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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le biomimétisme consiste à prendre la nature comme modèle pour relever les défis du développement durable. Les potentiels sont larges dans l’énergie, la construction, les matériaux, les cosmétiques...
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Décryptage

Au Maroc, la difficile quête du « zéro plastique »

Le royaume s’est engagé depuis 2016 à lutter contre la production et la distribution de sacs en plastique, dont il était le deuxième consommateur mondial.

Par                                            Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-07-19T14:54:33+02:00"

        Le 19.07.2018 à 14h54






    
Un éboueur marocain déverse des déchets en plastique au centre de recyclage d’Oum Azza, près de Rabat, en novembre 2016.
Crédits : Youssef Boudlal/REUTERS


Au moment où la guerre contre le plastique se mondialise, le Maroc aurait dû être un modèle de la lutte contre ce fléau qui pollue paysages et océans. Pourtant, deux ans après la loi interdisant la fabrication, la vente et l’utilisation de sacs en plastique dans le royaume, ils sont loin d’avoir disparu.
Selon une enquête publiée le 27 juin par l’association Zero Zbel (« zéro déchet » en arabe), dans le cadre d’un projet soutenu par ONU Environnement, les sacs en plastique sont encore largement utilisés dans les marchés marocains. L’étude, menée dans trois grandes villes dont la capitale économique Casablanca, a montré que 65 % des consommateurs utilisent cinq à quinze sacs en plastique à chaque fois qu’ils font leurs courses. Le ministère de l’industrie, qui défend un bilan satisfaisant, a finalement reconnu, dans un communiqué publié le 1er juillet, que « l’utilisation de sacs interdits persiste dans les souks, le commerce ambulant et non organisé ».

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« Ces souks représentent justement le principal réseau commerçant où les Marocains font leurs courses. Le commerce non formel reste le principal réseau de distribution au Maroc », insiste Mamoun Ghallab, le président de l’association. Si les supermarchés et autres structures organisées s’en sont débarrassés, les sacs en plastique fabriqués dans des ateliers clandestins ou importés illégalement des pays voisins continuent de nourrir le circuit informel. « Les sacs de contrebande sont encore présents sur le marché. Donc si on refuse d’en donner aux clients, ils iront chez le voisin », témoigne un vendeur de fruits dans un marché casablancais.
Haute toxicité
La loi prévoit une amende allant de 200 000 à 1 million de dirhams (18 000 à 91 000 euros) pour les fabricants et entre 10 000 et 500 000 dirhams (910 à 45 500 euros) pour les distributeurs. « La police faisait des contrôles quotidiens pendant les six premiers mois de l’interdiction. Mais ça s’est essoufflé par la suite », poursuit le marchand.
Lancée le 1er juillet 2016, quelques mois avant la COP22 organisée à Marrakech, la législation baptisée Zero Mika (« zéro plastique ») devait permettre de lutter contre les nuées de sacs en plastique accrochées aux arbres, et qui cernent depuis plusieurs années les plages marocaines. Dans ce pays de 35 millions d’habitants, quelque 26 milliards de sacs en plastique, soit 900 par habitant, étaient consommés en moyenne chaque année jusqu’en 2016, faisant du royaume le deuxième pays utilisateur de cette matière dans le monde, après les Etats-Unis.

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Pour l’association Zero Zbel, la seule dans le pays à militer contre la pollution liée aux déchets, la solution n’est pas de verbaliser les commerçants. « Dans la pratique, il est difficile de donner une amende aux marchands ne disposant pas d’un local officiel, assure Mamoun Ghallab. Les autorités doivent agir à la source, chez les grossistes. Car tant que la production illégale existera, les marchands continueront à prendre le risque. » 
Plus grave, les sacs de contrebande sont beaucoup plus nocifs pour la santé. Les contrôles effectués par le ministère de l’industrie sur les sacs saisis par les autorités ont montré que les matières premières utilisées proviennent de plastique récupéré dans les décharges « ainsi que de matières premières hautement toxiques et nuisibles à la santé servant à la base à la production d’emballages de produits industriels divers », a mis en garde le ministère.
Depuis la publication de l’enquête indépendante de Zero Zbel, le gouvernement a annoncé le démantèlement d’un atelier clandestin de fabrication et la saisie de deux tonnes de sacs en plastique dans deux dépôts de Casablanca. En deux ans, 757 tonnes de sacs ont ainsi été confisquées.
Alternatives
Pour le moment, les alternatives au plastique sont loin de satisfaire les défenseurs de l’environnement. Et le Maroc ne dispose pas non plus de système de recyclage encadré par l’Etat. « Malheureusement, les principales options proposées sont des sacs non-tissés en polypropylène présentés comme écologiques or il s’agit de textile plastique », regrette M. Ghallab. Censés être réutilisables, ces sacs ne résistent pas tous aux lourdes charges et finissent par casser. Plus chers à produire que la matière plastique, une partie des sacs en polypropylène sont fabriqués en deçà de l’épaisseur légale et sont donc moins résistants et plus rapidement jetables : « Au bout de quatre jours environ, estime le président de l’association. Il faudrait impliquer d’autres acteurs et réfléchir à d’autres matières comme le tissu, des matériaux naturels réellement solides et donc réutilisables. »

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Un projet de modification de loi devrait voir le jour, a promis Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’industrie et puissant homme d’affaires, lors d’une conférence de presse donnée le 3 juillet à Rabat. Ce jour-là, parmi les neuf représentants d’entreprise invités à réfléchir aux alternatives, huit provenaient de l’industrie de la plasturgie et seulement un acteur représentait les sacs en papier.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Editorial. « Le Monde », aux côtés d’une vingtaine de médias, a enquêté sur 10 000 revues dites « prédatrices » qui contribuent à tromper les administrations et le public.
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Fausse science : il faut une prise de conscience mondiale

Editorial. « Le Monde », aux côtés d’une vingtaine de médias, a enquêté sur 10 000 revues dites « prédatrices » qui contribuent à tromper les administrations et le public.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 15h14
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est un mal discret qui ronge silencieusement la science, et qui s’étend avec une inquiétante célérité. Depuis un peu moins d’une décennie, des sociétés peu scrupuleuses créent à foison de fausses revues scientifiques qui acceptent de publier, moyennant finances, des travaux parfois fragiles, voire carrément frauduleux ou fantaisistes.
Aux côtés d’une vingtaine de médias écrits et audiovisuels internationaux, qui se sont coordonnés pour publier simultanément le résultat de leurs travaux, Le Monde a enquêté sur cette science contrefaite.
Celle-ci est en pleine expansion : environ 10 000 revues dites « prédatrices » contribuent à construire une science « parallèle », susceptible de tromper les administrations publiques, les entreprises, et même parfois les institutions scientifiques elles-mêmes.
Un combat légitime
Ces revues douteuses relaient parfois, en leur donnant le lustre de la scientificité, des « travaux » climatosceptiques, antivaccins, ou encore de fausses études cliniques vantant les mérites de faux médicaments. Selon des estimations récentes, cette production représente jusqu’à 2 % à 3 % de l’index de certaines grandes bases de données de la littérature savante. C’est six fois plus qu’il y a cinq ans.

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Deux grands phénomènes ont nourri cette envolée. D’une part, la lutte contre le monopole des grands éditeurs scientifiques (Elsevier, Springer, etc.) et pour un accès libre aux résultats de la recherche. Porté par la communauté scientifique depuis presque deux décennies, ce combat légitime est passé par la création de nouvelles revues scientifiques, souvent de qualité, qui reposent sur le principe du « publieur-payeur » : c’est l’institution des chercheurs, qui soumettent leur travail pour être publiés, qui paie à la revue des frais de publication. En ­contrepartie, celle-ci s’engage à ne pas faire payer l’accès aux travaux publiés.
Ce modèle prend tout son sens lorsqu’on sait que les revues scientifiques « classiques » commercialisent à des tarifs prohibitifs les articles qu’elles publient, prospérant ainsi sur le commerce de connaissances souvent produites grâce à la recherche publique, et ralentissant ainsi la libre circulation du savoir.
Publier, toujours plus, toujours plus vite
Les éditeurs « prédateurs » ont détourné ce principe du publieur-payeur en faisant paraître complaisamment des articles qui ne sont pas préalablement expertisés (au terme de la sacro-sainte « revue par les pairs », ou peer review) tout en touchant toujours de juteux « frais de publication ».
D’autre part, les revues prédatrices prospèrent aussi grâce aux nouvelles formes d’évaluation de l’activité scientifique. Le travail des chercheurs est, de plus en plus, jugé en fonction de critères quantitatifs, et non qualitatifs. Il faut publier, toujours plus, toujours plus vite, et donc de plus en plus mal.
Cette tendance est un pousse-au-crime – en particulier dans certains pays du Sud, où des primes à la publication ont parfois été instaurées pour le personnel académique. Soumettre son travail à une revue prédatrice garantit presque toujours une publication très rapide.
Face à ce fléau, les communautés scientifiques et les gouvernements s’organisent. En France, qui n’est pas le pays le plus touché, le ministère de la recherche prend la question au sérieux et promeut des « listes blanches » de revues à privilégier. Il faut maintenant infléchir les politiques d’évaluation de la recherche vers moins de quantitatif et plus de qualitatif. Seule une prise conscience mondiale pourra rendre son intégrité à la science.

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                Le business juteux des simili-conférences scientifiques






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’Agence de sécurité sanitaire recommande aux fabricants d’éliminer ces composés chimiques aux effets cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.
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Des substances toxiques dans les tampons et les serviettes hygiéniques

L’Agence de sécurité sanitaire recommande aux fabricants d’éliminer ces composés chimiques aux effets cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 00h15
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 09h19
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Le lindane et le quintozène sont deux pesticides dont l’usage est interdit en Europe depuis 2000. Ils sont pourtant présents là où on les attendrait le moins : dans des serviettes hygiéniques et des protège-slips commercialisés en France. Et ils ne sont pas les seules substances dangereuses à se cacher dans les protections intimes. On y retrouve même du glyphosate, le célèbre herbicide de Monsanto.
Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié jeudi 19 juillet, dresse la liste des composés chimiques « préoccupants » identifiés. Elle est effarante.
Outre des pesticides, des tests réalisés en 2016 ont mis en évidence la présence de nombreux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou de phtalates dans les protections externes, de dioxines et furanes ainsi que de DnOP (phtalate) dans les tampons. Autant de substances aux effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) démontrés, ou considérées comme des perturbateurs endocriniens.

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                Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ?



Contamination des matières premières
Comment ces substances toxiques peuvent-elles se retrouver dans des protections intimes ? Les experts de l’Anses notent que les matériaux de fabrication sont « mal documentés » et que les auditions des fabricants n’ont « pas permis de les caractériser de façon précise ».
Sur la base des informations transmises par les marques, ils estiment néanmoins qu’à l’exception d’une substance parfumante (BMHCA, perturbateur endocrinien potentiel), les produits incriminés n’ont pas été ajoutés intentionnellement. Ils sont issus d’une contamination des matières premières (pesticides dans les produits d’origine naturelle dérivés du coton) et des procédés de fabrication.
Des agents chlorés utilisés dans le processus de blanchiment peuvent ainsi être à l’origine de la formation de dioxines et furanes. Pour les HAP, que l’on retrouve habituellement dans la fumée de cigarette et des moteurs diesel, les experts penchent pour le mode d’assemblage ou de conditionnement à haute température.
« Absence de risque sanitaire »
Saisie en avril 2016 par le ministère de la santé et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’Anses se veut toutefois rassurante. Elle conclut à « l’absence de risque sanitaire » par voie cutanée en raison des « très faibles concentrations » mesurées et toutes « sans dépassements de seuils sanitaires ». Néanmoins, l’Agence précise que les calculs de risque ne prennent pas en compte les effets perturbateurs endocriniens ni les effets sensibilisants cutanés de ces composés chimiques.
Aussi l’Anses recommande-t-elle aux marques d’améliorer la qualité des matières premières et de réviser certains procédés de fabrication, afin d’« éliminer ou, à défaut, de réduire autant que possible la présence de ces substances, en particulier celles présentant des effets CMR, perturbateurs endocriniens ou sensibilisants cutanés ».
A la différence des Etats-Unis, où la commercialisation des protections intimes – classées en dispositifs médicaux – est encadrée depuis la fin des années 1970, il n’existe pas de réglementation spécifique en France. Dans le cadre du règlement européen Reach, l’Anses soutient un projet de restriction des substances CMR dans les produits d’hygiène féminine. Il est à l’étude à l’initiative de la Commission.

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« Composés organiques volatils ou phtalates »
Pour compléter son avis, l’Anses a lancé des essais supplémentaires. Ils visent à mieux caractériser la composition des tampons et des coupes menstruelles. Concernant ces dernières, les informations ne sont « pas suffisantes » pour en « apprécier les risques ». 
« Normalement, l’élastomère ou le silicone qui les composent sont de qualité médicale, mais certaines coupes peuvent libérer des composés organiques volatils ou des phtalates, fait remarquer le professeur Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses. On a d’autant plus besoin de données qu’elles sont de plus en plus utilisées, notamment par les jeunes femmes. »
Existe-t-il des alternatives sans résidus chimiques ? Plusieurs marques proposent des protections « bio ». « Bien sûr, il y a moins de risques de retrouver des pesticides dans des produits conçus à partir de matière première bio, mais ils peuvent tout aussi bien être contaminés par des HAP, des dioxines et furanes ou des phtalates dans le processus de fabrication, via les colles ou les additifs, avertit le professeur Lasfargues. Aujourd’hui, on ne peut garantir l’absence de produit chimique dans aucun produit. »
Le syndrome de choc toxique
Ce que peuvent en revanche assurer les experts, c’est que le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, principal risque microbiologique – « rare mais potentiellement grave » –, lié au port de protections intimes n’est pas dû à la présence de ces substances chimiques.
Le risque de développer cette maladie causée par une toxine bactérienne augmente avec une utilisation prolongée d’une protection interne ou l’usage d’une protection d’une capacité d’absorption plus forte que nécessaire. Aucune serviette ou protège-slip n’a été impliqué dans des cas de SCT, indique l’Anses.
Le grand public avait découvert le syndrome de choc toxique en 2015 quand le mannequin américain Lauren Wasser avait été amputée de la jambe gauche à la suite d’un SCT. En France, une pétition avait alors été lancée pour demander de « rendre visibles les compositions des tampons de la marque Tampax ». Le leader du marché s’y est résolu depuis le printemps 2017. L’Anses préconise aujourd’hui que tous les fabricants affichent des indications claires relatives à ce risque sur les emballages et les notices d’utilisation des tampons et des coupes menstruelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Mal protégés et multipartenaires, les 15-24 ans sont les principales victimes des infections à Chlamydia et à gonocoque, qui peuvent entraîner de graves complications.
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Très forte hausse des infections sexuellement transmissibles en France

Mal protégés et multipartenaires, les 15-24 ans sont les principales victimes des infections à Chlamydia et à gonocoque, qui peuvent entraîner de graves complications.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 20h53
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 13h14
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Au début des vacances estivales, propices aux rencontres, Santé publique France a publié, mercredi 18 juillet, des chiffres montrant la recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST), qui se transmettent principalement lors de rapports sexuels non protégés. Fréquentes et très contagieuses, les infections à chlamydia trachomatis et à gonocoque ont l’une et l’autre triplé en 2016 par rapport à 2012. Des chiffres élevés par rapport à d’autres pays européens.
Ainsi, selon cette enquête menée auprès des laboratoires de biologie médicale publics et privés volontaires, une infection à chlamydia a été diagnostiquée en France chez 267 097 personnes en 2016, soit 491 cas pour 100 000 habitants, ainsi que 49 628 infections à gonocoque, encore appelées blennorragie ou « chaude-pisse » par Rabelais. Pour mémoire, en 2012, le nombre de diagnostics de ces IST se chiffrait respectivement à 77 000 et à 15 000 cas.
Pour la première fois, précise l’agence, ces estimations renseignent sur le sexe, l’âge et la région. Les jeunes femmes de 15-24 ans sont les plus touchées par les infections à chlamydia, elles représentent 38 % de l’ensemble des diagnostics. Les régions les plus affectées sont l’Ile-de-France et la Guadeloupe.
Infections très souvent « silencieuses »
« C’est en réalité beaucoup plus. Il ne s’agit là que de nouveaux diagnostics, qui ne prennent évidemment pas en compte les personnes qui n’ont pas consulté », explique Florence Lot, responsable de l’unité VIH-Sida IST à Santé publique France.
Car ces infections sont très souvent « silencieuses », ne donnant pas lieu à des symptômes, notamment chez les femmes. Toute personne peut ainsi sans le savoir être porteuse d’une IST et contaminer sa ou son partenaire. Et une IST non diagnostiquée peut, à la longue, entraîner d’importantes complications : risques de salpingite, de stérilité, de grossesse extra-utérine, de douleurs pelviennes chroniques…
Dans...




                        

                        


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Objectifs de développement durable : la France doit accélérer

Eau, biodiversité, déchets, énergies fossiles… le gouvernement doit revoir ses politiques publiques pour atteindre les cibles des Nations unies.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 12h09
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

En dévoilant à New York, mardi 17 juillet, à l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations unies consacré aux Objectifs de développement durable (ODD), un film tourné avec le bateau Energy-Observer, la délégation française a donné un exemple concret de l’engagement hexagonal en la matière.
Energy-Observer, premier navire à hydrogène autonome en énergie sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines, fonctionnant grâce à un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène décarbonée à partir de l’eau de mer, a quitté Venise le 16 juillet pour rejoindre la France, puis les îles Baléares, après avoir déjà fait escale en Albanie, au Monténégro et en Croatie. Il accomplit une « Odyssée pour le futur » de six ans (2017-2022), 50 pays, 101 escales, menée par Victorien Erussard, fondateur, capitaine et premier ambassadeur français des ODD.
L’escale de Venise est un parfait exemple des défis environnementaux qui menacent la planète, et la cité des Doges en particulier, visitée chaque année par trente millions de touristes : montée du niveau des mers, changement climatique, disparition de la biodiversité marine, pollution maritime intense, fragilisation de la ville.

Adoptés en septembre 2015 par 193 pays lors de l’Assemblée générale des Nations unies, et entrés en vigueur en janvier 2016, les dix-sept Objectifs de développement durable, ou Agenda 2030 – qui s’accompagnent de 169 cibles précises –, font suite aux huit Objectifs du millénaire pour le développement qui couvraient la période 2000-2015. Plus nombreux, les ODD s’attachent aussi à éradiquer la pauvreté, la faim, à garantir une éducation pour tous, l’égalité entre les sexes, à offrir santé et bien-être. La question d’un développement soucieux de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique est centrale.
Progrès enregistrés
Chaque pays en fait une déclinaison nationale et doit élaborer son agenda....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs produits alimentaires vendus en France dans des grandes surfaces ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Alerte aux légumes hongrois surgelés contaminés à la listeria

Plusieurs produits alimentaires vendus en France dans des grandes surfaces ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 06h41
    |

            Cécile Prudhomme








                        


Une nouvelle crise sanitaire agite actuellement les pouvoirs publics. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été informée, par le biais du réseau d’alerte européen Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF), d’un risque de contamination à la listeria de légumes surgelés.
L’autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire a demandé, le 29 juin, à l’entreprise belge Greenyard de procéder au retrait et au rappel de légumes surgelés – notamment du maïs – fabriqués entre le 13 août 2016 et le 20 juin, dans un de ses sites en Hongrie.
Le 11 juillet, la DGCCRF a fait savoir que « des livraisons de produits concernés par ce rappel [avaient] été faites en France ». L’enseigne Lidl a annoncé le retrait en magasin et le rappel auprès des consommateurs de légumes vapeur de marque Freshona ; Carrefour, de ses poêlées surgelées vendues sous sa propre marque (chili con carne boulettes de bœuf et poêlée de riz au poulet et champignons) ; Auchan, de ses salades de riz niçoises, salades camarguaises et salades landaises de marque L’Assiette d’Antoine ; Leader Price, de son mélange mexicain vendu dans les outre-mer. L’industriel D’Aucy a rappelé, de son côté, ses surgelés poêlée villageoise, mélange caraïbe et mélange mexicain.

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                La répression des fraudes mobilisée sur la sécurité des produits de consommation en 2017



Côté à la Bourse de Bruxelles, Greenyard a évalué, mardi 17 juillet, à environ 30 millions d’euros « après assurances », le coût des rappels des produits.
« Ingrédient incorporé dans des produits transformés »
« Comme pour les œufs contaminés au fipronil [à l’été 2017], c’est un ingrédient [le maïs] qui a été incorporé dans de nombreux produits transformés (légumes, salades…) », explique Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la DGCCRF. Cette institution cherche à identifier tous les produits, et notamment les plats préparés, dans lesquels ce maïs surgelé de Hongrie aurait pu être utilisé. Sur son site Internet, elle met régulièrement à jour la liste des produits rappelés, qui ne doivent pas être consommés.

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La crise des œufs contaminés au fipronil avait marqué l’été 2017. Le plus compliqué pour les autorités avait été de déceler dans quelles préparations ils avaient pu se retrouver. Une soixantaine d’élevages de volaille produisant des œufs biologiques aux Pays-Bas avaient utilisé une quinzaine de produits pesticides et désinfectants non autorisés, avait révélé l’association Foodwatch, à la mi-juin. Cette crise sanitaire avait conduit au retrait de plusieurs marques de gaufres.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait estimé que « le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible » au regard du degré de contamination. Il n’y avait alors pas eu de procédure de rappel auprès des consommateurs.

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Sida : la prévention est en crise, selon l’ONU

Le nombre de nouvelles infections reste beaucoup trop élevé pour espérer mettre un terme à la pandémie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h58
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Faille de la prévention, manque de financement, ralentissement des progrès : à moins d’une semaine de la 22e conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Amsterdam du 23 au 27 juillet, l’Onusida tire le signal d’alarme. Si, pour la première fois, le nombre de personnes mortes de maladies liées au sida passe sous la barre symbolique du million, le chiffre des nouvelles infections identifiées en 2017 reste désespérément élevé : 1,8 million de personnes ont découvert leur séropositivité, soit près de 5 000 cas par jour. Le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, évoque « une crise ».
Dans un rapport intitulé « Un long chemin reste à parcourir », publié mercredi 18 juillet, l’organisation estime que « la riposte mondiale au sida se trouve dans une situation particulièrement préoccupante : les succès, certes remarquables – mais encore limités – que nous avons connus en termes de vies sauvées et d’arrêt de nouvelles infections par le VIH sont en train d’ouvrir dangereusement la voie à une certaine forme de complaisance. A mi-chemin des objectifs à atteindre d’ici 2020, le rythme des progrès est encore loin d’être à la mesure de l’ambition affichée. »

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Cette ambition est de parvenir à moins de 500 000 morts liés au sida par an en 2020. Elle est aussi qu’à la même échéance, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Il s’agirait également que 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes traitées aient une charge virale durablement supprimée, ce qui signifie une infection sous contrôle et un risque minime de transmission du virus.
Efforts gigantesques
En 2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, un nombre qui croît mécaniquement du fait du déploiement des traitements antirétroviraux qui permet aux malades de vivre avec le virus. 59 % des personnes séropositives ont ainsi eu accès à ces médicaments – contre 53 % en 2016.
Cela reste trop peu. Pour atteindre en 2020 les 30 millions de personnes sous traitement – contre 21,7 millions en 2017 –, il faudrait accroître leur nombre chaque année de près de 2,8 millions. Or, l’augmentation en 2017 n’a été que de 150 000 personnes par rapport à 2016. Cet écart donne la mesure des efforts gigantesques à accomplir pour espérer mettre fin à une pandémie qui, depuis son apparition en 1981, a tué 35,4 millions d’humains et infecté 77,3 millions de personnes. La tuberculose constitue la principale cause de décès : un patient atteint du VIH sur trois succombe à cette maladie.
Le domaine de la prévention est le plus problématique. En l’absence d’un vaccin, qui sera indispensable pour espérer réduire à néant ou presque la pandémie, la stagnation du nombre des nouvelles infections risque de compromettre les progrès. Si l’on se réfère au pic atteint en 1996 (3,4 millions de nouvelles infections par le VIH), le nombre observé en 2017 (1,8 million) représente une baisse de 47 %. Mais comparé à 2010, les nouvelles infections n’ont diminué que de 16 %, alors qu’atteindre les objectifs pour 2020 impliquerait une réduction de 75 %.
Cette crise de la prévention résulte des lacunes des programmes visant à empêcher les nouvelles contaminations, en particulier, d’une part, en Europe de l’Est et Asie centrale et, d’autre part, en Afrique de l’Ouest et centrale. Dans ces régions et au Moyen-Orient, le nombre des nouvelles infections a presque doublé depuis 2000.
Les services et interventions de prévention (circoncision, préservatif…) ne sont pas fournis à une échelle adéquate et avec une intensité suffisante. De plus, ils n’atteignent pas les personnes qui en ont le plus besoin, souvent du fait des politiques répressives et discriminatoires. Les adolescentes et jeunes femmes, les enfants, les hommes ayant des rapports homosexuels, les consommateurs de drogues injectables, les travailleuses du sexe, les femmes transgenres, tous ceux désignés sous le terme de « populations-clés » sont ainsi les laissés-pour-compte de la prévention.
Les adolescentes et jeunes femmes d’Afrique subsaharienne (15-24 ans) représentaient un quart des infections par le VIH en 2017 alors qu’elles ne constituent que 10 % de la population. Dans cette région du monde, les femmes comptent pour 59 % des nouvelles infections chez les 15 ans et plus. Une vulnérabilité liée aux violences à leur égard qui freine également l’accès aux services de santé maternelle et infantile et la détection précoce de l’infection chez la femme enceinte pour prévenir la transmission de l’infection chez l’enfant.
« Investissements indispensables »
En 2017, 180 000 enfants ont été contaminés à la naissance ou lors de l’allaitement maternel dans le monde. Les tests virologiques pour les nouveau-nés exposés au VIH demeurent insuffisamment disponibles ce qui retarde d’autant la mise en route du traitement.
Les autres populations-clés sont particulièrement en danger. En 2017, les hommes ayant des rapports homosexuels avaient un risque d’infection vingt-huit fois plus élevé que les hommes n’ayant que des rapports hétérosexuels. Chez les consommateurs de drogues injectables, le risque est multiplié par vingt-deux comparé aux non-utilisateurs. Il est treize fois plus élevé chez les travailleuses du sexe que chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, de même que chez les femmes transgenres comparées aux personnes âgées de 15 à 49 ans.
Ces motifs d’inquiétude sont accrus par les incertitudes sur le financement de la riposte à l’épidémie. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, il a augmenté de 8 % entre 2016 et 2017. Un total de 20,6 milliards de dollars (17,6 milliards d’euros) étaient disponibles en 2017, soit 80 % de la cible pour 2020. Cependant, l’Onusida souligne qu’il « n’y a pas eu de nouveaux engagements significatifs de la part des bailleurs en 2017 » et craint des conséquences catastrophiques si les financements internationaux étaient amputés de 20 %.

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En 2019, la France accueillera la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Nous demandons au président Emmanuel Macron de jouer pleinement le rôle de premier de cordée en mobilisant dès maintenant ses homologues internationaux pour obtenir des contributions à hauteur de 14,5 à 18 milliards de dollars. Ces investissements supplémentaires seront indispensables pour éviter une reprise de l’épidémie au niveau mondial dans les prochaines années », alerte Aurélien Beaucamp, président d’Aides, association membre de Coalition PLUS.

   





                            


                        

                        


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Pollution : les masques donnent un « faux sentiment de protection », avertit l’Anses

Dans un avis rendu le 18 juillet, l’Agence de sécurité sanitaire estime que leur efficacité n’est pas prouvée. Elle recommande de ne pas les utiliser.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h42
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Petite devinette. Qu’est-ce qui existe « en version cuir pour les personnes chics », « en couleur fluo pour les sportifs », « avec des modèles ludiques en forme d’animaux pour les enfants » ? Le nouveau maillot de bain tendance de l’été ? Mauvaise pioche. La dernière chemisette à enfiler à l’heure de l’apéro ? Encore raté. Un indice : ils promettent à leur possesseur de les « protéger efficacement »… de la pollution. Tapez « masque » et « pollution » sur un moteur de recherche et une ribambelle de modèles apparaissent à l’écran. Le « N°1 des ventes » sur le plus grand site de commerce en ligne s’affiche à 13,99 euros. Pour cette modique somme, il garantie une protection contre les gaz, les odeurs, le pollen, la fumée, les virus, les bactéries et « toutes les particules fines ». 
Mais ces masques dits antipollution, dont s’affublent notamment de plus en plus de cyclistes dans les grandes agglomérations, sont-ils réellement efficaces ? Pas vraiment, si on en croit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans un avis rendu mercredi 18 juillet, l’Anses estime que les données sont insuffisantes pour attester d’un bénéfice sanitaire et recommander leur utilisation.
215 produits
L’agence avait été saisie en septembre 2015 par les ministères de la santé et du travail afin de mener une évaluation sur leur efficacité et l’intérêt d’en recommander l’usage. Une étude de marché, réalisée en 2016, a identifié pas moins de 215 produits revendiquant une efficacité en matière de protection contre la pollution de l’air. Le marché français est relativement restreint avec un chiffre d’affaires compris entre 135 000 et 150 000 euros en 2015, pour environ 20 000 unités vendues.

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Les cibles principales de ces produits sont les cyclistes ou usagers de deux roues motorisés, les populations sensibles (personnes âgées ou allergiques, enfants, femmes enceintes) ainsi que les voyageurs ou expatriés dans des zones géographiques fortement polluées.
L’efficacité d’un masque dépend de sa conception, des performances du filtre dont il est équipé et d’autres paramètres tels que son adaptation à la morphologie de l’utilisateur. Or, note l’Anses, si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation. Celle-ci peut diminuer ou être annulée du fait d’un simple mauvais ajustement au visage (enfant, présence de barbe…). Elle peut aussi être annihilée par un manque d’entretien, une activité physique intense susceptible d’augmenter le débit respiratoire, ou l’absence d’information et de formation sur les conditions d’utilisation, de stockage ou de renouvellement.
« Surexposition »
Autre biais relevé par l’expertise de l’Anses, la plupart des masques revendiquent des technologies de filtrations visant les particules, jusqu’aux ultra-fines (de l’ordre du nanomètre de diamètre) pour les modèles les plus chers. Or, la pollution de l’air, rappelle le rapport, se caractérise par un mélange complexe de particules et de gaz, comme les très toxiques oxydes d’azote émis par les véhicules diesel. Ces masques ne protègent donc pas contre les nombreuses substances présentes dans l’air à l’état gazeux.

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Les experts de l’Anses ont également épluché la littérature scientifique. Et là aussi, ils n’ont trouvé « aucune donnée » permettant de conclure sur un bénéfice potentiel du port de masque en conditions réelles d’utilisation. Ils estiment même qu’il pourrait donner un « faux sentiment de protection » chez l’utilisateur et entraîner des comportements conduisant à une « surexposition ». Ainsi, un cycliste masqué pédalant sur un axe à fort trafic pourrait être plus exposé à la pollution qu’un cycliste à visage découvert privilégiant un trajet moins fréquenté.
Au final, l’Anses ne recommande pas aux pouvoirs publics d’encourager le port du masque mais d’agir en priorité à la source en réduisant les émissions de polluants, responsables chaque année de 48 000 morts prématurées en France.



                            


                        

                        


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Fumer nuit gravement à la santé des poissons

La pollution des mégots, dont une grande quantité finit dans les océans, a des conséquences néfastes sur la biodiversité aquatique.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h29
    |

                            Aline Nippert








                        



   


Deux milliards de mégots environ (350 tonnes) sont ramassés chaque année à Paris. 500 millions à Marseille et 200 millions à Bordeaux. Les chiffres du ministère de la transition écologique et solidaire donnent une idée de l’enjeu écologique que cette pollution urbaine représente. Car nombre de ces déchets toxiques finiront dans les fonds marins et océaniques.
Une fois l’ultime bouffée de cigarette ingérée, son abandon sur le trottoir signe potentiellement le début d’un long périple. Certains mégots n’échappent pas aux aspirateurs des agents de nettoyage urbains. Pour les rescapés, le ruissellement de la pluie suffit pour provoquer une chute par le caniveau, malgré les grilles dont certaines sont dotées. « Ces grilles réduisent fortement la concentration de déchets dans les eaux pluviales ou les rejets urbains de temps de pluie, mais laissent passer quantité de mégots », souligne Johnny Gasperi, maître de conférences au Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (LEESU, université Paris-Est-Créteil et Ecole des Ponts ParisTech). Ces mailles franchies, le destin des mégots dépend du type de réseau de drainage des eaux qu’ils ont à traverser.

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Le réseau d’assainissement « unitaire » achemine eaux domestiques et pluviales vers la même station d’épuration. « Quasiment tous les vieux centres historiques sont équipés d’un réseau unique, précise Johnny Gasperi. Paris intra-muros et la première couronne sont dans ce cas. » Le mégot chemine donc vers la station d’épuration, mais sa course est arrêtée juste avant de franchir la ligne. « Les stations font d’abord un dégrillage de l’eau pour évacuer tous les macrodéchets. » Et les mégots, ainsi que tous les autres détritus pêchés (résidus de plastique, cotons-tiges, etc.), finissent alors brûlés ou dans un centre d’enfouissement des déchets.
Les choses se compliquent en cas de grosse averse. « Lorsqu’une grande masse d’eau arrive, le surplus est stocké dans des cuves. Mais une fois ces ouvrages saturés, le trop-plein est directement déversé dans les cours d’eau. », explique le spécialiste. A Paris, ces eaux non-traitées se retrouvent dans la Seine. Et les mégots avec.

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Le réseau séparatif, quant à lui, draine les eaux domestiques et les eaux pluviales via des canaux distincts. « Les nouveaux quartiers ou les extensions de centres-villes très récents en sont quasiment tous équipés. », affirme Johnny Gasperi. Dans ce système, seules les eaux domestiques sont soumises au traitement en station d’épuration. « Les eaux de pluie – chargées des détritus amassés – sont déversées dans les cours d’eau généralement sans être traitées. » 
Et une fois que les mégots plongent dans un cours d’eau, aucun filtre n’entrave leur course jusqu’à l’océan.
Déchets dangereux
« Lorsque les mégots se décomposent dans le milieu naturel, le relargage de polluants est alors direct », note l’enseignant-chercheur. Une récente étude menée à l’Université technique de Berlin estime qu’un mégot de cigarette peut contaminer jusqu’à 1 000 litres d’eau.
Les résidus de cigarette sont composés d’un cocktail d’éléments chimiques, parmi lesquels des métaux lourds (cadmium, plomb, chrome, mercure), du goudron et de la nicotine. Sans oublier le filtre lui-même, souvent fabriqué à partir d’acétate de cellulose, une matière plastique non biodégradable.

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« La nicotine, nous apprend l’étude allemande, est utilisée en tant qu’insecticide depuis le XVe  siècle. Son emploi [en tant que pesticide] est très encadré aux Etats-Unis, au Canada et en Europe à cause de sa toxicité sur la biodiversité aquatique. » Or, cette molécule est très soluble dans l’eau. En septembre 2017, un rapport d’étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) classe les mégots comme « déchets dangereux ». C’est notamment « le contenu en nicotine, substance analysée au cours des investigations, [qui] conduit au classement des mégots au titre de la propriété HP 6 (toxicité aiguë) », précise le rapport.
Poissons et micro-organismes aquatiques, fumeurs passifs
L’étude de l’INERIS met notamment en évidence la toxicité des mégots sur des micro-organismes aquatiques (bactéries, microcrustacés, micro-algues) à partir d’« évaluations par essais ». Certains résultats sont éloquents : le microcrustacé Ceriodaphnia dubia ne parvient plus à se reproduire après 96 heures en présence de seulement 0,06 % de l’éluat réalisé à partir de mégots broyés. La croissance des micro-algues P. subcapitata, quant à elle, est paralysée après 72 heures en contact de 0,77 % de l’éluat. Ces essais écotoxicologiques conduisent également à attribuer aux mégots « la propriété de danger HP 14 (écotoxique) ».
Les poissons font aussi partie des victimes de cette pollution des eaux. Un seul mégot de cigarette peut suffire à décimer la moitié d’une population de poissons nageant dans un litre d’eau. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l’Université d’Etat de San Diego, en 2011, dans une étude menée sur des poissons marins (Atherinops affinis) et d’eau douce (Pimephales promelas).
Les travaux sur la pollution des eaux par les mégots de cigarette, longtemps considérée comme négligeable, sont encore peu nombreux. Mais le sujet agite de plus en plus la communauté scientifique. Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) est partenaire d’un projet de recherche européen dont l’un des volets vise précisément à mesurer l’impact que pourraient avoir les mégots sur les espèces marines.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Il a fallu cinq heures au bus à impériale pour se frayer un passage dans la capitale croate, le 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Ce concours récompense un photographe dont le travail répond aux exigences du jury : un thème lié à l’environnement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Développement durable : « Nous avons encore le choix de changer la trajectoire »

Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h13
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Du 16 au 18 juillet, se tient à New York le forum de haut niveau rassemblant les gouvernements pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015 par les Nations unies. Directeur général du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner fait le point sur leur avancement.
Les objectifs de développement durable ont été adoptés en 2015. La situation apparaît toujours aussi contrastée…
En créant ce cadre pour tracer un futur commun, en 2015 lors d’une assemblée générale des Nations unies, nous reconnaissions que le modèle passé, réduit au seul développement économique, n’était pas une solution pour un monde de 7, 8 ou 9 milliards de personnes. Le constat était que les inégalités, la durabilité ou plutôt la non-durabilité du développement étaient de plus en plus des facteurs d’échec. Les ODD traduisent cette évolution.
C’est aussi la reconnaissance que le développement ne peut se faire dans le strict cadre des souverainetés nationales, mais qu’il faut tenir compte de l’interdépendance des pays pour régler les grands défis : l’émergence des nouvelles technologies, des nouveaux marchés…
D’un autre côté, les ODD ne sont pas une formule magique résolvant tous les problèmes. Ils donnent un cadre pour agir dans un contexte national et dans un cadre international : « Ne laisser personne derrière ». Ce principe est essentiel dans un monde contemporain habité par de plus en plus de conflits, de radicalisation et d’émergence d’extrémismes dans nos sociétés. Ces objectifs nous donnent une langue commune et des principes.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) existaient avant. Pourquoi une nouvelle formule ?
Les OMD n’étaient qu’au nombre de sept et très centrés sur les problèmes des pays en voie de développement. Ils ne reconnaissaient justement pas ce principe d’interdépendance des pays entre eux. Or ce que font les pays du Nord a un impact sur les pays du Sud.

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Le changement climatique occupe une place importante dans les ODD. Est-ce un nouveau paradigme ?
En effet, la question climatique impose de nouveaux défis en termes de développement, comme le montre l’objectif 13, « mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques ». Ce peut être un levier incroyable. On le voit dans le domaine de l’énergie où les modèles sont en train de changer. Mais aussi dans les transports ou l’agriculture. Cela devient une opportunité économique et sociale.
Ce qui est en jeu, c’est le changement global du modèle économique. Le secteur privé regarde les futurs marchés dans lesquels il peut investir, et a pris des engagements importants. Il ne s’agit plus seulement pour lui d’assurer un retour rapide sur investissement, mais de se poser la question : « Mon argent va-t-il contribuer à régler un problème ou à l’accentuer ? »
Cela montre la capacité du système financier, traditionnellement très conservateur, à s’engager sur de nouvelles voies. Ce défi du financement de la transition se retrouve plus particulièrement dans les objectifs 6 [eau propre et assainissement], 7 [énergie propre et d’un coût abordable], 11 [villes et communautés durables] et 12 [consommations et productions responsables].
« Le facteur fondamental de la violence dans le Sahel est l’échec du développement »
Quels sont les points noirs sur l’agenda des ODD ?
Notre problème aujourd’hui n’est pas que nous manquions d’idées, de concepts pour régler le problème de la pauvreté par exemple. Il vient de l’inertie des systèmes politiques, et aussi de la sphère économique. Aujourd’hui, dans le système actuel, beaucoup font du très bon business, accumulent des profits qui ne sont absolument pas partagés. Cette inertie est un vrai défi parce qu’avec le changement climatique, et la signature de l’accord de Paris, nous avons un délai très court pour avancer sur la « décarbonation » de nos économies.
Les pays ont commencé à travailler mais nous savons bien qu’au niveau global, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas diminué et que l’économie continue comme avant, dans le domaine des transports, des énergies… Autant de secteurs dans lesquels la question des émissions de carbone restent essentielles.
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) a encore constaté, dans son dernier rapport, que l’on avait quasiment dépassé le point de non-retour dans la limitation à 2 °C du réchauffement. Nous sommes à un moment crucial pour la civilisation, parce que nous avons encore le choix de changer la trajectoire de la planète pour les cinq cents prochaines années, pour les prochaines générations. Mais cette perspective n’est pas au centre de nos préoccupations. La conscience de l’urgence d’agir n’est pas claire.

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La situation internationale est plus volatile qu’il y a quinze, vingt ans. Pourquoi ? La cohésion est en crise, nous avons perdu la notion de contrat social et cette crise n’existe pas que dans les pays en voie de développement. L’inégalité divise toutes les sociétés. Nous vivons une époque dans laquelle les conflits, les guerres, entre pays et à l’intérieur d’un même pays sont à un niveau élevé, avec le terrorisme aussi. Or, les ODD ne sont pas que la reconnaissance de valeurs positives, ce sont des outils pour éviter les radicalisations, les conflits. On peut faire intervenir des forces des Nations unies au Mali, au Sahel, mais le facteur fondamental de la violence dans cette région est l’échec du développement.
La question climatique pose le problème de l’adaptation mais on sait que le nombre de réfugiés ne va pas cesser de croître. Avec les ODD, nous disons clairement qu’il faut non seulement répondre dans l’urgence mais investir dans les pays, intervenir certes mais surtout prévenir.
Ce constat du lien entre pauvreté, inégalités et conflits est fait depuis des décennies. Mais on a l’impression que la machine onusienne est grippée. Et Donald Trump montre qu’on peut s’affranchir du collectif sur le développement ou le climat…
Ce ne sont pas seulement les Nations unies qui sont grippées, le monde entier l’est, l’ONU n’étant que le reflet de cette situation. Le défi du multilatéralisme est de répondre à la question des moyens d’action dans un monde où le nationalisme et le protectionnisme progressent. Oui, Donald Trump représente un défi, on le voit avec le G7, la COP, l’accord sur le nucléaire iranien… Et dans ce moment sensible, nous risquons de perdre l’équilibre.
Mais l’histoire du monde ne se résume pas à Trump, ou à une seule politique nationale : il s’agit de maintenir le consensus autour d’un développement économique qui apporte le bien-être social et soit accueillant à l’autre. Une pandémie ne s’arrête pas à l’aéroport de Paris ou au port de Marseille. Il faut travailler dans le cadre des Nations unies pour mettre en commun les moyens pour combattre les risques.
Aujourd’hui par exemple, l’Europe est très préoccupée par la question des réfugiés, des migrations. On a vu le désespoir et la tragédie face à des murs, des grillages. En juin 2018, l’Europe doit trouver les moyens collectifs d’accueillir un bateau de réfugiés, de répondre à ce défi.



                            


                        

                        


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Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h37
   





                        



   


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports.
« Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile (KBA), tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».

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Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen (VW) d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.
Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild.
« La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
KBA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.

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Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de VW et de ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de VW, dont l’ex-patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.
En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.



                            


                        

                        


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La météo influence (en partie) la politique : climat, crise agricole et Révolution française

Parmi les raisons du déclenchement de la Révolution française, dans une société dont la bourgeoisie était prête pour le changement, la météo et les mauvaises récoltes ont pu jouer un rôle d’« étincelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h20
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Dans un siècle où le climat occupe une place centrale et légitime dans les préoccupations, le lien entre modifications climatiques, météo (quotidienne) et pouvoir politique peut être moins subtil qu’on ne le pense. Même dans la Chine du XXIe siècle, le pouvoir commence à se préoccuper à la fois de la pollution et du changement climatique, après des décennies à soutenir la croissance aux dépens de l’environnement.
Le propos de cet article n’est pas de démontrer que la météo ou le climat sont à l’origine des changements politiques, mais comment — avec d’autres facteurs — ils influencent les régimes politiques et leur avenir.
Avant la révolution industrielle, ces événements météorologiques sont étroitement liés aux crises de subsistance, que l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie définit comme « des moments de baisse de la production agricole, participant souvent à la concrétisation de troubles sociaux latents jusqu’alors ».
L’hypothèse d’un volcan islandais
Parmi les historiens, les Anglo-Saxons estiment que l’éruption du Lakagígar, en Islande, du 8 juin 1783 au 7 février 1784, pourrait avoir eu une influence sur le cours de la politique française six ans plus tard. Difficile de lier les deux, mais une chose est sûre ; l’éruption rejette dans l’atmosphère des millions de mètres cubes de dioxyde de soufre.
Sur l’île, c’est une catastrophe ; la moitié du cheptel meurt (jusqu’à 80 % pour les moutons), 20 % de la maigre population meurt de faim. Poussé par les vents vers l’Europe occidentale, le nuage conduit à une surmortalité de l’ordre de 30 % au Royaume-Uni et en France au cours de la période, pour un total estimé à 160 000 morts en Europe occidentale. Du fait des poussières qui masquent en partie le soleil, l’hiver 1784-1785 se révèle précoce et rigoureux, avant un redoux qui occasionne des inondations sur le continent.
C’est un début d’Etat providence qui se met alors en place. Louis XVI débloque 3 millions de livres (soit environ 2,2 millions d’euros d’aujourd’hui, 1 % du budget de l’époque) pour aider les sinistrés. Mais pour l’historien Emmanuel Garnier (CRHQ, CNRS-université de Caen), cet événement antérieur de cinq ans à la révolution n’a que peu à voir avec la Révolution, c’est un « serpent de mer porté par les Anglo-Saxons et les géologues ».
La « gâchette météorologique » de 1787 et 1788
Si les volcanologues tendent à attribuer les mauvaises récoltes à ce nuage, selon tous les relevés disponibles à l’époque, ce sont plus volontiers les pluies diluviennes de l’automne 1787, la chaleur du printemps 1788 et les « grandes grêles » de l’été qui ont amputé la récolte 1788 d’environ 30 % de son volume, selon Emmanuel Le Roy Ladurie.
« C’est le climat qui fait d’une crise une catastrophe », affirme l’historien britannique Geoffrey Parker, selon qui « l’agriculture cesse alors d’être productive, et le prix des denrées monte en flèche ». Dans la société de l’Ancien Régime, le lien entre faiblesse des récoltes et hausse du prix des denrées est quasi mécanique.

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Une hausse du prix des denrées au fil du XVIIIe siècle
Ce graphique représente l'évolution du prix des produits agricoles français, entre 1726 et 1790. La base 100 est la moyenne de la période 1771-1789 (calculée par l'historien chercheur Emmanuel Le Roy Ladurie).
SurvolezSélectionnez les ronds sur le graphique pour afficher le contexte d'un chiffre.

Source : Histoire du climat depuis l'an mil, Emmanuel Le Roy Ladurie (1967)


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    var dataprix = [{ "an": 1726, "indice": 57.2 }, { "an": 1727, "indice": 54.2 }, { "an": 1728, "indice": 51.8 }, { "an": 1729, "indice": 55.5 }, { "an": 1730, "indice": 56 }, { "an": 1731, "indice": 58.3 }, { "an": 1732, "indice": 59.1 }, { "an": 1733, "indice": 54.8 }, { "an": 1734, "indice": 63.7 }, { "an": 1735, "indice": 58.5 }, { "an": 1736, "indice": 58.4 }, { "an": 1737, "indice": 61 }, { "an": 1738, "indice": 65.9 }, { "an": 1739, "indice": 64.4 }, { "an": 1740, "indice": 68.3 }, { "an": 1741, "indice": 77.4 }, { "an": 1742, "indice": 69.8 }, { "an": 1743, "indice": 64.2 }, { "an": 1744, "indice": 63.3 }, { "an": 1745, "indice": 64.8 }, { "an": 1746, "indice": 66.4 }, { "an": 1747, "indice": 71.1 }, { "an": 1748, "indice": 72.2 }, { "an": 1749, "indice": 70.9 }, { "an": 1750, "indice": 70 }, { "an": 1751, "indice": 69 }, { "an": 1752, "indice": 74.2 }, { "an": 1753, "indice": 70.9 }, { "an": 1754, "indice": 69.7 }, { "an": 1755, "indice": 63.8 }, { "an": 1756, "indice": 67.1 }, { "an": 1757, "indice": 72.6 }, { "an": 1758, "indice": 72 }, { "an": 1759, "indice": 75.2 }, { "an": 1760, "indice": 73.6 }, { "an": 1761, "indice": 69 }, { "an": 1762, "indice": 70.2 }, { "an": 1763, "indice": 72.2 }, { "an": 1764, "indice": 69.1 }, { "an": 1765, "indice": 72.4 }, { "an": 1766, "indice": 80.3 }, { "an": 1767, "indice": 84.8 }, { "an": 1768, "indice": 86.1 }, { "an": 1769, "indice": 88.8 }, { "an": 1770, "indice": 101.6 }, { "an": 1771, "indice": 105.6 }, { "an": 1772, "indice": 105.3 }, { "an": 1773, "indice": 99.6 }, { "an": 1774, "indice": 91.2 }, { "an": 1775, "indice": 97.2 }, { "an": 1776, "indice": 90.8 }, { "an": 1777, "indice": 96.2 }, { "an": 1778, "indice": 99.5 }, { "an": 1779, "indice": 92.8 }, { "an": 1780, "indice": 88.9 }, { "an": 1781, "indice": 96.1 }, { "an": 1782, "indice": 99.1 }, { "an": 1783, "indice": 102.3 }, { "an": 1784, "indice": 102.9 }, { "an": 1785, "indice": 108.4 }, { "an": 1786, "indice": 104.4 }, { "an": 1787, "indice": 98.6 }, { "an": 1788, "indice": 102.1 }, { "an": 1789, "indice": 119.4 }, { "an": 1790, "indice": 127.5 }],
        dico = {
            "1789": { "titre": "1789, début de la Révolution française", "detail": "C'est l'année du démarrage de la Révolution, avec la convocation des Etats généraux en janvier 1789." },
« traumatique », selon Leroy Ladurie. Il décrit la météo comme « anti-agricole », conjugée à un « déficit frumentaire et un déclic contestataire ». Les mois de mai et juin 1788 ont été chauds et secs, avant un retour des pluies diluviennes en juillet-août." }
        };

    /* les lignes y */
    function make_y_gridlines() {
        return d3.axisLeft(y)
            .ticks(1)
    };

    /* les marges et la taille */
    var margin = { top: 40, right: 20, bottom: 30, left: 50 },
        width = largeur - margin.left - margin.right,
        height = (largeur / 1.3) - margin.top - margin.bottom,
        radius = 6;
    var parseTime = d3.timeParse("%Y"),
        x = d3.scaleTime().range([0, width]),
        y = d3.scaleLinear().range([height, 0]);
    var area = d3.area()
        //    .curve(d3.curveCardinal)
 x(d.an))
        .y0(height)
 y(d.indice));
    var valueline = d3.line()
        //  .curve(d3.curveCardinal)
 x(d.an))
 y(d.indice));
    var svg = d3.select("#graphiqueindices").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + (width + margin.left + margin.right) + " " + (height + margin.top + margin.bottom))
        .append("g")
        .attr("transform",
            "translate(" + margin.left + "," + margin.top + ")");

    /* on reformate */
    dataprix.forEach(function(d) {
        d.an = parseTime(d.an);
        d.indice = +d.indice;
    });

    /* les scales */
    x.domain(d3.extent(dataprix, function(d) { return d.an; }));
    y.domain([0, d3.max(dataprix, function(d) { return d.indice; })]);

    /* les aires */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "aire")
        .attr("d", area);

    /* la ligne */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "lignejaune")
        .attr("d", valueline);

    /* la ligne de la base 100 et son texte  */
    basecent = svg.append("g")
        .attr("class", "base100")
    basecent.append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 0)
 y(100) + 1)
 width)
 y(100) + 1);

    basecent.append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 (0 + radius))
 y(102))
 "Base 100 (moy. 1771-1789)");

    /* les annotations, avec cercles, lignes et texte */
    var groupe = svg.selectAll("g")
        .data(dataprix)
        .enter()
        .filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("g")
        .attr("class", "annotations")
        .attr("title", function(d) {
            e = dico[String((d.an).getFullYear())];
" + e.titre + ""
Indice des prix de " + String(d.indice).replace(".", ",") + ""
"
" + e.detail + ""
            return html
        });

    /* les cercles*/
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("circle")
        .attr("class", "bubulle")
 x(d.an))
 y(d.indice))
        .attr("r", radius);
    /* le texte */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 x(d.an))
 y(d.indice) - (radius * 2))
 dico[(d.an).getFullYear()].titre);
    /* les lignes avec pointillés */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined }).append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 x(d.an))
 y(0))
 x(d.an))
 (y(d.indice) + radius));
    /* l'axe des abscisses  */
    svg.append("g")
        .attr("transform", "translate(0," + height + ")")
        .attr("class", "axes x")
 d.getFullYear()));
    /* l'axe des ordonnées  */
    svg.append("g")
        .attr("class", "axes y")
        .call(d3.axisLeft(y).ticks(8).tickSizeOuter(0)
 d));
    /* La gestion du tooltip, ici sur le sélecteur "g.annotations"   */
    $("#grapheprix").tooltip({
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            effect: "fade",
            duration: 0
        },
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            effect: "fade",
            duration: 0
        },
        items: "g.annotations",
        track: true,
        tooltipClass: "multimedia-embed tooltipdecodeurs",
        position: {
            my: 'left-30 top+50',
            at: 'right+10 center'
        },
        content: function() {
            return $(this).attr("title")
        },
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            /* permet de fermer le tooltip en tapant sur lui-même en mobile*/
            var elem = $(event.target);
            ui.tooltip.click(function() {
                elem.tooltip('close');
            });
        }
    });
    $("#grapheprix a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation()
    });
});


L’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, spécialiste du climat, note par ailleurs la difficulté essentielle de « diagnostiquer, avant les thermomètres, des oscillations séculaires moyennes inférieures ou tout au plus égales à 1 °C ». En 1967, dans son Histoire du climat depuis l’an mil, il étudie les dates des vendanges, l’évolution de l’avancée des glaciers, la rigueur des hivers ou encore le cours des denrées.
Des conditions réunies pour le changement
De mauvaises récoltes et une hausse des prix des denrées ne sont néanmoins pas suffisantes pour engendrer des révolutions, « il y avait encore un pas gigantesque à franchir », écrit Le Roy Ladurie dans son Histoire humaine et comparée du climat : disettes et révolutions, 1740-1860 (Fayard, 2006). Ce pas sera franchi l’année suivante de ce drôle d’été 1788, pour « quantité d’autres raisons », essentiellement politiques et sociales, qui n’ont rien à voir avec le climat.
Parmi ces raisons, on peut citer :
l’influence des idées nouvelles, « les Lumières » ;la crise sociale d’une société divisée en trois états inégaux (noblesse, clergé et tiers état) ;la montée en puissance économique de la bourgeoisie, alors privée de droits politiques — tout comme le reste du tiers état — ;la crise institutionnelle que traverse la monarchie française ;la crise financière que traverse l’Etat — dont le budget est systématiquement en déficit.
Néanmoins, on ne meurt plus de faim dans la France du XVIIIe siècle. Le pays n’a plus connu de famine depuis 1709 ; à l’issue d’un hiver long et très rigoureux, le prix des céréales, dont les semences ont gelé, avait flambé, atteignant dix fois son prix de l’année précédente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.
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En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h34
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande, à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG, interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher, car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues, qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

14-Juillet : cinq questions sur les feux d’artifice

Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 09h38
    |

                            Audrey Travère








                        


Ce week-end encore, le ciel hexagonal s’embrasera de milles feux pour la fête nationale. En moyenne, 15 000 feux d’artifice sont tirés en France pour cet unique week-end. Inventée aux IXe siècle par les Chinois, la poudre explosive utilisée reste encore mystérieuse pour beaucoup d’entre nous. Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées à ce sujet.
Combien ça coûte ?
La question du tarif dépend essentiellement de la durée du spectacle mais également de l’endroit où il est tiré et des moyens déployés. Logiquement, plus le spectacle dure longtemps, plus le prix sera élevé. Mais selon la localité, la politique tarifaire appliquée ne sera pas la même : en région, les spectacles pyrotechniques vont de 1 500 euros dans les petits villages à 5 000 euros en zone touristique. Dans les moyennes et grandes agglomérations telles Carcassonne, Marseille ou Bordeaux, les budgets avoisinent les 100 000 euros à 200 000 euros.
En tête du palmarès français, on retrouve le feu d’artifice du 14 juillet à Paris, dont le prix s’élève à 750 000 euros pour trente-cinq minutes cette année. Dans ce budget, 350 000 euros sont réellement consacrés aux artifices, le reste finançant la mise en scène, le personnel et la sécurité. Ainsi, quand une minute du feu d’artifice à Livarot-Pays-d’Auge, commune du Calvados, coûte 350 euros, celle-ci revient à 6 800 € euros Marseille et à 21 428 euros pour le spectacle parisien.
Couleurs et formes : comment ça marche ?
Les couleurs sont le fruit de réactions chimiques produites par des « bombes ». Ces artifices, de forme sphérique, sont projetés dans le ciel et produisent les bouquets colorés au moment de leur explosion. Ces projectiles sont d’une part composés de « poudre noire », plus connue sous le nom de « poudre à canon », mélangeant du soufre, du nitrate de potassium et du charbon de bois. A cela s’ajoutent, savamment disposées au cœur du projectile, des dizaines de billes en sel métallique produisant les couleurs. Au contact de la chaleur, produite par l’embrasement de la poudre dans la bombe, chaque composé émet une nuance différente : du strontium pour le rouge, du baryum pour le vert, du potassium pour le violet, du cuivre pour le bleu, etc. Produit d’une réaction chimique, il est donc impossible de nuancer les couleurs ou d’en produire d’autres, comme le rose par exemple.
Les formes, elles, dépendent de la disposition de ces mêmes billes dans la sphère. Le principe est très simple : pour obtenir un cœur, une étoile, ou une tout autre forme géométrique, il faudra installer les granules dans la sphère de manière à en reproduire les contours. Néanmoins, au moment de l’explosion, la rotation du projectile est difficilement contrôlable. C’est pour cela que vous verrez parfois les dessins de biais si les calculs ne sont pas effectués en amont par les artificiers.
Qui produit ces spectacles ?
Il existe plusieurs catégories d’entreprises dans le domaine. En premier lieu, on retrouve les grands groupes, comme Pyragric ou Riggieri. Ces deux sociétés organisent de grands événements à l’international et disposent de distributeurs agréés répartis sur tout le territoire. Grâce à cette présence massive, un grand nombre de spectacles en France sont, de fait, affiliés à ces groupes, sans qu’il ne soit forcément fait mention de leur nom. A Paris cette année, le groupe Ruggieri est d’ailleurs en charge du spectacle pyrotechnique. Fondée en 1739 par une fratrie italienne, l’entreprise s’est fait racheter en en 1997 par le groupe Etienne Le Croix, producteur entre autres d’armements et d’équipements contre « les fléaux naturels ». Le reste se répartit entre des structures plus petites, comme Jacques Couturier Organisation ou les Magiciens du Feux, et des artisans locaux.
Que fait un artificier le reste de l’année ?
Les artificiers réalisent 60 à 70 % de leur chiffre annuel le 14 juillet. Pour cette seule journée, 15 000 feux sont tirés en France, contre 5 000 le reste de l’année. Les entreprises ont donc recours à des saisonniers qui viennent mettre en œuvre les spectacles, l’espace de quelques heures à plusieurs jours. La plupart des ces techniciens ont une autre activité, celle d’artificier étant pour la plupart un loisir. Néanmoins, les grands groupes peuvent se permettre d’employer des salariés à l’année grâce à leur carnet de commande fourni.
Du point de vue de l’entreprise, l’année se découpe en plusieurs périodes distinctes. D’octobre à décembre, la saison des feux se prépare : commande des artifices, imagination des mises en scènes mais également prospection des éventuelles nouveautés. De décembre à mars, le but est alors pour les commerciales de décrocher le plus de contrats possible. D’avril à juillet, c’est la période faste, avec un pic d’activité le week-end de la fête nationale. Enfin, d’août à octobre, ce sont les congés, un peu forcés. De là redémarre de plus belle l’année.
Est-ce que ça pollue ?
Pour produire les explosions, les bombes sont remplies de « poudre noire », mélange de soufre, de nitrate de potassium et de charbon de bois. Ce cocktail dangereux produit une quantité de particules fines non négligeable. En effet, une étude de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) démontre l’augmentation drastique de ces rejets dans la zone du feu d’artifice pendant et après le spectacle pouvant atteindre + 370 %. En 2012, Airparif a analysé la concentration de ces particules dans l’air suite au spectacle dans la capitale. Résultat : une augmentation de plus de 3 000 % dans la zone, qui est rapidement descendue dans les heures suivantes.
Enfin, le fort niveau sonore des explosions est aussi problématique pour la faune environnante. Une étude néerlandaise démontre que durant le nouvel an, peu après minuit, un grand nombre d’oiseaux s’envolent brusquement du au bruit des explosions, abandonnant même parfois leurs nids.




                            


                        

                        


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Alternatives au plastique : « Un surcoût injuste »

Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h00
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Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann (Cofondateurs de Yumi, producteur de jus de légumes bio)







                        



                                


                            

Tribune. Ces dernières années, des alternatives concrètes aux emballages plastique ont été développées, à l’image des bouteilles 100 % végétales et compostables. Si cet engagement écoresponsable représente un coût supplémentaire pour les acteurs qui les choisissent (le matériau utilisé, résidus de canne à sucre, est 70 % plus cher que le plastique traditionnel), l’impact sur l’environnement est sans commune mesure : zéro hydrocarbure, 40 % d’émissions de carbone en moins comparé à des bouteilles plastique standards, et des bouteilles compostables en quatre-vingts jours dans un compost industriel.
Malheureusement, ce type d’initiatives est aujourd’hui freiné en France. Ces bouteilles, meilleures pour la planète, sont frappées d’un malus : la contribution financière liée au recyclage est deux fois plus importante que celle qui concerne le plastique classique. Un surcoût injuste pour ceux qui le subissent, et en contradiction totale avec les engagements du gouvernement actuel.

Une mesure d’autant plus regrettable qu’en France, en 2018, 45 % des bouteilles plastique à base de pétrole ne sont pas recyclées (soit environ 200 000 tonnes par an qui finissent dans la nature) et que, sur les 55 % des bouteilles effectivement recyclées, elles ne le seront en moyenne que deux ou trois fois, avant de terminer incinérées, enfouies, ou tout simplement dans l’océan.
Quatre cents ans à se dégrader
Nous sommes donc en droit d’interroger notre fonctionnement et de réfléchir à de nouveaux modèles. Comme le dit l’adage, ce n’est pas en améliorant la bougie que nous avons inventé l’électricité… Alors pourquoi rester figés sur un modèle qui fait la part belle au plastique, quand des alternatives responsables existent ?
Une bouteille plastique met environ quatre cents ans à se dégrader. Entre 1950 et 2015, nous avons produit plus de 8 milliards de tonnes de plastique. A cette cadence, plus de 12 milliards de tonnes de déchets plastique...




                        

                        


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L’Agence de sécurité sanitaire alerte sur les dangers des rejets de l’usine Sanofi de Mourenx

L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h57
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            Stéphane Mandard








                        



   


C’est un rapport qui ne devrait pas rassurer les salariés et les riverains de l’usine Sanofi qui fabrique la Dépakine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) et est à l’arrêt depuis lundi 9 juillet pour des rejets toxiques hors normes. Dans un avis rendu jeudi 12 juillet au gouvernement et auquel Le Monde a eu accès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que la valeur toxique de référence (VTR) du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, doit être revue à la baisse.

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La Dépakine est un médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. La VTR permet de quantifier un risque pour la santé d’une exposition à une substance toxique. L’Anses avait été saisie le 29 juin suite à la mise en évidence de rejets de valproate de sodium par l’usine de Mourenx, sur le bassin chimique de Lacq. Contrairement à d’autres substances dangereuses émises dans des proportions dépassant très largement les limites autorisées, Sanofi ne bénéficie pas d’autorisation pour recracher dans l’air du valproate de sodium. Le groupe pharmaceutique indique qu’« il n’existe pas de valeur de limite de rejet dans la règlementation ».
Un groupe d’expertise collective a été réuni en urgence pour établir au pas de charge ce rapport entre le 5 et le 12 juillet. Il conclut que « la VTR fondée sur la dose posologique minimale doit être revue au regard des nouvelles études publiées et des effets observés ». La dose minimale, considérée comme « dose critique », est aujourd’hui fixée à 10 mg par kilo de poids corporel par jour. Les experts soulignent que « des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction pourraient apparaître à des doses plus faibles que celles induisant des malformations congénitales ».
Pas de seuil minimal sans risque
Plus inquiétant encore pour les salariés et les populations qui ont pu être exposés au valproate de sodium, ils rappellent que « malgré un grand nombre de données existantes, aucune dose minimale en dessous de laquelle des effets sur la reproduction et le développement sont susceptibles de ne pas se produire, n’a pu être identifiée ».
En d’autres termes, il n’y a pas de seuil minimal au-dessus duquel le principe actif de la Dépakine ne représenterait pas de risque pour la santé. Paradoxalement, cela n’empêche pas les experts réunis par l’Anses d’estimer que « le choix d’une VTR à seuil n’est pas remis en cause ».
Le gouvernement avait annoncé lundi 9 juillet qu’il attendait les conclusions de l’Anses pour « fixer des prescriptions supplémentaires à l’industriel ». De son côté, Sanofi « prend note des observations des services experts de l’Etat rendus sur la base des données qu’elle avait transmises aux autorités ». Dans un communiqué publié vendredi 13 juillet, le groupe pharmaceutique assure que « ces avis vont permettre de poursuivre le dialogue technique entre nos experts et les services concernés afin de compléter lorsque nécessaire le plan d’action proposé par Sanofi Chimie dans les meilleurs délais ».
Des flux de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an
Outre l’Anses, le ministère de la santé et celui de la transition écologique avaient également sollicité l’avis de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) pour évaluer les risques sanitaires liés aux émissions de valproate de sodium de l’usine Sanofi de Mourenx. L’Ineris a remis son rapport le 12 juillet. Le rapport fait d’abord apparaître des rejets importants, de l’ordre de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an selon les données communiquées par Sanofi ainsi que des pointes très au-dessus de la valeur limite proposée en décembre 2017 (0,8 kg/h) entre janvier 2016 et mars 2017.
« A défaut de mesure exploitable avant décembre 2015, il est impossible de déterminer quels étaient les flux antérieurs », relève l’Ineris. Les principales « réserves » de l’Institut portent sur la « non prise en compte des interactions microphysiques et chimiques » du valproate de sodium. Les experts notent ainsi qu’au contact de certains acides présents dans l’atmosphère, le valproate peut être libéré sous forme d’acide valproïque. L’Ineris recommande ainsi de « mener des travaux complémentaires ».



                            


                        

                        

