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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.
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Les kiosques pourront davantage sélectionner les magazines distribués

Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 18h10
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


La ministre de la culture Françoise Nyssen a promis une réforme « profonde » de la distribution de la presse en France, pour sauver ce secteur en crise. C’est bien la voie préconisée dans le rapport publié mardi 24 juillet par Marc Schwartz, auquel la ministre de la culture avait confié une mission de concertation. Pour changer la loi Bichet, née après la Libération, l’ex-médiateur du livre a écrit un avant-projet de loi qui doit faire l’objet d’une consultation publique d’ici septembre, et d’un projet de loi ou d’une proposition de loi à l’automne.

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Le premier principe du texte vise à donner plus de liberté de choix aux kiosquiers, avec l’espoir que cela réduise l’embouteillage de milliers de titres de presse dans les points de ventes. En cessant d’obliger les kiosquiers à distribuer tous les magazines qui en font la demande, ceux-ci exposeront mieux les titres, qui se vendront mieux, croit le rapport. Les spécificités locales pourraient être mieux respectées : on vendrait davantage un magazine de surf au bord de la mer qu’à la montagne, par exemple.
L’obligation de distribution est maintenue
Ce changement rompt avec un élément important du système de la distribution de la presse en France, pensé pour assurer le pluralisme. Mais ce principe sera réaffirmé, assure le gouvernement, qui insiste sur un point : pour la presse d’information générale, l’ancien principe d’obligation de distribution resterait en vigueur. Sur ce point, Le Monde, Le Figaro, Le Point ou Le 1 ne seraient pas concernés, par exemple.
Deuxième garde-fou : l’avant-projet de loi propose de définir un « droit à la distribution » et un « droit effectif d’accès au réseau de distribution ». Les titres auraient ainsi le droit d’obtenir auprès des messageries un contrat de distribution dans un certain nombre de points de vente et dans des conditions similaires à celles obtenues par des titres comparables.
L’équité des négociations de distribution serait désormais assurée par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms, qui régit également La Poste. Les deux instances actuelles – le CSMP (Conseil supérieur des messageries de presse) et l’ARDP (Autorité de régulation de la distribution de la presse) – disparaîtraient.
Abandon du statut coopératif obligatoire des messageries
Point symbolique, et sensible : le « droit à être distribué » s’accompagnerait de l’abandon du statut coopératif obligatoire des messageries de distribution de la presse et du principe « un éditeur, une voix ». Ce statut coopératif a créé un droit à la distribution qui a généré des effets pervers, notamment l’inflation de titres dans les kiosques, estime le rapport.
Cette réforme est-elle un cadeau fait aux « gros » éditeurs au détriment des petits, qui ne pourront plus choisir librement les kiosques dans lesquels ils sont présents ? Au ministère, on se défend d’avoir une telle volonté, rappelant que les éditeurs de taille modeste se sont aussi plaints du système actuel. Ces derniers ont notamment été mis à contribution dans le plan de sauvetage de la messagerie Presstalis : les éditeurs vont devoir verser à Presstalis 2,25 % de leurs recettes durant cinq ans, après avoir subi une retenue de 25 % de leurs recettes en décembre et janvier.
Autre point important, le rapport souhaite étendre les nouveaux principes aux acteurs numériques. Les kiosques numériques comme SFR Presse ou le kiosque d’Orange pourraient être affectés : ils devraient respecter le « droit à être distribué » des magazines, et accepter de distribuer tout titre d’information politique et générale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.
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Theresa May annonce qu’elle dirigera désormais les négociations sur le Brexit

Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h40
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi qu’elle prenait désormais la direction des négociations sur la sortie de l’Union européenne, jusqu’ici dévolue au ministre du Brexit, qui l’assistera sur ce dossier.

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« Il est essentiel que le gouvernement s’organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne », explique dans une déclaration écrite au Parlement la dirigeante conservatrice, ajoutant : « Je dirigerai (désormais) les négociations avec l’Union européenne ».

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Un divorce à 40 milliards d’euros
Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici à la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Ancien responsable du service Economie du journal, Michel Boyer est décédé le 5 juillet à Paris. Il avait 83 ans.
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La mort de Michel Boyer, ancien journaliste au « Monde »

Ancien responsable du service Economie du journal, Michel Boyer est décédé le 5 juillet à Paris. Il avait 83 ans.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
    |

Philippe Lemaître (ancien correspondant du "Monde" à Bruxelles)







                        


                                                        
Michel Boyer, qui est mort à Paris le 5 juillet, avait passé près de 25 ans au Monde, principalement au service économique du journal. Après des études d’économie et de sciences politiques faites à Paris, où il était né le 7 juin 1935, et un service militaire effectué en Algérie, Michel Boyer avait commencé sa carrière de journaliste à l’Agence France Presse.
En 1970, il avait été engagé au Monde par Gilbert Mathieu, le charismatique chef du service Economie de l’époque. Les deux hommes, bien que très différents, s’entendaient bien. En ce temps-là, le journal tirait autour de 600 000 exemplaires et Gilbert Mathieu, l’enthousiate, le voyait volontiers grimper à des sommets et dépasser le million de copies. Il n’en appréciait pas moins cette nouvelle recrue plaidant pour la retenue, un journal toujours plus rigoureux, ramassé, voire austère, à tous égards irréprochable.
Il y avait en effet un côté puritain, très scrupuleux dans la démarche professionnelle de Michel Boyer et qui la marqua de bout en bout : la recherche de la précision, du détail juste, le refus de la facilité et de l’approximation.
Cette manière de faire, il l’appliqua plusieurs années à l’exploration des économies étrangères, surtout européennes et moyen-orientales. Michel Boyer voyagea alors beaucoup pour le journal, préparant attentivement ses déplacements avec le souci, digne d’éloge, d’associer les correspondants sur place à son travail.
Perfectionnisme et empathie
Cette connaissance fine de nombreuses économies étrangères lui fut d’une grande aide lorsqu’il succéda à Paul Fabra à la tête du supplément économique paraissant chaque lundi, « Le Monde de l’économie ». Succession difficile vu la notoriété acquise par cette publication hebdomadaire. Mais succession réussie et Michel, qui n’était en rien un idéologue, réussit à donner un ton particulier, qui lui était propre, à la publication. Cela notamment grâce à des relations solides avec ceux qui étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi, soutenir un amendement prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale.
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Fraude fiscale : le gouvernement d’accord pour supprimer le « verrou de Bercy »

Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi, soutenir un amendement prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h59
   





                        


Le « verrou de Bercy » pourrait sauter prochainement. Le gouvernement va soutenir un amendement parlementaire prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale, ce qui mettra fin à ce dispositif mis en place dans les années 1920 et qui donne à l’administration fiscale le monopole des poursuites pénales. C’est ce qu’a annoncé, mardi 24 juillet, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
« Le gouvernement va accepter l’amendement de la députée Emilie Cariou (LRM), qui consiste à supprimer le verrou de Bercy », a déclaré M. Darmanin au micro de France Inter, « ce ne sera plus le ministère du budget qui décidera quand on transmet ou non des plaintes au parquet ».
Mme Cariou avait remis, en mai, un rapport sur le sujet. Son amendement sera débattu dans le cadre de l’examen du projet de loi contre la fraude fiscale, prévu mardi soir et mercredi en commission des finances de l’Assemblée nationale.
Cet amendement prévoit un « mécanisme de transmission automatique » par l’administration fiscale des affaires les plus graves, le parquet décidant ensuite « librement » de « l’opportunité des poursuites sur les dossiers transmis ».

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                Emilie Cariou, fiscaliste de gauche de la majorité LRM



2 000 dossiers pourraient être transmis chaque année à la justice
Le « verrou de Bercy » était défendu par l’administration au nom de l’efficacité. Des magistrats et des associations accusaient le dispositif de favoriser une certaine forme d’opacité.
Dans le cadre de l’examen son projet de loi contre la fraude, M. Darmanin s’était dit hostile à sa suppression pure et simple, mais « ouvert » à des « aménagements ».
Plusieurs évolutions ont déjà été adoptées lors de l’examen du texte de loi au Sénat, à travers un amendement du rapporteur général de la commission des finances, Albéric de Montgolfier (LR).
Ce dernier a fixé trois critères « cumulatifs » pour la transmission des dossiers à la justice : l’application de pénalités d’au moins 80 %, un montant de droits fraudés élevé (fixé par décret en Conseil d’Etat) et la réitération des faits.

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L’amendement de Mme Cariou prévoit d’élargir le nombre des dossiers concernés, en supprimant le caractère « cumulatif » de ces critères et l’avis de la commission des infractions fiscales pour les dossiers de présomptions caractérisées.
Si cet amendement est adopté, « nous allons certainement doubler le nombre de dossiers fiscaux que nous transmettrons à la justice de façon automatique », a prévenu M. Darmanin. Selon Bercy, quelque 2 000 dossiers pourraient ainsi être transmis chaque année à la justice, contre 900 actuellement.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.
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Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h48
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Commission d’enquête sur l’affaire Benalla, acte II. Mardi 24 juillet dans l’après-midi et en soirée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, puis Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), et Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, doivent être auditionnés par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée en commission d’enquête.
Ils seront interrogés sur les manquements ayant conduit aux faits commis par Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron accusé, notamment, de violence sur deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai à Paris.
La veille, les six heures d’audition cumulées – du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin – n’ont pas réussi à éclaircir un certain nombre de questions suscitées par cette affaire Benalla.

        Lire le récit :
         

          journée extraordinaire à l’Assemblée



Qui a accepté que M. Benalla soit présent au côté des policiers le 1er mai, qui en a été informé et par qui ?
A l’Elysée, c’est M. Strzoda qui assure avoir accordé la possibilité à M. Benalla d’accompagner des policiers lors des manifestations.
« Alexandre Benalla m’avait prévenu deux jours plus tôt qu’il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er-Mai. Il m’en a demandé l’autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu’il y allait en observateur », a expliqué, il y a une semaine, M. Strzoda au Monde.
Ce statut d’« observateur » est donné, selon le préfet de police, Michel Delpuech, à des collaborateurs, journalistes, magistrats ou stagiaires désireux de voir de l’intérieur les interventions de la police. Toutefois, ce statut n’implique pas de participation aux missions des forces de l’ordre. « Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait », a précisé M. Delpuech, lundi lors de son audition par la commission d’enquête.
Le préfet a déclaré que lui-même n’avait pas été informé de la sollicitation de M. Benalla – il a cependant précisé qu’il lui aurait accordé le statut d’observateur si on le lui avait demandé.
« M. Benalla ne bénéficiait d’aucune autorisation pour être présent en tant qu’observateur sur cette manifestation », a assuré de son côté le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.
Ce dernier a déclaré que c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à M. Benalla. C’est aussi ce qu’a déclaré M. Delpuech, précisant que M. Simonin n’en avait pas averti sa hiérarchie.
M. Simonin a été mis en examen pour avoir contribué à la transmission d’images de vidéosurveillance à M. Benalla au soir du 18 juillet.
Qui a donné à M. Benalla, le 1er mai, un casque, un brassard ainsi qu’une radio de police ?
Le casque dont était équipé M. Benalla le 1er mai lui avait été fourni par M. Simonin, a déclaré M. Gibelin. « Je n’ai aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque », a-t-il ajouté, faisant référence au brassard et à la radio de police dont disposait Alexandre Benalla le 1er mai. MM. Collomb et Delpuech ont, eux aussi, assuré qu’ils en ignoraient l’origine.
Cette interrogation ne sera éclaircie que par les conclusions de l’enquête administratives de l’IGPN, dont les auditions sont en cours.
Qui a été informé, et quand, de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit M. Benalla frapper des manifestants ?
Selon M. Collomb, la personne qui a lancé l’alerte est Vincent Caure, collaborateur de M. Macron chargé des réseaux sociaux à l’Elysée. Le ministre a expliqué qu’après avoir pris connaissance de la vidéo le 2 mai « en début d’après-midi », M. Caure a alerté Jean-Marc Girier, son chef de cabinet, qui, peu après, a informé Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, de l’existence de la vidéo. Ce dernier a, par la suite, transmis l’information à l’Elysée.
M. Delpuech a déclaré, pour sa part, que c’est « vers 10 heures » le 2 mai qu’il lui a été révélé que « circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er-Mai » et qu’il a « demandé à en savoir plus ». M. Delpuech dit avoir reçu, à 10 h 15, un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, lequel lui parle de M. Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Le préfet dit avoir alors visionné la vidéo avec son directeur de cabinet avant de joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond qu’« il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». 
Selon le récit du préfet, le cabinet de M. Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment où le ministre en aurait été informé, selon ses propres dires. Les deux versions ne sont pas incompatibles. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Lire :
         

          Les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations



Pourquoi l’article 40 n’a-t-il pas été appliqué ?
MM. Collomb, Delpuech et Gibelin ont longuement été interrogés sur le fait que l’article 40 du code de la procédure pénale n’a pas été actionné.
Pour rappel, cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé qu’il appartient aux personnes en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de « recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale ».
Une défense visant implicitement M. Strzoda et le désignant comme étant celui qui aurait pu avertir le procureur en vertu de l’article 40. L’ancien préfet sera auditionné par la commission des lois mardi 24 juillet à 16 h 30.

        Lire avant son audition :
         

          Patrick Strzoda, un haut fonctionnaire expérimenté embarqué dans une affaire d’Etat



M. Benalla a-t-il été réellement suspendu ?
M. Gibelin, devant commission d’enquête, a affirmé que M. Benalla était présent au cours de réunions de travail s’étant tenues entre le 4 et le 19 mai. Or c’est la période durant laquelle M. Benalla a été suspendu de ses fonctions en raison d’un comportement « manifestement inapproprié », comme une lettre de M. Strzoda le lui a signifié.
« L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », a déclaré M. Gibelin au cours de son audition.
La présidence de la République avait réagi, mardi, en assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ».
Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans cette lettre, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ». Il invoque également une incompréhension au niveau des dates évoquées.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Le fantasme d’une guerre des monnaies

Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Donald Trump devrait méditer l’aphorisme de Bossuet à propos de ses récentes diatribes contre la Chine et la zone euro, qu’il accuse de manipuler leurs monnaies respectives, tandis qu’il se dit mécontent des hausses des taux d’intérêt décidées par la banque centrale américaine. Si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
« La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt, alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux, avec un dollar devenant de plus en plus fort jour après jour, ce qui dégrade notre compétitivité », a affirmé M. Trump le 20 juillet. Il est vrai que le yuan a perdu 8 % de sa valeur depuis mars, tandis que le dollar s’est renchéri de près de 6 % en six mois par rapport à l’euro. « Les Etats-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils vont très bien », peste le président américain.

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C’est justement le « problème », dont M. Trump devrait se féliciter au lieu de s’en plaindre. La gigantesque baisse des impôts sur les entreprises votée fin 2017 a donné un nouvel élan à la croissance américaine. Celle-ci est désormais supérieure à celle de la zone euro, qui, au contraire, connaît un net ralentissement.
Sous l’effet de cette accélération de la conjoncture outre-Atlantique et d’un chômage ramené sous les 4 %, l’inflation décolle enfin, obligeant la Fed à remonter ses taux d’intérêt pour éviter une surchauffe de l’économie. L’Europe, elle, n’envisage pas de relever ses taux avant 2019. Logiquement, cet écart de rendement renforce l’attractivité des Etats-Unis pour les investisseurs, ce qui nourrit la hausse du dollar.
Renoncer à un « privilège exorbitant »
Concernant la dépréciation récente du yuan, M. Trump se plaint, là aussi, d’un problème dont il est en partie responsable. La menace de taxer une grande partie des exportations chinoises à destination des Etats-Unis ne peut qu’inciter Pékin à laisser filer sa devise pour tenter d’absorber le choc. Il semble toutefois peu probable que la Chine aille beaucoup plus loin dans cette direction, au risque d’encourager une fuite des capitaux qui handicaperait à terme son économie. Donc, là encore, la manipulation tient du fantasme.
Après la guerre commerciale, M. Trump agite désormais l’épouvantail d’une guerre des monnaies. Mais le système de taux de changes flottants en vigueur depuis la fin de la convertibilité du dollar en 1971 est ce qu’il est : un système de vases communicants dans lequel une devise ne peut se déprécier que si une autre monte, parfois de façon erratique.
Du fait de la prééminence du dollar sur les échanges mondiaux, il ne tient qu’aux Etats-Unis de prendre l’initiative d’œuvrer pour un système des changes plus stable. L’une des pistes consisterait à renoncer au « privilège exorbitant » du dollar comme monnaie de réserve internationale, considéré d’ailleurs comme l’une des principales causes du déficit commercial américain.

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M. Trump ferait ainsi d’une pierre deux coups. Mais, outre sa faible appétence pour le multilatéralisme, il ne peut pas se permettre d’affaiblir le rôle du dollar comme monnaie de réserve, car les Etats-Unis doivent continuer à attirer en masse les capitaux pour financer leur énorme déficit budgétaire creusé par… M. Trump et sa politique économique expansionniste. Le président américain n’a donc pas fini de déplorer les effets dont il chérit les causes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.
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« Facebook est loin de faire notre bonheur »

Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h05
    |

Alexandre Mayol (Maître de conférence en économie à l'Université de Lorraine) et Thierry Pénard (Professeur d'économie à l'Université de Rennes 1)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis quatorze ans, rien ne semble arrêter Facebook. Ni l’affaire Cambridge Analytica, ni les gouvernements, ni ses concurrents. Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg compte à ce jour 2,2 milliards d’utilisateurs actifs dont 22 millions en France. Instagram qui appartient à Facebook, vient de dépasser le milliard d’utilisateurs.
Des chiffres qui donnent le tournis et témoignent de l’emprise de Facebook. Mark Zuckerberg se veut rassurant et communique sur les conséquences positives de Facebook sur le « bien-être des gens et de la société ». Un avis qui n’est pas partagé par l’ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya, qui déclarait en novembre 2017 devant des étudiants de Standford : « nous avons créé des boucles déclenchant des réactions de court terme nourries à la dopamine qui sont en train de détruire le fonctionnement de la société. » En cause les systèmes de notification et les fils d’actualité qui sont de nature à créer des utilisations addictives.

Qui faut-il croire ? Facebook nous rend-il plus heureux ? Les recherches en sciences sociales sur cette question apportent une réponse nuancée. Oui, Facebook procure de la satisfaction à ces utilisateurs, par la mise à disposition gratuite d’une multitude d’applications et d’outils qui facilitent la communication entre amis, l’organisation d’événements, la gestion de communautés…
Reflet déformé de la vie
Une étude en ligne menée par le chercheur américain Cass Sunstein auprès d’utilisateurs de Facebook montre que ces derniers ne sont pas prêts de quitter ce réseau social. Le montant médian demandé par les personnes sondées pour renoncer à utiliser Facebook était de 59 $ par mois [environ 50 euros], le montant moyen étant de 75 $ [environ 65 euros]. Ces sommes élevées montrent l’attachement – et la valeur accordée – à Facebook, même si les utilisateurs savent que la contrepartie est la collecte et la monétisation de leurs données...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.
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Guerre commerciale : Trump accueille le « brutal » Juncker

Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h59
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Trump s’apprête à recevoir mercredi 25 juillet un homme qu’il a qualifié de « tueur brutal ». Le reproche fait sourire, s’agissant du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président d’une Commission européenne finissante dans une Europe déglinguée par le Brexit et les populismes. Lors du G7 au Québec, début juin, M. Trump avait pourtant commencé sa diatribe par ce reproche. « Brutal » parce que le président de la Commission dispose des compétences juridiques exclusives en matière commerciale et que c’est vers lui que renvoient Angela Merkel et Emmanuel Macron lorsqu’ils veulent obtenir des concessions dans ce domaine. Le président des Etats-Unis préférerait négocier des accords d’« homme à homme » avec les dirigeants des nations européennes pour mieux les affaiblir, mais les Européens lui opposent la règle et le droit qu’ils se sont imposés. Cette pratique exaspère M. Trump, qui a déclaré début juillet que « l’Union européenne est une ennemie, avec ce qu’ils nous font dans le domaine du commerce », accusant de surcroît ces pays qui sont membres de l’OTAN « de ne pas payer leurs factures ».
C’est donc Jean-Claude Juncker, 63 ans, qui sera reçu à la Maison Blanche mercredi pour tenter d’échapper à une taxation des importations automobiles de 20 à 25 % au nom de la sécurité nationale. Le processus fait l’objet en parallèle de contestations sur le sol américain et d’auditions à Washington. Le secrétaire au commerce Wilbur Ross a démenti que les jeux soient faits. En réalité, chacun estime que M. Trump imposera des droits avant les élections de mi-mandat en novembre. Donald Trump a encore déploré au G7 qu’il y ait tant de Mercedes et si peu de Chevrolet à New York. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, lui avait fait remarquer que ce choix était peut-être celui des consommateurs.
Une crispation accentuée par l’amende infligée à Google
Il n’empêche, M. Trump estime avoir un dossier solide :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Google et Amazon ont eux aussi investi des millions de dollars au deuxième trimestre aux Etats-Unis, pour faire face à d’autres problématiques.
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Facebook a dépensé des sommes record en lobbying après le scandale Cambridge Analytica

Google et Amazon ont eux aussi investi des millions de dollars au deuxième trimestre aux Etats-Unis, pour faire face à d’autres problématiques.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 10h43
   





                        



   


Jamais Facebook, le plus grand réseau social au monde, n’avait dépensé une telle somme en lobbying. Selon des documents publics, décortiqués par l’agence Bloomberg et le site d’information Politico, l’entreprise a dépensé 3,67 millions de dollars (3,14 millions d’euros) en lobbying aux Etats-Unis au second trimestre 2018. Soit 1 million de dollars de plus que l’an dernier sur la même période.
Il faut dire que ce trimestre fut l’un des plus difficiles de l’histoire de Facebook, englué dans le scandale Cambridge Analytica, une entreprise spécialisée dans l’influence politique qui a indirectement aspiré les données de 87 millions d’utilisateurs du réseau social. Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait même fini par devoir s’expliquer devant le Congrès américain, lors de deux auditions historiques.
Facebook n’est pas le seul à avoir dépensé des fortunes en lobbying entre avril et juin. Les sommes investies par Google s’établissent à 5,83 millions de dollars (4,98 millions d’euros), le deuxième chiffre le plus important de son histoire, précise Politico. Google a aussi vécu une période mouvementée, écopant d’une amende salée de la part de l’Union européenne : 4,34 milliards de dollars pour abus de position dominante, concernant notamment son système d’exploitation mobile Android.
Amazon signe, elle aussi, un record avec 3,47 millions de dollars, alors que Donald Trump multiplie les attaques contre l’entreprise, lui reprochant notamment de faire perdre de l’argent à la Poste américaine et de nuire au petit commerce.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La nouvelle filiale Opel dégage désormais un bénéfice opérationnel, rompant avec des années de pertes.
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L’action PSA au plus haut depuis 2011 après les bons résultats semestriels

La nouvelle filiale Opel dégage désormais un bénéfice opérationnel, rompant avec des années de pertes.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 10h28
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Les dirigeants de PSA peuvent se frotter les mains : l’audacieux pari qu’ils ont effectué en achetant Opel, un constructeur allemand en difficulté depuis de longues années, paraît en passe d’être gagné. Consolidée dans les comptes depuis le 1er août 2017, l’ancienne filiale européenne à problèmes de General Motors a dégagé un bénéfice opérationnel courant de 502 millions d’euros au premier semestre 2018, alors qu’elle perdait auparavant de l’argent de façon continue.
Un redressement plus rapide que prévu, et applaudi par les investisseurs. Mardi matin 24 juillet, l’action PSA bondissait de 9,6 %, à 22,39 euros, retrouvant des niveaux oubliés depuis août 2011. A ce cours, le groupe fondé par la famille Peugeot est valorisé 20,3 milliards d’euros par la Bourse.

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Les voyants sont effectivement au vert pour PSA : si l’intégration d’Opel se passe pour le mieux, les autres activités du constructeur affichent également de solides performances. Si bien que le groupe dégage au total des résultats record. Son bénéfice opérationnel du semestre a grimpé de 48 % à 3 milliards, bien plus qu’attendu par la plupart des analystes. Quant au bénéfice net, il a augmenté de 18 %, à 1,5 milliard d’euros. Et l’amélioration devrait se poursuivre.
« De nombreux vents contraires »
« Opel-Vauxhall a commencé à déployer son potentiel, son redressement est maintenant clairement engagé », s’est félicité le directeur financier de PSA, Jean-Baptiste de Chatillon, mardi matin. La nouvelle division a simultanément réduit ses coûts et remonté ses prix, en se concentrant sur les produits les plus rentables.

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Résultat : durant les six premiers mois de l’année, l’ancienne division européenne de General Motors a réalisé une marge opérationnelle courante de 5 %, sensiblement inférieure à celle du pôle historique Peugeot-Citroën-DS (8,5 %), mais sans comparaison avec les pertes passées. De même, elle est parvenue à dégager un « free cash-flow » (trésorerie disponible) opérationnel courant de 1,2 milliard d’euros, alors qu’il était négatif de 1,4 milliard en 2017. Et « c’est juste le début », a promis M. de Chatillon : Opel va « continuer à améliorer ses performances » pour atteindre le niveau du groupe, en particulier grâce à l’accord de restructuration signé en mai avec les syndicats.
Les bons chiffres de PSA sont d’autant plus marquants qu’ils ont été obtenus malgré « de nombreux vents contraires », souligne la direction. Le groupe a en particulier été pénalisé par la baisse des devises en Amérique latine et la hausse des matières premières. Il a également dû déprécier de 168 millions d’euros la valeur comptable de ses activités en Iran, après les sanctions imposées par les Etats-Unis qui ont amené PSA à se retirer de se pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Un crédit in fine offre la possibilité de rembourser uniquement les intérêts pendant la durée du prêt. Un financement à privilégier pour ceux capables d’apporter des garanties dès l’origine, expliquent les experts de Cyrus Conseil à un lecteur.
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« Souscrire un crédit in fine est un bon moyen de financer un achat immobilier en Pinel »

Un crédit in fine offre la possibilité de rembourser uniquement les intérêts pendant la durée du prêt. Un financement à privilégier pour ceux capables d’apporter des garanties dès l’origine, expliquent les experts de Cyrus Conseil à un lecteur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 10h19
    |

Jérôme Porier (avec la société Cyrus Conseil)







                        



   


Question de lecteur. Malgré son recentrage, le dispositif Pinel reste un bon moyen d’investir dans l’immobilier neuf en réduisant ses impôts. Pour financer un achat en Pinel, trop peu d’investisseurs pensent à souscrire un prêt un fine. Il est vrai que ce mode de financement reste encore mal connu.
« J’envisage d’acheter un appartement avec le dispositif de défiscalisation Pinel pour une valeur de 300 000 euros. Je dispose d’un apport de 180 000 euros. Ma banque me propose de souscrire un crédit in fine pour financer cette opération. Quels sont les avantages et les inconvénients d’un tel prêt ? »
Un crédit in fine offre la possibilité de rembourser uniquement les intérêts tout au long de la durée du prêt. Le remboursement du capital est, quant à lui, effectué, dans sa totalité, à l’échéance de la durée du prêt en question. Ce choix d’organiser son endettement présente l’avantage de permettre un calcul plus simple du coût total de crédit, les intérêts du prêt in fine n’étant pas dégressifs et ne variant pas en fonction de la durée de l’emprunt.
Garanties de remboursement
Comme le prêt amortissable, le prêt in fine présente l’avantage de permettre de déduire des intérêts de l’emprunt de ses revenus locatifs. A ce titre, il convient de noter que plus le montant des intérêts est important, plus l’avantage fiscal est intéressant. De surcroît, le montant des intérêts déductibles ne variera pas pendant toute la durée du prêt.
Cependant, le crédit in fine a aussi quelques défauts : il revient plus cher car les taux d’intérêt appliqués sont souvent plus conséquents que celui des autres prêts. En outre, le remboursement de la totalité du capital emprunté à l’échéance suppose bien souvent d’avoir dès l’origine des garanties de remboursement.

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Enfin, dans le cadre du nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) le prêt in fine devient un passif partiellement déductible, au même titre qu’un prêt amortissable. Ainsi, seule la somme des annuités correspondant au nombre d’années restant à courir jusqu’au terme prévu est déductible.
Envoyez vos questions à argent@lemonde.fr et suivez-nous sur twitter @lemondeargent



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Depuis la fin mars, la « monnaie du peuple » a perdu près de 8 % face au dollar. Du pain bénit pour les exportateurs du géant asiatique, en pleine montée des tensions commerciales avec Washington.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/07/2018
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Vers une guerre des monnaies ? La Chine réfute toute manipulation du yuan

Depuis la fin mars, la « monnaie du peuple » a perdu près de 8 % face au dollar. Du pain bénit pour les exportateurs du géant asiatique, en pleine montée des tensions commerciales avec Washington.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 09h17
    |

            Marie de Vergès








                        



   


D’abord une guerre commerciale et, maintenant, une guerre des monnaies ? « Non coupable », a répliqué Pékin, lundi 23 juillet, après avoir été accusé trois jours plus tôt par le président américain, Donald Trump, de « manipuler » le yuan. « La Chine n’a aucune intention de stimuler ses exportations par des dévaluations compétitives », a répondu le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang.
Les autorités chinoises conservent un pilotage étroit de leur monnaie puisqu’elles fixent chaque jour un cours pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer. Mais elles le font, assurent-elles, en prenant en compte les tendances du marché. Voulue ou non, la glissade du renminbi (ou RMB, l’autre nom du yuan) a été nette ces dernières semaines : la « monnaie du peuple » a perdu près de 8 % face au dollar, depuis la fin mars.

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Du pain bénit pour les exportateurs du géant asiatique, en pleine montée des tensions commerciales avec les Etats-Unis. Début juillet, Washington a déjà imposé de nouveaux droits de douane sur 34 milliards de dollars (29 milliards d’euros) de biens chinois importés. Et Donald Trump a répété, le 20 juillet, être « prêt à aller jusqu’à 500 » milliards de dollars…
« Cette dépréciation du RMB arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser le coût des hausses de taxes américaines », confirme Bei Xu, analyste à la Société générale. D’autant que l’escalade commerciale intervient à un moment où l’économie chinoise ralentit.
Assouplissement
La deuxième puissance mondiale a vu son produit intérieur brut progresser de 6,7 % au deuxième trimestre, son rythme le plus lent depuis 2016. Les efforts des autorités pour assainir le secteur financier et désendetter l’économie ont pesé sur le crédit. Les défauts d’entreprises se multiplient ; la production industrielle comme l’immobilier sont en plein ralentissement. Soucieuse d’éviter un coup de frein trop brutal, Pékin redonne du mou à sa politique monétaire.
Lundi, la banque centrale chinoise (PBoC) a injecté 502 milliards de yuans (63 milliards d’euros) dans le système bancaire. Fin juin, elle avait déjà libéré 700 milliards de yuans pour soutenir les entreprises et l’activité. Cet assouplissement contribue à faire chuter le RMB face au dollar, alors qu’en même temps la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale des Etats-Unis) est en plein resserrement monétaire.

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Au point de chercher à le « laisser tomber comme une pierre », comme l’a suggéré M. Trump vendredi sur la chaîne CNBC ? Les analystes en doutent. Car si la PBoC tolère cette baisse, elle n’a pas du tout intérêt à ce que le mouvement s’emballe, au risque de voir fuir les capitaux. Le souvenir de l’été 2015 est resté cuisant, quand la dévaluation surprise du yuan avait provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux.
Pékin pourrait privilégier le recours à des recettes plus classiques de soutien à l’activité, quitte à mettre le désendettement en sourdine
En outre, « la Chine veut le soutien des autres pays dans le conflit commercial », affirme Julian Evans-Pritchard, chez Capital Economics, dans une note publiée le 20 juillet. Autrement dit, « elle ne veut pas leur donner l’impression qu’elle sape leurs exportations » en tirant profit d’une monnaie plus faible.
En définitive, Pékin pourrait privilégier le recours à des recettes plus classiques de soutien à l’activité, quitte à mettre le désendettement en sourdine. Lundi, la radio d’Etat rapportait des propos du premier ministre, Li Keqiang, annonçant l’adoption prochaine d’une politique budgétaire plus vigoureuse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
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Affaire Benalla : ce qu’il faut retenir de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée

Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h43
    |

                            Le Monde.fr








                        



Michel Delpuech a été auditionné sous serment, lundi 23 juillet dans l’après-midi, sur « l’affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête. Alexandre Benalla, désormais ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, a été l’auteur de violences filmées sur deux manifestants en marge de la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris.
Après cette seconde audition, consécutive à celle, lundi matin, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du rôle d’Alexandre Benalla et sur les raisons de sa présence auprès des forces policières ce jour-là. Au cours de son audition, le ministre de l’intérieur avait insisté sur la responsabilité de l’Elysée et de la préfecture de police de Paris. Michel Delpuech a quant à lui rappelé que M. Benalla n’était « pas sous [s] on autorité », mais sous celle de l’Elysée.

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          les six failles dans les réponses de Gérard Collomb



Retour sur les temps marquants de l’audition du préfet de police de Paris.
Comment et quand Michel Delpuech a-t-il rencontré Alexandre Benalla ?
M. Delpuech a affirmé avoir rencontré M. Benalla pour la première fois l’avant-veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, il y a un an, au cours d’une réunion de travail. Il dit avoir croisé M. Benalla à plusieurs reprises : « Il était dans le cercle proche des personnes autour du président. Beaucoup de photographies le montrent, en disant ça, je ne révèle rien », rapporte M. Delpuech.
Le préfet de police de Paris affirme par ailleurs ne pas connaître personnellement M. Benalla. « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro de M. Benalla », rapporte-t-il.

        Collomb, Delpuech, Strzoda :
         

          les trois protagonistes au cœur de l’affaire Benalla



Qui a autorisé Benalla a assiter à la manifestation auprès des forces de police ?
On en sait une peu plus à l’issue de cette journée d’audition. Selon Michel Delpuech, c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à Alexandre Benalla.
L’homme est déjà mis en examen pour avoir participé à la transmission d’éléments de vidéosurveillance à Alexandre Benalla le soir du 18 juillet. Selon Michel Delpuech, Laurent Simon a agi sans en référer à sa hiérarchie. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, affirmait déjà que « Alexandre Benalla avait obtenu l’autorisation non pas par le préfet mais par quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie ».
Plus tard au cours de son audition, M. Delpuech précisera cependant :
« Si j’avais été sollicité, je ne l’ai pas été, pour cette demande, l’aurais-je refusé ? L’honnêteté m’oblige à dire que non, je n’avais aucune raison de la refuser pour un collaborateur de l’Elysée qui travaille quotidiennement avec mes services. En revanche, je l’aurais mis en garde contre les risques que présentait cette manifestation, compte tenu des informations dont nous disposions. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait. Vous connaissez la formule : “fraus omnia corrumpit” [« la fraude corrompt tout »]. »
Quand et comment a-t-il été informé de sa présence auprès des forces de police le 1er mai ?
Le 2 mai, « à 10 h 15 », précise Michel Delpuech, il reçoit un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée. « Il m’a indiqué que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo relatant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. Je ne comprends pas ce dont il parle. Je lui dis que je vais me renseigner », rapporte Michel Delpuech dans son discours liminaire. Quelques minutes plus tard, il visionne la vidéo sur un grand écran, en compagnie de son service de communication, et identifie M. Benalla.
Les mesures prises ensuite
Après avoir visionné la vidéo, Michel Delpuech rapporte avoir pris deux initiatives :
la première consiste à joindre le cabinet du ministère de l’intérieur, qui a affirmé être d’ores et déjà informé de la situation et en liaison avec l’Elysée sur le sujet ;
Et de préciser :
« Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c’est bien ce qu’il s’est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions. Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
la seconde initiative a d’ailleurs été de lancer une investigation pour en savoir davantage sur les raisons ayant conduit M. Benalla à être présent sur la place de la Contrescarpe.

        Lire :
         

          La sécurité du président devait passer sous autorité unique de l’Elysée



Sur la délivrance d’un port d’armes à M. Benalla
Le député Les Républicains Philippe Gosselin a souligné que le ministre de l’intérieur avait refusé à trois reprises de délivrer un port d’armes à l’endroit de M. Benalla, qui lui sera finalement délivré grâce à l’autorisation de la préfecture de police. « On est en présence d’une législation assez complexe », avance M. Delpuech :
« Pendant la campagne électorale un port d’armes avait été délivré pour permettre à l’agent de sécurité de protéger les locaux. Cette autorisation n’a jamais été renouvelée. Benalla a ensuite sollicité un port d’arme. […] Il y a des ports d’arme liés aux fonctions, c’est de la compétence préfectorale. […] J’ai pris cette décision. Je l’ai retirée quand M. Benalla a cessé ses fonctions. »
Le préfet de police affirme que ce dernier lui a été accordé car l’enquête de proximité ayant visé M. Benalla avait eu des retours positifs, et que son casier judiciaire était vierge.
« J’assume cette responsabilité personnellement », ajoute le préfet de police.
Sur l’équipement (brassard, casque et radio de police) de M. Benalla le jour de la manifestation
C’est une question qui a été posée plusieurs fois. Qui a fourni le brassard et la radio de police, visibles sur les vidéos, à M. Benalla ? Selon M. Delpuech, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) a seulement fourni un casque de protection à M. Benalla. Le préfet de police affirme ne pas disposer d’informations permettant d’expliquer pourquoi M. Benalla avait également un brassard et une radio.
Sur la non utilisation de l’article 40 du code de procédure pénale
Dans la même veine, interrogé plusieurs fois sur le fait que l’article 40 du code de procédure pénale n’ait pas été actionné, le préfet de police a répondu :
« En pratique, on renvoie à l’autorité qui a la responsabilité hiérarchique. c’est en tout cas ce que j’ai pensé – peut-être à tort, mais je l’assume. Il y avait déjà pas mal de personnes informées quand je l’ai été moi-même, la liste serait longue s’il fallait dresser les autorités qui auraient pu saisir l’article 40. Dans ces conditions, ce n’était plus au préfet de prendre cette décision. »
Pour rappel, l’article 40 du code de procédure pénale prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

        Comprendre en quoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Sur sa responsabilité en tant que préfet de police de Paris
Michel Delpuech a estimé avoir pris les mesures nécessaires. Il justifie cela en avançant qu’il a immédiatement informé le cabinet du ministère de l’intérieur lorsque la vidéo a été portée à sa connaissance, le 2 mai.
Mais également en soulignant que « dès lors que c’était pris en compte par l’autorité hiérarchique compétente [c’est-à-dire l’Elysée], j’ai considéré que l’affaire était prise en compte au niveau pertinent ».
« M. Benalla n’était pas sous mon autorité. »
« Le préfet de police est une autorité importante, mais dans une chaîne hiérarchique. »
Le préfet de police de Paris a par ailleurs conclu son discours introductif en expliquant que ces faits étaient « le résultat de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain ». Interrogé sur cette dernière formule, Michel Delpuech a engagé la responsabilité de l’Elysée. « La relation quotidienne de proximité et de confiance entre la préfecture de police et les services de l’Elysée est une nécessité. Quand on bascule dans un lieu de proximité à une relation qui perd de sa pureté, on prend des risques, c’est ce que j’ai voulu évoquer par cette expression. Le reste ne me concerne pas », a conclu le préfet de police de Paris.

        Notre analyse :
         

          les failles de la chaîne de commandement




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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A Monaco, l’extension de la démesure

Bouygues TP transfère vers la principauté le premier des dix-huit caissons fabriqués à Marseille. Mis bout à bout, ceux-ci délimiteront un nouveau quartier de six hectares gagné sur la mer.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h00
    |

            Philippe Jacqué (Monaco, Marseille, envoyé spécial)








                        



                                


                            
C’est un spectacle rare. Depuis le 20 juillet, les plaisanciers installés sur la Côte d’Azur, entre Marseille et Monaco, peuvent apercevoir au loin un énorme iceberg de béton gris et blanc, tracté par un remorqueur avançant à trois nœuds à l’heure (5,6 km/h). C’est le premier des dix-huit caissons qui seront installés, d’ici à 2020, à Monaco afin de créer un nouveau quartier de six hectares équivalant à 3 % des 2 kilomètres carrés de la petite principauté. Le tout gagné sur la mer.
Les appartements du futur quartier seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré
Ce programme titanesque de près de deux milliards d’euros, lancé en 2015, doit être totalement livré à l’horizon 2025. Les premiers privilégiés pourront s’y installer pour profiter d’une piscine, d’un nouveau port de plaisance, de jardins et de la vue imprenable sur la grande bleue. A condition d’y mettre le prix. Les appartements seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré.
Pour construire les futures tours et villas signées Valode et Pistre et Renzo Piano surplombant les eaux turquoise de la Méditerranée, S.A.M. l’Anse du Portier, le promoteur du nouveau quartier, doit installer d’importantes fondations entre deux réserves aquatiques naturelles. Une gageure pour Bouygues Travaux Publics, responsable de l’infrastructure en vertu d’un contrat de 842 millions d’euros.

A Monaco, au large du Grimaldi Forum, plusieurs navires de travaux s’activent sur les eaux méditerranéennes agitées par la houle. N’étaient les murs acoustiques de 5 mètres de haut le long du rivage, le chantier serait invisible. L’essentiel des travaux se passe sous la surface. « Depuis 2015, nous avons réalisé un grand nombre de travaux préparatoires sous l’eau. C’est nécessaire, avant d’installer la ceinture de caissons qui délimitera le nouveau quartier, et avant d’apporter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ EQT, le fonds créé par la famille Wallenberg, va tenter de relancer Saur, après des années de restructuration financière.
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Un fonds scandinave choisi pour racheter la Saur, le numéro trois français de l’eau

EQT, le fonds créé par la famille Wallenberg, va tenter de relancer Saur, après des années de restructuration financière.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h12
    |

            Denis Cosnard








                        


Une nouvelle ère s’ouvre pour la Saur, le numéro trois de la distribution d’eau en France derrière Veolia et Suez. Passée depuis 2005 entre les mains de trois groupes d’actionnaires français différents, menacée un temps de faillite, l’entreprise s’apprête à rejoindre pour la première fois le giron d’un investisseur étranger, EQT Infrastructure. Ce fonds d’origine suédoise installé fiscalement au Luxembourg a été choisi lundi 23 juillet par le conseil de surveillance de Saur. Le prix est légèrement supérieur à 1,5 milliard d’euros. L’opération devrait se concrétiser en novembre, une fois obtenu le feu vert de l’Etat au titre des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques.
« C’est une excellente nouvelle pour la Saur, se réjouit son président exécutif, Louis-Roch Burgard. EQT est certes un actionnaire financier, mais avec de très fortes racines et compétences industrielles, et il est là pour cinq à dix ans, ce qui nous donne de la visibilité. En outre, il disposera d’une majorité claire au capital. » 
Mise en vente en avril, la Saur, qui fournit de l’eau à 12 millions d’habitants dans le monde, avait initialement intéressé 11 candidats, dont un seul industriel. A l’issue des premières négociations, quatre fonds avaient été retenus pour les enchères finales, tous actifs dans la gestion d’infrastructures : le français Meridiam, le scandinave EQT, et deux nord-américains, KKR et I Squared. Le conseil de surveillance a finalement préféré EQT, une structure créée en 1994 par les Wallenberg pour investir dans des sociétés non cotées en Bourse. Cette dynastie au cœur du capitalisme suédois, présente au capital de groupes comme Electrolux ou ABB, est toujours l’actionnaire clé d’EQT.
Niveau de dette « prudent »
Pour l’emporter, « EQT a offert le meilleur prix », indique M. Burgard. Mais le fonds s’est aussi engagé à maintenir les centres de décision en France, et à soutenir le plan de développement prévu par la direction jusqu’en 2022. Il a également francisé un peu son offre, et prévu de s’associer à un ou plusieurs partenaires tricolores, tels que la compagnie d’assurances SMABTP et BNP Paribas. Loin des dérives de l’hypercapitalisme, EQT s’est aussi engagé à maintenir un niveau de dette « prudent ».
« Nous ne voulions surtout pas réendetter la société, explique M. Burgard. Après l’opération, la Saur aura une dette équivalente à ses capitaux propres, et représentant un peu plus de 4,5 fois l’excédent brut d’exploitation, comme aujourd’hui. Cela paraît tout à fait raisonnable. »
Le sujet est sensible. Ces dernières années, l’ancienne Société d’aménagement urbain et rural créée à Angoulême en 1933 est en effet devenue malgré elle un symbole de la finance folle et de la façon dont elle a conduit dans le mur des groupes pourtant solides.
Filiale de Bouygues pendant plus de vingt ans, la Saur est cédée en 2005 au fonds PAI Partners, qui la revend à peine deux ans plus tard à un consortium d’actionnaires mené par la Caisse des dépôts et consignations. Bouclé pour une valeur très élevée – près de 2,5 milliards d’euros –, le « deal » permet à PAI Partners d’empocher une forte plus-value. Mais l’opération menée sous forme d’un LBO (leveraged buy-out) fait peser sur l’entreprise elle-même une dette exagérée. Lorsque survient la crise, la Saur n’est plus en mesure de payer ce qu’elle doit. La société se retrouve alors au centre d’une bataille entre ses actionnaires et ses créanciers, que la mandataire ad hoc nommée par la justice peine à apaiser.
Retrouver le chemin de la croissance
Pour éviter une faillite spectaculaire, un accord est finalement conclu en 2013. Les actionnaires lâchent prise, et cèdent le contrôle de la maison à ses principaux créanciers, BNP Paribas en tête. Ce sont ces prêteurs devenus actionnaires sans l’avoir initialement voulu qui se préparent à passer le flambeau à EQT. Charge au fonds scandinave d’aider la société française à se relancer.
Au fil des ans, la Saur a en effet perdu de sa splendeur. Pour réduire sa dette, le petit rival de Veolia et Suez a vendu ses activités dans le secteur funéraire et dans le traitement des déchets. Confronté à un marché français difficile, il a aussi serré les boulons, et annoncé encore en décembre 2017 la suppression de 130 postes. Résultat : la Saur ne compte plus que 7 850 personnes, contre 14 000 au moment de sa vente par Bouygues. Son chiffre d’affaires s’est limité à 1,2 milliard d’euros en 2017, un tiers de moins qu’en 2005.
Avec l’appui de son nouvel actionnaire, l’entreprise veut retrouver le chemin de la croissance. Le plan lancé vise à porter le chiffre d’affaires à 2 milliards en 2022. Un essor qui doit passer un peu par la France et beaucoup par l’étranger. De 10 %, la part des activités internationales devrait monter à 30 %. Cibles privilégiées : l’Espagne et le golfe Arabo-Persique.

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                Traitement de l’eau : Saur mise sur l’international pour développer son activité






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La métropole invite ses habitants à donner leur avis sur ce qui mérite d’être préservé, amélioré. Ces recommandations alimenteront le prochain plan local d’urbanisme métropolitain.
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Nantes face aux enjeux de sa densification

La métropole invite ses habitants à donner leur avis sur ce qui mérite d’être préservé, amélioré. Ces recommandations alimenteront le prochain plan local d’urbanisme métropolitain.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 14h23
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 21h45
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Une statue, un manoir, un arbre remarquable, un massif fleuri en façade de rue, une ruelle… Autant d’éléments constitutifs de la ville, de son caractère, et qui pourtant font souvent les frais de sa densification. Pour préserver l’esprit de ses quartiers et garder une ville respirable, Nantes-Métropole, qui affiche l’un des taux de chômage les plus bas de France (7,1 % au 1er trimestre 2018, selon l’Insee) et gagne chaque année près de 5 000 habitants, a décidé de solliciter ses citoyens et de confronter leur ressenti à la vision technique des professionnels chargés d’aménager la ville.
Cette « expertise citoyenne », la ville en a fait le moteur du plan paysage et patrimoine (PPP), qu’elle développe depuis 2016. L’idée de ce PPP d’un nouveau genre est de favoriser, quartier par quartier, ce regard croisé entre professionnels et habitants, et de le transcrire en plans d’actions. Ces « plans guides » doivent alimenter le prochain plan local d’urbanisme métropolitain (PLUM). Et sont appelés à être transmis aux promoteurs et aux architectes avant leur intervention dans les quartiers.
« Tout l’enjeu, relève Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes-Métropole, est de répondre aux exigences de notre attractivité, en arrivant à concilier densification et qualité de vie, grande ville et douceur de vivre. Il s’agit de construire la ville sur elle-même, sans reproduire les erreurs du passé, sans raser sa richesse. Et pour cela, on doit être capable de faire du cousu main. »
Inventaire des atouts et des faiblesses
Ainsi, les habitants sont-ils invités à parcourir, accompagnés d’un paysagiste, leur quartier de long en large pour dresser un inventaire de ses atouts et de ses faiblesses, de ce qui va et de ce qui ne va pas, de ce qui mérite d’être préservé, amélioré : petit patrimoine issu de l’histoire singulière de chaque quartier, qu’il soit construit (porche, portail, puits, fontaine…) ou vivant (arbres remarquables, alignements végétaux…), perspectives visuelles, vues lointaines, caractéristiques architecturales ou encore problèmes de circulation, carrefour dangereux à aménager, place envahie par les voitures à rendre aux riverains…

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                Effervescence immobilière à Nantes



Rue Paul-Deltombe, dans le quartier Erdre-Saint-Donatien, Gérard Kermoal désigne le mur de vieilles pierres haut de six mètres qui borde un côté de l’allée montante. « Il ne faudrait pas qu’il soit détruit, comme l’a été en haut de la rue le manoir Saint-Donatien pour laisser place à un immeuble neuf », soupire ce jeune retraité qui dit être régulièrement sollicité par des promoteurs immobiliers pour vendre sa maison. Toute jeune entrepreneuse, Julia Marguero se dit tout aussi « choquée par le manque de qualité des opérations immobilières » et déplore les « immeubles moches » qui entachent ce quartier. Elle a fait le choix de venir s’y installer il y a trois ans, pour « ses ruelles, ses petites maisons » et la « vraie qualité de vie » qu’il offre. Elle ne voudrait pas qu’il se défigure davantage.
Expertise du quotidien
A partir du portrait qu’ils brossent de leur quartier, les habitants sont appelés à définir un plan d’action qu’ils iront présenter aux services d’urbanisme, des espaces verts et du patrimoine de la ville, lesquels doivent apporter des réponses concrètes, et motivées en cas de refus ou de désaccord. « Cette confrontation est intéressante, car elle permet de compléter, d’élargir la vision très technique des services de la ville par une expertise du quotidien, du vécu apportée par les citoyens. Et en cela, elle les amène à évoluer dans leur façon de travailler », relève Gaëlle Pinier, paysagiste cogérante de MAP, une des agences chargées d’animer les ateliers dans les quartiers.

   


Pour la mairie, la démarche a aussi une vertu pédagogique : elle doit permettre de faire prendre conscience aux citoyens des contraintes réglementaires, techniques ou sécuritaires auxquelles les professionnels doivent faire face. En filigrane, elle espère ainsi que cette initiative contribuera à réduire le nombre de recours.
« Cette confrontation en face à face est une des clés de la démarche, car il faut vraiment que la ville s’engage, apporte des réponses et assure un suivi sur le long terme. Cette démarche crée des attentes auxquelles il faut qu’elle réponde, insiste néanmoins Gaëlle Pinier. Elle est d’autant plus importante que certains habitants manifestent une méfiance au début, se demandent si ce n’est pas juste un plan pour faire passer la pilule des opérations immobilières avec quelques pots de fleur. »
Singularité
« La mobilisation est plus compliquée que sur un projet urbain, observe lui-même Thibault Barbier, de l’Atelier Georges. A Nantes, il existe déjà beaucoup de concertations, et sur celle-ci, les enjeux ne sont pas d’emblée clairs pour les gens. Lors du premier atelier, il faut être très concret et ne pas hésiter à appuyer sur les tensions que pourrait susciter tel ou tel projet immobilier. Il faut rentrer dans le dur du sujet », relève l’urbaniste paysagiste, tout en formant le souhait que ce plan ne soit pas qu’« un outil de communication ».
« Il y a une part de risque, d’audace pour la collectivité », reconnaît Johanna Rolland, consciente de l’enjeu. La présidente de Nantes-Métropole, qui veut aussi faire de ce PPP « un outil pour lutter contre la standardisation, l’aseptisation des grandes villes et métropoles », sait cette part de risque et d’audace nécessaire pour que sa ville « cultive [sa] singularité ».
Sur les onze quartiers de Nantes, quatre ont déjà élaboré leurs plans d’action. Et trois sont en cours. Sans attendre que tous les quartiers soient couverts — d’ici à 2020, promet la ville — a notamment déjà été actée l’inscription au PLUM de la protection systématique des haies bocagères et arbres remarquables en espaces boisés classés, et le renforcement de la protection des espaces de nature en ville.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois fait un flop

Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h27
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


L’argent ne fait pas toujours le bonheur des producteurs de cinéma. Bien qu’elle ait disposé du budget le plus ambitieux de l’histoire du cinéma chinois, l’épopée fantastique Asura, qui espérait toucher le public au-delà des frontières du pays, a été retirée des salles trois jours après sa sortie. Un camouflet pour ses producteurs, Zhenjian Film Studio, Ningxia Film Group et Alibaba Pictures, qui avaient investi 750 millions de yuans (95 millions d’euros) pour en faire un blockbuster. Face au manque d’enthousiasme des spectateurs, et après avoir rapporté seulement 7,1 millions de yuans, la production a décidé de le déprogrammer le 15 juillet, pour tenter un nouveau montage avant une hypothétique seconde sortie.
Asura, dont la production a commencé il y a six ans, s’inspire de la mythologie bouddhiste tibétaine. Le royaume d’Asura (« la dimension du pur désir ») est menacé par le royaume inférieur d’un demi-dieu facétieux. Un jeune berger est l’élu censé le sauver. Le décor des scènes, tournées en grande partie au Qinghai, sur le plateau tibétain, est impressionnant.
Le casting, ambitieux, s’appuie sur des vedettes telles que Tony Leung (In the Mood for Love) et Carina Lau, qui jouent aux côtés du héros, Lei Wu, 18 ans. Le film s’était aussi offert les services de vétérans de Hollywood pour les effets spéciaux, le son ou les costumes, avec Ngila Dickson, la costumière oscarisée pour le Seigneur des anneaux : le retour du roi, en 2004.

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Difficultés à sortir des grandes productions de qualité
Cependant, les talents importés n’ont pas suffi. Sur la plate-forme d’achat de billets Maoyan, le film a reçu un piètre 4,9 sur 10, soit la note la moins bonne parmi les films à l’affiche à ce moment-là. Il enregistrait pourtant 8,4 sur 10 sur Tao Piao Piao, plate-forme détenue par… Alibaba, coproducteur du film, alors que Maoyan est soutenu par son rival, Tencent. De quoi provoquer l’ire des producteurs du film, qui ont accusé Maoyan d’avoir publié de fausses critiques. Reste que sur Douban, un site de discussion culturelle indépendant, le film obtenait un médiocre 3,1 sur 10.
Au-delà des querelles entre géants du Web, typiques du paysage du divertissement chinois, cet échec illustre aussi les difficultés du cinéma local à sortir des grandes productions de qualité. La sévérité de la censure n’aide pas, les producteurs préférant produire des films patriotiques ou des scénarios lisses, mais « sûrs » sur le plan politique. Le succès de Mourir pour survivre, sur les écrans une semaine avant Asura, montre que l’équation n’est pas insoluble.
Ce drame social retrace l’histoire authentique d’un contrebandier de médicaments contre la leucémie qui enfreint la loi pour sauver des vies en important des génériques d’Inde. En 2004, sa condamnation à plusieurs années de prison avait fait grand bruit en Chine, ce qui avait valu à ce Robin des bois de la santé le soutien des patients. Avec un budget modeste, mais un scénario bien ficelé et une dose de bons sentiments, le film a rapporté 361 millions d’euros en trois semaines. Ce qui en fait l’un des dix plus grands succès du cinéma chinois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.
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Mike Manley prend la tête de Fiat-Chrysler, John Elkann devient président de Ferrari

Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 10h55
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


La rumeur s’est répandue à une vitesse folle sur les réseaux sociaux, où se sont multipliés, toute la journée de samedi, les « Forza Sergio ! » sibyllins : l’administrateur délégué du groupe Fiat et président de Ferrari, Sergio Marchionne, est au plus mal. Hospitalisé depuis la fin du mois de juin à Zurich (Suisse) pour une simple opération au dos, l’homme d’affaires semble avoir été victime de complications post-opératoires, son état s’étant aggravé très rapidement ces derniers jours.
En début de soirée tombait un premier communiqué laconique du groupe Fiat annonçant qu’il « [serait] dans l’incapacité de reprendre ses activités professionnelles ». Depuis, plusieurs sources hospitalières décrivent son état de santé comme « irréversible », sans plus de précisions. Sa famille, présente sur les lieux, n’a pas communiqué d’autres informations.
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Cette situation force le clan Agnelli, actionnaire historique du groupe, à accélérer un processus de succession engagé depuis plusieurs mois. Agé de 66 ans, Sergio Marchionne devait passer la main courant 2019, après quinze années à la tête du groupe le plus emblématique du capitalisme italien.
Mike Manley, jusqu’ici à la tête de la marque Jeep, dont il a fait la branche la plus florissante de l’empire industriel, prendra le volant de Fiat-Chrysler, tandis que la présidence de Ferrari reviendra à un représentant de la famille Agnelli, John Elkann, héritier du patron charismatique du groupe, Gianni Agnelli. Il sera appuyé par l’actuel dirigeant de Philip Morris, Louis Camilleri, qui doit prendre dans les prochains jours les fonctions d’administrateur délégué.

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L’œuvre de M. Marchionne, homme d’affaires italo-canadien considéré comme le principal artisan du spectaculaire redressement du fleuron de l’industrie transalpine, dont il avait pris les rênes en 2004, a été saluée par de nombreux dirigeants politiques, de gauche comme de droite. L’ancien président du Conseil italien Matteo Renzi a évoqué un « géant », qui « a changé l’histoire industrielle du pays », tandis que son prédécesseur, Silvio Berlusconi, l’a élevé au rang de « numéro un des manageurs italiens », et même de « symbole du génie italien ».
Aux antipodes du protectionnisme
Du côté de l’actuel gouvernement, les éloges sont nettement plus mesurés. Par le passé, le vice-président du Conseil et ministre du développement économique, Luigi Di Maio, qui a grandi dans la petite ville de Pomigliano d’Arco, près de Naples, siège du plus important site de Fiat dans le sud du pays, n’avait pas ménagé ses critiques envers le groupe industriel.
Il l’accusait d’avoir délocalisé à outrance sa production malgré des milliards d’euros d’aides publiques. Il a attendu plus de vingt-quatre heures avant de faire part de sa « peine », ajoutant qu’« en des moments si difficiles, l’heure [était] au respect ». L’autre homme fort du cabinet, Matteo Salvini (Ligue), qui avait également critiqué les choix industriels du groupe, s’est montré tout aussi sobre, se bornant à témoigner sa « reconnaissance et son respect ».

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Pressé depuis des années de s’engager en politique, Sergio Marchionne incarne des options aux antipodes du protectionnisme prôné par le gouvernement de Giuseppe Conte. En effet, le redressement du groupe, qui était au bord de la faillite lors de son arrivée aux affaires, s’est fait au prix d’une profonde modification de ses structures, affaiblissant le caractère national d’une entreprise au poids symbolique inégalé dans le monde industriel italien.
Etroitement lié au jeune dirigeant de la famille Agnelli, John Elkann, qui l’a plus d’une fois qualifié de « mentor » et s’est épanché, dans une lettre aux employés du groupe, sur sa « douleur » face à un drame « injuste », Sergio Marchionne cède la main à une équipe de hiérarques dont pas un n’est italien : le nouveau dirigeant de Fiat-Chrysler, Mike Manley, est britannique, tandis que le nouvel administrateur délégué de Ferrari, Louis Camilleri, est originaire de Malte. De ce symbole-là aussi, les Italiens s’apprêtent à faire le deuil.

Le riche empire du clan Agnelli
A travers la holding patrimoniale Exor, la famille Agnelli contrôle trois entreprises dirigées, jusqu’au samedi 21 juillet, par Sergio Marchionne. Elle détient 29,18 % du groupe Fiat-Chrysler (110 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 pour 3,5 milliards de bénéfices), 22,91 % de Ferrari (3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 537 millions de bénéfices) et 29 % de CNH Industrial (camions, utilitaires, véhicules agricoles), qui a réalisé 26,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 234 millions de bénéfices l’an dernier. La famille Agnelli possède d’autres participations, notamment dans la presse (43 % de The Economist), ainsi que 63 % du capital du club de football le plus titré d’Italie, la Juventus de Turin.





                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 22/07/2018
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Pourquoi les énergies renouvelables gonflent la facture d’électricité

Le soutien public à l’éolien et au solaire ces dernières années se traduit par une augmentation continue de la fiscalité sur l’électricité. Une hausse qui devrait se poursuivre jusqu’en 2025.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 08h41
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
C’est au moins un sujet sur lequel Emmanuel Macron et Nicolas Hulot sont d’accord : la France est en retard sur le développement des énergies solaire et éolienne et doit se doter d’objectifs ambitieux dans le domaine. « D’ici à 2022, nous avons pour objectif de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque », expliquait le programme de campagne du candidat Macron.
En 2017, seulement 4,5 % de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2 % de panneaux solaires. C’est très inférieur à la majorité de nos voisins européens, et pour cause : en France, 75 % de la production provient des centrales nucléaires, une part qui doit être ramenée à 50 %, selon la loi de transition énergétique. Mais pour être en mesure d’assurer le développement des énergies renouvelables, les pouvoirs publics ont dû garantir un soutien public dont le coût pour les Français va continuer à augmenter.
Plus d’un tiers de la facture des clients – qu’il s’agisse d’EDF ou de l’un de ses concurrents – est consacré à la fiscalité, notamment à travers la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Celle-ci couvre en réalité plusieurs domaines, dont le surcoût de la production électrique en Corse et en outre-mer, et le soutien public aux énergies renouvelables. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que ces charges représenteront 7,78 milliards d’euros pour 2019, en hausse de 12 % par rapport au montant de 2017, et de 250 % depuis 2011.
Dans le détail, 68 % du total correspond au soutien aux énergies renouvelables, dont 33 % pour le solaire photovoltaïque (2,5 milliards d’euros) et 17 % pour l’éolien (1,3 milliard d’euros), selon des chiffres publiés le 16 juillet par la CRE.
Une nouvelle ampleur
« Il faut bien comprendre que cela a pour objectif de permettre à la France de se lancer dans le secteur », explique Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus Consulting et coauteur d’une note de Terra Nova sur la...




                        

                        


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Dégâts des eaux et incendies en copropriété : de nouvelles conditions d’indemnisation par les assurances

Les sinistres dans les immeubles peuvent coûter cher aux copropriétaires. Les assureurs viennent de signer une convention pour faciliter leur indemnisation.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h30
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Une baignoire qui déborde dans l’appartement du dessous, un départ de feu dans le local poubelle : les occasions de sinistres sont nombreuses dans les immeubles en copropriété. Et ils coûtent cher.
Entre 2016 et 2017, les montants des contrats d’assurance ont augmenté de 6,7 % en moyenne, selon l’Association des responsables de copropriété (ARC) alors que sur la même période l’ensemble des primes d’assurance en France n’augmentaient que de 3 %. « Cette situation est due au fait que l’assurance de l’immeuble est presque toujours amenée à intervenir si le sinistre cause des dommages immobiliers comme un parquet abîmé par exemple », explique Francis Bourriaud, PDG de Syndicalur, courtier en copropriété.
Rappelons qu’en copropriété, plusieurs assurances coexistent : chaque occupant de l’appartement, qu’il soit propriétaire ou locataire, est assuré pour son logement. Depuis la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) de 2014, le propriétaire bailleur doit aussi souscrire une assurance au cas où le logement serait vide. Enfin, la copropriété est elle-même assurée. La conséquence est que l’occupant peine à savoir à qui s’adresser en cas de sinistre.
Nouvelle convention
Afin de simplifier la situation, les assureurs ont signé une nouvelle convention d’Indemnisation et de recours des sinistres immeuble (Irsi). Elle est entrée en vigueur le 1er juin 2018 et remplace la convention Cidre (Convention d’indemnisation directe et de renonciation de recours en cas de dégâts des eaux). La convention Irsi sera testée pendant deux ans afin de voir si son fonctionnement permet une amélioration par rapport à la situation actuelle.

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Désormais, jusqu’à 1 600 euros hors taxe, c’est-à-dire la majorité des sinistres, les dommages sont pris en charge par l’assurance du logement sinistré et aucun recours ne sera mené contre l’assurance de l’auteur du sinistre.
Si la baignoire de votre voisin déborde endommageant votre salle de bain et le parquet de votre couloir, ce sera donc votre assurance habitation qui vous indemnisera. L’assurance de l’immeuble n’aura plus à intervenir, ce qui devrait permettre une diminution de la sinistralité de l’immeuble.
Formalités simplifiées
Pour des dégâts compris entre 1 600 à 5 000 euros hors taxe, l’assureur du local sinistré nomme un expert qui procède à une expertise pour le compte de tous les assureurs impliqués. Ensuite, en fonction du rapport de l’expert il exerce un recours contre l’assureur du responsable du sinistre. La victime du sinistre sera ensuite indemnisée sur la base de ce rapport mais avec un seul expert, les formalités devraient être plus rapides.

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Pour les logements loués : l’assureur du locataire prendra en charge les dégâts jusqu’à 1 600 euros hors taxe. Au-delà, l’assurance du bailleur assumera les dommages immobiliers comme le parquet, la moquette, jusqu’à 5 000 euros hors taxe. Les dommages aux meubles, aux embellissements réalisés par le locataire seront indemnisés par l’assurance du locataire.
Enfin, pour les dommages au-delà de 5 000 euros, c’est la convention CID-COP qui reste en place. Dans ce cas, les différentes assurances interviennent en fonction de la nature des dommages. Si vous vous trouvez dans ce cas-là, il faut contacter votre assureur pour connaître la marche à suivre.

Recherche de fuite : votre assurance paie
Il pleut chez vous mais vous ne savez pas d’où la fuite peut provenir ? Il faut appeler un plombier pour faire une recherche de fuite. Sachez que celles-ci sont prises en charge par votre assurance habitation.
Mais si la recherche est effectuée par le syndic ou un autre occupant de l’immeuble, l’assureur qui aura initié la recherche doit régler les frais. Un recours est cependant possible contre le responsable si le montant des dégâts est supérieur 1 600 euros HT.





                            


                        

                        

