aux outils de mesures réglementaires. En France, PSA assure effectuer ces mesures « en toute transparence » sous le contrôle d’organismes indépendants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.
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La demi-volée de Pavard élue plus beau but de la Coupe du monde 2018

Les réalisations du Colombien Juan Quintero et du Croate Luka Modric complètent le podium du classement réalisé par la FIFA, après un vote du public sur son site Internet.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h32
   





                        



   


Le but exceptionnel du défenseur de l’équipe de France Benjamin Pavard en huitièmes de finale du Mondial 2018 contre l’Argentine (4-3) a été élu « plus beau but » de la compétition, a annoncé mercredi 25 juillet la Fédération internationale de football (FIFA).

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          Equipe de France : le sacre de la jeunesse conquérante



La reprise en demi-volée du joueur de Stuttgart, qui avait permis aux Bleus d’égaliser en seconde période contre les Argentins de Lionel Messi, l’a emporté à l’issue d’un vote du public organisé sur le site Internet de la FIFA. Pavard est arrivé en tête des 169 réalisations enregistrées en Russie, devant le Colombien Juan Quintero (face au Japon en phase de groupes) et le Croate Luka Modric (contre l’Argentine en phase de groupes).
Ce but a fait de Pavard (22 ans) l’une des révélations de la Coupe du monde et a constitué un tournant dans le parcours des Français, sacrés ensuite champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire, le 15 juillet contre la Croatie en finale (4-2).

        Lire la chronique :
         

          Qu’aurions-nous fait sans Benjamin Pavard ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a alerté, mercredi, sur une « crise de santé publique oubliée ».
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Toutes les trois minutes, une adolescente est infectée par le VIH dans le monde

L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a alerté, mercredi, sur une « crise de santé publique oubliée ».



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h41
   





                        


Toutes les trois minutes, une adolescente ayant entre 15 et 19 ans est infectée par le VIH, a affirmé mercredi 25 juillet l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance. Les filles sont victimes de deux tiers des infections dans le monde concernant cette tranche d’âge, selon des données présentées lors de la 22e Conférence internationale sur le sida, à Amsterdam.
« Dans la plupart des pays, les femmes et les filles n’ont pas accès à l’information et aux services nécessaires, ou n’ont même pas la possibilité de refuser des relations sexuelles non protégées, a souligné dans un communiqué la directrice générale de l’Unicef, Henrietta Fore. Le VIH se propage rapidement parmi les personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées, ce qui place les adolescentes au cœur de la crise. »

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                Très forte hausse des infections sexuellement transmissibles en France



En 2017, 130 000 morts de personnes de moins de 20 ans sont dues au sida et 430 000 nouvelles infections au VIH ont touché cette tranche d’âge. Chez les adolescents de 15 à 19 ans le nombre de morts stagne. Dans les autres tranches d’âge, il est en baisse depuis 2010.
L’Unicef a dénoncé dans un rapport « les rapports sexuels précoces, y compris avec des hommes plus âgés, les relations contraintes, le rapport de force qui ne permet pas de dire non, la pauvreté, et le manque d’accès à des services de conseils confidentiels et de tests ».

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« Nous savons que c’est lié au statut inférieur qui est donné aux femmes et aux filles dans le monde », a déclaré aux délégués de la conférence l’actrice sud-africaine Charlize Theron. « Tant que nous n’atteindrons pas les jeunes et ne jugulerons pas l’épidémie chez eux (…), nous n’atteindrons pas nos objectifs », a estimé le directeur des opérations d’Unitaid (organisation internationale d’aide en médicaments), Robert Matiru, interrogé par l’AFP.
D’après la Société internationale sur le sida (IAS), quatre adolescentes africaines sur dix ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un homme dans leur intimité. Cette ONG dénonce l’absence de politique de prévention contre ces violences ou de protection pour la jeunesse dans de très nombreux pays.

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Elle travaille aussi à la sensibilisation des adolescents. « Les jeunes ont grandi, ils sont incroyablement mobiles, ils bougent, ils ont oublié que le VIH est un risque, et nous devons, nous ne pouvons pas cesser de faire passer ce message », a déclaré à l’AFP sa présidente, Linda-Gail Bekker.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le texte prolonge la possibilité de licenciement des fonctionnaires et encadre fortement le droit de manifestation.
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Turquie : le Parlement adopte une loi « antiterroriste » remplaçant l’état d’urgence

Le texte prolonge la possibilité de licenciement des fonctionnaires et encadre fortement le droit de manifestation.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h57
   





                        



   


Le Parlement turc a adopté mercredi 25 juillet une nouvelle loi « antiterroriste » controversée qui reprend plusieurs mesures de l’état d’urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et levé la semaine dernière, rapporte l’agence de presse étatique Anatolie.
Le Parti de la justice et du développement (AKP), parti majoritaire qui a présenté ce texte au Parlement, a défendu son projet comme nécessaire pour éviter un « ralentissement » dans la lutte contre les « groupes terroristes » après la levée de l’état d’urgence.
Mais ses détracteurs accusent le gouvernement de vouloir pérenniser l’état d’urgence avec cette loi qui renforce considérablement les pouvoirs des autorités.

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Le texte contient plusieurs mesures qui semblent en effet inspirées de l’état d’urgence, comme la possibilité pour les autorités de continuer de limoger les fonctionnaires liés à des « groupes terroristes » pendant encore trois ans.
En outre, les administrateurs publics nommés pendant l’état d’urgence à la tête d’entreprises soupçonnées de liens avec une « organisation terroriste » pourront rester en place pendant encore trois ans.
Encadrement du droit de manifester
Autres mesures : les manifestations et les rassemblements seront, sauf autorisation spéciale, interdits après le coucher du soleil. Les autorités locales pourront restreindre l’accès à certaines zones et la garde à vue pourra dans certains cas durer jusqu’à douze jours.
L’adoption de cette loi survient une semaine après la levée de l’état d’urgence qui avait été instauré quelques jours après la tentative de coup d’Etat du 15 au 16 juillet 2016.
Ankara impute la tentative de putsch au prédicateur Fethullah Gülen, qui réside depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis et dément toute implication.
Dans le cadre de cet état d’urgence, les autorités turques ont mené pendant deux ans une traque implacable des putschistes et de leurs sympathisants présumés, mais ont aussi visé des opposants prokurdes accusés de « terrorisme », des médias critiques et des associations.
Depuis le coup de force, près de 80 000 personnes soupçonnées de liens avec le putsch ou avec le « terrorisme » ont été incarcérées, et plus de 150 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus.
Peu avant le vote des députés mercredi, le ministère de l’intérieur avait levé la révocation des passeports de plus de 155 000 personnes qui avaient été privées de leur document de voyage sous l’état d’urgence au motif qu’elles étaient mariées à un « suspect ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’association Art Photo Travel a sélectionné et récompensé en juillet les meilleures photos prises depuis des drones, une méthode qui s’est démocratisée depuis peu.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
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Canicule : coup de chaud sur l’Ile-de-France, dix-huit départements en vigilance orange

Conséquences de la vague de chaleur : un pic de pollution à l’ozone ; des restrictions de la circulation dans la région ; et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 17h56
   





                        



Ventilateurs et brumisateurs sont à nouveau de sortie. L’Ile-de-France va connaître un coup de chaud jusqu’à vendredi, avec pour conséquence un pic de pollution à l’ozone, des restrictions de la circulation dans la région et l’ouverture de salles où se rafraîchir à Paris.
Mercredi 25 juillet, Météo-France a placé dix-huit départements en vigilance orange jusqu’à au moins jeudi après-midi : Paris, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise, le Nord, le Somme, le Pas-de-Calais, l’Aisne, la Marne, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, le Rhône, l’Ardèche, la Drôme. « Il s’agit d’un phénomène non remarquable mais nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées », souligne Météo-France.

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Les véhicules les plus polluants sont interdits mercredi à Paris et en proche banlieue. Cette mesure concerne les véhicules non classés (pour la plupart dont l’immatriculation est antérieure à 1997) et les véhicules de classe 4 et 5, selon la classification des vignettes Crit’Air, obligatoires à Paris.
Un forfait antipollution de 3,80 euros pour la journée permettra d’emprunter les transports en commun franciliens mercredi et jeudi. La région Ile-de-France prendra aussi en charge les coûts pour le covoiturage sur les trajets de courte distance.
« Mercredi après-midi, les températures resteront orientées à la hausse avec 34 à 37 °C attendus », selon le bulletin de Météo-France, qui prévoit que « les nuits seront elles aussi de plus en plus chaudes ». Les températures devraient connaître une « baisse sensible » durant le week-end, avant de repartir à la hausse la semaine prochaine.
Episode de pollution à l’ozone
Les effets de ces fortes chaleurs se font déjà sentir en Ile-de-France, avec un épisode de pollution à l’ozone. Ce gaz corrosif, qui favorise l’asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires, se forme sous l’action d’un fort ensoleillement et de températures élevées par la combinaison de deux polluants : les composés organiques volatils, émis par des sources naturelles mais également par l’industrie, et les oxydes d’azote (NO2), principalement émis par le trafic routier.
L’organisme de surveillance de la qualité de l’air Airparif prévoit mercredi, pour la troisième journée d’affilée, un dépassement du seuil d’information de 180 g/m3. « On ne voit pas d’amélioration jeudi », faute de vent, prévient Patrick Garnoussi, prévisionniste à Airparif.
Des îlots de fraîcheur
Pour lutter contre la pollution, la circulation en Ile-de-France a été réduite mardi de 20 km/h, et les poids lourds de plus de 3,5 tonnes devront contourner l’agglomération parisienne. La préfecture a aussi demandé de réduire le fonctionnement des installations fixes des industries dont les émissions de composés organiques volatils contribuent à l’épisode.
Le préfet de Paris a déclenché le niveau 3 du plan de gestion de la canicule à Paris, qui correspond à une « alerte canicule ». Un numéro de téléphone (39 75) a été activé pour les personnes les plus fragiles.
Des salles où se rafraîchir sont ouvertes entre 14 heures et 18 heures, dans des mairies d’arrondissement ou des centres d’action sociale de la ville de Paris. L’application Extrema Paris, disponible sur smartphone, permet de repérer des îlots de fraîcheur, comme les parcs, les églises ou les lieux équipés de brumisateurs, ouverts le jour ou la nuit. D’autres salles sont ouvertes, par exemple dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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Par ailleurs, le distributeur Veolia Eau d’Ile-de-France refait campagne pour lutter contre l’ouverture intempestive de bouches à incendie en région parisienne, un phénomène apparu en 2015 qui complique le travail des pompiers et entraîne d’importantes pertes d’eau.

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Le thermomètre va aussi grimper ailleurs, notamment dans le Nord, où la température dépassait déjà les 20 °C mercredi à 5 h 45. A Lille, la mairie doit installer jeudi des brumisateurs sur deux places principales et deux parcs resteront ouverts dès mercredi soir jusqu’à 23 heures.
La préfecture du Nord a par ailleurs placé le département en « vigilance sécheresse » – niveau 1 sur une échelle de 4 – et appelle à éviter « tout gaspillage », sans imposer pour l’heure de restrictions. L’usage de l’eau est en revanche restreint dans des départements de l’Ouest en raison de la sécheresse, particulièrement en Vendée.
Pour les autres départements en vigilance jaune canicule (la moitié est de la France), « le pic de chaleur est attendu également pour vendredi », selon Météo France.
« Un moment de solidarité collective »
La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a rappelé mercredi sur RTL qu’« énormément de procédures » avaient été mises en place depuis une quinzaine d’années, et l’été meurtrier de 2003, pour faire face à ces épisodes caniculaires.
« Aujourd’hui nous établissons chaque semaine un décompte des personnels dans les services d’urgence. Nous adaptons évidemment les effectifs aux besoins, a déclaré la ministre, qui doit se rendre mercredi au SAMU de Paris. C’est aussi un moment de solidarité collective, c’est aussi le moment d’aller voir ses voisins. C’est le moment de faire attention à chacun d’entre nous et aux plus vulnérables. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.
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Guerre commerciale : Trump accueille le « brutal » Juncker

Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 06h41
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Trump s’apprête à recevoir, mercredi 25 juillet, un homme qu’il a qualifié de « tueur brutal ». Le reproche fait sourire, s’agissant du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président d’une Commission européenne finissante dans une Europe déglinguée par le Brexit et les populismes. Lors du G7 au Québec, début juin, M. Trump avait pourtant commencé sa diatribe par ce reproche. « Brutal » parce que le président de la Commission dispose des compétences juridiques exclusives en matière commerciale et que c’est vers lui que renvoient Angela Merkel et Emmanuel Macron lorsqu’ils veulent obtenir des concessions dans ce domaine.
Le président des Etats-Unis préférerait négocier des accords d’« homme à homme » avec les dirigeants des nations européennes pour mieux les affaiblir, mais les Européens lui opposent la règle et le droit qu’ils se sont imposés. Cette pratique exaspère M. Trump, qui a déclaré début juillet que « l’Union européenne est une ennemie, avec ce qu’ils nous font dans le domaine du commerce », accusant de surcroît ces pays qui sont membres de l’OTAN « de ne pas payer leurs factures ».
C’est donc Jean-Claude Juncker, 63 ans, qui sera reçu à la Maison Blanche mercredi pour tenter d’échapper à une taxation des importations automobiles de 20 à 25 % au nom de la sécurité nationale. Le processus fait l’objet en parallèle de contestations sur le sol américain et d’auditions à Washington. Le secrétaire au commerce Wilbur Ross a démenti que les jeux soient faits. En réalité, chacun estime que M. Trump imposera des droits avant les élections de mi-mandat en novembre. Donald Trump a encore déploré au G7 qu’il y ait trop de Mercedes et si peu de Chevrolet à New York. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, lui avait fait remarquer que ce choix était peut-être celui des consommateurs.
Une crispation accentuée par l’amende infligée à Google
Il n’empêche, M. Trump estime avoir un dossier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le sénateur républicain a découvert, lundi, l’annonce de sa mort sur Wikipédia, site en tête de la première page du moteur de recherche. Mais n’a pas manqué d’humour sur Twitter.
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Donné pour mort, le sénateur américain Orrin Hatch interpelle Google : « Nous devrions parler »

Le sénateur républicain a découvert, lundi, l’annonce de sa mort sur Wikipédia, site en tête de la première page du moteur de recherche. Mais n’a pas manqué d’humour sur Twitter.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 15h54
    |

                            Nina Jackowski








                        



   


Wikipédia l’a tué, Twitter l’a ressuscité ! Orrin Hatch est certes le plus ancien sénateurs républicains actuellement en poste – il occupe son siège depuis 1977. Pourtant l’encyclopédie participative en ligne Wikipédia a, dimanche 22 juillet, annoncé sa mort le… 11 septembre 2017.
Alerté de cette « fake news », le sénateur de l’Utah, par l’intermédiaire de son équipe de communication, s’est chargé de fournir des preuves de sa « survie », interpellant même directement, lundi 23 juillet, Google – dont le site Wikipédia figure en tête de la première page du moteur de recherche – d’un tweet laconique : « Bonjour… Google ? Nous devrions parler », illustré d’une capture d’écran de sa page Wikipédia, signalant sa mort.

Hi.. @Google?

— senorrinhatch (@Senator Hatch Office)


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S’ensuit, le lendemain, une série d’images le mettant en scène dans sa vie quotidienne, « toujours bien vivant », comme le rappelle la légende. On l’aperçoit successivement sur des photographies et vidéos lors de ses déplacements officiels, plongé dans son travail, et même en pleine lecture du journal.
Mais le doute persiste, remarque le Washington Post, lorsqu’il s’aperçoit, mardi, que le journal censé fournir la preuve de vie date de juin 2017, soit trois mois avant sa mort supposée. Après « enquête approfondie », le Washington Post révèle que la photo date bien du 24 juillet, et que cet ancien numéro a été utilisé en raison de sa « une », illustrant un projet de loi récemment adopté au Sénat.

Here is Senator Hatch reading a newspaper earlier. https://t.co/mRWyhfxece— senorrinhatch (@Senator Hatch Office)


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Dans cette stratégie de communication astucieuse et pleine d’humour, son équipe va jusqu’à partager les photos de la fête d’anniversaire du sénateur de l’Utah, en mars, célébrant ses 84 ans « toujours vivant », où le bacon apparaît comme invité d’honneur (voir le tweet ci-dessous). Sans oublier de rappeler que « durant la brève période où Internet a déclaré M. Hatch décédé, il a fait avancer trois projets de loi. Même mort, M. Hatch reste l’un des législateurs les plus prolifiques du Sénat ».

The Senator’s 84th birthday in March. 

— senorrinhatch (@Senator Hatch Office)


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L’équipe de communication tient également à faire appel à des preuves tangibles. Elle partage donc des interviews récentes, photo à l’appui montrant le sénateur se préparer pour l’une d’elles, « sain et sauf », souligne la légende.
Avant de fournir la preuve ultime, afin de lever tout soupçon : un cliché d’Orrin Hatch plongé, cette fois-ci, dans le journal du jour et se déclarant « reconnaissant d’être en vie ».

Here is Senator Hatch preparing for an interview just weeks ago. Alive and well.

— senorrinhatch (@Senator Hatch Office)


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Catching up on the news this morning, grateful to be alive. https://t.co/YDrYQowQlN— senorrinhatch (@Senator Hatch Office)


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La réponse de Google n’a pas tardé, s’excusant de la diffusion de cette erreur sur Wikipédia, mardi 24 juillet dans la matinée, tout en soulignant le trait d’esprit dont a fait preuve le sénateur, deuxième personne la plus importante du Sénat après le vice-président des Etats-Unis, depuis que lui a été conféré le titre honorifique de président pro tempore du Sénat en janvier 2015 : « Vous êtes très certainement vivant et doté d’un grand sens de l’humour. » 
Cette série de tweets marquera sans doute son septième et dernier mandat, M. Hatch ayant annoncé qu’il ne sera pas candidat lors des élections sénatoriales de novembre.

@senorrinhatch @Google You certainly are alive and sporting a great sense of humor. We apologize for the error. We'll have it fixed shortly.— Google_Comms (@Google Communications)


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        Lire notre article sur son aspirant successeur :
         

          Mitt Romney, ex-candidat à la Maison Blanche, dans la course pour le Sénat américain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Editorial. En définissant l’Etat comme « foyer national du peuple juif » et en dégradant le statut de la langue arabe, la Loi nationale adoptée par la Knesset le 19 juillet renforce une vision ethnicisante de la société.
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Israël et les risques d’une loi identitaire

Editorial. En définissant l’Etat comme « foyer national du peuple juif » et en dégradant le statut de la langue arabe, la Loi nationale adoptée par la Knesset le 19 juillet renforce une vision ethnicisante de la société.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 10h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La promesse originelle du projet sioniste, à l’aube d’Israël, était égalitaire. La Déclaration d’indépendance de 1948, texte de référence après les Lois fondamentales, dit que l’Etat « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants » et « sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix ». En outre, « il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ». 
Cette distinction entre citoyens se trouve pourtant au cœur de la Loi fondamentale adoptée par la Knesset le 19 juillet, qui définit l’Etat comme « foyer national du peuple juif ». Israël, Etat juif : une évidence historique depuis soixante-dix ans. Mais le message véhiculé par cette loi, voulue par Benyamin Nétanyahou, est excluant, même si sa traduction future demeure obscure. Il s’adresse à la minorité arabe (20 % de la population), pour lui signifier que ses membres seront à jamais des citoyens de seconde catégorie. Il porte atteinte à cette formule qu’aiment citer les responsables de l’Etat hébreu, comme un slogan dont on ne se lasse jamais sans tout à fait saisir les devoirs qu’il impose : « Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient. »
Cette loi se veut un marqueur identitaire. Elle rappelle des choses acquises, comme les attributs de souveraineté : l’hymne, le drapeau, les fêtes nationales. Mais elle dégrade aussi le statut de la langue arabe, considérée jusqu’à présent comme langue d’Etat au même titre que l’hébreu. On lui promet un vague « statut spécial ». Cette seule humiliation symbolique est une gifle donnée aux Arabes israéliens.
Ennemis de l’intérieur
De même, la loi stipule que l’Etat devra promouvoir « le développement des communautés juives », considérées comme « valeur nationale ». Dans sa version initiale, le texte permettait à une communauté homogène – comprendre juive – de ne pas accepter en son sein une personne extérieure. Malgré la modification de la formulation, l’article donne une valeur constitutionnelle à l’établissement de municipalités peuplées de Juifs. Une forme de séparation urbaine de facto est ainsi validée. Pourtant, les colons juifs achetant des maisons dans des quartiers arabes de Jérusalem-Est revendiquent, eux, le droit de vivre partout.
Cette Loi fondamentale crée un cadre dont l’interprétation par les tribunaux va être un enjeu majeur dans les années à venir. Que dira la Cour suprême, gardienne de l’Etat de droit, lorsqu’elle sera saisie dans des affaires de discrimination contre la minorité arabe ou druze ? Quelle sera sa marge de manœuvre si une entreprise ne souhaite recruter que des Juifs ? Ou si des municipalités refusent catégoriquement l’achat de biens immobiliers par des personnes non juives ?
Comme d’autres droites européennes, la droite israélienne est engagée sur une pente identitaire qui nécessite de désigner des ennemis, de l’intérieur et de l’extérieur. Conduite par M. Nétanyahou, elle s’imagine en avant-poste de la civilisation occidentale, face à la menace islamiste, comme dans le traitement des migrants africains. Lors des dernières élections législatives, en mars 2015, M. Nétanyahou avait électrisé son électorat dans une vidéo. « Le règne de la droite est en danger, disait-il. Les électeurs arabes vont aux bureaux de vote en grand nombre. Les ONG de gauche les amènent en bus. » La Loi fondamentale est le prolongement de cette vision ethnicisante de la société.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A – sans aucune activité et tenus de chercher un emploi – a crû de 4 600 de mars à juin.
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Le nombre de chômeurs a augmenté de 0,1 % au second trimestre 2018

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A – sans aucune activité et tenus de chercher un emploi – a crû de 4 600 de mars à juin.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 12h34
    |

            Sarah Belouezzane








                        


Il est des nouvelles dont un président de la République se passerait bien. La hausse du nombre de demandeurs d’emploi en fait partie. Dans une séquence politique compliquée provoquée par l’affaire Alexandre Benalla, Emmanuel Macron doit, mercredi 25 juillet, faire face à une augmentation du chômage au second trimestre 2018.
Selon la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Darés, le service de statistiques du ministère du travail), le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A — sans aucune activité et tenus de chercher un emploi —, la plus significative, selon les économistes, a crû de 4 600 de mars à juin. Soit une hausse de 0,1 %.

        Lire aussi :
         

                Le taux de chômage remonte de 0,2 point au premier trimestre selon les chiffres de l’Insee



Le nombre de chômeurs sans aucune activité s’établit donc aujourd’hui à 3 440 000 personnes dans l’Hexagone, hors outre-mer, et à 3 702 000, une fois ces territoires intégrés dans le calcul.
+ 7,2 % de chômeurs de longue durée en un an
Considérés sur une période d’un an, les chiffres sont certes meilleurs : le nombre de chômeurs recule en effet de 1,3 % sur douze mois. Mais ils demeurent toutefois préoccupants une fois toutes les catégories prises en compte.
Le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée, au chômage depuis au moins un an, s’est, par exemple, établi à 2 611 000 au second trimestre, en progression de 1,6 %. Sur un an, la hausse est encore plus inquiétante puisqu’elle atteint 7,2 %. L’activité réduite semble croître, elle aussi. Les demandeurs d’emploi des catégories B et C sont, eux aussi, plus nombreux au second trimestre : 2 400 personnes sont venues grossir leurs rangs.

        Lire notre compte-rendu de tchat :
         

          La publication trimestrielle des chiffres du chômage « semble plus pertinente »



A cela il faut ajouter un grand nombre de sorties pour défaut d’actualisation, à son plus haut niveau depuis janvier 2010. Incapables de s’actualiser dans le système de Pôle emploi pour une raison ou pour une autre, des chômeurs sont radiés de ses listes, et ne sont donc plus comptabilisés parmi les demandeurs d’emploi. Qu’ils aient trouvé à s’employer ou non.
Mitigés, ces chiffres entrent en contradiction avec la bonne santé économique du pays. Certes, la France devrait en 2018, selon l’Insee, créer moins d’emplois qu’en 2017 (+ 81 000 au premier semestre de cette année contre 191 000 à la même époque l’année précédente). Mais la croissance, elle, devrait demeurer solide avec une hausse de 1,7 % du PIB. Le gouvernement table même sur 2 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Après avoir muselé l’opposition, le premier ministre, Hun Sen, courtise les exploitées du textile.
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édition abonné


Au Cambodge, les ouvrières convoquées aux urnes

Après avoir muselé l’opposition, le premier ministre, Hun Sen, courtise les exploitées du textile.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h25
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Quatre heures de l’après-midi dans le quartier de Tuol Sangke, en périphérie de Phnom Penh : sous un ciel maussade de mousson, entre deux rafales de pluies, les usines textiles déversent les flots de milliers d’ouvrières qui viennent d’achever leur journée de travail. Ouvrières car, au Cambodge, où le textile représente plus de 70 % des exportations du royaume, les femmes constituent l’écrasante majorité du personnel employé dans ce secteur (850 000 personnes).
A l’approche des élections législatives du dimanche 29 juillet, alors que le gouvernement du premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis trente-trois ans, donne des signes de plus en plus clairs d’autoritarisme, le vote des ouvriers est considéré comme une source non négligeable de légitimité pour un régime qui en a bien besoin. « En 2013, j’avais voté pour l’opposition », explique Nay Yang, 24 ans, qui a commencé sa carrière de couturière de fermetures à glissière pour pantalons à l’âge de 14 ans. Assise dans un modeste café du quartier, où elle se remet de sa peine en buvant une boisson énergisante, elle ajoute en riant, presque gênée, comme si elle s’en excusait : « De nouveau, je ne voterai pas pour le parti de Hun Sen ! »
Elle aura cependant du mal, cette fois-ci, à glisser dans l’urne un bulletin en faveur des adversaires de la formation du premier ministre, le Parti du peuple cambodgien (PPC) : Hun Sen a fait dissoudre, à l’hiver 2017, par une justice à sa botte, le plus grand parti de l’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC). Motif : « Conspiration avec les Etats-Unis et d’autres puissances étrangères » dans le but de fomenter une « révolution ». Fermez le ban : outre le PPC, dix-neuf autres formations ont beau se présenter aux élections, la plupart sont soit considérées comme des groupes affiliés au pouvoir en place, soit n’ont aucune chance de remporter un siège à l’Assemblée nationale.

Le premier ministre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ La perspective de quitter l’UE a dopé les demandes de naturalisation de Britanniques expatriés en France. La démarche reste délicate pour des raisons administratives et culturelles.
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« Depuis le Brexit, mon cœur bat davantage pour la France que pour l’Angleterre »

La perspective de quitter l’UE a dopé les demandes de naturalisation de Britanniques expatriés en France. La démarche reste délicate pour des raisons administratives et culturelles.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 12h10
    |

                            Pablo Menguy








                        



   


« Le jour des résultats du vote, je me suis levée tôt. J’ai regardé les résultats, j’ai pleuré. » Catherine Bennett, 27 ans, vit en France depuis cinq ans. Après l’annonce du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, en juin 2016, cette journaliste de la chaîne télévisée France 24 a pris la décision de demander la nationalité française. La première raison : rester une citoyenne européenne. « J’ai grandi avec la chance de pouvoir circuler librement dans l’Union européenne. Je m’y suis habituée et je ne veux pas revenir en arrière. Je me sens encore plus européenne que française », explique la jeune femme.
Nombreux formulaires
Catherine Bennett est loin d’être la seule dans ce cas. Depuis l’annonce du Brexit, le nombre de dossiers de naturalisation a explosé. Selon le ministère de l’intérieur, 3 173 demandes ont été déposées en 2017. Ils n’étaient que 386 Britanniques à avoir fait la démarche en 2015. Déposer une demande ne garantit cependant pas aux citoyens britanniques d’obtenir la double nationalité : en 2017, seul un dossier sur deux était accepté. Il faut dire que les démarches restent longues et complexes. Les candidats doivent remplir de nombreux formulaires, traduire eux-mêmes en français les certificats anglais, passer un test linguistique, ou encore effectuer un entretien en face-à-face avec un fonctionnaire.
Nicky Gentil, 54 ans, vit à Paris depuis 1988. Cette auteure, également musicienne, qui a écrit un premier livre en français et s’apprête à en publier un deuxième, va être interrogée en même temps que son époux, chacun dans une pièce différente. « Mon mari est français, ils veulent s’assurer que ce n’est pas un mariage blanc », explique-t-elle.
Si un titre de séjour européen lui était jusqu’alors suffisant, Nicky Gentil a pris la décision, l’année dernière, de demander la nationalité française. Sa carte de séjour ne sera en effet plus valable en mars 2019, date effective de sortie du Royaume-Uni de l’UE. « Dans un premier temps, juste après le vote, je n’ai rien fait car je pensais qu’ils allaient se rendre compte de leur bêtise et revenir en arrière. Mais pas du tout. »

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                Royaume-Uni : Theresa May dirigera désormais les négociations sur le Brexit



Pour Nicky Gentil, le sentiment de ne pas être aidée par les institutions officielles est prégnant : « J’ai l’impression d’être abandonnée par les autorités françaises et anglaises. Ils ne nous aident pas pour les procédures. Tout le monde s’en fout. »
Pour beaucoup, la meilleure solution reste l’entraide, notamment via les réseaux sociaux. Sur des groupes Facebook spécialisés, les internautes échangent et se conseillent. « Grâce aux retours que j’ai eus sur Facebook, je me suis constitué une liste de dix-sept pages de questions que l’on pourrait me poser à l’entretien », explique Catherine Bennett.
Ce sont davantage les lenteurs de la bureaucratie française qui exaspèrent Amy O’Brien, originaire du nord de l’Angleterre : « Au Canada ou aux Etats-Unis, on peut tout faire en ligne, c’est beaucoup plus simple ! L’administration française est en retard de ce côté-là. » 
Identité questionnée
Au-delà des soucis de procédures, se pose surtout la question de l’identité pour ces expatriés, désormais en décalage avec la majorité de leurs compatriotes depuis le référendum sur le Brexit voici deux ans. Doit-on rester anglais uniquement « dans le cœur » ? « Je me suis beaucoup disputée avec des membres de ma famille qui ont voté pour le Brexit. Mais ma mère, elle, a vite compris mon choix quand je lui ai dit que je voulais obtenir la nationalité française », confie Amy O’Brien.
Pour cette informaticienne de 29 ans, la montée du courant conservateur depuis le vote du Brexit a fait office de déclic. « Les xénophobes et la droite dure se cachent moins pour dire ce qu’ils pensent. Ils sont décomplexés », maugrée-t-elle. « J’adore la France, je me sens bien ici et je compte y rester encore longtemps. Même si le chocolat anglais et l’ambiance des pubs me manquent », ajoute-t-elle en souriant.
« Quand je vais en Angleterre et que je reviens en France, dans l’avion en apercevant l’aéroport Charles-de-Gaulle, je me sens “at home”. C’est un bon indicateur pour savoir si je me sens plus anglaise ou plus française, analyse Nicky Gentil. Lorsque je suis en Angleterre, je me sens française, quand je suis à Paris, je me sens davantage british. Mon humour noir anglais ressort, je ne peux pas nier mes racines. »

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                Brexit : l’Union européenne se prépare au scénario du pire



A Catherine Bennett, c’est la « politesse anglaise » qui manque le plus. Mais pas question pour elle de faire machine arrière. Sa vie est en France, maintenant. « Je n’ai plus confiance dans mon pays natal qui a pris une décision aussi ridicule. Je ne veux plus en faire partie. Je n’ai jamais été très patriote mais alors là… Ça me rend folle », s’exaspère la journaliste.
Tous les ponts ne sont cependant pas coupés. Si la finale du Mondial de football avait opposé la France à l’Angleterre, Catherine Bennett aurait supporté… l’Angleterre. Et de se justifier : « Notre pays implose. Par conséquent, cela aurait été bien de gagner la Coupe du monde. Au moins ça ! On a besoin de bonnes nouvelles. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Contraint de refaire une partie des soudures du réacteur nucléaire de l’EPR, EDF a annoncé que le démarrage de la centrale était à nouveau décalé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤                     
                                                

L’EPR de Flamanville retardé d’un an, pour un coût augmenté de 400 millions d’euros

Contraint de refaire une partie des soudures du réacteur nucléaire de l’EPR, EDF a annoncé que le démarrage de la centrale était à nouveau décalé.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h53
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 10h33
    |

                            Nabil Wakim








                        


Le cauchemar n’en finit pas pour l’EPR de Flamanville. Le projet devait être le fleuron de la renaissance du nucléaire français, il ne cesse de prendre du retard et de coûter toujours plus cher.
Mercredi 25 juillet, EDF a annoncé que les problèmes de soudures rencontrés sur le chantier de la Manche auraient pour conséquence près d’un an de retard et un dépassement de près de 400 millions d’euros. Le démarrage du réacteur ne pourrait avoir lieu avant la toute fin 2019, voire le premier trimestre 2020. Et le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros, a fait savoir le groupe dans un communiqué.
Le chantier, commencé en 2007, devait coûter 3 milliards d’euros et la centrale démarrer en 2012. Ce nouveau report a pour origine des défauts repérés sur des soudures d’une partie clé du réacteur ; ces « écarts de qualité » concernent les soudures sur les tuyauteries du circuit secondaire principal, qui conduit la vapeur des quatre générateurs à la turbine. Les soudures incriminées ne respectent pas les normes de qualité supérieure de la réglementation applicable aux équipements sous pression nucléaire qu’EDF s’est lui-même imposées.
« Sur les 148 soudures contrôlées, 33 présentent des écarts de qualité et vont faire l’objet d’une réparation », explique aujourd’hui le groupe.
« Alerte sérieuse »
En sus, vingt autres soudures devront également être reprises, puisqu’elles sont non conformes aux engagements qu’EDF avait pris auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Dix autres soudures sont toujours en cours d’instruction auprès de l’ASN, même si EDF espère ne pas avoir à les modifier.
En tout état de cause, seule l’ASN est habilitée à autoriser le début des opérations et elle n’est pas tenue au calendrier d’EDF. Après la découverte de ces défauts en avril, le président de l’autorité, Pierre-Franck Chevet, avait qualifié ces anomalies de « sérieuses », en soulignant « un défaut de surveillance » de la part d’EDF et de Framatome (ex-Areva) sur ses sous-traitants.
« Il s’agit d’une alerte sérieuse, qui met en cause à la fois la qualité de réalisation des équipements soudés, le contrôle de leur fabrication et la surveillance exercée par EDF de façon beaucoup trop tardive », jugeait lui aussi en mai Thierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.
Le Réseau Sortir du nucléaire et Greenpeace avaient déposé, fin juillet, une plainte visant EDF auprès du tribunal de grande instance de Cherbourg. Les associations antinucléaires estiment que l’électricien et ses sous-traitants ont sous-estimé les problèmes à Flamanville et ont sciemment laissé fabriquer et installer sur l’EPR des tuyauteries dont les soudures ne correspondaient pas aux exigences de sûreté.
Mauvaise nouvelle pour la filière nucléaire française
Ce décalage dans le temps à une conséquence directe : il repousse d’autant la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). L’accord trouvé au moment de la loi de transition énergétique en 2015 imposait une sorte de donnant-donnant pour EDF : lorsque Flamanville démarre, Fessenheim peut fermer. Le secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a confirmé mercredi matin que le retard d’un an de l’EPR décalait l’arrêt de la centrale de Fessenheim.
« La fermeture de Fessenheim est irréversible et le processus d’accompagnement des personnes et du territoire a commencé. La date de fermeture effective, quant à elle, est liée au démarrage de l’EPR de Flamanville », a affirmé M. Lecornu sur Twitter.
Une lecture de la situation que ne partagent pas les écologistes, qui accusent le gouvernement de faire le jeu d’EDF. « A ce train-là, Fessenheim ne fermera pas dans le quinquennat de Macron ! », a réagi le Réseau Sortir du nucléaire sur Twitter.
Ces nouvelles difficultés, auxquelles le groupe et le gouvernement s’attendaient depuis plusieurs mois déjà, sont une très mauvaise nouvelle pour le groupe EDF et la filière nucléaire française. L’EPR, qui ne cesse d’accumuler des déboires, était présenté comme une vitrine du savoir-faire français en matière nucléaire, notamment à l’international.
« On ne tient jamais nos promesses »
Mais le seul EPR à avoir été connecté au réseau est celui de Taïshan, en Chine – après six ans de retard. Celui d’Olkiluoto, en Finlande, devrait démarrer en 2019, mais il a lui aussi connu des difficultés rocambolesques. Deux autres réacteurs sont en construction par EDF à Hinkley Point (sud-ouest de l’Angleterre).

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Cette annonce intervient alors qu’EDF est sous pression du ministre de la transition écologique et solidaire. Nicolas Hulot s’est lancé fin juin dans un réquisitoire très dur contre l’industrie nucléaire, estimant qu’elle avait entraîné EDF dans une « dérive ». « On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses », avait-il estimé sur Franceinfo.

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Une situation d’autant plus tendue que la France discute actuellement de sa feuille de route énergétique pour les cinq prochaines années, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Or l’un des débats clés de cette PPE est précisément de savoir quelle place le nucléaire doit occuper à l’avenir dans le mix électrique français.
Dans le cadre de ce débat, EDF, avec le soutien de plusieurs acteurs de la filière nucléaire française, a demandé au gouvernement de se positionner clairement en faveur de la construction d’un deuxième EPR pour le parc français. Ces nouveaux déboires ne vont pas plaider en sa faveur.

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L’emblématique patron de Fiat Sergio Marchionne est mort à 66 ans

Le groupe FCA a annoncé, mercredi, la mort de l’ancien administrateur délégué du groupe Fiat et président de Ferrari. Hospitalisé depuis une opération à l’épaule à la fin de juin, il avait souffert de complications.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 15h48
   





                        



   


L’Italo-Canadien Sergio Marchionne, qui a été le patron du grand groupe automobile Fiat Chrysler (FCA) pendant quatorze ans, est mort mercredi 25 juillet. Il y a quelques jours encore, il était l’administrateur délégué du groupe automobile italien Fiat et le président de Ferrari.
M. Marchionne, 66 ans, était hospitalisé à Zurich, en Suisse, depuis une opération à la fin de juin, officiellement à une épaule. Mais il a souffert de « complications inattendues » la semaine dernière et FCA avait annoncé samedi qu’il ne reviendrait pas à la tête du plus important employeur privé d’Italie.

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« Humanité, responsabilité et ouverture morale »
« Malheureusement, ce que nous craignions est arrivé. Sergio Marchionne, l’homme et l’ami, est parti. Je pense que le meilleur moyen d’honorer sa mémoire est de construire sur l’héritage qu’il nous a laissé, cultiver les valeurs d’humanité, de responsabilité et d’ouverture morale dont il a toujours été le promoteur le plus convaincu », a déclaré le patron de la holding Exor, John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, la figure historique de Fiat.
« Ma famille et moi-même serons toujours reconnaissants de ce qu’il a fait, et nos pensées vont à Manuela [sa compagne] et à ses fils, Alessio et Tyler. Je renouvelle ma demande de respecter la vie privée de la famille de Sergio », a-t-il ajouté.
Le groupe FCA avait annoncé le 21 juillet que M. Marchionne serait « dans l’incapacité de reprendre ses activités professionnelles ». Plusieurs sources hospitalières décrivaient son état de santé comme « irréversible », sans plus de précisions.
Mike Manley, jusqu’ici PDG de Jeep, a été nommé à la tête du groupe Fiat-Chrysler, tandis que la présidence de Ferrari a été confiée à John Elkann.
Redressement de Fiat depuis 2004
Les députés italiens ont observé mercredi une minute de silence à sa mémoire, qui s’est terminée par des applaudissements. « Merci pour le travail, la fatigue, les résultats. C’est l’orgueil italien porté dans le monde », a écrit sur Twitter l’ancien président du conseil italien, Paolo Gentiloni. « Que la terre lui soit légère », a commenté son prédécesseur, Matteo Renzi.
« L’annonce de sa disparition nous peine et laisse un vide en tous ceux qui ont connu et apprécié ses qualités humaines, intellectuelles et professionnelles », a salué le président italien, Sergio Mattarella. « Marchionne a écrit une page importante de l’histoire de l’industrie italienne (…), en montrant au monde la capacité et la créativité de la réalité manufacturière de notre pays. » 
Le manageur italo-canadien aux éternels pulls ou polos noirs, qui avait pris les commandes de Fiat en 2004, prévoyait initialement de passer les rênes de FCA dans le courant de l’année 2019. En quatorze ans, il a profondément remodelé le groupe, d’abord en redressant Fiat, en l’alliant en 2014 à l’américain Chrysler, tout en détachant d’une part les activités gros engins-camions en 2011 pour créer CHN Industrial et d’autre part le joyau Ferrari en janvier 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Une jeune militante suédoise a refusé de s’asseoir dans l’avion et a empêché le décollage pour protester contre le renvoi d’un demandeur d’asile en Afghanistan, lundi 23 juillet.
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