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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le lieu emblématique de Bobo-Dioulasso, disparu en 2003, ambitionne de rouvrir ses portes en 2019 grâce à un projet participatif de reconstruction.
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Reportage

Le Ciné Guimbi, salle mythique des cinéphiles burkinabés, renaît pas à pas

Le lieu emblématique de Bobo-Dioulasso, disparu en 2003, ambitionne de rouvrir ses portes en 2019 grâce à un projet participatif de reconstruction.

Par                Sophie Douce (Bobo-Dioulasso, Burkina Faso)



LE MONDE
              datetime="2018-07-22T17:30:34+02:00"

        Le 22.07.2018 à 17h30






    
Maquette du projet architectural du nouveau Ciné Guimbi de Bobo-Dioulasso, qui doit ouvrir en 2019.
Crédits : CINÉ GUIMBI


« J’habitais dans la cour d’à côté, il y avait une sacrée ambiance tous les soirs là-dedans. Il fallait voir ça, c’était un spectacle à la fois dans la salle et sur l’écran ! », s’exclame le réalisateur Gaston Kaboré. Un large sourire aux lèvres, le célèbre cinéaste, césar du Meilleur film francophone 1985 pour Wend Kuuni, se remémore l’emblématique Ciné Guimbi, celui de « sa jeunesse » dans le quartier populaire de Koko à Bobo-Dioulasso, dans le sud-ouest du pays. « Aller au Ciné Guimbi, c’était une aventure », se rappelle à son tour le monteur Kodini Sanou, qui ne serait pas « arrivé dans le milieu s’il n’y avait pas eu cette salle ».

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« C’est toute une partie de mon enfance qui se trouve là, on y allait en cachette. J’avais 10 ans quand j’ai vu mon premier film sur l’écran géant en plein air, j’étais fasciné. Ça parlait fort, les gens commentaient, s’interpellaient, ils insultaient même le projectionniste quand il y avait une coupure d’électricité ou que la bobine se cassait, c’était une ambiance de kermesse ! », décrit le Bobolais de 62 ans, qui a grandi dans le quartier.
Pendant longtemps, il n’est plus resté du vieux cinéma que le mur porteur de béton sur lequel étaient projetés les longs-métrages, dernier vestige de la salle mythique de l’aube des indépendances. Les bobines du Ciné Guimbi, qui porte le nom de la princesse emblématique de Bobo, Guimbi Ouattara, ont définitivement arrêté de tourner en 2003, après la faillite.
« A peine entré, on était déjà en sueur ! »
Plus de cinquante ans après l’ouverture du cinéma par « Monsieur Touré », difficile d’imaginer ici, sur le petit terrain vague poussiéreux du quartier, l’ambiance de l’époque : la « séance sacrée de 20 heures », les bagarres pour acheter un ticket, les vendeurs ambulants et le public turbulent agglutiné dans la petite cour.

    
Aujourd’hui, il ne reste plus du cinéma Guimbi que le vieux mur porteur en béton sur lequel étaient projetés les longs-métrages.
Crédits : CINÉ GUIMBI


Le lieu a inspiré des générations de cinéphiles, à l’image d’Idrissa Ouedraogo ou de « l’enfant du quartier » Gaston Kaboré, tous deux devenus pères du cinéma burkinabé. « Je n’avais pas assez pour acheter une place et les parents ne m’autorisaient pas y aller, alors, avec les amis, on grimpait dans le manguier de la cour de mon oncle pour regarder l’écran de loin. C’était fantastique de voir les grands westerns, les péplums et les films indiens, c’était pour nous une manière de fuir le quotidien et de nous évader », raconte le réalisateur bobolais Kollo Sanou, grande figure du septième art au Burkina Faso.

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« C’était la bataille pour avoir une place, les chemises se déchiraient, à peine entré, on était déjà en sueur ! Les soirées Bollywood faisaient salle comble. On ne comprenait rien à l’hindi et aux sous-titres en anglais, mais ça ne dérangeait personne. C’était là la magie du cinéma, on était émerveillé avec nos yeux d’enfants de voir ces films sur un si grand écran », se souvient le cinéaste Issiaka Konaté, lauréat du meilleur film documentaire au Fespaco en 1991. Fasciné, le jeune garçon eut même l’idée à l’époque de fabriquer un cinématographe avec une boîte en carton et une vieille ampoule pour organiser des projections pour « les amis du quartier » dans la cour familiale. Pour payer les 40 francs CFA (0,06 euro) de sa place au Guimbi, Kodini Sanou lui vendait des répliques, dessinées au crayon, des affiches des longs-métrages : Le train sifflera trois fois, Django… « Les gens adoraient décorer leur maison avec les posters des films qui passaient au Ciné », se rappelle-t-il, en riant.
Plus que 8 cinémas au pays du Fespaco
« Le Vieux Touré, comme on l’appelait, a ouvert le Ciné Guimbi en 1957. C’était un cinéphile, il voulait en faire un lieu de rencontre dans le quartier. A l’époque, les salles étaient toutes exploitées par des Européens, c’était la première fois que l’on avait un cinéma géré par un Africain pour les Africains », explique Bokar Fofana, exploitant de la salle de projection de 1996 à 2000. Nationalisé en 1970 par la Sonacib, le Guimbi a finalement dû mettre la clé sous la porte, après la liquidation judiciaire de la Société d’exploitation et de distribution cinématographique en 2003. A l’image du Guimbi, de nombreuses salles ont ainsi disparu au pays du Fespaco, le plus grand festival de cinéma africain.

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Sur la soixantaine d’établissements que comptait le Burkina Faso dans les années 1990, il n’en reste désormais plus que huit. « Beaucoup ont fermé en Afrique de l’Ouest à la fin des années 1990 et au début des années 2000 à cause de la politique d’ajustement structurel des institutions financières internationales, elles ont mis la pression sur les Etats africains pour qu’ils se débarrassent des entreprises jugées “non rentables”. Le cinéma faisait partie du lot », analyse Berni Goldblat, réalisateur et producteur helvético-burkinabé, également président de l’Association de soutien du cinéma au Burkina Faso. Sans compter l’arrivée des nouvelles technologies, Internet, téléviseurs et autres DVD pirates, qui ont mis un nouveau coup au marché des salles obscures.

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Redonner vie au cinéma
Bobo-Dioulasso, capitale culturelle et deuxième ville du pays, ne compte aujourd’hui plus aucun cinéma en fonction, tous tombés à l’abandon ou rachetés par des commerçants. Le Sya est devenu un magasin de motos, le ciné Houet un entrepôt et le Sanyon une salle polyvalente privée. Un constat amer qui a poussé Berni Goldblat à passer à l’action. Son ambition : redonner vie au cinéma de légende. « Tout est parti de cette frustration, nous voulions sauver le terrain. Alors nous avons approché les Touré pour leur proposer de racheter la salle en ruine, la famille, musulmane, ne voulait pas que l’on construise un hôtel ou une discothèque, après leur avoir présenté notre projet, ils nous ont donné le feu vert », détaille le réalisateur de Wallay.

    
Le futur Ciné Guimbi en construction dans le quartier populaire de Koko à Bobo-Dioulasso en 2018.
Crédits : CINÉ GUIMBI


En 2013, le chantier de reconstruction est lancé. Cette fois, le « nouveau Guimbi » verra plus grand : deux salles de projection, un restaurant, un centre de ressources, avec toit végétalisé et équipement solaire, imaginés par l’architecte français Jean-Marc Lalo. « Notre ambition est de faire de ce lieu un espace de rencontres, de rassemblement, d’éducation à l’image, d’expositions et de festivals », annonce le cinéaste. Coût total des travaux, soutenus par des fonds privés et une campagne de financement participative : 3 millions d’euros. Les travaux avancent lentement, au gré des donations privées. Une nouvelle campagne de récolte de fonds a été lancée début juin jusqu’à la mi-juillet afin d’achever la première phase du chantier. Pour l’inaugurer, quoi de mieux que les 50 ans du Fespaco en 2019 ? « Ça serait le rêve ! On va tout faire pour finir à temps », promet Berni Goldblat.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Ce collaborateur d’Akira Kurosawa avait 100 ans. Il avait aussi écrit pour Mikio Naruse et Masaki Kobayashi.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Mort de Shinobu Hashimoto scénariste de « Rashomon » et des « Sept Samouraïs »

Ce collaborateur d’Akira Kurosawa avait 100 ans. Il avait aussi écrit pour Mikio Naruse et Masaki Kobayashi.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 17h05
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Inconnu du grand public en dehors de son pays, le Japon, Shinobu Hashimoto était à l’origine de deux des œuvres qui ont le plus influencé le cinéma moderne, Rashomon et Les Sept Samouraïs, qu’il avait écrites avec leur réalisateur, Akira Kurosawa. Le scénariste, qui avait également travaillé avec Mikio Naruse et Masaki Kobayashi est mort le 19 juillet à Tokyo d’une pneumonie, il avait 100 ans.
Shinobu Hashimoto est né le 18 avril 1918 dans la préfecture de Hyogo. Comptable de formation, il est incorporé dans l’armée impériale en 1938. Il contracte la tuberculose et c’est pendant son séjour en sanatorium qu’il commence à s’intéresser au cinéma et à l’écriture, par le biais de revues. La paix revenue, il devient l’élève de Mansaku Itami, l’un des scénaristes les plus influents de l’industrie japonaise d’avant-guerre, tout en continuant à travailler comme comptable.
En 1948, il envoie à Akira Kurosawa, dont la gloire est ascendante, une adaptation de Dans un bosquet, une nouvelle de Ryonosuke Akutagawa. Le réalisateur la met de côté car il l’estime trop courte pour faire l’objet d’un long métrage. C’est en réfléchissant à la possibilité de porter à l’écran Rashomon, autre nouvelle d’Akutagawa, que Kurosawa se souvient du travail d’Hashimoto. Il le convoque (les deux hommes ont des souvenirs contradictoires de cette première rencontre, le scénariste se la rappelle très brève alors que le cinéaste raconte dans ses souvenirs qu’elle a duré « des heures ») et élabore avec lui le scénario de Rashomon.
La même histoire à travers différents regards
L’idée de raconter la même histoire à travers différents regards était assez révolutionnaire pour que Kurosawa fût obligé de l’expliquer en détail à son équipe qui n’avait pas compris le scénario. Ce qui n’empêcha pas le film, sorti en 1951, d’être un succès mondial, de remporter le Lion d’or à Venise et l’Oscar du film en langue étrangère, et d’établir à la fois la réputation de Kurosawa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Alain Delon en six films cultes (1/6) Tourné en Italie, en août 1959, le film de René Clément, d’après le roman de Patricia Highsmith, est le long métrage ou l’acteur de 23 ans, peu connu jusqu’alors, devient une icône. Il incarne Tom Ripley et irradie de beauté. La beauté du diable.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour d’Erik Orsenna :« Pierre », de Barbara


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 22.07.2018 à 17h00
                 |

            Sandrine Blanchard (Propos recueillis par)

















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Ecrivain, voyageur et membre de l’Académie française, Erik Orsenna vient de publier Dernières nouvelles du monde (éd. Robert Laffont), un recueil de ses « petits précis de mondialisation ». En février, il a remis à la ministre de la culture un rapport sur l’extension des horaires des bibliothèques.
Je me suis longtemps demandé les raisons pour lesquelles mes parents aimaient tant les chansons. Et pourquoi ils nous traînèrent, mon frère et moi, malgré notre petit âge (dès 8 ans) dans les cabarets (Ecluse, Rose Rouge, Collège Inn) où « passaient » Brel, Ferré, Cora Vaucaire, la toute jeune Barbara.
La réponse m’est venue plus tard. Mon père et ma mère, qui ne parvenaient guère à s’entendre, ne se retrouvaient que dans cette passion commune : écouter ensemble ces romans résumés, le miracle de cette alliance entre quelques notes et deux, trois mots. Peut-être aussi voulaient-ils espérer que les chansons d’amour leur feraient croire en l’amour ?
C’est ainsi que Pierre, l’un des chefs-d’œuvre de Barbara, m’est entré dans le cœur. D’abord, je n’ai rien compris. « Il pleut, il pleut/Sur les jardins alanguis/Sur les roses de la nuit. »
J’ai demandé à ma mère : ça, une chanson d’amour ? Une femme qui écoute tomber la pluie ? Elle avait les larmes aux yeux. Elle m’a dit d’écouter la suite. Cette femme attend son amour. « Quand Pierre rentrera/Il faut que je lui dise/Que le toit de la remise/A fui/Il faut qu’il rentre du bois/Car il commence à faire froid/Ici. »
« Chanson de la confiance »
Je ne comprenais toujours pas : « D’accord, cette femme attend. Mais l’amour, maman, il est où ? »
Elle m’a pris dans ses bras, comme chaque fois qu’elle voulait m’expliquer des choses graves. Et elle m’a raconté la paix, cette paix qui peut vous envahir lorsqu’on attend la personne aimée. « Ecoute, Erik, écoute bien. » « Une odeur de foin coupée/Monte de la terre mouillée/Une auto descend l’allée/C’est lui/Oh Pierre/Mon Pierre. »
« Et toi, Maman, tu as déjà connu cette paix-là ? »
« Tu es grand, maintenant. Tu as droit à la vérité. Pour cette paix-là, il faut de la confiance. Confiance dans la pluie, savoir qu’elle n’est pas forcément triste. Confiance dans un Pierre, ne pas toujours craindre qu’il en aime une autre. Confiance dans l’auto, qu’elle ne dérape pas en chemin. »
« Alors cette chanson est la chanson de la confiance ? »
« Exactement. »
« Alors l’amour, c’est la confiance ? »
« Je ne pourrai jamais mieux te dire. Pas besoin de gros livres, Erik. Et n’oublie jamais la musique qui prend soin de la confiance. »
Mais qui était donc l’auteur de ce texte tout simple capable de tant bouleverser ma maman ? Qui se cachait derrière celle qu’on présentait comme l’auteur : Monique Andrée Serf ? Pour trouver ces mots si justes, cette dame avait forcément dû connaître cette paix-là, la paix de la pluie qui tombe et du bois qu’il faut rentrer. Je ne l’ai appris que tout récemment : Monique Andrée Serf est le vrai nom de Barbara.


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard (Propos recueillis par)
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le festival situé à Itxassou, dans le Pays Basque, fait vivre sur scène des portraits musicaux des grandes figures des premières nations d’Amérique.
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L’Errobiko Festibala sous le signe des chefs indiens et sous l’orage

Le festival situé à Itxassou, dans le Pays Basque, fait vivre sur scène des portraits musicaux des grandes figures des premières nations d’Amérique.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 16h26
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Ici, à Errobiko Festibala (fruit de l’association Ezcandraï et du barde déchaîné, Beñat Achiary), le concert de catégorie, le point d’orgue de chaque soirée, commence vers minuit et quart, minuit vingt, enfin, quand c’est prêt. Personne n’ayant mieux à faire, on vit le temps – ailleurs on le tuerait… – avec un verre de txakoli, une boîte à rires, quelques méditations sous la lune et beaucoup de poésies en tête. Il peut pleuvoir, il sait pleuvoir, peu importe. Le txakoli est un vin vert.
La nuit, à Errobiko Festibala, les débats chantés ont lieu à Atharri, trinquet dans la montagne avec mur à gauche, tout le confort moderne, et cette coquetterie métaphysique qu’on ne connaît qu’au Pays basque. C’est, figurez-vous, question de voix, de timbre, de chant profond, le credo de Beñat Achiary. Connu dans toute l’Europe, au Japon et à Itxassou, Beñat Achiary reste délicieusement ignoré ailleurs. Il mène sa barque. Itxassou (comme ça se prononce), est un des plus jolis villages du Pays basque. Les autres aussi. Depuis 1996, Itxassou célèbre la Nive (Errobi) qui descend en chute libre des Pyrénées : son festival – Errobiko Festibala (juqu’au 22 juillet) – est une célébration, une partie de campagne, une ballade, un sérieux accompte sur le bonheur.
Sans la moindre baguette, Beñat Achiary, vocaliste hors piste au répertoire imbattable, change son festival en emploi du temps très finement dépensé. Par beau temps (le 24 décembre en fin d’après-midi), du petit plateau en altitude d’Urzumu, qui sert d’aérodrome aux vélivoles intrépides, on voit la mer (itsasoa).
Les esprits se manifestent
D’où ce doux nom d’Itxassou. Mais le temps ne fait rien à l’affaire. Au beau milieu d’Oyate, nouvelle création des portraits de chefs indiens dessinés naguère par le pianiste Tony Hymas (pour le label nato de Jean Rochard), un orage sensationnel met son grain de sel. Les esprits ne cessent de se manifester. Du coup, toutes sorte de nigauds mythifient l’Indien comme la Sncf, le « confort zen ».
En scène, Tony Hymas, Christophe Rocher (clarinettes), Paul Rogers (contrebasse ailée) et Beñat Achiary traitent leurs sujets – les grands chefs indiens, avec la rigueur qu’ils inspirent. Un des plus doux, un des plus violents moments de l’été. Infiniment plus proche du « jazz » qu’ailleurs où il fait produit d’appel.
Pourquoi ? Parce qu’Errobiko Festibala serait du genre alternatif, « un festival alternaïf » dixit Bernard Lubat, ange tutélaire de l’opération. Le plus souvent, les festivals se contentent d’apporter des réponses. Clefs en main. Alors que le « jazz », le « chant profond », ne sont que questions. Qui ne festivale pas le 19 août en France, ne jouera jamais. Le Sud-Est dégaine la grosse artillerie (Nice, Juan-les-Pins, Vence…), le Sud-Ouest s’en tient à des formats plus humbles (Albret Jazz Sessions du saxophoniste Eric Barret, Souillac…). Là-haut, dans la montagne, Errobiko célèbre les éléments, les plantes, les ciels : angle d’attaque, la voix. Celles à mains nues de Mathieu Mendizabal et Julen Achiary, duo exceptionnel sur fond de chants souletins et vizcayens…
Josean Artze, poète, conscience, vient de disparaître à Usurbil (12 janvier 2018). La 22e édtion d’Errobiko Festibala lui est dédiée : « Plus que nous ne le choisissons, c’est le chant qui nous choisit… Le chanteur n’a plus qu’à voler vers d’autres cœurs. » Décollage sur la piste d’Urzumu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Richard Brunel restitue magnifiquement sur scène la dimension émotionnelle et la délicatesse du roman de Julie Otsuka, « Certaines n’avaient jamais vu la mer »
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Avignon : Bribes de vie de parias nippo-américaines

Richard Brunel restitue magnifiquement sur scène la dimension émotionnelle et la délicatesse du roman de Julie Otsuka, « Certaines n’avaient jamais vu la mer »



Le Monde
 |    22.07.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 14h35
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes. […] Certaines n’avaient jamais vu la mer, sauf en image ». 1907 : des Japonaises, très jeunes pour la plupart, embarquent pour aller retrouver, aux Etats-Unis, des fiancés qu’elles n’ont vus qu’en photo, et dont elles ne savent rien.
Ainsi commence Certaines n’avaient jamais vu la mer, magnifique roman de Julie Otsuka, qui a été publié en France en 2012. Le metteur en scène Richard Brunel, directeur de la Comédie de Valence, en livre aujourd’hui une adaptation théâtrale très réussie, qui restitue toute la dimension émotionnelle et la délicatesse du livre.
C’est à un sujet tabou aux Etats-Unis, aux multiples résonances actuelles, que s’est attaquée l’auteure américaine d’origine nippone : celui de l’immigration, au début du XXe siècle, de milliers de Japonais venus travailler, dans des conditions effroyables, comme ouvriers agricoles. Et des femmes qu’ils ont fait venir ensuite du pays pour les épouser, en leur promettant l’Eldorado.
Boycott, délation et déportation
Et c’est l’histoire de leur intégration, qui va brutalement connaître un coup d’arrêt fin 1941, après l’attaque japonaise contre la base américaine de Pearl Harbour. Les Nippo-Américains deviennent alors des parias, faisant l’objet de boycotts, de délations, puis de déportations – on estime que plus de 70000 d’entre eux ont ainsi été envoyés dans des camps.
L’histoire en elle-même est d’une force inouïe, mais ce qui est beau, c’est la forme que prend le livre : une forme chorale, qui fait entendre une multiplicité de voix de femmes, en une mélopée lancinante. Sur le plateau du Cloître des Carmes d’Avignon, qui a été habillé de grands rideaux blancs, ces voix multiples sont portées par sept comédiennes formidables : Mélanie Bourgeois, Yuika Hokama, Linh-Dan Pham, Chloé Réjon, Alyzée Soudet, Kyoko Takenaka...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Notre choix du soir. Une plongée passionnante dans les images d’un pays immense et excessif par ceux qui tentent d’en saisir la réalité complexe (sur Arte à 16 h 40).
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TV - « La Russie dans l’objectif » de ses photographes

Notre choix du soir. Une plongée passionnante dans les images d’un pays immense et excessif par ceux qui tentent d’en saisir la réalité complexe (sur Arte à 16 h 40).



Le Monde
 |    22.07.2018 à 14h00
    |

            Claire Guillot








                        


Série documentaire sur Arte à 16 h 40

   


Quoi de mieux, pour plonger dans les ­complexités de la Russie, que de suivre à la trace les photographes qui s’évertuent chaque jour à tirer le portrait de leur pays ? Le réalisateur ­Alexander Abaturov propose une plongée passionnante dans les images de ce pays immense et ­excessif, en quatre volets diffusés à la suite sur Arte.
Attentif au regard singulier de chaque photographe et à leurs images sur lesquelles il s’attarde, le cinéaste a lui aussi pris un soin particulier à filmer le pays, ­laissant le temps aux paysages de se déployer sur l’écran, à la neige de tomber en silence. Il a eu la bonne idée, pour la douzaine de photographes choisis, plus ou moins connus, de toujours les suivre sur le terrain, en action, au plus près des sujets photographiés : on prend avec eux le train, on grimpe dans les montagnes de Sibérie (filmées dans toute leur majesté grâce à un drone), on fait le tour d’un minuscule village perdu, on participe à la campagne de pêche dans un bateau, on manifeste contre Poutine dans la mégapole Moscou.
De quoi constater aussi sur place les grandeurs et les difficultés du métier de photographe : Valeri ­Nistratov doit user de tous ses charmes pour convaincre une fermière de poser, quand ­Danila Tkachenko tente de dresser en plein milieu d’un champ, armé seulement de planches et de clous, un carré à la façon de ­Malevitch pour ensuite y mettre le feu – le temps d’une prise de vue.
Un passé réel ou fantasmé
Il y a beaucoup, chez ces photographes russes, d’allers-retours vers un passé réel ou fantasmé, comme si les Russes nostalgiques de leur grandeur perdue ne pouvaient pas se vivre au présent. Alexander Gronsky explore l’utopie soviétique d’une prospérité collective qui ne s’est pas réalisée, en photographiant de façon ­douce-amère les décors déshumanisés des banlieues moscovites. Igor Moukhin expose les images qu’il a prises dans les années 1980, quand la jeunesse se rebellait face au pouvoir soviétique grâce à la musique rock et à la mode, annonçant la chute d’un monde ancien.
Enfin, Alexander Kuznetsov, ancien alpiniste de haut niveau, dit avoir échappé à la grisaille et aux limitations du régime soviétique en se réfugiant dans la montagne. Il est resté farouchement attaché à sa liberté et à celle des autres : il photographie et filme celle qui manque aux orphelins enfermés à vie dans des foyers, ou aux ouvriers devenus « des robots ».
« Une maison sans plancher ni plafond »
Si le deuxième volet, Le Pays ­déchiré, aborde les questions politiques récentes – la guerre en Ukraine, le règne de Poutine, la ­répression policière ou le nationalisme vu à travers les supporteurs de football –, les passages les plus intéressants sont ceux où les photographes creusent cette fameuse « âme russe » pleine de mystère et de passion, prompte aux excès. Un mythe forgé surtout à l’étranger, mais que certaines images tendent à renforcer.
Sergueï Maximichine se dit avant tout influencé par Gogol et son sens de l’absurde. Pour lui, la Russie « est une maison sans plancher ni plafond », attirée par les extrêmes. Ses images de la Russie actuelle, pourtant documentaires, sont à la fois naturalistes et surréalistes, pleines d’humour et d’étrangeté : un foyer d’handicapés qui recrée la Cène, un ­Vladimir Poutine aux allures de zombie menaçant…
Dans le ­dernier épisode de la série, les images sont pleines de poésie, de questionnement et d’humour. Comme les mots des photographes, que le cinéaste parvient à saisir en plein doute, effarés par un pays dont ils n’ont jamais fait le tour.
La Russie dans l’objectif, d’Alexander Abaturov(Fr., 2016, 4 × 26min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.
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Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.

Le Monde
                 |                 22.07.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret

















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Les travaux tels que ceux des ­agences d’architecture florentines Superstudio ou Archizoom (supplément « Idées » du 16 juillet) furent rangés en 1972 sous l’étiquette d’« architecture radicale » par le critique d’art italien Germano Celant. Trente ans plus tard, le design radical et ses frères, design fiction, design critique et design spéculatif, revendiquent ces lointains ancêtres comme inspiration, voire proposent de les dépasser. Les ­différentes appellations varient selon que l’on met l’accent sur le but de la recherche (critique), le jugement qu’on porte sur elle (radical) ou les moyens qu’elle emploie (la narration de fiction).
Un essai témoigne de la richesse récente de ces concepts : Speculative Everything. ­Design, Fiction, and Social Dreaming (MIT Press, 2013, non traduit). Ses auteurs, les ­designers ­Anthony Dunne et Fiona Raby, sont issus du Royal College of Art (RCA) de Londres, où ils enseignaient à l’époque de la rédaction du ­livre, avant de rejoindre The New School, à New York.
« On connaît la célèbre remarque de Fredric Jameson [figure de la critique marxiste] : “Il nous est désormais plus facile d’imaginer la fin du monde qu’une alternative au capitalisme.” » Ainsi s’ouvre plus ou moins Speculative Everything. C’est dans un contexte post-thatchérien où les « rêves ont été rétrogradés en espoirs » qu’ils proposent d’utiliser le design « pour ouvrir toutes sortes de possibilités qui peuvent être collectivement discutées, débattues et utilisées afin de définir un futur préférable pour tel ou tel groupe donné de personnes ».
Appel à la grossesse
Un exemple frappant en serait le projet ­ « Afterlife » (2001-2007), de James Auger et Jimmy Loizeau, eux aussi passés par le RCA : un cercueil spécial recueille l’énergie produite par les microbes de la décomposition de votre défunt préféré et la stocke dans des batteries amovibles que vous pouvez utiliser ensuite pour… pour...


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. Le western de John Landis est un bijou burlesque porté par le jeu désopilant de Steve Martin, Martin Short et Chevy Chase (sur TCM à la demande).
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TV - « Three amigos » : de la gondole sous les sombreros

Notre choix du soir. Le western de John Landis est un bijou burlesque porté par le jeu désopilant de Steve Martin, Martin Short et Chevy Chase (sur TCM à la demande).



Le Monde
 |    21.07.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Film sur TCM à la demande

Avoir la dégaine des trois rôles principaux sur l’affiche de Three Amigos (1986), de John Landis, on sait qu’il va y avoir de la gondole sous les sombreros : en habits de ­lumière ajustés et largement ­chapeautés, Steve Martin, Martin Short et Chevy Chase incarnent trois acteurs du temps du muet, connus pour leurs rôles de ­cavaliers redresseurs de torts.
Les « Trois Amigos » sont les ­vedettes à l’affiche d’un cinéma itinérant dont les projections sous un auvent sont accompagnées par un harmonium. ­Carmen – fille du chef du village Santo Poco –, qui confond fiction et réalité, les contacte par ­télégramme.
Les trois acteurs, qui viennent de se faire mettre à la porte du studio qui les employait, croient avoir affaire à un engagement pour un spectacle. Mais ils ­comprendront vite que la belle Mexicaine les a fait venir pour que, ainsi que dans leurs films, ils neutralisent un bandit de grand chemin, El Guapo, qui rançonne le village avec sa bande de quasimodos édentés.

   


L’arrivée du trio de pacotille va être l’objet d’un hilarant quiproquo : alors qu’on les prend pour de redoutables mercenaires dont la venue a été annoncée, les Trois Amigos font un numéro dansé aux déhanchés peu virils, devant les mines éberluées de la clientèle patibulaire du saloon local. La suite de leurs mésaventures est croquignolette et désopilante.
On reste étonné que le réalisateur de Three Amigos, John ­Landis, fort d’un succès comme celui des Blues Brothers (1980) et de comédies grand public bien connues, n’ait mis en scène qu’un seul film depuis vingt ans.
Dans l’excellente série documentaire Trespassing Bergman (2013), de Jane Magnusson et ­Hynek Pallas, diffusée par OCS en 2015, on voyait Landis, dans la maison d’Ingmar Bergman, ému d’apprendre que le cinéaste suédois adorait The Blues Brothers dont il possédait une copie dans sa riche vidéothèque personnelle. Surtout, avec pudeur, John ­Landis disait sa peine à ne plus connaître la joie d’être en tournage comme à l’époque de son succès. Une raison de plus, s’il en fallait, pour revoir Three Amigos, petit chef-d’œuvre mémorable et drolatique.
Three Amigos, de John Landis. Avec Steve Martin, Martin Short, Chevy Chase (EU., 1986, 99 min). Sur TCM Cinéma à la demande jusqu’au 13 août.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Pour Alain Viala, historien et sociologue de la littérature française, les fameux manuels Lagarde & Michard, malgré un réservoir de textes formidables, ne sont pas sans défauts.
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Pour Alain Viala, historien et sociologue de la littérature française, les fameux manuels Lagarde & Michard, malgré un réservoir de textes formidables, ne sont pas sans défauts.

Le Monde
                 |                 21.07.2018 à 13h00
                 |

                            Alain Viala (Historien et sociologue de la littérature française)

















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Devant le Lagarde & Michard, j’éprouve un double sentiment. Deux moments, selon le temps que j’envisage. Il y eut d’abord le temps de l’émerveillement. J’entrais au lycée en classe de 2de et découvrais un manuel en couleurs, très différent des livres gris que je connaissais jusque-là. Avec une typographie élaborée, des textes lisibles accompagnés d’une iconographie stimulante, d’une consultation aisée. Tout pour rendre l’apprentissage facile. L’outil de travail pétri de qualités, structuré et structurant, qui offrait accès à la culture.
Et puis, il y eut un deuxième temps, lorsque, à l’université, une autre approche de la littérature me fit mesurer à quel point le grand récit national exemplaire que proposait le Lagarde & Michard était bourré de trucages. Simplifiant à l’extrême et fermant les perspectives, il imposait Racine comme LA forme du tragique français ou le ­romantisme du XIXe siècle comme une révolution de la sensibilité, au moment où se définit en fait le triomphe du classicisme. Assignant à chaque auteur, comme à chaque courant ­répertorié, une place précise et efficace pour ­célébrer la grandeur nationale dans une tentative de monumentalité incontestable.
Manque de nuances
J’ai peu eu à fréquenter le dernier volume, ­contemporain, assez bancal du reste et fortement remanié par la suite, puisque le programme de première n’abordait pas le XXe siècle. Mais si, de la Renaissance au XIXe siècle, les manuels proposaient un assez formidable réservoir de textes, le système de classement – où les écoles se distinguaient mal, le découpage ne visant qu’à établir une démonstration utile au risque d’un net manque de nuances – poussait à la caricature : Diderot corrigé pour ne pas paraître trop matérialiste quand Baudelaire était pieusement christianisé.
Somme toute, si le Lagarde & Michard n’est pas un chemin recommandable, il reste un chemin et a dû rendre service à plus d’un. D’autres auteurs, soucieux...


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                                                Par                                                    Alain Viala (Historien et sociologue de la littérature française)














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Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 15h08
    |

                            Stéphane Davet (Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)








                        



                                


                            

En coulisses, Juliette Armanet s’attriste d’apprendre l’annulation de dernière minute du MIDI Festival, à Hyères (Var), où la chanteuse devait se produdire le lendemain. Si un dysfonctionnement technique dans le montage d’une scène a prématurément mis un terme à l’événement varois, l’interprète de L’amour en solitaire a failli avoir la mauvaise surprise de voir aussi son concert biarrot remis en question, ce vendredi 20 juillet, par la faute d’un violent orage menaçant la première des trois soirées, de la première édition de Biarritz en été.
Finalement, deux heures de retard dans l’ouverture des portes, l’annulation des deux premiers artistes programmés (sur les onze prévus) et de quelques animations annexes, des flaques de boue et un public un peu moins nombreux qu’espéré (4000 spectateurs environ pour une jauge de 7000), ont perturbé ce lancement sans le compromettre.
Ancrer le festival dans la vie locale
« Je rêve de Biarritz en été » chantait Sébastien Tellier dans Roche (2008). Ce difficile baptême semble pourtant confirmer qu’il n’est pas simple d’imposer un festival rock estival sur la côte basque. En 2016, déjà, un autre événement ambitieux, le Big Festival, avait ainsi rendu l’âme après huit éditions. Organisé au stade Aguilera (celui de l’équipe de rugby du Biarritz Olympique), par le producteur parisien Sébastien Farran (ancien manager de Suprême NTM, JoeyStarr et Johnny Hallyday), le rassemblement avait attiré des stars (Neil Young, Iggy Pop, Pharrell Williams, Johnny Hallyday…), sans trouver son équilibre économique, ni, apparemment , susciter suffisamment d’adhésion locale. Au point d’entrer en conflit avec la municipalité.
« Le Big a permis à Biarritz de figurer sur la carte des festivals d’été » reconnaît Sylvie Claracq, adjointe au maire, Michel Veunac (centriste), déléguée à la vie scolaire et à la jeunesse, par ailleurs présidente de l’Atabal, la très active « salle de musiques actuelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Bon courage ! 2|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le philosophe Frédéric Gros fait référence au « courage de la vérité » de Michel Foucault.
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                Frédéric Gros : « Le courage du “dire-vrai”, sans retenue hypocrite »


Bon courage ! 2|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le philosophe Frédéric Gros fait référence au « courage de la vérité » de Michel Foucault.

Le Monde
                 |                 21.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h32
                 |

            Anne Chemin

















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Philosophe, éditeur de Michel Foucault dans « La Pléiade », Frédéric Gros est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Désobéir (Albin ­Michel, 2017). Il est professeur à Sciences Po Paris.

Michel Foucault a défendu l’idée que le courage est nécessaire à la vérité, il en a même fait le titre d’une année de cours au Collège de France, en 1984, « Le courage de la vérité » (Seuil/Gallimard, 2009). Pourquoi faut-il du courage pour énoncer une vérité ?
Pour Michel Foucault, la vérité n’est pas ­forcément un discours détaché et objectif sur le monde, une forme d’adéquation au réel ou une manière de reproduire un état de fait : le marqueur de la vérité peut aussi être ce qui ­dérange. Il reprend là une idée de Nietzsche : la vérité est ce que nul ne veut reconnaître, ce que chacun tente de masquer. Le contraire de la vérité, explique-t-il, ce n’est donc pas ­l’erreur ou le mensonge mais la doxa, l’opinion commune.
Dans ce cours de 1984, il retrouve l’intuition originelle de la philosophie : quand une idée n’est pas pensée à la première personne, elle risque de ressembler à du conformisme intellectuel. Pour aller contre l’opinion commune et se faire son propre jugement, il faut fournir un certain effort intellectuel, ce qui requiert du courage. Mais aussi prendre le risque de ne pas être d’accord avec ses semblables, ce qui demande, là encore, du courage.
Michel Foucault s’attarde sur quatre des visages du courage de la vérité. Le premier est le courage démocratique de la vérité, la « parrêsia ». Comment la définiriez-vous ?
Nous connaissons tous les fondements de la démocratie – l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, les droits fondamentaux, la dignité de chacun… Michel Foucault y ajoute un pilier oublié de la démocratie grecque : la parrêsia, un terme qui signifie le fait de tout dire, sans retenue hypocrite ni arrière-pensée.
Pour que la vérité démocratique émerge,...


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Frédéric Gros : « Le courage du “dire-vrai”, sans retenue hypocrite »
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Anne Chemin
    













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Avignon : le « Pays lointain » et aimé de Jean-Luc Lagarce

Christophe Rauck propose, avec les élèves de l’école du Théâtre du Nord, une adaptation bouleversante de la dernière pièce de l’auteur mort du sida à 38 ans.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 08h25
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Qu’il nous est proche, ce Pays lointain… Et que l’on est heureux(se) d’en sortir à ce point bouleversé(e), le cœur touché aussi bien que l’esprit, avec le sentiment que l’auteur, Jean-Luc Lagarce, a rarement été aussi bien saisi, investi dans toute sa profondeur humaine, sa tragique élégance. Un Pays lointain qui s’invite à la fin du Festival d’Avignon, pourtant, et qui est ce que l’on appelle un spectacle « de sortie d’école » – en l’occurrence, celui de la cinquième promotion de l’école du Théâtre du Nord, à Lille, tou(te)s deux dirigé(e) s par le metteur en scène Christophe Rauck, qui l’a conçu pour ses élèves acteurs et auteurs.
Plus les années passent, et plus se renforce la portée de l’œuvre de Jean-Luc Lagarce, dont on a toujours pensé, dans ces colonnes, qu’il était l’égal d’un Tchekhov contemporain, ce qui se confirme ici magnifiquement. Le Pays lointain est la dernière pièce écrite par l’auteur, en 1995, juste avant qu’il ne meure du sida, à l’âge de 38 ans.
Pièce testamentaire, comme J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne (1994) et Juste la fin du monde (1990), où les mêmes motifs se retrouvent, avec des variations multiples et musicales : la mort annoncée d’un homme « jeune encore », l’homosexualité qui ne peut pas s’avouer auprès d’un milieu familial prisonnier de ses traditions, la maladie mystérieuse et fatale, la famille que l’on aime mais que l’on fuit parce qu’elle ne vous comprend pas. Une nouvelle forme de destin, en un mot, à la fois éternel, universel et marqué du sceau de ce qui s’est passé de si particulier dans les années 1990 : la mort d’êtres jeunes – des hommes, surtout –, libres, souvent artistes, cherchant de nouveaux rapports amoureux.
« Un homme jeune encore »
Dans Le Pays lointain, toute la vie et l’œuvre de Lagarce se bouclent, en cette « histoire d’un jeune homme, d’un homme jeune encore, à l’heure de mourir »....




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/07/2018
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Des voyages, un amour interdit et une chambre d’ado : nos choix de replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à (re)découvrir en différé.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h39
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pour agrémenter vos vacances ou échapper à un quotidien monotone, direction le Québec en auto-stop, la Namibie en train, et deux voyages dans le temps.
Sur un air de « Ma cabane au Canada »

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Rien ne sert de courir, il faut partir à poil. Nans et Mouts – alias Nans Thomassey et Guillaume Mouton – sont de retour pour le troisième et dernier volet de leurs tribulations nord-américaines. Après avoir débarqué nus comme des vers au Québec, avoir goûté les spécialités culinaires et autres joies locales, les deux hommes s’approchent enfin de leur but : construire une cabane. Pas au fond du jardin, mais dans la forêt, au bord du lac Saint-Jean.
Au-delà de l’aspect « système D », cet épisode rend compte de l’ouverture et de la générosité des Québécois et de leurs communautés autochtones, marquées par l’Histoire. En se filmant eux-mêmes, Nans et Mouts captent de magnifiques morceaux de vie, avec une bonne humeur terriblement communicative. Au fil de ce roman d’apprentissage animé, on pleure, on rit, on se réjouit. Et surtout, on (re)trouve foi en l’humanité. Camille Langlade
Nus et culottés, Objectif lac Saint-Jean, 3/3, de Guillaume Mouton, Nans Thomassey et Charlotte Gravel (Fr., 2018, 52 min). Sur France.tv.
Des trains et des hommes



Découvrir un pays à travers ses trains, tel est le défi que s’est lancé Philippe Gougler. L’animateur parcourt les rails à la découverte d’une région du monde, de ses paysages et de ses habitants. Pour cette huitième saison des Trains pas comme les autres, le voilà parti en Namibie, le deuxième pays le moins peuplé sur la planète.
Au fil de ses correspondances, Philippe Gougler partage le quotidien d’hommes et de femmes venus de tous horizons. Toujours attentif et bienveillant, le journaliste expérimente même la chasse à la grenouille, en compagnie des Bochimans, un des plus vieux peuples d’autochtones d’Afrique Australe. Un safari pas comme les autres, fait de broussaille, de dunes monumentales, d’animaux et d’images époustouflantes. Entre solitude et rencontres magnifiques. C. La
Des trains pas comme les autres, Namibie, d’Alex Badin avec Philippe Gougler. Saison 8, épisode 1 (Fr., 2018, 52 min). Sur France.tv.
Arletty choisit le camp de l’amour

Avec sa gueule d’atmosphère, Arletty était une femme de passions. De son vrai nom Léonie Bathiat, l’enfant de la banlieue parisienne aux origines modestes avait réussi à devenir la plus populaire des actrices d’avant-guerre. Reconnaissable à son accent nasillard des faubourgs, sa dégaine chaloupée, ses répliques cinglantes et son anticonformisme, elle a défilé devant les plus grands metteurs en scène de cinéma et de music-hall. Cette carrière aurait pu être exemplaire si, pendant l’occupation nazie, elle n’avait été entachée par sa « collaboration horizontale » avec un jeune officier allemand, Hans Jürgen Soehring, dès mars 1941.
Décors soignés, dialogues ciselés et mise en scène sans trop d’effets, cette fiction, inspirée de faits réels, repose sur l’interprétation de l’inattendue et étonnante Laetitia Casta dans le rôle d’Arletty. L’actrice enveloppe avec grâce et glamour la gouaille de son personnage. Et trouve le ton juste, en ne tombant pas dans l’imitation de son héroïne. Daniel Psenny
Arletty, une passion coupable, d’Arnaud Sélignac. Avec Laetitia Casta, Marie-Josée Croze, Ken Duken (Fr., 2014, 90 min). Sur France.tv.
Montre-moi ta chambre, je te dirai qui tu es

   


Partir. Ou plutôt s’enfuir de cette cage d’escalier. Pour Thierry Marx, quitter la cité du Bois-l’Abbé n’était pas seulement son rêve d’adolescence, c’était surtout une nécessité pour tenter de faire quelque chose de sa vie. « Si je ne m’évadais pas, elle allait se replier sur moi », dit-il de sa voix chaude et rassurante. Au micro de Christine Gonzalez, le chef doublement étoilé a accepté de décrire « sa chambre d’ado » et de raconter son enfance avec sincérité et poésie. Il ne cache ni ses failles – ses échecs scolaires ou son côté bagarreur – ni le « traumatisme » que lui a causé une conseillère d’orientation quand elle lui a assuré que l’école hôtelière n’était pas faite pour « des gens comme [lui] ».
Après Thierry Marx et la chanteuse Sheila, d’autres personnalités comme l’humoriste Bérengère Krief ou la danseuse Marie-Claude Pietragalla se prêteront au jeu, chaque dimanche jusqu’au 26 août. Mustapha Kessous
Chambre d’ado, présenté par Christine Gonzalez (45 min). Sur Franceinter.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Immense succès entre 1996 et 2003, la série veut se dépoussiérer avec un casting plus représentatif de la société américaine.
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La série « Buffy contre les vampires » relancée avec une Buffy noire

Immense succès entre 1996 et 2003, la série veut se dépoussiérer avec un casting plus représentatif de la société américaine.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 03h39
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h32
   





                        



   


La rumeur enflait depuis plusieurs semaines, c’est désormais confirmé. La série à succès Buffy contre les vampires fera son retour sur petit écran, et le rôle phare sera confié à une actrice noire. C’est le bras télévisé du studio américain 20th Century Fox qui prépare cette nouvelle version de la série culte, diffusée entre 1996 et 2003.
Au-delà du personnage principal, Fox 21 TV Studios souhaite proposer une distribution beaucoup plus variée que la série originelle, dont tous les acteurs principaux étaient blancs, selon le site spécialisé Deadline.
Lutte contre les vampires
Adolescente américaine sans histoire, Buffy Summers, interprétée originellement par Sarah Michelle Gellar, est désignée comme l’élue pour lutter, avec l’aide de ses amis, contre les vampires qui constituent une menace permanente.
Monica Owusu-Breen (qui a notamment travaillé sur Charmed, Alias ou Lost) a été désignée comme auteure, showrunner et productrice exécutive de cette nouvelle série, produite par le même studio que la première.
L’auteure sera assistée du créateur de la série originelle et scénariste à succès (Justice League ou Avengers : L’ère d’Ultron) Joss Whedon, qui sera producteur exécutif. Le projet n’a pas encore de diffuseur et sera présenté cet été à des chaînes et des plateformes de diffusion, selon Deadline.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans la Cour d’honneur du festival, le chorégraphe israélien présente un spectacle très politique qui finit par s’enrayer.
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édition abonné


A Avignon, Emanuel Gat s’emmêle les pas avec « Story Water »

Dans la Cour d’honneur du festival, le chorégraphe israélien présente un spectacle très politique qui finit par s’enrayer.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 06h40
    |

                            Rosita Boisseau (Envoyée spéciale à Avignon)








                        



                                


                            

Chorégraphie en première partie et Danse en conclusion. Pierre Boulez pour l’entrée et grand cri folk en guise de dessert. Sur le tableau monumental des murailles de la Cour d’honneur d’Avignon, les infos s’inscrivent en blanc – en français et en anglais – histoire de donner des indices à l’action qui se déroule en contrebas sur le plateau. Histoire aussi de souligner la progression du propos déjà scandé à la ­seconde par un chrono digital. Vous êtes perdus ? Lisez ! Et voilà un topo chargé sur la situation de Gaza qui pète comme une ­grenade qu’on n’a pas vu venir dans la pièce montée bien lisse du spectacle.
Cette drôle de machine de guerre s’intitule Story Water. Elle est pilotée par le chorégraphe israélien Emanuel Gat, 49 ans, installé en France depuis 2007. A l’affiche pour la première fois du ­Festival d’Avignon, et qui plus est chargé d’investir les six cents mètres carrés de la Cour d’honneur, il a visiblement eu besoin de charger son dossier.
A côté de Boulez, deux autres compositions musicales soutiennent son entreprise : l’une de Rebecca Sanders, compositrice contemporaine, et la troisième cosignée par Gat lui-même avec l’Ensemble Modern et ses treize musiciens. Dix danseurs occupent le terrain avec vaillance. Mais est-ce le disparate touffu du menu, l’apparente disjonction entre le groupe et l’orchestre qui semblent opérer chacun de son côté, la sensation d’un élan sans cesse bloqué ? Story Water, contrairement à son titre, est laborieux et laisse perplexe.
Tiré d’un poème soufi
Cet opus détonne à tous les niveaux dans le parcours d’Emanuel Gat, régulièrement programmé depuis 2008 au festival Montpellier Danse. Et ça, c’est tout de même une excellente nouvelle. Courageusement, s’il affirme dans le programme qu’il fabrique la même pièce depuis vingt-cinq ans – ce qui est loin d’être faux ! –, il a sérieusement perturbé ses habitudes. Depuis sa première apparition en France, au début des années...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le chanteur franco-libanais est en tournée pour présenter son album, « The Water Wheel », inspiré du chanteur nubien.
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Le coup de cœur de Bachar Mar-Khalifé pour Hamza El Din

Le chanteur franco-libanais est en tournée pour présenter son album, « The Water Wheel », inspiré du chanteur nubien.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 18h16
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Percutant, noir et scintillant, insolite et paradoxal, The Water Wheel, le nouvel et quatrième album de Bachar Mar-Khalifé, enregistré en quartette, fait directement référence à Escalay, the Water Wheel. Oud Music from Nubia, un album solo, paru en 1971 chez Nonesuch, du oudiste et chanteur nubien Hamza El Din, mort à 76 ans, le 22 mai 2006.
Le pianiste, percussionniste et chanteur franco-libanais le présente actuellement sur les scènes des festivals d’été. Une tournée passant par les Nuits de Fourvière, à Lyon, le 24 juillet, et qui se prolongera à la rentrée, avec notamment une escale au festival Worldstock à Paris, le 27 octobre.

Pour cette recréation, née de la proposition d’une carte blanche du festival bruxellois les Nuits Botanique en 2017, le musicien a fait rajouter « A tribute to Hamza El Din » (« Un hommage à Hamza El Din ») sur la pochette. « Tous les titres de mon album sont de lui [choisis dans The Water Wheel, et d’autres enregistrements du Nubien]. C’est un projet de cœur. »
Né à Beyrouth, en 1983, Bachar Mar-Khalifé est le fils du célèbre chanteur et compositeur libanais Marcel Khalifé. « J’ai rajouté “Mar” à mon nom, pour mon premier disque [Oil Slick, paru en 2010]. Cela signifie “saint” au Liban. C’était au départ pour faire une plaisanterie et je l’ai gardé. La région du mont Liban est connue pour avoir beaucoup de “saints” et chaque année, on en découvre des nouveaux (officiellement canonisés par le Vatican…). »
« Expérience émotionnelle »
C’est aussi la première partie du prénom de son père. Au Liban, il est d’usage de prendre le prénom du père en deuxième prénom. Bachar Mar-Khalifé a 6 ans quand sa famille se réfugie en France pour fuir la guerre au Liban, et une dizaine d’années de plus lorsqu’il tombe sur le disque de Hamza El Din dans la discothèque parentale. Un choc. « Il chantait dans une langue que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre choix du soir. La Suisse vue à travers des faits divers traités par le collectif Bande à part qui réunit les cinéastes Ursula Meier, Lionel Baier, Frédéric Mermoud et Jean-Stéphane Bron (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Ondes de choc » : tétralogie sanglante chez les Helvètes

Notre choix du soir. La Suisse vue à travers des faits divers traités par le collectif Bande à part qui réunit les cinéastes Ursula Meier, Lionel Baier, Frédéric Mermoud et Jean-Stéphane Bron (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h45
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                            Thomas Sotinel








                        


Mini-série sur Arte à 20 h 55



Passant d’une demi-douzaine à plus de huit millions entre la fin du XXe siècle et aujourd’hui, le nombre d’habitants de la Confédération helvétique suffit à fournir son lot de criminels. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que la télévision suisse romande ait produit une minisérie dont chaque épisode est inspiré d’un fait divers survenu ces dernières décennies dans le pays. Plus originale est la manière d’avoir réuni cette collection. Le diffuseur suisse s’est adressé au collectif Bande à part, qui réunit les cinéastes Ursula Meier (L’Enfant d’en haut), Lionel Baier (Les Grandes Ondes), Frédéric Mermoud (Complices) et Jean-Stéphane Bron (Cleveland contre Wall Street), laissant le choix de leur matériau à ces auteurs très différents les uns des autres.



Le résultat, proposé sous le titre Ondes de choc, est une tétralogie sanglante, faite d’histoires singulières que réunissent l’âge des protagonistes, des garçons au sortir de l’adolescence, les paysages (cette intrication entre la campagne et la ville, la plaine et la montagne) et un désir manifeste de faire du cinéma, fût-ce pour le petit écran. Les films seront diffusés sur Arte (qui a coproduit la série) deux par deux, les 20 et 27 juillet.
Journal de ma tête, d’Ursula Meier, ouvre la procession avec un double parricide, commis par un garçon de 18 ans. Autour de la figure de Benjamin (Kacey Mottet Klein), qui correspond en apparence à l’archétype du « lycéen sans histoires », l’auteure tisse un écheveau de questions. Celles que se posent les enquêteurs et les magistrats. Et surtout celles qui taraudent Esther Fontanel (Fanny Ardant), la professeure de français du meurtrier, à qui le jeune homme a adressé une longue missive quelques heures avant de tuer ses parents. L’enseignante est pressée par un juge d’instruction (Jean-Philippe Ecoffey, formidable d’épaisseur physique et intellectuelle) qui les tient, elle et son enseignement de l’introspection, pour responsables du passage à l’acte de Benjamin.



Au fil des mois, on voit Esther vaciller entre le déni, la fascination pour l’abîme qu’elle aurait ouvert, et la compassion pour son ancien élève. Ursula Meier observe l’intimité qui se crée entre elle et Benjamin, l’impossibilité de la réparation. Comme souvent, l’apparente distance de la cinéaste finit par créer plus d’émotion qu’une empathie immédiate.
« Sadique de Romont »
Des quatre films, Sirius sera le plus familier aux spectateurs français puisqu’il évoque un épisode dont le retentissement a franchi les frontières, le massacre de l’Ordre du temple solaire, à Salvan, en 1994. Frédéric Mermoud respecte en partie les injonctions de la mention « inspiré de faits réels ». Carlo Brandt et Dominique Reymond, qui incarnent les gourous meurtriers d’une secte, proposent des hypothèses convaincantes quant aux motivations et aux comportements des mégalomanes qui entraînent leurs fidèles jusqu’à la mort. Egrenant les jours qui précèdent le massacre, Sirius s’attache aux pas hésitants d’un jeune adepte, Hugo (Grégoire Didelot) pris de doute à l’approche du « voyage » annoncé par les maîtres que lui ont choisis ses parents. Le classicisme de la mise en scène est dopé par le laconisme du scénario (chacun des auteurs a dû respecter, à peu de chose près, la limite d’une heure) et, aussi attendu soit-il, le finale touche à la tragédie, exacerbée par l’absurdité du rituel qui y préside.



Peut-être parce qu’il est souvent documentariste, Jean-Stéphane Bron s’est emparé d’un fait divers relativement récent, la cavale de trois voleurs de voitures lyonnais, venus chercher en Suisse des berlines allemandes. La Vallée prend la forme d’un thriller ramassé, porté par un jeune acteur, Iliès Kadri, prenant ici les traits d’un gamin doué pour l’électronique, qui doit, d’un moment à l’autre, se muer en un Rambo du XXIe siècle (celui du premier épisode de la série), pourchassé par monts et par vaux dans une nature hostile.
Dans les années 1980, le « sadique de Romont » a enlevé, violé et tué dix hommes entre Suisse et Savoie. Mais ce n’est pas la figure récurrente du tueur en série qui intéresse Lionel Baier dans Prénom : Mathieu, plutôt celle d’une des victimes qui a échappé à la mort. A 17 ans, Mathieu doit sa survie à un mélange de présence d’esprit et de chance. Blessé physiquement, amnésique, il tente de recouvrer son intégrité. Le suspense du film ne tient pas tant à l’arrestation du criminel, qui dépend de la dissipation de l’oubli, qu’à la possibilité pour l’adolescent de rejoindre le monde des vivants.



Avec une délicatesse qui n’exclut pas la lucidité, Lionel Baier met en scène le stigmate marquant la victime d’un crime sexuel (voir les séquences déchirantes et troublantes qui réunissent le garçon et son père), le doute qui la travaille, la pression qu’exerce le policier chargé de l’enquête (Michel Vuillermoz) entraînant Mathieu dans une maïeutique aussi efficace qu’intéressée. Situé de l’autre côté du crime, Prénom : Mathieu est dominé par la figure de son interprète principal, un débutant, Maxime Gorbatchevsky.
Journal de ma tête, d’Ursula Meier, et, à 22 h 05, Sirius, de Frédéric Mermoud. Vendredi 27 juillet, à 20 h 55, La Vallée, de Jean-Stéphane Bron et, à 21 h 45, Prénom : Mathieu, de Lionel Baier.



                            


                        

                        


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Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 20.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 06h40
                 |

            Pascale Krémer

















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Molière de l’humour 2017, le comédien de 31 ans mène une revue de presse décapante chaque lundi dans « Quotidien » (TMC), l’émission de Yann Barthès. Début 2019, il partira en tournée avec Le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, tout en jouant Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche au Théâtre du Rond-Point, à Paris.
« Vous allez peut-être me disputer, mais pour moi, la plus belle chanson d’amour, c’est L’Amitié, de Françoise Hardy. J’adore cette déclaration d’amour aux amis. J’aurais pu choisir La Chanson des vieux amants, de Jacques Brel. Elle est tellement évidente, tellement puissante sur ce qu’elle dit de l’éternité, de l’amour débarrassé de la jalousie, de l’exclusivité, de tout ce qui l’empoisonne. Avec ce point de vue, celui de la fin de la vie. C’est là, à la fin seulement, qu’on sait si on a été amoureux. Heureux.
Mais pour moi, l’amitié est la forme d’amour la plus aboutie. La plus puissante. Nos amis sont ceux qui nous connaissent le mieux, ceux qui pourraient nous faire le plus de mal et ne le font pas. C’est ça, la définition d’un ami : quelqu’un à qui on donne une arme à feu et qui ne s’en sert pas.
L’Amitié, c’est une petite pépite. Je l’écoute tout le temps. “Beaucoup de mes amis sont venus des nuages/Avec soleil et pluie comme simples bagages/Ils ont fait la saison des amitiés sincères/La plus belle saison des quatre de la terre.” Je l’associe au film Les Invasions barbares, de Denys Arcand, que j’ai vu un peu avant de passer le bac, parce qu’il parle d’un type qui dit au revoir à ses amis et qu’on y voit les jambes de Françoise Hardy. Il n’y a pas beaucoup de chansons ni beaucoup de bons films sur l’amitié – il n’y a que des films de potes “quinquas” qui partent en vacances en bande, des films “Ricoré” sur l’amitié.
« On fait trop de pub à l’amour »
J’ai le pressentiment qu’à l’heure de mourir, c’est aux étés avec les amis que je penserai, à ces moments de grande joie, ces moments où l’on se serre fort quand ça ne va pas. Jeune, j’ai été très célibataire. Si je n’ai jamais déprimé, c’est grâce aux histoires d’amitié. Des antidotes incroyables ! J’ai connu plus de belles histoires d’amitié que d’amour. On donne le meilleur de soi pour rien. Juste pour se forger des souvenirs.
On fait trop de pub à l’amour. On nous le survend. Il faudrait absolument avoir de grandes histoires, qu’elles commencent bien, qu’elles finissent bien, qu’elles soient torrides, romanesques, poétiques… L’amitié, c’est moins à la mode. On n’en parle pas. On pense que ça va de soi : on se fait des amis à la maternelle, on les garde. Moi, j’adore prendre soin de mes histoires d’amitié. J’invente, je fais souffler de l’inédit, de la passion, je ne considère rien comme acquis.
Je suis très fort pour organiser des vacances. Cette année, c’était à Rome, avec dix copains que je connais depuis les écoles de théâtre de Lyon et Saint-Etienne, mais qui ne sont pas atteints par les maladies mentales des acteurs. Quand chacun essaie d’être le plus drôle, le plus gentil, le plus à l’écoute, ça crée de l’or. Un feu d’artifice de qualités d’âme. »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
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Pascale Krémer
    












