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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat
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Alexandre Benalla, l’affaire qui rompt l’espoir d’exemplarité démocratique

Quarante-huit heures après les révélations du Monde, les professeurs de droit à l’université Paris I - Panthéon Sorbonne, Dominique Rousseau et Paul Cassia reviennent sur cette affaire, qui casse l’image de la République exemplaire souhaitée par le chef de l’Etat



Le Monde
 |    20.07.2018 à 17h30
   





                        


Le 18 juillet dernier, Le Monde révélait la faiblesse des sanctions contre le chargé de mission à la présidence, Alexandre Benalla, proche du chef de l’Etat, après la diffusion de vidéos le montrant entrain de frapper un manifestant le 1er mai. Ce 20 juillet dernier, l’ex agent de sécurité et conseiller de l’Elysée a été placé en garde à vue pour « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservées à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéo surveillance », en plus de l’annonce de son licenciement par la présidence de l’Elysée.
Pour Dominique Rousseau, la transgression du principe d’exemplarité et d’impartialité par le gouvernement conduit à l’effondrement de la démocratie, et montre la nécessité d’une refonte institutionnelle. Tandis que pour Paul Cassia, cette affaire montre une « transparence de façade » du président, alors que « la République paraît d’autant plus fragile aujourd’hui que ses valeurs dépendent comme jamais de l’exemplarité d’un seul homme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Tous deux originaires de l’Eure, le secrétaire d’Etat à la transition écologique et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie. Ils n’ont jamais perdu le contact depuis.
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Sébastien Lecornu fut le « commandant de peloton d’Alexandre Benalla, en 2012 ou 2013 »

Tous deux originaires de l’Eure, le secrétaire d’Etat à la transition écologique et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie. Ils n’ont jamais perdu le contact depuis.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h18
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


C’est l’une des nombreuses surprises qui émaillent le parcours d’Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée impliqué dans des violences lors des manifestations du 1er mai à Paris. Selon nos informations, confirmant celles de Libération, le responsable de la sécurité de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron est également un proche de Sébastien Lecornu, ancien membre du parti Les Républicains (LR), devenu secrétaire d’Etat à la transition écologique dans le gouvernement d’Edouard Philippe.
Originaires de l’Eure tous les deux, séparés par seulement six années, l’ancien élu LR et le professionnel de la sécurité se sont connus au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, une force composée d’environ 25 000 volontaires, mobilisée dans certaines situations pour renforcer les effectifs de la gendarmerie nationale. « J’ai été le commandant de peloton d’Alexandre Benalla, confirme Sébastien Lecornu, interrogé par Le Monde. J’ai dû l’avoir une dizaine de fois sous mon commandement, en 2012 ou 2013. »

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« Pas un mauvais gendarme, au contraire »
Selon le secrétaire d’Etat, qui a quitté la réserve de la gendarmerie après son élection à la mairie de Vernon (Eure) en 2014 — il fut également président (LR) du conseil départemental de l’Eure de 2015 jusqu’à son entrée au gouvernement, en 2017 —, Alexandre Benalla « n’était pas un mauvais gendarme de réserve, au contraire ». Les deux hommes étaient notamment chargés de faire des patrouilles pour lutter contre les cambriolages, lors des vacances d’été et de Noël, ou de mener différentes opérations de prévention.
Selon M. Lecornu, Alexandre Benalla l’aurait d’ailleurs sorti d’un « très mauvais pas » lors d’une opération menée conjointement dans le nord de l’Eure. A la recherche d’un individu « présumé dangereux », ils l’auraient retrouvé à bord d’une voiture dans un lotissement. Celui-ci aurait alors foncé sur leur véhicule de fonction, côté passager, où se trouvait le futur secrétaire d’Etat. « Benalla, qui était au volant, a eu le réflexe d’enclencher la marche arrière et de reculer in extremis notre voiture », se souvient Sébastien Lecornu.
Depuis cette période, les deux hommes se seraient recroisés à différentes occasions, notamment lors de cérémonies de la gendarmerie, et seraient restés en contact sur le réseau Facebook, où ils sont amis. « Je savais qu’il avait travaillé pour des membres du Parti socialiste, mais je l’ai surtout revu régulièrement à l’Elysée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron », assure le proche d’Edouard Philippe et de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics.
Le chauffeur de M. Lecornu au conseil départemental de l’Eure, qui l’a suivi au ministère de la transition écologique, aurait également maintenu le contact entre les deux hommes. « C’est un réserviste de la gendarmerie lui aussi, qui connaît très bien Alexandre Benalla. Il est donc arrivé que tout le monde se croise à des événements ou prenne des cafés ensemble près de la mairie » de Vernon, explique un proche du secrétaire d’Etat.
Interrogé sur le comportement de M. Benalla lors des manifestations du 1er mai à Paris, Sébastien Lecornu n’a pas souhaité faire de commentaire.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Autour d’Alexandre Benalla s’était formée une équipe soudée qui ne quitte jamais le sillage du président.
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Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée

Autour d’Alexandre Benalla s’était formée une équipe soudée qui ne quitte jamais le sillage du président.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h44
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            

Un léger signe, discret, derrière une colonne. Un regard, un geste pour indiquer le chemin à suivre. Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron fête sa victoire dans la cour du Louvre. Il marche dans la nuit, solitaire, au son de L’Hymne à la joie. Dans l’ombre, un homme accompagne ses pas jusqu’à l’estrade où il va prononcer son premier discours de chef d’Etat. Au pied de l’escalier de fer, le président tout frais élu abandonne sur sa gauche le guide de cette longue marche prési­dentielle, un homme brun de 25 ans qui s’éclipse en coulisse : Alexandre Benalla.

Ce soir de printemps 2017, derrière la tribune, le jeune homme veille pour la première fois de sa vie sur un président de la République. Un Graal, à 25 ans. Quelques jours plus tard, le voilà à l’Elysée comme adjoint au chef de cabinet – une formule floue qui signifie qu’il s’occupe désormais du quotidien du président. Il dispose d’un bureau et d’une voiture de fonction.
Quoique simple gendarme de réserve et alors que son expérience se limite à des missions de sécurité privée, le voilà chargé de superviser la protection d’Emmanuel Macron. Une étrangeté, puisque c’est d’ordinaire le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui est chargé de la sécurité du chef de l’Etat. Benalla et les hommes du GSPR (policiers et gendarmes) traitent désormais d’égal à égal. Non sans rivalités, de plus en plus aiguisées.
Dès l’été 2017, le nouveau « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron accompagne le couple présidentiel dans la France entière : à vélo sur la route de la Corniche dans la station balnéaire du Touquet, le berceau de Brigitte Macron, sur les pistes de La Mongie, au cœur des Pyrénées, durant l’hiver. Mais aussi au Salon de l’agriculture, étape obligée des présidents français, ou dans l’Orne, pour sécuriser le village de Berd’huis avant le « 13 heures » de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, en avril. Autour de Benalla, d’autres personnages discrets de la campagne d’Emmanuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’affaire Benalla était omniprésente vendredi 20 juillet dans l’hémicycle, empêchant les débats sur la révision constitutionnelle de se dérouler.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ L’ancien « M. Sécurité » du président de la République a déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans un logement de fonction, selon un document de l’administration.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

Alexandre Benalla est logé quai Branly, dans une dépendance de l’Elysée

L’ancien « M. Sécurité » du président de la République a déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans un logement de fonction, selon un document de l’administration.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h35
    |

                            François Krug et 
Ariane Chemin








                        


Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République, a lui-même déclaré être domicilié depuis le 9 juillet dans une dépendance de l’Elysée, au 11, quai Branly, dans le très chic 7e arrondissement de Paris, selon un document de l’administration dont Le Monde a pris connaissance.
L’ancien « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron a déclaré ce domicile deux mois après la fin de sa mise à pied par l’Elysée — du 4 au 19 mai —, à la suite des événements du 1er Mai place de la Contrescarpe, à Paris, et une semaine et demie avant son licenciement, vendredi 20 juillet. Il habitait auparavant à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine.

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                Accusé de violences, Benalla a été placé en garde à vue et va être licencié par l’Elysée



Le palais de l’Alma, au 11 du quai Branly — d’anciennes écuries construites par Napoléon III — accueille depuis longtemps des dépendances de la présidence. On y trouve soixante-trois logements de fonction, sur cinq mille mètres carrés.
C’est là que, sous les deux septennats de François Mitterrand, était logé François de Grossouvre, l’homme chargé des affaires privées de l’ancien chef de l’Etat. C’est là encore que le président socialiste avait discrètement logé sa compagne Anne Pingeot, et leur fille, Mazarine Pingeot.
Outre ce prestigieux logement de fonction, Alexandre Benalla disposait à l’Elysée de nombreux privilèges, notamment d’une voiture avec chauffeur. L’immeuble du quai Branly est surveillé par des gendarmes. L’un d’eux avait répondu au Monde, jeudi 19 juillet, que M. Benalla n’y habitait pas.
L’Elysée a annoncé, vendredi, engager une procédure de licenciement à l’encontre d’Alexandre Benalla, qui a, par ailleurs, été placé en garde à vue.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.
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Chronique

« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne »

Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.07.2018 à 12h09

     •
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        Mis à jour le 20.07.2018 à 14h50






    
Le président français Emmanuel Macron pose avec les artistes Femi Kuti, Youssou N’Dour et Angelique Kidjo au New Afrka Shrine de Lagos, au Nigeria, le 3 juillet 2018.
Crédits : REUTERS


Chronique. En marge de sa visite au Nigeria, Emmanuel Macron a accordé une interview à l’animateur Claudy Siar diffusée sur France 24 et RFI le 5 juillet, dans laquelle il revient sur le sujet de la migration africaine vers l’Europe. De façon surprenante, il soutient que « les personnes très pauvres ne quittent pas leur pays. Ce sont les classes moyennes de pays qui sont plutôt émergents qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ». Il ajoute que ce sont les familles aisées qui donnent un pécule à leurs enfants pour aller en Europe.

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Donc, selon le président français, une famille « riche » peut sciemment décider de donner une somme d’argent à l’un de ses enfants et l’envoyer à une mort certaine. Car la réalité de l’émigration, au-delà des discours des dirigeants européens et le silence coupable des décideurs politiques africains, ce sont les morts quasi quotidiennes de jeunes qui fuient le continent par manque d’espoir.
En 2017, 3 119 personnes sont mortes dans la Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre fait abstraction des personnes disparues en mer et qui reposent à jamais au fond des eaux. Pas un seul jour ne passe sans que le sujet ne soit au menu de débats politiques houleux, ce qui en fait un sujet à la limite civilisationnelle de notre époque.
Mépris pour les gens ordinaires
Le discours d’Emmanuel Macron, après ses sorties sur la démographie africaine et sur les kwassa kwassa comoriens, illustre à nouveau ce qu’il représente : une élite libérale liée aux puissances d’argent porteuse souvent d’un mépris pour les gens ordinaires.
Pour l’Afrique, son engouement depuis son élection est peut-être sincère. Il peut être le signe d’un désir de repenser la relation entre la France et le continent en dehors des pratiques sombres de la Françafrique traditionnelle.

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Mais la vision du jeune président français est biaisée par une représentation erronée de l’Afrique. Emmanuel Macron est issu d’une caste, celle des puissants qui répètent à l’envi des poncifs sur le numérique, l’entrepreneuriat, présentés comme les solutions magiques aux urgences du continent. Sans parler de l’utilisation ambiguë du concept globalisant de « classe moyenne africaine », dont beaucoup d’économistes interrogent la pertinence.
Dans sa posture, Macron peut compter sur des jeunes hommes et femmes africains qui survendent un discours afro-optimiste déconnecté de la réalité du continent. D’ailleurs, durant les séjours du président français en Afrique, on les voit inonder la toile de selfies et de mots enthousiastes sur la « start-up nation », l’« Africa rising » et autres nouveaux mots savants.

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Toutes ces personnes refusent d’affronter la réalité du continent dont l’un des visages est la misère sociale, la corruption, la violence physique et symbolique qui poussent les gens à fuir.
Il est choquant d’entendre Macron dire que ce sont des familles aisées qui donnent de l’argent à leurs enfants pour rallier l’Europe et qui, quand ils y parviennent, y vivent une vie de sous-homme.
Il faut rappeler à Emmanuel Macron que personne ne quitte son pays dans ces conditions le pied léger. Il y a une réalité de l’émigration clandestine africaine que propulse une quête d’une vie décente. Au Sénégal, en pleine vague de départ par pirogues, le mot d’ordre des jeunes était : « Barca wala Barsakh » : « Arriver à Barcelone ou mourir. »

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D’ailleurs les Sénégalais membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique de Macron devraient lui suggérer de prendre contact avec Yayi Bayam Diouf, présidente du collectif des mères qui ont perdu leurs fils, morts en Méditerranée.
C’est insulter le deuil de ces femmes que de les tenir pour responsables de la perte d’enfants partis mourir car leur pays ne leur apporte aucun espoir.
Immenses sacrifices
Quand une mère, à travers les ressources d’une tontine ou d’un crédit, finance le voyage d’un fils pour espérer qu’il réussisse en Europe et sorte toute sa famille de la misère, on lui doit respect et empathie, et non la vilipender devant un intervieweur connivent.
L’argent investi, car c’est bien le mot, dans le voyage risqué, voire suicidaire, du fils ou de la fille n’est pas la preuve d’une richesse ou de l’appartenance à une classe moyenne. Ce n’est que le pécule amassé difficilement par une famille désœuvrée ou un travailleur précaire. Et réunir ces sommes qui servent à financer le départ résulte le plus souvent d’immenses sacrifices et de nombreuses privations.



Enfin, quand Emmanuel Macron dit : « On a besoin d’une jeunesse africaine qui se raconte elle-même, qui construit son imaginaire, ses propres héros et qu’elle les explique au monde », nous ne pouvons qu’être d’accord. Il y a bien une jeunesse dynamique, créative et entreprenante sur le continent. Elle tient un discours et occupe une position qui illustre la contemporanéité de l’Afrique. Mais il y en a une autre, qui continuera à hanter le sommeil des Européens en allant à l’assaut de ses côtes en dépit des lois répressives comme celles actuellement en vigueur en France.
Non, Monsieur Macron, cette jeunesse qui meurt en Méditerranée n’est pas issue de la « classe moyenne ». Elle est pauvre et n’a plus aucun espoir chez elle.
Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les révélations du « Monde » mettent en lumière la personnalité d’un président entouré d’un petit cercle de fidèles.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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Ce que la polémique sur l’affaire Benalla révèle d’Emmanuel Macron

Les révélations du « Monde » mettent en lumière la personnalité d’un président entouré d’un petit cercle de fidèles.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h56
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            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« La République, elle est inaltérable. » En déplacement en Dordogne, jeudi 19 juillet, Emmanuel Macron s’est contenté d’une seule phrase pour réagir à la vague d’indignation suscitée par l’affaire Benalla, après les révélations du Monde, la veille, concernant les violences exercées par ce très proche du chef de l’Etat lors des manifestations du 1er-Mai à Paris. Une sobriété étonnante au vu de la gravité des faits, et des réactions que ceux-ci ont provoquées au sein de la classe politique comme de l’opinion.

Mais au-delà de cette communication minimale, c’est l’attitude même du chef de l’Etat qui intrigue. Malgré la pression médiatique et les interrogations exprimées tout haut par plusieurs membres de la majorité, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, Emmanuel Macron a mis près de trente-six heures à lâcher Alexandre Benalla, qui faisait partie de son premier cercle : sanctionné d’une simple mise à pied de quinze jours (avec suspension de salaire), effectuée entre le 4 et le 19 mai, le chargé de mission a été dans un premier temps maintenu dans ses fonctions à la présidence de la République, où il travaille auprès du chef de cabinet de M. Macron, François-Xavier Lauch. Ce n’est que vendredi matin que l’Elysée a annoncé avoir engagé une « procédure de licenciement » de M. Benalla.
« Cette sanction est la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », avait bien tenté le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit, lors d’une déclaration effectuée, jeudi matin, depuis le Château – une première depuis sa nomination, en août 2017, signe de la fébrilité du palais. Mais celle-ci n’avait manifestement convaincu personne.
Les révélations concernant la présence de M. Benalla à la cérémonie de panthéonisation de Simone Veil, le 1er juillet ; lors du défilé du 14-Juillet, place de la Concorde ; ou encore dans le bus des Bleus à l’occasion de...




                        

                        


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Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

Le conseiller qui a frappé un manifestant le 1er mai fait l’objet d’une procédure de licenciement et a été placé en garde à vue vendredi.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h47
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20.07.2018 à 15h45
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            Manon Rescan et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            

Emmanuel Macron a fini par céder à la pression, ce qu’il déteste par-dessus tout. Vendredi 20 juillet dans la matinée, l’Elysée a annoncé avoir engagé la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla. Ce conseiller de l’Elysée, au cœur d’une tempête médiatique, a été placé en garde à vue pour des chefs de « violences en réunion, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images de vidéosurveillance ».
Un rebondissement après vingt-quatre heures de crise qui ont fait tanguer la Macronie et plier le chef de l’Etat. Jeudi, Emmanuel Macron est venu en Dordogne parler territoires et présenter la nouvelle Marianne destinée à orner la plupart des timbres. Impassible, malgré les bourrasques de l’affaire Benalla. Pas question de dévier de son programme. Qu’importent ces journalistes qui toute la journée, jeudi 19 juillet, le criblent de questions sur ce qui est devenu en quelques heures le plus gros scandale depuis le début de son mandat. « Il n’y a que vous que ça intéresse », tranche Emmanuel Macron. Depuis le début de la journée, les chaînes d’informations en continue repassent pourtant en boucle les images de son conseiller frappant un manifestant. Lui préfère discuter avec la rédactrice en chef d’une revue de philatélie.
Hors de question de se laisser imposer son agenda. Aux questions des Français qu’il rencontre, Emmanuel Macron répond tranquillement. Interpellé sur la CSG, le pouvoir d’achat, l’agriculture… Comme d’habitude, il tente de désamorcer les critiques sans jamais s’énerver, frais et souriant, toujours partant pour un selfie. « Merci d’être là », lance-t-il à chaque poignée de main.
Le voilà même prêt à évoquer le nouveau service de vaisselle de Sèvres de l’Elysée. « Ce n’est pas pour mon bon plaisir, affirme-t-il à une femme dans la foule. Je me suis toujours payé mes assiettes. » Il y a quelques jours encore, cela faisait pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
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Monsieur Macron, « Ilham Aliev a les mains souillées du sang de victimes innocentes »

Alors que le président de l’Azerbaïdjan est reçu à l’Elysée par le président de la République, Leyla et Arif Yunus, deux militants des droits humains vivant en exil aux Pays-Bas, appellent la France, dans une tribune au « Monde », à lutter pour la démocratie dans leur pays.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h16
    |

Leyla Yunus (Intellectuelle azerbaïdjanaise, militante des droits humains) et Arif Yunus (Historien azerbaïdjanais, militant des droits humains)







                        



                                


                            

[En détention depuis 2014, Leyla et Arif Yunus, militants des droits humains, ont été condamnés par la justice azerbaïdjanaise, en août 2015, à des peines de huit et sept ans de prison pour « fraude, évasion fiscale et commerce illégal ». Sous la pression internationale, Bakou les a libérés en décembre 2015, officiellement pour raison de santé.]
Tribune. Le 28 juin 2018, nous fêtions nos quarante ans de mariage. Mais nous n’avons pas fait la fête. Nous ne vivons plus dans notre Bakou natal, où nous avions coutume d’organiser des réunions familiales, de fêter les anniversaires, entourés de nos proches, et où nous pouvions nous recueillir sur les tombes de nos parents… En avril 2016, nous avons été contraints de quitter notre patrie pour sauver notre vie et pour préserver notre santé afin que notre fille ne se retrouve pas orpheline.
Nous avons entamé notre lutte pour la défense des droits humains et de la liberté déjà en URSS : le KGB avait traduit Arif [Yunus] en justice déjà en 1967 tandis que Leyla [Yunus] faisait partie du mouvement clandestin « des minorités ethniques contre le bolchevisme » et a participé à la création du Front populaire d’Azerbaïdjan. Après la chute de l’URSS, nous étions emplis d’espoir à l’idée de vivre enfin dans un Azerbaïdjan indépendant et démocratique.
Mais en 1993, Heïdar Aliev, par le passé général du KGB et premier secrétaire du Parti communiste d’Azerbaïdjan, a été nommé à la tête du pays. En s’appuyant sur la vieille nomenklatura du Parti, Heïdar Aliev a installé en Azerbaïdjan un régime autoritaire et implacable. Le fils Ilham Aliev a remplacé le père en 2003 et s’est mis à réprimer plus durement encore les droits et libertés des citoyens, instaurant en Azerbaïdjan une véritable dictature.

Tous les cinq ans, Ilham Aliev donne un spectacle appelé « élections » afin d’assurer légalement sa légitimité au poste de président pour un nouveau mandat. Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le collaborateur de la présidence aurait été destinataire d’un document appartenant à la préfecture de police de Paris, qu’il n’était pas autorisé à détenir.
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Accusé de violences, Benalla a été placé en garde à vue et va être licencié par l’Elysée

Le collaborateur de la présidence aurait été destinataire d’un document appartenant à la préfecture de police de Paris, qu’il n’était pas autorisé à détenir.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h31
   





                        



Quarante-huit heures après les révélations du Monde, l’Elysée a fini par céder à la pression. La présidence de la République a annoncé, vendredi 20 juillet, avoir engagé « la procédure de licenciement » d’Alexandre Benalla, pour des « faits nouveaux » concernant ce collaborateur de l’Elysée mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frappant un manifestant le 1er mai.

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                Enquête, profil du suspect, réactions politiques… ce que l’on sait de l’affaire Benalla



« Il a été porté à la connaissance de la présidence de la République des faits nouveaux, qui sont constitutifs d’une faute commise, et qui font l’objet d’une procédure judiciaire », déclare l’Elysée, qui précise que M. Benalla « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir ».
M. Benalla s’est fait communiquer par la préfecture de police de Paris une vidéo filmée le 1er mai place de la Contrescarpe par des caméras de vidéosurveillance. Il a fait cette demande, selon l’Elysée, mercredi 18 juillet dans la soirée.
Le Monde avait contacté M. Benalla en milieu de journée mercredi et a publié l’article révélant les brutalités commises par ce dernier lors de la manifestation du 1er mai mercredi vers 20 heures.
Jeudi, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait expliqué qu’à la suite des incidents du 1er mai, Alexandre Benalla avait « été immédiatement convoqué par le directeur de cabinet du président, qui lui a notifié une sanction disciplinaire » : mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et changement d’affectation. Cette sanction constituait « un dernier avertissement avant licenciement », avait dit le porte-parole.

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                Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ?



Placement en garde à vue
Alexandre Benalla a également été placé en garde à vue vendredi des chefs de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection. L’enquête a été ouverte à l’initiative du parquet de Paris, et les investigations ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour LRM, qui accompagnait Alexandre Benalla et les forces de l’ordre lors des manifestations du 1er Mai, a été lui aussi placé en garde à vue vendredi, a annoncé le parquet de Paris, pour « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonction ».
Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, qui a délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’« observateur » à la manifestation parisienne du 1er mai, a quant à lui été entendu jeudi soir par des enquêteurs, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

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                La préfecture de police de Paris embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla



Par ailleurs, trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire, selon une information du Monde. La sanction disciplinaire est liée à la transmission à M. Benalla d’une vidéo filmée le 1er mai place de la Contrescarpe par des caméras de vidéosurveillance.

Vous détenez des informations confidentielles : témoignez sur Source sûre
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le député de La France insoumise, François Ruffin, échange avec Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, sur la transcendance de son combat politique dans « Paix intérieure et paix sociale ».
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François Ruffin, une vocation « spirituelle » ?

Le député de La France insoumise, François Ruffin, échange avec Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, sur la transcendance de son combat politique dans « Paix intérieure et paix sociale ».



Le Monde
 |    20.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h30
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Livre. Maintenir la perspective qu’autre chose puisse advenir, réaffirmer la nécessité d’aller au-delà du monde présent, de sa violence, de ses injustices ; cette espérance unit ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. On le vérifiera en lisant le bref ouvrage où dialoguent François Ruffin, député de la Somme, et Olivier Leborgne, évêque du diocèse d’Amiens. On doit l’idée de cet échange aux membres du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC), et c’était une bonne idée : la conversation se révèle à la fois sincère et éclairante.
Il faut dire que les deux hommes ont plus d’une affinité. Depuis qu’il a été nommé à Amiens, en 2014, Olivier Leborgne a démontré qu’il s’inscrivait dans la tradition d’un christianisme social attentif aux mobilisations en solidarité avec les migrants du monde entier ou avec les grévistes de Whirlpool. Citant aussi bien les papes que le philosophe tchèque Jan Patocka, il ancre son engagement dans une conception combative de la charité : « Quand Jésus dit “Heureux les doux”, il ne dit pas “Heureux les mous”», glisse-t-il…
Symétriquement, François Ruffin accomplit un pas vers son interlocuteur pour s’interroger sur son propre rapport à la religion. Tout en précisant qu’il ne croit pas en Dieu, le député « insoumis » confie ce qui le lie à cet héritage. Elevé chez les jésuites de la Providence, établissement par lequel Emmanuel Macron est également passé, Ruffin a certes été le seul de sa classe à ne pas faire sa première communion. Peu à peu, il n’en a pas moins renoué avec « le fil de la religion », notamment par l’intermédiaire de chrétiens de gauche ayant participé à la fondation de l’hebdomadaire Fakir.
La « petite lumière » de la révolte
Page après page, on découvre alors un Ruffin qui non seulement n’a rien d’un bouffeur de curé, mais qui salue l’Eglise avec tendresse, comparant sa « marginalité » actuelle à celle du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les Etats ont perdu le monopole du pouvoir au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public, estime dans une tribune au « Monde » Clara Paul-Zamour, conseil en stratégie de communication.
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Les crises Danone : quand « l’entreprise devient un objet politique »

Les Etats ont perdu le monopole du pouvoir au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public, estime dans une tribune au « Monde » Clara Paul-Zamour, conseil en stratégie de communication.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 06h45
    |

Clara Paul-Zamour (Directrice associée chez Angie Consulting, société de conseil en communication d'entreprises)







                        



                                


                            

Tribune. Danone traverse depuis le mois d’avril une crise majeure au Maroc, victime d’un puissant boycott de ses produits qui a fait plonger son chiffre d’affaires de 50 % en six semaines.
Tandis que la situation n’est pas encore apaisée, un front russe s’ouvre pour le groupe agroalimentaire, qui se débat désormais avec les accusations de violation des normes sanitaires par l’agence de contrôles Rosselkhoznadzor.
Turbulences d’opinion
Tout ceci alors que Danone se présente comme une entreprise en avance sur les attentes des consommateurs, pionnière dans sa volonté de concilier les exigences du marché et celles de la société ; que Danone est un groupe international piloté par un patron engagé, Emmanuel Faber, chantre de la Révolution de l’alimentation, de la transparence vis-à-vis du consommateur, du sans OGM, d’une « agriculture régénératrice ».
Cette entreprise aurait pu sembler à l’abri de ce type de turbulences d’opinion, protégée par ses pratiques comme par sa communication. D’où vient que ce groupe précurseur se trouve ainsi impacté par ces deux crises de nature profondément politique – une crise d’opinion au Maroc, et une crise aux accents géopolitiques en Russie ?

Danone est percutée par ce qui apparaît de plus en plus comme le lot commun des grandes entreprises : un regard beaucoup plus acéré, parfois déformant, de la société sur leurs pratiques, une pression accrue de l’opinion et une exposition médiatique croissante.
La mondialisation libérale a éclaté et redistribué le pouvoir. Les Etats en ont perdu le monopole au profit d’acteurs non gouvernementaux, au premier rang desquels de grands groupes internationaux dont la richesse dépasse le produit intérieur brut de certaines nations. Avec cette place viennent les responsabilités, et autant d’attentes ou d’exigences nouvelles du public.
Part d’irrationnel
Face à ce constat, la réaction en apparence économe est l’esquive : mieux vaut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Entre 2001 et 2014, l’ancien maire de Paris a mis le pied à l’étrier à de nombreux collaborateurs recrutés ensuite à l’Élysée, Matignon et dans les grandes entreprises.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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La bande de Bertrand Delanoë, une tribu soudée et fidèle à son mentor


                      Entre 2001 et 2014, l’ancien maire de Paris a mis le pied à l’étrier à de nombreux collaborateurs recrutés ensuite à l’Élysée, Matignon et dans les grandes entreprises.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h15
    |

            Vanessa Schneider








                              

                        
C’était une belle soirée. De celles auxquelles les participants repensent en rentrant chez eux et qu’ils évoquent lorsque leurs chemins se croisent à nouveau. Le 20 mars, personne n’a tenu les comptes de façon précise, mais ils étaient plus de 120 autour de leur ancien patron, réunis à L’Entrepôt, un cinéma et restaurant du quatorzième arrondissement de Paris.
Une foule d’anciens collaborateurs qui, comme chaque année depuis 2014, se sont retrouvés pour un moment amical, sans enjeu ni stratégie. Juste pour le plaisir. Dans ce monde politique d’ordinaire si peu tendre envers ceux qui ne sont « plus rien », Bertrand Delanoë, maire de Paris de 2001 à 2014, retiré des Vélib’ depuis qu’il a laissé le guidon à Anne Hidalgo, continue à faire le plein.

Comme pour les trois éditions précédentes, Jérôme Grand, aujourd’hui à la tête de SNCF Réseau de la région Bourgogne-Franche-Comté, s’est chargé de lancer les invitations. Nicolas Revel et Mathias Vicherat, les deux derniers directeurs de cabinet de Delanoë, ont introduit la soirée, puis « Bertrand », comme tous l’appellent, a fait son habituel discours.
Pas un mot sur la politique, à l’inverse de l’an passé, où il avait expliqué son choix de soutenir Emmanuel Macron. Pas une phrase sur sa successeure, Anne Hidalgo, venue au premier dîner, à l’Institut français de la mode, mais absente depuis. Rien sur les difficultés de la maire ni sur la future élection municipale.

Depuis, il s’est également abstenu de commenter les velléités de Gaspard Gantzer, un de ses protégés, de concourir en 2020. Prudent, celui qui sait que chacune de ses paroles peut être amplifiée et interprétée s’est contenté de donner de ses nouvelles de retraité heureux qui partage sa vie entre Paris et la Tunisie, et de dire à ceux qui ont travaillé pour lui à quel point il est fier de ce qu’ils sont devenus.

« Je suis sûr que, si je vous le demandais, vous accepteriez de retravailler...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Un collaborateur de l’Elysée a été identifié par « Le Monde » en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er Mai. Au lendemain de ces révélations, l’Elysée et le gouvernement sont à la peine.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé jeudi 18 juillet devant les sénateurs, au sujet de l’affaire du collaborateur de l’Elysée, filmé en train de frapper une homme lors de la manifestation du 1er mai 2018 à Paris.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/07/20/18-16">
<filnamedate="20180720"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180720"><AAMMJJHH="2018072018">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Un collaborateur de l’Elysée a été identifié en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er-Mai. Le point sur l’affaire qui embarrasse l’executif.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Enquête, profil du suspect, réactions politiques… ce que l’on sait de l’affaire Benalla

Un collaborateur de l’Elysée a été identifié en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er-Mai. Le point sur l’affaire qui embarrasse l’executif.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 14h09
   





                        



L’« affaire Benalla », révélée mercredi 18 juillet par Le Monde, a eu depuis de nombreuses répercussions politiques et judiciaires. La présidence peinait jeudi 19 juillet à couper court à la bronca suscitée par une vidéo montrant Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron, frappant un manifestant le 1er-Mai. Une enquête préliminaire pour violences et usurpation de fonction a été ouverte et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.
Que s’est-il passé le 1er-Mai ?
En marge des cortèges du 1er-Mai, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour manifester place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Ce rassemblement faisait suite à un appel lancé sur Facebook par un comité d’action interlycéen, relayé ensuite par le syndicat étudiant UNEF et par le parti La France insoumise (LFI).

        Relire :
         

          le suivi en direct de la journée, au lendemain des révélations du « Monde »



Au final, une centaine de militants avaient répondu présent. Sur place, la situation avait dégénéré, et une vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, montrait un homme portant un casque tirer par le cou une jeune fille aux cheveux châtains, puis revenir s’en prendre violemment à un jeune homme, déjà à terre, entouré par des CRS. On entend alors le jeune homme le supplier de se calmer : « Je vais vous expliquer ! », lui crie-t-il. En vain. L’homme casqué, visiblement hors de lui, le traîne au sol, le saisit violemment au cou par-derrière, puis le frappe à plusieurs reprises.

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » identifie, sur une vidéo, un collaborateur de Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris



Une seconde vidéo, diffusée jeudi soir sur Twitter, révèle le contrechamp des images initiales. On y voit M. Benalla faire reculer une jeune manifestante jusqu’à un mur avant d’essayer de la faire tomber, puis de la contraindre à s’asseoir. Il reste ensuite quelques secondes avec elle avant de repartir en direction du premier manifestant.
Qui est Alexandre Benalla, identifié comme l’auteur de ces violences ?

   


Alexandre Benalla, 26 ans, que Le Monde a identifié comme étant l’auteur de ces violences, est un homme que M. Macron connaît bien, puisqu’il a participé, comme responsable de la sécurité, à sa campagne présidentielle. M. Benalla a par la suite été recruté à l’Elysée en tant que chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch. 
Son nom apparaît à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et les documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017. Il est notamment suspecté d’avoir fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. Il a obtenu à la demande de l’Elysée et dans le cadre de ses fonctions un permis de port d’armes délivré en octobre 2017 par la préfecture de police de Paris.
M. Benalla a également été le collaborateur parlementaire associé de Pascale Boistard en 2012, quand elle était députée – il n’était pas rémunéré, mais bénéficiait de certains accès au Palais-Bourbon. Avant cela, M. Benalla avait aussi assuré la sécurité de Martine Aubry durant la campagne de la primaire du Parti socialiste en 2011.
« Alexandre Benalla est très connu dans le milieu policier », a déclaré, jeudi à franceinfo, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). Il est « régulièrement sur les dispositifs opérationnels, il pilote différentes choses, sans qu’on sache qui l’a mandaté pour ça », selon le syndicaliste, qui explique que les policiers avaient « face à eux quelqu’un qui représente, même si c’est de façon indue, une forme d’autorité qui est supérieure à la leur ».
Un photographe de l’Agence France-Presse (AFP) et la chaîne Public Sénat ont également témoigné, jeudi, d’un comportement « désagréable », voire « musclé » d’Alexandre Benalla quand il était chargé de la sécurité de la campagne de Macron. « C’était un personnage extrêmement désagréable. (…) Il ne se présentait pas, il jouait les gros bras. Il ne fallait pas bouger », rapporte le photographe de l’AFP Eric Feferberg.

        Lire le portrait d’Alexandre Benalla,
         

          ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai



Qui est le second homme suspecté d’avoir participé aux violences ?

   


Alexandre Benalla n’était pas le seul « collaborateur » de l’Elysée à être présent lors de la manifestation du 1er-Mai. Il était ce jour-là accompagné d’une connaissance, Vincent Crase, que l’on voit également sur la vidéo. Il s’agit d’un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. Cet officier basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle.
Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, a précisé lors d’un point presse que M. Crase était « très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République ».
Quelles sanctions ont été prises contre eux ?
Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda a indiqué au « Monde »  que « le lendemain de la manifestation » il avait « été avisé par un collaborateur que M. Benalla avait été reconnu sur le terrain en train de participer à des opérations de maintien de l’ordre ». « J’ai vu les vidéos, je l’ai convoqué le jour même, je lui ai demandé si c’était lui », a-t-il déclaré
Le directeur de cabinet prévient aussitôt le président de la République, en déplacement en Australie. « Si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions », lui répond M. Macron. Devant M. Strzoda, M. Benalla reconnaît être l’homme casqué. Le préfet rédige alors une lettre à son attention, lui faisant savoir qu’il était mis à pied temporairement, quinze jours, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire.
Depuis son retour, il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président.

        Comprendre pourquoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Selon l’Elysée, M. Benalla reste toutefois chargé de mission auprès du président de la République, quoique désormais affecté à un poste administratif, où il s’occupe de la sécurité d’événements organisés « à l’intérieur du palais », comme des rencontres avec des entreprises. Il était également présent lors de la célébration de la victoire des Bleus au Mondial, lundi sur les Champs-Elysées, pour le 14-Juillet, à Paris, place de la Concorde ou encore lors de l’entrée au Panthéon de Simone Veil – trois manifestations qui se tenaient pourtant à distance du palais présidentiel.

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          l’Elysée annonce avoir « mis fin à toute collaboration » avec un gendarme réserviste



M. Crase a eu la même sanction : une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire. Le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a ajouté qu’il avait été « mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République ». Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a précisé de son côté que M. Crase était toujours salarié de LRM et que « la condamnation morale ne suffit pas pour justifier un licenciement », faute « de cause réelle et sérieuse liée à son activité professionnelle », comme le prévoit le code du travail.

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Où en est l’enquête ?
Le parquet de Paris a ouvert, jeudi, une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a annoncé dans l’après-midi avoir saisi l’inspection générale de la police nationale, afin de « déterminer dans quelles conditions » Alexandre Benalla et Vincent Crase ont pu assister aux manifestations du 1er-Mai aux côtés des forces de l’ordre.
Le ministère de l’intérieur a toutefois admis avoir été informé, en même temps que l’Elysée, de l’identification d’Alexandre Benalla sur la vidéo de la manifestation du 1er mai. Il n’avait engagé aucune démarche particulière à ce stade.
Selon le porte-parole de l’Elysée, M. Benalla avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er-Mai », autorisation qui lui avait été donnée, car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ». « Il est clair qu’il a outrepassé le statut d’observateur », a déclaré le premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat.

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Comment réagit l’exécutif après nos révélations ?
Emmanuel Macron, en déplacement en Dordogne, a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était « entachée » par cette affaire, il a laconiquement répondu : « Non, non, la République elle est inaltérable ! » C’est le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, qui est monté au créneau : Alexandre Benalla a rapidement reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », a-t-il fait valoir.
Lors des questions au gouvernement au Sénat, le premier ministre, Edouard Philippe, interpellé par la présidente du groupe communiste au Sénat, Eliane Assassi, a rappelé que l’affaire était « désormais aux mains de la justice et c’est très bien ainsi ».

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Qu’en disent les élus ?
A gauche comme à droite, des voix se sont élevées pour critiquer la réaction trop clémente de l’Elysée à l’égard du conseiller d’Emmanuel Macron. La droite, La France insoumise et le Parti socialiste se sont étonnés que les membres du cabinet de l’Elysée, ayant eu connaissance des actes de violence commis par M. Benalla, n’aient pas informé le parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». Les élus de la République en marche étaient quant à eux totalement « abasourdis » par ces révélations.
Dans la soirée de jeudi, la commission des lois de l’Assemblée a procédé à un vote pour se doter des prérogatives d’une commission d’enquête, comme le réclamait plusieurs élus d’opposition. Pendant un mois, les commissaires procéderont à des auditions, que la présidente Yaël Braun-Pivet ne souhaite pas systématiquement publiques, pour faire la lumière sur « les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».
Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, qui a réclamé qu’un juge d’instruction soit saisi, car tous les « éléments sont là qui permettent d’identifier un délit », a également fait savoir dans la soirée que son groupe allait « proposer une motion de censure du gouvernement ».

        Lire les réactions de l’opposition,
         

          qui dénonce un « scandale d’Etat » et un « climat d’impunité »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ L’Elysée et le gouvernement sont sur la défensive après les révélations du « Monde » sur un proche d’Emmanuel Macron qui a frappé un manifestant le 1er-Mai.
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Affaire Benalla : l’exécutif à la peine

L’Elysée et le gouvernement sont sur la défensive après les révélations du « Monde » sur un proche d’Emmanuel Macron qui a frappé un manifestant le 1er-Mai.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h58
    |

                            Hugo Wintrebert








                        



Après les révélations du Monde, mercredi 18 juillet, l’exécutif a essayé toute la journée de se défendre au sujet d’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, qui a frappé un manifestant le 1er-Mai. Une communication de crise qui s’est déroulée sous la pression de l’opposition et sans l’aide d’Emmanuel Macron, mutique sur le sujet toute la journée.

        Lire notre synthèse :
         

          Ce que l’on sait de l’affaire Benalla



En déplacement en Dordogne, où il présentait les nouveaux timbres à l’effigie de Marianne, Emmanuel Macron a esquivé les questions sur l’affaire. A un journaliste qui lui demandait si l’affaire entachait la République, le chef de l’Etat a simplement répliqué que la République demeurait « inaltérable ». Toute la journée, le chef de l’Etat a balayé les questions en répondant un peu plus tard : « Je ne suis pas venu pour vous voir. Je suis venu voir M. le maire. » Des réponses laconiques qui ont laissé ses troupes dans l’embarras.

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Dès 9 heures ce matin, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a été envoyé au front pour tenter d’éteindre l’incendie. Pour sa première déclaration publique officielle, il a confirmé que le chargé de mission violent avait été sanctionné en mai sans être définitivement écarté de l’Elysée. « M. Benalla a été mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire. Il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président, a précisé l’ancien journaliste lors d’une brève allocution, évoquant « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ». 
« Exemplarité et intégrité »
Répondant aux questions des sénateurs dans l’après-midi, Edouard Philippe a commencé son intervention en qualifiant les vidéos montrant Alexandre Benalla d’« images particulièrement choquantes ». « J’ai toujours témoigné mon soutien aux forces de l’ordre. C’est pour cette raison que je ne peux pas admettre que certains viennent, par leur comportement, jeter le doute sur l’exemplarité et l’intégrité des forces de l’ordre », a déclaré le premier ministre, chahuté par les parlementaires de l’opposition.
Le chef du gouvernement a rappelé que le parquet de Paris avait ouvert jeudi matin une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », à l’encontre d’Alexandre Benalla. « L’affaire est désormais aux mains de la justice, et c’est très bien ainsi, a lancé Edouard Philippe aux sénateurs. « Un certain nombre de questions ne manqueront pas d’être posées. Nous souhaitons que cette enquête permette d’éclairer des faits précis (…) et nous saurons tirer toutes les conclusions sur cette enquête. »
En parallèle de l’enquête ouverte par le parquet de Paris, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). « Le rapport de l’IGPN sera rendu public », a-t-il précisé, tout en condamnant « sans ambiguïté un acte inadmissible ». 

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« Personne n’est protégé »
Le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a lui aussi réprouvé l’attitude de M. Benalla. « Personne n’est protégé dans ce pays, quel que soit son statut », a annoncé sur CNews celui qui est aussi le délégué général de La République en marche (LRM). A ce titre, M. Castaner a dû se justifier au sujet de Vincent Crase aperçu sur les images du 1er-Mai et employé de LRM. « Ma condamnation morale ne suffit pas pour justifier un licenciement », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’« il n’y aura aucun obstacle à ce que la justice puisse faire son travail. S’il y a des faits avérés, il y aura sanction judiciaire ».
Obligé de défendre l’Elysée, tout en condamnant le comportement d’Alexandre Benalla, les membres du gouvernement avancent sur une ligne de crête. Une situation de crise qui a engendré quelques cafouillages au niveau de la communication. Alors qu’elle participait à un débat sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, n’a pu éviter d’être interrogée par les députés sur l’affaire Benalla. La garde des sceaux a parlé de « gestes absolument inadaptés », pour évoquer le comportement du chargé de mission de l’Elysée le 1er-Mai. Avant de déclarer qu’il « était sur cette manifestation sans autorisation », en contradiction avec les propos de Bruno Roger-Petit. Le porte-parole de l’Elysée avait expliqué un peu plus tôt qu’Alexandre Benalla voulait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation et qu’une autorisation avait été donnée par Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Au Monde, M. Strzoda avait confirmé avoir donné cette autorisation.

La lettre du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, à Alexandre Benalla
Le directeur de cabinet du président de la République
à Monsieur Alexandre Benalla, chargé de mission, adjoint au chef de cabinet, présidence de la République
Paris, le 3 mai 2018
Monsieur,
J’ai été informé de votre participation aux opérations de maintien de l’ordre, aux côtés des effectifs de la préfecture de police, lors des manifestations qui se sont déroulées à Paris le 1er mai dernier.
Votre initiative ne peut en aucune manière se rattacher à la mission qui vous a été confiée au sein des services de la présidence de la République.
A cette occasion, vous avez eu un comportement manifestement inapproprié.
Votre comportement a porté atteinte à l’exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République.
En conséquence, j’ai décidé de vous suspendre de vos fonctions, à compter du 4 mai 2018, pour une durée de quinze jours.
Vous reprendrez vos fonctions le 19 mai 2018.
Je vous invite à tirer toutes les conséquences de ces incidents et de faire preuve, à l’avenir, d’un comportement exemplaire.
A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
Patrick Strzoda
Notifié le jeudi 3 mai 2018, signature de l’agent [manuscrit] lu et approuvé, et signature





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements, plusieurs élus d’opposition sont montés au créneau jeudi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai.
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L’affaire Benalla parasite l’examen de la révision constitutionnelle à l’Assemblée

Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements, plusieurs élus d’opposition sont montés au créneau jeudi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h29
    |

            Alexandre Lemarié








                        


L’examen du texte sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale se trouve totalement parasité, jeudi 19 juillet, par l’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur de l’Elysée filmé en train de frapper un manifestant à terre, dans une vidéo tournée le 1er mai à Paris.
Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements portant sur l’article 2 de ce texte essentiel pour le président de la République, plusieurs élus d’opposition, dont le communiste Sébastien Jumel ou le chef de file des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, sont montés au créneau jeudi après-midi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai dans la capitale. En retour, le président de l’Assemblée, François de Rugy, a rappelé qu’il n’était pas possible de créer cette commission d’enquête, les différents groupes – à part celui du MoDem – ayant épuisé leur droit de tirage.

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Des explications qui ne satisfont pas dans les rangs de l’opposition, où les interrogations fusent de toutes parts. « Cette affaire jette le discrédit sur le ministère de l’intérieur. Est-ce que c’est la première fois que c’est arrivé ? Qui a donné les ordres ? Est-ce que le préfet de police était au courant ? Le ministre de l’intérieur ? », a demandé le député La France insoumise (LFI) Ugo Bernalicis. « Qu’est-ce qui a justifié que sa hiérarchie, au premier rang le président de la République, a décidé de cacher cette affaire à la justice ? », s’est également interrogé M. Jacob, qui estime qu’Emmanuel Macron doit « s’expliquer ».
2 480 amendements
Alors que les interruptions de séance se sont multipliées, tous les groupes d’opposition ont exigé des comptes au gouvernement – voire au président de la République – sur cette affaire. Plusieurs députés ont notamment réclamé la venue du premier ministre et du ministre de l’intérieur dans l’Hémicycle pour obtenir des éclairages sur cette affaire, faisant valoir que la « bonne tenue des débats » ne pouvait être garantie. « Nous souhaitons des explications de la part de Gérard Collomb. Sans cela, nous ne pouvons pas continuer nos travaux », a lancé le député LR Patrick Hetzel. « Ne laissez pas cette affaire pourrir ! Il s’agit de l’autorité de l’Etat », a mis en garde Jean-Luc Mélenchon, chef de file des « insoumis ».
Dans cette ambiance tendue, un sentiment de gêne était perceptible sur les rangs du gouvernement et de la majorité, peu bavards. Au point que vers 16 h 20, une suspension de séance a suscité le soulagement dans les rangs de La République en marche (LRM), où certains y ont vu une occasion de « faire redescendre la pression et calmer tout le monde ». « Je suis abasourdi par le silence de la majorité », a d’ailleurs noté Sébastien Jumel. Signe que l’heure est grave : la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe a également fait son apparition dans l’Hémicycle.
Mais, lorsque la séance a repris, M. Jumel a réitéré sa demande de création d’une commission d’enquête, jugeant que « personne ne peut accepter que nous reprenions la séance dans de bonnes conditions sans avoir des réponses à nos questions ». « Je ne vois pas comment nous pourrions continuer à travailler sérieusement sans avoir des explications du gouvernement », a abondé le député LR Laurent Furst, en dénonçant une « affaire étouffée au plus au sommet de l’Etat ». M. Jumel a lui aussi évoqué « un véritable scandale d’Etat ».

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Interpellée sur ce sujet, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, avait d’abord assuré dans la matinée que M. Benalla « était sur cette manifestation sans autorisation » ; ce qui paraissait contredire la version de l’Elysée, selon laquelle il avait bien une autorisation. Plus prudente, la garde des sceaux a répondu dans l’après-midi qu’elle ne « souhait[ait] absolument pas commenter davantage une affaire dont le parquet s’est saisi ».
Ces perturbations ne vont pas arranger l’exécutif et la majorité : depuis le début de l’examen de la révision constitutionnelle en séance, le 10 juillet, les débats avancent plus lentement que prévu. Alors que l’examen du texte devait être initialement bouclé vendredi 20 juillet, les députés devront finalement siéger ce week-end pour tenter de venir à bout des 2 480 amendements déposés sur le texte, soit quatre fois plus que lors de la révision de 2008. Il en reste pour l’heure plus de 1 500 à examiner…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La majorité avait du mal à cacher sa fébrilité, jeudi à l’Assemblée nationale, après les révélations sur Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée, proche du chef de l’Etat Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Les députés macronistes « abasourdis » par l’affaire Benalla

La majorité avait du mal à cacher sa fébrilité, jeudi à l’Assemblée nationale, après les révélations sur Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée, proche du chef de l’Etat Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h47
    |

            Manon Rescan








                        



   


« Je sens un silence pesant. » Avec quelques mots, un député de La République en marche (LRM) résume parfaitement la situation de la majorité, jeudi 19 juillet au matin, au lendemain des révélations du Monde dans l’affaire Alexandre Benalla. En cette journée de crise politique comme jamais le pouvoir n’en a connue depuis le début du quinquennat, les élus de la majorité se partagent en trois groupes à l’Assemblée nationale : ceux qui acceptent de parler, ceux qui parlent sous couvert d’anonymat et ceux qui préfèrent se taire.

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Les têtes d’affiche de la majorité sont de la dernière catégorie. Vers midi, Gabriel Attal, porte-parole du parti, passe dans une galerie non-accessible aux journalistes, jette un œil vers la salle des Quatre-Colonnes où les interviews sont autorisées. Le jeune député des Hauts-de-Seine, qui fait partie du premier cercle des élus autour du chef de l’Etat répond d’un large sourire à ceux qui l’interpellent et fait « non non » du doigt. Il ne s’exprimera pas.
Malaise profond
A LRM, mot d’ordre a été donné de ne pas répondre aux sollicitations médiatiques sur l’affaire Benalla. « Je n’ai pas de commentaires à faire, l’Elysée a déjà réagi », a déclaré en début d’après-midi Aurore Bergé, porte-parole du groupe LRM à l’Assemblée, fendant un groupe de journalistes. Richard Ferrand, le président du groupe, s’est exprimé dans la matinée sur LCI, jugeant le comportement « manifestement inapproprié » de M. Benalla. « Laissez les choses être mises au clair et les autorités prendront leur décision », a ajouté le député du Finistère, estimant que « c’est un problème qu’il revient à l’Elysée de régler ».
Au-delà des éléments de langage et des discours de communication officiels, le malaise est en réalité très profond dans la majorité. « On est abasourdi », glisse une élue francilienne. « C’est une cata, le genre de couacs dont on se serait passé », confie une autre députée. Peu acceptent de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, en des mots parfois crus : « ça prend combien de temps de mettre un poing dans la gueule ? Une seconde et demi ? Pour le virer c’est pareil », lâche l’un d’eux, lapidaire, en référence au geste d’Alexandre Benalla le 1er mai.

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Dans des mots plus polis, Laurent Saint-Martin a été le premier à dénoncer publiquement les faits. « Après un tel comportement, à mon avis, on ne peut plus travailler auprès du président de la République », a déclaré le député du Val-de-Marne sur CNews dès jeudi matin. « Il n’a pas sa place à l’Elysée par définition », abonde son collègue Florent Boudié estimant qu’« une décision définitive doit rapidement être prise, une solution intermédiaire n’est pas satisfaisante ». 
Pas question pour ces députés de se contenter de la simple mise à pied de deux semaines de M. Benalla, décidée par l’Elysée du 4 au 19 mai. « Cette personne ne peut pas avoir de relations de travail au plus haut niveau de l’Etat. On est censés incarner l’exemplarité. Cela doit provoquer une réaction sans ambiguïté », estime Joachim Son-Forget, député des Français de l’étranger.
Signe de la tension générale, la confusion a même régné durant la journée parmi le groupe LRM, plusieurs élus pensant que M. Benalla avait déjà été démis de ses fonctions à l’Elysée, en le confondant avec Vincent Crase, ce gendarme réserviste lui aussi visible à ses côtés sur la vidéo du 1er mai. Jeudi matin, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait déclaré que M. Crase avait été par le passé « très ponctuellement mobilisé » par le commandement militaire de la présidence de la République, mais qu’il avait été mis fin à ses fonctions après les incidents de la place Contrescarpe.
« Que le Parlement soit le dernier informé est quand même paradoxal », explique face caméras le député de la majorité, Alain Tourret. « Le ministre de l’intérieur serait le bienvenu de venir s’expliquer sur les faits qui sont énoncés dans la presse », poursuit-il. Une demande formulée également par l’opposition jeudi après-midi au cours d’une séance chaotique, énième rebondissement d’une journée au cours de laquelle la majorité n’a jamais paru aussi fébrile.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne. Une fiction dont les thèmes sont récupérés par l’extrême droite européenne pour diffuser ses idées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Winnetou, un héros allemand

Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne. Une fiction dont les thèmes sont récupérés par l’extrême droite européenne pour diffuser ses idées.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h03
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            Marc-Olivier Bherer (Bad Segeberg (Schleswig-Holstein), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Winnetou, le chef des Apaches, arrive sur scène monté sur un cheval alezan. Sa tenue à franges est parsemée de perles de couleurs dessinant des motifs géométriques. Une plume pend au canon de sa carabine dont la crosse est décorée de clous formant la lettre W. L’apparition de Winnetou soulève une vague immédiate d’applaudissements. Le héros tant attendu fait enfin son entrée.
Il est incarné par Jan Sosniok, un acteur bien connu de la télévision allemande. Sous une perruque de cheveux longs noirs et le teint hâlé par les UV, il repend ce rôle jusqu’en septembre sur la scène du Karl-May-Spiele, le théâtre en plein air de Bad Segeberg (Land du Schleswig-Holstein), une petite ville proprette et boisée dans le nord de l’Allemagne.
Depuis 1952, une pièce recrée des ambiances de Far West devant un public fidèle et nombreux. La tradition relève maintenant de la superproduction. Une vingtaine d’acteurs et de figurants se déploient sur scène, mais aussi des oiseaux de proie, des chevaux et même des oies. Des effets pyrotechniques, des scènes de combat, de danse, une bande-son originale viennent encore ajouter au spectacle.
Cette conquête de l’Ouest d’opérette peut surprendre. Bad Segeberg est l’un des principaux foyers d’un phénomène culturel bien allemand, mais dont on voit des manifestations ailleurs en Europe centrale : une profonde fascination pour les Amérindiens.
Vivre « à l’indienne »
Depuis plus d’un siècle, des festivals, des salons et même des pow-wow (rassemblements et cérémonies) perpétuent cet héritage, également présent au cinéma. Certains adeptes forment des cercles fermés qui se retirent pour vivre « à l’indienne », pour recréer et imiter le mode de vie traditionnel de différentes nations amérindiennes. Ces « Indianer », comme on les appelle en allemand, reproduisent avec précision les tenues, les coiffes à plumes, les coutumes de ces peuples d’Amérique du Nord. Certains de ces « Indiens » blancs vont jusqu’à apprendre leur...




                        

                        

