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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.
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Theresa May annonce qu’elle dirigera désormais les négociations sur le Brexit

Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h40
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi qu’elle prenait désormais la direction des négociations sur la sortie de l’Union européenne, jusqu’ici dévolue au ministre du Brexit, qui l’assistera sur ce dossier.

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                Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit



« Il est essentiel que le gouvernement s’organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne », explique dans une déclaration écrite au Parlement la dirigeante conservatrice, ajoutant : « Je dirigerai (désormais) les négociations avec l’Union européenne ».

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                Mme May déclare préparer « les modalités d’une sortie » de l’UE « sans accord »



Un divorce à 40 milliards d’euros
Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici à la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La capitale grecque est actuellement encerclée par de nombreux incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet, faisant au moins 60 morts et plus de 150 blessés.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.
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Migrants : « La place d’un enfant n’est pas derrière les grillages »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h54
    |

Jean-Marie Dru (Président de l’Unicef France)







                        



                                


                            
Tribune. L’opinion publique s’est à juste titre émue du sort réservé aux enfants migrants aux Etats-Unis. Traitements intolérables, contraires au respect de la dignité ­humaine. Mais l’opinion publique en France devrait tout autant s’élever contre l’enfermement des enfants dans des centres de rétention, qui se pratique dans notre pays.
Beaucoup pensent qu’il est impossible d’échapper à l’alternative : séparer les enfants de leurs parents ou les enfermer avec leurs parents. Comme si le seul moyen d’éviter la solution américaine, comme si la seule façon de garder des enfants auprès de leurs parents, consistait à les enfermer avec eux.
Or le droit français permet d’éviter cela, notamment à travers l’assignation à résidence. Depuis 2016, le pointage auprès des autorités locales est censé être la règle et la rétention l’exception. Nos voisins européens ont su s’adapter : l’Irlande et les pays nordiques ont renoncé à l’enfermement des enfants. La Finlande, le Danemark, le Royaume-Uni, ­l’Irlande, les Pays-Bas et la ­Bulgarie pratiquent déjà le pointage auprès des autorités. En Belgique, un programme pilote appliqué à des familles susceptibles d’être éloignées a montré que très peu d’entre elles se soustrayaient aux mesures d’éloignement.
Traumatisme
En France, en 2017, trois cent cinq enfants ont été placés en centre de rétention, soit sept fois plus qu’en 2013. Au gouvernement qui estime que c’est peu, nous répondons que c’est trop. Certaines préfectures ont recours au placement de familles en rétention, pensant que l’enfermement facilitera les formalités d’expulsion. Si ces enfermements peuvent durer moins de quarante-huit heures, ils se prolongent parfois au-delà d’une semaine. Au gouvernement qui considère que c’est peu, nous répondons que c’est trop.
L’aménagement des centres que promet le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, n’y changera rien : la place d’un enfant n’est pas derrière des grillages. Et pourtant, le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Migrants : Bruxelles avance sur sa proposition de « centres contrôlés » de débarquement

L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour l’instant, le chantage italien fonctionne : dans une communication rendue publique mardi 24 juillet, la Commission européenne propose de coordonner des « centres contrôlés » de débarquement des migrants, sur le sol européen, pour pallier le refus de Rome d’accueillir dans ses ports les bateaux de sauvetage des ONG. La semaine dernière à Bruxelles, le gouvernement italien a posé un ultimatum à ses partenaires européens, leur donnant cinq semaines afin de trouver des solutions de « débarquement » hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
Preuve que la Commission est démunie face au manque de solidarité européenne et à la politique antimigrants d’un gouvernement populiste italien, spécialement de son ministre de l’intérieur, le leader de l’extrême droite, Matteo Salvini : la proposition européenne consiste surtout en de l’argent – 6 000 euros par migrant – dont bénéficieraient les pays de l’UE se portant volontaires pour créer ces centres sur leur territoire. Ces centres permettraient de « débarquer » ou de « transférer » les migrants en vue d’un retour dans leur pays d’origine ou d’une demande d’asile.

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                Migration : après le retrait forcé des navires de sauvetage, les traversées de la Méditerranée plus dangereuses



Ceux-ci pourraient être créés spécifiquement à chaque arrivée de navire, précise la Commission, avec comme « but premier d’améliorer le processus de distinction entre les individus en besoin de protection internationale et les migrants irréguliers qui n’ont pas le droit de rester dans l’Union européenne ». La Commission se propose d’y coordonner l’intervention des gardes-côtes européens et d’experts européens de l’asile. « Tous les coûts seront couverts par le budget de l’Union européenne », est-il précisé. Pour un débarquement d’environ 500 migrants, la Commission estime pouvoir mobiliser jusqu’à 300 spécialistes européens.
Ni « camps » ni centres de « détention »
Bruxelles espère éviter de futurs Aquarius ou Lifeline, du nom de ces bateaux d’ONG refusés en juin par les ports italiens, qui ont erré plusieurs jours en Méditerranée avant d’être recueillis, respectivement par l’Espagne et Malte. Dans ces deux cas, d’autres pays, dont la France, s’étaient portés volontaires, lors du débarquement, pour procéder à l’identification, au « tri » puis à l’accueil des migrants. Mais ces opérations, chaotiques, avaient mis en risque l’équipage des bateaux et donné une image déplorable du manque de solidarité européenne.
Reste un obstacle de taille. Pour l’heure, aucune capitale ne s’est portée volontaire pour accueillir de manière permanente ces centres « contrôlés » recommandés par le Conseil européen du 28 juin, même si la plupart des capitales reconnaissent que l’Italie a été jusqu’à présent livrée à elle-même. La France, qui refuse d’accueillir de tels centres, propose plutôt des centres fermés sur le sol italien, pour éviter les mouvements secondaires de migrants entre différents pays de l’Union.
La Commission a aussi fait des propositions mardi sur les « plates-formes de débarquement », destinées, elles, à accueillir les migrants hors de l’Union, conformément aux conclusions adoptées par les Vingt-Huit lors du conseil du 28 juin. Pour la Commission, il ne doit s’agir ni de « camps » ni de centres de « détention », contrairement à ce qu’ont souhaité plusieurs ministres de l’intérieur de l’UE, notamment l’Autrichien et l’Italien. Ces « plates-formes » pourraient être utilisées pour organiser l’envoi des demandeurs d’asile directement vers l’Union, mais devraient être établies « le plus loin possible des endroits de départs illégaux », précise la Commission, afin d’éviter tout « appel d’air ». Aucun pays n’est toutefois nommé.
629 migrants morts en juin
Il est entendu que ces « plates-formes » devraient être gérées par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et l’Organisme des nations unies chargé des migrations (OIM). Mais là encore, aucun pays du pourtour méditerranéen n’a pour l’heure accepté d’en héberger. Lundi 23 juillet, l’agence Reuters rapportait que la Tunisie refusait de recevoir un bateau d’ONG maltais, avec une quarantaine de migrants africains à bord, bloqué depuis une semaine au large de ses côtes.
Les ambassadeurs de l’Union doivent discuter de ces propositions bruxelloises dès mercredi 25 juillet et une réunion avec le HCR et l’OIM est également programmée le 30 juillet à Genève. Mais les choix politiques sur la localisation de ces centres devraient intervenir plus tard : les capitales ne sont manifestement pas prêtes. Si le nombre de passages en Méditerranée centrale a beaucoup chuté par rapport à 2017, le nombre de morts a été élevé, avec 629 migrants morts en juin en tentant de rejoindre les côtes européennes, selon l’OIM. En cause, selon l’organisation, la réduction de la présence des ONG en mer.
La situation pourrait s’avérer critique si les Européens ne parviennent pas à s’entendre cet été, après l’ultimatum de Rome pour redéfinir le mandat de « Sophia », l’opération militaire européenne de sauvetage en Méditerranée. Elle avait été lancée en juin 2015 à la suite d’une série de naufrages meurtriers en Méditerranée et a permis, à ce jour, de secourir près de 44 000 personnes. Dotée actuellement de six navires de pays de l’UE (Italie, France, Irlande, Espagne, Slovénie et Allemagne), et commandée par l’Italie, cette mission a pour but de lutter contre les passeurs et d’éviter les naufrages en Méditerranée centrale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Mesut Özil, la star du football qui divise l’Allemagne

Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h06
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Après la débâcle sportive, l’onde de choc politique. Près d’un mois après l’élimination de l’Allemagne dès le premier tour de la Coupe du monde, le départ du joueur Mesut Özil de l’équipe nationale suscite une polémique. Les enjeux dépassent le cadre footballistique. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que (…) je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », a indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.
Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions. « Le départ de Mesut Özil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien Tagesspiegel. « Mesut Özil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis X générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Özil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands au premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Özil et Ilkay Gündogan, poser aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.
« Allemand quand nous gagnons, immigré quand nous perdons »
Prises à Londres, ces photos avaient été opportunément diffusées sur les réseaux sociaux par les partisans de M. Erdogan. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, ce dernier – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces images avaient été condamnées par tous les partis politiques, qui ont critiqué cet hommage rendu à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.
Dimanche, Mesut Özil a estimé que ces reproches étaient infondés. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur de 29 ans né à Gelsenkirchen, une ville industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. (…) Pour moi, faire une photo avec le président Erdogan n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste (…) de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres. »
Dans la lettre justifiant son départ, Mesut Özil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la Fédération allemande de football (DFB) et ancien député de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, qui lui a valu de violentes attaques racistes, lui qui avait joué dans l’équipe victorieuse du Mondial 2014, au Brésil.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Özil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste », ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la Coupe du monde. Un argument repris par Uli Hoeness, le président du Bayern Munich.
« Le succès n’existe que dans la diversité »
A l’inverse, plusieurs journaux et responsables politiques ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Özil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a affirmé Cem Özdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en veillant ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer.

   


La réaction prudente de la chancelière n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et où M. Erdogan compte de nombreux partisans. A la présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour lui, soit douze points de plus que son score total.
Deux autres raisons expliquent le ton mesuré de Mme Merkel. La première tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde est liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet à Ankara.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont en effet salué le retrait de Mesut Özil. « Je félicite Mesut Özil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a ainsi commenté le ministre turc de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.
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Guerre commerciale : Trump accueille le « brutal » Juncker

Malgré la rencontre de mercredi à Washington, le président américain devrait imposer de nouveaux droits de douane.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 11h59
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Donald Trump s’apprête à recevoir mercredi 25 juillet un homme qu’il a qualifié de « tueur brutal ». Le reproche fait sourire, s’agissant du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président d’une Commission européenne finissante dans une Europe déglinguée par le Brexit et les populismes. Lors du G7 au Québec, début juin, M. Trump avait pourtant commencé sa diatribe par ce reproche. « Brutal » parce que le président de la Commission dispose des compétences juridiques exclusives en matière commerciale et que c’est vers lui que renvoient Angela Merkel et Emmanuel Macron lorsqu’ils veulent obtenir des concessions dans ce domaine. Le président des Etats-Unis préférerait négocier des accords d’« homme à homme » avec les dirigeants des nations européennes pour mieux les affaiblir, mais les Européens lui opposent la règle et le droit qu’ils se sont imposés. Cette pratique exaspère M. Trump, qui a déclaré début juillet que « l’Union européenne est une ennemie, avec ce qu’ils nous font dans le domaine du commerce », accusant de surcroît ces pays qui sont membres de l’OTAN « de ne pas payer leurs factures ».
C’est donc Jean-Claude Juncker, 63 ans, qui sera reçu à la Maison Blanche mercredi pour tenter d’échapper à une taxation des importations automobiles de 20 à 25 % au nom de la sécurité nationale. Le processus fait l’objet en parallèle de contestations sur le sol américain et d’auditions à Washington. Le secrétaire au commerce Wilbur Ross a démenti que les jeux soient faits. En réalité, chacun estime que M. Trump imposera des droits avant les élections de mi-mandat en novembre. Donald Trump a encore déploré au G7 qu’il y ait tant de Mercedes et si peu de Chevrolet à New York. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, lui avait fait remarquer que ce choix était peut-être celui des consommateurs.
Une crispation accentuée par l’amende infligée à Google
Il n’empêche, M. Trump estime avoir un dossier solide :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les incendies qui ravagent depuis lundi les alentours de la capitale grecque ont fait au moins 50 morts et plus de 150 blessés, selon les autorités.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ En quittant l’équipe nationale de football, le joueur d’origine turque a déclenché une vive polémique en Allemagne, alimentée par certains ministres du président Erdogan.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Allemagne : Mesut Ozil, footballeur loyal ou ambassadeur instrumentalisé ?

En quittant l’équipe nationale de football, le joueur d’origine turque a déclenché une vive polémique en Allemagne, alimentée par certains ministres du président Erdogan.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 20h02
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 06h39
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


En Allemagne, la polémique prend de l’ampleur au lendemain de l’annonce par le footballeur Mesut Ozil de son départ de l’équipe nationale. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », avait indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.

        Comprendre pourquoi
         

          le footballeur Mesut Ozil quitte la sélection, invoquant le « racisme »



Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions, dont les enjeux dépassent largement le cadre footballistique. « Le départ de Mesut Ozil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien berlinois Tagesspiegel, qui, comme l’ensemble des médias allemands, consacrait ses gros titres à la décision du joueur. « Mesut Ozil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis x générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Ozil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands dès le premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
« Respect aux racines de mes ancêtres »
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Ozil et Ilkay Gündogan, posant aux côtés du président turc Recep Tayipp Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.

        Le rappel des faits :
         

          Deux footballeurs allemands font scandale en faisant d’Erdogan « leur » président



Prises dans un hôtel de Londres, ces photos avaient été rapidement diffusées sur les réseaux sociaux par le Parti de la justice et du développement (AKP), le mouvement islamo-conservateur du président turc. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, M. Erdogan – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces photos avaient été condamnées par l’ensemble des partis politiques, qui avaient jugé au mieux maladroit et au pire scandaleux l’hommage rendu par des joueurs de l’équipe nationale à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.

        Le récit de l’issue de l’élection présidentielle turque :
         

          Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



Dimanche, Mesut Ozil est revenu sur les critiques suscitées par ces photos, estimant que celles-ci étaient parfaitement injustifiées. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur d’Arsenal, né en 1988 à Gelsenkirchen, une ville du bassin industriel de la Ruhr, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque d’Allemagne. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. Durant mon enfance, ma mère m’a dit de ne jamais oublier d’où je venais. J’ai rencontré le président Erdogan à Londres, lors d’un gala de charité. Pour moi, faire une photo avec [lui] n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste de respecter le plus haut dignitaire de mon pays […], de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres, qui auraient été fiers de ce que je suis devenu aujourd’hui. »
« Il a joué comme une merde »
Dans la lettre de trois pages accompagnant l’annonce de son départ, Mesut Ozil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la fédération allemande de football (DFB) et ancien député conservateur (CDU) de 2002 à 2016. « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, à l’occasion de laquelle le joueur avait été visé par de nombreuses attaques à caractère raciste, lui qui faisait déjà partie de l’équipe nationale vainqueure de la Coupe du monde en 2014.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses en Allemagne. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Ozil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est doublement indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste » en Turquie, ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la dernière Coupe du monde.
Contre Mesut Ozil, la charge la plus virulente est toutefois venue de Uli Hoeness, le président du Bayern Munich. « Pour moi, Ozil a eu un alibi pendant des années, il n’a pas du tout aidé l’équipe d’Allemagne […]. Quand est-ce qu’il a passé un adversaire pour la dernière fois ? Personne ne l’a questionné athlétiquement. Maintenant il peut se cacher derrière l’histoire d’Erdogan. Il a joué comme une merde pendant des années, et maintenant c’est la faute de Reinhard Grindel ou d’Oliver Bierhoff [le manager général de l’équipe d’Allemagne]. »
« Une décision qui doit être respectée »
D’un autre côté, plusieurs journaux et responsables politiques, tout en prenant leurs distances avec la décision surprise de Mesut Ozil, ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Ozil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a ainsi estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a réagi de son côté Cem Ozdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en prenant garde de ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Ozil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a ainsi déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer, lundi à midi.
« Le plus beau but contre le virus du fascisme »
La réaction prudente de la chancelière allemande n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et dans laquelle M. Erdogan compte de nombreux partisans. A l’élection présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour le candidat de l’AKP, soit douze points de plus que son score total.
Plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont salué le retrait de Mesut Ozil
Deux autres raisons expliquent également le ton mesuré de Mme Merkel. La première est purement politique, et tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son propre camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde raison est diplomatique, liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet de la part des autorités turques.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan, qui ne manque pas une occasion de dénoncer la situation des Turcs installés en Allemagne, ont en effet salué le retrait de Mesut Ozil « Nous soutenons pleinement la décision honorable de notre frère Mesut Ozil », a ainsi réagi le ministre turc des sports, Mehmet Kasapoglu. « Je félicite Mesut Ozil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a quant à lui commenté son collègue chargé de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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A Monaco, l’extension de la démesure

Bouygues TP transfère vers la principauté le premier des dix-huit caissons fabriqués à Marseille. Mis bout à bout, ceux-ci délimiteront un nouveau quartier de six hectares gagné sur la mer.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h00
    |

            Philippe Jacqué (Monaco, Marseille, envoyé spécial)








                        



                                


                            
C’est un spectacle rare. Depuis le 20 juillet, les plaisanciers installés sur la Côte d’Azur, entre Marseille et Monaco, peuvent apercevoir au loin un énorme iceberg de béton gris et blanc, tracté par un remorqueur avançant à trois nœuds à l’heure (5,6 km/h). C’est le premier des dix-huit caissons qui seront installés, d’ici à 2020, à Monaco afin de créer un nouveau quartier de six hectares équivalant à 3 % des 2 kilomètres carrés de la petite principauté. Le tout gagné sur la mer.
Les appartements du futur quartier seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré
Ce programme titanesque de près de deux milliards d’euros, lancé en 2015, doit être totalement livré à l’horizon 2025. Les premiers privilégiés pourront s’y installer pour profiter d’une piscine, d’un nouveau port de plaisance, de jardins et de la vue imprenable sur la grande bleue. A condition d’y mettre le prix. Les appartements seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré.
Pour construire les futures tours et villas signées Valode et Pistre et Renzo Piano surplombant les eaux turquoise de la Méditerranée, S.A.M. l’Anse du Portier, le promoteur du nouveau quartier, doit installer d’importantes fondations entre deux réserves aquatiques naturelles. Une gageure pour Bouygues Travaux Publics, responsable de l’infrastructure en vertu d’un contrat de 842 millions d’euros.

A Monaco, au large du Grimaldi Forum, plusieurs navires de travaux s’activent sur les eaux méditerranéennes agitées par la houle. N’étaient les murs acoustiques de 5 mètres de haut le long du rivage, le chantier serait invisible. L’essentiel des travaux se passe sous la surface. « Depuis 2015, nous avons réalisé un grand nombre de travaux préparatoires sous l’eau. C’est nécessaire, avant d’installer la ceinture de caissons qui délimitera le nouveau quartier, et avant d’apporter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les associations représentant les centaines de milliers de travailleurs ukrainiens dénoncent la baisse des subventions publiques.
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Les Ukrainiens de moins en moins bien acceptés en Pologne

Les associations représentant les centaines de milliers de travailleurs ukrainiens dénoncent la baisse des subventions publiques.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 12h44
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Myroslava Keryk, 44 ans, est une femme de nature modeste mais hyperactive, qui angoisse à l’idée de se reposer ou de ne rien faire. Le bureau de la Maison ukrainienne de Varsovie qu’elle dirige, siège de la Fondation Nasz Wybor (« notre choix »), témoigne de ce dynamisme : un immense désordre, où s’entreposent, entre les piles de paperasses, des dizaines de cartons de dons. Un mur entier d’épais dossiers d’appels à financement de projets rappelle que derrière ce chaos apparent se cache un esprit d’initiative efficace.
La Maison ukrainienne de Varsovie aide les immigrés venus de l’Ukraine voisine à s’intégrer dans leur nouvelle vie en Pologne. Dans ses locaux de 200 m2, elle couvre un très large spectre d’activités, des rencontres culturelles aux conseils juridiques, de clubs de garde pour enfants aux cours de langues et formations diverses. « Nous nous sentons très utiles, surtout depuis le grand boom migratoire d’après 2014, à partir de la révolution de Maïdan, souligne Myroslava Keryk. C’est un moment où la Pologne est apparue comme un pays soutien et ami aux yeux des Ukrainiens, et où la situation économique en Ukraine s’est considérablement dégradée. »
Mais les temps ont changé. Bien que les besoins de la communauté ukrainienne en Pologne ne cessent de croître, la Maison ukrainienne est menacée par la politique du gouvernement ultraconservateur du PiS (Droit et justice). « Le ministère de l’intérieur a liquidé les concours de financement de projets liés à l’intégration des minorités, et le gouvernement a refusé l’argent européen prévu à cet effet, dont nous étions très dépendants, confie Myroslava Keryk, amère. C’est un dommage collatéral de la crise migratoire au Sud. » Désormais, la Maison ukrainienne lutte pour sa survie.
Pénurie de main-d’œuvre
En Pologne, depuis trois ans, l’explosion du nombre d’Ukrainiens est une réalité évidente pour qui tend l’oreille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.
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Mike Manley prend la tête de Fiat-Chrysler, John Elkann devient président de Ferrari

Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 10h55
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


La rumeur s’est répandue à une vitesse folle sur les réseaux sociaux, où se sont multipliés, toute la journée de samedi, les « Forza Sergio ! » sibyllins : l’administrateur délégué du groupe Fiat et président de Ferrari, Sergio Marchionne, est au plus mal. Hospitalisé depuis la fin du mois de juin à Zurich (Suisse) pour une simple opération au dos, l’homme d’affaires semble avoir été victime de complications post-opératoires, son état s’étant aggravé très rapidement ces derniers jours.
En début de soirée tombait un premier communiqué laconique du groupe Fiat annonçant qu’il « [serait] dans l’incapacité de reprendre ses activités professionnelles ». Depuis, plusieurs sources hospitalières décrivent son état de santé comme « irréversible », sans plus de précisions. Sa famille, présente sur les lieux, n’a pas communiqué d’autres informations.
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Le Monde
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Cette situation force le clan Agnelli, actionnaire historique du groupe, à accélérer un processus de succession engagé depuis plusieurs mois. Agé de 66 ans, Sergio Marchionne devait passer la main courant 2019, après quinze années à la tête du groupe le plus emblématique du capitalisme italien.
Mike Manley, jusqu’ici à la tête de la marque Jeep, dont il a fait la branche la plus florissante de l’empire industriel, prendra le volant de Fiat-Chrysler, tandis que la présidence de Ferrari reviendra à un représentant de la famille Agnelli, John Elkann, héritier du patron charismatique du groupe, Gianni Agnelli. Il sera appuyé par l’actuel dirigeant de Philip Morris, Louis Camilleri, qui doit prendre dans les prochains jours les fonctions d’administrateur délégué.

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                Mike Manley, le très discret « M. Jeep »



L’œuvre de M. Marchionne, homme d’affaires italo-canadien considéré comme le principal artisan du spectaculaire redressement du fleuron de l’industrie transalpine, dont il avait pris les rênes en 2004, a été saluée par de nombreux dirigeants politiques, de gauche comme de droite. L’ancien président du Conseil italien Matteo Renzi a évoqué un « géant », qui « a changé l’histoire industrielle du pays », tandis que son prédécesseur, Silvio Berlusconi, l’a élevé au rang de « numéro un des manageurs italiens », et même de « symbole du génie italien ».
Aux antipodes du protectionnisme
Du côté de l’actuel gouvernement, les éloges sont nettement plus mesurés. Par le passé, le vice-président du Conseil et ministre du développement économique, Luigi Di Maio, qui a grandi dans la petite ville de Pomigliano d’Arco, près de Naples, siège du plus important site de Fiat dans le sud du pays, n’avait pas ménagé ses critiques envers le groupe industriel.
Il l’accusait d’avoir délocalisé à outrance sa production malgré des milliards d’euros d’aides publiques. Il a attendu plus de vingt-quatre heures avant de faire part de sa « peine », ajoutant qu’« en des moments si difficiles, l’heure [était] au respect ». L’autre homme fort du cabinet, Matteo Salvini (Ligue), qui avait également critiqué les choix industriels du groupe, s’est montré tout aussi sobre, se bornant à témoigner sa « reconnaissance et son respect ».

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                Fiat : Sergio Marchionne, un financier devenu patron global



Pressé depuis des années de s’engager en politique, Sergio Marchionne incarne des options aux antipodes du protectionnisme prôné par le gouvernement de Giuseppe Conte. En effet, le redressement du groupe, qui était au bord de la faillite lors de son arrivée aux affaires, s’est fait au prix d’une profonde modification de ses structures, affaiblissant le caractère national d’une entreprise au poids symbolique inégalé dans le monde industriel italien.
Etroitement lié au jeune dirigeant de la famille Agnelli, John Elkann, qui l’a plus d’une fois qualifié de « mentor » et s’est épanché, dans une lettre aux employés du groupe, sur sa « douleur » face à un drame « injuste », Sergio Marchionne cède la main à une équipe de hiérarques dont pas un n’est italien : le nouveau dirigeant de Fiat-Chrysler, Mike Manley, est britannique, tandis que le nouvel administrateur délégué de Ferrari, Louis Camilleri, est originaire de Malte. De ce symbole-là aussi, les Italiens s’apprêtent à faire le deuil.

Le riche empire du clan Agnelli
A travers la holding patrimoniale Exor, la famille Agnelli contrôle trois entreprises dirigées, jusqu’au samedi 21 juillet, par Sergio Marchionne. Elle détient 29,18 % du groupe Fiat-Chrysler (110 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 pour 3,5 milliards de bénéfices), 22,91 % de Ferrari (3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 537 millions de bénéfices) et 29 % de CNH Industrial (camions, utilitaires, véhicules agricoles), qui a réalisé 26,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 234 millions de bénéfices l’an dernier. La famille Agnelli possède d’autres participations, notamment dans la presse (43 % de The Economist), ainsi que 63 % du capital du club de football le plus titré d’Italie, la Juventus de Turin.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, le joueur d’origine turque a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».
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Allemagne : le footballeur Mesut Ozil quitte la sélection, invoquant le « racisme »

Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, le joueur d’origine turque a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 22h32
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 07h49
   





                        



   


Mesut Özil a annoncé dimanche 22 juillet qu’il quittait la sélection d’Allemagne en mettant en avant le « racisme » dans les critiques dont il est victime après l’élimination de la Mannschaft dès le premier tour du Mondial 2018 de football.
« C’est avec un cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », écrit le joueur d’origine turque sur son compte Twitter.

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Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, il a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».
« Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu’un seul pays. J’ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J’ai deux cœurs, un allemand et un turc », a détaillé dimanche après-midi le milieu de terrain d’Arsenal sur Twitter.

   


Absence de soutien
Mesur Ozil sort de son silence après avoir été au centre de la polémique, à la suite de la publication d’un cliché sur lequel lui et son compatriote Ilkay Gündogan posent aux côtés du chef de l’Etat turc, alors en pleine campagne électorale pour sa réélection, finalement obtenue.
Cela avait valu aux deux joueurs de lourdes critiques, surtout après l’élimination précoce des champions du monde 2014 dès la phase de groupes en Russie. Certains observateurs les ont accusés de manquer de loyauté envers l’Allemagne, le manager de la Mannschaft Oliver Bierhoff allant même jusqu’à affirmer qu’« il aurait fallu envisager de se passer d’Ozil » pour le Mondial.
Pour Ozil, c’est surtout l’absence de soutien de la Fédération allemande (DFB) qui l’a poussé à s’en aller :
« Lors de ces deux derniers mois, ce qui m’a le plus peiné est le mauvais traitement que m’a infligé la DFB et son président Richard Grindel. »
« Alors que j’ai essayé d’expliquer à Grindel mon héritage, mes ancêtres et, par conséquent, lui faire comprendre les raisons qui m’avaient amené à prendre cette photo, il était plus intéressé par le fait de parler de ses propres positions politiques et de rabaisser mon opinion », a encore écrit Ozil, qui a inscrit 23 buts en 92 sélections.
« Je ne servirai plus de bouc émissaire [à Grindel] pour son incompétence et son incapacité à faire correctement son travail », a conclu le joueur de 29 ans, sacré champion du monde avec l’Allemagne en 2014 après la troisième place en 2010.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Après l’annonce de son retrait des commandes de Fiat Chrysler et de Ferrari, le patron emblématique du groupe fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le PDG britannique de Jeep, Mike Manley, a été nommé à la tête du groupe à la suite de la brusque aggravation de l’état de santé de Sergio Marchionne.
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« Fin d’une époque » en Italie avec le départ du patron de Fiat

Le PDG britannique de Jeep, Mike Manley, a été nommé à la tête du groupe à la suite de la brusque aggravation de l’état de santé de Sergio Marchionne.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 06h36
   





                        


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Le Monde
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Il fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end. Gravement malade, le ténor de l’industrie automobile italienne, Sergio Marchionne, a cédé sa place aux commandes de Fiat Chrysler (FCA) et Ferrari. La presse et une partie de la classe politique transalpine saluaient dimanche « la fin d’une époque » avec le départ de ce patron emblématique de Fiat pendant quatorze ans mais désormais « en fin de vie », selon plusieurs medias.
« Marchionne, la fin d’une époque », titrait ainsi le Corriere della Serra, au lendemain des conseils d’administration réunis en urgence samedi après-midi 21 juillet et qui ont désigné ses successeurs à la tête de Fiat Chrysler (FCA), Ferrari et CNH Industrial, les trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.
Le « Bulldozer »
C’est la fin de l’ère du « Bulldozer » ou de « Super Marchionne », deux surnoms attribués au manager désigné au début des années 2000 par la famille Agnelli pour redresser la firme turinoise. Dans un communiqué, FCA annonce « avec un profond chagrin que durant la semaine, M. Marchionne a souffert de complications inattendues alors qu’il se remettait après une opération, qui ont sérieusement empiré ces dernières heures. Par conséquent, M. Marchionne ne pourra pas reprendre le travail. »
Les administrateurs des trois groupes ont respectivement désigné les patrons de Jeep, Mike Manley, et de Philip Morris, Louis Carey Camilleri, pour lui succéder. M. Marchionne était également président de CNH Industrial et sera remplacé par la Britannique Suzanne Wood.
Hospitalisé à Zurich (Suisse) depuis une opération fin juin à une épaule, M. Marchionne, 66 ans, a souffert de complications en série jusqu’à une nouvelle « détérioration » vendredi, « cette fois-ci sans retour. Le patient ne réagit plus », selon La Repubblica. Sa dernière apparition publique remonte au 27 juin, lorsque ce fils d’un gendarme des Abruzzes a remis une Jeep aux carabiniers de Rome.
« Marchionne a été un grand protagoniste de la vie économique des quinze dernières années (...) Il a réussi à donner un avenir à Fiat quand cela semblait impossible. Il a créé des emplois, pas des chômeurs. Chapeau », a salué l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (centre gauche). Un temps proche de ce dernier, M. Marchionne avait ensuite pris ses distances, mais pas au point de mener la coalition de droite aux législatives de mars comme avait essayé de le convaincre Silvio Berlusconi.
L’actuel gouvernement populiste est resté plus discret, même si le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite, lui a adressé sa « reconnaissance et son respect, ainsi que ses meilleurs vœux ».
Un groupe profondément remodelé
Le manager italo-canadien aux éternels pulls ou polos noirs, qui avait pris les commandes de Fiat en 2004, prévoyait de passer les rênes de FCA dans le courant de l’année 2019. Il a profondément remodelé le groupe, d’abord en redressant Fiat, en l’alliant en 2009 à l’américain Chrysler, tout en détachant, d’une part, les activités gros engins/camions en 2011 pour créer CNH Industrial, et, d’autre part, le joyau Ferrari en janvier 2016.
John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli et PDG d’Exor, la holding familiale qui détient près de 30 % de Fiat, 27 % de CNH Industrial et 23 % de Ferrari, s’est dit « profondément triste » dans un communiqué.

   


C’est Mike Manley, discret Britannique de 54 ans, PDG de Jeep et de Ram (pick-up et vans), qui sera chargé de prendre le relais. Il est arrivé à la tête de Jeep en 2009, en pleine tempête dans le secteur automobile américain. Sous sa direction, le constructeur est passé de 337 000 véhicules vendus en 2008 à près de 1,4 million en 2017, et il compte en écouler 1,9 million cette année.

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Les fonctions de M. Marchionne chez Ferrari vont désormais être dédoublées : John Elkann devient président, tandis que Louis Camilleri est nommé administrateur délégué. Né en 1955 dans une famille maltaise à Alexandrie (Egypte), M. Camilleri est entré en 1978 chez Philip Morris, et il est depuis 2002 le PDG de ce groupe très lié à Ferrari via le sponsoring de la Scuderia.



                            


                        

                        


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Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit

Pour le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, il ne peut y avoir de paiement de la facture de divorce sans signature d’un accord commercial avec Bruxelles.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 06h11
   





                        



   


Le Royaume-Uni ne paiera la facture du divorce avec l’Union européenne qu’à la condition qu’un accord commercial soit trouvé, a déclaré le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, dans une interview parue dimanche dans le Sunday Telegraph.
L’eurosceptique Dominic Raab, qui a remplacé le 9 juillet David Davis, en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May, a affirmé qu’une « certaine conditionnalité entre les deux » était nécessaire.

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Il a précisé que le mécanisme de l’article 50 (du traité de Lisbonne, sur le processus de sortie), utilisé pour déclencher la procédure de sortie du Royaume-Uni, prévoit de nouveaux détails concernant l’accord :
« L’article 50 exige (...) qu’il y ait un futur accord-cadre pour la relation que nous aurons (avec l’UE) à l’avenir, donc les deux sont liés. Vous ne pouvez pas avoir d’un côté une partie remplissant toutes les conditions et de l’autre une partie qui ne les remplit pas, ou qui va doucement, ou qui ne s’engage pas. Donc je pense que nous devons nous assurer d’une certaine conditionnalité entre les deux. »
Jusqu’à présent, le gouvernement britannique a envoyé des messages contradictoires concernant le règlement financier du Brexit dans le cadre d’un accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’UE à compter de fin mars 2019.
Un divorce à 40 milliards d’euros
La Première ministre britannique, Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des Finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « pas un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.

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Dominic Raab a rencontré pour la première fois vendredi Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE. Les Européens s’inquiètent de l’enlisement des discussions et des remises en cause constantes en interne de la stratégie de Theresa May.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
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En Espagne, le Parti populaire marque un virage à droite avec l’élection de Pablo Casado

Le PP a désigné samedi son nouveau dirigeant, qui aura pour mission de relancer la formation conservatrice, marqué par la chute du gouvernement Rajoy.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 11h26
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        


A 37 ans et aucune expérience ministérielle, Pablo Casado a pris la succession de Mariano Rajoy à la tête du Parti populaire (PP), lors du congrès national organisé à Madrid.
Samedi 21 juillet, ce jeune député a obtenu la confiance des trois mille grands électeurs de la droite espagnole. Son objectif affiché est de récupérer les trois millions de votes perdus depuis 2011, en vue des élections locales du printemps 2019 et des législatives de 2020, en allant pêcher des voies à droite.
« Le Parti populaire est de retour », a lancé M. Casado sur l’estrade après l’annonce des résultats. Sa promesse de brandir de nouveau les grands combats idéologiques du PP, souvent mis de côté par le gouvernement de M. Rajoy, a séduit la majorité des élus conservateurs. Avec 57 % des voix, il a infligé un camouflet à l’ancienne vice-présidente et ex-porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, avocate d’Etat de 47 ans au profil plus technocrate, et par la même occasion à M. Rajoy, dont elle était la fidèle numéro deux.

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                La droite espagnole choisit le successeur de Mariano Rajoy



Depuis 2015, M. Casado occupait l’un des postes de porte-parole du PP. Lorsqu’il l’avait désigné pour mener la communication du parti, avec une poignée d’autres jeunes cadres, M. Rajoy avait signifié son désir de rajeunir et de régénérer le PP, frappé par de multiples affaires de corruption. Il ne pouvait alors imaginer que M. Casado prendrait sa place si vite, à la faveur de la motion de défiance votée le 1er juin contre lui, qui a porté au pouvoir le socialiste Pedro Sanchez et l’a obligé à prendre sa retraite anticipée de la politique.
Jusque-là, M. Casado avait été député régional (2007-2009) et national (depuis 2011), président des jeunesses du PP (2005-2013) et chef de cabinet de José Maria Aznar à la Fondation pour l’analyse et les études sociales (FAES) entre 2009 et 2011, le grand think tank de la droite espagnole. Un CV par ailleurs polémique : une enquête judiciaire est en cours sur l’obtention de son master, dont dix-huit matières sur vingt-deux lui avaient été validées d’office parce qu’il était déjà licencié en droit ; lui, assure qu’elle sera classée, faute d’infraction de sa part.
Discours d’unité
Se définissant comme « libéral, conservateur et de centre droit », M. Casado a centré une bonne partie de son premier discours en tant que président du PP sur la défense de l’unité de l’Espagne :
« Il est dans l’ADN du PP de ne pas négocier avec les indépendantistes. »
Il a promis de « renforcer la Constitution au lieu de proposer de la dépecer » et de « renforcer le code pénal pour éviter tout défi sécessionniste ». Il a également annoncé qu’il défendrait une réforme pour introduire un système d’élection à deux tours pour les municipales et les régionales avec une prime de cinquante députés au parti vainqueur aux législatives, « afin de ne plus dépendre des partis nationalistes ni de n’importe quel autre qui sape nos intérêts électoraux ».
Sur le plan économique, il a promis de supprimer les « impôts injustes, sur le patrimoine, les successions et les donations » et de « baisser les impôts sur le revenu et les sociétés ». Il s’est posé en défenseur « de la famille et de la natalité » et s’est opposé au projet de la loi d’euthanasie sur laquelle travaillent les socialistes. Enfin il a critiqué la décision du gouvernement de « manier un agenda de rupture en utilisant le passé », en référence à la décision de l’exécutif socialiste d’exhumer les restes du dictateur Francisco Franco de la basilique mausolée du Valle de los caídos.

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                Madrid décidé à retirer le dictateur Franco de son mausolée



Valeurs traditionnelles
Dans les couloirs de l’hôtel Auditorium, situé près de la zone aéroportuaire de Madrid, où se tenait le congrès, le pragmatisme des soutiens de Soraya Saenz de Santamaria faisait pale figure face à l’enthousiasme débordant de ceux de son rival. « Pablo Casado a plus de connexion avec la rue et plus de dynamisme pour défendre les valeurs traditionnelles de la droite avec moins de complexes », affirmait au Monde le commissaire européen à l’énergie, Miguel Angel Arias Cañete.
« Il est temps de récupérer les valeurs du PP, l’unité de l’Espagne, la défense de la famille et le droit à la vie. Si nous laissons un vide idéologique, d’autres le saisiront. Nos électeurs se reconnaissent davantage à présent dans [le parti libéral et unioniste] Ciudadanos », estimait Inmaculada Hernandez, grande électrice du PP venue de Grenade.
Face à ceux qui craignent un virage radical à droite, alors que le PP s’est imposé comme le grand parti rassemblant tous les courants de la droite, l’ancien ministre des affaires étrangères José Manuel Garcia Margallo assure que M. Casado « augmentera la base sociale vers le centre pour gagner » car il sait « écouter et s’entourer ». Selon lui, la victoire de Soraya Saenz de Santamaria aurait pu provoquer la rupture du PP.
La revanche de José Maria Aznar
La campagne a en effet mis en lumière les différentes sensibilités qui cohabitent au sein du PP, un parti peu habitué aux processus de démocratie interne et qui a toujours su masquer les divergences en son sein. C’est la première fois que le PP élisait son président grâce à un système à deux tours, dont le premier était ouvert aux militants. Jusqu’à présent, le président du parti désignait son successeur qui était ensuite ratifié par les grands électeurs.

   


C’est ainsi que José Maria Aznar avait choisi Mariano Rajoy en 2003 avant de montrer publiquement son désaccord avec sa ligne, au point d’abandonner la présidence d’honneur du PP. La victoire de M. Casado a été lue comme une revanche de M. Aznar.
En 2015, ce dernier avait en effet défendu la rénovation comme « un mélange intelligent de continuité, de persévérance et de stabilité » et vanté les leaders qui « ne tremblent ni des jambes ni des mains pour prendre des décisions » avant de conclure : « si un jour quelqu’un doit me succéder, que ce soit Casado, qui est un type formidable. » 

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                Mariano Rajoy sur la voie de la rédemption en Espagne



Critique envers Rajoy
Ces derniers jours, M. Casado, n’a pas hésité à critiquer ouvertement la politique du gouvernement de M. Rajoy. Il a reproché « l’opération dialogue » de Soraya Saenz de Santamaria qui avait tenté en 2016 de désamorcer la confrontation avec le gouvernement catalan en offrant des investissements, critiqué les hausses d’impôts durant la crise et la « non-abrogation » de la loi sur l’avortement ou estimé que le parti avait délaissé les victimes du terrorisme d’ETA. L’équipe de Mme Saenz de Santamaria a répliqué en laissant entendre que M. Casado était soutenu par l’extrême droite.
De fait, samedi matin, deux fourgonnettes équipées avec un écran géant intégré, stationnées devant l’entrée réservée aux délégués du PP affichaient en grand une photo de l’ancien président socialiste José Luis Rodriguez Zapatero et la phrase « Je soutiens Soraya », pour mieux discréditer sa candidature. Elles avaient été affrétées par l’association anti-avortement Hazte Oïr, qui a manifesté publiquement son soutien à Pablo Casado. Le président du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, a pour sa part réagi à la victoire de M. Casado en assurant que « s’il est capable de respecter son discours, nous aurons quelques points en commun ».
Le PP est actuellement la première force politique au Parlement espagnol mais les derniers sondages le situent en forte baisse, en troisième position, derrière Ciudadanos et le Parti socialiste.

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Dernier acte de la prise en main du pouvoir judiciaire en Pologne

Une loi a été votée pour accélérer les nominations à la Cour suprême. Pour Varsovie, l’objectif est de prendre la Commission européenne de court.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h28
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Dans l’enceinte du Parlement polonais, vendredi 20 juillet, s’est joué le dernier acte d’une longue saga entamée trois ans plus tôt et qui, du point de vue d’une quasi-unanimité de juristes, portera le coup de grâce à l’indépendance du système judiciaire.
En cette dernière session parlementaire avant la pause estivale, le Parlement avait pris vendredi des allures de forteresse retranchée. Un impressionnant dispositif policier encadrait le bâtiment : une cinquantaine de fourgonnettes de police, environ 200 hommes mobilisés. Devant l’entrée, un long cordon de barrières antiémeute fait, depuis deux ans, partie du paysage, symbole d’une démocratie malade, où les coups de boutoir de la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice) contre l’Etat de droit font souvent l’objet de réactions tendues des manifestants.
Après une journée de manifestation dans le calme, les tensions étaient à leur comble dans la soirée, quand une foule de plusieurs centaines de personnes a tenté de forcer les barrières, repoussée de manière musclée par trois rangées de policiers.
A l’intérieur du Parlement, la majorité ultraconservatrice a fini par voter, à l’issue d’une semaine chaotique, un paquet de lois dont l’objectif est d’accélérer les nominations – désormais politisées – à la Cour suprême, après avoir mis à la retraite d’office 30 % de ses membres. La première présidente de la Cour, Malgorzata Gersdorf, est également visée par ces textes, alors qu’elle n’a pas l’intention de renoncer à son mandat, garanti par la Constitution. L’objectif est aussi de prendre la Commission européenne de court, et de procéder à ces nominations avant que l’exécutif européen n’ait le temps de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne. Mais la coalition citoyenne « Europe, ne lâche rien ! », qui appelle à une action rapide de Bruxelles, ne désespère pas.
Trente secondes par député
Une semaine après la célébration, très solennelle, du 550e anniversaire du parlementarisme polonais, l’opposition, qui n’a pas participé au vote, dénonce une atteinte grave aux principes de base de la vie parlementaire. La veille, les députés de la majorité n’avaient pas pris la peine d’assister au débat sur leurs propres projets de loi, se contentant de procéder au vote. C’est dire si celui-ci ne constituait qu’une formalité. En commission parlementaire, le droit de parole fut restreint à 30 secondes par députés. Du jamais-vu.
« Comme tous les projets de loi de nature organique forcés depuis trois ans, ce paquet de lois a été présenté comme un projet parlementaire, et non gouvernemental, qui ne nécessite pas de consultations, s’indigne Iwona Wyszogrodzka, du mouvement Obywatele RP (Citoyens de la République). C’est scandaleux que des lois qui modifient l’équilibre institutionnel soient forcées en l’espace de deux jours, sans aucun débat. » Quand, après le vote de la loi – qui doit encore être adoptée par le Sénat –, le médiateur de la République, Adam Bodnar, garant des droits civiques, a pris la parole, tous les députés de la majorité ont quitté l’hémicycle.
Le parti de Jaroslaw Kaczynski – véritable homme fort du pays – a aussi profité de cette journée pour voter un changement de scrutin pour les élections européennes. Les nouvelles règles remettent en cause la nature jusque-là proportionnelle de ce scrutin, et favoriseront les grands partis au détriment des petites formations. Cette bipolarisation du scrutin fait largement le jeu du parti au pouvoir, dans la mesure où elle dissuadera toute liste dissidente à droite.

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Le président Andrzej Duda, de son côté, a annoncé dans la journée vouloir concrétiser, les 10 et 11 novembre, son idée d’un référendum constitutionnel consultatif. « Je pense que nous devrions entamer un débat pour une nouvelle Constitution. Et ce débat doit se faire avec le plus grand engagement possible de la société et des citoyens, qui indiqueront les directions à suivre, a-t-il affirmé. C’est un changement de paradigme, car l’actuelle Constitution a été écrite uniquement par les élites juridiques. » 

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Le président a ainsi présenté une série de 10 questions, portant aussi bien sur l’équilibre entre les différents pouvoirs que sur l’inscription des « racines chrétiennes » du pays dans la Constitution, ou encore sur la « normalisation constitutionnelle de l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne et à l’OTAN, dans le respect des principes de la souveraineté de l’Etat et de la primauté de la Constitution polonaise. » Mais dans les rangs de la majorité, l’initiative présidentielle est loin de faire l’unanimité, et Jaroslaw Kaczynski a fait savoir qu’aucune décision n’était encore prise à ce sujet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le chef du Kremlin avait soumis cette proposition en tête à tête avec Donald Trump lors du sommet d’Helsinki pour « résoudre » le conflit dans l’est de l’Ukraine.
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Washington rejette l’idée de Vladimir Poutine d’organiser un référendum dans le Donbass

Le chef du Kremlin avait soumis cette proposition en tête à tête avec Donald Trump lors du sommet d’Helsinki pour « résoudre » le conflit dans l’est de l’Ukraine.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h25
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            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Recevant les ambassadeurs russes réunis à Moscou, jeudi 19 juillet, Vladimir Poutine avait souhaité conclure son discours de politique étrangère par une « note personnelle » sur sa rencontre en tête à tête avec Donald Trump, trois jours plus tôt, à Helsinki, jugée « globalement positive ». « Nous devons attendre et voir, bien sûr, la tournure des événements, d’autant que certaines forces en Amérique tentent de minimiser et de désavouer les résultats du sommet », avait-il déclaré, en insistant sur ces « forces disposées à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions ». Nulle part dans le compte rendu du Kremlin, le détail sur ces « résultats » ne figurait.
Il reste beaucoup d’inconnues sur la teneur des discussions entre les deux dirigeants, sans autres témoins que leurs interprètes. Mais à huis clos devant ses diplomates, M. Poutine a donné des indications sur la manière dont il envisage, notamment, de régler le conflit avec l’Ukraine, où les combats entre forces loyales à Kiev et séparatistes prorusses ont fait plus de 10 000 morts. Le chef du Kremlin aurait ainsi proposé au président américain l’organisation d’un référendum dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, dominée par les séparatistes, et accepté, en accord avec ce dernier, de ne rien dévoiler sur l’instant de ce plan.
« Aucun accord secret »
Révélée par l’agence Bloomberg, sur la base du témoignage de deux participants anonymes, cette information n’a pas été démentie par Moscou. « Des propositions concrètes » pour résoudre ce conflit ont été « discutées », a esquivé vendredi l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov. « Certaines ont été annoncées par Vladimir Vladimirovitch [Poutine] lors de la conférence de presse commune, il n’y a eu aucun accord secret », a-t-il ajouté.
Quelques heures plus tard, Washington a rejeté l’idée. « L’administration n’envisage...




                        

                        


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Le duopole Airbus-Boeing renforce son hégémonie

Au Salon de l’aéronautique de Farnborough, les avionneurs européen et américain ont engrangé plus de 160 milliards de dollars de nouvelles commandes.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h50
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            Guy Dutheil (Farnborough (Angleterre), envoyé spécial)








                        



   


D’année en année, le secteur de l’aéronautique fait figure d’exception : les arbres y montent jusqu’au ciel. Le Salon de Farnborough, près de Londres, dont les journées réservées aux professionnels ont fermé leurs portes jeudi 19 juillet, vient d’en apporter de nouveau la preuve. A eux seuls, Airbus et Boeing ont amassé un butin de plus de 160 milliards de dollars (environ 138 milliards d’euros) de nouvelles commandes.
Au petit jeu de celui qui détiendra le plus gros carnet de commandes, Boeing l’a emporté sur son rival européen. Ainsi, l’américain a engrangé plus de 100 milliards de dollars de contrats correspondant à 673 commandes supplémentaires, loin devant Airbus (431 nouvelles commandes). Pas de quoi inquiéter l’avionneur européen, qui a coutume de fournir son effort en fin d’année.

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Pendant que les avionneurs sabrent le champagne, les motoristes, eux, lèvent leur coupe. CFM, filiale à 50/50 du français Safran et de l’américain General Electric (GE), a annoncé avoir reçu commande de 858 moteurs pour 15 milliards de dollars au prix catalogue. Un chiffre provisoire, car toutes les compagnies clientes d’Airbus et de Boeing n’ont pas encore fait connaître le choix de leurs futurs moteurs.
A Farnborough, Guillaume Faury, le nouveau président de la branche aviation commerciale d’Airbus, se dit satisfait de l’édition 2018. « Un très bon salon », glisse-t-il. De fait, l’avionneur européen, ultra-dominateur sur le segment des moyen-courriers avec plus de 60 % de part de marché, a cette fois réussi à placer plusieurs dizaines de ses long-courriers. Il a ainsi enregistré vingt-cinq commandes pour son gros-porteur A350.

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Mieux encore, il a trouvé de nouveaux clients pour quarante-deux exemplaires de la version remotorisée de son long-courrier A330. Commercialisé en milieu de gamme, au côté de l’A321 LR, il permet à l’avionneur européen d’occuper seul le créneau qui propose des appareils d’un nouveau type : des avions aux capacités de long-courriers, mais avec un coût d’utilisation de moyen-courriers – des qualités très prisées par les compagnies low cost long-courrier.
« Un combat de façade »
Faute de détenir un avion concurrent à opposer à Airbus, Boeing a un trou dans sa gamme. Le constructeur de Seattle doit décider en 2019 s’il lance la production d’un nouvel appareil. Airbus ne veut pas y croire. Avec l’A321 et l’A330, « nous sommes en train de tirer le tapis sous les pieds de ceux qui avaient l’idée de faire un avion spécifique pour ce marché », prévient M. Faury.
La grande leçon de Farnborough est que le match des commandes semble devenu un combat de façade entre les deux géants de l’aéronautique. Très rares sont les compagnies aériennes dont la flotte est pourvue par un seul avionneur. Elles ont compris que leur intérêt était de faire jouer la concurrence. Forts de ce constat, Airbus et Boeing ont entrepris de renforcer leur duopole tous azimuts.
Début juillet, l’avionneur européen a repris, sans bourse délier, le programme CSeries du canadien Bombardier. Quelques jours plus tard, Boeing a mis sur la table 3,8 milliards de dollars pour s’adjuger l’activité aviation commerciale du brésilien Embraer. Avec ces deux rachats presque simultanés, Airbus et Boeing ont en catalogue l’éventail d’appareils le plus large possible : des avions régionaux de 70 places jusqu’aux très gros-porteurs long-courriers, comme l’A380, capable de transporter jusqu’à 800 passagers.

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« C’est la première fois que nous pouvons présenter une gamme de produits aussi étendue », se réjouit Guillaume Faury. Présent lui aussi à Londres, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, aurait pu tenir le même discours. Cette autosatisfaction illustre une nouvelle réalité. Renforcés par les apports respectifs de Bombardier et d’Embraer, Airbus et Boeing sont devenus incontournables.
Skywise, nouvelle arme fatale
Leur nouvel objectif pourrait être de limiter au maximum les possibilités d’émergence d’une future concurrence, notamment chinoise. Ils ne sont pas loin d’y parvenir. Au cours des vingt prochaines années, les deux rivaux ont fixé les besoins en avions neufs des compagnies aériennes à un peu plus de 40 000 appareils, c’est-à-dire 2 000 avions supplémentaires par an.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, les deux rivaux ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur domination
En 2018, à Seattle comme à Toulouse, l’objectif est de livrer environ 800 appareils, soit 1 600 au total pour les deux avionneurs. « Nous en avons livré 303 au premier semestre. Il nous en reste 500 à livrer avant la fin de l’année », commente M. Faury.
Pour tenir le rythme, Airbus a prévu d’accélérer la production de son « best-seller », l’A320, avec « le passage de la cadence 50 à la cadence 60 ». En 2019, plus de soixante A320 devraient sortir des chaînes d’Airbus. Et ce n’est pas fini. L’avionneur européen a testé ses principaux fournisseurs pour savoir s’ils seraient capables de monter à 75 appareils par mois.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, Airbus et Boeing ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur hégémonie. A Toulouse, la nouvelle arme fatale se nomme Skywise : une immense base de données, en cours de constitution, de tous les avions, des Airbus comme des Boeing, et de leurs activités en vol. Skywise se veut « une plate-forme ouverte aux fournisseurs et aux compagnies » et gratuite pour ses fonctionnalités de base.
Lancé il y a un an, ce gigantesque big data a notamment ingurgité les flottes de « 22 compagnies, les données de 12 millions de vols commerciaux et 75 systèmes informatiques ». Avec Skywise, les compagnies peuvent espérer bénéficier des énormes économies liées à la maintenance prédictive, qui permet de prévoir et de réduire le temps d’immobilisation des avions. Le but, à moyen terme, selon Airbus, est de séduire « environ 100 compagnies aériennes ». Boeing effectue une démarche identique. A plus long terme, certains imaginent déjà une fusion des deux bases de données.



                            


                        

                        


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Incendies, chaleur, sécheresse… la Suède suffoque

Le royaume, qui n’avait jamais connu une telle situation météorologique, apparaît clairement sous-équipé.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h29
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            Olivier Truc (Lassekrog (Suède), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Au septième jour des incendies à Lassekrog, vendredi 20 juillet, le très sérieux Svenska Dagbladet, équivalent suédois du Figaro, a ouvert son site Internet par ce titre : « Les oisillons brûlent dans leurs nids. » Le quotidien citait le responsable désemparé de la faune auprès de la préfecture du Jämtland, une région de l’extrême sud de la Laponie suédoise, voisine du Gävleborg, très touchée elle aussi par les feux.
Ce titre, quoique dramatique à souhait, avait le mérite d’incarner le désarroi qui saisit les Suédois face à la multiplication des incendies qui frappent le royaume, encore une cinquantaine en cette fin de semaine, dont plusieurs hors de contrôle, et à leur relative impuissance face à la vague inédite de chaleur. Les températures atteignent souvent 30 degrés, voire 35 degrés, et s’accompagnent d’une sécheresse exceptionnelle.
Le niveau des lacs baisse au point que des navires sont en difficulté pour décharger leur cargaison dans certains ports, sur les grands lacs intérieurs, comme le Vänern. La chaleur qui sévit en Europe du Nord depuis le début du mois de mai a poussé les professionnels suédois du tourisme à baisser les prix sur leurs destinations méditerranéennes, tandis que les journaux parlent de « nuits tropicales ». Il est interdit de faire du feu dans la nature dans tout le pays, tout comme d’arroser sa pelouse. Des paysans ont commencé à abattre du bétail, pour faire face au manque de foin – de la viande en partie brûlée et transformée en biocarburant, car tout ne peut être consommé.

La forêt couvre l’horizon
« Les événements actuels sont en phase avec le changement climatique tel qu’on s’y attend, analyse Weine Josefsson, climatologue au SMHI, l’agence météo suédoise. Nous n’avons jamais connu de période de sécheresse aussi longue depuis le début de nos mesures, dans les années 1860. » Ce type de hautes pressions qui se fixent sur l’Europe du Nord commence...




                        

                        

