<FILE-date="2018/07/23/19">

<article-nb="2018/07/23/19-1">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : ce qu’il faut retenir de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée

Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h43
    |

                            Le Monde.fr








                        



Michel Delpuech a été auditionné sous serment, lundi 23 juillet dans l’après-midi, sur « l’affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête. Alexandre Benalla, désormais ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, a été l’auteur de violences filmées sur deux manifestants en marge de la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris.
Après cette seconde audition, consécutive à celle, lundi matin, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du rôle d’Alexandre Benalla et sur les raisons de sa présence auprès des forces policières ce jour-là. Au cours de son audition, le ministre de l’intérieur avait insisté sur la responsabilité de l’Elysée et de la préfecture de police de Paris. Michel Delpuech a quant à lui rappelé que M. Benalla n’était « pas sous [s] on autorité », mais sous celle de l’Elysée.

        Comprendre
         

          les six failles dans les réponses de Gérard Collomb



Retour sur les temps marquants de l’audition du préfet de police de Paris.
Comment et quand Michel Delpuech a-t-il rencontré Alexandre Benalla ?
M. Delpuech a affirmé avoir rencontré M. Benalla pour la première fois l’avant-veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, il y a un an, au cours d’une réunion de travail. Il dit avoir croisé M. Benalla à plusieurs reprises : « Il était dans le cercle proche des personnes autour du président. Beaucoup de photographies le montrent, en disant ça, je ne révèle rien », rapporte M. Delpuech.
Le préfet de police de Paris affirme par ailleurs ne pas connaître personnellement M. Benalla. « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro de M. Benalla », rapporte-t-il.

        Collomb, Delpuech, Strzoda :
         

          les trois protagonistes au cœur de l’affaire Benalla



Qui a autorisé Benalla a assiter à la manifestation auprès des forces de police ?
On en sait une peu plus à l’issue de cette journée d’audition. Selon Michel Delpuech, c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à Alexandre Benalla.
L’homme est déjà mis en examen pour avoir participé à la transmission d’éléments de vidéosurveillance à Alexandre Benalla le soir du 18 juillet. Selon Michel Delpuech, Laurent Simon a agi sans en référer à sa hiérarchie. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, affirmait déjà que « Alexandre Benalla avait obtenu l’autorisation non pas par le préfet mais par quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie ».
Plus tard au cours de son audition, M. Delpuech précisera cependant :
« Si j’avais été sollicité, je ne l’ai pas été, pour cette demande, l’aurais-je refusé ? L’honnêteté m’oblige à dire que non, je n’avais aucune raison de la refuser pour un collaborateur de l’Elysée qui travaille quotidiennement avec mes services. En revanche, je l’aurais mis en garde contre les risques que présentait cette manifestation, compte tenu des informations dont nous disposions. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait. Vous connaissez la formule : “fraus omnia corrumpit” [« la fraude corrompt tout »]. »
Quand et comment a-t-il été informé de sa présence auprès des forces de police le 1er mai ?
Le 2 mai, « à 10 h 15 », précise Michel Delpuech, il reçoit un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée. « Il m’a indiqué que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo relatant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. Je ne comprends pas ce dont il parle. Je lui dis que je vais me renseigner », rapporte Michel Delpuech dans son discours liminaire. Quelques minutes plus tard, il visionne la vidéo sur un grand écran, en compagnie de son service de communication, et identifie M. Benalla.
Les mesures prises ensuite
Après avoir visionné la vidéo, Michel Delpuech rapporte avoir pris deux initiatives :
la première consiste à joindre le cabinet du ministère de l’intérieur, qui a affirmé être d’ores et déjà informé de la situation et en liaison avec l’Elysée sur le sujet ;
Et de préciser :
« Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c’est bien ce qu’il s’est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions. Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
la seconde initiative a d’ailleurs été de lancer une investigation pour en savoir davantage sur les raisons ayant conduit M. Benalla à être présent sur la place de la Contrescarpe.

        Lire :
         

          La sécurité du président devait passer sous autorité unique de l’Elysée



Sur la délivrance d’un port d’armes à M. Benalla
Le député Les Républicains Philippe Gosselin a souligné que le ministre de l’intérieur avait refusé à trois reprises de délivrer un port d’armes à l’endroit de M. Benalla, qui lui sera finalement délivré grâce à l’autorisation de la préfecture de police. « On est en présence d’une législation assez complexe », avance M. Delpuech :
« Pendant la campagne électorale un port d’armes avait été délivré pour permettre à l’agent de sécurité de protéger les locaux. Cette autorisation n’a jamais été renouvelée. Benalla a ensuite sollicité un port d’arme. […] Il y a des ports d’arme liés aux fonctions, c’est de la compétence préfectorale. […] J’ai pris cette décision. Je l’ai retirée quand M. Benalla a cessé ses fonctions. »
Le préfet de police affirme que ce dernier lui a été accordé car l’enquête de proximité ayant visé M. Benalla avait eu des retours positifs, et que son casier judiciaire était vierge.
« J’assume cette responsabilité personnellement », ajoute le préfet de police.
Sur l’équipement (brassard, casque et radio de police) de M. Benalla le jour de la manifestation
C’est une question qui a été posée plusieurs fois. Qui a fourni le brassard et la radio de police, visibles sur les vidéos, à M. Benalla ? Selon M. Delpuech, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) a seulement fourni un casque de protection à M. Benalla. Le préfet de police affirme ne pas disposer d’informations permettant d’expliquer pourquoi M. Benalla avait également un brassard et une radio.
Sur la non utilisation de l’article 40 du code de procédure pénale
Dans la même veine, interrogé plusieurs fois sur le fait que l’article 40 du code de procédure pénale n’ait pas été actionné, le préfet de police a répondu :
« En pratique, on renvoie à l’autorité qui a la responsabilité hiérarchique. c’est en tout cas ce que j’ai pensé – peut-être à tort, mais je l’assume. Il y avait déjà pas mal de personnes informées quand je l’ai été moi-même, la liste serait longue s’il fallait dresser les autorités qui auraient pu saisir l’article 40. Dans ces conditions, ce n’était plus au préfet de prendre cette décision. »
Pour rappel, l’article 40 du code de procédure pénale prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

        Comprendre en quoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Sur sa responsabilité en tant que préfet de police de Paris
Michel Delpuech a estimé avoir pris les mesures nécessaires. Il justifie cela en avançant qu’il a immédiatement informé le cabinet du ministère de l’intérieur lorsque la vidéo a été portée à sa connaissance, le 2 mai.
Mais également en soulignant que « dès lors que c’était pris en compte par l’autorité hiérarchique compétente [c’est-à-dire l’Elysée], j’ai considéré que l’affaire était prise en compte au niveau pertinent ».
« M. Benalla n’était pas sous mon autorité. »
« Le préfet de police est une autorité importante, mais dans une chaîne hiérarchique. »
Le préfet de police de Paris a par ailleurs conclu son discours introductif en expliquant que ces faits étaient « le résultat de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain ». Interrogé sur cette dernière formule, Michel Delpuech a engagé la responsabilité de l’Elysée. « La relation quotidienne de proximité et de confiance entre la préfecture de police et les services de l’Elysée est une nécessité. Quand on bascule dans un lieu de proximité à une relation qui perd de sa pureté, on prend des risques, c’est ce que j’ai voulu évoquer par cette expression. Le reste ne me concerne pas », a conclu le préfet de police de Paris.

        Notre analyse :
         

          les failles de la chaîne de commandement




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-2">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Bouygues TP transfère vers la principauté le premier des dix-huit caissons fabriqués à Marseille. Mis bout à bout, ceux-ci délimiteront un nouveau quartier de six hectares gagné sur la mer.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Monaco, l’extension de la démesure

Bouygues TP transfère vers la principauté le premier des dix-huit caissons fabriqués à Marseille. Mis bout à bout, ceux-ci délimiteront un nouveau quartier de six hectares gagné sur la mer.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h00
    |

            Philippe Jacqué (Monaco, Marseille, envoyé spécial)








                        



                                


                            
C’est un spectacle rare. Depuis le 20 juillet, les plaisanciers installés sur la Côte d’Azur, entre Marseille et Monaco, peuvent apercevoir au loin un énorme iceberg de béton gris et blanc, tracté par un remorqueur avançant à trois nœuds à l’heure (5,6 km/h). C’est le premier des dix-huit caissons qui seront installés, d’ici à 2020, à Monaco afin de créer un nouveau quartier de six hectares équivalant à 3 % des 2 kilomètres carrés de la petite principauté. Le tout gagné sur la mer.
Les appartements du futur quartier seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré
Ce programme titanesque de près de deux milliards d’euros, lancé en 2015, doit être totalement livré à l’horizon 2025. Les premiers privilégiés pourront s’y installer pour profiter d’une piscine, d’un nouveau port de plaisance, de jardins et de la vue imprenable sur la grande bleue. A condition d’y mettre le prix. Les appartements seront commercialisés entre 50 000 euros – le prix moyen à Monte-Carlo – et plus de 100 000 euros du mètre carré.
Pour construire les futures tours et villas signées Valode et Pistre et Renzo Piano surplombant les eaux turquoise de la Méditerranée, S.A.M. l’Anse du Portier, le promoteur du nouveau quartier, doit installer d’importantes fondations entre deux réserves aquatiques naturelles. Une gageure pour Bouygues Travaux Publics, responsable de l’infrastructure en vertu d’un contrat de 842 millions d’euros.

A Monaco, au large du Grimaldi Forum, plusieurs navires de travaux s’activent sur les eaux méditerranéennes agitées par la houle. N’étaient les murs acoustiques de 5 mètres de haut le long du rivage, le chantier serait invisible. L’essentiel des travaux se passe sous la surface. « Depuis 2015, nous avons réalisé un grand nombre de travaux préparatoires sous l’eau. C’est nécessaire, avant d’installer la ceinture de caissons qui délimitera le nouveau quartier, et avant d’apporter...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-3">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ EQT, le fonds créé par la famille Wallenberg, va tenter de relancer Saur, après des années de restructuration financière.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Un fonds scandinave choisi pour racheter Saur, le numéro trois français de l’eau

EQT, le fonds créé par la famille Wallenberg, va tenter de relancer Saur, après des années de restructuration financière.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h11
    |

            Denis Cosnard








                        


Les actionnaires de Saur ont tranché. C’est un fonds d’origine scandinave, EQT, qui a été choisi, durant le week-end, pour reprendre le numéro trois français de la distribution d’eau, loin derrière Veolia et Suez, ont annoncé les deux parties lundi 23 juillet. Le prix est voisin de 1,5 milliard d’euros.
« EQT suit Saur depuis de nombreuses années, a commenté Matthias Fackler, l’un des dirigeants d’EQT, cité dans le communiqué officiel. C’est une entreprise bien positionnée sur un marché attractif avec un potentiel de développement significatif. Notre objectif est de révéler ce potentiel. » 
A l’issue des premières négociations, trois autres candidats restaient en lice pour relancer le groupe mis en vente en avril par ses actionnaires actuels : un fonds français, Meridiam, et deux fonds nord-américains, KKR et I Squared. Le conseil de surveillance de Saur leur a finalement préféré EQT, une structure créée par la famille suédoise Wallenberg.
Maintient d’un niveau de dette « prudent »
Pour l’emporter, EQT s’est associé à un partenaire financier tricolore, la SMABTP. Le fonds scandinave a aussi insisté sur ses compétences industrielles, son réseau d’experts, et sa volonté de rester durablement actionnaire de Saur. Loin des dérives de l’hypercapitalisme, EQT s’est aussi engagé à maintenir un niveau de dette « prudent », afin que l’entreprise française ne retombe pas dans la même ornière qu’auparavant.
Longtemps filiale de Bouygues, Saur avait été vendu en 2005 à PAI Partners, qui l’avait cédé deux ans plus tard à un consortium d’actionnaires réunissant le FSI (38 %), Séché Environnement (33 %), Axa Private Equity (17 %) et Cube (12 %). Mais l’opération menée sous forme d’un LBO (leveraged buy-out) faisait porter sur l’entreprise une dette trop élevée, qu’elle n’a pu rembourser. Pour éviter une faillite, Saur est finalement passé en 2013 aux mains de ses principaux créanciers, dont BNP Paribas.
Ce sont ces créanciers devenus transitoirement actionnaires qui s’apprêtent aujourd’hui à passer le flambeau à EQT. Charge au fonds scandinave de relancer la société française, qui a perdu de sa splendeur au fil des années et des cessions d’actifs. Elle ne compte plus que 7 860 personnes, contre 14 000 au moment de sa vente par Bouygues en 2005, et son chiffre d’affaires s’est limité à 1,2 milliard d’euros en 2017.

        Lire aussi :
         

                Traitement de l’eau : Saur mise sur l’international pour développer son activité






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-4">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La métropole invite ses habitants à donner leur avis sur ce qui mérite d’être préservé, amélioré. Ces recommandations alimenteront le prochain plan local d’urbanisme métropolitain.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Nantes face aux enjeux de sa densification

La métropole invite ses habitants à donner leur avis sur ce qui mérite d’être préservé, amélioré. Ces recommandations alimenteront le prochain plan local d’urbanisme métropolitain.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 14h23
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 15h15
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Une statue, un manoir, un arbre remarquable, un massif fleuri en façade de rue, une petite ruelle… Autant d’éléments constitutifs de la ville, de son caractère, et qui pourtant font souvent les frais de sa densification. Pour préserver l’esprit de ses quartiers et garder une ville respirable, Nantes-Métropole, qui affiche l’un des taux de chômage les plus bas de France (7,1% au 1er trimestre 2018 selon l’Insee) et gagne chaque année près de 5 000 habitants, a décidé de solliciter ses citoyens et de confronter leur ressenti à la vision technique des professionnels chargés d’aménager la ville.
Cette « expertise citoyenne », la ville en a fait le moteur du plan paysage et patrimoine (PPP), qu’elle développe depuis 2016. L’idée de ce PPP d’un nouveau genre est de favoriser, quartier par quartier, ce regard croisé entre professionnels et habitants, et de le transcrire en plans d’actions. Ces « plans guide » doivent alimenter le prochain plan local d’urbanisme métropolitain (PLUM). Et sont appelés à être transmis aux promoteurs et architectes avant leur intervention dans les quartiers.
« Tout l’enjeu, relève Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes-Métropole, est de répondre aux exigences de notre attractivité, en arrivant à concilier densification et qualité de vie, grande ville et douceur de vivre. Il s’agit de construire la ville sur elle-même, sans reproduire les erreurs du passé, sans raser sa richesse. Et pour cela, on doit être capable de faire du cousu main. »
Inventaire des atouts et faiblesses
Ainsi, les habitants sont invités à parcourir, accompagnés d’un paysagiste, leur quartier de long en large pour faire un inventaire de ses atouts et de ses faiblesses, de ce qui va et ne va pas, de ce qui mérite d’être préservé, amélioré : petit patrimoine issu de l’histoire singulière de chaque quartier, qu’il soit construit (porches, portails, puits, fontaines…) ou vivant (arbres remarquables, alignements végétaux…), perspectives visuelles, vues lointaines, caractéristiques architecturales ou encore problèmes de circulation, carrefour dangereux à aménager, place envahie par les voitures à rendre aux riverains…

        Lire aussi :
         

                Effervescence immobilière à Nantes



Rue Paul-Deltombe, dans le quartier Erdre-Saint-Donatien, Gérard Kermoal pointe le mur de vieilles pierres haut de six mètres qui borde un côté de l’allée montante. « Il ne faudrait pas qu’il soit détruit, comme l’a été en haut de la rue le manoir Saint-Donatien pour laisser place à un immeuble neuf », soupire ce jeune retraité qui dit être régulièrement sollicité par des promoteurs immobiliers pour vendre sa maison. Toute jeune entrepreneuse, Julia Marguero se dit tout aussi « choquée par le manque de qualité des opérations immobilières » et déplore les « immeubles moches » qui entachent ce quartier. Elle a fait le choix de venir s’y installer il y a trois ans, pour « ses ruelles, ses petites maisons » et la « vraie qualité de vie » qu’il offre. Elle ne voudrait pas qu’il se défigure davantage.
Expertise du quotidien
A partir du portrait qu’ils dressent de leur quartier, les habitants sont appelés à définir un plan d’action qu’ils iront présenter aux services urbanisme, espaces verts et patrimoine de la ville, lesquels doivent apporter des réponses concrètes, et motivées en cas de refus ou de désaccord. « Cette confrontation est intéressante, car elle permet de compléter, d’élargir la vision très technique des services de la ville par une expertise du quotidien, du vécu apportée par les citoyens. Et en cela, elle les amène à évoluer dans leur façon de travailler », relève Gaëlle Pinier, paysagiste cogérante de MAP, une des agences en charge d’animer les ateliers dans les quartiers.

   


Pour la ville, la démarche a aussi une vertu pédagogique : elle doit permettre de faire prendre conscience aux citoyens des contraintes réglementaires, techniques ou sécuritaires auxquelles les professionnels doivent faire face. En filigrane, elle espère ainsi que cette initiative contribuera à réduire le nombre de recours.
« Cette confrontation en face à face est une des clés de la démarche, car il faut vraiment que la ville s’engage, apporte des réponses et assure un suivi sur le long terme. Cette démarche crée des attentes auxquelles il faut qu’elle réponde, insiste néanmoins Gaëlle Pinier. Elle est d’autant plus importante que certains habitants manifestent une méfiance au début, se demandent si ce n’est pas juste un plan pour faire passer la pilule des opérations immobilières avec quelques pots de fleurs. »
Singularité
« La mobilisation est plus compliquée que sur un projet urbain, observe lui-même Thibault Barbier de l’Atelier Georges. A Nantes, il existe déjà beaucoup de concertation, et sur celle-ci, les enjeux ne sont pas d’emblée clairs pour les gens. Lors du premier atelier, il faut être très concret et ne pas hésiter à appuyer sur les tensions que pourrait susciter tel ou tel projet immobilier. Il faut rentrer dans le dur du sujet » relève cet urbaniste paysagiste tout en formulant le souhait que ce plan ne soit pas qu’« un outil de communication ».
« Il y a une part de risque, d’audace pour la collectivité », reconnaît Johanna Rolland, consciente de l’enjeu. La présidente de Nantes-Métropole, qui veut aussi faire de ce PPP « un outil pour lutter contre la standardisation, l’aseptisation des grandes villes et métropoles », sait cette part de risque et d’audace nécessaires pour que sa ville « cultive [sa] singularité ».
Sur les onze quartiers de Nantes, quatre ont déjà élaboré leurs plans d’action. Et trois sont en cours. Sans attendre que tous les quartiers soient couverts – d’ici à 2020, promet la ville –, a notamment déjà été actée l’inscription au PLUM de la protection systématique des haies bocagères et arbres remarquables en espace boisés classés, et le renforcement de la protection des espaces de nature en ville.

        Lire aussi :
         

                Angers, Nantes et Strasbourg sacrées villes les plus vertes de France






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-5">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois fait un flop

Malgré un casting ambitieux et une équipe de production internationale, « Asura » n’a pas convaincu les spectateurs. Il a été retiré des écrans après trois jours en salle.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h27
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


L’argent ne fait pas toujours le bonheur des producteurs de cinéma. Bien qu’elle ait disposé du budget le plus ambitieux de l’histoire du cinéma chinois, l’épopée fantastique Asura, qui espérait toucher le public au-delà des frontières du pays, a été retirée des salles trois jours après sa sortie. Un camouflet pour ses producteurs, Zhenjian Film Studio, Ningxia Film Group et Alibaba Pictures, qui avaient investi 750 millions de yuans (95 millions d’euros) pour en faire un blockbuster. Face au manque d’enthousiasme des spectateurs, et après avoir rapporté seulement 7,1 millions de yuans, la production a décidé de le déprogrammer le 15 juillet, pour tenter un nouveau montage avant une hypothétique seconde sortie.
Asura, dont la production a commencé il y a six ans, s’inspire de la mythologie bouddhiste tibétaine. Le royaume d’Asura (« la dimension du pur désir ») est menacé par le royaume inférieur d’un demi-dieu facétieux. Un jeune berger est l’élu censé le sauver. Le décor des scènes, tournées en grande partie au Qinghai, sur le plateau tibétain, est impressionnant.
Le casting, ambitieux, s’appuie sur des vedettes telles que Tony Leung (In the Mood for Love) et Carina Lau, qui jouent aux côtés du héros, Lei Wu, 18 ans. Le film s’était aussi offert les services de vétérans de Hollywood pour les effets spéciaux, le son ou les costumes, avec Ngila Dickson, la costumière oscarisée pour le Seigneur des anneaux : le retour du roi, en 2004.

        Lire aussi :
         

                A Pingyao, la richesse du jeune cinéma chinois



Difficultés à sortir des grandes productions de qualité
Cependant, les talents importés n’ont pas suffi. Sur la plate-forme d’achat de billets Maoyan, le film a reçu un piètre 4,9 sur 10, soit la note la moins bonne parmi les films à l’affiche à ce moment-là. Il enregistrait pourtant 8,4 sur 10 sur Tao Piao Piao, plate-forme détenue par… Alibaba, coproducteur du film, alors que Maoyan est soutenu par son rival, Tencent. De quoi provoquer l’ire des producteurs du film, qui ont accusé Maoyan d’avoir publié de fausses critiques. Reste que sur Douban, un site de discussion culturelle indépendant, le film obtenait un médiocre 3,1 sur 10.
Au-delà des querelles entre géants du Web, typiques du paysage du divertissement chinois, cet échec illustre aussi les difficultés du cinéma local à sortir des grandes productions de qualité. La sévérité de la censure n’aide pas, les producteurs préférant produire des films patriotiques ou des scénarios lisses, mais « sûrs » sur le plan politique. Le succès de Mourir pour survivre, sur les écrans une semaine avant Asura, montre que l’équation n’est pas insoluble.
Ce drame social retrace l’histoire authentique d’un contrebandier de médicaments contre la leucémie qui enfreint la loi pour sauver des vies en important des génériques d’Inde. En 2004, sa condamnation à plusieurs années de prison avait fait grand bruit en Chine, ce qui avait valu à ce Robin des bois de la santé le soutien des patients. Avec un budget modeste, mais un scénario bien ficelé et une dose de bons sentiments, le film a rapporté 361 millions d’euros en trois semaines. Ce qui en fait l’un des dix plus grands succès du cinéma chinois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-6">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Mike Manley prend la tête de Fiat-Chrysler, John Elkann devient président de Ferrari

Alors que l’emblématique patron de Fiat, Sergio Marchionne, est au plus mal, le groupe automobile se voit contraint d’accélérer son processus de succession.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 10h55
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


La rumeur s’est répandue à une vitesse folle sur les réseaux sociaux, où se sont multipliés, toute la journée de samedi, les « Forza Sergio ! » sibyllins : l’administrateur délégué du groupe Fiat et président de Ferrari, Sergio Marchionne, est au plus mal. Hospitalisé depuis la fin du mois de juin à Zurich (Suisse) pour une simple opération au dos, l’homme d’affaires semble avoir été victime de complications post-opératoires, son état s’étant aggravé très rapidement ces derniers jours.
En début de soirée tombait un premier communiqué laconique du groupe Fiat annonçant qu’il « [serait] dans l’incapacité de reprendre ses activités professionnelles ». Depuis, plusieurs sources hospitalières décrivent son état de santé comme « irréversible », sans plus de précisions. Sa famille, présente sur les lieux, n’a pas communiqué d’autres informations.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/8

Suivant









Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


Cette situation force le clan Agnelli, actionnaire historique du groupe, à accélérer un processus de succession engagé depuis plusieurs mois. Agé de 66 ans, Sergio Marchionne devait passer la main courant 2019, après quinze années à la tête du groupe le plus emblématique du capitalisme italien.
Mike Manley, jusqu’ici à la tête de la marque Jeep, dont il a fait la branche la plus florissante de l’empire industriel, prendra le volant de Fiat-Chrysler, tandis que la présidence de Ferrari reviendra à un représentant de la famille Agnelli, John Elkann, héritier du patron charismatique du groupe, Gianni Agnelli. Il sera appuyé par l’actuel dirigeant de Philip Morris, Louis Camilleri, qui doit prendre dans les prochains jours les fonctions d’administrateur délégué.

        Lire aussi :
         

                Mike Manley, le très discret « M. Jeep »



L’œuvre de M. Marchionne, homme d’affaires italo-canadien considéré comme le principal artisan du spectaculaire redressement du fleuron de l’industrie transalpine, dont il avait pris les rênes en 2004, a été saluée par de nombreux dirigeants politiques, de gauche comme de droite. L’ancien président du Conseil italien Matteo Renzi a évoqué un « géant », qui « a changé l’histoire industrielle du pays », tandis que son prédécesseur, Silvio Berlusconi, l’a élevé au rang de « numéro un des manageurs italiens », et même de « symbole du génie italien ».
Aux antipodes du protectionnisme
Du côté de l’actuel gouvernement, les éloges sont nettement plus mesurés. Par le passé, le vice-président du Conseil et ministre du développement économique, Luigi Di Maio, qui a grandi dans la petite ville de Pomigliano d’Arco, près de Naples, siège du plus important site de Fiat dans le sud du pays, n’avait pas ménagé ses critiques envers le groupe industriel.
Il l’accusait d’avoir délocalisé à outrance sa production malgré des milliards d’euros d’aides publiques. Il a attendu plus de vingt-quatre heures avant de faire part de sa « peine », ajoutant qu’« en des moments si difficiles, l’heure [était] au respect ». L’autre homme fort du cabinet, Matteo Salvini (Ligue), qui avait également critiqué les choix industriels du groupe, s’est montré tout aussi sobre, se bornant à témoigner sa « reconnaissance et son respect ».

        Lire aussi :
         

                Fiat : Sergio Marchionne, un financier devenu patron global



Pressé depuis des années de s’engager en politique, Sergio Marchionne incarne des options aux antipodes du protectionnisme prôné par le gouvernement de Giuseppe Conte. En effet, le redressement du groupe, qui était au bord de la faillite lors de son arrivée aux affaires, s’est fait au prix d’une profonde modification de ses structures, affaiblissant le caractère national d’une entreprise au poids symbolique inégalé dans le monde industriel italien.
Etroitement lié au jeune dirigeant de la famille Agnelli, John Elkann, qui l’a plus d’une fois qualifié de « mentor » et s’est épanché, dans une lettre aux employés du groupe, sur sa « douleur » face à un drame « injuste », Sergio Marchionne cède la main à une équipe de hiérarques dont pas un n’est italien : le nouveau dirigeant de Fiat-Chrysler, Mike Manley, est britannique, tandis que le nouvel administrateur délégué de Ferrari, Louis Camilleri, est originaire de Malte. De ce symbole-là aussi, les Italiens s’apprêtent à faire le deuil.

Le riche empire du clan Agnelli
A travers la holding patrimoniale Exor, la famille Agnelli contrôle trois entreprises dirigées, jusqu’au samedi 21 juillet, par Sergio Marchionne. Elle détient 29,18 % du groupe Fiat-Chrysler (110 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 pour 3,5 milliards de bénéfices), 22,91 % de Ferrari (3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 537 millions de bénéfices) et 29 % de CNH Industrial (camions, utilitaires, véhicules agricoles), qui a réalisé 26,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 234 millions de bénéfices l’an dernier. La famille Agnelli possède d’autres participations, notamment dans la presse (43 % de The Economist), ainsi que 63 % du capital du club de football le plus titré d’Italie, la Juventus de Turin.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-7">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le soutien public à l’éolien et au solaire ces dernières années se traduit par une augmentation continue de la fiscalité sur l’électricité. Une hausse qui devrait se poursuivre jusqu’en 2025.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi les énergies renouvelables gonflent la facture d’électricité

Le soutien public à l’éolien et au solaire ces dernières années se traduit par une augmentation continue de la fiscalité sur l’électricité. Une hausse qui devrait se poursuivre jusqu’en 2025.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 06h43
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
C’est au moins un sujet sur lequel Emmanuel Macron et Nicolas Hulot sont d’accord : la France est en retard sur le développement des énergies solaire et éolienne et doit se doter d’objectifs ambitieux dans le domaine. « D’ici à 2022, nous avons pour objectif de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque », expliquait le programme de campagne du candidat Macron.
En 2017, seulement 4,5 % de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2 % de panneaux solaires. C’est très inférieur à la majorité de nos voisins européens, et pour cause : en France, 75 % de la production provient des centrales nucléaires, une part qui doit être ramenée à 50 %, selon la loi de transition énergétique. Mais pour être en mesure d’assurer le développement des énergies renouvelables, les pouvoirs publics ont dû garantir un soutien public dont le coût pour les Français va continuer à augmenter.
Plus d’un tiers de la facture des clients – qu’il s’agisse d’EDF ou de l’un de ses concurrents – est consacré à la fiscalité, notamment à travers la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Celle-ci couvre en réalité plusieurs domaines, dont le surcoût de la production électrique en Corse et en outre-mer, et le soutien public aux énergies renouvelables. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que ces charges représenteront 7,78 milliards d’euros pour 2019, en hausse de 12 % par rapport au montant de 2017, et de 250 % depuis 2011.
Dans le détail, 68 % du total correspond au soutien aux énergies renouvelables, dont 33 % pour le solaire photovoltaïque (2,5 milliards d’euros) et 17 % pour l’éolien (1,3 milliard d’euros), selon des chiffres publiés le 16 juillet par la CRE.
Une nouvelle ampleur
« Il faut bien comprendre que cela a pour objectif de permettre à la France de se lancer dans le secteur », explique Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus Consulting et coauteur d’une note de Terra Nova sur la...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-8">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les sinistres dans les immeubles peuvent coûter cher aux copropriétaires. Les assureurs viennent de signer une convention pour faciliter leur indemnisation.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Dégâts des eaux et incendies en copropriété : de nouvelles conditions d’indemnisation par les assurances

Les sinistres dans les immeubles peuvent coûter cher aux copropriétaires. Les assureurs viennent de signer une convention pour faciliter leur indemnisation.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h30
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Une baignoire qui déborde dans l’appartement du dessous, un départ de feu dans le local poubelle : les occasions de sinistres sont nombreuses dans les immeubles en copropriété. Et ils coûtent cher.
Entre 2016 et 2017, les montants des contrats d’assurance ont augmenté de 6,7 % en moyenne, selon l’Association des responsables de copropriété (ARC) alors que sur la même période l’ensemble des primes d’assurance en France n’augmentaient que de 3 %. « Cette situation est due au fait que l’assurance de l’immeuble est presque toujours amenée à intervenir si le sinistre cause des dommages immobiliers comme un parquet abîmé par exemple », explique Francis Bourriaud, PDG de Syndicalur, courtier en copropriété.
Rappelons qu’en copropriété, plusieurs assurances coexistent : chaque occupant de l’appartement, qu’il soit propriétaire ou locataire, est assuré pour son logement. Depuis la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) de 2014, le propriétaire bailleur doit aussi souscrire une assurance au cas où le logement serait vide. Enfin, la copropriété est elle-même assurée. La conséquence est que l’occupant peine à savoir à qui s’adresser en cas de sinistre.
Nouvelle convention
Afin de simplifier la situation, les assureurs ont signé une nouvelle convention d’Indemnisation et de recours des sinistres immeuble (Irsi). Elle est entrée en vigueur le 1er juin 2018 et remplace la convention Cidre (Convention d’indemnisation directe et de renonciation de recours en cas de dégâts des eaux). La convention Irsi sera testée pendant deux ans afin de voir si son fonctionnement permet une amélioration par rapport à la situation actuelle.

        Lire aussi :
         

                Crédit immobilier : en changeant d’assurance, il est possible d’alléger ses mensualités



Désormais, jusqu’à 1 600 euros hors taxe, c’est-à-dire la majorité des sinistres, les dommages sont pris en charge par l’assurance du logement sinistré et aucun recours ne sera mené contre l’assurance de l’auteur du sinistre.
Si la baignoire de votre voisin déborde endommageant votre salle de bain et le parquet de votre couloir, ce sera donc votre assurance habitation qui vous indemnisera. L’assurance de l’immeuble n’aura plus à intervenir, ce qui devrait permettre une diminution de la sinistralité de l’immeuble.
Formalités simplifiées
Pour des dégâts compris entre 1 600 à 5 000 euros hors taxe, l’assureur du local sinistré nomme un expert qui procède à une expertise pour le compte de tous les assureurs impliqués. Ensuite, en fonction du rapport de l’expert il exerce un recours contre l’assureur du responsable du sinistre. La victime du sinistre sera ensuite indemnisée sur la base de ce rapport mais avec un seul expert, les formalités devraient être plus rapides.

        Lire aussi :
         

                Locations de vacances : comment éviter les arnaques



Pour les logements loués : l’assureur du locataire prendra en charge les dégâts jusqu’à 1 600 euros hors taxe. Au-delà, l’assurance du bailleur assumera les dommages immobiliers comme le parquet, la moquette, jusqu’à 5 000 euros hors taxe. Les dommages aux meubles, aux embellissements réalisés par le locataire seront indemnisés par l’assurance du locataire.
Enfin, pour les dommages au-delà de 5 000 euros, c’est la convention CID-COP qui reste en place. Dans ce cas, les différentes assurances interviennent en fonction de la nature des dommages. Si vous vous trouvez dans ce cas-là, il faut contacter votre assureur pour connaître la marche à suivre.

Recherche de fuite : votre assurance paie
Il pleut chez vous mais vous ne savez pas d’où la fuite peut provenir ? Il faut appeler un plombier pour faire une recherche de fuite. Sachez que celles-ci sont prises en charge par votre assurance habitation.
Mais si la recherche est effectuée par le syndic ou un autre occupant de l’immeuble, l’assureur qui aura initié la recherche doit régler les frais. Un recours est cependant possible contre le responsable si le montant des dégâts est supérieur 1 600 euros HT.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-9">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le réseau social a démenti dimanche avoir cherché à bloquer la diffusion de contenus du site parodique sur l’affaire Benalla, invoquant des « problèmes techniques ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/07/2018
Découvrir l’application


                        

Bloqué sur Facebook, le site parodique Nordpresse.be crie à la « censure »

Le réseau social a démenti dimanche avoir cherché à bloquer la diffusion de contenus du site parodique sur l’affaire Benalla, invoquant des « problèmes techniques ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 07h44
    |

            Adrien Sénécat








                        


« Attention, ceci n’est pas une blague. Facebook est en train de censurer tout le contenu humoristique sur l’affaire Benalla. » L’administrateur du site parodique belge Nordpresse.be ne décolèrait pas, dimanche 22 juillet, et le faisait savoir, après avoir reçu des signalements d’internautes l’informant que leurs partages de certains articles ont été retirés du réseau social. Il a ainsi relayé plusieurs de ces témoignages, captures d’écran à l’appui.

Attention, ceci n'est pas une blague. Facebook est en train de censurer tout le contenu humoristique sur l'affaire… https://t.co/1EnvWeNp6p— Nordpresse (@Nordpresse)


require(["twitter/widgets"]);

Le Monde a par ailleurs pu constater qu’un message d’erreur s’affiche lorsque l’on tente de partager un article de Nordpresse.be sur le réseau social dimanche : « Téléchargement impossible ». Il reste possible de publier un message, affichant simplement l’adresse Web du lien (URL) sans image ni titre. Cela vaut pour les différents canulars du site en lien avec l’affaire Benalla, mais aussi, selon nos essais, pour l’ensemble de ses publications sur tous types de sujets.
Sur Facebook, le site a d’ailleurs précisé que « au-delà de l’affaire Benalla, ce sont quasiment tous les liens renvoyant vers notre site qui ont été dégagés de Facebook ».

   


Plusieurs observateurs ont mis en cause le réseau social, l’accusant de procéder à une forme de censure politique. L’avocate et chroniqueuse Raquel Garrido, ancienne porte-parole de La France insoumise, a fustigé sur Twitter une « censure (…) absolument intolérable », réclamant des explications de « Facebook » ainsi que de « l’Elysée ».
La journaliste Aude Lancelin, qui travaille notamment pour Le Média, a elle aussi adressé son soutien au site satirique, « dont les contenus sur l’affaire Macron-Benalla ont été placés en indésirables. Comment nomme-t-on un régime qui met l’humour hors la loi ? », écrit-elle.
Facebook dément
Facebook a démenti dimanche avoir cherché à bloquer la diffusion de contenus du site parodique, invoquant des « problèmes techniques » pour expliquer des difficultés d’internautes à partager ces contenus. « Les contenus » de Nordpresse « sont autorisés sur Facebook », a fait savoir le réseau social dans un communiqué diffusé dimanche en fin d’après-midi.
En revanche, « nous avons identifié un problème technique empêchant l’affichage d’un aperçu » lorsque les internautes cherchaient à partager un lien sur le site de Nordpresse, a ajouté le réseau social. Ce problème « est en train d’être réparé, et nous nous excusons pour la gêne occasionnée ».
Les messages des internautes qui ont partagé des articles du site retirés par la suite indiquaient simplement que ces publications étaient « indésirables » au sens du réseau social, sans autre précision.

Pendant la nuit, Facebook fait le ménage. https://t.co/yUyt8YVRMX— KatellFavennec (@Katell Favennec)


require(["twitter/widgets"]);

Il n’est donc pas possible de savoir en l’état les raisons qui ont amené Facebook à bloquer le partage des articles de Nordpresse.be. Ce manque de transparence dans la mise en œuvre de telles décisions éditoriales de la part de l’entreprise est régulièrement critiqué en France comme ailleurs dans le monde.
Concernant les accusations de « censure politique » à l’encontre du réseau social, il faut néanmoins préciser qu’elles se heurtent au fait qu’aucun autre site, qu’il soit satirique ou non, n’a vu, à notre connaissance, ses publications partiellement ou totalement bloquées de la sorte par la plateforme dans le contexte de l’affaire Benalla.
Une chose est sûre : si l’on se fie aux règlements de Facebook, le contenu de Nordpresse.be n’a pas pu être supprimé parce qu’il s’agissait de « fausses informations », comme l’ont supposé certains observateurs sur les réseaux sociaux comme Sophia Chikirou, ancienne présidente du Média.

   


Un site « satirique » aux pratiques parfois douteuses
Par ailleurs, le site Nordpresse.be est connu pour se jouer des limites entre satire et tromperie. Ainsi, il s’était targué d’avoir piégé la rédaction du Parisien en pleine campagne présidentielle pour lui faire diffuser une fausse information. Il s’agissait en réalité d’un canular pour le moins douteux, qui avait écorné l’image du journal auprès de certains lecteurs du site parodique – quand bien même l’information visée, à savoir le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, était avérée.
Une bonne partie du contenu de Nordpresse.be relève par ailleurs plus de gros titres de tabloïds que de l’humour. « Très souvent, Nordpresse.be n’est pas dans la satire, mais dans la “fake news trash” », constatait, en octobre 2017, Sébastien Liebus, l’un des auteurs du Gorafi. Parfois comparées, les démarches des deux sites sont en réalité fondamentalement différentes à son sens.
D’autant que Nordpresse.be utilise parfois d’autres ficelles qui brouillent encore plus la ligne entre satire assumée et tromperie. Il utilise régulièrement des adresses qui ressemblent à celles de vrais sites d’informations comme LeCanardEnchaine.net ou FranceInfoTele.com, pour partager ses canulars. En faisant cela, les internautes qui ne cliquent pas sur la publication peuvent croire qu’ils sont face à l’information d’un site « sérieux ».

   


Résultat : il n’est pas rare de voir des internautes piégés par des articles du site et les relayer au premier degré. Le 16 juillet, Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblement national (ex-FN), prenait au sérieux un canular évoquant douze morts à Paris après la finale de la Coupe du monde de football.
Qu’on les apprécie ou non, les canulars de Nordpresse.be n’ont en tout cas pas disparu bien longtemps de Facebook. L’administrateur du site a déjà annoncé son retour sous un nouveau nom, NordInfo.be.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-10">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Après l’annonce de son retrait des commandes de Fiat Chrysler et de Ferrari, le patron emblématique du groupe fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/07/23/19-11">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le PDG britannique de Jeep, Mike Manley, a été nommé à la tête du groupe à la suite de la brusque aggravation de l’état de santé de Sergio Marchionne.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

« Fin d’une époque » en Italie avec le départ du patron de Fiat

Le PDG britannique de Jeep, Mike Manley, a été nommé à la tête du groupe à la suite de la brusque aggravation de l’état de santé de Sergio Marchionne.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 06h36
   





                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/8

Suivant









Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


Il fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end. Gravement malade, le ténor de l’industrie automobile italienne, Sergio Marchionne, a cédé sa place aux commandes de Fiat Chrysler (FCA) et Ferrari. La presse et une partie de la classe politique transalpine saluaient dimanche « la fin d’une époque » avec le départ de ce patron emblématique de Fiat pendant quatorze ans mais désormais « en fin de vie », selon plusieurs medias.
« Marchionne, la fin d’une époque », titrait ainsi le Corriere della Serra, au lendemain des conseils d’administration réunis en urgence samedi après-midi 21 juillet et qui ont désigné ses successeurs à la tête de Fiat Chrysler (FCA), Ferrari et CNH Industrial, les trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.
Le « Bulldozer »
C’est la fin de l’ère du « Bulldozer » ou de « Super Marchionne », deux surnoms attribués au manager désigné au début des années 2000 par la famille Agnelli pour redresser la firme turinoise. Dans un communiqué, FCA annonce « avec un profond chagrin que durant la semaine, M. Marchionne a souffert de complications inattendues alors qu’il se remettait après une opération, qui ont sérieusement empiré ces dernières heures. Par conséquent, M. Marchionne ne pourra pas reprendre le travail. »
Les administrateurs des trois groupes ont respectivement désigné les patrons de Jeep, Mike Manley, et de Philip Morris, Louis Carey Camilleri, pour lui succéder. M. Marchionne était également président de CNH Industrial et sera remplacé par la Britannique Suzanne Wood.
Hospitalisé à Zurich (Suisse) depuis une opération fin juin à une épaule, M. Marchionne, 66 ans, a souffert de complications en série jusqu’à une nouvelle « détérioration » vendredi, « cette fois-ci sans retour. Le patient ne réagit plus », selon La Repubblica. Sa dernière apparition publique remonte au 27 juin, lorsque ce fils d’un gendarme des Abruzzes a remis une Jeep aux carabiniers de Rome.
« Marchionne a été un grand protagoniste de la vie économique des quinze dernières années (...) Il a réussi à donner un avenir à Fiat quand cela semblait impossible. Il a créé des emplois, pas des chômeurs. Chapeau », a salué l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (centre gauche). Un temps proche de ce dernier, M. Marchionne avait ensuite pris ses distances, mais pas au point de mener la coalition de droite aux législatives de mars comme avait essayé de le convaincre Silvio Berlusconi.
L’actuel gouvernement populiste est resté plus discret, même si le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite, lui a adressé sa « reconnaissance et son respect, ainsi que ses meilleurs vœux ».
Un groupe profondément remodelé
Le manager italo-canadien aux éternels pulls ou polos noirs, qui avait pris les commandes de Fiat en 2004, prévoyait de passer les rênes de FCA dans le courant de l’année 2019. Il a profondément remodelé le groupe, d’abord en redressant Fiat, en l’alliant en 2009 à l’américain Chrysler, tout en détachant, d’une part, les activités gros engins/camions en 2011 pour créer CNH Industrial, et, d’autre part, le joyau Ferrari en janvier 2016.
John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli et PDG d’Exor, la holding familiale qui détient près de 30 % de Fiat, 27 % de CNH Industrial et 23 % de Ferrari, s’est dit « profondément triste » dans un communiqué.

   


C’est Mike Manley, discret Britannique de 54 ans, PDG de Jeep et de Ram (pick-up et vans), qui sera chargé de prendre le relais. Il est arrivé à la tête de Jeep en 2009, en pleine tempête dans le secteur automobile américain. Sous sa direction, le constructeur est passé de 337 000 véhicules vendus en 2008 à près de 1,4 million en 2017, et il compte en écouler 1,9 million cette année.

        Lire aussi :
         

                Mike Manley, le très discret « M. Jeep »



Les fonctions de M. Marchionne chez Ferrari vont désormais être dédoublées : John Elkann devient président, tandis que Louis Camilleri est nommé administrateur délégué. Né en 1955 dans une famille maltaise à Alexandrie (Egypte), M. Camilleri est entré en 1978 chez Philip Morris, et il est depuis 2002 le PDG de ce groupe très lié à Ferrari via le sponsoring de la Scuderia.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-12">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ « Mensonge », « affaire d’Etat », « tempête sur l’Elysée »… l’affaire Benalla s’affiche à la « une » des principaux quotidiens nationaux et régionaux, samedi.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/23/19-13">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Argentine, le fléau de la pauvreté ne semble pas près de se résorber

Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h08
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la cuisine, une armée de volontaires coupe, hache, pétrit. Il n’y a pas une seconde à perdre : à Villa Fiorito, quartier miséreux du sud de Buenos Aires, la cantine populaire Los Piletones sert chaque jour 2 600 repas gratuits. Sa fondatrice, Margarita Barrientos, une maîtresse femme, ne devrait pas lever le pied de sitôt. En Argentine, qui accueille le G20 Finances samedi 21 et dimanche 22 juillet, la pauvreté est un fléau qui touche 29 % de la population.
« Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », lance Margarita Barrientos, fondatrice de la cantine populaire Los Piletones
Et la situation risque fort d’empirer. L’effondrement du peso, au printemps, a donné un nouveau coup de fouet à l’inflation. Rien qu’au premier semestre, la hausse des prix atteint 16 %. « Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », constate Mme Barrientos, en sirotant lentement son infusion de maté.
Elle se refuse pourtant à accabler le gouvernement actuel et son président, le libéral Mauricio Macri, au pouvoir depuis fin 2015 : « Cela fait longtemps que le nombre de pauvres s’est stabilisé à un niveau trop élevé. Il n’est pas facile de changer les choses quand on a reçu les clés d’un pays effondré. »
D’autres ne sont pas si indulgents et ont tôt fait de dépeindre le chef de l’Etat, un ancien homme d’affaires, en « président des riches ». Ils en veulent pour preuve l’une des mesures les plus emblématiques prises par l’administration Macri et qui vise à soutenir le puissant secteur agricole : la suppression progressive des retenciones, ces très hautes taxes sur les exportations de céréales, instaurées par le gouvernement précédent de Cristina Kirchner pour abonder les caisses de l’Etat.

« Aucune politique pour soutenir les petites entreprises »
Malgré la crise, M. Macri a confirmé en juillet qu’il continuerait à réduire celles sur le soja, toujours en place. « Ce gouvernement ne s’intéresse...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-14">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Argentine, aux abois, fait face à la crise

Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h13
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Désabusé, Jorge Reisch étale devant lui les factures d’électricité de son entreprise, Cueroflex. Cette fabrique de cuir reconstitué, installée dans un faubourg ouvrier de Buenos Aires, a vu ses coûts exploser depuis fin 2015 et l’arrivée au pouvoir du président argentin, Mauricio Macri. Résultat de la baisse des subsides à l’énergie appliquée par l’actuel gouvernement, la note mensuelle, autrefois de 45 000 pesos (1 400 euros), a été multipliée par plus de quinze.

Ce fardeau est loin d’être l’unique tracas de cette coopérative, qui emploie 80 personnes et produit semelles et ceintures pour le secteur du textile-habillement. Il faut dire que, ces derniers temps, l’Argentine ne va pas très fort. Depuis avril, le peso a perdu un tiers de sa valeur. Pour stopper l’hémorragie, la banque centrale a monté son taux directeur, en mai, jusqu’à 40 %. Malgré ce niveau record, l’inflation est galopante : elle pourrait atteindre 30 % cette année.
Aux abois, le gouvernement a fini par réclamer l’aide du Fonds monétaire international (FMI), qui lui a accordé, en juin, un prêt de 50 milliards de dollars (soit 43 milliards d’euros). En plein hiver austral, l’incertitude est à son zénith, et la consommation flanche. Après l’embellie de 2017, une nouvelle récession – la cinquième en une décennie – semble difficile à éluder.

Cette cascade de mauvaises nouvelles a des effets très concrets sur Cueroflex, qui doit jongler entre la baisse des commandes et les retards de paiement. Pour continuer à produire, il lui faudrait prendre un crédit, mais les taux sont prohibitifs.
Le modèle protectionniste démantelé
« Notre seule issue, c’est d’exporter plus, mais nous ne sommes pas assez compétitifs », soupire M. Reisch, en émiettant nerveusement de fines lamelles de cuir posées sur son bureau. En soixante ans d’existence, la société a connu des hauts et des bas. Cette fois, pourtant, dans les vastes hangars, le bourdonnement des machines...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-15">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une filiale du groupe Elior condamnée pour discrimination

Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Sur son site Internet, le groupe Elior, spécialisé dans le service aux entreprises, affiche avec assurance : « Nous ne tolérons aucune sorte de discrimination. » Toutefois, l’une de ses filiales semble ne pas avoir été à la hauteur de cet engagement, si l’on en croit une décision récente du conseil de prud’hommes de Paris.
La société Elior First Maintenance Company (EFMC) a en effet été condamnée, le 5 juillet, pour avoir licencié une de ses salariées en situation de handicap. Elle doit du même coup réintégrer la victime, si celle-ci en formule la demande, et lui verser d’importants dommages et intérêts (un peu plus de 60 000 euros).
Kahina Mebrouki a été embauchée fin 2013, à l’âge de 25 ans, par EFMC en qualité d’hôtesse d’accueil. Atteinte de surdité, ce qui lui vaut d’avoir un taux d’invalidité supérieur à 80 %, elle a été affectée au Musée Branly, à Paris. Sa mission : orienter les visiteurs, tenir le vestiaire et aiguiller les appels téléphoniques.
Peu après avoir été recrutée, elle a réclamé des outils de travail adaptés à son handicap – en particulier un appareil téléphonique pour malentendants. Cette requête est demeurée sans effet, bien qu’elle ait été acceptée, sur le principe, par l’employeur.
Au bout de quelques mois, l’état de santé de Mme Mebrouki s’est dégradé. Il a été mis en avant qu’elle n’avait pas obtenu l’équipement souhaité et qu’elle utilisait régulièrement un talkie-walkie. Des explications contestées par EFMC. Arrêts de travail, placement en mi-temps thérapeutique… De fil en aiguille, elle a été affectée uniquement au vestiaire, en sous-sol, ce qu’elle a très mal vécu. Dans l’incapacité de travailler de façon autonome, elle a fréquemment sollicité l’aide de ses collègues, suscitant parfois de l’agacement et s’attirant même des remarques vexatoires.
« Un jugement très dur »
Finalement, en avril 2015, la médecine du travail l’a déclarée « inapte définitivement...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-16">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Au Salon de l’aéronautique de Farnborough, les avionneurs européen et américain ont engrangé plus de 160 milliards de dollars de nouvelles commandes.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Le duopole Airbus-Boeing renforce son hégémonie

Au Salon de l’aéronautique de Farnborough, les avionneurs européen et américain ont engrangé plus de 160 milliards de dollars de nouvelles commandes.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h50
    |

            Guy Dutheil (Farnborough (Angleterre), envoyé spécial)








                        



   


D’année en année, le secteur de l’aéronautique fait figure d’exception : les arbres y montent jusqu’au ciel. Le Salon de Farnborough, près de Londres, dont les journées réservées aux professionnels ont fermé leurs portes jeudi 19 juillet, vient d’en apporter de nouveau la preuve. A eux seuls, Airbus et Boeing ont amassé un butin de plus de 160 milliards de dollars (environ 138 milliards d’euros) de nouvelles commandes.
Au petit jeu de celui qui détiendra le plus gros carnet de commandes, Boeing l’a emporté sur son rival européen. Ainsi, l’américain a engrangé plus de 100 milliards de dollars de contrats correspondant à 673 commandes supplémentaires, loin devant Airbus (431 nouvelles commandes). Pas de quoi inquiéter l’avionneur européen, qui a coutume de fournir son effort en fin d’année.

        Lire aussi :
         

                Au Salon de Farnborough, Airbus et Boeing engrangent les commandes



Pendant que les avionneurs sabrent le champagne, les motoristes, eux, lèvent leur coupe. CFM, filiale à 50/50 du français Safran et de l’américain General Electric (GE), a annoncé avoir reçu commande de 858 moteurs pour 15 milliards de dollars au prix catalogue. Un chiffre provisoire, car toutes les compagnies clientes d’Airbus et de Boeing n’ont pas encore fait connaître le choix de leurs futurs moteurs.
A Farnborough, Guillaume Faury, le nouveau président de la branche aviation commerciale d’Airbus, se dit satisfait de l’édition 2018. « Un très bon salon », glisse-t-il. De fait, l’avionneur européen, ultra-dominateur sur le segment des moyen-courriers avec plus de 60 % de part de marché, a cette fois réussi à placer plusieurs dizaines de ses long-courriers. Il a ainsi enregistré vingt-cinq commandes pour son gros-porteur A350.

        Lire aussi :
         

                Airbus et Boeing se tournent vers les services pour doper leurs marges



Mieux encore, il a trouvé de nouveaux clients pour quarante-deux exemplaires de la version remotorisée de son long-courrier A330. Commercialisé en milieu de gamme, au côté de l’A321 LR, il permet à l’avionneur européen d’occuper seul le créneau qui propose des appareils d’un nouveau type : des avions aux capacités de long-courriers, mais avec un coût d’utilisation de moyen-courriers – des qualités très prisées par les compagnies low cost long-courrier.
« Un combat de façade »
Faute de détenir un avion concurrent à opposer à Airbus, Boeing a un trou dans sa gamme. Le constructeur de Seattle doit décider en 2019 s’il lance la production d’un nouvel appareil. Airbus ne veut pas y croire. Avec l’A321 et l’A330, « nous sommes en train de tirer le tapis sous les pieds de ceux qui avaient l’idée de faire un avion spécifique pour ce marché », prévient M. Faury.
La grande leçon de Farnborough est que le match des commandes semble devenu un combat de façade entre les deux géants de l’aéronautique. Très rares sont les compagnies aériennes dont la flotte est pourvue par un seul avionneur. Elles ont compris que leur intérêt était de faire jouer la concurrence. Forts de ce constat, Airbus et Boeing ont entrepris de renforcer leur duopole tous azimuts.
Début juillet, l’avionneur européen a repris, sans bourse délier, le programme CSeries du canadien Bombardier. Quelques jours plus tard, Boeing a mis sur la table 3,8 milliards de dollars pour s’adjuger l’activité aviation commerciale du brésilien Embraer. Avec ces deux rachats presque simultanés, Airbus et Boeing ont en catalogue l’éventail d’appareils le plus large possible : des avions régionaux de 70 places jusqu’aux très gros-porteurs long-courriers, comme l’A380, capable de transporter jusqu’à 800 passagers.

        Lire aussi :
         

                Boeing s’adjuge l’aviation commerciale du brésilien Embraer



« C’est la première fois que nous pouvons présenter une gamme de produits aussi étendue », se réjouit Guillaume Faury. Présent lui aussi à Londres, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, aurait pu tenir le même discours. Cette autosatisfaction illustre une nouvelle réalité. Renforcés par les apports respectifs de Bombardier et d’Embraer, Airbus et Boeing sont devenus incontournables.
Skywise, nouvelle arme fatale
Leur nouvel objectif pourrait être de limiter au maximum les possibilités d’émergence d’une future concurrence, notamment chinoise. Ils ne sont pas loin d’y parvenir. Au cours des vingt prochaines années, les deux rivaux ont fixé les besoins en avions neufs des compagnies aériennes à un peu plus de 40 000 appareils, c’est-à-dire 2 000 avions supplémentaires par an.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, les deux rivaux ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur domination
En 2018, à Seattle comme à Toulouse, l’objectif est de livrer environ 800 appareils, soit 1 600 au total pour les deux avionneurs. « Nous en avons livré 303 au premier semestre. Il nous en reste 500 à livrer avant la fin de l’année », commente M. Faury.
Pour tenir le rythme, Airbus a prévu d’accélérer la production de son « best-seller », l’A320, avec « le passage de la cadence 50 à la cadence 60 ». En 2019, plus de soixante A320 devraient sortir des chaînes d’Airbus. Et ce n’est pas fini. L’avionneur européen a testé ses principaux fournisseurs pour savoir s’ils seraient capables de monter à 75 appareils par mois.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, Airbus et Boeing ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur hégémonie. A Toulouse, la nouvelle arme fatale se nomme Skywise : une immense base de données, en cours de constitution, de tous les avions, des Airbus comme des Boeing, et de leurs activités en vol. Skywise se veut « une plate-forme ouverte aux fournisseurs et aux compagnies » et gratuite pour ses fonctionnalités de base.
Lancé il y a un an, ce gigantesque big data a notamment ingurgité les flottes de « 22 compagnies, les données de 12 millions de vols commerciaux et 75 systèmes informatiques ». Avec Skywise, les compagnies peuvent espérer bénéficier des énormes économies liées à la maintenance prédictive, qui permet de prévoir et de réduire le temps d’immobilisation des avions. Le but, à moyen terme, selon Airbus, est de séduire « environ 100 compagnies aériennes ». Boeing effectue une démarche identique. A plus long terme, certains imaginent déjà une fusion des deux bases de données.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-17">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Lorsqu’un passager ne prend pas son vol aller, certaines compagnies aériennes peuvent automatiquement annuler son billet retour.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Billet d’avion : vol aller raté, retour annulé

Lorsqu’un passager ne prend pas son vol aller, certaines compagnies aériennes peuvent automatiquement annuler son billet retour.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h24
    |

            Joséfa Lopez








                        



   


Un passager pris dans les embouteillages et qui rate son vol, un autre qui décide de partir plus tôt ou qui choisit de rejoindre son lieu d’escale en voiture plutôt que de prendre le premier vol… On appelle ça le « no show ». Dans le jargon de l’aérien, cet anglicisme désigne un passager qui ne se présente pas à l’embarquement, sans prévenir la compagnie aérienne avec laquelle il devait voyager.
Si ce passager ne la prévient pas, c’est généralement parce que son billet n’est ni échangeable ni remboursable. Il ne voit alors pas l’intérêt de perdre du temps et de l’énergie à contacter le service client. Mais le « no show » a souvent une conséquence sans appel : l’annulation automatique de son billet retour.
Offres indivisibles et non flexibles
Cette clause de « no show » est appliquée par la majorité des compagnies aériennes et elle est avant tout liée à leurs politiques commerciales, et notamment à la vente de billets combinés aller-retour et aux vols avec escale. En effet, lorsqu’un passager prend ce type de vol, il paie généralement moins cher que lorsqu’il achète séparément un aller et un retour, ou un vol direct. C’est une sorte d’offre promotionnelle que proposent les compagnies aériennes. Tout le monde est alors gagnant : le voyageur fait des économies et la compagnie n’a pas à se soucier de devoir remplir son avion, puisque les clients ayant embarqué à l’aller seront là, normalement, au retour ou après l’escale.
Sauf que de nombreuses compagnies considèrent ces offres comme indivisibles et non flexibles. Le but : éviter que les passagers achètent un aller-retour, plus économique, pour au final n’effectuer que l’un ou l’autre. Ou qu’ils choisissent un vol avec escale, moins cher qu’un vol direct, sans prendre le premier vol. Pour pouvoir bénéficier de ces tarifs avantageux, le client devra respecter ces conditions. Au risque de se faire pénaliser dans le cas contraire. « Nos tarifs varient en fonction de plusieurs critères. La durée du séjour, le jour des vols, la présence d’escale… si le client change un de ces critères, il est normal que nous réajustions l’offre qu’il avait achetée », précise un porte-parole d’Air France.
Autre critère expliquant les clauses de « no show » : la rentabilité. « Les compagnies vendent une denrée périssable. Un siège vide ne peut plus rien rapporter une fois que l’avion a décollé. Or, pour faire de l’argent, il faut être capable de bien remplir ses vols. Un passager qui ne se présente pas, c’est une opportunité pour les compagnies. Comme elles font peu d’argent, elles peuvent en gagner à la marge, en revendant ces sièges vides », explique Olivier Fainsilber, spécialiste de l’aérien au cabinet de conseil Oliver Wyman. Et comme les compagnies aériennes pratiquent généralement le surbooking, voir des sièges se libérer permet de contenter d’autres clients. Et donc de gagner plus.
« Réajustement tarifaire »
Dans le cas d’un « no show », chaque compagnie a ses propres règles. Chez certaines compagnies, comme Iberia, l’annulation du billet retour est immédiate. Les passagers doivent tout simplement racheter un billet à leur frais, sur la même compagnie ou une autre. Chez Easyjet ou Air France, la politique est différente. Une surtaxe est demandée au passager pour qu’il puisse embarquer sur son vol retour. Easyjet revalidera le billet pour un frais fixe de 110 euros. Idem chez Air France. « Nous conservons la place du passager, mais le billet ne redevient valide qu’après un réajustement tarifaire », détaille un porte-parole d’Air France. Pour un vol en France avec la compagnie française, cette majoration sera de 125 euros, pour un vol moyen-courrier, de 250 euros, et pour un long-courrier, de 500 euros.
En règle générale, les clients ont cinq ans pour engager des démarches et tenter d’obtenir un geste commercial de la part des compagnies. Le seul remboursement obligatoire est celui des taxes d’aéroport. « Si le passager n’embarque pas, il n’a pas à s’acquitter de ces taxes », explique Jérémy Rozenberg d’Air indemnité, un service qui prend en charge l’indemnisation des passagers aériens. En effet, le prix d’un billet d’avion comprend le vol, mais aussi différentes taxes (taxe d’aéroport, taxe aviation civile, taxe sûreté environnement, etc.). Lorsqu’un passager n’embarque pas, il n’utilise pas les services de l’aéroport. Il peut donc demander leur remboursement en ligne ou par courrier à la compagnie aérienne.
Pratique jugée injuste
Pour éviter toute déconvenue, le premier conseil est de lire attentivement les conditions générales avant d’acheter un billet. « Elles sont souvent écrites très petit et plus personne ne les lit. Les compagnies n’ont d’ailleurs pas intérêt à communiquer sur cette clause de “no show” », continue Jérémy Rozenberg d’Air indemnité. Ensuite, même s’il est souvent difficile d’annuler ou de se faire rembourser un billet, il est conseillé au passager qui n’embarquerait pas à l’aller de contacter la compagnie pour la prévenir. « Il y a un engagement mutuel. Si le client ne se présente pas au rendez-vous, les termes du contrat sont rompus. Si elle n’est pas prévenue, la compagnie pénalisera le passager pour son absence. S’il est de bonne foi, elle fera en général ce qu’elle peut pour satisfaire son client », détaille Olivier Fainsilber.
Certains consommateurs commencent à taper du poing sur la table contre cette pratique qu’ils jugent injuste. C’est par exemple le cas de deux Toulousains qui n’avaient pas pu embarquer sur un vol Air France Paris-Toulouse en 2015. Le tribunal d’Auch leur a donné raison et a condamné la compagnie à leur verser des dommages et intérêts et à rembourser les billets. « Qu’un passager soit ou non présent sur son siège, cela ne change rien pour la compagnie. Le passager devrait pouvoir faire ce qu’il veut de ses billets puisque, aujourd’hui, ils ne sont ni remboursables ni échangeables. Après tout, si je veux faire voyager ma peluche, je fais ce que je veux ! », s’insurge Stella Bisseuil qui a défendu l’affaire.
En mars 2013, la Commission européenne avait présenté un ensemble de mesures visant à renforcer et à étoffer les droits des passagers aériens. Des mesures adoptées un an plus tard au Parlement européen. Mais depuis, ce dossier est bloqué au Conseil européen. « C’était une avancée, même si cela ne tenait pas compte des vols avec escales. Mais pour l’instant, les législateurs ne se sont pas mis d’accord », se désole Jérémy Rozenberg. « Les lobbys sont suffisamment puissants et rien n’a encore pu aboutir au niveau européen », désespère Stella Bisseuil.
Consulter le post de blog de Rafaele Rivais, pour savoir qui peut vous aider en cas de préjudice aérien



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-18">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ L’ONG australienne Walk Free Foundation décompte 24,9 millions de personnes contraintes à un travail forcé dans le monde.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’achat des biens les plus récents au meilleur prix nourrit l’esclavage moderne

L’ONG australienne Walk Free Foundation décompte 24,9 millions de personnes contraintes à un travail forcé dans le monde.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h42
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
En utilisant son téléphone mobile ou en enfilant un tee-shirt, le consommateur occidental, français notamment, se rend peut-être involontairement complice d’un crime grave, celui d’esclavage. Or, l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 par les Nations unies dispose que « nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ».
Dans le monde, 40,3 millions de personnes sont victimes d’esclavage moderne, selon un rapport publié jeudi 19 juillet par l’ONG australienne Walk Free Foundation, soit 24,9 millions contraints à un travail forcé et 15,4 millions à un mariage forcé. D’après cet « Indice mondial de l’esclavage 2018 », les femmes représentent près de trois quarts (71 %) des individus soumis à cette forme de barbarie, dont la prévalence est plus forte en Afrique (7,6 victimes pour 1 000 personnes), suivie par l’Asie-Pacifique (6,1 pour 1 000).
Si l’on ne tient compte que du mariage forcé, l’Afrique est de loin le continent le plus touché (4,8 victimes pour 1 000), devant l’Asie-Pacifique (2 pour 1 000). A contrario, si l’on se focalise uniquement sur le travail forcé, c’est cette dernière région qui est en tête, avec 4 victimes pour 1 000, contre 3,6 pour 1 000 en Europe et en Asie centrale.
« Les conflits récents créent de nouvelles formes d’esclavage »
La Walk Free Foundation, qui travaille depuis deux ans avec l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la question de l’esclavage, livre dans son rapport des chiffres à peu près similaires à ceux du rapport publié en 2017 en partenariat avec l’agence onusienne. Mais, cette fois, l’ONG va plus loin car elle cible tout particulièrement les pays du G20 – ce que ne peut faire l’OIT, qui collabore avec les gouvernements du monde entier.
Malgré le manque d’éléments statistiques anciens et fiables sur l’esclavage – à la différence du travail des enfants –, il semble...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-19">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Selon les projections du ministère de la transition écologique, le plafond d’émissions de gaz à effet de serre sera dépassé jusqu’en 2023.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La France en retard sur ses objectifs climatiques

Selon les projections du ministère de la transition écologique, le plafond d’émissions de gaz à effet de serre sera dépassé jusqu’en 2023.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 16h20
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

La France peine à tenir ses engagements climatiques et énergétiques. C’est ce que confirment les projections présentées jeudi 19 juillet par le ministère de la transition écologique et solidaire, dans le cadre du comité de suivi de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Ces deux outils de planification, l’un et l’autre en cours de révision, fixent les trajectoires qui doivent permettre à l’Hexagone, d’une part d’atteindre la neutralité carbone en 2050, d’autre part de « verdir » progressivement son mix énergétique, avec une baisse des fossiles, une hausse des renouvelables et une réduction de la part du nucléaire.
Au début de l’année, le ministère avait indiqué que le « budget carbone », c’est-à-dire le plafond d’émissions de gaz à effet de serre à respecter pour garder le cap, avait été dépassé de 3,6 % en 2016, avec un total de 463 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq).

Or les scénarios actualisés font état d’émissions toujours excédentaires en 2017 et 2018, et ils indiquent qu’elles pourraient le rester jusqu’en 2023. Sur la période 2019-2023, elles atteindraient 422 Mt CO2 éq par an, soit 24 millions de tonnes de trop. Ce n’est qu’à partir de 2024 qu’elles seraient ramenées au niveau annuel compatible avec les objectifs climatiques du pays, soit 357 Mt CO2 éq.
Retards et reculs
Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce dérapage, rapporte le Réseau action climat (RAC), qui participe au comité de suivi. En particulier, « l’objectif d’avoir la totalité des logements très bien isolés en 2050 est abandonné, avec un rythme moyen de 500 000 rénovations performantes annuelles au lieu des 700 000 nécessaires ». En outre, « l’objectif d’avoir des véhicules neufs consommant en moyenne 3 litres au 100 km en 2030 est porté à 4 litres au 100 km. »
« Le gouvernement profite de la pause estivale pour sabrer ses ambitions sur le climat,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/23/19-20">
<filnamedate="20180723"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180723"><AAMMJJHH="2018072319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La branche Afrique du groupe français, qui fait face à des « difficultés persistantes » au Cameroun, a été placée en redressement judiciaire en mars.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤         

Compte rendu

Le négociant en bois Rougier cède ses filiales au Cameroun et en Centrafrique

La branche Afrique du groupe français, qui fait face à des « difficultés persistantes » au Cameroun, a été placée en redressement judiciaire en mars.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-20T14:56:26+02:00"

        Le 20.07.2018 à 14h56






    
Grumes à la frontière entre le Cameroun et le Gabon, en octobre 2007.
Crédits : DELPHINE RAMOND / AFP


Le négociant français en bois Rougier a annoncé, jeudi 19 juillet, la vente des filiales de sa branche Afrique en redressement judiciaire, au Cameroun et en Centrafrique.
« Le tribunal de commerce de Poitiers a autorisé, lors de l’audience du 13 juillet, l’ensemble du processus de vente au Cameroun de la Société forestière et industrielle de la Doumé (SFID), de la société Cambois, de la société Sud Participation et en Centrafrique de la société Rougier Sangha-Mbaéré (RSM) », a détaillé un communiqué du groupe.

        Lire aussi :
         

                La branche Afrique du négociant en bois Rougier placé en redressement judiciaire



Les quatre entreprises, filiales de Rougier Afrique International, ont été acquises par la société camerounaise Sodinaf (Société de distribution nouvelle d’Afrique) pour un montant non divulgué.
Cette opération permet au groupe de « rationaliser » son portefeuille d’activités, a justifié Rougier, qui estime pouvoir « ainsi poursuivre son recentrage géographique dans de meilleures conditions ».
« Difficultés persistantes »
Saisi du dépôt de bilan de Rougier SA, la holding de tête de l’entreprise, le 12 mars, le tribunal de commerce de Poitiers (centre de la France) l’a placée en procédure de sauvegarde et sa branche Afrique International en redressement judiciaire.
Le groupe Rougier avait alors expliqué « faire face à des difficultés persistantes au Cameroun », évoquant « l’engorgement chronique » du port de Douala – en raison de son ensablement –, qui a « profondément perturbé les activités des filiales camerounaise, congolaise et centrafricaine ».

        Lire aussi :
         

                Le trafic du bois tropical sape la lutte contre la déforestation



A l’issue de l’audience du 13 juillet, le tribunal de commerce de Poitiers a autorisé la poursuite de la période d’observation de Rougier SA et sa branche Afrique International, a précisé le communiqué.
Le groupe rappelle également que la cotation de ses actions à la Bourse de Paris « reste toujours suspendue jusqu’à nouvel avis ».
Fin 2016, Rougier supportait une créance de 8 millions d’euros de TVA non remboursée par le seul Cameroun, et de 15,6 millions d’euros en incluant les créances du Congo et du Gabon. Le chiffre d’affaires 2017 affichait une baisse de 7,5 % sur les 149,4 millions d’euros de 2016.

