<FILE-date="2018/07/24/18">

<article-nb="2018/07/24/18-1">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Jacques Doillon raconte les audaces artistiques et la vie amoureuse du sculpteur interprété par Vincent Lindon (sur Canal+ à 23 h 25).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV - « Rodin », dans ses élans intimes et créatifs

Notre choix du soir. Jacques Doillon raconte les audaces artistiques et la vie amoureuse du sculpteur interprété par Vincent Lindon (sur Canal+ à 23 h 25).



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h45
    |

                            Mathieu Macheret








                        


Film sur Canal+ à 23 h 25

Il fallait sans doute compter sur l’indépendance d’esprit d’un Jacques Doillon pour ne pas couronner le centenaire de la mort d’Auguste Rodin avec un biopic (film biographique) supplémentaire. La rencontre semblait presque aller de soi, entre le glorieux sculpteur et le ­cinéaste de l’intime, réputé pour modeler à l’écran des états souvent extrêmes du corps – que l’on pense à La Pirate (1984), avec ses personnages aux postures tiraillées par les passions, ou au plus récent Mes séances de lutte (2014), dans lequel Sara Forestier et James Thierrée s’affrontaient amoureusement dans la boue. Doillon n’a donc aucunement tenté de compiler la destinée de son personnage comme une pièce montée récapitulative ou hagiographique, mais a prélevé une séquence bien particulière de sa vie d’homme et d’artiste.
Le film s’ouvre en 1880, quand Rodin (Vincent Lindon), âgé de 40 ans, reçoit sa première commande d’Etat pour réaliser La Porte de l’enfer, inspirée de La ­Divine Comédie, de Dante.
On suit le sculpteur à travers une série d’épisodes intimes et créatifs, se situant à chaque instant à la croisée des chemins. Dans son art d’abord, puisque ­Rodin prend sa reconnaissance tardive comme l’occasion d’aller plus loin et de déchaîner ses audaces.
Quête du mouvement
Dans sa vie amoureuse ensuite, puisque sa liaison houleuse avec Camille Claudel (Izïa Higelin) se consume et s’éteint, avant qu’il ne plonge dans les bras de ses nombreux modèles, ou ne revienne auprès de sa compagne Rose Beuret ­ (Séverine Caneele). Le tournant décisif intervient avec sa conception d’un Monument à Balzac, bond en avant vers la modernité, qui l’occupera près de six ans et ne suscitera que rejet et incompréhension.
Que le récit attaque d’emblée sur la question de la commande n’a évidemment rien d’anodin et constitue d’ailleurs en partie le sujet du film. Comment résister à l’officiel et à l’institutionnalisation ? La question se pose à deux niveaux : elle concerne autant le personnage de Rodin, aux prises avec ses commanditaires, que le cinéaste Doillon, chargé de représenter un monstre sacré de la ­culture française.

   


La réponse est, encore une fois, commune au sculpteur et au cinéaste : on résiste par l’inachèvement (Rodin qui ne finit pas sa Femme cambrée, laissée à l’état de torse) et par la quête perpétuelle du mouvement insufflé à la ­matière inerte (la terre que le sculpteur façonne de ses grosses paluches). Ce mouvement trouve son origine dans les relations de Rodin aux diverses femmes qui l’entourent. C’est sans doute la part la moins convaincante du film, tant elle ramène la créativité de l’artiste à la sève de désir qui bouillonne en lui.
Analogie peut-être pertinente, mais un peu courte pour véritablement cerner le geste puissant et emporté de l’artiste. Les plus beaux passages du film sont à chercher dans les sessions de travail de Rodin, et plus précisément dans les « arcs » constants qui s’établissent entre le regard de l’artiste et son geste de sculpture. Dans une scène splendide, il fait une série de croquis sans quitter ses modèles des yeux, tout en leur soufflant différentes poses. ­Observer et créer se confondent alors dans un même circuit, n’étant autres que les deux facettes d’un même rapport ductile à la beauté des corps et à leur ineffable tressaillement.
Rodin, de Jacques Doillon. Avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele (Fr.-Bel., 2017, 115 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-2">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Podcast. Dans cette série de Christine Gonzalez, le chef étoilé décrit avec mélancolie sa jeunesse à Champigny (sur France Inter).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« Chambre d’ado : Thierry Marx, adolescent : la grande évasion »

Podcast. Dans cette série de Christine Gonzalez, le chef étoilé décrit avec mélancolie sa jeunesse à Champigny (sur France Inter).



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h30
    |

            Mustapha Kessous








                        


Podcast sur France Inter

   


Partir. Ou plutôt s’enfuir de cette cage d’escalier. Pour Thierry Marx, quitter la cité du Bois-l’Abbé n’était pas seulement son rêve d’adolescence, c’était surtout une nécessité pour tenter de faire quelque chose de sa vie. « Si je ne m’évadais pas, elle allait se replier sur moi », dit-il de sa voix chaude et rassurante. Avant de devenir un chef de renommée internationale, Thierry Marx a passé une partie de sa jeunesse dans une barre HLM à Champigny (Val-de-Marne) et en garde un souvenir mélancolique.
Au début des années 1970, ses parents avaient quitté le quartier parisien de Ménilmontant qu’il aimait tant pour aller s’installer, à son plus grand regret, dans un immense appartement, au troisième étage d’une tour froide posée au milieu d’un « no man’s land ». « C’est la fracture, l’école du deuil. Il faut prendre quatre autobus pour aller au château de Vincennes et encore dix stations de métro pour retourner dans mon quartier, raconte-t-il. Je le vivais comme une rupture. Je devais me faire une raison de quitter l’enfance. »
Sincérité et poésie
Dans sa chambre, il avait un ­convertible, un poster de La Grande Evasion (de John Sturges, 1963) avec Steve McQueen, des carburateurs de motos, un seul livre, L’Appel de la forêt, de Jack London (Le Livre de Poche, 1986), qu’il mettra du temps à lire. Et de sa fenêtre, avec des amis, « on regardait les lumières s’allumer et s’éteindre dans les différents appartements des tours qui étaient en face de notre propre tour et on imaginait la vie de ces personnes dans ces petites cases. Ça nous faisait bizarre, et on se disait : “Non nous, on ne restera pas là” », se souvient-il.
Au micro de Christine Gonzalez, le chef doublement étoilé a décrit sa « chambre d’ado » – nom de cette série d’été diffusée sur France Inter – et raconté son enfance avec sincérité et poésie. Il ne cache ni ses failles – ses échecs scolaires ou son côté bagarreur –, ni le « traumatisme » que lui a causé une conseillère d’orientation quand celle-ci lui avait assuré que l’école hôtelière n’était pas faite pour « des gens comme [lui] ».
Après Thierry Marx et la chanteuse Sheila (disponibles en podcast), d’autres personnalités comme l’humoriste Bérengère Krief ou encore la danseuse ­Marie-Claude Pietragalla vont se prêter à ce jeu, chaque dimanche, jusqu’au 26 août.
« Chambre d’ado » : Thierry Marx, adolescent : La Grande Evasion, de Christine Gonzalez (45 min). franceinter. fr



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-3">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’artiste nigérian Davido, originaire de Lagos, est une star incontournable de l’afropop. Avec son rival Wizkid, il domine la scène musicale africaine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤         

Davido, ambassadeur nigérian de l’afropop


Propos recueillis par                                            Emile Costard




LE MONDE
              datetime="2018-07-24T17:16:06+02:00"

        Le 24.07.2018 à 17h16






Durée : 02:52 | 

Originaire d’une famille dont la fortune est estimée à 700 millions de dollars par la revue Forbes, le Nigérian Davido s’est imposé en quelques années comme l’ambassadeur de l’afropop à travers le monde.
Véritable machine à tubes, l’artiste a rejoint Sony en janvier 2016 avec un contrat avoisinant le million de dollars. Davido incarne une réussite qui se traduit en voitures de luxe et en bouteilles de champagnes. « Thirty billion for the account. Versace and Gucci for your body, baby » (« trente milliards pour ton compte. Pour ton corps, bébé, du Versace et du Gucci »), chante-t-il dans If, titre sorti en 2017 et qui enregistre plus de 66 millions de vues sur YouTube. Il a également collaboré avec l’artiste américain Young Thug.
A l’occasion d’un concert à Paris dans le cadre du festival Afropunk, le 15 juillet à la Villette, Davido a répondu aux questions du Monde Afrique.


                

                     Joie et émotion lors du premier vol depuis vingt ans entre l’Ethiopie et l’Erythrée

                

                     Au Cameroun, une vidéo montre des femmes et des enfants exécutés par des hommes en tenue militaire

                

                     Racisme, Trump, Mandela : ce qu’il faut retenir du discours d’Obama à Johannesburg


<article-nb="2018/07/24/18-4">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤     


                La chanson d’amour de Christophe Michalak : « With or Without You », de U2


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 24.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h50
                 |

            Catherine Rollot (Propos recueillis par)

















Derniers articles publiés


            « L’écologie intégrale n’est pas ce que vous croyez »


            L’ombre du Mossad sur Paris


            Petits et grands du vin s’affrontent dans le film   « Mondovino »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins


            La chanson d’amour d’Erik Orsenna :« Pierre », de Barbara






les plus partagés










Elu meilleur pâtissier du monde en 2005, Christophe Michalak a travaillé dans les plus grandes maisons. Après un passage à la télévision comme juré et animateur d’émissions culinaires, il fonde sa propre enseigne en 2015. A la tête de trois boutiques à Paris et d’un salon de thé, le chef pâtissier va ouvrir en octobre un haut lieu de la gourmandise en plein cœur de Tokyo. 
En 1987, quand le titre est sorti, j’avais 14 ans. Je me souviens de la pochette de l’album The Joshua Tree d’où est extrait With or Without You avec, au recto, une photo en noir et blanc des quatre membres du groupe, et, au verso, cet arbre un peu fantomatique qui a donné le nom au disque.
A l’époque, je n’étais pas une « flèche » en anglais, et je ne comprenais pas vraiment les paroles de la chanson. Mais la force de la mélodie et de la voix de Bono m’a touché. Comme beaucoup, c’est grâce à ce morceau que j’ai découvert le groupe irlandais, et que j’en suis devenu un fan inconditionnel.
Des années plus tard, With or Without You m’a littéralement accompagné pendant une traversée de la Californie. J’avais été marié quelques mois avant de divorcer, j’avais eu des histoires d’amour mais à 36 ans je n’avais pas véritablement trouvé l’âme sœur. Et dans cet Ouest américain, au volant de ma Harley, j’étais plus without que with.
Epopée californienne
J’étais parti me changer les idées, avec deux couples d’amis. Je n’étais pas triste mais en les voyant amoureux, je me disais que ce serait bien que je rencontre enfin la femme de ma vie, le grand amour. Que l’on pouvait bien sûr être heureux en étant célibataire mais que la vie à deux était plus sympa, plus facile à deux. Enfin, c’est ma conviction.
Est-ce la proximité du fameux parc national de Joshua Tree, mais j’ai écouté en boucle cet album, avec une seule oreillette et dans le fracas du bruit de la moto ? Sans doute, le besoin de m’échapper, de me réfugier dans la musique. Les paroles décrivent une relation troublée entre deux amoureux, c’est une longue chanson de près de cinq minutes comme souvent chez Bono et ses acolytes et le texte est un peu mystique. Ce titre, avec One du même groupe mais d’un autre album, me touche au cœur, me donne des frissons à chaque fois que je l’entends. Certains disent que One raconte la difficulté de vivre en couple, que c’est une chanson de rupture. J’ai bien fait de ne pas la choisir !
Un an après mon épopée californienne en moto, en 2010, j’ai rencontré Delphine, l’amour de ma vie, mon épouse et la mère de mon fils. C’est ma partenaire au quotidien et mon associée professionnelle, nous partageons tout et notamment les mêmes goûts musicaux. Et aujourd’hui, je me sens plus que jamais with… avec elle. 


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Catherine Rollot (Propos recueillis par)
    













<article-nb="2018/07/24/18-5">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Alors que le « in » se termine mardi 24 juillet, la section parallèle du festival de théâtre continue jusqu’au 29 juillet.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Du rire aux larmes, une semaine dans le Off d’Avignon

Alors que le « in » se termine mardi 24 juillet, la section parallèle du festival de théâtre continue jusqu’au 29 juillet.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 09h07
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Le In se termine mais le Off continue. Si le rendez-vous « officiel » du festival d’Avignon ferme ses portes le 24 juillet, « l’officieux » se poursuit jusqu’au 29 juillet. Ce décalage de dates ne facilite ni la vie des centaines compagnies et salles du Off ni celle du public, la clôture du « in » étant vécue comme la fin du festival.

Pour tenter de « limiter la baisse de fréquentation en ces derniers jours », l’Association Festival & Compagnie (AF & C) qui édite le catalogue du Off, propose, pour la première fois cette année, une carte d’abonnement (qui donne droit à 30 % de réduction à l’entrée des spectacles) à seulement 1 euro pour les jeunes de 12 à 25 ans. Pour l’heure, la 52e édition de cette section parallèle enregistre des chiffres comparables à ceux de 2017 et ce, malgré la coupe du monde de football et l’absence de pont du 14 juillet. « Nous en sommes à 50 000 cartes vendues et devrions, comme l’année dernière, terminer aux alentours de 68 000 », indiquait, jeudi 19 juillet, Pierre Beffeyte, directeur d’AF & C. Devenu, pour les compagnies de théâtre, un passage incontournable pour tenter de diffuser leurs spectacles en France, le Off 2018 a délivré 2 702 accréditations professionnelles (dont 1272 à des programmateurs) et attiré 542 journalistes.
Privilégier avant tout l’éclectisme
Mais comment couvrir ce rendez-vous tentaculaire ? 133 lieux, 1 538 spectacles : rendre compte de ce festival alternatif relève de la gageure. « Il y a, en réalité, entre 1 200 et 1 300 représentations par jour », constate les responsables de l’AF & C. Pour des raisons budgétaires, de plus en plus d’artistes ne se produisent qu’une petite semaine dans le festival Off, en utilisant le créneau des trois jours de relâche obligatoires pour les compagnies jouant sur toute la durée.
Nous avons passé une petite semaine à arpenter ce Off qui recouvre d’affiches les murs de la ville, anime les rues de parades en tout genre,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-6">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/07/2018
Découvrir l’application


                        

Travestie, juridique, ratée : trois séries d’été

Chaque mardi, « La Matinale » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 09h51
    |

            Renaud Machart








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Fin de mois en demi-teinte côté séries. Les curieux découvriront My House, une télé-réalité immergée dans les bals LGBT d’aujourd’hui. Ceux qui préfèrent les valeurs sûres apprécieront la saison 2 de The Good Fight. Quant aux fans de Holly Hunter et Tim Robbins, ce sont probablement les seuls qui apprécieront Here and Now, la dernière création – de courte durée – d’Alan Ball.
« My House » : immersion dans la culture « balls »


My House from Mieka | Mieka on Vimeo.

Alors que Pose, la série de Ryan Murphy, voit son huitième et dernier épisode diffusé cette semaine sur Canal+ séries (avant une deuxième saison confirmée pour 2019), une autre série située dans le même milieu des balls (« bals ») de la communauté LGBTQ new-yorkaise est produite et diffusée par Viceland – hélas non accessible en France, bien que le site Internet y annonce sa disponibilité prochaine.
Si Ryan Murphy fait une œuvre de fiction très documentée sur ces lieux où les personnes transgenres, trouvaient un havre de paix et de créativité dans les années 1980, My House est une série de télé-réalité immergée dans les bals d’aujourd’hui. Mais la concomitance de leur diffusion dit que, décidément, cette scène artistique est dans l’air du temps, largement illustrée déjà par la compétition pour transformistes de RuPaul Charles, RuPaul’s Drag Race, dont la dixième saison s’est achevée le 28 juin (et dont quelques-unes des saisons passées sont disponibles sur Netflix).
On pourra aiguiller également le lecteur vers la série documentaire Voguers of Paris (2017), réalisée par Chriss Lag et Xavier Héraud pour Hornet France et disponible sur YouTube. Elle dépeint la scène parisienne grandissante de cette culture importée du Ball nord-américain. Renaud Machart
« My House », docu-série créée par Viceland. Avec Tati 007, Alex Mugler, Jelani Mizrahi, Lolita Balenciaga, Relish Milan, Precious Ebony (EU., 2018, 10 x 22 min.) A la demande sur Viceland (aux Etats-Unis et au Canada).
« The Good Fight » (saison 2) : la force du réalisme

On n’imaginait pas pouvoir oublier de sitôt les sept attachantes saisons de The Good Wife (2009-2016) et son personnage principal, Alicia Florrick, joué par Julianna Margulies. C’est pourtant ce à quoi est parvenue sa suite, The Good Fight (2017-2018), dont la deuxième saison vient d’être rendue disponible sur Amazon Video.
On le doit à un scénario plus vif et à moins d’affaires grotesques défendues par le cabinet afro-américain où exerce désormais Diane, et aussi à l’épatante Christine Baranski, qui incarne cette dernière, devenue premier rôle. Cette grande bringue BCBG va faire usage pendant quelque temps de stupéfiants censés l’aider à supporter l’horreur que suscite en elle l’actuel président des Etats-Unis. Car l’une des autres forces de The Good Fight est sa capacité à se calquer, quasiment en temps réel, sur l’actualité socio-politique nord-américaine. R. Ma.
« The Good Fight » (saison 2), série créée par Michelle et Robert King. Avec Christine Baranski, Cush Jumbo (EU, 2018, 13 x 49-55 min). Amazon Video à la demande.
« Here and Now » : promesses non tenues

Nous écrivions en mars : « Au mitan des dix épisodes que compte Here and Now, diffusés chaque semaine en US +24, il est encore difficile de savoir où nous mène Alan Ball. Mais cette incertitude a pour vertu de faire attendre avec impatience l’épisode qui suit. Ce n’est pas tant la destination que le trajet qui en l’occurrence importe. »
Hélas, après avoir vu l’intégralité de cette série prometteuse par sa dimension surnaturelle mais non reconduite pour une deuxième saison, on a vite compris que le trajet menait à un cul-de-sac narratif – et un dernier épisode particulièrement ridicule, probablement troussé à la hâte après son annulation par la chaîne américaine HBO.
On peut revoir cependant Here and Now, qui tient autant de Brothers and Sisters (2006-2011), créée par Jon Robin Baitz, que de This is Us, créée en 2016 par Dan Fogelman, pour la présence de deux grands acteurs, Holly Hunter et Tim Robbins, qui n’imaginaient sûrement pas qu’Alan Ball, le créateur de Six Feet Under (2001-2005), allait les entraîner dans une telle mésaventure… R. Ma.
« Here and Now », série créée par Alan Ball. avec Holly Hunter, Tim Robbins, Daniel Zovatto, Peter Macdissi (EU, 2018, 10 x 55 min). Sur OCS à la demande.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-7">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Notre choix du soir. Créée par Fabien Nur, par le scénariste de BD, la série « Guyane » mêle une histoire de filiation à du roman noir très contemporain (sur Canal+ à 21 h 00).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

TV - « Guyane » : l’ex-para, l’ingénieur et les filons d’or

Notre choix du soir. Créée par Fabien Nur, par le scénariste de BD, la série « Guyane » mêle une histoire de filiation à du roman noir très contemporain (sur Canal+ à 21 h 00).



Le Monde
 |    23.07.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Canal+ à 21 h 00

Remarquable. Ceux qui connaissent la Guyane y retrouveront sa nonchalance mêlée de violence. Ceux qui n’y ont jamais mis les pieds découvriront un pur récit d’aventures en terre française, sur le plus petit territoire d’Amérique du Sud. Guyane investit un genre nouveau pour Canal+, qui, après avoir exploré le noir nordique, l’espionnage, la série politique, la fiction historique ou le monde policier-judiciaire, se lance dans une forme de western des temps actuels, sur fond de documentation très rigoureuse. Un western qui a pour cadre ce petit bout de France vibrant des échos de ­l’orpaillage clandestin et du jeu du gendarme et du voleur engagé contre les camps sans cesse ­renaissants des chercheurs d’or, esclaves de la boue et du mercure ou esclavagistes sans scrupule.
Ecrite par le scénariste de bande dessinée Fabien Nury (à qui le Festival d’Angoulême a consacré une exposition en 2015), réalisée par Kim Chapiron et Philippe Triboit, Guyane nous transporte dans le village fictif de Saint-Elias, dernier hameau sur l’Oyapock avant la luxuriante et dangereuse forêt amazonienne.
Le vrai sens d’« aventurier »
C’est là que débarque Vincent Ogier, ingénieur géologue de l’Ecole des mines, pour un stage de fin d’études. La tête froide, ambitieux, le jeune homme va vite s’associer à ­celui que les médias dénomment « le Parrain de l’or », le truand ­Antoine Serra. Un « patron » qui détient l’hôtel où les garimpeiros viennent dépenser leurs grammes d’or en filles et en alcool. Un « banquier » qui fait office de sécurité sociale en alimentant seul le dispensaire du village. Un ancien para prêt à tout pour ne rien céder au cartel brésilien de l’or, qui sévit de l’autre côté du fleuve… C’est ainsi que, en quelques semaines, Vincent va apprendre ce que signifie « être un aventurier ».
Pour donner une plus large idée de la richesse de Guyane – hormis la superbe interprétation qu’y livrent tous les acteurs –, il faudrait aussi évoquer le rôle capital qu’y jouent les femmes, ou même un personnage secondaire local, la ­picolette, un oiseau que l’on entraîne au chant pour des championnats en lui passant les Suites pour violoncelle seul de Bach…
Guyane, saison 1, série créée par Fabien Nury. Avec Mathieu Spinosi, Olivier Rabourdin, Issaka Sawadogo, Anne Suarez
(France, 2016, 8 × 52 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-8">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤     


                La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 23.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 10h16
                 |

            Pascale Krémer

















Derniers articles publiés


            Quand des rats de bibliothèque réveillaient les réseaux de neurones


            « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »


            Djibouti, centre névralgique de la lutte contre le terrorisme et la piraterie



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins






les plus partagés










Agnès B. est styliste, à la tête d’un réseau de 286 boutiques, 25 restaurants et 3 galeries d’art dans le monde, et engagée auprès de nombreux artistes et associations caritatives.
« Ce poème de Louis Aragon chanté par Léo Ferré est absolument magnifique ! Aragon s’inspire de la lettre qu’a écrite Michel Manouchian à sa femme Mélinée, avant d’être fusillé au mont Valérien, en février 1944. Quand il lui dit : « Marie-toi, sois heureuse et pense à moi souvent/Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses », et « Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline/Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant », c’est d’une générosité d’amour extraordinaire.
Il pense à sa vie à elle avant de penser à sa propre mort. Il n’y a pas de plus belle preuve d’amour que d’écrire ça quand on sait qu’on va mourir. Que de donner à celle qu’on aime cette liberté de vivre ce qu’elle aura envie de vivre. C’est ça que j’admire, parce que c’est ce qu’il y a de plus difficile, de plus contraire à la nature humaine. Moi, j’ai dû lutter contre ma jalousie.
« Jean Moulin, mon héros »
Ce texte m’a toujours bouleversée. Quand j’avais 11 ans, déjà, il me faisait pleurer. Jean Moulin est mon héros, depuis toute petite. Sur le miroir de ma chambre, j’ai accroché une photo de lui découpée dans le journal. Le courage m’impressionne. Les résistants torturés, les premiers chrétiens persécutés, tout ça m’interroge. Est-ce que j’aurais eu le courage de résister, moi ? Je me souviens de la voix de Malraux qui résonnait dans mon quartier Saint-Michel, à la nuit tombante, ce jour de 1964 où les cendres de Jean Moulin ont été transférées au Panthéon… Tellement impressionnant.
L’Affiche rouge, évidemment, parle des immigrés qui sont morts pour nous. Quand il est dit : « Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles », je pense aux migrants qui essaient de se mettre à l’abri. Ce n’est quand même pas comme si une marée humaine nous arrivait dessus pour s’emparer de tout ! Il faut se mettre à la place de ces femmes qui accouchent dans les bateaux. Se ressaisir. On pourrait faire plus, autrement, je suis sûre. On n’en appelle pas assez à la générosité des Français. Il y a plein de bonnes volontés. Il faut aussi que les riches partagent et paient leurs impôts en France. Tout de même, persécuter ceux qui sont courageux, qui tentent d’aider les migrants, ce n’est pas dans nos traditions ! »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













<article-nb="2018/07/24/18-9">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le musée compte sur le succès du clip tourné par le couple d’artistes américains pour déclencher des visites.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Avec Jay-Z et Beyoncé, « le Louvre devient une marque cool »

Le musée compte sur le succès du clip tourné par le couple d’artistes américains pour déclencher des visites.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h41
    |

                            Simon Auffret








                        


Devant La Vierge au coussin vert, le regard d’Eline Decoste, 13 ans, navigue entre le tableau du peintre Solario et son téléphone, sur lequel est ouverte la description de l’œuvre entre deux paragraphes sur la Victoire de Samothrace et la Pietà de Rosso Fiorentino. « Ce sont des œuvres que j’ai pu apercevoir en cours, glisse la jeune fille, originaire de banlieue parisienne. Je ne sais pas toujours comment les interpréter, mais c’est bien de les voir en vrai. »

        L’analyse du clip :
         

          « La vidéo de Beyoncé et Jay-Z au Louvre renvoie à un défi des grands musées : faire parler de soi »



Au cours de cette matinée ensoleillée du mois de juillet, Eline visite pour la première fois le musée du Louvre. « Je pensais l’y emmener depuis longtemps, explique sa mère, Stéphanie Decoste, à ses côtés au milieu de la Grande Galerie. Après avoir vu le clip de Beyoncé et Jay-Z, on s’est dit que c’était l’occasion. »
Pendant une heure et demie, elles vont suivre un guide mis en ligne par le musée répertoriant les dix-sept œuvres utilisées comme références par le duo, sous leur nom The Carters, dans le clip du morceau APES**T, issu de leur album Everything is Love.

Tourné pendant deux nuits dans l’enceinte du Louvre, il laisse à voir plusieurs tableaux majeurs de la collection permanente — La Joconde de Vinci, Les Noces de Cana de Véronèse, Le Sacre de Napoléon de Jacques-Louis David — et des œuvres moins connues du grand public — L’Officier de chasseurs à cheval de Géricault, la statue d’Hermès rattachant sa sandale, le Portrait d’une femme noire de Marie-Guillemine Benoist.
« Des partenariats qui ont du sens »
Pour le musée, l’opération est déjà un succès : depuis sa sortie, le 16 juin, le clip a été vu par plus de 80 millions de personnes. « On essaie de trouver des partenariats qui ont du sens », dit Anne-Laure Béatrix, directrice des relations extérieure du Louvre, qui veut exploiter cette visibilité pour toucher un public considéré comme éloigné de l’art classique, peu à même de faire la démarche d’une visite dans un musée comme celui-ci.
Une telle espérance — les conséquences sur la billetterie sont difficilement mesurables pour l’instant, selon le Louvre — est inédite : également tournés dans le musée, le clip de will.i.am Mona Lisa ou le film Da Vinci Code n’avaient pas suscité le même engouement du public.
« Il y a une étincelle qui s’opère chez les jeunes quand on les accroche en utilisant cette référence, appuie Pierre-Hadrien Poulouin, médiateur du musée. Le Louvre devient une marque cool, où il peut se passer des trucs intéressants. »

   


En animant un atelier avec les adolescents d’un service de pédopsychiatrie de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), Pierre-Hadrien Poulouin a vu « leur capacité d’attention battre des records : on a passé deux heures dans le musée, et ils en voulaient encore ». Les artistes deviennent le lien entre deux mondes culturels, « créant une curiosité autour des œuvres », selon le médiateur, qui devrait réitérer l’expérience dans un partenariat avec les écoles de la deuxième chance — destinées aux jeunes de moins de 26 ans, sans diplôme ni qualification professionnelle — dès la rentrée prochaine.
Lors d’une visite avec la maison d’arrêt d’Osny (Val-d’Oise), « un groupe de jeunes détenus s’est arrêté devant la Victoire de Samothrace », raconte également Anne-Laure Béatrix pour montrer la diffusion de l’œuvre permise par le clip. « Ils ont pris des photos en reproduisant la pose prise par les danseurs autour de Jay-Z et Beyoncé. »
« Le regard de cette femme, on ne l’oublie pas »
« La qualité du travail qu’ils ont produit fait que le musée n’est pas simplement un décor, mais s’intègre dans le contenu même du clip », continue Anne-Laure Béatrix. Dans la vidéo de six minutes, les deux stars américaines mettent en scène leur immense réussite sociale et artistique, composent autour des œuvres un message de revendication des droits des Afro-Américains, font se croiser les codes les plus récents du hip-hop avec ceux d’un art multiséculaire. « Au-delà du symbole, leur vidéo nous permet de travailler sur la représentation du pouvoir par l’image », autant dans les œuvres que par la forme prise par le clip, constate Pierre-Hadrien Poulouin.

        Comment Beyoncé et Jay-Z
         

          mettent en avant la fierté noire au Louvre



C’est ce que cherche à comprendre Sofia, 23 ans. « Je suis déjà venue au Louvre, mais certaines œuvres du clip m’ont interpellée », explique la Parisienne en observant le dernier tableau du parcours : Le Portrait d’une femme noire de Marie-Guillemine Benoist. Peint par une femme en 1800, incarnant pour l’une des premières fois une femme noire en dehors d’une représentation de l’esclavage, le tableau s’inscrit au centre du message porté par The Carters et constitue l’avant-dernière image du clip.
« Quand on a la chance d’avoir des ambassadeurs qui nous disent de regarder ces œuvres, tout d’un coup, le regard de cette femme, on ne l’oublie pas », appuie Anne-Laure Béatrix. Le musée compte bien sur la mémoire de tous les fans de Jay-Z et de Beyoncé pour qu’ils gardent, à leur tour, le Louvre en tête.

        Le clip d’APES**T, symptomatique d’une tendance :
         

          Quand le rap épate les galeries d’art






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-10">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Delon en six films-cultes (2/6). Le cinéaste italien voit dans l’acteur, qui le subjugue, un talent, dont il veut faire sa créature. Dans « Rocco et ses frères », puis en  1961 dans « Le Guépard », qui lui vaut une reconnaissance internationale.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/07/24/18-11">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ D’anciens tweets de James Gunn, contenant notamment des plaisanteries sur la pédophilie, ont été exhumés par des figures de l’extrême droite américaine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

L’éviction par Disney du réalisateur des « Gardiens de la galaxie » fait polémique

D’anciens tweets de James Gunn, contenant notamment des plaisanteries sur la pédophilie, ont été exhumés par des figures de l’extrême droite américaine.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 06h38
   





                        



   


« Si vous faites ça à James Gunn, vous devez le faire à tous les autres réalisateurs qui ont fait des blagues de merde à un moment donné dans leur vie, c’est-à-dire tous. » Dans une pétition publiée en ligne, plus de 170 000 internautes exhortent Disney à revenir sur sa décision de se séparer de James Gunn, le réalisateur des deux premiers films Les Gardiens de la galaxie.
Le géant du divertissement a fait cette annonce vendredi 20 juillet après que d’anciens tweets « offensants » ont refait surface. « Ils sont indéfendables et incompatibles avec les valeurs de nos studios », a déclaré le directeur des studios Disney, Alan Horn, au Hollywood Reporter. Résultat : le réalisateur ne travaillera plus sur le troisième volet des Gardiens de la galaxie, dont le tournage était prévu à l’automne.
Dénoncé par des figures de l’extrême droite
Les tweets en question – plus d’une quinzaine – datent pour les plus vieux de près d’une décennie. Ils contiennent notamment des plaisanteries sur la pédophilie ou le viol, exhumées jeudi par des voix d’extrême droite américaines. Au premier rang desquelles Mike Cernovich, figure influente de l’« alt-right », soutien de Donald Trump et connu pour propager des théories du complot. Il fut notamment l’un des principaux relais du « pizzagate », une théorie conspirationniste selon laquelle Hillary Clinton et son directeur de campagne, John Podesta, étaient à la tête d’un réseau pédophile au cœur duquel se trouvait une pizzeria de Washington.

#WalkAway https://t.co/cI8BdWxedu— JackPosobiec (@Jack Posobiec🇺🇸)


require(["twitter/widgets"]);

Mike Cernovich estime que les tweets de James Gunn font de lui un pédophile. « James Gunn n’a pas fait quelques blagues », écrit-il sur le réseau social :
« Il discutait ouvertement de pédophilie. Il représente tout ce qui ne va pas à Hollywood. J’adore les blagues de mauvais goût et l’humour noir. Ce n’est pas ce qu’il a fait. Aucune pédophilie ne doit être acceptée ! » 
Mike Cernovich, s’interroge aussi sur les enfants qui ont tourné dans ses films : « Ont-ils été maltraités ? ». Il a également écrit que cette affaire était « la preuve [de l’existence] d’un réseau pédophile opérant à Hollywood ». Et incité ses 427 000 abonnés à contacter Disney pour protester – avec succès, l’entreprise américaine ne voulant pas voir son nom associé au mot « pédophilie ».
Ce n’est pas la première fois que James Gunn est épinglé pour ses propos. En 2012, il avait présenté ses excuses après un billet de blog dans lequel il listait « les 50 superhéros avec lesquels vous voulez faire l’amour ». L’association LGBTQ américaine Glaad (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation) avait dénoncé un texte homophobe et sexiste, dans lequel il écrivait, notamment, qu’il espérait que le personnage de Tony Stark pourrait « changer » Batwoman, superhéroïne lesbienne.
« Je suis très différent de ce que j’étais »
« La plupart des gens qui ont suivi ma carrière savent que lorsque j’ai commencé je me voyais comme un provocateur, en faisant des films et des blagues outranciers et tabous », a écrit James Gunn vendredi, après son éviction par Disney, dans une série de tweets.
« Mais je suis très, très différent de ce que j’étais il y a quelques années. Aujourd’hui j’essaie d’ancrer mon travail dans l’amour et le lien, moins dans la colère. Les jours où je disais quelque chose juste pour choquer et faire réagir sont derrière moi. Par le passé, je me suis déjà excusé pour mon humour, qui avait heurté des gens. J’étais sincèrement désolé et j’ai toujours pensé chaque mot de ces excuses. »
Plusieurs personnalités d’Hollywood ont élevé la voix pour critiquer son licenciement
Dans un communiqué transmis à la chaîne américaine ABC, James Gunn a aussi écrit qu’il « comprenait et acceptait » la décision de Disney. Ce n’est toutefois pas le cas de plusieurs personnalités d’Hollywood, qui ont élevé la voix ces derniers jours pour critiquer son licenciement. A commencer par plusieurs acteurs des Gardiens de la galaxie, comme Dave Bautista ou encore Patton Oswalt, qui s’en est pris à Mike Cernovich en pointant un de ses anciens tweets : « Les gars, est-ce que vous avez déjà essayé de “violer” une fille sans utiliser la force ? Essayez. C’est clairement impossible. Le “date rape” n’existe pas », écrivait en 2012 Mike Cernovich à propos des viols dans le cadre d’un rendez-vous amoureux.
Justin Roiland, le créateur de la série animée Rick et Morty, a également fait part de son effarement, et l’actrice Selma Blair, amie du réalisateur, a diffusé la pétition. « Si les gens sont punis alors qu’ils ont changé, quel est le message envoyé sur le repentir et l’évolution ? », a tweeté la comédienne.
Ce type d’argument agace Mike Cernovich, qui juge qu’un conservateur n’aurait pas bénéficié de tels soutiens. « Aujourd’hui, les “vieux tweets” sont “des blagues” et donc ne comptent pas. Jusqu’à ce que l’on retrouve une mauvaise blague d’un conservateur », écrit-il. James Gunn, lui, est connu pour ses positions anti-Trump.
Le sénateur républicain Ted Cruz s’en est lui aussi mêlé. « Les tweets de James Gunn sont tout simplement horribles », a-t-il écrit sur le réseau social. « Le viol d’enfants n’est pas un sujet de plaisanterie. En tant que solliciteur général [représentant légal] du Texas, j’ai eu affaire à de trop nombreux cas d’agressions sexuelles sur des enfants. L’horreur. Je suis heureux que Disney l’ait licencié, mais si ces tweets sont vrais, alors il doit être poursuivi. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-12">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans la programmation tentaculaire du North Sea Jazz Festival, Le jazz et la salsa a fait son choix : les géants de la salsa Rubén Blades et Willie Colon et les légendes du funk Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

North Sea Jazz : de la fièvre de la salsa à la fièvre du samedi soir

Dans la programmation tentaculaire du North Sea Jazz Festival, Le jazz et la salsa a fait son choix : les géants de la salsa Rubén Blades et Willie Colon et les légendes du funk Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h49
    |

                            Yannick Le Maintec








                        


15 scènes, 150 concerts, 75.000 visiteurs. Le North Sea Jazz, c’est le géant des mers des festivals de jazz. J’avais été attiré à Rotterdam par la double affiche Rubén Blades/Willie Colón, annoncée des semaines avant leurs concerts parisiens. C’est toute la force du NSJ : attirer les foules grâce à ses têtes d’affiche. Son affiliation au tourneur Live Nation lui facilite grandement les choses. Dans son écurie : Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire, programmés samedi soir... Comment résister ? Compte-rendu de la 43è édition du North Sea Jazz Festival qui s’est déroulée les 13, 14 et 15 juillet 2018.

   


La son de la salsa new-yorkaise
S’il n’a pas à rougir de sa carrière solo (il restera un des piliers de Fania), les vies antérieures de Willie Colón seront sa malédiction. Difficile pour le tromboniste de rivaliser avec La voix, Héctor Lavoe. Avec « El Malo » en 1967, Colón impose un son nouveau et devient le fer de lance du label Fania. Dix ans plus tard, sa collaboration avec le chanteur engagé Rubén Blades révolutionne une nouvelle fois le genre. En 1978, « Siembra » sera l’album le plus vendu de l’histoire de la salsa. Une collaboration qui se terminera en batailles sans fin, les ex-associés ayant fini par se détester comme dans toute bonne histoire de groupe de rock.
Vendredi. 23h15. Salle « Hudson ». Chacun s’installe sagement dans son siège. Cravate blanche et lunettes noires, Willie Colón se présente à son public. Premier riff de trombone : Che Che Cole. Tout le monde se lève et se précipite vers la scène telle la foule au Yankee Stadium. Le medley d’une vingtaine de minutes retrace l’aventure Lavoe. Calle Luna, Calle Sol, Te Conozco Bacalao, première passe d’armes entre trombones. Si le tour de chant s’attarde sur les titres plus romantiques (Gitana, Que Sera, Usted Abuso) de Colón, c’est la section de cuivres agressive qui impressionne.
Habillement l’orchestre réunit musiciens européens (parmi lesquels Boris Caicedo, ancien directeur musical de Yuri Buenaventura) et états-uniens. Trois trombones, Willie bien sûr, le français Olivier Caron, l’indispensable Ozzy Melendes plus le sax Bobby Franceschini pour un son rugueux comme la conclusion explosive d’Idilio, parfait résumé de l’art de Willie Colón ou comment imprimer sur la musique traditionnelle une couleur résolument urbaine, somme toute l’histoire de la salsa.



Comment Nile est redevenu chic

   


Samedi 21. Chic au « Nile », ça ne s’invente pas : la plus grosse salle du festival, 10.000 places, pleine à craquer. Dernières balances. « Je sais, ça fait pas super professionnel » s’excuse Nile Rodgers. Au contraire. Une voix off égrène les tubes à venir, harangue la foule : « Tapez dans vos mains. Faites du bruiiiit ! » Nile Rodgers & Chic s’inscrit en lettres géantes pendant que monte le son. Les musiciens tournent le dos à la salle, Nile et ses chanteuses tout en rouge. Les chanteuse font face au public, entament Everybody Dance pendant que le guitariste tout sourire balade sa silhouette nonchalante le long de la scène.
Dance Dance Dance. Les tubes s’enchaînent. I Want Your Love, Le Freak. Nile invoque Sister Sledge : We Are Family, He Is The Greatest Dancer, mais également Diana Ross : I’m Coming Out, Upside Down. Nile est aussi derrière ces tubes-là. Good Times, le public est invité à monter sur la scène tandis que Nile se met à rapper, rapelant Rappers Delight, le premier hit de l’histoire du hip-hop. Pendant les années 80, c’est haro sur le disco. Nile écrit pour Bowie, Madonna et Duran Duran. Le Chic nouveau surprend en reprenant Let’s Dance et Like a Virgin.

        Lire aussi :
         

                Dans le nid de Nile Rodgers



Sous les feux de mille briquets, pardon mille portables, Nile évoque son combat contre le cancer qu’il a vaincu en 2013. A cette période (qu’il décrit sur son blog Planet C), il décide de faire plus de musique qu’il n’en avait jamais fait jusque là, et reçoit l’appel de deux français. Ils enregistrent Get Lucky. Le hit mondial de Daft Punk sera le climax d’un tunnel de 1h30 de numéros uns.
Après la disparition en 1996 du co-fondateur du groupe, le bassiste Bernard Edwards, il était temps de sortir la marque Chic de son purgatoire Nile Rodgers reforme Chic et en fait la vitrine de son immense carrière. Avouons-le, on prend son pied. L’expérience est jouissive et régressive et nous offre de très bons moments musicaux : voix puissantes de Folami Ankoanda Thomson, Kimberly Davis, duos avec le bassiste Jerry Barnes, solo du batteur Ralph Rolle. Un nouvel album est prévu pour septembre prochain. Nile Rodgers n’a pas dit son dernier mot.



Let’s groove
Pour vous, Fantasy dispute aux Sirènes du port d’Alexandrie la palme du mauvais goût ? Omar Sy et son Boogie Wonderland peinent à vous décrocher un sourire ? Le remède : voir Earth, Wind & Fire sur scène. Je parle bien de la formation originale dont les apparitions se font rares alors que le contusionnant Experience d’Al McKay écume les scènes européennes. Samedi 23h au « Nile » : introduction pyrotechnique et costumes étincelants devant 10.000 spectateurs survoltés. Sing A Song, After The Love Has Gone, Gotta Get You into My Life, c’est parti pour 1h30 de show.
De la distribution originale ne restent que Philip Bailey, Ralph Johnson et Verdine White. Maurice White, le fondateur du groupe disparu en 2016, apparaît irremplaçable. Le batteur chanteur avait arrêté les tournées en 1996 à la suite du diagnostic de la maladie de Parkinson. Phil Bailey Jr et B. David Whitmore, percussionistes chanteurs également (la marque du groupe ?), s’intègrent parfaitement. Les solistes se complètent et se rejoignent dans le chœur intact.
Les tubes sont laissés de côté, place au funk. Verdine se déchaîne à la guitare basse, Phil Bailey, le chanteur adolescent de 67 ans, à la voix de fausset parfois faussée (pardon !) passe de percussion en percussion avant de finir à la kalimba. Tout ce petit monde prend du plaisir et fait plaisir à voir. Let’s Groove semble être le mot d’ordre. September, Boogie Wonderland, Fantasy arriveront enfin dans une conclusion orgastique.



La salsa en mode crooner

   


Dimanche 19h. Le « Maas », l’autre grande salle du festival. Après sa tournée d’adieu (à lire dans les archives du blog), Rubén Blades s’offre des prolongations avec le Salsa Big Band, la version grand ensemble de l’orchestre de Roberto Delgado : basse, piano, keyboard, une batterie en plus des traditionnels bongos, congas et timbales, et les soufflants : cinq sax, quatre trompettes, quatre trombones.
Plus brièvement, format oblige, que l’an dernier à Barcelone ou le lendemain à Paris, le poète de la salsa parcourt sa longue carrière : Todos Vuelven (sur l’écran défilent les images des figures de la salsa), Patria, la chanson poignante qu’il a écrite lorsqu’il a quitté le Panama en 63, invoque Louie Ramírez et la Fania All-Stars (Juan Pachanga ) et Seis Del Solar, le groupe qu’il a formé après avoir quitté Colón (Cuentas Del Alma), le tout réarrangé façon big band.

        Lire aussi :
         

                Ruben Blades, la salsa qui donne à penser



Moins dans l’interprétation qu’à son habitude, Blades se la joue crooner, multipliant les hommages à Tony Bennett et à Franck Sinatra. Il chante quelques titres en anglais, pas désagréables. La voix n’a pas bougé malgré le poids des années. Une ambiance feutrée, jazzy, qui s’intègre parfaitement au festival (vendredi soir dans la même salle le Metropole Orkest avait accompagné Gregory Porter dans son hommage à Nat King Cole). Le temps d’un titre très swing Rubén cède sa place au trompettiste cubain Wichy Lopez. De son dernier album « Salsa Big Band », Rubén extrait Arayué puis reprend Mack The Knife, le titre qui a inspiré Pedro Navaja.
« La vida te da sorpresas, Sorpresas te da la vida, Ay dios. » C’est au tour du public de reprendre en cœur le refrain de la chanson emblématique. Muevete de Juan Formell permet au chanteur de s’eclipser en tirant son chapeau tandis que l’orchestre se déchaîne dans une dernière descarga. Au revoir Rubén ! A soixante-dix ans (il les fêtera le lendemain au Bataclan), l’acteur-chanteur n’a plus de temps à perdre. Il souhaite se concentrer sur des projets précis, comme Medoro Madera, son alter-ego cubain dont il vient de sortir un album, en attendant un éventuel retour à la politique en 2019.



Le jazz de Ramon Valle
Dimanche 23h. Salle « Madeira ». Le North Sea est d’abord un festival de jazz. Ce dernier rendez-vous se chargera de me le rappeler. Il faut savoir se perdre dans les allées de l’immense complexe qu’est l’Ahoy, s’écarter des chemins balisés, entrer dans les petites salles afin de retrouver l’ambiance des clubs.
« C’est quoi, le jazz de Ramón Valle ? » interroge le pianiste cubain. Il donne la réponse : Pas du jazz cubain, pas du latin-jazz, le jazz de Ramón Valle, simplement, libre comme il le définissait lors de notre rencontre en 2014. On connaissait le talent de compositeur du cousin d’Orlando « Maraca » Valle. Sur la scène du North Sea, il déconstruit son titre fétiche Levitando. Quelle inventivité ! Quelle vivacité ! L’orgue amène un semblant de modernité pendant que le jeune batteur néerlandais Jamie Peet apporte au trio une énergie renouvelée. Dans son nouvel album, « The time is now », Ramón invite le trompettiste Roy Hargrove pour une touche résolument contemporaine. Une nouvelle direction clairement perceptible sur scène.
Alors que vous avez trois jours de festival dans les jambes, que vous avez dormi cinq heures par nuit et que vous retrouvez déshydraté dans une salle surchauffée, Ramón Valle vous plonge dans une oasis de fraîcheur musicale.



Lire aussi : Free Jazz Man
Le North Sea, c’est fini. J’aurais pu vous raconter Pedrito Martínez, le Metropole Orkest, la New British Jazz Invasion, Snarky Puppy, Marcus Miller ou Gregory Porter. Quels que soient vos goûts en matière de jazz ou de musique noire, le North Sea Jazz, c’est la possibilité de se concocter un programme à la carte, un festival de rêve ? A la condition d’éviter le zapping, mal insidieux qui a tendance à ronger la manifestation.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-13">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La festival californien s’est achevé dimanche. L’occasion de faire le point sur les annonces et les (nombreuses) bandes-annonces présentées.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

« Star Wars » ou « Doctor Who »… Ce qu’il faut retenir du Comic-Con de San Diego

La festival californien s’est achevé dimanche. L’occasion de faire le point sur les annonces et les (nombreuses) bandes-annonces présentées.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 16h58
    |

                            Bastien Lion








                        


Le San Diego Comic-Con (SDCC), grand-messe de la pop culture américaine, s’est achevé dimanche 22 juillet après quatre jours de Salon. Comme chaque année, les studios en ont profité pour enchaîner les annonces et les images inédites de leurs futures productions. Voilà ce qu’il fallait en retenir.
« Star Wars : the Clone Wars » aura bien une conclusion

Voilà un retour qui a surpris tout le monde. Absent physiquement du Comic-Con, Disney a tout de même marqué le week-end en dévoilant la bande-annonce d’une nouvelle saison de la série animée Star Wars : the Clone Wars. Salué pour sa qualité d’écriture et souvent qualifié de supérieur à la prélogie de George Lucas, le show s’était pourtant brusquement arrêté en 2013 pour faire de la place à Rebels. Cette nouvelle saison devrait répondre à de nombreuses questions laissées en suspens.
« Aquaman », « Titans »… quand Marvel n’est pas là, DC danse
Mises à part quelques annonces de comics et des nouvelles images du jeu vidéo Spider-Man qui sortira sur PS4 en septembre, Marvel est resté très discret cette année. Une bonne occasion pour DC d’occuper tout l’espace avec une multitude de projets mis en avant. Très attendues, les bandes-annonces d’Aquaman et de Shazam ont enfin été dévoilées. L’univers filmique de DC s’est d’ailleurs trouvé un nouveau nom, « Worlds of DC », qui intègre à la fois la saga débutée avec Man of steel et les films non liés à cet univers, comme celui sur le Joker avec Joaquin Phoenix, prévu pour octobre 2019.

Mais les révélations ne s’arrêtent pas là pour la maison de Batman. Côté petit écran, les fans ont pu découvrir les bandes-annonces des nouvelles saisons de The Flash et Arrow. Mais c’est surtout celle de la série Titans qui a fait parler d’elle. Très éloignée du dessin animé Teen Titans, cette série au ton très sombre est prévue pour la fin de 2018 sur la plate-forme DC Universe. Le « Fuck Batman » lancé par un Robin plus énervé que jamais a donné le ton.

Enfin, l’annonce de l’arrivée de Nicole Maines dans la quatrième saison de la série Supergirl, prévue pour octobre sur CW, a elle aussi fait du bruit. C’est en effet la première fois qu’une actrice transgenre incarne une super-héroïne à l’écran.
Doctor Who : « Vous voulez bien être mes nouveaux meilleurs amis ? »

First look at brand new #DoctorWho https://t.co/UFAHhZEWAx— bbcdoctorwho (@Doctor Who Official)


require(["twitter/widgets"]);

Annoncée depuis plus d’un an, la nouvelle saison de la série Doctor Who s’est offert une première bande-annonce prometteuse. Outre l’apparition d’un docteur campé pour la première fois par une femme, Jodie Whittaker, on peut apercevoir le nouveau design du fameux sonic screwdriver (« tournevis sonique », en français), ainsi que les trois nouveaux compagnons. C’est à eux mais aussi aux spectateurs que le (la ?) nouveau docteur s’adresse en demandant : « Vous voulez bien être mes nouveaux meilleurs amis ? »
« Les Animaux fantastiques » : retour à Poudlard pour Norbert Dragonneau

La suite des Animaux fantastiques, la deuxième saga lancée par J. K. Rowling au cinéma, est programmée pour novembre 2018. La SDCC était l’occasion de servir aux fans une nouvelle bande-annonce des aventures de Newt Scamander (Norbert Dragonneau, en français). On y retrouve le personnage joué par Eddie Redmayne accompagné de ses acolytes du premier film, ainsi que l’antagoniste Gellert Grindelwald, campé par Johnny Depp. Mais l’attraction principale de ce deuxième volet sera bien sûr la présence de Jude Law en Albus Dumbledore, notamment dans des flash-back montrant le directeur de Poudlard dans ses activités de professeur, avec un jeune Norbert parmi les étudiants. Une relation mentor-élève qui devrait réveiller des souvenirs chez les Potterheads, les « fans d’Harry Potter ».
« The Walking Dead » : adieu Rick Grimes
L’information avait plus ou moins fuité depuis plusieurs semaines déjà, mais c’est désormais officiel : Andrew Lincoln quittera The Walking Dead durant la prochaine saison. Reste à savoir ce qu’il adviendra de son personnage, le shérif Rick Grimes, dans une série qui n’a jamais eu peur de tuer ses personnages principaux, parfois très violemment.
Bonnes nouvelles pour les nostalgiques de la Trilogie du samedi
On savait déjà que les sœurs Halliwell allaient faire leur grand retour dans un remake de Charmed, et on a découvert au Comic-Con les premières images du reboot de Roswell, et surtout appris qu’un retour de la cultissime série Buffy contre les vampires était également sur les rails. Cette dernière n’a pas encore de diffuseur ni de casting (la seule information étant la présence d’une Buffy noire), mais elle pourra compter sur son showrunner originel, Joss Whedon, qui revient en tant que producteur exécutif. Personne ne sait en revanche si M6 a commencé à faire de la place dans sa grille du samedi soir.
Des bandes-annonces en pagaille

De nombreuses autres bandes-annonces ont émaillé le week-end. On a notamment pu admirer le retour de Godzilla, qui aura fort à faire face à une myriade de montres lâchés sur la Terre, des images de la troisième saison de The Man in the High Castle, la série Amazon qui imagine un monde occupé par une alliance nippo-nazie, un premier zoom sur Désenchantée, le nouveau show du créateur des Simpsons et de Futurama, ainsi qu’un trailer du film d’animation Dragon Ball Super. Mais la bande-annonce qui a mis tout le monde d’accord était celle de Glass, prochain film du réalisateur de Sixième Sens, M. Night Shyamalan, et suite de Split et d’Incassable. Bruce Willis y sera confronté à Kevin Wendell Crumb et ses 23 personnalités, et à Mr. Glass, méchant d’anthologie interprété par Samuel L. Jackson.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Plus de 130 000 visiteurs sont attendus pour l’édition 2018 du Comic-Con à San Diego."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Comme chaque année, les cosplayeurs sont légion et revêtent les costumes de leurs héros préférés. Batman et Wonder Woman font partie des super-héros les plus populaires."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les personnages de comics sont très représentés au Comic-Con, mais aussi ceux issus des séries. Ici, deux femmes au costume inspiré de « The Handmaid’s Tale », série phénomène et très sombre de Hulu."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Malgré les résultats décevant de « Solo » au box-office, Star Wars a toujours la cote au Comic-Con. Disney a profité de cette occasion pour annoncer le retour de « Clone Wars », une série animée dans l’univers de la Guerre des étoiles, qui s’était arrêtée en 2013."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Poison Ivy, un des personnages du vaste univers de Batman."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Durant le Comic-Con, la ville de San Diego se transforme. On trouve par exemple des super-héros attablés en terrasse des restaurants, comme Thor."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le personnage de Black Panther a volé la vedette cette année au cinéma. Il est devenu en quelques jours l’un des super-héros les plus « bankables » de l’histoire d’Hollywood."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’une des conférences les plus attendues jeudi était celle consacrée à « Doctor Who », célèbre série britannique de science-fiction. Et pour cause : le prochain « Docteur », son personnage principal, sera pour la première fois incarné par une femme, Jodie Whittaker. Les fans ont pu découvrir à l’occasion de cette conférence une nouvelle bande-annonce dévoilant des images inédites."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La publicité fait partie intégrante du Comic-Con, avec de nombreuses opérations de communication. Ici, des femmes habillées en religieuses défilent dans les rues de San Diego pour promouvoir la sortie prochaine du film « La Nonne »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pour fêter le dixième anniversaire de la série culte « Breaking Bad », les acteurs Aaron Paul, à gauche, et Bryan Cranston, à droite, se sont réunis lors d’une conférence au Comic-Con."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Il n’y a pas que les dernières nouveautés qui enthousiasment les visiteurs du Comic-Con. Ceux-ci sont par exemple déguisés en Coneheads, les protagonistes du film du même nom de 1994."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le Comic-Con se poursuit jusqu’au dimanche 22 juillet."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/12

Suivant







Plus de 130 000 visiteurs sont attendus pour l’édition 2018 du Comic-Con à San Diego.

MIKE BLAKE / REUTERS
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-14">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dans les colonnes du magazine américain « Life », le 25 août 1952, paraît « A Man Becomes Invisible », une collaboration entre le photographe Gordon Parks et l’écrivain Ralph Ellison.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/07/24/18-15">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. En 1952, l’auteur d’« Invisible Man » et le photographe Gordon Parks explorent le quartier noir de New York pour interpréter visuellement le roman.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                
                                    

L’« Homme invisible » de Ralph Ellison prend corps à Harlem


                      L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. En 1952, l’auteur d’« Invisible Man » et le photographe Gordon Parks explorent le quartier noir de New York pour interpréter visuellement le roman.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h00
    |

            Samuel Blumenfeld







Le premier est l’un des plus célèbres photojournalistes du magazine américain Life ; le second, l’auteur d’Invisible Man, paru en français sous le titre Homme invisible, pour qui chantes-tu ? (Grasset). Un roman dont l’ambition – raconter une partie de la mémoire noire des Etats-Unis, du Sud profond à Harlem – avait fait sensation lors de sa publication, en 1952, bouleversant le paysage de la littérature américaine.
Gordon Parks et Ralph Ellison étaient amis et ont collaboré sur deux projets autour de Harlem, ce quartier de New York considéré comme l’épicentre de la vie noire en Amérique. Finalisé en 1948, et intitulé « Harlem Is Nowhere » (« Harlem n’est nulle part »), le premier projet est resté dans les tiroirs. Commandé par The Magazine of the Year, le reportage a fait les frais de la faillite du journal, survenue à quelques semaines de la publication prévue. Ralph Ellison a réussi à faire éditer son texte en 1964, mais les photos de Parks sont restées dans un tiroir.
Des photos tour à tour stylisées et surréelles, où s’exprime avant tout le point de vue d’un photographe sur le livre de son ami.
Le second volet de la collaboration Parks-Ellison, « A Man Becomes Invisible » (« un homme devient invisible »), lui, a bien été publié dans les colonnes de Life, le 25 août 1952. Il s’agissait davantage, de la part de Parks, d’une réinterprétation du roman de Ralph Ellison, alors tout juste paru en librairie, avec des photos tour à tour stylisées et surréelles, où s’exprime avant tout le point de vue d’un photographe sur le livre de son ami.
Ellison avait en partie écrit Invisible Man en 1950, alors qu’il habitait chez Gordon Parks. Cette proximité explique en partie la singularité de ce travail photographique. Les deux hommes n’avaient pas besoin de se parler et, selon les témoignages, échangeaient assez peu pendant leur collaboration, tant ils se faisaient confiance et étaient soucieux de respecter la liberté de l’autre.

        Lire aussi :
         

                A Deauville, sur les traces de Françoise Sagan



Ce n’était pas la première fois qu’un photographe et un écrivain collaboraient étroitement pour montrer et décrire la ségrégation aux Etats-Unis. C’était presque devenu un sous-genre littéraire dont le modèle serait 12 Million Black Voices (« 12 millions de voix noires »), l’ouvrage de Richard Wright, auteur de Black Boy, et du photographe Edwin Rosskam, publié en 1941.
L’installation dans les ghettos
Parks et Ellison sont étrangers à Harlem. Originaires respectivement du Kansas et de l’Oklahoma, leurs racines sont éloignées de ce borough désigné par Parks comme un ghetto ombragé. Leur position d’outsider (au sens anglais de « celui qui est en dehors »), mais aussi d’insider – car, de Harlem, les deux hommes ont fini par connaître chaque recoin –, explique leur regard unique. Nous ne sommes plus à l’époque de la « Harlem Renaissance », cette période de l’entre-deux-guerres où le quartier était devenu un lieu de renouveau pour la culture afro-américaine.
Bande-annonce (en anglais) de l’Art Institute of Chicago pour son exposition « Invisible Man: Gordon Parks and Ralph Ellison in Harlem » 

Aucune trace de Claude Brown, de Duke Ellington ou de Langston Hughes dans le travail de Parks. Harlem devient, dans ses photographies, le lieu symbolique où s’exprime la misère de l’homme noir aux Etats-Unis, étranger dans le pays qui est le sien. Parks saisit aussi un moment historique, la migration de la population noire américaine, son installation dans les villes et, plus particulièrement, dans ces périphéries appelées ghettos. Dans le roman de Ralph Ellison, le personnage principal se trouve en permanence face à une version tronquée de ce qu’il est, il devient invisible car personne ne le voit. Dans les photos de Parks, l’invisible est devenu visible.
L’exposition « Invisible Man: Gordon Parks and Ralph Ellison in Harlem » a été présentée à l’Art Institute of Chicago en 2016, et le catalogue publié par Steidl et The Gordon Parks Foundation. Une tournée d’exposition sera annoncée en 2020.

        Lire aussi :
         

                Dapper Dan, le tailleur de Harlem






<article-nb="2018/07/24/18-16">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois fait un flop

Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h27
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


L’argent ne fait pas toujours le bonheur des producteurs de cinéma. Bien qu’elle ait disposé du budget le plus ambitieux de l’histoire du cinéma chinois, l’épopée fantastique Asura, qui espérait toucher le public au-delà des frontières du pays, a été retirée des salles trois jours après sa sortie. Un camouflet pour ses producteurs, Zhenjian Film Studio, Ningxia Film Group et Alibaba Pictures, qui avaient investi 750 millions de yuans (95 millions d’euros) pour en faire un blockbuster. Face au manque d’enthousiasme des spectateurs, et après avoir rapporté seulement 7,1 millions de yuans, la production a décidé de le déprogrammer le 15 juillet, pour tenter un nouveau montage avant une hypothétique seconde sortie.
Asura, dont la production a commencé il y a six ans, s’inspire de la mythologie bouddhiste tibétaine. Le royaume d’Asura (« la dimension du pur désir ») est menacé par le royaume inférieur d’un demi-dieu facétieux. Un jeune berger est l’élu censé le sauver. Le décor des scènes, tournées en grande partie au Qinghai, sur le plateau tibétain, est impressionnant.
Le casting, ambitieux, s’appuie sur des vedettes telles que Tony Leung (In the Mood for Love) et Carina Lau, qui jouent aux côtés du héros, Lei Wu, 18 ans. Le film s’était aussi offert les services de vétérans de Hollywood pour les effets spéciaux, le son ou les costumes, avec Ngila Dickson, la costumière oscarisée pour le Seigneur des anneaux : le retour du roi, en 2004.

        Lire aussi :
         

                A Pingyao, la richesse du jeune cinéma chinois



Difficultés à sortir des grandes productions de qualité
Cependant, les talents importés n’ont pas suffi. Sur la plate-forme d’achat de billets Maoyan, le film a reçu un piètre 4,9 sur 10, soit la note la moins bonne parmi les films à l’affiche à ce moment-là. Il enregistrait pourtant 8,4 sur 10 sur Tao Piao Piao, plate-forme détenue par… Alibaba, coproducteur du film, alors que Maoyan est soutenu par son rival, Tencent. De quoi provoquer l’ire des producteurs du film, qui ont accusé Maoyan d’avoir publié de fausses critiques. Reste que sur Douban, un site de discussion culturelle indépendant, le film obtenait un médiocre 3,1 sur 10.
Au-delà des querelles entre géants du Web, typiques du paysage du divertissement chinois, cet échec illustre aussi les difficultés du cinéma local à sortir des grandes productions de qualité. La sévérité de la censure n’aide pas, les producteurs préférant produire des films patriotiques ou des scénarios lisses, mais « sûrs » sur le plan politique. Le succès de Mourir pour survivre, sur les écrans une semaine avant Asura, montre que l’équation n’est pas insoluble.
Ce drame social retrace l’histoire authentique d’un contrebandier de médicaments contre la leucémie qui enfreint la loi pour sauver des vies en important des génériques d’Inde. En 2004, sa condamnation à plusieurs années de prison avait fait grand bruit en Chine, ce qui avait valu à ce Robin des bois de la santé le soutien des patients. Avec un budget modeste, mais un scénario bien ficelé et une dose de bons sentiments, le film a rapporté 361 millions d’euros en trois semaines. Ce qui en fait l’un des dix plus grands succès du cinéma chinois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-17">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le Musée des beaux-arts de la ville célèbre, durant tout l’été, l’un des artistes les plus importants du XXe siècle.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/07/24/18-18">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La chanteuse anglaise de 22 ans donnait, dimanche 22 juillet à Longchamp, son deuxième concert en France.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

A Lollapalooza, Dua Lipa entre enthousiasme et maladresses

La chanteuse anglaise de 22 ans donnait, dimanche 22 juillet à Longchamp, son deuxième concert en France.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 10h30
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Pour la deuxième année consécutive la version parisienne du festival américain Lollapalooza est venue s’installer pour un week-end à l’Hippodrome de Longchamp, près du Bois de Boulogne. Avec au centre de la pelouse sèche, d’un jaune de paille, une haute reproduction métallique de la Tour Eiffel. Samedi 21 et dimanche 22 juillet, elle était, comme en 2017, le lieu où il faut venir se prendre en photo ou se donner rendez-vous, le point de repère pour passer d’une scène à l’autre, les deux principales (main stage 1 et 2) côte à côte, à l’extrémité sud de l’hippodrome, et au nord, l’alternative stage, et sous un chapiteau arrondi la scène Perry’s pour la programmation électro du festival.
Dimanche 22 juillet, en milieu d’après-midi, le public était déjà bien nombreux, pour assister au concert de la chanteuse Dua Lipa. Nouvelle venue dans la variété pop, sa présence dans un dans un festival plutôt étiqueté rock – et ce dimanche l’était assez nettement avec notamment Tom Walker, BBrunes, Stereophonics, Noel Gallagher, The Killers, Gorillaz… – aurait pu paraître incongrue il y a encore quelques années. Dorénavant, pour les grosses structures, hormis les spécialisés reggae ou metal, il s’agit de représenter le spectre de styles le plus large possible, susceptible d’attirer chaque jour plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Au Royaume-Uni, en Amérique du Nord, dans plusieurs pays d’Europe du Nord, en Asie, Dua Lipa est déjà une vedette dont les concerts sont organisés dans de grandes salles et les principaux festivals. Sa tournée, commencée à l’automne 2017, compte plus de cent dates, dont près de la moitié en Amérique du Nord. En France, si ses chansons sont bien diffusées, son passage au Lollapalooza-Paris n’est que sa deuxième venue en France depuis la parution de son premier album Dua Lipa (Warner Bros. Records), en juin 2017. Un recueil de douze chansons, dont huit ont donné lieu à des singles à succès.
Une voix plus grave et plus expressive en concert
Devant la grande scène, les fans se pressent. Et celles et ceux qui ont eu la curiosité de découvrir à cette occasion la jeune anglaise âgée de 22 ans, viennent en nombre grossir les rangs. Avec Dua Lipa, deux choristes, deux danseuses, un batteur et deux claviéristes, l’un jouant aussi de la guitare, l’autre de la basse. Voix un rien plus grave, plus expressive durant ce concert que sur ses enregistrements en studio à la production pop-r’n’b passe-partout, Dua Lipa oscille entre des chansons dansantes – Blow Your Mind (Mwah), Dreams, Be The One, IDGAF, New Rules, dont le vidéo-clip a dépassé les 1,3 milliard de vues début juillet… - et des tempos plus lents, des climats un peu plus sombres, par lesquels elle fait entendre sa personnalité vocale – No Goodbyes, Homesick.
Lors de la 38e édition des Brit Awards, l’équivalent britannique des Grammy Awards, organisée à l’O2 Arena de Londres, le 21 février, Dua Lipa, nommée dans cinq catégories, a remporté les titres de découverte de l’année et d’artiste féminine de l’année. Depuis quelques semaines, des rumeurs la donnent comme étant la possible interprète de la chanson du prochain film de la série James Bond et la presse anglo-saxonne ne cesse de voir en elle la future star planétaire de demain. Pour l’heure, sur la grande scène du Lollapalooza-Paris, elle se révèle une plaisante interprète, avec des maladresses, un enthousiasme non feint, une spontanéité qu’il serait souhaitable qu’elle puisse maintenir.
Montée en intensité
Après Dua Lipa, le reste de la journée aura surtout valu pour les formations plus classiquement rock et le final avec Gorillaz. Avec une montée en intensité de groupe en groupe. Stereophonics d’abord, formé au debut des années 1990, qui convainc avec des interprétations énergiques de Caught By The Wind, I Wanna Get Lost With You, Sunny (même sans les arrangements de cordes de la version studio) ou Mr & Mrs Smith. A peine un dernier effet Larsen et c’est au tour de Noel Gallagher. Son frère Liam était ici en 2017 et les deux anciens d’Oasis se produisent en ce moment dans des festivals, mais pas dans les mêmes. A ses compositions, Noel Gallagher ajoute, comme son frère, des hymnes d’Oasis, Whatever, Wonderwall, Don’t Look Back In Anger qui emportent le public.

        Lire aussi le récit :
         

          Les frères Gallagher : mancuniens et rancuniers



A ce doublé britannique, a succédé le quartette américain The Killers, venu avec trois choristes et un claviériste. Les airs entraînants s’enchaînent, The Man, en déploiement funky, Somebody Told me, Spaceman, Run For Cover, Smile Like You Mean It, Runaways, Human… Pied au plancher, emmené par son chanteur Brandon Flowers, le groupe sonne plus direct que sur ses disques en studio.

Enfin, en tournée des festivals d’été depuis début juin, pour accompagner la parution d’un nouvel album, The Now Now, Gorillaz, a terminé la soirée en grande forme. Avec un répertoire proche de celui entendu au Zénith, le 25 novembre 2017. Des classiques du groupe de Damon Albarn, Last Living Souls, Rhinestone Eyes, On Melancholy Hill, Dirty Harry, Feel Good Inc., Kids With Guns ou Clint Eastwood, plusieurs extraits du nouvel album dont Humility, Hollywood, Magic City, l’instrumental Lake Zurich, et surtout moins d’invités qui créaient un tunnel longuet en milieu de spectacle lors du tour précédent.

        Lire aussi la critique :
         

          Gorillaz accomplit son dessein pop



Et pour Lollapalooza-Paris, c’est en compagnie de la chanteuse Jehnny Beth et de Noel Gallagher que Gorillaz a terminé son concert avec We Got The Power. L’un et l’autre présents sur la version studio de la chanson. Mais avec toute la vivacité du jeu en direct.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-19">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Une large palette de danse contemporaine s’est déployée, « in » et « off », pendant le festival.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avignon : Hip hop, inspiration africaine et architecture charnelle

Une large palette de danse contemporaine s’est déployée, « in » et « off », pendant le festival.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 11h22
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« In » et « off », la danse contemporaine s’offre une collection de styles. A l’affiche des Hivernales, co-accueilli par le Festival d’Avignon et le Centre de développement chorégraphique national, Ben & Luc, chorégraphié par Mickaël Phelippeau, pour deux Burkinabés, Ben Salaah Cisse et Luc Sanou, perfore une poche d’émotions rares sur le thème pourtant rebattu de la rencontre. Entre surexposition et pudeur, les deux hommes partagent leurs histoires intimes en tablant d’abord sur leurs talents de danseurs, cavalant entre tradition africaine et contemporain. Ben & Luc ajoute un chapitre, d’une extrême finesse, à la série des Bi-portraits entamée il y a dix ans par Phelippeau.
A la Manufacture, tempo plus sec avec Dans l’engrenage, du chorégraphe Mehdi Meghari, à la tête de la compagnie Dyptik,qu’il codirige avec Souhail Marchiche. Il met le feu à un scénario sur le pouvoir et l’autorité qui réserve d’étonnantes trouvailles visuelles. Ultra-virtuoses en breakdanse au sol, ouverts sur les autres techniques, les sept interprètes majorent la segmentation hip-hop pour camper des personnages qui coupent, tranchent et assènent leur domination d’une simple désarticulation d’épaule.

Une lumineuse mise en beauté du mythe
On ralentit d’un coup et on se laisse absorber par la houle de Sisyphe heureux, de François Veyrunes, présenté au Théâtre des Lucioles. Enracinée et compacte, toujours en suspension, l’écriture du chorégraphe grenoblois tire sur un ruban de portés acrobatiques, le plus souvent exécutés en couples, qui traverse l’espace comme un grand cycle de mouvements continus.
Les six danseurs passent et repassent, s’escaladent, glissent d’une étreinte sculpturale à une prise écartelée, érigent des architectures charnelles. Dans une maîtrise fascinante des poids et contrepoids, de l’équilibre, des creux et bosses de chacun, ils conjuguent mille et une façons de porter l’autre, de le soutenir....




                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-20">
<filnamedate="20180724"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180724"><AAMMJJHH="2018072418">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ « Pale Blue Dot », du jeune metteur en scène Etienne Gaudillère, évoque de manière caricaturale le réseau de lanceurs d’alerte.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avignon : un regard sans finesse sur WikiLeaks

« Pale Blue Dot », du jeune metteur en scène Etienne Gaudillère, évoque de manière caricaturale le réseau de lanceurs d’alerte.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 09h07
    |

                            Fabienne Darge (envoyée spéciale à Avignon)








                        



                                


                            

On n’a pas vraiment envie d’en dire du mal, de ce spectacle qui arrive à la fin du Festival d’Avignon, qui prend pour héros des lanceurs d’alerte et des journalistes, et qui est signé par un jeune metteur en scène, Etienne Gaudillère. Créateur de la compagnie Y (comme « génération Y », celle qui a toujours vécu avec Internet), il a eu envie de raconter l’histoire de Julian Assange et de la création de WikiLeaks, ce réseau de lanceurs d’alerte fondé en 2006 pour diffuser des documents confidentiels.
Sur le papier, c’est excitant. Julian Assange est en soi un personnage qui a une dimension fictionnelle, voire mythique, à l’échelle de notre aujourd’hui. Ange ou démon ? Héros de la transparence de l’information ou manipulateur incapable de maîtriser la dynamite qu’il a entre les doigts ?
Caricaturale
Etienne Gaudillère choisit de centrer son spectacle sur l’année 2010, celle où les révélations de WikiLeaks – sur le rôle du gouvernement américain dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan, notamment – commencent à être relayées par de grands quotidiens nationaux, comme le New York Times, le Guardian, El Pais, Der Spiegel et Le Monde. Le metteur en scène et son équipe ont mené un gros travail documentaire, et Pale Blue Dot amène sur le plateau une matière foisonnante, tirée de reportages, d’interviews, de conversations trouvées sur le Net – celles entre Chelsea Manning, le lanceur d’alerte à l’origine de ces révélations, et Adrian Lamo, le hackeur qui l’a trahi, par exemple.
Mais ce qui pêche ici, c’est le théâtre. Un théâtre dénué de finesse, qui sature l’espace visuel et sonore, ce qui pousse les acteurs à hurler pour faire entendre leur texte. Tout est joué en force, de manière caricaturale, sans que jamais ne puisse apparaître la dimension mystérieuse, humaine, tragique de ces personnages qui ont fait – qui font – l’histoire contemporaine. Sans que jamais Julian Assange, personnage fascinant...




                        

                        

