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<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-1"> ¤ Mme X achète trois allers-retours Marseille-Amsterdam-Nairobi-Moroni, pour elle-même et ses deux enfants mineurs, auprès de la société Castellane Voyages. Kenya Airways interdit à la famille d’embarquer, du fait que les passeports des deux enfants ne disposent pas d’une durée de validité de six mois à leur retour du Kenya.
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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-2"> ¤ Les éditions Taschen publient « Inside North Korea », un ouvrage sur les constructions de la capitale nord-coréenne, démesurées, selon la volonté des dirigeants.
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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-3"> ¤ Partir à la découverte de l’Europe et de ses trains, à petit budget ? Nombreux sont les jeunes qui ont tenté l’expérience grâce au passe Interrail. Ils racontent.
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Voyager avec le passe Interrail, « une fabrique à souvenirs démentielle »

Partir à la découverte de l’Europe et de ses trains, à petit budget ? Nombreux sont les jeunes qui ont tenté l’expérience grâce au passe Interrail. Ils racontent.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 16h40
    |

                            Caroline Pain








                        



   


Economiser « plus de 200 euros par rapport à des billets simples qu’on prendrait à l’avance », salue Théo ; « voir le monde réel », raconte Axelle. Etudiants et jeunes diplômés ont répondu en nombre à notre appel à témoignages, sur leur motivation et souvenirs de voyage grâce au passe Interrail. Ce billet permet à tout résident européen de voyager dans la plupart des trains et sur de nombreux ferrys de trente pays, pour une durée donnée, mais c’est sa version « jeune », avec des réductions jusqu’à 25 % pour les moins de 27 ans, qui est particulièrement appréciée. L’Union européenne a d’ailleurs offert en juin 15 000 passes à ses ressortissants âgés de 18 ans.

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                La fausse bonne idée du passe « Interrail  » gratuit pour les jeunes Européens



Faire naître un esprit européen
Romain, 22 ans, étudiant à Sciences Po Lyon : « Ma première expérience Interrail date de 2014 lorsque avec deux de mes amis, le bac en poche, nous avons décidé de visiter Budapest, Vienne et Prague. Je garde le souvenir de journées passées à déambuler, à visiter les musées et les principales curiosités. Surtout, je garde en mémoire les nombreuses rencontres d’autres « backpackers » faites au gré de nos séjours au sein d’auberges de jeunesse.
Cinq ans plus tard, je profite de ce qui est certainement mon dernier été en tant qu’étudiant pour faire un tour de quinze jours en Europe en solitaire, à l’aide là aussi d’un passe Interrail. De Lyon, je me suis rendu successivement en Italie (Turin, Milan, Côme, Padoue), en Slovénie (Globoko, Ljubljana, Maribor) et à Graz (Autriche), ville d’où j’écris.
Voyager avec un passe Interrail est pratique, économique et permet de faire de nombreuses rencontres avec d’autres « Interrail », facilement reconnaissables par leurs gros sacs à dos. Surtout, le passe Interrail est un moyen facile pour les jeunes de s’aventurer seuls dans les diverses contrées de notre continent. C’est une formidable initiation au voyage et une heureuse manière de façonner chez les jeunes Européens un sentiment d’appartenance à une même communauté, celle de l’Union européenne. »
Voyager sans se ruiner 
Théo, étudiant grenoblois de 20 ans : « Deux étudiants niveau bac +3 issus de familles modestes n’ont pas les moyens de voyager ? FAUX ! Le passe Interrail est une formidable idée. Passer quinze jours à visiter différents pays européens à la carte, voir des endroits vraiment magnifiques, découvrir des lieux impressionnants, c’est ce que m’a permis ce fameux billet universel. Quand ma copine m’a proposé cette aventure, j’ai eu peur de ne pas pouvoir assumer financièrement un tel voyage. Et finalement j’ai embarqué pour des moments géniaux à Zurich (Suisse), Innsbruck, Salzbourg, Vienne (Autriche), Ljubljana (#coupdecœur) et Bled (Slovénie), Venise, Vérone (Italie). […] J’ai fait un petit calcul et on a économisé plus de 200 euros par rapport à des billets simples qu’on prendrait à l’avance pour planifier un tel voyage. Ces économies nous ont permis de nous faire plaisir. Et si c’était à refaire, je recommencerais. J’en parle autour de moi, parce que c’est vraiment une aventure incroyable. »
Partir seul, et revenir accompagné 
Thomas, 25 ans, doctorant à Annecy : « Devant la difficulté à motiver mes amis, j’ai finalement décidé de partir seul pour une boucle partant et revenant à Genève (Suisse) en passant par Florence (Italie), Split (Croatie), Vienne et Innsbruck (Autriche). Un voyage de deux semaines lors de l’été 2016. La solitude aidant sûrement, j’ai fait de nombreuses belles rencontres sur mon chemin, à travers des rendez-vous couchsurfing, les auberges de jeunesse ou de simples rencontres à l’improviste dans la rue.
Je me souviendrai longtemps du lever du jour depuis le ferry sur la côte croate ou du voyage en train dans les campagnes reculées de la Croatie. Cette ambiance si spéciale du voyage seul et un peu à l’improviste, amplifiée par l’écoute de l’album Transsiberian de Thylacine reste comme un de mes meilleurs souvenirs de vacances d’été. Et puis j’ai au passage rencontré ma petite amie lors de mon escale à Florence, quoi de plus romantique ? »
Monde réel et péripéties
Axelle, 21 ans, étudiante parisienne : « C’était il y a trois ans, alors que j’étais en classe préparatoire ECS. J’avais envie de voir autre chose que les cours, les concours, les oraux que nous étions obligées de travailler pour avoir une bonne école de commerce. […] Alors je suis partie avec Angele pour un tour d’Europe : cinq pays en huit jours et nous avons vu ce que nous voulions voir : le monde réel. Les paysages, les gens et les traditions nous montraient bien que nous rencontrions une autre culture. Rien que l’allure des trains nous y préparait ! Cela faisait partie intégrante du voyage…
Simple anecdote : nous avions pris un train couchette, nous étions tellement à bout ce jour-là, rien ne se passait comme on le voulait : après s’être retrouvées dans la chambre d’un couple qui passait son temps à crier, et nous, de l’autre côté, qui essayions de nous faire comprendre pour leur dire d’arrêter, dans cinq mètres carrés c’est compliqué… Ensuite, nous nous sommes pris une amende par un contrôleur italien en colère et qui venait de nous réveiller en sursaut… »
Un peu d’organisation
Juliette, 24 ans, en master de sociologie : « Interrail, c’est une fabrique à souvenirs démentielle ! Les débuts de l’organisation sont un peu impressionnants : on ne sait pas par où commencer, ni forcément où aller en Europe… Mais le site est très intuitif et l’adrénaline du voyage vous envahit rapidement ! Nous sommes parties à deux pour découvrir l’Europe du Nord, et nous avons passé deux semaines magiques ! Nous changions de villes tous les deux jours environ (95 heures de train au total) et le rythme était finalement facile à tenir, et dynamisant. Petits conseils : n’hésitez pas à réserver des trains couchettes très confortables (dans les trains nordiques du moins) qui vous permettront de mieux vivre les grands trajets. Puis faites en sorte d’avoir globalement au minimum quinze minutes entre chaque train, pour ne pas vous laisser surprendre par un retard. »
Un voyage sans chichi 
Hugo, 28 ans, professeur : « Habitués de Ryanair, ma compagne Nina et moi cherchions en 2015 une destination de voyage pour notre premier vrai été de vacances, car nous venions d’être titularisés enseignants. Nous avions entendu parler d’Interrail sans pour autant nous y connaître. Sur un coup de tête, on a acheté deux passes valables pour dix voyages sur vingt-deux jours.
Nous n’avions rien planifié et nous pensions que le rythme des trains devait décider du voyage. De Paris à Cracovie (Pologne) en passant par Cologne (Allemagne), nous avons privilégié comme tous les Interrail les trains de nuit, partageant une certaine proximité avec des inconnus.
D’ailleurs, nous avons rencontré quatre Espagnols ayant à peu près le même trajet que nous dans un train pour Prague. Et nous les avons recroisés à Budapest (Hongrie), puis à Vienne (Autriche). Si bien que nous sommes restés en contact ! Il ne faut pas être trop précieux pour réaliser un voyage en Interrail. C’est ce qui fait le charme du projet et les souvenirs qui en découlent… »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-4"> ¤ Cet été, « M » invite à un repas locavore avec en toile de fond des horizons secrets. Première étape iodée à Carantec, dans le Finistère, où trinquer au cidre sur du sable blanc avec vue sur la mer.
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En Bretagne, un pique-nique sur le sable à Tahiti


                      Cet été, « M » invite à un repas locavore avec en toile de fond des horizons secrets. Première étape iodée à Carantec, dans le Finistère, où trinquer au cidre sur du sable blanc avec vue sur la mer.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 14h03
    |

                            Marie Aline








   


Elle s’appelle Tahiti, mais elle n’est pas aux antipodes. Cette plage est en Bretagne, à quinze kilomètres de Morlaix, dernier arrêt avant Brest, sur la ligne de TGV. L’eau y est turquoise quand le ciel vire à l’azur. Le sable est blanc quand les nuages sont absents. Le lieu fait rêver les gens du coin qui le gardent secret. Rares sont les touristes qui descendent de ce côté-ci du chemin de la pointe Penn-al-Lann, à Carantec. Généralement, ils tournent à droite pour admirer la vue sur l’île Louët.
Le sentier qui part sur la gauche descend en escalier jusqu’au grand pin maritime. Les provisions ballottent dans le panier lorsqu’il s’agit de sauter de rocher en rocher vers le sable. Mieux vaut s’arrêter sur ce grand caillou plat, une table naturelle où déployer la nappe. Le cidre est frais. Il vient de la microbrasserie Kerav’ale, l’une des premières à s’être installées dans le coin il y a près de quinze ans : les pommes poussent dans son verger, à côté, tout comme l’orge qui compose les multiples bières primées de la maison.
Un pain en hommage au kig ha farz
On sort les timbales, on trinque à la vue, horizon maritime dont le goût se prolonge dans les rillettes aux ormeaux de la conserverie La Chikolodenn. Intenses, elles se révèlent profondes, tartinées sur le pain au blé noir du Signor, un boulanger bio de Landivisiau dont l’intelligence se ressent jusque dans les alvéoles de la mie. Attaché au patrimoine local, il a inventé un pain en hommage au kig ha farz, une potée bretonne composée de jarret, carottes, oignons, choux, sarrasin et lard qui comble les promeneurs après une tempête. Ici, on est réconforté en une bouchée : ces mêmes ingrédients sont concentrés dans ce pain sans gluten (puisque à base de blé noir).

   


L’aller-retour rillettes d’ormeaux-pain ha farz est un terre-mer parfait que les restaurants les plus fins du coin pourraient jalouser. Entre les deux, on peut introduire une petite subtilité personnelle, à base de fines tranches de courgette, fenouil et radis crus cueillis fraîchement à Carantec, le tout arrosé d’un peu de jus de citron et d’huile de sésame, certes pas du coin…
On se rattrape sur le fromage, incroyable bleu, fabriqué et affiné à quelques kilomètres d’ici, sans parler du fromage blanc (presque faisselle) qui accompagne les fraises, locales, évidemment. Ainsi rassasié par le terroir, on ose à nouveau poser un regard sur le panorama, on hume l’air : iodé, mais aussi torréfié comme le sarrasin. La plage de Tahiti est bretonne, sans conteste.
Panier garni
Pain de sarrasin : Boulangerie Le Signor, 4, impasse des Ecureuils, Landivisiau.Rillettes d’ormeaux : La Chikolodenn, ZA de Kerinec, Carantec.Tomme bleue : Fromagerie de Brengoulou, Saint-Vougay.Légumes : Ferme de Kermen, Carantec. Tél. : 06-37-03-88-13.Fraises : Le pépin et la plume, Penavern, La Roche-Maurice.Cidre et bières : Kerav’ale, Keravel, Roscoff.
Pour y aller  Rouler jusqu’à l’allée des Pins, à Carantec, et marcher sur les petits chemins qui descendent vers la mer.



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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-5"> ¤ L’explosion du tourisme mondial, chinois en particulier, incite les marques de luxe à se doter d’une vitrine dans les terminaux. Sources de revenus non négligeables pour les aéroports, ces centres commerciaux prennent de plus en plus d’importance.
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Les aéroports, le « sixième continent du shopping »

L’explosion du tourisme mondial, chinois en particulier, incite les marques de luxe à se doter d’une vitrine dans les terminaux. Sources de revenus non négligeables pour les aéroports, ces centres commerciaux prennent de plus en plus d’importance.



Le Monde
 |    08.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 06h47
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

C’est l’un des plus grands magasins parisiens. Les millions de touristes qui passeront cet été par Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise) devront slalomer entre boutiques chics, bars et restaurants pour gagner leur porte d’embarquement. Ils pourront se restaurer au Teppan, la dernière adresse du chef Thierry Marx, ouverte entre un Relay et un McDonald’s en zone publique du terminal 1, faire halte chez le barbier au terminal 2 E, ou encore se faire coiffer et maquiller dans le 2 A. Des commerces qui n’ont plus grand-chose à voir avec les anciennes boutiques hors taxes, prisées pour leurs cigarettes, alcools et parfums.
ADP (ex-Aéroports de Paris), prochain exploitant aéroportuaire à être privatisé en France – après ceux de Toulouse, Nice et Lyon –, ne compte pas en rester là. Son objectif : hisser ses espaces, en glamour comme en taille, « au niveau des Galeries Lafayette Haussmann pour la fin 2020 », indique son directeur client, Mathieu Daubert. « La privatisation ne change rien, ces revenus sont devenus vitaux », souligne-t-il. Ces activités ont apporté 459 millions d’euros en 2017, en hausse de 2,2 %. Les mètres carrés qui leur sont dévolus sont passés, entre 2016 et fin 2017, de 35 000 à 58 000. Et 40 000 sont en cours d’ajout ou de rénovation.

Tous les aéroports, publics comme privés, se sont embarqués dans de telles diversifications car elles servent de « matelas de sécurité en cas de retournement économique », explique Stefano Baronci, directeur de l’économie et du développement des programmes à Airports Council International (ACI).
Il précise que ces services non aéronautiques, à l’origine de 39,4 % des revenus des aéroports en moyenne, ont aussi tendance à dégager des marges nettes plus élevées que les activités aéronautiques traditionnelles. Les concessions liées aux commerces ainsi qu’aux bars et aux restaurants se taillent la part du lion dans cet ensemble, loin devant les...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-6"> ¤ Musée grandiose, galerie pointue, street art… La métropole sud-africaine se positionne à l’avant-garde de la création artistique du continent.
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Balade au Cap, à la pointe de l’art


                      Musée grandiose, galerie pointue, street art… La métropole sud-africaine se positionne à l’avant-garde de la création artistique du continent.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h08
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)







Le Cap, qui a inauguré à l’automne 2017 un magnifique musée d’art contemporain, est devenue l’une des destinations touristiques prisées des amateurs d’art.
Grand format au Zeitz Mocaa

   


Jusqu’à l’ouverture, en 2017, de ce musée hors norme, le plus grand établissement du continent consacré à l’art contemporain, il fallait courir les foires internationales pour découvrir les œuvres produites par la scène africaine, en pleine ébullition. Elles ont désormais leur temple au Cap, hissé au rang de capitale artistique d’Afrique. Situé au très couru Victoria & Alfred Waterfront, d’anciens docks reconvertis, le bâtiment lui-même est une prouesse architecturale. A l’intérieur de cet ancien silo à grain, les salles d’exposition s’organisent autour d’un atrium grandiose creusé à même le béton. Les pièces présentées sont issues de la collection personnelle du philanthrope allemand Jochen Zeitz, et sont signées d’artistes africains et afro-descendants du monde entier. Les étages supérieurs accueillent le luxueux Silo Hotel, dont les vitres à facettes géométriques offrent des vues imprenables sur Le Cap – d’un côté, la montagne, et de l’autre, la mer.
Silo District, V&A Waterfront, de 10 heures à 18 heures, fermé le mardi. www.zeitzmocaa.museum. www.theroyalportfolio.com/the-silo

        Lire aussi :
         

                Le Cap s’offre un temple de l’art contemporain



Décor vintage au Cape Heritage Hotel

   


En plein centre-ville, cet hôtel fait partie d’un ensemble de style hollandais et géorgien donnant un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler Le Cap vers 1780. Pied-à-terre idéal pour explorer les rues animées du centre, il propose des chambres spacieuses au décor soigné mêlant vintage et modernité. Parmi les immeubles, un patio ombragé accueille plusieurs restaurants, et surtout le plus vieux pied de vigne d’Afrique du Sud, qui produit toujours vingt litres de vin par an.
90 Bree Street. Chambre double à partir de 107 €. www.capeheritage.co.za
Art contemporain au Shortmarket Club

   


On tombe difficilement dessus par hasard. Caché dans une ruelle, au premier étage d’une vieille bâtisse rénovée, ce restaurant prodigue une cuisine sophistiquée qui revisite les saveurs locales, à commencer par la viande cuite au gril, le fameux braai sud-africain. La décoration très contemporaine – cuisine ouverte, tables habillées de cuir, longues banquettes et collection invraisemblable de papillons sous verre – donne l’impression d’un club très sélect. Réserver à l’avance.
20 € environ le plat. 88 Shortmarket Street. www.theshortmarketclub.co.za
Expo arc-en-ciel à la Galerie Stevenson

   


Montée en 2003 par l’historien d’art Michael Stevenson, cette galerie de référence est l’un des symboles du dynamisme sud-africain dans le monde de l’art contemporain. C’est aussi l’une des pierres angulaires du bouillonnant Woodstock, ancien quartier de pêcheurs relativement épargné par les politiques de division raciale du régime de l’apartheid, aujourd’hui en pleine rénovation urbaine.
160 Sir Lowry Road, Woodstock, de 9 heures à 17 heures, du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures le samedi. www.stevenson.info
Fresques urbaines à Woodstock

   


Woodstock se découvre avant tout à pied. L’artiste Juma Mkwela propose des tours du quartier pour y admirer graffitis, peintures murales et autres œuvres de street art choyées par la communauté. On passe aussi devant des magasins de bric-à-brac proposant des meubles reconditionnés avec créativité. Au point de rendez-vous, le café Superette offre des petits déjeuners rapides, délicieux et bon marché.
22 € le tour de 1 h 30. Départ et retour au Woodstock Exchange, 66 Albert Road, Woodstock. www.townshiparttours.co.za
Y aller
Air France propose des allers-retours directs et quotidiens au départ de Paris-CDG à partir de 564 €. www.airfrance.fr



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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-7"> ¤ Chaque kilomètre aménagé pour les cyclotouristes rapporterait de 17 000 à 30 200  euros par an aux territoires concernés. Commerces et hôteliers s’adaptent à cette nouvelle clientèle
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édition abonné


Le tourisme à bicyclette engendre une activité florissante

Chaque kilomètre aménagé pour les cyclotouristes rapporterait de 17 000 à 30 200  euros par an aux territoires concernés. Commerces et hôteliers s’adaptent à cette nouvelle clientèle



Le Monde
 |    06.07.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
09.07.2018 à 07h48
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Un défilé incessant. Les dimanches d’été, le long du canal du Loing, dans le sud du département de Seine-et-Marne, les cyclistes se succèdent à un rythme régulier. Voyageurs dont les bagages sont glissés dans des sacoches amovibles, sportifs aux maillots multicolores en quête de performances, familles en promenade, il y en a pour tous les goûts.
Le canal du Loing n’est pas une exception. En 2017, la fréquentation des principaux itinéraires cyclables de France a progressé de 8 % par rapport à 2016, selon les chiffres publiés le 3 juillet par Vélo et territoires, une association d’élus qui rassemble 80 collectivités locales engagées dans la promotion de la bicyclette. Depuis 2013, la hausse atteinT 18 %.
Cet afflux de cyclistes sur les routes de France finit par susciter la convoitise des professionnels du tourisme. Le long des itinéraires, des commerces ouvrent, des loueurs de vélos s’installent, des hôteliers s’adaptent à cette nouvelle clientèle. Sur la ViaRhôna, un itinéraire qui court le long du Rhône entre le lac Léman et la Méditerranée, 65 000 nuitées liées au cyclotourisme ont été enregistrées en 2017, estime le cabinet de conseil Inddigo, qui a publié en mars une étude consacrée à cette voie.
Les touristes à vélo consomment davantage
Le label Accueil vélo, développé par les professionnels du tourisme, est aujourd’hui attribué à 3 400 prestataires, contre 2 600 en mars 2017, des offices de tourisme aux hôtels, en passant par des sites remarquables. Ces opérateurs s’engagent à fournir des services adaptés, tels que des abris sécurisés, le transfert de bagages ou des kits de réparation.
L’économie qui se met doucement en place le long des itinéraires se révèle particulièrement lucrative. Les touristes à vélo sont réputés dépenser davantage que les autres visiteurs. Ainsi, chaque voyageur qui découvre la Loire à vélo, le plus fréquenté des itinéraires de France, avec presque un million de visiteurs par an, consomment en moyenne...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-8">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-8"> ¤ Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».
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                Des sagas médiévales à Björk, pourquoi l’Islande fascine


Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».

Le Monde
                 |                 02.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h39
                 |

            Marie Charrel

















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Son modèle démocratique et paritaire est une source d’inspiration. Ses paysages et ses artistes fascinent. Pourquoi l’Islande fait-elle rêver ? Quelle est son histoire ? Comment sa littérature s’est-elle développée ? Pour Michel Sallé, docteur en sciences politiques et fin connaisseur du pays, la spécificité de l’île tient à la fois à sa résilience et à son ouverture. Il publie l’ouvrage « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours » aux éditions Tallandier (paru le 14 juin 2018), coécrit avec Æsa Sigurjonsdottir, professeure d’histoire de l’art à l’université d’Islande.

        Rendez-vous au Monde Festival 2018 :
         

          Islande, une passion française



Pourquoi l’Islande passionne-t-elle autant les Français ?
Cette fascination n’est pas spécifiquement tricolore. Elle s’inscrit dans un mouvement général d’intérêt pour l’île : depuis quelques années, tout le monde redécouvre l’Islande. Le nombre de touristes a considérablement augmenté. Cet attrait tient autant à la beauté de ses paysages qu’à sa littérature et sa musique, incarnée par Björk, mais pas seulement : de plus en plus de groupes de Reykjavík tournent désormais à l’étranger.
Au regard de la petite taille de sa population (un peu moins de 350 000 habitants), l’île compte un nombre important d’artistes. Comment l’expliquer ?
La culture a toujours tenu une place de premier plan en Islande. Cela a commencé, bien sûr, avec les fameuses sagas médiévales. Au XIXe siècle, les poètes romantiques ont contribué à forger les valeurs islandaises, autour de la nature, et l’identité de l’île, dans le cadre du mouvement d’indépendance face au Danemark.
De plus, les Islandais ont eu très tôt accès à la lecture, notamment sous l’impulsion de l’Eglise protestante : le pasteur désirait que le plus grand nombre puisse lire la bible !
Aujourd’hui encore, les arts tiennent une grande place dans l’éducation scolaire, et la création artistique est très valorisée : cela contribue probablement à expliquer pourquoi le pays compte de nombreux écrivains et musiciens.
L’Islande, dont le Parlement fut fondé en 930 (l’Althing, ou Alþingi en islandais), est souvent citée comme un modèle démocratique. A juste titre ?
Oui, mais ses institutions ont malgré tout des hauts et des bas. Après la crise financière de 2008, un mouvement pour la réécriture de la Constitution par la société civile est né, suscitant l’admiration à l’étranger, qui voyait là une révolution démocratique audacieuse. Il est vrai que cette Constitution est un texte ancien, calqué sur le modèle danois lors de l’indépendance du pays, en 1944. Sa première version date de 1874 ! Hélas, la réécriture de la Constitution, si prometteuse, a fini par échouer dans l’indifférence générale.
Ajoutons qu’en 2016, le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson fut rattrapé par les Panama Papers, le scandale des sociétés dissimulées dans les paradis fiscaux. Si elle inspire, la démocratie islandaise est donc loin d’être parfaite.
En matière d’égalité hommes-femmes et de parité, l’île est en avance au regard du reste de l’Europe, à l’exemple de l’ensemble des pays nordiques.
C’est vrai, même si là aussi, tout n’est pas parfait. Une anecdote à cet égard : le nouveau conseil municipal de Reykjavík, issu des élections de mai dernier, recense quinze femmes et huit hommes ; il est plus que paritaire !
Si l’on remonte l’histoire, les sagas contenaient déjà des figures féminines puissantes. Au XIXe siècle, la suffragette Briet Bjarnhéðinsdóttir (1856-1940) s’est vaillamment battue pour le droit des femmes. Celles-ci votèrent pour la première fois en 1908, d’abord pour les municipales. En 1975, elles se mirent en grève pour obtenir l’égalité des salaires.
Aujourd’hui, les Islandaises n’ont aucun mal à décrocher des postes élevés dans les entreprises ou conseils d’administration. Cela semble naturel. Le plafond de verre y est beaucoup moins fort qu’en France.
L’ouvrage que vous avez coécrit retrace l’histoire de l’île depuis ses origines. Comment la caractériseriez-vous ?
Deux traits permettent de comprendre les Islandais. Le premier est leur grande résilience. Il ne faut pas oublier que l’île a été pauvre jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, où elle était encore peuplée de pêcheurs et paysans. Son histoire est rythmée par les épidémies, les hivers rigoureux et les éruptions destructrices, mais son peuple s’est toujours relevé.
Le second trait des Islandais est leur grande ouverture. Ils ont toujours été curieux et ouverts au monde, ce qui se traduit notamment par leur appétit pour la culture. A l’époque des sagas, déjà, les échanges entre l’Islande, l’Irlande, les îles Hébrides et le Danemark étaient intenses. Et l’information circulait très vite : presque tout le monde était rapidement au courant des nouvelles sur l’île, notamment grâce aux Scaldes, ces poètes qui chantaient ou récitaient leurs textes.
A quels défis l’île est-elle aujourd’hui confrontée ?
Ces prochaines années, elle va devoir gérer le flux considérable de touristes, qui explose depuis cinq ans. Comment concilier cela avec la protection de la nature ? Une réflexion de long terme sur le sujet est indispensable. D’autant que beaucoup d’Islandais ont investi pour profiter de la hausse du nombre de visiteurs, en achetant des appartements pour les louer sur la plate-forme Airbnb. Pour l’instant, l’économie va bien, mais cette frénésie immobilière peut laisser craindre une surchauffe.
La bonne santé de l’économie a par ailleurs attiré beaucoup de travailleurs étrangers. A cet égard, 2017 a été une année exceptionnelle, tant par les arrivées d’étrangers que par le retour de citoyens islandais. La population frôle désormais les 350 000 personnes, si bien que le pays approche une taille critique, au sens où il ne lui est plus possible de fonctionner comme une grosse communauté, où tout le monde se connaît.
A cette croissance démographique s’ajoute la concentration des habitants dans la capitale, tandis que les campagnes se vident. Que faire ensemble, quel projet commun ? L’Islande est aujourd’hui à un croisement de son histoire.
Le Monde organise dans le cadre du Monde festival une rencontre avec les romanciers islandais Audur Ava Ólafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury, et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 14h00 à 15h30 à l’Opéra Bastille (studio).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Marie Charrel
    













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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-9"> ¤ Le principal porte-parole du géant du streaming, Jonathan Friedland, a été renvoyé après avoir utilisé le mot « nigger [négro] » une seconde fois à l’encontre d’employés.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Un dirigeant de Netflix limogé pour avoir utilisé une insulte raciste

Le principal porte-parole du géant du streaming, Jonathan Friedland, a été renvoyé après avoir utilisé le mot « nigger [négro] » une seconde fois à l’encontre d’employés.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 14h55
   





                        



   


Netflix a renvoyé son principal porte-parole Jonathan Friedland pour avoir utilisé une insulte raciste deux fois en quelques jours lors de réunions avec les employés, a fait savoir le géant du streaming.
La direction de la communication a annoncé, vendredi 22 juin, le départ de M. Friedland après qu’il s’est vu adresser des remontrances une seconde fois pour avoir utilisé le mot « nigger [négro] », considéré comme extrêmement insultant et totalement tabou.
« Je quitte Netflix après sept ans. Les dirigeants doivent être au-dessus de tout reproche (…) et, malheureusement, j’y ai failli en manquant de sensibilité lorsque j’ai parlé à mon équipe des mots offensants dans les comédies », a-t-il tweeté.
« Je suis infiniment désolé de la détresse que j’ai causée à des gens dans une entreprise que j’aime et où je veux que tout le monde se sente inclus et apprécié. »
M. Friedland, un ancien journaliste, a aussi travaillé au service communication de Disney et auparavant a passé dix ans au Wall Street Journal.
« Une leçon »
Netflix n’a pas réagi immédiatement, mais le magazine Variety, a reproduit le mémo que le directeur général Reed Hastings a envoyé au personnel vendredi. « Jonathan a grandement contribué [à Netflix] à bien des égards, mais son utilisation du mot qui commence par N [la manière dont il est décrit aux Etats-Unis sans être dit], en au moins deux occasions au travail, a montré un manque d’attention et de sensibilité aux questions raciales qui ne correspond pas aux valeurs de notre entreprise », a-t-il ainsi écrit.
M. Hastings ajoute que le premier incident était survenu « il y a plusieurs mois » dans une réunion sur des mots sensibles puis quelques jours plus tard avec deux employés noirs des ressources humaines, alors même qu’il discutait de l’incident d’origine.
M. Friedland, qui est blanc, s’était immédiatement excusé lorsque des critiques se sont élevées la première fois, mais le fait qu’il a récidivé « montre un manque de compréhension profond qui m’a convaincu qu’il devait partir », a conclu M. Reed.
Le patron de Netflix se lance ensuite dans un historique de ce mot très chargé et admet qu’il aurait dû faire du premier incident « une leçon pour que tout le monde chez Netflix réalise à quelque point c’est un mot douloureux et laid qui ne doit pas être utilisé ».

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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-10"> ¤ « La Matinale » vous invite au voyage. Cette semaine, on range les smartphones et on prend le temps ! Rendez-vous sur Sveti Klement, véritable jardin sur l’Adriatique, ou à Porquerolles, merveille méditerranéenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/06/2018
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Seul au monde : cinq îles de poche pour un voyage « slow »

« La Matinale » vous invite au voyage. Cette semaine, on range les smartphones et on prend le temps ! Rendez-vous sur Sveti Klement, véritable jardin sur l’Adriatique, ou à Porquerolles, merveille méditerranéenne.



Le Monde
 |    17.06.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
17.06.2018 à 12h17
    |

            Thomas Doustaly








                        



                                


                            LES CHOIX DE LA MATINALE
Se prélasser dans la Venus Pool, piscine naturelle de Sercq, perdue dans la Manche, se couper de l’agitation du monde sur Shuna – deux habitants – au nord-ouest de l’Ecosse ou contempler la mer Tyrrhénienne perché sur Montagnole, point culminant d’Alicudi, nos cinq voyages ressourçants.
Alicudi, un havre de sérénité

Autant dire qu’il faut prendre son élan, et son courage à deux mains. Car Alicudi, comme dirait l’autre, ça se mérite. D’abord, il faut y arriver : Alicudi est une petite île volcanique de la mer Tyrrhénienne – tyrrhénien, synonyme grec d’étrusque – à laquelle on accède en bateau depuis les ports de Palerme ou de Milazzo, en Sicile. C’est la plus occidentale des îles Eoliennes, et la plus reculée, dans tous les sens du terme : pas de routes, des chemins de pierre en forme d’escaliers, et la seule force du mollet pour les gravir, avec des mules pour les bagages. Et c’est tout. Ici, ni voiture ni vélo.
Les plages ne sont pas non plus le point fort de l’île (mais on pêche et on plonge), qui exige plutôt à l’inverse qu’on la découvre jusqu’à son point culminant, Montagnole, à 675 mètres au-dessus de l’eau. Les maisons accrochées à la montagne, au sud-est, sont louées pour leur sérénité totale et leur terrasse, avec une vue immense sur la mer. C’est la solution idéale pour séjourner sur Alicudi, et vivre sans télé ni Internet aussi longtemps qu’on veut. La plupart des hôtes proposent une formule Bed & Breakfast. Sinon, l’hôtel Ericusa, le seul de l’île, n’offre qu’une vingtaine de chambres, mais il a son propre restaurant. Il n’y en a qu’un seul autre de toute façon sur l’île, le délicieux Il Club di Lea ! Si vous aimez l’agitation, fuyez ! Mais si vous voulez écrire un roman sans être dérangé, courez-y !
Hôtel Ericusa, chambre double en demi-pension à partir de 75 €. Alicudihotel.it
Sercq, un trésor naturel

L’île de Sercq – Sark, pour les Britanniques –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-11"> ¤ En 2016, Sophie réserve, sur Tripadvisor, un séjour de trois semaines au Costa Rica, dans la propriété d’un particulier. Quelques jours avant le départ, un cancer du sein à un stade avancé lui est diagnostiqué. Contrainte de suivre une chimiothérapie, elle demande le remboursement du séjour.
<filname="PROF-0,2-3546,1-0,0-11"> ¤ 
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<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-12"> ¤ Une jeune garde de cuisiniers en Turquie est en train de réveiller la gastronomie locale. Avec une obsession simple : convoquer dans l’assiette les recettes ancestrales et variées de la vaste Anatolie.
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Les goûts retrouvés d’Anatolie


                      Une jeune garde de cuisiniers en Turquie est en train de réveiller la gastronomie locale. Avec une obsession simple : convoquer dans l’assiette les recettes ancestrales et variées de la vaste Anatolie.



Le Monde
 |    03.06.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
03.06.2018 à 15h29
   





   


Dans une ancienne banque d’Istanbul, au cœur du quartier européen de Karaköy, le musée d’art contemporain SALT Galata concentre toute l’essence de la créativité turque. Mais c’est au dernier étage qu’un trésor culturel a été installé : Neolokal. L’une des figures de proue de la nouvelle cuisine anatolienne reçoit les gourmets de la ville et de bien plus loin, puisqu’on y parle japonais et français en admirant la vue – le pont de Galata qui traverse la Corne d’Or. A l’horizon, les minarets des mosquées rayent le ciel. Des hommes pêchent au lancer en prenant soin d’éviter les lignes tendues entre les poteaux électriques. C’est la saison de l’istavrit, un petit chinchard qui se fait de plus en plus rare à cause de la pollution de l’eau. Tout en regrettant que le Bosphore soit déserté par les poissons, Maksut Askar, le chef cuisinier des lieux, pose une assiette sur la table : il nous livre sa vision de son pays dans un moutabal. « L’ Anatolie est un melting-pot insensé. Je me sers de cette richesse multiculturelle. » Pourquoi parle-t-il d’Anatolie et non pas de Turquie ? « Notre cuisine ne peut pas être turque, ce serait trop réducteur. En parlant de l’Anatolie, on fait honneur à tous les peuples qui vivent sur ce territoire. »

   


Théoriquement simple purée d’aubergines au tahini et à l’ail, le moutabal se transforme ici en une multitude de points crémeux, orangés, violacés, jaunes, verts, ocre, rouges… Chaque couleur correspond à un ingrédient local et de saison : chou rouge, betterave, pois, citrouille… Goûtés individuellement, ils sont intenses. Mélangés les uns aux autres, ils sont surprenants, progressistes. à l’image de cette nouvelle cuisine anatolienne.
Revenir à une cuisine traditionnelle
Son essor coïncide avec l’arrivée de Recep Tayyip Erdogan au pouvoir. Autour de 2011, plusieurs cuisiniers craignent que leur culture ne soit menacée par la politique de l’actuel président. Emporté par son désir de reconstruire une Turquie à l’identité très affirmée, le nouvel homme fort du pays pourrait mettre à mal le précieux melting-pot qu’évoque Maksut Askar. Certains chefs, à l’instar d’artistes et d’intellectuels turcs, décident d’entrer dans une forme de résistance pacifique en assumant d’utiliser des produits locaux et de revenir à une cuisine traditionnelle qui s’était fait voler la vedette par des gastronomies dites plus chics : l’italienne et la française. Ils font appel à des anthropologues pour retrouver des ingrédients oubliés, interviewent leurs aïeux pour consigner des recettes… Un scénario hybride entre l’épopée scandinave de Noma, le célèbre restaurant danois de René Redzepi, et le mouvement italien Slow Food, qui entend protéger les produits alimentaires en voie de disparition.

   


Certains cuisiniers, comme Kemal Demirasal, se sont, dans un premier temps, perdus en chemin. Après avoir été repéré par les World’s 50 Best Restaurants dans sa troisième adresse stambouliote (Alancha), ce jeune loup de la gastronomie internationale a fait le choix de revenir dans son village natal, à Alaçati, au bord de la mer Egée. L’hiver, il expérimente de nouvelles recettes chez lui. Et une fois le printemps arrivé, il reproduit ses trouvailles dans son restaurant gastronomique, Yek. Cela donne une salade de pourpier, kaymak crémeux (fromage local qui ressemblerait au cœur de la burrata) et erik, des petites prunes acidulées, le tout assaisonné à la perfection. « Le plus dur est de garder la simplicité des recettes. Mais la cuisine d’ici est tellement riche… Ce serait dommage de vouloir réparer quelque chose qui n’est pas cassé », dit-il en souriant.
Les jeunes Stambouliotes ne s’y trompent pas. Jadis complexés par la cuisine de leurs grand-mères, ils ne jurent maintenant plus que par Çiya Sofrasi, un restaurant kebab à Kadiköy, du côté asiatique du Bosphore. Musa Dagdeviren y sert les plats de toute l’Anatolie dans leur jus le plus strict et on murmure déjà qu’il pourrait être l’un des prochains héros de la série documentaire de Netflix sur la gastronomie mondiale, Chef’s Table. Pourtant, le décor de Çiya est simple. Tables en plastique et plats de cantine soutiennent des monuments tels que des brochettes de viande accompagnée de légumes de saison, un riz « voilé » farci de pignons, raisins et amandes, une soupe de tête d’agneau, un taboulé fou de persil au zaatar frais et, en dessert, des petites aubergines confites. L’ensemble est exécuté par des cuisiniers flegmatiques qui jettent les lahmacun (pizzas fines au bœuf) dans le four à bois, en croquant à pleines dents dans des feuilles de romaine.

   


Côté européen du Bosphore, dans le quartier moderne de Levent, d’autres cuisiniers s’affairent. Le restaurant Gram est logé dans le centre commercial Kanyon, une irruption futuriste dans un monde levantin en pleine transition. Esra Acar et Didem Senol se sont installées là après le coup d’Etat raté de 2016. A l’époque proche de la place Taksim (où ont eu lieu d’ importantes manifestations en 2013), leur restaurant a frôlé la faillite. Cette nouvelle cantine attire pêle-mêle travailleurs du tertiaire, clientèle chic ou bien jeunes tatoués qui déjeunent d’une salade accompagnée de sa protéine, comme dans les meilleurs salad bars de New York. Mais il est également possible de croquer dans un beignet de courgette traditionnel ou de se délecter de chips de foie frit avec une salade d’herbes fraîches.
Préserver le patrimoine gustatif
La principale source d’inspiration de la cuisine de Gram est justement Çiya. « La seule différence est que l’on retire l’ail pour que le goût du produit se révèle davantage. Ainsi, les clients comprennent mieux pourquoi on ne leur propose que des produits de saison, explique Esra. Nous n’avons pas de mission éducative, mais nous devons résister pour que, dans les campagnes, les agriculteurs puissent continuer à bien travailler. Notre rêve serait d’avoir nos propres jardins. »

   


Un rêve qu’Ayse Nur réalise chaque jour à Alaçati. Ce village balnéaire, qui rappelle les îles grecques, juste en face, abrite une culture du goût brut, arrosé d’huile d’olive, plutôt que de beurre. Dans son paradis terrestre, qu’elle a nommé Asma Yapraği, Ayse Nur sert des plats dont elle collecte les recettes depuis l’adolescence, tantôt auprès de sa tante, tantôt auprès des nombreuses cuisinières qui travaillent désormais avec elle. Ensemble, elles exécutent des sarma aigres-douces (feuilles de vigne farcies au riz avec, en bonus ici, des cerises), des salades d’ail frais au boulgour ou d’herbes, d’artichauts et de fèves. Sur une musique mélancolique, l’indolence de la maîtresse de maison gagne l’hôte à force de verres de raki [la variante turque de l’arak] et de bons plats familiaux. Sans effort, dans son jardin potager, Ayse Nur résiste, elle aussi. Elle ne veut pas que le patrimoine gustatif de l’Anatolie disparaisse : « Quand je discute avec mes cuisinières, elles réalisent que leurs habitudes, leurs traditions, les semences de chez elles sont très importantes. A partir de leurs histoires et des miennes, on crée de nouvelles recettes, une troisième voie qui fait vivre notre culture. » Une philosophie qui habite les meilleurs cuisiniers d’Anatolie et qui redonne de l’éclat à la palette de couleurs des paysages : de l’orange vif des fleurs de courgette au vert acide des petites prunes erik.

   


Carnet pratique
Istanbul
Y aller
Pari-Istanbul avec Pegasus Airlines, 2 vols quotidiens au départ de Paris-Orly vers Istanbul-Sabiha Gokcen. Vol A/R à partir de 150 €. www.flypgs.com/fr
Manger
Gram Kanyon Corner Au sein de cette cantine moderne, on déguste des produits ultra-frais dans des recettes traditionnelles avec pour bande-son des reprises acoustiques de Rihanna. Environ 10 € par personne. Büyükdere Cad. No : 185 Kat-2. Levent. www.gram.ist
Neolokal : L’adresse incontournable pour découvrir la gastronomie anatolienne dans ce qu’elle a de plus authentique et de plus novateur à la fois. SALT Galata, Arap Cami Mahallesi, Bankalar Cad. No : 11. Beyoğlu. 35 € par personne. www.neolokal.com
Çiya Sofrasi : La référence pour tous les gourmets turcs et le lieu où l’on comprend enfin que kebab ne veut pas forcément dire sandwich à la viande, mais évoque plutôt une farandole de possibilités autour de la viande. Caferağa Mahallesi, Güneşli Bahçe Sk. No : 43. Kadıköy. 12 € par personne. www.ciya.com.tr Yeni Lokanta : Civan Er, cuisinier formé sur le tas pendant ses études de finance, délivre ici une cuisine élégante où chaque plat, d’inspiration traditionnelle, traduit une sophistication qui prend aux tripes. Kumbaracı Yokuşu. No : 66. Beyoğlu. 35 € par personne. www.yenilokanta.com
Dormir
Soho House : On s’évade de la furie stambouliote en logeant dans un appartement en duplex. Avec son lit ferme, son oreiller rebondi, le sommeil profond est garanti, surtout si on a eu la chance de profiter d’un moment de détente dans le hammam au sous-sol. A partir de 250 € la nuit pour une chambre double. Evliya Çelebi Mahallesi Meşrutiyet Cad. No : 56. Beyoğlu.
Alaçati
Y allerA partir d’Istanbul se rendre en avion jusqu’à Izmir, puis compter une heure de route jusqu’à Alaçati. Vols réguliers disponibles dans les deux aéroports d’Istanbul, Atatürk et Sabiha Gokcen. Aller simple à partir de 16 €. Jusqu’à 19 vols quotidiens dans les deux sens. www.flypgs.com/fr 
Manger
Asma Yapraği : Une cuisine familiale et enracinée à déguster sous les vignes avec un verre de raki. Environ 20 € par personne. Alaçati Mahallesi, 1005 Sok. No : 50. +90 232 716 01 78.
Yek : Sur les hauteurs d’Alaçati, le restaurant de Kemal Demirasal domine la mer comme la terre. A l’image de sa cuisine dans laquelle il exécute des plats de très haute volée. Environ 60 € par personne. www.atelier-kemaldemirasal.com/yek
Papazz : On goûte ici au meilleur de la tradition égéenne. Fleurs de courgettes fraîches, légèrement arrosées d’huile d’olive, purée de fèves brutes et côtes de chevreau grillées, en saison. 15 € par personne. 13046 sok. No : 17. +90 232 716 60 62.
Dormir
Tas Otel : Havre de tranquillité aux murs chaulés et à la piscine apaisante après un bain de mer. Au petit déjeuner, les börek à l’aubergine, faits maison, ajoutent une profondeur supplémentaire à l’hospitalité naturelle de Zeynep, notre hôte. A partir de 120 € la nuit pour une chambre double. Kemalpasa Cad. 132. Yeni Mecidiye Mahallesi. www.tasotel.com/en
Par Marie Aline



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<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion de la visite du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, dans le Caucase du Sud, du 26 au 28 mai, pour participer aux célébrations du centenaire de la naissance des trois Etats de la région, l’historien Charles Urjewicz revient dans une tribune au « Monde » sur l’itinéraire de ces trois indépendances jusqu’à nos jours.
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« Il y a cent ans, la Géorgie, proclame son indépendance, suivie par l’Arménie et l’Azerbaïdjan »

A l’occasion de la visite du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, dans le Caucase du Sud, du 26 au 28 mai, pour participer aux célébrations du centenaire de la naissance des trois Etats de la région, l’historien Charles Urjewicz revient dans une tribune au « Monde » sur l’itinéraire de ces trois indépendances jusqu’à nos jours.



Le Monde
 |    24.05.2018 à 16h58
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Charles Urjewicz (Professeur émérite à l'Inalco)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a cent ans, le Caucase du Sud entamait un difficile processus d’émancipation en rompant ses liens institutionnels avec la Russie. Le 10 avril 1918, ses députés élus à l’Assemblée constituante, que les bolcheviks avaient dissoute trois mois plus tôt, créaient une nouvelle structure étatique : la Fédération démocratique de Transcaucasie. Pour les élites politiques de la région, la priorité était de se protéger du danger grandissant représenté par la présence des troupes ottomanes, mais aussi du chaos qui s’était emparé de l’ensemble russe.
L’effondrement de l’Empire russe imposait aux Arméniens et aux Géorgiens un tête-à-tête périlleux avec l’Empire ottoman. Face aux dangers extérieurs, rassembler Arméniens, Azéris et Géorgiens au sein de cette structure semblait un acte naturel et protecteur d’autodéfense. D’autant plus que la région, mosaïque de peuples et d’ethnies, composait un ensemble économique cohérent, au sein duquel la circulation des biens et des hommes était une réalité évidente.
L’espoir utopique d’une cohabitation bienveillante empêchée par les agissements du régime tsariste n’était par ailleurs pas absent de cette entreprise. Dans une région où les idées socialistes avaient largement essaimé, beaucoup voulaient croire que la disparition de l’empire russe ouvrait une ère nouvelle.
L’illusion sera de courte durée. Très vite, les difficultés s’accumulent. Le 26 mai 1918, la Géorgie, de guerre lasse, proclame son indépendance, immédiatement suivie par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. En novembre, un différent territorial conduit à un conflit armé entre l’Arménie et la Géorgie.
De déconvenue en déconvenue
Alors que la première guerre mondiale continue de dévaster l’Europe, la guerre civile va bientôt s’abattre sur la Russie. Les bolcheviks, qui ont tenté de prendre le contrôle de l’Azerbaïdjan dès 1918, n’ont pas renoncé à reconstituer l’empire déchu. Trois ans après le génocide arménien, l’Empire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-14"> ¤ Chaque dimanche, « La Matinale du Monde » vous invite au voyage. Vous aimez les rois et les reines ? Cette semaine, puisque Windsor est bondé, direction Vienne pour roucouler dans le château de Sissi, ou Sintra pour une balade romantique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/05/2018
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Puisqu’on ne peut plus rencontrer Harry : cinq voyages princiers

Chaque dimanche, « La Matinale du Monde » vous invite au voyage. Vous aimez les rois et les reines ? Cette semaine, puisque Windsor est bondé, direction Vienne pour roucouler dans le château de Sissi, ou Sintra pour une balade romantique.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h38
    |

                            Yoanna Sultan-R'bibo, 
Magali Cartigny et 
Thomas Doustaly








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Du splendide palais Catherine, à Pouchkine, à Osborne House, résidence d’été de la reine Victoria sur l’île de Wight, cinq destinations pour croiser des princes charmants ou… des grenouilles.
Dormir à Schönbrunn dans les draps de Sissi

   


Elisabeth d’Autriche, la Lady Di du XIXe siècle, belle et rebelle impératrice des cœurs, a ceci en commun avec Marie-Antoinette que son nom restera éternellement attaché au crépuscule d’une monarchie et de son emblème le plus éclatant, ici le château de Schönbrunn, à Vienne.
Schönbrunn, dont les travaux débutèrent à la fin du XVIIe siècle sous le règne de l’empereur Léopold Ier, a d’ailleurs beaucoup de similitudes avec Versailles, dont il se voulait le rival. Mais c’est à Marie-Thérèse d’Autriche, cinquante ans plus tard, que l’on doit le style rococo du château actuel, et à l’empereur François-Joseph sa réputation de prison dorée et l’état des pièces ouvertes à la visite.
Si les chinoiseries de Marie-Thérèse en sont le sommet esthétique, le souvenir de François-Joseph et de Sissi sont le climax sentimental de Schönbrunn, et on ne sait plus par moments si on est au XIXe siècle ou dans un film des années 1950 avec Romy Schneider. Le parc, dominé par l’imposante gloriette de Ferdinand von Hohenberg, est entièrement XVIIIe.
Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, le château mérite une journée entière de visite. Bonne nouvelle, les jeunes mariés ou les fans de la pompe royale peuvent y dormir : une suite de 167 m2, comprenant deux chambres et un salon donnant sur le parc, est disponible dans le château lui-même, par le biais de la chaîne d’hôtels Austria Trend, pour la modique somme de 519 euros. A ce tarif-là, la balade en calèche dans le parc est offerte !
Visite « Grand Tour » 17,50 € (40 salles en 1 heure), Schoenbrunn.at
Plonger dans le rêve fou de Ferdinand, à Sintra

   


Un château aux murs d’un jaune et d’un rouge vifs, façon carton-pâte, si extravagant qu’on s’attend à en voir sortir la Belle au bois dormant ou Blanche-Neige… Nous ne sommes pas à Disneyland, mais à Sintra, au Portugal. Impossible de manquer le Palais national de Pena, perché à 500 mètres d’altitude.
Le roi Ferdinand II, époux de Marie II de Bragance, rêvait d’un palais qui reflète une scène d’opéra. Erigé entre 1840 et 1885 à sa demande, l’édifice « fou » mêle toutes les influences, entre gothique, manuélin, baroque, Renaissance. La visite débute par un long tunnel et une porte de style mauresque, qui ouvre sur une étonnante cour intérieure : là, un arc de triton, entouré de coquillages, nous observe.
La visite oscille entre le sublime et le farfelu, entre azulejos et sculptures fantasques ; depuis les balcons, la vue sur le Tage et la mer est à couper le souffle. Il faut ensuite se perdre dans les 200 hectares de jardins qui entourent le palais, une véritable jungle plantée de plus de 500 essences. Entre les fontaines, les folies, les belvédères et les petits lacs, la balade est romantique à souhait. Et les mariés de Sintra aiment se faire photographier dans ce paysage de conte pour enfants.
Visite 14 €, Parquesdesintra.pt
Aller voir les rois du « 9-3 »

   


En partant de la place du Châtelet, en plein cœur de Paris, il faut prendre la rue Saint-Denis, longtemps célèbre pour ses plaisirs, et monter vers le nord pour atteindre, au-delà du périphérique, la basilique du même nom. Selon la légende, c’est le chemin que parcourut le saint, premier évêque de Paris, la tête sous le bras, après son martyre, jusqu’à ce qu’il s’effondre à l’emplacement de l’église qui porte désormais son nom.
L’abbaye de Saint-Denis accueille les dépouilles royales à partir de Dagobert, au VIIe siècle, jusqu’à Louis XVIII, dernier roi de France mort sur le trône, en 1824. Les sépultures de plus de quarante rois et de trente-deux reines forment une nécropole unique, qu’on peut choisir de parcourir comme un musée de sculptures ou comme une sorte de Grévin de pierre uniquement consacré à l’Ancien Régime.
Si les gisants médiévaux ne sont pas des représentations réalistes des souverains, à partir de la Renaissance les tombeaux monumentaux s’ornent de statues des couples royaux qui donnent une idée de leurs traits. C’est le cas notamment de François Ier, dont le gisant à taille réelle – il mesurait presque 2 mètres – est tout à fait poignant, comme les autres transis de la basilique, Louis XII et Anne de Bretagne ou encore Catherine de Médicis et Henri II.
A Saint-Denis, Marie-Antoinette est représentée en prière dans un monument de 1830, presque quarante ans après sa mort, qui la montre vêtue d’une robe de style Empire parfaitement anachronique.
Visite 9 €, gratuit pour les moins de 26 ans, Saint-denis-basilique.fr
Se marier chez Victoria à Osborne House

   


C’est sur l’île de Wight, au sud de l’Angleterre, que la reine Victoria et son mari le prince Albert firent construire Osborne House, en 1847, une résidence d’été qui allait devenir essentielle dans la vie de la souveraine. Car, après la mort du prince consort, en 1861, Victoria passa beaucoup plus que les longs étés à Osborne House, et c’est dans cette maison tant aimée qu’elle mourut en 1901. Contre la volonté de sa défunte mère, le roi Edouard VII offrit Osborne à l’Etat britannique, ce qui préserva le château de toute nouvelle décoration.
Devenu un musée, ce palais d’été se visite comme on remonte le temps : dans la chambre de la reine, dans celle du prince ou dans les salons, point de reconstitution, tout est resté tel que c’était au début du XXe siècle. Hors la maison, le chalet suisse où jouaient les enfants royaux, la plage que Victoria trouvait « so charming » et où elle prenait des bains de mer, ou encore le magnifique parc se visitent avec le même plaisir. A l’entrée de la résidence, au milieu des palmiers typiques de cette riviera anglaise, un cottage et deux pavillons sont ouverts à la location, une idée merveilleuse pour découvrir l’île. Côté mariage, Osborne et sa plage sont aussi à louer, et peuvent accueillir de 100 à… 2 500 convives.
Visite env. 20 €, English-heritage.org.uk
Flâner dans le palais des impératrices

   


C’était la surprise de Catherine à Pierre le Grand. Le tsar n’avait-il pas congédié sa femme pour épouser cette fille de ferme d’origine polonaise, dont il tomba amoureux au premier regard et qui lui donna douze enfants.
A 20 km au sud de Saint-Pétersbourg, à Pouchkine, le palais Catherine, appelé aussi Tsarskoïe Selo (« le village des tsars »), reflète toute la splendeur de la Russie impériale. Erigé sous le règne de trois impératrices (Catherine, sa fille Elisabeth, puis Catherine II, entre 1711 et la fin des années 1770), ce palais d’été doit son style inimitable, renversant mélange de baroque florentin et de coupoles à la russe, à l’architecte italien Bartolomeo Rastrelli.
Sa splendide façade turquoise et or, longue de 300 mètres, abrite d’impressionnantes salles de réception ornées de fenêtres, de miroirs et de grands poêles en faïence de Delft. Pièce maîtresse du lieu : le cabinet d’Ambre, considéré comme la 8e merveille du monde. Cette chambre fut l’objet de vingt ans de travaux de restauration (les nazis ayant subtilisé les précieux panneaux durant la seconde guerre mondiale, les plus folles rumeurs circulent encore sur le « trésor du tsar »).
Composé d’un parc de plus de 100 hectares, agrémenté de jardins à la française et à l’anglaise, de fontaines et de sculptures, le domaine impérial réserve bien d’autres surprises : le Pavillon de la grotte, qui surplombe l’étang, le Pavillon chinois, le superbe pont de marbre, l’ermitage, petit palais dédié à Neptune, ou encore les étonnants bains turcs et leur minaret.
Visite individuelle 5 €, entre 12 heures et 14 heures et 16 heures et 17 heures, les autres horaires étant prévus pour les groupes, sur réservation, Eng.tzar.ru



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-15"> ¤ L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a contredit le président américain, dont il est l’avocat, dans le scandale qui l’oppose à l’ancienne actrice de films pornographiques.
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Donald Trump pris à revers dans l’affaire « Stormy Daniels »

L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a contredit le président américain, dont il est l’avocat, dans le scandale qui l’oppose à l’ancienne actrice de films pornographiques.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 13h35
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Donald Trump regrette-t-il déjà d’avoir pris à son service le 19 avril comme avocat son vieil allié Rudy Giuliani ? Trois jours après le tumulte créé par une affirmation de l’ancien procureur et ancien maire de New York contredisant le président et la Maison Blanche à propos de l’affaire « Stormy Daniels », le président des Etats-Unis n’a pas caché son irritation, vendredi 4 mai. « Rudy est un type bien, mais il a juste commencé hier [son travail], il va vérifier ce qu’il a avancé », a-t-il commenté avant de s’envoler pour Dallas où se tient le congrès de la National Rifle Association, le lobby pro-armes. Quelques instants plus tard, Rudy Giuliani a publié un communiqué corrigeant en partie ses déclarations précédentes.
Invité, mercredi 2 mai, de l’animateur de la chaîne Fox News Sean Hannity, un proche de Donald Trump, Rudy Giuliani a créé la stupeur en assurant que Donald Trump avait remboursé à l’un de ses avocats, Michael Cohen, la somme de 130 000 dollars versée, à quelques semaines de la présidentielle de 2016, pour le prix de son silence, à une ancienne actrice de films pornographiques, Stephanie Clifford, connue également sous son nom de scène, Stormy Daniels.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump à l’offensive contre la justice



Depuis la révélation de ce contrat par le Wall Street Journal, confirmé par l’avocat en question, en janvier, Mme Clifford estime ne plus être tenue à la discrétion à propos de la relation extraconjugale qu’elle assure avoir eue avec le magnat de l’immobilier en 2005, peu de temps après le troisième mariage de ce dernier. Donald Trump n’a cessé de nier publiquement à la fois cette relation et le versement de la somme évoquée.
Changement brutal de ligne de défense
L’initiative de Rudy Giuliani visait sans doute à éviter l’écueil d’une infraction à la législation sur les comptes de campagne. Un risque jugé suffisamment élevé pour justifier un changement brutal de la ligne de défense. Versée juste avant l’élection pour éviter une publicité indésirable, cette somme non déclarée a pu en effet jouer sur le scrutin présidentiel. Revenu une première fois sur un plateau de Fox News, jeudi matin, après le tumulte créé par ses déclarations, Rudy Giuliani a pourtant aggravé son cas en précisant que ce versement avait pour but d’éviter que le sujet soit évoqué avant le scrutin, introduisant un lien direct entre l’affaire et l’élection présidentielle.
Cette initiative non concertée avec l’entourage du président a pris à revers la Maison Blanche. « Je vous ai donné les meilleures informations dont je disposais », n’a cessé de répéter à la presse jeudi la porte-parole, Sarah Sanders, lors d’un briefing inconfortable, après avoir longtemps campé sur la même ligne de dénégation. Sommé de limiter les dégâts, Rudy Giuliani a finalement assuré vendredi qu’il avait livré son interprétation personnelle des faits, et qu’il s’agissait en fait de « protéger la famille du président » contre des « allégations mensongères ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-16"> ¤ Portrait de la famille Schmitter, qui a développé le numéro un européen de la croisière fluviale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
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CroisiEurope, la PME alsacienne qui vogue sur les fleuves du monde entier

Portrait de la famille Schmitter, qui a développé le numéro un européen de la croisière fluviale.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 06h28
    |

            Philippe Jacqué (Strasbourg, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Nous sommes autant, ce n’est pas possible ! », s’écrit Christian, 53 ans. « Ben si, on vient de pointer. Nous sommes 1 600 salariés », répond, goguenard, Philippe, 62 ans. « Il faut suivre ! », enchérissent en chœur Lucas, Kim et Jordan, tous moins de 30 ans au compteur… Chez les Schmitter, la très discrète famille à la barre de CroisiEurope, les plus jeunes n’hésitent pas à chambrer leurs aînés. L’échange a lieu courant mars, rue du Havre, à l’embarcadère du port de Strasbourg du champion européen de la croisière fluviale. Ce jour-là, cependant, il manque à l’appel trois membres de cette famille alsacienne haute en couleur : Anne-Marie, 51 ans, et Patrick, 63 ans, de la seconde génération, ainsi que Deborah, de la troisième génération. Ils sont tous occupés à parcourir le monde pour la société.
« Tous sont importants pour faire fonctionner la société », insiste Christian. « Mon père [Gérard], qui a créé l’entreprise en 1976, pouvait se mêler de tout, jusqu’à la couleur du papier toilette des navires, se rappelle Philippe. Nous avons préféré nous répartir équitablement le boulot et le capital de la société. A Christian, le commercial, à Patrick, l’industriel, à Anne-Marie, l’administratif, et à moi, l’hôtellerie-restauration… Une seule règle : les conjoints n’ont pas voix au chapitre. Quant aux enfants, on les intègre progressivement à la direction des opérations et ils participent désormais aux décisions stratégiques. »
Un noyau de cadres participe également à l’aventure depuis le début. « Sans eux, nous ne serions pas là », reprend Christian. « C’est une famille humble, bienveillante et une entreprise fantastique, s’émerveille Monique Jung, la patronne de l’Agence de développement économique d’Alsace. En quarante-deux ans, le petit restaurant avec location de pédalos s’est transformé en une multinationale du tourisme ! »
« On a beaucoup trimé »
Tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-17"> ¤ Des salles de classe thaïlandaises se remplissent de seniors en uniformes d’écolier. Une manière de lutter contre leur isolement croissant.
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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-18"> ¤ Au printemps, il n’y a pas que le « sakura », l’époque de floraison des cerisiers. Il y a aussi la tradition des « shibazakura », littéralement « cerisiers-pelouses », qui envahissent les parterres des parcs dans un camaïeu de rose.
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Chichibu, le Japon des champs de fleurs


                      Au printemps, il n’y a pas que le « sakura », l’époque de floraison des cerisiers. Il y a aussi la tradition des « shibazakura », littéralement « cerisiers-pelouses », qui envahissent les parterres des parcs dans un camaïeu de rose.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h15
    |

                            Marie Godfrain








                              

                        

Minobu se souvient parfaitement de la première fois qu’elle a entendu ce mot. Cette trentenaire était encore enfant lorsque sa grand-mère a émis le vœu de vivre un dernier « sakura ». Minobu s’est alors tournée vers ses parents, qui lui ont expliqué ce terme nippon désignant l’arbre, mais aussi ce moment si bref du début du printemps où les cerisiers fleurissent à travers tout le Japon. Au-delà de cet aspect botanique, ils ont surtout raconté que ce moment était un symbole de renaissance célébré depuis des siècles dans l’Archipel et un moment phare dans la vie des Japonais.
Pour savourer ce spectacle unique, il faut suivre les Tokyoïtes et prendre le Red Arrow Limited Express depuis la gare d’Ikebukuro, direction ­Chichibu. Bucolique et située à un peu plus d’une heure de la capitale japonaise, cette cité est prisée des Tokyoïtes. Les maisons traditionnelles aux parois en papier, qui voisinent avec des temples en bois rouge vif et de petits immeubles plus modernes, font de cette bourgade un endroit hors du temps. Une plongée dans le passé et dans la nature dont raffolent les Japonais adeptes du shintoïsme, la plus ancienne religion de l’Archipel basée sur l’animisme.

Depuis les fenêtres du train qui serpente entre les montagnes, on aperçoit des forêts de cèdres et d’érables. Dans cette région très agricole, les champs de fraises et de myrtilles alternent avec des parcelles en friche où s’enracinent cerisiers et pruniers, mais aussi rhododendrons, camélias et azalées dont les fleurs explosent chaque printemps. Dès les beaux jours se dressera une profusion de pétales tirant du blanc neige au magenta en passant par toutes les nuances de rose, des tiges chargées de fleurs courbant jusqu’au sol envahiront les rues, les collines, les jardins et les parcs.
Immense tapis coloré
Mais Chichibu a plus à offrir au visiteur que ce paysage archétypal. Pour découvrir l’attraction de cette bourgade, il faut quitter la gare et, en tournant le dos...




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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-19"> ¤ Dans la vieille ville, à l’écart du flot de touristes, une discrète artère abrite palais aristocratique, échoppes précieuses et comptoirs gourmands. Pas de doute : la rue Droite mérite le détour.
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A Nice, la rue Droite relie des points d’intérêt

Dans la vieille ville, à l’écart du flot de touristes, une discrète artère abrite palais aristocratique, échoppes précieuses et comptoirs gourmands. Pas de doute : la rue Droite mérite le détour.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 18h30
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                            Diane Lisarelli








                        



   


Au XVIIe siècle, c’était la rue principale de la ville, qui permettait d’aller du port à la place Garibaldi. Son nom actuel provient d’une mauvaise traduction du nissart « drecha », signifiant « directe » et non « droite ». Voici six adresses à découvrir le long de cette rue… en courbe.
Socca Chez Thérésa. Ici, il n’y a qu’un four à bois, ou presque. Soit l’essentiel quand on fait de la socca, ce mets traditionnel fabriqué à partir de farine de pois chiche, d’huile et d’eau. Si Thérésa n’est pas derrière le comptoir ouvert sur la rue, c’est qu’elle vend ses spécialités sur le marché du cours Saleya où tous les quarts d’heure une plaque de socca chaude est acheminée à Mobylette, pour le plus grand plaisir des touristes et des Niçois.
28, rue Droite. De 9 h 30 à 14 h du mardi au dimanche.
Chassé-croisé à La Compagnie humaine. Fondée par Éric Oberdorff, chorégraphe et ancien danseur des Ballets de Monte-Carlo, la Compagnie humaine développe des pièces mais aussi des projets pluridisciplinaires parmi lesquels des ateliers chorégraphiques et artistiques menés à la maison d’arrêt de Nice. Lieu de production pour l’équipe artistique, cette Annexe, entre bureau et galerie, accueille également des rencontres et des expositions.
14, rue Droite. Site web.
L’Italie au Palais Lascaris. Joyau du baroque civil niçois, ce palais du XVIIe siècle est le mieux conservé de la ville. Son escalier monumental orné de fresques contraste avec les ombres de la rue et annonce l’entrée chez les Lascaris de Vintimille. C’est à cette famille emblématique de la noblesse locale que l’on doit l’inoubliable « chambre de parade » dont atlantes et cariatides soutiennent les arcs stuqués de la cloison.
15, rue Droite. De 10 h à 18 h tous les jours sauf le mardi. 6 € tarif adulte.
Bonnes affaires chez Caprice. Qu’elles soient siglées ou non (Céline, Courrèges, Marni…), les pièces vendues dans cette élégante friperie ont toutes été choisies avec goût. Difficile, dès lors, de repartir les mains vides d’autant que les trésors sont cédés à prix raisonnables (et avec le sourire). Pour plus de choix, descendre au sous-sol, véritable caverne d’Ali Baba de pièces couvrant tout le xxe siècle.
12, rue Droite. De 10 h à 19 h du lundi au samedi et de 11 h à 13 h 30 puis de 15 h à 19 h le dimanche.
Pierres magiques chez Clair Obscur. En vitrine, la pyramide où les pointes de quartz s’amoncellent joliment donne le ton. Dans ce magasin, on trouve des bijoux faits main, mais aussi des pierres brutes ou polies qui viennent majoritairement de l’île de Madagascar. Labradorites, tourmalines, obsidiennes, malachites, agates ou améthystes, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, que l’on s’intéresse à leur beauté ou à leur symbolisme mystérieux.
9, rue Droite. De 10 h à 19 h du lundi au samedi.
Becs fins Chez Palmyre. Y avoir une table relève du défi (pour y dîner un vendredi, réserver un mois avant). Mais, une fois entré, on s’y sent comme à la maison : le menu met à l’honneur les produits du marché dans une irrésistible et sincère cuisine bistrotière. Le chef « rescapé de la haute gastronomie » (Guy Savoy, Maximin) donne une deuxième vie à cette table populaire fondée en 1926 par Palmyre Moni.
5, rue Droite. 18 € le menu. Fermé le mercredi et le week-end. Tél : 04-93-85-72-32.
Carnet pratique
Y aller. En avion A/R Paris-Nice à partir de 61 euros avec easyJet.
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<filname="SURF-0,2-3546,1-0,0-20"> ¤ Au nord de Maputo, la capitale, se cache l’île qui a donné son nom à cette ancienne colonie portugaise. Une étape idéale avant de s’enfoncer dans la splendeur verte du pays Macua à bord d’un charmant tortillard.
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Au Mozambique, le temps retrouvé


                      Au nord de Maputo, la capitale, se cache l’île qui a donné son nom à cette ancienne colonie portugaise. Une étape idéale avant de s’enfoncer dans la splendeur verte du pays Macua à bord d’un charmant tortillard.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 19h21
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








   


Le nord du Mozambique a tout du secret bien gardé. Encadrée par le canal du même nom à l’est, par la Tanzanie au nord, et le Malawi à l’ouest, la région est plutôt difficile d’accès : en avion depuis l’Europe, il faut compter une ou deux escales pour arriver à Nampula, ville de transit sans grand charme. Une fois sur place, plusieurs heures de route sont nécessaires pour atteindre les merveilles qui motivent cette épopée. Sans se presser, il faut apprendre à aimer l’imprévu, seul moyen de se mettre au diapason des Mozambicains.
Le premier de ces trésors se situe à 200 km à l’est de Nampula, face à Madagascar. L’île de Mozambique, qui a donné son nom au pays, est l’ancienne capitale du temps de la colonisation portugaise. Lorsqu’à la fin du XIXe siècle, la ville-île perd son statut au profit de Maputo, elle amorce un lent déclin. Inscrite en 1991 au Patrimoine culturel de l’Unesco, elle connaît un nouveau souffle, porté par un tourisme de moins en moins confidentiel. Ce bout de récif corallien est relié à la terre par un pont de trois kilomètres. Envoûtante, la traversée sur une voie unique, bordée par les eaux turquoise, fait l’effet d’un voyage dans une machine à remonter le temps. D’autant que les lieux sont chargés d’Histoire : Africains, Arabes, Européens et Indiens s’y côtoient et s’y mélangent depuis des siècles.
Cinq siècles de colonisation
A l’origine, cette île cousine de Zanzibar servait de comptoir aux marchands arabes – la Grande Mosquée, toute nappée de vert, est le plus beau vestige de cette époque. En 1498, le navigateur portugais Vasco de Gama « découvre » l’île. C’est le point de départ de cinq siècles de colonisation. Escale obligée sur la route des épices entre Lisbonne et Goa, en Inde, la ville s’enrichit grâce au commerce de l’or, de l’ivoire, des bois précieux et, surtout, des esclaves. Près de 800 000 personnes y embarquèrent en partance pour le Brésil, les Antilles, l’Amérique. Cet héritage colonial reste visible dans l’organisation de la ville, littéralement coupée en deux. Au nord, la cité de pierre renferme les vestiges des palais, églises et boutiques qui ont fait le faste de l’Empire. Au sud, le quartier macuti, aux toits en feuilles de palmier, est peuplé des descendants d’esclaves.

   


Côté nord, la balade commence à la forteresse de Saint-Sébastien, érigée aux XVIe et XVIIe siècles. Les remparts offrent une vue imprenable sur l’activité des pêcheurs. Les plages, en contrebas, sont les plus propres de l’île – mieux vaut s’y baigner à marée basse, quand le sable blanc règne en maître. En fin d’après-midi, une déambulation dans les ruelles permet de s’imprégner du calme de la pierre et de la magie des lieux, parfois traversés de cris d’enfants. Par moments, les ruines cèdent la place à des bâtisses rénovées avec les matériaux d’antan par des touristes européens tombés amoureux des lieux. Après un apéritif à la buvette située au bout du ponton, face à l’ancien « Palais du roi » (l’intéressé n’y est jamais venu…), on s’attable à l’Ancora d’Ouro, réputée pour ses langoustines et ses crevettes, mais surtout pour sa sympathique ambiance de village.

   


Le quartier macuti, où se concentrent les 14 000 habitants, se visite grâce aux services de jeunes guides. Nichées en deçà du niveau de la mer, dans les anciennes carrières qui ont servi à la construction de la cité, les maisons logent souvent plusieurs familles. En contrebas de l’avenue principale, un argentier façonne des bijoux sur mesure, à même le sol, en faisant fondre d’anciennes pièces de monnaie, récupérées dans les épaves de bateaux qui ont fait naufrage au large.
De Cuamba à Gurué
De retour à Nampula, les amateurs d’authenticité choisiront de s’enfoncer dans le pays Macua, du nom de l’ethnie majoritaire de la région. Un train pour Cuamba assure la liaison deux fois par semaine. Le départ se fait à 4 heures du matin. On monte dans le wagon à tâtons, complètement dans le noir. Le visage des autres passagers ne nous est révélé que quelques heures plus tard, au lever du jour. Les fenêtres dévoilent alors les paysages luxuriants de la région la plus fertile du pays. Eparpillées tout autour, les montagnes en forme de pain de sucre apparaissent. Le train s’y faufile avec nonchalance. Au total, le trajet dure une dizaine d’heures. De quoi rattraper le sommeil perdu, lire et admirer les champs de manioc, bananiers et anacardiers. Faute de wagon-restaurant, il faut profiter des multiples arrêts pour acheter des fruits, cacahuètes et boissons, directement depuis sa fenêtre, aux vendeurs ambulants.

   


Depuis Cuamba, quatre heures de piste sont nécessaires pour arriver à Gurué. Des transferts en voiture privée existent, mais le voyage peut aussi se faire en chapa, en minibus, l’unité de transport de base au Mozambique. Celui-ci ne part que lorsqu’il est archiplein (les poules et les enfants en bas âge ne comptent pas pour des passagers à part entière…). Certes inconfortable, le trajet est un moment de partage, la promiscuité et le temps passé ensemble facilitant la conversation.

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Charmante petite ville bien préservée, Gurué fait très vite oublier la piste cahotique. La pension Gurué organise des excursions au mont Namuli (2 419 m), paradis des randonneurs. Après quelques kilomètres en moto-taxi, l’on se doit de saluer la « reine » des environs, une chef traditionnelle, en lui offrant un kilo de farine, un litre d’huile, deux bouteilles de bière et un kilo de sucre. Une fois la cérémonie d’introduction réalisée, l’autorisation est donnée de gravir la montagne (cinq heures aller-retour) et d’admirer ainsi les vues époustouflantes sur la vallée, ses champs de thé et leurs dizaines de nuances de vert. Une manière apaisante de terminer cette merveilleuse incursion.


