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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Un collaborateur de l’Elysée a été identifiée par « Le Monde » en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er mai. Le point sur cette affaire qui embarrasse l’Elysée et enflamme l’opposition.
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Enquête, profil du suspect, réactions politiques… Ce que l’on sait de l’affaire Benalla

Un collaborateur de l’Elysée a été identifiée par « Le Monde » en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er mai. Le point sur cette affaire qui embarrasse l’Elysée et enflamme l’opposition.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h33
   





                        



L’« affaire Benalla », révélée mercredi 18 juillet par Le Monde, a eu depuis de nombreuses répercussions politiques et judiciaires. La présidence peinait jeudi 19 juillet à couper court à la bronca suscitée par une vidéo montrant Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron, frappant un manifestant le 1er mai. Une enquête préliminaire pour violences et usurpation de fonction a été ouverte et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

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Que s’est-il passé le 1er mai ?
En marge des cortèges du 1er mai, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour manifester place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Ce rassemblement faisait suite à un appel lancé sur Facebook par un comité d’action inter-lycéen, relayé ensuite par le syndicat étudiant UNEF et par le parti La France insoumise (LFI).
Au final, une centaine de militants avaient répondu présent. Sur place, la situation avait dégénéré, et une vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, montrait un homme portant un casque tirer par le cou une jeune fille aux cheveux châtains, puis revenir s’en prendre violemment à un jeune homme, déjà à terre, entouré par des CRS. On entend alors le jeune homme le supplier de se calmer : « Je vais vous expliquer », lui crie-t-il. En vain. L’homme casqué, visiblement hors de lui, le traîne au sol, le saisit violemment au cou par-derrière, puis le frappe à plusieurs reprises.

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Qui est Alexandre Benalla, identifié comme l’auteur de ces violences ?

   


Alexandre Benalla, 26 ans, que Le Monde a identifié comme étant l’auteur de ces violences, est un homme que M. Macron connaît bien, puisqu’il a participé, comme responsable de la sécurité, à sa campagne présidentielle. M. Benalla a par la suite été recruté à l’Elysée en tant que chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch. Comme tout chargé de mission, M. Benalla, qui a commencé sa carrière en 2011, était soumis à la discrétion, son nom n’était pas publié au Journal Officiel.
Son nom apparaît toutefois à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017. Il est notamment suspecté d’avoir fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un flash-ball et des boucliers antiémeute.

        Lire le portrait d’Alexandre Benalla,
         

          ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai



Qui est le second homme suspecté d’avoir participé aux violences ?

   


Alexandre Benalla n’était pas le seul « collaborateur » de l’Elysée à être présent lors de la manifestation du 1er mai. Il était ce jour-là accompagné d’une connaissance, Vincent Crase, que l’on voit également sur la vidéo. Il s’agit d’un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. Cet officier basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle.
Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, a précisé lors d’un point presse que M. Crase était « très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République ».
Quelles sanctions ont été prises contre eux ?
Peu après les faits, M. Benalla a reçu une lettre du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, lui faisant savoir qu’il était mis à pied temporairement, quinze jours, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire. Depuis son retour, il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président.

        Comprendre pourquoi
         

          l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice



Selon l’Elysée, M. Benalla reste toutefois chargé de mission auprès du président de la République, quoique désormais affecté à un poste administratif, où il s’occupe de la sécurité d’événements organisés « à l’intérieur du palais », comme des rencontres avec des entreprises. Il était également présent lors de la célébration de la victoire des Bleus au Mondial, lundi sur les Champs-Elysées, pour le 14-Juillet, à Paris, place de la Concorde ou encore lors de l’entrée au Panthéon de Simone Veil — trois manifestations qui se tenaient pourtant à distance du palais présidentiel.

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M. Crase a écopé de la même sanction : une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire. Le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a ajouté qu’« il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République ». Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement, a précisé de son côté que M. Crase était toujours salarié de LRM et que « la condamnation morale ne suffit pas pour justifier un licenciement », faute « de cause réelle et sérieuse liée à son activité professionnelle », comme le prévoit le code du travail.

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Que fait la justice ?
Le parquet de Paris a ouvert, jeudi, une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a annoncé dans l’après-midi avoir saisi l’inspection générale de la police nationale, afin de « déterminer dans quelles conditions » Alexandre Benalla et Vincent Crase ont pu assister aux manifestations du 1er mai aux côtés des forces de l’ordre.
Selon le porte-parole de l’Elysée, M. Benalla avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er-Mai », autorisation qui lui avait été donnée car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ». « Il est clair qu’il a outrepassé le statut d’observateur », a déclaré le premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat.

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Comment réagit l’exécutif après nos révélations ?
Emmanuel Macron, en déplacement en Dordogne, a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était « entachée » par cette affaire, il a laconiquement répondu : « Non, non, la République elle est inaltérable ! » C’est le porte-parole de l’Elysée Bruno Roger-Petit qui est monté au créneau : Alexandre Benalla a rapidement reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », a-t-il fait valoir.
Lors des questions au gouvernement au Sénat, le premier ministre Edouard Philippe, interpellé par la présidente du groupe communiste au Sénat Eliane Assassi, a rappelé que l’affaire était « désormais aux mains de la justice et c’est très bien ainsi ».

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Qu’en dit l’opposition ?
A gauche comme à droite, des voix se sont élevées pour critiquer la réaction trop clémente de l’Elysée à l’égard du conseiller d’Emmanuel Macron. La droite, La France insoumise et le Parti socialiste se sont étonné que les membres du cabinet de l’Elysée, ayant eu connaissance des actes de violence commis par M. Benalla, n’aient pas informé le parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale qui prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ».
Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a réclamé qu’un juge d’instruction soit saisi, car tous les « éléments sont là qui permettent d’identifier un délit », et que des responsables à l’Elysée démissionnent. Par ailleurs, des députés LFI ont convoqué une conférence de presse pour représenter leur « proposition de résolution », déjà déposée le 10 juillet à l’Assemblée, « tendant à la création d’une commission d’enquête sur les conditions d’usage et de commandement des forces de l’ordre lors des événements survenus en marge de la manifestation parisienne du 1er mai ».

        Lire les réactions de l’opposition,
         

          qui dénonce un « scandale d’Etat » et un « climat d’impunité »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’Elysée et le gouvernement sont sur la défensive après les révélations du Monde sur un proche d’Emmanuel Macron qui a frappé un manifestant le 1er mai.
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Affaire Benalla : l’exécutif à la peine

L’Elysée et le gouvernement sont sur la défensive après les révélations du Monde sur un proche d’Emmanuel Macron qui a frappé un manifestant le 1er mai.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h21
    |

                            Hugo Wintrebert








                        



   


Après les révélations du Monde, mercredi 18 juillet, l’exécutif a essayé toute la journée de se défendre au sujet d’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, qui a frappé un manifestant le 1er mai. Une communication de crise qui s’est déroulée sous la pression de l’opposition et sans l’aide d’Emmanuel Macron, mutique sur le sujet toute la journée.
En déplacement en Dordogne, où il présentait les nouveaux timbres à l’effigie de Marianne, Emmanuel Macron a esquivé les questions sur l’affaire. A un journaliste qui lui demandait si l’affaire entachait la République, le chef de l’Etat a simplement répliqué que la République demeurait « inaltérable ». Toute la journée, le chef de l’Etat a balayé les questions en répondant un peu plus tard : « Je ne suis pas venu pour vous voir. Je suis venu voir M. le maire. » Des réponses laconiques qui ont laissé ses troupes dans l’embarras.

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Dès 9 heures ce matin, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a été envoyé au front pour tenter d’éteindre l’incendie. Pour sa première déclaration publique officielle, il a confirmé que le chargé de mission violent avait été sanctionné en mai sans être définitivement écarté de l’Elysée. « M. Benalla a été mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire. Il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président, a précisé l’ancien journaliste lors d’une brève allocution, évoquant « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ». 
« Exemplarité et intégrité »
Répondant aux questions des sénateurs dans l’après-midi, Edouard Philippe a entamé son intervention en qualifiant les vidéos montrant Alexandre Benalla d’« images particulièrement choquantes ». « J’ai toujours témoigné mon soutien aux forces de l’ordre. C’est pour cette raison que je ne peux pas admettre que certains viennent, par leur comportement, jeter le doute sur l’exemplarité et l’intégrité des forces de l’ordre », a déclaré le premier ministre chahuté par les parlementaires de l’opposition.
Le chef du gouvernement a rappelé que le parquet de Paris a ouvert jeudi matin une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », à l’encontre d’Alexandre Benalla. « L’affaire est désormais aux mains de la justice, et c’est très bien ainsi, a lancé Edouard Philippe aux sénateurs. « Un certain nombre de questions ne manqueront pas d’être posées. Nous souhaitons que cette enquête permette d’éclairer des faits précis (…) et nous saurons tirer toutes les conclusions sur cette enquête. »
En parallèle de l’enquête ouverte par le parquet de Paris, le ministre de l’intérieur, Gérard Colomb, a annoncé avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). « Le rapport de l’IGPN sera rendu public », a-t-il précisé, tout en condamnant « sans ambiguïté un acte inadmissible ».  

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« Personne n’est protégé »
Le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement, Christophe Castaner, a lui aussi réprouvé l’attitude de M. Benalla. « Personne n’est protégé dans ce pays, quel que soit son statut », a annoncé sur CNews celui qui est aussi le délégué général de La République en marche (LRM). A ce titre, M. Castaner a dû se justifier au sujet de Vincent Crase aperçu sur les images du 1er mai et employé de LRM. « Ma condamnation morale ne suffit pas pour justifier un licenciement », a-t-il lancé avant d’ajouter qu’« il n’y aura aucun obstacle à ce que la justice puisse faire son travail. S’il y a des faits avérés, il y aura sanction judiciaire ».
Obligé de défendre l’Elysée, tout en condamnant le comportement d’Alexandre Benalla, les membres du gouvernement avancent sur une ligne de crête. Une situation de crise qui a engendré quelques cafouillages au niveau de la comunication. Alors qu’elle participait à un débat sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, n’a pu éviter d’être interrogée par les députés sur l’affaire Benalla. La garde des sceaux a parlé de « gestes absolument inadaptés », pour évoquer le comportement du chargé de mission de l’Elysée le 1er mai. Avant de déclarer qu’il « était sur cette manifestation sans autorisation », en contradiction avec les propos de Bruno Roger-Petit. Le porte-parole de l’Elysée avait expliqué un peu plus tôt qu’Alexandre Benalla voulait participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation et qu’une autorisation avait été donnée par Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Au Monde, M. Strzoda avait confirmé avoir donné cette autorisation.

La lettre du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, à Alexandre Benalla
Le directeur de cabinet du président de la République
à Monsieur Alexandre Benalla, chargé de mission, adjoint au chef de cabinet, présidence de la République
Paris, le 3 mai 2018
Monsieur,
J’ai été informé de votre participation aux opérations de maintien de l’ordre, aux côtés des effectifs de la préfecture de police, lors des manifestations qui se sont déroulées à Paris le 1er mai dernier.
Votre initiative ne peut en aucune manière se rattacher à la mission qui vous a été confiée au sein des services de la présidence de la République.
A cette occasion, vous avez eu un comportement manifestement inapproprié.
Votre comportement a porté atteinte à l’exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République.
En conséquence, j’ai décidé de vous suspendre de vos fonctions, à compter du 4 mai 2018, pour une durée de quinze jours.
Vous reprendrez vos fonctions le 19 mai 2018.
Je vous invite à tirer toutes les conséquences de ces incidents et de faire preuve, à l’avenir, d’un comportement exemplaire.
A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
Patrick Strzoda
Notifié le jeudi 3 mai 2018, signature de l’agent [manuscrit] lu et approuvé, et signature





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements, plusieurs élus d’opposition sont montés au créneau jeudi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai.
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L’affaire Benalla parasite l’examen de la réforme constitutionnelle à l’Assemblée

Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements, plusieurs élus d’opposition sont montés au créneau jeudi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h08
    |

            Alexandre Lemarié








                        


L’examen du texte sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale se trouve totalement parasité, jeudi 19 juillet, par l’affaire Benalla, du nom de ce collaborateur de l’Elysée filmé en train de frapper un manifestant à terre, dans une vidéo tournée le 1er mai à Paris.
Alors que les députés devaient poursuivre l’examen des amendements portant sur l’article 2 de ce texte essentiel pour le président de la République, plusieurs élus d’opposition, dont le communiste Sébastien Jumel ou le chef de file des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, sont montés au créneau jeudi après-midi pour réclamer la création d’une commission d’enquête sur les violences du 1er-Mai dans la capitale. En retour, le président de l’Assemblée, François de Rugy, a rappelé qu’il n’était pas possible de créer cette commission d’enquête, les différents groupes – à part celui du MoDem – ayant épuisé leur droit de tirage.

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Des explications qui ne satisfont pas dans les rangs de l’opposition, où les interrogations fusent de toutes parts. « Cette affaire jette le discrédit sur le ministère de l’intérieur. Est-ce que c’est la première fois que c’est arrivé ? Qui a donné les ordres ? Est-ce que le préfet de police était au courant ? Le ministre de l’intérieur ? », a demandé le député La France insoumise (LFI) Ugo Bernalicis. « Qu’est-ce qui a justifié que sa hiérarchie, au premier rang le président de la République, a décidé de cacher cette affaire à la justice ? », s’est également interrogé M. Jacob, qui estime qu’Emmanuel Macron doit « s’expliquer ».
2 480 amendements
Alors que les interruptions de séance se sont multipliées, tous les groupes d’opposition ont exigé des comptes au gouvernement – voire au président de la République – sur cette affaire. Plusieurs députés ont notamment réclamé la venue du premier ministre et du ministre de l’intérieur dans l’Hémicycle pour obtenir des éclairages sur cette affaire, faisant valoir que la « bonne tenue des débats » ne pouvait être garantie. « Nous souhaitons des explications de la part de Gérard Collomb. Sans cela, nous ne pouvons pas continuer nos travaux », a lancé le député LR Patrick Hetzel. « Ne laissez pas cette affaire pourrir ! Il s’agit de l’autorité de l’Etat », a mis en garde Jean-Luc Mélenchon, chef de file des « insoumis ».
Dans cette ambiance tendue, un sentiment de gêne était perceptible sur les rangs du gouvernement et de la majorité, peu bavards. Au point que vers 16 h 20, une suspension de séance a suscité le soulagement dans les rangs de La République en marche (LRM), où certains y ont vu une occasion de « faire redescendre la pression et calmer tout le monde ». « Je suis abasourdi par le silence de la majorité », a d’ailleurs noté Sébastien Jumel. Signe que l’heure est grave : la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe a également fait son apparition dans l’Hémicycle.
Mais, lorsque la séance a repris, M. Jumel a réitéré sa demande de création d’une commission d’enquête, jugeant que « personne ne peut accepter que nous reprenions la séance dans de bonnes conditions sans avoir des réponses à nos questions ». « Je ne vois pas comment nous pourrions continuer à travailler sérieusement sans avoir des explications du gouvernement », a abondé le député LR Laurent Furst, en dénonçant une « affaire étouffée au plus au sommet de l’Etat ». M. Jumel a lui aussi évoqué « un véritable scandale d’Etat ».

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Interpellée sur ce sujet, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, avait d’abord assuré dans la matinée que M. Benalla « était sur cette manifestation sans autorisation » ; ce qui paraissait contredire la version de l’Elysée, selon laquelle il avait bien une autorisation. Plus prudente, la garde des sceaux a répondu dans l’après-midi qu’elle ne « souhait[ait] absolument pas commenter davantage une affaire dont le parquet s’est saisi ».
Ces perturbations ne vont pas arranger l’exécutif et la majorité : depuis le début de l’examen de la réforme constitutionnelle en séance, le 10 juillet, les débats avancent plus lentement que prévu. Alors que l’examen du texte devait être initialement bouclé vendredi 20 juillet, les députés devront finalement siéger ce week-end pour tenter de venir à bout des 2 480 amendements déposés sur le texte, soit quatre fois plus que lors de la révision de 2008. Il en reste pour l’heure plus de 1 500 à examiner…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La majorité avait du mal à cacher sa fébrilité, jeudi à l’Assemblée nationale, après les révélations sur Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée, proche du chef de l’Etat Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

Les députés macronistes « abasourdis » par l’affaire Benalla

La majorité avait du mal à cacher sa fébrilité, jeudi à l’Assemblée nationale, après les révélations sur Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée, proche du chef de l’Etat Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h36
    |

            Manon Rescan








                        



   


« Je sens un silence pesant. » Parole de député La République en marche jeudi 19 juillet au matin, au lendemain des révélations du Monde dans l’affaire Alexandre Benalla, ce chargé de mission à l’Elysée, équipé d’un casque de police et filmé en train de frapper un manifestant à terre lors de la manifestation du 1er mai. En cette journée de crise politique comme jamais le pouvoir n’en a connue depuis le début du quinquennat, les élus de la majorité se partagent en trois groupes à l’Assemblée nationale : ceux qui acceptent de parler, ceux qui parlent sous couvert d’anonymat et ceux qui préfèrent se taire.

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Les têtes d’affiche de la majorité sont de la dernière catégorie. Vers midi, Gabriel Attal, porte-parole du parti, passe dans une galerie non-accessible aux journalistes, jette un œil vers la salle des Quatre-Colonnes où les interviews sont autorisées. Le jeune député des Hauts-de-Seine, qui fait partie du premier cercle des élus autour du chef de l’Etat, jette un œil, répond d’un large sourire à ceux qui l’interpellent et fait « non non » du doigt. Il ne s’exprimera pas.
Malaise profond
A La République en marche (LRM), mot d’ordre a été donné de ne pas répondre aux sollicitations médiatiques sur l’affaire Benalla. « Je n’ai pas de commentaires à faire, l’Elysée a déjà réagi », a déclaré en début d’après-midi Aurore Bergé, porte-parole du groupe LRM à l’Assemblée, fendant un groupe de journalistes. Richard Ferrand, le président du groupe, s’est exprimé dans la matinée sur LCI, jugeant le comportement « manifestement inapproprié » de M. Benalla. « Laissez les choses être mises au clair et les autorités prendront leur décision », a ajouté le député du Finistère, estimant que « c’est un problème qu’il revient à l’Elysée de régler ».
Au-delà des éléments de langage et des discours de communication officiel, le malaise est en réalité très profond dans la majorité. « On est abasourdi », glisse une élue francilienne. « C’est une cata, le genre de couacs dont on se serait passé », confie une autre députée. « On préfère toujours se passer de ce genre d’histoires… », grimace un cadre de la majorité. Peu acceptent de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, en des mots parfois crus : « ça prend combien de temps de mettre un poing dans la gueule ? Une seconde et demi ? Pour le virer c’est pareil », lâche l’un d’eux, lapidaire, en référence au geste d’Alexandre Benalla le 1er mai.

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Dans des mots plus polis, Laurent Saint-Martin a été le premier à dénoncer publiquement les faits. « Après un tel comportement, à mon avis, on ne peut plus travailler auprès du président de la République », a déclaré le député du Val-de-Marne sur Cnews dès jeudi matin. « Il n’a pas sa place à l’Elysée par définition », abonde son collègue Florent Boudié estimant qu’« une décision définitive doit rapidement être prise, une solution intermédiaire n’est pas satisfaisante ». Pas question pour ces députés de se contenter de la simple mise à pied de deux semaines de M. Benalla, décidée par l’Elysée du 4 au 19 mai. « Cette personne ne peut pas avoir de relations de travail au plus haut niveau de l’Etat. On est censés incarner l’exemplarité. Cela doit provoquer une réaction sans ambiguïté », estime Joachim Son-Forget, député des Français de l’étranger.
Signe de la tension générale, la confusion a même régné durant la journée parmi le groupe LRM, plusieurs élus pensant que M. Benalla avait déjà été démis de ses fonctions à l’Elysée, en le confondant avec Vincent Crase, ce gendarme réserviste lui aussi visible à ses côtés sur la vidéo du 1er mai. Jeudi matin, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait déclaré que M. Crase avait été par le passé « très ponctuellement mobilisé » par le commandement militaire de la présidence de la République, mais qu’il avait été mis fin à ses fonctions après les incidents de la place Contrescarpe.
« Que le Parlement soit le dernier informé est quand même paradoxal », explique face caméras le député de la Manche Alain Tourret. « Le ministre de l’intérieur serait le bienvenu de venir s’expliquer sur les faits qui sont énoncés dans la presse », poursuit-il. Une demande formulée également par l’opposition jeudi après-midi au cours d’une séance chaotique dans l’Hémicycle, énième rebondissement d’une journée au cours de laquelle la majorité n’a jamais paru aussi fébrile.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May  à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque  année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne.  Une fiction dont les  thèmes – attachement  à la terre, à la nature, aux valeurs traditionnelles – sont récupérés par l’extrême droite européenne pour  diffuser ses idées.
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Winnetou, un héros allemand

Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May  à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque  année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne.  Une fiction dont les  thèmes – attachement  à la terre, à la nature, aux valeurs traditionnelles – sont récupérés par l’extrême droite européenne pour  diffuser ses idées.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h41
    |

            Marc-Olivier Bherer (Bad Segeberg (Schleswig-Holstein), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Winnetou, le chef des Apaches, arrive sur scène monté sur un cheval alezan. Sa tenue à franges est parsemée de perles de couleurs dessinant des motifs géométriques. Une plume pend au canon de sa carabine dont la crosse est décorée de clous formant la lettre W. L’apparition de Winnetou soulève une vague immédiate d’applaudissements. Le héros tant attendu fait enfin son entrée.
Il est incarné par Jan Sosniok, un acteur bien connu de la télévision allemande. Sous une perruque de cheveux longs noirs et le teint hâlé par les UV, il repend ce rôle jusqu’en septembre sur la scène du Karl-May-Spiele, le théâtre en plein air de Bad Segeberg (Land du Schleswig-Holstein), une petite ville proprette et boisée dans le nord de l’Allemagne. Depuis 1952, une pièce recrée des ambiances de Far West devant un public fidèle et nombreux. La tradition relève maintenant de la superproduction. Une vingtaine d’acteurs et de figurants se déploient sur scène, mais aussi des oiseaux de proie, des chevaux et même des oies. Des effets pyrotechniques, des scènes de combat, de danse, une bande-son originale viennent encore ajouter au spectacle.
Cette conquête de l’Ouest d’opérette peut surprendre. Bad Segeberg est l’un des principaux foyers d’un phénomène culturel bien allemand, mais dont on voit des manifestations ailleurs en Europe centrale : une profonde fascination pour les Amérindiens.
Vivre « à l’indienne »
Depuis plus d’un siècle, des festivals, des salons et même des pow-wow (rassemblements et cérémonies) perpétuent cet héritage, également présent au cinéma. Certains adeptes forment des cercles fermés qui se retirent pour vivre « à l’indienne », pour recréer et imiter le mode de vie traditionnel de différentes nations amérindiennes. Ces « Indianer », comme on les appelle en allemand, reproduisent avec précision les tenues, les coiffes à plumes, les coutumes de ces peuples d’Amérique du Nord. Certains de ces « Indiens » blancs vont jusqu’à apprendre leur langue.

Cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les différents partis néonazis européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.
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Le « noble Indien », une aubaine pour l’extrême droite

Les différents partis néonazis européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h40
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Sitting Bull aura décidément eu droit à tous les outrages. Le grand chef sioux a vu son peuple massacré et spolié, avant d’être lui-même tué comme un vulgaire voleur, et voilà qu’une antenne locale de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) clame que, s’il vivait à notre époque, « Sitting Bull voterait pour l’AfD » pour s’insurger « contre l’immigration sans frontière ».
Dans ce message affiché sur Facebook en janvier 2017, le parti d’extrême droite ajoute : « Aujourd’hui, les peuples premiers d’Amérique vivent dans des réserves. Face à l’immigration de masse incontrôlée, l’Allemagne pourrait vivre la même chose. » L’Europe blanche et chrétienne risquerait donc de vivre le même destin que les Amérindiens : être submergée par l’arrivée d’étrangers malveillants. L’extrême droite a trouvé dans cette métaphore amérindienne de quoi relayer ses obsessions.
Propagande
Plusieurs exemples de ce type d’images circulent en Allemagne. Des néonazis et des membres du mouvement anti-immigration Pegida en ont diffusé. Certes, il est plutôt étonnant de voir des adeptes de la xénophobie se montrer solidaires d’un peuple étranger, mais les Amérindiens disposent d’un capital de sympathie immense outre-Rhin qui se révèle bien utile quand il faut atténuer la violence d’un message d’exclusion. Un vieil homme portant une plume sur la tête, le visage buriné par les années, n’a rien de menaçant.
La culture populaire a beaucoup fait pour propager une image simpliste des Amérindiens comme formant de nobles peuples, authentiques et en train de disparaître. Sans le vouloir, les fans du romancier allemand Karl May participent à la propagation d’un « mème », un élément culturel réplicable et reconnaissable par tous : le « noble indien » est un symbole familier et rassurant.

L’AfD n’est pas le premier parti à utiliser les Amérindiens pour sa propagande. C’est un petit parti italophone de Suisse, la Ligue des Tessinois, qui créa en 2007...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.
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Sitting Bull, symbole de la résistance des Sioux

Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Dans le monde blanc, Tatanka Iyotake est connu sous le nom de Sitting Bull, ou Bison assis. Ce chef et homme médecine sioux lakota incarne plus que tout autre la résistance amérindienne contre la conquête et l’accaparement des terres par les Américains. Il serait né vers 1832 et, au cours des décennies qui suivent, les Sioux et leurs alliés agrandissent leur territoire. Ils dominent déjà les deux Dakotas et étendent leur influence sur une grande partie d’un espace qui correspond aujourd’hui au Montana, au Nebraska et au Wyoming.
Les expéditions guerrières auxquelles se livrent alors les Sioux Lakota sont pour lui l’occasion de démontrer sa vaillance et son courage. En 1863, il participe à sa première échauffourée contre les Blancs. Ce genre d’incidents va se multiplier au cours des années qui suivent. Il devient en 1866 le chef principal des Sioux Lakota.
Tournée du Wild West Show de Buffalo Bill
Cette puissante nation doit cependant bientôt plier face à l’armée américaine. Son territoire est réduit, et les Sioux Lakota sont incités à se fixer dans les camps et les forts construits par l’administration. Sitting Bull entreprend alors de liguer les bandes opposées aux Américains.
En 1876, il inflige une cuisante défaite au héros de la guerre civile, le général Custer, lors de la bataille de Little Big Horn. Les 25 et 26 juin, les Amérindiens remportent leur plus grande victoire contre l’armée américaine. Sentant malgré tout qu’il vaut mieux battre en retraite, Sitting Bull trouve refuge au Canada en 1877. Poussé par la faim, alors que le bison est au bord de l’extinction, il se rend aux autorités américaines en 1881.
En 1885, il prend part à une tournée du Wild West Show de Buffalo Bill (1846-1917), figure mythique de la conquête de l’Ouest. Sitting Bull quitte ce spectacle itinérant au bout de quatre mois, dégoûté. En 1890, par crainte des troubles que pourrait susciter un mouvement de renouveau spirituel sioux lakota, les autorités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.
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« La métaphore indienne fait un retour en Hongrie »

Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Historienne spécialiste de l’Europe, Holly Case est professeure associée à l’université Brown (Rhode Island). Elle s’intéresse tout particulièrement aux interactions entre les relations internationales, la science et la littérature aux XIXe et XXe siècles. Elle est notamment l’auteure de Between States. The Transylvanian Question and the European Idea during World War II (Stanford University Press, 2009, non traduit).

Dans un récent article paru dans la revue autrichienne « Transit », vous rappelez que le premier ministre hongrois, Viktor Orban, fait parfois référence aux Amérindiens dans ses discours. Que sous-entend-il en évoquant les peuples premiers d’Amérique ?
Quand il était plus jeune, Viktor Orban faisait parfois référence, sur le ton de l’humour, à la prétendue sagesse des Indiens Dakota dans ses discours. On l’a ainsi entendu citer des maximes absurdes : « Si votre monture est un cheval mort, mieux vaut en descendre », ou encore « rien ne sert de souffler dans un ballon troué ». Mais depuis peu, Orban ne plaisante plus quand il parle des Amérindiens. Il les a intégrés à sa rhétorique anti-immigration.
Dans un discours prononcé en juillet 2016, en soutien à Donald Trump, le premier ­ministre hongrois a ainsi affirmé : « Je peux comprendre que les Américains aient un point de vue positif sur l’immigration, car elle a permis l’essor des Etats-Unis, mais ils doivent aussi se rendre compte que, pour ce qui est de notre pays, c’est nous qui sommes aujourd’hui les Indiens. »[Viktor Orban sous-entend par là que les Hongrois sont menacés d’être délogés, comme les Indiens le furent en Amérique.]
Cette représentation est d’ailleurs répandue au sein de l’extrême droite européenne. Ainsi, au cours de son procès en 2012, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes à Oslo au cours d’une fusillade, a-t-il affirmé : « Les Norvégiens forment le peuple indigène de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Lors d’une manifestation le 1er mai, Alexandre Benalla, collaborateur de l’Elysée, a frappé un manifestant à terre. « Le Monde » l’a identifié sur une vidéo.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les membres du cabinet de l’Elysée ayant eu connaissance des actes de violence commis par Alexandre Benalla auraient dû, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, en informer le parquet.
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Affaire Benalla : l’Elysée mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice

Les membres du cabinet de l’Elysée ayant eu connaissance des actes de violence commis par Alexandre Benalla auraient dû, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, en informer le parquet.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h28
   





                        



Une simple mise à pied de quinze jours et aucune plainte de l’Elysée. Depuis que Le Monde a révélé mercredi 18 juillet l’identité du conseiller d’Emmanuel Macron frappant un manifestant le 1er mai, des voix s’élèvent pour critiquer la réaction trop clémente de l’Elysée à son égard. Cet homme a été identifié comme étant Alexandre Benalla, chargé de mission et adjoint au chef de cabinet du président de la République, âgé de 26 ans. Une information confirmée par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda.

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                L’affaire Benalla enflamme l’opposition



Le 1er mai, en marge des cortèges, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour manifester place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. La situation avait dégénéré, et une vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, montrait un homme portant un casque s’en prendre violemment à un jeune homme à terre, entouré par des CRS.

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                Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ?



Après avoir reconnu les faits devant Patrick Strzoda, qui en avait référé au président de la République, Alexandre Benalla s’était vu infliger, dans la plus grande discrétion, une simple sanction administrative : une mise à pied de quinze jours. L’homme, qui a depuis retrouvé un bureau à l’Elysée, est toujours chargé de mission auprès de la présidence de la République, mais il a été muté à des fonctions administratives puisqu’il s’occupe désormais officiellement de la sécurité d’événements organisés au palais de l’Elysée.
Le parquet de Paris a annoncé jeudi matin l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits reprochés à Alexandre Benalla. L’enquête porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique. Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Article 40 du code de procédure pénale
La droite, La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste se sont toutefois étonnés que l’Elysée n’ait pas averti la justice de ces faits. Plusieurs politiques, dont le député LFI Eric Coquerel mais aussi le député Les Républicains Eric Ciotti, se sont étonnés que les membres du cabinet de l’Elysée ayant eu connaissance des actes de violence commis par M. Benalla n’aient pas informé le parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Celui-ci prévoit en effet que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ».
A l’Assemblée, Eric Ciotti a saisi l’occasion du débat actuellement en cours sur la révision constitutionnelle pour s’adresser au gouvernement sur ce point :
« Depuis le 1er mai, il aurait été possible d’activer l’article 40 du code de procédure pénale. Pourquoi le président qui avait connaissance de ces faits délictueux n’a pas saisi la justice ? C’est un fait qui porte atteinte au fonctionnement même de notre République. »
Cependant, explique au Monde une source judiciaire, les cas de non-dénonciation sanctionnés pénalement concernent uniquement les crimes ou les mauvais traitements sur personne vulnérable. Forcé de s’expliquer, l’exécutif s’est exprimé par la voix du porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, qui a assuré qu’Alexandre Benalla avait reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ».
Interrogé sur la menace supposée que cette affaire pourrait faire peser sur l’exemplarité de la République, jeudi, au cours de sa visite de la plateforme de courrier de Marsac-sur-l’Isle (Dordogne), près de Périgueux, Emmanuel Macron s’est borné à ce seul commentaire : « Non, la République elle est inaltérable ! »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ L’Etat veut impliquer les entreprises dans la « mobilisation nationale » en direction des quartiers défavorisés.
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Banlieues : l’exécutif « tourne en rond »

L’Etat veut impliquer les entreprises dans la « mobilisation nationale » en direction des quartiers défavorisés.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 11h37
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

La séquence politique baptisée « La France, une chance » a démarré mardi 17 juillet, dans la salle des fêtes de l’Elysée, par une opération de séduction du président de la République auprès d’une centaine de grands patrons au garde-à-vous. Elle s’est poursuivie mercredi avec un « point d’étape » du ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, et de son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, à l’issue du conseil des ministres.
C’est la troisième fois que le chef de l’Etat s’exprime sur son action en faveur des quartiers populaires. Le premier discours, à Tourcoing (Nord), mi-novembre 2017, avait donné l’élan pour une « mobilisation nationale » ; la seconde allocution, le 22 mai, l’avait en partie brisé en discréditant le rapport de Jean-Louis Borloo ; la troisième prise de parole, mardi, axée sur l’emploi, lui a permis d’illustrer son idée d’une parfaite répartition des rôles entre l’Etat, les entreprises et les associations.

Pour l’occasion, Emmanuel Macron avait mobilisé son carnet d’adresses. Le casting était inédit : étaient présents les PDG de Danone, du Groupe La Poste et de Total, le directeur général de BNP Paribas, le chef cuisinier Thierry Marx, le patron d’Orange, celui de la SNCF, de Carrefour, L’Oréal, Accor ou encore Pernod. Le message du président ? Recrutez dans les quartiers ! « Un pays ne peut pas réussir que quand quelques-uns réussissent. Souvent, on a les numéros 3 ou 4 de l’entreprise. Vous, vous êtes là au plus haut niveau, s’est félicité le chef de l’Etat, avant de leur donner rendez-vous tous les six mois. Cela veut dire quelque chose de la prise de conscience collective. »
Se montrer « responsables »
Dans le modèle qu’il défend, l’Etat « facilitateur » incite – mais « sans imposer par la loi » – les entreprises à se montrer « responsables » en s’engageant pour l’inclusion économique (nouveau terme qui désigne la promotion de la diversité)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le ministère de l’intérieur a saisi l’IGPN pour « déterminer dans quelles conditions » le collaborateur de l’Elysée se trouvaient aux côtés des forces de l’ordre le 1er-Mai.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La droite, La France insoumise et le Parti socialiste s’étonnent que l’Elysée n’ait pas transmis les faits à la justice.
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Affaire Benalla : l’opposition dénonce un « scandale d’Etat » et un « climat d’impunité »

La droite, La France insoumise et le Parti socialiste s’étonnent que l’Elysée n’ait pas transmis les faits à la justice.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h55
    |

                            Astrid de Villaines








                        


« Scandale d’Etat », « honte », « impunité ». Depuis que Le Monde a révélé mercredi 18 juillet l’identité du conseiller d’Emmanuel Macron frappant un manifestant le 1er mai, les responsables politiques de tous bords ont fait part de leur indignation.
La France insoumise (LFI) est très vite montée au créneau. « Ces faits sont scandaleux et méritent sanction. C’est un délit pénal », estime Alexis Corbière qui dénonce « deux poids deux mesures ». « En Seine-Saint Denis, la justice n’est pas clémente avec ceux qui enfreignent la loi, mais quand on est proche du président de la République, on est intouchable », poursuit le député LFI du département.

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Même approche pour le premier secrétaire du Parti socialiste : « On ne peut pas vouloir une République exemplaire et considérer qu’un collaborateur du président de la République n’a pas à répondre des mêmes règles que n’importe quel Français », a critiqué Olivier Faure, jeudi, sur France 2. L’un de ses secrétaires nationaux, Sébastien Denaja, a été plus loin sur Twitter, en évoquant « un scandale d’Etat » et en réclamant la démission d’Alexandre Benalla.
La droite n’est pas en reste. Sur Europe 1, Laurent Wauquiez a demandé officiellement « à Emmanuel Macron de s’exprimer pour faire la lumière sur ces faits ». Et le président du parti Les Républicains (LR) de s’interroger : « Qui était au courant à l’Elysée ? Y a-t-il eu des manœuvres pour étouffer cette affaire ? Aujourd’hui on a le sentiment que l’Elysée se croit au-dessus de tout », a pointé le responsable. Sur Twitter, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a abondé : « La justice doit se saisir de toute urgence de cette affaire qui abîme l’Etat de droit. »
« C’est un comportement inacceptable »
Les membres du gouvernement ont défendu l’Elysée tout en condamnant le comportement de M. Benalla. Interrogée à l’Assemblée nationale pendant le débat sur la révision constitutionnelle, la garde des sceaux, Nicole Belloubet, a dénoncé des « gestes absolument inadaptés ». « C’est un comportement inacceptable. Des sanctions ont été prises immédiatement : une mise à pied et un changement de sanction. Il n’y a pas d’impunité », a déclaré Julien Denormandie, secrétaire d’Etat, sur France Inter.
Une ligne qui semble déjà contestée par des membres de la majorité, comme le député La République en marche Laurent Saint-Martin : « Ne me demandez pas de lui trouver une excuse, il n’y en a aucune. Après un tel comportement, à mon avis, on ne peut plus travailler auprès du président de la République », juge l’élu du Val-de-Marne.
Nombreux sont ceux qui s’étonnent que les faits, qui étaient connus de la présidence de la République, n’aient pas été transmis au procureur de la République au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale. Celui-ci prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ».
« Inquiet pour la démocratie »
« En ne saisissant pas le parquet, on dissimule des faits », accuse Benoît Hamon, chef de file de Génération·s, qui se dit « inquiet pour la démocratie française et le climat d’impunité que cette affaire révèle ». L’ancien candidat à la présidentielle espère « que le Parlement se saisisse et qu’une enquête parlementaire soit ouverte ». « C’est une évidence que le procureur de la République aurait dû être saisi », abonde M. Corbière qui parle de faits « d’une extrême gravité ».
Le Rassemblement national (RN) est resté d’abord discret sur cette affaire. Marine Le Pen n’a pas réagi. Le parti s’est contenté d’envoyer un communiqué de l’un de ses porte-parole, Julien Sanchez, dénonçant « l’instauration d’un régime autocratique bafouant les règles de droit » et les « dérives » du gouvernement. Le député RN du Nord Sébastien Chenu a quant à lui observé sur Twitter « une déconnexion totale entre Macron, sa cour et les Français » et ajouté que cette vidéo « porte atteinte à l’image des forces de l’ordre ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Vincent Crase a, tout comme Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, été filmé malmenant un manifestant le 1er mai à Paris.
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Violences sur un manifestant : l’Elysée annonce avoir « mis fin à toute collaboration » avec un gendarme réserviste

Vincent Crase a, tout comme Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, été filmé malmenant un manifestant le 1er mai à Paris.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h33
   





                        



L’Elysée a réagi jeudi 19 juillet au matin, par la voix de son porte-parole, Bruno Roger-Petit, après que Le Monde a révélé, mercredi, avoir identifié, dans une vidéo, un collaborateur d’Emmanuel Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris.

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Dans une courte déclaration, le porte-parole de la présidence a expliqué qu’après ces faits le chargé de mission concerné, Alexandre Benalla, 26 ans, avait reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ».
M. Benalla a été « mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire. Il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président. Cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement », a expliqué Bruno Roger-Petit.
Un employé de La République en marche
Bruno Roger-Petit a également annoncé que M. Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, Vincent Crase – que l’on voit également sur la vidéo –, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, ce dernier était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ».
Au cours de l’intervention filmée le 1er mai, M. Crase a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire », a déclaré Bruno Roger Petit. « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a-t-il ajouté.
M. Benalla a pour sa part gardé son poste à l’Elysée, mais a été rétrogradé en interne.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.
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Violences sur un manifestant : le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron

L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 09h44
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h30
   





                        



Le parquet de Paris a annoncé, jeudi 19 juillet, l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits reprochés à Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, adjoint au chef de cabinet du président de la République, François-Xavier Lauch.
L’enquête porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique. Elle a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Le 1er mai, M. Benalla, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, a frappé un jeune homme qui se trouvait à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris.

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« Dernier avertissement avant licenciement »
Depuis mercredi soir, et la révélation de cette affaire par Le Monde, plusieurs responsables politiques ont appelé à des sanctions à l’encontre de ce collaborateur, Alexandre Benalla, et réclamé que la justice soit saisie des faits.
Le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a réagi jeudi matin en annonçant que M. Benalla avait déjà été mis à pied pendant quinze jours, sans salaire, et qu’il ne s’occupait plus de la sécurité des déplacements présidentiels. « Cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement », a ajouté M. Roger-Petit. Alexandre Benalla a cependant gardé son titre et son poste à l’Elysée, mais a été rétrogradé en interne. Sa hiérarchie avait été mise au courant de ses agissements dès le lendemain des faits.

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Un deuxième homme mis à pied
D’après Dominique Rizet, consultant police justice pour BFM-TV, citant une source policière, lors du retour des Bleus en France après leur victoire en finale de la Coupe du monde, Alexandre Benalla était dans le bus avec eux. « Il était à Roissy, il s’est occupé de la sécurité des Bleus, il était dans le bus lors de la descente des Champs-Elysées », a-t-il expliqué sur la chaîne d’information en continu.
Bruno Roger-Petit a également annoncé qu’Alexandre Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, il était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ». Celui-ci a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire ». « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a ajouté Bruno Roger-Petit.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ A défaut d’une « charte du numérique » qui listait droits et libertés à l’ère du numérique, la loi fixera les règles concernant la protection des données à caractère personnel.
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L’Assemblée inscrit la « protection » des données personnelles dans la Constitution

A défaut d’une « charte du numérique » qui listait droits et libertés à l’ère du numérique, la loi fixera les règles concernant la protection des données à caractère personnel.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 08h14
   





                        


A défaut d’une « charte du numérique », les députés ont voté dans la nuit de mercredi à jeudi 19 juillet l’inscription de la « protection » des données personnelles dans la Constitution. La loi fixera les règles concernant la protection des données à caractère personnel, prévoit cet amendement des rapporteurs et du groupe LREM au projet de révision constitutionnelle.
Porte-parole des « marcheurs », Sacha Houlié a défendu cette inscription à l’article 34 de la loi fondamentale au nom de « la lutte contre l’utilisation extensive ou déraisonnée » de ces données par certaines entreprises, question dont les parlementaires vont pouvoir se saisir.
Des amendements de parlementaires PS ou MoDem entendaient aller plus loin, en prévoyant notamment d’inscrire la « neutralité des réseaux numériques ». « Nous devons encore en mesurer les impacts concrets », a opposé la garde des sceaux, Nicole Belloubet.
Vifs débats
Il y a une semaine, l’Assemblée avait rejeté au terme d’un vif débat l’inscription dans la Constitution d’une « charte du numérique », souhaitée par des parlementaires de tous bords mais critiquée par gouvernement et rapporteurs qui avaient estimé le travail « inabouti ». Cette charte, rédigée par un groupe de travail transpartisan Assemblée-Sénat, listait droits et libertés à l’ère du numérique.

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« Nous avons bien vu que le sujet de la charte n’était pas mûr » mais il y a désormais « une forme de deal pour essayer de satisfaire un peu tout le monde », a critiqué Philippe Gosselin (LR), jugeant que l’ajout de la protection des données personnelles « n’apportera rien de plus » à l’existant.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, estime que la droite doit sortir des faux-semblants et s’inspirer d’un programme de réformes libérales à la Reagan.
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Virginie Calmels : « La droite française manque de convictions libérales »

Dans une tribune au « Monde », la première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, estime que la droite doit sortir des faux-semblants et s’inspirer d’un programme de réformes libérales à la Reagan.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 08h36
    |

Virginie Calmels (Présidente de DroiteLib', première adjointe au maire de Bordeaux)







                        



                                


                            
Tribune. La droite française a les mêmes défauts que la gauche, prisonnière de ses vieux démons : l’étatisme, le culte du chef et la course après les électeurs de l’extrême. Comme l’indiquait déjà Benjamin Constant, et dans la tradition antique, ou peut-être monarchique, elle « veut que les citoyens soient complètement assujettis pour que la nation soit souveraine et que l’individu soit esclave pour que le peuple soit libre ».
Sous la Ve République, la droite française a toujours manqué de convictions libérales. L’étatisme et l’interventionnisme n’ont fait qu’affaiblir l’économie française. Cette politique a échoué. Cette attitude lui a fait perdre bien des élections et l’avenir ne s’annonce guère différent. Jean-François Revel ne cessait de rappeler que la droite française n’a jamais été libérale. Au pouvoir elle a tout essayé, y compris des politiques de gauche, sauf les réformes libérales.
Un Etat omnipotent, incompétent et faible
Malheureusement, aujourd’hui encore, on se retrouve avec une droite déboussolée et paniquée, incapable de comprendre que la seule manière de récupérer ses électeurs est de leur promettre la liberté et de s’y atteler, incapable de résister à la tentation facile du populisme en adoptant cette rhétorique absurde de « cadeaux aux riches », de « hausse du smic » ou de « ravage de la concurrence ».

Car seul un vrai programme libéral et réformateur de la trempe de la politique menée par Reagan, voire par Thatcher, pourra s’opposer aux « Marcheurs » et permettre de reprendre le pouvoir, sans pour autant s’abaisser à la démagogie ni à la facilité des consensus mous.
La droite ne pourra pas réussir en continuant à se contenter de l’entre-soi d’une énarchie singulièrement pusillanime et loin des réalités de l’entreprise, de l’école ou des familles.
Pour retrouver la croissance qui permettra de mieux combattre la pauvreté, la droite doit faire comprendre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le président des Patriotes enchaîne les déboires et voit son capital médiatique fondre comme neige au soleil depuis qu’il a quitté la formation frontiste, il y a près de dix mois.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/07/2018
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La chute sans fin de Florian Philippot

Le président des Patriotes enchaîne les déboires et voit son capital médiatique fondre comme neige au soleil depuis qu’il a quitté la formation frontiste, il y a près de dix mois.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 13h37
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Florian Philippot laisse traîner le café. L’ancien bras droit de Marine Le Pen n’est pas pressé, en ce mois de juillet. Le Lutétia vient de rouvrir ses portes cinq fois étoilées. L’occasion pour le désormais président des Patriotes d’y fixer rendez-vous, en cette matinée du mardi 17 juillet. Mais pas trop tôt ; il n’est « pas très petit déjeuner ». Plus très, du moins. Le temps s’est quelque peu ralenti depuis sa rupture tapageuse avec le Front national (FN, désormais Rassemblement national, RN), il y a près de dix mois.
« En six ans de politique, j’ai l’impression d’avoir déjà tout vécu », soupire l’ancien combattant frontiste, pas même quadragénaire. Et de dégainer sa première anecdote sur sa « dernière fois » ici, dans le réconfort du palace parisien. C’était en 2012, avec le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. Il y a deux campagnes présidentielles. Les fauteuils étaient en velours, l’ambiance feutrée. « Fallait se faire discrets. »
Six ans plus tard, dont quatre de travaux au Lutétia, M. Dupont-Aignan a rejoint Marine Le Pen dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017, et le café du grand hôtel se partage désormais sous verrière et lumière, dont M. Philippot a lui aussi bien besoin. Son capital médiatique s’est nettement rabougri depuis qu’il a quitté sa patronne et monté sa propre entreprise patriotique. Le conseiller régional Grand-Est, député européen et désormais chef de petit parti s’est même mis à sourire aux journalistes, voire à les rappeler.
Une plainte pour « usage de faux »
Déficit de notoriété, manque d’argent, score maigrelet aux législatives partielles, conférence de presse avec l’ex-« madame Miss France », Geneviève de Fontenay, dont elle-même s’est désolidarisée peu après, « choquée » d’être ainsi associée à l’extrême droite… L’ancien chouchou des matinales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Solenn de Royer, chef du service Politique du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/07/2018
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre la politique française, par Solenn de Royer

Solenn de Royer, chef du service Politique du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 10h08
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR SOLENN DE ROYER

Babar, le souverain mythique
C’est lors d’un déjeuner, au printemps, que l’écrivain François Sureau m’a suggéré l’idée : Babar, l’éléphanteau créé en 1931 par Jean de Brunhoff (1899-1937), serait le mythe fondateur de la vie politique française.
Il vit dans un troupeau d’éléphants quand sa mère est tuée : « La politique de Babar naît ici, dans le désir, nourri d’un indépassable chagrin, de faire advenir une organisation du monde qui en assure le bonheur » et limite le chaos, explique Sureau.
Babar fuit chez les hommes. Il fait la connaissance d’une vieille dame qui lui apprend les bonnes manières. Voilà le petit « campagnard » dégrossi par une « mondaine de la ville », selon un schéma propre à la littérature du XIXe siècle. Quand Babar apprend la mort du roi des éléphants, il retourne dans la jungle, où il propose de ramener la paix. « Babar, résume Sureau, est le rêve politique français, tout à la fois monarchiste, socialiste, laïc et moraliste. » Réjouissant !

« Histoire de Babar le petit éléphant », de Jean de Brunhoff, Hachette, « Albums Babar », 48 p., 6,50 €.
Max Weber et l’action politique
Préfacé par Raymond Aron, le livre sent la poussière et le renfermé. Le papier est jauni, l’écriture minuscule. Ce vieux poche griffonné de la collection « 10/18 » date de 1963. Je me suis souvent promis de racheter une édition plus récente. En vain.
Le Savant et le Politique, de Max Weber (1864-1920), m’a abondamment servi à Sciences Po pour un mémoire portant sur les discours autour de la torture pendant la guerre d’Algérie, et donc sur l’articulation entre morale et raison d’Etat. Il ne m’a jamais quittée depuis.
Avec Le Prince, de Machiavel, Le Savant et le Politique reste l’un des plus grands classiques de la sociologie et de la théorie politique. Recueil de...




                        

                        


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L’Assemblée vote l’inscription du « service national » dans la Constitution

Le futur service, détaillé fin juin par le gouvernement, consistera en un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi d’un engagement sur la base du volontariat.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 02h08
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 02h10
   





                        



   


L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 juillet l’inscription du « service national » dans la Constitution, afin de permettre la mise en œuvre du service national universel (SNU) voulu par Emmanuel Macron.

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La loi fixera les règles concernant les sujétions imposées par le service national, en vertu d’un amendement des rapporteurs au projet de révision constitutionnelle. La garde des sceaux Nicole Belloubet a défendu cet « ancrage constitutionnel » nécessaire, après « analyse juridique ».
Les députés LR ont dénoncé, par la voix de Guillaume Larrivé, « beaucoup de flou » autour du projet du gouvernement et de la « fausse monnaie » car l’inscription du SNU sera sans grand effet selon lui. L’Insoumis Ugo Bernalicis a également jugé le projet de SNU « pas mûr du tout » et « on ne sait pas si ça aboutira ». Les députés communistes n’ont pas été « convaincus » non plus.

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Un mois obligatoire
Coprésident des députés UDI-Agir, Jean-Christophe Lagarde a en revanche soutenu l’amendement, même s’il « n’adhère » pas à ce stade au dispositif de SNU proposé.
Le futur service, détaillé fin juin par le gouvernement, consistera en un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi d’un engagement sur la base du volontariat. Ses modalités seront précisées à l’issue d’une consultation de la jeunesse.
L’amendement adopté a également supprimé la mention à l’article 34 de la Constitution (portant sur le domaine de la loi) de « l’action contre les changements climatiques ». L’Assemblée a en effet donné vendredi son feu vert à l’inscription de la protection de l’environnement à l’article 1er de la Loi fondamentale. « On enlève l’environnement, on rajoute le SNU pour coller à la communication » du président, a raillé Fabien Di Filippo (LR).

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