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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Après Gérard Collomb, Michel Delpuech et Alain Gibelin lundi, c’est au tour de Patrick Strzoda d’être entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le premier ministre et son gouvernement ont fait face, mardi, aux questions des deux chambres du Parlement.
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Pour Edouard Philippe, le cas Benalla est une « dérive individuelle » plutôt qu’une « affaire d’Etat »

Le premier ministre et son gouvernement ont fait face, mardi, aux questions des deux chambres du Parlement.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 18h11
   





                        



La séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale du 24 juillet a été quasiment entièrement consacrée à l’affaire Benalla révélée par Le Monde – du nom de ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron filmé en train de frapper des manifestants en marge du défilé du 1er-Mai cette année à Paris.
Pendant une heure, le chef du gouvernement, Edouard Philippe, a défendu la gestion de la crise par l’Elysée, dans une ambiance électrique et face à un hémicycle quasiment plein.

        Sur la journée d’auditions de lundi :
         

          L’opposition demande l’audition de Macron, le gouvernement dénonce un « tribunal politique »



« Une dérive individuelle ne fait pas une affaire d’Etat »
L’offensive a été ouverte par Christian Jacob. Le président du groupe Les Républicains a interrogé le premier ministre sur le silence du gouvernement quant à l’affaire Benalla et sur les raisons de l’ascension fulgurante du jeune homme. Des interrogations auxquelles Edouard Philippe a répondu en mettant en avant la responsabilité individuelle de M. Benalla :
« Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d’Etat. Les copinages malsains évoqués hier [par le préfet de police de Paris Michel Delpuech] ne font pas une affaire d’Etat. (…) Je prendrai moi-même les mesures qui s’imposent pour éviter que de tels dysfonctionnements puissent se reproduire. »
« Je conçois que l’on puisse peut-être poser des questions sur l’éventuelle proportionnalité de la décision qui a été prise [de mettre à pied M. Benalla 15 jours en mai]. Mais la célérité de la réponse n’est pas contestable », a-t-il encore répondu à Christian Jacob, qui avait annoncé dans la matinée du 24 juillet son intention de déposer dans les prochains jours une motion de censure contre le gouvernement.

        Lire :
         

          Les députés Les Républicains vont déposer une motion de censure contre le gouvernement



« Rien n’a été masqué, rien n’a été omis »
Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche, s’est alarmée des nouvelles révélations quotidiennes charriées par l’affaire et des « passe-droits qui semblent avoir été accordés depuis l’Elysée ». 
« Vous indiquez que dans les événements mentionnés, il y aurait pu avoir une volonté de masquer. C’est faux, entièrement faux, a contre-attaqué le premier ministre. D’abord parce que dès que ce comportement a été connu, une sanction a été prise, et a été effective. Toutes les réactions ont été prises lorsque les faits ont été connus. Vous pouvez contester la proportionnalité, mais rien n’a été masqué et rien n’a été omis. »
Le président du groupe MoDem, Marc Fesneau, a par la suite demandé à Edouard Philippe comment ce dernier comptait rétablir la confiance et la sérénité à l’égard du gouvernement. « Un comportement exemplaire, ce n’est pas un comportement infaillible. Une République exemplaire, ce n’est pas une République infaillible », a répondu le chef du gouvernement – avant de mettre en avant « l’exemplarité » du gouvernement. 
« Je considère que la sanction a été proportionnée, alors même qu’aucune plainte n’avait été déposée, alors même que cela s’était produit dans un contexte d’immense violence. Les procédures ont été immédiatement engagées, c’est ça être exemplaire. »
« Il n’existe aucune police parallèle »
Peu après, André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, a accusé le premier ministre de refuser de prendre l’ampleur de la crise en compte, « qui ternit pourtant l’image de la France à l’étranger » et serait « l’expression des dérives d’un régime hyperprésidentialisé ». Des accusations réfutées par Edouard Philippe : « Je ne crois pas que notre pays aurait sombré depuis la semaine dernière dans une crise de régime, que son image internationale s’en trouverait ternie », a-t-il affirmé.
Les questions se sont poursuivies avec l’intervention de Laurence Trastour-Isnart, députée Les Républicains des Alpes-Maritimes : « Comment accepter que le président confie autant de privilèges à un jeune homme de 26 ans aux fonctions obscures ? (…) Comment justifier ce système monarchique où notre pays est confié à un cercle de conseillers tout-puissants ? On assiste aux dérives du pouvoir central qui veut supprimer tous les contre-pouvoirs pour accentuer les siens. » Concluant son intervention sur cette dernière question, Edouard Philippe a affirmé qu’il n’existait « aucune parallèle ». « Les dysfonctionnements ont fait l’objet d’une demande du président au secrétaire général de l’Elysée, ces dysfonctionnements et l’organisation vont être corrigés », a déclaré le premier ministre.
« Trois enquêtes sont en cours »
Après les députés, Edouard Philippe et ses ministres ont répondu aux questions des sénateurs. Catherine Troendlé, vice-présidente LR du Sénat, a pointé le mutisme du président de la République dans cette affaire :
« Un chef doit assumer. Pouvez-vous nous dire où est passé le président de la République ? »
« Aux dernières nouvelles, le président de la République est à l’Elysée », a répondu dans un sourire le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avant de redire que M. Benalla avait été sanctionné et le président de la République avait demandé à Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, de proposer une réorganisation afin d’empêcher tout nouveau « dysfontionnement ». « Trois enquêtes sont en cours », a-t-il aussi rappelé pour signifier qu’il n’y a, selon lui, pas de faute dans la gestion de cette affaire.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le secrétaire général d’Unité SGP Police FO a déploré, lors de son audition au Sénat le 24 juillet, la présence de « personnel privé » au sein du groupe de sécurité de la présidence de la République.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’ex-secrétaire général d’En marche ! qui aurait supervisé le recrutement d’Alexandre Benalla occupe une place stratégique à l’Elysée. Les deux hommes sont restés proches.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ludovic Chaker, l’autre conseiller secret de l’Elysée

L’ex-secrétaire général d’En marche ! qui aurait supervisé le recrutement d’Alexandre Benalla occupe une place stratégique à l’Elysée. Les deux hommes sont restés proches.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h18
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            
Depuis une semaine, tout le monde connaît le « cow-boy » de l’Elysée, Alexandre Benalla. On ignore que le Palais a aussi son « ninja ». Tel est le surnom de Ludovic Chaker, 39 ans, amateur d’arts martiaux et amoureux de culture asiatique, ex-secrétaire général d’En marche ! et collaborateur influent d’Emmanuel Macron. Un homme invisible dans l’organigramme officiel. Lui aussi occupe depuis l’élection présidentielle un bureau à l’Elysée et un poste encore plus stratégique au Palais. Contacté lundi par Le Monde, Ludovic Chaker n’a pourtant pas souhaité détailler ses fonctions exactes, invoquant des raisons de sécurité. Mardi matin, le cabinet du président de la République nous a précisé qu’il occupait le poste de « chargé de mission auprès du chef d’état-major particulier » du président. 
C’est lui qui aurait supervisé le recrutement d’Alexandre Benalla comme directeur de la sécurité du candidat. Surtout, c’est lui qui, après avoir organisé des meetings et mobilisé une armée de bénévoles pendant la campagne du candidat Macron, s’occuperait de renseignement et de terrorisme auprès du chef de l’Etat.
Le président dispose pourtant d’un très officiel coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT), Pierre de Bousquet de Florian, ancien patron de la direction de la surveillance du territoire (DST), un pro qui n’a le droit de rencontrer des journalistes qu’en présence de Sibeth Ndiaye, la conseillère presse du président. Ce service a été installé il y a peu à l’hôtel de Marigny, juste à côté de l’Elysée.
Pas davantage que celui d’Alexandre Benalla, le recrutement de Ludovic Chaker n’a fait l’objet d’une annonce dans le Journal officiel. On suit sa carrière au fil des décrets annonçant son entrée dans la réserve opérationnelle de l’armée de terre, en 2005, et les promotions successives qui l’ont conduit, en décembre 2017, jusqu’au grade de commandant. Ludovic Chaker n’a pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron

Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, sera entendu, mardi après-midi, par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h48
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Commission d’enquête sur l’affaire Benalla, acte II. Mardi 24 juillet dans l’après-midi et en soirée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, puis Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), et Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, doivent être auditionnés par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée en commission d’enquête.
Ils seront interrogés sur les manquements ayant conduit aux faits commis par Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron accusé, notamment, de violence sur deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai à Paris.
La veille, les six heures d’audition cumulées – du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin – n’ont pas réussi à éclaircir un certain nombre de questions suscitées par cette affaire Benalla.

        Lire le récit :
         

          journée extraordinaire à l’Assemblée



Qui a accepté que M. Benalla soit présent au côté des policiers le 1er mai, qui en a été informé et par qui ?
A l’Elysée, c’est M. Strzoda qui assure avoir accordé la possibilité à M. Benalla d’accompagner des policiers lors des manifestations.
« Alexandre Benalla m’avait prévenu deux jours plus tôt qu’il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er-Mai. Il m’en a demandé l’autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu’il y allait en observateur », a expliqué, il y a une semaine, M. Strzoda au Monde.
Ce statut d’« observateur » est donné, selon le préfet de police, Michel Delpuech, à des collaborateurs, journalistes, magistrats ou stagiaires désireux de voir de l’intérieur les interventions de la police. Toutefois, ce statut n’implique pas de participation aux missions des forces de l’ordre. « Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait », a précisé M. Delpuech, lundi lors de son audition par la commission d’enquête.
Le préfet a déclaré que lui-même n’avait pas été informé de la sollicitation de M. Benalla – il a cependant précisé qu’il lui aurait accordé le statut d’observateur si on le lui avait demandé.
« M. Benalla ne bénéficiait d’aucune autorisation pour être présent en tant qu’observateur sur cette manifestation », a assuré de son côté le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.
Ce dernier a déclaré que c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à M. Benalla. C’est aussi ce qu’a déclaré M. Delpuech, précisant que M. Simonin n’en avait pas averti sa hiérarchie.
M. Simonin a été mis en examen pour avoir contribué à la transmission d’images de vidéosurveillance à M. Benalla au soir du 18 juillet.
Qui a donné à M. Benalla, le 1er mai, un casque, un brassard ainsi qu’une radio de police ?
Le casque dont était équipé M. Benalla le 1er mai lui avait été fourni par M. Simonin, a déclaré M. Gibelin. « Je n’ai aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque », a-t-il ajouté, faisant référence au brassard et à la radio de police dont disposait Alexandre Benalla le 1er mai. MM. Collomb et Delpuech ont, eux aussi, assuré qu’ils en ignoraient l’origine.
Cette interrogation ne sera éclaircie que par les conclusions de l’enquête administratives de l’IGPN, dont les auditions sont en cours.
Qui a été informé, et quand, de l’existence de la vidéo sur laquelle on voit M. Benalla frapper des manifestants ?
Selon M. Collomb, la personne qui a lancé l’alerte est Vincent Caure, collaborateur de M. Macron chargé des réseaux sociaux à l’Elysée. Le ministre a expliqué qu’après avoir pris connaissance de la vidéo le 2 mai « en début d’après-midi », M. Caure a alerté Jean-Marc Girier, son chef de cabinet, qui, peu après, a informé Stéphane Fratacci, son directeur de cabinet, de l’existence de la vidéo. Ce dernier a, par la suite, transmis l’information à l’Elysée.
M. Delpuech a déclaré, pour sa part, que c’est « vers 10 heures » le 2 mai qu’il lui a été révélé que « circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er-Mai » et qu’il a « demandé à en savoir plus ». M. Delpuech dit avoir reçu, à 10 h 15, un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, lequel lui parle de M. Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Le préfet dit avoir alors visionné la vidéo avec son directeur de cabinet avant de joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond qu’« il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». 
Selon le récit du préfet, le cabinet de M. Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment où le ministre en aurait été informé, selon ses propres dires. Les deux versions ne sont pas incompatibles. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Lire :
         

          Les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations



Pourquoi l’article 40 n’a-t-il pas été appliqué ?
MM. Collomb, Delpuech et Gibelin ont longuement été interrogés sur le fait que l’article 40 du code de la procédure pénale n’a pas été actionné.
Pour rappel, cet article prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé qu’il appartient aux personnes en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de « recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale ».
Une défense visant implicitement M. Strzoda et le désignant comme étant celui qui aurait pu avertir le procureur en vertu de l’article 40. L’ancien préfet sera auditionné par la commission des lois mardi 24 juillet à 16 h 30.

        Lire avant son audition :
         

          Patrick Strzoda, un haut fonctionnaire expérimenté embarqué dans une affaire d’Etat



M. Benalla a-t-il été réellement suspendu ?
M. Gibelin, devant commission d’enquête, a affirmé que M. Benalla était présent au cours de réunions de travail s’étant tenues entre le 4 et le 19 mai. Or c’est la période durant laquelle M. Benalla a été suspendu de ses fonctions en raison d’un comportement « manifestement inapproprié », comme une lettre de M. Strzoda le lui a signifié.
« L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », a déclaré M. Gibelin au cours de son audition.
La présidence de la République avait réagi, mardi, en assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ».
Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans cette lettre, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ». Il invoque également une incompréhension au niveau des dates évoquées.

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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/24/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Bon nombre de journaux, à travers leurs éditoriaux, considèrent que le chef de l’Etat « doit assumer sa part d’erreurs. Seul, face aux Français », pour reprendre les termes du « Midi libre », par exemple.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : pour la presse, les auditions de la commission d’enquête « obligent » Macron « à sortir du silence »

Bon nombre de journaux, à travers leurs éditoriaux, considèrent que le chef de l’Etat « doit assumer sa part d’erreurs. Seul, face aux Français », pour reprendre les termes du « Midi libre », par exemple.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 18h19
    |

                            Nina Jackowski








                        



   


L’affaire Benalla n’en finit plus de faire la « une » des journaux depuis les révélations du Monde du 18 juillet, identifiant, vidéo à l’appui, un proche collaborateur du président de la République, Alexandre Benalla, molestant deux manifestants en marge du défilé du 1er-Mai, place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris.
A l’issue des auditions, lundi 23 juillet, du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, et du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, une bonne partie de la presse française appelle le président de la République Emmanuel Macron à sortir de son silence.
Le président « jupitérien » se mure dans le silence face à la déflagration, souligne Arnaud Bodin dans L’Alsace :
« Il n’est pas là, il ne dit mot, mais on ne parle que de lui. »
La parole présidentielle est attendue, selon l’éditorialiste, qui souligne « l’embarras du Château » suite aux dernières auditions du ministre de l’intérieur et du préfet de police.
« Collomb et Delpuech obligent le chef de l’Etat à sortir du silence », renchérit Olivier Biscaye, dans le Midi libre.
« L’étau se resserre »
A l’Assemblée nationale, lundi, M. Collomb, a souligné la responsabilité du cabinet du président de la République. Pire, à une question de Marine Le Pen, M. Gibelin a affirmé que M. Benalla était présent à des réunions entre ses services et l’Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron était censé être suspendu.
Mardi matin, les proches de M. Macron ont démenti la version de M. Gibelin. Qui, quelques minutes plus tard, a affirmé s’être trompé dans les dates.
« L’étau se resserre autour de l’Elysée. Désormais, Emmanuel Macron doit assumer sa part d’erreurs. En passer par là pour mettre fin au supplice, c’est l’unique solution. Seul, face aux Français », avance Olivier Biscaye.
D’autant que le silence de M. Macron entretient les spéculations. Certains s’interrogent sur la présence d’un « embryon de police parallèle, incarnée par M. Benalla », souligne Jean Levallois dans La Presse de la Manche. Du simple cas déviant, le « shérif hyperactif » – comme le désigne l’éditorialiste – est devenu le déclencheur d’une crise politique sans précédent, mettant en lumière les failles du « système Macron ».
Le chef de l’Etat est toutefois sorti de son silence mardi en publiant quelques mots sur son compte Twitter ; mais pour exprimer sa solidarité envers la Grèce, en proie à des incendies meurtriers.

        Lire notre éditorial :
         

          Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat



« Ce n’est pas moi, c’est l’autre »
« Eberlué et désabusé », c’est ainsi que se qualifie Hervé Chabaud, dans L’Union et dans l’Ardennais, face à cette « insincérité flagrante » suite à l’audition de M. Collomb, qui affirme ne rien savoir du proche de M. Macron : « Je n’ai jamais évoqué le cas de M. Benalla avec le président. »
Les dénonciations en chaîne témoignent des failles de la stratégie de communication du gouvernement, où certains voient un changement d’époque en politique, comme Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées :
« Le temps n’est plus, où des dignitaires de la République étaient prêts à accepter de se sacrifier judiciairement et politiquement, par fidélité ou conviction, afin de protéger un président menacé. »
Qu’il se rassure, selon Jean-Louis Hervois dans La Charente libre, après « le jeu du “c’est pas moi, c’est l’autre” (…), Patrick Strzoda, chef de cabinet à l’Elysée, pourrait fournir le bon fusible avant que tous ne pètent les plombs. » M. Strzoda doit être auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, mardi à 16 h 30.
Le « Benellagate » porte un coup d’arrêt à la frénésie des réformes engagées par le gouvernement, soulignent aussi certains journaux. « Ce n’est plus Jupiter omnipotent, mais Jupiter empêtré », avance Jean-Francis Pécresse dans Les Echos, rappelant la suspension de la révision constitutionnelle, marquant la victoire symbolique de l’opposition.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le « petit gars de la Madeleine », une ZUP d’Evreux, a réussi à se forger une place prépondérante auprès du chef de l’Etat.
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édition abonné


Alexandre Benalla, les mystères d’une ascension

Le « petit gars de la Madeleine », une ZUP d’Evreux, a réussi à se forger une place prépondérante auprès du chef de l’Etat.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 16h16
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            

C’est un gros trousseau mé­tallique. Accrochée à l’anneau, l’une des clés ouvre le petit portail gris du Touquet, au pied de l’escalier qui mène à la maison de Brigitte et Emmanuel Macron, ce lieu de vacances où le président de la République aime passer week-ends et moments en famille, avec les enfants et les petits-enfants de sa femme. Alexandre Benalla y accompagne souvent le couple, pour assurer sa sécurité. Lorsqu’il va dîner en ville au Café des sports ou quand il regagne Paris et l’Elysée, Alexandre Benalla ouvre et ferme la maison.
On ne se sépare pas facilement d’un homme auquel on a confié les clés de son intimité. On ne quitte pas de gaieté de cœur un compagnon de route qui connaît une bonne dose des secrets de campagne, écoute et participe aux conversations au sommet. Benalla était bien davantage qu’un simple garde du corps présidentiel, bien plus qu’un homme chargé « de la logistique et des bagages », comme l’a dit lundi 23 juillet le patron de La République en marche, Christophe Castaner.
Il rencontrait des élus, des chefs d’entreprise et des lobbyistes, croisait des hommes du renseignement, des avocats et des hommes de pouvoir étrangers. La confiance était telle qu’il participait, selon une source à l’Elysée, au petit groupe de travail préparant la réforme de la sécurité du Palais, visant à créer une direction de la sécurité de la présidence de la République, une structure indépendante de la police et de la gendarmerie et rattachée directement au chef de l’Etat.
« Un monde de mythomanes »
« Qu’est-ce que je demande, pour après ? », s’interrogeait Alexandre Benalla devant quelques-uns de ses amis au lendemain du premier tour alors que la victoire de son champion Emmanuel Macron devenait une évidence. Il réfléchit à un poste au ministère de l’intérieur, dont on dit alors qu’il reviendra à Christophe Castaner, croisé et recroisé au cours de la campagne. Benalla préfère suivre Emmanuel Macron et choisit un simple...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ « Nous souhaitons que le gouvernement s’explique », a déclaré mardi le président du groupe à l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : les députés Les Républicains vont déposer une motion de censure contre le gouvernement

« Nous souhaitons que le gouvernement s’explique », a déclaré mardi le président du groupe à l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h10
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 14h11
   





                        



   


Le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, a annoncé mardi 24 juillet que son groupe allait déposer une motion de censure contre le gouvernement à la suite de l’affaire Benalla. « Nous souhaitons que le gouvernement s’explique », a expliqué M. Jacob, justifiant cette motion par le fait que « le gouvernement a failli sur l’organisation de la protection du président de la République ».
« Nous n’allons pas faire tomber le gouvernement, mais le premier ministre sera obligé de nous répondre. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse depuis cinq jours », a ajouté le député de Seine-et-Marne lors d’une conférence de presse.
La motion de censure n’a pas encore été déposée formellement, mais une fois que cela sera fait, elle ne pourra pas être discutée avant un délai de quarante-huit heures. Si elle est déposée mardi après-midi, elle pourrait être discutée à partir de jeudi, mais M. Jacob réserve encore la date de dépôt. « On le fera au moment opportun », a-t-il précisé.
Pour pouvoir être déposée, une motion de censure doit réunir 58 signatures ; le groupe LR compte à lui seul 103 membres.

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                La stratégie de l’Elysée se fracasse sur la réalité de l’affaire Benalla



Edouard Philippe accuse l’opposition de « vouloir la crise »
Le premier ministre, Edouard Philippe a accusé l’opposition, devant les députés LREM réunis à huis clos mardi matin, « de ne pas vouloir la vérité mais la crise », selon des propos rapportés par des participants.
Les oppositions « veulent nuire, nuire au président de la République, nuire au gouvernement, nuire à la majorité. Et elles vont feuilletonner pour que la polémique dure le plus longtemps possible », a déclaré M. Philippe selon un participant, en dénonçant « l’obstruction et l’instrumentalisation politique ».
Le premier ministre, qui a remercié le groupe « de faire bloc », a par ailleurs assuré qu’Emmanuel Macron « s’exprimera le moment venu » sur ce qu’il a appelé une « crise politique, parlementaire et médiatique ».

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er-Mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris avait évoqué des réunions avec ses services pendant la période de suspension de Benalla. Mardi, il revient dessus.
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Affaire Benalla : Alain Gibelin revient sur certaines de ses déclarations

Le directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris avait évoqué des réunions avec ses services pendant la période de suspension de Benalla. Mardi, il revient dessus.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 13h33
   





                        



Sa déclaration sous serment avait fait bondir l’Elysée. Lors de son audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla, lundi 23 juillet au soir, Alain Gibelin avait contredit la version de l’exécutif. Interrogé par Marine Le Pen, le directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris (DOPC) avait reconnu que M. Benalla était présent à des réunions avec ses services entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle la suspension de l’adjoint du chef de cabinet évoquée par l’Elysée était en vigueur. « L’information de cette sanction ne nous a jamais été transmise », avait-il déclaré.

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                Affaire Benalla : l’audition d’Alain Gibelin fragilise la version de l’Elysée



Selon une information du Figaro confirmée au Monde, Yaël Braun-Pivet, présidente La République en marche (LRM) de la commission des lois de l’Assemblée nationale, a reçu mardi matin une lettre de M. Gibelin. Dans ce courrier, celui-ci revient sur ses déclarations formulées la veille, assurant avoir mal compris la question de Marine Le Pen, « à cause du bruit dans la salle ».

Le directeur de l'ordre public affirme que Benalla a participé à des réunions entre le 2 et le 18 mai https://t.co/ssNsrAJ2U1— BFMTV (@BFMTV)


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Il invoque également une incompréhension quant aux dates évoquées, affirmant qu’il a répondu à la députée en pensant qu’elle l’interrogeait sur la période comprise entre le 2 mai et le 18 juillet, a expliqué Mme Braun-Pivet à des journalistes.
Il dit aussi souhaiter être auditionné à nouveau, une demande à laquelle Mme Braun-Pivet a dit « réfléchir ». « Nous pouvons tout à fait le faire », a-t-elle déclaré.
Plus tôt, la présidence de la République avait démenti les déclarations initiales de M. Gibelin, assurant que M. Benalla n’avait participé à « aucune réunion pendant sa période de suspension ». « C’est parole contre parole », soulignait-on à l’Elysée.
Alexandre Benalla réagit dans un communiqué
Alexandre Benalla a lui-même réagi dans un communiqué adressé par l’un de ses avocats, Laurent-Franck Liénard, à l’Agence France-Presse et démenti « formellement » les déclarations de M. Gibelin au sujet de sa présence à des réunions sécuritaires au cours de sa suspension. « Durant cette période je me trouvais en Bretagne et peux évidemment le démontrer », a écrit M. Benalla.
Lors de l’échange, lundi soir, entre le patron de la DOPC et Mme Le Pen, M. Gibelin avait semblé confirmer la présence de M. Benalla à des réunions destinées à sécuriser la présence du président de la République dans la capitale.
« Comme vous nous avez indiqué tout à l’heure que monsieur Benalla était présent à l’intégralité de ces réunions, il ne vous est pas apparu qu’un jour monsieur Benalla n’était pas présent à une des réunions qui pourrait avoir eu lieu entre le 2 et le 18 mai ? », a interrogé Marine Le Pen.
« Non. Mais j’ai eu à dire et je répète que la sanction prise à l’encontre de monsieur Benalla à aucun moment n’a été portée ni à ma connaissance ni à celle de mes collaborateurs », lui a répondu Alain Gibelin.
« Nous avons bien compris que personne ne vous avait informé de cette sanction. Mais vous venez, par la réponse que vous venez de m’apporter, de m’indiquer que cette sanction n’a en réalité pas été appliquée. Puisqu’il y a eu des réunions entre le 2 et le 18 et monsieur Benalla était présent avec vos services », a relevé la députée Rassemblement national. Une assertion à laquelle M. Gibelin a répondu par l’affirmative : « Oui. »
Après que M. Gibelin est revenu sur ses propos, Marine Le Pen a réagi à l’antenne de BFM-TV, soulignant avoir « posé deux fois la question », dont « les réponses ont été extrêmement claires ». Le corapporteur (LR) de la commission des lois Guillaume Larrivé « a résumé l’échange » à la fin de l’audition. « Et monsieur Gibelin n’a pas, à ce moment-là, exprimé ni une incompréhension ni une dénégation des propos qu’il venait de tenir ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les membres du gouvernement préfèrent s’afficher « au travail », ce qui irrite les parlementaires, qui aimeraient être davantage soutenus.
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Sur l’affaire Benalla, les ministres font comme si de rien n’était

Les membres du gouvernement préfèrent s’afficher « au travail », ce qui irrite les parlementaires, qui aimeraient être davantage soutenus.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h27
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Au lendemain des révélations du Monde sur Alexandre Benalla, jeudi 19 juillet, la ministre de la culture tweete à 9 heures. « Toute la journée, les châteaux d’Europe vous invitent à partager vos souvenirs de visite avec le #PalaceDay : merci au château de Versailles d’y contribuer ! », écrit Françoise Nyssen. Samedi et dimanche, la ministre communique avec des photos d’elle au festival des Vieilles Charrues dans le Finistère. En quatre jours, rien sur ce qui est devenu « l’affaire Benalla ». Des messages déconnectés de l’actualité politique qui provoquent l’ironie des internautes.
Cet évitement en règle de la part de la plupart des ministres est en fait une stratégie : faire comme si de rien n’était et continuer à se montrer « au travail ». « On est centré sur nos sujets. On bosse. Vendredi, Stéphane Travert avait une réunion extrêmement importante avec des syndicats agricoles. Sur l’affaire, il n’y a pas de sujet pour nous. L’agenda n’a pas bougé », assure l’entourage du ministre de l’agriculture, non sans remarquer que « le fait qu’il n’y ait pas de consignes » de l’Elysée est peut-être aussi une partie du problème auquel est confronté l’exécutif depuis mercredi soir.
« Les ténors étaient tous planqués ! »
« Moment convivial à Aix-en-Provence avec les douaniers des brigades d’Aix et d’Avignon. Merci à toutes et tous pour votre accueil et le travail formidable que vous menez au quotidien contre le tabac illicite. » Le compte Twitter de Gérald Darmanin est aussi enthousiaste que la crise est grave. Quand il interrogé dans les médias sur l’affaire, le ministre répond, mais il a soigneusement évité de relayer ses interventions jusqu’au mardi 24 juillet, après une interview sur France Inter, comme pour montrer aux Français qu’il n’y a pas de sujet.
Encore moins diserts, les autres poids lourds du gouvernement se débrouillent pour aborder d’autres sujets dans la presse. Dans les colonnes du Journal du dimanche, le 22 juillet, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, pose en tenant un maillot des Bleus et se félicite : « Notre système d’intégration fonctionne mieux qu’on ne le dit. » Silence radio sur la tempête qui secoue l’Elysée.

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Lundi, Bruno Le Maire fait la « une » du journal La Croix. « J’appelle Donald Trump à la raison », exprime le ministre de l’économie, en déplacement au G20 en Argentine, sans un mot sur l’affaire qui agite le plus haut sommet de l’Etat. Une discrétion qui fait bondir certains députés de la majorité qui souhaiteraient « être un peu plus soutenus » alors qu’ils sont peu nombreux à écumer les plateaux de télévision.
« J’aurais aimé qu’il y ait une équipe soudée qui monte au créneau », confie ce parlementaire de La République en marche (LRM), très présent dans les médias depuis le début de l’affaire mais qui souhaite garder l’anonymat. « On attendait un peu de soutien, notamment de la part des ministres politiques comme Le Maire, Darmanin ou Lecornu », poursuit-il.
« Ils sont tous aux abris ! Où étaient leurs ténors ce week-end ? Ils étaient tous planqués ! », abonde Christian Jacob, le président du groupe Les Républicains de l’Assemblée nationale. Un député du groupe LRM, habituellement très présent à la télévision, le reconnaît : « Je me suis fait discret… » Et Aurore Bergé, qui a pris sa part en se rendant sur les plateaux d’en conclure : « C’est sûr, c’est plus facile de commenter la victoire des Bleus ! »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.
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Theresa May annonce qu’elle dirigera désormais les négociations sur le Brexit

Dans une déclaration écrite au Parlement, la première ministre britannique invoque la nécessaire « efficacité » du gouvernement dans les négociations avec les 27.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h40
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi qu’elle prenait désormais la direction des négociations sur la sortie de l’Union européenne, jusqu’ici dévolue au ministre du Brexit, qui l’assistera sur ce dossier.

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                Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit



« Il est essentiel que le gouvernement s’organise de la manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne », explique dans une déclaration écrite au Parlement la dirigeante conservatrice, ajoutant : « Je dirigerai (désormais) les négociations avec l’Union européenne ».

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                Mme May déclare préparer « les modalités d’une sortie » de l’UE « sans accord »



Un divorce à 40 milliards d’euros
Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici à la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Tour de France : Julian Alaphilippe remporte la 16e étape

Déjà vainqueur au Grand-Bornand, le Français s’impose à Bagnères-de-Luchon et conforte également son maillot à pois de meilleur grimpeur.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 17h46
   





                        



   


Une victoire dans les Alpes, un autre dans les Pyrénées : Julian Alaphilippe sait bien faire les choses. A Bagnères-de-Luchon, le Français a signé une deuxième victoire d’étape sur ce Tour de France 2018. « J’en reviens même pas, c’est un truc de malade », lâchait à chaud le coureur de la Quick-Step au micro de France 2 après l’arrivée.
Cette 16e étape longue de 218km a été courue sur un rythme très élevé dès le départ de Carcassonne. L’échappée a mis du temps à se dégager. Un groupe de 46 coureurs s’est dégagé avant le col du Portet d’Aspet, parmi eux Julian Alaphilippe et Warren Barguil, son principal adversaire pour le maillot à pois du meilleur grimpeur.
Mais quand le Breton calait au pied du col du Portillon, dernière difficulté de la journée, Julian Alaphilippe arrivait à suivre les accélérations des meilleurs grimpeurs du groupe. Dans le dernier kilomètre, il se lançait à la poursuite d’Adam Yates. Réputé meilleur descendeur que le Britannique, Alaphilippe poussait ce dernier à la faute dans un virage et volait vers la victoire.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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A l’arrivée, le coureur de 26 ans devance l’Espagnol Gorka Izaguirre, Yates, le Néerlandais Bauke Mollema et l’Italien Domenico Pozzovivo. Le groupe maillot jaune termine à 8’52’’ du vainqueur du jour. Comme prévu (et redouté) la grande explication entre favoris est remise à mecredi avec très courte (65km) mais terrible étape entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan.

📊 STAGE 16 - TOP 10 📊
— LeTour (@Le Tour de France)


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Dixième de l’étape, le maillot blanc Pierre Latour réalise une bonne opération au classement général et remonte de la 17e à la 13e place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
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Le fantasme d’une guerre des monnaies

Editorial. Donald Trump accuse la Chine et la zone euro de manipuler leurs devises respectives, mais si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Donald Trump devrait méditer l’aphorisme de Bossuet à propos de ses récentes diatribes contre la Chine et la zone euro, qu’il accuse de manipuler leurs monnaies respectives, tandis qu’il se dit mécontent des hausses des taux d’intérêt décidées par la banque centrale américaine. Si le dollar est fort aujourd’hui, c’est avant tout le fruit des propres décisions du président américain.
« La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt, alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux, avec un dollar devenant de plus en plus fort jour après jour, ce qui dégrade notre compétitivité », a affirmé M. Trump le 20 juillet. Il est vrai que le yuan a perdu 8 % de sa valeur depuis mars, tandis que le dollar s’est renchéri de près de 6 % en six mois par rapport à l’euro. « Les Etats-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu’ils vont très bien », peste le président américain.

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                Vers une guerre des monnaies ? La Chine réfute toute manipulation du yuan



C’est justement le « problème », dont M. Trump devrait se féliciter au lieu de s’en plaindre. La gigantesque baisse des impôts sur les entreprises votée fin 2017 a donné un nouvel élan à la croissance américaine. Celle-ci est désormais supérieure à celle de la zone euro, qui, au contraire, connaît un net ralentissement.
Sous l’effet de cette accélération de la conjoncture outre-Atlantique et d’un chômage ramené sous les 4 %, l’inflation décolle enfin, obligeant la Fed à remonter ses taux d’intérêt pour éviter une surchauffe de l’économie. L’Europe, elle, n’envisage pas de relever ses taux avant 2019. Logiquement, cet écart de rendement renforce l’attractivité des Etats-Unis pour les investisseurs, ce qui nourrit la hausse du dollar.
Renoncer à un « privilège exorbitant »
Concernant la dépréciation récente du yuan, M. Trump se plaint, là aussi, d’un problème dont il est en partie responsable. La menace de taxer une grande partie des exportations chinoises à destination des Etats-Unis ne peut qu’inciter Pékin à laisser filer sa devise pour tenter d’absorber le choc. Il semble toutefois peu probable que la Chine aille beaucoup plus loin dans cette direction, au risque d’encourager une fuite des capitaux qui handicaperait à terme son économie. Donc, là encore, la manipulation tient du fantasme.
Après la guerre commerciale, M. Trump agite désormais l’épouvantail d’une guerre des monnaies. Mais le système de taux de changes flottants en vigueur depuis la fin de la convertibilité du dollar en 1971 est ce qu’il est : un système de vases communicants dans lequel une devise ne peut se déprécier que si une autre monte, parfois de façon erratique.
Du fait de la prééminence du dollar sur les échanges mondiaux, il ne tient qu’aux Etats-Unis de prendre l’initiative d’œuvrer pour un système des changes plus stable. L’une des pistes consisterait à renoncer au « privilège exorbitant » du dollar comme monnaie de réserve internationale, considéré d’ailleurs comme l’une des principales causes du déficit commercial américain.

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                Commerce : « La Chine a beaucoup plus à perdre que nous », assure la Maison Blanche



M. Trump ferait ainsi d’une pierre deux coups. Mais, outre sa faible appétence pour le multilatéralisme, il ne peut pas se permettre d’affaiblir le rôle du dollar comme monnaie de réserve, car les Etats-Unis doivent continuer à attirer en masse les capitaux pour financer leur énorme déficit budgétaire creusé par… M. Trump et sa politique économique expansionniste. Le président américain n’a donc pas fini de déplorer les effets dont il chérit les causes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’ex-premier ministre emprisonné suspecte l’armée de soutenir son opposant, favori des élections générales qui se tiennent mercredi.
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Au Pakistan, le clan Sharif joue sa survie politique face à l’armée

L’ex-premier ministre emprisonné suspecte l’armée de soutenir son opposant, favori des élections générales qui se tiennent mercredi.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h31
    |

            Louis Imbert (Lahore, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Deux micros en mains, debout sur le marchepied d’une voiture tapissée de pétales de roses, Shahbaz Sharif n’y voit plus rien : les lampes des caméras de télévision l’aveuglent. Fort tard dans la nuit de dimanche 22 à lundi 23 juillet, le patron de la puissante Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), faction fondée par son frère de la formation qui porta la création du pays, achève sa campagne pour les élections générales pakistanaises, prévues le 25 juillet. M. Sharif mène une cavalcade motorisée à travers les quartiers ouvriers endormis du sud de Lahore, proche de la frontière indienne, le fief de sa famille.
Lent et grave, le dos rompu à force de sillonner ce pays de plus de 200 millions d’habitants, Shahbaz Sharif fait halte dans de petits rassemblements dits de « coin de rue », auprès de candidats locaux qui l’attendent si tard. Il fait l’éloge de son frère aîné, l’ex-premier ministre Nawaz Sharif, le chef de famille.
Condamné début juillet à dix ans de prison dans une affaire de corruption, avec sa fille Maryam, son héritière politique présumée, Nawaz Sharif ne peut pas faire campagne. Il a été incarcéré le 13 juillet, à son retour de Londres, où sa femme demeure hospitalisée pour un cancer. Depuis lors, c’est sur les épaules du cadet, Shahbaz, que repose l’avenir du parti, au pouvoir depuis 2013. Et la survie politique de cette famille, au cœur de la vie publique du pays depuis trois décennies.

Cela peut paraître un contre-emploi pour Shahbaz Sharif. A 66 ans, cet administrateur tient certes avec efficacité depuis dix ans, à Lahore, le gouvernement de la grande province du Pendjab. Mais il est réputé autoritaire, buté, sans charisme et mauvais tribun. Son parti le protège des journalistes – il n’a donné qu’une poignée d’interviews durant la campagne. Le don de l’écoute et la courtoisie exquise, l’art des alliances de salons, c’est Nawaz (68 ans) qui les possède. Son frère fait vaille que vaille bonne figure à la tête d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Des feux ravagent les abords de la capitale grecque depuis lundi. Vingt-six personnes sont notamment mortes piégées dans la cour d’une taverne, à 30 m de la plage.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/07/2018
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En Grèce, plus de soixante-dix morts dans des incendies autour d’Athènes

Des feux ravagent les abords de la capitale grecque depuis lundi. Vingt-six personnes sont notamment mortes piégées dans la cour d’une taverne, à 30 m de la plage.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 02h05
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 16h50
    |

                            Intérim (Athènes, correspondance)








                        



« C’est un moment difficile pour l’Attique, c’est une nuit très dure pour la Grèce », a déclaré le premier ministre grec, Alexis Tsipras, dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 juillet, alors que les incendies faisaient rage sur plusieurs fronts en Grèce, notamment en Attique, vers Corinthe et en Crète. Rentré précipitamment d’un déplacement en Bosnie, Alexis Tsipras a découvert une « situation hors de contrôle » et une « image sans commune mesure ».
Mardi 24 juillet au matin, la Grèce ravagée par les incendies s’éveillait sous le choc : au moins 74 personnes ont péri et 170 ont été blessées, selon un nouveau bilan des pompiers à la mi-journée. La plupart des victimes ont été piégées dans leur maison ou leur voiture près de la ville balnéaire de Mati et de Rafina, à une quarantaine de kilomètres au nord-est d’Athènes. Mardi matin, 26 corps carbonisés étaient encore retrouvés dans la cour à côté d’une taverne à Mati, à 30 m de la plage. « Ils essayaient de fuir vers la mer, ils n’ont pas eu le temps de se réfugier sur la plage… Je n’oublierai jamais la vue de ces corps morts », a confié, ému, à la télévision grecque, le président de la Croix-Rouge, Nikos Oikonomopoulos, présent sur les lieux de l’incendie.

   


Voitures abandonnées
Les images tragiques s’accumulaient dans les médias grecs mardi : quatre corps avaient été repêchés par les autorités portuaires dans la mer. Trois femmes et un enfant se sont noyés. Beaucoup voulant s’enfuir par la mer ont dû faire face à des vagues immenses, et 700 personnes ont préféré rester sur les plages de l’Attique en attendant d’être conduites vers le port de Rafina, pour être mises en lieu sûr.
La police portuaire mobilisait mardi matin plusieurs bateaux pour les transférer ; une équipe médicale était également à bord d’un navire de la police portuaire pour assurer les premiers secours. Sur le réseau social Twitter, toute personne possédant une embarcation était appelée à prêter main-forte. Par solidarité, plusieurs habitants de la zone ont essayé d’évacuer avec des caïques (bateaux) les personnes bloquées. Des taxis se rendaient aussi volontairement près de Rafina pour évacuer gratuitement les familles vers Athènes.
Les voitures brûlées sur la route reliant Rafina et Athènes ont été abandonnées, les conducteurs s’enfuyant, paniqués, vers la mer. Vangelis Bournous, le maire de la ville balnéaire de Rafina, a assuré mardi matin que « plus de 1 000 maisons ont été détruites, et 300 véhicules brûlés. Beaucoup de nos concitoyens vont rester sans logement et il faudra aussi trouver une solution pour eux ».
« Garder le calme »
M. Oikonomopoulos craint un bilan très lourd : « Toutes les maisons et les véhicules n’ont pas été fouillés, les pompiers et les secours risquent de découvrir d’autres horreurs. » Vers Kineta, deuxième front important de feux, la situation était aussi critique, puisque l’autoroute entre Athènes et Corinthe avait été fermée lundi soir, et le train arrêté pendant plusieurs heures. En Crète, près de La Canée, un autre incendie ne menaçant pas d’habitations était en passe d’être maîtrisé mardi matin. Sur les réseaux sociaux, plusieurs proches de personnes se trouvant dans les zones concernées par les incendies publiaient des photos des leurs et demandaient des nouvelles avec le hashtag #pirkagia (« incendie »).
« Nous devons garder notre calme pour sauver le bien le plus important : la vie humaine », a rappelé le premier ministre grec, demandant aux habitants des zones concernées de ne pas prendre de risque pour sauver leurs biens matériels. « Quinze départs de feu simultanés sur trois fronts différents en Attique » ont été déclenchés lundi en soirée, selon le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos. Des vents violents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une mer déchaînée avec 9 Beaufort, et des températures caniculaires de 40 °C ont rendu la tâche encore plus compliquée pour les secours. Sept Canadair, dix hélicoptères et plus de 300 camions de pompiers étaient mobilisés depuis lundi soir.
« Détecter toute activité suspecte »
La Grèce a activé dès lundi soir le mécanisme européen de protection civile pour obtenir des renforts venant d’autres Etats membres : deux Canadair d’Espagne et 60 pompiers de Chypre devaient être envoyés mardi matin en Grèce. En raison du nombre important de départs de feux simultanés, Athènes a demandé aussi des drones aux Etats-Unis « pour observer et détecter toute activité suspecte ». Les feux d’origine criminelle, en vue de spéculation immobilière, sont assez fréquents en Grèce. En 2007, les derniers feux les plus dévastateurs avaient fait 77 morts dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia. Le gouvernement conservateur avait alors été décrié pour son manque d’efficacité dans la gestion de cette situation d’urgence. Le leader de l’opposition, Kyriakos Mitsotakis (Nouvelle Démocratie, droite), s’est contenté de déclarer mardi que « l’heure était au deuil, à l’unité et à la solidarité ». 
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes ont fait au moins 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves, selon un bilan encore provisoire mardi matin."
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            data-slide-description="Un groupe de 26 personnes carbonisées a été découvert mardi matin dans la cour d’une villa de Mati, localité balnéaire sur la côte orientale de l’Attique – à 40 kilomètres au nord-est d’Athènes –, a annoncé un responsable de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Une maison en flammes à Mati, localité ravagée par les feux. La plupart des victimes ont été piégées « à leur domicile ou dans leurs voitures », a fait savoir le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos."
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            data-slide-description="Les 26 morts retrouvés mardi matin à Mati s’ajoutent aux 24 déjà recensées depuis lundi soir, portant le bilan de ces incendies à au moins 50 morts, selon un décompte de l’Agence France-Presse."
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            data-slide-description="Des bateaux, dont des bâtiments militaires, mobilisés pour évacuer les résidents et les touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer avaient afflué dans la nuit."
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            data-slide-description="Au vu de la situation, la présidence grecque de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie, en juillet 1974."
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            data-slide-description="« L’heure est à la lutte contre les flammes », avait déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, après avoir présidé une réunion de crise, évoquant une nuit de lundi à mardi « difficile »."
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            data-slide-description="M. Tsipras a chiffré à « plus de 600 » les pompiers déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit, autour de Mati et à quelque 55 km à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères."
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            data-slide-description="Selon le secrétaire général à la protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés dans la journée par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une « situation extrême »."
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            data-slide-description="Athènes a aussi activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires ; Chypre et l’Espagne ont déjà offert leur aide, selon M. Kapakis."
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            data-slide-description="Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés."
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            data-slide-description="Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. En 2007, les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, de maquis et de cultures."
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Décompte macabre en Grèce : les violents incendies qui se sont déclarés lundi 23 juillet dans les environs d’Athènes ont fait au moins 50 morts et plus de 150 blessés, dont 11 graves, selon un bilan encore provisoire mardi matin.

VALERIE GACHE / AFP
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Nids d’espions (2/6). « Le Monde » consacre une série d’articles à des métropoles où se joue le grand jeu de l’espionnage international.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Un numéro vert a été mis en place pour rassurer les environ 1,3 million de patients concernés, soit près de la moitié des patients traités avec cette molécule.
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Rappels de médicaments à base de valsartan après la découverte d’une substance toxique

Un numéro vert a été mis en place pour rassurer les environ 1,3 million de patients concernés, soit près de la moitié des patients traités avec cette molécule.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 17h56
    |

            Pascale Santi








                        



   


Des médicaments à base de valsartan, utilisés en cas d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent, ont fait l’objet d’un rappel, début juillet, au niveau mondial, en raison de la présence d’une substance indésirable décelée dans la substance active fabriquée chez le fabricant chinois. Cette impureté est la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), substance classée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme probablement cancérogène chez l’homme. Une substance qui se retrouve aussi dans l’air, l’eau, certains aliments…
Les lots concernés par ce défaut de qualité ne sont donc plus commercialisés depuis fin juin. L’anomalie avait été signalée par l’Agence européenne du médicament (EMA). En France environ 1,3 million de patients sont concernés, soit près de la moitié des patients traités avec cette molécule. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, mardi 24 juillet, dans un communiqué, la mise en place d’un numéro vert 0-800-97-14-03 « pour répondre aux interrogations des patients ou de leur entourage, accessible gratuitement du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures ». L’agence a également mis en ligne des documents d’information.

Défaut de qualité de certains médicaments à base #valsartan : quelle démarche suivre pour les patients concernés ?… https://t.co/f9MCbMz5EQ— ansm (@ANSM)


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Risque immédiat en cas d’arrêt brutal du médicament
« Le message important, c’est qu’il n’y a pas de risque immédiat aigu pour la santé des patients, par contre l’arrêt immédiat du traitement représente un risque immédiat », a expliqué à l’AFP la directrice générale adjointe de l’ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil. Le risque d’arrêt brutal du traitement est réel (poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques), insiste l’ANSM. Aussi, les patients ne doivent en aucun cas l’arrêter d’eux-mêmes. En cas de doute, les patients doivent se rapprocher de leur pharmacien ou de leur médecin, qui ont reçu un courrier.
Cette mesure de retrait de produits dans les pharmacies concerne à peu près la moitié des médicaments à base de valsartan. Neuf laboratoires sont concernés (Arrow Génériques, Biogaran, Cristers, EG Labo, Evolupharm, Ranbaxy Pharmacie Génériques, Sandoz, Zentiva et Zydus), précise l’Agence. Les autres spécialités contenant du valsartan ou autres médicaments de la même classe thérapeutique ne sont pas concernés.
Les productions de la substance active ont été arrêtées par le fabricant chinois. Une investigation est en cours au niveau européen. Cette impureté, qui n’a pas été détectée lors des contrôles de routine, serait liée au changement du procédé de fabrication.
Des recherches sont en cours pour savoir si elle se retrouve dans les comprimés. Le problème daterait de 2012. Afin de prévenir des pénuries, des discussions sont en cours avec des laboratoires qui fabriquent les médicaments à base de valsartan, non concernés par ce défaut, notamment des génériqueurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Un prévenu a déposé plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Deux enquêtes, l’une visant le prévenu, l’autre visant le policier, sont ouvertes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Un policier accusé d’avoir frappé un prévenu au tribunal de Paris

Un prévenu a déposé plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Deux enquêtes, l’une visant le prévenu, l’autre visant le policier, sont ouvertes.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h26
   





                        


Accusant un policier de l’avoir frappé au visage dans les toilettes du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, un prévenu a déposé plainte lundi 23 juillet pour coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.
Le prévenu, Mohamed F., est âgé de 18 ans. Il devait être jugé en comparution immédiate pour des faits de vols en réunion. Le jeune homme comparaît à l’audience avec un œil au beurre noir et l’arcade sourcilière blessée. Son avocat, Me Matthieu Juglar, non voyant et commis d’office, ne se rend compte de l’état de son client qu’après avoir été alerté par ses collègues. Un brouhaha se fait alors entendre dans la salle d’audience, et les avocats présents saisissent le représentant du bâtonnier présent au tribunal, Martin Pradel.
« Alors il a mis des gants et m’a frappé »
L’audience du tribunal est suspendue et Matthieu Juglar demande la nullité de la procédure – ce pendant que son client rédige sa plainte. Le journal Mediapart, qui a révélé l’affaire, a rendu publics des extraits de cette dernière. « Alors que j’échangeais avec un codétenu, un fonctionnaire de police m’a intimé de me taire, lit-on. Puis, me rendant aux toilettes, ce fonctionnaire m’a dit : “Ici c’est pas filmé. Pourquoi tu parles mal ?” J’ai dit : “Que me veux-tu ? Tu veux me frapper ?” Alors il a mis des gants et m’a frappé quatre ou cinq coups au visage. J’ai crié. Des policiers nous ont séparés. Un médecin est venu, j’ai refusé de le voir. Puis je suis arrivé dans la salle d’audience. »
Le tribunal a annoncé le report de l’audience au 31 juillet. Le jeune homme sera, jusqu’à cette date, maintenu en détention, conformément à la demande du parquet.

La Conférence constate, ce jour, des actes de violences policières inadmissibles, commises au dépôt dans l’enceinte… https://t.co/M4p5dUghZp— ConfBarrParis (@Conférence du Barreau de Paris)


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Interrogé par LCI, Joris Monin de Flaugergues, l’un des avocats de Mohamed F., est revenu sur les circonstances de l’altercation. « Dans une arrière-salle du tribunal, le temps que son affaire soit appelée, mon client a tenté d’interagir avec un prévenu dans une autre cellule, ce qui est interdit. Un fonctionnaire de police lui a demandé de se taire, ce qu’il a fait. Puis, il a demandé à aller aux toilettes. Alors qu’il était en train d’uriner, ce policier lui a fait savoir qu’il n’y avait pas de caméra dans les WC. Il s’est absenté pour mettre des gants puis lui a donné plusieurs coups au visage. »
Premier secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris, Me Monin de Flaugergues a fait part de son inquiétude quant au nouveau service chargé de veiller aux détenus. « Dans l’ancien palais de justice, les gendarmes étaient éminemment compétents. Depuis que le tribunal a déménagé, le service a basculé : c’est désormais la police qui gère l’ordre et la sécurité des détenus. Ces policiers sont jeunes, ils sortent d’école et sont moins expérimentés. Nous avons des inquiétudes au sujet de leurs compétences », s’alarme-t-il.
Cette affaire survient une semaine après la mise en examen d’un policier stagiaire, filmé en train de rouer de coups un détenu dans l’enceinte du TGI.

La façon dont la sécurité est assurée au Tribunal de Paris pose vraiment problème.
— MartinPradel (@Martin PRADEL)


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Le parquet a confirmé au Monde qu’une enquête a été confiée au SAIP 17 (service de l’accueil et de l’investigation de proximité du 17e arrondissement) au nom des chefs de violence volontaire et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique. Une autre enquête a été ouverte hier soir et confiée à l’IGPN, pour le chef de violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.
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Les kiosques pourront davantage sélectionner les magazines distribués

Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 18h10
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


La ministre de la culture Françoise Nyssen a promis une réforme « profonde » de la distribution de la presse en France, pour sauver ce secteur en crise. C’est bien la voie préconisée dans le rapport publié mardi 24 juillet par Marc Schwartz, auquel la ministre de la culture avait confié une mission de concertation. Pour changer la loi Bichet, née après la Libération, l’ex-médiateur du livre a écrit un avant-projet de loi qui doit faire l’objet d’une consultation publique d’ici septembre, et d’un projet de loi ou d’une proposition de loi à l’automne.

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                La ministre de la culture annonce un accord pour sauver le distributeur de journaux Presstalis



Le premier principe du texte vise à donner plus de liberté de choix aux kiosquiers, avec l’espoir que cela réduise l’embouteillage de milliers de titres de presse dans les points de ventes. En cessant d’obliger les kiosquiers à distribuer tous les magazines qui en font la demande, ceux-ci exposeront mieux les titres, qui se vendront mieux, croit le rapport. Les spécificités locales pourraient être mieux respectées : on vendrait davantage un magazine de surf au bord de la mer qu’à la montagne, par exemple.
L’obligation de distribution est maintenue
Ce changement rompt avec un élément important du système de la distribution de la presse en France, pensé pour assurer le pluralisme. Mais ce principe sera réaffirmé, assure le gouvernement, qui insiste sur un point : pour la presse d’information générale, l’ancien principe d’obligation de distribution resterait en vigueur. Sur ce point, Le Monde, Le Figaro, Le Point ou Le 1 ne seraient pas concernés, par exemple.
Deuxième garde-fou : l’avant-projet de loi propose de définir un « droit à la distribution » et un « droit effectif d’accès au réseau de distribution ». Les titres auraient ainsi le droit d’obtenir auprès des messageries un contrat de distribution dans un certain nombre de points de vente et dans des conditions similaires à celles obtenues par des titres comparables.
L’équité des négociations de distribution serait désormais assurée par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms, qui régit également La Poste. Les deux instances actuelles – le CSMP (Conseil supérieur des messageries de presse) et l’ARDP (Autorité de régulation de la distribution de la presse) – disparaîtraient.
Abandon du statut coopératif obligatoire des messageries
Point symbolique, et sensible : le « droit à être distribué » s’accompagnerait de l’abandon du statut coopératif obligatoire des messageries de distribution de la presse et du principe « un éditeur, une voix ». Ce statut coopératif a créé un droit à la distribution qui a généré des effets pervers, notamment l’inflation de titres dans les kiosques, estime le rapport.
Cette réforme est-elle un cadeau fait aux « gros » éditeurs au détriment des petits, qui ne pourront plus choisir librement les kiosques dans lesquels ils sont présents ? Au ministère, on se défend d’avoir une telle volonté, rappelant que les éditeurs de taille modeste se sont aussi plaints du système actuel. Ces derniers ont notamment été mis à contribution dans le plan de sauvetage de la messagerie Presstalis : les éditeurs vont devoir verser à Presstalis 2,25 % de leurs recettes durant cinq ans, après avoir subi une retenue de 25 % de leurs recettes en décembre et janvier.
Autre point important, le rapport souhaite étendre les nouveaux principes aux acteurs numériques. Les kiosques numériques comme SFR Presse ou le kiosque d’Orange pourraient être affectés : ils devraient respecter le « droit à être distribué » des magazines, et accepter de distribuer tout titre d’information politique et générale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Selon l’Etat hébreu, qui suit au plus près les affrontements dans le sud de la Syrie, l’appareil avait pénétré dans son espace aérien.
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Israël abat un avion de chasse syrien

Selon l’Etat hébreu, qui suit au plus près les affrontements dans le sud de la Syrie, l’appareil avait pénétré dans son espace aérien.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h58
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


L’épisode est rare. Israël a abattu un avion syrien, lundi 24 juillet. Selon l’armée, il s’était aventuré deux kilomètres à l’intérieur de l’espace aérien contrôlé par l’Etat hébreu, dans le plateau du Golan annexé depuis 1981. Deux missiles Patriot ont été tirés en direction du Soukhoï, dont la trajectoire était étudiée de près. Selon Damas, l’appareil participait à la vaste opération engagée depuis plus d’un mois pour reprendre les zones dans le sud du pays, autour de Deraa et Kuneitra. Selon Israël, qui affirme avoir transmis des avertissements aux Syriens, il n’est pas clair si l’appareil se trouvait volontairement ou par erreur dans cette zone.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a expliqué que les combats internes en Syrie s’étaient intensifiés au sud, avec une implication croissante des forces aériennes du régime. L’avion semble avoir décollé de la base T4, au centre de la Syrie, déjà visée par des frappes israéliennes à plusieurs reprises en raison d’une présence iranienne sur place. Israël dit ne pas connaître le sort du ou des pilotes. Le dernier incident grave de ce genre date de septembre 2014 : un missile Patriot avait aussi été tiré en direction d’un avion de chasse de type Soukhoï-24 qui avait pénétré d’environ 800 mètres dans l’espace aérien israélien.
Depuis plusieurs semaines, l’armée israélienne a relevé sa vigilance dans le Golan, craignant des ricochets des affrontements en cours dans le sud de la Syrie. Lundi, elle a dû utiliser le tout nouveau système de défense Fronde de David contre deux missiles sol-sol de type SS-21 tirés de Syrie, sans doute en direction d’une poche rebelle.
« Accord de séparation »
Israël tient pour acquise la reprise en main territoriale de la Syrie par Bachar Al-Assad. Anticipant la suite, l’Etat hébreu souhaite, avec le soutien fondamental de Moscou, que le calme revienne sur le plateau du Golan. Il s’agissait, avant le début du soulèvement puis de la guerre en Syrie, de sa zone frontalière la plus tranquille. Dimanche, Benyamin Nétanyahou a reçu le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ainsi que le chef d’état-major des armées, Valery Guerassimov.
« Je vais présenter à la délégation russe la position que j’ai présentée au président Poutine lors de ma dernière visite à Moscou, a expliqué M. Nétanyahou au conseil des ministres. Israël insiste pour que l’accord de séparation des forces [de 1974] entre lui et la Syrie soit respecté comme ce fut le cas pendant des décennies avant le début de la guerre civile en Syrie. Israël continuera à agir contre toute tentative de l’Iran et de ses affiliés d’établir une présence militaire en Syrie. »
La Russie a proposé à Israël, dans un premier temps, qu’une zone tampon de près de 100 kilomètres soit établie au sud sans aucune présence de l’Iran ou du Hezbollah. Cela ne réglerait pas la menace des missiles iraniens de longue portée présents en Syrie, mais indiquerait une volonté nouvelle de Moscou de satisfaire en partie les souhaits israéliens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.
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édition abonné


« Facebook est loin de faire notre bonheur »

Alors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 11h05
    |

Alexandre Mayol (Maître de conférence en économie à l'Université de Lorraine) et Thierry Pénard (Professeur d'économie à l'Université de Rennes 1)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis quatorze ans, rien ne semble arrêter Facebook. Ni l’affaire Cambridge Analytica, ni les gouvernements, ni ses concurrents. Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg compte à ce jour 2,2 milliards d’utilisateurs actifs dont 22 millions en France. Instagram qui appartient à Facebook, vient de dépasser le milliard d’utilisateurs.
Des chiffres qui donnent le tournis et témoignent de l’emprise de Facebook. Mark Zuckerberg se veut rassurant et communique sur les conséquences positives de Facebook sur le « bien-être des gens et de la société ». Un avis qui n’est pas partagé par l’ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya, qui déclarait en novembre 2017 devant des étudiants de Standford : « nous avons créé des boucles déclenchant des réactions de court terme nourries à la dopamine qui sont en train de détruire le fonctionnement de la société. » En cause les systèmes de notification et les fils d’actualité qui sont de nature à créer des utilisations addictives.

Qui faut-il croire ? Facebook nous rend-il plus heureux ? Les recherches en sciences sociales sur cette question apportent une réponse nuancée. Oui, Facebook procure de la satisfaction à ces utilisateurs, par la mise à disposition gratuite d’une multitude d’applications et d’outils qui facilitent la communication entre amis, l’organisation d’événements, la gestion de communautés…
Reflet déformé de la vie
Une étude en ligne menée par le chercheur américain Cass Sunstein auprès d’utilisateurs de Facebook montre que ces derniers ne sont pas prêts de quitter ce réseau social. Le montant médian demandé par les personnes sondées pour renoncer à utiliser Facebook était de 59 $ par mois [environ 50 euros], le montant moyen étant de 75 $ [environ 65 euros]. Ces sommes élevées montrent l’attachement – et la valeur accordée – à Facebook, même si les utilisateurs savent que la contrepartie est la collecte et la monétisation de leurs données...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Une réunion du bureau exécutif a fixé, lundi soir, les positions du parti en vue de la réforme ouvrant l’accès à la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires.
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La République en marche se prononce pour le remboursement de la PMA pour les couples de femmes

Une réunion du bureau exécutif a fixé, lundi soir, les positions du parti en vue de la réforme ouvrant l’accès à la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 15h52
    |

            Manon Rescan








                        


A l’approche d’une réforme qui s’annonce comme un bras de fer politique, le parti La République en marche (LRM) a fixé, lundi 23 juillet, son « cap » en vue de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. La réforme, engagement de campagne d’Emmanuel Macron, doit être votée dans le cadre de la révision des lois de bioéthique au début de l’année 2019. Mais la promesse présidentielle comptait quelques zones d’ombres, que le gouvernement et la majorité devront éclairer dans les mois qui viennent.
Le parti, dont Christophe Castaner est le délégué général, a pris les devants. Son bureau exécutif a arrêté ses positions sur plusieurs questions non-tranchées par le programme comme la filiation, le remboursement de l’acte par la Sécurité sociale ou encore l’anonymat et la gratuité du don. Le député LRM Thomas Mesnier, chargé des questions de bioéthique, avait formulé plusieurs propositions à partir desquelles le parti a échangé lundi soir.
Ainsi, LRM défend la reconnaissance de la filiation pour les deux mères et dès la naissance de l’enfant « comme pour les couples hétérosexuels », précise M. Mesnier. Le parti défendra également le remboursement de la PMA par la « Sécu », une question qui fait débat jusque dans la majorité au motif que le remboursement ne se ferait pas, dans ce cas, pour des raisons médicales. « Si on veut vraiment porter des valeurs de progrès, il semblait évident de défendre le remboursement total », poursuit l’élu.
« Ne pas confondre vitesse et précipitation »
Sur le don de gamète, LRM souhaite que la gratuité soit maintenue, mais ouvre une porte concernant l’anonymat du donneur.
« Si le donneur est d’accord, à sa majorité l’enfant pourra connaître son identité. A défaut il aura accès à des données non-identifiantes comme des antécédents médicaux du donneur », explique encore M. Mesnier.
Enfin, LRM se prononce en faveur de l’autoconservation des ovocytes. Concernant la gestation pour autrui (GPA), le parti reste ferme sur ses positions : pas question de l’autoriser, mais, comme le prévoyait le programme d’Emmanuel Macron, les enfants nés par GPA à l’étranger pourront être reconnus en France.

Pas de grosse surprise dans les décisions du bureau, mais des positions qui « fixent un cap » pour le mouvement selon M. Mesnier. « Cela permet d’avoir une base d’échange avec les adhérents et les parlementaires », souligne-t-il. Au sein de la majorité notamment, cette prise de position est une nouvelle base de discussion. Sans horizon idéologique précis sur ces questions, les députés LRM naviguaient à vue et le débat menaçait de s’envenimer. La sortie de Guillaume Chiche, élu des Deux-Sèvres, annonçant le dépôt d'une proposition de loi pour satisfaire cet engagement de campagne avait fait souffler un vent de panique la semaine dernière, forçant l’exécutif à préciser ses intentions sur la mise en œuvre de cette réforme.

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                PMA : les Etats généraux de la bioéthique n’ont pas permis de dégager un consensus



« Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation », avait répondu Benjamin Griveaux, à l’issue du conseil des ministres, le 18 juillet. Le porte-parole du gouvernement avait invité à « ne pas isoler » la PMA de la révision des lois de bioéthique et confirmé qu’un projet de loi serait présenté « avant la fin de l’année, pour un examen (au) début du premier trimestre de l’année prochaine ».
La prise de position du député avait également permis à ceux qui sont les plus réservés au sein de LRM sur la future réforme de se faire entendre, et ce alors qu’une mission d’information commençait tout juste ses travaux sur le sujet à l’Assemblée nationale. Face au tollé suscité et aux réponses du gouvernement, M. Chiche avait finalement renoncé à déposer sa proposition de loi jeudi.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Avec trois autres militantes, Oksana Chatchko, 31 ans, avait fondé le mouvement féministe, qui s’est fait connaître pour ses actions seins nus en avril 2008 en Ukraine.
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La cofondatrice des Femen, Oksana Chatchko, s’est suicidée à Paris

Avec trois autres militantes, Oksana Chatchko, 31 ans, avait fondé le mouvement féministe, qui s’est fait connaître pour ses actions seins nus en avril 2008 en Ukraine.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 14h48
   





                        


Cofondatrice et ex-membre du groupe féministe des Femen, Oksana Chatchko, 31 ans, s’est suicidée dans son appartement à Paris, a annoncé mardi 24 juillet Inna Chevtchenko, à la tête de l’organisation.
Dans la matinée, Anna Goutsol, autre cofondatrice du mouvement a également confirmé sa mort sur sa page Facebook, restant toutefois prudente sur les causes de la disparition : « La plus courageuse (…) Oksana Chatchko nous a quittés. Avec ses proches et sa famille, nous sommes en deuil et nous attendons la version officielle de la police. Pour le moment, ce que nous savons, c’est que (…) le corps d’Oksana a été retrouvé dans son appartement à Paris. Selon ses amis, elle a laissé une lettre de suicide. »

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Avec trois autres militantes, Oksana Chatchko avait fondé le mouvement féministe, qui s’est fait connaître pour ses actions seins nus en avril 2008 à Kiev, en Ukraine. Exilée en France depuis 2013, la jeune femme avait quitté l’organisation et continuait son travail d’artiste peintre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
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Migrants : Bruxelles avance sur sa proposition de « centres contrôlés » de débarquement

L’Italie a posé un ultimatum à ses partenaires européens, afin de trouver des solutions hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour l’instant, le chantage italien fonctionne : dans une communication rendue publique mardi 24 juillet, la Commission européenne propose de coordonner des « centres contrôlés » de débarquement des migrants, sur le sol européen, pour pallier le refus de Rome d’accueillir dans ses ports les bateaux de sauvetage des ONG. La semaine dernière à Bruxelles, le gouvernement italien a posé un ultimatum à ses partenaires européens, leur donnant cinq semaines afin de trouver des solutions de « débarquement » hors d’Italie pour les migrants sauvés en Méditerranée.
Preuve que la Commission est démunie face au manque de solidarité européenne et à la politique antimigrants d’un gouvernement populiste italien, spécialement de son ministre de l’intérieur, le leader de l’extrême droite, Matteo Salvini : la proposition européenne consiste surtout en de l’argent – 6 000 euros par migrant – dont bénéficieraient les pays de l’UE se portant volontaires pour créer ces centres sur leur territoire. Ces centres permettraient de « débarquer » ou de « transférer » les migrants en vue d’un retour dans leur pays d’origine ou d’une demande d’asile.

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Ceux-ci pourraient être créés spécifiquement à chaque arrivée de navire, précise la Commission, avec comme « but premier d’améliorer le processus de distinction entre les individus en besoin de protection internationale et les migrants irréguliers qui n’ont pas le droit de rester dans l’Union européenne ». La Commission se propose d’y coordonner l’intervention des gardes-côtes européens et d’experts européens de l’asile. « Tous les coûts seront couverts par le budget de l’Union européenne », est-il précisé. Pour un débarquement d’environ 500 migrants, la Commission estime pouvoir mobiliser jusqu’à 300 spécialistes européens.
Ni « camps » ni centres de « détention »
Bruxelles espère éviter de futurs Aquarius ou Lifeline, du nom de ces bateaux d’ONG refusés en juin par les ports italiens, qui ont erré plusieurs jours en Méditerranée avant d’être recueillis, respectivement par l’Espagne et Malte. Dans ces deux cas, d’autres pays, dont la France, s’étaient portés volontaires, lors du débarquement, pour procéder à l’identification, au « tri » puis à l’accueil des migrants. Mais ces opérations, chaotiques, avaient mis en risque l’équipage des bateaux et donné une image déplorable du manque de solidarité européenne.
Reste un obstacle de taille. Pour l’heure, aucune capitale ne s’est portée volontaire pour accueillir de manière permanente ces centres « contrôlés » recommandés par le Conseil européen du 28 juin, même si la plupart des capitales reconnaissent que l’Italie a été jusqu’à présent livrée à elle-même. La France, qui refuse d’accueillir de tels centres, propose plutôt des centres fermés sur le sol italien, pour éviter les mouvements secondaires de migrants entre différents pays de l’Union.
La Commission a aussi fait des propositions mardi sur les « plates-formes de débarquement », destinées, elles, à accueillir les migrants hors de l’Union, conformément aux conclusions adoptées par les Vingt-Huit lors du conseil du 28 juin. Pour la Commission, il ne doit s’agir ni de « camps » ni de centres de « détention », contrairement à ce qu’ont souhaité plusieurs ministres de l’intérieur de l’UE, notamment l’Autrichien et l’Italien. Ces « plates-formes » pourraient être utilisées pour organiser l’envoi des demandeurs d’asile directement vers l’Union, mais devraient être établies « le plus loin possible des endroits de départs illégaux », précise la Commission, afin d’éviter tout « appel d’air ». Aucun pays n’est toutefois nommé.
629 migrants morts en juin
Il est entendu que ces « plates-formes » devraient être gérées par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et l’Organisme des nations unies chargé des migrations (OIM). Mais là encore, aucun pays du pourtour méditerranéen n’a pour l’heure accepté d’en héberger. Lundi 23 juillet, l’agence Reuters rapportait que la Tunisie refusait de recevoir un bateau d’ONG maltais, avec une quarantaine de migrants africains à bord, bloqué depuis une semaine au large de ses côtes.
Les ambassadeurs de l’Union doivent discuter de ces propositions bruxelloises dès mercredi 25 juillet et une réunion avec le HCR et l’OIM est également programmée le 30 juillet à Genève. Mais les choix politiques sur la localisation de ces centres devraient intervenir plus tard : les capitales ne sont manifestement pas prêtes. Si le nombre de passages en Méditerranée centrale a beaucoup chuté par rapport à 2017, le nombre de morts a été élevé, avec 629 migrants morts en juin en tentant de rejoindre les côtes européennes, selon l’OIM. En cause, selon l’organisation, la réduction de la présence des ONG en mer.
La situation pourrait s’avérer critique si les Européens ne parviennent pas à s’entendre cet été, après l’ultimatum de Rome pour redéfinir le mandat de « Sophia », l’opération militaire européenne de sauvetage en Méditerranée. Elle avait été lancée en juin 2015 à la suite d’une série de naufrages meurtriers en Méditerranée et a permis, à ce jour, de secourir près de 44 000 personnes. Dotée actuellement de six navires de pays de l’UE (Italie, France, Irlande, Espagne, Slovénie et Allemagne), et commandée par l’Italie, cette mission a pour but de lutter contre les passeurs et d’éviter les naufrages en Méditerranée centrale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi, soutenir un amendement prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale.
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Fraude fiscale : le gouvernement d’accord pour supprimer le « verrou de Bercy »

Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé, mardi, soutenir un amendement prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 13h59
   





                        


Le « verrou de Bercy » pourrait sauter prochainement. Le gouvernement va soutenir un amendement parlementaire prévoyant de fixer dans la loi les critères de transmission à la justice des dossiers de fraude fiscale, ce qui mettra fin à ce dispositif mis en place dans les années 1920 et qui donne à l’administration fiscale le monopole des poursuites pénales. C’est ce qu’a annoncé, mardi 24 juillet, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
« Le gouvernement va accepter l’amendement de la députée Emilie Cariou (LRM), qui consiste à supprimer le verrou de Bercy », a déclaré M. Darmanin au micro de France Inter, « ce ne sera plus le ministère du budget qui décidera quand on transmet ou non des plaintes au parquet ».
Mme Cariou avait remis, en mai, un rapport sur le sujet. Son amendement sera débattu dans le cadre de l’examen du projet de loi contre la fraude fiscale, prévu mardi soir et mercredi en commission des finances de l’Assemblée nationale.
Cet amendement prévoit un « mécanisme de transmission automatique » par l’administration fiscale des affaires les plus graves, le parquet décidant ensuite « librement » de « l’opportunité des poursuites sur les dossiers transmis ».

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2 000 dossiers pourraient être transmis chaque année à la justice
Le « verrou de Bercy » était défendu par l’administration au nom de l’efficacité. Des magistrats et des associations accusaient le dispositif de favoriser une certaine forme d’opacité.
Dans le cadre de l’examen son projet de loi contre la fraude, M. Darmanin s’était dit hostile à sa suppression pure et simple, mais « ouvert » à des « aménagements ».
Plusieurs évolutions ont déjà été adoptées lors de l’examen du texte de loi au Sénat, à travers un amendement du rapporteur général de la commission des finances, Albéric de Montgolfier (LR).
Ce dernier a fixé trois critères « cumulatifs » pour la transmission des dossiers à la justice : l’application de pénalités d’au moins 80 %, un montant de droits fraudés élevé (fixé par décret en Conseil d’Etat) et la réitération des faits.

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L’amendement de Mme Cariou prévoit d’élargir le nombre des dossiers concernés, en supprimant le caractère « cumulatif » de ces critères et l’avis de la commission des infractions fiscales pour les dossiers de présomptions caractérisées.
Si cet amendement est adopté, « nous allons certainement doubler le nombre de dossiers fiscaux que nous transmettrons à la justice de façon automatique », a prévenu M. Darmanin. Selon Bercy, quelque 2 000 dossiers pourraient ainsi être transmis chaque année à la justice, contre 900 actuellement.

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édition abonné


Maladie de Lyme : fronde contre la Haute Autorité de santé

Selon plusieurs organisations, les recommandations de prise en charge de cette infection bactérienne sont inadaptées



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h23
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
C’est une fronde sans précédent contre une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS). Dans un communiqué du 19 juillet, une quinzaine de sociétés scientifiques et professionnelles émettent de vives critiques sur les recommandations de prise en charge de « la maladie de Lyme et autres maladies transmises par les tiques », rendues publiques en juin. Ces organisations – parmi lesquelles la Société de pathologie infectieuse de langue française, le Collège national des généralistes enseignants et la Société française de dermatologie – s’insurgent en particulier contre le chapitre 4 sur la « symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqûre de tique ».
Experts et associations de patients se déchirent sur l’existence ou non d’une forme chronique de la maladie de Lyme. Transmise à l’homme par une piqûre de tique, cette infection bactérienne – 50 000 nouveaux cas en 2016 – se manifeste dans 95 % des cas par une éruption cutanée circulaire, qui apparaît sous trois à trente jours. Des formes disséminées, plus complexes, surviennent parfois plusieurs mois après la piqûre.
« Aucun niveau de preuve »
« Le rapport d’élaboration n’a pas fait l’objet de discussions au sein du groupe de travail, il contient des annexes dont le contenu est dénué de tout fondement scientifique et ne repose sur aucun niveau de preuve », écrivent les signataires, dont certains ont participé à ce groupe de travail. Selon eux, les risques résident dans une prise en charge inadaptée des patients, plus d’errance diagnostique, et un mésusage des antibiotiques. Une position proche de celle de l’Académie nationale de médecine.

Hervé Maisonneuve, spécialiste de l’intégrité scientifique, pointe les carences méthodologiques de la HAS pour cette recommandation. Dans un rapport rendu en avril sur le sujet, le NICE, l’agence britannique d’évaluation, avait retenu 16 références, la HAS en a gardé 600, explique-t-il dans un billet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Lundi en début de matinée, plus de 450 personnes migrantes ont été évacuées du square Daviais, où un campement était installé depuis plus d’un mois.
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Après l’évacuation d’un square public à Nantes, 300 migrants occupent un ancien lycée

Lundi en début de matinée, plus de 450 personnes migrantes ont été évacuées du square Daviais, où un campement était installé depuis plus d’un mois.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 15h17
   





                        



   


Évacués lundi d’un campement installé dans un square du centre de Nantes, environ 300 migrants sans solution d’hébergement ont passé la nuit dans un ancien lycée appartenant à la ville, réquisitionné par plusieurs collectifs et associations, affirment ces derniers.
« Plus de 300 personnes se sont retrouvées sur le carreau. Sans tente et sans matelas, il était hors de question qu’ils dorment une nuit dehors », a expliqué François Prochasson, membre d’un collectif de soutien aux migrants. L’ancien lycée dispose « d’un gymnase et de quelques salles », mais il s’agit « d’une mise à l’abri très temporaire » de migrants « complètement désemparés », a ajouté M. Prochasson.
Les collectifs ont informé la mairie de cette occupation, et « ont demandé à la ville d’ouvrir une discussion », toujours selon ce militant. « La ville nous a déclaré ne pas souhaiter qu’on reste », poursuit M. Prochasson, qui craint une nouvelle expulsion « dans les 48 heures ». Des élus de la ville, dont Aïcha Bassal, adjointe à la maire de Nantes, ont constaté dès lundi soir l’occupation des lieux et signifié qu’elle ne pouvait durer :
« Notre volonté, c’est de pouvoir trouver un accueil digne pour les demandeurs d’asile. Mais cet ancien lycée occupé a vocation à devenir une école publique. Les travaux devant commencer, les personnes ne pourront pas rester. »
Mardi matin, la ville n’avait pas formellement saisi la justice pour qu’elle ordonne l’évacuation des lieux.
Une vingtaine de tentes réinstallées
Lundi en début de matinée, plus de 450 personnes migrantes, essentiellement originaires du Soudan et d’Érythrée, ont été évacuées du square Daviais, où un campement était installé depuis plus d’un mois, en plein cœur de Nantes.
La préfecture de Loire-Atlantique a annoncé avoir mis à l’abri lundi soir 147 personnes, « les plus vulnérables », dont 122 sont des demandeurs d’asile. Les services de l’État ont réorienté 87 personnes vers un lieu d’hébergement d’urgence dans la région Pays de la Loire et 60 migrants ont été orientés vers des places d’hébergement mises à disposition par la ville de Nantes sous la forme de baux précaires, affirme la préfecture dans un communiqué. « Un accompagnement a été proposé à chacune des personnes pour lesquelles aucune solution d’hébergement n’a pu être trouvée dans l’immédiat », a-t-elle assuré.
Dès mardi matin, une vingtaine de tentes avaient été réinstallées non loin du square évacué et clos de barrières, selon une journaliste de l’AFP.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ Le barrage s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau, et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », selon l’agence de presse officielle du pays.
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Effondrement d’un barrage au Laos, des centaines de personnes portées disparues

Le barrage s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau, et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », selon l’agence de presse officielle du pays.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 15h32
   





                        


Des centaines de personnes étaient portées disparues, mardi 24 juillet, au Laos au lendemain de l’effondrement d’un barrage hydroélectrique en construction dans ce petit pays d’Asie du Sud-Est, a annoncé l’agence de presse officielle laotienne.
Le barrage, situé dans la province d’Attapeu (Sud-Est), non loin de la frontière vietnamienne, s’est effondré lundi soir, libérant 5 milliards de mètres cubes d’eau et faisant « plusieurs morts et des centaines de disparus », a précisé l’agence de presse officielle du régime. « Plusieurs maisons ont aussi été détruites » dans la catastrophe, d’après l’agence.
Près de 6 600 personnes étaient également sans abri mardi soir et les autorités tentaient de les évacuer de la zone sinistrée. La Thaïlande voisine a envoyé des secouristes en renfort, mais la zone sinistrée est entourée d’une forêt dense, ce qui pourrait compliquer les opérations.
Le premier ministre, Thongloun Sisoulith, s’est rendu sur place pour superviser les opérations, d’après l’agence de presse laotienne KPL. Phnom Pen s’est dit de son côté prêt à faire évacuer des habitants de la province cambodgienne de Stung Trend, frontalière avec le Laos, à quelque 70 kilomètres de la zone sinistrée.
Plusieurs dizaines de barrages sont actuellement en construction au Laos, qui exporte la majeure partie de son énergie hydroélectrique vers les pays voisins, notamment en Thaïlande.
Des barrages néfastes pour l’environnement et les économies locales
Depuis plusieurs années, des organisations environnementales expriment leurs inquiétudes quant aux ambitions hydroélectriques du Laos, notamment l’impact des barrages sur le Mékong, sa flore et sa faune, les populations rurales et les économies locales qui en dépendent.

        Lire notre reportage:
         

          Le fragile Laos menacé par une cinquantaine de barrages



Le barrage de la province d’Attapeu, un projet de plus de 1 milliard de dollars, est en cours de construction depuis 2013. Il est développé par Xe Pian-Xe Namnoy Power Company (PNPC), une coentreprise formée par la société thaïlandaise Ratchaburi Electricity Generating Holding, l’entreprise coréenne Korea Western Power et la compagnie publique laotienne Lao Holding State Enterprise. Selon PNPC, « l’accident a été causé par des pluies continues qui ont fait s’accumuler d’importantes quantités d’eau dans le réservoir » du barrage.
D’une puissance de 410 mégawatts, il devait commencer à fournir de l’électricité à partir de 2019, d’après le site de PNPC. Et 90 % de l’énergie produite devait être exportée en Thaïlande, le reste étant distribué localement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Le taux de 12 % de TVA imposé en 2017 avait déclenché une campagne de protestations.
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L’Inde supprime la taxe sur les serviettes hygiéniques

Le taux de 12 % de TVA imposé en 2017 avait déclenché une campagne de protestations.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
24.07.2018 à 12h07
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



   


« Notre sang est enfin exempté de taxe », s’est félicitée RJ Charu, animatrice sur la radio indienne Mirchi à l’annonce de la suppression dans le pays d’une taxe sur les serviettes hygiéniques. Le gouvernement indien a modifié, samedi 21 juillet, le taux de TVA de 90 produits de base, dont les réfrigérateurs et les machines à laver. L’exemption de la taxe sur les serviettes hygiéniques a été l’une des plus saluées. Le Parti du peuple indien (BJP, au pouvoir) a aussitôt fait circuler sur les réseaux sociaux une image où figure le premier ministre Narendra Modi à côté d’une serviette hygiénique, sur fond rose, avec ce message : « Serviettes hygiéniques à un prix abordable, amélioration de l’hygiène et de la santé des femmes, émancipation des femmes ».
En juillet 2017, les 31 membres du comité de la TVA – tous des hommes – avait exempté de taxe des produits de maquillage comme le khôl mais avaient imposé un taux de 12 % sur les serviettes hygiéniques, considérées comme des « produits de luxe ». Une étudiante et une association de défense des droits des femmes avaient alors saisi la justice pour faire abolir cette taxe, qu’elles considéraient comme discriminatoire. « Avec une TVA à 12 % sur les serviettes hygiéniques, être une femme coûtait plus cher qu’être un homme », explique Karuna Nundy, leur avocate auprès de la Cour suprême. Les plaignantes mettaient en avant les résultats d’une enquête menée par le cabinet de recherche en marketing AC Nielsen, montrant que 88 % des femmes utilisaient du sable, des cendres ou du linge pendant leurs règles faute de pouvoir s’offrir des protections périodiques. Le manque d’hygiène menstruelle serait à l’origine de 70 % des problèmes de santé reproductive en Inde.
« Saigner sans peur »
L’imposition d’un taux de TVA de 12 % avait déclenché une vaste campagne de protestation contre cette mesure. A l’été 2017, des étudiantes de l’université de Delhi avaient manifesté et collé des serviettes hygiéniques sur les murs du campus, avec les slogans « Saigner sans taxe » ou « saigner sans peur ». Elles réclamaient l’installation de distributeurs automatiques de protections féminines dans leur établissement.
En Inde, les menstruations sont si taboues que près du tiers des adolescentes ignorent ce qui leur arrive lorsqu’elles en font l’expérience pour la première fois. Certaines s’imaginent atteintes d’une maladie grave ou craignent d’en mourir. Ce silence imprégné de honte a de graves conséquences sur la santé des femmes et leur éducation. Le quart des adolescentes indiennes abandonnent ainsi leurs études après leurs premières règles, soit parce qu’elles sont confinées chez elles par leurs familles, soit parce que les écoles ne disposent pas de toilettes. Le rôle de l’école est pourtant crucial, car il permet d’expliquer aux adolescentes la fonction physiologique des cycles, tout en les libérant des préjugés. Un jeune couple a eu l’idée de créer la première encyclopédie en ligne sur le sujet, Menstrupedia, et la première bande dessinée pour déculpabiliser les femmes et sensibiliser les hommes. Près de 100 000 albums ont été distribués et font même partie du programme scolaire dans 90 écoles.

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                Inde : peines de mort confirmées pour un viol collectif, à Delhi, en 2012



En Inde, les règles servent de prétexte à la stigmatisation des femmes. L’accès à certaines mosquées et à des temples hindous est ainsi interdit aux filles dès qu’elles sont pubères. Un prêtre du Kerala avait même déclaré en 2015 qu’il ouvrirait les portes de son temple aux femmes le jour où un scanner serait capable d’identifier, sur le seuil, celles ayant leurs règles, considérées comme impures. Dans la vie quotidienne aussi, les règles entravent la liberté de nombreuses femmes : elles n’ont pas le droit de s’asseoir sur le canapé, de toucher la nourriture, d’entrer dans la cuisine, et sont même parfois obligées de vivre dans une pièce séparée, ou dans une petite cahute à l’écart de la maison – ces cabanes ne disposant bien souvent ni de matelas ni d’accès à l’eau ou à l’électricité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ Passage obligé pour clôre son master, Noé Michalon raconte, dans le dernier épisode de sa chronique, sa cérémonie de remise de diplôme, colorée par les traditions de longue date de l’université.
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La « graduation », clap de fin traditionnel à Oxford

Passage obligé pour clôre son master, Noé Michalon raconte, dans le dernier épisode de sa chronique, sa cérémonie de remise de diplôme, colorée par les traditions de longue date de l’université.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 12h00
   





                        



   


Chronique d’Oxford. Diplômé de Sciences Po, Noé Michalon tient une chronique pour Le Monde Campus, afin de raconter son année à l’université d’Oxford, où il suit un master en études africaines.
Après neuf mois à s’imbiber des traditions les plus rocambolesques, ce n’était pas une surprise : la « cérémonie de graduation », qui fit de moi un étudiant officiellement diplômé d’Oxford, ne manquait pas de piquant, samedi dernier.
Bouquet final de vieilles coutumes, cette journée est un véritable concentré de ce qu’Oxford fut pour moi cette année : une machine à souvenirs, un mélange de modernité et de pratiques quasi médiévales, et le dernier rassemblement des habitants d’une bulle prête à éclater. Non, pas de parchemin en main, mais un chapeau carré, et une robe universitaire qu’on troque pour une autre plus longue et plus colorée, voilà en somme l’étrange processus par lequel on rejoint la millénaire famille des alumni (« anciens élèves ») de la ville aux clochers rêveurs.
Tout commence par une procession matinale : une fois briefé dans mon collège avec les autres étudiants pour qui c’était le grand jour – étrangement, on se fait « graduer » en compagnie des camarades de collège et non de cursus – nous nous mettons en marche, en rang, pour rejoindre le majestueux Sheldonian Theatre en forme de fer à cheval. Une dernière fois, nœud papillon blanc au col, nous avons l’impression d’incarner l’université pour quelques minutes : les touristes, pléthoriques en juillet, nous mitraillent avec leurs appareils photo et smartphones, se prennent en selfie, déséquilibrés par le lourd sac de souvenirs qu’ils tiennent dans l’autre main. Une fois installés sur les majestueux sièges du rez-de-chaussée de l’enceinte – les familles sont à l’étage, le sourire éclairé par la lumière de leur smartphone bien sollicité ce jour-là – le déferlement de traditions commence.
Quelques mots en latin
Sous les orgues retentissants – et préenregistrés, me révélera un parent d’élève spécialiste, le représentant du vice-chancelier fait une entrée magistrale dans l’hémicycle, suivi et précédé de proctors, les membres de l’administration chargés de faire régner l’ordre dans l’université. Des membres de cet aréopage portent une sorte de sceptre avec eux, avant de prendre place sur les trois sièges en hauteur qui dominent la salle.
« Je vais bientôt parler en latin, avertit tout de go le maître de cérémonie. Non pas parce que nous sommes conservateurs, mais pour vous rappeler les neuf cents ans d’histoire de cette école. » Ni une ni deux, voilà l’orateur qui change de langue, mais pas d’accent. De quoi rendre plus inaccessibles encore mes souvenirs de la langue de Brutus, noyés dans ceux de trop superficiels exposés passés en salle informatique du lycée. Tout juste reconnais-je avec amusement quelques latinisations assez évidentes, comme ce cher « collegium Kellogg » qui fut le mien ou quelque chose comme « magistris in commercio administratio » pour le MBA (les vrais latinistes ne manqueront pas de me corriger dans les commentaires).
J’apprendrai par la suite que le latin était encore plus présent lors des interminables cérémonies d’antan. « Certains s’amusaient à faire des blagues ou des jeux de mots dans cette langue, s’attendant à voir rire une salle qui restait pourtant bien silencieuse », m’expliquera peu après l’un des membres de l’administration de mon collège. Bref, c’est donc dans cette ambiance quasi vaticanaise – plus jeune et moins masculine, mais tout aussi parée de robes, internationale et encerclée de colonnes en pierre – que nous entrons en scène.

   


Appelés un à un, nous défilons en rang devant le triumvirat assis sur son perchoir : phrase en latin, on s’incline vers l’orateur de gauche, phrase en latin, courbette à droite, phrase en latin, courbette au centre, et c’est à notre tour de dire deux mots : « Do fidem. » (« Je jure », mais que jurons-nous ? C’est resté nébuleux.) D’un pas solennel, nous sommes alors priés de quitter le théâtre pour rejoindre une salle annexe, qui n’est autre que celle ayant servi de décor à l’infirmerie de Poudlard, pour revêtir les coûteuses robes de graduates qui nous attendent.
Plus lourdes et donc très chaudes pour l’été, ornées d’un ruban dont la couleur est spécifique au type de notre diplôme, nous les louons pour la journée. Ainsi vêtus, nous entrons à nouveau dans le théâtre, sous les applaudissements des familles venues du monde entier pour immortaliser le moment. Nouvelles inclinations et congratulations en latin, et nous voilà sommés de prendre la porte, à nouveau. Nous sommes alors disposés en haie d’honneur à l’extérieur, et saluons la sortie de nos hôtes universitaires, leur présentant ces énigmatiques mortarboards, les fameux chapeaux carrés.
Une bulle confortable
La solennité s’estompe en un clin d’œil. Les selfies reprennent de plus belle sous l’œil humide des parents, les quadrilatères de velours voltigent déjà, et c’est au tour des étudiants eux-mêmes de perpétuer des traditions : la traditionnelle photo sous le fameux pont des Soupirs adjacent, inspiré du modèle vénitien, puis celle devant la Radcliffe Camera, l’emblématique bibliothèque circulaire de la ville. Chaque college rapatrie ensuite ses étudiants pour diverses réceptions.
L’événement est d’autant plus marquant qu’il marque la fin d’une époque comme celle de la fréquentation de toute une ville. Il est plus simple de rester en contact avec des camarades d’une université parisienne ou londonienne, dont beaucoup resteront dans l’une de ces capitales. A Oxford, c’est une autre affaire : les gens viennent du monde entier, puis repartent dans le monde entier, ceux qui restent ne s’y attardent que pour commencer une thèse ou enseigner, la plupart du temps.
Cette graduation signe aussi notre sortie de la bulle confortable, atemporelle, internationale et progressiste dans laquelle nous avons évolué. Le retour à la vie d’avant n’est pas toujours aisé. Beaucoup d’amis qui sont passés par là avant moi m’ont expliqué avoir eu quelques difficultés à s’adapter à l’après-Oxford, les premières semaines du moins. Une serveuse dans un pub me racontait n’avoir jamais réussi à quitter cette ville magnétique, et avoir tout fait pour rester un peu plus… Et voilà déjà huit ans qu’elle a fini ses études !
Sans surprise, je pars donc avec le sentiment d’avoir vécu dans un lieu assez unique (je n’oublie pas Cambridge, c’est promis), que j’ai essayé de décrire aussi fidèlement que je pouvais. Cette chronique m’a permis d’ouvrir un peu plus l’œil sur tout, de sans recueillir l’avis de mes camarades et même de rencontrer plusieurs lecteurs, (ex-)étudiants ou de passage dans la ville. Il est temps désormais de passer le flambeau, bien d’autres universités méritent certainement un coup de projecteur !

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