<FILE-date="2018/07/22/18">

<article-nb="2018/07/22/18-1">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprendra « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Déjà compliquée, la révision constitutionnelle en suspens après l’affaire Benalla

L’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprendra « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 17h20
   





                        


L’affaire Benalla aura eu raison, au moins provisoirement, du projet de révision constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron et dont l’examen, déjà compliqué, a été suspendu dimanche 22 juillet jusqu’à nouvel ordre, après un blocage inédit de l’Assemblée nationale.
L’hémicycle était en état de « siège » depuis les révélations du Monde sur l’ancien collaborateur du chef de l’Etat, selon les termes d’une élue La République en marche (LRM). L’air grave, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé en fin de matinée la suspension des travaux et souhaité que l’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprenne « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».
Une décision qui a été applaudie par des députés de tous bords avant la levée de la séance, alors que depuis la matinée, les « rappels au règlement » s’étaient à nouveau succédé, atteignant depuis jeudi le nombre record de 298.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée



L’opposition plaidait depuis près de trois jours qu’il était impossible de débattre d’un tel texte constitutionnel « au milieu de cette crise profonde ». La majorité, après une réunion à huis clos samedi soir, avait affiché pour mot d’ordre de « ne pas lâcher ». Il a finalement fallu « mettre fin au cirque », a affirmé une source dans la majorité, au vu de la situation inédite de blocage « de tous les groupes d’opposition ».
Le député LRM Sacha Houlié refuse toutefois d’y voir une défaite politique pour la majorité face à l’opposition :
« Qu’ont-ils gagné ? Rien. On a siégé tous les jours à l’Assemblée nationale alors que certains souhaitaient qu’on arrête vendredi soir. On n’a pas lâché sur la date de l’audition du ministre de l’intérieur. On a tenté jusqu’au bout de reprendre les travaux. »
La présidente du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée, Valérie Rabault, estime, de son côté, que la suspension des travaux : « Les oppositions dans leur ensemble ont clairement marqué le point, mais ce n’est pas une victoire. »
La réforme remise en cause
Jean-Luc Mélenchon (LFI) s’est félicité sur Twitter de cette mise « au congélateur » du texte, fustigeant les « Pieds nickelés » de la « macronie ».
Et déjà, des voix s’élèvent pour réclamer un retrait pur et simple de la réforme, qui prévoit notamment une réduction du nombre de parlementaires et une dose de proportionnelle de 15%. Dénonçant « une hyper-présidentialisation », plusieurs ont trouvé dans l’affaire Benalla un argument supplémentaire pour repousser un texte qui « affaiblit le Parlement », le socialiste Olivier Faure y voyant l’illustration du « danger de laisser un exécutif tout puissant ».

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’examen de la révision constitutionnelle suspendu jusqu’à nouvel ordre



Pierre Dharréville, porte-parole des députés communistes, ne voit pas ce qui pourrait justifier « un nouvel accroissement des pouvoirs du président ». La réforme est désormais « nulle et non avenue », affirme Sébastien Huyghe (LR).
Dans un communiqué, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a, lui, appelé le gouvernement « à revoir sa copie », en estimant qu’Emmanuel Macron « ne peut plus décemment » défendre un tel projet, qui était censé arriver au Palais du Luxembourg en septembre.
Collomb, seul ministre entendu
Lundi, sera marqué par l’audition de Gérard Collomb le matin par la commission des Lois, dotée des prérogatives d’enquête. Plusieurs membres de l’opposition souhaiteraient également voire que soient interrogés le président de la République, Emmanuel Macron, mais aussi le premier ministre, Edouard Philippe ou encore le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

        Lire aussi :
         

                Benalla : Gérard Collomb, l’homme faible de l’affaire



Mme Rabault a ainsi écrit au premier ministre pour lui demander de se rendre devant l’Assemblée nationale. Elle n’a reçu pour toute réponse qu’un « accusé réception de M. Castaner ». Du côté de la France Insoumise aussi, on réclame la venue de M. Philippe. Les ministres ne s’expriment pas non plus, ce qui montre le caractère-anti démocratique des institutions actuelles. En revanche, il peut répondre à la commission d’enquête », soutient Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis.
Ugo Bernalicis, membre de la commission des Lois, qui va devenir la commission d’enquête, maintient sa demande de pouvoir auditionner le président de la République. « Cela n’est marqué nulle part qu’il ne peut pas venir devant la commission. Il peut refuser mais rien ne l’empêche de venir », estime-t-il.
Calendrier incertain
Quid du calendrier parlementaire ? Un « brouillard assez dense » règne, constate-t-on dans la majorité. Après l’audition de M. Collomb lundi matin, les débats doivent reprendre à 16 heures, sur le projet de loi « avenir professionnel ». En principe, le texte asile-immigration, porté par M. Collomb, est aussi au menu à compter de mercredi.
M. de Rugy doit consulter les présidents de groupe et le gouvernement pour organiser les débats « des deux prochaines semaines », soit d’ici la pause estivale.

        Lire aussi :
         

                Jean-Luc Mélenchon : « Cette affaire est du niveau du Watergate »



Quant à la réforme, Mme Belloubet a assuré que le gouvernement serait « toujours là pour défendre notre Constitution et la faire évoluer », le président de l’Assemblée François de Rugy (LRM) promettant aussi de tout faire pour qu’elle « aboutisse ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-2">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Françoise Fressoz estime que le ministre de l’intérieur, auditionné lundi par la commission des lois de l’assemblée nationale, est fortement fragilisé par l’affaire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Benalla : Gérard Collomb, l’homme faible de l’affaire

Dans sa chronique, la journaliste Françoise Fressoz estime que le ministre de l’intérieur, auditionné lundi par la commission des lois de l’assemblée nationale, est fortement fragilisé par l’affaire.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h16
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. Ils rêvent tous d’en découdre avec Emmanuel Macron. Droite et gauche confondues, comme une revanche sur tout ce qui s’est passé depuis un an, l’enterrement du vieux monde, leur enterrement à eux. Mais lorsque l’occasion se présente enfin, cette affaire Benalla dans laquelle la responsabilité du chef de l’Etat est directement en jeu, ils ne peuvent pas s’en prendre à lui. « Le Parlement ne peut pas interpeller le chef de l’Etat », soupire Jean- Luc Mélenchon, soulignant par la même l’incongruité de cette révision constitutionnelle qu’on tente de leur imposer et qu’ils vivent tous comme une nouvelle réduction des droits du Parlement face à cet hyper président qui les a tant humiliés.
Mais comme le leader de La France insoumise a décidé de la jouer républicain, il cible le gouvernement et, à l’intérieur du gouvernement, un homme : Gérard Collomb, tout désigné pour devenir le fusible de cette extravagante affaire qui a vu un chargé de mission de l’Elysée tabasser le 1er mai deux manifestants sans essuyer sur le moment de sanctions dignes de ce nom.

Auditionné lundi par la commission des lois de l’assemblée nationale puis mardi par celle du Sénat, le ministre de l’intérieur est l’homme faible de ce début de semaine. La droite et la gauche réclament sa tête, bien plus que celle du premier ministre, Edouard Philippe, qui joue depuis une semaine l’Arlésienne avec un certain talent, comme si l’affaire ne le concernait pas alors que Gérard Collomb est de plain-pied dedans. On lui reproche d’avoir eu connaissance dès le 2 mai des violences commises par Alexandre Benalla, lors d’une opération de maintien de l’ordre à laquelle il n’aurait jamais du participer et de n’avoir pas saisi le procureur ni diligenté une enquête de l’inspection générale de la police nationale, comme il aurait dû le faire.
Un politique doit payer
Le ministre de l’Intérieur a préféré s’en remettre à l’Elysée comme si une fois de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-3">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Une association emmène des petits urbains, de 3 à 6 ans, à la découverte de la nature. Leur objectif est aujourd’hui d’élargir leur public.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Annecy, les enfants des villes apprennent à devenir copains des bois

Une association emmène des petits urbains, de 3 à 6 ans, à la découverte de la nature. Leur objectif est aujourd’hui d’élargir leur public.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h29
    |

            Moina Fauchier-Delavigne (Annecy, Haute-Savoie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il leur a fallu une quinzaine de livres sur le sujet avant de s’y mettre. Car ni l’un ni l’autre n’étaient formés à l’éducation à l’environnement, ou à l’éducation tout court. Ils étaient deux novices, convaincus de l’importance du rôle de coéducateurs des parents. « Tous les deux très proches de la nature », Sébastien, consultant et auteur, et Anne-Claire Henry, qui a arrêté de travailler, voulaient « partager leur goût et encourager [leurs deux] enfants à un engagement citoyen ». 
Pour cela, ils ont fondé avec d’autres parents l’association Grandir et créer, avec pour mot d’ordre « le lien à la nature, le lien à soi et le lien aux autres ». « Parce qu’aimer la nature et s’en préoccuper, c’est important, dit Sébastien Henry. Mais on ne veut pas non plus fabriquer des éco-warriors, qui défendent la nature au détriment des humains. »
Depuis septembre 2016, chaque mardi matin, ils invitent des familles en forêt avec leurs enfants de 3 à 6 ans, et ont appris, au fil des semaines, à animer ces sorties gratuites. Au programme : développer les sens, explorer, jouer, créer…
« Extraterrestres »
Deux ans plus tard, par un dimanche ensoleillé de juin, une douzaine de familles s’est donné rendez-vous sur le bord du petit étang de la Lèche, à dix kilomètres au nord d’Annecy (Haute-Savoie). « Viens maman ! Regarde la fourmilière… elle est géante ! », appelle Louis, 6 ans, quelques fourmis sur ses chaussures.
Pour l’instant, c’est encore un public déjà acquis à la cause de la nature qui se retrouve régulièrement. Attirer des personnes moins sensibilisées à l’importance de l’environnement et du contact entre les enfants et la nature est plus compliqué, mais c’est désormais l’objectif prioritaire de l’association.
Des discussions ont été menées avec la MJC du quartier populaire des Teppes, et une première sortie en forêt devrait avoir lieu en octobre. Les familles sont partantes...




                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-4">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Alexandre Benalla, Vincent Crase et les trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi doivent être présentés à un juge d’instruction dans la journée.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : l’enquête a été confiée à un juge d’instruction

Alexandre Benalla, Vincent Crase et les trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi doivent être présentés à un juge d’instruction dans la journée.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 14h30
   





                        


Une information judiciaire a été ouverte et confiée à un juge d’instruction dans l’affaire Benalla, a annoncé dimanche 22 juillet le parquet de Paris. Les cinq personnes dont les gardes à vue ont été levées samedi au soir ont été déférées et doivent désormais être présentées à un juge d’instruction.
Il s’agit d’Alexandre Benalla, de Vincent Crase (un salarié de La République en marche qui se trouvait à ses côtés lors des violences place de la Contrescarpe à Paris) ainsi que des trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi suspectés d’avoir transmis à M. Benalla une vidéo captée par des caméras de vidéosurveillance le 1er mai. Mercredi soir, Le Monde avait révélé avoir formellement identifié MM. Benalla et Crase en train de molester un manifestant sur cette place du 5e arrondissement de la capitale.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat



L’enquête porte sur les chefs de « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique », « port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », « port prohibé d’arme de la catégorie B », « violation et recel de violation du secret professionnel » et « détournement et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection ».
Le parquet a par ailleurs requis le placement sous contrôle judiciaire des cinq suspects avec certaines obligations ; pour Alexandre Benalla et Vincent Crase l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et se contacter. Pour les trois fonctionnaires de la préfecture de police, le parquet demande à ce qu’ils aient l’interdiction d’exercer la fonction à l’occasion de laquelle ils ont commis les infractions reprochées et des interdictions de contact.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’examen de la révision constitutionnelle suspendu jusqu’à nouvel ordre



Le domicile d’Alexandre Benalla perquisitionné samedi
Samedi, le domicile d’Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avait été perquisitionné. Vendredi matin, il avait été placé en garde à vue, comme Vincent Crase, qui se trouvait à ses côtés lors des violences place de la Contrescarpe à Paris.
Les trois cadres de la préfecture de police de Paris qui ont été suspendus jeudi ont, eux, été placés en garde à vue samedi. La procédure à leur encontre porte sur des chefs de « détournement d’images d’un système de vidéo protection » ainsi que de « violation du secret professionnel ».

        Lire le récit :
         

          Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée



Les victimes présumées identifiées
Par ailleurs, les victimes présumées des violences commises par Alexandre Benalla le 1er mai ont été identifiées, a-t-on appris de source proche de l’enquête samedi. Elles avaient fait l’objet d’une procédure de vérification d’identité après avoir été interpellées le jour de la manifestation.
Selon les informations de Franceinfo, dont Le Monde a eu confirmation, elles ont indiqué aux enquêteurs qu’elles souhaitaient être entendues à une date ultérieure.


Vous détenez des informations confidentielles : témoignez sur Source sûre
Lancé en février 2015 par quatre médias francophones, dont Le Monde, le site Source sûre permet à des lanceurs d’alerte de confier des informations confidentielles à des médias en envoyant des documents qui seront transmis de façon anonyme et intraçable.
Toute personne désireuse de dénoncer, preuves à l’appui, des actes illégaux perpétrés par leur patron, leur chef ou par un responsable détenteur d’autorité, peut y déposer des documents et des messages.
La connexion au site, qui utilise le réseau anonyme et sécurisé TOR, peut parfois être plus lente qu’une connexion ordinaire non sécurisée.
Aller sur : Source sûre, le site d’envoi anonyme de documents vers les médias





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-5">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le 23 mars, le colonel Beltrame fait basculer hors de tout cadre protocolaire l’assaut mené par les gendarmes lors de l’attentat de Trèbes. « Le Monde » a reconstitué le déroulé des événements.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Taisez-vous c’est moi qui négocie » : récit de l’attentat de Trèbes vu de l’intérieur

Le 23 mars, le colonel Beltrame fait basculer hors de tout cadre protocolaire l’assaut mené par les gendarmes lors de l’attentat de Trèbes. « Le Monde » a reconstitué le déroulé des événements.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h15
    |

            Soren Seelow et 
Julia Pascual








                        



                                


                            
Dans la cour d’honneur des Invalides, où son cercueil a été déposé le temps d’une cérémonie, le chef de l’Etat a loué la « grandeur [qui] coulait dans ses veines » et convoqué la mémoire de Jean Moulin, des Martyrs du Vercors et des héros anonymes de Verdun. Cinq jours plus tôt, le 23 mars en fin de matinée, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame s’était substitué à une otage lors d’une attaque terroriste contre le Super U de Trèbes (Aude). Il avait succombé quelques heures plus tard aux coups de couteau portés par le terroriste, Radouane Lakdim, à l’issue d’un violent corps à corps.

Le sacrifice du colonel l’a élevé au rang de héros. Son courage et son destin tragique ont ému la France. La reconstitution de l’intervention des gendarmes dans le supermarché, à partir des éléments d’enquête dont Le Monde a pris connaissance, permet de mieux comprendre la dynamique toute personnelle de son geste. Elle dévoile un déroulé des faits plus complexe que celui que retiendra le récit national : celui d’un assaut qui a soudain basculé hors de tout cadre protocolaire sous l’impulsion d’un homme.

Ce vendredi 23 mars, aux alentours de 10 h 40, l’alerte est donnée dans la petite commune audoise. Les gendarmes apprennent qu’une prise d’otage est en cours au Super U. Très vite, les premiers militaires convergent vers la supérette dans laquelle Radouane Lakdim a fait irruption à 10 h 38 après avoir tué le matin même un homme et fait deux blessés dans la ville voisine de Carcassonne.
A l’intérieur du magasin, Radouane Lakdim a déjà abattu un client et un employé quand des militaires du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Carcassonne parviennent à rejoindre la salle vidéo, au premier étage. Après un bref examen de la situation sur les caméras de surveillance, le major Thierry G., commandant du PSIG, constitue une colonne d’intervention de quatre gendarmes. Aucun...




                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-6">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le 23 mars, le terroriste Radouane Lakdim s’est retranché avec une otage dans le Super U de Trèbes. « Le Monde » a pu reconstituer, minute par minute, le déroulé de ce tête-à-tête et de leur conversation.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Attentat de Trèbes : récit du huis clos entre le terroriste et son otage

Le 23 mars, le terroriste Radouane Lakdim s’est retranché avec une otage dans le Super U de Trèbes. « Le Monde » a pu reconstituer, minute par minute, le déroulé de ce tête-à-tête et de leur conversation.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 22h26
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h38
    |

            Soren Seelow et 
Julia Pascual








                        



                                


                            

Dans une supérette, un coup de feu fait le bruit d’une palette qui tombe au sol. C’est ce qu’a d’abord pensé Mickaël, 13 ans, tandis qu’il déambulait avec son papa au rayon fromages du Super U de Trèbes (Aude), ce vendredi 23 mars. A 10 h 40 précisément, Radouane Lakdim s’est présenté à la caisse de Céline, qui était en train de discuter avec le chef boucher, Christian Medves. Il a regardé la caissière droit dans les yeux et lui a souri. Puis il a dit : « C’est comme ça qu’on fait. » Christian Medves, 50 ans, a été tué de dos, d’une balle dans la tête tirée à bout portant.
Dans les allées du magasin, entre le rayon bio et les produits ménagers, les caddies se sont figés quelques secondes avant de reprendre leur routine. Chacun a pensé à une « palette », ou à des « pétards ». Marie-Chantal était en train de scanner ses articles à une caisse quand le coup est parti. Elle a sursauté, puis a repris le cours de ses achats. Une autre cliente, Marine, s’apprêtait, elle aussi, à régler ses courses quand elle a entendu des cris. Elle s’est alors souvenue qu’elle devait acheter du vin blanc, et est repartie d’un pas léger vers le rayon alcool.
Quelques secondes plus tard, le terroriste est arrivé dans le dos d’un client. « Toi, c’est gratuit », a-t-il lâché avant de tirer une balle dans le crâne d’Hervé Sosna, 65 ans. Il a hurlé « Allahou Akbar » en brandissant un couteau, puis s’est agacé de ne pas être pris au sérieux : « A terre, couchez-vous, j’en ai marre ! ». La plupart des clients et employés du Super U sont parvenus à s’enfuir du magasin. Julie, une hôtesse d’accueil de 40 ans, fait partie de ceux qui ont été pris au piège. Elle sera, pendant plus d’une demi-heure, l’otage de Radouane Lakdim. Un huis clos étouffant que Le Monde a reconstitué, minute par minute, à partir des enregistrements de leur conversation et de ses déclarations aux enquêteurs.

« Ben...



                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-7">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La Constitution actuelle, qui date de 1976 et qui est actuellement en train d’être réformée, limite le mariage à « l’union volontaire entre un homme et une femme ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

La nouvelle Constitution cubaine pourrait ouvrir la voie au mariage homosexuel

La Constitution actuelle, qui date de 1976 et qui est actuellement en train d’être réformée, limite le mariage à « l’union volontaire entre un homme et une femme ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 20h28
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 10h39
   





                        



   


Le projet de nouvelle Constitution que le Parlement cubain a commencé à examiner samedi 21 juillet ouvre la voie à une légalisation du mariage entre personnes du même sexe, une des principales revendications de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) de l’île.
Dans son article 68, le projet définit le mariage comme « l’union consentie volontairement entre deux personnes, sans préciser le sexe », a indiqué le quotidien officiel Granma, faisant le point sur les débats qui ont précédé cette session de l’Assemblée nationale. La Constitution actuelle, qui date de 1976, limite le mariage à « l’union volontaire entre un homme et une femme ».

        Lire aussi :
         

                Cuba reconnaît la propriété privée dans une refonte de sa Constitution



« Premier pas »
« Ce serait la porte ouverte pour faire progresser par la suite la légalisation des couples homosexuels », a estimé sur son blog le journaliste et militant gay Francisco Rodríguez (Paquito), également membre du Parti communiste au pouvoir.
De plus, souligne-t-il, le projet de texte « inclut le principe de non-discrimination selon l’orientation sexuelle ou le genre », ce qui permettrait de faire adopter « d’autres normes juridiques et d’autres politiques publiques » pour protéger les droits de la communauté LGBT à Cuba, longtemps discriminée. Mais il s’agit « d’un premier pas » et en ce domaine « la lutte ne sera pas facile », reconnaît-il.

        Lire aussi :
         

                Cuba ne sera plus dirigé par un Castro



La députée Mariela Castro, fille de l’ancien président Raul Castro et directrice du Centre national d’éducation sexuelle (Cenesex), milite depuis des années en faveur des droits des femmes et de la communauté LGBT.
224 articles
Dans la foulée de la révolution de 1959, les minorités sexuelles étaient stigmatisées et les homosexuels harcelés, voire envoyés en camps de « rééducation ». S’appliquait alors une politique de marginalisation vouée à les exclure de tout emploi public.
En 2010, Fidel Castro – pourtant peu habitué à verser dans l’autocritique – a reconnu les « injustices » faites aux homosexuels qui provoquèrent l’exil forcé de nombreux intellectuels et artistes dans les années 1960, 1970 et 1980.
L’Assemblée nationale travaille à une réforme de la Constitution de 1976 avec l’objectif, tout en maintenant son caractère socialiste, d’adapter le pays à la nouvelle époque économique et sociale. Le projet, qui compte 224 articles, doit être voté par l’assemblée d’ici à lundi et être soumis à un référendum populaire avant son adoption définitive.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-8">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ L’envoi de fonctionnaires marocains a suscité des critiques de la part des défenseurs des migrants, selon qui ces enfants sont interrogés sans la présence d’avocats.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
Découvrir l’application


                        

Des policiers marocains chargés d’identifier des mineurs errants à Paris

L’envoi de fonctionnaires marocains a suscité des critiques de la part des défenseurs des migrants, selon qui ces enfants sont interrogés sans la présence d’avocats.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 10h51
   





                        


On les surnomme « les enfants perdus du Maroc ». Ces mineurs isolés, drogués et violents, ont surgi en 2017, dans le 18e arrondissement de Paris, plus précisément dans le quartier de la Goutte-d’or.
Plus de deux ans après leur arrivée, les autorités françaises sollicitent l’aide du Maroc, qui a dépêché des policiers dans la capitale pour identifier ces jeunes en errance, en vue de leur éventuel rapatriement, a-t-on appris, samedi 21 juillet, auprès de la chancellerie.
Une mission de six agents des ministères marocains de l’intérieur et des affaires sociales a ainsi été déployée dans Paris depuis le 18 juin, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) cette source, confirmant des informations de L’Obs.

        Lire aussi :
         

                De Tanger à Paris, dans les pas des enfants perdus du Maroc



La situation des enfants des rues de la Goutte-d’Or inquiète les autorités depuis l’arrivée des premiers mineurs en 2016. Souvent très jeunes, abîmés par la drogue et agressifs, ils vivent de larcins et dorment dans des squares, refusant toute main tendue.
« Rétablir les liens familiaux »
Selon la chancellerie, « cette mission se donne pour objectifs de réaliser, sous l’autorité et avec l’appui des services de police et de justice français, l’identification des jeunes » placés en garde à vue ou présentés à un juge.
Elle tentera « de rétablir, en lien avec les autorités au Maroc, les liens familiaux, et quand cela s’avérera possible, d’envisager le retour de ces jeunes au Maroc, s’il est établi que ce retour correspond à l’intérêt supérieur de l’enfant », a ajouté cette source.

        Lire aussi :
         

                De Tanger à Paris, dans les pas des enfants perdus du Maroc



« Ces jeunes représentent une part très importante de l’activité de la permanence pénale du parquet des mineurs de Paris, puisque 813 d’entre eux ont été placés en garde à vue en 2017 et 482 ont été déférés au parquet. Ils refusent en général les prises en charge et fuguent des dispositifs de placement », a précisé le ministère de la justice. Cette situation a conduit Paris et Rabat « à renforcer leur coopération », a fait valoir la Place Vendôme.
Critiques
La révélation de l’envoi de fonctionnaires marocains à Paris a suscité de vives critiques dans les rangs des défenseurs des migrants mineurs. Quand ces enfants des rues « sont interpellés, on en profite pour les faire auditionner par des policiers marocains et ce, sans avocat présent. C’est contraire au droit et proprement scandaleux », a réagi Me Emmanuel Daoud.
« La situation est difficile, mais la réponse relève d’une opération quasi clandestine qui ne fait pas honneur au ministre de l’intérieur » Gérard Collomb, a affirmé l’avocat parisien.
Pour Me Daoud, « ces enfants étaient déjà dans la rue » avant d’arriver à Paris, « victimes de violences intrafamiliales » voire « aux mains de réseaux de traite d’êtres humains : ils vont devenir quoi si on les renvoie au Maroc ? »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-9">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Plusieurs milliers de personnes ont défilé en mémoire du jeune homme mort il y a deux ans dans une gendarmerie, dans des circonstances toujours inexpliquées.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

A Beaumont-sur-Oise, une marche pour réclamer « justice pour Adama Traoré, comme pour Alexandre Benalla »

Plusieurs milliers de personnes ont défilé en mémoire du jeune homme mort il y a deux ans dans une gendarmerie, dans des circonstances toujours inexpliquées.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h27
    |

                            Astrid de Villaines








                        



   


« Voilà l’homme qui fait trembler la République ! » En souriant, samedi 21 juillet après-midi, devant la gare de Persan-Beaumont (Val-d’Oise) où se déroule la marche blanche pour Adama Traoré, le député Insoumis Eric Coquerel fait les présentations.
A sa gauche, Philippe Poutou, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2017. A sa droite, Taha Bouhafs, le militant insoumis qui a filmé et diffusé sur les réseaux sociaux la scène mettant en cause Alexandre Benalla, place de la Contrescarpe, le 1er mai, que Le Monde a formellement identifié mercredi.
Tous sont venus soutenir le « collectif Adama » qui réclame « la vérité et la justice », deux ans après le décès du jeune homme de 24 ans, sur le sol d’une gendarmerie après une interpellation, sans que les causes de sa mort ne soient encore élucidées.
« Ce qui est dingue, c’est que cette vidéo soit passée inaperçue à l’époque. Cela en dit long sur la banalisation des violences policières », remarque M. Bouhafs, devant ses deux interlocuteurs qui acquiescent et le félicitent.

        Lire aussi :
         

                Deux ans après la mort d’Adama Traoré, l’enquête est toujours enlisée



« Nous, on attend toujours que justice se fasse »
L’affaire révélée dans nos colonnes est sur quasiment toutes les lèvres. « Mais elle est nulle [la ministre de la justice Nicole] Belloubet ! Même moi j’ai été meilleure à mon oral de fin d’année ! », s’amuse une étudiante devant ses amis, dans le train qui l’emmène de Paris au rassemblement de Beaumont-sur-Oise.
« On n’oublie pas ! On pardonne pas ! » Au rythme des slogans, 4 000 personnes (selon les organisateurs) s’élancent pour rejoindre Boyenval, le quartier où vivait Adama Traoré. Beaucoup de jeunes sont venus de Paris, d’autres départements d’Ile-de-France ou de Beaumont-sur-Oise. Comme Lassana Doucouré, footballeur de 27 ans qui connaissait Adama Traoré et qui a « entendu rapidement parler de l’affaire Benalla à la télévision ». « Lui, il n’a pas été puni. Nous, on attend toujours que justice se fasse », déplore-t-il.
Dans la foule, les personnalités politiques se mélangent aux citoyens. Le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière tape sur l’épaule de l’ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon. David Cormand, le secrétaire national d’Europe-Ecologie-Les Verts est venu, tout comme Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, pour représenter le PS. « La gauche est en miettes, mais on se réunit sur l’injustice », constate Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris.
« Le sentiment d’une justice à deux vitesses »
« Vous, les Benalla du futur ! », s’agace un manifestant en passant devant des élus portant leur écharpe tricolore. Certains manifestants craignent une récupération politique. « Le fait qu’il y ait des politiques, même si c’est sûrement de la récupération, cela peut nous être utile », remarque toutefois Elisabeth Abanda, étudiante parisienne de 24 ans. « Ce n’est pas calculateur, on nous a demandé de mettre notre écharpe. Ils nous disent qu’ils veulent qu’on les représente », assure Esther Benbassa.

   


Celui qui est visé, c’est surtout François Ruffin. Le député (LFI) de la Somme n’était pas présent l’an passé. Il attendait d’en savoir plus sur l’enquête. « C’est fort de café qu’il soit là, d’ailleurs il se cache ! », observe Selim Ben Amor, étudiant de 24 ans à Créteil. Défilant à la toute fin du cortège, M. Ruffin assume. « Je reconnais mes maladresses, je m’en suis expliqué auprès d’Assa Traoré » – la sœur d’Adama Traoré en tête de cortège.
« Les gendarmes n’ont toujours pas été auditionnés. Il faut absolument que la justice avance, sinon la colère va se transformer en rage, puis en violence. Il faut la justice pour Adama Traoré, comme pour Alexandre Benalla », conclut le parlementaire. « Le sentiment d’une justice à deux vitesses est très grave. Il y a une République pour les uns et pas pour les autres », abonde M. Hamon, entre deux selfies.
Beaucoup dénoncent également le racisme. « France, pays des droits de l’homme blanc », peut-on lire sur une affiche. « Je sais que cela aurait pu arriver à quelqu’un de ma famille. C’est pour cela que je suis venue », affirme Brave Kassala, jeune femme noire de vingt ans. « Evidemment qu’il y a du racisme, depuis l’esclavage ! », abonde son amie Elodie Zig. Et toutes deux d’en conclure : « Une personne blanche sera toujours mieux traitée, au travail ou en justice. »

        Lire aussi :
         

                La gauche, hors PS, appelle à marcher en hommage à Adama Traoré






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-10">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ L’affaire Benalla et ses multiples rebondissements empêchent tout travail parlementaire serein à l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
Découvrir l’application


                        

Affaire Benalla : l’examen de la révision constitutionnelle suspendu jusqu’à nouvel ordre

L’affaire Benalla et ses multiples rebondissements empêchent tout travail parlementaire serein à l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 12h36
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        


L’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur d’Emmanuel Macron identifié par Le Monde en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er mai, n’en finit pas de perturber le travail de l’Assemblée nationale. Dimanche 22 juillet, peu après la reprise de la séance, suspendue prématurément la veille, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a annoncé que l’examen de la révision constitutionnelle était suspendu et serait repris « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».
« Le travail législatif doit reprendre et il reprendra », a affirmé peu après le président de l’Assemblée, François de Rugy, dans un communiqué au ton très solennel. « Nous ne réunissons pas l’Assemblée nationale pour faire des rappels au règlement. L’Assemblée nationale n’est pas un théâtre filmé. L’Assemblée nationale est un lieu de débat ET de décision », écrit-il, estimant que « l’agitation doit retomber ». « La prochaine séance aura lieu demain lundi à 16 heures », conclut-il.
Samedi, la séance nocturne portant sur ce texte avait déjà été annulée après une polémique sur un badge accordé à M. Benalla et une vive altercation entre Marine Le Pen et Christophe Castaner. Suspendue à 19 heures, une heure plus tôt que d’ordinaire pour la pause du dîner, la séance avait repris comme annoncé vers 21 h 30. Mais le président de l’Assemblée l’a levée quasi immédiatement, ne jugeant pas « utile de consacrer à nouveau une séance à enchaîner les rappels au règlement », qui inondent le débat dans l’hémicycle depuis les premières révélations.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat



« Spectacle ridicule et nuisible »
« Tout ça pour ça », avait lâché samedi dans les couloirs le porte-parole du PS, Boris Vallaud, à quelques mètres d’élus de la majorité discutant par petits groupes, notamment le président de l’Assemblée, celui du groupe LREM, Richard Ferrand, et la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
« Je ne reviendrai pas demain dans ce spectacle ridicule et nuisible », déclarait samedi soir à l’Agence France-Presse le coprésident des députés UDI-Agir-Indépendants, Jean-Christophe Lagarde, pour lequel l’opposition ne devrait « pas continuer ce jeu », « il n’y a plus de raison de bloquer maintenant que la commission d’enquête et la publicité de ses auditions ont été obtenues ».
Après la réunion matinale de la commission des lois, dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête, qui entendra le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, lundi, les débats ont tourné au chaos les deux jours précédents.

        Lire l’entretien :
         

          Jean-Luc Mélenchon : « Cette affaire est du niveau du Watergate »



Des orateurs de gauche et de droite ont défilé pour appeler à suspendre les discussions jusqu’à la semaine prochaine, jugeant impossible de débattre « sereinement » de la Constitution vu le « contexte » d’une affaire qui « s’apparente au gré des révélations à un scandale d’Etat ». La majorité a encore déploré l’« obstruction », des « pompiers pyromanes », selon la formule du président des LREM, Richard Ferrand.
Un badge polémique
L’opposition a également attaqué sur un badge qui permettait à Alexandre Benalla d’accéder à l’hémicycle depuis le 24 juillet 2017. Le Monde a pu consulter la fiche d’informations confirmant l’existence d’une accréditation, accordée à M. Benalla. Il s’agit d’un badge « H » qui donne accès à l’hémicycle, un niveau d’autorisation supérieur à celui des simples collaborateurs, et dont la date de début est le 24 juillet 2017.
Dans un communiqué, la présidence de l’Assemblée a fait savoir que ce badge avait été attribué à M. Benalla « à la demande du directeur de cabinet du président de la République (…) en sa qualité de chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la République ».

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée



Vendredi, en séance, le député Les Républicains (LR) Marc Le Fur a été le premier à évoquer publiquement l’existence de ce badge, jugeant son octroi injustifié :
« Cela veut dire quoi ? Jusqu’à présent, M. Benalla ne disposait pas de fonctions politiques. Or, mes chers collègues, ceux qui disposent d’un tel badge font de la politique puisqu’ils assistent à l’hémicycle. Ils ne font pas de la sécurité, ils font de la politique. »
Interrogé par Le Monde, il a confirmé que « ce n’est pas un badge du tout-venant, c’est le badge du niveau le plus élevé qui soit ! Du niveau du cabinet du président de l’Assemblée ! » Christian Jacob, président du groupe LR, a aussi demandé « au nom de quelles fonctions [Alexandre Benalla] vient ici [à l’Assemblée nationale] ? (…) Quel est le rapport entre la sécurité du président de la République et être ici dans l’hémicycle ? », a-t-il poursuivi, qualifiant par ailleurs M. Benalla de « barbouze ».
Le ton monte
En vertu du principe républicain de séparation des pouvoirs, le président de la République ne peut pas participer aux séances parlementaires et ne se rend donc jamais à l’Assemblée nationale. Pour autant, pour le président de l’Assemblée, François de Rugy, il n’y a rien d’inhabituel à ce qu’un collaborateur de l’Elysée dispose d’un tel accès au palais Bourbon. « Vous le savez sans doute, il y a pour accéder à l’Assemblée nationale plusieurs milliers de badges [pour] un certain nombre de collaborateurs de l’exécutif. Il en a toujours été ainsi », a-t-il répondu à M. Le Fur.
Toujours selon François de Rugy, il s’agit de « pratiques courantes et normales » et « le badge a été immédiatement désactivé quand M. Benalla s’est vu retirer les fonctions qu’il avait à la présidence de la République », sans donner la date précise de cette décision. « Il n’y a donc rien de plus à en dire, tout cela se fait dans la logique de notre fonctionnement d’assemblée », appelant à ne « pas créer des polémiques inutiles ».
Selon Laure Bretton, journaliste politique à Libération, sous le mandat de François Hollande, seuls deux collaborateurs présidentiels disposaient d’un tel badge d’accès, Bernard Rullier et Vincent Feltesse, conseillers aux affaires parlementaires.

        Lire le récit :
         

          Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée



Enfin, le ton est monté dans les couloirs du Palais Bourbon, entre Marine Le Pen et Christophe Castaner, dans une scène inédite devant la presse et quelques députés sidérés. La première a reproché au second son absence dans l’hémicycle déplorant que ses « amis de LREM refusent » de le convoquer devant la commission d’enquête parlementaire.
« Si je suis convoqué par la commission d’enquête, je viendrai. Et j’apprécierais que vous en fassiez autant si un juge vous convoque », a rétorqué le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement et délégué général de LREM.


Vous détenez des informations confidentielles : témoignez sur Source sûre
Lancé en février 2015 par quatre médias francophones, dont Le Monde, le site Source sûre permet à des lanceurs d’alerte de confier des informations confidentielles à des médias en envoyant des documents qui seront transmis de façon anonyme et intraçable.
Toute personne désireuse de dénoncer, preuves à l’appui, des actes illégaux perpétrés par leur patron, leur chef ou par un responsable détenteur d’autorité, peut y déposer des documents et des messages.
La connexion au site, qui utilise le réseau anonyme et sécurisé TOR, peut parfois être plus lente qu’une connexion ordinaire non sécurisée.
Aller sur : Source sûre, le site d’envoi anonyme de documents vers les médias





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-11">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Des photographies montrent que le collaborateur de l’Elysée pourrait avoir conservé des fonctions moins restreintes que ne l’affirme la présidence.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Des images interrogent sur les fonctions exactes d’Alexandre Benalla après sa suspension

Des photographies montrent que le collaborateur de l’Elysée pourrait avoir conservé des fonctions moins restreintes que ne l’affirme la présidence.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 12h48
   





                        



   


Quelles ont été les fonctions exactes occupées par Alexandre Benalla à l’Elysée de son retour de suspension le 19 mai jusqu’aux premières révélations du Monde, le 18 juillet ? Critiqué pour sa gestion de ce dossier sur le moment, l’entourage d’Emmanuel Macron s’est défendu en mettant en avant la sanction prise rapidement à l’encontre du collaborateur dès son comportement connu, « la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », selon le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit.
Suspendu quinze jours, il aurait également vu ses attributions cantonnées à un rôle interne à l’Elysée, jusqu’à l’annonce d’une procédure de licenciement à son encontre vendredi 20 juillet.
Des images publiées par Libération et Paris Normandie montrent néanmoins que le champ d’intervention de M. Benalla durant ces deux mois pourrait avoir été moins limité que ne l’a affirmé l’Elysée. Le collaborateur présidentiel pourrait n’avoir pas seulement continué d’apparaître aux côtés du chef de l’Etat, mais aussi gardé ponctuellement la charge de sa sécurité à l’extérieur.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : fin de garde à vue pour Alexandre Benalla et quatre autres suspects



Selon la présidence, le rôle de M. Benalla a été cantonné à l’Elysée
Jeudi 19, Bruno Roger-Petit déclarait qu’Alexandre Benalla avait été mis à pied temporairement, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire puis, à son retour, « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ».
Selon l’Elysée, le collaborateur s’est occupé dans cet intervalle de la sécurisation d’événements « à l’intérieur du palais », notamment des rencontres avec des entreprises. A Libération, l’Elysée a confirmé par la suite qu’Alexandre Benalla « s’est uniquement occupé d’organiser des événements au Palais », en ajoutant deux exceptions : « La panthéonisation de Simone Veil [le 1er juillet] et la réception des Bleus [le 16] ».

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat



Deux déplacements hors de l’Elysée posent question

   


Mais il n’y a pas qu’à la réception à l’Elysée que l’on a pu apercevoir Alexandre Benalla, lundi. Des photos le montrent, plus tôt, à l’intérieur du bus transportant les champions du monde de football et, dès l’arrivée des Bleus à l’aéroport de Roissy, les gendarmes présents à l’aéroport ont fait part à leur hiérarchie d’un incident impliquant le collaborateur de l’Elysée, comme l’a révélé M6.
D’autres images publiées dans la presse montrent que les « exceptions » à cette règle pourraient avoir été plus nombreuses, et le périmètre d’action du collaborateur présidentiel moins restreint que l’Elysée ne l’a laissé entendre dans un premier temps.

Affaire Benalla : ces photos qui contredisent l'Elysée https://t.co/iQ3lrG7ZJ9 https://t.co/22mnK7Nl1G— libe (@Libération)


require(["twitter/widgets"]);

Ainsi, Libération a publié plusieurs photos montrant M. Benalla accompagnant le chef de l’Etat lors du défilé du 14 juillet, des dossiers à la main, avec deux agents du groupe de sécurité de la présidence de la République. Ce qui laisse entendre que sa présence ce jour-là, déjà connue, serait bien liée à ses fonctions.

Exclusif @paris_normandie : contrairement à ce que dit l'#Elysée, Alexandre #Benalla assurait encore la sécurité ra… https://t.co/m7nFZ2uSHt— paris_normandie (@paris_normandie)


require(["twitter/widgets"]);

Samedi, le quotidien Paris Normandie a révélé à son tour un cliché pris à Giverny (Eure) le 13 juillet montrant le conseiller devant Brigitte et Emmanuel Macron lors d’une visite privée du Musée des impressionnismes et de la Fondation Claude-Monet. M. Benalla semble alors « clairement assurer la protection du couple présidentiel », écrit le quotidien local.

        Lire aussi :
         

                Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat




Vous détenez des informations confidentielles : témoignez sur Source sûre
Lancé en février 2015 par quatre médias francophones, dont Le Monde, le site Source sûre permet à des lanceurs d’alerte de confier des informations confidentielles à des médias en envoyant des documents qui seront transmis de façon anonyme et intraçable.
Toute personne désireuse de dénoncer, preuves à l’appui, des actes illégaux perpétrés par leur patron, leur chef ou par un responsable détenteur d’autorité, peut y déposer des documents et des messages.
La connexion au site, qui utilise le réseau anonyme et sécurisé TOR, peut parfois être plus lente qu’une connexion ordinaire non sécurisée.
Aller sur : Source sûre, le site d’envoi anonyme de documents vers les médias





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-12">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ « Mensonge », « affaire d’Etat », « tempête sur l’Elysée »… l’affaire Benalla s’affiche à la « une » des principaux quotidiens nationaux et régionaux, samedi.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/22/18-13">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ En dépit de l’annonce du licenciement d’Alexandre Benalla, la polémique se poursuit et la presse réclame samedi des explications du chef de l’Etat.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : la presse fustige « le Rambo » et « le mutique » de l’Elysée

En dépit de l’annonce du licenciement d’Alexandre Benalla, la polémique se poursuit et la presse réclame samedi des explications du chef de l’Etat.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h33
   





                        


Malgré l’annonce par l’Elysée du licenciement d’Alexandre Benalla, placé en garde à vue vendredi, la polémique se poursuit. La presse fustige, samedi 21 juillet, « le Rambo » et « le mutique » de l’Elysée et réclame des explications du chef de l’Etat. « Le président ne s’est toujours pas expliqué sur l’invraisemblable omniprésence à ses côtés de ce “gros bras” de sa campagne », s’indigne Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées, qui, comme nombre de ses confrères, s’interroge sur Benalla : « Rambo ou barbouze ? », se demande-t-il.

        Lire aussi :
         

                Le point sur l’affaire Benalla, quarante-huit heures après les premières révélations



Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet estime que, pour le chef de l’Etat, « le handicap majeur (...) est dans la tétanisation et la sidération de la majorité » et constate qu’on se trouve face à « un président mutique et une majorité désemparée ».
« Les Français se demandent qui ils ont vraiment élu, commente Laurent Joffrin dans Libération. Un Eliacin qui rénovera la République ? Ou bien un homme d’ambition et d’opportunisme, qui mène sa barque entouré de sous-mousquetaires faits par lui, entre commando et start-up ? »
De son côté, dans Le Figaro, Guillaume Tabard trouve que « le silence macronien crée une disruption dans une présidence devenue aussi bavarde, et parfois anecdotique, que celles de Nicolas Sarkozy et François Hollande ».
Dans Sud Ouest, Bruno Dive évoque aussi le « silence si éloquent » de « ce jeune président » et souligne qu’avec cette affaire, « c’est comme si une part d’ombre de ce président venait de se révéler ».
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/14

Suivant









Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


« Macron doit s’expliquer »
Didier Rose dans Dernières nouvelles d’Alsace hésite entre un « couac de com » et « une incapacité du maître des horloges de remettre autour de lui les pendules à l’heure ». Il estime que s’entêter à déclarer la République « inaltérable » ne « rendra pas imperméable [Macron] aux effets délétères de ces cagades dignes d’un monde honni ».
« Alors que Macron a suscité l’espoir chez tous ceux qui voulaient du sang neuf et des idées nouvelles, il patauge dans le marigot des années les plus noires des barbouzes », s’exaspère Dominique Garraud dans Charente libre. Dans La Voix du Nord, Jean-Michel Bretonnier estime que le chef de l’Etat qui voulait « rompre avec un ancien monde politique manœuvrier et dissimulateur (...) est tombé dans les travers qu’il dénonçait ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Benalla : une affaire d’Etat



« Macron doit s’expliquer, tonne Jean-Marc Chevauché du Courrier picard. Il est temps qu’il comprenne qu’il a été élu pour rendre des comptes aux Français quand ils le lui demandent avec une telle force. » « Comment peut-on d’un côté promouvoir la République exemplaire et inaltérable qui sied à l’honnête homme et de l’autre cumuler autant de lacunes et de négligences, faites de postures inappropriées, de réactions inadaptées, de manquements aberrants ? », s’inquiète Hervé Chabaud dans L’Union.
« Alexandre Benalla est bien plus qu’un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron, ironise Yann Marec du Midi libre. C’est désormais son talon d’Achille. »

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-14">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La France insoumise, Génération.s, EELV, le PCF, le NPA et le PS vont manifester au côté du comité Adama deux ans après la mort du jeune homme dans une gendarmerie.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La gauche, hors PS, appelle à marcher en hommage à Adama Traoré

La France insoumise, Génération.s, EELV, le PCF, le NPA et le PS vont manifester au côté du comité Adama deux ans après la mort du jeune homme dans une gendarmerie.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h48
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Cela fait deux ans qu’ils attendent des réponses. La famille et les soutiens d’Adama Traoré, ce jeune homme mort après une interpellation musclée le 19 juillet 2016 sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) dans des circonstances encore non élucidées, organisent une marche, samedi 21 juillet, pour réclamer « la vérité et la justice ». « Cela fait deux ans que la famille patiente. Il y a des limites. La justice doit être égale pour tous » résume l’un des membres du comité Adama, à l’origine de la manifestation, Youcef Brakni.

        Lire aussi :
         

                Deux ans après la mort d’Adama Traoré, l’enquête est toujours enlisée



Depuis la plainte déposée par la famille en 2016 pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non-assistance à personne en danger », l’enquête piétine. La famille, qui dénonce une bavure policière, s’impatiente. Dans une lettre ouverte intitulée « La mort de mon frère mérite des réponses » et publiée dans L’Obs, la sœur d’Adama Traoré, Assa Traoré, s’adresse directement à Emmanuel Macron et Nicole Belloubet, la ministre de la justice : « Pourquoi cette mort en France, en 2016, dans une gendarmerie ? Comment cela se peut-il ? », interroge-t-elle.
« Plusieurs milliers » de personnes attendues
L’année dernière, le rassemblement avait réuni environ 2 000 personnes, cette fois, M. Brakni en attend « plusieurs milliers ». L’organisateur a des raisons d’espérer : toutes les formations de gauche – PS mis à part – ont appelé à rejoindre le rassemblement, ce qui n’était pas le cas le 22 juillet 2017, pour le premier anniversaire de la mort d’Adama Traoré, 24 ans aux moments des faits.
Cette année, le groupe La France insoumise de l’Assemblée nationale a appelé collectivement à s’y rendre, quand ils n’étaient que quelques-uns l’année dernière. Jean-Luc Mélenchon n’y sera pas personnellement mais les députés Alexis Corbière, Danièle Obono, Eric Coquerel et Mathilde Panot seront présents. « J’ai mobilisé dans ma circonscription, les réunions étaient pleines !, raconte M. Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. On ne peut pas toujours parler des quartiers populaires sans aller les soutenir sur les sujets qui les concernent. »
Génération.s, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le Nouveau Parti anticapitaliste appellent à s’y rendre. Les chefs de file des deux premiers mouvements, Benoît Hamon et David Cormand, seront présents. Le Parti socialiste qui n’était au départ « pas au courant » de cette marche, selon son premier secrétaire, Olivier Faure, envoie finalement un représentant, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et « des militants mobilisés », selon l’entourage d’Olivier Faure.
« On ne veut pas du soutien » du PS
Ces appels à venir manifester sont « une bonne nouvelle » pour M. Brakni, qui dit avoir « bataillé pendant un an pour se faire entendre du mouvement social et de la gauche », notamment en participant aux manifestations de cheminots ou d’étudiants cette année, jusqu’à prendre – « apothéose » – la tête du cortège du 26 mai, la dernière manifestation en date. « Avant, ils ne voyaient pas. C’était timide et hésitant. On a dû s’imposer et on a été entendus », se satisfait le responsable du collectif Adama.
Seul le Parti socialiste n’appelle pas à se rendre à cette marche. « Nous apportons notre soutien à la famille et demandons que le rapport relatif aux conditions de décès soit remis le plus rapidement possible », indique Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise et membre de la direction de la rue de Solférino. « Le PS n’est pas de gauche, ils sont de centre droit. Adama est mort sous un gouvernement de gauche où Bernard Cazeneuve soutenait les forces de l’ordre. On ne veut pas de leur soutien », rejette M. Brakni.
Le cortège débutera à 14 heures de la gare de Persan-Beaumont, pour s’achever à Boyenval, le quartier où habitait Adama Traoré. La marche sera suivie de la projection d’un documentaire inédit, Pour Adama, chapitre 1, et d’un concert gratuit.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-15">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat

Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Alors qu’Emmanuel Macron avait fait de l’exemplarité l’un des piliers de son quinquennat, c’est un manquement grave sur ce terrain de l’éthique et de la responsabilité du pouvoir qui provoque la crise la plus aiguë à laquelle le président de la République ait été confronté depuis son élection.
L’affaire Benalla est en train de se transformer en affaire d’Etat, fragilisant l’exécutif sur ce qui devait au contraire faire sa force : la promesse des pratiques d’un « nouveau monde ».
Tout commence par une vidéo et l’identification par Le Monde, le 18 juillet, d’Alexandre Benalla, l’un des chargés de mission de la présidence, coiffé d’un casque de police, qui s’en prend de façon violente à deux manifestants lors d’un rassemblement à l’occasion du 1er-Mai.
Celui qui avait été autorisé à suivre l’intervention des forces de l’ordre « en observateur » s’est vu, aux dires de l’Elysée, infliger une sanction. En l’occurrence pour le moins légère, puisqu’elle a pris la forme d’une suspension temporaire de quinze jours. Cette décision, qui n’avait pas vocation à sortir de l’Elysée, a jeté de premières suspicions sur le fonctionnement du sommet de l’Etat.
Une décision trop tardive
Après des atermoiements coupables et une communication catastrophique, voyant que l’affaire prenait des proportions de plus en plus incontrôlables, le chef de l’Etat s’est enfin résolu, le 20 juillet, à faire ce qu’il aurait dû décider depuis le début, c’est-à-dire licencier ce collaborateur, dont le profil, les méthodes et les relations troubles auraient dû alerter depuis longtemps, comme l’ont montré nos différentes enquêtes.
Cette décision est trop tardive pour mettre fin à un scandale qui met en lumière les failles d’une pratique du pouvoir hypercentralisée. M. Macron avait fait sienne la verticalité comme gage d’efficacité pour réformer le pays. Aujourd’hui, pour l’avoir poussée jusqu’à la caricature, elle est en train de se retourner contre lui. Le président aime agir avec ses fidèles en mode commando. C’est ce système dans lequel la loyauté prime sur tout le reste qui a conduit le président à commettre une faute politique majeure.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat



Les conséquences sont graves, car cette affaire revêt toutes les caractéristiques d’une affaire d’Etat. Nous sommes en présence d’un pouvoir qui a, visiblement, choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles. Elle révèle une série de dysfonctionnements au sein de l’Elysée qui ont eu des répercussions en cascade.
Ainsi du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ou des hauts fonctionnaires informés qui n’ont pas alerté la justice. Ainsi de la Préfecture de police de Paris dont trois des cadres ont déjà été sanctionnés dans ce dossier.
Les contre-pouvoirs ont fonctionné
C’est aussi une affaire d’Etat parce qu’elle affaiblit durablement le pouvoir et sa capacité à agir. Sans compter le trouble qui a saisi la majorité, tétanisée et déboussolée par l’attitude de l’Elysée.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée



Dans ce moment important dans la vie démocratique, il faut toutefois se féliciter que les contre-pouvoirs aient fonctionné. La presse, d’abord, qui a révélé ce qui avait vocation à rester dissimulé au sein de l’Elysée. La justice, ensuite, qui a lancé une enquête et qui doit maintenant faire son travail. Le Parlement, enfin, qui a décidé de mettre en place une double commission d’enquête chargée d’établir la vérité.
Réticent à donner des explications, M. Macron avait, jeudi, balayé les questions gênantes par une réponse évasive : « La République est inaltérable. » Ce n’est pas le cas de l’image d’un président, qui semble n’avoir pas rompu avec les pratiques de l’« ancien monde ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-16">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le groupe majoritaire La République en marche a, en outre, accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : Gérard Collomb auditionné publiquement lundi à 10 heures à l’Assemblée

Le groupe majoritaire La République en marche a, en outre, accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 21h48
   





                        


Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, sera auditionné lundi à 10 heures dans le cadre de l’« affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, dotée des pouvoirs d’enquête, a annoncé samedi 21 juillet sa présidente, Yaël Braun-Pivet (La République en marche, LRM).
La veille, le bureau de la commission des lois avait échoué à s’accorder sur un programme d’auditions, butant principalement sur la publicité des auditions à venir. Les députés de la majorité défendaient vendredi soir le huis clos général, sauf pour l’audition du ministre de l’intérieur. La confidentialité permettant, arguaient-ils, de s’assurer de la qualité des réponses des auditionnés.

        Lire aussi :
         

                La mise sur pied de la commission d’enquête Benalla à l’Assemblée tourne au fiasco



Le préfet de Paris également auditionné lundi

   


Les choses se sont débloquées samedi matin, lors de la nouvelle réunion pour achever de fixer le calendrier des auditions. Le groupe majoritaire LRM, par la voix de Marie Guevenoux, a accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».
Dans un communiqué à la mi-journée, la commission des lois de l’Assemblée rappelle que « les auditions auxquelles elle procédera seront publiques, retransmises et ouvertes à la presse, sauf décision contraire ». L’audition de Michel Delpuech, préfet de police de Paris, lundi à 14 heures, fera suite à celle du ministre de l’intérieur.
Outre MM. Collomb et Delpuech, Yaël Braun-Pivet a proposé d’auditionner un certain nombre de responsables policiers ainsi que le directeur de cabinet du président de la République Patrick Strzoda et le responsable du Groupe de sécurité de la présidence de la République, le colonel Lionel Lavergne. « Dans un premier temps, je pense que cela peut satisfaire aux travaux de la commission », a-t-elle dit, ajoutant plus tard devant la presse qu’il ne lui semblait pas nécessaire « de charger la barque inutilement ».
L’opposition demande d’autres auditions
En revanche, pour Guillaume Larrivé (LR), « la liste est encore parcellaire » et il est « nécessaire » d’entendre Alexandre Benalla ainsi que Vincent Crase, employé de La République en marche qui était avec lui quand il a été filmé frappant des manifestants le 1er mai à Paris. Les deux hommes sont actuellement en garde à vue.
Le député LR de l’Yonne a également demandé l’audition de responsables de la majorité, dont Christophe Castaner. Cette demande a été réitérée par Marine Le Pen samedi, dans les couloirs du Palais Bourbon, devant la presse et quelques députés sidérés. La présidente du Front national a reproché au délégué général de La République en marche son absence dans l’hémicycle déplorant que ses « amis de LREM refusent » de le convoquer devant la commission d’enquête parlementaire.
« Si je suis convoqué par la commission d’enquête, je viendrai. Et j’apprécierais que vous en fassiez autant si un juge vous convoque », a rétorqué le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général de LREM.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : quels pouvoirs pour la commission d’enquête ?



Parmi les responsables de l’Elysée, M. Larrivé voudrait celles du secrétaire général Alexis Kohler, et du porte-parole Bruno Roger-Petit. Stéphane Peu (PCF) de son côté a demandé l’audition de représentants des syndicats de policiers, les Insoumis insistant pour leur part pour entendre M. Benalla et si besoin Brigitte Macron.
Gérard Collomb sera également auditionné mardi à 17 h 45 par les sénateurs, qui souhaitent eux aussi faire la lumière sur les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla, collaborateur d’Emmanuel Macron à l’Elysée, a participé aux opérations des forces de l’ordre le 1er mai à Paris. Les images de ce chargé de mission à la présidence de la République frappant un jeune homme et malmenant une jeune fille lors d’une manifestation, entouré de CRS et portant un casque de police, a déclenché une tempête politique et paralysé les travaux de l’Assemblée.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat




        Lire aussi :
         

                Le point sur l’affaire Benalla, quarante-huit heures après les premières révélations






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-17">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ L’ex collaborateur d’Emmanuel Macron, Vincent Crase, et les trois cadres de la préfecture de police de Paris mis en cause dans ce dossier seront présentés dimanche à un juge d’instruction.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : fin de garde à vue pour Alexandre Benalla et quatre autres suspects

L’ex collaborateur d’Emmanuel Macron, Vincent Crase, et les trois cadres de la préfecture de police de Paris mis en cause dans ce dossier seront présentés dimanche à un juge d’instruction.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 00h45
   





                        



   


Les gardes à vue d’Alexandre Benalla, ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, et de quatre autres personnes ont été levées samedi 21 juillet soir, a annoncé le parquet de Paris, qui prévoit d’ouvrir une information judiciaire dimanche. Les cinq mis en cause doivent être présentés à un juge d’instruction.
Alexandre Benalla est soupçonné de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » et d’« usurpation de fonctions », notamment, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte après des révélations du Monde. Son domicile à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné dans la journée de samedi.
L’ex-chef adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron a été identifié dans une vidéo sur laquelle on peut le voir, coiffé d’un casque de police, frapper un jeune homme et malmener une jeune femme le 1er mai, à Paris. Il avait été placé en garde à vue vendredi, comme Vincent Crase, un salarié de La République en marche (LRM) qui se trouvait à ses côtés lors des violences place de la Contrescarpe à Paris.
Trois fonctionnaires de police suspendus
Trois cadres de la préfecture de police de Paris avaient également été placés en garde à vue dans le cadre de ce dossier samedi. La procédure porte sur des chefs de « détournement d’images d’un système de vidéo protection » ainsi que de « violation du secret professionnel », précise la même source.
Ces fonctionnaires de la préfecture de police avaient déjà été suspendus jeudi 19 juillet. Il s’agit du contrôleur général Laurent Simonin et du commissaire Maxence Creusat, deux membres de l’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture, ainsi que d’un commandant qui était chargé de faire la liaison entre la préfecture et l’Elysée.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat



Selon les informations du Monde, leur suspension est liée à la transmission, mercredi 18 juillet dans la soirée, à Alexandre Benalla d’une vidéo des violences impliquant ce dernier.
Les victimes présumées identifiées
Par ailleurs, trois jours après les révélations du Monde, les victimes présumées des violences commises par Alexandre Benalla ont été identifiées, a-t-on appris de source proche de l’enquête, samedi.
Selon les informations de Franceinfo, dont Le Monde a eu confirmation, elles ont fait savoir aux enquêteurs qu’elles souhaitaient être entendues ultérieurement. Après leur interpellation le 1er mai, elles avaient fait l’objet d’une procédure de vérification d’identité.

Vous détenez des informations confidentielles : témoignez sur Source sûre
Lancé en février 2015 par quatre médias francophones, dont Le Monde, le site Source sûre permet à des lanceurs d’alerte de confier des informations confidentielles à des médias en envoyant des documents qui seront transmis de façon anonyme et intraçable.
Toute personne désireuse de dénoncer, preuves à l’appui, des actes illégaux perpétrés par leur patron, leur chef ou par un responsable détenteur d’autorité, peut y déposer des documents et des messages.
La connexion au site, qui utilise le réseau anonyme et sécurisé TOR, peut parfois être plus lente qu’une connexion ordinaire non sécurisée.
Aller sur : Source sûre, le site d’envoi anonyme de documents vers les médias





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-18">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le chef de file de La France insoumise décrit une majorité « tétanisée » depuis l’affaire Benalla et demande à Emmanuel Macron « de s’exprimer et d’assumer ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Luc Mélenchon : « Cette affaire est du niveau du Watergate »

Dans un entretien au « Monde », le chef de file de La France insoumise décrit une majorité « tétanisée » depuis l’affaire Benalla et demande à Emmanuel Macron « de s’exprimer et d’assumer ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 06h27
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, vendredi 20 juillet, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, est revenu sur la crise qui touche l’exécutif.
L’affaire Benalla s’envenime. Comment analysez-vous les derniers événements ?
Une crise politique est ouverte. L’Assemblée est paralysée. La hiérarchie de la police aussi, parce que trois mises à pied ont bousculé une règle aussi vieille que la haute fonction publique d’Etat : les fonctionnaires servent et obéissent, mais c’est le politique qui endosse les responsabilités.

Qui est responsable, selon vous ?
Emmanuel Macron évidemment. Il n’a jamais connu ni géré de crise politique de sa vie, ni en tant que maire, ni en tant que parlementaire, ni en tant que ministre. Il a réagi comme si l’Etat était une entreprise : il met à pied trois chefs de rayons et pense que tout est réglé. Il se trompe. Cette crise va durer.
Pourquoi ne demandez-vous pas la démission du ministre de l’intérieur [Gérard Collomb] ?
Nous n’avons pas à offrir le nom du fusible à M. Macron. Le ministre de l’intérieur est déjà disqualifié. Il a menti et beaucoup ! Plus aucun policier ne peut croire en sa parole. Bien sûr qu’il va démissionner et il ne sera pas le seul.
Que demandez-vous à Emmanuel Macron ?
Je lui demande de s’exprimer et d’assumer en respectant le Parlement. Il pourrait envoyer devant l’Assemblée le ministre de l’intérieur ou le premier ministre [Edouard Philippe] au lieu de le leur interdire. Le Parlement ne peut pas interpeller le chef de l’Etat, alors il nous reste la motion de censure.
Le débat sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée est complètement bloqué. Que répondez-vous à la majorité qui dénonce l’obstruction ?
Le comportement de la majorité est celui d’un avion sans pilote. On dirait que personne ne veut porter le chapeau. Ils sont tétanisés....




                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-19">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée

L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h51
    |

            Virginie Malingre et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Deuxième jour de crise. Vendredi 20 juillet au matin, sur le perron de l’Elysée, Stéphane Travert sort tout juste d’une réunion avec le président et les syndicats agricoles. Le ministre de l’agriculture s’avance vers les journalistes qui l’interrogent forcément sur le dernier épisode de l’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur d’Emmanuel Macron qui a molesté un jeune homme et une jeune femme à l’issue des manifestations du 1er-Mai.
« De nouvelles preuves ont établi le fait que ce licenciement était justifié », commente-t-il. Le ministre de l’agriculture est le premier membre de l’exécutif à expliquer la procédure de licenciement de cet homme de 26 ans par qui le scandale est arrivé. Une scène symptomatique de l’ambiance au sommet de l’Etat où les silences de M. Macron laissent ses troupes désemparées face à la pression médiatique et politique.

En se séparant de ce personnage encombrant de la Macronie, l’exécutif estime avoir éradiqué le mal. A l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, on s’en dit persuadé : l’affaire Benalla, est circonscrite et chacun peut désormais retourner à ses occupations. Vendredi, Emmanuel Macron déjeune avec Ilham Aliev, son homologue azerbaïdjanais. Puis, le président rencontre le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, comme le stipule son agenda. Et il ira passer son week-end à La Lanterne avec son épouse, fidèle à ses habitudes, insiste son entourage. Une fin de semaine comme les autres…
Edouard Philippe non plus n’a rien changé à son programme. Il assiste donc au Tour de France, ce vendredi après midi. « C’est un rêve d’enfant… Ces types sont incroyables, ce sont des héros, des forçats de la route. C’est incroyable d’être ici », s’enthousiasme le premier ministre au micro de la moto de France Télévisions qui suit sa voiture. Puis, le chef du gouvernement passe dans un tunnel et la conversation est coupée. « Il n’y a pas de crise », affirme l’un de...




                        

                        


<article-nb="2018/07/22/18-20">
<filnamedate="20180722"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180722"><AAMMJJHH="2018072218">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une filiale du groupe Elior condamnée pour discrimination

Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Sur son site Internet, le groupe Elior, spécialisé dans le service aux entreprises, affiche avec assurance : « Nous ne tolérons aucune sorte de discrimination. » Toutefois, l’une de ses filiales semble ne pas avoir été à la hauteur de cet engagement, si l’on en croit une décision récente du conseil de prud’hommes de Paris.
La société Elior First Maintenance Company (EFMC) a en effet été condamnée, le 5 juillet, pour avoir licencié une de ses salariées en situation de handicap. Elle doit du même coup réintégrer la victime, si celle-ci en formule la demande, et lui verser d’importants dommages et intérêts (un peu plus de 60 000 euros).
Kahina Mebrouki a été embauchée fin 2013, à l’âge de 25 ans, par EFMC en qualité d’hôtesse d’accueil. Atteinte de surdité, ce qui lui vaut d’avoir un taux d’invalidité supérieur à 80 %, elle a été affectée au Musée Branly, à Paris. Sa mission : orienter les visiteurs, tenir le vestiaire et aiguiller les appels téléphoniques.
Peu après avoir été recrutée, elle a réclamé des outils de travail adaptés à son handicap – en particulier un appareil téléphonique pour malentendants. Cette requête est demeurée sans effet, bien qu’elle ait été acceptée, sur le principe, par l’employeur.
Au bout de quelques mois, l’état de santé de Mme Mebrouki s’est dégradé. Il a été mis en avant qu’elle n’avait pas obtenu l’équipement souhaité et qu’elle utilisait régulièrement un talkie-walkie. Des explications contestées par EFMC. Arrêts de travail, placement en mi-temps thérapeutique… De fil en aiguille, elle a été affectée uniquement au vestiaire, en sous-sol, ce qu’elle a très mal vécu. Dans l’incapacité de travailler de façon autonome, elle a fréquemment sollicité l’aide de ses collègues, suscitant parfois de l’agacement et s’attirant même des remarques vexatoires.
« Un jugement très dur »
Finalement, en avril 2015, la médecine du travail l’a déclarée « inapte définitivement...




                        

                        

