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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Isabelle Huppert incarne avec justesse une professeure dont les univers familial et professionnel s’écroulent (sur Ciné+ Club à 20 h 45).
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TV – « L’Avenir » : une femme prise dans la tourmente existentielle

Notre choix du soir. Isabelle Huppert incarne avec justesse une professeure dont les univers familial et professionnel s’écroulent (sur Ciné+ Club à 20 h 45).



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Ciné+ Club à 20 h 45

Quelque chose, dans le couple, se brise. Quelque chose, dans l’amour, agonise. Quelque chose, dans l’existence, s’affaisse. Comment fais-je, comment faites-vous, comment font-ils pour y survivre ? Pour continuer, pour y croire encore, pour tenter de reconstruire sur d’aussi vacillantes fondations. Pour envisager, malgré tout, la possibilité de l’avenir. Tout bien considéré, on ne voit pas d’autre question qui travaille au point où celle-ci le fait, à cette profondeur, et avec une telle insistance, le cinéma de Mia Hansen-Løve.
Quasiment dix ans et quatre films après Tout est pardonné – bouleversant premier long-métrage sur le destin d’une famille éclatée –, elle y retourne avec L’Avenir, d’un pas plus assuré peut-être, mais avec non moins de sensibilité, de charme, d’intelligence. Et avec, pour la première fois, un élément de poids, donc de possible déséquilibre, en la personne de la pourtant si frêle Isabelle Huppert, qui se love en douceur dans l’univers lovien.
On l’appellera Nathalie. Parisienne. Mariée. Deux grands enfants. Professeure de philosophie. Le début du film nous la montre dans les jours heureux. Sur un bateau, en famille, au large des côtes bretonnes, corrigeant des copies de l’épreuve de philosophie du bac, tandis que son mari (André Marcon), enseignant en philosophie lui aussi, va se recueillir sur la tombe de Chateaubriand, face à l’océan, sur l’îlot du Grand Bé. Images d’un bonheur apaisé et vigoureux, fouetté par le vent, accordé au large et aux embruns. Il suffira d’un raccord projetant le film quelques années plus tard pour que le temps, suivant son cours inexorable, se dégrade et qu’un sévère grain s’abatte sur Nathalie.
Une irrépressible douceur
Rien que de très banal bien sûr à titre général, les amers désagréments de la vie tels qu’une quinquagénaire peut s’attendre à y être confrontée, mais à titre particulier, une mélasse existentielle qui menace de vous engloutir corps et biens. Les choses arrivant, naturellement, dans un ordre disparate mais bien serrées à la suite. Votre mère, miroir anticipé de vous-même, qui perd la tête : Edith Scob, épatante en femme fantasque qui appelle les pompiers à tout bout de champ et largue les amarres. Votre mari qui vous quitte pour une jeunesse : coup d’autant plus violent que fomenté à bas bruit et de longue date. Votre jeunesse qu’on enterre : retour dans la vie de Nathalie d’un ex-étudiant passé au militantisme d’extrême gauche, et qui la cloue au pilori de son embourgeoisement. Votre cadre intellectuel qui fout le camp enfin, en même temps qu’un éditeur aux abois qui vous retire votre collection avec l’aide de deux jeunes technocrates « à l’écoute du marché ».
A l’encontre de ce que pourrait suggérer cette implacable énumération, L’Avenir n’a rien de cumulatif, de démonstratif, de pesant. Il avance subtilement, avec toute la fluidité de la vie, quand bien même celle-ci charrie un tel flot d’amertume.

   


Mais il y a, plus que tout, ce que le personnage fait de cette adversité, sa ligne de conduite par gros temps, et ce qu’à travers cette tension stoïque la jeune cinéaste semble vouloir partager de sa propre vision de la vie. C’est évidemment ici que le film se révèle admirable, composant avec une irrépressible douceur et dans une caressante lumière le portrait d’une femme en lutte pour conserver son intégrité, puisant dans le dépouillement violent qui lui est fait les ressources d’un consentement qui l’aide à conquérir sa liberté.
L’Avenir, de Mia Hansen-Løve. Avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka (Fr., 2016, 98 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Cette série créée et incarnée par Lisa Kudrow relate le retour à l’écran d’une actrice qui a connu le succès treize ans plus tôt (sur OCS à la demande).
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TV – « The Comeback » : entre mise en abyme et autodérision

A voir aussi ce soir. Cette série créée et incarnée par Lisa Kudrow relate le retour à l’écran d’une actrice qui a connu le succès treize ans plus tôt (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS à la demande

Après l’immense succès que fut Friends (1994-2004), Lisa Kudrow, qui y interprétait l’irrésistible et gaffeuse Phoebe Buffay, a profité de ce tremplin vers la célébrité que lui offrirent les dix saisons de la série de Marta Kauffman et David Crane pour créer la sienne, The Comeback (2005). Elle y incarne Valerie Cherish, qui fut, treize ans plus tôt, la vedette d’une sitcom à succès après laquelle elle ne fit plus rien. La voici engagée pour une nouvelle sitcom, jouant une femme d’âge moyen, au sein d’une bande de jolis jeunes gens.
Valerie n’est en rien la vedette de la production, mais elle continue d’agir comme telle – à la consternation générale. Dans le même temps, une équipe la filme en permanence pour une émission de télé-réalité sur son retour à la télévision, intitulée The Comeback.
Les premiers épisodes démarrent un peu mollement, mais la charge contre le principe de la télé-réalité est assez réjouissante. Lisa Kudrow joue avec un sens de l’autodérision assez savoureux ce rôle de « loser » magnifique qui encaisse, les unes après les autres, les humiliations et les désillusions.
Ton aigre-doux
Pour autant, cela n’a pas suffi à faire de The Comeback une série à succès : elle a été annulée par HBO après une saison – avant un… come-back, neuf ans plus tard : Valerie est embauchée par HBO pour jouer au petit écran un personnage très proche de ce qu’elle est dans la vie. Elle n’est pas toujours filmée sous son meilleur jour, mais le succès revient, colossal, et offre à la « has been » un irrésistible retour en force.
La saison 2, plus courte, est plus intéressante : la mise en abyme trouve un niveau supplémentaire, tandis que le ton doux-amer devient aigre-doux. Certes, Valerie est saluée par le New York Times, mais les caméras de l’émission de télé-réalité qui la suivent à nouveau finissent par mettre en danger sa vie personnelle. Contrai­rement à Valerie Cherish, Lisa Kudrow n’a jamais, depuis Friends, retrouvé un tel succès, même si la série qu’elle réalisa et joua ensuite, Web Therapy (2011-2015), est souvent drôlissime et mériterait d’être diffusée en France dans son intégralité.
The Comeback, série créée par Lisa Kudrow et Michael Patrick King. Avec Lisa Kudrow, Robert Michael Morris, Laura Silverman, Malin Åkerman, Damian Young, Dan Bucatinsky (EU., 2005-2014, 21 × 26 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Passion jazz (5/6). Francis Marmande a partagé l’intimité des plus grands musiciens d’un genre en perpétuelle révolution. Aujourd’hui, tête-à-tête avec la chanteuse afro-amérindienne chez elle, à Manhattan.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 19.07.2018 à 17h00
                 |

            Frédéric Potet

















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Illustratrice et auteure de bande dessinée, Pénélope Bagieu s’est fait connaître avec son blog autobiographique « Ma vie est tout à fait fascinante », puis avec la série Joséphine (Delcourt, 2013) dans laquelle elle mettait en scène ses états d’âme de jeune trentenaire. Elle s’est investie, depuis, dans le portrait de femmes au fort caractère d’indépendance, comme Cass Elliot, la chanteuse de The Mama’s and The Papa’s, dont elle retrace la vie dans California Dreamin’ (Gallimard, 2015), ou les héroïnes de Culottées (Gallimard, 2016).
« A la fin de l’année 1991, je suis en classe de 6e dans un collège à Paris, et le groupe américain Guns N’Roses sort son troisième album, Use Your Illusion I. C’est un disque que j’ai commandé pour Noël à mes parents. Le tout premier de ma collection. Il y avait un slow dessus, Don’t Cry : « ne pleure pas » en français. Une chanson qui, évidemment, m’a beaucoup fait pleurer. Je l’ai écoutée des milliers de fois avec mes meilleures copines. Nous étions alors toutes amoureuses du chanteur du groupe, Axl Rose.
Premiers baisers
C’était l’époque des premières boums. Chacun venait avec ses disques sur lesquels était collée une étiquette à son nom, afin de pouvoir les récupérer à la fin. L’époque, aussi, des premiers slows, bras tendus ou presque, avec un mètre d’écart entre les deux partenaires. Je ne sais pas combien de fois j’ai dansé sur Don’t Cry. Beaucoup sans doute. Les garçons, qui n’aiment pas trop les slows, ne trouvaient pas nul de la passer pendant les boums car il s’agissait d’un slow en mode hard-rock. Le piège idéal quoi… Ce morceau a énormément contribué – pour moitié, au moins – au processus d’approche qui conduit aux premiers baisers.
Je me souviens du clip tiré de cette chanson. On y voyait, dans un bar, deux femmes se battre comme des chiffonnières pour Axl Rose. Il y avait une blonde et une brune. Le rôle de la brune était joué par sa véritable compagne, l’actrice et mannequin Stephanie Seymour. C’était surjoué et caricatural à souhait, bref magnifique aux yeux de l’adolescente que j’étais.
Ce single a beaucoup marqué les gens de ma génération. C’est amusant : je suis allée au concert de Guns N’Roses au Stade de France en 2017. Le public m’a semblé être majoritairement composé de personnes nées deux ans après ou deux ans avant moi…
Je continue de ne trouver cette chanson ni mièvre ni ringarde. Le super-solo de guitare de Slash y est pour beaucoup, il est vrai. Presque trente ans plus tard, je serais toujours prête à me battre dans un bar si l’on me disait du mal des Guns. »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Frédéric Potet
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Pour savoir si vous avez bien suivi l’actualité musicale du continent, répondez aux 10 questions du « Monde Afrique » et découvrez leurs réponses commentées.
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Compte rendu

Quiz : connaissez-vous les artistes emblématiques du moment en Afrique ?

Pour savoir si vous avez bien suivi l’actualité musicale du continent, répondez aux 10 questions du « Monde Afrique » et découvrez leurs réponses commentées.


LE MONDE
              datetime="2018-07-19T14:33:55+02:00"

        Le 19.07.2018 à 14h33








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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 1/5]. Dans « Spirou ou l’espoir malgré tout », qui paraît le 5 octobre, le petit groom voit la Belgique tomber aux mains des Allemands, en 1940.
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Emile Bravo fait traverser la guerre à Spirou et Fantasio

[Une planche de BD de la rentrée 1/5]. Dans « Spirou ou l’espoir malgré tout », qui paraît le 5 octobre, le petit groom voit la Belgique tomber aux mains des Allemands, en 1940.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 14h26
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Héros iconique de la bande dessinée, Spirou présente la caractéristique de ne pas appartenir à un auteur mais à une maison d’édition, Dupuis. Celle-ci peut ainsi, à loisir, confier les aventures du jeune groom à des scénaristes et des dessinateurs différents, soit pour les besoins de la série mère (55 tomes à ce jour), soit pour des cartes blanches permettant d’exprimer un point de vue personnel sur le personnage et son acolyte, Fantasio.
Ce gage de liberté a engendré quelques réussites dont la plus notable reste, sans conteste, le Journal d’un ingénu, d’Emile Bravo. Dans cet album, paru en 2008, le dessinateur transporte l’employé du Moustic Hôtel en 1939 à Bruxelles, à la veille de la seconde guerre mondiale. ­Spirou, l’innocence incarnée, va alors faire l’apprentissage de l’âge adulte en tentant de comprendre les événements qui agitent le monde.

L’humour et l’aventure
Il aura fallu dix ans à Emile Bravo pour donner une suite à cet ouvrage aux multiples récompenses, encensé par la critique et le public (100 000 exemplaires vendus). Attendu en librairie le 5 octobre, Spirou ou l’espoir malgré tout s’ouvre en janvier 1940 ; Bruxelles est bien morose, et à raison : en mai, les nazis s’enfoncent dans le territoire belge. Spirou et le désinvolte Fantasio (engagé, lui, dans les forces armées du royaume), vont se trouver emportés dans la tourmente de l’Histoire, au fil d’un récit qui n’oublie pas de combiner ces deux ingrédients fondamentaux de la bande dessinée franco-belge que sont l’humour et l’aventure.
Le projet d’Emile Bravo est audacieux : son récit – 330 pages réparties en quatre tomes dont la parution s’étagera jusqu’en 2020 – entend couvrir toute la guerre, jusqu’à l’armistice, sans occulter la Shoah, un thème auquel la littérature de jeunesse a toujours eu du mal à se confronter. « Il n’est pas interdit de raconter des histoires fortes à des enfants », confie l’illustrateur, fils d’un républicain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le directeur du Festival crée un spectacle brûlant avec des détenus du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet.
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Avignon : l’« Antigone » libératrice d’Olivier Py

Le directeur du Festival crée un spectacle brûlant avec des détenus du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 09h38
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h18
    |

                            Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Qu’il est étrange, le parcours artistique d’Olivier Py. Après avoir été le jeune roi du théâtre français, à qui tout réussissait, le directeur du Festival d’Avignon – auparavant directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe –, qui a eu 53 ans le 14 juillet, patine sérieusement, depuis plusieurs années, avec ses créations. Incapable de se renouveler, recyclant une esthétique datée années 1980, et de grandes phrases ronflantes sur la souillure et la grâce qui se répètent, au mot près, dans tous ses textes. Pur présent, sa nouvelle création, présentée depuis le début du Festival (et jusqu’au 20 juillet), n’échappe pas à la règle.

En même temps, Olivier Py mène un travail parallèle, qui ­relève du théâtre d’intervention, mais qui s’avère, y compris sur le plan artistique, beaucoup plus intéressant. Il s’est agi d’abord des petites formes itinérantes qu’il a créées à partir des tragédies d’Eschyle, et qui ont tourné dans plein de lieux où le théâtre ne va pas ou peu – des foyers pour femmes africaines, des villages oubliés ou des classes de collège.
Cet engagement redonne au théâtre une nécessité et une vitalité qu’il a souvent perdues… notamment dans les spectacles de Py
Et il s’agit, depuis quelques ­années, du travail que mène Olivier Py en compagnie de son assistant, Enzo Verdet, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet. En 2017, déjà, on avait pu voir, pour quelques représentations seulement, le Hamlet créé dans ce cadre. Et c’était fort. Comme est forte cette Antigone présentée cette année, et travaillée, elle aussi, avec des détenus de la prison. Quand on dit que c’est marquant, ce n’est pas en vertu d’une quelconque bonne conscience qui ferait passer la question ­artistique à la trappe de la question socioculturelle. Non : si ça l’est, c’est parce que cet engagement redonne au théâtre une nécessité et une vitalité qu’il a souvent perdues… notamment dans les spectacles de Py.
Antigone, l’originelle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le chorégraphe allemand reprend le spectacle « 36, avenue Georges-Mandel ».
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Avignon : Raimund Hoghe s’immerge dans la voix de la Callas

Le chorégraphe allemand reprend le spectacle « 36, avenue Georges-Mandel ».



Le Monde
 |    19.07.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 14h12
    |

                            Rosita Boisseau (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un chemin, un rébus, des cailloux. Un homme seul, planté droit, le regard haut et loin. Il se présente tel qu’en lui-même, de travers et bossu. Il prend le monde à partie et son hurlement muet saisit. Il est à jamais cette figure orpheline, empêtrée dans sa grosse couverture marron. Le chorégraphe et metteur en scène allemand Raimund Hoghe, 69 ans, est là, en plein air, dans le cloître des Célestins. Adossé aux pierres, il semble se confondre avec elles. Collé aux platanes, il fait écorce avec.

Pour son troisième passage à Avignon depuis 1993, Raimund Hoghe reprend le spectacle 36, avenue Georges-Mandel, créé en 2007 dans le cadre du festival. Changement de décor. Il a déménagé ses deux grands sacs en papier, qui contiennent tous ses accessoires, de la chapelle des Pénitents blancs au cloître des Célestins, ouvert aux bruits urbains. Bonne pioche. L’air circule, le vide respire, le néant prend ses aises. La voix de la Callas, sur laquelle la pièce prend appui, peut remplir l’espace laissé vacant par la chorégraphie minimale de Hoghe, balade obsessionnelle entre quelques objets et vêtements disposés sur le plateau.
Pure écoute
Callas contre Hoghe. Un match déséquilibré, comme une histoire d’amour à sens unique. Dix-huit titres de Verdi, Bizet, Gluck, quelques extraits d’un entretien de la star à la radio, un geste ou une pose par chant comme un paraphe : une fente à l’espagnole, une main sur la joue… Peu, très peu d’actions. Les aigus de Callas vrillent l’air, ses confidences sur la gloire et la dureté de la vie tombent, recueillies par Hoghe, qui ouvre les bras et les referme. Comment se risquer à donner la réplique à la voix de Callas si ce n’est en réduisant la voilure jusqu’à se figer, se dissoudre dans la pure écoute. Au risque de laisser des spectateurs en rade. Et c’est ce qui est arrivé, mardi 17 juillet, des mécontents quittant la salle bruyamment ou en faisant carrément un doigt d’honneur.
Retrouver Hoghe,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Cinq albums du groupe, tirés de la période des productions baroques de Norman Whitfield, de 1968 à 1973, sont réédités.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Les expérimentations psyché et soul des Temptations

Cinq albums du groupe, tirés de la période des productions baroques de Norman Whitfield, de 1968 à 1973, sont réédités.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 08h15
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            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

En mars 1961, Otis Williams, Melvin Franklin, Al Bryant, Eddie Kendricks et Paul Williams passent une audition pour la compagnie phonographique Motown Records. Ils sont alors réunis sous le nom The Elgins, qui deviendra The Temptations. Leurs débuts ne sont pas couronnés de succès, mais ils vont devenir, à partir de 1964 – David Ruffin a alors remplacé Al Bryant –, l’une des formations phares de la compagnie, au même titre que The Miracles, The Four Tops, The Supremes, The Marvelettes ou Martha and The Vandellas, qui font chanter et danser la planète.
Cinq albums du groupe viennent d’être réédités, tirés de la période des productions baroques de Norman Whitfield, de 1968 à 1973. Avec des éléments de psychédélisme et de funk qui viennent s’ajouter à la base soul music, une instrumentation où règnent les effets de saturation des sons des guitares, l’emploi de claviers électriques, des sections de vents et de cordes, non pour surligner en surface les mélodies, mais pour en reforcer l’intensité. Dans certains textes est affirmé un propos politique sur les errements de la société américaine, plus particulièrement à propos de la discrimination raciale. Les durées des compositions s’étirent bien au-delà des trois minutes qui sont la norme.
Seul regret, cette première livraison n’est pas tout à fait dans le suivi chronologique de la collaboration Whitfield-Temptations
C’est la compagnie barcelonaise Elemental Music, fondée en 2012, spécialisée dans la réédition de disques de jazz, soul et funk, qui a été missionnée. Pochettes cartonnées, mention précise des musiciens accompagnateurs du groupe, détail sur les voix lead et le partage des timbres entre les registres de ténor, dont un plus aigu, baryton et basse, restauration des sources sonores et nouveau mastering… En dehors de publications japonaises assez soignées au début des années 2010, le catalogue des Temptations n’avait pas été aussi bien traité depuis des lustres.
Seul regret, que cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’exposition témoigne de l’influence de cet « archéologue urbain » sur l’art contemporain à travers une centaine d’œuvres.
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<filnamedate="20180719"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180719"><AAMMJJHH="2018071918">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 20 juillet 2018.
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Livres de l’été en bref

Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 20 juillet 2018.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 09h20
    |

            Pauline Croquet, 
Frédéric Potet, 
                                Marine Desquand, 
Sylvia Zappi, 
                                Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Roger-Pol Droit, 
                            Florence Noiville et 
Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            Roman. Un aède à Manhattan
New York Odyssée (Why We Came to the City), de Kristopher Jansma, traduit de l’anglais par Sophie Troff, Livre de poche, 608 p., 8,90 €.
Faune branchée et jacuzzi sur le toit, avec vue sur Manhattan. L’ambiance dans laquelle baigne le premier chapitre de New York Odyssée, et la fête durant laquelle nous sont présentés les personnages (profil : 20 ans et des poussières, amis depuis la fac) pourraient donner au lecteur l’impression d’être chez un épigone de Jay ­McInerney.
Mais le titre ne ment pas : l’inspiration de ce magnifique roman de Kristopher Jansma est à chercher du côté d’Homère et de la poésie épique. Rien de plus contemporain, cependant, que l’histoire de Sara, George, Irene, Jacob et William, ces jeunes gens persuadés que le plus dur à affronter pour eux, dans les prochaines années, sera la crise économique de 2008, qui se met entre eux et leurs ambitions. Mais Irene se découvre un cancer des os.
Le combat qu’elle mène contre les cellules malignes, accompagnée par les siens, est sa guerre de Troie – on comprend vite qu’elle la perdra. A cette Iliade succède l’Odyssée de ses amis, traversée du deuil et du chagrin, expérimentée par chacun à sa manière.
Les analogies subtiles, les allusions pertinentes au modèle antique font l’originalité de ce roman où se télescopent constamment l’ironie new-yorkaise des personnages et la poésie stupéfiante de certains passages, le réalisme cru et la justesse des images. Kristopher Jansma parvient à glisser tant de douceur dans la tristesse de son roman du deuil que celle-ci finit par avoir quelque chose d’apaisant. R. L.
Enfance. Ce matin, un lapin…
Le Quotidien extraordinaire, d’Aki, Gallimard Jeunesse, 44 p., 12,90 €. Dès 5 ans.
Un jeune lapin, portant chapeau et bottes de jardinier, entreprend d’arracher une carotte plantée au milieu d’un carré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pierre Adrian et Philibert Humm, jeunes écrivains, racontent six mois de vagabondage sur les routes, miroir du célèbre « Tour de France par deux enfants » de 1877.
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Le nouveau « Tour de France »

Pierre Adrian et Philibert Humm, jeunes écrivains, racontent six mois de vagabondage sur les routes, miroir du célèbre « Tour de France par deux enfants » de 1877.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 09h18
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Tour de France par deux enfants d’aujourd’hui, de Pierre Adrian et Philibert Humm, Equateurs, 362 p., 20 €.

Allez, pour un peu, ils pourraient chanter le fameux duo de Ciboulette, l’opérette de Reynaldo Hahn (1923). « Nous avons fait un beau voyage/Nous arrêtant à tous les pas. » De la Lorraine à la Provence, de l’Aquitaine à la Bretagne, jusqu’aux Flandres et à Paris, Pierre Adrian et Philibert Humm, les auteurs du Tour de France par deux enfants d’aujourd’hui, ont exploré tout le pays en prenant le chemin des écoliers.
Ou plutôt ils ont suivi pas à pas, ou presque, celui qu’avaient emprunté ­André et Julien Volden, les petits protagonistes du Tour de France par deux enfants, publié en 1877 chez Belin et toujours disponible chez le même éditeur. Avec plus de 9 millions d’exemplaires vendus, ce livre de lecture destiné aux élèves du cours moyen est resté jusque dans les années 1950 un parfait manuel de géographie, d’histoire, de leçons de choses et de morale. Un best-seller scolaire rédigé, sous le pseudonyme de G. Bruno, par Augustine Fouillée (1833-1923).
Après la défaite de 1870 et la perte de l’Alsace et de la Lorraine, André et Julien, 14 et 7 ans, tout juste orphelins, fuient Phalsbourg sous domination prussienne pour rejoindre leur oncle à ­Marseille. Leur odyssée, de coups du sort en rebondissements, va les entraîner bien plus loin qu’ils n’imaginaient. Le texte exalte le devoir et la patrie. Au-delà, il enseigne aussi que l’apprentissage des connaissances et des vertus est indissociable de la rencontre avec les autres.
Continuer à jouer
Pierre Adrian et Philibert Humm ont 27 ans chacun. Le premier est déjà l’auteur de deux récits (La Piste Pasolini et Des âmes simples, Equateurs, 2015 et 2017), le second, journaliste littéraire, a été le préfacier de la réédition de Fausse route, de Pierre Mérindol (Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La romancière a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lectrice.
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Keskèli, Delphine de Vigan ?

La romancière a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lectrice.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 07h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Un premier souvenir de lecture ?
Le Dernier des Mohicans, de James Fenimore Cooper (1826). Je l’ai terminé dans le train et je me suis mise à pleurer. Je savais que ces héros n’existaient pas et je me souviens que cela me paraissait incroyable d’être à ce point émue par des êtres imaginaires. J’avais 10 ou 11 ans, et je découvrais le pouvoir de la fiction.
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
Notre cœur, de Guy de Maupassant (1890). C’est son dernier roman, et il est souvent considéré comme un livre mineur (ce qui suffit en général pour m’attirer). C’est un texte que j’aime énormément, à la fois puissant et difficile à saisir.
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
Ulysse, de James Joyce (1922). Je n’ai jamais réussi à dépasser les cent premières pages.
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
En ce moment, j’aimerais bien dîner avec Richard Powers pour avoir quelques tuyaux sur sa manière de travailler, de mêler aussi finement la science et le romanesque (je pense à La Chambre aux échos ou à Générosité (Cherche-Midi, 2008 et 2011).
Celui que vous aimez lire mais que vous ne voudriez pas rencontrer ?
Stephen King. En fait, j’adorerais le rencontrer mais j’aurais très peur. Et à vrai dire, quand j’en ai eu l’occasion, je me suis lamentablement défilée. C’est toujours la même histoire : peur d’être déçue ou d’être décevante…
Un livre récent que vous avez envie de lire ?
Défense de nourrir les vieux, d’Adam Biles (Grasset, 2018). L’histoire d’une révolte dans une maison de retraite. Il paraît que c’est drôle et très grinçant.
Le livre qui vous a fait rater votre station ?
Les Intéressants, de Meg Wolitzer (Rue Fromentin, 2015). C’est l’histoire d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le Jeu de paume, à Paris, consacre une rétrospective à l’artiste américain, figure de proue de « l’anarchitecture ».
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Gordon Matta-Clark, la découpe du monde

Le Jeu de paume, à Paris, consacre une rétrospective à l’artiste américain, figure de proue de « l’anarchitecture ».



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 07h32
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Qui n’a jamais ressenti un pincement au cœur devant ces patchworks de papier peint, de peinture écaillée, de traînées de ciment qui s’étalent sur les murs de certains immeubles désossés, exhibant aux yeux de tous la mémoire des vies qu’ils ont un jour abritées ? Chez Gordon Matta-Clark, comète qui brûla pendant dix ans le ciel de la scène artistique new-yorkaise avant de s’éteindre prématurément, en 1978, foudroyé par un cancer à l’âge de 35 ans, cette émotion a engendré une série d’interventions dans des immeubles abandonnés du Bronx. Ils donnent le « la » de la rétrospective que lui consacre, jusqu’au 23 septembre, le Jeu de paume, à Paris.
S’emparant de ces bâtiments comme d’une matière à sculpter, le jeune artiste en perça les cloisons, en découpa les planchers, en arracha les revêtements… Les structures éventrées, dont les séries de photos Bronx Floors (1972-1973) et Walls (1972) conservent la mémoire, jetaient leur lumière crue sur la transformation à la fois plus insidieuse et plus brutale de ce quartier pauvre new-yorkais, mal desservi par les transports, que la municipalité laissait à l’époque se dégrader jusqu’à la décomposition.

Formé comme architecte, influencé par le land art et l’esthétique de la performance, Gordon Matta-Clark inscrivait son art dans le tissu de la ville, s’engageant lui-même physiquement dans un corps-à-corps avec sa matière. De ce geste politique joyeusement enragé ne restent aujourd’hui que les traces documentaires qui, si elles en diluent nécessairement la charge subversive, n’en constituent pas moins des œuvres autonomes, d’une puissance plastique stupéfiante.
Une œuvre au parfum d’inachevé
Première rétrospective française depuis celle que lui consacra, en 1993, le Musée Cantini de Marseille, l’exposition du Jeu de paume donne un bel aperçu de l’ensemble, bien qu’un peu figé. On regrette que l’accrochage ne tire par plus de fils avec le présent, tant certaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Solenn de Royer, chef du service Politique du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre la politique française, par Solenn de Royer

Solenn de Royer, chef du service Politique du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 10h08
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR SOLENN DE ROYER

Babar, le souverain mythique
C’est lors d’un déjeuner, au printemps, que l’écrivain François Sureau m’a suggéré l’idée : Babar, l’éléphanteau créé en 1931 par Jean de Brunhoff (1899-1937), serait le mythe fondateur de la vie politique française.
Il vit dans un troupeau d’éléphants quand sa mère est tuée : « La politique de Babar naît ici, dans le désir, nourri d’un indépassable chagrin, de faire advenir une organisation du monde qui en assure le bonheur » et limite le chaos, explique Sureau.
Babar fuit chez les hommes. Il fait la connaissance d’une vieille dame qui lui apprend les bonnes manières. Voilà le petit « campagnard » dégrossi par une « mondaine de la ville », selon un schéma propre à la littérature du XIXe siècle. Quand Babar apprend la mort du roi des éléphants, il retourne dans la jungle, où il propose de ramener la paix. « Babar, résume Sureau, est le rêve politique français, tout à la fois monarchiste, socialiste, laïc et moraliste. » Réjouissant !

« Histoire de Babar le petit éléphant », de Jean de Brunhoff, Hachette, « Albums Babar », 48 p., 6,50 €.
Max Weber et l’action politique
Préfacé par Raymond Aron, le livre sent la poussière et le renfermé. Le papier est jauni, l’écriture minuscule. Ce vieux poche griffonné de la collection « 10/18 » date de 1963. Je me suis souvent promis de racheter une édition plus récente. En vain.
Le Savant et le Politique, de Max Weber (1864-1920), m’a abondamment servi à Sciences Po pour un mémoire portant sur les discours autour de la torture pendant la guerre d’Algérie, et donc sur l’articulation entre morale et raison d’Etat. Il ne m’a jamais quittée depuis.
Avec Le Prince, de Machiavel, Le Savant et le Politique reste l’un des plus grands classiques de la sociologie et de la théorie politique. Recueil de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le romancier et scénariste joue pour la première fois du « je » dans « Scénario », son nouveau livre. Entrevue avec un auteur en veine de confidences.
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Dan Franck, du monde des faux-monnayeurs à celui de la télévision

Le romancier et scénariste joue pour la première fois du « je » dans « Scénario », son nouveau livre. Entrevue avec un auteur en veine de confidences.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 12h48
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Chaque fois que Dan Franck ne sait quoi penser d’une situation, il se demande de quelle façon il l’écrirait. Alors, il comprend si ce qu’il vit est important ou anecdotique, amusant ou pathétique. Quand il ne s’interroge pas sur la manière dont il retranscrirait une scène, eh bien… Dan Franck écrit. Tout le temps. Des romans, des récits, des livres sur l’art, des scénarios… « Bon qu’à ça », disait Samuel Beckett.
Lui développe, diction enveloppante qu’interrompt parfois un rire descendant dans les (très) graves : « Il n’y a que comme ça, quand je suis content de moi pour une phrase, que je m’aime. L’écriture, c’est quand même un mélange de narcissisme et de doute extraordinaire. »
Exemple de cette inquiétude : deux minutes après avoir proféré cette sentence, il nous demande ce qu’on pense d’un projet de livre, avant de s’assurer qu’on a vraiment aimé Scénario (Grasset, 416 p., 22 €).
« Se relire est une horreur »
Ce nouveau roman est celui dans lequel Dan Franck évoque le plus précisément son rapport à l’écriture et, partant, sa vie. S’il a été rendu célèbre par un texte d’inspiration autobiographique, La Séparation (Seuil, prix Renaudot 1991), celui-ci n’était pas écrit à la première personne.
Scénario entremêle le récit romancé de sa participation frustrante à la série Fausse Monnaie (dans la réalité Marseille, avec Gérard Depardieu) à celle de ses souvenirs d’auteur : le premier manuscrit qu’il a tenté de faire publier, sa collaboration avec Jean Vautrin (1933-2015) pour l’écriture des huit volumes des Aventures de Boro, reporter-photographe (Fayard, 1987-2009)… A quoi s’ajoute une autre ligne narrative, racontant, à l’époque de la série, l’accueil chez eux par Dan Franck, sa femme et leur fille, d’une femme rwandaise se comportant moins en réfugiée modèle conforme à leurs rêves de « bobos » qu’en « pique-assiette » – un fiasco...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire informatif et réussi trace le portrait de cet artiste polyvalent dans le cadre sociopolitique de l’Afrique du Sud, son pays natal (sur Arte à 23 h 25).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

TV – « William Kentridge. L’art, le poétique et le politique »

Notre choix du soir. Un documentaire informatif et réussi trace le portrait de cet artiste polyvalent dans le cadre sociopolitique de l’Afrique du Sud, son pays natal (sur Arte à 23 h 25).



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 25



Né à Johannesburg, en 1955, dans une famille blanche et aisée, le plasticien, metteur en scène et cinéaste (d’animation) sud-africain William Kentridge trouvera vite le cœur d’un questionnement sociopolitique : « J’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. Je me suis rendu compte que les domestiques étaient noirs, que ma gouvernante devait s’asseoir au fond du bus : à 7 ans, j’ai eu conscience de vivre dans un monde anormal. »
Ses parents luttent contre l’apartheid, son père, l’un des avocats les plus célèbres du barreau sud-africain, défend Nelson Mandela qui, avec 151 autres Noirs, est accusé de haute trahison. Alors qu’il tente de devenir comédien, en étudiant à l’Ecole Jacques Lecoq, à Paris, William Kentridge comprend vite qu’il est davantage fait pour le dessin, qu’il pratique volontiers au fusain, une technique souple, légère, qui permet l’allusion, le gommage, la reprise.
Artiste « touche-à-tout »
Une matière idéale pour cet artiste qui déteste les messages définitifs et préconçus : « Je me méfie de toutes les grandes idées, et je fais davantage confiance aux petites initiatives. Le monde est fragmenté », dit, dans le documentaire de Nicolas Graef, celui qui porte par ailleurs un regard désabusé sur les années post-apartheid de son pays natal.
On voit aussi Kentridge au travail sur d’immenses tapisseries – qui semblent une écriture contrapuntique savamment pensée, à l’inverse même de l’improvisation que constituerait le dessin –, mais aussi sur des installations multimédias, des dessins animés d’une rare poésie et sur un spectacle de théâtre musical. Ce documentaire constitue un portrait informatif de « l’artiste sud-africain le plus connu aujourd’hui » et de ses méthodes de travail – en équipe le plus souvent –, dans les ateliers où Kentridge conçoit et fabrique les représentations diverses de son univers si attachant.

   


Il n’empêche : sans vouloir refaire ce film à l’aune de ce que nous aurions voulu y trouver, on dira pourtant que nous semble manquer au propos l’évocation du travail de William Kentridge sur les scènes lyriques internationales. Il avait monté, en 2005, La Flûte enchantée, de Mozart, au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, LeNez, de Chostakovitch, au Metropolitan Opera de New York, en 2011 – production reprise avec succès à l’Opéra de Lyon et au Festival d’Aix-en-Provence. Sans oublier, en 2014, à Aix également, une mise en images du Voyage d’hiver, de Franz Schubert, dont l’univers noir – avec sa corneille énigmatique – convient on ne peut mieux au plasticien.
Ce n’est pas qu’on eût voulu entendre les propos de Kentridge sur ces œuvres musicales – son travail parle pour lui-même –, mais il aurait été intéressant de savoir comment cet artiste « touche-à-tout », qui a monté des spectacles multimédias où la musique a une grande part, se confronte à un texte musical et à un livret « fixés ».
On aurait pu aussi imaginer qu’un parallèle soit tracé avec le travail de deux autres plasticiens, David Hockney et Robert Wilson, dont les activités sont en partie comparables à celles de Kentridge, même si elles n’ont pas, il est vrai, la même portée politique. Mais on l’avoue : inutile de refaire le documentaire, et convenons de bonne grâce que son sous-titre (L’art, le poétique et le politique) est clair, et que Nicolas Graef a bel et bien traité le sujet tel qu’il était annoncé.
William Kentridge. L’art, le poétique et le politique, de Nicolas Graef (Allemagne, 2017, 53 min).



                            


                        

                        


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Le recours de victimes des attentats du 13 novembre 2015 contre les « défaillances » de l’Etat rejeté

Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h07
   





                        


Le recours déposé par une trentaine de victimes des attentats du 13 novembre 2015 concernant les « défaillances » de l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan, a été rejeté mercredi 18 juillet par le tribunal administratif de Paris.

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« Les éléments produits par les requérants ne permettent pas d’établir (...) que l’Etat aurait engagé sa responsabilité du fait d’un défaut de surveillance » des auteurs des attaques, estime le tribunal dans un communiqué de presse.
Par ailleurs, « aucune faute ne peut être imputée aux services de police pour n’avoir pas mis en œuvre un dispositif de sécurité particulier autour de la salle de spectacle du Bataclan après le mois d’août 2015 », poursuit le texte.
L’enquête ouverte après des menaces d’attentat contre la salle de spectacle en 2009 avait abouti à un non-lieu, « la réalité d’un tel projet [n’ayant] pu être établie », rappellent les juges.
Enfin, « aucun élément ne permet d’engager la responsabilité de l’Etat à raison d’un défaut de coopération des services de renseignement français avec les services des autres Etats membres de l’Union européenne en matière de terrorisme », a estimé le tribunal.
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité »
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité », avait affirmé lors de l’audience du 4 juillet Me Samia Maktouf, avocate de victimes et familles des victimes des attentats à Paris et Saint-Denis qui ont fait au total 130 morts et des centaines de blessés.

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Me Maktouf, à l’origine du recours, avait énuméré les « dysfonctionnements liés au défaut de surveillance et de vigilance des services de sécurité de l’Etat français », et la circulation des djihadistes au sein de l’espace Schengen.

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L’avocate avait également reproché la non-intervention des soldats de l’opération Sentinelle, qui ont reçu « instruction de ne pas pénétrer dans une salle où une scène de guerre se déroulait ».

        Lire nos explications:
         

          13 novembre 2015 : pourquoi les militaires de « Sentinelle » ne sont pas intervenus au Bataclan



Depuis trois ans, certaines victimes et familles de victimes s’indignent que des militaires de Sentinelle, une force créée après les attentats de janvier 2015, présents près de la salle où 90 personnes ont été tuées, n’aient pas eu le droit d’intervenir. Une plainte au pénal a d’ailleurs été déposée le 8 juin pour « non-assistance à personne en péril ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A voir aussi ce soir. Equipés de caméras, des guépards, chimpanzés ou otaries nous entrouvrent leur univers. Un défi technique autant que scientifique (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Caméra à la patte » : des cameramen au poil

A voir aussi ce soir. Equipés de caméras, des guépards, chimpanzés ou otaries nous entrouvrent leur univers. Un défi technique autant que scientifique (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



Outre d’infinis trésors de patience, les documentaristes animaliers doivent faire preuve d’ingéniosité pour saisir dans ses dimensions les plus secrètes et intimes le grand spectacle de la nature. Mais aussi tenter de se distinguer, au milieu d’une offre abondante, en renouvelant point de vue et regard. Et quoi de mieux pour y parvenir que de céder sa caméra aux animaux eux-mêmes. C’est le pari simple – au moins sur le papier – qu’a tenté Gordon Buchanan dans cette série en deux volets produite par la BBC. Une série dont le défi technique est subordonné à une ambition scientifique : percer les mystères d’une espèce ou d’un phénomène qui la touche afin de mieux protéger cette espèce.
Labyrinthiques terriers
Jouant en quelque sorte les auxiliaires scientifiques, Gordon Buchanan et ses équipes techniques se sont rendus en Afrique centrale pour étudier les chimpanzés dans la canopée, et tout particulièrement l’aptitude d’une jeune femelle orpheline à se réinsérer dans un groupe. Ou en Patagonie, pour suivre en pleine mer des manchots de Magellan – dont la manière de s’alimenter pourrait être à l’origine de la mortalité qui touche leur progéniture ; certaines années, son taux s’élèverait à près de 60 %. Ou en Afrique du Sud, pour s’introduire dans les labyrinthiques terriers des suricates, ou encore, dans le bush, pour résoudre un conflit de voisinage entre des babouins et les fermiers excédés de voir leurs récoltes pillées et saccagées.
Si les cameramen à pattes ne reçoivent aucune formation particulière, leur équipement, dont on suit la préparation méticuleuse, est taillé sur mesure, selon leur morphologie et l’environnement dans lequel ils évoluent. Couleur, souplesse, légèreté, lumière infrarouge pour les prises de vues nocturnes, tout est conçu pour faire oublier ce matériel grâce auquel soudain s’entrouvre un monde jusqu’alors inconnu.

   


Ici, pas ou peu de paysages grandioses, le spectacle se joue ailleurs. Dans l’intimité d’images qui épousent les mouvements des corps, nous entraînant à courir avec de jeunes guépards dans la savane, à virevolter d’arbre en arbre dans la forêt camerounaise, à plonger dans les grands fonds sur le dos d’une otarie. Avant de se lover auprès d’une mère suricate et de ses petits.
Caméra à la patte, de Dan Rees (GB, 2018, 2×50 min).



                            


                        

                        

