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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Gérard Collomb et Michel Delpuech ont répondu lundi 23 juillet aux questions des députés. Sans clarifier vraiment la manière dont l’information a circulé entre les différentes autorités.
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Affaire Benalla : les contradictions du ministre et du préfet sur la remontée des informations

Gérard Collomb et Michel Delpuech ont répondu lundi 23 juillet aux questions des députés. Sans clarifier vraiment la manière dont l’information a circulé entre les différentes autorités.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h53
    |

            Jérémie Baruch, 
Maxime Vaudano et 
Adrien Sénécat








                        


Gérard Collomb comptait sur son audition du lundi 23 juillet devant la commission d’enquête de l’Assemblée pour se défendre de toute faute dans la gestion de l’« affaire Benalla ». Un détail de son discours, contredit quelques heures plus tard par le préfet de police Michel Delpuech, interroge pourtant sur le moment où il a véritablement pris connaissance des faits reprochés à Alexandre Benalla.

        Sur l’audition de Collomb :
         

          les six failles des réponses du ministre de l’intérieur



Gérard Collomb dit n’avoir été averti qu’en début d’après-midi
Face aux députés, lundi matin, le ministre a détaillé son emploi du temps du 2 mai – point de départ de « l’affaire Benalla ». A 7 h 30, il était interrogé sur France 2. A 8 h 30, il présidait une réunion d’Etat-major réunissant les chefs de la police et de la gendarmerie. Il s’est ensuite entretenu avec les responsables de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour « évoquer la menace terroriste pesant sur notre territoire ». A 11 h 30, enfin, il indique avoir parcouru « avec le préfet de police » Michel Delpuech le chemin de la manifestation de la veille, marqué par des violences.
Selon le ministre, ce n’est qu’en rentrant de son déjeuner, « en début d’après-midi », qu’il a été informé par son directeur de cabinet Stéphane Fratacci et son chef de cabinet Jean-Marie Girier de l’existence de la vidéo mettant en cause M. Benalla. « Ils m’indiquent s’être entretenu avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République », a ajouté Gérard Collomb.
Selon ce dernier, M. Girier aurait été prévenu par « la personne en charge des réseaux sociaux à l’Elysée, Vincent Caure », mais « c’est à vérifier ».

        Les cinq éléments-clés
         

          de l’audition de Gérard Collomb à l’Assemblée



Selon Michel Delpuech, l’intérieur savait dès le matin
Interrogé lui aussi par la commission d’enquête parlementaire, le préfet de police Michel Delpuech a également déroulé son emploi du temps du 2 mai. Il a d’abord été invité de France Inter à 7 h 50 puis de BFM-TV à 8 h 20, avant de participer à la réunion d’Etat-major, à laquelle M. Collomb a également pris part.
C’est après cette réunion, « vers 10 heures », qu’il dit être rentré à la préfecture. « Pendant le trajet, j’ai appelé mon directeur de cabinet […] pour faire le point. Il m’a indiqué que circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. J’ai demandé à en savoir plus. »
A 10 h 15, Michel Delpuech dit avoir reçu un appel d’un conseiller de l’Elysée, Laurent Hottiaux, qui lui parle de l’affaire Benalla. « Je ne comprends pas ce dont il parle, je n’ai à cette heure-là jamais entendu parler de l’affaire Benalla. Je lui dis que je vais me renseigner. » Selon le préfet, il visionne alors la vidéo avec son directeur de cabinet.
Il dit avoir pris alors deux initiatives : premièrement, joindre le cabinet du ministre de l’intérieur, qui lui répond « qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet. Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait ». Et deuxièmement, lancer « une investigation pour en savoir davantage sur les raisons pour lesquelles Benalla était présent à la Contrescarpe » sans qu’il en ait été informé. Il ajoute n’avoir pas abordé le sujet avec Gérard Collomb lorsqu’il l’a de nouveau vu à 11 h 30.
Selon le récit du préfet, le cabinet de Gérard Collomb était donc au courant de l’affaire avant 10 h 30 environ… soit quatre heures avant le moment auquel le ministre dit en avoir été informé.
Les deux versions ne sont pas totalement incompatibles en soi. Mais elles supposent que le cabinet du ministre de l’intérieur ait mis environ quatre heures à prévenir M. Collomb des violences commises par M. Benalla après en avoir pris connaissance.

        Ce qu’il faut retenir
         

          de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Après les auditions menées par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, députés de droite et de gauche exigent une réaction de la présidence de la République.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : les députés d’opposition demandent l’audition d’Emmanuel Macron

Après les auditions menées par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, députés de droite et de gauche exigent une réaction de la présidence de la République.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h50
   





                        



   


Peu satisfaits des réponses apportées devant la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, plusieurs députés ont demandé lundi 23 juillet l’audition du président de la république sur la gestion de l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
« La seule personne qu’il faudrait auditionner et qu’on ne peut pas auditionner, bien sûr, c’est le président de la République », a commenté Nicolas Dupont-Aignan, député non inscrit de l’Essonne — le flou subsiste autour du droit constitutionnel d’un président à se présenter devant une commission d’enquête parlementaire, ce qui n’est jamais arrivé dans la Ve République.

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« On a passé deux heures et demie d’enfumage, de contournement, de non-réponses à nos questions. C’est indigne du point de vue du rôle que cette commission devait jouer, a dénoncé Alexis Corbière, député LFI de la Seine-Saint-Denis, à la sortie de l’audition de M. Collomb. On doit auditionner le président de la République », a-t-il ajouté.
« Le préfet de police semble mieux connaître M. Benalla que le ministre de l’intérieur », a souligné Boris Vallaud, député PS des Landes — plusieurs parlementaires ont noté la clarté des réponses du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, comparées à celles de M. Collomb, auditionné plus tôt dans la journée.
« On voit bien que les protagonistes se sont concertés et que les fusibles ont été enclenchés, a commenté devant les journalistes Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes. Il y a très clairement deux fusibles : celui désigné par la présidence de la République, hier, en la personne du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, et ce matin dans cette audition, le préfet de police Michel Delpuech. En gros, le président nous indique qu’il n’y a rien à voir. »
La députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a elle aussi renvoyé le besoin d’explications sur le palais de l’Elysée, rappelant la responsabilité renvoyée sur la présidence de la République par les deux auditionnés de la commission d’enquête parlementaire.

➡️Pour @gerardcollomb il appartenait à l'Elysée d'agir.

— valerieboyer13 (@Valérie Boyer)


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« Macron sait tout. Il doit être auditionné »
Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont eux aussi demandé, à l’issue de l’audition de Gérard Collomb par la commission d’enquête de l’Assemblée sur l’affaire Benalla, que le président de la République soit à son tour convoqué par cette commission.
« Bilan #Colomb. Il ment. Il connaissait #Benalla (...). Il n’y a pas eu d’enquête IGPN le 3 mai. Il ne savait rien, #Macron sait tout. Il doit être auditionné », a tweeté le chef de file des députés insoumis.

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L’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon a de son côté posté sur Twitter une vidéo où il demande que les commissions d’enquête de l’Assemblée et du Sénat « convoquent le président de la République », alors que selon lui M. Collomb « ne sait rien ».
« Parce que c’est bien autour de lui que tout se joue. C’est bien autour de lui, Emmanuel Macron, qui a voulu concentrer tous les pouvoirs, que se joue la vérité sur cette affaire. Y a-t-il oui ou non la volonté d’organiser une police parallèle autour du président de la République ? », a argué M. Hamon.
« Rien n’empêche dans la Constitution de la Ve  République à une commission d’enquête parlementaire de convoquer le président de la République. La vérité aujourd’hui commande de le faire », a-t-il plaidé.
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a renvoyé lundi la mauvaise gestion de l’affaire Benalla à l’Elysée et au préfet de police Michel Delpuech.
Le 2 mai, « je m’étais assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l’information. Je pensais, comme c’est la règle, que les mesures appropriées avaient été prises. C’était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d’informer les autorités judiciaires », a souligné Gérard Collomb.
Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a ensuite expliqué avoir pensé que le « sujet Benalla » avait été « traité » par l’Elysée.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Dans le cadre de l’affaire Benalla, le préfet de police de Paris a été auditionné par la commission des lois de l’Assemblée nationale, lundi 23 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a voulu « prêter main-forte » aux policiers, rapportent ses conseils.
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Benalla « abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action du 1er mai », selon ses avocats

L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a voulu « prêter main-forte » aux policiers, rapportent ses conseils.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h41
   





                        



   


C’est la première fois qu’ils s’expriment publiquement. Dans un communiqué publié par LCI/TF1, Mes Laurent-Franck Lienard et Audrey Gadot, avocats d’Alexandre Benalla, écrivent que l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron « est abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action du 1er mai 2018 sur deux fauteurs de trouble qui agressaient les policiers ». Action qu’il justifie par la volonté de « prêter main-forte » aux policiers face aux manifestants.
Alexandre Benalla, mis en examen dimanche 22 juillet au soir notamment pour « violences en réunion », dit avoir repéré ce jour-là « deux individus particulièrement virulents » et avoir voulu aider « à la maîtrise de ces personnes », comme l’y autorise l’article 73 du code de procédure pénale, selon ses conseils :
Cette initiative personnelle de M. Benalla (…) sert manifestement aujourd’hui à porter atteinte à la présidence de la République dans des conditions qui défient l’entendement.
M. Benalla avait été filmé — puis a été identifié par Le Monde — le 1er mai au côté d’un employé du parti présidentiel (La République en marche), Vincent Crase, mis en examen lui aussi, en train de frapper et de malmener des manifestants le jour de la fête des travailleurs à Paris.

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Une « action vigoureuse mais menée sans violence »
Selon ses avocats, l’ancien chargé de mission à l’Elysée dit avoir « été invité » par la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris à accompagner les policiers en tant qu’« observateur » de leurs opérations de maintien de l’ordre. Il assure également que son « action vigoureuse mais menée sans violence n’a causé aucune blessure » :
M. Benalla a immédiatement rendu compte de son intervention personnelle, qui lui a été vivement reprochée. Il a fait l’objet d’une sanction administrative de la part de son employeur.
Selon Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Elysée, l’ex-collaborateur du chef de l’Etat, dont le licenciement a été annoncé vendredi, avait été mis à pied quinze jours en mai et « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ». Il apparaît pourtant sur plusieurs clichés récents au côté de M. Macron ou du couple présidentiel.
Dans l’enquête judiciaire en cours, confiée dimanche à un juge d’instruction, trois hauts gradés de la police ont également été mis en examen dimanche soir pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ». Déjà suspendus la semaine dernière, ils sont soupçonnés d’avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits.


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
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Affaire Benalla : ce qu’il faut retenir de l’audition du préfet de police Michel Delpuech à l’Assemblée

Le préfet de police de Paris a été entendu par la commission des lois constituée en commission d’enquête, lundi, après l’audition du ministre de l’intérieur Gérard Collomb.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h43
    |

                            Le Monde.fr








                        



Michel Delpuech a été auditionné sous serment, lundi 23 juillet dans l’après-midi, sur « l’affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête. Alexandre Benalla, désormais ex-proche collaborateur d’Emmanuel Macron, a été l’auteur de violences filmées sur deux manifestants en marge de la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris.
Après cette seconde audition, consécutive à celle, lundi matin, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du rôle d’Alexandre Benalla et sur les raisons de sa présence auprès des forces policières ce jour-là. Au cours de son audition, le ministre de l’intérieur avait insisté sur la responsabilité de l’Elysée et de la préfecture de police de Paris. Michel Delpuech a quant à lui rappelé que M. Benalla n’était « pas sous [s] on autorité », mais sous celle de l’Elysée.

        Comprendre
         

          les six failles dans les réponses de Gérard Collomb



Retour sur les temps marquants de l’audition du préfet de police de Paris.
Comment et quand Michel Delpuech a-t-il rencontré Alexandre Benalla ?
M. Delpuech a affirmé avoir rencontré M. Benalla pour la première fois l’avant-veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, il y a un an, au cours d’une réunion de travail. Il dit avoir croisé M. Benalla à plusieurs reprises : « Il était dans le cercle proche des personnes autour du président. Beaucoup de photographies le montrent, en disant ça, je ne révèle rien », rapporte M. Delpuech.
Le préfet de police de Paris affirme par ailleurs ne pas connaître personnellement M. Benalla. « Dans mon téléphone portable, je n’ai jamais eu le numéro de M. Benalla », rapporte-t-il.

        Collomb, Delpuech, Strzoda :
         

          les trois protagonistes au cœur de l’affaire Benalla



Qui a autorisé Benalla a assiter à la manifestation auprès des forces de police ?
On en sait une peu plus à l’issue de cette journée d’audition. Selon Michel Delpuech, c’est le chef d’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, qui a donné l’autorisation à Alexandre Benalla.
L’homme est déjà mis en examen pour avoir participé à la transmission d’éléments de vidéosurveillance à Alexandre Benalla le soir du 18 juillet. Selon Michel Delpuech, Laurent Simon a agi sans en référer à sa hiérarchie. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, affirmait déjà que « Alexandre Benalla avait obtenu l’autorisation non pas par le préfet mais par quelqu’un placé plus bas dans la hiérarchie ».
Plus tard au cours de son audition, M. Delpuech précisera cependant :
« Si j’avais été sollicité, je ne l’ai pas été, pour cette demande, l’aurais-je refusé ? L’honnêteté m’oblige à dire que non, je n’avais aucune raison de la refuser pour un collaborateur de l’Elysée qui travaille quotidiennement avec mes services. En revanche, je l’aurais mis en garde contre les risques que présentait cette manifestation, compte tenu des informations dont nous disposions. Ce n’est pas la place d’un observateur de faire du maintien de l’ordre. Un observateur sage et intelligent reste à sa place, en retrait. Vous connaissez la formule : “fraus omnia corrumpit” [« la fraude corrompt tout »]. »
Quand et comment a-t-il été informé de sa présence auprès des forces de police le 1er mai ?
Le 2 mai, « à 10 h 15 », précise Michel Delpuech, il reçoit un appel de Laurent Hottiaux, collaborateur de l’Elysée. « Il m’a indiqué que circulait sur les réseaux sociaux une vidéo relatant des violences policières à l’occasion des manifestations du 1er mai. Je ne comprends pas ce dont il parle. Je lui dis que je vais me renseigner », rapporte Michel Delpuech dans son discours liminaire. Quelques minutes plus tard, il visionne la vidéo sur un grand écran, en compagnie de son service de communication, et identifie M. Benalla.
Les mesures prises ensuite
Après avoir visionné la vidéo, Michel Delpuech rapporte avoir pris deux initiatives :
la première consiste à joindre le cabinet du ministère de l’intérieur, qui a affirmé être d’ores et déjà informé de la situation et en liaison avec l’Elysée sur le sujet ;
Et de préciser :
« Il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait. Au demeurant, c’est bien ce qu’il s’est passé puisque M. Benalla a été convoqué par le cabinet de l’Elysée, et a fait l’objet de sanctions. Je rajoute que je me suis étonné tout de même de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur. »
la seconde initiative a d’ailleurs été de lancer une investigation pour en savoir davantage sur les raisons ayant conduit M. Benalla à être présent sur la place de la Contrescarpe.

        Lire :
         

          La sécurité du président devait passer sous autorité unique de l’Elysée



Sur la délivrance d’un port d’armes à M. Benalla
Le député Les Républicains Philippe Gosselin a souligné que le ministre de l’intérieur avait refusé à trois reprises de délivrer un port d’armes à l’endroit de M. Benalla, qui lui sera finalement délivré grâce à l’autorisation de la préfecture de police. « On est en présence d’une législation assez complexe », avance M. Delpuech :
« Pendant la campagne électorale un port d’armes avait été délivré pour permettre à l’agent de sécurité de protéger les locaux. Cette autorisation n’a jamais été renouvelée. Benalla a ensuite sollicité un port d’arme. […] Il y a des ports d’arme liés aux fonctions, c’est de la compétence préfectorale. […] J’ai pris cette décision. Je l’ai retirée quand M. Benalla a cessé ses fonctions. »
Le préfet de police affirme que ce dernier lui a été accordé car l’enquête de proximité ayant visé M. Benalla avait eu des retours positifs, et que son casier judiciaire était vierge.
« J’assume cette responsabilité personnellement », ajoute le préfet de police.
Sur l’équipement (brassard, casque et radio de police) de M. Benalla le jour de la manifestation
C’est une question qui a été posée plusieurs fois. Qui a fourni le brassard et la radio de police, visibles sur les vidéos, à M. Benalla ? Selon M. Delpuech, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) a seulement fourni un casque de protection à M. Benalla. Le préfet de police affirme ne pas disposer d’informations permettant d’expliquer pourquoi M. Benalla avait également un brassard et une radio.
Sur la non utilisation de l’article 40 du code de procédure pénale
Dans la même veine, interrogé plusieurs fois sur le fait que l’article 40 du code de procédure pénale n’ait pas été actionné, le préfet de police a répondu :
« En pratique, on renvoie à l’autorité qui a la responsabilité hiérarchique. c’est en tout cas ce que j’ai pensé – peut-être à tort, mais je l’assume. Il y avait déjà pas mal de personnes informées quand je l’ai été moi-même, la liste serait longue s’il fallait dresser les autorités qui auraient pu saisir l’article 40. Dans ces conditions, ce n’était plus au préfet de prendre cette décision. »
Pour rappel, l’article 40 du code de procédure pénale prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

        Comprendre en quoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Sur sa responsabilité en tant que préfet de police de Paris
Michel Delpuech a estimé avoir pris les mesures nécessaires. Il justifie cela en avançant qu’il a immédiatement informé le cabinet du ministère de l’intérieur lorsque la vidéo a été portée à sa connaissance, le 2 mai.
Mais également en soulignant que « dès lors que c’était pris en compte par l’autorité hiérarchique compétente [c’est-à-dire l’Elysée], j’ai considéré que l’affaire était prise en compte au niveau pertinent ».
« M. Benalla n’était pas sous mon autorité. »
« Le préfet de police est une autorité importante, mais dans une chaîne hiérarchique. »
Le préfet de police de Paris a par ailleurs conclu son discours introductif en expliquant que ces faits étaient « le résultat de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain ». Interrogé sur cette dernière formule, Michel Delpuech a engagé la responsabilité de l’Elysée. « La relation quotidienne de proximité et de confiance entre la préfecture de police et les services de l’Elysée est une nécessité. Quand on bascule dans un lieu de proximité à une relation qui perd de sa pureté, on prend des risques, c’est ce que j’ai voulu évoquer par cette expression. Le reste ne me concerne pas », a conclu le préfet de police de Paris.

        Notre analyse :
         

          les failles de la chaîne de commandement




Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris sera auditionné lundi à 21 heures par la commission des lois de l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : quelles sont les autres auditions à venir ?

Le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris sera auditionné lundi à 21 heures par la commission des lois de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h58
   





                        



   


Après Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, et Michel Delpuech, préfet de police, lundi 23 juillet à 10 heures puis à 14 heures, ce sera au tour de M. Alain Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris d’être auditionné à 21 heures par la commission des lois de l’Assemblée nationale consacrée à l’affaire Benalla. Cette commission a pour objectif de « faire la lumière sur les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».

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                Affaire Benalla : les cinq éléments-clés de l’audition de Collomb à l’Assemblée



De son côté, la commission des lois du Sénat auditionnera jeudi à 8 h 30 le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, dans le cadre de sa mission d’information sur l’affaire Benalla. La commission auditionnera également le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, le directeur de cabinet de l’Elysée, Patrick Strzoda, et le secrétaire d’Etat Christophe Castaner, qui sera entendu en tant que délégué général de La République en marche (LRM).
Audition de « toute personne susceptible d’apporter des éclaircissements »
Par ailleurs, à l’unanimité, le Sénat a donné son accord à la demande de la commission de bénéficier des prérogatives attribuées aux commissions d’enquête pour une durée de six mois.
Cette décision « permettra d’auditionner toute personne susceptible d’apporter des éclaircissements sur cette affaire, mais aussi sur les dysfonctionnements institutionnels et administratifs qui créent une confusion entre les missions constitutionnelles du président de la République et celles du gouvernement », a annoncé le président de la commission des lois, Philippe Bas (LR). Ses corapporteurs seront Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS), a-t-il précisé.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le musée compte sur le succès du clip tourné par le couple d’artistes américains pour déclencher des visites chez des jeunes éloignés de l’art classique.
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Avec Jay-Z et Beyoncé, « le Louvre devient une marque cool »

Le musée compte sur le succès du clip tourné par le couple d’artistes américains pour déclencher des visites chez des jeunes éloignés de l’art classique.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 16h04
    |

                            Simon Auffret








                        


Devant La Vierge au coussin vert, le regard d’Eline Decoste, 13 ans, navigue entre le tableau du peintre Solario et son téléphone, sur lequel est ouverte la description de l’œuvre entre deux paragraphes sur la Victoire de Samothrace et la Pietà de Rosso Fiorentino. « Ce sont des œuvres que j’ai pu apercevoir en cours, glisse la jeune fille, originaire de banlieue parisienne. Je ne sais pas toujours comment les interpréter, mais c’est bien de les voir en vrai. »

        L’analyse du clip :
         

          « La vidéo de Beyoncé et Jay-Z au Louvre renvoie à un défi des grands musées : faire parler de soi »



Au cours de cette matinée ensoleillée du mois de juillet, Eline visite pour la première fois le musée du Louvre. « Je pensais l’y emmener depuis longtemps, explique sa mère, Stéphanie Decoste, à ses côtés au milieu de la Grande Galerie. Après avoir vu le clip de Beyoncé et Jay-Z, on s’est dit que c’était l’occasion. »
Pendant une heure et demie, elles vont suivre un guide mis en ligne par le musée répertoriant les dix-sept œuvres utilisées comme références par le duo, sous leur nom The Carters, dans le clip du morceau APES***T, issu de leur album Everything is Love.

Tourné pendant deux nuits dans l’enceinte du Louvre, il laisse à voir plusieurs tableaux majeurs de la collection permanente – La Joconde de De Vinci, Les Noces de Cana de Véronèse, Le Sacre de Napoléon de Jacques-Louis David – et des œuvres moins connues du grand public – L’Officier de chasseurs à cheval de Géricault, la statue d’Hermès rattachant sa sandale, le Portrait d’une femme noire, de Marie-Guillemine Benoist.
« Des partenariats qui ont du sens »
Pour le musée, l’opération est déjà un succès : depuis sa sortie le 16 juin, le clip a été vu par plus de 80 millions de personnes. « On essaie de trouver des partenariats qui ont du sens », affirme Anne-Laure Béatrix, directrice des relations extérieure du Louvre, qui veut exploiter cette visibilité pour toucher un public considéré comme éloigné de l’art classique, peu à même de faire la démarche d’une visite dans un musée comme celui-ci.
Une telle espérance – les conséquences sur la billetterie sont difficilement mesurables pour l’instant, selon le Louvre – est inédite : également tournés dans le musée, le clip de will.i.am Mona Lisa ou le film Da Vinci Code n’avaient pas suscité le même engouement de la part du public.
« Il y a une étincelle qui s’opère chez les jeunes quand on les accroche en utilisant cette référence, appuie Pierre-Hadrien Poulouin, médiateur du musée. Le Louvre devient une marque cool, où il peut se passer des trucs intéressants. »

   


En animant un atelier avec les adolescents d’un service de pédopsychiatrie de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), Pierre-Hadrien Poulouin a vu « leur capacité d’attention battre des records : on a passé deux heures dans le musée, et ils en voulaient encore ». Les artistes deviennent le lien entre deux mondes culturels, « créant une curiosité autour des œuvres », selon le médiateur, qui devrait réitérer l’expérience dans un partenariat avec les écoles de la deuxième chance – destinées aux jeunes de moins de 26 ans, sans diplôme ni qualification professionnelle – dès la rentrée prochaine.
Lors d’une visite avec la maison d’arrêt d’Osny (Val-d’Oise), « un groupe de jeunes détenus s’est arrêté devant la Victoire de Samothrace », raconte également Anne-Laure Béatrix pour montrer la diffusion de l’œuvre permise par le clip. « Ils ont pris des photos en reproduisant la pose prise par les danseurs autour de Jay-Z et Beyoncé. »
« Le regard de cette femme, on ne l’oublie pas »
« La qualité du travail qu’ils ont produit fait que le musée n’est pas simplement un décor, mais s’intègre dans le contenu même du clip », continue Anne-Laure Béatrix. Dans la vidéo de six minutes, les deux stars américaines mettent en scène leur immense réussite sociale et artistique, composent autour des œuvres un message de revendication des droits des Afro-Américains, font se croiser les codes les plus récents du hip hop avec ceux d’un art multiséculaire. « Au-delà du symbole, leur vidéo nous permet de travailler sur la représentation du pouvoir par l’image », autant dans les œuvres que par la forme prise par le clip, constate Pierre-Hadrien Poulouin.

        Comment Beyoncé et Jay-Z
         

          mettent en avant la fierté noire au Louvre



C’est ce que cherche à comprendre Sofia, 23 ans. « Je suis déjà venue au Louvre, mais certaines œuvres du clip m’ont interpellée », explique la Parisienne en observant le dernier tableau du parcours : Le Portrait d’une femme noire, de Marie-Guillemine Benoist. Peint par une femme en 1800, incarnant pour l’une des premières fois une femme noire en dehors d’une représentation de l’esclavage, le tableau s’inscrit au centre du message porté par The Carters et constitue l’avant-dernière image du clip.
« Quand on a la chance d’avoir des ambassadeurs qui nous disent de regarder ces œuvres, tout d’un coup, le regard de cette femme, on ne l’oublie pas », appuie Anne-Laure Béatrix. Le musée compte bien sur la mémoire de tous les fans de Jay-Z et Beyoncé pour qu’ils gardent, à leur tour, le Louvre en tête.

        Le clip d’APES**T, symptomatique d’une tendance :
         

          Quand le rap épate les galeries d’art






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le ministre de l’intérieur n’a pas dissipé le brouillard sur plusieurs points de l’affaire qui restent obscurs.
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Affaire Benalla : les six failles des réponses de Gérard Collomb

Le ministre de l’intérieur n’a pas dissipé le brouillard sur plusieurs points de l’affaire qui restent obscurs.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 18h13
    |

            Maxime Vaudano et 
Adrien Sénécat








                        


Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a tenté lundi 23 juillet de désamorcer les critiques dont fait l’objet le gouvernement dans la gestion de l’« affaire Benalla », lors de son audition par les députés devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. S’il s’est défendu de toute faute personnelle, le ministre de l’intérieur n’a pas dissipé le brouillard sur plusieurs points de l’affaire qui restent obscurs.
1. Gérard Collomb pouvait ignorer l’identité d’Alexandre Benalla, mais pas son entourage
M. Collomb a réfuté, lors de son audition, tout lien avec Alexandre Benalla. Il a certes reconnu l’avoir croisé à plusieurs reprises pendant la campagne présidentielle et depuis l’élection d’Emmanuel Macron, mais il a assuré qu’il ignorait ses fonctions : « J’ignorais sa qualité de conseiller du président de la République » avant le mois de mai, a-t-il dit aux députés.
Le chef de cabinet de Gérard Collomb, Jean-Marie Girier, ne peut pas en dire autant : il était lui-même directeur de campagne de M. Macron en 2017, à laquelle M. Benalla a activement participé. Des messages qui figurent dans les « MacronLeaks », issues du piratage de courriels personnels et professionnels de responsables d’En marche !, montrent des échanges entre eux. Le député communiste Stéphane Peu l’a d’ailleurs interpellé sur ce point, estimant que « les liens étaient forcément plus étroits » entre les deux hommes.
Le ministre a également reconnu qu’Alexandre Benalla avait formulé plusieurs demandes de port d’arme ces dernières années, dont l’une auprès de son cabinet, en juin 2017, qui lui a été refusée. « Toutefois, la préfecture de police lui a délivré une autorisation de port d’arme le 13 octobre 2017, sans que mes services aient été mis au courant », a-t-il ajouté.
2. Le ministre reconnaît en creux le flou qui entourait le rôle de M. Benalla
Gérard Collomb a assuré qu’il ne connaissait pas Alexandre Benalla personnellement, et qu’il pensait « qu’il faisait partie des services de police ». Ce n’est, selon lui, que le 2 mai, lorsque les violences de l’intéressé en marge de la manifestation du 1er Mai à Paris lui ont été signalées qu’il a découvert ses attributions à l’Elysée.
Avec cette déclaration, le ministre met un peu plus de distance encore entre M. Benalla et lui-même. Il souligne en revanche en creux que l’intéressé pouvait facilement passer pour un membre des forces de l’ordre — ce qu’il n’était pas —, y compris auprès du ministre de l’intérieur.
3. Plusieurs policiers sont restés passifs quand MM. Benalla et Crase sont intervenus
Lorsque la présidente de la commission, Yaël Braun-Pivet, lui a demandé comment il expliquait « l’absence de réactions des autres membres des forces de l’ordre » aux violences commises par MM. Benalla et Crase le 1er mai, la réponse de Gérard Collomb a été catégorique : « Tout simplement parce qu’elles-mêmes étaient occupées à gérer d’autres incidents. » Et d’ajouter :
« Comme vous l’avez [vu] dans la vidéo, l’action de M. Benalla était assez rapide. Le temps que les gens réalisent, les choses étaient terminées. »
Cette présentation des faits a de quoi surprendre. En effet, la première vidéo de la scène, qui a commencé à circuler le jour même des faits, montre que les faits ont duré près de deux minutes.
On y voit d’abord Vincent Crase, l’employé de la République en marche qui était lui aussi censé être présent en tant que simple observateur, saisir puis traîner un manifestant. Ce premier acte a duré environ quarante secondes, et l’homme était entouré de plusieurs policiers :

   


C’est là qu’intervient Alexandre Benalla, pendant environ quarante secondes supplémentaires, sans qu’un seul des policiers présents autour de lui s’interpose. Un certain nombre d’entre eux n’étaient, sur le moment, pourtant pas affairés.

   


4. La « police des polices » aurait pu être saisie avant la parution de l’article du « Monde »
Plusieurs députés se sont étonnés que Gérard Collomb n’ait saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », que le 19 juillet. Le ministre de l’intérieur a en effet attendu que l’affaire eût été rendue publique par Le Monde pour le faire, alors qu’il avait connaissance des faits depuis plus de deux mois.
« Ce n’est qu’après la parution, le 18 juillet, d’un article dans Le Monde apportant des éléments nouveaux et la découverte de nouvelles images où M. Benalla est équipé d’un brassard siglé police et doté d’une radio que je considère qu’il est nécessaire d’en savoir plus », s’est justifié M. Collomb devant la commission parlementaire.
Cet argumentaire peut paraître étonnant, car l’enquête du Monde a révélé des faits déjà connus par Gérard Collomb depuis le 2 mai. Certes, le ministre n’avait peut-être pas encore pris connaissance des vidéos sur lesquelles on voit M. Benalla porter un brassard de police et une radio.
Mais il avait déjà vu les images montrant M. Benalla frappant un manifestant, avec un casque siglé de la police, alors que celui-ci n’était qu’un collaborateur de l’Elysée — le casque lui a été remis à des fins de protection, a dit le ministre, reconnaissant qu’il y avait là matière à réflexion tant cette pratique ouvre la porte à de possibles confusions. Il apparaissait également que des policiers présents sur place auraient pu s’interposer. Des éléments pouvant justifier la saisine de l’IGPN étaient donc déjà en possession du ministre le 2 mai.
5. Gérard Collomb a refusé de répondre à plusieurs questions précises, malgré les relances
Le ministre de l’intérieur dit s’être assuré dès le 2 mai que « tant le cabinet du président de la République que la préfecture de police avaient été destinataires de l’information de la vidéo mettant en cause M. Benalla. Il leur appartenait donc d’agir. »
Cette ligne de défense a néanmoins été fragilisée à plusieurs reprises par les questions des députés sur son niveau d’information exact avant, pendant et au lendemain des faits. L’ancien maire de Lyon a dès lors choisi de ne pas donner suite à certaines questions, malgré l’insistance des parlementaires. Il n’a par exemple jamais souhaité préciser quelles vidéos il avait visionnées et à quels moments il avait pu les consulter. Pas plus qu’il n’a indiqué à quel moment précis et comment il avait été informé du fait qu’Alexandre Benalla avait arboré un brassard de policier lors du 1er Mai.
Gérard Collomb a également refusé de commenter le rôle de Philippe Mizerski, un membre de l’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui était chargé d’encadrer M. Benalla le jour de la manifestation. Cet homme, qui apparaît lui aussi dans les vidéos, mais qui ne s’interpose pas, ne pouvait ignorer l’identité de M. Benalla.
Enfin, le ministre n’a pas souhaité commenter les liens entre son directeur de cabinet, Jean-Marie Girier, et M. Benalla, tous deux impliqués dans la campagne d’Emmanuel Macron.
6. L’article 40 du code de procédure pénale ne se limite pas aux liens hiérarchiques
Gérard Collomb s’est défendu d’avoir failli à ses responsabilités en ne signalant pas directement l’affaire à la justice. Selon l’article 40 du code de procédure pénale, « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
Mais le ministre a fait valoir qu’il ne lui appartient pas de transmettre un dossier au procureur, déclarant s’inscrire « dans la lignée de [ses] prédécesseurs qui ne l’ont pour la plupart utilisé que pour des délits relatifs à la loi de 1881 sur la liberté de la presse », estimant qu’il appartient à son administration de le faire.
« A qui revenait l’obligation de déclencher l’article 40 ? », lui a demandé Hervé Saulignac, député socialiste de l’Ardèche. « Je vous ai lu l’ensemble de la jurisprudence établie par mes prédécesseurs : ce n’est pas le genre de problématique traitée par le ministre de l’intérieur », a alors répondu Gérard Collomb, selon qui la décision appartient « aux autorités directement supérieures à l’intéressé ».
Une déclaration pour le moins surprenante : la loi ne fixe aucune exigence en la matière. Dans l’esprit, ce texte vise au contraire à encourager le signalement de faits dont les agents publics ont pris connaissance dans l’exercice de leurs fonctions, quand bien même ils ne concernent pas des subordonnés.


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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le ministre de l’intérieur s’est défendu, lundi matin, de toute faute personnelle, renvoyant la responsabilité d’éventuels manquements au préfet de police et au cabinet d’Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : les cinq éléments-clés de l’audition de Collomb à l’Assemblée

Le ministre de l’intérieur s’est défendu, lundi matin, de toute faute personnelle, renvoyant la responsabilité d’éventuels manquements au préfet de police et au cabinet d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h33
    |

                            Le Monde.fr








                        



Dans le cadre de l’« affaire Benalla », ce proche collaborateur du président de la République, auteur de violences filmées visant deux manifestants, en marge du défilé du 1er-Mai, place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a été auditionné, lundi 23 juillet dans la matinée, par la commission des lois de l’Assemblée nationale, constituée pour l’occasion en commission d’enquête.

        Lire :
         

          « Le Monde » identifie, sur une vidéo, un collaborateur de Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris



Alexandre Benalla a été mis en examen ce week-end, de même que quatre autres personnes, dont trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi et suspectés d’avoir transmis à M. Benalla une vidéo captée par des caméras de vidéosurveillance le jour des faits.
Retour sur les éléments forts de l’audition de M. Collomb qui a duré deux heures et demie.
Quand et comment le ministre de l’intérieur est-il mis au courant des faits ?
M. Collomb assure avoir été mis au courant des faits par le truchement de son directeur de cabinet et de son chef de cabinet, le 2 mai, en début d’après-midi, au lendemain de la manifestation du 1er-Mai.
« Ils m’informent de l’existence d’une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe, de l’implication de M. Benalla dans ces faits et de la qualité de celui-ci. Ils m’indiquent s’être entretenus avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République, ce qui est une démarche tout à fait appropriée, puisque c’est à l’autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s’imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire. »
La veille, Gérard Collomb et Alexandre Benalla étaient tous deux dans la salle de commandement. Interrogé sur l’accolade qu’il aurait donnée à M. Benalla, Gérard Collomb affirme qu’il l’a « sans doute salué ». « J’ai coutume d’être urbain », affirme-t-il.

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Pourquoi n’a-t-il engagé aucune action après avoir eu connaissance des faits ?
M. Collomb explique ne plus s’être occupé des exactions commises par M. Benalla après en avoir été informé, ce dernier ne faisant pas partie des « effectifs placés sous son autorité ».
M. Collomb a également tenu à justifier le lancement très tardif de l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) en mettant en cause la préfecture de police et l’Elysée. « Je vous rappelle que, comme je vous l’ai indiqué, je m’étais assuré le 2 mai que tant le cabinet du président de la République que la préfecture de police avaient été destinataires de l’information de la vidéo mettant en cause M. Benalla. Il leur appartenait donc d’agir. C’est la règle pour tous les manquements », a rappelé M. Collomb.
Il a précisé avoir demandé à son directeur de cabinet de saisir l’IGPN le 19 juillet, au lendemain de l’article du Monde révélant l’affaire. Toutefois, M. Collomb a reconnu que l’IGPN avait eu connaissance de la vidéo dès le 3 mai à travers sa plate-forme de signalement, mais qu’elle n’a pas donné de suite. 
« Le chef adjoint de l’IGPN a informé mon cabinet qu’un internaute avait signalé anonymement la vidéo à la plate-forme de l’IGPN. L’opérateur de l’IGPN n’avait pas estimé les conditions réunies pour l’ouverture d’une enquête », a affirmé M. Collomb.

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Pourquoi n’a-t-il pas alerté l’autorité judiciaire ?
M. Collomb a été accusé, entre autres par le député PCF Stéphane Peu, d’avoir failli à ses responsabilités en n’alertant pas immédiatement l’autorité judiciaire, après avoir eu connaissance des faits de violence.
Selon l’article 40 du code de procédure pénale, cité par le député, « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».
M. Collomb a répondu en affirmant qu’il n’appartient pas au ministère de l’intérieur de transmettre un dossier au procureur, sur le fondement de l’article 40, à chaque fois qu’il a connaissance d’une infraction pénale. « Ce n’est pas mon rôle de saisir individuellement chaque procureur », a déclaré M. Collomb.

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Que savait-il du rôle de M. Benalla ?
« Quelles étaient, à votre connaissance, les fonctions de M. Benalla en ce 1er-Mai ? », a interrogé le député Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé, corapporteur de la commission d’enquête. « Je n’en savais strictement rien, monsieur le député », a répondu le ministre de l’intérieur.
M. Collomb a par ailleurs affirmé ne pas savoir « qui avait invité » Alexandre Benalla et Vincent Crase – un gendarme réserviste, par ailleurs employé de la République en marche, également mis en examen dans cette affaire – à venir théoriquement en observateurs sur la manifestation du 1er-Mai.
« Je n’en sais rien. Le préfet de police devait être au courant, en tout cas je le pense, il faudra lui poser la question. Le chef d’état-major était au courant qu’ils devaient participer », a expliqué M. Collomb. Qui a ajouté que si M. Benalla avait été « accueilli le matin du 1er mai » et qu’il lui avait « été remis un casque, selon l’IGPN », « ni le brassard ni le poste de radio ne lui ont été remis à cette occasion ». M. Collomb a affirmé ne pas avoir été directement en présence de M. Benalla le 1er mai au soir, dans la salle de commandement de la préfecture de police de Paris. 
Interrogé sur le fait que M. Benalla dispose d’un port d’arme, M. Collomb a précisé que « M. Benalla a sollicité à plusieurs reprises les services du ministère de l’Intérieur pour obtenir une autorisation de port d’arme, la première fois en 2013, en janvier 2017 – donc avec mes prédécesseurs – et enfin en juin 2017 auprès de mon cabinet. » Le ministre a assuré que toutes ces demandes avaient été refusées, car « M. Benalla ne remplissait pas les conditions requises, l’exposition à des risques exceptionnels d’atteinte à sa vie, pour se voir délivrer une telle autorisation ministérielle ».
M. Collomb a expliqué qu’Alexandre Benalla s’était vu délivrer une autorisation de port d’arme sans que son cabinet en soit avisé, par un arrêté du préfet de police du 13 octobre 2017. « Je l’ai découvert mercredi dernier [18 juillet] », a assuré Gérard Collomb.

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S’est-il entretenu de l’« affaire Benalla » avec M. Macron ?
M. Collomb a affirmé ne jamais avoir évoqué cette affaire avec le président de la République au cours des dernières semaines. « Nous avons des ordres du jour très précis », a-t-il souligné.
Un peu plus tard au cours de l’audition, il a précisé n’avoir jamais évoqué « le problème de M. Benalla » avec le président de la République avant le 14 juillet. Le ministre de l’intérieur a également affirmé avoir parlé de l’affaire Benalla « le moins possible » avec le président de la République dimanche 22 juillet, lors d’une réunion sur convocation à l’Elysée.
Il a assuré que M. Macron s’était surtout montré « préoccupé par la réforme constitutionnelle », déclenchant l’hilarité de la salle.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a été auditionné par la commission d’enquête parlementaire dans le cadre de l’affaire Benalla, lundi 23 juillet. Le résumé en images.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le ministre de l’intérieur et le préfet de police de Paris sont auditionnés par la commission d’enquête parlementaire.
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Collomb, Delpuech, Strzoda : les trois protagonistes au cœur de l’affaire Benalla

Le ministre de l’intérieur et le préfet de police de Paris sont auditionnés par la commission d’enquête parlementaire.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h34
    |

            Béatrice Jérôme, 
                                Antoine Albertini (Bastia, correspondant), 
Bertrand Bissuel et 
                                Astrid de Villaines








                        



Du ministère de l’intérieur, à la Préfecture de police et l’Elysée, les dysfonctionnements ont jalonné l’affaire Benalla. La commission d’enquête parlementaire a déjà commencé les auditions.

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Gérard Collomb, ministre de l’intérieur
Il est en première ligne. Gérard Collomb, ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et numéro deux du gouvernement, a été le premier à être auditionné lundi 22 juillet par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour tenter de « faire toute la lumière sur les événements du 1er-Mai ». Selon France Inter, M. Collomb savait « dès le 2 mai » qu’Alexandre Benalla s’en était pris la veille à des manifestants. Il aurait pu actionner l’article 40 du code de procédure pénale pour que la justice se saisisse mais ne l’a pas fait. Benoît Hamon réclame sa démission, et Jean-Luc Mélenchon n’a aucun doute sur le fait qu’il quitte le gouvernement.
Homme fort de la Macronie, l’ancien socialiste a été l’un des premiers à soutenir Emmanuel Macron, dès la fondation de son mouvement en 2016. Figure de « l’ancien monde », l’ex-baron local a été député du Rhône pendant tout le premier septennat de François Mitterrand, puis sénateur de 1999 à 2017, maire de Lyon de 2001 à 2017, et, enfin, président de la métropole de Lyon de 2015 à 2017. En 2013, il fonde le « pôle des réformateurs », l’aile droite du Parti socialiste.
A 71 ans, le ministre a porté le projet de loi controversé asile et immigration en avril, qui a fait polémique jusque dans les rangs de la majorité. La « circulaire Collomb » adoptée en décembre 2017 avait déjà scandalisé les associations d’aides aux réfugiés qui dénonçaient « le tri des migrants ». Ses déclarations sur les réfugiés « qui font un peu de benchmarking » ou sur les « régions submergées par les flux de demandeurs d’asile » lors de l’examen du texte avaient également suscité un tollé. Malgré quelques concessions à l’aile gauche de La République en marche, il est alors indéfectiblement soutenu par Emmanuel Macron.
Accusé d’avoir « menti » devant le Sénat jeudi 19 juillet en ne faisant pas mention de sa connaissance du dossier, Gérard Collomb doit désormais s’expliquer, cinq jours après les révélations du Monde sur l’affaire Benalla. Son agrégation de lettres classiques devrait l’aider à trouver les mots.
Michel Delpuech, préfet de police de Paris
Que savait Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, de la présence d’Alexandre Benalla, le 1er mai, au côté des 1 500 policiers et gendarmes déployés dans la capitale ? Pouvait-il se douter que le garde du corps d’Emmanuel Macron porterait un casque de policier, au moment de passer à tabac deux jeunes manifestants dans le 5e arrondissement ?
Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale qui devait l’auditionner, lundi 23 juillet, M. Delpuech aura à s’expliquer sur l’usurpation d’identité policière de M. Benalla, et sur les complicités de ce chargé de mission à l’Elysée avec certains officiers hauts gradés à la Préfecture.
Nul doute qu’il veillera à montrer sa loyauté envers Gérard Collomb. Avant d’être nommé préfet de police à Paris en mars 2017, M. Delpuech était préfet du Rhône et de la région Rhône-Alpes. Il a travaillé avec M. Collomb, alors maire (PS) de Lyon, de 2015 à 2017. « La loyauté envers les élus, c’est l’ADN d’un préfet, et de votre interlocuteur en particulier, il me semble, confiait-il début juillet. Mon parcours en témoigne, sinon je ne serais pas là. »
Sous le quinquennat de François Hollande, en juillet 2012, M. Delpuech est devenu préfet d’Aquitaine, puis de Rhône-Alpes en 2015, et d’Ile-de-France en février 2017. En mars, il a dû remplacer au pied levé le préfet de police de la capitale, Michel Cadot, victime d’un accident de vélo.
« J’ai découvert cette maison il y a une vingtaine d’années », confie ce natif d’Aurillac, âgé de 65 ans. Sous Jacques Chirac, M. Delpuech a été directeur de cabinet des préfets de police Philippe Massoni puis Jean-Paul Proust (1999-2003). Haut fonctionnaire rompu aux arcanes préfectoraux, il connaît bien les rouages de la machine gouvernementale. Il fut directeur du cabinet de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur (2007-2009) de Nicolas Sarkozy.
Patrick Strzoda, directeur du cabinet de Macron
C’est lui qui a mis à pied pendant quinze jours Alexandre Benalla. Directeur du cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda se retrouve, à 66 ans, embarqué dans une affaire d’Etat, alors qu’il doit prendre sa retraite à l’automne, à l’issue d’une carrière de préfet qui était synonyme de réussite, jusqu’à présent. Originaire d’Alsace, M. Strzoda passe l’ENA au milieu des années 1980 et intègre la préfectorale. Durant son parcours de haut fonctionnaire, il effectue quelques pas de côté, devenant secrétaire général du comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Albertville en 1992 puis, plusieurs années plus tard, directeur des services du conseil général de Savoie (2005-2007) – une collectivité contrôlée par la droite.
De retour dans son administration d’origine, il ne cesse d’acquérir du galon et enchaîne les postes sensibles. Préfet de Corse de 2011 à 2013, ses interlocuteurs voient en lui un « gros travailleur », « ouvert », qui a vite saisi les « subtilités locales ». « Il aurait pu nous mépriser puisque nous étions à l’époque dans l’opposition, cela n’a pas été le cas », se souvient un élu nationaliste.
A la préfecture de Bretagne (2013-2016), il gère le mouvement des « bonnets rouges » avant d’être enrôlé, en 2016, par Bernard Cazeneuve en qualité de directeur du cabinet, au ministère de l’intérieur, puis à Matignon. Dans les derniers jours du quinquennat de François Hollande, il est nommé préfet d’Ile-de-France – la fonction la plus prestigieuse de son corps – mais M. Macron, sitôt élu, l’embauche à l’Elysée.
La plupart de ses pairs sont intarissables sur sa « droiture » sa « rigueur », sa « totale loyauté » mais certains le jugent dur et dans le dossier de projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il avait la réputation d’être partisan d’une très grande fermeté. L’affaire Benalla « ne lui ressemble pas », confie un préfet.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ De la Préfecture de police à l’Elysée, les dysfonctionnements ont jalonné l’affaire Benalla. La justice et la commission d’enquête devront établir les responsabilités
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Affaire Benalla : les failles de la chaîne de commandement

De la Préfecture de police à l’Elysée, les dysfonctionnements ont jalonné l’affaire Benalla. La justice et la commission d’enquête devront établir les responsabilités



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h34
    |

            Yves Bordenave








                        



                                


                            

Après plusieurs jours de mutisme, le président de la République en a convenu, dimanche 22 juillet, lors d’une réunion auprès de quelques ministres, notamment Edouard Philippe : selon ses mots, l’affaire Benalla révèle « des dysfonctionnements manifestes à l’Elysée ». De là à admettre des défaillances dans la chaîne de commandement qui relaie normalement les divers services et administrations de l’Etat chargés de la sécurité, il n’y a qu’un pas. Au vu des faits actuellement consignés dans ce dossier, les trois institutions qui concentrent les plus importants pouvoirs de police au sein de l’Etat ont commis des ratés en s’affranchissant sciemment des obligations auxquelles la loi les contraint.

L’Elysée
Moins de vingt-quatre heures se sont écoulées entre le 1er et le 2 mai, avant que les plus hauts responsables de l’Etat ne soient alertés qu’un membre du cabinet de la présidence de la République avait été filmé dans la soirée du 1er mai place de la Contrescarpe à Paris, en train de molester un jeune homme et de brutaliser une jeune femme. L’incident s’est produit aux alentours de 20 heures. Dans la journée du 2 mai, un « collaborateur » du palais de l’Elysée informe Patrick Strzoda, directeur du cabinet du président de la République, qu’Alexandre Benalla, proche d’Emmanuel Macron, chargé de mission à l’Elysée, apparaît dans une vidéo tournée la veille.

« Je suis avisé par un collaborateur que M. Benalla a été vu sur le terrain en train de participer à des opérations de maintien de l’ordre. J’ai vu les vidéos, je l’ai convoqué le jour même, je lui ai demandé de s’expliquer et je lui ai dit qu’il avait eu un comportement inacceptable », assure M. Strzoda. Les images qui sont présentées au haut fonctionnaire ne laissent guère de doute : M. Benalla s’en prend violemment à un jeune homme. Même s’il est vêtu d’une parka noire et protégé par un casque de CRS, visière baissée,...




                        

                        


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Affaire Benalla : après des jours de silence, Macron organise la riposte

Le chef de l’Etat a fait savoir qu’il y a eu des « dysfonctionnements » au sein de l’Elysée.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h33
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            

Il avait prévu de passer tout le week-end à la résidence de La Lanterne. Les ravages de l’affaire Benalla, du nom de son désormais ex-collaborateur qui a molesté un jeune homme et une jeune femme le 1er mai, ont contraint Emmanuel Macron à modifier ses plans. Après quelques jours durant lesquels il s’est muré dans le silence, le président est désormais à la manœuvre pour essayer de sortir d’une crise qui a bloqué la machine parlementaire et ébranlé la Macronie.

Dimanche 22 juillet dans la soirée, il a réuni à l’Elysée le premier ministre, Edouard Philippe, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, et le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, qui est aussi le délégué général de La République en marche (LRM). La veille, les quatre hommes avaient déjeuné avec le chef de l’Etat au palais, déjeuner auquel participait également la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
Le président a, selon un participant à la réunion de dimanche soir, condamné le « comportement choquant et inacceptable » de l’ex-adjoint au chef de cabinet à l’Elysée. C’est la première fois, depuis que Le Monde a révélé l’affaire, mercredi 18 juillet dans la soirée, qu’Emmanuel Macron s’exprime sur le sujet et le fait savoir. S’il n’a pas encore prévu de parler – « il le fera quand il jugera bon de le faire », résume-t-on dans son entourage –, il ne l’exclut plus. « C’est comme ce qui s’était passé après le soir du premier tour. Il y a eu La Rotonde, la campagne a cafouillé, il était absent, cela a duré une semaine, puis il est reparti », rappelle l’un de ses proches, qui se dit confiant dans la riposte présidentielle.
« Transparence et probité »
Le chef de l’Etat a aussi rappelé à ses interlocuteurs, dimanche, qu’il n’y avait d’« impunité » pour personne et que trois enquêtes – judiciaire, administrative et parlementaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Quelque 400 migrants, installés depuis plus d’un mois dans un square du centre-ville, ont été évacués lundi matin.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Evacuation d’un campement de migrants en plein centre-ville de Nantes

Quelque 400 migrants, installés depuis plus d’un mois dans un square du centre-ville, ont été évacués lundi matin.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h49
   





                        


Un campement de plusieurs centaines de migrants, installé depuis plus d’un mois dans un square du centre-ville de Nantes, a été évacué au matin du lundi 23 juillet par les forces de l’ordre. L’opération a débuté dans le calme aux alentours de 8 h 30 sur ce campement du square Daviais, situé en plein cœur de Nantes, où étaient recensées jusqu’à 400 personnes.
« L’objectif de cette expulsion est de mettre fin à une situation présentant des risques élevés pour la santé et la salubrité publiques », a souligné dans un communiqué la préfecture de Loire-Atlantique, qui avait demandé en urgence l’évacuation de ce campement.
Une évacuation dans le calme
Des bulletins en français, anglais et arabe ont été distribués aux personnes migrantes – originaires essentiellement du Soudan et d’Erythrée –, les invitant à se rendre dans un guichet unique d’accueil temporaire, pour y faire examiner leur situation par les services de l’Etat. Les occupants du square ont été conduits vers la salle de la ville où est installé ce guichet.

Le document remis ce lundi matin aux migrants du square Daviais a #Nantes. https://t.co/rngiKBKw4a— DIRECTPO (@DIRECTPO)


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Il y a encore une heure c’étaient les tentes de Michael, Tekie et Kemal... #squareDaviais #Nantes https://t.co/CKUilDFOTN— delabuche (@Marion DUBOIS)


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La mairie avait refusé il y a une semaine de demander l’évacuation, estimant que l’accueil des migrants devait être « digne et organisé » et annonçant qu’elle se mobilisait « aux côtés de celles et ceux qui cherchent des solutions ».
Saisi par la préfecture de Loire-Atlantique après le refus de la ville, le tribunal administratif de Nantes avait ordonné mercredi 18 juillet l’évacuation « sans délai » de ce campement, où s’étaient réfugiées dans plus de 280 tentes des mineurs isolés, des femmes isolées avec des bébés et une famille.
De mauvaises conditions de salubrité
« Les conditions de santé et de salubrité publique restent particulièrement dégradées sur le site », avait estimé le juge des référés de la juridiction administrative, s’inquiétant notamment du « petit espace » où les personnes migrantes « n’ont accès, en pleine chaleur, qu’à un seul point d’eau et un seul sanitaire ».
« On les invite à aller dans un lieu, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde », a déploré, lundi après l’évacuation, un membre d’un collectif de soutien aux migrants.
La préfecture a promis la mise à l’abri des « personnes les plus vulnérables » et celle des demandeurs d’asile « dans la limite des places disponibles ». Elle a, par ailleurs, annoncé avoir mobilisé des places d’hébergement « sur l’ensemble du territoire national », le dispositif d’accueil « étant actuellement saturé en région Pays de la Loire ».
Selon les autorités, les demandes d’asile ont augmenté à Nantes de 28 % en un an, là où d’autres grandes villes ont enregistré des baisses.
La préfecture a annoncé que les migrants ne pouvant prétendre ni à l’asile ni au séjour, ou dont la demande d’asile relève d’un autre Etat membre de l’Union européenne seront « invités à quitter le territoire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Alexandre Benalla, Vincent Crase et trois policiers ont été mis en examen dimanche soir.
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édition abonné


Affaire Benalla : pour quelles raisons les cinq personnes ont-elles été mises en examen ?

Alexandre Benalla, Vincent Crase et trois policiers ont été mis en examen dimanche soir.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h34
    |

            Simon Piel, 
Soren Seelow et 
Julia Pascual








                        



                                


                            
Quatre jours après les révélations du Monde sur les violences commises par le « chargé de mission » d’Emmanuel Macron Alexandre Benalla, lors d’une manifestation le 1er mai, la justice a prononcé ses premières mises en examen à l’encontre de cinq personnes, dimanche 22 juillet. Les mis en cause, parmi lesquels figurent trois policiers, ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de se parler ou de contacter les victimes.
Après deux jours de garde à vue, M. Benalla a été mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues de la vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».
Les qualifications pénales retenues par le magistrat instructeur font référence aux coups portés par M. Benalla place de la Contrescarpe, à Paris, à deux manifestants, alors qu’il était présent comme « observateur ». Elles soulignent en outre qu’il disposait d’un matériel (radio, casque et brassard de police) pouvant abusivement faire croire en sa qualité de policier. La femme et l’homme frappés le 1er mai ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs.
La justice considère enfin qu’il existe des indices graves ou concordants permettant de penser que M. Benalla a demandé à ses contacts à la Préfecture de police de Paris (PP) de lui transmettre des extraits de vidéosurveillance après la révélation du scandale sur Le Monde, le 18 juillet au soir. Son contrôle judiciaire lui interdit d’exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir des armes et d’entrer en relation avec plusieurs protagonistes du dossier. Contactée, l’avocate de M. Benalla n’a pas répondu aux sollicitations du Monde.
Port prohibé d’arme
Un proche de M. Benalla, Vincent Crase, gendarme réserviste et employé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le ministre de l’intérieur puis le préfet de police de Paris ont été entendus par les députés pour déterminer leurs responsabilités présumées dans l’affaire Benalla.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le document diffusé ce week-end promet des sanctions contre Alexandre Benalla et Vincent Crase, tous deux réservistes.
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Affaire Benalla : la gendarmerie remet les pendules à l’heure dans une note interne

Le document diffusé ce week-end promet des sanctions contre Alexandre Benalla et Vincent Crase, tous deux réservistes.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 07h42
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 09h44
   





                        



   


Alors que l’affaire Benalla suscite l’émoi des forces de l’ordre, la gendarmerie a publié une mise au point et a promis des sanctions contre les deux réservistes mis en cause pour des violences le 1er mai à Paris.
Les vidéos montrant Alexandre Benalla, collaborateur d’Emmanuel Macron, et Vincent Crase, employé de La République en marche, frappant des manifestants alors qu’ils accompagnaient des policiers en tant qu’« observateurs », ont plongé l’exécutif dans la tourmente et créé des remous parmi les forces de l’ordre.
Alexandre Benalla et Vincent Crase, tous deux réservistes de la gendarmerie, « n’étaient pas employés en mission par la gendarmerie nationale lors des faits reprochés commis le 1er mai dernier », a précisé la direction de la gendarmerie dans une note interne diffusée ce week-end sur le réseau de communication Minotaur consacré aux réservistes.
La gendarmerie promet, dans cette note révélée par Le Parisien, « des conséquences disciplinaires et statutaires sur la qualité de réserviste » de ces deux hommes, actuellement entre les mains de la justice.
Tous deux civils au moment des faits
Alexandre Benalla « est engagé dans la réserve opérationnelle depuis 2009. Il n’a pas été employé depuis 2015 », précise le document. « En 2017, il a été radié à sa demande de la réserve opérationnelle, et a été intégré comme spécialiste expert pour apporter un éclairage sur la fonction protection. » Ce statut « ne permet pas d’être employé en dehors de son domaine de compétence, et exclut toute mission opérationnelle », souligne la gendarmerie.
Le grade de lieutenant-colonel d’Alexandre Benalla « lui a été conféré au titre de son niveau d’expertise et pour le seul exercice de sa mission ». « Il n’a jamais été employé par la gendarmerie nationale dans ce cadre », selon cette note.
Vincent Crase a, lui, intégré la réserve opérationnelle en 1996, au grade de chef d’escadron. « Il a effectué régulièrement des missions de formation et d’encadrement », dit cette note.
« Forte de 23 000 hommes et femmes, la réserve opérationnelle de la gendarmerie renforce l’action des unités d’active et les structures de commandement », selon le site Internet de la gendarmerie. Un réserviste opérationnel n’est militaire que lorsqu’il est convoqué. En dehors de ce cas précis il garde son statut de civil.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Depuis jeudi soir, les débats à l’Assemblée étaient bloqués par une succession de « rappels au règlement » et d’interruptions de séance liés à l’affaire Benalla.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/07/2018
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L’examen de la révision constitutionnelle ne reprendra pas avant la rentrée

Depuis jeudi soir, les débats à l’Assemblée étaient bloqués par une succession de « rappels au règlement » et d’interruptions de séance liés à l’affaire Benalla.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h31
    |

            Manon Rescan (avec Astrid de Villaines)








                        



   


Cette fois, ils lâchent. Lundi 23 juillet, après une conférence extraordinaire des présidents de groupe à l’Assemblée, Christophe Castaner, secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, a anoncé que l’examen de la révision constitutionnelle ne reprendrait qu’à la rentrée.
Une décision qui appelle plusieurs questions, pour le moment sans réponse : l’Assemblée pourra-t-elle commencer l’examen en deuxième lecture du projet de loi asile-immigration mercredi comme le prévoit l’ordre du jour ? Les hautes instances du Palais Bourbon doivent se pencher sur le sujet mardi. Et surtout, quand la révision constitutionnelle pourra-t-elle reprendre, vu l’agenda législatif déjà très chargé de la rentrée ? Une chose est sûre, ce dossier déjà très compliqué, car il nécessite l’accord du Sénat, vient de connaître un nouveau coup de frein.
L’annonce, dimanche en séance publique, de la suspension temporaire de l’examen du texte par la ministre de la justice, Nicole Belloubet, avait déjà sonné comme un coup de tonnerre. C’est ici, entre les murs du Palais-Bourbon, que la crise provoquée par l’affaire Benalla au sommet de l’Etat s’est propagée ces derniers jours. Sans relâche, pendant plus de soixante-douze heures, l’opposition y a réclamé des explications au gouvernement sur les faits révélés par Le Monde le 18 juillet. En vain. « Le premier ministre [Edouard Philippe], en refusant de venir, fait un bras d’honneur aux députés, à notre président, à tous les groupes, au Parlement ! », s’est encore indigné, dimanche matin, Christian Jacob, le patron du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée.
Les députés de droite comme de gauche sont fédérés dans une union de circonstance. Tour à tour, ils utilisent des outils de procédure. Une façon de paralyser les débats sur la révision constitutionnelle. Pas un amendement de ce texte, qui en compte 2 400, n’a pu être examiné depuis jeudi soir. Et nul ne sait désormais quand l’examen de ce texte phare du quinquennat pourra reprendre.
« Faire comme s’il ne se passait rien »
Face au blocage orchestré par l’opposition, l’exécutif a d’abord demandé aux députés de la majorité de tenir bon. « Il n’était pas question de donner l’impression de lâcher », confie une source parlementaire. Jeudi, l’apathie régnait au sein du groupe LRM, laissant le champ libre aux opposants. « Ils se sont construits en disant que les politiques d’avant étaient des pourris, qu’ils seraient différents, et ils se retrouvent du mauvais côté de la barrière », résume le centriste Jean-Christophe Lagarde (Union des démocrates et indépendants, Seine-Saint-Denis) pour expliquer leur malaise.
Vendredi, les députés présents se sont rebiffés et, équipés de « casques lourds », se sont lancés dans une « guerre de tranchées », selon l’expression entendue dans les couloirs. Richard Ferrand, le président du groupe majoritaire, a eu beau accuser l’opposition de chercher à « saboter cyniquement » la réforme parlementaire, sur laquelle les débats s’éternisaient déjà depuis plus d’une semaine, rien n’y a fait : le pilonnage a laminé l’agenda du gouvernement.
« Ils s’accrochent à une affaire judiciaire pour se faire entendre parce que, sur le fond de notre politique, ils sont aux abois ! », s’insurge le député Sacha Houlié (La République en marche, Vienne). Mais toute tentative de minimiser la crise est périlleuse. « Pendant que vous répétez et assénez des confusions entre les faits d’un homme et la mission d’un Hémicycle, le monde n’attend pas ! », a ainsi déclaré, dimanche, la députée (LRM) de l’Hérault Coralie Dubost, évoquant « la guerre commerciale de Trump [qui] perdure » et un « iceberg géant [qui] menace les côtes du Groenland ».

   


« On ne peut pas s’enfermer à l’Assemblée et faire comme s’il ne se passait rien ! », rétorque auprès du Monde Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche (socialiste) à l’Assemblée, réfutant tout procès en obstruction stérile. « Il était impossible de continuer l’examen du texte alors qu’il y a un lien plus qu’étroit entre la nature du débat et l’affaire », insiste le communiste Stéphane Peu (Seine-Saint-Denis). La révision constitutionnelle porte, il est vrai, un nom qui dissone dans le contexte actuel : « Pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace. »
Une nouvelle scène ubuesque
Cernée par les oppositions, la majorité n’a jamais repris l’ascendant. Elle a même rétropédalé sur la commission d’enquête, demandant d’abord des auditions à huis clos, puis acceptant leur publicité face au tollé.
Dans le flot de révélations sur Alexandre Benalla, l’Assemblée nationale a par ailleurs eu droit à son petit scoop, apporté, samedi, par Marc Le Fur, député (LR) des Côtes-d’Armor. Photo à l’appui, le vice-président de l’institution a prouvé que M. Benalla disposait d’un badge d’accès au Palais-Bourbon. Et pas n’importe lequel : un badge « H » comme « hémicycle », « le plus haut niveau qui soit », insiste M. Le Fur. Ce sésame est normalement réservé à des collaborateurs politiques, pas à des hommes chargés de la sécurité du président de la République. Ce dernier n’a d’ailleurs – au nom de la séparation des pouvoirs – pas droit de cité au Parlement. De quoi remettre de l’huile sur le feu d’une Assemblée déjà embrasée.
Une députée a particulièrement bien compris le parti qu’elle pourrait tirer de la confusion générale. D’abord invisible, Marine Le Pen a refait surface samedi, et provoqué dans la soirée une nouvelle scène ubuesque. Peu avant 19 heures, l’élue du Pas-de-Calais interpelle devant les caméras Christophe Castaner, qui s’entretient avec des journalistes dans la salle. Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement tente de lui répondre sur ses propres affaires. Les deux s’accusent sans vraiment se répondre sous l’œil des caméras.
« Ce n’est pas la séquence la plus réussie », concède un député LRM. M. Castaner n’est en effet pas apparu dans l’Hémicycle depuis le début de la crise. Tous les députés l’ont pourtant vu dans les couloirs de l’Assemblée et à la buvette. Vendredi après-midi, il est ainsi resté longuement assis avec Nicole Belloubet sur un coin de banquette dans un couloir en attendant la reprise de la séance. Deux ministres seuls dans la tourmente.

   


Pris à partie, M. Castaner s’est finalement expliqué dimanche sur son absence lors des débats. « Je n’ai pas souhaité donner du grain à moudre à ceux qui ont hystérisé les débats », s’est-il défendu sur Facebook, dans l’après-midi. Une défense pleine d’ambiguïtés. A-t-il voulu se protéger d’apostrophes concernant Vincent Crase ? Ce gendarme réserviste auquel l’Elysée faisait appel, présent le 1er mai avec M. Benalla, est aussi salarié de LRM dont M. Castaner est le patron.
Semaine pleine d’inconnues
Tout le week-end, la majorité s’est interrogée sur la pertinence de continuer à siéger, divisée entre ceux qui voulaient « tenir » et ceux n’en voyant pas l’intérêt. François de Rugy, le président de l’Assemblée nationale, voulait arrêter les frais.
Samedi, majorité et gouvernement décident que les travaux seront a priori suspendus dans la journée de dimanche, et que la séance du soir sera courte. M. de Rugy l’abrège, ouvrant la séance pour quelques secondes, le temps de la fermer aussitôt. S’ensuit un échange musclé avec Richard Ferrand et Marc Fesneau, le président du groupe MoDem, qui n’a pas été mis au courant de cette décision.
Dimanche midi, l’ajournement des débats a offert aux députés une brève pause avant de plonger dans une semaine explosive. Lundi, à 16 heures, devait débuter la nouvelle lecture du projet de loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel. Nul ne savait, dimanche, si le blocage perdurerait ni si le gouvernement maintiendrait, mercredi, la deuxième lecture du projet de loi « asile-immigration », avec Gérard Collomb au banc des ministres. Entre-temps, le ministre de l’intérieur devait être auditionné par la commission d’enquête parlementaire, de même que le préfet de police de Paris.
Les députés doivent encore se mettre d’accord sur la liste des autres personnes à auditionner. Au moindre désaccord, l’opposition sait désormais qu’elle a le pouvoir de bloquer l’institution. Plus personne n’ose aujourd’hui se projeter sur la suite de la semaine.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les sinistres dans les immeubles peuvent coûter cher aux copropriétaires. Les assureurs viennent de signer une convention pour faciliter leur indemnisation.
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Dégâts des eaux et incendies en copropriété : de nouvelles conditions d’indemnisation par les assurances

Les sinistres dans les immeubles peuvent coûter cher aux copropriétaires. Les assureurs viennent de signer une convention pour faciliter leur indemnisation.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h30
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Une baignoire qui déborde dans l’appartement du dessous, un départ de feu dans le local poubelle : les occasions de sinistres sont nombreuses dans les immeubles en copropriété. Et ils coûtent cher.
Entre 2016 et 2017, les montants des contrats d’assurance ont augmenté de 6,7 % en moyenne, selon l’Association des responsables de copropriété (ARC) alors que sur la même période l’ensemble des primes d’assurance en France n’augmentaient que de 3 %. « Cette situation est due au fait que l’assurance de l’immeuble est presque toujours amenée à intervenir si le sinistre cause des dommages immobiliers comme un parquet abîmé par exemple », explique Francis Bourriaud, PDG de Syndicalur, courtier en copropriété.
Rappelons qu’en copropriété, plusieurs assurances coexistent : chaque occupant de l’appartement, qu’il soit propriétaire ou locataire, est assuré pour son logement. Depuis la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) de 2014, le propriétaire bailleur doit aussi souscrire une assurance au cas où le logement serait vide. Enfin, la copropriété est elle-même assurée. La conséquence est que l’occupant peine à savoir à qui s’adresser en cas de sinistre.
Nouvelle convention
Afin de simplifier la situation, les assureurs ont signé une nouvelle convention d’Indemnisation et de recours des sinistres immeuble (Irsi). Elle est entrée en vigueur le 1er juin 2018 et remplace la convention Cidre (Convention d’indemnisation directe et de renonciation de recours en cas de dégâts des eaux). La convention Irsi sera testée pendant deux ans afin de voir si son fonctionnement permet une amélioration par rapport à la situation actuelle.

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Désormais, jusqu’à 1 600 euros hors taxe, c’est-à-dire la majorité des sinistres, les dommages sont pris en charge par l’assurance du logement sinistré et aucun recours ne sera mené contre l’assurance de l’auteur du sinistre.
Si la baignoire de votre voisin déborde endommageant votre salle de bain et le parquet de votre couloir, ce sera donc votre assurance habitation qui vous indemnisera. L’assurance de l’immeuble n’aura plus à intervenir, ce qui devrait permettre une diminution de la sinistralité de l’immeuble.
Formalités simplifiées
Pour des dégâts compris entre 1 600 à 5 000 euros hors taxe, l’assureur du local sinistré nomme un expert qui procède à une expertise pour le compte de tous les assureurs impliqués. Ensuite, en fonction du rapport de l’expert il exerce un recours contre l’assureur du responsable du sinistre. La victime du sinistre sera ensuite indemnisée sur la base de ce rapport mais avec un seul expert, les formalités devraient être plus rapides.

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Pour les logements loués : l’assureur du locataire prendra en charge les dégâts jusqu’à 1 600 euros hors taxe. Au-delà, l’assurance du bailleur assumera les dommages immobiliers comme le parquet, la moquette, jusqu’à 5 000 euros hors taxe. Les dommages aux meubles, aux embellissements réalisés par le locataire seront indemnisés par l’assurance du locataire.
Enfin, pour les dommages au-delà de 5 000 euros, c’est la convention CID-COP qui reste en place. Dans ce cas, les différentes assurances interviennent en fonction de la nature des dommages. Si vous vous trouvez dans ce cas-là, il faut contacter votre assureur pour connaître la marche à suivre.

Recherche de fuite : votre assurance paie
Il pleut chez vous mais vous ne savez pas d’où la fuite peut provenir ? Il faut appeler un plombier pour faire une recherche de fuite. Sachez que celles-ci sont prises en charge par votre assurance habitation.
Mais si la recherche est effectuée par le syndic ou un autre occupant de l’immeuble, l’assureur qui aura initié la recherche doit régler les frais. Un recours est cependant possible contre le responsable si le montant des dégâts est supérieur 1 600 euros HT.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Enquêtes judiciaire et parlementaire, travaux législatifs paralysés, président déstabilisé… retour sur une affaire sans précédent depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Les cinq jours qui ont fait de l’affaire Benalla un scandale d’Etat

Enquêtes judiciaire et parlementaire, travaux législatifs paralysés, président déstabilisé… retour sur une affaire sans précédent depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    23.07.2018 à 06h02
 • Mis à jour le
23.07.2018 à 17h34
   





                        



En cinq jours, les révélations du Monde sur l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron Alexandre Benalla ont bousculé les agendas politique et judiciaire. Alors que le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, doit être auditionné lundi 23 juillet à 10 heures par la commission des lois de l’Assemblée, constituée pour l’occasion en commission d’enquête, retour sur le déroulé des événements depuis mercredi.
18 juillet : l’identification
Après plusieurs semaines d’enquête, Le Monde révèle qu’Alexandre Benalla, un proche collaborateur du président de la République, est l’auteur de violences filmées visant deux manifestants, en marge du défilé du 1er-Mai, place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris.
Une vidéo, mise en ligne le 1er mai et largement partagée depuis, montrait un homme avec un casque tirer par le cou une jeune fille, puis revenir s’en prendre violemment à un jeune homme, déjà à terre, entouré par des CRS. Lorsque Le Monde l’identifie plus de deux mois après, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de la présidence, reconnaît avoir été informé à l’époque des actes de M. Benalla et avoir aussitôt prévenu le président de la République. Une sanction avait alors été prononcée : une mise à pied de quinze jours, avec suspension de salaire, ainsi qu’une rétrogradation de statut à un poste administratif. Des mesures trop clémentes, selon l’opposition, qui somme l’Elysée de donner des explications au plus vite.

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19 juillet : les enquêtes
Jeudi matin, l’Elysée finit par réagir par la voix de son porte-parole, Bruno Roger-Petit, qui, auprès de la presse, met l’accent sur les mesures prises, affirmant qu’elles constituent « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ». Un autre homme présent ce jour-là et également suspecté de violences, Vincent Crase, avait, lui aussi, été sanctionné : gendarme réserviste et salarié de La République en marche, il s’était alors vu notifier la « fin » de « toute collaboration entre lui et le président ».
Dans le même temps, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire sur les chefs de « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Une enquête est confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). En parallèle de l’enquête ouverte par le parquet de Paris, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, annonce avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN), afin de « déterminer dans quelles conditions » les deux hommes ont pu assister aux manifestations aux côtés des forces de l’ordre
Dans la soirée, trois responsables de la préfecture de police de Paris sont suspendus, suspectés d’avoir transmis à M. Benalla, le soir des révélations du Monde, une vidéo de la scène, captée par des caméras de vidéosurveillance.

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En déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron affiche, pour sa part, un silence résolu, se limitant à assurer que « la République est inaltérable », tandis qu’à l’Assemblée la confusion règne chez les députés LRM, face à une opposition qui dénonce « un scandale d’Etat » et un « climat d’impunité ».
Alors que les députés étaient en plein examen du projet de loi sur la révision constitutionnelle, plusieurs élus d’opposition, dont le communiste Sébastien Jumel ou encore le chef de file des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, réclament dans l’après-midi la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai dans la capitale.
Le soir même, les membres de la commission des lois décident de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête pour un mois afin de faire la lumière sur « les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er-Mai 2018 ».

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20 juillet : l’emballement
Après vingt-quatre heures de crise qui ont fait tanguer la Macronie, l’Elysée finit par céder à la pression et engage une procédure de licenciement à l’encontre de M. Benalla. Sans donner plus de détails, la présidence justifie cette décision par le fait que celui-ci, « aux fins de prouver son innocence, […] aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir ».
Dans la même journée, alors que MM. Benalla, Crase et les trois cadres de la préfecture sont placés en garde à vue, Le Monde révèle que l’ancien « M. Sécurité » du président de la République a déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans un logement de fonction, dans une dépendance de l’Elysée, quai Branly.
Supérieur hiérarchique de M. Benalla à l’Elysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, est par ailleurs entendu comme témoin ; c’est lui qui avait délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’« observateur » à la manifestation parisienne du 1er-Mai.

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Si l’enquête avance, les débats parlementaires sont, eux, paralysés par l’affaire. Les élus d’opposition réclament la suspension du débat constitutionnel, les députés de La France insoumise proposent à tous les parlementaires de déposer ensemble une motion de censure du gouvernement quand d’autres encore accusent Gérard Collomb de « mensonges », demandant que le ministre de l’intérieur, voire le premier ministre, vienne s’expliquer devant les élus. Après son homologue de l’Assemblée, la commission des lois du Sénat décide à son tour de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de six mois.
21-22 juillet : la paralysie
Samedi matin, tandis que les cinq gardes à vue sont prolongées, le domicile d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) de M. Benalla est perquisitionné. L’enquête est ensuite confiée à un juge d’instruction et les suspects sont tous mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Cinq chefs d’accusations sont retenus contre M. Benalla, dont ceux de violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail et d’immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique.
De leur côté, les deux victimes présumées présentes sur la vidéo, identifiées, ont fait savoir qu’elles acceptaient d’être entendues, mais ultérieurement.
Sur les bancs de l’Assemblée, où l’examen de la réforme constitutionnelle ne cesse d’être perturbé, des députés d’opposition demandent des explications après avoir découvert qu’Alexandre Benalla disposait d’un badge d’accès à l’hémicycle depuis le 24 juillet 2017. Face à l’impossibilité de poursuivre les débats sereinement, le président de l’Assemblée, François de Rugy, annule la séance nocturne.

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Cinq jours après les premières révélations, l’affaire Benalla aura eu raison, du moins provisoirement, du projet de révision constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron : à la reprise de la séance, dimanche matin, le gouvernement suspend officiellement les travaux jusqu’à nouvel ordre, après un blocage inédit de l’Assemblée nationale.

22 juillet : la fin (relative) du silence
Une réunion s’est tenue à l’Elysée, dimanche 22 juillet dans la soirée, autour du chef de l’Etat. Emmanuel Macron avait convié le premier ministre Edouard Philippe, Gérard Collomb, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Grivaux et le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner.
Le président a, selon un participant à la réunion, clairement condamné le « comportement choquant et inacceptable » du désormais ex-adjoint au chef de cabinet à l’Elysée, Alexandre Benalla. Il a rappelé qu’il n’y avait d’« impunité » pour personne, pour des faits jugés « inacceptables », et que trois enquêtes étaient en cours (judiciaire, parlementaire et administrative).
Selon l’un de ses proches, M. Macron a par ailleurs parlé des « dysfonctionnements manifestes » de l’Elysée que cette affaire a révélés.
Il a annoncé à ses interlocuteurs avoir chargé son secrétaire général, Alexis Kohler (qui n’était pas à la réunion) de se pencher sur le sujet et de faire des propositions de réorganisation.
A en croire les participants à cette réunion, le président n’a pas détaillé de quels dysfonctionnements il s’agissait.
Il est apparu ces derniers jours que M. Benalla disposait d’une voiture de fonction, d’un appartement quai Branly, d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale.

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Enfin, le président qui s’était muré dans le silence sur l’affaire Benalla, n’exclut plus de s’exprimer sur le sujet. Il le fera « quand il jugera bon de le faire », commente un de ses proches.


Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.La préfecture de police de Paris se retrouve embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla.En cinq jours, l’affaire est devenue un scandale d’Etat : retrouvez le déroulement des événements dans l’ordre chronologique.A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête a été mise en place et a auditionné le ministre de l’intérieur, qui s’est dédouané sur l’administration.Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été formellement suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée.Après des jours de silence, Emmanuel Macron a finalement commencé à organiser la riposte, près d’une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I estime lui que « l’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel ».





                            


                        

                        

