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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Ce cuisinier originaire de Haute-Savoie avait été arrêté en décembre 1999, avant d’être condamné, avant d’être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
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Le Français Michaël Blanc a quitté l’Indonésie après avoir purgé une longue peine

Ce cuisinier originaire de Haute-Savoie avait été arrêté en décembre 1999, avant d’être condamné, avant d’être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 16h46
   





                        



   


Pour Michaël Blanc, c’est la fin d’un combat acharné, long de près de 19 ans. Le Français, qui a purgé une longue peine de prison en Indonésie pour trafic de drogue après son arrestation en 1999, a quitté ce pays d’Asie du Sud-Est samedi pour retourner en France.
Après s’être rendu aux services de l’immigration à Jakarta, M. Blanc et sa mère, Hélène Le Touzey, sont arrivés à l’aéroport escortés par trois agents de l’immigration, avant de s’enregistrer sur un vol de Turkish Airlines à destination d’Istanbul. L’avion de Turkish Airlines dans lequel a embarqué le Français, âgé aujourd’hui de 45 ans, s’est envolé de Jakarta à 21 heures (16 heures à Paris). Les deux Français feront une escale à Istanbul et sont attendus en France dimanche.
Ce cuisinier originaire de Haute-Savoie avait été arrêté en décembre 1999, à l’âge de 26 ans, à l’aéroport international de l’île touristique de Bali avec 3,8 kilos de haschisch dans des bouteilles de plongée. Il avait affirmé qu’un ami les lui avait confiées pour les transporter.
Grâce présidentielle
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, Michaël Blanc a bénéficié d’une grâce présidentielle partielle en 2009 et vu sa peine commuée en 20 ans de prison. Après avoir obtenu une libération conditionnelle, il est sorti de prison en 2014 mais sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Indonésie, une restriction qui s’achève samedi.
La lourdeur de la condamnation du Français dans un pays parmi les plus répressifs du monde contre le trafic de drogue avait été vivement critiquée en France. La médiatisation de sa situation a déclenché une importante mobilisation dans le pays, avec des pétitions signées par des personnalités et de nombreux anonymes.

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Mais c’est à sa mère, qui a tout abandonné — emploi, famille, pays — dès l’an 2000 pour venir à son secours, que Michaël Blanc doit son salut. Hélène Le Touzey s’est beaucoup impliquée, d’abord pour lui obtenir une réduction de peine, et ensuite pour le faire libérer.
« Si je n’avais pas été là, il ne serait plus là. Un moment, il m’avait demandé de partir pour pouvoir en finir avec la vie. Il me disait que je n’arriverai jamais à avoir sa libération », avait confié sa mère à la sortie de prison de son fils, en 2014.
Comité de soutien
Dès le début de l’affaire, l’animateur de télévision français Thierry Ardisson avait pris la défense du détenu pendant ses émissions, allant jusqu’à organiser un « Michaëlthon » — vente aux enchères d’objets de célébrités — pour financer son comité de soutien.
Impatient de rencontrer M. Blanc dès son retour en France, M. Ardisson a déclaré qu’il s’agissait d’un « héros moderne à la “Midnight Express” », une référence au film d’Alan Parker sur un Américain détenu en Turquie pour trafic de drogue. L’animateur a dit qu’il allait inviter M. Blanc dans son émission, qui reprendra en septembre sur la chaîne C8.
La famille du Français se réjouit de le voir revenir enfin au pays : « Nous sommes extrêmement heureux de le savoir aujourd’hui libre de tout contrôle judiciaire, nous l’attendons avec beaucoup d’émotions », a déclaré Alfredo Descalzi, oncle de Michaël Blanc et secrétaire de son association de soutien, à la chaîne CNews.
« Ça fait un mois qu’il est en France dans son esprit. Il souhaitait avec beaucoup de force rentrer dans son pays. »

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Alors que c’est la fin du calvaire pour M. Blanc, deux autres Français purgent de longues peines pour trafic de drogue en Indonésie : Gérard Debetz, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2011, et Serge Atlaoui qui s’est vu infliger la peine de mort en 2007.
Et des dizaines d’autres condamnés à la peine capitale pour trafic de drogue, parmi lesquels de nombreux étrangers, sont dans le couloir de la mort. Il n’y a eu toutefois aucune exécution depuis deux ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le Parti populaire a désigné samedi 21 juillet son nouveau dirigeant, qui aura pour mission de relancer son mouvement, marqué par la chute du gouvernement Rajoy.
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Pablo Casado succède à Mariano Rajoy à la tête de la droite espagnole

Le Parti populaire a désigné samedi 21 juillet son nouveau dirigeant, qui aura pour mission de relancer son mouvement, marqué par la chute du gouvernement Rajoy.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 15h35
   





                        


Le Parti populaire, principale formation de la droite traditionnelle espagnole, tourne la page des années Rajoy. Le député de 37 ans Pablo Casado a été largement placé en tête samedi 21 juillet par les grands électeurs du parti, avec 1 701 voix contre 1 250 contre sa rivale Soraya Saenz de Santamaria.
Cette dernière, qui représentait la continuité, avait pourtant recueilli le 5 juillet le plus de voix parmi les militants, lors de primaires inédites au sein du parti mais Casado aura bénéficié de l’appui décisif de l’ancienne ministre de la Défense et numéro deux du parti, María Dolores de Cospedal, arrivée troisième le 5 juillet.
La désignation de Pablo Casado intervient un peu moins de deux mois après la chute brutale du gouvernement Rajoy, écarté du pouvoir au début de juin par une motion de censure, sur fond de sa condamnation de son parti dans une vaste affaire de corruption. La désignation de cette figure montante du Parti populaire (PP) marque un virage à droite et un changement générationnel pour la formation conservatrice, qui reste le premier parti au Parlement espagnol.
« Une nouvelle étape commence aujourd’hui (samedi) » pour le PP qui va « tenter de reconquérir le coeur de tous les Espagnols après les semaines si difficiles que nous avons dû vivre », a déclaré Casado, ovationné par les membres de sa formation. « Le Parti populaire est de retour » et « nous sommes disposés à gouverner une nouvelle fois cette société », a-t-il ajouté.
Les élections législatives de 2020 en ligne de mire
Maintenant qu’il est à la tête du PP, Casado pourrait se voir rattrapé par la polémique sur son CV. Il y a quelques mois, en plein scandale sur le master de la présidente PP de la région de Madrid Cristina Cifuentes, il avait dû reconnaître qu’il avait obtenu un master dans la même université que cette dernière, alors que 18 matières sur 22 lui avaient été validées d’office parce qu’il était déjà licencié en droit et qu’on l’avait dispensé de cours.
Le nouveau chef de file de la droite espagnole aura également la lourde tâche de mener son parti lors des prochaines législatives, prévues au plus tard à la mi-2020, face au socialiste Pedro Sanchez qui s’est hissé au pouvoir dans la foulée de l’éviction de Mariano Rajoy, avec le soutien du parti de gauche radicale Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques.
Le PP devra également se mettre rapidement en ordre de bataille : des scrutins municipaux, régionaux et européens l’attendent dès mai 2019.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’archipel nippon subit une vague de chaleur inédite ; 10 000 personnes ont été hospitalisées et 30 ont déjà succombé aux fortes températures.
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La chaleur, drame du quotidien au Japon et enjeu des JO de Tokyo

L’archipel nippon subit une vague de chaleur inédite ; 10 000 personnes ont été hospitalisées et 30 ont déjà succombé aux fortes températures.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 13h23
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Il fait terriblement chaud au Japon. L’archipel s’est réveillé samedi 21 juillet sur la promesse d’une nouvelle journée de températures record, avec plus de 38 °C attendus dans plusieurs régions, notamment à Kyoto (Ouest) qui n’a jamais connu pareille touffeur depuis le début des statistiques météorologiques en 1880. La présence de deux systèmes de hautes pressions couvrant la quasi-totalité de l’archipel fait de ce mois de juillet l’un des plus torrides de l’histoire : à 35 °C en moyenne depuis le 9 juillet, les températures dépassent les normales de 10 °C. La vague de chaleur, qualifiée par l’agence de météorologie de « grand danger pour la santé », pourrait durer jusqu’à la fin du mois. 
Plus de 10 000 personnes ont déjà été hospitalisées et 30 ont déjà succombé. Le ministère de l’éducation rappelle que les coups de chaleur peuvent survenir même quand la température oscille entre 25 et 30 °C. Le risque dépend du taux d’humidité, qui exacerbe la chaleur ressentie. D’après le site spécialisé Accuweather, la température devait atteindre 34 °C à Tokyo samedi avec un ressenti à 40 °C. Le taux d’humidité devrait s’établir autour de 65 %.
Les autorités répètent à l’envi l’importance d’utiliser les climatiseurs et de s’hydrater, ainsi que d’éviter de sortir et de pratiquer des activités en extérieur. Les écoles doivent prendre des mesures pour protéger les enfants. Un écolier de 6 ans du département d’Aichi (Centre) est mort le 17 juillet après avoir participé à des activités en plein air. Huit autres, scolarisés à Shimonoseki dans l’ouest du pays, ont dû recevoir des soins le 18 à cause d’insolations.
Inquiétude pour les JO de 2020
La situation est particulièrement pénible pour les 4 400 personnes évacuées, fatiguées et stressées, à la suite des inondations et glissements de terrain qui ont fait 218 morts et 12 disparus au début de juillet dans l’ouest du pays. L’intense chaleur perturbe même le travail des militaires des forces d’autodéfense, des secouristes et des volontaires déployés pour dégager les décombres des zones sinistrées.
La gravité du phénomène a ravivé les débats sur l’organisation des Jeux olympiques de Tokyo, programmés du 24 juillet au 9 août 2020. Annoncé jeudi 19 juillet par le Comité international olympique (CIO), le calendrier des épreuves a voulu en tenir compte, fixant notamment le départ des marathons à 7 heures du matin et celui du 50 km marche à 6 heures.

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Les choix opérés ont été accueillis avec prudence par la Fédération japonaise d’athlétisme. Toshihiko Seko, le responsable de la section marathon et qui a participé aux JO de 1984 et 1988, préférerait des départs des épreuves encore plus tôt pour 2020. « Il s’agira de courses à risques. Nous attendons du comité d’organisation qu’il installe le plus de brumisateurs possible et aménage un maximum de zones d’ombre sur le parcours pour que tous les coureurs puissent finir l’épreuve », a-t-il déclaré au quotidien Japan Times. En 2007, 30 % des 85 coureurs du marathon d’Osaka (Ouest) avaient abandonné à cause de la chaleur. L’épreuve courue alors que le thermomètre affichait plus de 30 °C, avait pourtant commencé à 7 heures.
« Nous sommes conscients que nous devons nous préparer à la chaleur extrême », a reconnu le 12 juillet John Coates, responsable du CIO chargé du suivi de la préparation des Jeux, expliquant que le Japon n’était pas le « premier pays à accueillir les épreuves sous une chaleur extrême. C’est une conséquence naturelle de l’organisation des Jeux en juillet et en août. »
Protéger les athlètes et le public
Malgré ces déclarations rassurantes, la chaleur représente un casse-tête pour les organisateurs, qui veulent éviter tout problème avec les athlètes comme avec le public. Ils prévoient l’installation d’« abris » ventilés et la mise en place d’un dispositif de suivi en temps réel du risque thermique sur chaque site.
Des produits réduisant de plusieurs degrés la chaleur dégagée par le goudron devraient être utilisés et le gouvernement va multiplier les plantations d’arbres le long des parcours des courses de fond. Les organisateurs de Tokyo 2020 vont également établir des directives sur la gestion des épreuves en cas de températures extrêmes.

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Lors d’une visite organisée le 18 juillet du Stade national, qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que les épreuves d’athlétisme, Keiji Kato, du Conseil japonais des sports (JSC) a expliqué que la conception du toit pouvant partiellement recouvrir le stade permettait d’améliorer la circulation de l’air et de maintenir une certaine fraîcheur pour les spectateurs. Le thermomètre affichait 43 °C ce jour-là.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Des chercheurs chinois et français ont découvert que, par le biais de certains « trackers » publicitaires, des données des internautes chinois étaient, jusque tout récemment, récupérées par les Etats-Unis.
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Un trou dans la « grande muraille » numérique chinoise

Des chercheurs chinois et français ont découvert que, par le biais de certains « trackers » publicitaires, des données des internautes chinois étaient, jusque tout récemment, récupérées par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 13h00
    |

            Martin Untersinger








                        


Depuis des années, la Chine a élevé autour de ses réseaux nationaux une grande muraille numérique. Capable de filtrer quasiment tout ce qui rentre et sort, elle a permis au pouvoir chinois de créer un gigantesque « intranet ». A cela s’ajoute le développement, à l’abri de cette enceinte numérique, d’entreprises devenues très puissantes et qui se mondialisent, accroissant un peu plus encore le pouvoir chinois dans le cyberespace.
Mais des données, récoltées par des chercheurs chinois et français et présentées le mois dernier, montrent que cet isolement est imparfait, et qu’une part importante de l’activité des Chinois sur le Web sort du pays, en direction des Etats-Unis.

        Quelques chiffres sur
         

          le musèlement de l’Internet chinois depuis 2015



150 milliards de requêtes analysées
Pour comprendre pourquoi, il faut s’intéresser au système DNS (Domain Name Server – « serveur de nom de domaine »). Ce dernier, composé de milliers de serveurs de par le monde, est chargé de traduire une adresse Internet (www.lemonde.fr) compréhensible par un humain en adresse IP (une suite de chiffres ou de lettres) intelligible pour les machines chargées d’établir la connexion. A chaque connexion vers un site Web, l’internaute demande à un serveur DNS de lui indiquer l’adresse IP qui correspond au nom du site qu’il entend visiter.
Aujourd’hui, les pages Web sont très complexes, notamment en raison de la publicité. Elles comportent souvent plusieurs composants publicitaires, fréquemment appelés trackers, qui ne sont pas hébergés au même endroit que la page elle-même. Chaque composant, destiné à afficher une publicité ou à récolter des données personnelles, dispose d’une adresse Web, et l’utilisateur, lorsqu’il visite une page, demande aux serveurs DNS les coordonnées IP de ces composants.
Plusieurs chercheurs de l’Institute for Computing Technologies de l’Académie chinoise des sciences, de l’université de Savoie et de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique ont récupéré une archive de l’activité DNS d’un grand fournisseur d’accès à l’Internet chinois, couvrant tout le pays sur une période de deux jours. Ce qui représente 150 milliards de requêtes, correspondant chacune à un moment où un internaute a chargé une page Web et les trackers publicitaires associés.
87 % du trafic des « trackers » aboutit aux Etats-Unis
Les résultats de l’analyse publiée en juin sont frappants pour un pays censé être parvenu à établir un mur autour de son Internet : même lorsque le site visité est chinois, le tracker publicitaire appartient – très souvent – à une firme américaine. Quatre-vingt-sept pour cent du trafic des trackers publicitaires se terminent aux Etats-Unis, contre seulement 3 % qui restent à l’intérieur du pays. Le contraste avec les pages Web qui embarquent les trackers, est étonnant : les trois quarts du trafic vers ces pages reste à l’intérieur de Chine, contre 24 % qui part aux Etats-Unis.
La situation n’est sans doute plus la même à l’heure où nous écrivons ces lignes : depuis quelques jours, certains de ces trackers sont désormais bloqués par le pouvoir chinois. Aucune donnée n’est cependant disponible pour mesurer les effets de ces nouvelles mesures.
Le DNS est une infrastructure majeure et cruciale au fonctionnement du Web. Jusqu’à ce qu’il soit en partie rebouché, ce « trou » dans la grande muraille numérique chinoise plaçait les Etats-Unis en position de force : outre une forme de suprématie dans l’industrie publicitaire, ils étaient récipiendaires de données assez fines sur le comportement des Chinois sur Internet, rendant ces dernières éventuellement accessibles aux autorités.

        Lire comment, déjà en 2011,
         

          la Chine censurait Internet






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le sinistre qui s’est déclaré il y a une semaine et mobilise plus de 2 700 personnels d’urgence, dans l’est de la Californie, a quasiment doublé de taille en l’espace de trois jours.
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Californie : un incendie gagne du terrain près du parc national de Yosemite

Le sinistre qui s’est déclaré il y a une semaine et mobilise plus de 2 700 personnels d’urgence, dans l’est de la Californie, a quasiment doublé de taille en l’espace de trois jours.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 12h01
   





                        



   


Un incendie menaçant le parc national de Yosemite, dans l’est de la Californie, a quasiment doublé de taille en l’espace de trois jours et fait deux blessés parmi les pompiers après avoir déjà tué l’un d’entre eux. Le ministère de l’agriculture américain a fait savoir, vendredi 20 juillet dans un communiqué, que l’incendie, baptisé « Ferguson », n’était contenu vendredi qu’à 7 % et s’étendait sur près de 10 000 hectares, soit deux fois plus que mardi, sans préciser combien de temps serait nécessaire pour venir complètement à bout du sinistre.
Plus de 2 700 personnels d’urgence étaient mobilisés pour contenir l’incendie, qui s’est déclaré il y a une semaine dans la forêt de la Sierra Nevada. Deux pompiers ont été blessés, quelques jours après qu’un de leurs collègues, âgé de 36 ans, a trouvé la mort en étant déployé pour combattre les flammes. Le feu était particulièrement attisé par le bois mort, les feuilles et les herbes desséchées par la chaleur : 27 millions d’arbres sont morts l’an dernier et 62 millions en 2016 après plusieurs années d’une sécheresse record.
Evacuations obligatoires
Des évacuations obligatoires ont eu lieu dans plusieurs campings et l’agence de lutte contre les feux a prévenu que les habitants de certaines zones des alentours du parc devaient se tenir prêts à fuir. Le brasier a entraîné la fermeture d’une autoroute et celle de l’entrée ouest du parc de Yosemite, célèbre pour ses séquoias géants. Les autorités ont conseillé aux touristes de reporter leur visite de ce site phare du tourisme californien.
L’an dernier avait été particulièrement dévastateur en Californie, avec des incendies record, des milliers de maisons rasées et une quarantaine de morts à cause de feux massifs vers Santa Barbara et dans la région viticole des vallées de Napa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’armée a déclenché des frappes contre des cibles militaires du mouvement islamique, créant un regain de tension dans le territoire palestinien.
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A Gaza, le risque d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hamas

L’armée a déclenché des frappes contre des cibles militaires du mouvement islamique, créant un regain de tension dans le territoire palestinien.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 18h57
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

C’est entendu : il faut agir pour Gaza. Soulager la population de deux millions d’habitants vivant sous cloche, tant le désastre humanitaire affleure. Ce constat est partagé par tous les acteurs et observateurs : l’ONU, les pays du Golfe appelés à financer les projets d’urgence, les Etats-Unis, mais aussi l’armée israélienne et bien entendu le Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007. Une fois ce consensus posé, la réalité est aux antipodes. Le risque d’une nouvelle guerre entre Israël et le mouvement islamiste, qu’aucune des parties ne souhaite, augmente jour après jour, comme l’illustre la nouvelle poussée de fièvre vendredi 20 juillet.
L’armée a déclenché des frappes contre des cibles militaires du Hamas, tuant trois membres de sa branche militaire, après qu’une patrouille eut été visé le long de la frontière dans l’après-midi. Un soldat israélien a été tué par balles. « Le Hamas nous entraîne dans une situation où il n’y aura d’autre choix que de s’embarquer dans une opération militaire vaste et douloureuse », avait déclaré dans la matinée le ministre de la défense, Avigdor Lieberman. Comme les 29 mai puis le 20 juin, autres journées d’emballement, l’Egypte a appelé les deux parties à la retenue. Pour l’heure, l’armée et le mouvement islamiste restent en dérapage contrôlé, limitant les dégâts par rapport à leurs capacités militaires réelles.

La menace des tunnels d’attaque contre Israël sous la frontière sera jugulée d’ici un an, estime l’armée, lorsqu’elle achèvera une barrière dite « intelligente », chargée de capteurs sensoriels, dont un quart a déjà été construit. Mais le Hamas et le Jihad islamique palestinien disposent aussi chacun d’un arsenal supérieur à celui de la dernière guerre : plusieurs milliers de roquettes de fabrication locale, à la portée plus longue qu’en 2014 et aux têtes plus grandes, dont certaines de plus de 30 kg de charge explosive. Même s’il est très affaibli, le Hamas pourrait théoriquement viser Tel-Aviv,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les heurts entre Palestiniens et Israéliens ont fait cinq morts et au moins 125 blessés samedi et dimanche le long de la clôture frontalière.
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A Gaza, un cessez-le-feu précaire après une nuit d’affrontements

Les heurts entre Palestiniens et Israéliens ont fait cinq morts et au moins 125 blessés samedi et dimanche le long de la clôture frontalière.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h28
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                            Claire Bastier (Bande de Gaza, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Encore une nuit de détonations sourdes dans le ciel étoilé de Gaza. Elle s’est conclue, samedi 21 juillet, par un nouveau cessez-le-feu, qu’on devine aussi fragile que les précédents, annoncé par le porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum. Il dit moins le désir de faire la paix que celui de ne pas faire la guerre.
Tout a commencé le 20 juillet en fin d’après-midi. Comme chaque vendredi depuis le 30 mars, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés le long de la clôture frontalière entre Israël et la bande de Gaza, pour réclamer leur « droit au retour » et la fin du blocus israélo-égyptien. La journée s’est soldée par 125 blessés, a annoncé le ministère de la santé local. Selon plusieurs sources, ce fut cependant un vendredi sans cerfs-volants ni ballons incendiaires, conformément aux exigences formulées par Israël.
A Bureij, l’un des cinq lieux de rassemblement frontaliers, dans le centre de l’enclave palestinienne, un volontaire ambulancier raconte que l’escalade militaire a débuté en fin d’après-midi, à la suite des tirs de membres de la branche armée du Hamas sur une patrouille de militaires israéliens, près de l’ancien point de passage de Karni. Un soldat israélien a été mortellement blessé. C’est le premier depuis la guerre de 2014 à Gaza.
Raids aériens
« On a ensuite entendu une, deux, puis trois explosions. C’étaient des tirs de chars israéliens », poursuit le jeune ambulancier. La réplique israélienne s’est ensuite déplacée dans le sud de Gaza avec des raids aériens, identifiables au loin par les panaches de fumée s’élevant dans le ciel. Les bombardements ont fait quatre morts palestiniens, dont trois affiliés à la branche armée du mouvement islamiste. En représailles, trois roquettes ont alors été tirées de Gaza vers le sud d’Israël, dont deux interceptées par le système antimissile Dôme de fer.
Après une réunion d’urgence au ministère israélien de la défense en présence du premier ministre, Benjamin Nétanyahou,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Une loi a été votée pour accélérer les nominations à la Cour suprême. Pour Varsovie, l’objectif est de prendre la Commission européenne de court.
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Dernier acte de la prise en main du pouvoir judiciaire en Pologne

Une loi a été votée pour accélérer les nominations à la Cour suprême. Pour Varsovie, l’objectif est de prendre la Commission européenne de court.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h28
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Dans l’enceinte du Parlement polonais, vendredi 20 juillet, s’est joué le dernier acte d’une longue saga entamée trois ans plus tôt et qui, du point de vue d’une quasi-unanimité de juristes, portera le coup de grâce à l’indépendance du système judiciaire.
En cette dernière session parlementaire avant la pause estivale, le Parlement avait pris vendredi des allures de forteresse retranchée. Un impressionnant dispositif policier encadrait le bâtiment : une cinquantaine de fourgonnettes de police, environ 200 hommes mobilisés. Devant l’entrée, un long cordon de barrières antiémeute fait, depuis deux ans, partie du paysage, symbole d’une démocratie malade, où les coups de boutoir de la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice) contre l’Etat de droit font souvent l’objet de réactions tendues des manifestants.
Après une journée de manifestation dans le calme, les tensions étaient à leur comble dans la soirée, quand une foule de plusieurs centaines de personnes a tenté de forcer les barrières, repoussée de manière musclée par trois rangées de policiers.
A l’intérieur du Parlement, la majorité ultraconservatrice a fini par voter, à l’issue d’une semaine chaotique, un paquet de lois dont l’objectif est d’accélérer les nominations – désormais politisées – à la Cour suprême, après avoir mis à la retraite d’office 30 % de ses membres. La première présidente de la Cour, Malgorzata Gersdorf, est également visée par ces textes, alors qu’elle n’a pas l’intention de renoncer à son mandat, garanti par la Constitution. L’objectif est aussi de prendre la Commission européenne de court, et de procéder à ces nominations avant que l’exécutif européen n’ait le temps de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne. Mais la coalition citoyenne « Europe, ne lâche rien ! », qui appelle à une action rapide de Bruxelles, ne désespère pas.
Trente secondes par député
Une semaine après la célébration, très solennelle, du 550e anniversaire du parlementarisme polonais, l’opposition, qui n’a pas participé au vote, dénonce une atteinte grave aux principes de base de la vie parlementaire. La veille, les députés de la majorité n’avaient pas pris la peine d’assister au débat sur leurs propres projets de loi, se contentant de procéder au vote. C’est dire si celui-ci ne constituait qu’une formalité. En commission parlementaire, le droit de parole fut restreint à 30 secondes par députés. Du jamais-vu.
« Comme tous les projets de loi de nature organique forcés depuis trois ans, ce paquet de lois a été présenté comme un projet parlementaire, et non gouvernemental, qui ne nécessite pas de consultations, s’indigne Iwona Wyszogrodzka, du mouvement Obywatele RP (Citoyens de la République). C’est scandaleux que des lois qui modifient l’équilibre institutionnel soient forcées en l’espace de deux jours, sans aucun débat. » Quand, après le vote de la loi – qui doit encore être adoptée par le Sénat –, le médiateur de la République, Adam Bodnar, garant des droits civiques, a pris la parole, tous les députés de la majorité ont quitté l’hémicycle.
Le parti de Jaroslaw Kaczynski – véritable homme fort du pays – a aussi profité de cette journée pour voter un changement de scrutin pour les élections européennes. Les nouvelles règles remettent en cause la nature jusque-là proportionnelle de ce scrutin, et favoriseront les grands partis au détriment des petites formations. Cette bipolarisation du scrutin fait largement le jeu du parti au pouvoir, dans la mesure où elle dissuadera toute liste dissidente à droite.

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Le président Andrzej Duda, de son côté, a annoncé dans la journée vouloir concrétiser, les 10 et 11 novembre, son idée d’un référendum constitutionnel consultatif. « Je pense que nous devrions entamer un débat pour une nouvelle Constitution. Et ce débat doit se faire avec le plus grand engagement possible de la société et des citoyens, qui indiqueront les directions à suivre, a-t-il affirmé. C’est un changement de paradigme, car l’actuelle Constitution a été écrite uniquement par les élites juridiques. » 

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Le président a ainsi présenté une série de 10 questions, portant aussi bien sur l’équilibre entre les différents pouvoirs que sur l’inscription des « racines chrétiennes » du pays dans la Constitution, ou encore sur la « normalisation constitutionnelle de l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne et à l’OTAN, dans le respect des principes de la souveraineté de l’Etat et de la primauté de la Constitution polonaise. » Mais dans les rangs de la majorité, l’initiative présidentielle est loin de faire l’unanimité, et Jaroslaw Kaczynski a fait savoir qu’aucune décision n’était encore prise à ce sujet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le chef du Kremlin avait soumis cette proposition en tête à tête avec Donald Trump lors du sommet d’Helsinki pour « résoudre » le conflit dans l’est de l’Ukraine.
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Washington rejette l’idée de Vladimir Poutine d’organiser un référendum dans le Donbass

Le chef du Kremlin avait soumis cette proposition en tête à tête avec Donald Trump lors du sommet d’Helsinki pour « résoudre » le conflit dans l’est de l’Ukraine.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h25
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Recevant les ambassadeurs russes réunis à Moscou, jeudi 19 juillet, Vladimir Poutine avait souhaité conclure son discours de politique étrangère par une « note personnelle » sur sa rencontre en tête à tête avec Donald Trump, trois jours plus tôt, à Helsinki, jugée « globalement positive ». « Nous devons attendre et voir, bien sûr, la tournure des événements, d’autant que certaines forces en Amérique tentent de minimiser et de désavouer les résultats du sommet », avait-il déclaré, en insistant sur ces « forces disposées à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions ». Nulle part dans le compte rendu du Kremlin, le détail sur ces « résultats » ne figurait.
Il reste beaucoup d’inconnues sur la teneur des discussions entre les deux dirigeants, sans autres témoins que leurs interprètes. Mais à huis clos devant ses diplomates, M. Poutine a donné des indications sur la manière dont il envisage, notamment, de régler le conflit avec l’Ukraine, où les combats entre forces loyales à Kiev et séparatistes prorusses ont fait plus de 10 000 morts. Le chef du Kremlin aurait ainsi proposé au président américain l’organisation d’un référendum dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, dominée par les séparatistes, et accepté, en accord avec ce dernier, de ne rien dévoiler sur l’instant de ce plan.
« Aucun accord secret »
Révélée par l’agence Bloomberg, sur la base du témoignage de deux participants anonymes, cette information n’a pas été démentie par Moscou. « Des propositions concrètes » pour résoudre ce conflit ont été « discutées », a esquivé vendredi l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov. « Certaines ont été annoncées par Vladimir Vladimirovitch [Poutine] lors de la conférence de presse commune, il n’y a eu aucun accord secret », a-t-il ajouté.
Quelques heures plus tard, Washington a rejeté l’idée. « L’administration n’envisage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Deux jeunes Libanais ont été harcelés pour avoir tourné en dérision un miracle attribué au saint patron du pays du Cèdre.
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Au Liban, on ne badine pas avec saint Charbel

Deux jeunes Libanais ont été harcelés pour avoir tourné en dérision un miracle attribué au saint patron du pays du Cèdre.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h38
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Saint Charbel, le saint patron du Liban, dont l’existence fut un modèle d’ascèse et de recueillement, aurait-il apprécié le ramdam causé en son nom ? Pour s’être moqués de la réputation de thaumaturge de l’ex-ermite maronite, deux jeunes Libanais ont fait l’objet d’un lynchage en règle sur les réseaux sociaux, d’une journée d’interrogatoire par la police et d’une interdiction de s’exprimer publiquement sur les questions religieuses.
L’histoire commence vendredi 13 juillet, lorsque Charbel Khoury, un Beyrouthin de 28 ans, tourne en dérision, sur sa page Facebook, une histoire prétendument sérieuse : celle d’un compatriote résidant en Roumanie qui, faute de parvenir à avoir un enfant avec son épouse, s’est rendu sur la tombe de saint Charbel, dans le nord du Liban, et qui de retour à son domicile a découvert sa femme enceinte. Commentaire acide du jeune homme, qui se revendique comme athée : « Est-ce que l’enfant lui ressemble ? »
Ce sarcasme et la mise en doute des pouvoirs guérisseurs du défunt moine, canonisé par le Vatican en 1977 et dont le sanctuaire est un haut lieu de pèlerinage, ont ulcéré de nombreux chrétiens libanais. Le compte Messenger de Charbel Khoury s’est retrouvé noyé sous un flot d’insultes et de menaces, dirigées contre lui et ses sœurs.
Huit heures de garde à vue
Une journaliste du quotidien de gauche Al-Akhbar, Joy Slim, âgé de 26 ans, qui avait rebondi sur le post initial, en écrivant que « l’enfant ressemble peut-être à saint Charbel », a eu droit à un harcèlement du même genre, avec, en prime, la publication de l’adresse de ses parents. Les esprits se sont à ce point échauffés qu’un des collègues de Charbel Khoury a tenté de l’agresser sur leur lieu de travail. Cet acte a incité ce dernier à déposer deux semaines de congés et à limiter ses déplacements en dehors de son domicile.
Les autorités libanaises s’en sont alors mêlées, mais pas dans le sens espéré par les deux jeunes mécréants. Ce sont eux que la police a convoqués, au motif de faire retomber la tension, et non leurs tourmenteurs. En échange de sa libération, après huit heures de garde à vue, Charbel Khoury a dû effacer de sa page Facebook toutes les captures de messages menaçants qu’il avait postées. Il a également dû s’engager à ne pas utiliser Facebook pendant un mois et à s’abstenir dorénavant de tout commentaire sur la religion.
Même punition pour Joy Slim, qui a eu droit en plus à un sermon sur la foi et les miracles, versets de la Bible à l’appui. « Les agents m’ont dit que c’est le Centre catholique d’information [un organe de censure officieux] qui leur a demandé de nous convoquer, affirme la journaliste. Ça montre combien, au Liban, les religieux empiètent sur le travail de l’appareil d’Etat ».
« Chantage »
Les ONG de défense des droits de l’homme s’inquiètent pour leur part d’un rétrécissement de la liberté d’expression dans le pays du Cèdre. Un simple message sur les réseaux sociaux peut désormais suffire pour être convoqué par un service de sécurité. C’est ce qui est arrivé cette semaine à un militant de la société civile, en lutte contre un projet hôtelier en construction sur la dernière plage publique de Beyrouth.
Au mois de janvier, un adolescent de 15 ans avait eu droit à un interrogatoire, menotté et les yeux bandés, après avoir choisi comme photo de profil, sur WhatsApp, une image déplaisante pour le président Michel Aoun. Généralement, les personnes convoquées sont relâchées au bout de quelques heures après s’être engagées, par écrit, à taire leurs critiques. Une pratique « illégale », semblable à du « chantage », selon Amnesty International.



                            


                        

                        


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Au Pakistan, la longue marche des Pachtouns

La minorité vivant dans les zones tribales dénonce la mainmise de l’armée à l’approche des élections.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h08
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            Louis Imbert (Peshawar (Pakistan), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Manzoor Pashteen a de grands yeux effilés, d’un noir profond, et un sourire lumineux, désarmant de douceur. Ce vétérinaire de 26 ans n’est pas le plus brillant des orateurs – son lyrisme l’emporte aux quatre vents –, mais sa candeur fait des merveilles. Depuis janvier, il a su soulever un mouvement de défense des droits civiques inédit au Pakistan, depuis les régions tribales pachtounes, frontalières avec l’Afghanistan.
Avec quelques camarades de son âge, à la tête du Mouvement de protection des Pachtouns (PTM), il a osé mettre en cause, sans pudeur, l’armée pakistanaise, qui a tous pouvoirs dans la ceinture tribale du Nord – un lacis de montagnes infortunées, qui a été le refuge de tous les groupes djihadistes et insurgés de la région après la chute du régime taliban, en Afghanistan, en 2001. Le PTM accuse l’armée de tuer et d’emprisonner dans l’impunité des Pachtouns, qui peuplent ces montagnes et fournissent l’essentiel des rangs des talibans, des deux côtés de la frontière. « Ils nous tuent de toute façon, pourquoi devrions-nous nous taire ? », s’interrogeait M. Pashteen à la mi-juillet, à Peshawar, la grande ville du Nord.
« Disparition »
Le Pakistan n’a plus en tête que les élections générales prévues le 25 juillet : l’ex-premier ministre emprisonné, Nawaz Sharif, lutte pour sa survie politique, dans un scrutin qui apparaît de plus en plus ouvertement manipulé par l’armée. Mais, depuis sa cachetteà Peshawar, M. Pashteen tempête encore. Mercredi 18 juillet, il avait trouvé refuge dans le quartier périphérique de Tajabad, derrière une décharge à ciel ouvert, sous les dernières piles d’une ligne de métro aérien en construction.

Les forces de sécurité isolent M. Pashteen et ses camarades. Elles n’osent l’arrêter, mais elles harcèlent ceux qui l’hébergent – il peut changer de logement plusieurs fois par jour – et les petites mains de son mouvement. Le 6 juillet, c’est un camarade d’université, Hayat Preghal, forte voix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.
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En Argentine, le fléau de la pauvreté ne semble pas près de se résorber

Du fait de l’effondrement du peso et de l’explosion des prix, près de 30 % de la population du pays vit dans le dénuement.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h08
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la cuisine, une armée de volontaires coupe, hache, pétrit. Il n’y a pas une seconde à perdre : à Villa Fiorito, quartier miséreux du sud de Buenos Aires, la cantine populaire Los Piletones sert chaque jour 2 600 repas gratuits. Sa fondatrice, Margarita Barrientos, une maîtresse femme, ne devrait pas lever le pied de sitôt. En Argentine, qui accueille le G20 Finances samedi 21 et dimanche 22 juillet, la pauvreté est un fléau qui touche 29 % de la population.
« Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », lance Margarita Barrientos, fondatrice de la cantine populaire Los Piletones
Et la situation risque fort d’empirer. L’effondrement du peso, au printemps, a donné un nouveau coup de fouet à l’inflation. Rien qu’au premier semestre, la hausse des prix atteint 16 %. « Tout augmente : la farine, le pain, le sucre », constate Mme Barrientos, en sirotant lentement son infusion de maté.
Elle se refuse pourtant à accabler le gouvernement actuel et son président, le libéral Mauricio Macri, au pouvoir depuis fin 2015 : « Cela fait longtemps que le nombre de pauvres s’est stabilisé à un niveau trop élevé. Il n’est pas facile de changer les choses quand on a reçu les clés d’un pays effondré. »
D’autres ne sont pas si indulgents et ont tôt fait de dépeindre le chef de l’Etat, un ancien homme d’affaires, en « président des riches ». Ils en veulent pour preuve l’une des mesures les plus emblématiques prises par l’administration Macri et qui vise à soutenir le puissant secteur agricole : la suppression progressive des retenciones, ces très hautes taxes sur les exportations de céréales, instaurées par le gouvernement précédent de Cristina Kirchner pour abonder les caisses de l’Etat.

« Aucune politique pour soutenir les petites entreprises »
Malgré la crise, M. Macri a confirmé en juillet qu’il continuerait à réduire celles sur le soja, toujours en place. « Ce gouvernement ne s’intéresse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.
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L’Argentine, aux abois, fait face à la crise

Contrainte de demander l’aide du FMI, la troisième économie d’Amérique latine accueille le G20 Finances.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h13
    |

            Marie de Vergès (Buenos Aires, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Désabusé, Jorge Reisch étale devant lui les factures d’électricité de son entreprise, Cueroflex. Cette fabrique de cuir reconstitué, installée dans un faubourg ouvrier de Buenos Aires, a vu ses coûts exploser depuis fin 2015 et l’arrivée au pouvoir du président argentin, Mauricio Macri. Résultat de la baisse des subsides à l’énergie appliquée par l’actuel gouvernement, la note mensuelle, autrefois de 45 000 pesos (1 400 euros), a été multipliée par plus de quinze.

Ce fardeau est loin d’être l’unique tracas de cette coopérative, qui emploie 80 personnes et produit semelles et ceintures pour le secteur du textile-habillement. Il faut dire que, ces derniers temps, l’Argentine ne va pas très fort. Depuis avril, le peso a perdu un tiers de sa valeur. Pour stopper l’hémorragie, la banque centrale a monté son taux directeur, en mai, jusqu’à 40 %. Malgré ce niveau record, l’inflation est galopante : elle pourrait atteindre 30 % cette année.
Aux abois, le gouvernement a fini par réclamer l’aide du Fonds monétaire international (FMI), qui lui a accordé, en juin, un prêt de 50 milliards de dollars (soit 43 milliards d’euros). En plein hiver austral, l’incertitude est à son zénith, et la consommation flanche. Après l’embellie de 2017, une nouvelle récession – la cinquième en une décennie – semble difficile à éluder.

Cette cascade de mauvaises nouvelles a des effets très concrets sur Cueroflex, qui doit jongler entre la baisse des commandes et les retards de paiement. Pour continuer à produire, il lui faudrait prendre un crédit, mais les taux sont prohibitifs.
Le modèle protectionniste démantelé
« Notre seule issue, c’est d’exporter plus, mais nous ne sommes pas assez compétitifs », soupire M. Reisch, en émiettant nerveusement de fines lamelles de cuir posées sur son bureau. En soixante ans d’existence, la société a connu des hauts et des bas. Cette fois, pourtant, dans les vastes hangars, le bourdonnement des machines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le royaume, qui n’avait jamais connu une telle situation météorologique, apparaît clairement sous-équipé.
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Incendies, chaleur, sécheresse… la Suède suffoque

Le royaume, qui n’avait jamais connu une telle situation météorologique, apparaît clairement sous-équipé.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 09h48
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            Olivier Truc (Lassekrog (Suède), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Au septième jour des incendies à Lassekrog, vendredi 20 juillet, le très sérieux Svenska Dagbladet, équivalent suédois du Figaro, a ouvert son site Internet par ce titre : « Les oisillons brûlent dans leurs nids. » Le quotidien citait le responsable désemparé de la faune auprès de la préfecture du Jämtland, une région de l’extrême sud de la Laponie suédoise, voisine du Gävleborg, très touchée elle aussi par les feux.
Ce titre, quoique dramatique à souhait, avait le mérite d’incarner le désarroi qui saisit les Suédois face à la multiplication des incendies qui frappent le royaume, encore une cinquantaine en cette fin de semaine, dont plusieurs hors de contrôle, et à leur relative impuissance face à la vague inédite de chaleur. Les températures atteignent souvent 30 degrés, voire 35 degrés, et s’accompagnent d’une sécheresse exceptionnelle.
Le niveau des lacs baisse au point que des navires sont en difficulté pour décharger leur cargaison dans certains ports, sur les grands lacs intérieurs, comme le Vänern. La chaleur qui sévit en Europe du Nord depuis le début du mois de mai a poussé les professionnels suédois du tourisme à baisser les prix sur leurs destinations méditerranéennes, tandis que les journaux parlent de « nuits tropicales ». Il est interdit de faire du feu dans la nature dans tout le pays, tout comme d’arroser sa pelouse. Des paysans ont commencé à abattre du bétail, pour faire face au manque de foin – de la viande en partie brûlée et transformée en biocarburant, car tout ne peut être consommé.

La forêt couvre l’horizon
« Les événements actuels sont en phase avec le changement climatique tel qu’on s’y attend, analyse Weine Josefsson, climatologue au SMHI, l’agence météo suédoise. Nous n’avons jamais connu de période de sécheresse aussi longue depuis le début de nos mesures, dans les années 1860. » Ce type de hautes pressions qui se fixent sur l’Europe du Nord commence aussi...




                        

                        


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Irak : un nouveau mort dans la contestation qui gagne Bagdad

La mobilisation contre la corruption et le manque de services publics, qui agite depuis le 8 juillet le sud du pays, gagnait vendredi la capitale irakienne.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 15h06
   





                        


La journée de manifestations contre la corruption et le manque de services publics en Irak, a fait une nouvelle victime vendredi, portant à neuf le nombre de morts depuis le début de ce mouvement il y a une dizaine de jours.
La colère, qui agite depuis le 8 juillet le sud du pays, tribal et agricole, a gagné vendredi Bagdad, où des centaines de manifestants ont été dispersés à coup de canons à eau et de gaz lacrymogènes alors qu’ils tentaient d’entrer dans la zone verte ultrasécurisée où siègent les autorités. « On a cru que ces politiciens allaient améliorer la situation du pays, mais ils n’ont rien fait du tout », a déploré Yahya Hasnaoui, manifestant de 50 ans à Bagdad.
Depuis le début du mouvement, les manifestants concentrent leur colère sur les institutions. Ils accusent l’Etat de gabegie et les partis et leurs représentants de clientélisme et de prévarication. Plusieurs sièges de partis et bâtiments publics ont été incendiés et vendredi, les manifestants à Diwaniya se sont dirigés vers les sièges de plusieurs organisations, dont le puissant groupe armé Badr. Là, « un civil d’une vingtaine d’années a été mortellement touché par balle », a indiqué une source médicale. Plusieurs balles ont été tirées par un garde du siège de Badr, a ajouté cette source sous le couvert de l’anonymat.
Cette mort porte à neuf le nombre de personnes tuées depuis le début du mouvement. L’une l’a été par les forces de l’ordre, selon des responsables locaux, les autres par des tireurs non identifiés. Rapidement, le gouvernement irakien a dénoncé des « vandales » infiltrés parmi les manifestants pour s’en prendre aux « biens publics ».

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L’électricité est l’un des points de discorde majeurs
Tous les vendredis depuis 2015, la capitale est le théâtre de manifestations contre la corruption, notamment organisées par les partisans de l’alliance inédite entre le populiste chiite Moqtada Sadr et les communistes, qui ont remporté ensemble les législatives de mai. Ces défilés ne rassemblaient plus qu’une poignée de fidèles.
Cette fois-ci cependant, des centaines de personnes se sont massées sur la place Tahrir, comme Mortada Mohammed, Bagdadi de 19 ans, qui a dit manifester parce qu’il en a « marre de vivre dans les ténèbres ». « On n’a ni électricité ni travail, l’eau est régulièrement coupée pendant des heures, et même Internet, on ne l’a plus », s’est-il emporté alors que les réseaux sociaux sont inaccessibles depuis près d’une semaine.
L’électricité est l’un des points de discorde majeurs dans le pays où les températures estivales avoisinent les 50 °C. A Nassiryia, des slogans réclament la « démission du ministre de l’électricité » alors que la plupart des foyers irakiens ne sont alimentés en courant que quelques heures par jour. A Bassora, ville pétrolière portuaire du sud d’où est partie la colère le 8 juillet, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat dans le calme, a constaté un photographe de l’AFP.

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Nicaragua : marche de l’opposition après les attaques d’Ortega contre l’Eglise

Le dialogue avec le pouvoir est quasi rompu après les propos du président Daniel Ortega accusant l’Eglise et l’opposition de fomenter un « coup d’Etat ».



Le Monde
 |    21.07.2018 à 07h28
   





                        


A l’appel de l’opposition, une marche de l’opposition nicaraguayenne doit se dérouler samedi à Managua alors que le dialogue avec le pouvoir est quasi rompu après les propos du président Daniel Ortega accusant l’Eglise et l’opposition de fomenter un « coup d’Etat ». « La lutte du peuple nicaraguayen se poursuivra par une insurrection de la société contre la dictature d’Ortega », a averti Azahálea Solis, de l’Alliance civique pour la justice et la démocratie.
Lundi, une autre manifestation en solidarité avec la ville de Masaya, bastion de l’opposition violemment repris mercredi par les forces fidèles au président nicaraguayen, est prévue afin de réclamer la libération des manifestants actuellement détenus, et justice pour les personnes tuées depuis le début de la crise, il y a trois mois.
Jeudi, lors de la commémoration du 39e anniversaire de la révolution de 1979, M. Ortega a accusé les évêques de ne pas être des médiateurs mais d’« être engagés aux côtés des putschistes » ayant pour objectif de le destituer. « Nous allons méditer les paroles du président et prendre ensuite une décision », a déclaré vendredi en réponse le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN). L’opposition a apporté vendredi son soutien aux évêques, affirmant qu’elle ne permettra pas que leur action de médiateurs soit « criminalisée ».
« Disqualifier la médiation des évêques »
L’Alliance citoyenne pour la démocratie, qui groupe des étudiants, des chefs d’entreprises et des représentants de la société civile, a exigé comme préalable au dialogue « la fin de la répression » et la remise en liberté de deux de ses membres. Depuis mi-mai, un dialogue tendu s’est engagé entre le président et l’opposition sous l’égide de l’Eglise catholique pour parvenir à une réconciliation nationale. La dernière session plénière des pourparlers remonte au 15 juin. « Ce qu’il (Ortega) fait, c’est disqualifier la médiation des évêques parce qu’il ne veut plus négocier » car il doit « aborder la question de la démocratisation », a déclaré le politologue José Antonio Peraza, directeur exécutif du Mouvement pour le Nicaragua.
« Ortega a disqualifié les évêques pour avoir son propre dialogue, un dialogue qu’il peut contrôler », a déclaré Azahálea Solís, l’un des délégués de l’opposition qui participe aux négociations avec le gouvernement. Les évêques « sont la conscience morale du pays et nous devons serrer les rangs avec eux », a déclaré sur Twitter l’ancien vice-président et écrivain Sergio Ramirez.

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Depuis le 18 avril, plus de 280 personnes ont perdu la vie dans une vague de manifestations pour réclamer la destitution de Daniel Ortega. Il est accusé d’avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse une « dictature » marquée par la corruption et le népotisme.




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/07/2018
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A Bombay, la mer recrache des tonnes d’ordures abandonnées par l’homme

Une grosse tempête de mousson et de grands coefficients de marée ont fait revenir sur le littoral des quantités impressionnantes de déchets



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 08h48
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Un prêté pour un rendu. Tel est le message que semblent avoir voulu laisser les grandes marées, à Bombay, durant le week-end du 14-15 juillet. La mer d’Arabie, déchaînée par la conjonction de grands coefficients et de perturbations de mousson extrêmement fortes (1 817 mm de pluie depuis début juin), a vomi des tonnes d’ordures sur le littoral de la capitale financière de l’Inde, donnant un spectacle affligeant sur les plages. Mais c’est sur la célèbre promenade de Marine Drive, dans les quartiers chics du sud de la péninsule sururbanisée, que le phénomène a été le plus impressionnant.
Les vagues, en déferlant au-dessus de la digue, ont recraché en cinq jours 40 tonnes de déchets. Bouteilles en plastique, emballages, morceaux de polystyrène, caoutchouc, tongs et chaussures de toutes sortes… « Il est évident que les gens jettent ces trucs sans aucun esprit civique, soit directement dans la mer, soit dans les rivières, les conduites d’eau pluviale et les tuyaux d’assainissement qui, au bout du compte, rejettent tout dans la mer également », indique-t-on à la mairie.
Au total, ce sont plusieurs centaines de tonnes de déchets qui ont été ramassés. Rien que sur le sable de Versova, Juhu, Dadar et Chowpatty, les balayeurs disent avoir collecté 361 tonnes. Mardi 17 juillet, l’organisation non gouvernementale Citizen Circle for Social Welfare and Education a déposé plainte à la Haute Cour de Bombay, afin de dénoncer « l’état lamentable des eaux » et « l’extrême dangerosité de la pollution pour l’écosystème », explique leur avocat, Shehzad Naqvi.
Interdiction du plastique
Les défenseurs de l’environnement dénoncent « les insuffisances des systèmes de retenue flottants » installés dans les estuaires de la ville et aux sorties des égouts. Il faudrait, selon eux, « fixer des filets jusqu’au fond de l’eau », afin d’empêcher les déchets solides de partir librement dans la mer. Et surtout, équiper la mégapole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le Parti populaire doit départager Soraya Saenz de Santamaria et Pablo Casado pour relancer la droite espagnole traditionnelle, à moins d’un an d’échéances électorales.
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La droite espagnole choisit le successeur de Mariano Rajoy

Le Parti populaire doit départager Soraya Saenz de Santamaria et Pablo Casado pour relancer la droite espagnole traditionnelle, à moins d’un an d’échéances électorales.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 06h02
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 10h10
   





                        



   


Groggy après la chute de Mariano Rajoy, le Parti Populaire espagnol va choisir samedi son nouveau chef, entre Soraya Saenz de Santamaria, ancien bras droit de Rajoy, et Pablo Casado, jeune loup tendance droite dure. Le congrès extraordinaire du PP, qui a commencé vendredi 20 juillet, connaîtra son dénouement samedi avec le vote de 3 082 grands électeurs, chargés de désigner le nouveau président du parti qui sera son candidat lors des prochaines législatives, prévues au plus tard à la mi-2020.
Président du parti depuis 2004 et à la tête du gouvernement espagnol depuis 2011, M. Rajoy, qui n’a pas voulu désigner de dauphin, a quitté la vie politique au début de juin, quelques jours après avoir été brutalement écarté du pouvoir le 1er juin, coulé par la condamnation de son parti dans un gigantesque procès pour corruption.
Ce scandale avait permis au socialiste Pedro Sanchez de faire adopter une motion de censure et de se hisser à la tête de l’exécutif avec le soutien du parti de gauche radicale Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques.
Deux candidats, deux orientations
Les grands électeurs du PP ont le choix entre deux orientations, symbolisées par les candidats désignés le 5 juillet par les militants, lors d’une primaire inédite au sein du parti : la continuité avec Soraya Saenz de Santamaria, numéro deux des gouvernements Rajoy durant six ans et demi, ou bien un virage à droite avec Pablo Casado, député de 37 ans qui propose une refondation conservatrice du parti.

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Mettant en avant son expérience, Saenz de Santamaria, une haute fonctionnaire de 47 ans, assure être la plus à même de battre Pedro Sanchez dans les urnes et juge inutile une refondation idéologique du parti. « J’ai l’énergie, l’envie et l’expérience. Pedro Sanchez se retrouve aux commandes d’un Boeing 747, et il n’a même pas le brevet de pilotage d’un avion de tourisme », a-t-elle ironisé lors d’un meeting.
Licencié en droit, Casado, 37 ans, a lui placé sa campagne sous le signe de la droite dure, rappelant son admiration pour l’ex-président colombien Alvaro Uribe, sans toutefois remettre en question le projet européen, à l’inverse d’autres conservateurs européens.
Il s’est élevé contre la dépénalisation de l’euthanasie prônée par le nouveau gouvernement socialiste, a plaidé pour la baisse des impôts sur le revenu et les sociétés, et prône une grande fermeté face aux séparatistes catalans.
Un parti à reconstruire
Le vainqueur de ce duel devra recomposer un parti qui a perdu trois millions d’électeurs entre les législatives de 2011, où Rajoy avait obtenu la majorité absolue, et celles de 2016. Beaucoup d’entre eux se sont tournés vers le petit parti libéral Ciudadanos, grand rival du PP au centre droit.

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Pour José Pablo Ferrandiz, chercheur en chef de l’institut de sondages Metroscopia, Saenz de Santamaria « offrirait un meilleur avenir électoral au PP ». Mais l’un comme l’autre auront « beaucoup de mal à attirer les gens partis vers Ciudadanos », qui a aspiré beaucoup des électeurs écœurés par les multiples scandales de corruption ayant éclaboussé le PP ces dernières années.
« Aucun des deux ne pourra remettre à flot immédiatement le parti », abonde Narciso Michavila, président de l’institut de sondages GAD3 et bon connaisseur du parti. Le PP, première force politique au Parlement, devra en tout cas se mettre rapidement en ordre de bataille : des scrutins municipaux, régionaux et européens l’attendent dès mai 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Dans un enregistrement détenu par le FBI, le président américain évoque avec son avocat la possibilité d’acheter le silence d’une top-modèle.
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Donald Trump enregistré à son insu par son ancien avocat

Dans un enregistrement détenu par le FBI, le président américain évoque avec son avocat la possibilité d’acheter le silence d’une top-modèle.



Le Monde
 |    21.07.2018 à 00h47
 • Mis à jour le
21.07.2018 à 15h40
   





                        



   


L’ancien avocat personnel de Donald Trump a enregistré une conversation à l’insu de ce dernier, dans laquelle les deux hommes envisagent d’acheter le silence d’une ancienne top-modèle avec laquelle le président des Etats-Unis aurait eu une liaison.
L’enregistrement, réalisé deux mois avant le scrutin présidentiel de novembre 2016, a été saisi par les enquêteurs du FBI lors d’une perquisition menée le lundi 9 avril dans les bureaux de Michael Cohen, selon le New York Times, qui a révélé l’information vendredi 20 juillet, confirmée ensuite par Rudolph Giuliani, actuel avocat de M. Trump. La discussion porte sur l’ancienne playmate du magazine Playboy Karen McDougal, qui affirme avoir eu une relation « de dix mois en 2006 et 2007 » avec celui qui n’était pas encore entré en politique.
Selon plusieurs médias, lors de la conversation enregistrée, Michael Cohen informe Donald Trump du paiement effectué par un groupe de presse pour obtenir le témoignage de Karen McDougal. Le National Enquirer, titre phare du groupe de David Pecker, avait en effet acquis l’exclusivité de cette confession pour 150 000 dollars (128 000 euros).
Les deux hommes envisagent de racheter eux-mêmes ces droits. Donald Trump semble ne pas être fermé à cette idée et interroge même son avocat quant au mode de paiement, mais l’enregistrement s’interrompt avant la fin de la conversation. La transaction n’a finalement jamais eu lieu. M. Pecker et le National Enquirer auraient choisi de ne pas publier le témoignage de Karen McDougal afin de préserver Donald Trump, ami de David Pecker, ce que démentent les intéressés.
Donald Trump juge l’enregistrement « peut-être illégal »
Le président américain a réagi samedi à ces informations sur Twitter, comme à son habitude. Donald Trump y juge la perquisition du FBI « inconcevable » et « presque inédite ». « Il est encore plus inimaginable qu’un avocat enregistre son client – c’est du jamais vu et c’est peut-être illégal », s’agace-t-il.

Inconceivable that the government would break into a lawyer’s office (early in the morning) - almost unheard of. Ev… https://t.co/dXuie6yTaS— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Sur le fond, le chef de l’Etat se veut rassurant : « La bonne nouvelle, c’est que votre président préféré n’a rien fait de mal ! », conclut Donald Trump.
Embarrassant mais peu compromettant
M. Giuliani, par ailleurs ancien maire de New York, a estimé que l’enregistrement exonérait davantage Donald Trump qu’il ne le compromettait. Selon lui, M. Trump souhaitait, avant tout, régulariser une transaction et non la dissimuler.
Sur la foi des éléments connus de la conversation révélée vendredi, il semble que l’enregistrement ne présente pas, en lui-même, de risque juridique pour Donald Trump, dans la mesure où le paiement n’a jamais été effectué.
Mais il s’inscrit dans le cadre de l’enquête du FBI, qui cherche notamment à déterminer si l’utilisation possible de fonds lors de la campagne présidentielle pour payer d’anciennes conquêtes présumées de Donald Trump pourrait constituer une infraction aux règles électorales.

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La loyauté de Michael Cohen en question
Michael Cohen est actuellement l’objet d’une vaste enquête du FBI, qui pourrait déboucher sur des poursuites. Elle a été lancée en partie à la demande du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur une collusion présumée entre l’équipe de M. Trump et des responsables russes lors de la campagne présidentielle en 2016.
Michael Cohen est régulièrement considéré comme l’homme de main de Donald Trump, davantage que comme son avocat. Il a notamment reconnu publiquement avoir versé 130 000 dollars à l’actrice pornographique Stormy Daniels en novembre 2016 pour acheter son silence sur un rapport sexuel qu’elle aurait eu avec le président en 2006.

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                Donald Trump pris à revers dans l’affaire « Stormy Daniels »



D’une fidélité sans faille à Donald Trump, Michael Cohen a néanmoins envoyé récemment un premier signal montrant que sa loyauté avait des limites. « Je suis fidèle à ma femme, ma fille et mon fils, et je le serai toujours, a-t-il déclaré lors d’un entretien à la chaîne ABC, début juillet. Je place ma famille et mon pays en priorité. »
Pour Donald Trump, se profile désormais l’éventualité d’une collaboration de Michael Cohen avec la justice, qui pourrait mettre au jour des éléments compromettants pour le président. Après la révélation de vendredi, le médiatique avocat de Stormy Daniels, Michael Avenatti, a affirmé qu’il existait plusieurs enregistrements réalisés par Michael Cohen et a réclamé leur publication.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Au Mali, polémique autour de l’existence d’un fichier électoral parallèle

Electeurs et bureaux de vote fictifs : à quelques jours de l’élection présidentielle, l’opposition dénonce une « vaste tentative de fraude ».

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 20.07.2018 à 21h46

     •
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        Mis à jour le 20.07.2018 à 22h18






    
A Bamako, une affiche de campagne représentant le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa réelection le 29 juillet.
Crédits : Baba Ahmed / AP


C’est le premier rebondissement de la campagne présidentielle. Réuni en conférence de presse à Bamako, vendredi 20 juillet, le directoire de campagne de Soumaïla Cissé, principal challenger du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), au scrutin du 29 juillet, a annoncé l’existence d’un fichier électoral parallèle. Un fichier qui serait, selon le staff du candidat de l’Union pour la république et la démocratie (URD), frauduleux et différent de celui audité par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) il y a quelques mois. A la fin d’avril, l’OIF l’avait certifié : « Le fichier électoral du Mali, contenant 8 000 462 électeurs répartis dans 23 041 bureaux de vote, est suffisamment fiable pour permettre la tenue des élections générales de 2018. »
« Vaste tentative de fraude »
« Nous sommes au regret de constater qu’il y a 275 761 doublons d’électeurs dans le fichier mis en ligne, a souligné Tiébilé Dramé, le directeur de campagne de “Soumi”. Pour nous, la responsabilité du gouvernement est entachée de ce qui s’apparente à une vaste tentative de fraude tendant à prendre en otage le vote du peuple malien. »
L’opposition craint que ce fichier, accessible par des lignes de code sur le site Internet de la Direction générale des élections (DGE), ne serve de base à la compilation des résultats de l’élection présidentielle. Et que le jeu démocratique soit ainsi faussé.
« C’est faux et archifaux. Il ne s’agit pas d’une volonté de fraude, mais d’une erreur informatique. L’Agetic [Agence des techniques de l’informatisation et de la communication] héberge le fichier électoral. Il y a eu une erreur dans l’application permettant cet hébergement. Cela va être corrigé », répond le général Siaka Sangaré, président de la Direction générale des élections (DGE), l’organe chargé de la gestion du fichier électoral.

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Le fichier vérifié par l’OIF est-il bien celui qui a été envoyé à l’Imprimerie de France, chargée de l’impression des 8 millions de cartes d’électeurs qui seront utilisées par les Maliens pour aller voter le 29 juillet ? Ou au contraire, est-ce le présumé fichier parallèle et frauduleux qui a été envoyé ? Le général Sangaré est formel : « Il s’agit du fichier audité. Constat d’huissier à l’appui. »
Quelques heures avant le début de la polémique, une rencontre avait été organisée entre Tiébilé Dramé et Soumeylou Boubèye Maïga, le premier ministre malien. Pour lever les doutes, le chef du gouvernement a notamment annoncé « la transmission de tous les documents relatifs au fichier audité, à la commande et à la livraison des cartes d’électeurs biométriques à tous les candidats ».
Mais la présence de doublons qui seraient contenus dans le présumé fichier électoral parallèle n’est pas la seule découverte annoncée par l’équipe de Soumaïla Cissé. « Vous avez également des bureaux de vote additionnels qui approchent le millier », a assuré M. Dramé.
Appel à la communauté internationale
Les corrections de cette « erreur informatique » promises par l’Etat malien suffiront-elles à calmer l’opposition ? Rien n’est moins sûr. « Il est évident que nous ne saurions nous contenter de solutions techniques, du genre “il y a eu des erreurs techniques ou informatiques” », avait prévenu M. Dramé lors de la conférence de presse.
« L’étendue des constatations, leur gravité, fait que des solutions techniques ne suffisent pas. Il faut des mesures politiques, avec l’implication des représentants de la communauté internationale », a-t-il poursuivi, sans détailler les mesures politiques souhaitées.
Pour ce scrutin attendu, l’Union européenne (UE), la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union Africaine (UA) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont déployé des centaines d’observateurs. Aucune n’a pour l’heure réagi sur cette polémique. « Ce qui est complètement dingue dans cette histoire, c’est que le travail de vérification que nous avons fait, n’importe quel observateur aurait pu le faire », s’étonne un proche de M. Cissé.

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Des observateurs internationaux qui, toujours selon Tiébilé Dramé, se seraient vu refuser l’accès aux centres de compilation des résultats par le gouvernement. L’Union européenne (UE), qui aura, le jour du vote, 80 observateurs sur le terrain, ne confirme pas ce refus mais reconnaît que des « déclarations contradictoires ont été formulées ». « Nous essayons d’obtenir des engagements fermes sur la présence des internationaux dans les commissions de compilation, conformément à l’accord qui a été signé avec le ministère des affaires étrangères malien », glisse un collaborateur de la mission.
Si les mesures attendues n’étaient pas prises avant le jour du vote, « Soumi » envisagerait-il de boycotter le scrutin ? « Je n’ai pas dit que Soumaïla Cissé allait boycotter le scrutin », corrige son bras droit. Ses proches le confirme : Soumi sera sur la ligne de départ. Car comme Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé « Boua » (« le vieux », en bambara), à 69 ans, Soumaïla Cissé sait qu’il jouera dimanche prochain sa dernière carte pour tenter de briguer la magistrature suprême.

