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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’envoi de fonctionnaires marocains a suscité des critiques de la part des défenseurs des migrants, selon qui ces enfants sont auditionnés, sans la présence d’avocats.
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Des policiers marocains chargés d’identifier des mineurs errants à Paris

L’envoi de fonctionnaires marocains a suscité des critiques de la part des défenseurs des migrants, selon qui ces enfants sont auditionnés, sans la présence d’avocats.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 19h12
   





                        


On les surnomme « les enfants perdus du Maroc ». Ces mineurs isolés, drogués et violents, qui ont surgi en 2017, dans le 18e arrondissement de Paris, plus précisément dans le quartier populaire de la Goutte-d’Or. Plus de deux ans après leur arrivée, les autorités françaises sollicite l’aide du Maroc, qui a dépêché des policiers dans la capitale pour identifier des mineurs en errance, en vue de leur éventuel rapatriement, a-t-on appris samedi 21 juillet auprès de la Chancellerie.
Une mission de six agents des ministères marocains de l’intérieur et des affaires sociales a été déployée dans la capitale française depuis le 18 juin, a précisé à l’Agence France-Presse cette source, confirmant des informations de L’Obs.

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La situation des enfants des rues du quartier populaire de la Goutte-d’Or inquiète les autorités depuis l’arrivée des premiers mineurs en 2016. Souvent très jeunes, abîmés par la drogue et agressifs, ils vivent de larcins et dorment dans des squares, refusant toute main tendue.
« Rétablir les liens familiaux »
Selon la Chancellerie, « cette mission se donne pour objectifs de réaliser, sous l’autorité et avec l’appui des services de police et de justice français, l’identification des jeunes » placés en garde à vue ou présentés à un juge.
Elle tentera « de rétablir, en lien avec les autorités au Maroc, les liens familiaux, et quand cela s’avérera possible, d’envisager le retour de ces jeunes au Maroc, s’il est établi que ce retour correspond à l’intérêt supérieur de l’enfant », a ajouté cette source.

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« Ces jeunes représentent une part très importante de l’activité de la permanence pénale du parquet des mineurs de Paris, puisque 813 d’entre eux ont été placés en garde à vue en 2017 et 482 ont été déférés au parquet. Ils refusent en général les prises en charge et fuguent des dispositifs de placement », a précisé le ministère de la justice. Cette situation a conduit Paris et Rabat « à renforcer leur coopération », a fait valoir la Place Vendôme.
Critiques
La révélation de l’envoi de fonctionnaires marocains à Paris a suscité de vives critiques dans les rangs des défenseurs des migrants mineurs. Quand ces enfants des rues « sont interpellés, on en profite pour les faire auditionner par des policiers marocains et ce, sans avocat présent. C’est contraire au droit et proprement scandaleux », a réagi Me Emmanuel Daoud.
« La situation est difficile, mais la réponse relève d’une opération quasi clandestine qui ne fait pas honneur au ministre de l’intérieur » Gérard Collomb, a affirmé l’avocat parisien.
Pour Me Daoud, « ces enfants étaient déjà dans la rue » avant d’arriver à Paris, « victimes de violences intrafamiliales » voire « aux mains de réseaux de traite d’êtres humains : ils vont devenir quoi si on les renvoie au Maroc ? »



                            


                        

                        


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A Beaumont-sur-Oise, une marche pour réclamer « justice pour Adama Traoré, comme pour Alexandre Benalla »

Plusieurs milliers de personnes ont défilé en mémoire du jeune homme mort il y a deux ans dans une gendarmerie, dans des circonstances toujours inexpliquées.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 18h37
    |

                            Astrid de Villaines








                        


« Voilà l’homme qui fait trembler la République ! » En souriant, samedi 21 juillet après-midi, devant la gare de Persan-Beaumont (Val-d’Oise) où se déroule la marche blanche pour Adama Traoré, le député Insoumis Eric Coquerel fait les présentations. A sa gauche, Philippe Poutou, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2017. A sa droite, Taha Bouhafs, le militant insoumis qui a filmé et diffusé sur les réseaux sociaux la scène mettant en cause Alexandre Benalla, place de la Contrescarpe, le 1er mai dernier, que Le Monde a formellement identifié mercredi.
Tous sont venus soutenir le « collectif Adama » qui réclame « la vérité et la justice », deux ans après le décès du jeune homme de vingt-quatre ans, sur le sol d’une gendarmerie après une interpellation, sans que les causes de sa mort ne soient encore élucidées. « Ce qui est dingue, c’est que cette vidéo soit passée inaperçue à l’époque. Cela en dit long sur la banalisation des violences policières », remarque M. Bouhafs, devant ses deux interlocuteurs qui acquiescent et le félicitent.

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« Nous, on attend toujours que justice se fasse »
L’affaire révélée dans nos colonnes est sur quasiment toutes les lèvres. « Mais elle est nulle Belloubet ! Même moi j’ai été meilleure à mon oral de fin d’année ! » s’amuse une étudiante devant ses amis, dans le train qui l’emmène de Paris au rassemblement de Beaumont-sur-Oise.
« On n’oublie pas ! On pardonne pas ! » Au rythme des slogans, 4 000 personnes (selon les organisateurs) s’élancent pour rejoindre Boyenval, le quartier où vivait Adama Traoré. Beaucoup de jeunes sont venus de Paris, d’autres départements d’Ile-de-France ou de Beaumont-sur-Oise. Comme Lassana Doucouré, footballeur de 27 ans qui connaissait Adama Traoré et qui a « entendu rapidement parler de l’affaire Benalla à la télévision ». « Lui, il n’a pas été puni. Nous, on attend toujours que justice se fasse » déplore-t-il.
Dans la foule, les personnalités politiques se mélangent aux citoyens. Le député de La France insoumise Alexis Corbière tape sur l’épaule de l’ex candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon. David Cormand, le secrétaire national d’Europe-Ecologie Les Verts est venu, tout comme Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, pour représenter le PS. « La gauche est en miettes, mais on se réunit sur l’injustice » constate Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris.
« Une République pour les uns et pas pour les autres »
« Vous, les Benalla du futur ! » s’agace un manifestant en passant devant des élus portant leur écharpe tricolore. Certains manifestants craignent une récupération politique. « Le fait qu’il y ait des politiques, même si c’est sûrement de la récupération, cela peut nous être utile », remarque toutefois Elisabeth Abanda, étudiante parisienne de 24 ans. « Ce n’est pas calculateur, on nous a demandé de mettre notre écharpe. Ils nous disent qu’ils veulent qu’on les représente », assure Mme Benbassa.
Celui qui est visé, c’est surtout François Ruffin. Le député de la Somme n’était pas présent l’année dernière. Il attendait d’en savoir plus sur l’enquête. « C’est fort de café qu’il soit là, d’ailleurs il se cache ! », observe Selim Ben Amor, étudiant de 24 ans à Créteil. Défilant à la toute fin du cortège, François Ruffin assume. « Je reconnais mes maladresses, je m’en suis expliquée auprès d’Assa Traoré » - la sœur d’Adama Traoré en tête de cortège. « Les gendarmes n’ont toujours pas été auditionnés. Il faut absolument que la justice avance, sinon la colère va se transformer en rage, puis en violence. Il faut la justice pour Adama Traoré, comme pour Alexandre Benalla », conclut le parlementaire. « Le sentiment d’une justice à deux vitesses est très grave. Il y a une République pour les uns et pas pour les autres », abonde Benoît Hamon, entre deux selfies.
Beaucoup dénoncent également le racisme. « France, pays des droits de l’homme blanc » peut-on lire sur une affiche. « Je sais que cela aurait pu arriver à quelqu’un de ma famille. C’est pour cela que je suis venue », affirme Brave Kassala, jeune femme noire de vingt ans. « Evidemment qu’il y a du racisme, depuis l’esclavage ! » abonde son amie Elodie Zig. Et toutes deux d’en conclure : « Une personne blanche sera toujours mieux traitée, au travail ou en justice ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La droite a critiqué samedi cette accréditation accordée au collaborateur d’Emmanuel Macron, à la demande du directeur de cabinet de l’Elysée.
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Alexandre Benalla disposait d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale

La droite a critiqué samedi cette accréditation accordée au collaborateur d’Emmanuel Macron, à la demande du directeur de cabinet de l’Elysée.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 19h35
    |

                            Le Monde.fr (avec Manon Rescan)








                        


Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié sur une vidéo en train de frapper un manifestant le 1er mai, disposait d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale en tant qu’employé de la présidence de la République. C’est ce qu’ont dévoilé les députés Les Républicains Marc Le Fur et Christian Jacob samedi 21 juillet dans l’hémicycle, s’interrogeant sur les motifs de cette accréditation.
Le Monde a pu consulter la fiche d’informations confirmant l’existence d’une accréditation, accordée à Alexandre Benalla. Il s’agit d’un badge « H » qui donne accès à l’hémicycle, un niveau d’autorisation supérieur à celui des simples collaborateurs, et dont la date de début est fixée au 24 juillet 2017. La majorité et l’opposition divergent en revanche sur le sens à donner à l’octroi d’un tel sésame à un collaborateur chargé de questions de sécurité.
Dans un communiqué, la présidence de l’Assemblée a fait savoir que ce badge avait été attribué à M. Benalla « à la demande du directeur de cabinet du Président de la République (…) en sa qualité de charge de mission auprès du chef de cabinet du Président de la République ».
La droite critique l’octroi de ce badge
Le député LR et vice-président de l’Assemblée nationale Marc Le Fur est le premier à avoir évoqué publiquement l’existence de ce badge, qui « a été retiré il y a trois jours » au collaborateur de l’Elysée, selon lui. Soit le 18 juillet, jour des premières révélations du Monde. L’élu des Côtes-d’Armor s’est étonné de l’existence de cette accréditation, la jugeant injustifiée :
« Cela veut dire quoi ? Jusqu’à présent, Monsieur Benalla ne disposait pas de fonctions politiques. Hors, mes chers collègues, ceux qui disposent d’un tel badge font de la politique puisqu’ils assistent à l’hémicycle. Ils ne font pas de la sécurité, ils font de la politique. »
Marc Le Fur a par ailleurs demandé à savoir « qui a demandé un tel badge [et] pourquoi on a demandé un tel badge ? » ainsi que la mise en place de mesure pour que de tels « incidents » ne « puissent plus intervenir ». Interrogé par Le Monde, Marc Le Fur a confirmé que « ce n’est pas un badge du tout-venant, c’est le badge du niveau le plus élevé qui soit ! Du niveau du cabinet du président de l’Assemblée ! »
Son homologue LR de Seine-et-Marne et président du groupe Christian Jacob a également demandé « au nom de quelles fonctions [Alexandre Benalla] vient ici [à l’Assemblée nationale] ? […] Quel est le rapport entre la sécurité du président de la République et être ici dans l’hémicycle ? », a-t-il poursuivi, qualifiant par ailleurs M. Benalla de « barbouze ».
Une pratique « courante », selon François de Rugy
En vertu du principe républicain de séparation des pouvoirs, le président de la République ne peut pas participer aux séances parlementaires et ne se rend donc jamais à l’Assemblée. Pour autant, pour le président de l’Assemblée, François de Rugy, il n’y a rien d’inhabituel à ce qu’un collaborateur de l’Elysée dispose d’un tel accès au palais Bourbon. « Vous le savez sans doute, il y a pour accéder à l’Assemblée nationale plusieurs milliers de badges [dont] un certain nombre de collaborateurs de l’exécutif. Il en a toujours été ainsi », a-t-il répondu à Marc Le Fur.
Toujours selon François de Rugy, il s’agit de « pratiques courantes et normales » et « le badge a été immédiatement désactivé quand Monsieur Benalla s’est vu retirer les fonctions qu’il avait à la présidence de la République », sans préciser donner la date précise de cette décision. « Il n’y a donc rien de plus à en dire, tout cela se fait dans la logique de notre fonctionnement d’assemblée », appelant à ne « pas créer des polémiques inutiles ».

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Des images interrogent sur les fonctions exactes d’Alexandre Benalla après sa suspension

Des photographies montrent que le collaborateur de l’Elysée pourrait avoir conservé des fonctions moins restreintes que ne l’affirme la présidence.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h33
   





                        



   


Quelles ont été les fonctions exactes occupées par Alexandre Benalla à l’Elysée de son retour de suspension le 20 mai jusqu’aux premières révélations du Monde, le 18 juillet ? Critiqué pour sa gestion de ce dossier sur le moment, l’entourage d’Emmanuel Macron s’est défendu en mettant en avant la sanction prise rapidement à l’encontre du collaborateur dès son comportement connu, « la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », selon le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit.
Suspendu quinze jours, il aurait également vu ses attributions cantonnées à un rôle interne à l’Elysée, jusqu’à l’annonce d’une procédure de licenciement à son encontre vendredi 20 juillet.
Des images publiées par Libération et Paris Normandie montrent néanmoins que le champ d’intervention de M. Benalla durant ces deux mois pourrait avoir été moins limité que ne l’a affirmé l’Elysée. Le collaborateur présidentiel pourrait n’avoir pas seulement continué d’apparaître aux côtés du chef de l’Etat, mais aussi gardé ponctuellement la charge de sa sécurité à l’extérieur.

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Selon la présidence, le rôle de M. Benalla a été cantonné à l’Elysée
Jeudi 19, Bruno Roger-Petit déclarait qu’Alexandre Benalla avait été mis à pied temporairement, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire puis, à son retour, « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ».
Selon l’Elysée, le collaborateur s’est occupé dans cet intervalle de la sécurisation d’événements « à l’intérieur du palais », notamment des rencontres avec des entreprises. A Libération, l’Elysée a confirmé par la suite qu’Alexandre Benalla « s’est uniquement occupé d’organiser des événements au Palais », en ajoutant deux exceptions : « La panthéonisation de Simone Veil [le 1er juillet] et la réception des Bleus [le 16] ».

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Deux déplacements hors de l’Elysée posent question

   


Mais il n’y a pas qu’à la réception à l’Elysée que l’on a pu apercevoir Alexandre Benalla, lundi. Des photos le montrent, plus tôt, à l’intérieur du bus transportant les champions du monde de football et, dès l’arrivée des Bleus à l’aéroport de Roissy, les gendarmes présents à l’aéroport ont fait part à leur hiérarchie d’un incident impliquant le collaborateur de l’Elysée, comme l’a révélé M6.
D’autres images publiées dans la presse montrent que les « exceptions » à cette règle pourraient avoir été plus nombreuses, et le périmètre d’action du collaborateur présidentiel moins restreint que l’Elysée ne l’a laissé entendre dans un premier temps.

Affaire Benalla : ces photos qui contredisent l'Elysée https://t.co/iQ3lrG7ZJ9 https://t.co/22mnK7Nl1G— libe (@Libération)


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Ainsi, Libération a publié plusieurs photos montrant M. Benalla accompagnant le chef de l’Etat lors du défilé du 14 juillet, des dossiers à la main, avec deux agents du groupe de sécurité de la présidence de la République. Ce qui laisse entendre que sa présence ce jour-là, déjà connue, serait bien liée à ses fonctions.

Exclusif @paris_normandie : contrairement à ce que dit l'#Elysée, Alexandre #Benalla assurait encore la sécurité ra… https://t.co/m7nFZ2uSHt— paris_normandie (@paris_normandie)


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Samedi, le quotidien Paris Normandie a révélé à son tour un cliché pris à Giverny (Eure) le 13 juillet montrant le conseiller devant Brigitte et Emmanuel Macron lors d’une visite privée du Musée des impressionnismes et de la Fondation Claude-Monet. M. Benalla semble alors « clairement assurer la protection du couple présidentiel », écrit le quotidien local.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ « Mensonge », « affaire d’Etat », « tempête sur l’Elysée »… l’affaire Benalla s’affiche à la « une » des principaux quotidiens nationaux et régionaux, samedi.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ En dépit de l’annonce du licenciement d’Alexandre Benalla, la polémique se poursuit et la presse réclame samedi des explications du chef de l’Etat.
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Affaire Benalla : la presse fustige « le Rambo » et « le mutique » de l’Elysée

En dépit de l’annonce du licenciement d’Alexandre Benalla, la polémique se poursuit et la presse réclame samedi des explications du chef de l’Etat.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h33
   





                        


Malgré l’annonce par l’Elysée du licenciement d’Alexandre Benalla, placé en garde à vue vendredi, la polémique se poursuit. La presse fustige, samedi 21 juillet, « le Rambo » et « le mutique » de l’Elysée et réclame des explications du chef de l’Etat. « Le président ne s’est toujours pas expliqué sur l’invraisemblable omniprésence à ses côtés de ce “gros bras” de sa campagne », s’indigne Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées, qui, comme nombre de ses confrères, s’interroge sur Benalla : « Rambo ou barbouze ? », se demande-t-il.

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Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet estime que, pour le chef de l’Etat, « le handicap majeur (...) est dans la tétanisation et la sidération de la majorité » et constate qu’on se trouve face à « un président mutique et une majorité désemparée ».
« Les Français se demandent qui ils ont vraiment élu, commente Laurent Joffrin dans Libération. Un Eliacin qui rénovera la République ? Ou bien un homme d’ambition et d’opportunisme, qui mène sa barque entouré de sous-mousquetaires faits par lui, entre commando et start-up ? »
De son côté, dans Le Figaro, Guillaume Tabard trouve que « le silence macronien crée une disruption dans une présidence devenue aussi bavarde, et parfois anecdotique, que celles de Nicolas Sarkozy et François Hollande ».
Dans Sud Ouest, Bruno Dive évoque aussi le « silence si éloquent » de « ce jeune président » et souligne qu’avec cette affaire, « c’est comme si une part d’ombre de ce président venait de se révéler ».
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« Macron doit s’expliquer »
Didier Rose dans Dernières nouvelles d’Alsace hésite entre un « couac de com » et « une incapacité du maître des horloges de remettre autour de lui les pendules à l’heure ». Il estime que s’entêter à déclarer la République « inaltérable » ne « rendra pas imperméable [Macron] aux effets délétères de ces cagades dignes d’un monde honni ».
« Alors que Macron a suscité l’espoir chez tous ceux qui voulaient du sang neuf et des idées nouvelles, il patauge dans le marigot des années les plus noires des barbouzes », s’exaspère Dominique Garraud dans Charente libre. Dans La Voix du Nord, Jean-Michel Bretonnier estime que le chef de l’Etat qui voulait « rompre avec un ancien monde politique manœuvrier et dissimulateur (...) est tombé dans les travers qu’il dénonçait ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Benalla : une affaire d’Etat



« Macron doit s’expliquer, tonne Jean-Marc Chevauché du Courrier picard. Il est temps qu’il comprenne qu’il a été élu pour rendre des comptes aux Français quand ils le lui demandent avec une telle force. » « Comment peut-on d’un côté promouvoir la République exemplaire et inaltérable qui sied à l’honnête homme et de l’autre cumuler autant de lacunes et de négligences, faites de postures inappropriées, de réactions inadaptées, de manquements aberrants ? », s’inquiète Hervé Chabaud dans L’Union.
« Alexandre Benalla est bien plus qu’un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron, ironise Yann Marec du Midi libre. C’est désormais son talon d’Achille. »

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                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat






                            


                        

                        


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La gauche, hors PS, appelle à marcher en hommage à Adama Traoré

La France insoumise, Génération.s, EELV, le PCF, le NPA et le PS vont manifester au côté du comité Adama deux ans après la mort du jeune homme dans une gendarmerie.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h48
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Cela fait deux ans qu’ils attendent des réponses. La famille et les soutiens d’Adama Traoré, ce jeune homme mort après une interpellation musclée le 19 juillet 2016 sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) dans des circonstances encore non élucidées, organisent une marche, samedi 21 juillet, pour réclamer « la vérité et la justice ». « Cela fait deux ans que la famille patiente. Il y a des limites. La justice doit être égale pour tous » résume l’un des membres du comité Adama, à l’origine de la manifestation, Youcef Brakni.

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                Deux ans après la mort d’Adama Traoré, l’enquête est toujours enlisée



Depuis la plainte déposée par la famille en 2016 pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non-assistance à personne en danger », l’enquête piétine. La famille, qui dénonce une bavure policière, s’impatiente. Dans une lettre ouverte intitulée « La mort de mon frère mérite des réponses » et publiée dans L’Obs, la sœur d’Adama Traoré, Assa Traoré, s’adresse directement à Emmanuel Macron et Nicole Belloubet, la ministre de la justice : « Pourquoi cette mort en France, en 2016, dans une gendarmerie ? Comment cela se peut-il ? », interroge-t-elle.
« Plusieurs milliers » de personnes attendues
L’année dernière, le rassemblement avait réuni environ 2 000 personnes, cette fois, M. Brakni en attend « plusieurs milliers ». L’organisateur a des raisons d’espérer : toutes les formations de gauche – PS mis à part – ont appelé à rejoindre le rassemblement, ce qui n’était pas le cas le 22 juillet 2017, pour le premier anniversaire de la mort d’Adama Traoré, 24 ans aux moments des faits.
Cette année, le groupe La France insoumise de l’Assemblée nationale a appelé collectivement à s’y rendre, quand ils n’étaient que quelques-uns l’année dernière. Jean-Luc Mélenchon n’y sera pas personnellement mais les députés Alexis Corbière, Danièle Obono, Eric Coquerel et Mathilde Panot seront présents. « J’ai mobilisé dans ma circonscription, les réunions étaient pleines !, raconte M. Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. On ne peut pas toujours parler des quartiers populaires sans aller les soutenir sur les sujets qui les concernent. »
Génération.s, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le Nouveau Parti anticapitaliste appellent à s’y rendre. Les chefs de file des deux premiers mouvements, Benoît Hamon et David Cormand, seront présents. Le Parti socialiste qui n’était au départ « pas au courant » de cette marche, selon son premier secrétaire, Olivier Faure, envoie finalement un représentant, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et « des militants mobilisés », selon l’entourage d’Olivier Faure.
« On ne veut pas du soutien » du PS
Ces appels à venir manifester sont « une bonne nouvelle » pour M. Brakni, qui dit avoir « bataillé pendant un an pour se faire entendre du mouvement social et de la gauche », notamment en participant aux manifestations de cheminots ou d’étudiants cette année, jusqu’à prendre – « apothéose » – la tête du cortège du 26 mai, la dernière manifestation en date. « Avant, ils ne voyaient pas. C’était timide et hésitant. On a dû s’imposer et on a été entendus », se satisfait le responsable du collectif Adama.
Seul le Parti socialiste n’appelle pas à se rendre à cette marche. « Nous apportons notre soutien à la famille et demandons que le rapport relatif aux conditions de décès soit remis le plus rapidement possible », indique Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise et membre de la direction de la rue de Solférino. « Le PS n’est pas de gauche, ils sont de centre droit. Adama est mort sous un gouvernement de gauche où Bernard Cazeneuve soutenait les forces de l’ordre. On ne veut pas de leur soutien », rejette M. Brakni.
Le cortège débutera à 14 heures de la gare de Persan-Beaumont, pour s’achever à Boyenval, le quartier où habitait Adama Traoré. La marche sera suivie de la projection d’un documentaire inédit, Pour Adama, chapitre 1, et d’un concert gratuit.



                            


                        

                        


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Benalla : la mécanique d’une affaire d’Etat

Editorial. Le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 14h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Alors qu’Emmanuel Macron avait fait de l’exemplarité l’un des piliers de son quinquennat, c’est un manquement grave sur ce terrain de l’éthique et de la responsabilité du pouvoir qui provoque la crise la plus aiguë à laquelle le président de la République ait été confronté depuis son élection. L’affaire Benalla est en train de se transformer en affaire d’Etat, fragilisant l’exécutif sur ce qui devait au contraire faire sa force : la promesse des pratiques d’un « nouveau monde ».
Tout commence par une vidéo et l’identification par Le Monde, le 18 juillet, d’Alexandre Benalla, l’un des chargés de mission de la présidence, coiffé d’un casque de police, qui s’en prend de façon violente à deux manifestants lors d’un rassemblement à l’occasion du 1er-Mai. Celui qui avait été autorisé à suivre l’intervention des forces de l’ordre « en observateur » s’est vu, aux dires de l’Elysée, infliger une sanction. En l’occurrence pour le moins légère, puisqu’elle a pris la forme d’une suspension temporaire de quinze jours. Cette décision, qui n’avait pas vocation à sortir de l’Elysée, a jeté de premières suspicions sur le fonctionnement du sommet de l’Etat.
Une décision trop tardive
Après des atermoiements coupables et une communication catastrophique, voyant que l’affaire prenait des proportions de plus en plus incontrôlables, le chef de l’Etat s’est enfin résolu, le 20 juillet, à faire ce qu’il aurait dû décider depuis le début, c’est-à-dire licencier ce collaborateur, dont le profil, les méthodes et les relations troubles auraient dû alerter depuis longtemps, comme l’ont montré nos différentes enquêtes.
Cette décision est trop tardive pour mettre fin à un scandale qui met en lumière les failles d’une pratique du pouvoir hypercentralisée. Emmanuel Macron avait fait sienne la verticalité comme gage d’efficacité pour réformer le pays. Aujourd’hui, pour l’avoir poussée jusqu’à la caricature, elle est en train de se retourner contre lui. Le président aime agir avec ses fidèles en mode commando. C’est ce système dans lequel la loyauté prime sur tout le reste qui a conduit le président à commettre une faute politique majeure.

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                Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat



Les conséquences sont graves, car cette affaire revêt toutes les caractéristiques d’une affaire d’Etat. Nous sommes en présence d’un pouvoir qui a, visiblement, choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, au mépris du respect de la loi et des règles. Elle révèle une série de dysfonctionnements au sein de l’Elysée qui ont eu des répercussions en cascade.
Ainsi du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ou des hauts fonctionnaires informés qui n’ont pas alerté la justice. Ainsi de la Préfecture de police de Paris dont trois des cadres ont déjà été sanctionnés dans ce dossier. C’est aussi une affaire d’Etat parce qu’elle affaiblit durablement le pouvoir et sa capacité à agir. Sans compter le trouble qui a saisi la majorité, tétanisée et déboussolée par l’attitude de l’Elysée.

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Dans ce moment important dans la vie démocratique, il faut toutefois se féliciter que les contre-pouvoirs aient fonctionné. La presse, d’abord, qui a révélé ce qui avait vocation à rester dissimulé au sein de l’Elysée. La justice, ensuite, qui a lancé une enquête et qui doit maintenant faire son travail. Le Parlement, enfin, qui a décidé de mettre en place une double commission d’enquête chargée d’établir la vérité.
Réticent à donner des explications, M. Macron avait, jeudi, balayé les questions gênantes par une réponse évasive : « La République est inaltérable. » Ce n’est pas le cas de l’image d’un président, qui semble n’avoir pas rompu avec les pratiques de l’« ancien monde ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le groupe majoritaire La République en marche a, en outre, accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».
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Affaire Benalla : Gérard Collomb auditionné publiquement lundi à 10 heures à l’Assemblée

Le groupe majoritaire La République en marche a, en outre, accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 15h11
   





                        


Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, sera auditionné lundi à 10 heures dans le cadre de l’« affaire Benalla » par la commission des lois de l’Assemblée nationale, dotée des pouvoirs d’enquête, a annoncé samedi 21 juillet sa présidente, Yaël Braun-Pivet (La République en marche, LRM).
La veille, le bureau de la commission des lois avait échoué à s’accorder sur un programme d’auditions, butant principalement sur la publicité des auditions à venir. Les députés de la majorité défendaient vendredi soir le huis clos général, sauf pour l’audition du ministre de l’intérieur. La confidentialité permettant, arguaient-ils, de s’assurer de la qualité des réponses des auditionnés.

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Le préfet de Paris également auditionné lundi

   


Les choses se sont débloquées samedi matin, lors de la nouvelle réunion pour achever de fixer le calendrier des auditions. Le groupe majoritaire LRM, par la voix de Marie Guevenoux, a accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de « sûreté de l’Etat ».
Dans un communiqué à la mi-journée, la commission des lois de l’Assemblée rappelle que « les auditions auxquelles elle procédera seront publiques, retransmises et ouvertes à la presse, sauf décision contraire ». L’audition de Michel Delpuech, préfet de police de Paris, lundi à 14 heures, fera suite à celle du ministre de l’intérieur.
Outre MM. Collomb et Delpuech, Yaël Braun-Pivet a proposé d’auditionner un certain nombre de responsables policiers ainsi que le directeur de cabinet du président de la République Patrick Strzoda et le responsable du Groupe de sécurité de la présidence de la République, le colonel Lionel Lavergne. « Dans un premier temps, je pense que cela peut satisfaire aux travaux de la commission », a-t-elle dit, ajoutant plus tard devant la presse qu’il ne lui semblait pas nécessaire « de charger la barque inutilement ».
L’opposition demande d’autres auditions
En revanche, pour Guillaume Larrivé (LR), « la liste est encore parcellaire » et il est « nécessaire » d’entendre Alexandre Benalla ainsi que Vincent Crase, employé de La République en marche qui était avec lui quand il a été filmé frappant des manifestants le 1er mai à Paris. Les deux hommes sont actuellement en garde à vue.
Le député LR de l’Yonne a également demandé l’audition de responsables de la majorité, dont Christophe Castaner. Parmi les responsables de l’Elysée, il voudrait celles du secrétaire général Alexis Kohler, et du porte-parole Bruno Roger-Petit. 
Stéphane Peu (PCF) de son côté a demandé l’audition de représentants des syndicats de policiers, les Insoumis insistant pour leur part pour entendre M. Benalla et si besoin Brigitte Macron.

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Gérard Collomb sera également auditionné mardi à 17 h 45 par les sénateurs, qui souhaitent eux aussi faire la lumière sur les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla, collaborateur d’Emmanuel Macron à l’Elysée, a participé aux opérations des forces de l’ordre le 1er mai à Paris. Les images de ce chargé de mission à la présidence de la République frappant un jeune homme et malmenant une jeune fille lors d’une manifestation, entouré de CRS et portant un casque de police, a déclenché une tempête politique et paralysé les travaux de l’Assemblée.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Trois fonctionnaires de la préfecture de police, qui ont été suspendus jeudi, ont également été placés en garde à vue samedi.
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La garde à vue d’Alexandre Benalla prolongée, son domicile perquisitionné

Trois fonctionnaires de la préfecture de police, qui ont été suspendus jeudi, ont également été placés en garde à vue samedi.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 19h34
   





                        


Le domicile d’Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné samedi 21 juillet, indique une source proche du dossier au Monde. La garde à vue de M. Benalla, qui a débutée vendredi, a par ailleurs été prolongée de 24 heures samedi, a annoncé le parquet de Paris. Tout comme celle de Vincent Crase, un employé de LREM et gendarme réserviste qui était présent avec Alexandre Benalla le 1er mai.
Les deux hommes sont soupçonnés de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » et « d’usurpation de fonctions ». M. Benalla est en outre visé pour des faits de « port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique » et de « complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».
Vendredi, l’Elysée annonçait avoir engagé la « procédure de licenciement » à l’encontre de son collaborateur, mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frapper un manifestant le 1er mai.
Le parquet de Paris a en outre cosaisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN).
Les trois policiers suspendus placés en garde à vue
Trois cadres de la préfecture de police de Paris ont également été placés en garde à vue samedi, a annoncé le parquet. La procédure porte sur des chefs de « détournement d’images d’un système de vidéo protection » ainsi que de « violation du secret professionnel », précise la même source.
Les trois personnes placées en garde à vue sont des fonctionnaires de la préfecture de police qui ont déjà été suspendus jeudi 19 juillet. Il s’agit du contrôleur général Laurent Simonin et du commissaire Maxence Creusat, deux membres de l’état-major de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture, ainsi que d’un commandant qui était chargé de faire la liaison entre la préfecture et l’Elysée.
Selon les informations du Monde, la suspension de ces trois fonctionnaires est liée à la transmission, mercredi 18 juillet dans la soirée, à Alexandre Benalla d’une vidéo des violences impliquant l’employé de l’Elysée le 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris.

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Jean-Luc Mélenchon : « Cette affaire est du niveau du Watergate »

Dans un entretien au « Monde », le chef de file de La France insoumise décrit une majorité « tetanisée » depuis l’affaire Benalla et demande à Emmanuel Macron « de s’exprimer et d’assumer ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h16
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, vendredi 20 juillet, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, est revenu sur la crise qui touche l’exécutif.
L’affaire Benalla s’envenime. Comment analysez-vous les derniers événements ?
Une crise politique est ouverte. L’Assemblée est paralysée. La hiérarchie de la police aussi, parce que trois mises à pied ont bousculé une règle aussi vieille que la haute fonction publique d’Etat : les fonctionnaires servent et obéissent, mais c’est le politique qui endosse les responsabilités.

Qui est responsable, selon vous ?
Emmanuel Macron évidemment. Il n’a jamais connu ni géré de crise politique de sa vie, ni en tant que maire, ni en tant que parlementaire, ni en tant que ministre. Il a réagi comme si l’Etat était une entreprise : il met à pied trois chefs de rayons et pense que tout est réglé. Il se trompe. Cette crise va durer.
Pourquoi ne demandez-vous pas la démission du ministre de l’intérieur ?
Nous n’avons pas à offrir le nom du fusible à M. Macron. Le ministre de l’intérieur est déjà disqualifié. Il a menti et beaucoup ! Plus aucun policier ne peut croire en sa parole. Bien sûr qu’il va démissionner et il ne sera pas le seul.
Que demandez-vous à Emmanuel Macron ?
Je lui demande de s’exprimer et d’assumer en respectant le Parlement. Il pourrait envoyer devant l’Assemblée le ministre de l’intérieur ou le premier ministre au lieu de le leur interdire. Le Parlement ne peut pas interpeller le chef de l’Etat, alors il nous reste la motion de censure.
Le débat sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée est complètement bloqué. Que répondez-vous à la majorité qui dénonce l’obstruction ?
Le comportement de la majorité est celui d’un avion sans pilote. On dirait que personne ne veut porter le chapeau. Ils sont tétanisés. Ironie de la situation : l’assemblée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.
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Affaire Benalla : l’exécutif mutique, la majorité paralysée

L’Elysée et les ministères minimisent la crise alors que les travaux de l’Assemblée sont perturbés.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 12h51
    |

            Virginie Malingre et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Deuxième jour de crise. Vendredi 20 juillet au matin, sur le perron de l’Elysée, Stéphane Travert sort tout juste d’une réunion avec le président et les syndicats agricoles. Le ministre de l’agriculture s’avance vers les journalistes qui l’interrogent forcément sur le dernier épisode de l’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur d’Emmanuel Macron qui a molesté un jeune homme et une jeune femme à l’issue des manifestations du 1er-Mai.
« De nouvelles preuves ont établi le fait que ce licenciement était justifié », commente-t-il. Le ministre de l’agriculture est le premier membre de l’exécutif à expliquer la procédure de licenciement de cet homme de 26 ans par qui le scandale est arrivé. Une scène symptomatique de l’ambiance au sommet de l’Etat où les silences de M. Macron laissent ses troupes désemparées face à la pression médiatique et politique.

En se séparant de ce personnage encombrant de la Macronie, l’exécutif estime avoir éradiqué le mal. A l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, on s’en dit persuadé : l’affaire Benalla, est circonscrite et chacun peut désormais retourner à ses occupations. Vendredi, Emmanuel Macron déjeune avec Ilham Aliev, son homologue azerbaïdjanais. Puis, le président rencontre le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, comme le stipule son agenda. Et il ira passer son week-end à La Lanterne avec son épouse, fidèle à ses habitudes, insiste son entourage. Une fin de semaine comme les autres…
Edouard Philippe non plus n’a rien changé à son programme. Il assiste donc au Tour de France, ce vendredi après midi. « C’est un rêve d’enfant… Ces types sont incroyables, ce sont des héros, des forçats de la route. C’est incroyable d’être ici », s’enthousiasme le premier ministre au micro de la moto de France Télévisions qui suit sa voiture. Puis, le chef du gouvernement passe dans un tunnel et la conversation est coupée. « Il n’y a pas de crise », affirme l’un de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.
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Une filiale du groupe Elior condamnée pour discrimination

Les prud’hommes de Paris ont annulé, le 5 juillet, le licenciement d’une salariée d’EFMC atteinte de surdité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Sur son site Internet, le groupe Elior, spécialisé dans le service aux entreprises, affiche avec assurance : « Nous ne tolérons aucune sorte de discrimination. » Toutefois, l’une de ses filiales semble ne pas avoir été à la hauteur de cet engagement, si l’on en croit une décision récente du conseil de prud’hommes de Paris.
La société Elior First Maintenance Company (EFMC) a en effet été condamnée, le 5 juillet, pour avoir licencié une de ses salariées en situation de handicap. Elle doit du même coup réintégrer la victime, si celle-ci en formule la demande, et lui verser d’importants dommages et intérêts (un peu plus de 60 000 euros).
Kahina Mebrouki a été embauchée fin 2013, à l’âge de 25 ans, par EFMC en qualité d’hôtesse d’accueil. Atteinte de surdité, ce qui lui vaut d’avoir un taux d’invalidité supérieur à 80 %, elle a été affectée au Musée Branly, à Paris. Sa mission : orienter les visiteurs, tenir le vestiaire et aiguiller les appels téléphoniques.
Peu après avoir été recrutée, elle a réclamé des outils de travail adaptés à son handicap – en particulier un appareil téléphonique pour malentendants. Cette requête est demeurée sans effet, bien qu’elle ait été acceptée, sur le principe, par l’employeur.
Au bout de quelques mois, l’état de santé de Mme Mebrouki s’est dégradé. Il a été mis en avant qu’elle n’avait pas obtenu l’équipement souhaité et qu’elle utilisait régulièrement un talkie-walkie. Des explications contestées par EFMC. Arrêts de travail, placement en mi-temps thérapeutique… De fil en aiguille, elle a été affectée uniquement au vestiaire, en sous-sol, ce qu’elle a très mal vécu. Dans l’incapacité de travailler de façon autonome, elle a fréquemment sollicité l’aide de ses collègues, suscitant parfois de l’agacement et s’attirant même des remarques vexatoires.
« Un jugement très dur »
Finalement, en avril 2015, la médecine du travail l’a déclarée « inapte définitivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Livre. La journaliste Dominique Simmonot s’est liée d’amitié avec Amadora, 12 ans, et raconte à travers elle le parcours du combattant de sa famille tzigane en France.
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Etre Rom en France

Livre. La journaliste Dominique Simmonot s’est liée d’amitié avec Amadora, 12 ans, et raconte à travers elle le parcours du combattant de sa famille tzigane en France.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 09h40
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

« C’est très dur et très honteux. » Romina n’est pas née rom, mais un jour, en Roumanie, le beau Craï a débarqué, et elle a tout quitté pour lui, traversant l’Europe, Rom parmi les Roms, errante et ballottée d’un lieu de relégation à un autre, jusqu’à cette gare de Seine-Saint-Denis où, peu après leur arrivée en France, elle s’est mise à faire la manche – le « sivouplé », comme elle le dit, rageuse et ironique, quand elle raconte ce souvenir cuisant à Dominique Simonnot. « On est jeunes, capables de travailler et on fait la manche », proteste-t-elle rétrospectivement.
Elle n’a jamais recommencé. Aujourd’hui, elle travaille – des ménages, de l’entretien d’espaces verts… –, pour la grande fierté de sa fille, Amadora, 12 ans, qui, quand elle a appris la nouvelle, a fait des bonds de joie en criant : « Ma maman a un travail ! Ma maman travaille ! » Il faut dire qu’Amadora partage avec sa mère une volonté inflexible d’avancer, de ne pas se plaindre, de trouver sa place. C’est d’elle que, conquise par sa drôlerie et sa verve, Dominique Simonnot, journaliste au Canard enchaîné, fait le centre de son enquête sur la vie d’une famille de Roms en France.
Une amitié, et un pacte
Elle la rencontre un jour de 2015, un peu par hasard, dans la banlieue parisienne, au bout d’« une allée défoncée, où une quinzaine de baraques, construites de bric et de broc, égayaient les herbes folles ». Une amitié se noue entre la journaliste, la petite Rom et toute la famille : les parents, les trois enfants, plus les cousins qu’on fait venir de Roumanie, parce que, quand même, on s’en sort, on ne fait plus la manche, ni les poubelles, on vit avec rien, mais on vit et tout le monde doit profiter de ce miracle.
Une amitié, et un pacte. La journaliste fera ce qu’elle pourra pour les aider, notamment face à l’absurdité de l’administration française, qui les laisse perplexes – en tant que parents de jeunes enfants, Romina...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police, reconnaît les responsabilités de la police, mais souligne toutefois celles de l’exécutif.
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Affaire Benalla : « Ce ne sont pas des barbouzes qui doivent assurer la sécurité de l’Elysée »

Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police, reconnaît les responsabilités de la police, mais souligne toutefois celles de l’exécutif.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h18
    |

            Julia Pascual








                        


Jean-Paul Megret est secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP). Il considère que les responsabilités de la police dans l’affaire Benalla ne doivent pas occulter celles de l’Elysée.

        Nos révélations :
         

          « Le Monde » identifie, sur une vidéo, un collaborateur de Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris



Depuis la révélation de l’affaire Benalla, trois cadres de la préfecture de police ont été suspendus à titre conservatoire. Quel est votre sentiment face à cela ?
Jean-Paul Megret : Nous avons le sentiment que d’une affaire Benalla, on est en train de faire une affaire de police. Comme si l’on cherchait des boucs émissaires. C’est M. Benalla qui s’amuse à agresser des gens sous la protection d’un casque et d’un brassard de police qu’il n’a pas lieu d’avoir et nous en serions responsables ? On nous l’a mis dans les pattes, on nous a demandé de le prendre dans des manifestations. Dans une structure hiérarchisée comme la police, compte tenu de son titre d’adjoint au chef de cabinet de l’Elysée, tout le monde a cru qu’il devait lui obéir. Or, ce n’est pas un professionnel. C’est un amateur qui s’amuse à faire la police et, pour lui, la police, c’est vraisemblablement des gens qui tapent sur d’autres gens. Ce n’est pas ça la police. Il a ruiné notre image et c’est assez insupportable.
Des cadres de la préfecture de police auraient transmis des images de vidéosurveillance à M. Benalla. Ne doivent-ils pas aussi assumer leurs responsabilités ?
Des policiers ont certainement commis des fautes et, en tout cas, l’enquête le dira. Je remarque néanmoins qu’ils étaient suspendus alors que M. Benalla n’était toujours pas licencié. Leur plus grande faute a été d’obéir aveuglément à quelqu’un qu’ils ont pris pour un représentant de l’Elysée. Ils l’ont perçu, à tort, comme une autorité légitime. Il ne faudrait pas que l’on se focalise sur ces trois policiers en oubliant que le cœur du sujet, c’est qu’un individu déguisé en policier s’est amusé à agresser des manifestants. Des responsabilités doivent être assumées. Mais nous ne sommes pas en tête de liste.

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          trois responsables policiers ont été suspendus



A qui faites-vous allusion ? 
L’Elysée a allumé un contre-feu pour essayer d’atténuer sa responsabilité d’avoir embauché cet homme et de l’avoir envoyé gérer des manifestations. Mais c’est bien l’Elysée qui emploie M. Benalla. Or, normalement, ce sont des professionnels qui assurent les prestations de sécurité à l’Elysée, qui font l’objet de sélections et de formations particulières, ce ne sont pas des barbouzes. On a le sentiment que le plus haut niveau de l’Etat considère avec méfiance les policiers et les gendarmes et n’a confiance qu’en des gens du premier cercle à qui il préfère accorder un port d’arme et une voiture équipée comme une voiture de police.
Il y a quelques mois, on nous a prévenus que le GSPR [le groupe de sécurité du président de la République] allait quitter le giron de la police nationale pour devenir une entité à part, sous l’autorité unique de l’Elysée, et qui pourrait recruter en dehors de la police et de la gendarmerie. Cette logique est dangereuse. Et on l’a vu. On est peut-être les représentants de l’ancien monde mais on pense que pour faire de la sécurité, il faut rester dans un cadre.
Comment M. Benalla était-il connu dans la maison police ? 
Il était connu depuis la campagne électorale. A de multiples reprises, lors de services d’ordre ou de voyages officiels, il a créé des incidents, en exigeant que tout le monde se mette à son service. Plusieurs fois, on est passé tout près d’affrontements physiques avec des fonctionnaires. Il considérait qu’il avait portes ouvertes partout.
Pensez-vous que certains ont été séduits ou impressionnés par sa personne, au point de lui accorder des passe-droits ?
Ce n’est pas lui qui a obtenu ces passe-droits, c’est l’Elysée. Et quand l’Elysée demande, on exécute. Ce qui a pu impressionner ou séduire, c’est son positionnement hiérarchique, sa qualité d’adjoint au chef de cabinet du président de la République. C’est ça qui fait toute la différence. Tout s’est joué sur l’apparence. Et c’est là où j’en veux à ceux qui ont permis de créer cette apparence.
Quel a été le rôle du ministère de l’intérieur et de l’Elysée dans la gestion de cette affaire ?
Dans l’institution policière, nous connaissons tous l’article 40 [du code de procédure pénale, qui prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République »]. En l’espèce, des gens ont considéré que quinze jours de mise à pied suffisaient. Si on compare cette sanction à la suspension et la décision de non-titularisation du policier stagiaire qui a commis des violences au dépôt contre un détenu [les faits ont été révélés par une vidéo mise en ligne le 12 juillet], on a le sentiment qu’il y a deux poids, deux mesures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Faute d’avoir saisi la justice et licencié le protégé d’Emmanuel Macron dès les faits de violence connus, le pouvoir politique a fait d’un simple fait divers une véritable affaire d’Etat. Récit
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Pourquoi l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat

Faute d’avoir saisi la justice et licencié le protégé d’Emmanuel Macron dès les faits de violence connus, le pouvoir politique a fait d’un simple fait divers une véritable affaire d’Etat. Récit



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h15
    |

            Franck Johannès








                        



                                


                            

Crise inédite depuis le début du quinquennat. En quelques jours, les violences d’un homme qui passait pour un policier lors des manifestations du 1er-Mai, dès lors qu’il a été identifié comme un chargé de mission à la présidence de la République, ont provoqué une onde de choc dont l’Elysée n’a pas réellement mesuré l’importance. Faute d’avoir, dès les faits connus, saisi la justice et licencié Alexandre Benalla, un protégé d’Emmanuel Macron, âgé de 26 ans, le pouvoir politique se retrouve à gérer un simple fait divers devenu affaire d’Etat.
er-Mai
L’affaire commence sur une jolie place pavée du 5e arrondissement, à Paris, où se sont donné rendez-vous quelques-uns des manifestants du 1er-Mai pour « un apéro militant ». Ils sont une petite centaine de jeunes gens, assis par terre à boire des bières, quand arrivent les premiers rangs de CRS. La situation dégénère rapidement. Au milieu d’un groupe de policiers qui écartent les passants avec des gaz lacrymogènes, un homme trapu, coiffé d’un casque de police, attrape devant la boulangerie une jeune femme qu’il emmène manu militari de l’autre côté de la place. Il tente de la faire tomber, avant qu’elle ne s’asseye d’elle-même.
Pendant ce temps, un groupe de CRS traîne au milieu de la place un jeune homme qui se débat. Un homme chauve, lunettes sur le front, et l’arme bien visible à la ceinture, leur donne un coup de main. De son côté, l’homme au casque, qui a abandonné la jeune fille, arrive en courant, étrangle du bras le jeune homme et le frappe à plusieurs reprises. Les CRS s’écartent prudemment, l’homme casqué réalise alors qu’il est filmé par des portables et s’éloigne rapidement.
Le blessé, plié en deux, clopine jusqu’à sa camarade. Le couple, dont on ne connaît toujours pas à ce jour l’identité, disparaît de l’image. Un militant de La France insoumise, Taha Bouhafs, qui a filmé l’essentiel de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le bureau de la commission des lois, dotée de pouvoirs d’enquête dans ce dossier, a échoué à se mettre d’accord vendredi soir sur un programme d’auditions
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La mise sur pied de la commission d’enquête Benalla à l’Assemblée tourne au fiasco

Le bureau de la commission des lois, dotée de pouvoirs d’enquête dans ce dossier, a échoué à se mettre d’accord vendredi soir sur un programme d’auditions



Le Monde
 |    21.07.2018 à 04h26
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 09h32
    |

            Manon Rescan








                        



   


Ni accord ni sérénité. Jeudi 19 juillet au soir à l’Assemblée nationale, l’ouverture d’une commission d’enquête après les révélations du Monde sur l’affaire Benalla avait été approuvée par tous. Les premiers pas de cette commission ont pourtant viré au fiasco. A 20 heures, vendredi soir, le bureau de la commission des lois se réunissait pour définir les modalités des futurs travaux. Un peu plus d’une heure plus tard, ses membres se quittaient sans le moindre accord. La présidente (La République en marche, LRM) de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, avait promis qu’elle veillerait au « consensus » dans le déroulement des travaux. Vendredi soir, celui-ci semblait impossible.
Deux points d’achoppement sont apparus. D’une part, le calendrier. La droite souhaitait que le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, soit auditionné dès samedi matin. Les députés LRM préféraient la date de lundi. Mais le principal point de crispation a résidé dans la publicité des auditions à venir.
Pour Guillaume Larrivé, député Les Républicains (LR) et corapporteur de la mission d’information, il n’était pas question que celles-ci aient lieu à huis clos, sauf demande particulière de la personne auditionnée. « Ces auditions doivent avoir un caractère public », a défendu le député de l’Yonne plus tard dans l’Hémicycle, évoquant « une exigence démocratique et de transparence ». Les députés de la majorité défendaient, eux, le huis clos général, sauf pour l’audition du ministre de l’intérieur. La confidentialité permettant, arguent-ils, de s’assurer de la qualité des réponses des auditionnés.
« Vous avez envie de bloquer, assumez-le »
Les discussions ont tourné court après que des élus de la majorité ont découvert que le contenu de leurs échanges venait de fuiter, diffusés sur Twitter par un journaliste de La Chaîne parlementaire. « La confidentialité de nos échanges n’a pas été respectée », s’est indignée Mme Braun-Pivet, la majorité accusant en creux l’opposition d’être à l’origine de la fuite.

   


Une nouvelle réunion devait se tenir samedi à 9 h 30 pour achever de fixer le calendrier des auditions, mais l’ambiance est restée considérablement tendue vendredi soir. Le socialiste David Habib a accusé la majorité « de se raidir à l’idée d’auditionner des personnalités proches du président de la République ». « La majorité crée les conditions pour faire avorter [la commission d’enquête] ! », accusait pour sa part le communiste Stéphane Peu. « Vous avez envie de bloquer, assumez-le », leur a rétorqué Marc Fesneau, président du groupe MoDem.
Gilles Le Gendre, porte-parole des députés LREM, s’est demandé samedi sur France Inter si les « oppositions veulent bloquer ou non les institutions ». L’élu de Paris a dénoncé une « tentative de nos oppostions depuis quarante-huit heures d’instrumentaliser cette affaire ». Et il affirme que « rien ne sera étouffé dans cette affaire ».
Au Sénat, où une commission d’enquête va également être mise sur pied, les choses ont été plus fluides, vendredi. Philippe Bas (LR), qui préside la commission des lois au Palais du Luxembourg, a annoncé que Gérard Collomb y sera auditionné mardi à 17 h 45. Quand les députés ont indiqué qu’ils travailleraient dans un délai d’un mois, les sénateurs s’en donnent, eux, six.
Ils entendront à partir de mardi après-midi « le préfet de police de Paris, le directeur général de la police nationale, le chef du service de la protection, les représentants des organisations professionnelles de policiers, le Défenseur des droits et toute personne susceptible d’apporter des informations utiles », avait détaillé la commission des lois dans un communiqué. Le tout étant prévu à huis clos, condition posée par la droite sénatoriale que leurs collègues du même parti rejettent pour leur part à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La remise d’un nouveau rapport d’expertise médicale, censé éclaircir les causes de la mort du jeune homme, a été reportée à la fin de septembre. Au grand dam de sa famille.
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Deux ans après la mort d’Adama Traoré, l’enquête est toujours enlisée

La remise d’un nouveau rapport d’expertise médicale, censé éclaircir les causes de la mort du jeune homme, a été reportée à la fin de septembre. Au grand dam de sa famille.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 19h41
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 06h43
    |

            Louise Couvelaire








                        



   


Cela fait deux ans quasi jour pour jour qu’elle sillonne la France et ses quartiers populaires pour que personne n’oublie. Deux ans qu’Assa Traoré, 32 ans, raconte sans relâche l’histoire de son petit frère, Adama, 24 ans, mort par asphyxie le 19 juillet 2016 dans les locaux de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) après une interpellation musclée. Deux ans qu’elle et sa famille dénoncent une « bavure » et se battent pour obtenir « vérité et justice pour Adama ».
Les conclusions d’un nouveau rapport d’expertise médicale censé faire la lumière sur les causes de la mort du jeune homme devaient être rendues à la mi-juillet. Mais leur remise a été reportée au 30 septembre. « C’est inadmissible, fulmine Assa Traoré, qui vient d’écrire une lettre à Emmanuel Macron et à la ministre de la justice, Nicole Belloubet. Nous avons été patients, nous avons joué le jeu de la justice, nous n’avons jamais cessé d’appeler au calme, mais ils jouent avec le temps. Nous perdons confiance : nous ne sommes pas hors la France, nous aussi nous avons droit à la justice. » 
A ses yeux, l’enquête ouverte pour « recherche des causes de la mort », « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non-assistance à personne en péril » n’avance pas. « Rallonger tous les actes pour pourrir la procédure est un processus classique quand on veut étouffer une affaire : c’est le cas ici », affirme Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille Traoré. 

        Les conversations entre les secours :
         

          « Ça a merdé du début à la fin »



« Peaufiner leur version »
C’est la quatrième expertise qui a été ordonnée dans ce dossier. Les trois premières ont conclu à une mort par asphyxie, mais ne s’accordent pas sur son origine : soit la mort est due à la compression de la cage thoracique lors du plaquage ventral par les trois gendarmes – une technique dangereuse mais autorisée –, soit elle est due à une ou plusieurs fragilités antérieures du jeune homme, notamment une anomalie cardiaque et une maladie inflammatoire.

        Récit de la contre-expertise du 22 juin 2017
         

          confirmant la mort par asphyxie d’Adama Traoré



Ce qui, par ailleurs, n’exclut pas la responsabilité des trois gendarmes, auxquels la famille Traoré reproche également ne pas avoir porté secours à Adama après son malaise dans leur véhicule et de l’avoir laissé mourir sans réagir. Face à leurs collègues, ceux-là ont affirmé qu’ils avaient mis Adama Traoré en position latérale de sécurité. Mais ce récit a été mis à mal par un sapeur-pompier qui a rapporté qu’à son arrivée sur les lieux, le jeune homme se trouvait « face contre terre, sur le ventre, mains dans le dos menottées ».
Deux ans après les faits, les trois gendarmes qui ont procédé à l’interpellation d’Adama Traoré ce jour-là n’ont toujours pas été entendus par les juges d’instruction. « Cela leur laisse tout le temps d’être imprécis, mais aussi de se concerter pour peaufiner leur version et de l’affiner en fonction des différentes expertises », poursuit l’avocat.
« Mettre fin à ce système d’oppression »
« Alors que la justice a été très rapide pour mettre en prison quatre de mes frères pour des actes d’outrage et de rébellions lors de manifestations réclamant justice pour Adama, les trois gendarmes, eux, n’ont jamais été suspendus, ils ont simplement été mutés », s’emporte Assa Traoré. La famille réclame également une reconstitution des faits, que les juges refusent d’envisager avant d’obtenir les résultats de la quatrième expertise.
Jeudi, au lendemain des révélations du Monde sur Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron identifié en train de frapper un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai, elle s’indignait déjà de la différence de traitement entre M. Benalla et ses frères : « Ce monsieur de l’Elysée se déguise en policier pour aller tabasser la population et on règle son cas par une suspension de quinze jours [il a depuis été placé en garde à vue et est visé par une procédure de licenciement] ! Cet homme est un délinquant, mais le pouvoir le couvre, comme il couvre les gendarmes qui ont tué mon frère. Pour eux, il ne se passe rien… »
« La justice est en train de leur démontrer que jouer le jeu judiciaire, dans ces cas-là, ne sert à rien », affirme Me Bouzrou. La mort d’Adama Traoré avait entraîné cinq nuits d’émeutes à Beaumont-sur-Oise, la ville d’origine de la famille, et dans les environs. Samedi 21 juillet, le comité Vérité et justice pour Adama organise un rassemblement dans la ville de Beaumont-sur-Oise « pour mettre fin à ce système d’oppression ».



                            


                        

                        


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Jean-Pierre Mignard : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla »

Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron, considère que, dans cette affaire Benalla, « la coopération loyale de la présidence de la République sera un marqueur important ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 17h57
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Proche du président Emmanuel Macron, l’avocat Jean-Pierre Mignard revient sur l’affaire Benalla, collaborateur du chef de l’Etat placé en garde à vue, le vendredi 20 juillet, quarante-huit heures après les révélations du Monde. La présidence de la République a annoncé le même jour avoir engagé « la procédure de licenciement » d’Alexandre Benalla, pour des « faits nouveaux » concernant ce collaborateur mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frappant un homme à terre le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.
Quelle a été votre réaction après l’ouverture par le parquet d’une enquête pour violences et usurpation de fonctions visant un chargé de mission à l’Elysée, Alexandre Benalla, proche du président Macron ?
Jean-Pierre Mignard : Pour moi, en tant qu’avocat qui a connu depuis longtemps un grand nombre d’affaires publiques, sous la Ve République, c’est la manifestation de ce que la justice est décidément devenue indépendante. Et étrangement j’en ai tiré une profonde satisfaction. Ce que j’avais constaté du temps de Lionel Jospin puis de François Hollande et enfin avec Emmanuel Macron, c’est que l’exécutif sous la Ve République ne pervertit plus, enfin, l’action de la justice.

Mais pourquoi ni la police ni l’Elysée n’ont saisi le parquet au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale, alors que l’affaire remonte au 1er mai ?
Ils auraient évidemment dû ! Ils ont vraisemblablement placé la sanction (une mise à pied de quinze jours) sur le plan administratif et sous-estimé la faute… En réalité, je pense que l’on constate là, comme dans tous les pouvoirs, dans tous les corps constitués, dans toutes les organisations professionnelles, une réaction identique : celle de protéger les siens au risque de se faire beaucoup de mal.

Pour être complet, c’est une attitude qui est...




                        

                        


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Alexandre Benalla, l’affaire qui rompt l’espoir d’exemplarité démocratique

Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h30
   





                        


Le 18 juillet dernier, Le Monde révélait la faiblesse des sanctions contre le chargé de mission à la présidence, Alexandre Benalla, proche du chef de l’Etat, après la diffusion de vidéos le montrant entrain de frapper un manifestant le 1er mai. Ce 20 juillet dernier, l’ex agent de sécurité et conseiller de l’Elysée a été placé en garde à vue pour « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservées à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéo surveillance », en plus de l’annonce de son licenciement par la présidence de l’Elysée.
Pour Dominique Rousseau, la transgression du principe d’exemplarité et d’impartialité par le gouvernement conduit à l’effondrement de la démocratie, et montre la nécessité d’une refonte institutionnelle. Tandis que pour Paul Cassia, cette affaire montre une « transparence de façade » du président, alors que « la République paraît d’autant plus fragile aujourd’hui que ses valeurs dépendent comme jamais de l’exemplarité d’un seul homme ».



                            


                        

                        

