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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.
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Tour de France : Julian Alaphilippe remporte la 16e étape

Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Une victoire dans les Alpes, un autre dans les Pyrénées : Julian Alaphilippe sait bien faire les choses. A Bagnères-de-Luchon, le Français a signé une deuxième victoire d’étape sur ce Tour de France 2018. « J’en reviens même pas, c’est un truc de malade », lâchait à chaud le coureur de la Quick-Step au micro de France 2 après l’arrivée.
Cette 16e étape longue de 218km a été courue sur un rythme très élevé dès le départ de Carcassonne. L’échappée a mis du temps à se dégager. Un groupe de 46 coureurs s’est dégagé avant le col du Portet d’Aspet, parmi eux Julian Alaphilippe et Warren Barguil, son principal adversaire pour le maillot à pois du meilleur grimpeur.
Mais quand le Breton calait au pied du col du Portillon, dernière difficulté de la journée, Julian Alaphilippe arrivait à suivre les accélérations des meilleurs grimpeurs du groupe. Dans le dernier kilomètre, il se lançait à la poursuite d’Adam Yates. Réputé meilleur descendeur que le Britannique, Alaphilippe poussait ce dernier à la faute dans un virage et volait vers la victoire.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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A l’arrivée, le coureur de 26 ans devance l’Espagnol Gorka Izaguirre, Yates, le Néerlandais Bauke Mollema et l’Italien Domenico Pozzovivo. Le groupe maillot jaune termine à 8’52’’ du vainqueur du jour. Comme prévu (et redouté) la grande explication entre favoris est remise à mecredi avec très courte (65km) mais terrible étape entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dixième de l’étape, le maillot blanc Pierre Latour réalise une bonne opération au classement général et remonte de la 17e à la 13e place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.
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Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h48
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Commission d’enquête sur l’affaire Benalla, acte II. Mardi 24 juillet dans l’après-midi et en soirée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, puis Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), et Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, doivent être auditionnés par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée en commission d’enquête.
Ils seront interrogés sur les manquements ayant conduit aux faits commis par Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron accusé, notamment, de violence sur deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai à Paris.
La veille, les six heures d’audition cumulées – du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin – n’ont pas réussi à éclaircir un certain nombre de questions suscitées par cette affaire Benalla.

        Lire le récit :
         

          journée extraordinaire à l’Assemblée



Qui a accepté que M. Benalla soit présent au côté des policiers le 1er mai, qui en a été informé et par qui ?
A l’Elysée, c’est M. Strzoda qui assure avoir accordé la possibilité à M. Benalla d’accompagner des policiers lors des manifestations.
« Alexandre Benalla m’avait prévenu deux jours plus tôt qu’il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er-Mai. Il m’en a demandé l’autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu’il y allait en observateur », a expliqué, il y a une semaine, M. Strzoda au Monde.
Ce statut d’« observateur » est donné, selon le préfet de police, Michel Delpuech, à des collaborateurs, journalistes, magistrats ou stagiaires désireux de voir de l’intérieur les interventions de la police. Toutefois, ce statut n’implique pas de participation aux missions des forces de l’ordre. « Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait », a précisé M. Delpuech, lundi lors de son audition par la commission d’enquête.
Le préfet a déclaré que lui-même n’avait pas été informé de la sollicitation de M. Benalla – il a cependant précisé qu’il lui aurait accordé le statut d’observateur si on le lui avait demandé.
« M. Benalla ne bénéficiait d’aucune autorisation pour être présent en tant qu’observateur sur cette manifestation », a assuré de son côté le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.
Ce dernier a déclaré que c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à M. Benalla. C’est aussi ce qu’a déclaré M. Delpuech, précisant que M. Simonin n’en avait pas averti sa hiérarchie.
M. Simonin a été mis en examen pour avoir contribué à la transmission d’images de vidéosurveillance à M. Benalla au soir du 18 juillet.
Qui a donné à M. Benalla, le 1er mai, un casque, un brassard ainsi qu’une radio de police ?
Le casque dont était équipé M. Benalla le 1er mai lui avait été fourni par M. Simonin, a déclaré M. Gibelin. « Je n’ai aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque », a-t-il ajouté, faisant référence au brassard et à la radio de police dont disposait Alexandre Benalla le 1er mai. MM. Collomb et Delpuech ont, eux aussi, assuré qu’ils en ignoraient l’origine.
Cette interrogation ne sera éclaircie que par les conclusions de l’enquête administratives de l’IGPN, dont les auditions sont en cours.
Qui a été informé, et quand, de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit M. Benalla frapper des manifestants ?
Selon M. Collomb, la personne qui a lancé l’alerte est Vincent Caure, collaborateur de M. Macron chargé des réseaux sociaux à l’Elysée. Le ministre a expliqué qu’après avoir pris connaissance de la vidéo le 2 mai « en début d’après-midi », M. Caure a alerté Jean-Marc Girier, son chef de cabinet, qui, peu après, a informé Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, de l’existence de la vidéo. Ce dernier a, par la suite, transmis l’information à l’Elysée.
M. Delpuech a déclaré, pour sa part, que c’est « vers 10 heures » le 2 mai qu’il lui a été révélé que « circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er-Mai » et qu’il a « demandé à en savoir plus ». M. Delpuech dit avoir reçu, à 10 h 15, un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, lequel lui parle de M. Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Le préfet dit avoir alors visionné la vidéo avec son directeur de cabinet avant de joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond qu’« il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». 
Selon le récit du préfet, le cabinet de M. Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment où le ministre en aurait été informé, selon ses propres dires. Les deux versions ne sont pas incompatibles. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Lire :
         

          Les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations



Pourquoi l’article 40 n’a-t-il pas été appliqué ?
MM. Collomb, Delpuech et Gibelin ont longuement été interrogés sur le fait que l’article 40 du code de la procédure pénale n’a pas été actionné.
Pour rappel, cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé qu’il appartient aux personnes en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de « recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale ».
Une défense visant implicitement M. Strzoda et le désignant comme étant celui qui aurait pu avertir le procureur en vertu de l’article 40. L’ancien préfet sera auditionné par la commission des lois mardi 24 juillet à 16 h 30.

        Lire avant son audition :
         

          Patrick Strzoda, un haut fonctionnaire expérimenté embarqué dans une affaire d’Etat



M. Benalla a-t-il été réellement suspendu ?
M. Gibelin, devant commission d’enquête, a affirmé que M. Benalla était présent au cours de réunions de travail s’étant tenues entre le 4 et le 19 mai. Or c’est la période durant laquelle M. Benalla a été suspendu de ses fonctions en raison d’un comportement « manifestement inapproprié », comme une lettre de M. Strzoda le lui a signifié.
« L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », a déclaré M. Gibelin au cours de son audition.
La présidence de la République avait réagi, mardi, en assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ».
Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans cette lettre, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ». Il invoque également une incompréhension au niveau des dates évoquées.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Le coureur de la Quick-Step, porteur du maillot à pois, s’est adjugé la 16e étape, mardi, entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.
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Tour de France : Pierre Latour, la drôle de relève du cyclisme français

Personnage aussi lunaire qu’attachant, l’équipier de Romain Bardet et meilleur jeune a le potentiel d’un prétendant au podium sur le Tour. Faut-il encore que l’ambition suive.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 13h54
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Impossible de rater Pierre Latour sur les routes du Tour de France. De l’extérieur, il y a ce maillot blanc du meilleur jeune porté depuis la 11e étape qui capte les regards. Mais dans l’intimité du peloton du peloton, le coureur de 24 ans (14e au classement général) s’annonce à plusieurs mètres à la ronde par un rire que certains qualifieront d’original. « Il est bizarre, je sais », admet volontiers le lieutenant de Romain Bardet au sein de l’équipe AG2R La Mondiale.
Bon public, le Drômois peut même se bidonner à s’en donner un point de côté. Il raconte l’épisode de ce Tour du Finistère où son coéquipier Samuel Dumoulin « s’est mis en position de Superman en haut d’une bosse : j’ai tellement rigolé que j’ai failli me faire lâcher du peloton ».
A l’heure d’un cyclisme régi par les gains marginaux et un ascétisme pas toujours tordant, Pierre Latour est une bulle de légèreté. Un garçon qui a longtemps parlé à ses jambes (« Brigitte et Bernardette » comme il le racontait à Libération en 2017), les a encouragées ou conspuées et qui regrette que la préparation du Tour le prive depuis deux ans de la fête de la pogne (une brioche à la fleur d’oranger) de Romans-sur-Isère. Un drôle de numéro, donc. « Je m’en fous si on pense que je suis étrange », racontait-il au Monde en début lors d’un stage en Sierra Nevada en mai.
A plus de 2 300 mètres d’altitude, Pierre Latour fait le métier, comme on dit. Il mange, dort et rêve peut-être même cyclisme, lui qui avoue n’avoir jamais eu d’idole à cuissards et a longtemps préféré le cheval, avant de monter sur un vélo à 15 ans « pour faire le con ». Le père, tourneur fraiseur, a bien roulé chez les amateurs dans sa jeunesse, mais sans refiler le virus au fiston. « Il regardait le Tour en juillet, mais moi je lui disais qu’il m’emmerdait avec son cyclisme et je m’endormais devant sur le canapé. » 
Quelques années plus tard, l’ancien téléspectateur narcoleptique remporte la classique des Alpes – une course qui vous classe un futur grimpeur chez les juniors – et « [prend] un peu conscience » de ses qualités. Mais l’idée de carrière l’effleure encore de loin. Latour s’inscrit en BTS électrotechnique sans demander d’horaires aménagés, menant sa carrière chez les amateurs et sa scolarité à sa façon. Sans stress excessif, disons. « Pour le BTS blanc, je me suis dit que je n’allais pas réviser comme ça, je saurais ce que je sais et ce que je ne sais pas. Bon, j’ai eu 4 ou 5. Je ne savais pas grand-chose apparemment. »
Leader sur la Vuelta en 2019
Son diplôme en poche (« à ras les pâquerettes ») il rejoint AG2R La Mondiale en 2015 pour trois saisons en non deux comme la tradition le veut dans l’équipe dirigée par Vincent Lavenu. Preuve que ce dernier perçoit déjà le gros moteur du coureur derrière le garçon fâché avec le sérieux. Le directeur sportif, Julien Jurdie, a appris depuis à composer avec « ce phénomène ». Derrière « ses blagues à deux balles », il décrit un autre Latour. Plus méchant et dur au mal dès qu’il accroche un dossard sur son dos. « Mentalement, c’est un des garçons les plus forts du peloton, assure Jurdie. On le voit grimacer, à la rupture, mais ne jamais lâcher. Il sait se faire mal, ça ne se travaille, il a ça en lui. »
Demandez plutôt à Darwin Atapuma. Lors de la 20e étape du Tour d’Espagne 2016, le Colombien pense bien avoir décroché son compagnon d’échappée dans le dernier col. Latour agonise, pédale avec les oreilles et les épaules mais dépose son adversaire dans les derniers hectomètres. « Au niveau de l’échelle de la souffrance, j’étais pas mal », dit-il. Aux commentaires ce jour-là sur Eurosport, Richard Virenque sait depuis qu’il ne faut jamais enterrer Pierre Latour.

La saison prochaine, le Français devrait retrouver les routes de la Vuelta. Chez AG2R La Mondiale, on a envie de savoir si le bras droit de Romain Bardet a l’étoffe d’un leader sur un grand tour. Son potentiel excite déjà les imaginations patriotiques. Le coureur grimpe et roule fort, comme le prouvent ses deux titres de champion de France du contre-la-montre. Un profil plutôt rare qui, dans le cyclisme français, vous catapulte assez vite en héritier de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore du Tour en 1985.
Troisième du Tour de Catalogne cette saison, Latour a déjà prouvé qu’il pouvait maintenir sa concentration sur une semaine. Et forcer un peu sa nature lunaire. « Je peux me relâcher, traîner en fin de peloton, admet-il. Parfois, je me retourne et je me rends compte qu’il n’y a personne derrière moi. Sur une semaine, je suis parvenu à me concentrer. Sur trois, c’est autre chose. » 
D’ailleurs, il avoue ne pas trop savoir s’il aime le Tour et vouloir ne vivre que pour ce bout de tissu jaune comme un Bardet. « Moi, j’ai besoin de débrancher par moments. » Après le Tour de France, il a d’ailleurs prévu d’emmener Brigitte et Bernadette en balade pédestre dans sa campagne drômoise : « Mes parents ont un nouveau chien, il faut bien le promener un peu. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ En quelques mots, le patron de l’équipe Sky, a mis lundi un peu de sel dans une dernière semaine du Tour qui n’allait déjà pas en manquer.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Tour de France : cracher sur les cyclistes fait-il partie de la culture française ?

En quelques mots, le patron de l’équipe Sky, a mis lundi un peu de sel dans une dernière semaine du Tour qui n’allait déjà pas en manquer.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 08h26
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h13
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Conques-sur-Orbiel, Aude)








                        



   


16E ÉTAPE : CARCASSONNE - BAGNÈRES-DE-LUCHON, 218 KM
Bienvenue dans la dernière semaine du Tour, qui sera courte, puisqu’elle débute un mardi et s’achève un samedi. Trois étapes de montagne, un contre-la-montre final, un sprint au milieu, et nous serons déjà sur les Champs-Elysées avec un Britannique en jaune. D’ici là, la course aura répondu aux ultimes questions sur lesquelles le peloton aura six heures pour méditer aujourd’hui entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchons, la plus longue étape de montagne du Tour (218 km), organisée vingt-quatre heures avant la plus courte (65 km), l’intérêt sportif risquant d’être inversement proportionnel à la distance.
Questions : qui de Chris Froome ou Geraint Thomas dégainera son poignard en premier dans le duel skyïcide qui va nous tenir en haleine jusqu’à la veille des Champs ? L’un ou l’autre peut-il subir une « Simon Yates » – du nom du jeune Anglais qui dominait le dernier Tour d’Italie avant de s’effondrer en troisième semaine ? L’exclusion de Gianni Moscon, a.k.a « l’Alexandre Benalla du peloton », va-t-elle ne rien changer, ne rien changer du tout, ou ne strictement rien changer à la mainmise des Sky sur la course ?

        Les leçons de la 15e étape :
         

          Carcassonne pour Cort Nielsen, le glas sonne pour Moscon



Questions subsidiaires : assistera-t-on enfin à une victoire d’étape d’une équipe française, événement inédit cette année ? Assistera-t-on à une victoire d’étape de la Cofidis, événement inédit depuis dix ans ? Pourquoi déplore-t-on qu’une équipe française n’ait pas encore gagné d’étape ? Serait-ce vraiment bon pour le pays ? Ne serait-il pas meilleur pour le pays que cesse l’évasion fiscale qui lui coûte 50 milliards d’euros par an ? Dans le fond, qu’est-ce qui fait le bonheur d’une nation ? Mais dans le fond du fond, qu’est-ce que la nation française ? Mais dans le fond du fond du fond, cracher sur les cyclistes fait-il partie de la culture française ?
« On peut aussi faire un Tour réservé aux équipes françaises »
Cette dernière question nous est soufflée par Dave Brailsford, qui l’a formulée telle quelle en conférence de presse, hier, lors d’une journée de repos où il a beaucoup été question de l’hostilité du public envers l’équipe Sky qu’il dirige.
On revoit l’action au ralenti : « Je ne pense pas que les crachats aient leur place dans le sport professionnel, ni même dans la vie de tous les jours. Mais il semblerait que ce genre de chose se fasse ici. C’est intéressant. On a fait le Tour d’Italie alors que “l’affaire Froome” était en cours, et les Italiens ont été fantastiques. [Pendant la Vuelta], les Espagnols ont été fantastiques. Il semblerait que ce soit quelque chose de très français. Vous voyez, quelque chose dans la culture française, non ? [It just seems to be a French thing. Just like a French cultural thing, you know, isn’t it ?] »
Les Italiens ont effectivement été fantastiques lors du Giro, surtout les deux infirmiers courant après Froome avec un inhalateur de Ventoline géant dans le colle delle Finestre – on n’a encore rien vu de mieux sur la route du Tour de France qu’une pancarte indiquant : « Ici, l’asthme, on le soigne en buvant du pinard. » Fantastique aussi, le CV de l’Italien Gianni Moscon, qui comporte déjà quelques hauts faits de violence et de racisme. Peut-être tout cela est-il très italien ?

Guy from a country with century-long issues with hooliganism who manages Italian guy who has harassed a black compe… https://t.co/aHUN3tbKKP— Pflax1 (@Peter Flax)


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« Un type venant d’un pays ayant un problème de hooliganisme depuis des siècles, et qui dirige un Italien ayant insulté un coureur noir et qui vient d’être exclu du Tour pour avoir frappé un coureur français, dit que le problème est lié à la culture française. »
Dans l’euphorie générale, le patron de l’équipe Sky a vidé une seconde bouteille d’huile sur le brasier : « Quand on accueille un événement comme le Tour de France, on devrait avoir envie que les meilleurs coureurs du monde y participent, et faire preuve d’un peu plus de respect à leur égard. Si on ne veut pas qu’ils viennent, on peut aussi faire un Tour de France réservé aux équipes françaises. » 
Flamboyant Brailsford, qui parle avec ses tripes, sans filtre, sans calcul, à l’instinct. Si seulement ses cyclistes pouvaient courir de la même manière ! S’il n’avait pas l’impression de voir passer un rouleau compresseur branché sur son compteur de watts, le public serait-il aussi hostile envers la Sky ?
La Sky, c’est le PSG
Certains rivaux ont tenté de voler au secours de l’équipe honnie, comme Vincent Lavenu, patron de la formation AG2R : « Sky domine, soit. Comme Usain Bolt a dominé en athlétisme, comme Rafael Nadal domine à Roland-Garros. Mais, là, on ne ressent pas cette agressivité. » Faux. Sky domine plutôt comme le PSG domine la Ligue 1 : ses coureurs, ses entraîneurs, ses méthodes sont supérieurs, parce que son budget est supérieur.
« N’importe quel équipier de Froome et Thomas est mieux payé que Romain Bardet », souffle, dépité, un cadre de l’équipe AG2R, dont le budget (14,5 millions d’euros en 2017) est 2,5 fois inférieur à celui de la Sky (37 millions). Se réjouir de voir Sky gagner le Tour, c’est se réjouir de voir le PSG mettre 8-0 au FC Metz. L’équipe britannique a trouvé la formule pour gagner des courses, mais pas l’estime des fans de vélo. Combien de temps ses dirigeants feront-ils semblant de ne pas le comprendre ?
Soyons clairs : rien n’autorise la violence ou l’insulte ; rien n’interdit les sifflets ou les huées. Ce n’est pas ici que l’on défendra les quelques abrutis qui s’en prennent physiquement aux coureurs de la Sky. Mais ne pas applaudir sagement l’équipe qui écrase la concurrence par sa puissance financière et une supériorité technologique aux antipodes d’une vision romantique du cyclisme, oui, peut-être y a-t-il là quelque chose de très français.

   



   


Départ à 11 h 30 ; arrivée vers 17 h 20.
Tour du comptoir : Millau
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on découvre un proverbe.

   


Combien avez-vous pris de jours de vacances depuis 2015, vous ? Mario Depoilly le sait, et de mémoire : cinq jours pour un mariage en septembre 2015, cinq jours pour un mariage en septembre 2016, six jours en avril 2018. Seize en quatre ans. En semaine, il s’offre deux après-midi de pause, dimanche et lundi. Le reste du temps, de 5 h 30 à 21 h 30 environ, il est derrière son comptoir et sert à boire au quartier.

   


Ça a commencé le 5 janvier 2014, jour de la réouverture du Café du Rouergue, qu’il a racheté. Ça prendra fin en mars 2020, quand le crédit sera remboursé. D’ici là, Mario serre les dents, plus qu’il ne l’avait envisagé. Sur l’année, il encaisse 70 000 euros. Les bons mois, cela lui en laisse 400. Mario croit bon de préciser qu’il « ne sor[t] pas ». « C’est bien plus dur que ce que je pensais. Mais je me serai battu. »
A l’achat, Mario dit s’être fait « pigeonner », dans l’euphorie de vouloir monter son affaire, et nous apprend un dicton au passage : « Comme on dit, un pigeon se lève tous les matins. » Ce qui le rembourse de sa vie au comptoir, il le dit avec un sourire presque coquin : « Les gens. C’est très, très enrichissant. Les gens viennent s’asseoir à votre table et vous parlent de leurs problèmes, de politique, de leur région... »

   


Mario vient des environs de Dieppe, a fait des années de restauration à Paris où il est devenu supporteur du PSG, ce qui ne doit pas être facile tous les jours à Millau. Il est venu par amour, mais l’amour est capricieux. Ici, il a trouvé « très dur de se faire accepter, car les gens sont assez chauvins ». Il a toutefois récupéré toute la clientèle, qui est là dès 6 heures : les ouvriers, le marchand de journaux, les retraités pour qui il bricole un petit déjeuner, un tripou par exemple.
La Coupe du monde a bien marché, ça l’a fait respirer. Le maire avait refusé l’installation d’un écran géant pour faire marcher les cafés. Au comptoir, on n’a parlé que de ça, pendant un mois. Mario avait senti le coup : il avait repris l’abonnement à BeIN et diffusait les matches en intégralité. Ça changeait de BFM-TV. Et maintenant, de quoi parle-t-on ? Du Tour, un peu, même si les Sky n’inspirent personne. L’affaire Benalla ? « Quoi ? Non, personne ne parle de ça. Mais oui, j’ai vu qu’ils en parlaient à la télé. » De politique, un peu, quand même. A propos, on est passé près de la correctionnelle : « Heureusement que c’est pas Le Figaro, on aurait mis des barbelés à l’entrée ! » Si vous êtes à Millau et que vous n’êtes pas du Figaro, allez au Café du Rouergue.

   





                            


                        

                        


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Allemagne : Mesut Ozil, footballeur loyal ou ambassadeur instrumentalisé ?

En quittant l’équipe nationale de football, le joueur d’origine turque a déclenché une vive polémique en Allemagne, alimentée par certains ministres du président Erdogan.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 20h02
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 06h39
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


En Allemagne, la polémique prend de l’ampleur au lendemain de l’annonce par le footballeur Mesut Ozil de son départ de l’équipe nationale. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », avait indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.

        Comprendre pourquoi
         

          le footballeur Mesut Ozil quitte la sélection, invoquant le « racisme »



Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions, dont les enjeux dépassent largement le cadre footballistique. « Le départ de Mesut Ozil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien berlinois Tagesspiegel, qui, comme l’ensemble des médias allemands, consacrait ses gros titres à la décision du joueur. « Mesut Ozil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis x générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Ozil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands dès le premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
« Respect aux racines de mes ancêtres »
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Ozil et Ilkay Gündogan, posant aux côtés du président turc Recep Tayipp Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.

        Le rappel des faits :
         

          Deux footballeurs allemands font scandale en faisant d’Erdogan « leur » président



Prises dans un hôtel de Londres, ces photos avaient été rapidement diffusées sur les réseaux sociaux par le Parti de la justice et du développement (AKP), le mouvement islamo-conservateur du président turc. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, M. Erdogan – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces photos avaient été condamnées par l’ensemble des partis politiques, qui avaient jugé au mieux maladroit et au pire scandaleux l’hommage rendu par des joueurs de l’équipe nationale à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.

        Le récit de l’issue de l’élection présidentielle turque :
         

          Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



Dimanche, Mesut Ozil est revenu sur les critiques suscitées par ces photos, estimant que celles-ci étaient parfaitement injustifiées. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur d’Arsenal, né en 1988 à Gelsenkirchen, une ville du bassin industriel de la Ruhr, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque d’Allemagne. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. Durant mon enfance, ma mère m’a dit de ne jamais oublier d’où je venais. J’ai rencontré le président Erdogan à Londres, lors d’un gala de charité. Pour moi, faire une photo avec [lui] n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste de respecter le plus haut dignitaire de mon pays […], de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres, qui auraient été fiers de ce que je suis devenu aujourd’hui. »
« Il a joué comme une merde »
Dans la lettre de trois pages accompagnant l’annonce de son départ, Mesut Ozil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la fédération allemande de football (DFB) et ancien député conservateur (CDU) de 2002 à 2016. « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, à l’occasion de laquelle le joueur avait été visé par de nombreuses attaques à caractère raciste, lui qui faisait déjà partie de l’équipe nationale vainqueure de la Coupe du monde en 2014.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses en Allemagne. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Ozil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est doublement indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste » en Turquie, ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la dernière Coupe du monde.
Contre Mesut Ozil, la charge la plus virulente est toutefois venue de Uli Hoeness, le président du Bayern Munich. « Pour moi, Ozil a eu un alibi pendant des années, il n’a pas du tout aidé l’équipe d’Allemagne […]. Quand est-ce qu’il a passé un adversaire pour la dernière fois ? Personne ne l’a questionné athlétiquement. Maintenant il peut se cacher derrière l’histoire d’Erdogan. Il a joué comme une merde pendant des années, et maintenant c’est la faute de Reinhard Grindel ou d’Oliver Bierhoff [le manager général de l’équipe d’Allemagne]. »
« Une décision qui doit être respectée »
D’un autre côté, plusieurs journaux et responsables politiques, tout en prenant leurs distances avec la décision surprise de Mesut Ozil, ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Ozil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a ainsi estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a réagi de son côté Cem Ozdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en prenant garde de ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Ozil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a ainsi déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer, lundi à midi.
« Le plus beau but contre le virus du fascisme »
La réaction prudente de la chancelière allemande n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et dans laquelle M. Erdogan compte de nombreux partisans. A l’élection présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour le candidat de l’AKP, soit douze points de plus que son score total.
Plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont salué le retrait de Mesut Ozil
Deux autres raisons expliquent également le ton mesuré de Mme Merkel. La première est purement politique, et tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son propre camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde raison est diplomatique, liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet de la part des autorités turques.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan, qui ne manque pas une occasion de dénoncer la situation des Turcs installés en Allemagne, ont en effet salué le retrait de Mesut Ozil « Nous soutenons pleinement la décision honorable de notre frère Mesut Ozil », a ainsi réagi le ministre turc des sports, Mehmet Kasapoglu. « Je félicite Mesut Ozil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a quant à lui commenté son collègue chargé de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Le nageur américain, sextuple champion olympique, a attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux une photo de lui sous perfusion.
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Ryan Lochte, légende de la natation, suspendu quatorze mois par l’agence antidopage américaine

Le nageur américain, sextuple champion olympique, a attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux une photo de lui sous perfusion.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 19h59
   





                        



   


La substance est autorisée, mais la méthode d’injection, non. Ryan Lochte, sextuple champion olympique et seize fois champion du monde de natation, s’est fait rappeler à l’ordre par l’Usada, l’agence antidopage américaine, pour s’être administré en trop grande quantité et dans un laps de temps trop court une substance autorisée.
« Les perfusions en intraveineuse de plus de 100 millilitres sur un créneau de douze heures sont interdites en permanence », a précisé l’agence américaine antidopage. Les seules exceptions, en cas d’urgence clinique, doivent faire l’objet d’une autorisation pour usage thérapeutique (TUE), que ne possédait pas le nageur.
Ryan Lochte a été sanctionné de quatorze mois de suspension, jusqu’en juillet 2019 — tout juste un an avant le lancement des Jeux olympiques d’été à Tokyo, un objectif revendiqué par le nageur américain. Il sera notamment privé des prochains championnats du monde, organisés en Corée du Sud.
C’est le nageur de 33 ans lui-même qui avait attiré l’attention de l’agence en publiant sur les réseaux sociaux, le 24 mai, une photo de lui en pleine perfusion.
« Je n’ai rien pris d’illégal. Tout était légal. Vous pouvez acheter ça chez CVS ou Walgreens [deux chaînes de supérettes et de pharmacies américaines], mais il y a des règles et vous devez vous y conformer », a regretté Ryan Lochte lors d’une conférence de presse lundi 23 juillet. Il a également dit accepter cette décision.
Ryan Lochte a déjà été suspendu après les jeux olympiques de 2016, au Brésil : il avait prétendu avoir été victime d’un braquage par des faux policiers alors qu’il rentrait en taxi au village olympique après une longue nuit arrosée au Club France, dans un quartier huppé de Rio. En réalité, ils ont été filmés dans une station-service où ils sont accusés d’avoir uriné sur les murs et d’avoir vandalisé les toilettes, avant de se quereller avec le vigile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ De retour en première division italienne, le club est accusé d’avoir arrangé une partie, en fin de saison passée.
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Match truqué : cinq points de pénalité pour Parme

De retour en première division italienne, le club est accusé d’avoir arrangé une partie, en fin de saison passée.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h40
   





                        



   


Trois ans après sa mise en faillite et son renvoi dans les bas-fonds du football italien (Serie D, quatrième division), pour Parme le retour dans l’élite s’annonce délicat. Le club historique s’est vu infliger cinq points de pénalité pour la saison prochaine, par la fédération nationale (FIGC) lundi 23 juillet.

        Lire aussi :
         

                Flagrant délit de « hors-jeu » fiscal dans le football italien



À l’origine des soupçons de tricherie, Emanuele Calaio est, quant à lui, suspendu pour deux ans et écope d’une amende de 20 000 euros. L’attaquant parmesan est accusé d’avoir envoyé des messages à un ancien coéquipier, évoluant depuis à La Spezia, pour l’inciter à lever le pied avant une partie décisive pour la montée en Serie A.
Emanuele Calaio suspendu deux ans
Après la victoire de Parme (2-0) dans ce dernier match de la saison 2017-2018, les supporteurs de La Spezia avaient fustigé le niveau de leurs favoris, en particulier celui d’Alberto Gilardino, un ancien international et ex-joueur de Parme, qui avait manqué un penalty en tirant largement au-dessus, alors que le score n’était que de 1-0.
« Le tribunal considère prouvé que Calaio, en envoyant les messages en question […] a tenté de commettre un acte illégal », indique le communiqué de la FIGC. Le club de Parme a annoncé avoir « pris acte avec une énorme amertume » de cette décision et a annoncé un appel « très rapidement » auprès de la Cour fédérale d’appel de la Fédération italienne.
Fondé en 1913, le club avait connu ses heures de gloire dans les années 1990, marquées par deux Coupes de l’UEFA (1995 et 1999) et une Coupe des coupes (1993).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
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Affaire Benalla : ce qu’il faut retenir de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée

Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h43
    |

                            Le Monde.fr








                        



Michel Delpuech a été auditionné sous serment, lundi 23 juillet dans l’après-midi, sur « l’affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête. Alexandre Benalla, désormais ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, a été l’auteur de violences filmées sur deux manifestants en marge de la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris.
Après cette seconde audition, consécutive à celle, lundi matin, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du rôle d’Alexandre Benalla et sur les raisons de sa présence auprès des forces policières ce jour-là. Au cours de son audition, le ministre de l’intérieur avait insisté sur la responsabilité de l’Elysée et de la préfecture de police de Paris. Michel Delpuech a quant à lui rappelé que M. Benalla n’était « pas sous [s] on autorité », mais sous celle de l’Elysée.

        Comprendre
         

          les six failles dans les réponses de Gérard Collomb



Retour sur les temps marquants de l’audition du préfet de police de Paris.
Comment et quand Michel Delpuech a-t-il rencontré Alexandre Benalla ?
M. Delpuech a affirmé avoir rencontré M. Benalla pour la première fois l’avant-veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, il y a un an, au cours d’une réunion de travail. Il dit avoir croisé M. Benalla à plusieurs reprises : « Il était dans le cercle proche des personnes autour du président. Beaucoup de photographies le montrent, en disant ça, je ne révèle rien », rapporte M. Delpuech.
Le préfet de police de Paris affirme par ailleurs ne pas connaître personnellement M. Benalla. « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro de M. Benalla », rapporte-t-il.

        Collomb, Delpuech, Strzoda :
         

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Qui a autorisé Benalla a assiter à la manifestation auprès des forces de police ?
On en sait une peu plus à l’issue de cette journée d’audition. Selon Michel Delpuech, c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à Alexandre Benalla.
L’homme est déjà mis en examen pour avoir participé à la transmission d’éléments de vidéosurveillance à Alexandre Benalla le soir du 18 juillet. Selon Michel Delpuech, Laurent Simon a agi sans en référer à sa hiérarchie. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, affirmait déjà que « Alexandre Benalla avait obtenu l’autorisation non pas par le préfet mais par quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie ».
Plus tard au cours de son audition, M. Delpuech précisera cependant :
« Si j’avais été sollicité, je ne l’ai pas été, pour cette demande, l’aurais-je refusé ? L’honnêteté m’oblige à dire que non, je n’avais aucune raison de la refuser pour un collaborateur de l’Elysée qui travaille quotidiennement avec mes services. En revanche, je l’aurais mis en garde contre les risques que présentait cette manifestation, compte tenu des informations dont nous disposions. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait. Vous connaissez la formule : “fraus omnia corrumpit” [« la fraude corrompt tout »]. »
Quand et comment a-t-il été informé de sa présence auprès des forces de police le 1er mai ?
Le 2 mai, « à 10 h 15 », précise Michel Delpuech, il reçoit un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée. « Il m’a indiqué que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo relatant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. Je ne comprends pas ce dont il parle. Je lui dis que je vais me renseigner », rapporte Michel Delpuech dans son discours liminaire. Quelques minutes plus tard, il visionne la vidéo sur un grand écran, en compagnie de son service de communication, et identifie M. Benalla.
Les mesures prises ensuite
Après avoir visionné la vidéo, Michel Delpuech rapporte avoir pris deux initiatives :
la première consiste à joindre le cabinet du ministère de l’intérieur, qui a affirmé être d’ores et déjà informé de la situation et en liaison avec l’Elysée sur le sujet ;
Et de préciser :
« Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c’est bien ce qu’il s’est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions. Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
la seconde initiative a d’ailleurs été de lancer une investigation pour en savoir davantage sur les raisons ayant conduit M. Benalla à être présent sur la place de la Contrescarpe.

        Lire :
         

          La sécurité du président devait passer sous autorité unique de l’Elysée



Sur la délivrance d’un port d’armes à M. Benalla
Le député Les Républicains Philippe Gosselin a souligné que le ministre de l’intérieur avait refusé à trois reprises de délivrer un port d’armes à l’endroit de M. Benalla, qui lui sera finalement délivré grâce à l’autorisation de la préfecture de police. « On est en présence d’une législation assez complexe », avance M. Delpuech :
« Pendant la campagne électorale un port d’armes avait été délivré pour permettre à l’agent de sécurité de protéger les locaux. Cette autorisation n’a jamais été renouvelée. Benalla a ensuite sollicité un port d’arme. […] Il y a des ports d’arme liés aux fonctions, c’est de la compétence préfectorale. […] J’ai pris cette décision. Je l’ai retirée quand M. Benalla a cessé ses fonctions. »
Le préfet de police affirme que ce dernier lui a été accordé car l’enquête de proximité ayant visé M. Benalla avait eu des retours positifs, et que son casier judiciaire était vierge.
« J’assume cette responsabilité personnellement », ajoute le préfet de police.
Sur l’équipement (brassard, casque et radio de police) de M. Benalla le jour de la manifestation
C’est une question qui a été posée plusieurs fois. Qui a fourni le brassard et la radio de police, visibles sur les vidéos, à M. Benalla ? Selon M. Delpuech, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) a seulement fourni un casque de protection à M. Benalla. Le préfet de police affirme ne pas disposer d’informations permettant d’expliquer pourquoi M. Benalla avait également un brassard et une radio.
Sur la non utilisation de l’article 40 du code de procédure pénale
Dans la même veine, interrogé plusieurs fois sur le fait que l’article 40 du code de procédure pénale n’ait pas été actionné, le préfet de police a répondu :
« En pratique, on renvoie à l’autorité qui a la responsabilité hiérarchique. c’est en tout cas ce que j’ai pensé – peut-être à tort, mais je l’assume. Il y avait déjà pas mal de personnes informées quand je l’ai été moi-même, la liste serait longue s’il fallait dresser les autorités qui auraient pu saisir l’article 40. Dans ces conditions, ce n’était plus au préfet de prendre cette décision. »
Pour rappel, l’article 40 du code de procédure pénale prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

        Comprendre en quoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Sur sa responsabilité en tant que préfet de police de Paris
Michel Delpuech a estimé avoir pris les mesures nécessaires. Il justifie cela en avançant qu’il a immédiatement informé le cabinet du ministère de l’intérieur lorsque la vidéo a été portée à sa connaissance, le 2 mai.
Mais également en soulignant que « dès lors que c’était pris en compte par l’autorité hiérarchique compétente [c’est-à-dire l’Elysée], j’ai considéré que l’affaire était prise en compte au niveau pertinent ».
« M. Benalla n’était pas sous mon autorité. »
« Le préfet de police est une autorité importante, mais dans une chaîne hiérarchique. »
Le préfet de police de Paris a par ailleurs conclu son discours introductif en expliquant que ces faits étaient « le résultat de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain ». Interrogé sur cette dernière formule, Michel Delpuech a engagé la responsabilité de l’Elysée. « La relation quotidienne de proximité et de confiance entre la préfecture de police et les services de l’Elysée est une nécessité. Quand on bascule dans un lieu de proximité à une relation qui perd de sa pureté, on prend des risques, c’est ce que j’ai voulu évoquer par cette expression. Le reste ne me concerne pas », a conclu le préfet de police de Paris.

        Notre analyse :
         

          les failles de la chaîne de commandement




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Le sélectionneur de l’équipe de France aurait pu se retirer sur un triomphe, mais il a préféré remettre son bilan en jeu. Non sans risques, mais en position de force, selon notre chroniqueur Jérôme Latta.
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Un chèque en bleu, Deschamps après Deschamps

Le sélectionneur de l’équipe de France aurait pu se retirer sur un triomphe, mais il a préféré remettre son bilan en jeu. Non sans risques, mais en position de force, selon notre chroniqueur Jérôme Latta.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h20
    |

                            Jérôme Latta








                        



   


Chronique. Tout a été dit sur Didier Deschamps, tout sera redit, cette fois sur le mode de la louange. Une victoire en Coupe du monde vaut béatification pour son sélectionneur, on le sait depuis qu’Aimé Jacquet a remporté le trophée. Son capitaine d’alors, premier Français à soulever celui-ci, a doublé en Russie le palmarès mondial de l’équipe de France en même temps que le sien. Si la Croatie avait mieux géré sa première période, une deuxième finale perdue aurait fait basculer le sélectionneur français du côté obscur de la lose, mais ainsi va le football : des scores parfois irrationnels forgent les destins.

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          Didier Deschamps, maître ès palmarès



A ce niveau de consécration, le sage sait ce qu’il a à faire : se retirer en pleine gloire, se reposer des efforts consentis, vivre de sa rente d’image. Michel Hidalgo en 1984 et Aimé Jacquet en 1998 n’avaient pas tergiversé, à respectivement 51 et 56 ans, prenant la tête de la Direction technique nationale. À bientôt 50 ans, Deschamps n’est pas beaucoup plus jeune, et il est trop intelligent pour ne pas connaître les risques. Il a cependant confirmé qu’il poursuivrait son mandat au moins jusqu’en 2020.
Gagner plus
Il sait sans doute que l’immunité n’est que provisoire, que les critiques sur sa philosophie de jeu sont simplement suspendues, et que les risques de ternir son bilan sont plus grands que les chances d’enrichir celui-ci. Aucun titre mondial ne préserve des difficultés à se qualifier pour le tournoi suivant : Didier Deschamps se souvient d’un billet pour l’Euro 2000 qui n’avait tenu qu’à un penalty dans les dernières minutes d’Andorre-France. « C’est dans les plus belles victoires que l’on fait les plus grosses conneries », a-t-il déclaré au Parisien. Et la « malédiction du tenant du titre » illustre les difficultés des favoris en phase finale, la rapidité des disgrâces.
Qu’est-ce qui incline Deschamps à courir le risque d’un quatrième cycle de deux ans ? Peut-être l’exemple de l’Espagne et de l’Allemagne, qui ont obtenu des résultats significatifs lors de longs mandats de sélectionneur. Plus probablement l’envie de marquer encore l’histoire. Par exemple en rattrapant la ligne de palmarès perdue il y a deux ans face au Portugal, c’est-à-dire en remportant l’Euro comme entraîneur après l’avoir remporté comme joueur. Il sait aussi qu’il dispose d’une génération prodigieuse, qui a déjà l’expérience de la victoire et va être propulsée par sa confiance.
Il pourrait chercher au sein d’un club un autre doublé joueur-entraîneur, celui de la Ligue des champions, près duquel il était passé en 2004 avec l’AS Monaco. Mais il sait les conditions d’exercice en club, où il est rare d’avoir les coudées franches, et où la précarité règne. En sélection, Deschamps n’est pas près d’être menacé, il n’y partage les responsabilités qu’avec Noël Le Graët – et ce partage est une répartition des tâches. Si le sélectionneur est un homme de pouvoir, c’est surtout un sélectionneur-né, qui se coule parfaitement dans les exigences de la fonction.
Position de force
Les critiques à son égard ont procédé essentiellement d’une méconnaissance des spécificités du football de sélection, avec le temps de travail tactique réduit, le nivellement des valeurs, les pièges des qualifications et des phases finales… Autant de raisons pour lesquelles la priorité accordée à la formation d’un esprit de groupe a fait la différence. Obtenir de joueurs majeurs qu’ils se sacrifient pour le collectif, c’est ce à quoi beaucoup de grandes sélections ne parviennent plus, et c’est à porter au crédit du Basque.
À la lumière de l’ère post-1998, on pourrait s’inquiéter que son style fasse trop école au sein de la Direction technique nationale et de la formation française, avec l’adoption de dogmes qui ne seront pas remis en cause à temps. Mais Deschamps n’est pas un dogmatique : il s’est coulé dans la tendance actuelle qui a accordé une prime aux équipes laissant le ballon à l’adversaire – une réponse opportuniste qui a peu de chance de se muer en philosophie. Quant à son penchant défensif, il l’avait démenti jusqu’au premier match en Russie inclus, montrant des velléités de jouer les cartes offensives de son effectif. Rien ne dit qu’il n’y reviendra pas.

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Didier Deschamps ne lâchera donc pas la sélection, n’étant pas du genre à abandonner une position de force. Un choix inverse de celui de Zinédine Zidane (que l’on imaginait prendre sa suite à la tête des Bleus), qui a quitté le Real Madrid au pic de sa consécration. Deschamps a toujours cru en lui-même, plus encore que ceux qui lui prédisaient très tôt un grand avenir d’entraîneur. Il faut espérer que l’équipe de France continue à y trouver son compte. En tout cas, hier comme aujourd’hui, elle pourrait avoir pire sélectionneur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ A 29 ans, il remporte son troisième titre mondial, son premier en individuel.
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Mondiaux d’escrime : l’épéiste français Yannick Borel sacré champion du monde

A 29 ans, il remporte son troisième titre mondial, son premier en individuel.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h47
   





                        



   


L’épéiste français Yannick Borel a remporté la médaille d’or des championnats du monde à Wuxi, en Chine, au terme d’une finale remportée haut la main contre le Vénézuélien Ruben Limardo Gascon (15-4).
Sacré en juin pour la troisième fois consécutive champion d’Europe en individuel, Borel réalise un doublé jamais vu depuis Hugues Obry, en 1998. À 29 ans, et malgré une blessure au poignet droit qui nécessitera une opération, le Guadeloupéen confirme sa stature de leader. Seul le titre olympique en individuel manque au palmarès de celui qui avait été sacré par équipes à Rio en 2016.
L’argent pour Ysaora Thibus
La fleurettiste française Ysaora Thibus doit, quant à elle, se contenter de la médaille d’argent après s’être inclinée face à l’Italienne Alice Volpi au terme d’une finale serrée. Thibus a atteint la finale en battant la Russe numéro un mondiale Inna Deriglazova (15-14) en quarts de finale, puis l’Italienne Arianna Errigo (quatrième mondiale) lors d’une demi-finale remportée en un éclair (15-2).
Thibus avait décroché deux médailles de bronze individuelles aux championnats d’Europe et aux Mondiaux de 2017. À 26 ans, elle s’entraîne en Californie depuis l’été dernier, aux côtés de Sergei Golubytskyi.
Mardi, les sabreuses Cécilia Berder (deuxième mondiale, vice-championne d’Europe et médaillée de bronze aux Mondiaux 2017) et Manon Brunet (numéro sept mondiale et quatrième aux Jeux olympiques de Rio) pourront également viser un podium.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Paradoxe, le cyclisme est un sport d’équipe où le coureur vit isolé avec ses doutes une fois l’étape terminée.
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Tour de France : Au milieu du peloton, la solitude

Paradoxe, le cyclisme est un sport d’équipe où le coureur vit isolé avec ses doutes une fois l’étape terminée.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 09h55
    |

            Henri Seckel (Carcassonne (Aude), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le Tour de France, cirque surpeuplé : 176 coureurs au départ, 450 membres d’équipes (directeurs sportifs, mécanos, médecins, etc.), 2 000 journalistes, consultants et photographes accrédités, de 10 à 12 millions de personnes sur le bord des routes pendant trois semaines. « Et au milieu de tout ça, tu peux ressentir une grande solitude. Tu peux partager la chambre avec un coéquipier, et pourtant ne rien savoir de sa vie, de ses souffrances, parce qu’évoquer ces sujets, c’est avouer sa faiblesse, et ça ne se fait pas. »
Yoann Offredo parle. « Et puis il y a toute la partie immergée de l’iceberg. Ce sont les heures d’entraînement seul à partir du mois de novembre, sous la pluie, le froid. Tu es loin de toute cette foule, personne ne t’applaudit sur le bord de la route. Au Tour de France, tous les yeux sont rivés sur toi. Quelques mois plus tard, quand tu rentres dans ta chambre le soir, tu es seul face à toi-même. »
Le Français de 31 ans, tempérament fougueux sur un vélo (Wanty Groupe-Gobert), volontiers mélancolique quand il en descend, souligne une difficulté de ce paradoxe qu’est le cyclisme professionnel. Sport d’équipe où le coureur accomplit sa performance seule sur son vélo ; sport individuel où l’on ne peut gagner sans le collectif ; activité grégaire dans laquelle la solitude guette, et doit s’apprivoiser.
Travailleur nomade
Le cycliste est un travailleur nomade qui passe entre cent cinquante et deux cents jours par an loin de chez lui, le temps de se rendre sur une course, de la disputer, d’en revenir. « Pendant des années, je n’ai pas voulu faire de grands Tours de trois semaines à cause de l’éloignement », explique Yoann Offredo – un Tour d’Espagne (2010) et deux Tours de France en onze ans de carrière –, qui a collé sur le cadre de son vélo une photo de sa femme et ses deux enfants.
Les cas ne sont pas rares de coureurs privés d’une carrière professionnelle par leur sensibilité, alors que leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, le Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour de France.
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« Froome, le “meilleur des laids”», par Olivier Haralambon

Durant le Tour, l’écrivain Olivier Haralambon analyse pour « Le Monde » le style des vedettes du peloton. Aujourd’hui, le Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour de France.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 07h29
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 11h48
    |

                            Olivier Haralambon








                        



                                


                            

Chronique. C’est parfois faire fausse route que de vouloir détailler toujours plus avant, décomposer en pièces toujours plus petites et plus nombreuses ce dont on connaît l’allure générale.
Ainsi point n’était-il besoin pour nous en convaincre d’experts en nombre ni d’avocats en bataillons dressant la liste interminable de ses idiosyncrasies : Chris Froome est sans pareil, unique en son genre. Le premier coup d’œil y suffit.
Il n’est pas impossible que, libéré de ces entraves spécifiques que lui impose la machine, ce corps qu’il n’a pas hésité à montrer nu se découplât assez normalement, voire s’inscrivît pile-poil, bras écartés dans un cercle ou un carré, en homme parfaitement “vitruvien”.
Mais juchez-le sur un vélo, et visez l’attelage – parlez-moi de nombre d’or ! En fait, la maxime est assez simple : Christopher Froome, à vélo, est aussi vilain qu’efficace. Il est, aurait dit Blondin, « le meilleur des laids ».
Tel un adulte sur un tricycle d’enfant
Souvent, son vélo semble trop petit pour lui, au point qu’on soupçonne la focale de la caméra. Son pied trop engagé sur la pédale, au bout d’une jambe qu’il ne déplie jamais, donne l’impression qu’il pédale avec les talons, les genoux à l’extérieur tel un adulte sur un tricycle d’enfant. Sur le buste redressé, les épaules minces enroulées vers l’avant déterminent un ample écartement des coudes, qui presque battent l’air quand sa fameuse cadence de pédalage s’affole. C’est donc une étrange créature qui apparaît quand ses concurrents la poussent dans ses retranchements. Alors la tête rentre un peu plus dans les épaules : Chris regarde ses pieds et son visage se désaxe comme s’il s’étonnait de ce qu’il voit. Il se tortille franchement sur sa selle, à mesure que s’installe un dodelinement du chef vaguement autistique, comme si les pensées compactées, alourdies, roulaient sur la paroi interne de son crâne. Mais de la sorte il semble aussi aller puiser l’énergie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, le joueur d’origine turque a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».
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Allemagne : le footballeur Mesut Ozil quitte la sélection, invoquant le « racisme »

Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, le joueur d’origine turque a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 22h32
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 07h49
   





                        



   


Mesut Özil a annoncé dimanche 22 juillet qu’il quittait la sélection d’Allemagne en mettant en avant le « racisme » dans les critiques dont il est victime après l’élimination de la Mannschaft dès le premier tour du Mondial 2018 de football.
« C’est avec un cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », écrit le joueur d’origine turque sur son compte Twitter.

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Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, il a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».
« Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu’un seul pays. J’ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J’ai deux cœurs, un allemand et un turc », a détaillé dimanche après-midi le milieu de terrain d’Arsenal sur Twitter.

   


Absence de soutien
Mesur Ozil sort de son silence après avoir été au centre de la polémique, à la suite de la publication d’un cliché sur lequel lui et son compatriote Ilkay Gündogan posent aux côtés du chef de l’Etat turc, alors en pleine campagne électorale pour sa réélection, finalement obtenue.
Cela avait valu aux deux joueurs de lourdes critiques, surtout après l’élimination précoce des champions du monde 2014 dès la phase de groupes en Russie. Certains observateurs les ont accusés de manquer de loyauté envers l’Allemagne, le manager de la Mannschaft Oliver Bierhoff allant même jusqu’à affirmer qu’« il aurait fallu envisager de se passer d’Ozil » pour le Mondial.
Pour Ozil, c’est surtout l’absence de soutien de la Fédération allemande (DFB) qui l’a poussé à s’en aller :
« Lors de ces deux derniers mois, ce qui m’a le plus peiné est le mauvais traitement que m’a infligé la DFB et son président Richard Grindel. »
« Alors que j’ai essayé d’expliquer à Grindel mon héritage, mes ancêtres et, par conséquent, lui faire comprendre les raisons qui m’avaient amené à prendre cette photo, il était plus intéressé par le fait de parler de ses propres positions politiques et de rabaisser mon opinion », a encore écrit Ozil, qui a inscrit 23 buts en 92 sélections.
« Je ne servirai plus de bouc émissaire [à Grindel] pour son incompétence et son incapacité à faire correctement son travail », a conclu le joueur de 29 ans, sacré champion du monde avec l’Allemagne en 2014 après la troisième place en 2010.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Le Danois s’impose aux portes de la cité médiévale, aux dépens d’un Lilian Calmejane en larmes. La journée a vu la mise hors-course des fumigènes et de Gianni Moscon, de l’équipe Sky. Nos trois leçons de l’étape.
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Tour de France : Carcassonne pour Cort Nielsen, le glas sonne pour les fumigènes et Moscon

Le Danois s’impose aux portes de la cité médiévale, aux dépens d’un Lilian Calmejane en larmes. La journée a vu la mise hors-course des fumigènes et de Gianni Moscon, de l’équipe Sky. Nos trois leçons de l’étape.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 20h28
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 15h44
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Carcassonne, Aude)








                        


Dans cette journée conçue pour les échappées, une échappée est allée au bout avec la bienveillance du peloton. Mais comme on est toujours surpris sur le Tour de France, on a vu le Danois Magnus Cort Nielsen se jouer des grimpeurs, dont Lilian Calmejane. Sinon, Gianni Moscon a frappé un coureur, ce qui est moins étonnant, et s’est fait exclure. De quoi soigner la cote de popularité de l’équipe Sky.
Reconversion réussie chez Astana

   


Deux victoires en deux jours : l’équipe Astana a privatisé le Tour de France ce week-end avec deux coureurs inconnus du grand public qui n’en sont pas moins de sacrés coursiers, le grimpeur basque Omar Fraile et le routier-sprinteur danois Magnus Cort Nielsen.
Enfin, routier sprinteur... C’est ce qu’on croyait savoir jusqu’à ce qu’il grimpe à toute vitesse, ce dimanche, le redoutable pic de Nore, une « cochonnerie », comme disent les cyclistes, qui domine la Montagne Noire, route étroite, irrégulière et bitume pas tout neuf. Cort Nielsen et son coéquipier et compatriote Michael Valgren ont eux-mêmes assuré la sélection dans une échappée de 29 au pied du col, afin de se débarrasser de Peter Sagan et Greg Van Avermaet, et les deux ont tenu les roues des purs grimpeurs comme Pozzovivo ou Mollema.
Une fois passé le sommet, Valgren et Cort Nielsen n’avaient plus qu’à contrôler leurs adversaires et le deuxième à régler au sprint ses derniers compagnons d’échappée, ce qui fut d’autant plus simple que Ion Izagirre et Bauke Mollema sont joyeusement allés à l’abattoir en roulant avec lui jusqu’à Carcassonne. On aimerait parfois être dans les voitures de directeurs sportifs pour mieux comprendre ce qui se joue sous nos yeux.
« C’était le plan. Hier soir, j’ai analysé les chiffres de puissance de l’étape et j’avais le sentiment que Magnus et Valgren pouvaient avoir une bonne chance aujourd’hui, explique Rune Larsen, l’entraîneur des deux hommes au sein de cette équipe kazakhe où ce sont les Danois qui gagnent. Nous avons beaucoup travaillé pour qu’ils améliorent leurs capacités en montagne. Magnus Cort Nielsen n’est pas devenu grimpeur du jour au lendemain. J’ai été un peu surpris, mais disons qu’il était dans un bon jour. Magnus est un peu plus petit que les meilleurs sprinteurs, il doit trouver sa niche ailleurs que les étapes de plat. »
« L’équipe avait marqué cette étape pour moi, elle pensait qu’elle pouvait très bien me convenir, a confirmé Cort Nielsen. Dans les Alpes, j’ai très bien grimpé. »
Une reconversion réussie, donc, et celle de l’équipe Astana ne l’est pas moins : venue pour porter Jakob Fuglsang sur le podium du Tour de France, elle a, un peu déçue par la traversée des Alpes (le Danois est 9è du classement généra), libéré ses coureurs pour aller prendre des échappés, comme l’a expliqué Cort Nielsen. Sans toutefois renoncer à un bon classement général pour son leader.
Lilian Calmejane, maillot du meilleur échappé-qui-ne-va-pas-au-bout

   


Ce serait un maillot vert, mais de rage. Lilian Calmejane, le baroudeur de l’équipe Direct Energie révélé par sa flamboyante victoire l’an passé à la station des Rousses, avait coché deux étapes cette année, dès la présentation du Tour. Celle de Mende hier, et plus encore celle de Carcassonne aujourd’hui, dont le parcours sillonnait ses terres d’Occitanie. L’Albigeois s’est retrouvé dans la bonne échappé deux fois sur deux. Il s’est fait avoir deux fois sur deux : 8e hier, et surtout 7e aujourd’hui, après avoir touché du doigt le bonheur d’une victoire à domicile.
Mais voilà, Calmejane a vu le piège se refermer dans le final, où il s’est retrouvé dans un groupe de huit composé de trois duos (Trek, Astana, Bahraïn) et un coureur carbonisé par une longue tentative en solo (Majka). Evidemment, trois coureurs issus des duos ont tenté le coup (un Trek, un Astana, un Bahraïn), évidemment, leurs trois coéquipiers ont cessé de rouler, évidemment, Majka, rôti, ne pouvait plus donner un coup de pédale, et évidemment, Calmejane n’a pu combler le trou tout seul. Bref, un final tactique dans toute sa splendeur, dont Calmejane n’aurait pu sortir vainqueur que s’il avait été extrêmement supérieur aux autres, ce qui n’était quand même pas le cas.
Groooosse déception à l’arrivée :

Lilian Calmejane craque après la ligne d'arrivée !!! Le Français reproche à ses coéquipiers d'échappée la mésentent… https://t.co/6aUhDTgyzN— stade2 (@Stade 2)


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Question, tout de même : Calmejane n’a-t-il pas fauté et laissé de précieuses forces sur le bas-côté en tentant un bizarroïde coup en solo à 125 km de l’arrivée ? « Non, je ne pense pas, répond-il. Je suis parti seul, c’était pas du tout prévu, c’est parfois des trucs dans mon cerveau qui vont un peu dans tous les sens. J’ai été un peu grisé, et le public m’a tellement soutenu, j’avais envie de profiter tout seul. Dans les Alpes, j’ai passé un col avec Sagan, il était tellement encouragé que j’avais mal aux oreilles, j’ai attaqué pour ne pas rester avec lui tellement ça faisait de bruit. Aujourd’hui je lui ai fait de la concurrence ! C’était trop loin de l’arrivée, c’est pour ça que j’ai vite décidé de me relever [au bout de 15 bornes], mais ça n’a pas été préjudiciable. Les jambes, je les avais dans le final, je l’ai montré. »
« Il n’a pas fait d’erreur, appuie son manager, Jean-René Bernaudeau. Les trois coureurs qui finissent aux trois premières places, il était prévu qu’ils attaquent. Il allait les chercher, mais il a été un peu serré quand ils ont attaqué, et derrière, il lui manque 20 mètres. C’est la Coupe du monde de vélo tous les jours, et 20 mètres, ça coûte cher. » Pour une deuxième étoile, après celle des Rousses l’an dernier, il va sans doute falloir patienter un an.
Gardez vos fumigènes pour les stades
« No Pyro, no Party », disent les « ultras » dans les stades de football. Les organisateurs du Tour de France, eux, sont plutôt d’avis que la fête est plus sûre sans pyrotechnie, alors que des fumigènes ont fait leur apparition depuis plusieurs années sur certaines ascensions du Tour de France.
A partir de mardi et jusqu’à la fin du Tour dimanche, des arrêtés préfectoraux seront pris dans chaque département traversé afin d’interdire l’utilisation des fumigènes au passage de la course, a annoncé l’AFP dimanche. Les forces de l’ordre, susceptibles d’interpeller les contrevenants, seront également sensibilisées au sujet.
Jeudi, la montée de l’Alpe d’Huez a été envahie par des fumigènes de toutes les couleurs sur plusieurs passages, donnant des images magnifiques mais gênant fortement les coureurs. On a vu par exemple Romain Bardet se toucher les yeux après avoir traversé un nuage de fumée.

   


« C’est une bonne nouvelle, estime Julian Alaphilippe. Non seulement c’est désagréable à respirer, mais c’est surtout à cause de la visibilité que c’est très dangereux. Vous roulez à grande vitesse dans le brouillard. C’est un peu comme si on vous demandait de fermer les yeux en conduisant. »
« Les fumigènes dégagent un gaz qui pénètre dans la gorge, a renchéri Mikel Landa, sixième du classement général. Au-delà du fait que c’est aveuglant, ça irrite surtout les voies respiratoires. »
Vendredi, un fumigène a été lancé au milieu du peloton lancé à vive allure à l’approche du final de Valence, rebondissant entre les rues des coureurs. On se demande encore par quel miracle aucun coureur n’a été touché et aucune chute provoquée. On ne voit que la fameuse « magie du Tour » pour expliquer ça.

Bref, les fumigènes sur le Tour, il n’y a guère que l’ultra du Paris Saint-Germain Thibaut Pinot pour apprécier, et encore, c’est parce qu’il les a traversés en première position dans l’Alpe d’Huez, en 2015 : « À l’arrivée, mon maillot était bleu à cause du gaz des fumigènes, racontait-il cette semaine à La Provence. Moi ça ne me dérange pas, ça fait partie de l’ambiance. L’Alpe est une montée très festive, c’est ça le vélo. »
Pour ce qui nous concerne, les fumigènes semblent bien plus dangereux au bord de la route que dans les tribunes des stades de football.

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                Football : fumigènes, l’impasse incandescente



La leçon bonus : on ne frappe pas un coureur
Ca vient de tomber, comme on dit à la télé : l’Italien Gianni Moscon est exclu du Tour de France par les commissaires de l’Union cycliste internationale pour avoir frappé un coureur de l’équipe Fortuneo peu après le départ de l’étape.

Gianni Moscon, coéquipier du #MaillotjauneLCL a été exclu du #TDF2018  après l'arrivée à Carcassonne. Il lui est re… https://t.co/DQYpepH5WM— MaillotjauneLCL (@Maillot jaune LCL)


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Sa réputation d’imbécile du peloton se construit à toute vitesse, puisque rappelons que Moscon a déjà été suspendu par son équipe en 2017 pour avoir proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre du coureur d’origine guadeloupéenne Kevin Reza. « J’ai la conscience tranquille », avait-il dit quelques mois plus tard.
Juste avant le Tour de France, l’UCI a blanchi Moscon d’accusations portées par le coureur de la FDJ Sébastien Reichenbach, qui jugeait l’Italien responsable de sa grave chute dans une descente sur le Tour de Lombardie. Plusieurs témoignages allaient dans le sens du Suisse mais l’UCI n’avait pas suffisamment de preuves pour suspendre Gianni Moscon.
L’équipe Sky perd un équipier précieux dans les premiers cols des étapes, mais a priori, ils devraient s’en sortir sans. Elle gagne surtout un peu de publicité négative, dont on se dit qu’elle pourrait se passer.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ A la veille d’une journée de repos, le Danois a offert à Astana une deuxième victoire de suite dans l’Aube.
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Tour de France : Magnus Cort Nielsen s’impose à Carcassonne

A la veille d’une journée de repos, le Danois a offert à Astana une deuxième victoire de suite dans l’Aube.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 18h41
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 07h15
   





                        



   


Comme un bégaiement de l’étape précédente, le peloton a laissé, dimanche 22 juillet, une trentaine de coureurs — inoffensifs au général — s’échapper pour se disputer la victoire. Comme la veille à Mende, un membre de l’équipe Astana en a profité pour s’imposer.
Après Omar Fraile, Magnus Cort Nielsen a inscrit son nom pour la première fois au palmarès du Tour de France. Réputé pour ses pointes de vitesse, il avait déjà soulevé deux étapes sur la Vuelta 2016.
Le Danois a réglé au sprint le trio qu’il formait dans les derniers kilomètres avec Bauke Mollema et Gorka Izagirre. Agitateur de la journée, et auteur d’un baroud d’honneur mort-né trop loin de l’arrivée, Lilian Calmejane n’a pu faire mieux qu’une septième place sur ses terres.

Cort Nielsen s'impose au sprint dans un duel avec Izaguirre et Mollema ! #TDF2018 #VeloClub https://t.co/EtD4nD5SQg— francetvsport (@France tv sport)


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Aucun danger pour Thomas
Comme attendu, l’étape s’est décantée dans le pic de Nore et son sommet à quarante kilomètres de l’arrivée. Dans la montée de la principale difficulté du jour, Rafal Majka s’est dégagé pour rejoindre et distancer un duo français (Julien Bernard, Fabien Grellier). Il a basculé en tête puis insisté dans la descente.
Après la jonction effectuée avec le Polonais, double meilleur grimpeur du Tour (2014 et 2016), le groupe de tête s’est disputé la victoire. Le Néerlandais Bauke Mollema a attaqué à 7 kilomètres mais a emmené avec lui deux coureurs présumés plus rapides : Magnus Cort Nielsen et l’Espagnol Ion Izagirre. Après la flamme rouge, les trois rescapés se sont regardés, soit le scénario rêvé pour le Danois.
Arrivé en compagnie de tous les autres favoris, treize minutes après le vainqueur du jour, Geraint Thomas a conservé son maillot jaune. Les coureurs se reposeront, lundi 23 juillet, avant de retrouver les Pyrénées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ L’équipe Astana remporte sa deuxième étape consécutive, après Fraile hier, à Mende.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Après l’annonce de son retrait des commandes de Fiat Chrysler et de Ferrari, le patron emblématique du groupe fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ L’Agence française de lutte contre le dopage et la fédération internationale échafaudent ensemble leurs plans pour débusquer les tricheurs, s’échangeant informations et impressions durant les trois semaines.
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Tour de France 2018 : comment les contrôles antidopage s’organisent

L’Agence française de lutte contre le dopage et la fédération internationale échafaudent ensemble leurs plans pour débusquer les tricheurs, s’échangeant informations et impressions durant les trois semaines.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 12h16
    |

            Clément Guillou (Envoyé spécial à Roubaix, Nord)








                        



   


C’est probablement la conversation WhatsApp la plus confidentielle du Tour : elle porte un nom barbare, « CADF-AFLD », et c’est là que se décide la stratégie des contrôles antidopage sur la Grande Boucle. En guerre il y a dix ans, l’Agence française de lutte conre le dopage (AFLD) et la Fondation antidopage pour le cyclisme (CADF) travaillent désormais de concert pour identifier les tricheurs du peloton.
« Nous avons des partages d’informations avec 25 agences nationales antidopage, mais la profondeur de notre relation avec l’AFLD est assez unique », dit Francesca Rossi, directrice de la CADF. Formalisé par un protocole de coopération, cet échange de renseignements se matérialise sur une conversion par messagerie instantanée entre Damien Ressiot, directeur des contrôles de l’AFLD, et les enquêteurs, experts et dirigeants de la CADF. Là, les seconds, qui ont le dernier mot sur l’identité des coureurs à contrôler, le type de contrôle (sanguin ou urinaire) et ses modalités (au réveil, après l’étape ou au coucher), échangent avec le Français pour mettre au point la stratégie. Durant le Tour, jusqu’à vingt messages par jour s’échangent entre ces spécialistes du dopage, chaque coureur étant identifié par un numéro de code.

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« On s’envoie des informations codées, qui respectent le b-a-ba de la confidentialité et de la protection des données, mais notre proximité relationnelle fait que c’est très simple. On se connaît tous », explique Damien Ressiot.
Huit à dix contrôles par jour
L’identité des coureurs contrôlés dépend surtout des résultats et des prélèvements sanguins effectués sur chacun des coureurs le jeudi précédant le Tour de France. Les données sont comparées au « passeport sanguin » de chaque athlète, et des experts indépendants livrent leur recommandation sur les profils suspects : « C’est notre ressource la plus importante, c’est une mine », confirme Francesca Rossi.
Les informations fournies par l’Oclaesp (service de gendarmerie dont les officiers spécialisés dans le dopage sont présents sur le Tour de France) peuvent aussi déclencher des contrôles, de même, explique Damien Ressiot, qu’un « comportement particulier pendant un contrôle ou des performances étonnantes ».

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La CADF, organe indépendant de l’Union cycliste internationale, est limitée en nombre de contrôles pour des raisons budgétaires : pas plus de huit à dix par jour. Sa bonne entente actuelle avec l’AFLD est une source d’espoir pour tous les couples en crise, puisque les deux ne se parlaient plus, il y a dix ans : les relations entre les présidents de l’AFLD et de l’UCI étaient exécrables, le premier reprochant au second de ne pas lutter suffisamment contre le dopage. Lors du Tour 2008, disputé sous l’égide de la Fédération française de cyclisme et non de l’UCI, l’AFLD avait été seule responsable des contrôles. Un succès retentissant, avec sept contrôles positifs impliquant plusieurs vedettes de ce Tour, un chiffre jamais égalé depuis.
Dix ans plus tard, les deux instances, qui ont chacune changé de direction, travaillent en harmonie mais craignent fortement que les résultats des contrôles ne soient pas les mêmes. « Qu’il y ait crispation ou parfaite collaboration, l’équation est très compliquée, souffle Damien Ressiot. A l’instar de ce qui se passe aux Jeux olympiques, c’est dans le mois qui précède le Tour que tout se joue. En compétition, on est davantage dans la régulation. » 
Hormis le contrôle positif à la cocaïne de l’Italien Luca Paolini en 2015, le dernier cas de dopage d’envergure est celui de Fränk Schleck, positif à un diurétique en 2012. Jusqu’à présent, tous les contrôles réalisés dans ce Tour de France sont négatifs.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ L’équipier de Chris Froome ne s’en cache plus : il n’a aucunement l’intention de céder le maillot jaune à celui qui était censé être son leader.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Tour de France : et Geraint Thomas fit son coming out

L’équipier de Chris Froome ne s’en cache plus : il n’a aucunement l’intention de céder le maillot jaune à celui qui était censé être son leader.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 10h33
    |

            Clément Guillou et 
Henri Seckel (envoyés spéciaux à Séverac-le-Château, ou Severac lo Castèl, comme on dit en Aveyron)








                        



   


Le Tour de France 2018 joue de malchance. La Coupe du monde de football avait totalement occulté les dix premières étapes ; les dix dernières sont en train de se laisser éclipser par un autre événement d’ampleur internationale dont la Terre entière guette le moindre rebondissement : l’affaire Alexandre Benalla. Ce monsieur était déjà accusé de tous les maux, on pourra désormais, en outre, lui reprocher d’avoir flingué le Tour.
Il se passe pourtant bien des choses sur cette course, dont le scénario a connu un bouleversement majeur : Geraint Thomas ne se cache plus du tout, il veut remporter le Tour et l’affirme désormais haut et fort. Alors qu’une certaine pudeur confinant à l’hypocrisie avait guidé son discours les jours précédents, le Gallois a ouvert les vannes, hier, l’arrivée de la 14e étape. Dans une semaine, le peloton déboulera sur les Champs-Elysées, et il compte bien y parader en jaune.
Roue de secours
Une question sur la rumeur selon laquelle l’équipe Sky préfèrerait le voir gagner lui, plutôt que Froome, pour d’évidentes raisons d’image et de marketing. Réponse : « Je ne peux pas parler pour les autres, je pense qu’ils seraient contents si l’un ou l’autre de nous deux gagnait. Moi je serais plus heureux si c’était moi qui plutôt que Froomey, évidemment. »
Une question sur la pression qu’entraîne la tunique dorée qu’il porte sur les épaules. Réponse : « C’est beaucoup moins de pression que de disputer une finale olympique de poursuite par équipes à Londres [où il a été médaillé d’or en 2012]. Je pense aussi que la seconde place de Froomey m’ôte beaucoup de pression. Si quelque chose m’arrive, on l’aura toujours dans la course. »
L’axe de rotation de la planète vélo vient de bouger : voilà donc Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour, devenu l’égal, voire la roue de secours, de celui qu’on imaginait être son lieutenant. Il faut dire que dans la spectaculaire côte finale de la Croix-Neuve, hier à Mende, Geraint Thomas a, comme dans les Alpes, semblé plus fort que tout le monde. « Être aux deux premières places rend la course très difficile pour nos adversaires, ils ont deux coureurs à surveiller », déclare poliment Froome, dont les jambes ont l’air de se souvenir qu’elles ont couru (et gagné) le Tour d’Italie il y a à peine deux mois.

   


Pour autant, on n’imagine pas le tenant du titre l’abandonner si facilement que ça, fût-ce à un coéquipier. La Sky se retrouve dans la situation d’une équipe de Formule 1 dont les deux pilotes occupent les deux premières places d’une course et s’entretuent pour la victoire, laissant gagner le 3e, qui n’en demandait pas tant. Geraint Thomas en a bien conscience : « Le principal, c’est qu’on ne se retrouve pas à courir l’un contre l’autre et que Tom Dumoulin gagne. On aurait l’air plutôt stupide. »
15e étape ce dimanche sous le soleil de l’Aveyron, du Tarn et de l’Aude, du viaduc de Millau aux remparts de Carcassonne. Le Tour file vers le sud, et met le cap vers le Nore, le pic de Nore, obstacle principal d’une journée promise, comme hier, aux baroudeurs, cette espèce qui se cogne chaque année trois semaines de souffrance sur une course où elle ne peut espérer lever les bras qu’une fois (deux, les années fastes).
Cela dit, le Pic de Nore ne sera peut-être pas la difficulté majeure du jour pour les coureurs qui ont désormais moins intérêt à regarder devant eux que sur les côtés. Les routes de France ne sont plus sûres. En surgissent toutes sortes de projectiles plus ou moins dangereux.

Un petit malin s'est amusé à jeter un fumigène sur les coureurs du peloton ! A force, le Tour de France se disputer… https://t.co/8szoIF9nkB— francetvsport (@France tv sport)


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RT NOSsport: Op Alpe d'Huez werd Froome al geduwd door een supporter, vanmiddag kreeg hij een fles water over zich… https://t.co/rev9IWokBU— WelTweewielers (@v d wel tweewielers)


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Que va-t-il donc falloir faire, à quelles extrémités va-t-on devoir en venir pour mettre fin à ces actes indignes ? Poser des barrières à trois mètres de la chaussée tout au long des 3 351 kilomètres du Tour ? Faire payer l’entrée sur le parcours, et signer une charte de bonne conduite à chaque spectateur ? Engager Alexandre Benalla comme responsable de la sécurité du Tour ?

Et comme par hasard, Alexandre Benalla. https://t.co/XQB3uVP6Zt— thomassnegaroff (@thomas snegaroff)


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A PART ÇA, voici les stigmates de Luis Leon Sanchez, martyr de la 2e étape.

Día 14... @AstanaTeam https://t.co/nBhxNldF38— LLEONSANCHEZ (@luis leon sanchez)


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Départ 13 h 10. Arrivée vers 17 h 45.
Le Tour du comptoir : Saint-Paul-Trois-Châteaux
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on ne vend pas de cigales made in China.

   


Disons-le, Saint-Paul-Trois-Châteaux est la plus grande arnaque de France : il n’y a pas trois chateaux, il n’y en a pas deux, il n’y en a même pas un. Il n’y a pas de château à Saint-Paul-Trois-Châteaux, et c’est à cause d’une erreur de traduction, nous explique Yves Henry : « Certains vous diront qu’il s’agit des trois châteaux des Adhémar (grande famille du Dauphiné, depuis le Moyen-Âge, ndlr), à Montélimar, Suze-la-Rousse et Grignan. C’est faux : les Tricastinum, la peuplade gauloise qui habitait le coin, ont été transcrits du latin de manière erronée en Trois Châteaux. »

   


Yves Henry, un Parisien - on dit ça sans agressivité, on en connaît des très biens -, est l’affable patron des « Trois Tasses », et là encore il y a tromperie : il y en a beaucoup plus dans ce salon de thé - glacier - chocolatier, situé sur l’une des nombreuses jolies placettes du bourg. L’hiver, le thé cartonne. L’été, les glaces cartonnent. Avant Saint-Paul-Sans-Château, Yves et sa femme Loupile (« C’est son fils qui l’a appelé comme ça, c’est resté ») tenaient une librairie à Aubenas, en Ardèche. On le vise avec un regard de teckel, parce que dans notre tête, le métier de libraire est le plus galère et le plus précaire après celui de cycliste. En fait, non, ça va : « On bossait énormément, avec tous les scolaires. On ne roulait pas sur l’or mais ça allait. » 
Quand ils ont été trop fatigués, ils ont voulu bouger, quelque part dans le Sud-Est : « On ne voulait surtout pas la côte, avec cette mentalité de rentabilité à tout prix. Pour nous, la priorité c’est la clientèle. On aime les gens. On a beaucoup de Belges et d’Anglais, qui ont des résidences secondaires. Il n’y a qu’un seul camping : ici, c’est du bon tourisme, pas le tourisme de masse. Personne ne vend de cigales made in China. »
On n’a pas eu le temps de vérifier, mais on ne serait pas étonné que là encore, il y ait tromperie sur la marchandise.

   



   





                            


                        

                        

