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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Etre nature (5/7). Un collectif d’intellectuels proches des milieux chrétiens dénonce la lecture conservatrice de l’encyclique écologique « Laudato si’ », publiée en mai 2015 par le pape François, et depuis accaparée à des fins politiques par des mouvements réactionnaires.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Delon en six films cultes (3/6)Dans ce long métrage méconnu d’Alain Cavalier, l’acteur porte la violence du conflit colonial. Un rôle qui renvoie de façon troublante à sa biographie.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.
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Migrants : « La place d’un enfant n’est pas derrière les grillages »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h54
    |

Jean-Marie Dru (Président de l’Unicef France)







                        



                                


                            
Tribune. L’opinion publique s’est à juste titre émue du sort réservé aux enfants migrants aux Etats-Unis. Traitements intolérables, contraires au respect de la dignité ­humaine. Mais l’opinion publique en France devrait tout autant s’élever contre l’enfermement des enfants dans des centres de rétention, qui se pratique dans notre pays.
Beaucoup pensent qu’il est impossible d’échapper à l’alternative : séparer les enfants de leurs parents ou les enfermer avec leurs parents. Comme si le seul moyen d’éviter la solution américaine, comme si la seule façon de garder des enfants auprès de leurs parents, consistait à les enfermer avec eux.
Or le droit français permet d’éviter cela, notamment à travers l’assignation à résidence. Depuis 2016, le pointage auprès des autorités locales est censé être la règle et la rétention l’exception. Nos voisins européens ont su s’adapter : l’Irlande et les pays nordiques ont renoncé à l’enfermement des enfants. La Finlande, le Danemark, le Royaume-Uni, ­l’Irlande, les Pays-Bas et la ­Bulgarie pratiquent déjà le pointage auprès des autorités. En Belgique, un programme pilote appliqué à des familles susceptibles d’être éloignées a montré que très peu d’entre elles se soustrayaient aux mesures d’éloignement.
Traumatisme
En France, en 2017, trois cent cinq enfants ont été placés en centre de rétention, soit sept fois plus qu’en 2013. Au gouvernement qui estime que c’est peu, nous répondons que c’est trop. Certaines préfectures ont recours au placement de familles en rétention, pensant que l’enfermement facilitera les formalités d’expulsion. Si ces enfermements peuvent durer moins de quarante-huit heures, ils se prolongent parfois au-delà d’une semaine. Au gouvernement qui considère que c’est peu, nous répondons que c’est trop.
L’aménagement des centres que promet le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, n’y changera rien : la place d’un enfant n’est pas derrière des grillages. Et pourtant, le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’échec du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) aux élections fédérales du 1er juillet exprime la volonté d’une rupture avec un ordre « pragmatique et autoritaire », estime le politologue Eric Lobjeois dans une tribune au « Monde ».
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« Le Mexique a entériné l’alternance »

L’échec du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) aux élections fédérales du 1er juillet exprime la volonté d’une rupture avec un ordre « pragmatique et autoritaire », estime le politologue Eric Lobjeois dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h32
    |

Eric Lobjeois (Docteur en dynamiques comparées des sociétés en développement de l’université Paris-VII)







                        



                                


                            
Tribune - Le 1er juillet, le Mexique a voté contre le système établi. Au terme d’une élection historique, le candidat de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, surnommé par ses initiales « AMLO », a remporté un triomphe sans appel. Il devra être entériné d’ici à septembre, mais les résultats préliminaires ne laissent pas de doute.
Cette élection représente un tournant dans les annales du pays. Elle est synonyme, pour le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), pour l’instant au pouvoir, d’un désaveu cinglant. Pour comprendre ce moment, évoquons quelques éléments de la toile de fond. Le PRI a été créé dans les derniers soubresauts de la révolution mexicaine, en 1929, et a subsisté au pouvoir sans interruption jusqu’en 2000 grâce à une structure pragmatique et autoritaire qui lui a assuré le contrôle d’une réalité politique et sociale complexe.

Le premier coup de semonce est survenu en 2000 avec l’élection à la présidence du conservateur Vicente Fox, du parti de droite catholique Parti d’action nationale (PAN). Ce que certains ont alors qualifié de conclusion de l’un des régimes autoritaires les plus longs du monde n’a pas pour autant équivalu à la disparition du PRI.
Un pays dans l’impasse
Il est resté la première force politique nationale et a reconquis la présidence en 2012 avec une mécanique efficace. Son candidat, Enrique Peña Nieto, ex-gouverneur de l’Etat de Mexico – jeune, veuf et remarié à une actrice de feuilletons télévisés – quelque peu distant mais séduisant, porté par la télévision, l’emporta.

Le dinosaure, comme on surnomme le PRI, est revenu aux affaires avec de surcroît une véritable opportunité pour répondre à la mise à l’épreuve au milieu d’un croissant désenchantement de la démocratie qui ne semble pas apporter de solutions aux problèmes chroniques du Mexique : pauvreté, corruption, violence, inégalités sociales exorbitantes, anémie de l’Etat de droit, essor économique insuffisant…
Selon...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
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Le fantasme d’une guerre des monnaies

Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Donald Trump devrait méditer l’aphorisme de Bossuet à propos de ses récentes diatribes contre la Chine et la zone euro, qu’il accuse de manipuler leurs monnaies respectives, tandis qu’il se dit mécontent des hausses des taux d’intérêt décidées par la banque centrale américaine. Si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
« La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt, alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux, avec un dollar devenant de plus en plus fort jour après jour, ce qui dégrade notre compétitivité », a affirmé M. Trump le 20 juillet. Il est vrai que le yuan a perdu 8 % de sa valeur depuis mars, tandis que le dollar s’est renchéri de près de 6 % en six mois par rapport à l’euro. « Les Etats-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils vont très bien », peste le président américain.

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                Vers une guerre des monnaies ? La Chine réfute toute manipulation du yuan



C’est justement le « problème », dont M. Trump devrait se féliciter au lieu de s’en plaindre. La gigantesque baisse des impôts sur les entreprises votée fin 2017 a donné un nouvel élan à la croissance américaine. Celle-ci est désormais supérieure à celle de la zone euro, qui, au contraire, connaît un net ralentissement.
Sous l’effet de cette accélération de la conjoncture outre-Atlantique et d’un chômage ramené sous les 4 %, l’inflation décolle enfin, obligeant la Fed à remonter ses taux d’intérêt pour éviter une surchauffe de l’économie. L’Europe, elle, n’envisage pas de relever ses taux avant 2019. Logiquement, cet écart de rendement renforce l’attractivité des Etats-Unis pour les investisseurs, ce qui nourrit la hausse du dollar.
Renoncer à un « privilège exorbitant »
Concernant la dépréciation récente du yuan, M. Trump se plaint, là aussi, d’un problème dont il est en partie responsable. La menace de taxer une grande partie des exportations chinoises à destination des Etats-Unis ne peut qu’inciter Pékin à laisser filer sa devise pour tenter d’absorber le choc. Il semble toutefois peu probable que la Chine aille beaucoup plus loin dans cette direction, au risque d’encourager une fuite des capitaux qui handicaperait à terme son économie. Donc, là encore, la manipulation tient du fantasme.
Après la guerre commerciale, M. Trump agite désormais l’épouvantail d’une guerre des monnaies. Mais le système de taux de changes flottants en vigueur depuis la fin de la convertibilité du dollar en 1971 est ce qu’il est : un système de vases communicants dans lequel une devise ne peut se déprécier que si une autre monte, parfois de façon erratique.
Du fait de la prééminence du dollar sur les échanges mondiaux, il ne tient qu’aux Etats-Unis de prendre l’initiative d’œuvrer pour un système des changes plus stable. L’une des pistes consisterait à renoncer au « privilège exorbitant » du dollar comme monnaie de réserve internationale, considéré d’ailleurs comme l’une des principales causes du déficit commercial américain.

        Lire aussi :
         

                Commerce : « La Chine a beaucoup plus à perdre que nous », assure la Maison Blanche



M. Trump ferait ainsi d’une pierre deux coups. Mais, outre sa faible appétence pour le multilatéralisme, il ne peut pas se permettre d’affaiblir le rôle du dollar comme monnaie de réserve, car les Etats-Unis doivent continuer à attirer en masse les capitaux pour financer leur énorme déficit budgétaire creusé par… M. Trump et sa politique économique expansionniste. Le président américain n’a donc pas fini de déplorer les effets dont il chérit les causes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.
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« Facebook est loin de faire notre bonheur »

Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h05
    |

Alexandre Mayol (Maître de conférence en économie à l'Université de Lorraine) et Thierry Pénard (Professeur d'économie à l'Université de Rennes 1)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis quatorze ans, rien ne semble arrêter Facebook. Ni l’affaire Cambridge Analytica, ni les gouvernements, ni ses concurrents. Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg compte à ce jour 2,2 milliards d’utilisateurs actifs dont 22 millions en France. Instagram qui appartient à Facebook, vient de dépasser le milliard d’utilisateurs.
Des chiffres qui donnent le tournis et témoignent de l’emprise de Facebook. Mark Zuckerberg se veut rassurant et communique sur les conséquences positives de Facebook sur le « bien-être des gens et de la société ». Un avis qui n’est pas partagé par l’ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya, qui déclarait en novembre 2017 devant des étudiants de Standford : « nous avons créé des boucles déclenchant des réactions de court terme nourries à la dopamine qui sont en train de détruire le fonctionnement de la société. » En cause les systèmes de notification et les fils d’actualité qui sont de nature à créer des utilisations addictives.

Qui faut-il croire ? Facebook nous rend-il plus heureux ? Les recherches en sciences sociales sur cette question apportent une réponse nuancée. Oui, Facebook procure de la satisfaction à ces utilisateurs, par la mise à disposition gratuite d’une multitude d’applications et d’outils qui facilitent la communication entre amis, l’organisation d’événements, la gestion de communautés…
Reflet déformé de la vie
Une étude en ligne menée par le chercheur américain Cass Sunstein auprès d’utilisateurs de Facebook montre que ces derniers ne sont pas prêts de quitter ce réseau social. Le montant médian demandé par les personnes sondées pour renoncer à utiliser Facebook était de 59 $ par mois [environ 50 euros], le montant moyen étant de 75 $ [environ 65 euros]. Ces sommes élevées montrent l’attachement – et la valeur accordée – à Facebook, même si les utilisateurs savent que la contrepartie est la collecte et la monétisation de leurs données...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que l’affaire Benalla a fait perdre la main au président et a fait une victime : sa révision constitutionnelle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/07/2018
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« Les parlementaires font payer à Macron son insolente audace. Ils ne le lâcheront plus »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que l’affaire Benalla a fait perdre la main au président et a fait une victime : sa révision constitutionnelle.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h26
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. C’est leur première victoire depuis un an. Ils ont fait reculer Emmanuel Macron et ils ne le lâcheront plus. Ils l’ont fait reculer sur un texte emblématique : la révision constitutionnelle qui a été concoctée de bout en bout par l’Elysée et qu’ils ont immédiatement perçue comme une nouvelle entrave à leur pouvoir.
Après quatre jours d’obstruction à l’Assemblée nationale, les députés de droite et de gauche qui, l’espace d’un moment, sont devenus une seule opposition à la fois compacte et puissante, ont contraint l’exécutif à l’impensable : suspendre puis reporter sa réforme à la rentrée sans qu’aucune date ne soit fixée et sans que personne n’ose pronostiquer qu’elle sera un jour adoptée. Et après le Palais-Bourbon, le Sénat, qui de plus en plus s’érige en contre-pouvoir, est lui aussi disposé à infliger au président un spectaculaire retour de bâton.

Car tout se paie un jour. Et ce que les parlementaires font aujourd’hui payer à Emmanuel Macron, dans le sillage de l’affaire Benalla, qui secoue l’Elysée comme un prunier, dépasse largement le cadre d’un grave dysfonctionnement interne, lié à l’irresponsabilité d’un simple chargé de mission. Ils corrigent le jeune président, ils se vengent de son insolente audace d’avoir cru que rien ne lui résisterait, qu’il pourrait faire fi de l’ancien monde, qu’il était suffisamment fort pour agir et réformer à sa guise (marché du travail, rail, assurance-chômage, retraite, santé, etc.) en se passant de leurs critiques voire de leurs conseils.
Une leçon de démocratie
Et lorsque la faille se présente, béante, c’est la curée : non seulement les parlementaires infligent au président qui se croyait infaillible une leçon de démocratie en pointant du doigt le déséquilibre des pouvoirs, les travers d’une hyperprésidence qui a voulu tout écraser – le Parlement et le gouvernement –, mais ils passent immédiatement aux travaux pratiques en bloquant la révision constitutionnelle.
M. Macron...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans « Histoires secrètes : France-Israël 1948-2018 », Vincent Nouzille raconte les coulisses de soixante-dix ans de relations entre les deux pays.
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France-Israël, une « affaire passionnelle »

Dans « Histoires secrètes : France-Israël 1948-2018 », Vincent Nouzille raconte les coulisses de soixante-dix ans de relations entre les deux pays.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 08h44
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Sans la France, l’Etat d’Israël ne serait pas ce qu’il est. C’est à Paris que Theodor Herzl, sous le choc de l’affaire Dreyfus, conçut dans le cadre du mouvement sioniste une patrie pour les juifs. Ce sont les aides des autorités françaises, au sortir de la seconde guerre mondiale, qui permirent à nombre de rescapés de la Shoah de rejoindre la Palestine sous mandat britannique. Les livraisons d’armes françaises et le soutien de Paris s’accentuèrent tout au long des années 1950-1960, jusqu’à la quasi-rupture de juin 1967, lors de la guerre des Six-Jours, quand de Gaulle décréta l’embargo et critiqua la politique agressive de « ce peuple d’élite sûr de lui-même et dominateur ». Dès lors, la relation alterna les hauts et les bas sur fond de polémiques incendiaires et de retours de flamme.
« Les deux pays aiment s’aimer, mais ils adorent aussi se détester »
« Les deux pays aiment s’aimer, mais ils adorent aussi se détester. C’est le paradoxe d’une relation spéciale qui dure depuis la création de l’Etat d’Israël », écrit Vincent Nouzille qui, citant l’historien et diplomate israélien Elie Barnavi, compare les relations entre les deux pays et entre leurs dirigeants respectifs à « une affaire passionnelle ». Le sujet est sensible, à la fois très rebattu, mais il reste encore opaque à bien des égards. « Loin des micros et des caméras, les face-à-face s’apparentent à des bras de fer. De Gaulle avec Ben Gourion, Giscard avec Begin, Mitterrand avec Shamir, Chirac avec Sharon, Sarkozy et Hollande avec Nétanyahou : entre la France et Israël, la ligne est toujours à haute tension », note l’auteur.
Documents inédits
Le livre raconte les coulisses de ces soixante-dix ans de relations en s’appuyant sur des centaines de documents inédits provenant des archives françaises, israéliennes et américaines, mais aussi sur de nombreux témoignages. Un genre où excelle ce journaliste d’investigation. Il montre notamment le rôle-clé joué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Etre nature (4/7). Les philosophes Corine Pelluchon et Dominique Lestel se demandent si notre humanité n’aurait pas à gagner à faire davantage de place à l’animalité.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La présentation du célèbre manuel scolaire de la littérature révèle l’importance pour Jean-Joël Blanc de son apprentisage et de la découverte des grands auteurs.
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Littérature: hommage à Lagarde et Michard

La présentation du célèbre manuel scolaire de la littérature révèle l’importance pour Jean-Joël Blanc de son apprentisage et de la découverte des grands auteurs.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h17
    |

Jean-Joël Blanc (ancien élève du lycée Buffon à Paris)







                        



   


Vous permettrez à un fidèle lecteur abonné au journal papier, d’apporter son témoignage à propos de l’article sur la série « un manuel pour deux 2/6 Communion d’esprit  » (Le Monde du 21 juillet). Je suis gré au journal d’apporter enfin quelque souvenir de nos anciens livres de classe, le premier fut Malet et Isaac. Le deuxième cité me touche davantage car je fus toujours impressionné par la vue d’esprit de la série pour l’enseignement du français. Certes, ce n’est que plus tard que j’ai réalisé combien le « Lagarde et Michard » m’avait apporté, tant sur le plan littéraire que sur l’histoire de la littérature dans son ensemble. En effet, les génies de nos lettres françaises se montraient là dans une suite chronologique bienvenue mais rehaussée par des œuvres artistiques et des allusions à d’autres références historiques d’une époque donnée. Les auteurs passés en revue ne dévoilaient que quelques extraits mais le professeur était libre de travailler un ouvrage en entier, ce fut mon cas dans mes classes du lycée Buffon. Nous avons ainsi lu, commenté et même appris par cœur certains passages tant connus de nos classiques, dans l’édition complète ! La liste - je l’avoue - est assez longue mais j’ai goûté à la langue française grâce au « Lagarde et Michard » qui fut l’élément moteur de notre apprentissage, les œuvres complètes provenaient souvent du « Petit Larousse » si précieux. La collection reliée chez Garnier avait mes préférences car les commentaires y étaient fort pertinents. Sur ce point j’ajouterai également la série des « Castex et Surer » ces manuels d’histoire littéraire dont les tableaux comparatifs m’enchantent encore maintenant. Votre évocation me retourne plusieurs années en arrière, et je regrette qu’une semblable édition ne soit pas présente de nos jours dans l’enseignement de notre langue maternelle en milieu scolaire. Les jeunes d’aujourd’hui - là je place aussi mes propres enfants - ignorent cette variété importante et diverse de nos auteurs français, sans parler de l’orthographe tant mise à mal dans les médias ! Encore mille mercis pour cette émouvante rétrospective.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Delon en six films-cultes (2/6). Le cinéaste italien voit dans l’acteur, qui le subjugue, un talent, dont il veut faire sa créature. Dans « Rocco et ses frères », puis en  1961 dans « Le Guépard », qui lui vaut une reconnaissance internationale.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans la programmation tentaculaire du North Sea Jazz Festival, Le jazz et la salsa a fait son choix : les géants de la salsa Rubén Blades et Willie Colon et les légendes du funk Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire.
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North Sea Jazz : de la fièvre de la salsa à la fièvre du samedi soir

Dans la programmation tentaculaire du North Sea Jazz Festival, Le jazz et la salsa a fait son choix : les géants de la salsa Rubén Blades et Willie Colon et les légendes du funk Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h49
    |

                            Yannick Le Maintec








                        


15 scènes, 150 concerts, 75.000 visiteurs. Le North Sea Jazz, c’est le géant des mers des festivals de jazz. J’avais été attiré à Rotterdam par la double affiche Rubén Blades/Willie Colón, annoncée des semaines avant leurs concerts parisiens. C’est toute la force du NSJ : attirer les foules grâce à ses têtes d’affiche. Son affiliation au tourneur Live Nation lui facilite grandement les choses. Dans son écurie : Nile Rodgers & Chic et Earth, Wind & Fire, programmés samedi soir... Comment résister ? Compte-rendu de la 43è édition du North Sea Jazz Festival qui s’est déroulée les 13, 14 et 15 juillet 2018.

   


La son de la salsa new-yorkaise
S’il n’a pas à rougir de sa carrière solo (il restera un des piliers de Fania), les vies antérieures de Willie Colón seront sa malédiction. Difficile pour le tromboniste de rivaliser avec La voix, Héctor Lavoe. Avec « El Malo » en 1967, Colón impose un son nouveau et devient le fer de lance du label Fania. Dix ans plus tard, sa collaboration avec le chanteur engagé Rubén Blades révolutionne une nouvelle fois le genre. En 1978, « Siembra » sera l’album le plus vendu de l’histoire de la salsa. Une collaboration qui se terminera en batailles sans fin, les ex-associés ayant fini par se détester comme dans toute bonne histoire de groupe de rock.
Vendredi. 23h15. Salle « Hudson ». Chacun s’installe sagement dans son siège. Cravate blanche et lunettes noires, Willie Colón se présente à son public. Premier riff de trombone : Che Che Cole. Tout le monde se lève et se précipite vers la scène telle la foule au Yankee Stadium. Le medley d’une vingtaine de minutes retrace l’aventure Lavoe. Calle Luna, Calle Sol, Te Conozco Bacalao, première passe d’armes entre trombones. Si le tour de chant s’attarde sur les titres plus romantiques (Gitana, Que Sera, Usted Abuso) de Colón, c’est la section de cuivres agressive qui impressionne.
Habillement l’orchestre réunit musiciens européens (parmi lesquels Boris Caicedo, ancien directeur musical de Yuri Buenaventura) et états-uniens. Trois trombones, Willie bien sûr, le français Olivier Caron, l’indispensable Ozzy Melendes plus le sax Bobby Franceschini pour un son rugueux comme la conclusion explosive d’Idilio, parfait résumé de l’art de Willie Colón ou comment imprimer sur la musique traditionnelle une couleur résolument urbaine, somme toute l’histoire de la salsa.



Comment Nile est redevenu chic

   


Samedi 21. Chic au « Nile », ça ne s’invente pas : la plus grosse salle du festival, 10.000 places, pleine à craquer. Dernières balances. « Je sais, ça fait pas super professionnel » s’excuse Nile Rodgers. Au contraire. Une voix off égrène les tubes à venir, harangue la foule : « Tapez dans vos mains. Faites du bruiiiit ! » Nile Rodgers & Chic s’inscrit en lettres géantes pendant que monte le son. Les musiciens tournent le dos à la salle, Nile et ses chanteuses tout en rouge. Les chanteuse font face au public, entament Everybody Dance pendant que le guitariste tout sourire balade sa silhouette nonchalante le long de la scène.
Dance Dance Dance. Les tubes s’enchaînent. I Want Your Love, Le Freak. Nile invoque Sister Sledge : We Are Family, He Is The Greatest Dancer, mais également Diana Ross : I’m Coming Out, Upside Down. Nile est aussi derrière ces tubes-là. Good Times, le public est invité à monter sur la scène tandis que Nile se met à rapper, rapelant Rappers Delight, le premier hit de l’histoire du hip-hop. Pendant les années 80, c’est haro sur le disco. Nile écrit pour Bowie, Madonna et Duran Duran. Le Chic nouveau surprend en reprenant Let’s Dance et Like a Virgin.

        Lire aussi :
         

                Dans le nid de Nile Rodgers



Sous les feux de mille briquets, pardon mille portables, Nile évoque son combat contre le cancer qu’il a vaincu en 2013. A cette période (qu’il décrit sur son blog Planet C), il décide de faire plus de musique qu’il n’en avait jamais fait jusque là, et reçoit l’appel de deux français. Ils enregistrent Get Lucky. Le hit mondial de Daft Punk sera le climax d’un tunnel de 1h30 de numéros uns.
Après la disparition en 1996 du co-fondateur du groupe, le bassiste Bernard Edwards, il était temps de sortir la marque Chic de son purgatoire Nile Rodgers reforme Chic et en fait la vitrine de son immense carrière. Avouons-le, on prend son pied. L’expérience est jouissive et régressive et nous offre de très bons moments musicaux : voix puissantes de Folami Ankoanda Thomson, Kimberly Davis, duos avec le bassiste Jerry Barnes, solo du batteur Ralph Rolle. Un nouvel album est prévu pour septembre prochain. Nile Rodgers n’a pas dit son dernier mot.



Let’s groove
Pour vous, Fantasy dispute aux Sirènes du port d’Alexandrie la palme du mauvais goût ? Omar Sy et son Boogie Wonderland peinent à vous décrocher un sourire ? Le remède : voir Earth, Wind & Fire sur scène. Je parle bien de la formation originale dont les apparitions se font rares alors que le contusionnant Experience d’Al McKay écume les scènes européennes. Samedi 23h au « Nile » : introduction pyrotechnique et costumes étincelants devant 10.000 spectateurs survoltés. Sing A Song, After The Love Has Gone, Gotta Get You into My Life, c’est parti pour 1h30 de show.
De la distribution originale ne restent que Philip Bailey, Ralph Johnson et Verdine White. Maurice White, le fondateur du groupe disparu en 2016, apparaît irremplaçable. Le batteur chanteur avait arrêté les tournées en 1996 à la suite du diagnostic de la maladie de Parkinson. Phil Bailey Jr et B. David Whitmore, percussionistes chanteurs également (la marque du groupe ?), s’intègrent parfaitement. Les solistes se complètent et se rejoignent dans le chœur intact.
Les tubes sont laissés de côté, place au funk. Verdine se déchaîne à la guitare basse, Phil Bailey, le chanteur adolescent de 67 ans, à la voix de fausset parfois faussée (pardon !) passe de percussion en percussion avant de finir à la kalimba. Tout ce petit monde prend du plaisir et fait plaisir à voir. Let’s Groove semble être le mot d’ordre. September, Boogie Wonderland, Fantasy arriveront enfin dans une conclusion orgastique.



La salsa en mode crooner

   


Dimanche 19h. Le « Maas », l’autre grande salle du festival. Après sa tournée d’adieu (à lire dans les archives du blog), Rubén Blades s’offre des prolongations avec le Salsa Big Band, la version grand ensemble de l’orchestre de Roberto Delgado : basse, piano, keyboard, une batterie en plus des traditionnels bongos, congas et timbales, et les soufflants : cinq sax, quatre trompettes, quatre trombones.
Plus brièvement, format oblige, que l’an dernier à Barcelone ou le lendemain à Paris, le poète de la salsa parcourt sa longue carrière : Todos Vuelven (sur l’écran défilent les images des figures de la salsa), Patria, la chanson poignante qu’il a écrite lorsqu’il a quitté le Panama en 63, invoque Louie Ramírez et la Fania All-Stars (Juan Pachanga ) et Seis Del Solar, le groupe qu’il a formé après avoir quitté Colón (Cuentas Del Alma), le tout réarrangé façon big band.

        Lire aussi :
         

                Ruben Blades, la salsa qui donne à penser



Moins dans l’interprétation qu’à son habitude, Blades se la joue crooner, multipliant les hommages à Tony Bennett et à Franck Sinatra. Il chante quelques titres en anglais, pas désagréables. La voix n’a pas bougé malgré le poids des années. Une ambiance feutrée, jazzy, qui s’intègre parfaitement au festival (vendredi soir dans la même salle le Metropole Orkest avait accompagné Gregory Porter dans son hommage à Nat King Cole). Le temps d’un titre très swing Rubén cède sa place au trompettiste cubain Wichy Lopez. De son dernier album « Salsa Big Band », Rubén extrait Arayué puis reprend Mack The Knife, le titre qui a inspiré Pedro Navaja.
« La vida te da sorpresas, Sorpresas te da la vida, Ay dios. » C’est au tour du public de reprendre en cœur le refrain de la chanson emblématique. Muevete de Juan Formell permet au chanteur de s’eclipser en tirant son chapeau tandis que l’orchestre se déchaîne dans une dernière descarga. Au revoir Rubén ! A soixante-dix ans (il les fêtera le lendemain au Bataclan), l’acteur-chanteur n’a plus de temps à perdre. Il souhaite se concentrer sur des projets précis, comme Medoro Madera, son alter-ego cubain dont il vient de sortir un album, en attendant un éventuel retour à la politique en 2019.



Le jazz de Ramon Valle
Dimanche 23h. Salle « Madeira ». Le North Sea est d’abord un festival de jazz. Ce dernier rendez-vous se chargera de me le rappeler. Il faut savoir se perdre dans les allées de l’immense complexe qu’est l’Ahoy, s’écarter des chemins balisés, entrer dans les petites salles afin de retrouver l’ambiance des clubs.
« C’est quoi, le jazz de Ramón Valle ? » interroge le pianiste cubain. Il donne la réponse : Pas du jazz cubain, pas du latin-jazz, le jazz de Ramón Valle, simplement, libre comme il le définissait lors de notre rencontre en 2014. On connaissait le talent de compositeur du cousin d’Orlando « Maraca » Valle. Sur la scène du North Sea, il déconstruit son titre fétiche Levitando. Quelle inventivité ! Quelle vivacité ! L’orgue amène un semblant de modernité pendant que le jeune batteur néerlandais Jamie Peet apporte au trio une énergie renouvelée. Dans son nouvel album, « The time is now », Ramón invite le trompettiste Roy Hargrove pour une touche résolument contemporaine. Une nouvelle direction clairement perceptible sur scène.
Alors que vous avez trois jours de festival dans les jambes, que vous avez dormi cinq heures par nuit et que vous retrouvez déshydraté dans une salle surchauffée, Ramón Valle vous plonge dans une oasis de fraîcheur musicale.



Lire aussi : Free Jazz Man
Le North Sea, c’est fini. J’aurais pu vous raconter Pedrito Martínez, le Metropole Orkest, la New British Jazz Invasion, Snarky Puppy, Marcus Miller ou Gregory Porter. Quels que soient vos goûts en matière de jazz ou de musique noire, le North Sea Jazz, c’est la possibilité de se concocter un programme à la carte, un festival de rêve ? A la condition d’éviter le zapping, mal insidieux qui a tendance à ronger la manifestation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Alors que l’archipel nippon est connu pour être enclin aux aléas naturels, le journaliste et spécialiste du Japon Jean-François Heimburger déplore, dans une tribune au « Monde », la méconnaissance des ressortissants français des risques encourus.
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édition abonné


« Il est nécessaire d’améliorer la prise en compte des catastrophes naturelles au Japon »

Alors que l’archipel nippon est connu pour être enclin aux aléas naturels, le journaliste et spécialiste du Japon Jean-François Heimburger déplore, dans une tribune au « Monde », la méconnaissance des ressortissants français des risques encourus.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 14h38
    |

Jean-François Heimburger (Journaliste et chercheur spécialiste du Japon et des risques)







                        



                                


                            
Tribune - Une vague de chaleur intense et meurtrière touche en ce moment la majeure partie du Japon et devrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin du mois. Au début de juillet, à la suite d’un typhon, des pluies diluviennes, provoquant inondations et mouvements de terrain, s’étaient abattues dans l’ouest du pays, avec pour conséquence un bilan de deux cent vingt-neuf morts et disparus. Quelques jours auparavant, un séisme s’était produit dans le nord du département d’Osaka faisant quatre morts. Ces événements ont de quoi témoigner de la fréquence et de la puissance élevées des aléas naturels dans l’archipel nippon.
La canicule, aussi intense qu’elle soit aujourd’hui, n’est pourtant pas un phénomène nouveau
Il est tentant de dire – comme certains l’ont fait – que le Japon est confronté à un phénomène météorologique inédit ou unique. La canicule par exemple, aussi intense qu’elle soit aujourd’hui, n’est pourtant pas un phénomène nouveau. En juillet et août 2015, le département de Tokyo en a fait l’expérience durant huit jours consécutifs : autrement dit, les températures maximales mesurées atteignaient ou dépassaient 35 °C.
Durant l’été très chaud de 2010, plus de mille sept cents personnes sont mortes à la suite d’un coup de chaleur – soit deux fois plus que la moyenne annuelle de ces dix dernières années. Les pluies diluviennes qui ont frappé l’ouest du Japon au début de juillet ont aussi été qualifiées d’« exceptionnelles ». Mais, tout comme l’ont aussi été celles du nord de l’île de Kyushu en juillet 2017, où la ville d’Asakura a connu un épisode de pluie, ayant causé une trentaine de morts, qui revient une fois tous les 8 000 ans.
Caractère « inédit »
Si l’intensité de ces phénomènes météorologiques est très importante, mettre en avant un caractère « inédit », alors que chaque événement pourrait être qualifié de la sorte, risque de masquer le fait que ces aléas sont connus et sont annuels. Par ailleurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Etre nature (3/7). La rencontre de la linguistique avec la botanique et la zoologie révèle des choses insoupçonnées, démontre la linguiste Henriette Walter. La façon dont l’homme nomme le vivant est empreint de riches histoires.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que les élections législatives pakistanaises approchent, le chercheur Gilles Boquérat note, dans une tribune au « Monde », que l’ombre de l’establishment militaire et les affaires de corruption nuisent à la « primauté du pouvoir civil ».
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édition abonné


« Au Pakistan, la démocratie restera-t-elle volatile ? »

Alors que les élections législatives pakistanaises approchent, le chercheur Gilles Boquérat note, dans une tribune au « Monde », que l’ombre de l’establishment militaire et les affaires de corruption nuisent à la « primauté du pouvoir civil ».



Le Monde
 |    23.07.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 14h44
    |

Gilles Boquérat (Chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique)







                        



                                


                            
Tribune. Le 25 juillet, quelque cent millions de Pakistanais – dont près de la moitié dans la tranche d’âge des 18-35 ans – vont avoir la possibilité de se prononcer sur les personnes qu’ils souhaitent voir les représenter au sein de l’Assemblée nationale et dans les assemblées provinciales. Près de douze mille candidats se disputent les huit cent quarante-neuf sièges « généraux » en jeu : deux cent soixante-douze à l’Assemblée nationale et cinq cent soixante-dix-sept dans les assemblées provinciales.
A cela s’ajouteront les sièges réservés aux femmes et aux minorités religieuses et attribués aux partis en proportion de leurs résultats électoraux. Dans un pays où le taux de participation a peu souvent dépassé les 50 %, la capacité d’un parti à mobiliser l’électorat, majoritairement masculin, est un facteur important pesant sur le résultat des urnes. Tout comme l’égalité de traitement accordée aux partis sollicitant les suffrages. Or, cette condition ne semble pas remplie.

Si, pour la première fois, le pays a connu au cours de la décennie écoulée une alternance démocratique qui n’a pas été interrompue avant terme, les affaires de corruption et l’ombre de l’establishment militaire n’ont encore jamais permis à un chef de gouvernement de rester en place le temps d’une législature. Le dernier exemple en date est Nawaz Sharif, forcé d’abandonner la fonction de chef de gouvernement à l’été 2017 suite à une décision de la Cour suprême lui refusant la qualité d’honnêteté requise dans la Constitution (article 62) suite aux révélations des « Panama papers ».
Les ennuis judiciaires de Nawaz Sharif
La plus haute juridiction a ensuite enfoncé le clou en début d’année en lui interdisant toute charge publique. Depuis, c’est son frère Shahbaz, ministre en chef du Pendjab depuis 2008, qui l’a remplacé à la tête du parti dominant, la Pakistan Muslim League-N (PML-N), et qui mène campagne. Le 6 juillet, la Cour anticorruption est allée encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Malgré des progrès spectaculaire, l’épidémie menace de repartir de plus belle. Pour la contrer, des moyens financiers supplémentaires seront nécessaires.
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Sida : l’urgence de la remobilisation

Editorial. Malgré des progrès spectaculaire, l’épidémie menace de repartir de plus belle. Pour la contrer, des moyens financiers supplémentaires seront nécessaires.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 12h01
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après une longue période de reflux, l’épidémie de sida menace de repartir de plus belle. La 22e conférence internationale sur le sujet, qui s’est ouverte lundi 23 juillet à Amsterdam, est l’occasion d’alerter sur la dérive qui est en cours : si l’on ne change pas la manière de concevoir et de mener la riposte contre le VIH, le monde n’atteindra pas les objectifs fixés par les Nations unies, prévoyant l’éradication de l’épidémie d’ici à 2030. S’agissant d’une infection qui a tué près d’un million de personnes en 2017, on mesure le coût humain que chaque année de retard représenterait.
Si des progrès spectaculaires ont été accomplis, ils n’en demeurent pas moins insuffisants. En 2017, près de 22 millions de personnes avaient accès aux traitements anti-VIH –2,3 millions de plus qu’en 2016 –, soit 59 % de celles qui vivent avec le virus. Mais le nombre de nouvelles infections ne faiblit qu’à peine : 1,8 million de personnes ont encore contracté le virus en 2017. Ce flot continu de nouvelles infections fait s’accroître la population qu’il est indispensable de traiter, puisqu’il est avéré qu’avec un traitement bien conçu et bien suivi le risque de transmission est quasiment nul.
Ces besoins ne cesseront d’augmenter et imposent de relever deux défis : faire mieux et plus vite. Cela implique de lever les freins (éducation, mais aussi discriminations et loi répressives) qui empêchent des pans de la population (jeunes, hommes ayant des relations homosexuelles, usagers de drogue, prostitué.e.s) d’avoir accès à la prévention, aux tests diagnostiques et aux traitements.
Coupes budgétaires
Cela ne se réalisera pas sans repenser la lutte contre le sida afin de l’intégrer dans des plates-formes de services de santé globales, combinant le VIH et d’autres infections, mais aussi la santé reproductive et sexuelle et des maladies non transmissibles. Des approches à géométrie variable, déterminées en fonction de besoins différents selon les territoires. Intégrer la lutte contre le VIH dans un cadre plus large, c’est aussi permettre à tout le système de santé de bénéficier de ce qu’elle a fait émerger : des réponses fondées sur des preuves scientifiques mais pas uniquement médicales, profilées selon les réalités, adaptées aux populations, sous l’aiguillon des patients et de la société civile.
Mais sans argent supplémentaire, le changement de paradigme nécessaire est impossible. Déjà, 20 % des besoins estimés ne sont pas couverts, malgré les 17,5 milliards d’euros disponibles en 2017. Deuxième contributeur à ce fonds, la France a ainsi un rôle politique à jouer pour pousser à accroître les ressources disponibles, notamment de la part des Etats qui restent en retrait ou qui ont choisi de ralentir leurs efforts.
C’est le cas aux Etats-Unis, pourtant premier contributeur historique de la lutte contre le sida. L’administration dirigée par Donald Trump cherche à faire voter des coupes budgétaires. La conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la période 2020-2022, qui se tiendra en 2019 en France, sera l’occasion d’appeler à se mobiliser, alors que la démographie galopante dans certains pays durement touchés, particulièrement en Afrique, menace de faire exploser le nombre de nouvelles infections. L’éradication de la maladie est à portée de main, à condition d’amplifier les efforts, sans quoi le risque serait à terme de perdre le contrôle de l’épidémie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Le parallélisme entre le projet des « hard brexiters » conservateurs et celui du président américain est patent, estime Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres.
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édition abonné


Le Royaume-Uni post-Brexit, avant-poste du trumpisme en Europe ?

Analyse. Le parallélisme entre le projet des « hard brexiters » conservateurs et celui du président américain est patent, estime Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h35
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Depuis la visite infernale de Donald Trump au Royaume-Uni, les véritables enjeux du Brexit apparaissent plus clairement. Venu à Londres à l’invitation pressante de Theresa May, le président américain ne pouvait pas se montrer hôte plus ingrat : il a publiquement humilié la première ministre en jugeant « très regrettable » la façon dont elle conduit les négociations avec l’Union européenne (UE) et il a répété que Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères démissionnaire, ferait bien mieux qu’elle à sa place.
Mais en soufflant sur le brasier de la vie politique britannique et en claironnant son soutien aux partisans d’un divorce brutal avec l’UE, M. Trump a montré ce qu’il attend du Brexit : une satellisation américaine, voire « trumpiste » du Royaume-Uni et la transformation de ce dernier en un paradis fiscal, « libéré » des règles sociales et environnementales, à même de casser l’ensemble européen continental formé par ses vingt-sept voisins.
Le président américain cite l’UE comme son premier « ennemi », avant la Russie et la Chine. Il a conseillé à Theresa May de la « poursuivre en justice » au lieu de négocier avec elle, comme s’il s’agissait d’une vulgaire société concurrente.
L’UE « tire avantage » des Etats-Unis, selon lui, en refusant de s’ouvrir à leurs produits agricoles, tout en dépensant moins qu’eux pour sa défense puisque protégée par leur parapluie militaire. Cette rhétorique rappelle celle utilisée par M. Johnson et ses amis brexiters pendant la campagne du référendum de 2016. Ils prétendaient que l’Europe accepterait en quelques mois les exigences du Royaume-Uni pour sauver ses exportations. Comme si ni l’histoire ni la géographie ne comptaient, comme si les rapports entre Etats se réduisaient à l’arithmétique des balances commerciales.
En réalité, c’est en vain que les Britanniques tentent depuis deux ans de conserver les avantages de l’UE après leur sortie. Le rapport...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Alain Delon en six films cultes (1/6) Tourné en Italie, en 1959, le film de René Clément est le long métrage où l’acteur de 23 ans, peu connu jusqu’alors, devient une icône. Il irradie de beauté. La beauté du diable.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Etre nature (2/7). Reconnaître la subjectivité aux plantes permettrait à l’homme d’élargir sa conception de la cité, argumente le philosophe Emanuele Coccia.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤     


                Le design spéculatif d’Ai Hasegawa


Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.

Le Monde
                 |                 22.07.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret

















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Les travaux tels que ceux des ­agences d’architecture florentines Superstudio ou Archizoom (supplément « Idées » du 16 juillet) furent rangés en 1972 sous l’étiquette d’« architecture radicale » par le critique d’art italien Germano Celant. Trente ans plus tard, le design radical et ses frères, design fiction, design critique et design spéculatif, revendiquent ces lointains ancêtres comme inspiration, voire proposent de les dépasser. Les ­différentes appellations varient selon que l’on met l’accent sur le but de la recherche (critique), le jugement qu’on porte sur elle (radical) ou les moyens qu’elle emploie (la narration de fiction).
Un essai témoigne de la richesse récente de ces concepts : Speculative Everything. ­Design, Fiction, and Social Dreaming (MIT Press, 2013, non traduit). Ses auteurs, les ­designers ­Anthony Dunne et Fiona Raby, sont issus du Royal College of Art (RCA) de Londres, où ils enseignaient à l’époque de la rédaction du ­livre, avant de rejoindre The New School, à New York.
« On connaît la célèbre remarque de Fredric Jameson [figure de la critique marxiste] : “Il nous est désormais plus facile d’imaginer la fin du monde qu’une alternative au capitalisme.” » Ainsi s’ouvre plus ou moins Speculative Everything. C’est dans un contexte post-thatchérien où les « rêves ont été rétrogradés en espoirs » qu’ils proposent d’utiliser le design « pour ouvrir toutes sortes de possibilités qui peuvent être collectivement discutées, débattues et utilisées afin de définir un futur préférable pour tel ou tel groupe donné de personnes ».
Appel à la grossesse
Un exemple frappant en serait le projet ­ « Afterlife » (2001-2007), de James Auger et Jimmy Loizeau, eux aussi passés par le RCA : un cercueil spécial recueille l’énergie produite par les microbes de la décomposition de votre défunt préféré et la stocke dans des batteries amovibles que vous pouvez utiliser ensuite pour… pour...


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                                                Par                                                    Eric Loret













