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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’islamologue a été mis en examen et incarcéré le 2 février pour « viol » et « viol sur personne vulnérable », après les plaintes de la militante laïque Henda Ayari et d’une autre femme.
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Accusations de viols contre Tariq Ramadan : la demande d’annulation des mises en examen rejetée

L’islamologue a été mis en examen et incarcéré le 2 février pour « viol » et « viol sur personne vulnérable », après les plaintes de la militante laïque Henda Ayari et d’une autre femme.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 16h23
   





                        


Les juges d’instruction ont rejeté la demande d’annulation des mises en examen pour viols de l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, formulée par son avocat, a annoncé vendredi 20 juillet une source proche du dossier.
Il a été mis en examen et incarcéré le 2 février pour « viol » et « viol sur personne vulnérable », après les plaintes de la militante laïque et ancienne salafiste Henda Ayari et d’une autre femme, surnommée Christelle dans les médias.

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Une troisième femme l’accuse également de viols et l’islamologue a été placé sous le statut de témoin assisté dans ce volet.
Dans leur ordonnance de trois pages, les juges écrivent que les éléments matériels fournis par Christelle, qui affirme avoir été violée le 9 octobre 2009 dans un hôtel à Lyon, « se sont révélés exacts » après les investigations et que ses déclarations réitérées sont « circonstanciées et précises ».
Concernant Mme Ayari, qui a été confrontée pour la première fois à Tariq Ramadan jeudi, les magistrats soulignent qu’elle a eu des déclarations « hésitantes » quant à la date et au lieu du viol présumé mais que « les indices graves ou concordants qui ont présidé à la mise en examen de Tariq Ramadan subsistent ». Ils considèrent dès lors « prématurée » une annulation de la mise en examen, puisque des investigations sont toujours en cours.

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                Accusations de viols et d’agressions sexuelles : les multiples « affaires Tariq Ramadan »



Dans sa plainte initiale, en octobre 2017, cette plaignante affirmait avoir été violée au début du printemps 2012, dans un hôtel de l’Est parisien. Elle avait ensuite fait évoluer son récit, évoquant alors la date du 26 mai 2012 et un lieu précis : l’hôtel Crowne Plaza de la place de la République.
Mais les récentes investigations ont mis au jour qu’elle se trouvait à cette date à Rouen, au mariage de son demi-frère. Jeudi, lors de la confrontation, elle avait dit ne pas pouvoir donner une date précise pour les faits dont elle accuse l’islamologue de 55 ans.



                            


                        

                        


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Chronique

« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne »

Notre chroniqueur dénonce la vision du président français, biaisée par une représentation erronée de l’Afrique.

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.07.2018 à 12h09

     •
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        Mis à jour le 20.07.2018 à 14h50






    
Le président français Emmanuel Macron pose avec les artistes Femi Kuti, Youssou N’Dour et Angelique Kidjo au New Afrka Shrine de Lagos, au Nigeria, le 3 juillet 2018.
Crédits : REUTERS


Chronique. En marge de sa visite au Nigeria, Emmanuel Macron a accordé une interview à l’animateur Claudy Siar diffusée sur France 24 et RFI le 5 juillet, dans laquelle il revient sur le sujet de la migration africaine vers l’Europe. De façon surprenante, il soutient que « les personnes très pauvres ne quittent pas leur pays. Ce sont les classes moyennes de pays qui sont plutôt émergents qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ». Il ajoute que ce sont les familles aisées qui donnent un pécule à leurs enfants pour aller en Europe.

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Donc, selon le président français, une famille « riche » peut sciemment décider de donner une somme d’argent à l’un de ses enfants et l’envoyer à une mort certaine. Car la réalité de l’émigration, au-delà des discours des dirigeants européens et le silence coupable des décideurs politiques africains, ce sont les morts quasi quotidiennes de jeunes qui fuient le continent par manque d’espoir.
En 2017, 3 119 personnes sont mortes dans la Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre fait abstraction des personnes disparues en mer et qui reposent à jamais au fond des eaux. Pas un seul jour ne passe sans que le sujet ne soit au menu de débats politiques houleux, ce qui en fait un sujet à la limite civilisationnelle de notre époque.
Mépris pour les gens ordinaires
Le discours d’Emmanuel Macron, après ses sorties sur la démographie africaine et sur les kwassa kwassa comoriens, illustre à nouveau ce qu’il représente : une élite libérale liée aux puissances d’argent porteuse souvent d’un mépris pour les gens ordinaires.
Pour l’Afrique, son engouement depuis son élection est peut-être sincère. Il peut être le signe d’un désir de repenser la relation entre la France et le continent en dehors des pratiques sombres de la Françafrique traditionnelle.

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Mais la vision du jeune président français est biaisée par une représentation erronée de l’Afrique. Emmanuel Macron est issu d’une caste, celle des puissants qui répètent à l’envi des poncifs sur le numérique, l’entrepreneuriat, présentés comme les solutions magiques aux urgences du continent. Sans parler de l’utilisation ambiguë du concept globalisant de « classe moyenne africaine », dont beaucoup d’économistes interrogent la pertinence.
Dans sa posture, Macron peut compter sur des jeunes hommes et femmes africains qui survendent un discours afro-optimiste déconnecté de la réalité du continent. D’ailleurs, durant les séjours du président français en Afrique, on les voit inonder la toile de selfies et de mots enthousiastes sur la « start-up nation », l’« Africa rising » et autres nouveaux mots savants.

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Toutes ces personnes refusent d’affronter la réalité du continent dont l’un des visages est la misère sociale, la corruption, la violence physique et symbolique qui poussent les gens à fuir.
Il est choquant d’entendre Macron dire que ce sont des familles aisées qui donnent de l’argent à leurs enfants pour rallier l’Europe et qui, quand ils y parviennent, y vivent une vie de sous-homme.
Il faut rappeler à Emmanuel Macron que personne ne quitte son pays dans ces conditions le pied léger. Il y a une réalité de l’émigration clandestine africaine que propulse une quête d’une vie décente. Au Sénégal, en pleine vague de départ par pirogues, le mot d’ordre des jeunes était : « Barca wala Barsakh » : « Arriver à Barcelone ou mourir. »

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D’ailleurs les Sénégalais membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique de Macron devraient lui suggérer de prendre contact avec Yayi Bayam Diouf, présidente du collectif des mères qui ont perdu leurs fils, morts en Méditerranée.
C’est insulter le deuil de ces femmes que de les tenir pour responsables de la perte d’enfants partis mourir car leur pays ne leur apporte aucun espoir.
Immenses sacrifices
Quand une mère, à travers les ressources d’une tontine ou d’un crédit, finance le voyage d’un fils pour espérer qu’il réussisse en Europe et sorte toute sa famille de la misère, on lui doit respect et empathie, et non la vilipender devant un intervieweur connivent.
L’argent investi, car c’est bien le mot, dans le voyage risqué, voire suicidaire, du fils ou de la fille n’est pas la preuve d’une richesse ou de l’appartenance à une classe moyenne. Ce n’est que le pécule amassé difficilement par une famille désœuvrée ou un travailleur précaire. Et réunir ces sommes qui servent à financer le départ résulte le plus souvent d’immenses sacrifices et de nombreuses privations.



Enfin, quand Emmanuel Macron dit : « On a besoin d’une jeunesse africaine qui se raconte elle-même, qui construit son imaginaire, ses propres héros et qu’elle les explique au monde », nous ne pouvons qu’être d’accord. Il y a bien une jeunesse dynamique, créative et entreprenante sur le continent. Elle tient un discours et occupe une position qui illustre la contemporanéité de l’Afrique. Mais il y en a une autre, qui continuera à hanter le sommeil des Européens en allant à l’assaut de ses côtes en dépit des lois répressives comme celles actuellement en vigueur en France.
Non, Monsieur Macron, cette jeunesse qui meurt en Méditerranée n’est pas issue de la « classe moyenne ». Elle est pauvre et n’a plus aucun espoir chez elle.
Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Bruxelles lance une procédure d’infraction contre la loi « Stop Soros », chère à Viktor Orban.
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La Commission européenne met en cause la politique antimigrants de la Hongrie

Bruxelles lance une procédure d’infraction contre la loi « Stop Soros », chère à Viktor Orban.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h37
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La Commission européenne a été critiquée, ces derniers mois, pour avoir eu la main plus lourde avec Varsovie qu’avec Budapest, après qu’elle a décidé, en décembre 2017, de recommander le déclenchement de l’article 7 des traités de l’Union européenne (UE) contre le gouvernement polonais, censé sanctionner des manquements à l’Etat de droit.
Jeudi 19 juillet, Bruxelles s’est un peu rattrapée en annonçant coup sur coup, contre la Hongrie, un recours devant la Cour de justice de l’UE (CJUE), au Luxembourg, et l’envoi d’une lettre de mise en demeure. Dans son viseur : la politique antimigrants mise en œuvre depuis 2015 par le premier ministre, Viktor Orban, un des chantres européens de l’illibéralisme.
La Commission entend d’abord contester devant la CJUE la législation hongroise en matière d’asile, jugée non conforme au droit européen (directives sur les procédures d’asile, sur le retour des migrants, et relative aux conditions d’accueil).
Il s’agit de la dernière étape d’une procédure d’infraction lancée en décembre 2015. A l’époque, déjà, Bruxelles relevait les difficultés des migrants déboutés du droit d’asile en Hongrie à exercer leur droit à un recours effectif, ainsi qu’à accéder à un tribunal impartial.
La Hongrie s’est notoirement opposée, ces dernières années, à l’accueil des migrants, de même qu’à la répartition des demandeurs d’asile partout en Europe afin de soulager l’Italie et la Grèce, pays de première entrée de ces personnes dans l’Union. Budapest avait même contesté ces « relocalisations » devant la CJUE qui lui a donné tort en septembre 2017 (ainsi qu’à la Slovaquie, associée au recours hongrois).
Deux mois pour répondre
Jeudi, la Commission a aussi confirmé avoir envoyé une lettre de mise en demeure à la Hongrie, concernant une nouvelle législation, effective le 1er juillet, baptisée « Stop Soros », en référence au financier d’origine hongroise George Soros, devenu la bête noire de M. Orban. Elle érige en infractions pénales l’assistance offerte par les ONG ou des particuliers aux demandes d’asile et de séjour.
Par ailleurs, ce paquet législatif, associé à une modification constitutionnelle, conduit à limiter le droit d’asile « aux seules personnes qui arrivent en Hongrie directement depuis un lieu où leur vie ou leur liberté sont menacées », explique la Commission, qui y voit des manquements « aux obligations qui incombent [à la Hongrie] en vertu des traités de l’Union, de la législation de l’Union et de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ».
Budapest a deux mois pour répondre à Bruxelles. Si la réponse n’est pas satisfaisante, la procédure d’infraction suivra son cours et pourra conduire, là aussi, à un recours devant la Cour de Luxembourg. Ces procédures prennent des années, mais prouvent la détermination de Bruxelles : « La Commission a envoyé un message clair et sans ambiguïtés, selon lequel les politiques hongroises xénophobes ne peuvent pas être tolérées », s’est félicitée Iverna McGowan, directrice du bureau européen d’Amnesty International.

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                Comment Nétanyahou soigne les « illibéraux » est-européens



Ces procédures pourraient compliquer les rapports de M. Orban avec le Parti populaire européen (PPE), la grande famille des droites conservatrices européennes, qui, jusqu’à présent, ferme les yeux sur ses agissements. Certains de ses dirigeants n’ont-ils pas récemment assuré que leur « ligne rouge » concernant le premier ministre hongrois, constituait son respect des décisions en dernière instance de la CJUE ?
En attendant, la Commission semble bien isolée. Car M. Orban a largement réussi à imposer sa feuille de route antimigrants au Conseil européen. Les propositions de la présidence actuelle de l’Union, l’Autriche, de ne plus envisager la migration que sous l’angle sécuritaire n’y choquent plus beaucoup de capitales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Plus les politiques d’intégration sont efficaces, plus la contribution des migrants à l’emploi, aux finances publiques et à la croissance est positive, soulignent plusieurs études publiées ces derniers mois.
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La délicate évaluation de l’impact économique des migrants

Plus les politiques d’intégration sont efficaces, plus la contribution des migrants à l’emploi, aux finances publiques et à la croissance est positive, soulignent plusieurs études publiées ces derniers mois.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 16h12
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Réduire les arrivées de migrants irréguliers, mais comment ? En dépit de l’accord signé fin juin sur le sujet, les capitales européennes se déchirent toujours sur les modalités de leur politique migratoire, alors que les naufrages d’embarcations de fortune se multiplient au large des côtes libyennes. L’an passé, 538 000 demandeurs d’asile ont obtenu protection dans l’Union européenne, selon Eurostat (25 % de moins qu’en 2016). Parmi les questions soulevées par leur intégration, celle de leur impact économique suscite crispations et amalgames.
Afin d’y voir plus clair, nombre d’économistes se sont penchés sur le sujet ces derniers mois. « Une telle évaluation est délicate, car elle dépend du contexte, du pays, et du type de migration », détaille Anthony Edo, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). Selon les variables choisies, les études aboutissent à des résultats parfois contradictoires. Un consensus se dégage néanmoins : « Passé l’effet transitoire, l’impact à long terme des migrations sur la richesse par habitant, et son évolution, est neutre », résume Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui n’empêche pas que les effets sectoriels et locaux soient parfois notables.

Différents mécanismes entrent en jeu sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance. Si l’on s’en tient au seul produit intérieur brut (PIB), l’effet est clairement positif : les migrants consomment et se logent, ce qui contribue mécaniquement à l’activité. Et lorsque de l’argent public est dépensé pour accueillir les réfugiés, il est aussitôt réinjecté dans l’économie – l’équivalent, en somme, d’une relance keynésienne.
Des effets contrastés sur le marché du travail
Dans une étude publiée fin juin, trois chercheurs du Centre national de la recherche scientifique, Hippolyte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La possibilité d’une escalade dans la guerre commerciale ouverte par Donald Trump, qui freinerait la croissance, inquiète les marchés. Face aux incertitudes, les investisseurs américains rapatrient depuis plusieurs mois leurs capitaux aux Etats-Unis.
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Bourses : les investisseurs se détournent de l’Europe

La possibilité d’une escalade dans la guerre commerciale ouverte par Donald Trump, qui freinerait la croissance, inquiète les marchés. Face aux incertitudes, les investisseurs américains rapatrient depuis plusieurs mois leurs capitaux aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 10h54
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

L’été sera-t-il chaud dans les salles de marchés et les bureaux de change ? Certes, les turbulences financières, comme les coups de soleil et les brûlures de méduse, ont une propension fâcheuse à survenir de préférence au mois d’août. « Nous sommes toujours prudents à cette époque de l’année. Les entreprises publient en ce moment leurs comptes pour le deuxième trimestre. Cela peut constituer un facteur d’instabilité, même si la saison s’annonce plutôt positive, souligne Olivier de Berranger, directeur de la gestion d’actifs à La Financière de l’Échiquier. La bonne tenue de la croissance mondiale, la qualité attendue des résultats des entreprises et la politique toujours ultra-accommodante de la Banque centrale européenne constituent autant de facteurs de soutien pour les Bourses européennes. »

« Les marchés se sont déjà fait très peur cette année. Le juge de paix, ce sera la publication des résultats semestriels des entreprises. S’il y a beaucoup de révisions en baisse des profits, la Bourse risque de subir une correction, mais si elle baisse sans changement notable des perspectives de progression des bénéfices, alors il faudra se positionner pour acheter », renchérit Igor de Maack, gérant de fonds chez DNCA Finance.
Entre sanctions et rétorsion
L’ombre du président américain, Donald Trump, plane toutefois sur les marchés financiers. « On s’attend à de la volatilité, principalement à cause de l’escalade dans la rhétorique guerrière autour du commerce international », prévient Laurent Boudoin, responsable de la gestion obligataire chez Sanso Investment Solutions. Le 10 juillet, Washington a publié une liste de biens, allant des sacs à main aux fruits et légumes en passant par les réfrigérateurs, soit 200 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine, susceptibles d’être frappés d’une taxe additionnelle de 10 % à la douane. Une deuxième vague, après les 50 milliards de dollars d’importations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La jeune étudiante russe est soupçonnée d’avoir tenté d’infiltrer l’appareil politique américain au profit de la Russie grâce à la NRA.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Maria Butina, l’espionne de Sibérie qui tombe à pic

La jeune étudiante russe est soupçonnée d’avoir tenté d’infiltrer l’appareil politique américain au profit de la Russie grâce à la NRA.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 15h53
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Elle est l’espionne russe au grand jour. Sur les réseaux sociaux, Maria Butina a posté plus de 11 000 Tweet et une centaine de vidéos à la gloire des armes à feu : Maria pose aux côtés des patrons de la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes aux Etats-Unis ou de grands élus républicains ; Maria pilote un avion ; Maria interroge le candidat Donald Trump lors d’un meeting en 2015.
Désormais, la jeune femme russe, âgée de 29 ans, porte l’habit orange des prisonniers américains. Elle a été arrêtée par le FBI le 15 juillet et a comparu mercredi 18 juillet devant une juge fédérale à Washington, qui l’a maintenue en détention en raison des risques de fuite en Russie. Elle est accusée d’avoir agi en tant qu’« agente non déclarée d’un gouvernement étranger » et de « complot » pour infiltrer des organisations politiques – en réalité, la NRA – « en vue de promouvoir les intérêts de la Fédération de Russie ». Elle a plaidé non coupable et encourt plusieurs années de prison.
L’affaire survient alors que l’Amérique sombre dans la perplexité à propos de la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, lundi à Helsinki. Après trois jours de polémiques sur son comportement lors de ce sommet, M. Trump a invité M. Poutine aux Etats-Unis cet automne, les Républicains ont bloqué l’audition de son interprète au Congrès, tandis que le chef du renseignement intérieur, Dan Coats, a déclaré ne pas savoir ce que s’étaient dit les deux présidents dans leur entretien de deux heures en face à face. Le ministère des affaires étrangères russe, lui, a dénoncé un calendrier judiciaire « délibérément programmé » pour dénigrer les résultats du sommet.
Originaire de Barnaoul en Sibérie, Maria Butina ne fait pas partie des personnalités russes mises en examen par le procureur spécial Robert Mueller, chargé d’enquêter sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016 et la possible collusion avec les équipes de Donald Trump....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’auteur de « Gomorra » est devenu une référence pour les critiques du nouveau ministre de l’intérieur. Il est accusé de diffamation.
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Italie : le ministre Matteo Salvini porte plainte contre l’écrivain Roberto Saviano

L’auteur de « Gomorra » est devenu une référence pour les critiques du nouveau ministre de l’intérieur. Il est accusé de diffamation.



Le Monde
 |    20.07.2018 à 02h54
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 08h56
   





                        


Le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de la formation d’extrême droite La Ligue, a annoncé jeudi 19 juillet au soir avoir porté plainte pour diffamation contre l’écrivain Roberto Saviano, son plus virulent critique en ce moment.
La tension est forte entre les deux hommes, surtout depuis que le nouveau ministre a menacé de suspendre la protection policière dont l’écrivain bénéficie depuis les menaces de mort proférées par un clan de la Camorra, la mafia napolitaine, après la publication de Gomorra en 2006.
« J’ai porté plainte contre Saviano, comme promis. J’accepte toutes les critiques, mais je ne permets à personne de dire que j’ai aidé la mafia, une merde que je combats de toutes mes forces, ou que je me réjouis de la mort d’un enfant. Trop, c’est trop, bisous », a écrit M. Salvini sur Twitter dans la soirée.

Ho querelato Saviano, come promesso.
— matteosalvinimi (@Matteo Salvini)


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« Robertino, c’est fini le bon temps », a commenté Luca Morisi, chef de la communication Internet de M. Salvini.
La vérité, « une expérience nouvelle »
« Le ministre de la Mala Vita [« la mauvaise vie », l’un des surnoms de la mafia] s’est décidé à porter plainte (…). Je ne m’arrêterai pas devant un pouvoir qui a peur des voix critiques. Au tribunal, Salvini sera appelé à dire la vérité, une expérience nouvelle pour lui », a réagi M. Saviano.
Alors que l’opposition politique au gouvernement populiste en place depuis juin semble réduite au silence – le Parti démocrate (centre gauche) par ses querelles internes, la droite classique par son alliance avec la Ligue de M. Salvini et la gauche par sa déroute électorale –, M. Saviano est devenu une référence pour les critiques du nouveau ministre de l’intérieur.
Dans les médias et sur les réseaux sociaux, l’écrivain s’insurge contre la politique migratoire très dure de M. Salvini, et l’oppose à un manque d’empressement de la Ligue à rembourser ses dettes judiciaires ou à rejeter certains soutiens douteux dans le Sud.
Mais le tweet qui semble avoir fait réagir M. Salvini date de mardi, après la découverte d’une femme et d’un enfant morts en mer. « Quel plaisir cela vous donne-t-il de voir mourir des enfants innocents en mer ? Matteo Salvini, ministre de la Mala Vita, la haine que vous avez semée vous renversera », avait lancé M. Saviano sous une photo à peine floutée des cadavres.

Série. Les trois vies de Matteo Salvini :
Le temps du militantchef de partiministre





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’enseigne de maxidiscompte possédait 335 magasins et employait près de 5 100 personnes avant son placement sous le régime des faillites.
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Royaume-Uni : Poundworld ferme boutique et supprime plus de 2 600 emplois

L’enseigne de maxidiscompte possédait 335 magasins et employait près de 5 100 personnes avant son placement sous le régime des faillites.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 20h02
   





                        



   


Les administrateurs de l’enseigne britannique de magasins de maxidiscompte Poundworld, en faillite depuis un mois, ont annoncé jeudi 19 juillet la fermeture d’ici à trois semaines de tous ses magasins, entraînant la suppression de plus de 2 600 emplois.
Une première vague verra la fermeture des centres logistiques et le départ de 299 employés vendredi, suivi de 78 magasins et 907 employés les 26 et 29 juillet. Les 112 magasins restants seront fermés d’ici au 10 août, avec comme conséquence le licenciement de 1 432 salariés.
Pas de repreneur
L’enseigne, connue pour son prix unique d’une livre sur l’essentiel de ses produits, possédait 335 magasins et employait près de 5 100 personnes avant son placement sous le régime des faillites. Les deux coadministrateurs de l’enseigne, employés du cabinet Deloitte, avaient déjà fermé 145 magasins et licencié 1 797 personnes, n’ayant pu trouver de repreneur pour l’entreprise.
Les commerces physiques au Royaume-Uni souffrent d’une conjonction de facteurs défavorables, avec la montée de la vente en ligne, la hausse des loyers demandée aux commerces ou encore une consommation des Britanniques contrainte par la poussée de l’inflation sur fond de Brexit.
Ces derniers mois, des milliers d’emplois ont été détruits par les faillites du spécialiste des vêtements Calvetron, de la branche britannique des magasins de jouets Toys’R’Us, des boutiques de produits électroniques Maplin et des fabricants de lits Warren Evans.

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                Qu’est-ce que le LBO, ce montage financier tenu pour responsable de la faillite de Toys’R’Us ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La Commission a publié jeudi son plan au cas où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord. Les deux parties ont jusqu’en mars 2019.
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Brexit : l’Union européenne se prépare au scénario du pire

La Commission a publié jeudi son plan au cas où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord. Les deux parties ont jusqu’en mars 2019.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 06h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Preuve que l’heure est grave : jeudi 19 juillet, la Commission européenne a rendu public un document à l’attention des vingt-sept Etats membres destiné à leur expliquer la marche à suivre en cas d’absence d’accord sur les conditions du divorce avec Londres, censé être acté au plus tard le 29 mars 2019.
Il ne reste plus que huit mois pour boucler un traité de divorce, mais, étant donné le chaos politique à Londres, où la première ministre, Theresa May, a eu le plus grand mal à imposer à son propre camp conservateur sa dernière vision du Brexit, la crainte d’un no deal (« aucun accord ») est montée en flèche à Bruxelles ces derniers jours. « Les préparations [pour un no deal] doivent être lancées immédiatement, à tous les niveaux, et prendre en compte tous les scenarii », explique la Commission dans son document.

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                Mme May déclare préparer « les modalités d’une sortie » de l’UE « sans accord »



« Nous travaillons jour et nuit à un accord, mais les opérateurs économiques et les Etats membres doivent être prêts à toutes les éventualités », a précisé Mina Andreeva, porte-parole de la Commission, jeudi. Ce n’est pas l’institution qui est à l’initiative du document mais les vingt-sept capitales : elles lui ont expressément demandé d’y travailler lors du dernier Conseil européen, le 29 juin.
Conséquences multiples et redoutables
Cependant, insister sur ce document le jour où le chef négociateur des Européens, Michel Barnier, rencontre son nouvel équivalent britannique, Dominic Raab, semble quand même le moyen pour l’institution communautaire de faire prendre conscience au gouvernement britannique que le scénario catastrophe risque de se matérialiser s’il n’adopte pas enfin une ligne claire sur sa vision du divorce.
En l’absence d’accord de divorce, explique la Commission dans sa communication, la période de transition réclamée par Londres pour parachever sa « relation future » avec l’Union européenne (UE), censée démarrer le jour J du Brexit, le 30 mars 2019, et s’achever le 31 décembre 2020, sera caduque. Au 30 mars 2019, le Royaume-Uni sera considéré comme un Etat tiers de l’UE.

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                L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord



Les conséquences sont multiples, et redoutables. Les expatriés européens et britanniques ? Aucun arrangement particulier ne tiendra pour eux au lendemain du Brexit : les Européens installés au Royaume-Uni ne se verront plus garantir leur droit de séjour, idem pour les Britanniques installés dans les Etats membres.
Ces derniers devront par ailleurs avoir « réintroduit leurs contrôles aux frontières pour tous les flux de biens et de personnes venant ou allant au Royaume-Uni [contrôles douaniers mais aussi phytosanitaires, et sanitaires] », précise le document bruxellois. Les opérateurs économiques devront aussi prendre en compte que ces contrôles « impacteront sévèrement les transports », « entraîneront des délais conséquents » et « des difficultés dans les ports ».
Sensibiliser les TPE et les PME 
Si les grandes entreprises sont déjà en train de prendre leurs dispositions, notamment dans le secteur financier, la Commission entend surtout sensibiliser les PME-TPE. « Nombre d’entre elles n’ont aucune expérience du commerce avec des pays tiers, car elles ne commercent qu’à l’intérieur du marché unique. » Or ces entités vont devoir, une fois le Royaume-Uni parti, « s’acquitter de procédures [déclarations aux douanes], auxquelles elles ne sont pas du tout habituées mais qui sont obligatoires dans le cas des pays tiers ». 
Si la Commission mobilise déjà des dizaines d’experts en interne pour le  no deal, l’essentiel du travail de préparation reste à la charge des Etats. A eux, entre autres, de se tenir prêts à déconnecter le Royaume-Uni de leurs multiples bases de données informatiques, le jour J du Brexit… Certains ont déjà pris les devants. L’Irlande en particulier, probablement l’Etat le plus touché par le futur Brexit avec près de la moitié de sa production agricole destinée au Royaume-Uni. Dublin a lancé un site Web (prepareforbrexit.com) pour les PME-TPE, leur permettant d’évaluer l’impact du Brexit sur leur activité. Un système de prêts jusqu’à 5 000 euros a également été mis en place pour les aider à se préparer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les avions n’ont pas pu survoler la Belgique pendant plusieurs heures jeudi après-midi en raison d’un problème de chargement des données liées aux plans de vol.
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L’espace aérien belge rouvert après avoir été fermé temporairement en raison d’un problème technique

Les avions n’ont pas pu survoler la Belgique pendant plusieurs heures jeudi après-midi en raison d’un problème de chargement des données liées aux plans de vol.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 21h04
   





                        


L’espace aérien belge a totalement rouvert jeudi 19 juillet vers 20 heures, après avoir été fermé d’urgence pendant plusieurs heures en raison d’un problème informatique. L’entreprise publique Belgocontrol, qui assure le contrôle aérien en Belgique, s’attendait à un retour à la normale d’ici à 20 heures.
Plus tôt, un problème de chargement des données liées aux plans de vol avait contraint Belgocontrol, l’entreprise publique qui assure le contrôle aérien en Belgique, à fermer l’espace aérien belge. Une procédure de sécurité très exceptionnelle.
Les avions ne pouvaient plus survoler le pays depuis 16 heures. Certains ont été « cloués au sol, d’autres ont été contraints d’atterrir », avait expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Alain Kniebs, porte-parole de Belgocontrol.
Six aéroports impactés
Six aéroports belges ont été touchés, ainsi que tous les avions survolant la Belgique jusqu’à 8 000 mètres d’altitude, ce qui correspond à la zone gérée par Belgocontrol. Au-delà de 8 000 mètres d’altitude, c’est un autre centre, à Maastricht (Pays-Bas), qui contrôle les avions survolant le territoire belge. « Cela signifie qu’un avion qui relie le Danemark à l’Espagne, par exemple, n’est pas concerné, parce qu’il vole assez haut », avait précisé le porte-parole de Belgocontrol.

Due to an exceptional situation air traffic is temporarily suspended. Belgocontrol is looking in to it. We are clos… https://t.co/8iEFZztYnZ— BrusselsAirport (@Brussels Airport)


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L’entreprise publique belge n’était pas en mesure de dire combien de vols, ni combien de passagers ont été concernés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne. Une fiction dont les thèmes sont récupérés par l’extrême droite européenne pour diffuser ses idées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/07/2018
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Winnetou, un héros allemand

Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne. Une fiction dont les thèmes sont récupérés par l’extrême droite européenne pour diffuser ses idées.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h03
    |

            Marc-Olivier Bherer (Bad Segeberg (Schleswig-Holstein), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Winnetou, le chef des Apaches, arrive sur scène monté sur un cheval alezan. Sa tenue à franges est parsemée de perles de couleurs dessinant des motifs géométriques. Une plume pend au canon de sa carabine dont la crosse est décorée de clous formant la lettre W. L’apparition de Winnetou soulève une vague immédiate d’applaudissements. Le héros tant attendu fait enfin son entrée.
Il est incarné par Jan Sosniok, un acteur bien connu de la télévision allemande. Sous une perruque de cheveux longs noirs et le teint hâlé par les UV, il repend ce rôle jusqu’en septembre sur la scène du Karl-May-Spiele, le théâtre en plein air de Bad Segeberg (Land du Schleswig-Holstein), une petite ville proprette et boisée dans le nord de l’Allemagne.
Depuis 1952, une pièce recrée des ambiances de Far West devant un public fidèle et nombreux. La tradition relève maintenant de la superproduction. Une vingtaine d’acteurs et de figurants se déploient sur scène, mais aussi des oiseaux de proie, des chevaux et même des oies. Des effets pyrotechniques, des scènes de combat, de danse, une bande-son originale viennent encore ajouter au spectacle.
Cette conquête de l’Ouest d’opérette peut surprendre. Bad Segeberg est l’un des principaux foyers d’un phénomène culturel bien allemand, mais dont on voit des manifestations ailleurs en Europe centrale : une profonde fascination pour les Amérindiens.
Vivre « à l’indienne »
Depuis plus d’un siècle, des festivals, des salons et même des pow-wow (rassemblements et cérémonies) perpétuent cet héritage, également présent au cinéma. Certains adeptes forment des cercles fermés qui se retirent pour vivre « à l’indienne », pour recréer et imiter le mode de vie traditionnel de différentes nations amérindiennes. Ces « Indianer », comme on les appelle en allemand, reproduisent avec précision les tenues, les coiffes à plumes, les coutumes de ces peuples d’Amérique du Nord. Certains de ces « Indiens » blancs vont jusqu’à apprendre leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les différents partis de droite populiste européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.
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Le « noble Indien », une aubaine pour l’extrême droite

Les différents partis de droite populiste européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 11h22
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Sitting Bull aura décidément eu droit à tous les outrages. Le grand chef sioux a vu son peuple massacré et spolié, avant d’être lui-même tué comme un vulgaire voleur, et voilà qu’une antenne locale de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) clame que, s’il vivait à notre époque, « Sitting Bull voterait pour l’AfD » pour s’insurger « contre l’immigration sans frontière ».
Dans ce message affiché sur Facebook en janvier 2017, le parti d’extrême droite ajoute : « Aujourd’hui, les peuples premiers d’Amérique vivent dans des réserves. Face à l’immigration de masse incontrôlée, l’Allemagne pourrait vivre la même chose. » L’Europe blanche et chrétienne risquerait donc de vivre le même destin que les Amérindiens : être submergée par l’arrivée d’étrangers malveillants. L’extrême droite a trouvé dans cette métaphore amérindienne de quoi relayer ses obsessions.
Propagande
Plusieurs exemples de ce type d’images circulent en Allemagne. Des néonazis et des membres du mouvement anti-immigration Pegida en ont diffusé. Certes, il est plutôt étonnant de voir des adeptes de la xénophobie se montrer solidaires d’un peuple étranger, mais les Amérindiens disposent d’un capital de sympathie immense outre-Rhin qui se révèle bien utile quand il faut atténuer la violence d’un message d’exclusion. Un vieil homme portant une plume sur la tête, le visage buriné par les années, n’a rien de menaçant.
La culture populaire a beaucoup fait pour propager une image simpliste des Amérindiens comme formant de nobles peuples, authentiques et en train de disparaître. Sans le vouloir, les fans du romancier allemand Karl May participent à la propagation d’un « mème », un élément culturel réplicable et reconnaissable par tous : le « noble indien » est un symbole familier et rassurant.

L’AfD n’est pas le premier parti à utiliser les Amérindiens pour sa propagande. C’est un petit parti italophone de Suisse, la Ligue des Tessinois, qui créa en 2007...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.
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Sitting Bull, symbole de la résistance des Sioux

Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h24
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Dans le monde blanc, Tatanka Iyotake est connu sous le nom de Sitting Bull, ou Bison assis. Ce chef et homme médecine sioux lakota incarne plus que tout autre la résistance amérindienne contre la conquête et l’accaparement des terres par les Américains. Il serait né vers 1832 et, au cours des décennies qui suivent, les Sioux et leurs alliés agrandissent leur territoire. Ils dominent déjà les deux Dakotas et étendent leur influence sur une grande partie d’un espace qui correspond aujourd’hui au Montana, au Nebraska et au Wyoming.
Les expéditions guerrières auxquelles se livrent alors les Sioux Lakota sont pour lui l’occasion de démontrer sa vaillance et son courage. En 1863, il participe à sa première échauffourée contre les Blancs. Ce genre d’incidents va se multiplier au cours des années qui suivent. Il devient en 1866 le chef principal des Sioux Lakota.
Tournée du Wild West Show de Buffalo Bill
Cette puissante nation doit cependant bientôt plier face à l’armée américaine. Son territoire est réduit, et les Sioux Lakota sont incités à se fixer dans les camps et les forts construits par l’administration. Sitting Bull entreprend alors de liguer les bandes opposées aux Américains.
En 1876, il inflige une cuisante défaite au héros de la guerre civile, le général Custer, lors de la bataille de Little Big Horn. Les 25 et 26 juin, les Amérindiens remportent leur plus grande victoire contre l’armée américaine. Sentant malgré tout qu’il vaut mieux battre en retraite, Sitting Bull trouve refuge au Canada en 1877. Poussé par la faim, alors que le bison est au bord de l’extinction, il se rend aux autorités américaines en 1881.
En 1885, il prend part à une tournée du Wild West Show de Buffalo Bill (1846-1917), figure mythique de la conquête de l’Ouest. Sitting Bull quitte ce spectacle itinérant au bout de quatre mois, dégoûté. En 1890, par crainte des troubles que pourrait susciter un mouvement de renouveau spirituel sioux lakota, les autorités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.
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« La métaphore indienne fait un retour en Hongrie »

Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 10h50
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Historienne spécialiste de l’Europe, Holly Case est professeure associée à l’université Brown (Rhode Island). Elle s’intéresse tout particulièrement aux interactions entre les relations internationales, la science et la littérature aux XIXe et XXe siècles. Elle est notamment l’auteure de Between States. The Transylvanian Question and the European Idea during World War II (Stanford University Press, 2009, non traduit).

Dans un récent article paru dans la revue autrichienne « Transit », vous rappelez que le premier ministre hongrois, Viktor Orban, fait parfois référence aux Amérindiens dans ses discours. Que sous-entend-il en évoquant les peuples premiers d’Amérique ?
Holly Case.- Quand il était plus jeune, Viktor Orban faisait parfois référence, sur le ton de l’humour, à la prétendue sagesse des Indiens Dakota dans ses discours. On l’a ainsi entendu citer des maximes absurdes : « Si votre monture est un cheval mort, mieux vaut en descendre », ou encore « rien ne sert de souffler dans un ballon troué ». Mais depuis peu, Orban ne plaisante plus quand il parle des Amérindiens. Il les a intégrés à sa rhétorique anti-immigration.
Dans un discours prononcé en juillet 2016, en soutien à Donald Trump, le premier ­ministre hongrois a ainsi affirmé : « Je peux comprendre que les Américains aient un point de vue positif sur l’immigration, car elle a permis l’essor des Etats-Unis, mais ils doivent aussi se rendre compte que, pour ce qui est de notre pays, c’est nous qui sommes aujourd’hui les Indiens. »[Viktor Orban sous-entend par là que les Hongrois sont menacés d’être délogés, comme les Indiens le furent en Amérique.]
Cette représentation est d’ailleurs répandue au sein de l’extrême droite européenne. Ainsi, au cours de son procès en 2012, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes à Oslo au cours d’une fusillade, a-t-il affirmé : « Les Norvégiens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’historien Laurent Warlouzet explique, dans une tribune au « Monde », que le prisme de la lutte euro-américaine s’avère trop simpliste dans cette affaire. Margaret Vestager a choisi de concentrer son action sur les arrangements fiscaux accordés aux entreprises étrangères, un domaine ignoré auparavant.
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Amende Google : les « décisions de la commissaire à la concurrence s’inscrivent dans une tentative de régulation des multinationales »

L’historien Laurent Warlouzet explique, dans une tribune au « Monde », que le prisme de la lutte euro-américaine s’avère trop simpliste dans cette affaire. Margaret Vestager a choisi de concentrer son action sur les arrangements fiscaux accordés aux entreprises étrangères, un domaine ignoré auparavant.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h18
    |

                            Laurent Warlouzet (Professeur d’histoire à l’université du Littoral-Côte-d’Opale)








                        



                                


                            

Tribune. Après Amazon, Starbucks et Apple, c’est maintenant au tour de Google de passer à nouveau sous les fourches caudines de la Commission européenne. Cette dernière lui a infligé le 18 juillet une amende record de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante dans le domaine de l’internet mobile.
Le géant de Cupertino avait déjà été condamné en 2017 à 2,4 milliards d’euros, pour abus de position dominante dans les comparateurs de prix. Il n’en faut pas plus pour que l’exécutif européen soit soupçonné d’un biais antiaméricain, surtout en pleine offensive commerciale du président Trump. La Commission européenne sombrerait-elle dans un protectionnisme déguisé sous les oripeaux des règles du libre marché, celles-là même que la politique de la concurrence est censée promouvoir ?
Les entreprises américaines dans le viseur
De fait, toutes les entreprises citées plus haut ont été visées par des procédures d’infraction aux règles européennes dans les quatre dernières années (2015-2018). Ces cas ont été très médiatisés, en premier lieu par la commissaire européenne à la concurrence, la redoutable Margaret Vestager. Google a hérité des amendes les plus lourdes.
Dans la dernière affaire, il lui est reproché notamment de profiter de l’omniprésence de son logiciel d’exploitation Android, qui équipe 80 % des smartphones, pour imposer la « vente liée » d’autres produits, notamment Google search et Google chrome.

Déjà en 2008, un autre géant américain de l’informatique, Microsoft, avait été condamné à plus de 800 millions euros d’amende pour abus de la position dominante du système d’exploitation Windows. Peu après, Intel avait été victime en 2009 d’une amende d’un milliard d’euros pour un motif identique, cette fois dans le domaine des microprocesseurs.
Google, Microsoft, Intel : les géants américains de l’informatique peuvent légitimement s’inquiéter de l’activisme de la Commission européenne, d’autant...




                        

                        


<article-nb="2018/07/20/18-16">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Il y a une semaine, la justice allemande avait dit n’autoriser l’extradition de l’ex-président catalan que pour le chef de malversation et non pour rébellion.
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La justice espagnole retire les mandats d’arrêt visant Puigdemont et cinq dirigeants catalans

Il y a une semaine, la justice allemande avait dit n’autoriser l’extradition de l’ex-président catalan que pour le chef de malversation et non pour rébellion.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
20.07.2018 à 06h35
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


C’est le dernier épisode du casse-tête judiciaire que représentaient les poursuites lancées par Madrid contre les dirigeants indépendantistes catalans, en fuite après la déclaration d’indépendance unilatérale du 27 octobre. Jeudi 19 juillet, le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, en charge de l’enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne, a finalement décidé de retirer les mandats d’arrêt européens (MAE) et internationaux émis en mars contre l’ancien président régional, Carles Puigdemont, ainsi que les quatre autres dirigeants indépendantistes qui se disent en « exil » en Belgique et en Ecosse. Ils pourront donc se déplacer librement dans le monde, à l’exception de l’Espagne où le mandat d’arrêt reste en vigueur.
La décision du magistrat n’est pas une surprise. La Cour suprême se trouvait face à un dilemme depuis le 12 juillet, date de la décision du tribunal de Schleswig-Holstein de ne remettre M. Puigdemont que pour un délit de malversation de fonds publics et d’écarter le principal chef d’accusation lancé contre lui : la rébellion, passible de 30 ans de prison. Les juges allemands ont justifié leur décision en estimant qu’il ne s’est pas produit un degré de violence « suffisant » en octobre 2017 pour mettre en danger « l’ordre constitutionnel espagnol ».
Si M. Llarena acceptait la décision du tribunal allemand, il devait se résoudre à ne faire juger M. Puigdemont que pour malversation, passible de 12 ans de prison, ce qui aurait rendu intenable le maintien de l’accusation de rébellion contre les neuf autres indépendantistes actuellement en prison préventive en Espagne. Il a préféré refuser la remise de M. Puigdemont et signifier son désaccord avec l’interprétation du tribunal allemand.
« Immense faiblesse de la cause judiciaire »
Dans sa résolution, très dure, le juge espagnol critique « le manque d’engagement du tribunal régional supérieur de Schleswig-Holstein envers des faits qui auraient pu briser l’ordre constitutionnel espagnol ». Pis, il estime que les magistrats allemands ont émis un « jugement définitif de qualification des faits » et abouti à « une conclusion fermée sur la façon dont se sont déroulés les faits et les intentions qui auraient pu les guider ». Il leur reproche aussi d’avoir « conféré une valeur de preuve définitive » à la version de M. Puigdemont, sans la confronter avec les preuves recueillies durant « une vaste instruction ».
Alors que le président du parti libéral et unioniste Ciudadanos, Albert Rivera, a demandé une « réforme des mandats d’arrêt européen » pour en finir avec « l’impunité des présumés délinquants », tous les partis indépendantistes ont salué le retrait des ordres de détention internationaux. La décision du juge Llarena est « la démonstration de l’immense faiblesse de la cause judiciaire », a estimé sur Twitter Carles Puigdemont, tout en réclamant la liberté des « prisonniers politiques ». Une pétition qui a peu de chances d’aboutir. Jeudi, le parquet général de l’Etat, récemment rénové, a rejeté la remise en liberté des indépendantistes inculpés pour rébellion, sédition et malversation, avant le procès attendu à l’automne.
Les indépendantistes divisés
La décision du juge Llarena intervient alors que le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez a renoué le dialogue avec le président catalan Quim Torra, et essaie de négocier avec les séparatistes afin de les ramener dans le cadre constitutionnel et séduire l’aile pragmatique avec des concessions, notamment en matière de financement et d’investissement. « Ce qui est important, c’est que [M. Puigdemont] soit jugé en Espagne », avait-il réagi à la décision des juges allemands le 12 juillet. Ce timide dégel pourrait être compromis par les positions jusqu’au-boutistes de Carles Puigdemont.

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                Pedro Sanchez et Quim Torra mettent en scène le dégel lors d’une rencontre à Madrid



L’ancien président de Catalogne devrait retourner en Belgique, où il s’était installé avant d’être arrêté lors d’un déplacement en Allemagne fin mars. De Waterloo, où il a établi sa résidence, il espère continuer à peser sur la politique catalane, comme en témoigne la présentation le 16 juillet à Barcelone, par vidéoconférence, de sa nouvelle plate-forme politique, la Crida nacional (l’Appel national), destinée à rassembler au-delà des partis.
Or sa figure de « président légitime » et ses positions radicales divisent l’indépendantisme. Alors que la Gauche républicaine (ERC) et la direction du Parti démocrate de Catalogne (PDeCAT), dont M. Puigdemont est issu, ont renoncé à la voie unilatérale et à la désobéissance, ses fidèles de Junts per Cataluña (Ensemble pour la Catalogne, JxC) continuent d’exiger au Parlement catalan de défier la justice et le tribunal constitutionnel.
Mercredi 18 juillet, JxC a ainsi refusé la suspension de M. Puigdemont de ses fonctions de député, ordonnée par le juge Llarena, provoquant une crise avec ERC, des insultes croisées de « trahison » et de « mensonges », et la suspension de la séance parlementaire. La défense des « prisonniers politiques » semble l’unique ciment qu’il reste à la coalition indépendantiste catalane.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Près de 40 migrants ont été pris en charge par le « Sarost-5 », un navire tunisien qui patiente depuis lundi soir au large de Zarzis.
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Compte rendu

La Tunisie appelée à accueillir un bateau de migrants bloqué en Méditerranée

Près de 40 migrants ont été pris en charge par le « Sarost-5 », un navire tunisien qui patiente depuis lundi soir au large de Zarzis.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 19.07.2018 à 12h28

     •
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        Mis à jour le 19.07.2018 à 14h36






    
Une patrouille de la garde nationale tunisienne à la recherche de navires transportant potentiellement des migrants, au large du port de Zarzis, au sud de la Tunisie, en mai 2015.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Quatre ONG ont appelé, mercredi 18 juillet, les autorités tunisiennes à autoriser l’accostage d’un navire commercial ayant secouru une quarantaine de migrants partis de Libye, après un refus de les accueillir à Malte, en Italie et en France, selon elles.
Perdus en mer à bord de leur embarcation pneumatique depuis cinq jours, ces migrants – originaire d’Afrique subsaharienne et d’Egypte – ont été repérés à une date non précisée par le navire Caroline-III envoyé par les gardes-côtes maltais, ont affirmé dans un communiqué ces ONG, parmi lesquelles le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Ce bateau a lui-même appelé les gardes-côtes italiens, français et maltais, « qui ont refusé d’accueillir ces rescapés prétextant que les ports les plus proches étaient en Tunisie », ont-elles précisé.

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                Migration : après le retrait forcé des navires de sauvetage, les traversées de la Méditerranée plus dangereuses



Les migrants, parmi lesquels huit femmes, ont finalement été pris en charge par le Sarost-5, un navire d’approvisionnement battant pavillon tunisien, qui patiente depuis lundi soir au large du port de Zarzis (sud de la Tunisie). « L’entrée au port lui a été refusée par les autorités tunisiennes qui affirment qu’une décision définitive n’a pas encore été prise », ont indiqué les ONG. La Tunisie doit « se conformer urgemment aux obligations qui leur incombent au regard » des conventions internationales, ont-elles plaidé.
« Une situation d’urgence »
Contactés par l’AFP, les autorités tunisiennes (intérieur, défense et affaires étrangères) n’ont pas donné davantage d’informations. Dans leur communiqué, les ONG tunisiennes ont aussi dénoncé l’attitude « des gouvernements italiens, maltais et français dans cette situation d’urgence ».
L’Italie du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite, refuse systématiquement les arrivées de bateaux de migrants. L’île de Malte n’accepte en général que les migrants secourus dans ses eaux territoriales ou les urgences médicales. En juin, la France a, elle, refusé d’accueillir le navire Aquarius, avec 650 migrants à bord, malgré la proximité de l’île de Corse.

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                Plus de 600 migrants sont morts en Méditerranée ces quatre dernières semaines



« Tout renvoi du navire non dûment justifié revient à contrevenir au principe de non-refoulement des personnes à bord », ont rappelé mercredi les quatre ONG, en exprimant leur « refus que la Tunisie soit mise face au fait accompli des nouveaux choix européens d’externalisation de leurs frontières. »
La Tunisie fait partie des pays cités comme possible localisation des centres d’accueil de migrants ou des « plates-formes de débarquement hors de l’Europe », décidés par les vingt-huit pays membres de l’Union européenne lors d’un Conseil européen à Bruxelles.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Athènes considère que Moscou cherche à torpiller le récent accord signé avec la Macédoine, candidate à l’UE et à l’OTAN, afin de mettre fin à un vieux contentieux sur le nom de cette république ex-yougogoslave.
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Macédoine : la Grèce dénonce l’ingérence de la Russie

Athènes considère que Moscou cherche à torpiller le récent accord signé avec la Macédoine, candidate à l’UE et à l’OTAN, afin de mettre fin à un vieux contentieux sur le nom de cette république ex-yougogoslave.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 12h49
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Eclipsée par le débat sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016, une autre affaire met en lumière l’intrusion présumée de Moscou dans les affaires intérieures d’un pays européen, la Grèce. Le 11 juillet, au début du sommet de l’OTAN à Bruxelles, Athènes a expulsé deux diplomates russes et interdit son territoire à deux autres diplomates.
Le milliardaire russo-grec Ivan Savvidis, patron du PAOK, le club de football de Thessalonique, est également mis en cause dans ces interférences, qui ont pour toile de fond l’accord historique signé le 17 juin entre la Grèce et la Macédoine, afin de rebaptiser l’ex-république yougoslave en « Macédoine du Nord », lui ouvrant ainsi la voie d’une adhésion à l’Alliance atlantique et à l’Union européenne.
« Cet accord a conduit à une scission profonde dans la société en Grèce et en Macédoine, a déclaré, le 18 juillet, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Il est évident qu’il est loin de consolider la paix et la sécurité dans les Balkans, ce n’est qu’un outil exclusif pour attirer plus rapidement la république de Macédoine dans l’OTAN. »
Ces propos ont indigné Athènes, qui dénonce « un exemple caractéristique d’irrespect pour un pays tiers et de manque de compréhension du monde actuel, où les Etats, indépendamment de leur taille, sont indépendants ». Mercredi soir, la diplomatie grecque a estimé que Moscou « semble vouloir légitimer ces actions illégales », ajoutant : « Personne ne peut ou n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures de la Grèce. »
Inhabituelles entre la Russie et la Grèce – qui ne s’était pas jointe au vaste mouvement d’expulsions de diplomates russes d’Europe dans le cadre de l’affaire Skripal –, ces nouvelles tensions sont apparues lorsque, citant des sources diplomatiques, le journal grec Kathimerini a révélé que les autorités grecques soupçonnaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Dans cette affaire, le montant de l’amende et sa médiatisation reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie, explique dans une tribune au « Monde » l’économiste Bruno Alomar.
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Amende Google : « C’est bien une décision politique, qui sert des objectifs politiques »

Dans cette affaire, le montant de l’amende et sa médiatisation reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie, explique dans une tribune au « Monde » l’économiste Bruno Alomar.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h11
    |

                            Bruno Alomar (Economiste, ancien haut fonctionnaire à la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne)








                        



                                


                            

Tribune. La Commission européenne a infligé le 18 juillet une amende de 4,34 milliards d’euros à Google, dans le cas Android. Par cette décision, la Commission européenne sanctionne Google pour avoir abusé de sa position dominante, freiné l’innovation et privé les consommateurs d’un choix plus large d’applications.
L’amende infligée est la plus importante jamais mise par la Commission à une entreprise dans le chef du droit de la concurrence, la précédente amende la plus élevée – 2,42 milliards d’euros – ayant déjà concerné Google, dans l’affaire dite du « moteur de recherche », en juin 2017.
Disons-le tout net : il y aurait beaucoup à dire au fond sur cette décision. Sur l’analyse concurrentielle d’abord et sur les raisons pour lesquelles, entre autres, la Commission a estimé qu’Apple et son système d’exploitation iOS ne faisaient pas partie du même marché pertinent qu’Android.
Une nouvelle étape
Sur le montant de l’amende par ailleurs, qui marque une nouvelle étape dans la pénalisation du droit de la concurrence, dont l’origine remonte aux années 2000 et à la volonté de Neelie Kroes, commissaire à la concurrence de la Commission « Barroso 1 », de durcir les sanctions à l’égard des entreprises convaincues de cartels ou d’abus de position dominante.
Ces questions seront vraisemblablement reposées dans l’avenir tant l’on imagine mal, compte tenu de l’ampleur de l’amende, que Google ne conteste pas, comme il en a le droit et comme il est d’usage, cette décision devant le juge communautaire.

Pourtant, une part essentielle de l’intérêt de cette affaire n’est pas là. En effet, cette affaire, le montant de l’amende, sa médiatisation, reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie.
Cette question n’est pas une question théorique. L’Union européenne s’est entièrement bâtie sur le droit,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/20/18-20">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’extrême droite est souvent accusée d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs antisémites ou islamophobes.
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En Autriche, bientôt des listes de juifs pour limiter l’abattage rituel des animaux ?

L’extrême droite est souvent accusée d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs antisémites ou islamophobes.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 15h37
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Le gouvernement régional de Basse-Autriche s’apprête-t-il à faire des listes de juifs ? Une polémique autour de l’égorgement halal et casher a pris, mercredi 18 juillet, une ampleur qui en dit long sur l’atmosphère politique empoisonnée en Autriche depuis le retour de l’extrême droite au pouvoir en décembre 2017, en coalition avec les conservateurs. Tout est parti de la volonté d’un ministre issu du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) du Land de Basse-Autriche, une région qui encercle Vienne, de limiter considérablement les méthodes d’abattage religieuses.
Chargé du bien-être animal dans le gouvernement de coalition local dominé par les conservateurs, Gottfried Waldhäusl n’a jamais caché son hostilité à l’égorgement d’animaux non étourdis prescrit par les religions juive et musulmane. Le FPÖ est régulièrement accusé d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs plus bassement antisémites ou islamophobes. Mais à défaut de pouvoir l’interdire totalement – une compétence nationale –, M. Waldhäusl a expliqué au quotidien Wiener Zeitung qu’il souhaitait limiter la pratique au maximum en « liant la fourniture de viande à la résidence effective » dans la région. « Il n’est pas acceptable que des Viennois viennent faire égorger des milliers d’animaux en Basse-Autriche », a-t-il justifié.
« Les chapitres les plus sombres »
Cette proposition a immédiatement déclenché les protestations du Consistoire juif de Vienne. Pour son président, Oskar Deutsch, elle impliquerait en effet la création de liste nominative de coreligionnaires. « Or, cela rappelle presque l’époque nazie », a-t-il dénoncé. Alors que les sujets migratoires, historiques et religieux sont sensibles depuis le retour au pouvoir du FPÖ, la polémique a immédiatement pris une ampleur nationale. « Cet enregistrement rappelle les chapitres les plus sombres de notre histoire », a ainsi fustigé le leader des sociaux-démocrates autrichiens, Christian Kern, en demandant la démission du ministre.
Visiblement gênés, les conservateurs, partenaires majoritaires du FPÖ au niveau national et en Basse-Autriche, ont écarté toute constitution de liste de juifs. « Nous allons trouver une solution pour dissiper les inquiétudes du président du Consistoire », a ainsi promis un représentant local de la formation du chancelier Sebastian Kurz.
Mercredi, les sites autrichiens notaient d’ailleurs avec ironie que c’est le prédécesseur social-démocrate de M. Waldhäusl qui avait autorisé les premières restrictions en septembre 2017, en demandant notamment aux autorités locales de vérifier scrupuleusement que les abattoirs pratiquant l’égorgement ne le fassent que pour des raisons strictement religieuses.

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