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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Delon en six films cultes (3/6)Dans ce long métrage méconnu d’Alain Cavalier, l’acteur porte la violence du conflit colonial. Un rôle qui renvoie de façon troublante à sa biographie.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Delon en six films-cultes (2/6). Le cinéaste italien voit dans l’acteur, qui le subjugue, un talent, dont il veut faire sa créature. Dans « Rocco et ses frères », puis en  1961 dans « Le Guépard », qui lui vaut une reconnaissance internationale.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ D’anciens tweets de James Gunn, contenant notamment des plaisanteries sur la pédophilie, ont été exhumés par des figures de l’extrême droite américaine.
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L’éviction par Disney du réalisateur des « Gardiens de la galaxie » fait polémique

D’anciens tweets de James Gunn, contenant notamment des plaisanteries sur la pédophilie, ont été exhumés par des figures de l’extrême droite américaine.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 06h38
   





                        



   


« Si vous faites ça à James Gunn, vous devez le faire à tous les autres réalisateurs qui ont fait des blagues de merde à un moment donné dans leur vie, c’est-à-dire tous. » Dans une pétition publiée en ligne, plus de 170 000 internautes exhortent Disney à revenir sur sa décision de se séparer de James Gunn, le réalisateur des deux premiers films Les Gardiens de la galaxie.
Le géant du divertissement a fait cette annonce vendredi 20 juillet après que d’anciens tweets « offensants » ont refait surface. « Ils sont indéfendables et incompatibles avec les valeurs de nos studios », a déclaré le directeur des studios Disney, Alan Horn, au Hollywood Reporter. Résultat : le réalisateur ne travaillera plus sur le troisième volet des Gardiens de la galaxie, dont le tournage était prévu à l’automne.
Dénoncé par des figures de l’extrême droite
Les tweets en question – plus d’une quinzaine – datent pour les plus vieux de près d’une décennie. Ils contiennent notamment des plaisanteries sur la pédophilie ou le viol, exhumées jeudi par des voix d’extrême droite américaines. Au premier rang desquelles Mike Cernovich, figure influente de l’« alt-right », soutien de Donald Trump et connu pour propager des théories du complot. Il fut notamment l’un des principaux relais du « pizzagate », une théorie conspirationniste selon laquelle Hillary Clinton et son directeur de campagne, John Podesta, étaient à la tête d’un réseau pédophile au cœur duquel se trouvait une pizzeria de Washington.

#WalkAway https://t.co/cI8BdWxedu— JackPosobiec (@Jack Posobiec🇺🇸)


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Mike Cernovich estime que les tweets de James Gunn font de lui un pédophile. « James Gunn n’a pas fait quelques blagues », écrit-il sur le réseau social :
« Il discutait ouvertement de pédophilie. Il représente tout ce qui ne va pas à Hollywood. J’adore les blagues de mauvais goût et l’humour noir. Ce n’est pas ce qu’il a fait. Aucune pédophilie ne doit être acceptée ! » 
Mike Cernovich, s’interroge aussi sur les enfants qui ont tourné dans ses films : « Ont-ils été maltraités ? ». Il a également écrit que cette affaire était « la preuve [de l’existence] d’un réseau pédophile opérant à Hollywood ». Et incité ses 427 000 abonnés à contacter Disney pour protester – avec succès, l’entreprise américaine ne voulant pas voir son nom associé au mot « pédophilie ».
Ce n’est pas la première fois que James Gunn est épinglé pour ses propos. En 2012, il avait présenté ses excuses après un billet de blog dans lequel il listait « les 50 superhéros avec lesquels vous voulez faire l’amour ». L’association LGBTQ américaine Glaad (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation) avait dénoncé un texte homophobe et sexiste, dans lequel il écrivait, notamment, qu’il espérait que le personnage de Tony Stark pourrait « changer » Batwoman, superhéroïne lesbienne.
« Je suis très différent de ce que j’étais »
« La plupart des gens qui ont suivi ma carrière savent que lorsque j’ai commencé je me voyais comme un provocateur, en faisant des films et des blagues outranciers et tabous », a écrit James Gunn vendredi, après son éviction par Disney, dans une série de tweets.
« Mais je suis très, très différent de ce que j’étais il y a quelques années. Aujourd’hui j’essaie d’ancrer mon travail dans l’amour et le lien, moins dans la colère. Les jours où je disais quelque chose juste pour choquer et faire réagir sont derrière moi. Par le passé, je me suis déjà excusé pour mon humour, qui avait heurté des gens. J’étais sincèrement désolé et j’ai toujours pensé chaque mot de ces excuses. »
Plusieurs personnalités d’Hollywood ont élevé la voix pour critiquer son licenciement
Dans un communiqué transmis à la chaîne américaine ABC, James Gunn a aussi écrit qu’il « comprenait et acceptait » la décision de Disney. Ce n’est toutefois pas le cas de plusieurs personnalités d’Hollywood, qui ont élevé la voix ces derniers jours pour critiquer son licenciement. A commencer par plusieurs acteurs des Gardiens de la galaxie, comme Dave Bautista ou encore Patton Oswalt, qui s’en est pris à Mike Cernovich en pointant un de ses anciens tweets : « Les gars, est-ce que vous avez déjà essayé de “violer” une fille sans utiliser la force ? Essayez. C’est clairement impossible. Le “date rape” n’existe pas », écrivait en 2012 Mike Cernovich à propos des viols dans le cadre d’un rendez-vous amoureux.
Justin Roiland, le créateur de la série animée Rick et Morty, a également fait part de son effarement, et l’actrice Selma Blair, amie du réalisateur, a diffusé la pétition. « Si les gens sont punis alors qu’ils ont changé, quel est le message envoyé sur le repentir et l’évolution ? », a tweeté la comédienne.
Ce type d’argument agace Mike Cernovich, qui juge qu’un conservateur n’aurait pas bénéficié de tels soutiens. « Aujourd’hui, les “vieux tweets” sont “des blagues” et donc ne comptent pas. Jusqu’à ce que l’on retrouve une mauvaise blague d’un conservateur », écrit-il. James Gunn, lui, est connu pour ses positions anti-Trump.
Le sénateur républicain Ted Cruz s’en est lui aussi mêlé. « Les tweets de James Gunn sont tout simplement horribles », a-t-il écrit sur le réseau social. « Le viol d’enfants n’est pas un sujet de plaisanterie. En tant que solliciteur général [représentant légal] du Texas, j’ai eu affaire à de trop nombreux cas d’agressions sexuelles sur des enfants. L’horreur. Je suis heureux que Disney l’ait licencié, mais si ces tweets sont vrais, alors il doit être poursuivi. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ La festival californien s’est achevé dimanche. L’occasion de faire le point sur les annonces et les (nombreuses) bandes-annonces présentées.
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« Star Wars » ou « Doctor Who »… Ce qu’il faut retenir du Comic-Con de San Diego

La festival californien s’est achevé dimanche. L’occasion de faire le point sur les annonces et les (nombreuses) bandes-annonces présentées.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 16h58
    |

                            Bastien Lion








                        


Le San Diego Comic-Con (SDCC), grand-messe de la pop culture américaine, s’est achevé dimanche 22 juillet après quatre jours de Salon. Comme chaque année, les studios en ont profité pour enchaîner les annonces et les images inédites de leurs futures productions. Voilà ce qu’il fallait en retenir.
« Star Wars : the Clone Wars » aura bien une conclusion

Voilà un retour qui a surpris tout le monde. Absent physiquement du Comic-Con, Disney a tout de même marqué le week-end en dévoilant la bande-annonce d’une nouvelle saison de la série animée Star Wars : the Clone Wars. Salué pour sa qualité d’écriture et souvent qualifié de supérieur à la prélogie de George Lucas, le show s’était pourtant brusquement arrêté en 2013 pour faire de la place à Rebels. Cette nouvelle saison devrait répondre à de nombreuses questions laissées en suspens.
« Aquaman », « Titans »… quand Marvel n’est pas là, DC danse
Mises à part quelques annonces de comics et des nouvelles images du jeu vidéo Spider-Man qui sortira sur PS4 en septembre, Marvel est resté très discret cette année. Une bonne occasion pour DC d’occuper tout l’espace avec une multitude de projets mis en avant. Très attendues, les bandes-annonces d’Aquaman et de Shazam ont enfin été dévoilées. L’univers filmique de DC s’est d’ailleurs trouvé un nouveau nom, « Worlds of DC », qui intègre à la fois la saga débutée avec Man of steel et les films non liés à cet univers, comme celui sur le Joker avec Joaquin Phoenix, prévu pour octobre 2019.

Mais les révélations ne s’arrêtent pas là pour la maison de Batman. Côté petit écran, les fans ont pu découvrir les bandes-annonces des nouvelles saisons de The Flash et Arrow. Mais c’est surtout celle de la série Titans qui a fait parler d’elle. Très éloignée du dessin animé Teen Titans, cette série au ton très sombre est prévue pour la fin de 2018 sur la plate-forme DC Universe. Le « Fuck Batman » lancé par un Robin plus énervé que jamais a donné le ton.

Enfin, l’annonce de l’arrivée de Nicole Maines dans la quatrième saison de la série Supergirl, prévue pour octobre sur CW, a elle aussi fait du bruit. C’est en effet la première fois qu’une actrice transgenre incarne une super-héroïne à l’écran.
Doctor Who : « Vous voulez bien être mes nouveaux meilleurs amis ? »

First look at brand new #DoctorWho https://t.co/UFAHhZEWAx— bbcdoctorwho (@Doctor Who Official)


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Annoncée depuis plus d’un an, la nouvelle saison de la série Doctor Who s’est offert une première bande-annonce prometteuse. Outre l’apparition d’un docteur campé pour la première fois par une femme, Jodie Whittaker, on peut apercevoir le nouveau design du fameux sonic screwdriver (« tournevis sonique », en français), ainsi que les trois nouveaux compagnons. C’est à eux mais aussi aux spectateurs que le (la ?) nouveau docteur s’adresse en demandant : « Vous voulez bien être mes nouveaux meilleurs amis ? »
« Les Animaux fantastiques » : retour à Poudlard pour Norbert Dragonneau

La suite des Animaux fantastiques, la deuxième saga lancée par J. K. Rowling au cinéma, est programmée pour novembre 2018. La SDCC était l’occasion de servir aux fans une nouvelle bande-annonce des aventures de Newt Scamander (Norbert Dragonneau, en français). On y retrouve le personnage joué par Eddie Redmayne accompagné de ses acolytes du premier film, ainsi que l’antagoniste Gellert Grindelwald, campé par Johnny Depp. Mais l’attraction principale de ce deuxième volet sera bien sûr la présence de Jude Law en Albus Dumbledore, notamment dans des flash-back montrant le directeur de Poudlard dans ses activités de professeur, avec un jeune Norbert parmi les étudiants. Une relation mentor-élève qui devrait réveiller des souvenirs chez les Potterheads, les « fans d’Harry Potter ».
« The Walking Dead » : adieu Rick Grimes
L’information avait plus ou moins fuité depuis plusieurs semaines déjà, mais c’est désormais officiel : Andrew Lincoln quittera The Walking Dead durant la prochaine saison. Reste à savoir ce qu’il adviendra de son personnage, le shérif Rick Grimes, dans une série qui n’a jamais eu peur de tuer ses personnages principaux, parfois très violemment.
Bonnes nouvelles pour les nostalgiques de la Trilogie du samedi
On savait déjà que les sœurs Halliwell allaient faire leur grand retour dans un remake de Charmed, et on a découvert au Comic-Con les premières images du reboot de Roswell, et surtout appris qu’un retour de la cultissime série Buffy contre les vampires était également sur les rails. Cette dernière n’a pas encore de diffuseur ni de casting (la seule information étant la présence d’une Buffy noire), mais elle pourra compter sur son showrunner originel, Joss Whedon, qui revient en tant que producteur exécutif. Personne ne sait en revanche si M6 a commencé à faire de la place dans sa grille du samedi soir.
Des bandes-annonces en pagaille

De nombreuses autres bandes-annonces ont émaillé le week-end. On a notamment pu admirer le retour de Godzilla, qui aura fort à faire face à une myriade de montres lâchés sur la Terre, des images de la troisième saison de The Man in the High Castle, la série Amazon qui imagine un monde occupé par une alliance nippo-nazie, un premier zoom sur Désenchantée, le nouveau show du créateur des Simpsons et de Futurama, ainsi qu’un trailer du film d’animation Dragon Ball Super. Mais la bande-annonce qui a mis tout le monde d’accord était celle de Glass, prochain film du réalisateur de Sixième Sens, M. Night Shyamalan, et suite de Split et d’Incassable. Bruce Willis y sera confronté à Kevin Wendell Crumb et ses 23 personnalités, et à Mr. Glass, méchant d’anthologie interprété par Samuel L. Jackson.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Plus de 130 000 visiteurs sont attendus pour l’édition 2018 du Comic-Con à San Diego."
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            data-slide-description="Comme chaque année, les cosplayeurs sont légion et revêtent les costumes de leurs héros préférés. Batman et Wonder Woman font partie des super-héros les plus populaires."
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            data-slide-description="Les personnages de comics sont très représentés au Comic-Con, mais aussi ceux issus des séries. Ici, deux femmes au costume inspiré de « The Handmaid’s Tale », série phénomène et très sombre de Hulu."
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            data-slide-description="Malgré les résultats décevant de « Solo » au box-office, Star Wars a toujours la cote au Comic-Con. Disney a profité de cette occasion pour annoncer le retour de « Clone Wars », une série animée dans l’univers de la Guerre des étoiles, qui s’était arrêtée en 2013."
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            data-slide-description="Poison Ivy, un des personnages du vaste univers de Batman."
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            data-slide-description="Durant le Comic-Con, la ville de San Diego se transforme. On trouve par exemple des super-héros attablés en terrasse des restaurants, comme Thor."
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            data-slide-description="Le personnage de Black Panther a volé la vedette cette année au cinéma. Il est devenu en quelques jours l’un des super-héros les plus « bankables » de l’histoire d’Hollywood."
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            data-slide-description="L’une des conférences les plus attendues jeudi était celle consacrée à « Doctor Who », célèbre série britannique de science-fiction. Et pour cause : le prochain « Docteur », son personnage principal, sera pour la première fois incarné par une femme, Jodie Whittaker. Les fans ont pu découvrir à l’occasion de cette conférence une nouvelle bande-annonce dévoilant des images inédites."
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            data-slide-description="La publicité fait partie intégrante du Comic-Con, avec de nombreuses opérations de communication. Ici, des femmes habillées en religieuses défilent dans les rues de San Diego pour promouvoir la sortie prochaine du film « La Nonne »."
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            data-slide-description="Pour fêter le dixième anniversaire de la série culte « Breaking Bad », les acteurs Aaron Paul, à gauche, et Bryan Cranston, à droite, se sont réunis lors d’une conférence au Comic-Con."
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            data-slide-description="Il n’y a pas que les dernières nouveautés qui enthousiasment les visiteurs du Comic-Con. Ceux-ci sont par exemple déguisés en Coneheads, les protagonistes du film du même nom de 1994."
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            data-slide-description="Le Comic-Con se poursuit jusqu’au dimanche 22 juillet."
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Plus de 130 000 visiteurs sont attendus pour l’édition 2018 du Comic-Con à San Diego.

MIKE BLAKE / REUTERS
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.
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Le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois fait un flop

Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h27
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


L’argent ne fait pas toujours le bonheur des producteurs de cinéma. Bien qu’elle ait disposé du budget le plus ambitieux de l’histoire du cinéma chinois, l’épopée fantastique Asura, qui espérait toucher le public au-delà des frontières du pays, a été retirée des salles trois jours après sa sortie. Un camouflet pour ses producteurs, Zhenjian Film Studio, Ningxia Film Group et Alibaba Pictures, qui avaient investi 750 millions de yuans (95 millions d’euros) pour en faire un blockbuster. Face au manque d’enthousiasme des spectateurs, et après avoir rapporté seulement 7,1 millions de yuans, la production a décidé de le déprogrammer le 15 juillet, pour tenter un nouveau montage avant une hypothétique seconde sortie.
Asura, dont la production a commencé il y a six ans, s’inspire de la mythologie bouddhiste tibétaine. Le royaume d’Asura (« la dimension du pur désir ») est menacé par le royaume inférieur d’un demi-dieu facétieux. Un jeune berger est l’élu censé le sauver. Le décor des scènes, tournées en grande partie au Qinghai, sur le plateau tibétain, est impressionnant.
Le casting, ambitieux, s’appuie sur des vedettes telles que Tony Leung (In the Mood for Love) et Carina Lau, qui jouent aux côtés du héros, Lei Wu, 18 ans. Le film s’était aussi offert les services de vétérans de Hollywood pour les effets spéciaux, le son ou les costumes, avec Ngila Dickson, la costumière oscarisée pour le Seigneur des anneaux : le retour du roi, en 2004.

        Lire aussi :
         

                A Pingyao, la richesse du jeune cinéma chinois



Difficultés à sortir des grandes productions de qualité
Cependant, les talents importés n’ont pas suffi. Sur la plate-forme d’achat de billets Maoyan, le film a reçu un piètre 4,9 sur 10, soit la note la moins bonne parmi les films à l’affiche à ce moment-là. Il enregistrait pourtant 8,4 sur 10 sur Tao Piao Piao, plate-forme détenue par… Alibaba, coproducteur du film, alors que Maoyan est soutenu par son rival, Tencent. De quoi provoquer l’ire des producteurs du film, qui ont accusé Maoyan d’avoir publié de fausses critiques. Reste que sur Douban, un site de discussion culturelle indépendant, le film obtenait un médiocre 3,1 sur 10.
Au-delà des querelles entre géants du Web, typiques du paysage du divertissement chinois, cet échec illustre aussi les difficultés du cinéma local à sortir des grandes productions de qualité. La sévérité de la censure n’aide pas, les producteurs préférant produire des films patriotiques ou des scénarios lisses, mais « sûrs » sur le plan politique. Le succès de Mourir pour survivre, sur les écrans une semaine avant Asura, montre que l’équation n’est pas insoluble.
Ce drame social retrace l’histoire authentique d’un contrebandier de médicaments contre la leucémie qui enfreint la loi pour sauver des vies en important des génériques d’Inde. En 2004, sa condamnation à plusieurs années de prison avait fait grand bruit en Chine, ce qui avait valu à ce Robin des bois de la santé le soutien des patients. Avec un budget modeste, mais un scénario bien ficelé et une dose de bons sentiments, le film a rapporté 361 millions d’euros en trois semaines. Ce qui en fait l’un des dix plus grands succès du cinéma chinois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Ce collaborateur d’Akira Kurosawa avait 100 ans. Il avait aussi écrit pour Mikio Naruse et Masaki Kobayashi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/07/2018
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Mort de Shinobu Hashimoto scénariste de « Rashomon » et des « Sept Samouraïs »

Ce collaborateur d’Akira Kurosawa avait 100 ans. Il avait aussi écrit pour Mikio Naruse et Masaki Kobayashi.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 10h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Inconnu du grand public en dehors de son pays, le Japon, Shinobu Hashimoto était à l’origine de deux des œuvres qui ont le plus influencé le cinéma moderne, Rashomon et Les Sept Samouraïs, qu’il avait écrites avec leur réalisateur, Akira Kurosawa. Le scénariste, qui avait également travaillé avec Mikio Naruse et Masaki Kobayashi est mort jeudi 19 juillet à Tokyo d’une pneumonie. Il avait 100 ans.
Shinobu Hashimoto est né le 18 avril 1918 dans la préfecture de Hyogo. Comptable de formation, il est incorporé dans l’armée impériale en 1938. Il contracte la tuberculose et c’est pendant son séjour en sanatorium qu’il commence à s’intéresser au cinéma et à l’écriture, par le biais de revues. La paix revenue, il devient l’élève de Mansaku Itami, l’un des scénaristes les plus influents de l’industrie japonaise d’avant-guerre, tout en continuant à travailler comme comptable.
En 1948, il envoie à Akira Kurosawa, dont la gloire est ascendante, une adaptation de Dans un bosquet, une nouvelle de Ryonosuke Akutagawa. Le réalisateur la met de côté car il l’estime trop courte pour faire l’objet d’un long métrage. C’est en réfléchissant à la possibilité de porter à l’écran Rashomon, autre nouvelle d’Akutagawa, que Kurosawa se souvient du travail d’Hashimoto. Il le convoque (les deux hommes ont des souvenirs contradictoires de cette première rencontre, le scénariste se la rappelle très brève alors que le cinéaste raconte dans ses souvenirs qu’elle a duré « des heures ») et élabore avec lui le scénario de Rashomon.
La même histoire à travers différents regards
L’idée de raconter la même histoire à travers différents regards était assez révolutionnaire pour que Kurosawa fût obligé de l’expliquer en détail à son équipe qui n’avait pas compris le scénario. Ce qui n’empêcha pas le film, sorti en 1951, d’être un succès mondial, de remporter le Lion d’or à Venise et l’Oscar du film en langue étrangère, et d’établir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Alain Delon en six films cultes (1/6) Tourné en Italie, en 1959, le film de René Clément est le long métrage où l’acteur de 23 ans, peu connu jusqu’alors, devient une icône. Il irradie de beauté. La beauté du diable.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/07/24/18-8">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Ces stars à poil ou à plume ont longtemps fait briller les yeux des enfants. Mais ils ont chèrement payé la rançon de leur gloire.
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Saturnin, Rintintin, Flipper… Le douloureux destin des animaux stars 
                  
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Le Monde
 |
                  20.07.2018 à 14h23
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h40


Ces stars à poil ou à plume ont longtemps fait briller les yeux des enfants. Mais ils ont chèrement payé la rançon de leur gloire.

Par             Philippe Ridet





                     
Il y a très longtemps, sans doute à la fin des années 1960 ou au début de la décennie suivante, nous avons été victime d’un léger traumatisme. Plongé dans la lecture de Télé 7 Jours, nous avons lu cette nouvelle, affligeante même pour le préado blasé et ricanant comme une hyène que nous étions alors.
Des dizaines de canetons pour un épisode de Saturnin
Dans une courte enquête, l’hebdomadaire révélait que plusieurs dizaines de canetons entraient dans la confection d’un seul épisode de quatorze minutes des Aventures de Saturnin, un feuilleton conçu pour l’ORTF par Jean Tourane et dialogué par l’écrivaine Louise de Vilmorin, compagne d’André Malraux, le ministre de la culture du général de Gaulle.
Le chanteur comique Ricet Barrier prêtait son timbre bougonnant à Saturnin, un caneton hâbleur qui avait fort à faire avec des belettes et des hamsters moqueurs, tandis que l’acteur populaire Robert Lamoureux assurait les commentaires d’une voix de crécelle.
« Saturnin à la campagne »  (vidéo Youtube)

Isabelle Aubret, gagnante du concours de l’Eurovision en 1962, interprétait, elle, la chanson du générique : « Approchez, tous les amis, les grands et les petits, regardez bien ! Le cœur fier et l’œil malin, voici venir au loin votre ami Saturnin » – paroles de Serge Lebrail et musique de Joe Hajos. (Si vous espérez sortir de la lecture de ce papier rajeunis, passez votre chemin.)
On comprenait entre les lignes de l’article que de nombreux dangers guettaient les petits canards : griller sous les sunlights, rendre l’âme en raison des cadences de travail, grandir trop vite, succomber à la maltraitance. Saturnin, ou du moins ses interprètes, étaient, en effet, soumis à toutes sortes de contrariétés fatales : tirer une luge, porter un balai coincé sous l’aile ou un havresac sur le dos.
Des films et 164 épisodes pour Rintintin et ses congénères
Une autre histoire édifiante...





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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ L’acteur de 87 ans, dont la dernière apparition dans les salles obscures remonte à « Happy End » de Michael Haneke en 2017, met un terme à sa carrière.
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Après un demi-siècle de carrière, Jean-Louis Trintignant annonce que « le cinéma, c’est fini »

L’acteur de 87 ans, dont la dernière apparition dans les salles obscures remonte à « Happy End » de Michael Haneke en 2017, met un terme à sa carrière.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h36
   





                        


« Le cinéma, c’est fini », annonce après un demi-siècle de carrière l’acteur Jean-Louis Trintignant, monument du cinéma français, dans une interview diffusée jeudi sur le site internet de Nice-Matin.
Le comédien de 87 ans, qui souffre d’un cancer de la prostate, explique avoir refusé de tourner dans un prochain film de Bruno Dumont : « C’était intéressant mais j’ai eu peur de ne pas y arriver physiquement », relate-t-il. « Je ne me déplace plus tout seul, j’ai toujours besoin d’avoir quelqu’un auprès de moi pour me dire : “Attention, tu vas te casser la gueule” », ajoute l’acteur aux 160 rôles au cinéma et au théâtre, dont la dernière apparition dans les salles obscures remonte à Happy End de Michael Haneke en 2017.
« Je ne me bats pas, je laisse faire »
Face au cancer, « je ne me bats pas. Je laisse faire. J’ai trouvé un médecin marseillais qui essaie un nouveau truc. Je ne fais pas de chimio, même si j’y étais prêt », ajoute encore celui qui est hanté depuis 2003 par la mort de sa fille Marie, laquelle a succombé aux coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat.
Interviewé pour la sortie d’un enregistrement de lectures de poésies (Prévert, Vian, Apollinaire…) sur une musique d’Astor Piazzolla interprétée par Daniel Mille, l’acteur installé près d’Uzès (Gard) confie également qu’il n’était « pas fait pour un métier public ».
« J’étais extrêmement timide. Et puis la notoriété, ça ne m’a jamais intéressé. Vous savez, c’est amusant la première fois, mais après plus du tout. Pourquoi on nous donne des récompenses ? Nous sommes déjà bien payés, on ferait mieux de donner des Oscars aux gens qui font des métiers pas marrants. »
Entré dans l’histoire du cinéma avec Un homme et une femme de Claude Lelouch – Palme d’or à Cannes en 1966 –, Jean-Louis Trintignant a remporté un prix d’interprétation à Cannes pour Z de Costa Gravas en 1969, et un César du meilleur acteur pour Amour de Michael Haneke en 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Les cinémas Pathé-Gaumont ont ouvert à Paris une salle combinant le Screen-X et le 4DX. Gadget ou révolution ? Notre journaliste a testé pour vous.
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La salle de cinéma où il vaut mieux attacher sa ceinture

Les cinémas Pathé-Gaumont ont ouvert à Paris une salle combinant le Screen-X et le 4DX. Gadget ou révolution ? Notre journaliste a testé pour vous.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h29
    |

            Laurent Carpentier








                        



   


A eux seuls les 90 fauteuils noirs, raides, à mi-chemin entre le trône de Dark Vador et le siège du dentiste, avec repose-pieds, appui-tête, accoudoirs, suffiraient à vous donner la chair de poule. Est-ce bien une salle de cinéma que ce cube austère et gris, aux murs droits, où nous venons d’entrer ? Et l’on se prend de compassion pour la jeune adolescente qui, n’arrivant pas à maîtriser ses larmes, explique à son père : « Je ne peux pas », avant de rebrousser chemin.

        Lire aussi :
         

                Cinéma et sensations fortes : Pathé parie sur les innovations technologiques



Screen-X + 4DX, vantait le communiqué annonçant l’ouverture, mercredi 18 juillet, au Pathé Beaugrenelle (Paris 15e) de la deuxième salle au monde (après Séoul) combinant ces deux technologies. Soit une projection à 270° (Screen-X) et l’expérience de sièges endiablés (4DX) qui, synchronisés avec l’action projetée à l’écran, vous chahutent, vous bousculent, vous martèlent le dos, vous chauffent le cou (quand la fusée décolle par exemple) ou vous aspergent d’eau (quand le méchant crache sur le gentil ou que vous tombez à l’eau).
Litanie de précautions
Et il est vrai qu’à un moment donné, ce mercredi, à la séance de 20 heures, alors que l’on est venu découvrir, dans Ant-Man et la Guêpe, la suite des aventures de l’homme fourmi, on s’est demandé si on n’aurait pas dû – sauf à être un fondu de la foire du Trône –, faire demi-tour comme l’adolescente apeurée ? Trop tard. Déjà, tout bouge. L’image fuse sur les trois faces de la salle, vous êtes coincé au milieu d’une course-poursuite en voiture et, dès lors, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : vous accrocher.
« Pour des raisons de sécurité, les femmes enceintes, les personnes âgées, ou présentant des problèmes cardiaques, dorsaux ou cervicaux ou présentant le mal des transports, sous traitement médical ou qui sont sous l’influence de l’alcool ou de drogues… ne peuvent pas prendre part à l’expérience », était-il écrit sur l’écran en préambule. « Ah merde, alors, je suis mort », a rigolé mon voisin de devant. Le public est jeune et plutôt masculin. Et la litanie des précautions est longue : « Ne portez pas de vêtements délicats ou d’articles qui peuvent être abîmés… Vous devez réduire vos déplacements et marcher le moins possible pendant le film… » Interdit aux plus petits, les enfants de moins de 1,20 m doivent être accompagnés… On était prévenus.
Rodéo immersif
Alors que l’homme-fourmi et ses acolytes traversent l’hyperespace en tous sens et démolissent des dizaines de bagnoles, le chahut infligé à nos corps n’empêchera pourtant pas le jeune couple (sièges D11-D10) de s’envoyer sans blêmir une pleine maxi boîte de pop-corn quand bien même le locataire du siège D12 (votre serviteur) cherche en vain où est rangé le sac à vomi.
Passé les premières turbulences, on finit par ranger dans notre poche notre amour froissé du cinéma d’auteur qui nous poussait à railler cette transformation du septième art en fête foraine, et l’obsolescence, sinon programmée du moins prévisible, de cette course effrénée à la technologie (cinéma en relief, 3D, Screen-X…) dans laquelle on percevait avant tout l’aspect mercantile (23 euros la place tout de même !). Car, avouons-le, on finit par se prendre au jeu de ce rodéo immersif.
Parce que c’est sans doute aussi ça le cinéma : une expérience physique, un train qui entre en gare et manque vous écraser, une illusion… Laquelle est aussi le sujet du film qui se joue sur l’écran. « I eat fear for breakfast » (« Je mange de la peur à mon petit-déjeuner »), explique à son père la fille de l’homme-fourmi… C’est sans doute plus compliqué à vivre pour nous, les cigales ?
Sur le Web : www.screenx.cinemaspathegaumont.com



                            


                        

                        


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Patricia Mazuy : « Ce n’est pas Gilles Deleuze le personnage, quoi ! »

La cinéaste et le comédien Laurent Lafitte confrontent leurs regards sur le film qui les réunit pour la première fois.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h26
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Dès l’écriture du scénario, qu’elle cosigne avec Yves Thomas, la cinéaste Patricia Mazuy a pensé à Laurent Lafitte pour le rôle de Paul Sanchez. Après lecture, le comédien a tout de suite accepté. Réunis dans un café parisien, ils reviennent sur cette drôle d’aventure qu’ils ont partagée ­durant deux mois de tournage.

Pourquoi avez-vous choisi Laurent Lafitte pour le rôle de Paul Sanchez ?
Patricia Mazuy : Parce qu’il a le sens du burlesque et du tragique. Parce qu’il peut être très beau et avoir une tête de super-naze. Mais j’avais quand même spécifié à son agent que je voulais le voir en vrai, même s’il disait oui au projet. Pour être certaine de mon choix. Dès que je l’ai rencontré, j’ai été sûre. Laurent ne calcule pas, et il a tout de suite accepté qu’on transforme son visage.
Pourquoi avez-vous accepté si vite ce rôle ?
Laurent Lafitte : Parce que je recevais la proposition d’une cinéaste. Cela fait toute la différence. J’avais vu ce que faisait Patricia, et j’ai ressenti une forte curiosité. Ensuite, j’ai lu le scénario comme un roman, j’avais envie de tourner les pages, savoir comment l’histoire se terminait. C’est un bon signe. J’ai été séduit par l’efficacité du thriller, la complexité et la drôlerie des personnages, la dimension sociale du film. Puis, quand j’ai rencontré Patricia et découvert sa personnalité, j’ai senti que le film allait être à son image : complexe, singulier, drôle, grave. Quand vous sentez que vous allez être embarqué dans un film qui est cohérent par rapport à la personne qui le dirige, vous pouvez la respecter et vous mettre à sa disposition, car vous comprenez ce qu’on vous demande. Enfin, nous avions des références ambitieuses : nous avions plus envie de faire Fargo [le thriller des frères Coen à l’humour noir, 1996] que Seven [le film sombre de ­David Fincher, 1995].
Comment s’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Pour son retour à l’écran, l’homme-fourmi de l’univers Marvel mise sur la sobriété et l’humour.
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« Ant-Man et la Guêpe » : un super-héros miniature et champion de la décroissance

Pour son retour à l’écran, l’homme-fourmi de l’univers Marvel mise sur la sobriété et l’humour.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h25
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 20h54
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Nouvel arrivant dans la transposition à l’écran de l’univers super-héroïque Marvel, l’homme-fourmi nous a été révélé en 2015, sous les traits de l’acteur Paul Rudd, dans un film déjà signé Peyton Reed. Scott Lang (Rudd), sympathique cambrioleur, y endossait la combinaison atomique inventée par le professeur Hank Pym (Michael Douglas), permettant à son possesseur de varier sa taille à loisir et de commander le peuple des fourmis. On retrouvait le personnage, en 2016, dans Captain America : Civil War, avant qu’il ne revienne aujourd’hui dans Ant-Man et la Guêpe, assigné à résidence et s’occupant, en bon papa gâteau, de sa fille, Cassie.
Mais Hank Pym ne tarde pas à le recontacter pour une nouvelle mission : retrouver sa femme, ­Janet Van Dyne (l’ex-catwoman Michelle Pfeiffer), prisonnière depuis des années de l’univers quantique. Pour ce faire, Ant-Man vole, en compagnie de la propre fille d’Hank et de Janet, la belle Hope Van Dyne (Evangeline Lilly), alias « La Guêpe », dont les charmes piquants ne le laissent pas insensible. Pour ceux qui suivent encore cet imbroglio proliférant qui se complexifie à chaque nouveau film Marvel, quelques nouveaux obstacles devront néanmoins être pris en compte. A titre principal, « Le Fantôme », une fille redoutablement désintégrée qui a un compte personnel à régler avec l’orgueilleux Hank Pym. A titre secondaire, une bande de malfrats bêtes et méchants, trafiquants de nouvelles technologies.
Réalisme et comédie
Cette constellation de personnages, d’univers et d’actions parallèles conduit à un climax bien orchestré, où leur montage téle­scopé fait habilement monter la mayonnaise. Nonobstant une belle course-poursuite sur terre et une belle divagation vernienne dans le monde quantique, ce n’est pas tant l’action qui fait la vertu de ce film que la volonté de la subordonner à des valeurs nettement plus douces. L’humour, par exemple, avec les descentes régulières, mais à chaque fois couronnées d’insuccès, du FBI au domicile de Scott (toujours de retour à temps), ou la prestation croustillante de Michel Peña dans le rôle de son associé mexicain froussard et logorrhéique.
Ant-Man pourrait d’ailleurs se définir comme la franchise de la décroissance dans l’univers marvélien. Moins de violence. Moins de superpouvoirs. Moins de monstruosité destructrice. Moins de grandiloquence cosmique. Moins de méchants hyperboliques. Par contre, plus de réalisme, plus d’attention aux acteurs, plus de comédie, plus de bricolage kitsch façon science-fiction des années 1980, plus de souci du foyer familial. C’est, si l’on veut, Disney qui prend sa revanche sur Marvel, en créant un segment super-héroïque destiné à la défense de la famille et de l’écologie.
C’est Disney qui prend sa revanche sur Marvel, en créant un segment super-héroïque destiné à la défense de la famille et de l’écologie
Il n’est pas jusqu’au couple de héros miniaturisés qui ne soit à sa manière un champion de la décroissance, loin de la course au gigantisme qui domine le genre. N’oublions pas que Ant-Man, mal-aimé de son créateur, Jack Kirby, qui finit par s’en désintéresser, fut un super-héros sacrifié, qui connut une existence sporadique, entre mort et réincarnations successives. On voit bien, derrière tout cela, l’intelligence pratique, sensible à l’air du temps, qui gouverne l’éprouvante, mais semble-t-il inépuisable machine de production super-héroïque. Elle consiste à aller chercher partout où il est possible matière à élargir le spectre du public, et partant celui du succès.

Film américain de Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michelle Pfeiffer, Michael Douglas (1 h 58). Sur le Web : newsroom.disney.fr/ant-man.html et www.marvel.com/antman



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ La réalisatrice syrienne Gaya Jiji inscrit une histoire intime dans un contexte de tragédie collective.
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« Mon tissu préféré » : l’éveil sensuel d’une jeune Damascène

La réalisatrice syrienne Gaya Jiji inscrit une histoire intime dans un contexte de tragédie collective.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h24
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Présenté en mai, dans la section Un certain regard, à Cannes, Mon tissu préféré sort dans les salles françaises au moment précis où Deraa tombe entre les mains du régime de Bachar Al-Assad. Or, le premier long-métrage de la réalisatrice syrienne Gaya Jiji, exilée à Paris, est scandé par les échos du soulèvement de Deraa au printemps 2011. C’est l’une des ambitions de ce film complexe et imparfait que d’inscrire la plus intime des histoires – l’éveil sensuel d’une jeune femme – dans la plus féroce des tragédies collectives. Gaya Jiji veut aussi faire œuvre de mémorialiste et d’anthropologue : déchiffrer les codes et les contraintes d’une culture à travers les fantasmes de son héroïne, Nahla (Manal Issa), qui – de l’aveu de l’auteure – lui ressemble beaucoup.
Les murs de l’appartement familial sont parfois traversés par les bruits et les images de la révolution qui gronde
Nahla vit avec sa mère, veuve, et ses deux jeunes sœurs, à Damas. Alors que ses cadettes sont étudiantes, elle travaille dans une boutique de vêtements et balance entre la possibilité d’épouser un garçon émigré aux Etats-Unis et son désir d’indépendance. La disparition du patriarche a plongé le petit clan dans la déchéance sociale, et l’éventuel mariage serait l’occasion de remonter cette pente sans fin. Mais Nahla préfère évoquer en songe un amant parfait plutôt que de complaire à son soupirant officiel.
Manal Issa, qu’on avait découverte dans Peur de rien, de Danielle Arbid, donne à ce personnage une dureté qui confine parfois à la cruauté. La première séquence du film la montre affrontant les passagers grelottants d’un taxi collectif qui veulent la persuader de remonter la vitre de la voiture : l’actrice donne immédiatement à son personnage une force d’opposition qui convaincrait presque qu’elle est indestructible. Ce personnage de rebelle et de sale gosse prend une épaisseur qu’elle gardera tant que le film restera entre les confins de l’appartement familial et de la boutique, dont les murs sont parfois traversés par les bruits et les images de la révolution qui gronde.
Terrain de la métaphore
Quand le scénario s’avise de grimper d’un étage, pour aller fouiner dans l’appartement du dessus où Mme Jiji (Ula Tabari), femme de mauvaise vie, a entrepris d’installer une maison de passe, Mon tissu préféré s’aventure sur le terrain de la métaphore. La manière dont Nahla force l’entrée de ce lupanar – représentation des désirs féminins refoulés – pour y installer ses attentes, l’intervention d’un personnage masculin emblématique, à la fois sbire du régime et incarnation du mâle arabe éternel (à la manière du sultan Shahryar, il aime à faire de ses amantes des conteuses) ne se voient plus comme des éléments organiques du récit, mais plutôt comme les arguments d’une thèse.
Si bien que la réussite de certaines séquences, comme la dernière entrevue entre Nahla et le fiancé qu’elle a laissé échapper, ne suffit pas à préserver le lien qui s’était créé avec le monde ordinaire et tragique – puisque promis aux destructions de la guerre civile – de ces femmes damascènes. Restent ces lambeaux d’histoire, qui prennent aujourd’hui une teinte encore plus sombre.

Film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji. Avec Manal Issa, Ula Tabari (1 h 35). Sur le Web : www.sddistribution.fr/film/mon-tissu-prefere/121



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Ce film de Nicolo Ferrari, datant de 1961, frappe par sa sensibilité et dresse un remarquable portrait de femme.
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Reprise : « Laura nue », la désenchantée

Ce film de Nicolo Ferrari, datant de 1961, frappe par sa sensibilité et dresse un remarquable portrait de femme.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h23
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’été est souvent propice à la redécouverte de raretés du cinéma italien. C’est le cas de Laura nue (1961), œuvre méconnue d’un cinéaste lui-même un peu oublié, Nicolo Ferrari, aujourd’hui âgé de 90 ans, qui, hormis une poignée de fictions, s’est surtout consacré à la réalisation de documentaires militants. Or, le temps a merveilleusement travaillé pour cette pépite, coproduction italo-française se proposant d’exposer sans fard les affres de la condition féminine, qui déclencha, en son temps, les foudres des institutions catholiques et frappe aujourd’hui par sa sensibilité et sa charge politique.
Sous son titre quelque peu racoleur, le film abrite un remarquable portrait de femme, issue de la classe moyenne romaine et qui fait ses débuts dans la vie à reculons. Laura (Giorgia Moll, dont Jean-Luc Godard se souviendra pour jouer la jeune traductrice du Mépris) lambine tous les jours au lit, dans sa chambre d’enfant, atteignant l’âge fatidique où tout le monde autour d’elle la pousse à se marier, que ce soient ses parents, la bonne société où elle évolue ou son petit ami Franco (Nino Castelnuovo). Elle lui accorde sa main sans conviction et rencontre, le jour même de ses noces, un jeune et ténébreux professeur, Marco (Tomas Milian), dont elle deviendra la maîtresse. Laura entame une carrière d’épouse volage, se donnant librement aux divers hommes qui l’attirent.
Laura voit bien que, partout, l’exclusivité réclamée par le mariage rend malheureux
Le film met ainsi en avant une héroïne atypique, en rupture avec les conventions sociales de son époque et les vertus dont on pare alors la féminité à l’écran. Laura se caractérise par son scepticisme et sa lucidité : elle constate la désunion consommée de ses parents, le désespoir de sa meilleure amie, Claudia (Anne Vernon), après la naissance de son premier enfant, l’insincérité généralisée des couples qui l’entourent. Elle voit bien que, partout, l’exclusivité réclamée par le mariage rend malheureux, que la sexualité des femmes est mise sous cloche. C’est contre cette appropriation contractuelle qu’elle choisit de multiplier les amants, d’être prodigue d’elle-même et de n’appartenir à personne. Mais coucher pour se désennuyer ne débouche sur rien, car ce sont encore les hommes qui en profitent. D’un côté ou de l’autre des conventions, c’est l’amour qui fait systématiquement défaut.

   


Une héroïne à contre-courant
Laura pourfend les apparences : en cela, elle est un pur vecteur de négativité, une puissance d’interrogation qui remet tout en cause – elle ne cesse de poser des questions, à elle-même et aux autres. En s’attachant à sa mobilité, à ses humeurs changeantes, à ses tâtonnements, Nicolo Ferrari traduit une forme d’errance affective, une crise du sentiment amoureux, propres à la sensibilité moderne de son temps (L’Avventura, de Michelangelo ­Antonioni, était sorti un an plus tôt). Son héroïne traverse à contre-courant les cercles familiaux, mondains, libertins de son entourage – cette société oisive et festive du miracle économique – comme pour confondre sa vanité et ses mensonges. Parcours faits d’allers-retours entre l’intérieur et l’extérieur, entre la ville et la campagne, entre la chambre et la rue (de nombreuses scènes sont filmées à travers Rome), du lit conjugal à celui des autres. Parcours d’habillages et de déshabillages successifs, la nudité de Laura n’étant pas seulement un sujet d’érotisme, mais une épreuve de vérité (cette « vérité nue » qu’elle exige de son époux).
Quelle vérité ? Celle du désir qui ne saurait se restreindre à un unique objet ? Celle de l’amour qui ne naît que pour s’éteindre irrémédiablement ? Celle d’une féminité devant encore conquérir sa propre autonomie sexuelle ? Toutes ces questions partagent le même point de chute : le visage de Laura qui, à plusieurs reprises, s’approche de la caméra, vient remplir tout l’espace du cadre de son incertitude. En scrutant son regard à la fois doux et sombre, sa détresse, bientôt son innocence perdue, ­Nicolo Ferrari sonde le gouffre existentiel de son héroïne, son mélange de détermination et de fragilité. Sans oublier pour autant de rendre un hommage émouvant à sa beauté frémissante.

Film français et italien de Nicolo Ferrari (1961). Avec Giorgia Moll, Tomas Milian, Nino Castelnuovo, Anne Vernon (1 h 40). Sur le Web : fr-fr.facebook.com/theatredutemple



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Plus de quinze ans après « Rivers and Tides », Thomas Riedelsheimer consacre un nouveau documentaire à l’artiste écossais.
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« Penché dans le vent » : sur les traces d’Andy Goldsworthy, figure du Land Art

Plus de quinze ans après « Rivers and Tides », Thomas Riedelsheimer consacre un nouveau documentaire à l’artiste écossais.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h22
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Thomas Riedelsheimer avait réalisé, en 2001, Rivers and Tides, un film sur l’artiste écossais Andy Goldsworthy, figure importante de ce que l’on appelle le Land Art. Il le retrouve avec ce film, qui, tout à la fois, capte un processus de création et l’écoute évoquer son art, sa conception animiste de la nature, sa vie personnelle.
Le travail d’Andy Goldsworthy se déploie sur plusieurs échelles et passe ici de l’activité la plus minimale (recouvrir de feuilles jaunes tel morceau d’arbre) à une monumentalisation plus spectaculaire (déplacement d’énormes rochers à l’aide de bulldozers, excavations profondes) dans différentes parties du monde, du Brésil à la Nouvelle Angleterre en passant par la France.
Aléas de la nature
A nouveau s’affirme la singularité d’une pratique artistique où l’intervention humaine doit composer avec les aléas de la nature et du temps, remettant en cause l’idée de maîtrise elle-même. Les œuvres de Goldsworthy sont aussi faites de ce qui les détruit et sont l’objet de l’érosion qui émousse, du vent qui disperse, de la pluie qui efface.

Documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (1 h 37). Sur le Web : www.facebook.com/eurozoom.distributeur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ L’intérêt, ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son.
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« The Guilty » : quand le spectateur devient auditeur

L’intérêt, ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h21
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Le public veut qu’on lui raconte des histoires et il est prêt à croire à toutes celles qu’il entendra. Le premier long-métrage du réalisateur danois Gustav Möller tient du défi, d’un pari fait avec les spectateurs, celui d’un dispositif contraignant, a priori peu spectaculaire, qui maintiendra ceux-ci en haleine durant plus d’une heure vingt.
Un policier, muté au standard du commissariat où on l’a relégué à la suite d’une faute professionnelle (la culpabilité sous-tend ainsi, comprend-t-on, le comportement du personnage principal), passe son temps à répondre aux appels en tous genres qui lui parviennent. Il intercepte celui d’une femme qui prétend avoir été victime d’un enlèvement, emmenée en voiture par son présumé kidnappeur.
Tragédie horrible
Dès lors, l’homme ne quittera plus son poste, tentant de résoudre une série d’énigmes consistant à la fois à écouter, tout en la conseillant, la victime, repérer l’endroit où se trouve la voiture supposément en fuite, dépêcher des hommes au domicile de la femme pour y découvrir peut-être qu’il a été le théâtre d’une tragédie horrible.
L’intérêt, à la fois ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside, dès lors, dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son. Des voix lointaines, chuchotantes ou implorantes, décrivent les conséquences d’un fait divers à jamais invisible aux yeux d’un spectateur, réduit au statut d’auditeur, catégorie à laquelle appartient, de facto, le policier lui-même. Le visage de celui-ci devient l’écran sur lequel s’inscrit un certain nombre d’évènements qui se jouent ailleurs, hors d’atteinte, et pourtant violents si l’on en croit ce que la bande-son en délivre. La perversité du scénariste consistera alors à méduser personnage et spectateur par un retournement qui dévoile l’illusion à laquelle ils ont succombé.

Film danois de Gustav Möller. Avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohman, Laura Bro (1 h 25). Sur le Web : www.arpselection.com/category/tous-nos-films/policier/the-guilty-459.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
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Polar danois et homme-fourmi : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 07h37
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Maintenant que l’équipe de France a fini de coudre sa deuxième étoile, on peut reprendre en masse le chemin des salles. Le rythme estival commence à s’y installer, fait de films d’auteur qui tentent d’éviter la cohue de la rentrée, à l’image du personnage principal du film de Patricia Mazuy, qui bondit dans la garrigue, de divertissements pour petits et grands, et de redécouvertes, celle de la semaine venant d’un recoin méconnu du cinéma transalpin.
« Ant-Man et la Guêpe » : petits avec de grands pouvoirs

Nouvel arrivant dans la transposition à l’écran de l’univers super-héroïque Marvel, l’homme-fourmi nous a été révélé en 2015, sous les traits de l’acteur Paul Rudd, dans un film déjà signé Peyton Reed. Scott Lang (Rudd), sympathique cambrioleur, y endossait la combinaison atomique inventée par le professeur Hank Pym (Michael Douglas), permettant à son possesseur de varier sa taille à loisir et de commander le peuple des fourmis. Il revient aujourd’hui dans Ant-Man et la Guêpe, assigné à résidence et s’occupant, en bon papa gâteau, de sa fille, Cassie. Mais Hank Pym ne tarde pas à le recontacter pour une nouvelle mission : retrouver sa femme, ­Janet Van Dyne (l’ex-Catwoman Michelle Pfeiffer), prisonnière depuis des années de l’univers quantique. Pour ce faire, Ant-Man vole, en compagnie de la propre fille d’Hank et de Janet, la belle Hope Van Dyne (Evangeline Lilly), alias « la Guêpe », dont les charmes piquants ne le laissent pas insensible.
Cette constellation de personnages, d’univers et d’actions parallèles conduit à un point d’orgue bien orchestré, où leur montage télescopé fait habilement monter la mayonnaise. Nonobstant une belle course-poursuite sur terre et une belle divagation vernienne dans le monde quantique, ce n’est pas tant l’action qui fait la vertu de ce film que la volonté de la subordonner à des valeurs nettement plus douces. L’humour, par exemple, avec les descentes régulières, mais à chaque fois couronnées d’insuccès, du FBI au domicile de Scott (toujours de retour à temps).
Ant-Man pourrait d’ailleurs se définir comme la franchise de la décroissance dans l’univers marvélien. Moins de violence. Moins de superpouvoirs. Moins de monstruosité destructrice. Moins de grandiloquence cosmique. Moins de méchants hyperboliques. En revanche, plus de réalisme, plus d’attention aux acteurs, plus de comédie, plus de bricolage kitsch façon science-fiction des années 1980, plus de souci du foyer familial. C’est, si l’on veut, Disney qui prend sa revanche sur Marvel. J.M.
« Ant-Man et la Guêpe », film américain de Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michelle Pfeiffer, Michael Douglas (1 h 58).
« The Guilty » : terreur au bout de la ligne

Le premier long-métrage du réalisateur danois Gustav Möller tient du défi, d’un pari fait avec les spectateurs, celui d’un dispositif contraignant, a priori peu spectaculaire, qui maintiendra ceux-ci en haleine durant plus d’une heure vingt. Un policier, muté au standard du commissariat où on l’a relégué à la suite d’une faute professionnelle (la culpabilité sous-tend le comportement du personnage principal), passe son temps à répondre aux appels en tous genres qui lui parviennent. Il intercepte celui d’une femme qui dit avoir été victime d’un enlèvement, emmenée en voiture par son présumé kidnappeur.
Dès lors, l’homme ne quittera plus son poste, tentant de résoudre une série d’énigmes consistant à la fois à écouter, tout en la conseillant, la victime, repérer l’endroit où se trouve la voiture supposément en fuite, dépêcher des hommes au domicile de la femme pour y découvrir peut-être qu’il a été le théâtre d’une tragédie horrible.
L’intérêt, à la fois ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son. Des voix lointaines, chuchotantes ou implorantes, décrivent les conséquences d’un fait divers à jamais invisible aux yeux d’un spectateur réduit au statut d’auditeur, catégorie à laquelle appartient, de facto, le policier lui-même. Le visage de celui-ci devient l’écran. La perversité du scénariste consistera à méduser personnage et spectateur par un retournement qui dévoile l’illusion à laquelle ils ont succombé. Jean-François Rauger
« The Guilty », film danois de Gustav Möller. Avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohman, Laura Bro (1 h 25).
« Laura nue » : portrait de femme libre

Œuvre méconnue d’un cinéaste lui-même un peu oublié, Nicolo Ferrari, aujourd’hui âgé de 90 ans, Laura nue est une pépite sur laquelle le temps a merveilleusement travaillé. Cette coproduction italo-française se proposant d’exposer sans fard les affres de la condition féminine déclencha, en son temps, les foudres des institutions catholiques, et frappe aujourd’hui par sa sensibilité et sa charge politique.
Laura (Giorgia Moll) lambine tous les jours au lit, dans sa chambre d’enfant, atteignant l’âge fatidique où tout le monde autour d’elle la pousse à se marier, que ce soient ses parents, la bonne société où elle évolue, ou son petit ami Franco (Nino Castelnuovo). Elle lui accorde sa main sans conviction et rencontre, le jour même de ses noces, un jeune et ténébreux professeur, Marco (Tomas Milian), dont elle deviendra la maîtresse. Laura entame une carrière d’épouse volage, se donnant librement aux divers hommes qui l’attirent. Mais coucher pour se désennuyer ne débouche sur rien, car ce sont encore les hommes qui en profitent. D’un côté ou de l’autre des conventions, c’est l’amour qui fait systématiquement défaut.
A plusieurs reprises, la caméra s’approche du visage de Laura, qui vient remplir tout l’espace du cadre de son incertitude. En scrutant son regard à la fois doux et sombre, sa détresse, bientôt son innocence perdue, ­Nicolo Ferrari sonde le gouffre existentiel de son héroïne, son mélange de détermination et de fragilité. Sans oublier pour autant de rendre un hommage émouvant à sa beauté frémissante. Mathieu Macheret
« Laura nue », film français et italien de Nicolo Ferrari (1961). Avec Giorgia Moll, Tomas Milian, Nino Castelnuovo, Anne Vernon (1 h 40).
« Paul Sanchez est revenu ! » : Lafitte en bête de Roquebrune

« Trop barré pour le Festival de Cannes » : on se prend à rêver d’une telle bannière publicitaire pour le nouveau film de Patricia Mazuy, qui y fut refusé en mai. La comédie policière avec gendarmette et tueur en cavale y aurait pourtant jeté un vif rayon de soleil, tant l’ambiance y était sépulcrale. Tourné dans le Var, à quelques encablures de là, Paul Sanchez est revenu ! nous remet opportunément en mémoire une cinéaste trop rare (cinq longs-métrages en trente-quatre ans de carrière, et une poignée de téléfilms géniaux). Lieu du crime : Les Arcs, dans le Var, son poste de gendarmerie, son rocher rouge de Roquebrune qui domine la périphérie de la ville.
Dans le premier officie Marion (Zita Hanrot), gendarmette gaffeuse d’une brigade pas moins insolite. Dans les anfractuosités du second se planque un dingue (Laurent Lafitte), sur l’identité duquel plane un mystère qui participe grandement à la réussite du film. Qui est-il au juste ? Un représentant local en piscines répondant au nom de M. Gérard, qui vient de péter une durite et de quitter sa famille, ou l’hydre en personne, le yeti, le Landru, le monstre, le seul et véritable Paul Sanchez, disparu il y a des années après avoir trucidé sa famille ?
Le doute plane tout du long, et ce n’est évidemment pas ici qu’on va le lever. Si ça se trouve, la réponse à cette question n’est pas aussi cruciale qu’on pourrait le penser. L’essentiel serait peut-être ailleurs, dans le télescopage du Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, et du Faux Coupable, d’Alfred Hitchcock. Il fallait quand même que quelqu’un le tente un jour. Jacques Mandelbaum
« Paul Sanchez est revenu ! », film français de Patricia Mazuy. Avec Zita Hanrot, Laurent Lafitte, Philippe Girard, Idir Chender (1 h 51).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 18 juillet)
Paul Sanchez est revenu !, film français de Patricia Mazuy (à ne pas manquer)Ant-Man et la Guêpe, film américain de Peyton Reed (à voir)Penché dans le vent, documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (à voir)The Guilty, film danois de Gustav Möller (à voir)Come As You Are, film américain de Desiree Akhavan (pourquoi pas)Mon tissu préféré, film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji (pourquoi pas)Fleuve noir, film français d’Erick Zonca (on peut éviter)
A l’affiche également :
Break, film français de Marc FouchardMa reum, film français de Frédéric QuiringMaya l’abeille 2 : les jeux du miel, film d’animation allemand et autrichien de Noel Cleary, Sergio Delfino et Alexs Stadermann





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ La plate-forme vient de lancer sa première série indienne, « Sacred Games », déjà vivement commentée. L’entreprise pense trouver en Inde l’une des plus grandes sources de croissance de ces prochaines années.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
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édition abonné


Netflix veut révolutionner les circuits de financement de Bollywood

La plate-forme vient de lancer sa première série indienne, « Sacred Games », déjà vivement commentée. L’entreprise pense trouver en Inde l’une des plus grandes sources de croissance de ces prochaines années.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 08h43
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



                                


                            

Netflix est-il en train de révolutionner Bollywood ? La plate-forme de streaming américaine vient de mettre en ligne, à grand bruit, sa première série indienne entièrement financée par ses soins. Disponible dans le monde entier depuis le 6 juillet, Sacred Games suscite énormément de commentaires dans le sous-continent. Certains n’hésitent pas à la comparer à la célèbre série Narcos qui, à partir de l’été 2015, a connu un retentissement mondial en relatant la vie du trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar, ou à la fameuse House of Cards, la première série originale de Netflix, qui date de 2013.
Sacred Games est tirée d’un roman de 900 pages – Le Seigneur de Bombay, dans sa parution française (Robert Laffont, 2008) – qui a valu à son auteur, Vikram Chandra, d’enquêter dix ans dans les milieux de la pègre. C’est l’histoire d’un pauvre flic dont la carrière s’envole le jour où il découvre la planque de Ganesh Gaitonde, roi des mafieux de la capitale financière de l’Inde. En huit épisodes, la série brosse le portrait d’une ville où, à chaque coin de rue, la corruption le dispute au fanatisme religieux.

Jusque-là, rien de terriblement original. Sauf que le public s’emballe, car Netflix n’est pas soumis à la censure par laquelle passent tous les films habituellement destinés à la télévision ou aux salles de cinéma. Les acteurs fument sans que la classique bannière antitabac du gouvernement ne surgisse à l’écran, les scènes de violence usent et abusent d’hémoglobine, et le sexe est présenté à l’état cru. « On hallucine ! », nous ont dit plusieurs cinéphiles locaux qui ont avalé la totalité de Sacred Games en moins de deux jours.
« Place à l’écriture »
« C’est à l’évidence un bon produit, une série qu’on peut regarder sans problème aux Etats-Unis ou en Europe, ce qui n’est pas le cas des superproductions bollywoodiennes traditionnelles si l’on n’est pas indien d’origine »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Patricia Mazuy réussit une comédie policière décalée autour d’une gendarmette gaffeuse et d’un tueur fou.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
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« Paul Sanchez est revenu ! » : le retour du monstre dans l’ennui du Sud

Patricia Mazuy réussit une comédie policière décalée autour d’une gendarmette gaffeuse et d’un tueur fou.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 16h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
« Trop barré pour le Festival de Cannes » : on se prend à rêver d’une telle bannière publicitaire pour le nouveau film de Patricia Mazuy, qui y fut refusé en mai. La comédie policière avec gendarmette et tueur en cavale y aurait pourtant jeté un vif rayon de soleil, tant l’ambiance y était sépulcrale.

        Lire l’entretien avec Patricia Mazuy et Laurent Lafitte :
         

          « Ce n’est pas Gilles Deleuze le personnage, quoi ! »



Tourné dans le Var, à quelques encablures de là, Paul Sanchez est revenu ! nous remet opportunément en mémoire une cinéaste trop rare, dont l’œuvre parcimonieuse (cinq longs-métrages en trente-quatre ans de carrière, et une poignée de téléfilms géniaux) peut toutefois se compter parmi l’école la plus échevelée du cinéma français. Une ligne généalogique folle, qui court de Jean Vigo à Alain Guiraudie, en passant par Jacques Rozier, Luc Moullet ou Jean-François Stévenin. Que des durs à cuire, anarchisants à l’inspiration retorse, qui ont eu maille à partir avec l’industrie, tournent quand ils peuvent, font droit à la poésie, cultivent leur liberté avant toute chose. Auteurs à ce titre de quelques-unes des plus vives flambées du cinéma français, coups de génie qui regardent du côté de l’errance et de l’embardée fantasque, de l’utopie communautaire et de la beauté hasardeuse des choses.
Forte comme la moutarde
Fille de boulangère, ex-HEC convertie au septième art, Dijonnaise forte comme la moutarde, amoureuse des chevaux, tenante d’un cinéma populaire destiné à des gens qu’on ne prend pas pour autant pour des imbéciles, prophétesse des nanas qui ne se laissent pas faire et épingleuse du rapport tordu entre les classes, l’auteure de Travolta et moi (1994) et de Sport de filles (2011) enlève ici une farce noire qui détonne dans notre cinématographie et l’honore ipso facto. Lieu du crime : Les Arcs, pas la commune à laquelle on pense, l’autre, dans le Var, proche du massif des Maures et des gorges du Verdon, avec son quartier médiéval surplombant la ville. Le film se partage entre deux lieux principaux, sans négliger toutefois les parages. Soit le poste de gendarmerie de la commune et le rocher rouge de Roquebrune qui domine la périphérie de la ville.
Dans le premier officie Marion, gendarmette gaffeuse d’une brigade pas moins insolite, commandée par un rugueux commandant dont on se demande s’il est un profond philosophe ou juste un cinoque de plus dans le cirque varois. Dans les anfractuosités du second se planque un dingue (Laurent Lafitte), sur l’identité duquel plane un mystère qui participe grandement à la réussite du film. La situation tourne en effet autour du retour annoncé – réitéré à tous les plans, claironné sur toutes les radios et les télés – de Paul Sanchez, monstre en cavale qui, voilà dix ans, a massacré femme et enfants, et que quelques témoins indéterminés viennent d’apercevoir en train de rôder autour de la gare. Emoi. D’autant plus compréhensible que la ville nous est montrée à rebours du cliché méridional, dans l’insondable routine de son ennui, dans l’indicible laideur de sa périphérie saccagée par les zones commerciales, dans la comptabilité des dépôts de plainte déprimants qui émaillent le quotidien de sa gendarmerie.
Paul Sanchez a la tête hallucinée que lui compose brillamment Laurent Lafitte
Marion – quand elle n’immobilise pas le véhicule de marque allemande haut de gamme de l’acteur Johnny Depp, qui se trouve pourtant à l’arrêt pour cause de fellation – vit seule avec sa tortue et fricote vaguement avec le jeune échotier d’un journal local qui se dessèche à couvrir les prix des plus belles Tropéziennes. Les deux jeunes gens se jetteront donc la tête la première sur l’affaire. Pendant ce temps, en montage alterné, on découvre petit à petit l’homme qui se cache. Il a la tête hallucinée que lui compose brillamment Laurent Lafitte (qui sort déjà d’un rôle de déséquilibré dans Elle, de Paul Ver­hoeven), dort la nuit dans un trou, passe ses journées à vitupérer, à débiter des menaces sanglantes, à commettre de menus larcins et ne dispose plus à l’évidence de toute sa raison. Mais qui est-il au juste ? Un représentant local en piscines répondant au nom de Monsieur Gérard, qui vient de péter une durite et de quitter sa famille, ou l’hydre en personne, le yeti, le Landru, le monstre, le seul et véritable Paul Sanchez ?
Le doute plane tout du long, et ce n’est évidemment pas ici qu’on va le lever. Osera-t-on révéler que, peut-être, si ça se trouve, la réponse à cette question n’est pas aussi cruciale qu’on pourrait le penser ? Que l’essentiel serait peut-être ailleurs ? Dans le téléscopage du Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, et du Faux Coupable, d’Alfred Hitchcock, qu’il fallait quand même que quelqu’un tente un jour. Dans la violence sociale qui couve sous la douceur du climat. Enfin, dans la fascination générale exercée par le fait divers sanglant, prisme miroitant dans lequel se reflète une société pétrifiée par l’ennui, la solitude et la peur. La partition décalée de John Cale, à base de flûte et de trompette, orne à plaisir cette bizarrerie frontale de Patricia Mazuy, riant jaune et voyant juste.

Film français de Patricia Mazuy. Avec Zita Hanrot, Laurent Lafitte, Philippe Girard, Idir Chender (1 h 51). Sur le Web : www.sbs-distribution.fr/distribution-france-paul-sanchez-est-revenu

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 18 juillet)
Paul Sanchez est revenu !, film français de Patricia Mazuy (à ne pas manquer)Ant-Man et la Guêpe, film américain de Peyton Reed (à voir)Penché dans le vent, documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (à voir)The Guilty, film danois de Gustav Möller (à voir)Come As You Are, film américain de Desiree Akhavan (pourquoi pas)Mon tissu préféré, film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji (pourquoi pas)Fleuve noir, film français d’Erick Zonca (on peut éviter)
A l’affiche également :
Break, film français de Marc FouchardMa reum, film français de Frédéric QuiringMaya l’abeille 2 : les jeux du miel, film d’animation allemand et autrichien de Noel Cleary, Sergio Delfino et Alexs Stadermann





                            


                        

                        


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Au FID de Marseille, des lieux qui dépaysent

Le Festival international du documentaire présente plusieurs films à la lisière de la fiction.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 09h44
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                            Murielle Joudet (Marseille)








                        



                                


                            

Le sujet revient chaque ­année dans les conversations festivalières : le FID de Marseille, normalement réservé au documentaire, fait de plus en plus la part belle à la fiction. Mais cette année, une secrète connivence semblait circuler entre une partie des fictions francophones, toutes réalisées avec les amis et les moyens du bord, rappelant au passage ce mot de Jacques Rivette qui veut que tout film soit un documentaire sur son propre tournage.
Le manque de moyens amplifie le mot de Rivette, car le cinéaste doit composer avec une part ­conséquente d’accident et d’impureté. La réalisation doit faire avec ce qui a été tourné chez soi ou chez ses acteurs, dans des lieux exigus, la table pleine de miettes ou le lit aux draps dépareillés. La texture des lieux réellement habités est en elle-même un heureux dépaysement et une matière documentaire non négociable dont on peut dresser une liste non exhaustive : un château dans lequel on s’installe pour séquestrer son (vrai) propriétaire avec son consentement (Braquer Poitiers, de Claude Schmitz), un appartement qui n’en finit plus d’héberger des proches (Porte sans clef, de Pascale ­Bodet), un théâtre en préfabriqué qui est la dernière utopie que l’on se permet (Seuls les pirates, de Gaël Lépingle).
Lubie politique ou esthétique
Ou encore un studio trop étriqué pour deux amis parisiens que l’on croise dans En fumée, comédie musicale « lo-fi » du jeune cinéaste et musicien Quentin Papapietro. Autoproduit et tourné par petits bouts entre 2015 et 2016, le film suit Boris et Alexis, deux garçons lymphatiques qui cohabitent dans un studio avec leurs positions politiques irréconciliables. L’un lit Karl Marx et peaufine la rédaction d’un pamphlet anarchiste, l’autre fricote avec l’extrême droite et se procure Bagatelles pour un mas­sacre, de Céline. A leurs errements s’ajoutent les ambitions d’un jeune musicien romantique qui, mal remis d’une rupture...




                        

                        

