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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Alain Delon en six films cultes (1/6) Tourné en Italie, en août 1959, le film de René Clément, d’après le roman de Patricia Highsmith, est le long métrage ou l’acteur de 23 ans, peu connu jusqu’alors, devient une icône. Il incarne Tom Ripley et irradie de beauté. La beauté du diable.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Etre nature (2/6). Reconnaître la subjectivité aux plantes permettrait à l’homme d’élargir sa conception de la cité, argumente le philosophe Emanuele Coccia.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤     


                Le design spéculatif d’Ai Hasegawa


Esquisses du futur 2|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, le projet  d’une chercheuse japonaise : vaincre la faim dans le monde en donnant naissance à des espèces menacées de disparition.

Le Monde
                 |                 22.07.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret

















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Les travaux tels que ceux des ­agences d’architecture florentines Superstudio ou Archizoom (supplément « Idées » du 16 juillet) furent rangés en 1972 sous l’étiquette d’« architecture radicale » par le critique d’art italien Germano Celant. Trente ans plus tard, le design radical et ses frères, design fiction, design critique et design spéculatif, revendiquent ces lointains ancêtres comme inspiration, voire proposent de les dépasser. Les ­différentes appellations varient selon que l’on met l’accent sur le but de la recherche (critique), le jugement qu’on porte sur elle (radical) ou les moyens qu’elle emploie (la narration de fiction).
Un essai témoigne de la richesse récente de ces concepts : Speculative Everything. ­Design, Fiction, and Social Dreaming (MIT Press, 2013, non traduit). Ses auteurs, les ­designers ­Anthony Dunne et Fiona Raby, sont issus du Royal College of Art (RCA) de Londres, où ils enseignaient à l’époque de la rédaction du ­livre, avant de rejoindre The New School, à New York.
« On connaît la célèbre remarque de Fredric Jameson [figure de la critique marxiste] : “Il nous est désormais plus facile d’imaginer la fin du monde qu’une alternative au capitalisme.” » Ainsi s’ouvre plus ou moins Speculative Everything. C’est dans un contexte post-thatchérien où les « rêves ont été rétrogradés en espoirs » qu’ils proposent d’utiliser le design « pour ouvrir toutes sortes de possibilités qui peuvent être collectivement discutées, débattues et utilisées afin de définir un futur préférable pour tel ou tel groupe donné de personnes ».
Appel à la grossesse
Un exemple frappant en serait le projet ­ « Afterlife » (2001-2007), de James Auger et Jimmy Loizeau, eux aussi passés par le RCA : un cercueil spécial recueille l’énergie produite par les microbes de la décomposition de votre défunt préféré et la stocke dans des batteries amovibles que vous pouvez utiliser ensuite pour… pour...


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                                                Par                                                    Eric Loret














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour Alain Viala, historien et sociologue de la littérature française, les fameux manuels Lagarde & Michard, malgré un réservoir de textes formidables, ne sont pas sans défauts.
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                Lagarde & Michard : petits arrangements avec la littérature


Pour Alain Viala, historien et sociologue de la littérature française, les fameux manuels Lagarde & Michard, malgré un réservoir de textes formidables, ne sont pas sans défauts.

Le Monde
                 |                 21.07.2018 à 13h00
                 |

                            Alain Viala (Historien et sociologue de la littérature française)

















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Devant le Lagarde & Michard, j’éprouve un double sentiment. Deux moments, selon le temps que j’envisage. Il y eut d’abord le temps de l’émerveillement. J’entrais au lycée en classe de 2de et découvrais un manuel en couleurs, très différent des livres gris que je connaissais jusque-là. Avec une typographie élaborée, des textes lisibles accompagnés d’une iconographie stimulante, d’une consultation aisée. Tout pour rendre l’apprentissage facile. L’outil de travail pétri de qualités, structuré et structurant, qui offrait accès à la culture.
Et puis, il y eut un deuxième temps, lorsque, à l’université, une autre approche de la littérature me fit mesurer à quel point le grand récit national exemplaire que proposait le Lagarde & Michard était bourré de trucages. Simplifiant à l’extrême et fermant les perspectives, il imposait Racine comme LA forme du tragique français ou le ­romantisme du XIXe siècle comme une révolution de la sensibilité, au moment où se définit en fait le triomphe du classicisme. Assignant à chaque auteur, comme à chaque courant ­répertorié, une place précise et efficace pour ­célébrer la grandeur nationale dans une tentative de monumentalité incontestable.
Manque de nuances
J’ai peu eu à fréquenter le dernier volume, ­contemporain, assez bancal du reste et fortement remanié par la suite, puisque le programme de première n’abordait pas le XXe siècle. Mais si, de la Renaissance au XIXe siècle, les manuels proposaient un assez formidable réservoir de textes, le système de classement – où les écoles se distinguaient mal, le découpage ne visant qu’à établir une démonstration utile au risque d’un net manque de nuances – poussait à la caricature : Diderot corrigé pour ne pas paraître trop matérialiste quand Baudelaire était pieusement christianisé.
Somme toute, si le Lagarde & Michard n’est pas un chemin recommandable, il reste un chemin et a dû rendre service à plus d’un. D’autres auteurs, soucieux...


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat

Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Alors qu’Emmanuel Macron avait fait de l’exemplarité l’un des piliers de son quinquennat, c’est un manquement grave sur ce terrain de l’éthique et de la responsabilité du pouvoir qui provoque la crise la plus aiguë à laquelle le président de la République ait été confronté depuis son élection.
L’affaire Benalla est en train de se transformer en affaire d’Etat, fragilisant l’exécutif sur ce qui devait au contraire faire sa force : la promesse des pratiques d’un « nouveau monde ».
Tout commence par une vidéo et l’identification par Le Monde, le 18 juillet, d’Alexandre Benalla, l’un des chargés de mission de la présidence, coiffé d’un casque de police, qui s’en prend de façon violente à deux manifestants lors d’un rassemblement à l’occasion du 1er-Mai.
Celui qui avait été autorisé à suivre l’intervention des forces de l’ordre « en observateur » s’est vu, aux dires de l’Elysée, infliger une sanction. En l’occurrence pour le moins légère, puisqu’elle a pris la forme d’une suspension temporaire de quinze jours. Cette décision, qui n’avait pas vocation à sortir de l’Elysée, a jeté de premières suspicions sur le fonctionnement du sommet de l’Etat.
Une décision trop tardive
Après des atermoiements coupables et une communication catastrophique, voyant que l’affaire prenait des proportions de plus en plus incontrôlables, le chef de l’Etat s’est enfin résolu, le 20 juillet, à faire ce qu’il aurait dû décider depuis le début, c’est-à-dire licencier ce collaborateur, dont le profil, les méthodes et les relations troubles auraient dû alerter depuis longtemps, comme l’ont montré nos différentes enquêtes.
Cette décision est trop tardive pour mettre fin à un scandale qui met en lumière les failles d’une pratique du pouvoir hypercentralisée. M. Macron avait fait sienne la verticalité comme gage d’efficacité pour réformer le pays. Aujourd’hui, pour l’avoir poussée jusqu’à la caricature, elle est en train de se retourner contre lui. Le président aime agir avec ses fidèles en mode commando. C’est ce système dans lequel la loyauté prime sur tout le reste qui a conduit le président à commettre une faute politique majeure.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat



Les conséquences sont graves, car cette affaire revêt toutes les caractéristiques d’une affaire d’Etat. Nous sommes en présence d’un pouvoir qui a, visiblement, choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles. Elle révèle une série de dysfonctionnements au sein de l’Elysée qui ont eu des répercussions en cascade.
Ainsi du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ou des hauts fonctionnaires informés qui n’ont pas alerté la justice. Ainsi de la Préfecture de police de Paris dont trois des cadres ont déjà été sanctionnés dans ce dossier.
Les contre-pouvoirs ont fonctionné
C’est aussi une affaire d’Etat parce qu’elle affaiblit durablement le pouvoir et sa capacité à agir. Sans compter le trouble qui a saisi la majorité, tétanisée et déboussolée par l’attitude de l’Elysée.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée



Dans ce moment important dans la vie démocratique, il faut toutefois se féliciter que les contre-pouvoirs aient fonctionné. La presse, d’abord, qui a révélé ce qui avait vocation à rester dissimulé au sein de l’Elysée. La justice, ensuite, qui a lancé une enquête et qui doit maintenant faire son travail. Le Parlement, enfin, qui a décidé de mettre en place une double commission d’enquête chargée d’établir la vérité.
Réticent à donner des explications, M. Macron avait, jeudi, balayé les questions gênantes par une réponse évasive : « La République est inaltérable. » Ce n’est pas le cas de l’image d’un président, qui semble n’avoir pas rompu avec les pratiques de l’« ancien monde ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Bon courage ! 2|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le philosophe Frédéric Gros fait référence au « courage de la vérité » de Michel Foucault.
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Bon courage ! 2|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le philosophe Frédéric Gros fait référence au « courage de la vérité » de Michel Foucault.

Le Monde
                 |                 21.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
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                 |

            Anne Chemin

















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Philosophe, éditeur de Michel Foucault dans « La Pléiade », Frédéric Gros est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Désobéir (Albin ­Michel, 2017). Il est professeur à Sciences Po Paris.

Michel Foucault a défendu l’idée que le courage est nécessaire à la vérité, il en a même fait le titre d’une année de cours au Collège de France, en 1984, « Le courage de la vérité » (Seuil/Gallimard, 2009). Pourquoi faut-il du courage pour énoncer une vérité ?
Pour Michel Foucault, la vérité n’est pas ­forcément un discours détaché et objectif sur le monde, une forme d’adéquation au réel ou une manière de reproduire un état de fait : le marqueur de la vérité peut aussi être ce qui ­dérange. Il reprend là une idée de Nietzsche : la vérité est ce que nul ne veut reconnaître, ce que chacun tente de masquer. Le contraire de la vérité, explique-t-il, ce n’est donc pas ­l’erreur ou le mensonge mais la doxa, l’opinion commune.
Dans ce cours de 1984, il retrouve l’intuition originelle de la philosophie : quand une idée n’est pas pensée à la première personne, elle risque de ressembler à du conformisme intellectuel. Pour aller contre l’opinion commune et se faire son propre jugement, il faut fournir un certain effort intellectuel, ce qui requiert du courage. Mais aussi prendre le risque de ne pas être d’accord avec ses semblables, ce qui demande, là encore, du courage.
Michel Foucault s’attarde sur quatre des visages du courage de la vérité. Le premier est le courage démocratique de la vérité, la « parrêsia ». Comment la définiriez-vous ?
Nous connaissons tous les fondements de la démocratie – l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, les droits fondamentaux, la dignité de chacun… Michel Foucault y ajoute un pilier oublié de la démocratie grecque : la parrêsia, un terme qui signifie le fait de tout dire, sans retenue hypocrite ni arrière-pensée.
Pour que la vérité démocratique émerge,...


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Frédéric Gros : « Le courage du “dire-vrai”, sans retenue hypocrite »
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Frédéric Gros : « Le courage du “dire-vrai”, sans retenue hypocrite »
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Anne Chemin
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Livre. La journaliste Dominique Simmonot s’est liée d’amitié avec Amadora, 12 ans, et raconte à travers elle le parcours du combattant de sa famille tzigane en France.
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Etre Rom en France

Livre. La journaliste Dominique Simmonot s’est liée d’amitié avec Amadora, 12 ans, et raconte à travers elle le parcours du combattant de sa famille tzigane en France.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h38
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

« C’est très dur et très honteux. » Romina n’est pas née rom, mais un jour, en Roumanie, le beau Craï a débarqué, et elle a tout quitté pour lui, traversant l’Europe, Rom parmi les Roms, errante et ballottée d’un lieu de relégation à un autre, jusqu’à cette gare de Seine-Saint-Denis où, peu après leur arrivée en France, elle s’est mise à faire la manche – le « sivouplé », comme elle le dit, rageuse et ironique, quand elle raconte ce souvenir cuisant à Dominique Simonnot. « On est jeunes, capables de travailler et on fait la manche », proteste-t-elle rétrospectivement.
Elle n’a jamais recommencé. Aujourd’hui, elle travaille – des ménages, de l’entretien d’espaces verts… –, pour la grande fierté de sa fille, Amadora, 12 ans, qui, quand elle a appris la nouvelle, a fait des bonds de joie en criant : « Ma maman a un travail ! Ma maman travaille ! » Il faut dire qu’Amadora partage avec sa mère une volonté inflexible d’avancer, de ne pas se plaindre, de trouver sa place. C’est d’elle que, conquise par sa drôlerie et sa verve, Dominique Simonnot, journaliste au Canard enchaîné, fait le centre de son enquête sur la vie d’une famille de Roms en France.
Une amitié, et un pacte
Elle la rencontre un jour de 2015, un peu par hasard, dans la banlieue parisienne, au bout d’« une allée défoncée, où une quinzaine de baraques, construites de bric et de broc, égayaient les herbes folles ». Une amitié se noue entre la journaliste, la petite Rom et toute la famille : les parents, les trois enfants, plus les cousins qu’on fait venir de Roumanie, parce que, quand même, on s’en sort, on ne fait plus la manche, ni les poubelles, on vit avec rien, mais on vit et tout le monde doit profiter de ce miracle.
Une amitié, et un pacte. La journaliste fera ce qu’elle pourra pour les aider, notamment face à l’absurdité de l’administration française, qui les laisse perplexes – en tant que parents de jeunes enfants, Romina...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ L’historienne Kathryn Olmsted rappelle que les supporteurs de Donald Trump accusent depuis longtemps l’« Etat profond » de conspirer contre les libertés américaines.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
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« Trump reprend à son compte la méfiance de l’extrême droite envers les services secrets »

L’historienne Kathryn Olmsted rappelle que les supporteurs de Donald Trump accusent depuis longtemps l’« Etat profond » de conspirer contre les libertés américaines.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 11h16
    |

Kathryn Olmsted (professeure d'histoire à l'université de Californie de Davis)







                        



                                


                            

Tribune. A Helsinki, le 16 juillet, Donald Trump a mis en doute les conclusions des services de renseignement des Etats-Unis, qui accusent la Russie d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Il a par la suite affirmé avoir commis un lapsus, mais il a maintenu que le piratage des ordinateurs du parti démocrate aurait pu être fait par quelqu’un d’autre que des agents russes.
Son soutien à l’homme fort du Kremlin, Vladimir Poutine, choque dans le monde entier, notamment parmi les rangs des conservateurs américains. Mais la défiance que M. Trump affiche vis-à-vis de la CIA et de la police fédérale (FBI) ne devrait pas nous surprendre. A l’extrême droite de l’échiquier politique américain, les plus ardents supporteurs du président accusent les services secrets, qui constituent à leurs yeux un « Etat profond », de conspirer contre les libertés américaines depuis la fin de la guerre froide.
Les théories conspirationnistes de droite prenant pour cible les services secrets américains sont relativement récentes. Durant la majeure partie de la guerre froide, la gauche comme la droite soutiennent les services de renseignement et leur mission. Et, même si certaines commissions du Congrès sont chargées de surveiller les activités de la CIA et du FBI, elles le font en réalité très peu.
Puis, au début des années 1970, après la guerre du Vietnam et le Watergate, les Américains apprennent avec stupeur que leurs services secrets ont abusé de leurs pouvoirs et violé leurs chartes. En décembre 1974, le célèbre journaliste d’investigation Seymour Hersh fait sensation en révélant dans le New York Times que la CIA a enfreint la loi : elle a espionné des Américains qui protestaient contre la guerre du Vietnam aux Etats-Unis.
Programmes secrets et tentatives d’assassinat
Les deux chambres du Congrès votent massivement la mise en place de commissions spéciales pour enquêter sur le scoop du New York Times....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Etre nature (1/6). Pour le sociologue Bruno Latour, il est urgent de transformer les questions d’écologie en questions de territoire afin de sortir de la crise politique et environnementale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron, considère que, dans cette affaire Benalla, « la coopération loyale de la présidence de la République sera un marqueur important ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Jean-Pierre Mignard : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla »

Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron, considère que, dans cette affaire Benalla, « la coopération loyale de la présidence de la République sera un marqueur important ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 17h57
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Proche du président Emmanuel Macron, l’avocat Jean-Pierre Mignard revient sur l’affaire Benalla, collaborateur du chef de l’Etat placé en garde à vue, le vendredi 20 juillet, quarante-huit heures après les révélations du Monde. La présidence de la République a annoncé le même jour avoir engagé « la procédure de licenciement » d’Alexandre Benalla, pour des « faits nouveaux » concernant ce collaborateur mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frappant un homme à terre le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.
Quelle a été votre réaction après l’ouverture par le parquet d’une enquête pour violences et usurpation de fonctions visant un chargé de mission à l’Elysée, Alexandre Benalla, proche du président Macron ?
Jean-Pierre Mignard : Pour moi, en tant qu’avocat qui a connu depuis longtemps un grand nombre d’affaires publiques, sous la Ve République, c’est la manifestation de ce que la justice est décidément devenue indépendante. Et étrangement j’en ai tiré une profonde satisfaction. Ce que j’avais constaté du temps de Lionel Jospin puis de François Hollande et enfin avec Emmanuel Macron, c’est que l’exécutif sous la Ve République ne pervertit plus, enfin, l’action de la justice.

Mais pourquoi ni la police ni l’Elysée n’ont saisi le parquet au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale, alors que l’affaire remonte au 1er mai ?
Ils auraient évidemment dû ! Ils ont vraisemblablement placé la sanction (une mise à pied de quinze jours) sur le plan administratif et sous-estimé la faute… En réalité, je pense que l’on constate là, comme dans tous les pouvoirs, dans tous les corps constitués, dans toutes les organisations professionnelles, une réaction identique : celle de protéger les siens au risque de se faire beaucoup de mal.

Pour être complet, c’est une attitude qui est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
      

Alexandre Benalla, l’affaire qui rompt l’espoir d’exemplarité démocratique

Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h30
   





                        


Le 18 juillet dernier, Le Monde révélait la faiblesse des sanctions contre le chargé de mission à la présidence, Alexandre Benalla, proche du chef de l’Etat, après la diffusion de vidéos le montrant entrain de frapper un manifestant le 1er mai. Ce 20 juillet dernier, l’ex agent de sécurité et conseiller de l’Elysée a été placé en garde à vue pour « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservées à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéo surveillance », en plus de l’annonce de son licenciement par la présidence de l’Elysée.
Pour Dominique Rousseau, la transgression du principe d’exemplarité et d’impartialité par le gouvernement conduit à l’effondrement de la démocratie, et montre la nécessité d’une refonte institutionnelle. Tandis que pour Paul Cassia, cette affaire montre une « transparence de façade » du président, alors que « la République paraît d’autant plus fragile aujourd’hui que ses valeurs dépendent comme jamais de l’exemplarité d’un seul homme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Selon le professeur de droit Paul Cassia, l’impunité dont a bénéficié l’ex-agent de sécurité d’Emmanuel Macron invite à réinterroger la séparation des pouvoirs et l’inviolabilité du président de la République.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« L’affaire Benalla appelle un vaste changement institutionnel »

Selon le professeur de droit Paul Cassia, l’impunité dont a bénéficié l’ex-agent de sécurité d’Emmanuel Macron invite à réinterroger la séparation des pouvoirs et l’inviolabilité du président de la République.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 17h16
    |

Paul Cassia (professeur des universités à l’université Panthéon-Sorbonne, Paris-I)







                        



                                


                            

Se pourrait-il que, malgré l’extrême gravité des faits, l’affaire Benalla/Crase ait des conséquences institutionnelles bienvenues ? Le choc qu’elle commence à produire évoque la « disruption » – l’éclatement, la perturbation – que le président de la République appelait de ses vœux dans un entretien publié mardi 1er mai  2018 par le magazine américain Forbes, le jour même où l’un de ses chargés de mission faisait le coup de poing place de la Contrescarpe.

Elle montre, à l’heure où les seuls parlementaires de la majorité sont en passe d’adopter une loi contre les « infox », que c’est le pouvoir lui-même qui est à l’origine de nombre de fausses informations : en expliquant à l’Assemblée nationale qu’Alexandre Benalla s’était rendu place de la Contrescarpe « sans autorisation », la garde des sceaux a contredit le porte-parole et le directeur de cabinet de l’Elysée, eux-mêmes en désaccord sur le point de savoir si le chargé de mission était ou non en congé, avant que la ministre revienne dans l’après-midi sur ses propos matinaux.
Une transparence de façade
Cette affaire souligne que l’Elysée est autant, sinon davantage que sous les quinquennats précédents, un bunker, où le président de la République affiche une transparence de façade, à coups de charte, d’arrêtés et de décrets, mais peut en pratique superposer au service officiel dédié à sa sécurité une escouade parallèle faite d’agents contractuels recrutés, rémunérés et affectés selon son désir et pour la durée qu’il souhaite.
Elle révèle les limites de la séparation des pouvoirs à la française, lorsqu’il revient au parquet de décider d’ouvrir une enquête préliminaire concernant des faits relatifs à un collaborateur du président de la République alors que ce parquet est placé sous l’autorité de la garde des sceaux, et lorsque la brigade à qui l’enquête a été confiée dépend du ministre de l’intérieur, pourtant avisé des faits litigieux depuis le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pour le professeur de droit Dominique Rousseau, l’affaire Benalla révèle la nécessité de refonder les institutions censées faire vivre la démocratie.
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Sans vertu politique, « la démocratie s’effondre et les populismes s’épanouissent »

Pour le professeur de droit Dominique Rousseau, l’affaire Benalla révèle la nécessité de refonder les institutions censées faire vivre la démocratie.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h16
    |

Dominique Rousseau (professeur de droit public à l’Université Paris 1, Panthéon Sorbonne)







                        



                                


                            

Tribune. 1988 : « Contre l’Etat RPR et l’Etat PS, je veux un Etat impartial », promet Raymond Barre lors de la campagne présidentielle. 1993 : « L’Etat républicain est un Etat impartial », déclare le premier ministre Edouard Balladur devant l’association des préfets. 2007 : « L’enjeu de l’élection présidentielle est l’Etat impartial », annonce Ségolène Royal suivie par Nicolas Sarkozy défendant « une République irréprochable ». 2012 : « Moi président, la République sera exemplaire », scande François Hollande. 2017 : « Je veux instaurer une République exemplaire », affirme Emmanuel Macron. Le thème de l’exemplarité est… en marche depuis au moins trente ans dans les campagnes électorales et il s’est souvent abîmé dans la gestion gouvernementale.
Le peuple est capable d’attendre, à une condition : que ceux qui le gouvernent aient pour guide et pour principe la vertu au sens que Montesquieu donnait à ce mot.
Il est pourtant au cœur de l’exigence démocratique depuis toujours. Chômage, bien sûr trop haut. Salaires, bien sûr trop bas. Impôts, bien sûr trop lourds. Mais la corruption ? Mais les abus de pouvoir à des fins d’intérêt personnel ? Mais les trafics d’influence ? A regarder le long temps de l’histoire comme les événements d’aujourd’hui, la misère ne suffit pas toujours pour provoquer la colère politique du peuple. Car il est capable de comprendre les difficultés des responsables politiques à peser sur les structures et les décideurs économiques ; il est capable de voir les efforts déployés pour limiter les dégâts sociaux ; et donc il est capable d’attendre.
A une condition : que ceux qui le gouvernent aient pour guide et pour principe la vertu au sens que Montesquieu donnait à ce mot, c’est-à-dire, le courage, pour les gouvernants, de renoncer à leurs intérêts particuliers, de soutenir l’esprit d’égalité et de se soumettre aux lois qui expriment la volonté générale. Que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Alors que dans ce pays le taux d’homicides ne cesse d’augmenter, il est impératif, pour Romain Le Cour Grandmaison, cofondateur du think tank Noria, de miser sur les instances locales plutôt que de privilégier l’armée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Il faut changer le paradigme de la sécurité publique au Mexique »

Alors que dans ce pays le taux d’homicides ne cesse d’augmenter, il est impératif, pour Romain Le Cour Grandmaison, cofondateur du think tank Noria, de miser sur les instances locales plutôt que de privilégier l’armée.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 16h26
    |

Romain Le Cour Grandmaison (doctorant à Paris-I Panthéon Sorbonne et cofondateur du think tank Noria)







                        



                                


                            

Tribune – « La violence », « les narcos », « les cartels », « le crime organisé », « l’Etat »… autant de termes qui peuplent le lexique de la « guerre contre la drogue » au Mexique et dont la litanie n’a d’équivalent que les statistiques d’homicides présentées comme l’alpha et l’oméga de l’analyse des crises que connaît le pays depuis 2006.
Ces chiffres doivent pourtant être mentionnés pour insister sur l’ampleur des défis que va devoir affronter le gagnant de l’élection présidentielle du 1er juillet, Andrés Manuel Lopez Obrador (dit « AMLO »).

Vivre durement, mourir facilement
Durant le mandat qui s’achève, aucune année n’a connu moins de 20 000 morts et 2017 fut l’année la plus violente de l’histoire mexicaine, avec 29 168 homicides recensés, soit un taux d’homicide de 20,51 pour 100 000 habitants.
Rappelons, de plus, que 33 000 personnes ont officiellement disparu depuis 2007, un chiffre très sous-évalué. Les féminicides, quant à eux – meurtres de femmes en raison de leur sexe, une catégorie reconnue au Mexique –, ont augmenté de 72,2 % entre 2015 et 2017. Enfin, douze journalistes ont été assassinés durant l’année 2017, portant le total à quarante durant le sexennat écoulé.
Par ailleurs, l’Association nationale des maires du Mexique (ANAC) a révélé ceci : entre le début du mandat de Peña Nieto, en 2012, et le 31 décembre 2017, soixante maires ont été assassinés. Actuellement, selon les estimations de l’ONG Justice in Mexico, un élu local a douze fois plus de risque d’être assassiné qu’un citoyen lambda, une réalité observée durant les campagnes politiques de cette année : entre septembre 2017 et le 1er juillet 2018, plus de cent trente candidates et candidats ont été abattus. Près d’un toutes les quarante-huit heures.

Le manque de connaissances locales, un obstacle majeur
Malheureusement pour le nouveau président, 2018 sera pire. Depuis janvier, chaque mois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les affinités végétales 2|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’écrivain Georges Marbeck avoue son penchant pour une variété de palmier, originaire des Seychelles, dont le fruit,  une noix joufflue, évoque irrésistiblement un fessier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.
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Chronique

« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne »

Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.07.2018 à 12h09

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        Mis à jour le 20.07.2018 à 14h50






    
Le président français Emmanuel Macron pose avec les artistes Femi Kuti, Youssou N’Dour et Angelique Kidjo au New Afrka Shrine de Lagos, au Nigeria, le 3 juillet 2018.
Crédits : REUTERS


Chronique. En marge de sa visite au Nigeria, Emmanuel Macron a accordé une interview à l’animateur Claudy Siar diffusée sur France 24 et RFI le 5 juillet, dans laquelle il revient sur le sujet de la migration africaine vers l’Europe. De façon surprenante, il soutient que « les personnes très pauvres ne quittent pas leur pays. Ce sont les classes moyennes de pays qui sont plutôt émergents qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ». Il ajoute que ce sont les familles aisées qui donnent un pécule à leurs enfants pour aller en Europe.

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Donc, selon le président français, une famille « riche » peut sciemment décider de donner une somme d’argent à l’un de ses enfants et l’envoyer à une mort certaine. Car la réalité de l’émigration, au-delà des discours des dirigeants européens et le silence coupable des décideurs politiques africains, ce sont les morts quasi quotidiennes de jeunes qui fuient le continent par manque d’espoir.
En 2017, 3 119 personnes sont mortes dans la Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre fait abstraction des personnes disparues en mer et qui reposent à jamais au fond des eaux. Pas un seul jour ne passe sans que le sujet ne soit au menu de débats politiques houleux, ce qui en fait un sujet à la limite civilisationnelle de notre époque.
Mépris pour les gens ordinaires
Le discours d’Emmanuel Macron, après ses sorties sur la démographie africaine et sur les kwassa kwassa comoriens, illustre à nouveau ce qu’il représente : une élite libérale liée aux puissances d’argent porteuse souvent d’un mépris pour les gens ordinaires.
Pour l’Afrique, son engouement depuis son élection est peut-être sincère. Il peut être le signe d’un désir de repenser la relation entre la France et le continent en dehors des pratiques sombres de la Françafrique traditionnelle.

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Mais la vision du jeune président français est biaisée par une représentation erronée de l’Afrique. Emmanuel Macron est issu d’une caste, celle des puissants qui répètent à l’envi des poncifs sur le numérique, l’entrepreneuriat, présentés comme les solutions magiques aux urgences du continent. Sans parler de l’utilisation ambiguë du concept globalisant de « classe moyenne africaine », dont beaucoup d’économistes interrogent la pertinence.
Dans sa posture, Macron peut compter sur des jeunes hommes et femmes africains qui survendent un discours afro-optimiste déconnecté de la réalité du continent. D’ailleurs, durant les séjours du président français en Afrique, on les voit inonder la toile de selfies et de mots enthousiastes sur la « start-up nation », l’« Africa rising » et autres nouveaux mots savants.

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Toutes ces personnes refusent d’affronter la réalité du continent dont l’un des visages est la misère sociale, la corruption, la violence physique et symbolique qui poussent les gens à fuir.
Il est choquant d’entendre Macron dire que ce sont des familles aisées qui donnent de l’argent à leurs enfants pour rallier l’Europe et qui, quand ils y parviennent, y vivent une vie de sous-homme.
Il faut rappeler à Emmanuel Macron que personne ne quitte son pays dans ces conditions le pied léger. Il y a une réalité de l’émigration clandestine africaine que propulse une quête d’une vie décente. Au Sénégal, en pleine vague de départ par pirogues, le mot d’ordre des jeunes était : « Barca wala Barsakh » : « Arriver à Barcelone ou mourir. »

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D’ailleurs les Sénégalais membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique de Macron devraient lui suggérer de prendre contact avec Yayi Bayam Diouf, présidente du collectif des mères qui ont perdu leurs fils, morts en Méditerranée.
C’est insulter le deuil de ces femmes que de les tenir pour responsables de la perte d’enfants partis mourir car leur pays ne leur apporte aucun espoir.
Immenses sacrifices
Quand une mère, à travers les ressources d’une tontine ou d’un crédit, finance le voyage d’un fils pour espérer qu’il réussisse en Europe et sorte toute sa famille de la misère, on lui doit respect et empathie, et non la vilipender devant un intervieweur connivent.
L’argent investi, car c’est bien le mot, dans le voyage risqué, voire suicidaire, du fils ou de la fille n’est pas la preuve d’une richesse ou de l’appartenance à une classe moyenne. Ce n’est que le pécule amassé difficilement par une famille désœuvrée ou un travailleur précaire. Et réunir ces sommes qui servent à financer le départ résulte le plus souvent d’immenses sacrifices et de nombreuses privations.



Enfin, quand Emmanuel Macron dit : « On a besoin d’une jeunesse africaine qui se raconte elle-même, qui construit son imaginaire, ses propres héros et qu’elle les explique au monde », nous ne pouvons qu’être d’accord. Il y a bien une jeunesse dynamique, créative et entreprenante sur le continent. Elle tient un discours et occupe une position qui illustre la contemporanéité de l’Afrique. Mais il y en a une autre, qui continuera à hanter le sommeil des Européens en allant à l’assaut de ses côtes en dépit des lois répressives comme celles actuellement en vigueur en France.
Non, Monsieur Macron, cette jeunesse qui meurt en Méditerranée n’est pas issue de la « classe moyenne ». Elle est pauvre et n’a plus aucun espoir chez elle.
Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. La répression contre la révolte populaire orchestrée par le président et son épouse a fait, depuis trois mois, 280 morts et 2 000 blessés.
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Au Nicaragua, la déroute morale du gouvernement Ortega

Editorial. La répression contre la révolte populaire orchestrée par le président et son épouse a fait, depuis trois mois, 280 morts et 2 000 blessés.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 14h19
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le Nicaragua a célébré, jeudi 19 juillet, le 39e anniversaire de la révolution sandiniste, alors que le président, Daniel Ortega, réprime une révolte populaire et pacifique d’une ampleur inédite. Malgré les condamnations de la communauté internationale, le héros révolutionnaire de 72 ans opte pour la confrontation avec ses opposants, qui exigent la fin de son régime « autoritaire » et « corrompu ».
M. Ortega et son épouse, Rosario Murillo, devenue sa vice-présidente, s’accrochent au pouvoir. La répression qu’ils mènent a fait, depuis trois mois, 280 morts et 2 000 blessés dans ce petit pays d’Amérique centrale de 6 millions d’habitants. Le passé révolutionnaire de M. Ortega n’est plus qu’un lointain souvenir. Le 19 juillet 1979, le guérillero du Front sandiniste de libération nationale renversait, au nom du pluralisme et de la lutte contre la corruption, le régime népotiste de la famille Somoza. Aujourd’hui, M. Ortega, à la tête du Nicaragua depuis 2007, après l’avoir gouverné de 1979 à 1990, est accusé par ses opposants d’être devenu le « dictateur » qu’il avait jadis combattu.

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Le mouvement de contestation est né le 18 avril de la répression contre une manifestation s’opposant à une réforme de la sécurité sociale. C’est la goutte qui a fait déborder le vase du mécontentement contre un couple qui s’est emparé de tous les pouvoirs politiques, judiciaires, économiques, médiatiques et syndicaux. Depuis, les policiers, épaulés par des paramilitaires à la solde du gouvernement, attaquent au fusil d’assaut les protestataires qui tentent de se défendre avec les moyens du bord.
« Opération de nettoyage »
Le duo présidentiel joue un double jeu pervers. M. Ortega appelle à la paix tout en qualifiant les protestataires de « putschistes sataniques » et dénonçant une « tentative de coup d’Etat ». Sous l’égide de l’épiscopat, une table des négociations s’est ouverte. Mais le gouvernement rejette les propositions de l’opposition : la fin de la répression, le départ du couple au pouvoir, des élections anticipées, la justice pour les victimes et la démocratisation des institutions.
Jeudi, M. Ortega a rassemblé des milliers de sympathisants à Managua, la capitale, afin de fêter l’anniversaire de la révolution. Un enjeu de poids pour revendiquer sa légitimité. Deux jours plus tôt, le gouvernement reprenait par la force la ville de Masaya (Ouest), un des bastions de la contestation. Une « opération de nettoyage », selon les organisations de défense des droits de l’homme, qui accusent le président de recruter des paramilitaires pour étouffer dans le sang l’opposition.

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Cette victoire symbolique pour le gouvernement n’éclipse pas pour autant sa déroute morale, provoquée par un usage excessif de la force dénoncé par les Nations unies, l’Union européenne et l’Organisation des Etats américains (OEA). Mercredi, l’OEA a approuvé une résolution qui condamne les violations des droits de l’homme par le régime.
En face, M. Ortega dénonce « une conspiration des forces impérialistes », accusant les évêques d’y participer. La police, les fonctionnaires, les syndicalistes et les jeunesses sandinistes lui restent fidèles. Mais son régime clientéliste a perdu de nombreux piliers, dont les grands patrons, qui ont rejoint l’opposition. Quant aux généraux, ils ont déclaré que l’armée ne se mêlerait pas du conflit. En attendant, l’intransigeance du couple Ortega mène le pays à une impasse. La seule issue serait son départ du pouvoir et l’organisation rapide d’élections anticipées.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.
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Monsieur Macron, « Ilham Aliev a les mains souillées du sang de victimes innocentes »

Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h16
    |

Leyla Yunus (Intellectuelle azerbaïdjanaise, militante des droits humains) et Arif Yunus (Historien azerbaïdjanais, militant des droits humains)







                        



                                


                            

[En détention depuis 2014, Leyla et Arif Yunus, militants des droits humains, ont été condamnés par la justice azerbaïdjanaise, en août 2015, à des peines de huit et sept ans de prison pour « fraude, évasion fiscale et commerce illégal ». Sous la pression internationale, Bakou les a libérés en décembre 2015, officiellement pour raison de santé.]
Tribune. Le 28 juin 2018, nous fêtions nos quarante ans de mariage. Mais nous n’avons pas fait la fête. Nous ne vivons plus dans notre Bakou natal, où nous avions coutume d’organiser des réunions familiales, de fêter les anniversaires, entourés de nos proches, et où nous pouvions nous recueillir sur les tombes de nos parents… En avril 2016, nous avons été contraints de quitter notre patrie pour sauver notre vie et pour préserver notre santé afin que notre fille ne se retrouve pas orpheline.
Nous avons entamé notre lutte pour la défense des droits humains et de la liberté déjà en URSS : le KGB avait traduit Arif [Yunus] en justice déjà en 1967 tandis que Leyla [Yunus] faisait partie du mouvement clandestin « des minorités ethniques contre le bolchevisme » et a participé à la création du Front populaire d’Azerbaïdjan. Après la chute de l’URSS, nous étions emplis d’espoir à l’idée de vivre enfin dans un Azerbaïdjan indépendant et démocratique.
Mais en 1993, Heïdar Aliev, par le passé général du KGB et premier secrétaire du Parti communiste d’Azerbaïdjan, a été nommé à la tête du pays. En s’appuyant sur la vieille nomenklatura du Parti, Heïdar Aliev a installé en Azerbaïdjan un régime autoritaire et implacable. Le fils Ilham Aliev a remplacé le père en 2003 et s’est mis à réprimer plus durement encore les droits et libertés des citoyens, instaurant en Azerbaïdjan une véritable dictature.

Tous les cinq ans, Ilham Aliev donne un spectacle appelé « élections » afin d’assurer légalement sa légitimité au poste de président pour un nouveau mandat. Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La banque centrale adepte du « quantitative easing » peut être utile si l’on s’en sert ponctuellement pour sauver le monde, elle peut être nocive si l’on s’en sert durablement pour financer l’économie à un coût plus faible qu’il ne le mérite, explique l’économiste Karl Eychenne dans une tribune au « Monde ».
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« Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, est celui qui porterait le mieux la montre à moutarde »

La banque centrale adepte du « quantitative easing » peut être utile si l’on s’en sert ponctuellement pour sauver le monde, elle peut être nocive si l’on s’en sert durablement pour financer l’économie à un coût plus faible qu’il ne le mérite, explique l’économiste Karl Eychenne dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 09h55
    |

Karl Eychenne (Economiste, analyste dans une société de gestion d’actifs)







                        



                                


                            

Tribune. Une « montre à moutarde » est une montre classique qui donne le cours du temps mais qui peut également donner de la moutarde. Cet étrange instrument logique a été imaginé par le mathématicien et logicien Jean Yves Girard, directeur de recherches émérite au CNRS, médaille d’or du CNRS en 1983 : « Elles [les montres à moutarde] combinent les avantages des montres et des pots à moutarde : un parfait affichage du temps couplé à la quantité cruciale de moutarde suffisante pour faire face aux urgences » (« Les montres à moutarde : une approche intégrée au temps et à la nourriture », voir le lien PDF).
Il se trouve que les banques centrales contemporaines utilisent largement le principe des montres à moutarde : elles donnent classiquement le cours de l’argent, mais peuvent également injecter la moutarde des liquidités.
Aujourd’hui, les banquiers centraux nous annoncent que le temps de la normalisation est venu ; plus rien ne justifierait l’exception à la règle : l’ère QE toucherait à sa fin. Mais pourquoi faudrait-il se priver d’un outil aussi efficace ?
Elles ont probablement sauvé le monde en 2008 puis en 2011, mais elles l’ont aussi profondément changé. Tout cela à l’aide d’un seul outil : le « quantitative easing » (QE [ou « assouplissement quantitatif », programme de rachats de dettes publiques et privées)], ce privilège exorbitant que décide de s’octroyer un banquier central lorsqu’il le juge nécessaire. Il peut alors créer autant de monnaie qu’il le souhaite pour racheter les actifs dont personne ne veut plus (dette d’Etat ou d’entreprise, voire des actions dans le cas du Japon).
Aujourd’hui, les banquiers centraux nous annoncent que le temps de la normalisation est venu ; plus rien ne justifierait l’exception à la règle : l’ère QE toucherait à sa fin.
Mais pourquoi faudrait-il se priver d’un outil aussi efficace ? Ne pourrait-on pas imaginer des banques centrales durablement « augmentées », capables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le député de La France insoumise, François Ruffin, échange avec Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, sur la transcendance de son combat politique dans « Paix intérieure et paix sociale ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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François Ruffin, une vocation « spirituelle » ?

Le député de La France insoumise, François Ruffin, échange avec Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, sur la transcendance de son combat politique dans « Paix intérieure et paix sociale ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h30
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Livre. Maintenir la perspective qu’autre chose puisse advenir, réaffirmer la nécessité d’aller au-delà du monde présent, de sa violence, de ses injustices ; cette espérance unit ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. On le vérifiera en lisant le bref ouvrage où dialoguent François Ruffin, député de la Somme, et Olivier Leborgne, évêque du diocèse d’Amiens. On doit l’idée de cet échange aux membres du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC), et c’était une bonne idée : la conversation se révèle à la fois sincère et éclairante.
Il faut dire que les deux hommes ont plus d’une affinité. Depuis qu’il a été nommé à Amiens, en 2014, Olivier Leborgne a démontré qu’il s’inscrivait dans la tradition d’un christianisme social attentif aux mobilisations en solidarité avec les migrants du monde entier ou avec les grévistes de Whirlpool. Citant aussi bien les papes que le philosophe tchèque Jan Patocka, il ancre son engagement dans une conception combative de la charité : « Quand Jésus dit “Heureux les doux”, il ne dit pas “Heureux les mous”», glisse-t-il…
Symétriquement, François Ruffin accomplit un pas vers son interlocuteur pour s’interroger sur son propre rapport à la religion. Tout en précisant qu’il ne croit pas en Dieu, le député « insoumis » confie ce qui le lie à cet héritage. Elevé chez les jésuites de la Providence, établissement par lequel Emmanuel Macron est également passé, Ruffin a certes été le seul de sa classe à ne pas faire sa première communion. Peu à peu, il n’en a pas moins renoué avec « le fil de la religion », notamment par l’intermédiaire de chrétiens de gauche ayant participé à la fondation de l’hebdomadaire Fakir.
La « petite lumière » de la révolte
Page après page, on découvre alors un Ruffin qui non seulement n’a rien d’un bouffeur de curé, mais qui salue l’Eglise avec tendresse, comparant sa « marginalité » actuelle à celle du...




                        

                        

