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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ La droite a critiqué samedi cette accréditation accordée au collaborateur d’Emmanuel Macron, à la demande du directeur de cabinet de l’Elysée.
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Alexandre Benalla disposait d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale

La droite a critiqué samedi cette accréditation accordée au collaborateur d’Emmanuel Macron, à la demande du directeur de cabinet de l’Elysée.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 19h35
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        


Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié sur une vidéo en train de frapper un manifestant le 1er mai, disposait d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale en tant qu’employé de la présidence de la République. C’est ce qu’ont dévoilé les députés Les Républicains Marc Le Fur et Christian Jacob samedi 21 juillet dans l’hémicycle, s’interrogeant sur les motifs de cette accréditation.
Le Monde a pu consulter la fiche d’informations confirmant l’existence d’une accréditation, accordée à Alexandre Benalla. Il s’agit d’un badge « H » qui donne accès à l’hémicycle, un niveau d’autorisation supérieur à celui des simples collaborateurs, et dont la date de début est fixée au 24 juillet 2017. La majorité et l’opposition divergent en revanche sur le sens à donner à l’octroi d’un tel sésame à un collaborateur chargé de questions de sécurité.
Dans un communiqué, la présidence de l’Assemblée a fait savoir que ce badge avait été attribué à M. Benalla « à la demande du directeur de cabinet du Président de la République (…) en sa qualité de charge de mission auprès du chef de cabinet du Président de la République ».
La droite critique l’octroi de ce badge
Le député LR et vice-président de l’Assemblée nationale Marc Le Fur est le premier à avoir évoqué publiquement l’existence de ce badge, qui « a été retiré il y a trois jours » au collaborateur de l’Elysée, selon lui. Soit le 18 juillet, jour des premières révélations du Monde. L’élu des Côtes-d’Armor s’est étonné de l’existence de cette accréditation, la jugeant injustifiée :
« Cela veut dire quoi ? Jusqu’à présent, Monsieur Benalla ne disposait pas de fonctions politiques. Hors, mes chers collègues, ceux qui disposent d’un tel badge font de la politique puisqu’ils assistent à l’hémicycle. Ils ne font pas de la sécurité, ils font de la politique. »
Marc Le Fur a par ailleurs demandé à savoir « qui a demandé un tel badge [et] pourquoi on a demandé un tel badge ? » ainsi que la mise en place de mesure pour que de tels « incidents » ne « puissent plus intervenir ». Interrogé par Le Monde, Marc Le Fur a confirmé que « ce n’est pas un badge du tout-venant, c’est le badge du niveau le plus élevé qui soit ! Du niveau du cabinet du président de l’Assemblée ! »
Son homologue LR de Seine-et-Marne et président du groupe Christian Jacob a également demandé « au nom de quelles fonctions [Alexandre Benalla] vient ici [à l’Assemblée nationale] ? […] Quel est le rapport entre la sécurité du président de la République et être ici dans l’hémicycle ? », a-t-il poursuivi, qualifiant par ailleurs M. Benalla de « barbouze ».
Une pratique « courante », selon François de Rugy
En vertu du principe républicain de séparation des pouvoirs, le président de la République ne peut pas participer aux séances parlementaires et ne se rend donc jamais à l’Assemblée. Pour autant, pour le président de l’Assemblée, François de Rugy, il n’y a rien d’inhabituel à ce qu’un collaborateur de l’Elysée dispose d’un tel accès au palais Bourbon. « Vous le savez sans doute, il y a pour accéder à l’Assemblée nationale plusieurs milliers de badges [dont] un certain nombre de collaborateurs de l’exécutif. Il en a toujours été ainsi », a-t-il répondu à Marc Le Fur.
Toujours selon François de Rugy, il s’agit de « pratiques courantes et normales » et « le badge a été immédiatement désactivé quand Monsieur Benalla s’est vu retirer les fonctions qu’il avait à la présidence de la République », sans préciser donner la date précise de cette décision. « Il n’y a donc rien de plus à en dire, tout cela se fait dans la logique de notre fonctionnement d’assemblée », appelant à ne « pas créer des polémiques inutiles ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Des photographies montrent que le collaborateur de l’Elysée pourrait avoir conservé des fonctions moins restreintes que ne l’affirme la présidence.
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Des images interrogent sur les fonctions exactes d’Alexandre Benalla après sa suspension

Des photographies montrent que le collaborateur de l’Elysée pourrait avoir conservé des fonctions moins restreintes que ne l’affirme la présidence.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h33
   





                        



   


Quelles ont été les fonctions exactes occupées par Alexandre Benalla à l’Elysée de son retour de suspension le 20 mai jusqu’aux premières révélations du Monde, le 18 juillet ? Critiqué pour sa gestion de ce dossier sur le moment, l’entourage d’Emmanuel Macron s’est défendu en mettant en avant la sanction prise rapidement à l’encontre du collaborateur dès son comportement connu, « la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », selon le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit.
Suspendu quinze jours, il aurait également vu ses attributions cantonnées à un rôle interne à l’Elysée, jusqu’à l’annonce d’une procédure de licenciement à son encontre vendredi 20 juillet.
Des images publiées par Libération et Paris Normandie montrent néanmoins que le champ d’intervention de M. Benalla durant ces deux mois pourrait avoir été moins limité que ne l’a affirmé l’Elysée. Le collaborateur présidentiel pourrait n’avoir pas seulement continué d’apparaître aux côtés du chef de l’Etat, mais aussi gardé ponctuellement la charge de sa sécurité à l’extérieur.

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Selon la présidence, le rôle de M. Benalla a été cantonné à l’Elysée
Jeudi 19, Bruno Roger-Petit déclarait qu’Alexandre Benalla avait été mis à pied temporairement, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire puis, à son retour, « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ».
Selon l’Elysée, le collaborateur s’est occupé dans cet intervalle de la sécurisation d’événements « à l’intérieur du palais », notamment des rencontres avec des entreprises. A Libération, l’Elysée a confirmé par la suite qu’Alexandre Benalla « s’est uniquement occupé d’organiser des événements au Palais », en ajoutant deux exceptions : « La panthéonisation de Simone Veil [le 1er juillet] et la réception des Bleus [le 16] ».

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Deux déplacements hors de l’Elysée posent question

   


Mais il n’y a pas qu’à la réception à l’Elysée que l’on a pu apercevoir Alexandre Benalla, lundi. Des photos le montrent, plus tôt, à l’intérieur du bus transportant les champions du monde de football et, dès l’arrivée des Bleus à l’aéroport de Roissy, les gendarmes présents à l’aéroport ont fait part à leur hiérarchie d’un incident impliquant le collaborateur de l’Elysée, comme l’a révélé M6.
D’autres images publiées dans la presse montrent que les « exceptions » à cette règle pourraient avoir été plus nombreuses, et le périmètre d’action du collaborateur présidentiel moins restreint que l’Elysée ne l’a laissé entendre dans un premier temps.

Affaire Benalla : ces photos qui contredisent l'Elysée https://t.co/iQ3lrG7ZJ9 https://t.co/22mnK7Nl1G— libe (@Libération)


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Ainsi, Libération a publié plusieurs photos montrant M. Benalla accompagnant le chef de l’Etat lors du défilé du 14 juillet, des dossiers à la main, avec deux agents du groupe de sécurité de la présidence de la République. Ce qui laisse entendre que sa présence ce jour-là, déjà connue, serait bien liée à ses fonctions.

Exclusif @paris_normandie : contrairement à ce que dit l'#Elysée, Alexandre #Benalla assurait encore la sécurité ra… https://t.co/m7nFZ2uSHt— paris_normandie (@paris_normandie)


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Samedi, le quotidien Paris Normandie a révélé à son tour un cliché pris à Giverny (Eure) le 13 juillet montrant le conseiller devant Brigitte et Emmanuel Macron lors d’une visite privée du Musée des impressionnismes et de la Fondation Claude-Monet. M. Benalla semble alors « clairement assurer la protection du couple présidentiel », écrit le quotidien local.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ « Mensonge », « affaire d’Etat », « tempête sur l’Elysée »… l’affaire Benalla s’affiche à la « une » des principaux quotidiens nationaux et régionaux, samedi.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La France insoumise, Génération.s, EELV, le PCF, le NPA et le PS vont manifester au côté du comité Adama deux ans après la mort du jeune homme dans une gendarmerie.
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La gauche, hors PS, appelle à marcher en hommage à Adama Traoré

La France insoumise, Génération.s, EELV, le PCF, le NPA et le PS vont manifester au côté du comité Adama deux ans après la mort du jeune homme dans une gendarmerie.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h48
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Cela fait deux ans qu’ils attendent des réponses. La famille et les soutiens d’Adama Traoré, ce jeune homme mort après une interpellation musclée le 19 juillet 2016 sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) dans des circonstances encore non élucidées, organisent une marche, samedi 21 juillet, pour réclamer « la vérité et la justice ». « Cela fait deux ans que la famille patiente. Il y a des limites. La justice doit être égale pour tous » résume l’un des membres du comité Adama, à l’origine de la manifestation, Youcef Brakni.

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Depuis la plainte déposée par la famille en 2016 pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non-assistance à personne en danger », l’enquête piétine. La famille, qui dénonce une bavure policière, s’impatiente. Dans une lettre ouverte intitulée « La mort de mon frère mérite des réponses » et publiée dans L’Obs, la sœur d’Adama Traoré, Assa Traoré, s’adresse directement à Emmanuel Macron et Nicole Belloubet, la ministre de la justice : « Pourquoi cette mort en France, en 2016, dans une gendarmerie ? Comment cela se peut-il ? », interroge-t-elle.
« Plusieurs milliers » de personnes attendues
L’année dernière, le rassemblement avait réuni environ 2 000 personnes, cette fois, M. Brakni en attend « plusieurs milliers ». L’organisateur a des raisons d’espérer : toutes les formations de gauche – PS mis à part – ont appelé à rejoindre le rassemblement, ce qui n’était pas le cas le 22 juillet 2017, pour le premier anniversaire de la mort d’Adama Traoré, 24 ans aux moments des faits.
Cette année, le groupe La France insoumise de l’Assemblée nationale a appelé collectivement à s’y rendre, quand ils n’étaient que quelques-uns l’année dernière. Jean-Luc Mélenchon n’y sera pas personnellement mais les députés Alexis Corbière, Danièle Obono, Eric Coquerel et Mathilde Panot seront présents. « J’ai mobilisé dans ma circonscription, les réunions étaient pleines !, raconte M. Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. On ne peut pas toujours parler des quartiers populaires sans aller les soutenir sur les sujets qui les concernent. »
Génération.s, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le Nouveau Parti anticapitaliste appellent à s’y rendre. Les chefs de file des deux premiers mouvements, Benoît Hamon et David Cormand, seront présents. Le Parti socialiste qui n’était au départ « pas au courant » de cette marche, selon son premier secrétaire, Olivier Faure, envoie finalement un représentant, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et « des militants mobilisés », selon l’entourage d’Olivier Faure.
« On ne veut pas du soutien » du PS
Ces appels à venir manifester sont « une bonne nouvelle » pour M. Brakni, qui dit avoir « bataillé pendant un an pour se faire entendre du mouvement social et de la gauche », notamment en participant aux manifestations de cheminots ou d’étudiants cette année, jusqu’à prendre – « apothéose » – la tête du cortège du 26 mai, la dernière manifestation en date. « Avant, ils ne voyaient pas. C’était timide et hésitant. On a dû s’imposer et on a été entendus », se satisfait le responsable du collectif Adama.
Seul le Parti socialiste n’appelle pas à se rendre à cette marche. « Nous apportons notre soutien à la famille et demandons que le rapport relatif aux conditions de décès soit remis le plus rapidement possible », indique Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise et membre de la direction de la rue de Solférino. « Le PS n’est pas de gauche, ils sont de centre droit. Adama est mort sous un gouvernement de gauche où Bernard Cazeneuve soutenait les forces de l’ordre. On ne veut pas de leur soutien », rejette M. Brakni.
Le cortège débutera à 14 heures de la gare de Persan-Beaumont, pour s’achever à Boyenval, le quartier où habitait Adama Traoré. La marche sera suivie de la projection d’un documentaire inédit, Pour Adama, chapitre 1, et d’un concert gratuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.
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Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat

Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Alors qu’Emmanuel Macron avait fait de l’exemplarité l’un des piliers de son quinquennat, c’est un manquement grave sur ce terrain de l’éthique et de la responsabilité du pouvoir qui provoque la crise la plus aiguë à laquelle le président de la République ait été confronté depuis son élection. L’affaire Benalla est en train de se transformer en affaire d’Etat, fragilisant l’exécutif sur ce qui devait au contraire faire sa force : la promesse des pratiques d’un « nouveau monde ».
Tout commence par une vidéo et l’identification par Le Monde, le 18 juillet, d’Alexandre Benalla, l’un des chargés de mission de la présidence, coiffé d’un casque de police, qui s’en prend de façon violente à deux manifestants lors d’un rassemblement à l’occasion du 1er-Mai. Celui qui avait été autorisé à suivre l’intervention des forces de l’ordre « en observateur » s’est vu, aux dires de l’Elysée, infliger une sanction. En l’occurrence pour le moins légère, puisqu’elle a pris la forme d’une suspension temporaire de quinze jours. Cette décision, qui n’avait pas vocation à sortir de l’Elysée, a jeté de premières suspicions sur le fonctionnement du sommet de l’Etat.
Une décision trop tardive
Après des atermoiements coupables et une communication catastrophique, voyant que l’affaire prenait des proportions de plus en plus incontrôlables, le chef de l’Etat s’est enfin résolu, le 20 juillet, à faire ce qu’il aurait dû décider depuis le début, c’est-à-dire licencier ce collaborateur, dont le profil, les méthodes et les relations troubles auraient dû alerter depuis longtemps, comme l’ont montré nos différentes enquêtes.
Cette décision est trop tardive pour mettre fin à un scandale qui met en lumière les failles d’une pratique du pouvoir hypercentralisée. Emmanuel Macron avait fait sienne la verticalité comme gage d’efficacité pour réformer le pays. Aujourd’hui, pour l’avoir poussée jusqu’à la caricature, elle est en train de se retourner contre lui. Le président aime agir avec ses fidèles en mode commando. C’est ce système dans lequel la loyauté prime sur tout le reste qui a conduit le président à commettre une faute politique majeure.

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Les conséquences sont graves, car cette affaire revêt toutes les caractéristiques d’une affaire d’Etat. Nous sommes en présence d’un pouvoir qui a, visiblement, choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles. Elle révèle une série de dysfonctionnements au sein de l’Elysée qui ont eu des répercussions en cascade.
Ainsi du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ou des hauts fonctionnaires informés qui n’ont pas alerté la justice. Ainsi de la Préfecture de police de Paris dont trois des cadres ont déjà été sanctionnés dans ce dossier. C’est aussi une affaire d’Etat parce qu’elle affaiblit durablement le pouvoir et sa capacité à agir. Sans compter le trouble qui a saisi la majorité, tétanisée et déboussolée par l’attitude de l’Elysée.

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Dans ce moment important dans la vie démocratique, il faut toutefois se féliciter que les contre-pouvoirs aient fonctionné. La presse, d’abord, qui a révélé ce qui avait vocation à rester dissimulé au sein de l’Elysée. La justice, ensuite, qui a lancé une enquête et qui doit maintenant faire son travail. Le Parlement, enfin, qui a décidé de mettre en place une double commission d’enquête chargée d’établir la vérité.
Réticent à donner des explications, M. Macron avait, jeudi, balayé les questions gênantes par une réponse évasive : « La République est inaltérable. » Ce n’est pas le cas de l’image d’un président, qui semble n’avoir pas rompu avec les pratiques de l’« ancien monde ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Une quarantaine de militants et des habitants repeignent les façades d’un groupe scolaire pour dénoncer l’immobilisme de la municipalité.
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A Marseille, la très politique rénovation d’une école par La France insoumise

Une quarantaine de militants et des habitants repeignent les façades d’un groupe scolaire pour dénoncer l’immobilisme de la municipalité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h49
    |

                            Gilles Rof








                        



   


Des pinceaux, des rouleaux, des raclettes et trois cents litres de peinture. Il ne manque rien à la quarantaine de militants et d’élus marseillais de La France insoumise (LFI) et aux quelques habitants du quartier de La Viste (15e arrondissement) qui se sont joints à eux. Vendredi 20 juillet en début d’après-midi, s’est attaqué à un « chantier de rénovation » des espaces extérieurs du groupe scolaire de La Viste-Bousquet. Un chantier très politique.
Du IAM et du Keny Arkana, rappeurs locaux, dans la sono pour animer les travaux, des tranches de melons en libre-service et une motivation contagieuse pour cette action collective soutenue par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Trois heures plus tard, une partie des murs lépreux et tagués de l’école maternelle de ce quartier de l’extrême nord de Marseille, brille d’un blanc lumineux. Les grilles, rouillées, sont repeintes en vert et le jardin a été nettoyé des détritus – matelas brûlé, ferrailles, tas de feuilles – qui le jonchaient.
Une action politique
Tee-shirt blanc maculé de peinture, masque de protection baissé, Sébastien Delogu apprécie le travail effectué. « Ça avance bien et demain, nous commencerons plus tôt et serons plus nombreux » prédit-il. Ce militant LFI, dont on repère régulièrement la haute silhouette derrière le député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, a organisé le projet. Habitant du quartier, père de deux élèves scolarisés à La Viste-Bousquet, M. Delogu y voit « non pas une récupération, mais une action politique », « un passage de la réflexion à l’action ». « Ma fille entre au primaire et mon fils au CE1. Je ne peux accepter que leur premier contact avec l’institution républicaine se fasse dans une école aux murs et aux plafonds délabrés », s’indigne-t-il. Animateur d’un collectif « insoumis », il a repris l’idée lancée par quelques parents, sympathisants LFI. « Ils m’ont dit : “si tu ne te bouges pas pour l’école, on ne se mobilisera plus pour toi” », reconnaît-il.
Le mauvais état des écoles est source de critiques régulières contre la municipalité de Jean-Claude Gaudin (Les Républicains). Et comme d’autres établissements, situés pour la plupart dans les quartiers nord, le groupe La Viste-Bousquet affiche un manque criant d’entretien. Le stade, au sol défoncé, n’est plus praticable pour les élèves. L’auvent qui sert d’accueil est défraîchi et marqué par la rouille. Et la zone du parking, où les militants « insoumis » se sont installés, n’a pas été rafraîchie depuis plusieurs années. La municipalité assure pourtant que 310 000 euros de travaux ont été réalisés sur le site depuis 2015 – « réfection de sanitaires, de la clôture, protection de fenêtres… », détaille-t-elle dans un communiqué – et pointe les « actes de vandalisme et dégradations multiples » pour expliquer son état.
Réaction en urgence de la mairie
A l’annonce de l’action collective, la mairie de Marseille a réagi en plusieurs temps. Une mise en demeure a été adressée à Jean-Luc Mélenchon, lui rappelant le « caractère illégal » de l’action prévue, constituant une « intrusion dans l’enceinte d’un établissement scolaire public » et lui demandant « d’y renoncer ». Puis, jeudi 19 juillet, elle a fait intervenir deux grapheurs, qui ont réalisé une fresque sur un mur de la maternelle. Ni l’un, ni l’autre n’avaient entendu parler de la polémique politique naissante. « La mairie nous a contactés hier. On a reçu un dessin à reproduire », expliquaient-ils alors simplement au Monde. Deux enfants, sautillant de joie, à réaliser dans des couleurs vives, avec le slogan « Bienvenue à l’école ».
Pendant ce temps, une entreprise de BTP installait des blocs de béton sur la chaussée pour délimiter un chantier de réfection des abords de l’école, jusqu’alors prévu, selon la municipalité, en septembre 2019. Autant d’indices d’une réaction en urgence pour éviter l’humiliation médiatique.
Vendredi après-midi, un huissier, accompagné de trois policiers municipaux, est venu constater « l’état d’occupation » du site, pendant que les militants de La France insoumise, parents d’élèves et journalistes entraient et sortaient par un trou du grillage. « L’idée, c’était de faire réagir la mairie. Tant mieux si elle se bouge et qu’elle rénove l’école », convient Sébastien Delogu. Pinceau en main, Sophie Camard, suppléante du député Jean-Luc Mélenchon, ne cache pas le but politique de l’action. Un pas de plus vers le combat municipal prévu en 2020 pour la succession de Jean-Claude Gaudin. « Nous montons en puissance en nous appuyant sur des cas concrets de lutte citoyenne et en utilisant l’aura de Jean-Luc Mélenchon pour médiatiser nos actions, explique-t-elle. Il y a un besoin de changement qui s’exprime dans cette ville, il faut construire des synergies sans attendre 2020. »
Dans ce 8e secteur de Marseille, gagné en 2014 par la socialiste Samia Ghali, l’ambition de LFI agace. D’autant que Mme Ghali dénonce régulièrement l’état de délabrement des écoles de son secteur. Alors que Jean-Luc Mélenchon viendra samedi 21 juillet soutenir les bénévoles du chantier, le maire Roger Ruzé dénonce « un coup de com de La France insoumise » et juge « indigne de faire du précaire avec les précaires des quartiers nord ». « Je déplore que Jean-Luc Mélenchon et ses amis perdent de vue cette boussole au profit de leur ambition », grince le successeur de Samia Ghali.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Trois fonctionnaires de la préfecture de police, qui ont été suspendus jeudi, ont également été placés en garde à vue samedi.
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La garde à vue d’Alexandre Benalla prolongée, son domicile perquisitionné

Trois fonctionnaires de la préfecture de police, qui ont été suspendus jeudi, ont également été placés en garde à vue samedi.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 19h34
   





                        


Le domicile d’Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné samedi 21 juillet, indique une source proche du dossier au Monde. La garde à vue de M. Benalla, qui a débutée vendredi, a par ailleurs été prolongée de 24 heures samedi, a annoncé le parquet de Paris. Tout comme celle de Vincent Crase, un employé de LREM et gendarme réserviste qui était présent avec Alexandre Benalla le 1er mai.
Les deux hommes sont soupçonnés de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » et « d’usurpation de fonctions ». M. Benalla est en outre visé pour des faits de « port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique » et de « complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».
Vendredi, l’Elysée annonçait avoir engagé la « procédure de licenciement » à l’encontre de son collaborateur, mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frapper un manifestant le 1er mai.
Le parquet de Paris a en outre cosaisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN).
Les trois policiers suspendus placés en garde à vue
Trois cadres de la préfecture de police de Paris ont également été placés en garde à vue samedi, a annoncé le parquet. La procédure porte sur des chefs de « détournement d’images d’un système de vidéo protection » ainsi que de « violation du secret professionnel », précise la même source.
Les trois personnes placées en garde à vue sont des fonctionnaires de la préfecture de police qui ont déjà été suspendus jeudi 19 juillet. Il s’agit du contrôleur général Laurent Simonin et du commissaire Maxence Creusat, deux membres de l’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture, ainsi que d’un commandant qui était chargé de faire la liaison entre la préfecture et l’Elysée.
Selon les informations du Monde, la suspension de ces trois fonctionnaires est liée à la transmission, mercredi 18 juillet dans la soirée, à Alexandre Benalla d’une vidéo des violences impliquant l’employé de l’Elysée le 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris.

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                Affaire Benalla : trois responsables policiers ont été suspendus




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le chef de file de La France insoumise décrit une majorité « tetanisée » depuis l’affaire Benalla et demande à Emmanuel Macron « de s’exprimer et d’assumer ».
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Jean-Luc Mélenchon : « Cette affaire est du niveau du Watergate »

Dans un entretien au « Monde », le chef de file de La France insoumise décrit une majorité « tetanisée » depuis l’affaire Benalla et demande à Emmanuel Macron « de s’exprimer et d’assumer ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h16
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, vendredi 20 juillet, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, est revenu sur la crise qui touche l’exécutif.
L’affaire Benalla s’envenime. Comment analysez-vous les derniers événements ?
Une crise politique est ouverte. L’Assemblée est paralysée. La hiérarchie de la police aussi, parce que trois mises à pied ont bousculé une règle aussi vieille que la haute fonction publique d’Etat : les fonctionnaires servent et obéissent, mais c’est le politique qui endosse les responsabilités.

Qui est responsable, selon vous ?
Emmanuel Macron évidemment. Il n’a jamais connu ni géré de crise politique de sa vie, ni en tant que maire, ni en tant que parlementaire, ni en tant que ministre. Il a réagi comme si l’Etat était une entreprise : il met à pied trois chefs de rayons et pense que tout est réglé. Il se trompe. Cette crise va durer.
Pourquoi ne demandez-vous pas la démission du ministre de l’intérieur ?
Nous n’avons pas à offrir le nom du fusible à M. Macron. Le ministre de l’intérieur est déjà disqualifié. Il a menti et beaucoup ! Plus aucun policier ne peut croire en sa parole. Bien sûr qu’il va démissionner et il ne sera pas le seul.
Que demandez-vous à Emmanuel Macron ?
Je lui demande de s’exprimer et d’assumer en respectant le Parlement. Il pourrait envoyer devant l’Assemblée le ministre de l’intérieur ou le premier ministre au lieu de le leur interdire. Le Parlement ne peut pas interpeller le chef de l’Etat, alors il nous reste la motion de censure.
Le débat sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée est complètement bloqué. Que répondez-vous à la majorité qui dénonce l’obstruction ?
Le comportement de la majorité est celui d’un avion sans pilote. On dirait que personne ne veut porter le chapeau. Ils sont tétanisés. Ironie de la situation : l’assemblée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.
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Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée

L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h51
    |

            Virginie Malingre et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Deuxième jour de crise. Vendredi 20 juillet au matin, sur le perron de l’Elysée, Stéphane Travert sort tout juste d’une réunion avec le président et les syndicats agricoles. Le ministre de l’agriculture s’avance vers les journalistes qui l’interrogent forcément sur le dernier épisode de l’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur d’Emmanuel Macron qui a molesté un jeune homme et une jeune femme à l’issue des manifestations du 1er-Mai.
« De nouvelles preuves ont établi le fait que ce licenciement était justifié », commente-t-il. Le ministre de l’agriculture est le premier membre de l’exécutif à expliquer la procédure de licenciement de cet homme de 26 ans par qui le scandale est arrivé. Une scène symptomatique de l’ambiance au sommet de l’Etat où les silences de M. Macron laissent ses troupes désemparées face à la pression médiatique et politique.

En se séparant de ce personnage encombrant de la Macronie, l’exécutif estime avoir éradiqué le mal. A l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, on s’en dit persuadé : l’affaire Benalla, est circonscrite et chacun peut désormais retourner à ses occupations. Vendredi, Emmanuel Macron déjeune avec Ilham Aliev, son homologue azerbaïdjanais. Puis, le président rencontre le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, comme le stipule son agenda. Et il ira passer son week-end à La Lanterne avec son épouse, fidèle à ses habitudes, insiste son entourage. Une fin de semaine comme les autres…
Edouard Philippe non plus n’a rien changé à son programme. Il assiste donc au Tour de France, ce vendredi après midi. « C’est un rêve d’enfant… Ces types sont incroyables, ce sont des héros, des forçats de la route. C’est incroyable d’être ici », s’enthousiasme le premier ministre au micro de la moto de France Télévisions qui suit sa voiture. Puis, le chef du gouvernement passe dans un tunnel et la conversation est coupée. « Il n’y a pas de crise », affirme l’un de...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/07/2018
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La mise sur pied de la commission d’enquête Benalla à l’Assemblée tourne au fiasco

Le bureau de la commission des lois, dotée de pouvoirs d’enquête dans ce dossier, a échoué à se mettre d’accord vendredi soir sur un programme d’auditions



Le Monde
 |    21.07.2018 à 04h26
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 09h32
    |

            Manon Rescan








                        



   


Ni accord ni sérénité. Jeudi 19 juillet au soir à l’Assemblée nationale, l’ouverture d’une commission d’enquête après les révélations du Monde sur l’affaire Benalla avait été approuvée par tous. Les premiers pas de cette commission ont pourtant viré au fiasco. A 20 heures, vendredi soir, le bureau de la commission des lois se réunissait pour définir les modalités des futurs travaux. Un peu plus d’une heure plus tard, ses membres se quittaient sans le moindre accord. La présidente (La République en marche, LRM) de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, avait promis qu’elle veillerait au « consensus » dans le déroulement des travaux. Vendredi soir, celui-ci semblait impossible.
Deux points d’achoppement sont apparus. D’une part, le calendrier. La droite souhaitait que le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, soit auditionné dès samedi matin. Les députés LRM préféraient la date de lundi. Mais le principal point de crispation a résidé dans la publicité des auditions à venir.
Pour Guillaume Larrivé, député Les Républicains (LR) et corapporteur de la mission d’information, il n’était pas question que celles-ci aient lieu à huis clos, sauf demande particulière de la personne auditionnée. « Ces auditions doivent avoir un caractère public », a défendu le député de l’Yonne plus tard dans l’Hémicycle, évoquant « une exigence démocratique et de transparence ». Les députés de la majorité défendaient, eux, le huis clos général, sauf pour l’audition du ministre de l’intérieur. La confidentialité permettant, arguent-ils, de s’assurer de la qualité des réponses des auditionnés.
« Vous avez envie de bloquer, assumez-le »
Les discussions ont tourné court après que des élus de la majorité ont découvert que le contenu de leurs échanges venait de fuiter, diffusés sur Twitter par un journaliste de La Chaîne parlementaire. « La confidentialité de nos échanges n’a pas été respectée », s’est indignée Mme Braun-Pivet, la majorité accusant en creux l’opposition d’être à l’origine de la fuite.

   


Une nouvelle réunion devait se tenir samedi à 9 h 30 pour achever de fixer le calendrier des auditions, mais l’ambiance est restée considérablement tendue vendredi soir. Le socialiste David Habib a accusé la majorité « de se raidir à l’idée d’auditionner des personnalités proches du président de la République ». « La majorité crée les conditions pour faire avorter [la commission d’enquête] ! », accusait pour sa part le communiste Stéphane Peu. « Vous avez envie de bloquer, assumez-le », leur a rétorqué Marc Fesneau, président du groupe MoDem.
Gilles Le Gendre, porte-parole des députés LREM, s’est demandé samedi sur France Inter si les « oppositions veulent bloquer ou non les institutions ». L’élu de Paris a dénoncé une « tentative de nos oppostions depuis quarante-huit heures d’instrumentaliser cette affaire ». Et il affirme que « rien ne sera étouffé dans cette affaire ».
Au Sénat, où une commission d’enquête va également être mise sur pied, les choses ont été plus fluides, vendredi. Philippe Bas (LR), qui préside la commission des lois au Palais du Luxembourg, a annoncé que Gérard Collomb y sera auditionné mardi à 17 h 45. Quand les députés ont indiqué qu’ils travailleraient dans un délai d’un mois, les sénateurs s’en donnent, eux, six.
Ils entendront à partir de mardi après-midi « le préfet de police de Paris, le directeur général de la police nationale, le chef du service de la protection, les représentants des organisations professionnelles de policiers, le Défenseur des droits et toute personne susceptible d’apporter des informations utiles », avait détaillé la commission des lois dans un communiqué. Le tout étant prévu à huis clos, condition posée par la droite sénatoriale que leurs collègues du même parti rejettent pour leur part à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat
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Alexandre Benalla, l’affaire qui rompt l’espoir d’exemplarité démocratique

Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h30
   





                        


Le 18 juillet dernier, Le Monde révélait la faiblesse des sanctions contre le chargé de mission à la présidence, Alexandre Benalla, proche du chef de l’Etat, après la diffusion de vidéos le montrant entrain de frapper un manifestant le 1er mai. Ce 20 juillet dernier, l’ex agent de sécurité et conseiller de l’Elysée a été placé en garde à vue pour « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservées à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéo surveillance », en plus de l’annonce de son licenciement par la présidence de l’Elysée.
Pour Dominique Rousseau, la transgression du principe d’exemplarité et d’impartialité par le gouvernement conduit à l’effondrement de la démocratie, et montre la nécessité d’une refonte institutionnelle. Tandis que pour Paul Cassia, cette affaire montre une « transparence de façade » du président, alors que « la République paraît d’autant plus fragile aujourd’hui que ses valeurs dépendent comme jamais de l’exemplarité d’un seul homme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Tous deux originaires de l’Eure, le secrétaire d’Etat à la transition écologique et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie. Ils n’ont jamais perdu le contact depuis.
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Sébastien Lecornu fut le « commandant de peloton d’Alexandre Benalla, en 2012 ou 2013 »

Tous deux originaires de l’Eure, le secrétaire d’Etat à la transition écologique et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie. Ils n’ont jamais perdu le contact depuis.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h18
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


C’est l’une des nombreuses surprises qui émaillent le parcours d’Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée impliqué dans des violences lors des manifestations du 1er mai à Paris. Selon nos informations, confirmant celles de Libération, le responsable de la sécurité de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron est également un proche de Sébastien Lecornu, ancien membre du parti Les Républicains (LR), devenu secrétaire d’Etat à la transition écologique dans le gouvernement d’Edouard Philippe.
Originaires de l’Eure tous les deux, séparés par seulement six années, l’ancien élu LR et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, une force composée d’environ 25 000 volontaires, mobilisée dans certaines situations pour renforcer les effectifs de la gendarmerie nationale. « J’ai été le commandant de peloton d’Alexandre Benalla, confirme Sébastien Lecornu, interrogé par Le Monde. J’ai dû l’avoir une dizaine de fois sous mon commandement, en 2012 ou 2013. »

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                Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla



« Pas un mauvais gendarme, au contraire »
Selon le secrétaire d’Etat, qui a quitté la réserve de la gendarmerie après son élection à la mairie de Vernon (Eure) en 2014 — il fut également président (LR) du conseil départemental de l’Eure de 2015 jusqu’à son entrée au gouvernement, en 2017 —, Alexandre Benalla « n’était pas un mauvais gendarme de réserve, au contraire ». Les deux hommes étaient notamment chargés de faire des patrouilles pour lutter contre les cambriolages, lors des vacances d’été et de Noël, ou de mener différentes opérations de prévention.
Selon M. Lecornu, Alexandre Benalla l’aurait d’ailleurs sorti d’un « très mauvais pas » lors d’une opération menée conjointement dans le nord de l’Eure. A la recherche d’un individu « présumé dangereux », ils l’auraient retrouvé à bord d’une voiture dans un lotissement. Celui-ci aurait alors foncé sur leur véhicule de fonction, côté passager, où se trouvait le futur secrétaire d’Etat. « Benalla, qui était au volant, a eu le réflexe d’enclencher la marche arrière et de reculer in extremis notre voiture », se souvient Sébastien Lecornu.
Depuis cette période, les deux hommes se seraient recroisés à différentes occasions, notamment lors de cérémonies de la gendarmerie, et seraient restés en contact sur le réseau Facebook, où ils sont amis. « Je savais qu’il avait travaillé pour des membres du Parti socialiste, mais je l’ai surtout revu régulièrement à l’Elysée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron », assure le proche d’Edouard Philippe et de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics.
Le chauffeur de M. Lecornu au conseil départemental de l’Eure, qui l’a suivi au ministère de la transition écologique, aurait également maintenu le contact entre les deux hommes. « C’est un réserviste de la gendarmerie lui aussi, qui connaît très bien Alexandre Benalla. Il est donc arrivé que tout le monde se croise à des événements ou prenne des cafés ensemble près de la mairie » de Vernon, explique un proche du secrétaire d’Etat.
Interrogé sur le comportement de M. Benalla lors des manifestations du 1er mai à Paris, Sébastien Lecornu n’a pas souhaité faire de commentaire.

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                Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Autour d’Alexandre Benalla s’était formée une équipe soudée qui ne quitte jamais le sillage du président.
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Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée

Autour d’Alexandre Benalla s’était formée une équipe soudée qui ne quitte jamais le sillage du président.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 16h08
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            

Un léger signe, discret, derrière une colonne. Un regard, un geste pour indiquer le chemin à suivre. Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron fête sa victoire dans la cour du Louvre. Il marche dans la nuit, solitaire, au son de L’Hymne à la joie. Dans l’ombre, un homme accompagne ses pas jusqu’à l’estrade où il va prononcer son premier discours de chef d’Etat. Au pied de l’escalier de fer, le président tout frais élu abandonne sur sa gauche le guide de cette longue marche prési­dentielle, un homme brun de 25 ans qui s’éclipse en coulisse : Alexandre Benalla.

Ce soir de printemps 2017, derrière la tribune, le jeune homme veille pour la première fois de sa vie sur un président de la République. Un Graal, à 25 ans. Quelques jours plus tard, le voilà à l’Elysée comme adjoint au chef de cabinet – une formule floue qui signifie qu’il s’occupe désormais du quotidien du président. Il dispose d’un bureau et d’une voiture de fonction.
Quoique simple gendarme de réserve et alors que son expérience se limite à des missions de sécurité privée, le voilà chargé de superviser la protection d’Emmanuel Macron. Une étrangeté, puisque c’est d’ordinaire le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui est chargé de la sécurité du chef de l’Etat. Benalla et les hommes du GSPR (policiers et gendarmes) traitent désormais d’égal à égal. Non sans rivalités, de plus en plus aiguisées.
« M. Sécurité » d’Emmanuel Macron
Dès l’été 2017, le nouveau « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron accompagne le couple présidentiel dans la France entière : à vélo sur la route de la Corniche dans la station balnéaire du Touquet, le berceau de Brigitte Macron, sur les pistes de La Mongie, au cœur des Pyrénées, durant l’hiver. Mais aussi au Salon de l’agriculture, étape obligée des présidents français, ou dans l’Orne, pour sécuriser le village de Berd’huis avant le « 13 heures » de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, en avril. Autour de Benalla, d’autres personnages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’affaire Benalla était omniprésente vendredi 20 juillet dans l’hémicycle, empêchant les débats sur la révision constitutionnelle de se dérouler.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’ancien « M. Sécurité » du président de la République a déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans un logement de fonction, selon un document de l’administration.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/07/2018
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Alexandre Benalla est logé quai Branly, dans une dépendance de l’Elysée

L’ancien « M. Sécurité » du président de la République a déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans un logement de fonction, selon un document de l’administration.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 06h42
    |

                            François Krug et 
Ariane Chemin








                        


Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République, a lui-même déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans une dépendance de l’Elysée, au 11, quai Branly, dans le très chic 7e arrondissement de Paris, selon un document de l’administration dont Le Monde a pris connaissance.
L’ancien « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron a déclaré ce domicile deux mois après la fin de sa mise à pied par l’Elysée – du 4 au 19 mai –, à la suite des événements du 1er-Mai place de la Contrescarpe, à Paris, et une semaine et demie avant son licenciement, vendredi 20 juillet. Il habitait auparavant à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine.

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Voiture avec chauffeur
Le palais de l’Alma, au 11 du quai Branly – d’anciennes écuries construites par Napoléon III – accueille depuis longtemps des dépendances de la présidence. On y trouve soixante-trois logements de fonction, sur cinq mille mètres carrés.
C’est là que, sous les deux septennats de François Mitterrand, était logé François de Grossouvre, l’homme chargé des affaires privées de l’ancien chef de l’Etat. C’est là encore que le président socialiste avait discrètement logé sa compagne Anne Pingeot, et leur fille, Mazarine Pingeot.
Outre ce prestigieux logement de fonction, Alexandre Benalla disposait à l’Elysée de nombreux privilèges, notamment d’une voiture avec chauffeur. L’immeuble du quai Branly est surveillé par des gendarmes. L’un d’eux avait répondu au Monde, jeudi 19 juillet, que M. Benalla n’y habitait pas.
L’Elysée a annoncé, vendredi, engager une procédure de licenciement à l’encontre d’Alexandre Benalla, qui a, par ailleurs, été placé en garde à vue.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.
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Chronique

« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne »

Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.07.2018 à 12h09

     •
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        Mis à jour le 20.07.2018 à 14h50






    
Le président français Emmanuel Macron pose avec les artistes Femi Kuti, Youssou N’Dour et Angelique Kidjo au New Afrka Shrine de Lagos, au Nigeria, le 3 juillet 2018.
Crédits : REUTERS


Chronique. En marge de sa visite au Nigeria, Emmanuel Macron a accordé une interview à l’animateur Claudy Siar diffusée sur France 24 et RFI le 5 juillet, dans laquelle il revient sur le sujet de la migration africaine vers l’Europe. De façon surprenante, il soutient que « les personnes très pauvres ne quittent pas leur pays. Ce sont les classes moyennes de pays qui sont plutôt émergents qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ». Il ajoute que ce sont les familles aisées qui donnent un pécule à leurs enfants pour aller en Europe.

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Donc, selon le président français, une famille « riche » peut sciemment décider de donner une somme d’argent à l’un de ses enfants et l’envoyer à une mort certaine. Car la réalité de l’émigration, au-delà des discours des dirigeants européens et le silence coupable des décideurs politiques africains, ce sont les morts quasi quotidiennes de jeunes qui fuient le continent par manque d’espoir.
En 2017, 3 119 personnes sont mortes dans la Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre fait abstraction des personnes disparues en mer et qui reposent à jamais au fond des eaux. Pas un seul jour ne passe sans que le sujet ne soit au menu de débats politiques houleux, ce qui en fait un sujet à la limite civilisationnelle de notre époque.
Mépris pour les gens ordinaires
Le discours d’Emmanuel Macron, après ses sorties sur la démographie africaine et sur les kwassa kwassa comoriens, illustre à nouveau ce qu’il représente : une élite libérale liée aux puissances d’argent porteuse souvent d’un mépris pour les gens ordinaires.
Pour l’Afrique, son engouement depuis son élection est peut-être sincère. Il peut être le signe d’un désir de repenser la relation entre la France et le continent en dehors des pratiques sombres de la Françafrique traditionnelle.

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                A la recherche de la classe moyenne africaine



Mais la vision du jeune président français est biaisée par une représentation erronée de l’Afrique. Emmanuel Macron est issu d’une caste, celle des puissants qui répètent à l’envi des poncifs sur le numérique, l’entrepreneuriat, présentés comme les solutions magiques aux urgences du continent. Sans parler de l’utilisation ambiguë du concept globalisant de « classe moyenne africaine », dont beaucoup d’économistes interrogent la pertinence.
Dans sa posture, Macron peut compter sur des jeunes hommes et femmes africains qui survendent un discours afro-optimiste déconnecté de la réalité du continent. D’ailleurs, durant les séjours du président français en Afrique, on les voit inonder la toile de selfies et de mots enthousiastes sur la « start-up nation », l’« Africa rising » et autres nouveaux mots savants.

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                L’émergence africaine existe-t-elle vraiment ?



Toutes ces personnes refusent d’affronter la réalité du continent dont l’un des visages est la misère sociale, la corruption, la violence physique et symbolique qui poussent les gens à fuir.
Il est choquant d’entendre Macron dire que ce sont des familles aisées qui donnent de l’argent à leurs enfants pour rallier l’Europe et qui, quand ils y parviennent, y vivent une vie de sous-homme.
Il faut rappeler à Emmanuel Macron que personne ne quitte son pays dans ces conditions le pied léger. Il y a une réalité de l’émigration clandestine africaine que propulse une quête d’une vie décente. Au Sénégal, en pleine vague de départ par pirogues, le mot d’ordre des jeunes était : « Barca wala Barsakh » : « Arriver à Barcelone ou mourir. »

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                « En évitant de rencontrer les élus nigérians, Emmanuel Macron a mis en exergue leur échec »



D’ailleurs les Sénégalais membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique de Macron devraient lui suggérer de prendre contact avec Yayi Bayam Diouf, présidente du collectif des mères qui ont perdu leurs fils, morts en Méditerranée.
C’est insulter le deuil de ces femmes que de les tenir pour responsables de la perte d’enfants partis mourir car leur pays ne leur apporte aucun espoir.
Immenses sacrifices
Quand une mère, à travers les ressources d’une tontine ou d’un crédit, finance le voyage d’un fils pour espérer qu’il réussisse en Europe et sorte toute sa famille de la misère, on lui doit respect et empathie, et non la vilipender devant un intervieweur connivent.
L’argent investi, car c’est bien le mot, dans le voyage risqué, voire suicidaire, du fils ou de la fille n’est pas la preuve d’une richesse ou de l’appartenance à une classe moyenne. Ce n’est que le pécule amassé difficilement par une famille désœuvrée ou un travailleur précaire. Et réunir ces sommes qui servent à financer le départ résulte le plus souvent d’immenses sacrifices et de nombreuses privations.



Enfin, quand Emmanuel Macron dit : « On a besoin d’une jeunesse africaine qui se raconte elle-même, qui construit son imaginaire, ses propres héros et qu’elle les explique au monde », nous ne pouvons qu’être d’accord. Il y a bien une jeunesse dynamique, créative et entreprenante sur le continent. Elle tient un discours et occupe une position qui illustre la contemporanéité de l’Afrique. Mais il y en a une autre, qui continuera à hanter le sommeil des Européens en allant à l’assaut de ses côtes en dépit des lois répressives comme celles actuellement en vigueur en France.
Non, Monsieur Macron, cette jeunesse qui meurt en Méditerranée n’est pas issue de la « classe moyenne ». Elle est pauvre et n’a plus aucun espoir chez elle.
Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Les révélations du « Monde » mettent en lumière la personnalité d’un président entouré d’un petit cercle de fidèles.
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Ce que la polémique sur l’affaire Benalla révèle d’Emmanuel Macron

Les révélations du « Monde » mettent en lumière la personnalité d’un président entouré d’un petit cercle de fidèles.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h56
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« La République, elle est inaltérable. » En déplacement en Dordogne, jeudi 19 juillet, Emmanuel Macron s’est contenté d’une seule phrase pour réagir à la vague d’indignation suscitée par l’affaire Benalla, après les révélations du Monde, la veille, concernant les violences exercées par ce très proche du chef de l’Etat lors des manifestations du 1er-Mai à Paris. Une sobriété étonnante au vu de la gravité des faits, et des réactions que ceux-ci ont provoquées au sein de la classe politique comme de l’opinion.

Mais au-delà de cette communication minimale, c’est l’attitude même du chef de l’Etat qui intrigue. Malgré la pression médiatique et les interrogations exprimées tout haut par plusieurs membres de la majorité, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, Emmanuel Macron a mis près de trente-six heures à lâcher Alexandre Benalla, qui faisait partie de son premier cercle : sanctionné d’une simple mise à pied de quinze jours (avec suspension de salaire), effectuée entre le 4 et le 19 mai, le chargé de mission a été dans un premier temps maintenu dans ses fonctions à la présidence de la République, où il travaille auprès du chef de cabinet de M. Macron, François-Xavier Lauch. Ce n’est que vendredi matin que l’Elysée a annoncé avoir engagé une « procédure de licenciement » de M. Benalla.
« Cette sanction est la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », avait bien tenté le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit, lors d’une déclaration effectuée, jeudi matin, depuis le Château – une première depuis sa nomination, en août 2017, signe de la fébrilité du palais. Mais celle-ci n’avait manifestement convaincu personne.
Les révélations concernant la présence de M. Benalla à la cérémonie de panthéonisation de Simone Veil, le 1er juillet ; lors du défilé du 14-Juillet, place de la Concorde ; ou encore dans le bus des Bleus à l’occasion de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le conseiller qui a frappé un manifestant le 1er mai fait l’objet d’une procédure de licenciement et a été placé en garde à vue vendredi.
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Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

Le conseiller qui a frappé un manifestant le 1er mai fait l’objet d’une procédure de licenciement et a été placé en garde à vue vendredi.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h45
    |

            Manon Rescan et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            

Emmanuel Macron a fini par céder à la pression, ce qu’il déteste par-dessus tout. Vendredi 20 juillet dans la matinée, l’Elysée a annoncé avoir engagé la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla. Ce conseiller de l’Elysée, au cœur d’une tempête médiatique, a été placé en garde à vue pour des chefs de « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéosurveillance ».
Un rebondissement après vingt-quatre heures de crise qui ont fait tanguer la Macronie et plier le chef de l’Etat. Jeudi, Emmanuel Macron est venu en Dordogne parler territoires et présenter la nouvelle Marianne destinée à orner la plupart des timbres. Impassible, malgré les bourrasques de l’affaire Benalla. Pas question de dévier de son programme. Qu’importent ces journalistes qui toute la journée, jeudi 19 juillet, le criblent de questions sur ce qui est devenu en quelques heures le plus gros scandale depuis le début de son mandat. « Il n’y a que vous que ça intéresse », tranche Emmanuel Macron. Depuis le début de la journée, les chaînes d’informations en continue repassent pourtant en boucle les images de son conseiller frappant un manifestant. Lui préfère discuter avec la rédactrice en chef d’une revue de philatélie.
Hors de question de se laisser imposer son agenda. Aux questions des Français qu’il rencontre, Emmanuel Macron répond tranquillement. Interpellé sur la CSG, le pouvoir d’achat, l’agriculture… Comme d’habitude, il tente de désamorcer les critiques sans jamais s’énerver, frais et souriant, toujours partant pour un selfie. « Merci d’être là », lance-t-il à chaque poignée de main.
Le voilà même prêt à évoquer le nouveau service de vaisselle de Sèvres de l’Elysée. « Ce n’est pas pour mon bon plaisir, affirme-t-il à une femme dans la foule. Je me suis toujours payé mes assiettes. » Il y a quelques jours encore, cela faisait pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.
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Monsieur Macron, « Ilham Aliev a les mains souillées du sang de victimes innocentes »

Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h16
    |

Leyla Yunus (Intellectuelle azerbaïdjanaise, militante des droits humains) et Arif Yunus (Historien azerbaïdjanais, militant des droits humains)







                        



                                


                            

[En détention depuis 2014, Leyla et Arif Yunus, militants des droits humains, ont été condamnés par la justice azerbaïdjanaise, en août 2015, à des peines de huit et sept ans de prison pour « fraude, évasion fiscale et commerce illégal ». Sous la pression internationale, Bakou les a libérés en décembre 2015, officiellement pour raison de santé.]
Tribune. Le 28 juin 2018, nous fêtions nos quarante ans de mariage. Mais nous n’avons pas fait la fête. Nous ne vivons plus dans notre Bakou natal, où nous avions coutume d’organiser des réunions familiales, de fêter les anniversaires, entourés de nos proches, et où nous pouvions nous recueillir sur les tombes de nos parents… En avril 2016, nous avons été contraints de quitter notre patrie pour sauver notre vie et pour préserver notre santé afin que notre fille ne se retrouve pas orpheline.
Nous avons entamé notre lutte pour la défense des droits humains et de la liberté déjà en URSS : le KGB avait traduit Arif [Yunus] en justice déjà en 1967 tandis que Leyla [Yunus] faisait partie du mouvement clandestin « des minorités ethniques contre le bolchevisme » et a participé à la création du Front populaire d’Azerbaïdjan. Après la chute de l’URSS, nous étions emplis d’espoir à l’idée de vivre enfin dans un Azerbaïdjan indépendant et démocratique.
Mais en 1993, Heïdar Aliev, par le passé général du KGB et premier secrétaire du Parti communiste d’Azerbaïdjan, a été nommé à la tête du pays. En s’appuyant sur la vieille nomenklatura du Parti, Heïdar Aliev a installé en Azerbaïdjan un régime autoritaire et implacable. Le fils Ilham Aliev a remplacé le père en 2003 et s’est mis à réprimer plus durement encore les droits et libertés des citoyens, instaurant en Azerbaïdjan une véritable dictature.

Tous les cinq ans, Ilham Aliev donne un spectacle appelé « élections » afin d’assurer légalement sa légitimité au poste de président pour un nouveau mandat. Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le collaborateur de la présidence aurait été destinataire d’un document appartenant à la préfecture de police de Paris, qu’il n’était pas autorisé à détenir.
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Accusé de violences, Benalla a été placé en garde à vue et va être licencié par l’Elysée

Le collaborateur de la présidence aurait été destinataire d’un document appartenant à la préfecture de police de Paris, qu’il n’était pas autorisé à détenir.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h31
   





                        



Quarante-huit heures après les révélations du Monde, l’Elysée a fini par céder à la pression. La présidence de la République a annoncé, vendredi 20 juillet, avoir engagé « la procédure de licenciement » d’Alexandre Benalla, pour des « faits nouveaux » concernant ce collaborateur de l’Elysée mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frappant un manifestant le 1er mai.

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                Enquête, profil du suspect, réactions politiques… ce que l’on sait de l’affaire Benalla



« Il a été porté à la connaissance de la présidence de la République des faits nouveaux, qui sont constitutifs d’une faute commise, et qui font l’objet d’une procédure judiciaire », déclare l’Elysée, qui précise que M. Benalla « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir ».
M. Benalla s’est fait communiquer par la préfecture de police de Paris une vidéo filmée le 1er mai place de la Contrescarpe par des caméras de vidéosurveillance. Il a fait cette demande, selon l’Elysée, mercredi 18 juillet dans la soirée.
Le Monde avait contacté M. Benalla en milieu de journée mercredi et a publié l’article révélant les brutalités commises par ce dernier lors de la manifestation du 1er mai mercredi vers 20 heures.
Jeudi, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait expliqué qu’à la suite des incidents du 1er mai, Alexandre Benalla avait « été immédiatement convoqué par le directeur de cabinet du président, qui lui a notifié une sanction disciplinaire » : mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et changement d’affectation. Cette sanction constituait « un dernier avertissement avant licenciement », avait dit le porte-parole.

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Placement en garde à vue
Alexandre Benalla a également été placé en garde à vue vendredi des chefs de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection. L’enquête a été ouverte à l’initiative du parquet de Paris, et les investigations ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour LRM, qui accompagnait Alexandre Benalla et les forces de l’ordre lors des manifestations du 1er Mai, a été lui aussi placé en garde à vue vendredi, a annoncé le parquet de Paris, pour « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonction ».
Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, qui a délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’« observateur » à la manifestation parisienne du 1er mai, a quant à lui été entendu jeudi soir par des enquêteurs, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

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Par ailleurs, trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire, selon une information du Monde. La sanction disciplinaire est liée à la transmission à M. Benalla d’une vidéo filmée le 1er mai place de la Contrescarpe par des caméras de vidéosurveillance.

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