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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ « Mensonge », « affaire d’Etat », « tempête sur l’Elysée »… l’affaire Benalla s’affiche à la « une » des principaux quotidiens nationaux et régionaux, samedi.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.
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En Argentine, le fléau de la pauvreté ne semble pas près de se résorber

Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h08
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la cuisine, une armée de volontaires coupe, hache, pétrit. Il n’y a pas une seconde à perdre : à Villa Fiorito, quartier miséreux du sud de Buenos Aires, la cantine populaire Los Piletones sert chaque jour 2 600 repas gratuits. Sa fondatrice, Margarita Barrientos, une maîtresse femme, ne devrait pas lever le pied de sitôt. En Argentine, qui accueille le G20 Finances samedi 21 et dimanche 22 juillet, la pauvreté est un fléau qui touche 29 % de la population.
« Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », lance Margarita Barrientos, fondatrice de la cantine populaire Los Piletones
Et la situation risque fort d’empirer. L’effondrement du peso, au printemps, a donné un nouveau coup de fouet à l’inflation. Rien qu’au premier semestre, la hausse des prix atteint 16 %. « Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », constate Mme Barrientos, en sirotant lentement son infusion de maté.
Elle se refuse pourtant à accabler le gouvernement actuel et son président, le libéral Mauricio Macri, au pouvoir depuis fin 2015 : « Cela fait longtemps que le nombre de pauvres s’est stabilisé à un niveau trop élevé. Il n’est pas facile de changer les choses quand on a reçu les clés d’un pays effondré. »
D’autres ne sont pas si indulgents et ont tôt fait de dépeindre le chef de l’Etat, un ancien homme d’affaires, en « président des riches ». Ils en veulent pour preuve l’une des mesures les plus emblématiques prises par l’administration Macri et qui vise à soutenir le puissant secteur agricole : la suppression progressive des retenciones, ces très hautes taxes sur les exportations de céréales, instaurées par le gouvernement précédent de Cristina Kirchner pour abonder les caisses de l’Etat.

« Aucune politique pour soutenir les petites entreprises »
Malgré la crise, M. Macri a confirmé en juillet qu’il continuerait à réduire celles sur le soja, toujours en place. « Ce gouvernement ne s’intéresse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.
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L’Argentine, aux abois, fait face à la crise

Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h13
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Désabusé, Jorge Reisch étale devant lui les factures d’électricité de son entreprise, Cueroflex. Cette fabrique de cuir reconstitué, installée dans un faubourg ouvrier de Buenos Aires, a vu ses coûts exploser depuis fin 2015 et l’arrivée au pouvoir du président argentin, Mauricio Macri. Résultat de la baisse des subsides à l’énergie appliquée par l’actuel gouvernement, la note mensuelle, autrefois de 45 000 pesos (1 400 euros), a été multipliée par plus de quinze.

Ce fardeau est loin d’être l’unique tracas de cette coopérative, qui emploie 80 personnes et produit semelles et ceintures pour le secteur du textile-habillement. Il faut dire que, ces derniers temps, l’Argentine ne va pas très fort. Depuis avril, le peso a perdu un tiers de sa valeur. Pour stopper l’hémorragie, la banque centrale a monté son taux directeur, en mai, jusqu’à 40 %. Malgré ce niveau record, l’inflation est galopante : elle pourrait atteindre 30 % cette année.
Aux abois, le gouvernement a fini par réclamer l’aide du Fonds monétaire international (FMI), qui lui a accordé, en juin, un prêt de 50 milliards de dollars (soit 43 milliards d’euros). En plein hiver austral, l’incertitude est à son zénith, et la consommation flanche. Après l’embellie de 2017, une nouvelle récession – la cinquième en une décennie – semble difficile à éluder.

Cette cascade de mauvaises nouvelles a des effets très concrets sur Cueroflex, qui doit jongler entre la baisse des commandes et les retards de paiement. Pour continuer à produire, il lui faudrait prendre un crédit, mais les taux sont prohibitifs.
Le modèle protectionniste démantelé
« Notre seule issue, c’est d’exporter plus, mais nous ne sommes pas assez compétitifs », soupire M. Reisch, en émiettant nerveusement de fines lamelles de cuir posées sur son bureau. En soixante ans d’existence, la société a connu des hauts et des bas. Cette fois, pourtant, dans les vastes hangars, le bourdonnement des machines...




                        

                        


<article-nb="2018/07/21/20-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.
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Une filiale du groupe Elior condamnée pour discrimination

Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Sur son site Internet, le groupe Elior, spécialisé dans le service aux entreprises, affiche avec assurance : « Nous ne tolérons aucune sorte de discrimination. » Toutefois, l’une de ses filiales semble ne pas avoir été à la hauteur de cet engagement, si l’on en croit une décision récente du conseil de prud’hommes de Paris.
La société Elior First Maintenance Company (EFMC) a en effet été condamnée, le 5 juillet, pour avoir licencié une de ses salariées en situation de handicap. Elle doit du même coup réintégrer la victime, si celle-ci en formule la demande, et lui verser d’importants dommages et intérêts (un peu plus de 60 000 euros).
Kahina Mebrouki a été embauchée fin 2013, à l’âge de 25 ans, par EFMC en qualité d’hôtesse d’accueil. Atteinte de surdité, ce qui lui vaut d’avoir un taux d’invalidité supérieur à 80 %, elle a été affectée au Musée Branly, à Paris. Sa mission : orienter les visiteurs, tenir le vestiaire et aiguiller les appels téléphoniques.
Peu après avoir été recrutée, elle a réclamé des outils de travail adaptés à son handicap – en particulier un appareil téléphonique pour malentendants. Cette requête est demeurée sans effet, bien qu’elle ait été acceptée, sur le principe, par l’employeur.
Au bout de quelques mois, l’état de santé de Mme Mebrouki s’est dégradé. Il a été mis en avant qu’elle n’avait pas obtenu l’équipement souhaité et qu’elle utilisait régulièrement un talkie-walkie. Des explications contestées par EFMC. Arrêts de travail, placement en mi-temps thérapeutique… De fil en aiguille, elle a été affectée uniquement au vestiaire, en sous-sol, ce qu’elle a très mal vécu. Dans l’incapacité de travailler de façon autonome, elle a fréquemment sollicité l’aide de ses collègues, suscitant parfois de l’agacement et s’attirant même des remarques vexatoires.
« Un jugement très dur »
Finalement, en avril 2015, la médecine du travail l’a déclarée « inapte définitivement...




                        

                        


<article-nb="2018/07/21/20-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Au Salon de l’aéronautique de Farnborough, les avionneurs européen et américain ont engrangé plus de 160 milliards de dollars de nouvelles commandes.
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Le duopole Airbus-Boeing renforce son hégémonie

Au Salon de l’aéronautique de Farnborough, les avionneurs européen et américain ont engrangé plus de 160 milliards de dollars de nouvelles commandes.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h50
    |

            Guy Dutheil (Farnborough (Angleterre), envoyé spécial)








                        



   


D’année en année, le secteur de l’aéronautique fait figure d’exception : les arbres y montent jusqu’au ciel. Le Salon de Farnborough, près de Londres, dont les journées réservées aux professionnels ont fermé leurs portes jeudi 19 juillet, vient d’en apporter de nouveau la preuve. A eux seuls, Airbus et Boeing ont amassé un butin de plus de 160 milliards de dollars (environ 138 milliards d’euros) de nouvelles commandes.
Au petit jeu de celui qui détiendra le plus gros carnet de commandes, Boeing l’a emporté sur son rival européen. Ainsi, l’américain a engrangé plus de 100 milliards de dollars de contrats correspondant à 673 commandes supplémentaires, loin devant Airbus (431 nouvelles commandes). Pas de quoi inquiéter l’avionneur européen, qui a coutume de fournir son effort en fin d’année.

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                Au Salon de Farnborough, Airbus et Boeing engrangent les commandes



Pendant que les avionneurs sabrent le champagne, les motoristes, eux, lèvent leur coupe. CFM, filiale à 50/50 du français Safran et de l’américain General Electric (GE), a annoncé avoir reçu commande de 858 moteurs pour 15 milliards de dollars au prix catalogue. Un chiffre provisoire, car toutes les compagnies clientes d’Airbus et de Boeing n’ont pas encore fait connaître le choix de leurs futurs moteurs.
A Farnborough, Guillaume Faury, le nouveau président de la branche aviation commerciale d’Airbus, se dit satisfait de l’édition 2018. « Un très bon salon », glisse-t-il. De fait, l’avionneur européen, ultra-dominateur sur le segment des moyen-courriers avec plus de 60 % de part de marché, a cette fois réussi à placer plusieurs dizaines de ses long-courriers. Il a ainsi enregistré vingt-cinq commandes pour son gros-porteur A350.

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                Airbus et Boeing se tournent vers les services pour doper leurs marges



Mieux encore, il a trouvé de nouveaux clients pour quarante-deux exemplaires de la version remotorisée de son long-courrier A330. Commercialisé en milieu de gamme, au côté de l’A321 LR, il permet à l’avionneur européen d’occuper seul le créneau qui propose des appareils d’un nouveau type : des avions aux capacités de long-courriers, mais avec un coût d’utilisation de moyen-courriers – des qualités très prisées par les compagnies low cost long-courrier.
« Un combat de façade »
Faute de détenir un avion concurrent à opposer à Airbus, Boeing a un trou dans sa gamme. Le constructeur de Seattle doit décider en 2019 s’il lance la production d’un nouvel appareil. Airbus ne veut pas y croire. Avec l’A321 et l’A330, « nous sommes en train de tirer le tapis sous les pieds de ceux qui avaient l’idée de faire un avion spécifique pour ce marché », prévient M. Faury.
La grande leçon de Farnborough est que le match des commandes semble devenu un combat de façade entre les deux géants de l’aéronautique. Très rares sont les compagnies aériennes dont la flotte est pourvue par un seul avionneur. Elles ont compris que leur intérêt était de faire jouer la concurrence. Forts de ce constat, Airbus et Boeing ont entrepris de renforcer leur duopole tous azimuts.
Début juillet, l’avionneur européen a repris, sans bourse délier, le programme CSeries du canadien Bombardier. Quelques jours plus tard, Boeing a mis sur la table 3,8 milliards de dollars pour s’adjuger l’activité aviation commerciale du brésilien Embraer. Avec ces deux rachats presque simultanés, Airbus et Boeing ont en catalogue l’éventail d’appareils le plus large possible : des avions régionaux de 70 places jusqu’aux très gros-porteurs long-courriers, comme l’A380, capable de transporter jusqu’à 800 passagers.

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                Boeing s’adjuge l’aviation commerciale du brésilien Embraer



« C’est la première fois que nous pouvons présenter une gamme de produits aussi étendue », se réjouit Guillaume Faury. Présent lui aussi à Londres, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, aurait pu tenir le même discours. Cette autosatisfaction illustre une nouvelle réalité. Renforcés par les apports respectifs de Bombardier et d’Embraer, Airbus et Boeing sont devenus incontournables.
Skywise, nouvelle arme fatale
Leur nouvel objectif pourrait être de limiter au maximum les possibilités d’émergence d’une future concurrence, notamment chinoise. Ils ne sont pas loin d’y parvenir. Au cours des vingt prochaines années, les deux rivaux ont fixé les besoins en avions neufs des compagnies aériennes à un peu plus de 40 000 appareils, c’est-à-dire 2 000 avions supplémentaires par an.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, les deux rivaux ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur domination
En 2018, à Seattle comme à Toulouse, l’objectif est de livrer environ 800 appareils, soit 1 600 au total pour les deux avionneurs. « Nous en avons livré 303 au premier semestre. Il nous en reste 500 à livrer avant la fin de l’année », commente M. Faury.
Pour tenir le rythme, Airbus a prévu d’accélérer la production de son « best-seller », l’A320, avec « le passage de la cadence 50 à la cadence 60 ». En 2019, plus de soixante A320 devraient sortir des chaînes d’Airbus. Et ce n’est pas fini. L’avionneur européen a testé ses principaux fournisseurs pour savoir s’ils seraient capables de monter à 75 appareils par mois.
Après avoir racheté leurs derniers petits concurrents, Airbus et Boeing ont décidé de s’appuyer sur le numérique pour asseoir un peu plus leur hégémonie. A Toulouse, la nouvelle arme fatale se nomme Skywise : une immense base de données, en cours de constitution, de tous les avions, des Airbus comme des Boeing, et de leurs activités en vol. Skywise se veut « une plate-forme ouverte aux fournisseurs et aux compagnies » et gratuite pour ses fonctionnalités de base.
Lancé il y a un an, ce gigantesque big data a notamment ingurgité les flottes de « 22 compagnies, les données de 12 millions de vols commerciaux et 75 systèmes informatiques ». Avec Skywise, les compagnies peuvent espérer bénéficier des énormes économies liées à la maintenance prédictive, qui permet de prévoir et de réduire le temps d’immobilisation des avions. Le but, à moyen terme, selon Airbus, est de séduire « environ 100 compagnies aériennes ». Boeing effectue une démarche identique. A plus long terme, certains imaginent déjà une fusion des deux bases de données.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Lorsqu’un passager ne prend pas son vol aller, certaines compagnies aériennes peuvent automatiquement annuler son billet retour.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Billet d’avion : vol aller raté, retour annulé

Lorsqu’un passager ne prend pas son vol aller, certaines compagnies aériennes peuvent automatiquement annuler son billet retour.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h24
    |

            Joséfa Lopez








                        



   


Un passager pris dans les embouteillages et qui rate son vol, un autre qui décide de partir plus tôt ou qui choisit de rejoindre son lieu d’escale en voiture plutôt que de prendre le premier vol… On appelle ça le « no show ». Dans le jargon de l’aérien, cet anglicisme désigne un passager qui ne se présente pas à l’embarquement, sans prévenir la compagnie aérienne avec laquelle il devait voyager.
Si ce passager ne la prévient pas, c’est généralement parce que son billet n’est ni échangeable ni remboursable. Il ne voit alors pas l’intérêt de perdre du temps et de l’énergie à contacter le service client. Mais le « no show » a souvent une conséquence sans appel : l’annulation automatique de son billet retour.
Offres indivisibles et non flexibles
Cette clause de « no show » est appliquée par la majorité des compagnies aériennes et elle est avant tout liée à leurs politiques commerciales, et notamment à la vente de billets combinés aller-retour et aux vols avec escale. En effet, lorsqu’un passager prend ce type de vol, il paie généralement moins cher que lorsqu’il achète séparément un aller et un retour, ou un vol direct. C’est une sorte d’offre promotionnelle que proposent les compagnies aériennes. Tout le monde est alors gagnant : le voyageur fait des économies et la compagnie n’a pas à se soucier de devoir remplir son avion, puisque les clients ayant embarqué à l’aller seront là, normalement, au retour ou après l’escale.
Sauf que de nombreuses compagnies considèrent ces offres comme indivisibles et non flexibles. Le but : éviter que les passagers achètent un aller-retour, plus économique, pour au final n’effectuer que l’un ou l’autre. Ou qu’ils choisissent un vol avec escale, moins cher qu’un vol direct, sans prendre le premier vol. Pour pouvoir bénéficier de ces tarifs avantageux, le client devra respecter ces conditions. Au risque de se faire pénaliser dans le cas contraire. « Nos tarifs varient en fonction de plusieurs critères. La durée du séjour, le jour des vols, la présence d’escale… si le client change un de ces critères, il est normal que nous réajustions l’offre qu’il avait achetée », précise un porte-parole d’Air France.
Autre critère expliquant les clauses de « no show » : la rentabilité. « Les compagnies vendent une denrée périssable. Un siège vide ne peut plus rien rapporter une fois que l’avion a décollé. Or, pour faire de l’argent, il faut être capable de bien remplir ses vols. Un passager qui ne se présente pas, c’est une opportunité pour les compagnies. Comme elles font peu d’argent, elles peuvent en gagner à la marge, en revendant ces sièges vides », explique Olivier Fainsilber, spécialiste de l’aérien au cabinet de conseil Oliver Wyman. Et comme les compagnies aériennes pratiquent généralement le surbooking, voir des sièges se libérer permet de contenter d’autres clients. Et donc de gagner plus.
« Réajustement tarifaire »
Dans le cas d’un « no show », chaque compagnie a ses propres règles. Chez certaines compagnies, comme Iberia, l’annulation du billet retour est immédiate. Les passagers doivent tout simplement racheter un billet à leur frais, sur la même compagnie ou une autre. Chez Easyjet ou Air France, la politique est différente. Une surtaxe est demandée au passager pour qu’il puisse embarquer sur son vol retour. Easyjet revalidera le billet pour un frais fixe de 110 euros. Idem chez Air France. « Nous conservons la place du passager, mais le billet ne redevient valide qu’après un réajustement tarifaire », détaille un porte-parole d’Air France. Pour un vol en France avec la compagnie française, cette majoration sera de 125 euros, pour un vol moyen-courrier, de 250 euros, et pour un long-courrier, de 500 euros.
En règle générale, les clients ont cinq ans pour engager des démarches et tenter d’obtenir un geste commercial de la part des compagnies. Le seul remboursement obligatoire est celui des taxes d’aéroport. « Si le passager n’embarque pas, il n’a pas à s’acquitter de ces taxes », explique Jérémy Rozenberg d’Air indemnité, un service qui prend en charge l’indemnisation des passagers aériens. En effet, le prix d’un billet d’avion comprend le vol, mais aussi différentes taxes (taxe d’aéroport, taxe aviation civile, taxe sûreté environnement, etc.). Lorsqu’un passager n’embarque pas, il n’utilise pas les services de l’aéroport. Il peut donc demander leur remboursement en ligne ou par courrier à la compagnie aérienne.
Pratique jugée injuste
Pour éviter toute déconvenue, le premier conseil est de lire attentivement les conditions générales avant d’acheter un billet. « Elles sont souvent écrites très petit et plus personne ne les lit. Les compagnies n’ont d’ailleurs pas intérêt à communiquer sur cette clause de “no show” », continue Jérémy Rozenberg d’Air indemnité. Ensuite, même s’il est souvent difficile d’annuler ou de se faire rembourser un billet, il est conseillé au passager qui n’embarquerait pas à l’aller de contacter la compagnie pour la prévenir. « Il y a un engagement mutuel. Si le client ne se présente pas au rendez-vous, les termes du contrat sont rompus. Si elle n’est pas prévenue, la compagnie pénalisera le passager pour son absence. S’il est de bonne foi, elle fera en général ce qu’elle peut pour satisfaire son client », détaille Olivier Fainsilber.
Certains consommateurs commencent à taper du poing sur la table contre cette pratique qu’ils jugent injuste. C’est par exemple le cas de deux Toulousains qui n’avaient pas pu embarquer sur un vol Air France Paris-Toulouse en 2015. Le tribunal d’Auch leur a donné raison et a condamné la compagnie à leur verser des dommages et intérêts et à rembourser les billets. « Qu’un passager soit ou non présent sur son siège, cela ne change rien pour la compagnie. Le passager devrait pouvoir faire ce qu’il veut de ses billets puisque, aujourd’hui, ils ne sont ni remboursables ni échangeables. Après tout, si je veux faire voyager ma peluche, je fais ce que je veux ! », s’insurge Stella Bisseuil qui a défendu l’affaire.
En mars 2013, la Commission européenne avait présenté un ensemble de mesures visant à renforcer et à étoffer les droits des passagers aériens. Des mesures adoptées un an plus tard au Parlement européen. Mais depuis, ce dossier est bloqué au Conseil européen. « C’était une avancée, même si cela ne tenait pas compte des vols avec escales. Mais pour l’instant, les législateurs ne se sont pas mis d’accord », se désole Jérémy Rozenberg. « Les lobbys sont suffisamment puissants et rien n’a encore pu aboutir au niveau européen », désespère Stella Bisseuil.
Consulter le post de blog de Rafaele Rivais, pour savoir qui peut vous aider en cas de préjudice aérien



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’ONG australienne Walk Free Foundation décompte 24,9 millions de personnes contraintes à un travail forcé dans le monde.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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L’achat des biens les plus récents au meilleur prix nourrit l’esclavage moderne

L’ONG australienne Walk Free Foundation décompte 24,9 millions de personnes contraintes à un travail forcé dans le monde.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h42
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
En utilisant son téléphone mobile ou en enfilant un tee-shirt, le consommateur occidental, français notamment, se rend peut-être involontairement complice d’un crime grave, celui d’esclavage. Or, l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 par les Nations unies dispose que « nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ».
Dans le monde, 40,3 millions de personnes sont victimes d’esclavage moderne, selon un rapport publié jeudi 19 juillet par l’ONG australienne Walk Free Foundation, soit 24,9 millions contraints à un travail forcé et 15,4 millions à un mariage forcé. D’après cet « Indice mondial de l’esclavage 2018 », les femmes représentent près de trois quarts (71 %) des individus soumis à cette forme de barbarie, dont la prévalence est plus forte en Afrique (7,6 victimes pour 1 000 personnes), suivie par l’Asie-Pacifique (6,1 pour 1 000).
Si l’on ne tient compte que du mariage forcé, l’Afrique est de loin le continent le plus touché (4,8 victimes pour 1 000), devant l’Asie-Pacifique (2 pour 1 000). A contrario, si l’on se focalise uniquement sur le travail forcé, c’est cette dernière région qui est en tête, avec 4 victimes pour 1 000, contre 3,6 pour 1 000 en Europe et en Asie centrale.
« Les conflits récents créent de nouvelles formes d’esclavage »
La Walk Free Foundation, qui travaille depuis deux ans avec l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la question de l’esclavage, livre dans son rapport des chiffres à peu près similaires à ceux du rapport publié en 2017 en partenariat avec l’agence onusienne. Mais, cette fois, l’ONG va plus loin car elle cible tout particulièrement les pays du G20 – ce que ne peut faire l’OIT, qui collabore avec les gouvernements du monde entier.
Malgré le manque d’éléments statistiques anciens et fiables sur l’esclavage – à la différence du travail des enfants –, il semble...




                        

                        


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édition abonné


La France en retard sur ses objectifs climatiques

Selon les projections du ministère de la transition écologique, le plafond d’émissions de gaz à effet de serre sera dépassé jusqu’en 2023.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 16h20
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

La France peine à tenir ses engagements climatiques et énergétiques. C’est ce que confirment les projections présentées jeudi 19 juillet par le ministère de la transition écologique et solidaire, dans le cadre du comité de suivi de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Ces deux outils de planification, l’un et l’autre en cours de révision, fixent les trajectoires qui doivent permettre à l’Hexagone, d’une part d’atteindre la neutralité carbone en 2050, d’autre part de « verdir » progressivement son mix énergétique, avec une baisse des fossiles, une hausse des renouvelables et une réduction de la part du nucléaire.
Au début de l’année, le ministère avait indiqué que le « budget carbone », c’est-à-dire le plafond d’émissions de gaz à effet de serre à respecter pour garder le cap, avait été dépassé de 3,6 % en 2016, avec un total de 463 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq).

Or les scénarios actualisés font état d’émissions toujours excédentaires en 2017 et 2018, et ils indiquent qu’elles pourraient le rester jusqu’en 2023. Sur la période 2019-2023, elles atteindraient 422 Mt CO2 éq par an, soit 24 millions de tonnes de trop. Ce n’est qu’à partir de 2024 qu’elles seraient ramenées au niveau annuel compatible avec les objectifs climatiques du pays, soit 357 Mt CO2 éq.
Retards et reculs
Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce dérapage, rapporte le Réseau action climat (RAC), qui participe au comité de suivi. En particulier, « l’objectif d’avoir la totalité des logements très bien isolés en 2050 est abandonné, avec un rythme moyen de 500 000 rénovations performantes annuelles au lieu des 700 000 nécessaires ». En outre, « l’objectif d’avoir des véhicules neufs consommant en moyenne 3 litres au 100 km en 2030 est porté à 4 litres au 100 km. »
« Le gouvernement profite de la pause estivale pour sabrer ses ambitions sur le climat,...




                        

                        


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Compte rendu

Le négociant en bois Rougier cède ses filiales au Cameroun et en Centrafrique

La branche Afrique du groupe français, qui fait face à des « difficultés persistantes » au Cameroun, a été placée en redressement judiciaire en mars.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-20T14:56:26+02:00"

        Le 20.07.2018 à 14h56






    
Grumes à la frontière entre le Cameroun et le Gabon, en octobre 2007.
Crédits : DELPHINE RAMOND / AFP


Le négociant français en bois Rougier a annoncé, jeudi 19 juillet, la vente des filiales de sa branche Afrique en redressement judiciaire, au Cameroun et en Centrafrique.
« Le tribunal de commerce de Poitiers a autorisé, lors de l’audience du 13 juillet, l’ensemble du processus de vente au Cameroun de la Société forestière et industrielle de la Doumé (SFID), de la société Cambois, de la société Sud Participation et en Centrafrique de la société Rougier Sangha-Mbaéré (RSM) », a détaillé un communiqué du groupe.

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Les quatre entreprises, filiales de Rougier Afrique International, ont été acquises par la société camerounaise Sodinaf (Société de distribution nouvelle d’Afrique) pour un montant non divulgué.
Cette opération permet au groupe de « rationaliser » son portefeuille d’activités, a justifié Rougier, qui estime pouvoir « ainsi poursuivre son recentrage géographique dans de meilleures conditions ».
« Difficultés persistantes »
Saisi du dépôt de bilan de Rougier SA, la holding de tête de l’entreprise, le 12 mars, le tribunal de commerce de Poitiers (centre de la France) l’a placée en procédure de sauvegarde et sa branche Afrique International en redressement judiciaire.
Le groupe Rougier avait alors expliqué « faire face à des difficultés persistantes au Cameroun », évoquant « l’engorgement chronique » du port de Douala – en raison de son ensablement –, qui a « profondément perturbé les activités des filiales camerounaise, congolaise et centrafricaine ».

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                Le trafic du bois tropical sape la lutte contre la déforestation



A l’issue de l’audience du 13 juillet, le tribunal de commerce de Poitiers a autorisé la poursuite de la période d’observation de Rougier SA et sa branche Afrique International, a précisé le communiqué.
Le groupe rappelle également que la cotation de ses actions à la Bourse de Paris « reste toujours suspendue jusqu’à nouvel avis ».
Fin 2016, Rougier supportait une créance de 8 millions d’euros de TVA non remboursée par le seul Cameroun, et de 15,6 millions d’euros en incluant les créances du Congo et du Gabon. Le chiffre d’affaires 2017 affichait une baisse de 7,5 % sur les 149,4 millions d’euros de 2016.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le président américain a déclaré, vendredi, être prêt, si nécessaire, à instaurer des taxes punitives sur l’ensemble des importations chinoises
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Trump menace de taxer tous les produits chinois importés aux Etats-Unis

Le président américain a déclaré, vendredi, être prêt, si nécessaire, à instaurer des taxes punitives sur l’ensemble des importations chinoises



Le Monde
 |    20.07.2018 à 14h10
   





                        


Le président américain Donald Trump n’apparaît pas décidé à réduire la pression sur la Chine au plan commercial. Au contraire. Il s’est dit prêt, vendredi 20 juillet, à instaurer des taxes punitives sur tous les produits chinois importés par les Etats-Unis si nécessaire.
« Je suis prêt à aller jusqu’aux 500 », a affirmé M. Trump sur la chaîne de télévision CNBC, une allusion aux 505,5 milliards de dollars de produits chinois importés par les Etats-Unis en 2017.
« Je ne le fais pas à des fins politiciennes, je le fais pour faire ce qui est bon pour notre pays. » « Cela fait longtemps que la Chine nous arnaque », a-t-il ajouté.
Outre un déficit commercial énorme, Washington reproche à Pékin « le vol » des droits de propriété intellectuelle, des barrières non douanières et des transferts de technologie imposés lorsque sont constituées des joint-ventures avec les Chinois.
Washington a déjà imposé des taxes à l’importation sur un certain nombre de produits chinois (machines à laver, panneaux solaires, acier et aluminium…). Au total, ce sont 250 milliards de dollars de produits importés aux Etats-Unis qui, à ce stade, pourraient être touchés.

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De leur côté, les autorités chinoises ont accusé Washington d’avoir déclenché « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ». Elles ont annoncé le 6 juillet des mesures de rétorsion portant également sur 34 milliards de dollars d’importations américaines, notamment du porc et du soja.
Pékin a aussi fait part du dépôt « immédiat » d’une plainte supplémentaire contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Mises en garde aux Etats-Unis
La Chine n’est la seule visée par les taxes mises en place par M. Trump. L’Union européenne est également concernée.

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Aux Etats-Unis la politique conduite par M. Trump a donné lieu à des mises en garde de certains acteurs du milieu économique.
La Réserve fédérale (Fed) a ainsi publié, le 5 juillet, le compte rendu de sa dernière réunion, en juin, dans lequel elle souligne « les incertitudes et les risques associés à la politique en matière commerciale » qui « se sont intensifiés », soulignant qu’ils « peuvent éventuellement avoir des effets négatifs sur le sentiment des entreprises et les dépenses en investissement ».

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Une semaine plus tôt, le géant de l’automobile General Motors (GM) s’était montré encore plus alarmiste dans une note transmise au département du commerce. « Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », a assuré l’entreprise.
Le 31 mai, Tom Donohue, le responsable de la Chambre de commerce des Etats-Unis, institution traditionnellement liée à l’aile probusiness du Parti républicain et avocate du libre-échange, avait indiqué dans une note que la politique protectionniste de l’administration pèserait sur la forte croissance économique des Etats-Unis et pourrait menacer jusqu’à 2,6 millions d’emplois.
Il a récidivé le 2 juillet dans un rapport dénonçant une « mauvaise approche », publié sur le site de la Chambre de commerce. Il comporte une carte interactive permettant de mesurer Etat par Etat l’impact possible de ces tensions commerciales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Un document interne de la SNCF estime à plus de 21 millions d’euros le coût pour chacune des trente-sept journées de grève entre le 22 mars et le 28 juin.
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La grève aurait coûté 790 millions d’euros à la SNCF

Un document interne de la SNCF estime à plus de 21 millions d’euros le coût pour chacune des trente-sept journées de grève entre le 22 mars et le 28 juin.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 13h57
   





                        


Le mouvement des cheminots contre la réforme ferroviaire du gouvernement a coûté un total de 790 millions d’euros à la SNCF, soit plus de 21 millions pour chacune des trente-sept journées de grève entre le 22 mars et le 28 juin, selon un document interne consulté vendredi 20 juillet par l’AFP.
Ce montant, calculé en tenant compte des derniers éléments disponibles, comme la diminution des recettes de péage pour SNCF Réseau, est conforme aux estimations déjà communiquées au printemps par la direction. Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, avait évoqué au début d’avril un coût « de l’ordre de 20 millions d’euros par jour ».
La perte de 790 millions d’euros subie à cause de la grève dépasse le bénéfice net enregistré par le groupe sur l’année 2017 (679 millions d’euros). L’essentiel de l’ardoise s’explique par une perte de chiffre d’affaires de 770 millions d’euros.
160 millions d’euros pour les mesures commerciales
Sur ce total, 600 millions d’euros de recettes ont été perdus pour les activités voyageurs, de nombreuses personnes ayant renoncé à prendre le train en raison des perturbations de trafic. En outre, 60 millions d’euros de ventes ont été perdus dans le fret, certaines entreprises préférant se tourner vers d’autres modes de transport. Le reste provient d’une diminution de contributions des autorités organisatrices de transport liées à des baisses de refacturation des péages.
Aux recettes perdues s’ajoute un coût de 160 millions d’euros pour les mesures commerciales mises en œuvre par la société des chemins de fer afin de réduire le préjudice subi par ses clients. La SNCF a notamment accordé des dédommagements sur leurs abonnements aux usagers des TGV, Intercités, TER et Transilien. Les mesures commerciales incluent aussi des abonnements TGV Max gratuits pour le mois d’avril, des billets à prix réduits, le service de covoiturage IDVroom gratuit les jours de grève... Ces remises ont coûté 120 millions d’euros.
Toujours parmi les mesures commerciales, de nombreux bus de substitution ont été mis en place durant les grèves, pour un coût de 40 millions d’euros.
Le mouvement des cheminots s’est en revanche aussi traduit par une réduction des charges de l’entreprise de 140 millions d’euros. Cette baisse provient des retenues sur salaire pour 100 millions d’euros et de moindres dépenses (en électricité notamment) liées au plus faible nombre de trains roulants.

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Interrogée par l’AFP, la SNCF a confirmé ces chiffres. « Le coût total de la grève reflète à la fois les pertes de chiffre d’affaires subies par l’entreprise mais aussi le montant sans précédent de 160 millions d’euros de mesures commerciales décidées par la SNCF pour accompagner ses clients et limiter l’impact financier de la grève sur ces derniers », a commenté un responsable.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Deux élèves d’une école d’ingénieurs ont lancé Campus Market pour récupérer, stocker et revendre à bas prix des meubles d’étudiants. A Lille, et bientôt Roubaix.
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« Nous luttons contre le gaspillage de meubles et rendons service aux autres étudiants »

Deux élèves d’une école d’ingénieurs ont lancé Campus Market pour récupérer, stocker et revendre à bas prix des meubles d’étudiants. A Lille, et bientôt Roubaix.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h44
    |

                            Caroline Pain








                        



   


Témoignage. Paul Célérier, étudiant en dernière année à l’Ecole des hautes études d’ingénieur (HEI) à Lille, raconte comment, avec sa camarade Elsa Tossé, ils ont imaginé et lancé Campus Market, dont l’objectif est de récupérer et de revendre à bas prix des meubles d’étudiants qui quittent la ville.
« Nous sommes étudiants au sein de la première promotion spécialisation “Smart Cities”, c’est-à-dire sur l’aménagement urbain innovant qui cherche à répondre, entre autres, aux besoins environnementaux. Nous avions envie d’entreprendre après nos études, en faisant quelque chose d’utile pour la planète. On a d’abord pensé à un simulateur de rentabilité de panneaux solaires, avant de se rendre compte que cela existait déjà. Mais ça nous a encouragés à continuer de chercher.
Fin novembre, Elsa a assisté dans notre université à une conférence sur le principe du zéro déchet, dont elle est ressortie très enthousiasmée. On a commencé à se demander comment lutter contre le gaspillage et la surconsommation.
C’est là qu’on a pensé aux étudiants qui ne savent pas quoi faire de leurs meubles quand ils quittent le campus : avec les examens et les stages, ils n’ont souvent pas le temps de les vendre et beaucoup de choses finissent dans la rue. En septembre, en revanche, des milliers d’étudiants arrivent et ont besoin d’équiper leurs appartements, à petit budget et sans voiture. Nous avons eu l’idée de collecter les meubles des étudiants qui s’en vont à vélos-chariots, de les stocker pendant l’été pour les revendre à bas prix en septembre, lors d’un grand événement de rentrée.
Deux vélos-chariots
Nous en avons parlé à des responsables de l’université catholique de Lille, dont dépend notre école, qui nous ont dit que les dépôts sauvages de meubles d’étudiants étaient un vrai problème : en une seule semaine de mars 2017, 170 dépôts sauvages ont été constatés dans notre quartier universitaire de Vauban. Ils génèrent des plaintes des habitants, mais aussi des coûts de ramassage et de recyclage élevés pour les pouvoirs publics. La mairie de Lille, ainsi que la directrice d’Emmaüs Lille nous ont confirmé le manque d’alternatives pour les étudiants.
Nous avons rapidement trouvé nos premiers partenaires financiers (...) et l’association a été rejointe par huit bénévoles
La semaine d’après, nous rencontrions Enactus, une ONG internationale qui propose aux étudiants de les accompagner dans leurs projets d’entrepreneuriat social. Grâce à elle, nous avons rapidement trouvé nos premiers partenaires financiers pour mettre en œuvre le projet (la Fondation Vinci pour la Cité et la Métropole européenne de Lille). L’association a été créée en janvier, et a vite été rejointe par huit bénévoles, des étudiants issus d’autres formations ou écoles qui avaient été sensibles à notre projet. Nous avons pu acheter nos deux premiers vélos-chariots, et imprimer des affiches pour faire connaître l’association. La Fédération des étudiants de l’université catholique de Lille nous a prêté un local de stockage.
On a été très surpris du succès rencontré, parce qu’on n’avait pas eu beaucoup de temps pour communiquer : on a eu 25 demandes dès la première semaine de lancement, fin avril. C’est d’autant plus simple que la prise de rendez-vous s’effectue via un chatbot sur notre page Facebook.
Prochaine étape, une deuxième ville
Les étudiants donnaient souvent quatre ou cinq meubles d’un coup, et la plupart étaient en très bon état. Ils étaient contents de donner, que cela serve à d’autres, et de ne pas les mettre dans la rue. On a récolté tellement de meubles qu’on a organisé une petite vente pour désengorger le local. La « vraie » est prévue toute la semaine du 6 septembre, en extérieur, sous un chapiteau. L’idée, c’est aussi de proposer une fête de rentrée autour de l’économie circulaire, en présentant d’autres initiatives du genre. On a fixé les prix des meubles sur la fourchette basse du marché d’occasion : une chaise coûtera 5 euros, un canapé 50 euros, etc.
L’université catholique de Lille tient à nous aider pour trouver un lieu pour la rentrée, un espace de vente ; on voudrait aussi créer un café solidaire pour rassembler les étudiants autour de projets du même type.
On va se lancer cet été à Roubaix, qui compte 11 000 étudiants
Nous avons reçu des prix des Fondations Deloitte, Veolia et Famae, ainsi qu’un autre qui va nous permettre d’aller à la World Cup Enactus, dans la Silicon Valley. C’est une énorme reconnaissance, qui nous permet de voir plus grand et plus loin, grâce à des fonds supplémentaires : on va se lancer cet été à Roubaix, qui compte 11 000 étudiants. La ville nous a mis en contact avec un particulier qui nous prête un local jusqu’à fin septembre.
Elsa et moi sommes sur le point de partir en stage de fin d’études, on a donc passé la main à une nouvelle présidente, mais nous l’accompagnerons à la rentrée. On aimerait, à terme, créer un emploi pour faire grandir le projet, et, une fois bien installé à Lille et à Roubaix, le dupliquer dans d’autres villes universitaires, et, qui sait, peut-être créer une fédération Campus Market. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ France Télévisions devra faire un effort de « près de 400 millions d’euros » d’ici à quatre ans. Les chaînes France 4 et France Ô seront supprimées.
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L’exécutif met l’audiovisuel public au régime sec

France Télévisions devra faire un effort de « près de 400 millions d’euros » d’ici à quatre ans. Les chaînes France 4 et France Ô seront supprimées.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h50
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Amère potion pour l’audiovisuel public. Le gouvernement a détaillé, jeudi 19 juillet, l’effort budgétaire que devront réaliser France Télévisions, Radio France, Arte, l’INA, France 24, RFI et France Médias Monde d’ici à 2022. Dans le détail, Matignon réduira la dotation budgétaire de 190 millions d’euros entre 2018 et 2022, et impose aux entreprises publiques de l’audiovisuel d’investir 150 millions d’euros supplémentaires dans le numérique. Dans le même temps, elles devront continuer d’assumer la progression mécanique des coûts, notamment des salaires, estimée à 160 millions d’euros sur quatre ans par le ministère de la culture.
Si la facture finale imposée par l’exécutif apparaît comme moins douloureuse que prévu – la direction du budget voulait amputer le budget de France Télévisions de 800 millions d’euros, selon nos informations –, elle n’en est pas moins élevée. Au ministère de la culture, on précise que ce sont les efforts de Françoise Nyssen qui ont permis de parvenir à ce moindre mal. Surtout, France Télévisions, qui taille déjà dans ses coûts à hauteur de 50 millions d’euros cette année, et a supprimé 10 % de ses effectifs depuis 2012, a visiblement su convaincre qu’il n’avait plus beaucoup de « gras ».

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Reste que le paquebot de la télévision publique devra encore consentir un effort important en économisant 160 millions d’euros d’ici à 2022 tout en investissant dans le numérique. Au total, il lui faudra trouver « presque 400 millions d’euros, soit 15 % de nos ressources. C’est une trajectoire réaliste, mais qui sera difficile », a acté Delphine Ernotte, la présidente de la télévision publique, dans un entretien accordé aux Echos. De fait, Matignon lui impose en outre un triplement de ses programmes régionaux à six heures par jour dans 24 régions, contre deux aujourd’hui. « On nous a dit que l’on travaillerait avec France Bleu. Mais ce qu’on nous a présenté pour l’instant, c’est de la radio filmée », souffle Pierre Mouchel, de la CGT.
Cure d’amaigrissement
L’exécutif a par ailleurs confirmé la suppression de France 4, dont le canal devra être libéré « au plus tard en 2020 », et de la chaîne des outre-mers, France Ô, à « l’audience trop confidentielle », explique Matignon dans un communiqué. A la place, France Télévisions proposera des programmes pour les enfants sur ses chaînes et sur les tablettes, tandis que des programmes destinés à l’outre-mer seront réintégrés dans les chaînes nationales. Pour amortir le choc, Delphine Ernotte a fait un déplacement, jeudi, chez les équipes de France Ô.
D’autres sources d’économie devront encore être trouvées. Les programmes de flux, à diffusion unique, qui coûtent 500 millions d’euros par an à France Télévisions, pourraient faire l’objet d’une cure d’amaigrissement. « Cela a été le cas en 2017 », explique Pierre Mouchel, qui craint surtout un nouveau plan de départs volontaires. En attendant, le non-remplacement des départs devrait s’accélérer, tandis que la direction continue de réorganiser l’entreprise en créant, par exemple, une direction des programmes transverse à toutes les chaînes.
Si le gouvernement a demandé le maintien des investissements dans la création, évalués à 560 millions d’euros par an pour France Télévisions et Arte, il n’a pas non plus rassuré. « Ce n’est pas en supprimant deux chaînes que l’on préserve la création. Ils font cette promesse à chaque fois, mais ne la tiennent jamais », dénonce Pascal Rogard, directeur général de la SACD, influente société d’auteurs, qui dénonce « une réforme comptable, habillée de modernité ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Une famille avec enfants en bas âge achète un voyage pour l’île Maurice auprès de Kuoni, devenue Travel Lab. Au retour, l’agence ne l’informe pas du retard de six heures de l’avion en raison du passage d’un cyclone.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement indien a demandé à WhatsApp de prendre des mesures après la diffusion massive de fausses informations sur l’application de messagerie.
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WhatsApp sous pression après des lynchages en Inde

Le gouvernement indien a demandé à WhatsApp de prendre des mesures après la diffusion massive de fausses informations sur l’application de messagerie.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h11
   





                        



   


Une vingtaine de personnes ont été lynchées ces derniers mois en Inde, à la suite de rumeurs concernant des enlèvements d’enfants, notamment propagées sur l’application de messagerie WhatsApp. Jeudi 19 juillet, le ministre des technologies de l’information Ravi Shankar Prasad a haussé le ton et estimé, dans un communiqué rapporté par la presse indienne, que « WhatsApp [devait] faire beaucoup plus ». Avant de menacer :
« Quand des rumeurs et des fausses informations sont propagées par des agitateurs, le média utilisé pour cette propagation ne peut pas échapper à ses responsabilités. S’il se contente de rester spectateur muet, alors il risque d’être considéré comme complice et, par conséquent, devra faire face à des poursuites judiciaires. »
WhatsApp est largement utilisé en Inde, où il compte plus de 200 millions d’utilisateurs. Ceux-ci s’en servent notamment pour transférer des informations, qui circulent ainsi très rapidement et à grande échelle.
Après un premier avertissement du gouvernement indien, WhatsApp, qui appartient à Facebook, avait annoncé le 10 juillet que les messages transférés seraient désormais signalés comme tels. « Cela vous aidera à savoir si vos amis ou contacts ont écrit le message qu’ils vous envoient, ou si celui-ci a été initialement envoyé par quelqu’un d’autre, écrivait WhatsApp sur son blog. Nous vous encourageons à traiter avec précaution les messages transférés avant de les transférer à votre tour. » WhatsApp avait également acheté de pleines pages de publicité dans les journaux indiens, dans lesquelles elle avait donné des conseils pour repérer les fausses informations.
Le transfert de messages limité
Cette fois, à la suite des menaces explicites du gouvernement indien, WhatsApp a annoncé qu’il limiterait, dans le cadre d’un test en Inde, la possibilité de transférer des messages à cinq personnes ou groupes à la fois. Le bouton permettant de transférer instantanément une photo ou une vidéo sera aussi supprimé – il faudra une action de plus pour le faire. « Nous pensons que ces changements – que nous évaluerons – permettront de faire en sorte que WhatsApp reste ce qu’il est censé être depuis le début : une messagerie privée. »
Contrairement à Facebook ou Twitter, WhatsApp n’est pas un réseau social, sur lequel on peut partager publiquement des informations. Il s’agit effectivement d’une messagerie privée, sur laquelle on peut créer des groupes de discussion, et qui permet aussi de transférer des messages ou des images d’une discussion à l’autre. Une fonctionnalité particulièrement populaire en Inde, souligne WhatsApp, et qui a permis dans ce pays la large diffusion de rumeurs.
La maison mère de WhatsApp, Facebook, est elle aussi mise en difficulté par les fausses informations qui y circulent et multiplie les annonces pour y remédier. Mais une différence est notable : sur WhatsApp, les messages échangés sont chiffrés de bout en bout, ce qui signifie que seul l’envoyeur et le(s) destinataire(s) du message sont en mesure de le lire – même WhatsApp ne peut les déchiffrer. Il est donc impossible pour l’application, en l’état actuel des choses, de les détecter en analysant leur contenu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Plus les politiques d’intégration sont efficaces, plus la contribution des migrants à l’emploi, aux finances publiques et à la croissance est positive, soulignent plusieurs études publiées ces derniers mois.
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La délicate évaluation de l’impact économique des migrants

Plus les politiques d’intégration sont efficaces, plus la contribution des migrants à l’emploi, aux finances publiques et à la croissance est positive, soulignent plusieurs études publiées ces derniers mois.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 16h12
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Réduire les arrivées de migrants irréguliers, mais comment ? En dépit de l’accord signé fin juin sur le sujet, les capitales européennes se déchirent toujours sur les modalités de leur politique migratoire, alors que les naufrages d’embarcations de fortune se multiplient au large des côtes libyennes. L’an passé, 538 000 demandeurs d’asile ont obtenu protection dans l’Union européenne, selon Eurostat (25 % de moins qu’en 2016). Parmi les questions soulevées par leur intégration, celle de leur impact économique suscite crispations et amalgames.
Afin d’y voir plus clair, nombre d’économistes se sont penchés sur le sujet ces derniers mois. « Une telle évaluation est délicate, car elle dépend du contexte, du pays, et du type de migration », détaille Anthony Edo, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). Selon les variables choisies, les études aboutissent à des résultats parfois contradictoires. Un consensus se dégage néanmoins : « Passé l’effet transitoire, l’impact à long terme des migrations sur la richesse par habitant, et son évolution, est neutre », résume Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui n’empêche pas que les effets sectoriels et locaux soient parfois notables.

Différents mécanismes entrent en jeu sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance. Si l’on s’en tient au seul produit intérieur brut (PIB), l’effet est clairement positif : les migrants consomment et se logent, ce qui contribue mécaniquement à l’activité. Et lorsque de l’argent public est dépensé pour accueillir les réfugiés, il est aussitôt réinjecté dans l’économie – l’équivalent, en somme, d’une relance keynésienne.
Des effets contrastés sur le marché du travail
Dans une étude publiée fin juin, trois chercheurs du Centre national de la recherche scientifique, Hippolyte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La trajectoire de la dette publique des pays africains s’invite au menu du G20 finances, samedi 21 et dimanche 22  juillet à Buenos Aires, en Argentine
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L’Afrique au défi d’un emballement de la dette

La trajectoire de la dette publique des pays africains s’invite au menu du G20 finances, samedi 21 et dimanche 22  juillet à Buenos Aires, en Argentine



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 16h11
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

C’est une petite musique, inquiétante, que l’on entend résonner dans les cénacles des spécialistes du développement : la spirale de la dette menace à nouveau une partie de l’Afrique. Le phénomène est loin d’être uniforme à l’échelle du continent. Il est pourtant jugé suffisamment alarmant pour s’inviter au menu de la réunion des ministres des finances du G20, samedi 21 et dimanche 22 juillet, à Buenos Aires (Argentine), aux côtés de sujets plus propices au buzz médiatique tels que les risques de guerre commerciale ou la taxation des géants du numérique.
« Il y a une prise de conscience que l’endettement des pays les plus pauvres a beaucoup augmenté », confirme-t-on à Bercy. Et pour cause : fin 2017, la dette publique moyenne en Afrique subsaharienne atteignait 57 % du produit intérieur brut (PIB). Un quasi-doublement en cinq ans. Ce niveau demeure sans doute faible comparé aux standards occidentaux. Mais les risques de dérapage sont élevés dans des Etats qui mobilisent peu de recettes fiscales et dont les taux d’emprunt flambent à la moindre secousse.
Selon l’agence de notation S&P, les dépenses liées au service de la dette capturent 11 % des recettes des Etats du continent, contre 4 % en 2011. En Zambie, par exemple, on y consacre plus d’argent qu’à des postes tels que l’éducation.
Six pays en surendettement
Le Fonds monétaire international (FMI) estime que, dans la région, six pays sont désormais en situation de surendettement, contre seulement deux il y a cinq ans. Et neuf pays risquent fortement de le devenir. En 2017, le Mozambique puis la République du Congo ont fait défaut, après la mise au jour d’un empilement de dettes dissimulées au moyen de montages complexes.

L’Afrique est-elle donc partie pour revivre les heures sombres des années 1980 et 1990 ? Et ce, moins de vingt ans après les vastes opérations d’annulation de dettes, dans le cadre de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE), pilotée par le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ La possibilité d’une escalade dans la guerre commerciale ouverte par Donald Trump, qui freinerait la croissance, inquiète les marchés. Face aux incertitudes, les investisseurs américains rapatrient depuis plusieurs mois leurs capitaux aux Etats-Unis.
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Bourses : les investisseurs se détournent de l’Europe

La possibilité d’une escalade dans la guerre commerciale ouverte par Donald Trump, qui freinerait la croissance, inquiète les marchés. Face aux incertitudes, les investisseurs américains rapatrient depuis plusieurs mois leurs capitaux aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h54
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

L’été sera-t-il chaud dans les salles de marchés et les bureaux de change ? Certes, les turbulences financières, comme les coups de soleil et les brûlures de méduse, ont une propension fâcheuse à survenir de préférence au mois d’août. « Nous sommes toujours prudents à cette époque de l’année. Les entreprises publient en ce moment leurs comptes pour le deuxième trimestre. Cela peut constituer un facteur d’instabilité, même si la saison s’annonce plutôt positive, souligne Olivier de Berranger, directeur de la gestion d’actifs à La Financière de l’Échiquier. La bonne tenue de la croissance mondiale, la qualité attendue des résultats des entreprises et la politique toujours ultra-accommodante de la Banque centrale européenne constituent autant de facteurs de soutien pour les Bourses européennes. »

« Les marchés se sont déjà fait très peur cette année. Le juge de paix, ce sera la publication des résultats semestriels des entreprises. S’il y a beaucoup de révisions en baisse des profits, la Bourse risque de subir une correction, mais si elle baisse sans changement notable des perspectives de progression des bénéfices, alors il faudra se positionner pour acheter », renchérit Igor de Maack, gérant de fonds chez DNCA Finance.
Entre sanctions et rétorsion
L’ombre du président américain, Donald Trump, plane toutefois sur les marchés financiers. « On s’attend à de la volatilité, principalement à cause de l’escalade dans la rhétorique guerrière autour du commerce international », prévient Laurent Boudoin, responsable de la gestion obligataire chez Sanso Investment Solutions. Le 10 juillet, Washington a publié une liste de biens, allant des sacs à main aux fruits et légumes en passant par les réfrigérateurs, soit 200 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine, susceptibles d’être frappés d’une taxe additionnelle de 10 % à la douane. Une deuxième vague, après les 50 milliards de dollars d’importations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La banque centrale adepte du « quantitative easing » peut être utile si l’on s’en sert ponctuellement pour sauver le monde, elle peut être nocive si l’on s’en sert durablement pour financer l’économie à un coût plus faible qu’il ne le mérite, explique l’économiste Karl Eychenne dans une tribune au « Monde ».
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« Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, est celui qui porterait le mieux la montre à moutarde »

La banque centrale adepte du « quantitative easing » peut être utile si l’on s’en sert ponctuellement pour sauver le monde, elle peut être nocive si l’on s’en sert durablement pour financer l’économie à un coût plus faible qu’il ne le mérite, explique l’économiste Karl Eychenne dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 09h55
    |

Karl Eychenne (Economiste, analyste dans une société de gestion d’actifs)







                        



                                


                            

Tribune. Une « montre à moutarde » est une montre classique qui donne le cours du temps mais qui peut également donner de la moutarde. Cet étrange instrument logique a été imaginé par le mathématicien et logicien Jean Yves Girard, directeur de recherches émérite au CNRS, médaille d’or du CNRS en 1983 : « Elles [les montres à moutarde] combinent les avantages des montres et des pots à moutarde : un parfait affichage du temps couplé à la quantité cruciale de moutarde suffisante pour faire face aux urgences » (« Les montres à moutarde : une approche intégrée au temps et à la nourriture », voir le lien PDF).
Il se trouve que les banques centrales contemporaines utilisent largement le principe des montres à moutarde : elles donnent classiquement le cours de l’argent, mais peuvent également injecter la moutarde des liquidités.
Aujourd’hui, les banquiers centraux nous annoncent que le temps de la normalisation est venu ; plus rien ne justifierait l’exception à la règle : l’ère QE toucherait à sa fin. Mais pourquoi faudrait-il se priver d’un outil aussi efficace ?
Elles ont probablement sauvé le monde en 2008 puis en 2011, mais elles l’ont aussi profondément changé. Tout cela à l’aide d’un seul outil : le « quantitative easing » (QE [ou « assouplissement quantitatif », programme de rachats de dettes publiques et privées)], ce privilège exorbitant que décide de s’octroyer un banquier central lorsqu’il le juge nécessaire. Il peut alors créer autant de monnaie qu’il le souhaite pour racheter les actifs dont personne ne veut plus (dette d’Etat ou d’entreprise, voire des actions dans le cas du Japon).
Aujourd’hui, les banquiers centraux nous annoncent que le temps de la normalisation est venu ; plus rien ne justifierait l’exception à la règle : l’ère QE toucherait à sa fin.
Mais pourquoi faudrait-il se priver d’un outil aussi efficace ? Ne pourrait-on pas imaginer des banques centrales durablement « augmentées », capables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les Etats ont perdu le monopole du pouvoir au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public, estime dans une tribune au « Monde » Clara Paul-Zamour, conseil en stratégie de communication.
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Les crises Danone : quand « l’entreprise devient un objet politique »

Les Etats ont perdu le monopole du pouvoir au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public, estime dans une tribune au « Monde » Clara Paul-Zamour, conseil en stratégie de communication.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 06h45
    |

Clara Paul-Zamour (Directrice associée chez Angie Consulting, société de conseil en communication d'entreprises)







                        



                                


                            

Tribune. Danone traverse depuis le mois d’avril une crise majeure au Maroc, victime d’un puissant boycott de ses produits qui a fait plonger son chiffre d’affaires de 50 % en six semaines.
Tandis que la situation n’est pas encore apaisée, un front russe s’ouvre pour le groupe agroalimentaire, qui se débat désormais avec les accusations de violation des normes sanitaires par l’agence de contrôles Rosselkhoznadzor.
Turbulences d’opinion
Tout ceci alors que Danone se présente comme une entreprise en avance sur les attentes des consommateurs, pionnière dans sa volonté de concilier les exigences du marché et celles de la société ; que Danone est un groupe international piloté par un patron engagé, Emmanuel Faber, chantre de la Révolution de l’alimentation, de la transparence vis-à-vis du consommateur, du sans OGM, d’une « agriculture régénératrice ».
Cette entreprise aurait pu sembler à l’abri de ce type de turbulences d’opinion, protégée par ses pratiques comme par sa communication. D’où vient que ce groupe précurseur se trouve ainsi impacté par ces deux crises de nature profondément politique – une crise d’opinion au Maroc, et une crise aux accents géopolitiques en Russie ?

Danone est percutée par ce qui apparaît de plus en plus comme le lot commun des grandes entreprises : un regard beaucoup plus acéré, parfois déformant, de la société sur leurs pratiques, une pression accrue de l’opinion et une exposition médiatique croissante.
La mondialisation libérale a éclaté et redistribué le pouvoir. Les Etats en ont perdu le monopole au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux dont la richesse dépasse le produit intérieur brut de certaines nations. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public.
Part d’irrationnel
Face à ce constat, la réaction en apparence économe est l’esquive : mieux vaut...




                        

                        

