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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’équipe Astana remporte sa deuxième étape consécutive, après Fraile hier, à Mende.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les publications du site sont bloquées sur le réseau dimanche pour des raisons inconnues. Aucun autre média ne semble concerné.
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Bloqué sur Facebook, le site parodique Nordpresse.be crie à la « censure »

Les publications du site sont bloquées sur le réseau dimanche pour des raisons inconnues. Aucun autre média ne semble concerné.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h06
    |

            Adrien Sénécat








                        


« Attention, ceci n’est pas une blague. Facebook est en train de censurer tout le contenu humoristique sur l’affaire Benalla. » L’administrateur du site parodique belge Nordpresse.be ne décolère pas dimanche 22 juillet et le fait savoir, après avoir reçu des signalements d’internautes l’informant que leurs partages de certains articles ont été retirés du réseau social. Il a ainsi relayé plusieurs de ces témoignages, captures d’écran à l’appui :

Attention, ceci n'est pas une blague. Facebook est en train de censurer tout le contenu humoristique sur l'affaire… https://t.co/1EnvWeNp6p— Nordpresse (@Nordpresse)


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Le Monde a par ailleurs pu constater qu’un message d’erreur s’affiche lorsque l’on tente de partager un article de Nordpresse.be sur le réseau social dimanche 22 juillet : « Téléchargement impossible ». Il reste possible de publier un message, affichant simplement l’adresse web du lien (URL) sans image ni titre. Cela vaut pour les différents canulars du site en lien avec l’affaire Benalla, mais aussi, selon nos essais, pour l’ensemble de ses publications sur tous types de sujets.
Sur Facebook, le site a d’ailleurs précisé que « au-delà de l’affaire Benalla, ce sont quasiment tous les liens renvoyant vers notre site qui ont été dégagés de Facebook ».

   


Plusieurs observateurs ont rapidement mis en cause le réseau social, l’accusant de procéder à une forme de censure politique. L’avocate et chroniqueuse Raquel Garrido, ancienne porte-parole de La France insoumise, a fustigé sur Twitter une « censure […] absolument intolérable », réclamant des explications de « Facebook » ainsi que de « l’Elysée ».
La journaliste Aude Lancelin, qui travaille notamment pour Le Média, a elle aussi adressé son soutien au site satirique, « dont les contenus sur l’affaire Macron-Benalla ont été placés en indésirables. Comment nomme-t-on un régime qui met l’humour hors la loi ? », écrit-elle.
Décision arbitraire et peu transparente, mais pas forcément politique
Le blocage soudain des publications du site n’a pas été expliqué par Facebook pour l’heure. Contactée, l’entreprise n’a pas encore donné suite à nos sollicitations, pas plus que l’administrateur de Nordpresse.be. Les messages des internautes qui ont partagé des articles du site retirés par la suite indiquent simplement que ces publications étaient « indésirables » au sens du réseau social, sans autre précision :

Pendant la nuit, Facebook fait le ménage. https://t.co/yUyt8YVRMX— KatellFavennec (@Katell Favennec)


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Il n’est donc pas possible de savoir en l’état les raisons qui ont amené Facebook à bloquer le partage des articles de Nordpresse.be. Ce manque de transparence dans la mise en œuvre de telles décisions éditoriales de la part de l’entreprise est régulièrement critiqué en France comme ailleurs dans le monde.
Concernant les accusations de « censure politique » à l’encontre du réseau social, il faut néanmoins préciser qu’elles se heurtent au fait qu’aucun autre site, qu’il soit satirique ou non, n’a vu, à notre connaissance, ses publications partiellement ou totalement bloquées de la sorte par la plateforme dans le contexte de l’affaire Benalla.
Une chose est sûre : si l’on se fie aux règlements de Facebook, le contenu de Nordpresse.be n’a pas pu être supprimé parce qu’il s’agissait de « fausses informations », comme l’ont supposé certains observateurs sur les réseaux sociaux comme Sophia Chikirou, ancienne présidente du Média :

   


Un site « satirique » aux pratiques parfois douteuses
Par ailleurs, le site Nordpresse.be est connu pour se jouer des limites entre satire et tromperie. Ainsi, il s’était targué d’avoir piégé la rédaction du Parisien en pleine campagne présidentielle pour lui faire diffuser une fausse information. Il s’agissait en réalité d’un canular pour le moins douteux, qui avait écorné l’image du quotidien auprès de certains lecteurs du site parodique – quand bien même l’information visée, à savoir le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, était avérée.
Une bonne partie du contenu de Nordpresse.be relève par ailleurs plus de gros titres de tabloïds que de l’humour. « Très souvent, Nordpresse.be n’est pas dans la satire, mais dans la “fake news trash” », constatait en octobre 2017 Sébastien Liebus, l’un des auteurs du Gorafi. Parfois comparées, les démarches des deux sites sont en réalité fondamentalement différentes à son sens.
D’autant que Nordpresse.be utilise parfois d’autres ficelles qui brouillent encore plus la ligne entre satire assumée et tromperie. Il utilise régulièrement des adresses qui ressemblent à celles de vrais sites d’informations comme LeCanardEnchaine.net ou FranceInfoTele.com, pour partager ses canulars. En faisant cela, les internautes qui ne cliquent pas sur la publication peuvent croire qu’ils sont face à l’information d’un site « sérieux ».

   


Résultat : il n’est pas rare de voir des internautes piégés par des articles du site et les relayer au premier degré. Pas plus tard que le 16 juillet, Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblent national, prenait au sérieux un canular évoquant 12 morts à Paris après la finale de la Coupe du monde de football.
Qu’on les apprécie ou non, les canulars de Nordpresse.be n’ont en tout cas pas disparu bien longtemps de Facebook. L’administrateur du site a déjà annoncé son retour sous un nouveau nom, NordInfo.be.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprendra « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».
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Déjà compliquée, la révision constitutionnelle en suspens après l’affaire Benalla

L’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprendra « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 17h20
   





                        


L’affaire Benalla aura eu raison, au moins provisoirement, du projet de révision constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron et dont l’examen, déjà compliqué, a été suspendu dimanche 22 juillet jusqu’à nouvel ordre, après un blocage inédit de l’Assemblée nationale.
L’hémicycle était en état de « siège » depuis les révélations du Monde sur l’ancien collaborateur du chef de l’Etat, selon les termes d’une élue La République en marche (LRM). L’air grave, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé en fin de matinée la suspension des travaux et souhaité que l’examen de la révision, qui en était à son onzième jour d’affilée, reprenne « ultérieurement dans des conditions plus sereines ».
Une décision qui a été applaudie par des députés de tous bords avant la levée de la séance, alors que depuis la matinée, les « rappels au règlement » s’étaient à nouveau succédé, atteignant depuis jeudi le nombre record de 298.

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L’opposition plaidait depuis près de trois jours qu’il était impossible de débattre d’un tel texte constitutionnel « au milieu de cette crise profonde ». La majorité, après une réunion à huis clos samedi soir, avait affiché pour mot d’ordre de « ne pas lâcher ». Il a finalement fallu « mettre fin au cirque », a affirmé une source dans la majorité, au vu de la situation inédite de blocage « de tous les groupes d’opposition ».
Le député LRM Sacha Houlié refuse toutefois d’y voir une défaite politique pour la majorité face à l’opposition :
« Qu’ont-ils gagné ? Rien. On a siégé tous les jours à l’Assemblée nationale alors que certains souhaitaient qu’on arrête vendredi soir. On n’a pas lâché sur la date de l’audition du ministre de l’intérieur. On a tenté jusqu’au bout de reprendre les travaux. »
La présidente du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée, Valérie Rabault, estime, de son côté, que la suspension des travaux : « Les oppositions dans leur ensemble ont clairement marqué le point, mais ce n’est pas une victoire. »
La réforme remise en cause
Jean-Luc Mélenchon (LFI) s’est félicité sur Twitter de cette mise « au congélateur » du texte, fustigeant les « Pieds nickelés » de la « macronie ».
Et déjà, des voix s’élèvent pour réclamer un retrait pur et simple de la réforme, qui prévoit notamment une réduction du nombre de parlementaires et une dose de proportionnelle de 15%. Dénonçant « une hyper-présidentialisation », plusieurs ont trouvé dans l’affaire Benalla un argument supplémentaire pour repousser un texte qui « affaiblit le Parlement », le socialiste Olivier Faure y voyant l’illustration du « danger de laisser un exécutif tout puissant ».

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Pierre Dharréville, porte-parole des députés communistes, ne voit pas ce qui pourrait justifier « un nouvel accroissement des pouvoirs du président ». La réforme est désormais « nulle et non avenue », affirme Sébastien Huyghe (LR).
Dans un communiqué, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a, lui, appelé le gouvernement « à revoir sa copie », en estimant qu’Emmanuel Macron « ne peut plus décemment » défendre un tel projet, qui était censé arriver au Palais du Luxembourg en septembre.
Collomb, seul ministre entendu
Lundi, sera marqué par l’audition de Gérard Collomb le matin par la commission des Lois, dotée des prérogatives d’enquête. Plusieurs membres de l’opposition souhaiteraient également voire que soient interrogés le président de la République, Emmanuel Macron, mais aussi le premier ministre, Edouard Philippe ou encore le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

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Mme Rabault a ainsi écrit au premier ministre pour lui demander de se rendre devant l’Assemblée nationale. Elle n’a reçu pour toute réponse qu’un « accusé réception de M. Castaner ». Du côté de la France Insoumise aussi, on réclame la venue de M. Philippe. Les ministres ne s’expriment pas non plus, ce qui montre le caractère-anti démocratique des institutions actuelles. En revanche, il peut répondre à la commission d’enquête », soutient Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis.
Ugo Bernalicis, membre de la commission des Lois, qui va devenir la commission d’enquête, maintient sa demande de pouvoir auditionner le président de la République. « Cela n’est marqué nulle part qu’il ne peut pas venir devant la commission. Il peut refuser mais rien ne l’empêche de venir », estime-t-il.
Calendrier incertain
Quid du calendrier parlementaire ? Un « brouillard assez dense » règne, constate-t-on dans la majorité. Après l’audition de M. Collomb lundi matin, les débats doivent reprendre à 16 heures, sur le projet de loi « avenir professionnel ». En principe, le texte asile-immigration, porté par M. Collomb, est aussi au menu à compter de mercredi.
M. de Rugy doit consulter les présidents de groupe et le gouvernement pour organiser les débats « des deux prochaines semaines », soit d’ici la pause estivale.

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Quant à la réforme, Mme Belloubet a assuré que le gouvernement serait « toujours là pour défendre notre Constitution et la faire évoluer », le président de l’Assemblée François de Rugy (LRM) promettant aussi de tout faire pour qu’elle « aboutisse ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les cinémas Pathé-Gaumont ont ouvert à Paris une salle combinant le Screen-X et le 4DX. Gadget ou révolution ? Notre journaliste a testé pour vous.
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La salle de cinéma où il vaut mieux attacher sa ceinture

Les cinémas Pathé-Gaumont ont ouvert à Paris une salle combinant le Screen-X et le 4DX. Gadget ou révolution ? Notre journaliste a testé pour vous.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h29
    |

            Laurent Carpentier








                        



   


A eux seuls les 90 fauteuils noirs, raides, à mi-chemin entre le trône de Dark Vador et le siège du dentiste, avec repose-pieds, appui-tête, accoudoirs, suffiraient à vous donner la chair de poule. Est-ce bien une salle de cinéma que ce cube austère et gris, aux murs droits, où nous venons d’entrer ? Et l’on se prend de compassion pour la jeune adolescente qui, n’arrivant pas à maîtriser ses larmes, explique à son père : « Je ne peux pas », avant de rebrousser chemin.

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Screen-X + 4DX, vantait le communiqué annonçant l’ouverture, mercredi 18 juillet, au Pathé Beaugrenelle (Paris 15e) de la deuxième salle au monde (après Séoul) combinant ces deux technologies. Soit une projection à 270° (Screen-X) et l’expérience de sièges endiablés (4DX) qui, synchronisés avec l’action projetée à l’écran, vous chahutent, vous bousculent, vous martèlent le dos, vous chauffent le cou (quand la fusée décolle par exemple) ou vous aspergent d’eau (quand le méchant crache sur le gentil ou que vous tombez à l’eau).
Litanie de précautions
Et il est vrai qu’à un moment donné, ce mercredi, à la séance de 20 heures, alors que l’on est venu découvrir, dans Ant-Man et la Guêpe, la suite des aventures de l’homme fourmi, on s’est demandé si on n’aurait pas dû – sauf à être un fondu de la foire du Trône –, faire demi-tour comme l’adolescente apeurée ? Trop tard. Déjà, tout bouge. L’image fuse sur les trois faces de la salle, vous êtes coincé au milieu d’une course-poursuite en voiture et, dès lors, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : vous accrocher.
« Pour des raisons de sécurité, les femmes enceintes, les personnes âgées, ou présentant des problèmes cardiaques, dorsaux ou cervicaux ou présentant le mal des transports, sous traitement médical ou qui sont sous l’influence de l’alcool ou de drogues… ne peuvent pas prendre part à l’expérience », était-il écrit sur l’écran en préambule. « Ah merde, alors, je suis mort », a rigolé mon voisin de devant. Le public est jeune et plutôt masculin. Et la litanie des précautions est longue : « Ne portez pas de vêtements délicats ou d’articles qui peuvent être abîmés… Vous devez réduire vos déplacements et marcher le moins possible pendant le film… » Interdit aux plus petits, les enfants de moins de 1,20 m doivent être accompagnés… On était prévenus.
Rodéo immersif
Alors que l’homme-fourmi et ses acolytes traversent l’hyperespace en tous sens et démolissent des dizaines de bagnoles, le chahut infligé à nos corps n’empêchera pourtant pas le jeune couple (sièges D11-D10) de s’envoyer sans blêmir une pleine maxi boîte de pop-corn quand bien même le locataire du siège D12 (votre serviteur) cherche en vain où est rangé le sac à vomi.
Passé les premières turbulences, on finit par ranger dans notre poche notre amour froissé du cinéma d’auteur qui nous poussait à railler cette transformation du septième art en fête foraine, et l’obsolescence, sinon programmée du moins prévisible, de cette course effrénée à la technologie (cinéma en relief, 3D, Screen-X…) dans laquelle on percevait avant tout l’aspect mercantile (23 euros la place tout de même !). Car, avouons-le, on finit par se prendre au jeu de ce rodéo immersif.
Parce que c’est sans doute aussi ça le cinéma : une expérience physique, un train qui entre en gare et manque vous écraser, une illusion… Laquelle est aussi le sujet du film qui se joue sur l’écran. « I eat fear for breakfast » (« Je mange de la peur à mon petit-déjeuner »), explique à son père la fille de l’homme-fourmi… C’est sans doute plus compliqué à vivre pour nous, les cigales ?
Sur le Web : www.screenx.cinemaspathegaumont.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les aventures de Winnetou, un Apache imaginaire créé à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de fidèles dans un théâtre en plein air.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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L’extrême droite allemande fascinée par les Indiens

Les aventures de Winnetou, un Apache imaginaire créé à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de fidèles dans un théâtre en plein air.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 17h58
    |

            Marc-Olivier Bherer (Bad Segeberg (Schleswig-Holstein), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Winnetou, le chef des Apaches, arrive sur scène monté sur un cheval alezan. Sa tenue à franges est parsemée de perles de couleurs dessinant des motifs géométriques. Une plume pend au canon de sa carabine dont la crosse est décorée de clous formant la lettre W. L’apparition de Winnetou soulève une vague immédiate d’applaudissements. Le héros tant attendu fait enfin son entrée.
Il est incarné par Jan Sosniok, un acteur bien connu de la télévision allemande. Sous une perruque de cheveux longs noirs et le teint hâlé par les UV, il repend ce rôle jusqu’en septembre sur la scène du Karl-May-Spiele, le théâtre en plein air de Bad Segeberg (Land du Schleswig-Holstein), une petite ville proprette et boisée dans le nord de l’Allemagne.
Depuis 1952, une pièce recrée des ambiances de Far West devant un public fidèle et nombreux. La tradition relève maintenant de la superproduction. Une vingtaine d’acteurs et de figurants se déploient sur scène, mais aussi des oiseaux de proie, des chevaux et même des oies. Des effets pyrotechniques, des scènes de combat, de danse, une bande-son originale viennent encore ajouter au spectacle.
Cette conquête de l’Ouest d’opérette peut surprendre. Bad Segeberg est l’un des principaux foyers d’un phénomène culturel bien allemand, mais dont on voit des manifestations ailleurs en Europe centrale : une profonde fascination pour les Amérindiens.
Vivre « à l’indienne »
Depuis plus d’un siècle, des festivals, des salons et même des pow-wow (rassemblements et cérémonies) perpétuent cet héritage, également présent au cinéma. Certains adeptes forment des cercles fermés qui se retirent pour vivre « à l’indienne », pour recréer et imiter le mode de vie traditionnel de différentes nations amérindiennes. Ces « Indianer », comme on les appelle en allemand, reproduisent avec précision les tenues, les coiffes à plumes, les coutumes de ces peuples d’Amérique du Nord. Certains de ces « Indiens » blancs vont jusqu’à apprendre leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ C’est aux Russes que la France confie désormais son aide humanitaire. Alors qu’elle a jusqu’alors condamné les raids sur les hôpitaux ou écoles en zones insurgées menés par ces mêmes autorités.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Une association emmène des petits urbains, de 3 à 6 ans, à la découverte de la nature. Leur objectif est aujourd’hui d’élargir leur public.
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édition abonné


A Annecy, les enfants des villes apprennent à devenir copains des bois

Une association emmène des petits urbains, de 3 à 6 ans, à la découverte de la nature. Leur objectif est aujourd’hui d’élargir leur public.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h29
    |

            Moina Fauchier-Delavigne (Annecy, Haute-Savoie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il leur a fallu une quinzaine de livres sur le sujet avant de s’y mettre. Car ni l’un ni l’autre n’étaient formés à l’éducation à l’environnement, ou à l’éducation tout court. Ils étaient deux novices, convaincus de l’importance du rôle de coéducateurs des parents. « Tous les deux très proches de la nature », Sébastien, consultant et auteur, et Anne-Claire Henry, qui a arrêté de travailler, voulaient « partager leur goût et encourager [leurs deux] enfants à un engagement citoyen ». 
Pour cela, ils ont fondé avec d’autres parents l’association Grandir et créer, avec pour mot d’ordre « le lien à la nature, le lien à soi et le lien aux autres ». « Parce qu’aimer la nature et s’en préoccuper, c’est important, dit Sébastien Henry. Mais on ne veut pas non plus fabriquer des éco-warriors, qui défendent la nature au détriment des humains. »
Depuis septembre 2016, chaque mardi matin, ils invitent des familles en forêt avec leurs enfants de 3 à 6 ans, et ont appris, au fil des semaines, à animer ces sorties gratuites. Au programme : développer les sens, explorer, jouer, créer…
« Extraterrestres »
Deux ans plus tard, par un dimanche ensoleillé de juin, une douzaine de familles s’est donné rendez-vous sur le bord du petit étang de la Lèche, à dix kilomètres au nord d’Annecy (Haute-Savoie). « Viens maman ! Regarde la fourmilière… elle est géante ! », appelle Louis, 6 ans, quelques fourmis sur ses chaussures.
Pour l’instant, c’est encore un public déjà acquis à la cause de la nature qui se retrouve régulièrement. Attirer des personnes moins sensibilisées à l’importance de l’environnement et du contact entre les enfants et la nature est plus compliqué, mais c’est désormais l’objectif prioritaire de l’association.
Des discussions ont été menées avec la MJC du quartier populaire des Teppes, et une première sortie en forêt devrait avoir lieu en octobre. Les familles sont partantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Partir à la découverte de l’Europe et de ses trains, à petit budget ? Nombreux sont les jeunes qui ont tenté l’expérience grâce au passe Interrail. Ils racontent.
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Voyager avec le passe Interrail, « une fabrique à souvenirs démentielle »

Partir à la découverte de l’Europe et de ses trains, à petit budget ? Nombreux sont les jeunes qui ont tenté l’expérience grâce au passe Interrail. Ils racontent.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 16h40
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                            Caroline Pain








                        



   


Economiser « plus de 200 euros par rapport à des billets simples qu’on prendrait à l’avance », salue Théo ; « voir le monde réel », raconte Axelle. Etudiants et jeunes diplômés ont répondu en nombre à notre appel à témoignages, sur leur motivation et souvenirs de voyage grâce au passe Interrail. Ce billet permet à tout résident européen de voyager dans la plupart des trains et sur de nombreux ferrys de trente pays, pour une durée donnée, mais c’est sa version « jeune », avec des réductions jusqu’à 25 % pour les moins de 27 ans, qui est particulièrement appréciée. L’Union européenne a d’ailleurs offert en juin 15 000 passes à ses ressortissants âgés de 18 ans.

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                La fausse bonne idée du passe « Interrail  » gratuit pour les jeunes Européens



Faire naître un esprit européen
Romain, 22 ans, étudiant à Sciences Po Lyon : « Ma première expérience Interrail date de 2014 lorsque avec deux de mes amis, le bac en poche, nous avons décidé de visiter Budapest, Vienne et Prague. Je garde le souvenir de journées passées à déambuler, à visiter les musées et les principales curiosités. Surtout, je garde en mémoire les nombreuses rencontres d’autres « backpackers » faites au gré de nos séjours au sein d’auberges de jeunesse.
Cinq ans plus tard, je profite de ce qui est certainement mon dernier été en tant qu’étudiant pour faire un tour de quinze jours en Europe en solitaire, à l’aide là aussi d’un passe Interrail. De Lyon, je me suis rendu successivement en Italie (Turin, Milan, Côme, Padoue), en Slovénie (Globoko, Ljubljana, Maribor) et à Graz (Autriche), ville d’où j’écris.
Voyager avec un passe Interrail est pratique, économique et permet de faire de nombreuses rencontres avec d’autres « Interrail », facilement reconnaissables par leurs gros sacs à dos. Surtout, le passe Interrail est un moyen facile pour les jeunes de s’aventurer seuls dans les diverses contrées de notre continent. C’est une formidable initiation au voyage et une heureuse manière de façonner chez les jeunes Européens un sentiment d’appartenance à une même communauté, celle de l’Union européenne. »
Voyager sans se ruiner 
Théo, étudiant grenoblois de 20 ans : « Deux étudiants niveau bac +3 issus de familles modestes n’ont pas les moyens de voyager ? FAUX ! Le passe Interrail est une formidable idée. Passer quinze jours à visiter différents pays européens à la carte, voir des endroits vraiment magnifiques, découvrir des lieux impressionnants, c’est ce que m’a permis ce fameux billet universel. Quand ma copine m’a proposé cette aventure, j’ai eu peur de ne pas pouvoir assumer financièrement un tel voyage. Et finalement j’ai embarqué pour des moments géniaux à Zurich (Suisse), Innsbruck, Salzbourg, Vienne (Autriche), Ljubljana (#coupdecœur) et Bled (Slovénie), Venise, Vérone (Italie). […] J’ai fait un petit calcul et on a économisé plus de 200 euros par rapport à des billets simples qu’on prendrait à l’avance pour planifier un tel voyage. Ces économies nous ont permis de nous faire plaisir. Et si c’était à refaire, je recommencerais. J’en parle autour de moi, parce que c’est vraiment une aventure incroyable. »
Partir seul, et revenir accompagné 
Thomas, 25 ans, doctorant à Annecy : « Devant la difficulté à motiver mes amis, j’ai finalement décidé de partir seul pour une boucle partant et revenant à Genève (Suisse) en passant par Florence (Italie), Split (Croatie), Vienne et Innsbruck (Autriche). Un voyage de deux semaines lors de l’été 2016. La solitude aidant sûrement, j’ai fait de nombreuses belles rencontres sur mon chemin, à travers des rendez-vous couchsurfing, les auberges de jeunesse ou de simples rencontres à l’improviste dans la rue.
Je me souviendrai longtemps du lever du jour depuis le ferry sur la côte croate ou du voyage en train dans les campagnes reculées de la Croatie. Cette ambiance si spéciale du voyage seul et un peu à l’improviste, amplifiée par l’écoute de l’album Transsiberian de Thylacine reste comme un de mes meilleurs souvenirs de vacances d’été. Et puis j’ai au passage rencontré ma petite amie lors de mon escale à Florence, quoi de plus romantique ? »
Monde réel et péripéties
Axelle, 21 ans, étudiante parisienne : « C’était il y a trois ans, alors que j’étais en classe préparatoire ECS. J’avais envie de voir autre chose que les cours, les concours, les oraux que nous étions obligées de travailler pour avoir une bonne école de commerce. […] Alors je suis partie avec Angele pour un tour d’Europe : cinq pays en huit jours et nous avons vu ce que nous voulions voir : le monde réel. Les paysages, les gens et les traditions nous montraient bien que nous rencontrions une autre culture. Rien que l’allure des trains nous y préparait ! Cela faisait partie intégrante du voyage…
Simple anecdote : nous avions pris un train couchette, nous étions tellement à bout ce jour-là, rien ne se passait comme on le voulait : après s’être retrouvées dans la chambre d’un couple qui passait son temps à crier, et nous, de l’autre côté, qui essayions de nous faire comprendre pour leur dire d’arrêter, dans cinq mètres carrés c’est compliqué… Ensuite, nous nous sommes pris une amende par un contrôleur italien en colère et qui venait de nous réveiller en sursaut… »
Un peu d’organisation
Juliette, 24 ans, en master de sociologie : « Interrail, c’est une fabrique à souvenirs démentielle ! Les débuts de l’organisation sont un peu impressionnants : on ne sait pas par où commencer, ni forcément où aller en Europe… Mais le site est très intuitif et l’adrénaline du voyage vous envahit rapidement ! Nous sommes parties à deux pour découvrir l’Europe du Nord, et nous avons passé deux semaines magiques ! Nous changions de villes tous les deux jours environ (95 heures de train au total) et le rythme était finalement facile à tenir, et dynamisant. Petits conseils : n’hésitez pas à réserver des trains couchettes très confortables (dans les trains nordiques du moins) qui vous permettront de mieux vivre les grands trajets. Puis faites en sorte d’avoir globalement au minimum quinze minutes entre chaque train, pour ne pas vous laisser surprendre par un retard. »
Un voyage sans chichi 
Hugo, 28 ans, professeur : « Habitués de Ryanair, ma compagne Nina et moi cherchions en 2015 une destination de voyage pour notre premier vrai été de vacances, car nous venions d’être titularisés enseignants. Nous avions entendu parler d’Interrail sans pour autant nous y connaître. Sur un coup de tête, on a acheté deux passes valables pour dix voyages sur vingt-deux jours.
Nous n’avions rien planifié et nous pensions que le rythme des trains devait décider du voyage. De Paris à Cracovie (Pologne) en passant par Cologne (Allemagne), nous avons privilégié comme tous les Interrail les trains de nuit, partageant une certaine proximité avec des inconnus.
D’ailleurs, nous avons rencontré quatre Espagnols ayant à peu près le même trajet que nous dans un train pour Prague. Et nous les avons recroisés à Budapest (Hongrie), puis à Vienne (Autriche). Si bien que nous sommes restés en contact ! Il ne faut pas être trop précieux pour réaliser un voyage en Interrail. C’est ce qui fait le charme du projet et les souvenirs qui en découlent… »



                            


                        

                        


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« Fin d’une époque » en Italie avec le départ du patron de Fiat

Le PDG britannique de Jeep, Mike Manley, a été nommé à la tête du groupe Fiat Chrysler et Ferrari suite à la brusque aggravation de l’état de santé de Sergio Marchionne.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 13h54
   





                        


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Il fait la « une » de tous les journaux italiens ce week-end. Gravement malade, le ténor de l’industrie automobile italienne, Sergio Marchionne, a cédé sa place aux commandes de Fiat Chrysler (FCA) et Ferrari. La presse et une partie de la classe politique italienne saluaient dimanche « la fin d’une époque » avec le départ de ce patron emblématique de Fiat pendant quatorze ans mais désormais « en fin de vie », selon plusieurs medias.
« Marchionne, la fin d’une époque », titrait le Corriere della Serra, au lendemain des conseils d’administration réunis en urgence samedi après-midi et qui ont désigné ses successeurs à la tête de Fiat Chrysler (FCA), Ferrari et CNH Industrial, les trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.
La fin de l’ère de « Super Marchionne »
C’est la fin de l’ère du « Bulldozer » ou de « Super Marchionne », deux surnoms attribués au manager désigné au début des années 2000 par la famille Agnelli pour redresser la firme turinoise. Dans un communiqué, FCA annonce « avec un profond chagrin que durant la semaine, M. Marchionne a souffert de complications inattendues alors qu’il se remettait après une opération, qui ont sérieusement empiré ces dernières heures. Par conséquent, M. Marchionne ne pourra pas reprendre le travail ».
Les administrateurs des trois groupes ont respectivement désigné les patrons de Jeep, Mike Manley, et de Philip Morris, Louis Carey Camilleri, pour lui succéder. M. Marchionne était également président de CNH Industrial et sera remplacé par la Britannique Suzanne Wood, a annoncé ce dernier des trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.
Hospitalisé à Zurich depuis une opération fin juin à une épaule, Sergio Marchionne, 66 ans, a souffert de complications en série jusqu’à une nouvelle « détérioration » vendredi, « cette fois-ci sans retour. Le patient ne réagit plus », selon La Repubblica. Sa dernière apparition publique remonte au 27 juin, lorsque ce fils d’un carabinier des Abruzzes a remis une Jeep aux carabiniers de Rome.
« Marchionne a été un grand protagoniste de la vie économique des quinze dernières années (...) Il a réussi à donner un avenir à Fiat quand cela semblait impossible. Il a créé des emplois, pas des chômeurs. Chapeau », a salué l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (centre gauche). Un temps proche de M. Renzi, M. Marchionne avait ensuite pris ses distances, mais pas au point de mener la coalition de droite aux législatives de mars comme avait essayé de le convaincre Silvio Berlusconi.
L’actuel gouvernement populiste est resté plus discret, même si le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite, lui a adressé sa « reconnaissance et son respect, ainsi que ses meilleurs vœux ».
Un groupe profondément remodelé
Le manager italo-canadien aux éternels pulls ou polos noirs, qui avait pris les commandes de Fiat en 2004, prévoyait de passer les rênes de FCA dans le courant de l’année 2019. Il a profondément remodelé le groupe, d’abord en redressant Fiat, en l’alliant en 2009 à l’américain Chrysler, tout en détachant, d’une part, les activités gros engins/camions en 2011 pour créer CNH Industrial, et, d’autre part, le joyau Ferrari en janvier 2016. John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli et PDG d’Exor, la holding familiale qui détient près de 30 % de Fiat, 27 % de CNH Industrial et 23 % de Ferrari, s’est dit « profondément triste » dans un communiqué.
C’est Mike Manley, discret Britannique de 54 ans, PDG de Jeep et de Ram (pick-up et vans), qui sera chargé de prendre le relais. Il est arrivé à la tête de Jeep en 2009, en pleine tempête dans le secteur automobile américain. Sous sa direction, le constructeur est passé de 337 000 véhicules vendus en 2008 à près de 1,4 million en 2017, et vise 1,9 million cette année.

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                Mike Manley, le très discret « M. Jeep »



Les fonctions de M. Marchionne chez Ferrari vont désormais être dédoublées : John Elkann devient président, tandis que Louis Camilleri est nommé administrateur délégué. Né en 1955 dans une famille maltaise à Alexandrie (Egypte), M. Camilleri est entré en 1978 chez Philip Morris, et il est depuis 2002 le PDG de ce groupe très lié à Ferrari via le sponsoring de la Scuderia.



                            


                        

                        


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Japon : la vague de chaleur qui sévit depuis début juillet a fait au moins quinze morts

Le thermomètre affiche plus de 40 °C dans de nombreuses villes. Plus de 10 000 personnes ont été hospitalisées.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 12h16
   





                        


La canicule a fait au moins quinze morts au Japon durant les deux premières semaines de juillet tandis que 12 000 personnes ont été hospitalisées, selon des chiffres officiels publiés dimanche 22 juillet au moment où le thermomètre affichait près de 40 degrés Celsius dans de nombreuses villes.
Douze personnes ont péri dans la semaine achevée le 15 juillet, pour plus de 9 900 hospitalisations, trois personnes sont mortes la semaine précédente, pour 2 700 hospitalisations, selon l’agence de gestion des catastrophes. Mais l’heure n’était pas au rafraîchissement. D’après l’agence Kyodo News, au moins onze personnes sont mortes durant la seule journée de samedi, pour la plupart des personnes âgées.
Risques élevés de coups de chaleur
L’agence météorologique a annoncé que les températures dépassaient dimanche après-midi 35 degrés en 233 points de l’archipel. A Gugo, dans le centre du Japon, il faisait 39,8 degrés et dans plusieurs quartiers de Tokyo, le thermomètre dépassait 37 degrés. L’agence a lancé une alerte aux fortes chaleurs pour la plupart des régions de la principale île de l’archipel. « Les risques de coups de chaleur sont particulièrement élevés », a-t-elle dit, appelant les gens à boire beaucoup et se servir de la climatisation.
Le ministère de l’éducation a demandé aux écoles de renoncer aux activités en extérieur pendant les fortes chaleurs. Un garçon de 6 ans est mort la semaine dernière d’un coup de chaleur lors d’une sortie scolaire.

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                La chaleur, drame du quotidien au Japon et enjeu des JO de Tokyo






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Pour le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, il ne peut y avoir de paiement de la facture de divorce sans signature d’un accord commercial avec Bruxelles.
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Londres pose ses conditions au règlement de la facture du Brexit

Pour le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, il ne peut y avoir de paiement de la facture de divorce sans signature d’un accord commercial avec Bruxelles.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 06h11
   





                        



   


Le Royaume-Uni ne paiera la facture du divorce avec l’Union européenne qu’à la condition qu’un accord commercial soit trouvé, a déclaré le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, dans une interview parue dimanche dans le Sunday Telegraph.
L’eurosceptique Dominic Raab, qui a remplacé le 9 juillet David Davis, en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May, a affirmé qu’une « certaine conditionnalité entre les deux » était nécessaire.

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                Au Royaume-Uni, Dominic Raab devient le nouveau ministre du Brexit



Il a précisé que le mécanisme de l’article 50 (du traité de Lisbonne, sur le processus de sortie), utilisé pour déclencher la procédure de sortie du Royaume-Uni, prévoit de nouveaux détails concernant l’accord :
« L’article 50 exige (...) qu’il y ait un futur accord-cadre pour la relation que nous aurons (avec l’UE) à l’avenir, donc les deux sont liés. Vous ne pouvez pas avoir d’un côté une partie remplissant toutes les conditions et de l’autre une partie qui ne les remplit pas, ou qui va doucement, ou qui ne s’engage pas. Donc je pense que nous devons nous assurer d’une certaine conditionnalité entre les deux. »
Jusqu’à présent, le gouvernement britannique a envoyé des messages contradictoires concernant le règlement financier du Brexit dans le cadre d’un accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’UE à compter de fin mars 2019.
Un divorce à 40 milliards d’euros
La Première ministre britannique, Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des Finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « pas un scénario crédible ».
Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.

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                Brexit : l’Union européenne se prépare au scénario du pire



Dominic Raab a rencontré pour la première fois vendredi Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE. Les Européens s’inquiètent de l’enlisement des discussions et des remises en cause constantes en interne de la stratégie de Theresa May.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le 23 mars, le colonel Beltrame fait basculer hors de tout cadre protocolaire l’assaut mené par les gendarmes lors de l’attentat de Trèbes. « Le Monde » a reconstitué le déroulé des événements.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/07/2018
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« Taisez-vous c’est moi qui négocie » : récit de l’attentat de Trèbes vu de l’intérieur

Le 23 mars, le colonel Beltrame fait basculer hors de tout cadre protocolaire l’assaut mené par les gendarmes lors de l’attentat de Trèbes. « Le Monde » a reconstitué le déroulé des événements.



Le Monde
 |    22.07.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
22.07.2018 à 16h15
    |

            Soren Seelow et 
Julia Pascual








                        



                                


                            
Dans la cour d’honneur des Invalides, où son cercueil a été déposé le temps d’une cérémonie, le chef de l’Etat a loué la « grandeur [qui] coulait dans ses veines » et convoqué la mémoire de Jean Moulin, des Martyrs du Vercors et des héros anonymes de Verdun. Cinq jours plus tôt, le 23 mars en fin de matinée, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame s’était substitué à une otage lors d’une attaque terroriste contre le Super U de Trèbes (Aude). Il avait succombé quelques heures plus tard aux coups de couteau portés par le terroriste, Radouane Lakdim, à l’issue d’un violent corps à corps.

Le sacrifice du colonel l’a élevé au rang de héros. Son courage et son destin tragique ont ému la France. La reconstitution de l’intervention des gendarmes dans le supermarché, à partir des éléments d’enquête dont Le Monde a pris connaissance, permet de mieux comprendre la dynamique toute personnelle de son geste. Elle dévoile un déroulé des faits plus complexe que celui que retiendra le récit national : celui d’un assaut qui a soudain basculé hors de tout cadre protocolaire sous l’impulsion d’un homme.

Ce vendredi 23 mars, aux alentours de 10 h 40, l’alerte est donnée dans la petite commune audoise. Les gendarmes apprennent qu’une prise d’otage est en cours au Super U. Très vite, les premiers militaires convergent vers la supérette dans laquelle Radouane Lakdim a fait irruption à 10 h 38 après avoir tué le matin même un homme et fait deux blessés dans la ville voisine de Carcassonne.
A l’intérieur du magasin, Radouane Lakdim a déjà abattu un client et un employé quand des militaires du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Carcassonne parviennent à rejoindre la salle vidéo, au premier étage. Après un bref examen de la situation sur les caméras de surveillance, le major Thierry G., commandant du PSIG, constitue une colonne d’intervention de quatre gendarmes. Aucun...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le président chinois souhaite resserrer les liens économiques déjà étroits entre l’empire du Milieu et le continent africain
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Xi Jinping en visite au Sénégal, première étape d’une tournée africaine

Le président chinois souhaite resserrer les liens économiques déjà étroits entre l’empire du Milieu et le continent africain



Le Monde
 |    22.07.2018 à 01h57
   





                        



   


La Chine et le Sénégal ont signé samedi soir de nouveaux accords pour renforcer leurs liens économiques, à l’occasion de la visite d’Etat à Dakar du président Xi Jinping, la première à ce niveau en près de dix ans. Arrivé samedi en fin d’après-midi à Dakar, le dirigeant chinois a été accueilli par son homologue sénégalais Macky Sall, première étape d’une tournée africaine qui doit le mener ensuite au Rwanda et en Afrique du Sud.
Les deux chefs d’Etat ont eu des entretiens sur « la coopération bilatérale, les relations sino-africaines et l’actualité internationale », a déclaré le président Sall, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue chinois. « Chaque fois que je viens en Afrique, je peux mesurer le grand dynamisme de ce continent, promis à un avenir radieux », a indiqué le président chinois qui s’est dit « pleinement confiant en l’avenir de la coopération sino-africaine ».
Les deux dirigeants avaient auparavant signé dix accords dans des domaines liés à la justice, la coopération économique et technique, les infrastructures, la valorisation du capital humain et l’aviation civile.
Le président chinois a eu droit à un accueil populaire à Dakar où de nombreuses artères étaient pavoisées aux couleurs des drapeaux des deux pays. Des dizaines de cars ayant servi au transport de partisans du président Sall pour cet accueil étaient stationnés près du palais présidentiel.
La Chine, deuxième partenaire commercial du Sénégal
M. Xi doit remettre dimanche à Macky Sall les clés d’une enceinte de lutte, le sport le plus populaire au Sénégal, construite par des entreprises chinoises.
La Chine est le deuxième partenaire commercial du Sénégal, derrière la France, avec un volume d’échanges de deux milliards de dollars en 2016, incluant des projets d’infrastructure, selon des chiffres officiels sénégalais. Les exportations du Sénégal vers la Chine se chiffraient à plus de 115 millions d’euros en 2017, les principaux produits exportés vers la Chine étant des minerais (zircon et titane) et les arachides.
La Chine est aussi le deuxième fournisseur du Sénégal après la France. Les importations de la Chine sont passées de 227 milliards FCFA (plus de 346 millions d’euros) en 2013 à 367 milliards FCFA (plus de 559 millions d’euros) en 2017. Cette évolution s’explique par l’accroissement des importations de produits tels que les appareils de réception, les compteurs d’électricité et les matériaux de construction (tubes, tuyaux et matériel en fer).
La hausse des importations des matériaux de construction est due à la présence des entreprises chinoises au Sénégal pour l’exécution des chantiers de l’Etat. De nombreuses infrastructures au Sénégal, dont des stades, des routes et autoroutes, un hôpital, un Grand-théâtre, une arène nationale de lutte et un musée des civilisations noires, ont été construites par la Chine.
La visite de Xi Jinping, qui doit quitter dimanche le Sénégal, est la deuxième d’un dirigeant chinois dans ce pays après celle de Hu Jintao en février 2009.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Ils faisaient partie du paysage urbain depuis 2011. Et ne serviront bientôt plus à rien. Or chaque station compte 4 à 5 bornes et chacune d’entre elle a été facturée 60000€...
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Plus de quarante ans après la mort de Franco, l’Espagne reste divisée sur la question de la mémoire de la dictature, pour des raisons historiques et politiques. Explication en images.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Fonds marins, chambre d’hôtel, restaurant… Les agences de tourisme proposent à leurs clients une plongée express dans leur futur voyage, façon téléportation, à l’aide de casques de réalité virtuelle ou de vidéos immersives.
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Nos futures vacances en réalité virtuelle ? On s’y croirait déjà


                      Fonds marins, chambre d’hôtel, restaurant… Les agences de tourisme proposent à leurs clients une plongée express dans leur futur voyage, façon téléportation, à l’aide de casques de réalité virtuelle ou de vidéos immersives.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 06h41
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

C’est le voyage le plus « tendance » du moment pour les clients du Club Méditerranée. Celui dont l’évocation vaut un petit succès dans les dîners. « Cela vous dirait de partir aux Maldives quelques minutes ? » Qui vient aux renseignements chez le spécialiste du séjour tout compris a désormais droit à une téléportation. Rares sont ceux qui refusent l’immersion express, même virtuelle, sous les tropiques.
Inaugurée au printemps, l’agence Club Med de la rue de Passy, dans le ­16e arrondissement de Paris, s’est donné des allures d’appartement bourgeois, au style du moment, bohème chic. C’est dans un fauteuil du salon, près de la cheminée, que, casque de réalité virtuelle (RV) sur la tête, le client potentiel évolue parmi les poissons dans une mer turquoise, après avoir accepté le cocktail tendu par un barman tout sourire, piqué une tête dans la piscine et savouré le petit déjeuner sur la terrasse de sa chambre. Rien que du faux, mais il s’y croirait déjà.
« C’est une révolution. Ce voyage avant le voyage a un impact réel au moment de la prise de décision. » Sylvain Rabuel, directeur France-Europe-Afrique du Club Med
Il faut un petit temps d’adaptation avant de songer à bouger la tête casquée, à regarder sur les côtés et derrière soi pour découvrir les bancs de poissons ou toute la profondeur de la chambre. Le futur GM (« gentil membre ») est propulsé dans une réalité filmée sous tous les angles, à 360°. Effet immersif garanti. « J’ai adoré, c’est vivant, on voit qu’il y a des activités de tous les côtés, on y est ! », s’enthousiasme une sexagénaire, cliente Platinum blond platine.
Deux ans après le démarrage de l’expérience, les 80 espaces de vente Club Med sont désormais équipés de casques. Trente villages sont « visitables », les quarante autres le seront d’ici à dix-huit mois. « C’est une révolution pour notre secteur, estime Sylvain Rabuel, directeur France-Europe-Afrique du Club Med. Dans le haut...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour d’Erik Orsenna :« Pierre », de Barbara


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 22.07.2018 à 17h00
                 |

            Sandrine Blanchard (Propos recueillis par)

















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Ecrivain, voyageur et membre de l’Académie française, Erik Orsenna vient de publier Dernières nouvelles du monde (éd. Robert Laffont), un recueil de ses « petits précis de mondialisation ». En février, il a remis à la ministre de la culture un rapport sur l’extension des horaires des bibliothèques.
Je me suis longtemps demandé les raisons pour lesquelles mes parents aimaient tant les chansons. Et pourquoi ils nous traînèrent, mon frère et moi, malgré notre petit âge (dès 8 ans) dans les cabarets (Ecluse, Rose Rouge, Collège Inn) où « passaient » Brel, Ferré, Cora Vaucaire, la toute jeune Barbara.
La réponse m’est venue plus tard. Mon père et ma mère, qui ne parvenaient guère à s’entendre, ne se retrouvaient que dans cette passion commune : écouter ensemble ces romans résumés, le miracle de cette alliance entre quelques notes et deux, trois mots. Peut-être aussi voulaient-ils espérer que les chansons d’amour leur feraient croire en l’amour ?
C’est ainsi que Pierre, l’un des chefs-d’œuvre de Barbara, m’est entré dans le cœur. D’abord, je n’ai rien compris. « Il pleut, il pleut/Sur les jardins alanguis/Sur les roses de la nuit. »
J’ai demandé à ma mère : ça, une chanson d’amour ? Une femme qui écoute tomber la pluie ? Elle avait les larmes aux yeux. Elle m’a dit d’écouter la suite. Cette femme attend son amour. « Quand Pierre rentrera/Il faut que je lui dise/Que le toit de la remise/A fui/Il faut qu’il rentre du bois/Car il commence à faire froid/Ici. »
« Chanson de la confiance »
Je ne comprenais toujours pas : « D’accord, cette femme attend. Mais l’amour, maman, il est où ? »
Elle m’a pris dans ses bras, comme chaque fois qu’elle voulait m’expliquer des choses graves. Et elle m’a raconté la paix, cette paix qui peut vous envahir lorsqu’on attend la personne aimée. « Ecoute, Erik, écoute bien. » « Une odeur de foin coupée/Monte de la terre mouillée/Une auto descend l’allée/C’est lui/Oh Pierre/Mon Pierre. »
« Et toi, Maman, tu as déjà connu cette paix-là ? »
« Tu es grand, maintenant. Tu as droit à la vérité. Pour cette paix-là, il faut de la confiance. Confiance dans la pluie, savoir qu’elle n’est pas forcément triste. Confiance dans un Pierre, ne pas toujours craindre qu’il en aime une autre. Confiance dans l’auto, qu’elle ne dérape pas en chemin. »
« Alors cette chanson est la chanson de la confiance ? »
« Exactement. »
« Alors l’amour, c’est la confiance ? »
« Je ne pourrai jamais mieux te dire. Pas besoin de gros livres, Erik. Et n’oublie jamais la musique qui prend soin de la confiance. »
Mais qui était donc l’auteur de ce texte tout simple capable de tant bouleverser ma maman ? Qui se cachait derrière celle qu’on présentait comme l’auteur : Monique Andrée Serf ? Pour trouver ces mots si justes, cette dame avait forcément dû connaître cette paix-là, la paix de la pluie qui tombe et du bois qu’il faut rentrer. Je ne l’ai appris que tout récemment : Monique Andrée Serf est le vrai nom de Barbara.


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard (Propos recueillis par)
    













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Décryptage

Au Maroc, la difficile quête du « zéro plastique »

Le royaume s’est engagé depuis 2016 à lutter contre la production et la distribution de sacs en plastique, dont il était le deuxième consommateur mondial.

Par                                            Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-07-19T14:54:33+02:00"

        Le 19.07.2018 à 14h54






    
Un éboueur marocain déverse des déchets en plastique au centre de recyclage d’Oum Azza, près de Rabat, en novembre 2016.
Crédits : Youssef Boudlal/REUTERS


Au moment où la guerre contre le plastique se mondialise, le Maroc aurait dû être un modèle de la lutte contre ce fléau qui pollue paysages et océans. Pourtant, deux ans après la loi interdisant la fabrication, la vente et l’utilisation de sacs en plastique dans le royaume, ils sont loin d’avoir disparu.
Selon une enquête publiée le 27 juin par l’association Zero Zbel (« zéro déchet » en arabe), dans le cadre d’un projet soutenu par ONU Environnement, les sacs en plastique sont encore largement utilisés dans les marchés marocains. L’étude, menée dans trois grandes villes dont la capitale économique Casablanca, a montré que 65 % des consommateurs utilisent cinq à quinze sacs en plastique à chaque fois qu’ils font leurs courses. Le ministère de l’industrie, qui défend un bilan satisfaisant, a finalement reconnu, dans un communiqué publié le 1er juillet, que « l’utilisation de sacs interdits persiste dans les souks, le commerce ambulant et non organisé ».

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« Ces souks représentent justement le principal réseau commerçant où les Marocains font leurs courses. Le commerce non formel reste le principal réseau de distribution au Maroc », insiste Mamoun Ghallab, le président de l’association. Si les supermarchés et autres structures organisées s’en sont débarrassés, les sacs en plastique fabriqués dans des ateliers clandestins ou importés illégalement des pays voisins continuent de nourrir le circuit informel. « Les sacs de contrebande sont encore présents sur le marché. Donc si on refuse d’en donner aux clients, ils iront chez le voisin », témoigne un vendeur de fruits dans un marché casablancais.
Haute toxicité
La loi prévoit une amende allant de 200 000 à 1 million de dirhams (18 000 à 91 000 euros) pour les fabricants et entre 10 000 et 500 000 dirhams (910 à 45 500 euros) pour les distributeurs. « La police faisait des contrôles quotidiens pendant les six premiers mois de l’interdiction. Mais ça s’est essoufflé par la suite », poursuit le marchand.
Lancée le 1er juillet 2016, quelques mois avant la COP22 organisée à Marrakech, la législation baptisée Zero Mika (« zéro plastique ») devait permettre de lutter contre les nuées de sacs en plastique accrochées aux arbres, et qui cernent depuis plusieurs années les plages marocaines. Dans ce pays de 35 millions d’habitants, quelque 26 milliards de sacs en plastique, soit 900 par habitant, étaient consommés en moyenne chaque année jusqu’en 2016, faisant du royaume le deuxième pays utilisateur de cette matière dans le monde, après les Etats-Unis.

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Pour l’association Zero Zbel, la seule dans le pays à militer contre la pollution liée aux déchets, la solution n’est pas de verbaliser les commerçants. « Dans la pratique, il est difficile de donner une amende aux marchands ne disposant pas d’un local officiel, assure Mamoun Ghallab. Les autorités doivent agir à la source, chez les grossistes. Car tant que la production illégale existera, les marchands continueront à prendre le risque. » 
Plus grave, les sacs de contrebande sont beaucoup plus nocifs pour la santé. Les contrôles effectués par le ministère de l’industrie sur les sacs saisis par les autorités ont montré que les matières premières utilisées proviennent de plastique récupéré dans les décharges « ainsi que de matières premières hautement toxiques et nuisibles à la santé servant à la base à la production d’emballages de produits industriels divers », a mis en garde le ministère.
Depuis la publication de l’enquête indépendante de Zero Zbel, le gouvernement a annoncé le démantèlement d’un atelier clandestin de fabrication et la saisie de deux tonnes de sacs en plastique dans deux dépôts de Casablanca. En deux ans, 757 tonnes de sacs ont ainsi été confisquées.
Alternatives
Pour le moment, les alternatives au plastique sont loin de satisfaire les défenseurs de l’environnement. Et le Maroc ne dispose pas non plus de système de recyclage encadré par l’Etat. « Malheureusement, les principales options proposées sont des sacs non-tissés en polypropylène présentés comme écologiques or il s’agit de textile plastique », regrette M. Ghallab. Censés être réutilisables, ces sacs ne résistent pas tous aux lourdes charges et finissent par casser. Plus chers à produire que la matière plastique, une partie des sacs en polypropylène sont fabriqués en deçà de l’épaisseur légale et sont donc moins résistants et plus rapidement jetables : « Au bout de quatre jours environ, estime le président de l’association. Il faudrait impliquer d’autres acteurs et réfléchir à d’autres matières comme le tissu, des matériaux naturels réellement solides et donc réutilisables. »

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Un projet de modification de loi devrait voir le jour, a promis Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’industrie et puissant homme d’affaires, lors d’une conférence de presse donnée le 3 juillet à Rabat. Ce jour-là, parmi les neuf représentants d’entreprise invités à réfléchir aux alternatives, huit provenaient de l’industrie de la plasturgie et seulement un acteur représentait les sacs en papier.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Dans cette commune côtière du sud de Barcelone, cette mesure augmente la pression sur les hommes mariés ou en couple. Les Espagnols sont les premiers consommateurs de sexe tarifé en Europe.
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A Gavà, les clients de la prostitution de rue recevront leur amende à domicile


                      Dans cette commune côtière du sud de Barcelone, cette mesure augmente la pression sur les hommes mariés ou en couple. Les Espagnols sont les premiers consommateurs de sexe tarifé en Europe.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h40
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


Jusqu’ici, ils se rendaient illico au commissariat ou à la mairie, payaient leur amende en espèces et repartaient discrètement. Les clients des prostituées qui officient sur les bords de la route C-31 de Gavà, commune côtière du sud de Barcelone, préféraient ne pas traîner ni se faire remarquer lorsque la police municipale les sanctionnait pour avoir sollicité des relations sexuelles tarifées sur la voie publique. Mais, à présent, cette précaution leur est inutile. Les récépissés de l’infraction seront envoyés à leur domicile, qu’ils paient immédiatement ou pas.
En Espagne, la prostitution n’est ni légale ni illégale, et l’attitude des pouvoirs publics varie d’une ville à l’autre. Le proxénétisme est toléré, à moins de démontrer une « vulnérabilité personnelle ou économique de la victime » ou des « conditions abusives » de l’activité. En clair : sauf cas flagrant, il faut que la prostituée porte plainte. La loi ne pénalise clairement que « la prostitution et la demande de ses services aux abords d’établissements scolaires, de zones fréquentées par des enfants et dans des lieux qui mettent en danger la sécurité routière ».
« Nous voulons dissuader ces hommes de promouvoir la traite d’êtres humains. » Une conseillère municipale de Gavà
Face à cette législation ambiguë, de nombreuses mairies, dont celles de Barcelone et de Séville, ont décidé d’émettre des arrêtés interdisant la prostitution sur la voie publique. Dans le cadre de sa « campagne d’intervention intégrale contre la prostitution », déjà mise en place l’été dernier, Gavà va plus loin. « Nous voulons dissuader ces hommes de promouvoir la traite d’êtres humains », résume la conseillère municipale chargée de l’égalité, Gemma Badia.

   


L’envoi des amendes au domicile des clients, annoncé le 9 juillet, augmente la pression sur les clients, en particulier ceux qui sont mariés ou en couple. « En juin 2017, il y avait entre 9 et 12 filles sur la route, alors qu’à la fin de l’été, grâce aux amendes appliquées, à la campagne de sensibilisation et au soutien social aux femmes prostituées, elles n’étaient plus que cinq ou six. Notre objectif est l’éradication de la prostitution », résume l’élue locale.
Des Français dans les « puticlubs »
L’été dernier, la police de Gavà a dressé 58 amendes, pouvant s’élever jusqu’à 3 000 euros. La mesure ne convainc cependant pas ceux qui ne voient là qu’une façon d’éloigner ailleurs un problème qui s’aggrave en été. Car le slogan estival espagnol « sol y playa » rime trop souvent avec proxeneta.
« Tout ce qui sert la visibilité et la signalisation des clients est positif. S’il n’y avait pas une demande, la traite d’êtres humains n’existerait pas, souligne Rocío Mora, directrice de l’Association pour la prévention, la réinsertion et l’attention à la femme prostituée (Apramp). Mais cela n’est pas suffisant. Il faut offrir des alternatives et une protection à ces femmes, éduquer les jeunes, chez qui on observe une banalisation du fait de payer pour entrer dans le corps de femmes, et réformer le code pénal afin de sanctionner le proxénétisme. »

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                Choquée par un viol collectif, l’Espagne va modifier sa législation



Trente-neuf pour cent des Espagnols ont payé au moins une fois dans leur vie une prostituée pour obtenir des relations sexuelles, selon les chiffres de l’Apramp, ce qui fait d’eux les premiers consommateurs de sexe tarifé en Europe et les troisièmes au monde derrière les habitants de Thaïlande et de Porto Rico.
Il faut dire que les maisons closes s’annoncent en grand sur le bord des routes de toute l’Espagne. Certains Français le savent bien : la majorité des clients de quelques-uns des plus grands « puticlubs » d’Europe, situés dans la ville frontalière de La Jonquera, en Catalogne, viennent de l’Hexagone. Au point que l’ancien maire de la ville avait coutume de se plaindre d’être « le bordel de la France ».



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Plus de 130 000 personnes sont attendues à cette grand-messe annuelle de la culture pop américaine à San Diego, où sont annoncées de nombreuses nouveautés.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Selon les adeptes des câlins énervés, la détestation, la rage et les conflits (avec des inconnus ou son conjoint régulier) font partie de la palette des piments du couple. Or quand nos actions sont guidées par la colère, nous sommes au mieux égoïstes, au pire blessants, prévient Maïa Mazaurette, chroniqueuse sexe de « La Matinale du Monde ».
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« Hate sex » : sexe et colère font-ils bon ménage ?


                      Selon les adeptes des câlins énervés, la détestation, la rage et les conflits (avec des inconnus ou son conjoint régulier) font partie de la palette des piments du couple. Or quand nos actions sont guidées par la colère, nous sommes au mieux égoïstes, au pire blessants, prévient Maïa Mazaurette, chroniqueuse sexe de « La Matinale du Monde ».



Le Monde
 |    22.07.2018 à 06h32
    |

                            Maïa Mazaurette








   


Haine, colère, retrouvailles post-engueulade : le moins qu’on puisse dire, c’est que notre palette de motivations sexuelles ne se décline pas toujours dans les tons rose bonbon. « Hate sex » : 665 000 résultats sur Google. « Angry sex » : 500 000. « Make-up sex » : 2 130 000.
Si les chiffres sont impressionnants, le contenu vaut son pesant de cacahuètes au vinaigre : « onze raisons scientifiques pour lesquelles le sexe post-engueulade est incomparable », « neuf manières de bien coucher quand on est énervé », « Le sexe haineux est le meilleur – voici pourquoi vous devriez essayer ! » Après un tel programme, on se surprend à attendre le quatrième cavalier de l’Apocalypse : « Le missionnaire raté avec une personne méprisable pendant qu’on a les deux jambes cassées est LA tendance de l’été, voici où trouver des partenaires vraiment nuls. »
Revenons donc sur les raisons d’un tel engouement : d’après les experts en « hate sex » (je me permets de caser tous les concepts ci-dessus dans le même anglicisme), rien ne vaut l’instrumentalisation d’émotions négatives pour réérotiser ses samedis soir.
La détestation, la rage et les conflits (avec des inconnus ou son conjoint régulier) seraient à ajouter aux « piments » habituels – si on utilise parfois la contrainte, la douleur ou la culpabilité, si on apprécie les mots grossiers ou insultants, si on joue avec les frustrations ou les excès, qui pourrait nous reprocher d’ajouter d’autres éléments de tension à notre répertoire ? Si on apprend à aimer l’amertume ou l’acidité, ne serait-il pas naturel d’apprendre à intégrer à notre sexualité des goûts qui font grincer les dents ?
Faire l’amour pour éviter de faire la guerre
Oui, mais non. Parce que ça n’est pas du tout la même chose. Les jeux BDSM ou le « dirty talk » servent à augmenter l’excitation et le plaisir des deux partenaires ; or, quand nos actions sont guidées par la colère, nous sommes au mieux égoïste, au pire blessant. Dans le premier cas, la sexualité cesse d’être un partage (autant se masturber). Dans le deuxième cas, elle devient une arme (quelqu’un aurait le numéro de téléphone de la Cour pénale internationale ?).
Bien sûr, les adeptes de hate sex prétendent qu’il s’agit d’un jeu : surmonter son attraction pour une personne « indigne » de notre attirance (on vous a déjà dit que vous étiez contrariant ?), ou soulager les frustrations du couple. Ainsi, certains prétendent feindre la colère. Seulement… en l’absence de toute communication, bon courage pour comprendre si nous sommes en présence de lard ou de cochon (pendant que vous pratiquez du hate sex, l’autre peut attendre une relation normale).
D’autres enthousiastes se servent de cette pratique pour, au contraire, sortir d’un état de colère : une levrette, et tout est bien qui finit bien ! Nous retrouvons ici cette très séduisante idée, jamais prouvée, qu’on puisse faire l’amour pour éviter de faire la guerre. Terminer une engueulade de manière agréable ? Difficile de refuser une telle proposition.
Cependant, si le hate sex permet d’éviter de déclarer ses sentiments ou de demander pardon, gagne-t-on réellement au change ? Tout dépend à qui vous posez la question : selon une étude récente, les hommes favorisent le sexe comme manière de résoudre un conflit, tandis que les femmes préfèrent obtenir des excuses, du temps passé ensemble, voire des larmes (Evolutionary Psychological Science, 2017).
Droit au but
Et c’est là que nos ennuis commencent. Présenté comme un fantasme piquant mais égalitariste, le hate sex se révèle clairement à l’avantage des hommes : cela se traduit dans les motivations, comme on vient de l’observer, mais aussi dans les pratiques.
Le hate sex se veut brutal, animal et sauvage, des caractéristiques techniques supposément plus authentiques. Il s’agirait de retourner à une sexualité sans chichis, droit au but. C’est-à-dire, droit au pénis. Du coup, sans vouloir vous assommer d’anglicismes de bon matin (hello, readerz of Leu Monde), le hate sex est un quickie qui ne dit pas son nom, et qui ne dit pas merci non plus.
Les guides du hate sex ne laissent en effet aucune place au doute : ce qui « saute » en premier, ce sont les préliminaires. Impossible de prodiguer des caresses en état de colère, alors qu’on peut asséner des coups de reins. Il s’agit de prendre son plaisir personnel, aussi égoïstement que possible. Or au jeu de la rapidité de la réponse sexuelle, ce sont les hommes qui gagnent (sauf emploi d’un vibrateur pendant que monsieur se tape la vaisselle, une option à considérer pour les femmes en manque de revanche).
Ce qui implique une autre spécificité : le hate sex remet l’homme au centre des responsabilités, tandis que la femme se retrouve manipulée comme une vaginette, a priori sans confort, et a priori sans orgasme.
Glorification du désastre
Evidemment, il peut arriver que les partenaires féminines soient demandeuses d’un plaisir de type psychologique : être traitée sans ménagements (pratique pour descendre du piédestal), sortir d’une sexualité conjugale molle… au risque de confondre mouvements brusques et passion. Très bien. Mais, quitte à opter pour la jouissance cérébrale, pourquoi renoncer à la jouissance physique ? Ne peut-on pas, en 2018, demander le fromage et le dessert ?
A ce titre, la fascination que nous éprouvons pour le hate sex est exactement aussi subversive qu’un flan allégé. Elle sert les intérêts des dominants, elle entretient la hiérarchie des orgasmes féminins (par le vagin, c’est mieux), elle justifie la sexualité comme solution à n’importe quoi (« planter un clou avec sa sexualité », « réussir le millefeuille avec son pénis »), elle traite les hommes comme des enfants qu’il faudrait pacifier à coups d’orgasmes : comme pratique supposément renversante, le hate sex ne renverse pas grande chose. Il est, avant tout, réactionnaire.
Cela dit, cette glorification du désastre n’a rien d’exceptionnel : scier la branche (non-lubrifiée) sur laquelle nous sommes assis n’est pas une tendance réservée à la sexualité. Le hate sex rejoint ainsi le « hate watching » ou le « hate reading », consistant respectivement à regarder et lire des choses qui nous insupportent : au rayon masochiste, il faudra donc compter les téléspectateurs scotchés soir après soir par la nullité de telle ou telle émission (qu’ils ne rateraient pour rien au monde), ou les internautes accrochés aux déferlements de haine des réseaux sociaux (qu’ils voudraient réguler).
A quoi bon perdre son temps ? A confirmer nos détestations (au cas où Cyril Hanouna serait subitement passé chez Arte, tandis que Gandhi aurait ressuscité sa timeline Twitter). Et certainement, aussi, à jouir de ce qui nous fait du mal. Quitte à massacrer ce qui nous fait du bien ?


