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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent le risque d’un recours aux militaires pour réprimer une protestation sociale croissante.
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Argentine : la décision de permettre à l’armée d’intervenir pour la sécurité intérieure fait polémique

L’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent le risque d’un recours aux militaires pour réprimer une protestation sociale croissante.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h47
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

Dans une décision qui tranche avec la politique d’Etat menée depuis le retour de la démocratie en 1983, le président argentin de centre droit, Mauricio Macri, a résolu lundi 23 juillet d’octroyer davantage de pouvoir aux forces armées en matière de sécurité intérieure, provoquant une vive polémique à Buenos Aires.
Jusqu’à présent, le rôle des forces armées était limité à la défense du territoire national face à des attaques extérieures de pays étrangers, mais leur participation était interdite en matière de sécurité intérieure. La dictature militaire (1976-1983) a fait 30 000 morts ou disparus, selon les défenseurs des droits de l’homme. Plus de 2 000 militaires, policiers et civils ont été condamnés au cours de procès historiques depuis l’abolition des lois « d’amnistie » en 2005.
Ce brusque changement de cap, qui a été officialisé par un décret présidentiel publié mardi au journal officiel, est destiné, selon le président, à moderniser les forces armées afin qu’elles puissent affronter « les défis du XXIe siècle, comme le narcotrafic et le terrorisme ». En 2006, le président péroniste Nestor Kirchner avait signé un décret établissant au contraire que les militaires devaient se cantonner aux opérations extérieures.
« Système de défense obsolète »
C’est au cours d’un discours de seulement sept minutes que le président a annoncé, lundi, son plan de restructuration militaire, sur la base de Campo de Mayo, l’une des principales garnisons militaires du pays où fonctionnait, il y a quarante ans, l’un des principaux centres clandestins de torture des années de plomb.
Flanqué du ministre de la défense, du chef d’état-major des armées mais également du secrétaire aux droits de l’homme, le président argentin a indiqué que les militaires seraient envoyés dans le nord du pays pour assurer des missions « de soutien logistique dans les zones frontalières », notamment le long de la frontière avec la Bolivie et le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Nids d’espions (3/6). « Le Monde » consacre une série d’articles à des métropoles où se joue le grand jeu de l’espionnage international. Aujourd’hui, la capitale française, où le service israélien est très actif.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon l’Etat hébreu, qui suit au plus près les affrontements dans le sud de la Syrie, l’appareil avait pénétré dans son espace aérien.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Israël abat un avion de chasse syrien

Selon l’Etat hébreu, qui suit au plus près les affrontements dans le sud de la Syrie, l’appareil avait pénétré dans son espace aérien.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h58
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


L’épisode est rare. Israël a abattu un avion syrien, lundi 24 juillet. Selon l’armée, il s’était aventuré deux kilomètres à l’intérieur de l’espace aérien contrôlé par l’Etat hébreu, dans le plateau du Golan annexé depuis 1981. Deux missiles Patriot ont été tirés en direction du Soukhoï, dont la trajectoire était étudiée de près. Selon Damas, l’appareil participait à la vaste opération engagée depuis plus d’un mois pour reprendre les zones dans le sud du pays, autour de Deraa et Kuneitra. Selon Israël, qui affirme avoir transmis des avertissements aux Syriens, il n’est pas clair si l’appareil se trouvait volontairement ou par erreur dans cette zone.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a expliqué que les combats internes en Syrie s’étaient intensifiés au sud, avec une implication croissante des forces aériennes du régime. L’avion semble avoir décollé de la base T4, au centre de la Syrie, déjà visée par des frappes israéliennes à plusieurs reprises en raison d’une présence iranienne sur place. Israël dit ne pas connaître le sort du ou des pilotes. Le dernier incident grave de ce genre date de septembre 2014 : un missile Patriot avait aussi été tiré en direction d’un avion de chasse de type Soukhoï-24 qui avait pénétré d’environ 800 mètres dans l’espace aérien israélien.
Depuis plusieurs semaines, l’armée israélienne a relevé sa vigilance dans le Golan, craignant des ricochets des affrontements en cours dans le sud de la Syrie. Lundi, elle a dû utiliser le tout nouveau système de défense Fronde de David contre deux missiles sol-sol de type SS-21 tirés de Syrie, sans doute en direction d’une poche rebelle.
« Accord de séparation »
Israël tient pour acquise la reprise en main territoriale de la Syrie par Bachar Al-Assad. Anticipant la suite, l’Etat hébreu souhaite, avec le soutien fondamental de Moscou, que le calme revienne sur le plateau du Golan. Il s’agissait, avant le début du soulèvement puis de la guerre en Syrie, de sa zone frontalière la plus tranquille. Dimanche, Benyamin Nétanyahou a reçu le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ainsi que le chef d’état-major des armées, Valery Guerassimov.
« Je vais présenter à la délégation russe la position que j’ai présentée au président Poutine lors de ma dernière visite à Moscou, a expliqué M. Nétanyahou au conseil des ministres. Israël insiste pour que l’accord de séparation des forces [de 1974] entre lui et la Syrie soit respecté comme ce fut le cas pendant des décennies avant le début de la guerre civile en Syrie. Israël continuera à agir contre toute tentative de l’Iran et de ses affiliés d’établir une présence militaire en Syrie. »
La Russie a proposé à Israël, dans un premier temps, qu’une zone tampon de près de 100 kilomètres soit établie au sud sans aucune présence de l’Iran ou du Hezbollah. Cela ne réglerait pas la menace des missiles iraniens de longue portée présents en Syrie, mais indiquerait une volonté nouvelle de Moscou de satisfaire en partie les souhaits israéliens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Theresa May annonce qu’elle dirigera désormais les négociations sur le Brexit

Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h40
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi qu’elle prenait désormais la direction des négociations sur la sortie de l’Union européenne, jusqu’ici dévolue au ministre du Brexit, qui l’assistera sur ce dossier.

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                Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit



« Il est essentiel que le gouvernement s’organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne », explique dans une déclaration écrite au Parlement la dirigeante conservatrice, ajoutant : « Je dirigerai (désormais) les négociations avec l’Union européenne ».

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Un divorce à 40 milliards d’euros
Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici à la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’attaque de djihadistes présumés, à cinq jour de l’élection présidentielle malienne, n’a pas fait de victime.
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Compte rendu

Au Mali, deux obus tirés sur l’aéroport de Sévaré

L’attaque de djihadistes présumés, à cinq jour de l’élection présidentielle malienne, n’a pas fait de victime.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-24T16:05:03+02:00"

        Le 24.07.2018 à 16h05






    
Un hélicoptère français atterit à l’aéroport de Sévaré, en février 2013.
Crédits : PASCAL GUYOT / AFP


Deux obus de mortier ont été tirés dans la nuit de lundi à mardi 24 juillet sur l’aéroport de Sévaré, dans le centre du Mali, lors d’une attaque djihadiste présumée qui n’a pas fait de victime, a appris l’AFP mardi de sources sécuritaire et administrative.
Cette localité, proche de la capitale régionale, Mopti, occupe une position stratégique et abrite une base de la Mission de l’ONU, la Minusma, et le quartier général de la force antidjihadiste du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), frappé le 29 juin par un attentat.

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                Mali : cinq morts dans une attaque contre le QG de la force militaire G5 Sahel



Cette attaque contre l’aéroport de Sévaré, principal point d’accès aérien de la zone, intervient à cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle au Mali.
L’information a été confirmée par une source de sécurité malienne. « Il y a eu deux obus. Les deux tirs venaient de l’est de l’aéroport. L’un a explosé au sud, l’autre au nord, non loin du dépôt de carburant qui était visiblement une cible aussi », a précisé cette source.
« Un obus de mortier a explosé près de la piste et l’autre près des bâtiments de l’aéroport. Des tirs d’armes automatiques légères ont été effectués après les tirs d’obus », a affirmé une autre source de sécurité étrangère.

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Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, mais dont l’application accumule les retards.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Après l’expansion économique, le président chinois, en visite à Dakar, Kigali, Johannesburg et Port-Louis, entend développer le leadership politique et stratégique de Pékin.
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Décryptage

Xi Jinping veut consolider l’irrésistible ascension chinoise en Afrique

Après l’expansion économique, le président chinois, en visite à Dakar, Kigali, Johannesburg et Port-Louis, entend développer le leadership politique et stratégique de Pékin.

Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-24T15:42:34+02:00"

        Le 24.07.2018 à 15h42

     •
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          datetime="2018-07-24T15:58:26+02:00"

        Mis à jour le 24.07.2018 à 15h58






    
Le président chinois Xi Jinping et son homologue rwandais Paul Kagame à Kigali, le 23 juillet 2018.
Crédits : SIMON MAINA/AFP


Accueilli lundi soir 23 juillet en Afrique du Sud, le président chinois, Xi Jinping, vient consolider par une nouvelle visite transafricaine le rôle de premier plan que la Chine compte jouer à l’avenir sur le continent dans tous les domaines : économique, politique mais aussi stratégique. La tournée l’a d’abord mené au Sénégal et au Rwanda, deux pays jusqu’alors peu visité par des hauts dirigeants chinois. M. Xi participera du 25 au 27 juillet au sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à Johannesburg, puis fera escale sur l’île Maurice.

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                Xi Jinping célèbre « l’émergence » à Dakar, première étape de sa mini-tournée africaine



La visite de M. Xi a donné lieu au Sénégal comme au Rwanda à la célébration des projets de coopération avec la Chine terminés ou à venir – une arène de lutte sénégalaise à Dakar, dont M. Xi a donné la clé à son homologue sénégalais Macky Sall, ou encore un Musée des civilisations noires et la livraison prochaine de 113 km d’autoroute de Dakar à la ville sainte de Touba. Et au Rwanda, des projets de rénovation d’hôpitaux et une autoroute entre Kigali et son nouvel aéroport international. L’intérêt de la Chine pour ces pays, explique l’experte chinoise de l’Afrique He Wenping, de l’Académie chinoise des sciences sociales, tient au fait que leurs économies se diversifient, sans trop dépendre des ressources naturelles. Du fait du ralentissement de son économie, la Chine, elle, est moins gourmande en matières premières.
« Le temps du rattrapage »
Le Sénégal est vu par Pékin comme un pays clé en Afrique de l’Ouest pour sa « route de la soie » maritime, le grand projet d’expansion chinois à travers le monde. « Comparée aux pays d’Afrique orientale et méridionale, l’Afrique occidentale a noué moins de coopérations avec la Chine, c’est donc en quelque sorte le temps du rattrapage », explique Mme He. La visite de M. Xi à Kigali s’explique également par l’importance pour la Chine de l’Union africaine, dont Paul Kagame, le chef d’Etat rwandais, occupe la présidence. « Rendre visite au Rwanda, c’est comme s’adresser à toute l’Afrique », résume He Wenping.

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                « La Chine a besoin de l’Afrique comme l’Afrique a besoin de la Chine »



Xi Jinping effectue sa quatrième tournée africaine en cinq ans, depuis une première visite en mars 2013 en Afrique du Sud, en Tanzanie et en République du Congo, alors fêtée comme ouvrant « une nouvelle ère des relations sino-africaines ». La Chine a en effet largement transformé son empreinte sur le continent, multipliant ses échanges commerciaux, investissant dans des milliers de kilomètres de routes et de chemins de fer, et inaugurant à Djibouti en 2017 sa première base militaire à l’étranger.
Les investissements et prêts chinois ont arrosé l’Afrique. L’équipe de recherche SAIS CARI sur la Chine et l’Afrique de l’Université Johns Hopkins aux Etats-Unis estime à 132 milliards de dollars (112,8 milliards d’euros) le volume cumulé de prêts chinois accordés à des emprunteurs africains du secteur public de 2000 à 2016. Si le Kenya et Djibouti ont vu leur dette envers le Chine s’envoler, la part d’endettement des pays africains envers Pékin reste très difficile à établir avec précision, expliquent les experts. Elle ne peut, calculent-ils, dépasser les 22 %. Un chiffre déjà considérable.

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                L’Afrique au défi d’un emballement de la dette



La Chine déroule un discours très calibré et positiviste sur sa politique en Afrique, épinglant systématiquement la supposée « jalousie » des pays occidentaux face à ses succès : « Malgré la [mauvaise] publicité de l’Occident décrivant la Chine comme néocoloniale en Afrique, les nations africaines restent imperturbables, elles sont conscientes de la sincérité chinoise et d’une coopération gagnant-gagnant, d’égal à égal », prétend un éditorial du quotidien Global Times du 19 juillet vantant la « philosophie diplomatique » démontrée par la visite de Xi Jinping.
Protéger les investissements
L’année 2018 a donné lieu à une frénésie de rencontres de part et d’autre avec, en ligne de mire, l’organisation à Pékin en septembre du troisième sommet des chefs d’Etat du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), créé en 2000. L’édition 2018, qui devrait regrouper la quasi-totalité des dirigeants du continent (à l’exception du Swaziland, toujours allié à Taïwan), est décrite à Pékin comme une étape éminemment symbolique. Elle doit « élever à un niveau nouveau le partenariat global sino-africain de coopération et de stratégie », déclarait en mars le ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi.

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                La diplomatie chinoise en Afrique passe aussi par les armes



Parmi les rencontres grand format entre Chine et pays africains organisées cette année figurait début juillet à Pékin le premier Forum sino-africain de sécurité et de défense avec des responsables militaires venus de cinquante pays du continent. Et, en juin, le Parti communiste chinois animait à Dar es-Salaam, en Tanzanie, un forum de dialogue avec les forces politiques des pays en développement. « En Afrique, on a assisté à une montée de l’influence chinoise d’abord économique, puis diplomatique, politique et enfin militaire. Le but pour Pékin est de s’assurer que les investissements chinois sont protégés » estime un observateur occidental des questions de défense en Chine.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La capitale grecque est actuellement encerclée par de nombreux incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet, faisant au moins 60 morts et plus de 150 blessés.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.
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Migrants : « La place d’un enfant n’est pas derrière les grillages »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Unicef France, Jean-Marie Dru, s’indigne de l’enfermement dans des centres de rétention d’enfants de migrants en France et réclame des solutions alternatives.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h54
    |

Jean-Marie Dru (Président de l’Unicef France)







                        



                                


                            
Tribune. L’opinion publique s’est à juste titre émue du sort réservé aux enfants migrants aux Etats-Unis. Traitements intolérables, contraires au respect de la dignité ­humaine. Mais l’opinion publique en France devrait tout autant s’élever contre l’enfermement des enfants dans des centres de rétention, qui se pratique dans notre pays.
Beaucoup pensent qu’il est impossible d’échapper à l’alternative : séparer les enfants de leurs parents ou les enfermer avec leurs parents. Comme si le seul moyen d’éviter la solution américaine, comme si la seule façon de garder des enfants auprès de leurs parents, consistait à les enfermer avec eux.
Or le droit français permet d’éviter cela, notamment à travers l’assignation à résidence. Depuis 2016, le pointage auprès des autorités locales est censé être la règle et la rétention l’exception. Nos voisins européens ont su s’adapter : l’Irlande et les pays nordiques ont renoncé à l’enfermement des enfants. La Finlande, le Danemark, le Royaume-Uni, ­l’Irlande, les Pays-Bas et la ­Bulgarie pratiquent déjà le pointage auprès des autorités. En Belgique, un programme pilote appliqué à des familles susceptibles d’être éloignées a montré que très peu d’entre elles se soustrayaient aux mesures d’éloignement.
Traumatisme
En France, en 2017, trois cent cinq enfants ont été placés en centre de rétention, soit sept fois plus qu’en 2013. Au gouvernement qui estime que c’est peu, nous répondons que c’est trop. Certaines préfectures ont recours au placement de familles en rétention, pensant que l’enfermement facilitera les formalités d’expulsion. Si ces enfermements peuvent durer moins de quarante-huit heures, ils se prolongent parfois au-delà d’une semaine. Au gouvernement qui considère que c’est peu, nous répondons que c’est trop.
L’aménagement des centres que promet le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, n’y changera rien : la place d’un enfant n’est pas derrière des grillages. Et pourtant, le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le taux de 12 % de TVA imposé en 2017 avait déclenché une campagne de protestations.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

L’Inde supprime la taxe sur les serviettes hygiéniques

Le taux de 12 % de TVA imposé en 2017 avait déclenché une campagne de protestations.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h07
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



   


« Notre sang est enfin exempté de taxe », s’est félicitée RJ Charu, animatrice sur la radio indienne Mirchi à l’annonce de la suppression dans le pays d’une taxe sur les serviettes hygiéniques. Le gouvernement indien a modifié, samedi 21 juillet, le taux de TVA de 90 produits de base, dont les réfrigérateurs et les machines à laver. L’exemption de la taxe sur les serviettes hygiéniques a été l’une des plus saluées. Le Parti du peuple indien (BJP, au pouvoir) a aussitôt fait circuler sur les réseaux sociaux une image où figure le premier ministre Narendra Modi à côté d’une serviette hygiénique, sur fond rose, avec ce message : « Serviettes hygiéniques à un prix abordable, amélioration de l’hygiène et de la santé des femmes, émancipation des femmes ».
En juillet 2017, les 31 membres du comité de la TVA – tous des hommes – avait exempté de taxe des produits de maquillage comme le khôl mais avaient imposé un taux de 12 % sur les serviettes hygiéniques, considérées comme des « produits de luxe ». Une étudiante et une association de défense des droits des femmes avaient alors saisi la justice pour faire abolir cette taxe, qu’elles considéraient comme discriminatoire. « Avec une TVA à 12 % sur les serviettes hygiéniques, être une femme coûtait plus cher qu’être un homme », explique Karuna Nundy, leur avocate auprès de la Cour suprême. Les plaignantes mettaient en avant les résultats d’une enquête menée par le cabinet de recherche en marketing AC Nielsen, montrant que 88 % des femmes utilisaient du sable, des cendres ou du linge pendant leurs règles faute de pouvoir s’offrir des protections périodiques. Le manque d’hygiène menstruelle serait à l’origine de 70 % des problèmes de santé reproductive en Inde.
« Saigner sans peur »
L’imposition d’un taux de TVA de 12 % avait déclenché une vaste campagne de protestation contre cette mesure. A l’été 2017, des étudiantes de l’université de Delhi avaient manifesté et collé des serviettes hygiéniques sur les murs du campus, avec les slogans « Saigner sans taxe » ou « saigner sans peur ». Elles réclamaient l’installation de distributeurs automatiques de protections féminines dans leur établissement.
En Inde, les menstruations sont si taboues que près du tiers des adolescentes ignorent ce qui leur arrive lorsqu’elles en font l’expérience pour la première fois. Certaines s’imaginent atteintes d’une maladie grave ou craignent d’en mourir. Ce silence imprégné de honte a de graves conséquences sur la santé des femmes et leur éducation. Le quart des adolescentes indiennes abandonnent ainsi leurs études après leurs premières règles, soit parce qu’elles sont confinées chez elles par leurs familles, soit parce que les écoles ne disposent pas de toilettes. Le rôle de l’école est pourtant crucial, car il permet d’expliquer aux adolescentes la fonction physiologique des cycles, tout en les libérant des préjugés. Un jeune couple a eu l’idée de créer la première encyclopédie en ligne sur le sujet, Menstrupedia, et la première bande dessinée pour déculpabiliser les femmes et sensibiliser les hommes. Près de 100 000 albums ont été distribués et font même partie du programme scolaire dans 90 écoles.

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                Inde : peines de mort confirmées pour un viol collectif, à Delhi, en 2012



En Inde, les règles servent de prétexte à la stigmatisation des femmes. L’accès à certaines mosquées et à des temples hindous est ainsi interdit aux filles dès qu’elles sont pubères. Un prêtre du Kerala avait même déclaré en 2015 qu’il ouvrirait les portes de son temple aux femmes le jour où un scanner serait capable d’identifier, sur le seuil, celles ayant leurs règles, considérées comme impures. Dans la vie quotidienne aussi, les règles entravent la liberté de nombreuses femmes : elles n’ont pas le droit de s’asseoir sur le canapé, de toucher la nourriture, d’entrer dans la cuisine, et sont même parfois obligées de vivre dans une pièce séparée, ou dans une petite cahute à l’écart de la maison – ces cabanes ne disposant bien souvent ni de matelas ni d’accès à l’eau ou à l’électricité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’échec du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) aux élections fédérales du 1er juillet exprime la volonté d’une rupture avec un ordre « pragmatique et autoritaire », estime le politologue Eric Lobjeois dans une tribune au « Monde ».
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« Le Mexique a entériné l’alternance »

L’échec du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) aux élections fédérales du 1er juillet exprime la volonté d’une rupture avec un ordre « pragmatique et autoritaire », estime le politologue Eric Lobjeois dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h32
    |

Eric Lobjeois (Docteur en dynamiques comparées des sociétés en développement de l’université Paris-VII)







                        



                                


                            
Tribune - Le 1er juillet, le Mexique a voté contre le système établi. Au terme d’une élection historique, le candidat de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, surnommé par ses initiales « AMLO », a remporté un triomphe sans appel. Il devra être entériné d’ici à septembre, mais les résultats préliminaires ne laissent pas de doute.
Cette élection représente un tournant dans les annales du pays. Elle est synonyme, pour le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), pour l’instant au pouvoir, d’un désaveu cinglant. Pour comprendre ce moment, évoquons quelques éléments de la toile de fond. Le PRI a été créé dans les derniers soubresauts de la révolution mexicaine, en 1929, et a subsisté au pouvoir sans interruption jusqu’en 2000 grâce à une structure pragmatique et autoritaire qui lui a assuré le contrôle d’une réalité politique et sociale complexe.

Le premier coup de semonce est survenu en 2000 avec l’élection à la présidence du conservateur Vicente Fox, du parti de droite catholique Parti d’action nationale (PAN). Ce que certains ont alors qualifié de conclusion de l’un des régimes autoritaires les plus longs du monde n’a pas pour autant équivalu à la disparition du PRI.
Un pays dans l’impasse
Il est resté la première force politique nationale et a reconquis la présidence en 2012 avec une mécanique efficace. Son candidat, Enrique Peña Nieto, ex-gouverneur de l’Etat de Mexico – jeune, veuf et remarié à une actrice de feuilletons télévisés – quelque peu distant mais séduisant, porté par la télévision, l’emporta.

Le dinosaure, comme on surnomme le PRI, est revenu aux affaires avec de surcroît une véritable opportunité pour répondre à la mise à l’épreuve au milieu d’un croissant désenchantement de la démocratie qui ne semble pas apporter de solutions aux problèmes chroniques du Mexique : pauvreté, corruption, violence, inégalités sociales exorbitantes, anémie de l’Etat de droit, essor économique insuffisant…
Selon...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
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Migrants : Bruxelles avance sur sa proposition de « centres contrôlés » de débarquement

L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour l’instant, le chantage italien fonctionne : dans une communication rendue publique mardi 24 juillet, la Commission européenne propose de coordonner des « centres contrôlés » de débarquement des migrants, sur le sol européen, pour pallier le refus de Rome d’accueillir dans ses ports les bateaux de sauvetage des ONG. La semaine dernière à Bruxelles, le gouvernement italien a posé un ultimatum à ses partenaires européens, leur donnant cinq semaines afin de trouver des solutions de « débarquement » hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
Preuve que la Commission est démunie face au manque de solidarité européenne et à la politique antimigrants d’un gouvernement populiste italien, spécialement de son ministre de l’intérieur, le leader de l’extrême droite, Matteo Salvini : la proposition européenne consiste surtout en de l’argent – 6 000 euros par migrant – dont bénéficieraient les pays de l’UE se portant volontaires pour créer ces centres sur leur territoire. Ces centres permettraient de « débarquer » ou de « transférer » les migrants en vue d’un retour dans leur pays d’origine ou d’une demande d’asile.

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                Migration : après le retrait forcé des navires de sauvetage, les traversées de la Méditerranée plus dangereuses



Ceux-ci pourraient être créés spécifiquement à chaque arrivée de navire, précise la Commission, avec comme « but premier d’améliorer le processus de distinction entre les individus en besoin de protection internationale et les migrants irréguliers qui n’ont pas le droit de rester dans l’Union européenne ». La Commission se propose d’y coordonner l’intervention des gardes-côtes européens et d’experts européens de l’asile. « Tous les coûts seront couverts par le budget de l’Union européenne », est-il précisé. Pour un débarquement d’environ 500 migrants, la Commission estime pouvoir mobiliser jusqu’à 300 spécialistes européens.
Ni « camps » ni centres de « détention »
Bruxelles espère éviter de futurs Aquarius ou Lifeline, du nom de ces bateaux d’ONG refusés en juin par les ports italiens, qui ont erré plusieurs jours en Méditerranée avant d’être recueillis, respectivement par l’Espagne et Malte. Dans ces deux cas, d’autres pays, dont la France, s’étaient portés volontaires, lors du débarquement, pour procéder à l’identification, au « tri » puis à l’accueil des migrants. Mais ces opérations, chaotiques, avaient mis en risque l’équipage des bateaux et donné une image déplorable du manque de solidarité européenne.
Reste un obstacle de taille. Pour l’heure, aucune capitale ne s’est portée volontaire pour accueillir de manière permanente ces centres « contrôlés » recommandés par le Conseil européen du 28 juin, même si la plupart des capitales reconnaissent que l’Italie a été jusqu’à présent livrée à elle-même. La France, qui refuse d’accueillir de tels centres, propose plutôt des centres fermés sur le sol italien, pour éviter les mouvements secondaires de migrants entre différents pays de l’Union.
La Commission a aussi fait des propositions mardi sur les « plates-formes de débarquement », destinées, elles, à accueillir les migrants hors de l’Union, conformément aux conclusions adoptées par les Vingt-Huit lors du conseil du 28 juin. Pour la Commission, il ne doit s’agir ni de « camps » ni de centres de « détention », contrairement à ce qu’ont souhaité plusieurs ministres de l’intérieur de l’UE, notamment l’Autrichien et l’Italien. Ces « plates-formes » pourraient être utilisées pour organiser l’envoi des demandeurs d’asile directement vers l’Union, mais devraient être établies « le plus loin possible des endroits de départs illégaux », précise la Commission, afin d’éviter tout « appel d’air ». Aucun pays n’est toutefois nommé.
629 migrants morts en juin
Il est entendu que ces « plates-formes » devraient être gérées par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et l’Organisme des nations unies chargé des migrations (OIM). Mais là encore, aucun pays du pourtour méditerranéen n’a pour l’heure accepté d’en héberger. Lundi 23 juillet, l’agence Reuters rapportait que la Tunisie refusait de recevoir un bateau d’ONG maltais, avec une quarantaine de migrants africains à bord, bloqué depuis une semaine au large de ses côtes.
Les ambassadeurs de l’Union doivent discuter de ces propositions bruxelloises dès mercredi 25 juillet et une réunion avec le HCR et l’OIM est également programmée le 30 juillet à Genève. Mais les choix politiques sur la localisation de ces centres devraient intervenir plus tard : les capitales ne sont manifestement pas prêtes. Si le nombre de passages en Méditerranée centrale a beaucoup chuté par rapport à 2017, le nombre de morts a été élevé, avec 629 migrants morts en juin en tentant de rejoindre les côtes européennes, selon l’OIM. En cause, selon l’organisation, la réduction de la présence des ONG en mer.
La situation pourrait s’avérer critique si les Européens ne parviennent pas à s’entendre cet été, après l’ultimatum de Rome pour redéfinir le mandat de « Sophia », l’opération militaire européenne de sauvetage en Méditerranée. Elle avait été lancée en juin 2015 à la suite d’une série de naufrages meurtriers en Méditerranée et a permis, à ce jour, de secourir près de 44 000 personnes. Dotée actuellement de six navires de pays de l’UE (Italie, France, Irlande, Espagne, Slovénie et Allemagne), et commandée par l’Italie, cette mission a pour but de lutter contre les passeurs et d’éviter les naufrages en Méditerranée centrale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.
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Mesut Özil, la star du football qui divise l’Allemagne

Le joueur d’origine turque, icône de l’intégration, a décidé de quitter  la sélection allemande pour protester contre le « racisme » à son égard.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h06
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Après la débâcle sportive, l’onde de choc politique. Près d’un mois après l’élimination de l’Allemagne dès le premier tour de la Coupe du monde, le départ du joueur Mesut Özil de l’équipe nationale suscite une polémique. Les enjeux dépassent le cadre footballistique. « C’est avec le cœur lourd et après beaucoup de réflexion que (…) je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matchs internationaux, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et du manque de respect à mon égard », a indiqué sur Twitter, dimanche 22 juillet, le milieu de terrain allemand d’origine turque, âgé de 29 ans.
Cette annonce a déclenché une avalanche de réactions. « Le départ de Mesut Özil est une césure sportive, politique et sociétale », observait, lundi, le quotidien Tagesspiegel. « Mesut Özil n’était pas n’importe quel joueur dans cette équipe nationale. C’était un symbole de cohabitation et de vivre-ensemble pour les citoyens d’origine turque qui, depuis X générations, vivent en Allemagne. Cette brutale rupture entre Özil et l’équipe nationale est la vraie défaite de cet été – bien plus que celle des onze joueurs allemands au premier tour de la Coupe du monde », analysait, de son côté, le Süddeutsche Zeitung.
Pour comprendre l’émotion suscitée par cette affaire, il faut remonter au 13 mai. Ce jour-là, une série de photos montrent deux joueurs allemands d’origine turque, Mesut Özil et Ilkay Gündogan, poser aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second.
« Allemand quand nous gagnons, immigré quand nous perdons »
Prises à Londres, ces photos avaient été opportunément diffusées sur les réseaux sociaux par les partisans de M. Erdogan. A six semaines des élections présidentielle et législatives turques, ce dernier – qui fut réélu, le 24 juin, dès le premier tour – ne pouvait rêver meilleure publicité. En Allemagne, ces images avaient été condamnées par tous les partis politiques, qui ont critiqué cet hommage rendu à un dirigeant étranger à la tête d’un régime autoritaire.
Dimanche, Mesut Özil a estimé que ces reproches étaient infondés. « Comme beaucoup de personnes, mes origines proviennent de différents pays, a expliqué le joueur de 29 ans né à Gelsenkirchen, une ville industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte la plus importante communauté turque. J’ai deux cœurs : un allemand et un turc. (…) Pour moi, faire une photo avec le président Erdogan n’était en aucun cas politique, il s’agissait juste (…) de ne pas manquer de respect aux racines de mes ancêtres. »
Dans la lettre justifiant son départ, Mesut Özil s’en est également pris à Reinhard Grindel, président de la Fédération allemande de football (DFB) et ancien député de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). « Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons », a-t-il déploré, en référence au peu de soutien que lui a apporté la DFB après l’élimination de l’Allemagne de la Coupe du monde, qui lui a valu de violentes attaques racistes, lui qui avait joué dans l’équipe victorieuse du Mondial 2014, au Brésil.
Depuis dimanche, les réactions sont très diverses. D’un côté, certains ont choisi d’accabler Mesut Özil. C’est le cas du tabloïd conservateur Bild, qui a qualifié ses explications de « jérémiades ». Pour le quotidien le plus lu d’Allemagne, le joueur est indéfendable, d’abord en raison de son soutien à M. Erdogan, un « despote » qui cherche à imposer une « dictature islamiste », ensuite à cause de son jeu « minable » lors de la Coupe du monde. Un argument repris par Uli Hoeness, le président du Bayern Munich.
« Le succès n’existe que dans la diversité »
A l’inverse, plusieurs journaux et responsables politiques ont affirmé qu’il fallait prendre au sérieux ses explications. « Il s’agit d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de football allemand comme Mesut Özil ne se sent plus représenté dans son pays à cause du racisme », a estimé la ministre sociale-démocrate de la justice, Katarina Barley. « C’est dramatique si de jeunes citoyens germano-turcs ont maintenant l’impression qu’ils n’ont pas leur place dans l’équipe nationale. Le succès n’existe que dans la diversité, non dans l’unicité. C’est ainsi que nous sommes devenus champions du monde en 2014. Et que la France l’est devenue cette année », a affirmé Cem Özdemir, président du groupe écologiste au Bundestag, lui-même d’origine turque.
Quant à Angela Merkel, elle a également réagi, mais en veillant ne pas donner à ses propos de dimension politique. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. Il a beaucoup fait pour l’équipe nationale et a pris une décision qui doit être respectée », a déclaré l’une des porte-parole du gouvernement fédéral, Ulrike Demmer.

   


La réaction prudente de la chancelière n’est guère surprenante, cette dernière s’étant toujours montrée soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de la communauté turque en Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes et où M. Erdogan compte de nombreux partisans. A la présidentielle du 24 juin, environ 65 % des électeurs turcs installés outre-Rhin ont voté pour lui, soit douze points de plus que son score total.
Deux autres raisons expliquent le ton mesuré de Mme Merkel. La première tient à son souci de ne pas s’aventurer dans des débats qui divisent son camp, la droite conservatrice (CDU-CSU), que ce soit sur la double nationalité ou sur la place de l’islam dans la société allemande. La seconde est liée à l’instrumentalisation dont cette affaire fait l’objet à Ankara.
Depuis dimanche, plusieurs membres du gouvernement de M. Erdogan ont en effet salué le retrait de Mesut Özil. « Je félicite Mesut Özil qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme », a ainsi commenté le ministre turc de la justice, Abdülhamit Gül.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’ex-premier ministre emprisonné suspecte l’armée de soutenir son opposant, favori des élections générales qui se tiennent mercredi.
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Au Pakistan, le clan Sharif joue sa survie politique face à l’armée

L’ex-premier ministre emprisonné suspecte l’armée de soutenir son opposant, favori des élections générales qui se tiennent mercredi.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h31
    |

            Louis Imbert (Lahore, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Deux micros en mains, debout sur le marchepied d’une voiture tapissée de pétales de roses, Shahbaz Sharif n’y voit plus rien : les lampes des caméras de télévision l’aveuglent. Fort tard dans la nuit de dimanche 22 à lundi 23 juillet, le patron de la puissante Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), faction fondée par son frère de la formation qui porta la création du pays, achève sa campagne pour les élections générales pakistanaises, prévues le 25 juillet. M. Sharif mène une cavalcade motorisée à travers les quartiers ouvriers endormis du sud de Lahore, proche de la frontière indienne, le fief de sa famille.
Lent et grave, le dos rompu à force de sillonner ce pays de plus de 200 millions d’habitants, Shahbaz Sharif fait halte dans de petits rassemblements dits de « coin de rue », auprès de candidats locaux qui l’attendent si tard. Il fait l’éloge de son frère aîné, l’ex-premier ministre Nawaz Sharif, le chef de famille.
Condamné début juillet à dix ans de prison dans une affaire de corruption, avec sa fille Maryam, son héritière politique présumée, Nawaz Sharif ne peut pas faire campagne. Il a été incarcéré le 13 juillet, à son retour de Londres, où sa femme demeure hospitalisée pour un cancer. Depuis lors, c’est sur les épaules du cadet, Shahbaz, que repose l’avenir du parti, au pouvoir depuis 2013. Et la survie politique de cette famille, au cœur de la vie publique du pays depuis trois décennies.

Cela peut paraître un contre-emploi pour Shahbaz Sharif. A 66 ans, cet administrateur tient certes avec efficacité depuis dix ans, à Lahore, le gouvernement de la grande province du Pendjab. Mais il est réputé autoritaire, buté, sans charisme et mauvais tribun. Son parti le protège des journalistes – il n’a donné qu’une poignée d’interviews durant la campagne. Le don de l’écoute et la courtoisie exquise, l’art des alliances de salons, c’est Nawaz (68 ans) qui les possède. Son frère fait vaille que vaille bonne figure à la tête d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
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Le fantasme d’une guerre des monnaies

Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Donald Trump devrait méditer l’aphorisme de Bossuet à propos de ses récentes diatribes contre la Chine et la zone euro, qu’il accuse de manipuler leurs monnaies respectives, tandis qu’il se dit mécontent des hausses des taux d’intérêt décidées par la banque centrale américaine. Si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
« La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt, alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux, avec un dollar devenant de plus en plus fort jour après jour, ce qui dégrade notre compétitivité », a affirmé M. Trump le 20 juillet. Il est vrai que le yuan a perdu 8 % de sa valeur depuis mars, tandis que le dollar s’est renchéri de près de 6 % en six mois par rapport à l’euro. « Les Etats-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils vont très bien », peste le président américain.

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                Vers une guerre des monnaies ? La Chine réfute toute manipulation du yuan



C’est justement le « problème », dont M. Trump devrait se féliciter au lieu de s’en plaindre. La gigantesque baisse des impôts sur les entreprises votée fin 2017 a donné un nouvel élan à la croissance américaine. Celle-ci est désormais supérieure à celle de la zone euro, qui, au contraire, connaît un net ralentissement.
Sous l’effet de cette accélération de la conjoncture outre-Atlantique et d’un chômage ramené sous les 4 %, l’inflation décolle enfin, obligeant la Fed à remonter ses taux d’intérêt pour éviter une surchauffe de l’économie. L’Europe, elle, n’envisage pas de relever ses taux avant 2019. Logiquement, cet écart de rendement renforce l’attractivité des Etats-Unis pour les investisseurs, ce qui nourrit la hausse du dollar.
Renoncer à un « privilège exorbitant »
Concernant la dépréciation récente du yuan, M. Trump se plaint, là aussi, d’un problème dont il est en partie responsable. La menace de taxer une grande partie des exportations chinoises à destination des Etats-Unis ne peut qu’inciter Pékin à laisser filer sa devise pour tenter d’absorber le choc. Il semble toutefois peu probable que la Chine aille beaucoup plus loin dans cette direction, au risque d’encourager une fuite des capitaux qui handicaperait à terme son économie. Donc, là encore, la manipulation tient du fantasme.
Après la guerre commerciale, M. Trump agite désormais l’épouvantail d’une guerre des monnaies. Mais le système de taux de changes flottants en vigueur depuis la fin de la convertibilité du dollar en 1971 est ce qu’il est : un système de vases communicants dans lequel une devise ne peut se déprécier que si une autre monte, parfois de façon erratique.
Du fait de la prééminence du dollar sur les échanges mondiaux, il ne tient qu’aux Etats-Unis de prendre l’initiative d’œuvrer pour un système des changes plus stable. L’une des pistes consisterait à renoncer au « privilège exorbitant » du dollar comme monnaie de réserve internationale, considéré d’ailleurs comme l’une des principales causes du déficit commercial américain.

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M. Trump ferait ainsi d’une pierre deux coups. Mais, outre sa faible appétence pour le multilatéralisme, il ne peut pas se permettre d’affaiblir le rôle du dollar comme monnaie de réserve, car les Etats-Unis doivent continuer à attirer en masse les capitaux pour financer leur énorme déficit budgétaire creusé par… M. Trump et sa politique économique expansionniste. Le président américain n’a donc pas fini de déplorer les effets dont il chérit les causes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Cour suprême est accusée d’outrepasser son rôle dans sa croisade anticorruption.
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édition abonné


Les juges pakistanais s’immiscent dans la campagne électorale

La Cour suprême est accusée d’outrepasser son rôle dans sa croisade anticorruption.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h28
    |

            Louis Imbert (Lahore, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Quelque peu à l’écart des candidats en campagne et des généraux ombrageux, un troisième personnage détermine les élections générales pakistanaises, prévues le 25 juillet. C’est un juge, Mian Saqib Nisar. Depuis deux ans, le chief justice de la Cour suprême n’a cessé de bousculer la classe dirigeante de son pays, et la morgue habituelle à sa fonction. Il mène une croisade flamboyante contre la corruption.
La Cour a destitué l’ex-premier ministre Nawaz Sharif en juillet 2017, après des révélations sur la détention par sa famille d’un luxueux appartement à Londres, à travers des holdings offshore. Elle a jugé qu’il avait enfreint la Constitution en se montrant « malhonnête ». M. Sharif s’est vu interdire de se présenter aux élections et de garder les rênes de son parti, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N). Dans un avis rendu quelques mois plus tôt, l’un des magistrats avait jugé opportun de mentionner une citation de Balzac, qu’il avait dit avoir trouvée dans le roman Le Parrain de Mario Puzo : « Derrière chaque grande fortune, il y a un crime. »
La fille de M. Sharif, Maryam, en a appelé « au tribunal du peuple » contre l’institution, dont les jugements sont sans appel. Pour faire bonne mesure, la Cour s’est penchée sur l’« honnêteté » du principal rival de M. Sharif, l’ex-joueur de cricket Imran Khan, que le PML-N accuse d’avoir les faveurs de l’armée. Elle n’a pas trouvé matière à redire, mais elle a disqualifié certains de ses proches collaborateurs. « Les gens n’attendent pas de l’armée qu’elle soit indépendante, mais la justice… C’est la grande déception !, estime Ghazi Salahuddin, fondateur du quotidien The News. C’est elle qui a trahi le pays. Il paraît évident qu’elle suit les injonctions de “l’establishment” militaire : c’est une justice sélective. »
« Entente tacite entre l’armée et la Cour »
Le jeu est en réalité plus complexe. L’institution judiciaire s’est régulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Sous le couvert de la lutte antiterroriste, Bamako est soupçonné de soutenir certains groupes d’autodéfense. Une stratégie qui n’est pas nouvelle.
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Analyse

Au Mali, les liaisons dangereuses entre l’Etat et les milices

Sous le couvert de la lutte antiterroriste, Bamako est soupçonné de soutenir certains groupes d’autodéfense. Une stratégie qui n’est pas nouvelle.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 24.07.2018 à 11h16

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        Mis à jour le 24.07.2018 à 11h26






                        

Crédits : STR / AFP


                    

« Nous allons désarmer les milices. C’est le début de la réconciliation. » En tournée dans le centre du pays, fin mars, les mots du premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maïga, redonnent espoir à des populations qui, depuis plusieurs mois, ne cessent de compter leurs morts. Entre avril et juin, au moins 43 civils ont été tués dans le centre, lors d’attaques ciblées et de conflits intercommunautaires, selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali, publié le 6 juin.

Ces conflits opposent surtout des éleveurs peuls aux cultivateurs dogon et aux Dozo, des chasseurs traditionnels. Des milices sont désignées comme responsables par les deux parties : Dan na Amassagou, qui défend les Dogon, est pointé du doigt par les Peuls, tandis que les Dogon accusent les Peuls de l’Alliance pour le salut au Sahel (ASS).
Ces dernières semaines, les rumeurs enflaient quant à un supposé soutien de l’Etat à la milice Dan na Amassagou. Pour lutter contre un terrorisme qui s’étend au centre du Mali, et qui y est incarné par un prédicateur peul nommé Hamadoun Koufa, l’Etat soutiendrait la partie adverse. « Ce n’est pas réel. L’Etat n’a pas vocation à créer ou à soutenir une milice. Son rôle est d’assurer la sécurité des populations et de combattre ces milices », affirme avec vigueur le colonel major Ismaïla Deh, conseiller technique au ministère de la sécurité.
Le 7 juillet, les forces de sécurité pénètrent à Kanou Kombolé et tentent de désarmer des éléments de Dan na Amassagou. En vain. « Si l’Etat veut désarmer, il faut qu’il prenne ses responsabilités et assure au préalable la sécurité », tranche David Tembiné, le coordinateur de la milice. A la suite de ce refus, des centaines de motos auraient été incendiées, selon des sources locales. Le colonel major Ismaïla Deh « ne peut pas confirmer ces informations », et parle de « heurts entre les forces de sécurité et certains...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président Mnangagwa, qui doit faire face aux électeurs le 30 juillet, a rompu avec la réforme agraire menée par son prédécesseur Robert Mugabe.
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Reportage

L’espoir d’une ère nouvelle pour les fermiers blancs du Zimbabwe

Le président Mnangagwa, qui doit faire face aux électeurs le 30 juillet, a rompu avec la réforme agraire menée par son prédécesseur Robert Mugabe.

Jean-Philippe Rémy (Bulawayo, Zimbabwe, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 24.07.2018 à 11h08

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        Mis à jour le 24.07.2018 à 11h19






                        

Crédits : WILFRED KAJESE / AFP


                    

Pour trouver le chemin menant chez Berry, il faut se repérer tant bien que mal grâce aux bornes kilométriques de la route des environs de Bulawayo, au sud-ouest du Zimbabwe. Une barrière à vaches ouvre en grinçant vers la ferme Bickle où Berry, désormais, vit sur la dernière parcelle de ce qui fut une immense propriété familiale de 40 000 hectares. De la route, rien ne signale la demeure, maison de plain-pied de quelques pièces. Au bout du chemin, on a tendu des écrans géants de tissus d’extérieur pour boucher la vue.

Derrière les écrans vert sombre, la scène est d’une douce tranquillité. Berry Bickle est en train d’arranger des fleurs. Des enfants jouent dans la piscine. C’est dimanche. Des amis, aux familles dispersées entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, sont venus déjeuner. Milieu ouvert, progressiste, inhabituel chez les fermiers blancs. Un petit-fils métis court partout. Il va de soi que les nouveaux voisins noirs, installés sur les parcelles distribuées après l’expropriation des terres de la famille Bickel, n’ont pas été invités. Les relations sont exécrables.
Laissé pour mort
A l’intérieur de la maison ancienne, l’impression de vivre en état de siège s’est atténuée depuis qu’Emmerson Mnangagwa a pris le pouvoir, en novembre 2017, lors d’un coup d’Etat en douceur. L’ex-vice président, surnommé, depuis la guerre civile, « Ngwenya » (le Crocodile), a mis fin à la pression qui pesait sur les derniers fermiers blancs du Zimbabwe. Robert Mugabe n’avait reculé devant rien pour tenir le pays d’une main de fer depuis l’indépendance, en 1980, y compris en lançant une réforme agraire dite accélérée, qui s’était transformée en grande curée sur les terres des Blancs. Quand il a été chassé du pouvoir, il s’apprêtait à poursuivre les saisies.
« La question de nouvelles invasions appartient au passé. La loi doit prévaloir, a déclaré Emmerson Mnangagwa à un groupe de Blancs réunis à Harare, samedi 21 juillet. Il faut que...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le barrage s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau, et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », selon l’agence de presse officielle du pays.
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Effondrement d’un barrage au Laos, des centaines de personnes portées disparues

Le barrage s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau, et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », selon l’agence de presse officielle du pays.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h32
   





                        


Des centaines de personnes étaient portées disparues, mardi 24 juillet, au Laos au lendemain de l’effondrement d’un barrage hydroélectrique en construction dans ce petit pays d’Asie du Sud-Est, a annoncé l’agence de presse officielle laotienne.
Le barrage, situé dans la province d’Attapeu (Sud-Est), non loin de la frontière vietnamienne, s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », a précisé l’agence de presse officielle du régime. « Plusieurs maisons ont aussi été détruites » dans la catastrophe, d’après l’agence.
Près de 6 600 personnes étaient également sans abri mardi soir et les autorités tentaient de les évacuer de la zone sinistrée. La Thaïlande voisine a envoyé des secouristes en renfort, mais la zone sinistrée est entourée d’une forêt dense, ce qui pourrait compliquer les opérations.
Le premier ministre, Thongloun Sisoulith, s’est rendu sur place pour superviser les opérations, d’après l’agence de presse laotienne KPL. Phnom Pen s’est dit de son côté prêt à faire évacuer des habitants de la province cambodgienne de Stung Trend, frontalière avec le Laos, à quelque 70 kilomètres de la zone sinistrée.
Plusieurs dizaines de barrages sont actuellement en construction au Laos, qui exporte la majeure partie de son énergie hydroélectrique vers les pays voisins, notamment en Thaïlande.
Des barrages néfastes pour l’environnement et les économies locales
Depuis plusieurs années, des organisations environnementales expriment leurs inquiétudes quant aux ambitions hydroélectriques du Laos, notamment l’impact des barrages sur le Mékong, sa flore et sa faune, les populations rurales et les économies locales qui en dépendent.

        Lire notre reportage:
         

          Le fragile Laos menacé par une cinquantaine de barrages



Le barrage de la province d’Attapeu, un projet de plus de 1 milliard de dollars, est en cours de construction depuis 2013. Il est développé par Xe Pian-Xe Namnoy Power Company (PNPC), une coentreprise formée par la société thaïlandaise Ratchaburi Electricity Generating Holding, l’entreprise coréenne Korea Western Power et la compagnie publique laotienne Lao Holding State Enterprise. Selon PNPC, « l’accident a été causé par des pluies continues qui ont fait s’accumuler d’importantes quantités d’eau dans le réservoir » du barrage.
D’une puissance de 410 mégawatts, il devait commencer à fournir de l’électricité à partir de 2019, d’après le site de PNPC. Et 90 % de l’énergie produite devait être exportée en Thaïlande, le reste étant distribué localement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Joao Lourenço a abrogé en juin une concession accordée à la société de la fille de l’ex-président angolais pour la construction d’un port en eaux profondes.
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Compte rendu

Nouveau bras de fer entre le président angolais et Isabel dos Santos

Joao Lourenço a abrogé en juin une concession accordée à la société de la fille de l’ex-président angolais pour la construction d’un port en eaux profondes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-24T10:36:44+02:00"

        Le 24.07.2018 à 10h36






    
La femme d’affaires et fille de l’ancien président angolais Isabel dos Santos à Maia, au Portugal, en février 2018.
Crédits : MIGUEL RIOPA / AFP


La femme d’affaires et fille de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos a dénoncé, lundi 23 juillet, l’annulation par le nouveau chef de l’Etat Joao Lourenço d’un contrat accordé à l’une de ses sociétés, nouvel épisode des tensions entre tenants de l’ancien et du nouveau régime.
En août 2017, quelques semaines avant la prise de fonction de Joao Lourenço, l’Etat angolais avait octroyé à la société Atlantic Ventures, propriété de la richissime Isabel dos Santos, la construction d’un port en eaux profondes à Barra do Dande (nord-ouest), le long de la côte Atlantique.

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Dans la foulée, le gouvernement avait émis une garantie d’Etat de 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros) afin de permettre à Atlantic Ventures de commencer sans tarder les travaux.
Mais en juin, M. Lourenço a publié un décret abrogeant la concession accordée à Atlantic Ventures pour « ne pas avoir respecté les dispositions légales » d’une loi sur les marchés publics, en clair d’avoir bénéficié du contrat sans appel d’offres.
« Aucune expérience »
Le ministère des transports a justifié l’annulation du contrat en affirmant que la société de Mme dos Santos n’avait « aucune expérience » en matière de construction et en jugeant « peu crédible » son plan de financement du projet.

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Dans un communiqué consulté par l’AFP lundi, Atlantic Ventures a riposté en assimilant la décision du gouvernement à une « expropriation » et exigé le « paiement d’indemnités (…), ce qui implique des coûts supplémentaires pour l’Etat et donc pour le contribuable ».
José Eduardo dos Santos a dirigé l’Angola pendant trente-huit ans, un règne au cours duquel il a mis l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

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Issu du même Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir depuis l’indépendance en 1975, M. Lourenço lui a succédé en septembre 2017 après les élections en promettant de relancer l’économie et d’éradiquer la corruption. Il a limogé Isabel dos Santos de son poste de PDG de la compagnie pétrolière publique Sonangol. Elle est aujourd’hui accusée de détournement de fonds.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les quatre principaux acteurs de la crise politique ont réaffirmé, lors de la visite du chef de la diplomatie française, leur volonté de tenir le calendrier décidé fin mai.
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Décryptage

Paris maintient la pression pour des élections en Libye « d’ici la fin de l’année »

Les quatre principaux acteurs de la crise politique ont réaffirmé, lors de la visite du chef de la diplomatie française, leur volonté de tenir le calendrier décidé fin mai.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-24T10:14:44+02:00"

        Le 24.07.2018 à 10h14






    
Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves le Drian lors d’une rencontre avec le chef du Gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj à Tripoli, le 23 juillet 2018.
Crédits : STR / AFP


Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a rencontré les principaux responsables politiques libyens, lundi 23 juillet, pour pousser à des élections en décembre dans ce pays en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
« A Paris, les responsables libyens se sont engagés à tenir des élections présidentielle et législatives suivant un calendrier précis, d’ici la fin de l’année », a-t-il martelé à l’issue d’un entretien avec le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, à Tripoli.

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« C’est ce à quoi aspirent les citoyens libyens (..) C’est le chemin à suivre et je suis venu rappeler ces engagements et ce calendrier à ceux qui les ont pris et partager cette démarche avec ceux qui n’étaient pas à Paris le 29 mai », a souligné le ministre.
Réunifier les institutions
Sept ans après l’intervention militaire occidentale, la Libye reste plongée dans l’instabilité, avec deux autorités politiques rivales, le GNA à Tripoli, reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle dans l’est du pays, la Chambre des représentants, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar et son armée.
Jean-Yves Le Drian s’est rendu dans le fief de chacun des protagonistes de l’accord de Paris. Outre M. Sarraj et le président du Conseil d’Etat (chambre haute), Khlaled Al-Mechri, à Tripoli, il a rencontré le maréchal Haftar à son QG de Benghazi (est) et le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah, à Tobrouk (est), à 1 200 km de la capitale.

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Les quatre responsables se sont engagés à organiser des élections le 10 décembre et à réunifier les institutions du pays, à commencer par la Banque centrale, gardienne des ressources tirées du pétrole.

    
Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves le Drian lors d’une rencontre avec le maréchal Khalifa Haftar, près de Benghazi, le 23 juillet 2018.
Crédits : VALERIE LEROUX / AFP


Le « Parlement de Tobrouk » doit au préalable adopter une « base constitutionnelle », définissant les pouvoirs du président, et des lois électorales d’ici au 16 septembre, en vue d’un référendum, sur la base du projet proposé par l’Assemblée constituante en juillet 2017.
« J’ai entendu la grande détermination du président Salah (…) Je n’ai aucune inquiétude ni sur sa détermination ni sur le calendrier des différentes échéances à venir », a assuré Jean-Yves le Drian à Tobrouk.
Méfiance
Le ministre français a aussi fait étape à Misrata, la ville côtière à 200 km à l’est de Tripoli qui compte des milices parmi les plus puissantes du pays et n’avait pas été associée au processus de Paris. Il y a rencontré le maire Moustafa Kerouad, des élus locaux et des parlementaires.
La France « appuie les efforts de tous ceux » qui œuvrent pour des élections, a insisté M. Le Drian. Il a annoncé une contribution française d’un million de dollars (850 000 euros) pour l’organisation des scrutins.

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L’initiative française suscite la méfiance des groupes hostiles à Khalifa Haftar, qui estiment que Paris n’est pas « neutre » et soutient le maréchal, perçu par la France comme un rempart contre le terrorisme avec son « armée nationale libyenne » autoproclamée.
« La France soutient l’ensemble des forces libyennes qui luttent contre le terrorisme partout sur le territoire (…) Ce combat, nous continuons de le mener ensemble », a répliqué M. Le Drian qui a rencontré à Tripoli des unités militaires antiterroristes sous contrôle du GNA.

