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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Selon les projections du ministère de la transition écologique, le plafond d’émissions de gaz à effet de serre sera dépassé jusqu’en 2023.
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La France en retard sur ses objectifs climatiques

Selon les projections du ministère de la transition écologique, le plafond d’émissions de gaz à effet de serre sera dépassé jusqu’en 2023.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 16h20
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

La France peine à tenir ses engagements climatiques et énergétiques. C’est ce que confirment les projections présentées jeudi 19 juillet par le ministère de la transition écologique et solidaire, dans le cadre du comité de suivi de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Ces deux outils de planification, l’un et l’autre en cours de révision, fixent les trajectoires qui doivent permettre à l’Hexagone, d’une part d’atteindre la neutralité carbone en 2050, d’autre part de « verdir » progressivement son mix énergétique, avec une baisse des fossiles, une hausse des renouvelables et une réduction de la part du nucléaire.
Au début de l’année, le ministère avait indiqué que le « budget carbone », c’est-à-dire le plafond d’émissions de gaz à effet de serre à respecter pour garder le cap, avait été dépassé de 3,6 % en 2016, avec un total de 463 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq).

Or les scénarios actualisés font état d’émissions toujours excédentaires en 2017 et 2018, et ils indiquent qu’elles pourraient le rester jusqu’en 2023. Sur la période 2019-2023, elles atteindraient 422 Mt CO2 éq par an, soit 24 millions de tonnes de trop. Ce n’est qu’à partir de 2024 qu’elles seraient ramenées au niveau annuel compatible avec les objectifs climatiques du pays, soit 357 Mt CO2 éq.
Retards et reculs
Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce dérapage, rapporte le Réseau action climat (RAC), qui participe au comité de suivi. En particulier, « l’objectif d’avoir la totalité des logements très bien isolés en 2050 est abandonné, avec un rythme moyen de 500 000 rénovations performantes annuelles au lieu des 700 000 nécessaires ». En outre, « l’objectif d’avoir des véhicules neufs consommant en moyenne 3 litres au 100 km en 2030 est porté à 4 litres au 100 km. »
« Le gouvernement profite de la pause estivale pour sabrer ses ambitions sur le climat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans le nord-ouest du Groenland, un iceberg menace un village, à tel point que le risque de tsunami a forcé les autorités à évacuer une partie des habitants, le 13 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Ces composés utilisés pour la conservation d’aliments comme la viande séchée pourraient être liés à la survenue d’épisodes maniaques.
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Les nitrates pourraient avoir une influence néfaste sur la santé mentale

Ces composés utilisés pour la conservation d’aliments comme la viande séchée pourraient être liés à la survenue d’épisodes maniaques.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h24
    |

                            Sarah Terrien








                        


Alors que les effets cancérigènes des nitrates sont encore discutés, une étude publiée le 18 juillet dans la revue Molecular Psychiatry met en cause ces substances sous un autre angle. En suggérant, cette fois, une influence néfaste de ces conservateurs sur la santé mentale, et plus particulièrement sur la survenue d’épisodes maniaques. Des phases d’excitation, principalement présentes dans le trouble bipolaire, pendant lesquelles les patients sont irritables, dorment peu, parlent souvent très vite et peuvent avoir des hallucinations.
Des chercheurs américains et néerlandais sont arrivés à ce constat par hasard, en analysant les données démographiques, sanitaires et alimentaires de 1 101 Américains âgés de 18 à 65 ans, entre 2007 et 2011. « Nous n’avions pas l’intention d’examiner les consommations de charcuteries », a expliqué Faith Dickerson, professeur de psychiatrie à l’université du Maryland et coauteur de l’étude. Mais quand les scientifiques ont constaté que les personnes hospitalisées pour un état maniaque étaient trois fois et demie plus nombreuses à déclarer avoir déjà consommé de la viande séchée que les personnes ne souffrant d’aucun trouble psychiatrique, ils ont approfondi leurs recherches. Les patients souffrant d’autres maladies mentales ne présentaient pas cette surconsommation de ces charcuteries fortement chargées en nitrates. Aucun autre aliment recensé dans le questionnaire, même le saucisson et le jambon cru, n’avait d’association avec les épisodes maniaques ou avec une autre pathologie psychiatrique.
Pour aller plus loin, les chercheurs ont mené une série d’expérimentations sur des rats. Verdict ? Les résultats abondent dans le sens des observations effectuées sur les humains. Au bout de deux semaines, les rats qui avaient quotidiennement mangé des produits à base de nitrates, contrairement à ceux qui avaient eu une alimentation dépourvue de ces substances, présentaient une hyperactivité motrice. Au-delà de cette expression comportementale de la manie, cette étude révèle l’influence de ces conservateurs sur la modification du microbiote intestinal des rats.
« Psychonutrition »
Or, cet ensemble de micro-organismes vivant dans le tube digestif est mis en cause depuis une dizaine d’années dans la manie et dans d’autres troubles psychiatriques, comme l’a précisé Robert Yolken (université Johns Hopkins), un des auteurs de l’étude, dans le communiqué de presse accompagnant celle-ci : « Il y a de plus en plus de preuves que les germes dans les intestins peuvent influencer le cerveau. » Enfin, ces nitrates, consommés à une équivalence humaine d’un bâtonnet de viande séchée par jour, semblent modifier les circuits cérébraux des rongeurs, plus précisément ceux de l’hippocampe. Cette structure est impliquée dans la mémoire, la navigation spatiale et l’inhibition et potentiellement altérée chez les humains dans le trouble bipolaire.

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                Les aliments « ultratransformés » favoriseraient le cancer



Si ce travail préliminaire ne permet pas d’établir de lien direct de cause à effet, d’après Guillaume Fond, psychiatre à l’hôpital de la Conception à Marseille et chercheur à l’université d’Aix-Marseille, « c’est une étude majeure car emblématique d’un nouveau courant de recherche, la psychonutrition, qui s’intéresse à l’influence de l’alimentation sur le déclenchement ou l’évolution des troubles psychiatriques ». Selon lui, ces résultats devraient conduire à une réaction des services de santé publique américains : « Par mesure de précaution, ces produits devraient être retirés du marché, le temps de faire toute la lumière. » Si, en France, nous n’avons pas pour habitude de consommer de la viande séchée, Guillaume Fond met en garde contre les compléments alimentaires utilisés pour faire de la musculation, qui peuvent s’y apparenter.
Le ventre serait donc bel et bien notre deuxième cerveau… Pour en avoir le cœur net, les auteurs de l’étude souhaitent poursuivre leurs investigations, comme l’indique Robert Yolter : « Les travaux futurs sur cette association entre nitrates et manie pourraient mener à des interventions diététiques pour aider à réduire le risque d’épisodes maniaques chez les personnes atteintes de trouble bipolaire ou vulnérables à la manie. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Scientifiques et militants de la lutte contre le VIH estiment qu’il faut remettre en question l’approche centrée sur le sida et « faire cause commune avec le champ de la santé mondiale »
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     


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Sida : les experts appellent à changer radicalement de stratégie

Scientifiques et militants de la lutte contre le VIH estiment qu’il faut remettre en question l’approche centrée sur le sida et « faire cause commune avec le champ de la santé mondiale »



Le Monde
 |    20.07.2018 à 00h30
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 09h42
    |

            Paul Benkimoun








                        


La prévention contre le VIH est en crise, des populations particulièrement vulnérables continuent à rester hors d’atteinte du système de santé, et l’élan mondial, qui a permis de mobiliser des ressources sans précédent et de sauver des millions de vies, décline. Le modèle uniquement concentré sur le VIH/sida, qui prévalait depuis le début de la pandémie et a abouti à créer des programmes et structures spécifiques, n’y répond plus comme il le faudrait. Il doit laisser place à une approche où la lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine serait intégrée dans des programmes de santé plus larges visant également les maladies qui lui sont liées.
C’est la conclusion à laquelle sont arrivés 47 experts impliqués dans la riposte à cette pandémie qui a déjà tué plus de 35 millions de personnes. Après deux ans de travail dans le cadre d’une commission réunie à l’initiative de l’International AIDS Society (IAS), organisatrice des conférences internationales sur le VIH/sida, et l’hebdomadaire médical The Lancet, ils invitent à ce changement de paradigme.
Le fruit de leurs travaux paraît dans un numéro spécial de la revue publié vendredi 20 juillet. Parmi les signataires du document figurent l’actuelle présidente de l’IAS, Linda-Gail Bekker, et son prédécesseur, Chris Beyrer, mais aussi l’ancien directeur exécutif d’Onusida, Peter Piot, et deux ex-directeurs exécutifs du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Michel Kazatchkine et Mark Dybul, ou encore l’ancien président d’Aides, Bruno Spire.
« Dangereuse complaisance »
La tonalité est nettement distincte de celle des institutions internationales comme l’Onusida ou le Fonds mondial, qui mettent l’accent sur les incontestables progrès accomplis. La commission met en question le discours dominant ces dernières années centré sur la perspective d’en finir avec le sida.
Selon la commission, le battage sur cet objectif fixé à 2030 par les Nations unies a « alimenté une dangereuse complaisance et peut avoir précipité l’affaiblissement de la détermination mondiale à combattre le VIH ». Estimant que « les outils et les stratégies contre le VIH existants sont insuffisants et bien que des progrès spectaculaires puissent être obtenus en maximisant les stratégies actuelles de prévention et de traitement, la pandémie due au VIH va vraisemblablement demeurer un défi mondial majeur dans le futur proche », est-il indiqué dans le document du Lancet.

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                Sida : l’autotest, un moyen de dépistage « pratique » mais encore mal connu



Peter Piot voit un reflet de cette complaisance dans l’aplatissement de la courbe des ressources financières, internationales et nationales, consacrées à lutter contre le VIH. « Nous sommes très préoccupés à l’idée de voir le monde proclamer une victoire bien avant que notre combat contre le sida soit achevé. Ce serait catastrophique, car nous avons vu des épidémies rebondir, par exemple le paludisme, dont on avait prévu l’élimination », met-il en garde.
Services intégrés
Allant plus loin que le rapport publié mercredi 18 juillet par l’Onusida, qui préconise de combiner une offre de prévention et de soin pour le VIH et pour la tuberculose, la commission prône des services intégrés qui répondent au VIH et aux autres maladies qui partagent les voies de transmission, touchent les mêmes groupes à risque et coexistent souvent chez les patients. Une telle offre inclurait la santé sexuelle et reproductive, la tuberculose, les hépatites virales, les addictions aux drogues et les troubles mentaux, résume Chris Beyrer.

        Lire aussi la tribune du professeur Patrick Yeni :
         

          « Il faut repenser la lutte contre le VIH outre-mer »



Elle pourrait également être étendue à des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension artérielle (HTA). Les modélisations de la commission illustrent le rapport coût-efficacité positif d’une telle approche sur le VIH : par exemple, l’offre intégrée combinant dépistage du VIH, du diabète et de l’HTA sur dix ans permettrait d’éviter 69 000 infections en Afrique du Sud et 216 000 au Kenya. « Il n’y a jamais eu de campagne de prise de la tension artérielle dans mon pays », remarque Nduku Kilonzo, du Conseil national du Kenya pour le contrôle du sida, qui est l’une des signataires du document de la commission. Le débat est lancé.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Cette taxe additionnelle graduelle sur le certificat d’immatriculation se déclenchera pour les véhicules émettant 117 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, contre 120 grammes actuellement.
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Automobile : le gouvernement va abaisser le seuil de déclenchement du malus en 2019

Cette taxe additionnelle graduelle sur le certificat d’immatriculation se déclenchera pour les véhicules émettant 117 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, contre 120 grammes actuellement.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 21h17
    |

                            Éric Béziat








                        


Le ministère de la transition écologique et solidaire et le ministère des transports devraient annoncer, vendredi 20 juillet, une nouvelle baisse du seuil déclenchant un malus écologique lors de l’achat d’un véhicule particulier neuf. En 2019, cette taxe additionnelle graduelle sur le certificat d’immatriculation se déclenchera pour les véhicules émettant 117 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, contre 120 grammes actuellement.
Cette annonce devrait se faire dans le cadre d’une présentation par les ministres Elisabeth Borne et Nicolas Hulot du volet mobilités propres et qualité de l’air de la future loi d’orientation des mobilités qui sera présentée en conseil des ministres à la rentrée.

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                Pollution : le plan inachevé du gouvernement pour une mobilité propre



Les ministères concernés ont fait savoir que le bonus écologique, qui est maintenant réservé aux véhicules 100 % électriques (6 000 euros dans la limite de 27 % du coût d’acquisition pour une voiture) devrait, lui, être maintenu à un niveau élevé.
Des baisses successives
Ce système de bonus-malus écologique, inventé en 2008 dans la foulée du Grenelle de l’environnement, n’en est pas à sa première baisse. Lors de sa création, il se déclenchait à partir de 161 grammes de CO2. Et le durcissement de ces dernières années a été plus fort que celui de l’an prochain. On est en effet passé de 131 grammes en 2016 à 127 g en 2017 puis à 120 g en 2018.
Aujourd’hui cette surtaxe démarre à 50 euros si l’automobile que vous achetez émet 120 grammes de CO2 par kilomètre parcouru (une Renault Espace diesel par exemple), puis augmente de gramme en gramme pour atteindre 10 500 euros au-delà de 184 grammes (une Jaguar XE essence suralimentée par exemple).
Ce qui risque de compliquer l’affaire, c’est que cette extension du malus arrive à un moment où l’homologation est en train de changer, puisqu’on passe d’une norme dite NEDC à une nouvelle homologation appelée WLTP, plus exigeante et proche des conditions réelles de conduite. Une voiture dont la consommation (donc les émissions de CO2) vaut 120 en NEDC verra mathématiquement une augmentation en WLTP. Le gouvernement a fait savoir que le durcissement continuera sur la même tendance après application de la nouvelle norme, mais tout en tenant compte de ce changement de thermomètre. Reste à connaître les détails de cette adaptation fiscale, très attendue par toute l’industrie automobile.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ L’Etat s’engage à généraliser les zones à faibles émissions et à favoriser covoiturage et autopartage. Mais toujours pas de plan vélo.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Pollution : le plan inachevé du gouvernement pour une mobilité propre

L’Etat s’engage à généraliser les zones à faibles émissions et à favoriser covoiturage et autopartage. Mais toujours pas de plan vélo.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 21h00
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h23
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Sur le front de la lutte contre la pollution de l’air, le gouvernement semble enfin décidé à passer à la vitesse supérieure. Et le fait savoir. Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la ministre des transports, Elisabeth Borne, devaient présenter, vendredi 20 juillet, « les engagements de l’Etat en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air ». Ils préfigurent la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), d’abord annoncée au printemps et désormais attendue en fin d’année ou début 2019.
« Face à la pollution de l’air nous voulons changer de paradigme et faire la démonstration que la voiture individuelle peut être remplacée par les mobilités douces comme le vélo, le covoiturage et bien sur les transports en commun », a déclaré Nicolas Hulot.
« Mesure structurante » pour le ministère de la transition écologique, le principal « engagement » concerne la généralisation des zones à faibles émissions (ZFE), aussi appelées zones à circulation restreinte. Elles devront être mises en place d’ici à 2020 dans les quatorze agglomérations concernées par des dépassements répétés des valeurs limites d’exposition au dioxyde d’azote (NO2), gaz très toxique émis principalement par les véhicules diesel. Il s’agit de Paris, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse ainsi que de la vallée de l’Arve, et de la Martinique.

        Comprendre
         

          comment agir de manière durable contre la pollution de l’air ?



Aujourd’hui, seuls Paris et, dans une moindre mesure, Grenoble possèdent une ZFE. Elle fonctionne sur le système des vignettes Crit’Air et vise à interdire progressivement la circulation des véhicules les plus polluants. Ainsi, les voitures classées Crit’Air 4 (diesels immatriculés entre 2001 et 2005) ne pourront plus circuler dans les rues de la capitale en semaine, entre 8 heures et 20 heures, à partir de 2019. Et d’ici à 2024, ce sont tous les diesels qui seront interdits, et, six ans plus tard, les motorisations essence.
Partenariat avec les collectivités
Chaque collectivité pourra décider du périmètre de la zone (centre-ville ou agglomération, comme l’envisage l’Ile-de-France), des plages horaires des catégories de véhicules concernées (tous ou seulement les poids lourds) et de la progressivité.
Nulle obligation, mais un « partenariat » avec les collectivités, précise le gouvernement. Il devrait être signé en octobre et ne se limite pas aux territoires concernés par des dépassements. Ces ZFE devraient permettre de réduire les émissions de gaz polluants de l’ordre de 12 % à 15 % et de revenir dans les clous d’ici à 2022, estime-t-on au cabinet de Nicolas Hulot. Car, au-delà de l’urgence sanitaire (la pollution de l’air est à l’origine de 48 000 morts prématurées chaque année en France), le gouvernement espère que la mise en place de ces ZFE convaincra la Cour de justice de l’Union européenne d’abandonner les poursuites engagées contre la France précisément pour ces dépassements.
Pour que ces zones soient réellement efficaces, la Mairie de Paris réclame depuis des mois que les contrôles des vignettes puissent être automatisés. La future LOM devrait le rendre enfin possible.

        Voir quelles sont les 200 villes en Europe
         

          qui restreignent leur accès aux véhicules polluants



Des exonérations pour les employeurs
Pour accompagner le basculement des automobilistes vers des véhicules propres, le gouvernement ne prévoit pas de nouvelle aide après la prime à la conversion lancée en janvier et plafonnée à 2 500 euros pour l’acquisition d’un modèle électrique neuf. Le malus pour les véhicules fortement émetteurs en CO2 devrait en revanche être durci : il s’appliquera à partir de 117 g/km à partir de 2019, contre 120 g aujourd’hui. Les émissions de gaz à effets de serre sont en effets repartis à la hausse en 2017, principalement à cause du trafic routier et du goût des français pour les grosses berlines type SUV.
De façon plus globale, pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050, le gouvernement veut « favoriser les modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle ». Il entend ainsi encourager le covoiturage et l’autopartage. D’une part, en permettant aux collectivités de pouvoir créer des voies et des places de stationnement réservées. D’autre part, avec un cadre fiscal favorable. Celui-ci passera par la case entreprises. Les employeurs pourront rembourser une partie des frais de covoiturage de leurs salariés en étant exonérés de cotisation, sur le modèle de ce qui se pratique avec les abonnements de transports en commun. A quel montant ? L’arbitrage reste à faire.
La même exonération s’appliquera pour les entreprises qui mettront des recharges électriques à disposition de leurs employés.

        Lire le compte rendu de tchat sur le transport partagé,
         

          avec notre journaliste spécialiste des transports



Pas de plan d’investissement ambitieux
Les organisations de défense de l’environnement saluent la généralisation des zones à faibles émissions qu’elles réclamaient. « C’est une première étape, mais maintenant, il faut sortir du diesel et de l’essence avant 2025 et accompagner les gens vers d’autres mobilités avec des plans d’investissement ambitieux. Or, c’est là que le bât blesse », déplore Lorelei Limousin du Réseau action climat (RAC), qui regroupe Greenpeace, France nature environnement ou encore WWF. Le RAC demande notamment la création d’un fonds national vélo doté de 200 millions d’euros par an. Le gouvernement assure que le vélo est un « élément prioritaire » qui fera l’objet d’annonces spécifiques en septembre avec l’objectif de faire passer sa part dans les déplacements de 3 % à 9 % à l’horizon 2024.

        Notre décryptage sur l’interdiction du diesel :
         

          quelle politique dans les pays européens ?



Autre point cher aux ONG, absent des « engagements » présentés par Nicolas Hulot et Elisabeth Borne, le report modal dans le transport de marchandises vers le fret ferroviaire. Dans le combat contre la pollution, le gouvernement accélère mais n’emprunte pas la ligne à grande vitesse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Les informations concernant les émissions produites lors de la combustion ne figurent plus sur les paquets. Des fumeurs dénoncent un manque de transparence.
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Tabac : pourquoi les taux de nicotine, goudron et monoxyde de carbone ont disparu des paquets

Les informations concernant les émissions produites lors de la combustion ne figurent plus sur les paquets. Des fumeurs dénoncent un manque de transparence.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h23
    |

            Faustine Vincent








                        



                                


                            
La mesure est passée en toute discrétion, éclipsée par l’arrivée du paquet neutre. Depuis le 20 mai 2016, les taux de nicotine, de goudron et de monoxyde de carbone ne figurent plus sur les paquets. Ces informations sur les émissions produites lors de la combustion des cigarettes ont été remplacées par un avertissement générique en gras : « La fumée du tabac contient plus de 70 substances cancérigènes ». Concomitant de l’instauration en France du paquet neutre, ce retrait relève d’un autre dispositif législatif, en l’occurrence la transposition d’une directive européenne de 2014, qui vise à « améliorer le fonctionnement du marché intérieur européen pour le tabac et ses produits dérivés, tout en assurant un haut niveau de protection de la santé des Européens ».
De nombreux fumeurs ne se sont même pas aperçus de cette disparition. D’autres s’en sont émus. Jérôme Duffieux, directeur général de Traditab, une petite entreprise française qui produit la marque 1637, a ainsi été assailli de coups de fil de consommateurs fâchés et suspicieux. « Plus d’une centaine d’entre eux nous ont demandé : “Pourquoi vous ne mettez plus ces informations ?” “Vous nous mentez ?” La plupart des fabricants de tabac ont connu ce phénomène », témoigne-t-il.

Sur un forum de fumeurs, l’un d’eux s’étonne : « Alors que tous les ingrédients doivent figurer en matière d’alimentation, la disparition des composants des cigarettes est inadmissible et dangereuse, puisqu’on ne peut même plus essayer de limiter les dégâts en fumant celles qui ont le moins de goudron, substance la plus nocive. »
Des indications jusqu’alors imprécises
Informer moins pour protéger mieux : l’équation peut surprendre. La directive européenne, qui s’appuie sur des études scientifiques, estime toutefois que l’affichage des taux de goudron, nicotine et monoxyde de carbone était « trompeur », puisque « les fumeurs étaient ainsi amenés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le biomimétisme consiste à prendre la nature comme modèle pour relever les défis du développement durable. Les potentiels sont larges dans l’énergie, la construction, les matériaux, les cosmétiques...
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Décryptage

Au Maroc, la difficile quête du « zéro plastique »

Le royaume s’est engagé depuis 2016 à lutter contre la production et la distribution de sacs en plastique, dont il était le deuxième consommateur mondial.

Par                                            Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-07-19T14:54:33+02:00"

        Le 19.07.2018 à 14h54






    
Un éboueur marocain déverse des déchets en plastique au centre de recyclage d’Oum Azza, près de Rabat, en novembre 2016.
Crédits : Youssef Boudlal/REUTERS


Au moment où la guerre contre le plastique se mondialise, le Maroc aurait dû être un modèle de la lutte contre ce fléau qui pollue paysages et océans. Pourtant, deux ans après la loi interdisant la fabrication, la vente et l’utilisation de sacs en plastique dans le royaume, ils sont loin d’avoir disparu.
Selon une enquête publiée le 27 juin par l’association Zero Zbel (« zéro déchet » en arabe), dans le cadre d’un projet soutenu par ONU Environnement, les sacs en plastique sont encore largement utilisés dans les marchés marocains. L’étude, menée dans trois grandes villes dont la capitale économique Casablanca, a montré que 65 % des consommateurs utilisent cinq à quinze sacs en plastique à chaque fois qu’ils font leurs courses. Le ministère de l’industrie, qui défend un bilan satisfaisant, a finalement reconnu, dans un communiqué publié le 1er juillet, que « l’utilisation de sacs interdits persiste dans les souks, le commerce ambulant et non organisé ».

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« Ces souks représentent justement le principal réseau commerçant où les Marocains font leurs courses. Le commerce non formel reste le principal réseau de distribution au Maroc », insiste Mamoun Ghallab, le président de l’association. Si les supermarchés et autres structures organisées s’en sont débarrassés, les sacs en plastique fabriqués dans des ateliers clandestins ou importés illégalement des pays voisins continuent de nourrir le circuit informel. « Les sacs de contrebande sont encore présents sur le marché. Donc si on refuse d’en donner aux clients, ils iront chez le voisin », témoigne un vendeur de fruits dans un marché casablancais.
Haute toxicité
La loi prévoit une amende allant de 200 000 à 1 million de dirhams (18 000 à 91 000 euros) pour les fabricants et entre 10 000 et 500 000 dirhams (910 à 45 500 euros) pour les distributeurs. « La police faisait des contrôles quotidiens pendant les six premiers mois de l’interdiction. Mais ça s’est essoufflé par la suite », poursuit le marchand.
Lancée le 1er juillet 2016, quelques mois avant la COP22 organisée à Marrakech, la législation baptisée Zero Mika (« zéro plastique ») devait permettre de lutter contre les nuées de sacs en plastique accrochées aux arbres, et qui cernent depuis plusieurs années les plages marocaines. Dans ce pays de 35 millions d’habitants, quelque 26 milliards de sacs en plastique, soit 900 par habitant, étaient consommés en moyenne chaque année jusqu’en 2016, faisant du royaume le deuxième pays utilisateur de cette matière dans le monde, après les Etats-Unis.

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Pour l’association Zero Zbel, la seule dans le pays à militer contre la pollution liée aux déchets, la solution n’est pas de verbaliser les commerçants. « Dans la pratique, il est difficile de donner une amende aux marchands ne disposant pas d’un local officiel, assure Mamoun Ghallab. Les autorités doivent agir à la source, chez les grossistes. Car tant que la production illégale existera, les marchands continueront à prendre le risque. » 
Plus grave, les sacs de contrebande sont beaucoup plus nocifs pour la santé. Les contrôles effectués par le ministère de l’industrie sur les sacs saisis par les autorités ont montré que les matières premières utilisées proviennent de plastique récupéré dans les décharges « ainsi que de matières premières hautement toxiques et nuisibles à la santé servant à la base à la production d’emballages de produits industriels divers », a mis en garde le ministère.
Depuis la publication de l’enquête indépendante de Zero Zbel, le gouvernement a annoncé le démantèlement d’un atelier clandestin de fabrication et la saisie de deux tonnes de sacs en plastique dans deux dépôts de Casablanca. En deux ans, 757 tonnes de sacs ont ainsi été confisquées.
Alternatives
Pour le moment, les alternatives au plastique sont loin de satisfaire les défenseurs de l’environnement. Et le Maroc ne dispose pas non plus de système de recyclage encadré par l’Etat. « Malheureusement, les principales options proposées sont des sacs non-tissés en polypropylène présentés comme écologiques or il s’agit de textile plastique », regrette M. Ghallab. Censés être réutilisables, ces sacs ne résistent pas tous aux lourdes charges et finissent par casser. Plus chers à produire que la matière plastique, une partie des sacs en polypropylène sont fabriqués en deçà de l’épaisseur légale et sont donc moins résistants et plus rapidement jetables : « Au bout de quatre jours environ, estime le président de l’association. Il faudrait impliquer d’autres acteurs et réfléchir à d’autres matières comme le tissu, des matériaux naturels réellement solides et donc réutilisables. »

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Un projet de modification de loi devrait voir le jour, a promis Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’industrie et puissant homme d’affaires, lors d’une conférence de presse donnée le 3 juillet à Rabat. Ce jour-là, parmi les neuf représentants d’entreprise invités à réfléchir aux alternatives, huit provenaient de l’industrie de la plasturgie et seulement un acteur représentait les sacs en papier.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Editorial. « Le Monde », aux côtés d’une vingtaine de médias, a enquêté sur 10 000 revues dites « prédatrices » qui contribuent à tromper les administrations et le public.
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Fausse science : il faut une prise de conscience mondiale

Editorial. « Le Monde », aux côtés d’une vingtaine de médias, a enquêté sur 10 000 revues dites « prédatrices » qui contribuent à tromper les administrations et le public.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 15h14
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est un mal discret qui ronge silencieusement la science, et qui s’étend avec une inquiétante célérité. Depuis un peu moins d’une décennie, des sociétés peu scrupuleuses créent à foison de fausses revues scientifiques qui acceptent de publier, moyennant finances, des travaux parfois fragiles, voire carrément frauduleux ou fantaisistes.
Aux côtés d’une vingtaine de médias écrits et audiovisuels internationaux, qui se sont coordonnés pour publier simultanément le résultat de leurs travaux, Le Monde a enquêté sur cette science contrefaite.
Celle-ci est en pleine expansion : environ 10 000 revues dites « prédatrices » contribuent à construire une science « parallèle », susceptible de tromper les administrations publiques, les entreprises, et même parfois les institutions scientifiques elles-mêmes.
Un combat légitime
Ces revues douteuses relaient parfois, en leur donnant le lustre de la scientificité, des « travaux » climatosceptiques, antivaccins, ou encore de fausses études cliniques vantant les mérites de faux médicaments. Selon des estimations récentes, cette production représente jusqu’à 2 % à 3 % de l’index de certaines grandes bases de données de la littérature savante. C’est six fois plus qu’il y a cinq ans.

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Deux grands phénomènes ont nourri cette envolée. D’une part, la lutte contre le monopole des grands éditeurs scientifiques (Elsevier, Springer, etc.) et pour un accès libre aux résultats de la recherche. Porté par la communauté scientifique depuis presque deux décennies, ce combat légitime est passé par la création de nouvelles revues scientifiques, souvent de qualité, qui reposent sur le principe du « publieur-payeur » : c’est l’institution des chercheurs, qui soumettent leur travail pour être publiés, qui paie à la revue des frais de publication. En ­contrepartie, celle-ci s’engage à ne pas faire payer l’accès aux travaux publiés.
Ce modèle prend tout son sens lorsqu’on sait que les revues scientifiques « classiques » commercialisent à des tarifs prohibitifs les articles qu’elles publient, prospérant ainsi sur le commerce de connaissances souvent produites grâce à la recherche publique, et ralentissant ainsi la libre circulation du savoir.
Publier, toujours plus, toujours plus vite
Les éditeurs « prédateurs » ont détourné ce principe du publieur-payeur en faisant paraître complaisamment des articles qui ne sont pas préalablement expertisés (au terme de la sacro-sainte « revue par les pairs », ou peer review) tout en touchant toujours de juteux « frais de publication ».
D’autre part, les revues prédatrices prospèrent aussi grâce aux nouvelles formes d’évaluation de l’activité scientifique. Le travail des chercheurs est, de plus en plus, jugé en fonction de critères quantitatifs, et non qualitatifs. Il faut publier, toujours plus, toujours plus vite, et donc de plus en plus mal.
Cette tendance est un pousse-au-crime – en particulier dans certains pays du Sud, où des primes à la publication ont parfois été instaurées pour le personnel académique. Soumettre son travail à une revue prédatrice garantit presque toujours une publication très rapide.
Face à ce fléau, les communautés scientifiques et les gouvernements s’organisent. En France, qui n’est pas le pays le plus touché, le ministère de la recherche prend la question au sérieux et promeut des « listes blanches » de revues à privilégier. Il faut maintenant infléchir les politiques d’évaluation de la recherche vers moins de quantitatif et plus de qualitatif. Seule une prise conscience mondiale pourra rendre son intégrité à la science.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ L’Agence de sécurité sanitaire recommande aux fabricants d’éliminer ces composés chimiques aux effets cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.
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Des substances toxiques dans les tampons et les serviettes hygiéniques

L’Agence de sécurité sanitaire recommande aux fabricants d’éliminer ces composés chimiques aux effets cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 00h15
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 09h19
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Le lindane et le quintozène sont deux pesticides dont l’usage est interdit en Europe depuis 2000. Ils sont pourtant présents là où on les attendrait le moins : dans des serviettes hygiéniques et des protège-slips commercialisés en France. Et ils ne sont pas les seules substances dangereuses à se cacher dans les protections intimes. On y retrouve même du glyphosate, le célèbre herbicide de Monsanto.
Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié jeudi 19 juillet, dresse la liste des composés chimiques « préoccupants » identifiés. Elle est effarante.
Outre des pesticides, des tests réalisés en 2016 ont mis en évidence la présence de nombreux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou de phtalates dans les protections externes, de dioxines et furanes ainsi que de DnOP (phtalate) dans les tampons. Autant de substances aux effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) démontrés, ou considérées comme des perturbateurs endocriniens.

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Contamination des matières premières
Comment ces substances toxiques peuvent-elles se retrouver dans des protections intimes ? Les experts de l’Anses notent que les matériaux de fabrication sont « mal documentés » et que les auditions des fabricants n’ont « pas permis de les caractériser de façon précise ».
Sur la base des informations transmises par les marques, ils estiment néanmoins qu’à l’exception d’une substance parfumante (BMHCA, perturbateur endocrinien potentiel), les produits incriminés n’ont pas été ajoutés intentionnellement. Ils sont issus d’une contamination des matières premières (pesticides dans les produits d’origine naturelle dérivés du coton) et des procédés de fabrication.
Des agents chlorés utilisés dans le processus de blanchiment peuvent ainsi être à l’origine de la formation de dioxines et furanes. Pour les HAP, que l’on retrouve habituellement dans la fumée de cigarette et des moteurs diesel, les experts penchent pour le mode d’assemblage ou de conditionnement à haute température.
« Absence de risque sanitaire »
Saisie en avril 2016 par le ministère de la santé et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’Anses se veut toutefois rassurante. Elle conclut à « l’absence de risque sanitaire » par voie cutanée en raison des « très faibles concentrations » mesurées et toutes « sans dépassements de seuils sanitaires ». Néanmoins, l’Agence précise que les calculs de risque ne prennent pas en compte les effets perturbateurs endocriniens ni les effets sensibilisants cutanés de ces composés chimiques.
Aussi l’Anses recommande-t-elle aux marques d’améliorer la qualité des matières premières et de réviser certains procédés de fabrication, afin d’« éliminer ou, à défaut, de réduire autant que possible la présence de ces substances, en particulier celles présentant des effets CMR, perturbateurs endocriniens ou sensibilisants cutanés ».
A la différence des Etats-Unis, où la commercialisation des protections intimes – classées en dispositifs médicaux – est encadrée depuis la fin des années 1970, il n’existe pas de réglementation spécifique en France. Dans le cadre du règlement européen Reach, l’Anses soutient un projet de restriction des substances CMR dans les produits d’hygiène féminine. Il est à l’étude à l’initiative de la Commission.

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« Composés organiques volatils ou phtalates »
Pour compléter son avis, l’Anses a lancé des essais supplémentaires. Ils visent à mieux caractériser la composition des tampons et des coupes menstruelles. Concernant ces dernières, les informations ne sont « pas suffisantes » pour en « apprécier les risques ». 
« Normalement, l’élastomère ou le silicone qui les composent sont de qualité médicale, mais certaines coupes peuvent libérer des composés organiques volatils ou des phtalates, fait remarquer le professeur Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses. On a d’autant plus besoin de données qu’elles sont de plus en plus utilisées, notamment par les jeunes femmes. »
Existe-t-il des alternatives sans résidus chimiques ? Plusieurs marques proposent des protections « bio ». « Bien sûr, il y a moins de risques de retrouver des pesticides dans des produits conçus à partir de matière première bio, mais ils peuvent tout aussi bien être contaminés par des HAP, des dioxines et furanes ou des phtalates dans le processus de fabrication, via les colles ou les additifs, avertit le professeur Lasfargues. Aujourd’hui, on ne peut garantir l’absence de produit chimique dans aucun produit. »
Le syndrome de choc toxique
Ce que peuvent en revanche assurer les experts, c’est que le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, principal risque microbiologique – « rare mais potentiellement grave » –, lié au port de protections intimes n’est pas dû à la présence de ces substances chimiques.
Le risque de développer cette maladie causée par une toxine bactérienne augmente avec une utilisation prolongée d’une protection interne ou l’usage d’une protection d’une capacité d’absorption plus forte que nécessaire. Aucune serviette ou protège-slip n’a été impliqué dans des cas de SCT, indique l’Anses.
Le grand public avait découvert le syndrome de choc toxique en 2015 quand le mannequin américain Lauren Wasser avait été amputée de la jambe gauche à la suite d’un SCT. En France, une pétition avait alors été lancée pour demander de « rendre visibles les compositions des tampons de la marque Tampax ». Le leader du marché s’y est résolu depuis le printemps 2017. L’Anses préconise aujourd’hui que tous les fabricants affichent des indications claires relatives à ce risque sur les emballages et les notices d’utilisation des tampons et des coupes menstruelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Mal protégés et multipartenaires, les 15-24 ans sont les principales victimes des infections à Chlamydia et à gonocoque, qui peuvent entraîner de graves complications.
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Très forte hausse des infections sexuellement transmissibles en France

Mal protégés et multipartenaires, les 15-24 ans sont les principales victimes des infections à Chlamydia et à gonocoque, qui peuvent entraîner de graves complications.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 20h53
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 13h14
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Au début des vacances estivales, propices aux rencontres, Santé publique France a publié, mercredi 18 juillet, des chiffres montrant la recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST), qui se transmettent principalement lors de rapports sexuels non protégés. Fréquentes et très contagieuses, les infections à chlamydia trachomatis et à gonocoque ont l’une et l’autre triplé en 2016 par rapport à 2012. Des chiffres élevés par rapport à d’autres pays européens.
Ainsi, selon cette enquête menée auprès des laboratoires de biologie médicale publics et privés volontaires, une infection à chlamydia a été diagnostiquée en France chez 267 097 personnes en 2016, soit 491 cas pour 100 000 habitants, ainsi que 49 628 infections à gonocoque, encore appelées blennorragie ou « chaude-pisse » par Rabelais. Pour mémoire, en 2012, le nombre de diagnostics de ces IST se chiffrait respectivement à 77 000 et à 15 000 cas.
Pour la première fois, précise l’agence, ces estimations renseignent sur le sexe, l’âge et la région. Les jeunes femmes de 15-24 ans sont les plus touchées par les infections à chlamydia, elles représentent 38 % de l’ensemble des diagnostics. Les régions les plus affectées sont l’Ile-de-France et la Guadeloupe.
Infections très souvent « silencieuses »
« C’est en réalité beaucoup plus. Il ne s’agit là que de nouveaux diagnostics, qui ne prennent évidemment pas en compte les personnes qui n’ont pas consulté », explique Florence Lot, responsable de l’unité VIH-Sida IST à Santé publique France.
Car ces infections sont très souvent « silencieuses », ne donnant pas lieu à des symptômes, notamment chez les femmes. Toute personne peut ainsi sans le savoir être porteuse d’une IST et contaminer sa ou son partenaire. Et une IST non diagnostiquée peut, à la longue, entraîner d’importantes complications : risques de salpingite, de stérilité, de grossesse extra-utérine, de douleurs pelviennes chroniques…
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Eau, biodiversité, déchets, énergies fossiles… le gouvernement doit revoir ses politiques publiques pour atteindre les cibles des Nations unies.
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Objectifs de développement durable : la France doit accélérer

Eau, biodiversité, déchets, énergies fossiles… le gouvernement doit revoir ses politiques publiques pour atteindre les cibles des Nations unies.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 12h09
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

En dévoilant à New York, mardi 17 juillet, à l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations unies consacré aux Objectifs de développement durable (ODD), un film tourné avec le bateau Energy-Observer, la délégation française a donné un exemple concret de l’engagement hexagonal en la matière.
Energy-Observer, premier navire à hydrogène autonome en énergie sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines, fonctionnant grâce à un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène décarbonée à partir de l’eau de mer, a quitté Venise le 16 juillet pour rejoindre la France, puis les îles Baléares, après avoir déjà fait escale en Albanie, au Monténégro et en Croatie. Il accomplit une « Odyssée pour le futur » de six ans (2017-2022), 50 pays, 101 escales, menée par Victorien Erussard, fondateur, capitaine et premier ambassadeur français des ODD.
L’escale de Venise est un parfait exemple des défis environnementaux qui menacent la planète, et la cité des Doges en particulier, visitée chaque année par trente millions de touristes : montée du niveau des mers, changement climatique, disparition de la biodiversité marine, pollution maritime intense, fragilisation de la ville.

Adoptés en septembre 2015 par 193 pays lors de l’Assemblée générale des Nations unies, et entrés en vigueur en janvier 2016, les dix-sept Objectifs de développement durable, ou Agenda 2030 – qui s’accompagnent de 169 cibles précises –, font suite aux huit Objectifs du millénaire pour le développement qui couvraient la période 2000-2015. Plus nombreux, les ODD s’attachent aussi à éradiquer la pauvreté, la faim, à garantir une éducation pour tous, l’égalité entre les sexes, à offrir santé et bien-être. La question d’un développement soucieux de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique est centrale.
Progrès enregistrés
Chaque pays en fait une déclinaison nationale et doit élaborer son agenda....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs produits alimentaires vendus en France dans des grandes surfaces ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants.
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Alerte aux légumes hongrois surgelés contaminés à la listeria

Plusieurs produits alimentaires vendus en France dans des grandes surfaces ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 06h41
    |

            Cécile Prudhomme








                        


Une nouvelle crise sanitaire agite actuellement les pouvoirs publics. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été informée, par le biais du réseau d’alerte européen Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF), d’un risque de contamination à la listeria de légumes surgelés.
L’autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire a demandé, le 29 juin, à l’entreprise belge Greenyard de procéder au retrait et au rappel de légumes surgelés – notamment du maïs – fabriqués entre le 13 août 2016 et le 20 juin, dans un de ses sites en Hongrie.
Le 11 juillet, la DGCCRF a fait savoir que « des livraisons de produits concernés par ce rappel [avaient] été faites en France ». L’enseigne Lidl a annoncé le retrait en magasin et le rappel auprès des consommateurs de légumes vapeur de marque Freshona ; Carrefour, de ses poêlées surgelées vendues sous sa propre marque (chili con carne boulettes de bœuf et poêlée de riz au poulet et champignons) ; Auchan, de ses salades de riz niçoises, salades camarguaises et salades landaises de marque L’Assiette d’Antoine ; Leader Price, de son mélange mexicain vendu dans les outre-mer. L’industriel D’Aucy a rappelé, de son côté, ses surgelés poêlée villageoise, mélange caraïbe et mélange mexicain.

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Côté à la Bourse de Bruxelles, Greenyard a évalué, mardi 17 juillet, à environ 30 millions d’euros « après assurances », le coût des rappels des produits.
« Ingrédient incorporé dans des produits transformés »
« Comme pour les œufs contaminés au fipronil [à l’été 2017], c’est un ingrédient [le maïs] qui a été incorporé dans de nombreux produits transformés (légumes, salades…) », explique Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la DGCCRF. Cette institution cherche à identifier tous les produits, et notamment les plats préparés, dans lesquels ce maïs surgelé de Hongrie aurait pu être utilisé. Sur son site Internet, elle met régulièrement à jour la liste des produits rappelés, qui ne doivent pas être consommés.

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La crise des œufs contaminés au fipronil avait marqué l’été 2017. Le plus compliqué pour les autorités avait été de déceler dans quelles préparations ils avaient pu se retrouver. Une soixantaine d’élevages de volaille produisant des œufs biologiques aux Pays-Bas avaient utilisé une quinzaine de produits pesticides et désinfectants non autorisés, avait révélé l’association Foodwatch, à la mi-juin. Cette crise sanitaire avait conduit au retrait de plusieurs marques de gaufres.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait estimé que « le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible » au regard du degré de contamination. Il n’y avait alors pas eu de procédure de rappel auprès des consommateurs.

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Sida : la prévention est en crise, selon l’ONU

Le nombre de nouvelles infections reste beaucoup trop élevé pour espérer mettre un terme à la pandémie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h58
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Faille de la prévention, manque de financement, ralentissement des progrès : à moins d’une semaine de la 22e conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Amsterdam du 23 au 27 juillet, l’Onusida tire le signal d’alarme. Si, pour la première fois, le nombre de personnes mortes de maladies liées au sida passe sous la barre symbolique du million, le chiffre des nouvelles infections identifiées en 2017 reste désespérément élevé : 1,8 million de personnes ont découvert leur séropositivité, soit près de 5 000 cas par jour. Le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, évoque « une crise ».
Dans un rapport intitulé « Un long chemin reste à parcourir », publié mercredi 18 juillet, l’organisation estime que « la riposte mondiale au sida se trouve dans une situation particulièrement préoccupante : les succès, certes remarquables – mais encore limités – que nous avons connus en termes de vies sauvées et d’arrêt de nouvelles infections par le VIH sont en train d’ouvrir dangereusement la voie à une certaine forme de complaisance. A mi-chemin des objectifs à atteindre d’ici 2020, le rythme des progrès est encore loin d’être à la mesure de l’ambition affichée. »

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Cette ambition est de parvenir à moins de 500 000 morts liés au sida par an en 2020. Elle est aussi qu’à la même échéance, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Il s’agirait également que 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes traitées aient une charge virale durablement supprimée, ce qui signifie une infection sous contrôle et un risque minime de transmission du virus.
Efforts gigantesques
En 2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, un nombre qui croît mécaniquement du fait du déploiement des traitements antirétroviraux qui permet aux malades de vivre avec le virus. 59 % des personnes séropositives ont ainsi eu accès à ces médicaments – contre 53 % en 2016.
Cela reste trop peu. Pour atteindre en 2020 les 30 millions de personnes sous traitement – contre 21,7 millions en 2017 –, il faudrait accroître leur nombre chaque année de près de 2,8 millions. Or, l’augmentation en 2017 n’a été que de 150 000 personnes par rapport à 2016. Cet écart donne la mesure des efforts gigantesques à accomplir pour espérer mettre fin à une pandémie qui, depuis son apparition en 1981, a tué 35,4 millions d’humains et infecté 77,3 millions de personnes. La tuberculose constitue la principale cause de décès : un patient atteint du VIH sur trois succombe à cette maladie.
Le domaine de la prévention est le plus problématique. En l’absence d’un vaccin, qui sera indispensable pour espérer réduire à néant ou presque la pandémie, la stagnation du nombre des nouvelles infections risque de compromettre les progrès. Si l’on se réfère au pic atteint en 1996 (3,4 millions de nouvelles infections par le VIH), le nombre observé en 2017 (1,8 million) représente une baisse de 47 %. Mais comparé à 2010, les nouvelles infections n’ont diminué que de 16 %, alors qu’atteindre les objectifs pour 2020 impliquerait une réduction de 75 %.
Cette crise de la prévention résulte des lacunes des programmes visant à empêcher les nouvelles contaminations, en particulier, d’une part, en Europe de l’Est et Asie centrale et, d’autre part, en Afrique de l’Ouest et centrale. Dans ces régions et au Moyen-Orient, le nombre des nouvelles infections a presque doublé depuis 2000.
Les services et interventions de prévention (circoncision, préservatif…) ne sont pas fournis à une échelle adéquate et avec une intensité suffisante. De plus, ils n’atteignent pas les personnes qui en ont le plus besoin, souvent du fait des politiques répressives et discriminatoires. Les adolescentes et jeunes femmes, les enfants, les hommes ayant des rapports homosexuels, les consommateurs de drogues injectables, les travailleuses du sexe, les femmes transgenres, tous ceux désignés sous le terme de « populations-clés » sont ainsi les laissés-pour-compte de la prévention.
Les adolescentes et jeunes femmes d’Afrique subsaharienne (15-24 ans) représentaient un quart des infections par le VIH en 2017 alors qu’elles ne constituent que 10 % de la population. Dans cette région du monde, les femmes comptent pour 59 % des nouvelles infections chez les 15 ans et plus. Une vulnérabilité liée aux violences à leur égard qui freine également l’accès aux services de santé maternelle et infantile et la détection précoce de l’infection chez la femme enceinte pour prévenir la transmission de l’infection chez l’enfant.
« Investissements indispensables »
En 2017, 180 000 enfants ont été contaminés à la naissance ou lors de l’allaitement maternel dans le monde. Les tests virologiques pour les nouveau-nés exposés au VIH demeurent insuffisamment disponibles ce qui retarde d’autant la mise en route du traitement.
Les autres populations-clés sont particulièrement en danger. En 2017, les hommes ayant des rapports homosexuels avaient un risque d’infection vingt-huit fois plus élevé que les hommes n’ayant que des rapports hétérosexuels. Chez les consommateurs de drogues injectables, le risque est multiplié par vingt-deux comparé aux non-utilisateurs. Il est treize fois plus élevé chez les travailleuses du sexe que chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, de même que chez les femmes transgenres comparées aux personnes âgées de 15 à 49 ans.
Ces motifs d’inquiétude sont accrus par les incertitudes sur le financement de la riposte à l’épidémie. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, il a augmenté de 8 % entre 2016 et 2017. Un total de 20,6 milliards de dollars (17,6 milliards d’euros) étaient disponibles en 2017, soit 80 % de la cible pour 2020. Cependant, l’Onusida souligne qu’il « n’y a pas eu de nouveaux engagements significatifs de la part des bailleurs en 2017 » et craint des conséquences catastrophiques si les financements internationaux étaient amputés de 20 %.

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En 2019, la France accueillera la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Nous demandons au président Emmanuel Macron de jouer pleinement le rôle de premier de cordée en mobilisant dès maintenant ses homologues internationaux pour obtenir des contributions à hauteur de 14,5 à 18 milliards de dollars. Ces investissements supplémentaires seront indispensables pour éviter une reprise de l’épidémie au niveau mondial dans les prochaines années », alerte Aurélien Beaucamp, président d’Aides, association membre de Coalition PLUS.

   





                            


                        

                        


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Pollution : les masques donnent un « faux sentiment de protection », avertit l’Anses

Dans un avis rendu le 18 juillet, l’Agence de sécurité sanitaire estime que leur efficacité n’est pas prouvée. Elle recommande de ne pas les utiliser.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h42
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Petite devinette. Qu’est-ce qui existe « en version cuir pour les personnes chics », « en couleur fluo pour les sportifs », « avec des modèles ludiques en forme d’animaux pour les enfants » ? Le nouveau maillot de bain tendance de l’été ? Mauvaise pioche. La dernière chemisette à enfiler à l’heure de l’apéro ? Encore raté. Un indice : ils promettent à leur possesseur de les « protéger efficacement »… de la pollution. Tapez « masque » et « pollution » sur un moteur de recherche et une ribambelle de modèles apparaissent à l’écran. Le « N°1 des ventes » sur le plus grand site de commerce en ligne s’affiche à 13,99 euros. Pour cette modique somme, il garantie une protection contre les gaz, les odeurs, le pollen, la fumée, les virus, les bactéries et « toutes les particules fines ». 
Mais ces masques dits antipollution, dont s’affublent notamment de plus en plus de cyclistes dans les grandes agglomérations, sont-ils réellement efficaces ? Pas vraiment, si on en croit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans un avis rendu mercredi 18 juillet, l’Anses estime que les données sont insuffisantes pour attester d’un bénéfice sanitaire et recommander leur utilisation.
215 produits
L’agence avait été saisie en septembre 2015 par les ministères de la santé et du travail afin de mener une évaluation sur leur efficacité et l’intérêt d’en recommander l’usage. Une étude de marché, réalisée en 2016, a identifié pas moins de 215 produits revendiquant une efficacité en matière de protection contre la pollution de l’air. Le marché français est relativement restreint avec un chiffre d’affaires compris entre 135 000 et 150 000 euros en 2015, pour environ 20 000 unités vendues.

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Les cibles principales de ces produits sont les cyclistes ou usagers de deux roues motorisés, les populations sensibles (personnes âgées ou allergiques, enfants, femmes enceintes) ainsi que les voyageurs ou expatriés dans des zones géographiques fortement polluées.
L’efficacité d’un masque dépend de sa conception, des performances du filtre dont il est équipé et d’autres paramètres tels que son adaptation à la morphologie de l’utilisateur. Or, note l’Anses, si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation. Celle-ci peut diminuer ou être annulée du fait d’un simple mauvais ajustement au visage (enfant, présence de barbe…). Elle peut aussi être annihilée par un manque d’entretien, une activité physique intense susceptible d’augmenter le débit respiratoire, ou l’absence d’information et de formation sur les conditions d’utilisation, de stockage ou de renouvellement.
« Surexposition »
Autre biais relevé par l’expertise de l’Anses, la plupart des masques revendiquent des technologies de filtrations visant les particules, jusqu’aux ultra-fines (de l’ordre du nanomètre de diamètre) pour les modèles les plus chers. Or, la pollution de l’air, rappelle le rapport, se caractérise par un mélange complexe de particules et de gaz, comme les très toxiques oxydes d’azote émis par les véhicules diesel. Ces masques ne protègent donc pas contre les nombreuses substances présentes dans l’air à l’état gazeux.

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Les experts de l’Anses ont également épluché la littérature scientifique. Et là aussi, ils n’ont trouvé « aucune donnée » permettant de conclure sur un bénéfice potentiel du port de masque en conditions réelles d’utilisation. Ils estiment même qu’il pourrait donner un « faux sentiment de protection » chez l’utilisateur et entraîner des comportements conduisant à une « surexposition ». Ainsi, un cycliste masqué pédalant sur un axe à fort trafic pourrait être plus exposé à la pollution qu’un cycliste à visage découvert privilégiant un trajet moins fréquenté.
Au final, l’Anses ne recommande pas aux pouvoirs publics d’encourager le port du masque mais d’agir en priorité à la source en réduisant les émissions de polluants, responsables chaque année de 48 000 morts prématurées en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La pollution des mégots, dont une grande quantité finit dans les océans, a des conséquences néfastes sur la biodiversité aquatique.
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Fumer nuit gravement à la santé des poissons

La pollution des mégots, dont une grande quantité finit dans les océans, a des conséquences néfastes sur la biodiversité aquatique.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h29
    |

                            Aline Nippert








                        



   


Deux milliards de mégots environ (350 tonnes) sont ramassés chaque année à Paris. 500 millions à Marseille et 200 millions à Bordeaux. Les chiffres du ministère de la transition écologique et solidaire donnent une idée de l’enjeu écologique que cette pollution urbaine représente. Car nombre de ces déchets toxiques finiront dans les fonds marins et océaniques.
Une fois l’ultime bouffée de cigarette ingérée, son abandon sur le trottoir signe potentiellement le début d’un long périple. Certains mégots n’échappent pas aux aspirateurs des agents de nettoyage urbains. Pour les rescapés, le ruissellement de la pluie suffit pour provoquer une chute par le caniveau, malgré les grilles dont certaines sont dotées. « Ces grilles réduisent fortement la concentration de déchets dans les eaux pluviales ou les rejets urbains de temps de pluie, mais laissent passer quantité de mégots », souligne Johnny Gasperi, maître de conférences au Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (LEESU, université Paris-Est-Créteil et Ecole des Ponts ParisTech). Ces mailles franchies, le destin des mégots dépend du type de réseau de drainage des eaux qu’ils ont à traverser.

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Le réseau d’assainissement « unitaire » achemine eaux domestiques et pluviales vers la même station d’épuration. « Quasiment tous les vieux centres historiques sont équipés d’un réseau unique, précise Johnny Gasperi. Paris intra-muros et la première couronne sont dans ce cas. » Le mégot chemine donc vers la station d’épuration, mais sa course est arrêtée juste avant de franchir la ligne. « Les stations font d’abord un dégrillage de l’eau pour évacuer tous les macrodéchets. » Et les mégots, ainsi que tous les autres détritus pêchés (résidus de plastique, cotons-tiges, etc.), finissent alors brûlés ou dans un centre d’enfouissement des déchets.
Les choses se compliquent en cas de grosse averse. « Lorsqu’une grande masse d’eau arrive, le surplus est stocké dans des cuves. Mais une fois ces ouvrages saturés, le trop-plein est directement déversé dans les cours d’eau. », explique le spécialiste. A Paris, ces eaux non-traitées se retrouvent dans la Seine. Et les mégots avec.

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Le réseau séparatif, quant à lui, draine les eaux domestiques et les eaux pluviales via des canaux distincts. « Les nouveaux quartiers ou les extensions de centres-villes très récents en sont quasiment tous équipés. », affirme Johnny Gasperi. Dans ce système, seules les eaux domestiques sont soumises au traitement en station d’épuration. « Les eaux de pluie – chargées des détritus amassés – sont déversées dans les cours d’eau généralement sans être traitées. » 
Et une fois que les mégots plongent dans un cours d’eau, aucun filtre n’entrave leur course jusqu’à l’océan.
Déchets dangereux
« Lorsque les mégots se décomposent dans le milieu naturel, le relargage de polluants est alors direct », note l’enseignant-chercheur. Une récente étude menée à l’Université technique de Berlin estime qu’un mégot de cigarette peut contaminer jusqu’à 1 000 litres d’eau.
Les résidus de cigarette sont composés d’un cocktail d’éléments chimiques, parmi lesquels des métaux lourds (cadmium, plomb, chrome, mercure), du goudron et de la nicotine. Sans oublier le filtre lui-même, souvent fabriqué à partir d’acétate de cellulose, une matière plastique non biodégradable.

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« La nicotine, nous apprend l’étude allemande, est utilisée en tant qu’insecticide depuis le XVe  siècle. Son emploi [en tant que pesticide] est très encadré aux Etats-Unis, au Canada et en Europe à cause de sa toxicité sur la biodiversité aquatique. » Or, cette molécule est très soluble dans l’eau. En septembre 2017, un rapport d’étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) classe les mégots comme « déchets dangereux ». C’est notamment « le contenu en nicotine, substance analysée au cours des investigations, [qui] conduit au classement des mégots au titre de la propriété HP 6 (toxicité aiguë) », précise le rapport.
Poissons et micro-organismes aquatiques, fumeurs passifs
L’étude de l’INERIS met notamment en évidence la toxicité des mégots sur des micro-organismes aquatiques (bactéries, microcrustacés, micro-algues) à partir d’« évaluations par essais ». Certains résultats sont éloquents : le microcrustacé Ceriodaphnia dubia ne parvient plus à se reproduire après 96 heures en présence de seulement 0,06 % de l’éluat réalisé à partir de mégots broyés. La croissance des micro-algues P. subcapitata, quant à elle, est paralysée après 72 heures en contact de 0,77 % de l’éluat. Ces essais écotoxicologiques conduisent également à attribuer aux mégots « la propriété de danger HP 14 (écotoxique) ».
Les poissons font aussi partie des victimes de cette pollution des eaux. Un seul mégot de cigarette peut suffire à décimer la moitié d’une population de poissons nageant dans un litre d’eau. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l’Université d’Etat de San Diego, en 2011, dans une étude menée sur des poissons marins (Atherinops affinis) et d’eau douce (Pimephales promelas).
Les travaux sur la pollution des eaux par les mégots de cigarette, longtemps considérée comme négligeable, sont encore peu nombreux. Mais le sujet agite de plus en plus la communauté scientifique. Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) est partenaire d’un projet de recherche européen dont l’un des volets vise précisément à mesurer l’impact que pourraient avoir les mégots sur les espèces marines.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Il a fallu cinq heures au bus à impériale pour se frayer un passage dans la capitale croate, le 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Ce concours récompense un photographe dont le travail répond aux exigences du jury : un thème lié à l’environnement.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.
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Développement durable : « Nous avons encore le choix de changer la trajectoire »

Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h13
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Du 16 au 18 juillet, se tient à New York le forum de haut niveau rassemblant les gouvernements pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015 par les Nations unies. Directeur général du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner fait le point sur leur avancement.
Les objectifs de développement durable ont été adoptés en 2015. La situation apparaît toujours aussi contrastée…
En créant ce cadre pour tracer un futur commun, en 2015 lors d’une assemblée générale des Nations unies, nous reconnaissions que le modèle passé, réduit au seul développement économique, n’était pas une solution pour un monde de 7, 8 ou 9 milliards de personnes. Le constat était que les inégalités, la durabilité ou plutôt la non-durabilité du développement étaient de plus en plus des facteurs d’échec. Les ODD traduisent cette évolution.
C’est aussi la reconnaissance que le développement ne peut se faire dans le strict cadre des souverainetés nationales, mais qu’il faut tenir compte de l’interdépendance des pays pour régler les grands défis : l’émergence des nouvelles technologies, des nouveaux marchés…
D’un autre côté, les ODD ne sont pas une formule magique résolvant tous les problèmes. Ils donnent un cadre pour agir dans un contexte national et dans un cadre international : « Ne laisser personne derrière ». Ce principe est essentiel dans un monde contemporain habité par de plus en plus de conflits, de radicalisation et d’émergence d’extrémismes dans nos sociétés. Ces objectifs nous donnent une langue commune et des principes.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) existaient avant. Pourquoi une nouvelle formule ?
Les OMD n’étaient qu’au nombre de sept et très centrés sur les problèmes des pays en voie de développement. Ils ne reconnaissaient justement pas ce principe d’interdépendance des pays entre eux. Or ce que font les pays du Nord a un impact sur les pays du Sud.

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Le changement climatique occupe une place importante dans les ODD. Est-ce un nouveau paradigme ?
En effet, la question climatique impose de nouveaux défis en termes de développement, comme le montre l’objectif 13, « mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques ». Ce peut être un levier incroyable. On le voit dans le domaine de l’énergie où les modèles sont en train de changer. Mais aussi dans les transports ou l’agriculture. Cela devient une opportunité économique et sociale.
Ce qui est en jeu, c’est le changement global du modèle économique. Le secteur privé regarde les futurs marchés dans lesquels il peut investir, et a pris des engagements importants. Il ne s’agit plus seulement pour lui d’assurer un retour rapide sur investissement, mais de se poser la question : « Mon argent va-t-il contribuer à régler un problème ou à l’accentuer ? »
Cela montre la capacité du système financier, traditionnellement très conservateur, à s’engager sur de nouvelles voies. Ce défi du financement de la transition se retrouve plus particulièrement dans les objectifs 6 [eau propre et assainissement], 7 [énergie propre et d’un coût abordable], 11 [villes et communautés durables] et 12 [consommations et productions responsables].
« Le facteur fondamental de la violence dans le Sahel est l’échec du développement »
Quels sont les points noirs sur l’agenda des ODD ?
Notre problème aujourd’hui n’est pas que nous manquions d’idées, de concepts pour régler le problème de la pauvreté par exemple. Il vient de l’inertie des systèmes politiques, et aussi de la sphère économique. Aujourd’hui, dans le système actuel, beaucoup font du très bon business, accumulent des profits qui ne sont absolument pas partagés. Cette inertie est un vrai défi parce qu’avec le changement climatique, et la signature de l’accord de Paris, nous avons un délai très court pour avancer sur la « décarbonation » de nos économies.
Les pays ont commencé à travailler mais nous savons bien qu’au niveau global, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas diminué et que l’économie continue comme avant, dans le domaine des transports, des énergies… Autant de secteurs dans lesquels la question des émissions de carbone restent essentielles.
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) a encore constaté, dans son dernier rapport, que l’on avait quasiment dépassé le point de non-retour dans la limitation à 2 °C du réchauffement. Nous sommes à un moment crucial pour la civilisation, parce que nous avons encore le choix de changer la trajectoire de la planète pour les cinq cents prochaines années, pour les prochaines générations. Mais cette perspective n’est pas au centre de nos préoccupations. La conscience de l’urgence d’agir n’est pas claire.

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La situation internationale est plus volatile qu’il y a quinze, vingt ans. Pourquoi ? La cohésion est en crise, nous avons perdu la notion de contrat social et cette crise n’existe pas que dans les pays en voie de développement. L’inégalité divise toutes les sociétés. Nous vivons une époque dans laquelle les conflits, les guerres, entre pays et à l’intérieur d’un même pays sont à un niveau élevé, avec le terrorisme aussi. Or, les ODD ne sont pas que la reconnaissance de valeurs positives, ce sont des outils pour éviter les radicalisations, les conflits. On peut faire intervenir des forces des Nations unies au Mali, au Sahel, mais le facteur fondamental de la violence dans cette région est l’échec du développement.
La question climatique pose le problème de l’adaptation mais on sait que le nombre de réfugiés ne va pas cesser de croître. Avec les ODD, nous disons clairement qu’il faut non seulement répondre dans l’urgence mais investir dans les pays, intervenir certes mais surtout prévenir.
Ce constat du lien entre pauvreté, inégalités et conflits est fait depuis des décennies. Mais on a l’impression que la machine onusienne est grippée. Et Donald Trump montre qu’on peut s’affranchir du collectif sur le développement ou le climat…
Ce ne sont pas seulement les Nations unies qui sont grippées, le monde entier l’est, l’ONU n’étant que le reflet de cette situation. Le défi du multilatéralisme est de répondre à la question des moyens d’action dans un monde où le nationalisme et le protectionnisme progressent. Oui, Donald Trump représente un défi, on le voit avec le G7, la COP, l’accord sur le nucléaire iranien… Et dans ce moment sensible, nous risquons de perdre l’équilibre.
Mais l’histoire du monde ne se résume pas à Trump, ou à une seule politique nationale : il s’agit de maintenir le consensus autour d’un développement économique qui apporte le bien-être social et soit accueillant à l’autre. Une pandémie ne s’arrête pas à l’aéroport de Paris ou au port de Marseille. Il faut travailler dans le cadre des Nations unies pour mettre en commun les moyens pour combattre les risques.
Aujourd’hui par exemple, l’Europe est très préoccupée par la question des réfugiés, des migrations. On a vu le désespoir et la tragédie face à des murs, des grillages. En juin 2018, l’Europe doit trouver les moyens collectifs d’accueillir un bateau de réfugiés, de répondre à ce défi.



                            


                        

                        

