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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La Commission a publié jeudi son plan au cas où le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne en mars prochain sans accord préalable.
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Brexit : Bruxelles se prépare au scénario du pire

La Commission a publié jeudi son plan au cas où le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne en mars prochain sans accord préalable.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h34
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Preuve que l’heure est grave : jeudi 19 juillet, la Commission européenne a rendu public un document à l’attention des vingt-sept Etats membres destiné à leur expliquer la marche à suivre en cas d’absence d’accord sur les conditions du divorce avec Londres, censé être acté au plus tard le 29 mars 2019.
Il ne reste plus que huit mois pour boucler un traité de divorce, mais, étant donné le chaos politique à Londres, où la première ministre, Theresa May, a eu le plus grand mal à imposer à son propre camp conservateur sa dernière vision du Brexit, la crainte d’un no deal (« aucun accord ») est montée en flèche à Bruxelles ces derniers jours. « Les préparations [pour un no deal] doivent être lancées immédiatement, à tous les niveaux, et prendre en compte tous les scenarii », explique la Commission dans son document.

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« Nous travaillons jour et nuit à un accord, mais les opérateurs économiques et les Etats membres doivent être prêts à toutes les éventualités », a précisé Mina Andreeva, porte-parole de la Commission, jeudi. Ce n’est pas l’institution qui est à l’initiative du document mais les vingt-sept capitales : elles lui ont expressément demandé d’y travailler lors du dernier Conseil européen, le 29 juin dernier.
Conséquences multiples et redoutables
Cependant, insister sur ce document le jour où le chef négociateur des Européens, Michel Barnier, rencontre son nouvel équivalent britannique, Dominic Raab, semble quand même le moyen pour l’institution communautaire de faire prendre conscience au gouvernement britannique que le scénario catastrophe risque de se matérialiser s’il n’adopte pas enfin une ligne claire sur sa vision du divorce.
En l’absence d’accord de divorce, explique la commission dans sa communication, la période de transition réclamée par Londres pour parachever sa « relation future » avec l’Union européenne (UE), censée démarrer le jour J du Brexit, le 30 mars 2019, et s’achever le 31 décembre 2020, sera caduque. Au 30 mars 2019, le Royaume-Uni sera considéré comme un Etat tiers de l’UE.

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                L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord



Les conséquences sont multiples, et redoutables. Les expatriés européens et britanniques ? Aucun arrangement particulier ne tiendra pour eux au lendemain du Brexit : les Européens installés au Royaume-Uni ne se verront plus garantir leur droit de séjour, idem pour les Britanniques installés dans les Etats membres.
Ces derniers devront par ailleurs avoir « réintroduit leurs contrôles aux frontières pour tous les flux de biens et de personnes venant ou allant au Royaume-Uni [contrôles douaniers mais aussi phytosanitaires, et sanitaires] », précise le document bruxellois. Les opérateurs économiques devront aussi prendre en compte que ces contrôles « impacteront sévèrement les transports », « entraîneront des délais conséquents » et « des difficultés dans les ports ».
Sensibiliser les TPE et les PME 
Si les grandes entreprises sont déjà en train de prendre leurs dispositions, notamment dans le secteur financier, la Commission entend surtout sensibiliser les PME-TPE. « Nombre d’entre elles n’ont aucune expérience du commerce avec des pays tiers, car elles ne commercent qu’à l’intérieur du marché unique. » Or ces entités vont devoir, une fois le Royaume-Uni parti, « s’acquitter de procédures [déclarations aux douanes], auxquelles elles ne sont pas du tout habituées mais qui sont obligatoires dans le cas des pays tiers ». 
Si la Commission mobilise déjà des dizaines d’experts en interne pour le  no deal, l’essentiel du travail de préparation reste à la charge des Etats. A eux, entre autres, de se tenir prêts à déconnecter le Royaume-Uni de leurs multiples bases de données informatiques, le jour J du Brexit… Certains ont déjà pris les devants. L’Irlande en particulier, probablement l’Etat le plus touché par le futur Brexit avec près de la moitié de sa production agricole destinée au Royaume-Uni. Dublin a lancé un site Web (prepareforbrexit.com) pour les PME-TPE, leur permettant d’évaluer l’impact du Brexit sur leur activité. Un système de prêts jusqu’à 5 000 euros a également été mis en place pour les aider à se préparer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les avions ne pouvaient plus survoler le pays depuis jeudi 16 heures en raison d’un problème de chargement des données liées aux plans de vol.
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Fermé à cause d’un problème informatique, l’espace aérien belge devrait rouvrir à 20 heures

Les avions ne pouvaient plus survoler le pays depuis jeudi 16 heures en raison d’un problème de chargement des données liées aux plans de vol.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 18h38
   





                        


L’espace aérien belge rouvrait progressivement jeudi 19 juillet vers 18 heures, après avoir été fermé d’urgence durant deux heures en raison d’un problème informatique. L’entreprise publique Belgocontrol, qui assure le contrôle aérien en Belgique, s’attendait à un retour à la normale d’ici à 20 heures.
Plus tôt, un problème de chargement des données liées aux plans de vol avait contraint les autorités aériennes à fermer l’espace aérien belge, une procédure de sécurité très exceptionnelle.
Les avions ne pouvaient plus survoler le pays depuis 16 heures. Certains ont été « cloués au sol, d’autres ont été contraints d’atterrir », avait expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Alain Kniebs, porte-parole de Belgocontrol.
Six aéroports impactés
Six aéroports belges ont été touchés, ainsi que tous les avions survolant la Belgique jusqu’à 8 000 mètres d’altitude, ce qui correspond à la zone gérée par Belgocontrol. Au-delà de 8 000 mètres d’altitude, c’est un autre centre, à Maastricht (Pays-Bas), qui contrôle les avions survolant le territoire belge. « Cela signifie qu’un avion qui relie le Danemark à l’Espagne, par exemple, n’est pas concerné, parce qu’il vole assez haut », avait précisé le porte-parole de Belgocontrol.

Due to an exceptional situation air traffic is temporarily suspended. Belgocontrol is looking in to it. We are clos… https://t.co/8iEFZztYnZ— BrusselsAirport (@Brussels Airport)


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L’entreprise publique belge n’était pas en mesure de dire combien de vols, ni combien de passagers étaient concernés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May  à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque  année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne.  Une fiction dont les  thèmes – attachement  à la terre, à la nature, aux valeurs traditionnelles – sont récupérés par l’extrême droite européenne pour  diffuser ses idées.
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Winnetou, un héros allemand

Les aventures de cet Apache imaginaire, créé par l’écrivain Karl May  à la fin du XIXe siècle, rassemblent chaque  année des milliers de  fidèles dans un théâtre en plein air d’une petite ville d’Allemagne.  Une fiction dont les  thèmes – attachement  à la terre, à la nature, aux valeurs traditionnelles – sont récupérés par l’extrême droite européenne pour  diffuser ses idées.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h41
    |

            Marc-Olivier Bherer (Bad Segeberg (Schleswig-Holstein), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Winnetou, le chef des Apaches, arrive sur scène monté sur un cheval alezan. Sa tenue à franges est parsemée de perles de couleurs dessinant des motifs géométriques. Une plume pend au canon de sa carabine dont la crosse est décorée de clous formant la lettre W. L’apparition de Winnetou soulève une vague immédiate d’applaudissements. Le héros tant attendu fait enfin son entrée.
Il est incarné par Jan Sosniok, un acteur bien connu de la télévision allemande. Sous une perruque de cheveux longs noirs et le teint hâlé par les UV, il repend ce rôle jusqu’en septembre sur la scène du Karl-May-Spiele, le théâtre en plein air de Bad Segeberg (Land du Schleswig-Holstein), une petite ville proprette et boisée dans le nord de l’Allemagne. Depuis 1952, une pièce recrée des ambiances de Far West devant un public fidèle et nombreux. La tradition relève maintenant de la superproduction. Une vingtaine d’acteurs et de figurants se déploient sur scène, mais aussi des oiseaux de proie, des chevaux et même des oies. Des effets pyrotechniques, des scènes de combat, de danse, une bande-son originale viennent encore ajouter au spectacle.
Cette conquête de l’Ouest d’opérette peut surprendre. Bad Segeberg est l’un des principaux foyers d’un phénomène culturel bien allemand, mais dont on voit des manifestations ailleurs en Europe centrale : une profonde fascination pour les Amérindiens.
Vivre « à l’indienne »
Depuis plus d’un siècle, des festivals, des salons et même des pow-wow (rassemblements et cérémonies) perpétuent cet héritage, également présent au cinéma. Certains adeptes forment des cercles fermés qui se retirent pour vivre « à l’indienne », pour recréer et imiter le mode de vie traditionnel de différentes nations amérindiennes. Ces « Indianer », comme on les appelle en allemand, reproduisent avec précision les tenues, les coiffes à plumes, les coutumes de ces peuples d’Amérique du Nord. Certains de ces « Indiens » blancs vont jusqu’à apprendre leur langue.

Cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les différents partis néonazis européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.
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Le « noble Indien », une aubaine pour l’extrême droite

Les différents partis néonazis européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 17h40
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Sitting Bull aura décidément eu droit à tous les outrages. Le grand chef sioux a vu son peuple massacré et spolié, avant d’être lui-même tué comme un vulgaire voleur, et voilà qu’une antenne locale de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) clame que, s’il vivait à notre époque, « Sitting Bull voterait pour l’AfD » pour s’insurger « contre l’immigration sans frontière ».
Dans ce message affiché sur Facebook en janvier 2017, le parti d’extrême droite ajoute : « Aujourd’hui, les peuples premiers d’Amérique vivent dans des réserves. Face à l’immigration de masse incontrôlée, l’Allemagne pourrait vivre la même chose. » L’Europe blanche et chrétienne risquerait donc de vivre le même destin que les Amérindiens : être submergée par l’arrivée d’étrangers malveillants. L’extrême droite a trouvé dans cette métaphore amérindienne de quoi relayer ses obsessions.
Propagande
Plusieurs exemples de ce type d’images circulent en Allemagne. Des néonazis et des membres du mouvement anti-immigration Pegida en ont diffusé. Certes, il est plutôt étonnant de voir des adeptes de la xénophobie se montrer solidaires d’un peuple étranger, mais les Amérindiens disposent d’un capital de sympathie immense outre-Rhin qui se révèle bien utile quand il faut atténuer la violence d’un message d’exclusion. Un vieil homme portant une plume sur la tête, le visage buriné par les années, n’a rien de menaçant.
La culture populaire a beaucoup fait pour propager une image simpliste des Amérindiens comme formant de nobles peuples, authentiques et en train de disparaître. Sans le vouloir, les fans du romancier allemand Karl May participent à la propagation d’un « mème », un élément culturel réplicable et reconnaissable par tous : le « noble indien » est un symbole familier et rassurant.

L’AfD n’est pas le premier parti à utiliser les Amérindiens pour sa propagande. C’est un petit parti italophone de Suisse, la Ligue des Tessinois, qui créa en 2007...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.
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Sitting Bull, symbole de la résistance des Sioux

Ce chef de tribu a remporté sa plus grande victoire contre l’armée américaine en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Dans le monde blanc, Tatanka Iyotake est connu sous le nom de Sitting Bull, ou Bison assis. Ce chef et homme médecine sioux lakota incarne plus que tout autre la résistance amérindienne contre la conquête et l’accaparement des terres par les Américains. Il serait né vers 1832 et, au cours des décennies qui suivent, les Sioux et leurs alliés agrandissent leur territoire. Ils dominent déjà les deux Dakotas et étendent leur influence sur une grande partie d’un espace qui correspond aujourd’hui au Montana, au Nebraska et au Wyoming.
Les expéditions guerrières auxquelles se livrent alors les Sioux Lakota sont pour lui l’occasion de démontrer sa vaillance et son courage. En 1863, il participe à sa première échauffourée contre les Blancs. Ce genre d’incidents va se multiplier au cours des années qui suivent. Il devient en 1866 le chef principal des Sioux Lakota.
Tournée du Wild West Show de Buffalo Bill
Cette puissante nation doit cependant bientôt plier face à l’armée américaine. Son territoire est réduit, et les Sioux Lakota sont incités à se fixer dans les camps et les forts construits par l’administration. Sitting Bull entreprend alors de liguer les bandes opposées aux Américains.
En 1876, il inflige une cuisante défaite au héros de la guerre civile, le général Custer, lors de la bataille de Little Big Horn. Les 25 et 26 juin, les Amérindiens remportent leur plus grande victoire contre l’armée américaine. Sentant malgré tout qu’il vaut mieux battre en retraite, Sitting Bull trouve refuge au Canada en 1877. Poussé par la faim, alors que le bison est au bord de l’extinction, il se rend aux autorités américaines en 1881.
En 1885, il prend part à une tournée du Wild West Show de Buffalo Bill (1846-1917), figure mythique de la conquête de l’Ouest. Sitting Bull quitte ce spectacle itinérant au bout de quatre mois, dégoûté. En 1890, par crainte des troubles que pourrait susciter un mouvement de renouveau spirituel sioux lakota, les autorités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.
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« La métaphore indienne fait un retour en Hongrie »

Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h34
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Historienne spécialiste de l’Europe, Holly Case est professeure associée à l’université Brown (Rhode Island). Elle s’intéresse tout particulièrement aux interactions entre les relations internationales, la science et la littérature aux XIXe et XXe siècles. Elle est notamment l’auteure de Between States. The Transylvanian Question and the European Idea during World War II (Stanford University Press, 2009, non traduit).

Dans un récent article paru dans la revue autrichienne « Transit », vous rappelez que le premier ministre hongrois, Viktor Orban, fait parfois référence aux Amérindiens dans ses discours. Que sous-entend-il en évoquant les peuples premiers d’Amérique ?
Quand il était plus jeune, Viktor Orban faisait parfois référence, sur le ton de l’humour, à la prétendue sagesse des Indiens Dakota dans ses discours. On l’a ainsi entendu citer des maximes absurdes : « Si votre monture est un cheval mort, mieux vaut en descendre », ou encore « rien ne sert de souffler dans un ballon troué ». Mais depuis peu, Orban ne plaisante plus quand il parle des Amérindiens. Il les a intégrés à sa rhétorique anti-immigration.
Dans un discours prononcé en juillet 2016, en soutien à Donald Trump, le premier ­ministre hongrois a ainsi affirmé : « Je peux comprendre que les Américains aient un point de vue positif sur l’immigration, car elle a permis l’essor des Etats-Unis, mais ils doivent aussi se rendre compte que, pour ce qui est de notre pays, c’est nous qui sommes aujourd’hui les Indiens. »[Viktor Orban sous-entend par là que les Hongrois sont menacés d’être délogés, comme les Indiens le furent en Amérique.]
Cette représentation est d’ailleurs répandue au sein de l’extrême droite européenne. Ainsi, au cours de son procès en 2012, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes à Oslo au cours d’une fusillade, a-t-il affirmé : « Les Norvégiens forment le peuple indigène de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’historien Laurent Warlouzet explique, dans une tribune au « Monde », que le prisme de la lutte euro-américaine s’avère trop simpliste dans cette affaire. Margaret Vestager a choisi de concentrer son action sur les arrangements fiscaux accordés aux entreprises étrangères, un domaine ignoré auparavant.
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Amende Google : les « décisions de la commissaire à la concurrence s’inscrivent dans une tentative de régulation des multinationales »

L’historien Laurent Warlouzet explique, dans une tribune au « Monde », que le prisme de la lutte euro-américaine s’avère trop simpliste dans cette affaire. Margaret Vestager a choisi de concentrer son action sur les arrangements fiscaux accordés aux entreprises étrangères, un domaine ignoré auparavant.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 16h18
    |

                            Laurent Warlouzet (Professeur d’histoire à l’université du Littoral-Côte-d’Opale)








                        



                                


                            

Tribune. Après Amazon, Starbucks et Apple, c’est maintenant au tour de Google de passer à nouveau sous les fourches caudines de la Commission européenne. Cette dernière lui a infligé le 18 juillet une amende record de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante dans le domaine de l’internet mobile.
Le géant de Cupertino avait déjà été condamné en 2017 à 2,4 milliards d’euros, pour abus de position dominante dans les comparateurs de prix. Il n’en faut pas plus pour que l’exécutif européen soit soupçonné d’un biais antiaméricain, surtout en pleine offensive commerciale du président Trump. La Commission européenne sombrerait-elle dans un protectionnisme déguisé sous les oripeaux des règles du libre marché, celles-là même que la politique de la concurrence est censée promouvoir ?
Les entreprises américaines dans le viseur
De fait, toutes les entreprises citées plus haut ont été visées par des procédures d’infraction aux règles européennes dans les quatre dernières années (2015-2018). Ces cas ont été très médiatisés, en premier lieu par la commissaire européenne à la concurrence, la redoutable Margaret Vestager. Google a hérité des amendes les plus lourdes.
Dans la dernière affaire, il lui est reproché notamment de profiter de l’omniprésence de son logiciel d’exploitation Android, qui équipe 80 % des smartphones, pour imposer la « vente liée » d’autres produits, notamment Google search et Google chrome.

Déjà en 2008, un autre géant américain de l’informatique, Microsoft, avait été condamné à plus de 800 millions euros d’amende pour abus de la position dominante du système d’exploitation Windows. Peu après, Intel avait été victime en 2009 d’une amende d’un milliard d’euros pour un motif identique, cette fois dans le domaine des microprocesseurs.
Google, Microsoft, Intel : les géants américains de l’informatique peuvent légitimement s’inquiéter de l’activisme de la Commission européenne, d’autant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Il y a une semaine, la justice allemande a dit n’autoriser l’extradition de l’ex-président catalan que pour le chef de malversation et non pour rébellion. La justice espagnole refuse de demander l’extradition pour le seul chef de malversation.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La justice espagnole retire les mandats d’arrêt visant Puigdemont et cinq dirigeants catalans

Il y a une semaine, la justice allemande a dit n’autoriser l’extradition de l’ex-président catalan que pour le chef de malversation et non pour rébellion. La justice espagnole refuse de demander l’extradition pour le seul chef de malversation.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 16h49
   





                        


Le juge espagnol chargé de l’enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017 a annoncé, jeudi 19 juillet, qu’il retirait les mandats d’arrêt internationaux visant le président catalan destitué, Carles Puigdemont, et cinq autres dirigeants indépendantistes ayant fui à l’étranger.
L’ex-président catalan a aussitôt estimé que cette décision faisait la « démonstration de l’immense faiblesse » du dossier. Dans un tweet, M. Puigdemont a par ailleurs appelé la justice espagnole à « suspendre la détention provisoire » des neuf autres dirigeants indépendantistes incarcérés en Espagne pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre, afin de montrer qu’elle « commence à agir comme la justice européenne ».
Suites de la décision allemande
Ce retrait survient après la décision, il y a une semaine, de la justice allemande de n’autoriser l’extradition de M. Puigdemont vers l’Espagne que pour le chef d’inculpation de malversation et non pour rébellion, un délit passible de vingt-cinq ans de réclusion.
« L’extradition pour l’accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l’accusation de rébellion n’est pas recevable », avait déclaré le tribunal régional supérieur de Schleswig-Holstein.
Dans son arrêt rendu jeudi, le juge Pablo Llarena écrit aussi refuser l’extradition de l’ex-président catalan pour ce seul chef de malversation. Le gouvernement espagnol veut que l’ancien président de la Généralité soit jugé en Espagne pour son rôle dans la tentative de sécession.
M. Puigdemont, après avoir proclamé l’indépendance de la Catalogne, s’était réfugié à Bruxelles. Il a été arrêté en mars au Schleswig-Holstein, dans le nord de l’Allemagne, alors qu’il revenait d’une réunion au Danemark, puis remis en liberté moyennant une caution de 75 000 euros.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Près de 40 migrants ont été pris en charge par le « Sarost-5 », un navire tunisien qui patiente depuis lundi soir au large de Zarzis.
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Compte rendu

La Tunisie appelée à accueillir un bateau de migrants bloqué en Méditerranée

Près de 40 migrants ont été pris en charge par le « Sarost-5 », un navire tunisien qui patiente depuis lundi soir au large de Zarzis.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 19.07.2018 à 12h28

     •
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        Mis à jour le 19.07.2018 à 14h36






    
Une patrouille de la garde nationale tunisienne à la recherche de navires transportant potentiellement des migrants, au large du port de Zarzis, au sud de la Tunisie, en mai 2015.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Quatre ONG ont appelé, mercredi 18 juillet, les autorités tunisiennes à autoriser l’accostage d’un navire commercial ayant secouru une quarantaine de migrants partis de Libye, après un refus de les accueillir à Malte, en Italie et en France, selon elles.
Perdus en mer à bord de leur embarcation pneumatique depuis cinq jours, ces migrants – originaire d’Afrique subsaharienne et d’Egypte – ont été repérés à une date non précisée par le navire Caroline-III envoyé par les gardes-côtes maltais, ont affirmé dans un communiqué ces ONG, parmi lesquelles le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Ce bateau a lui-même appelé les gardes-côtes italiens, français et maltais, « qui ont refusé d’accueillir ces rescapés prétextant que les ports les plus proches étaient en Tunisie », ont-elles précisé.

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Les migrants, parmi lesquels huit femmes, ont finalement été pris en charge par le Sarost-5, un navire d’approvisionnement battant pavillon tunisien, qui patiente depuis lundi soir au large du port de Zarzis (sud de la Tunisie). « L’entrée au port lui a été refusée par les autorités tunisiennes qui affirment qu’une décision définitive n’a pas encore été prise », ont indiqué les ONG. La Tunisie doit « se conformer urgemment aux obligations qui leur incombent au regard » des conventions internationales, ont-elles plaidé.
« Une situation d’urgence »
Contactés par l’AFP, les autorités tunisiennes (intérieur, défense et affaires étrangères) n’ont pas donné davantage d’informations. Dans leur communiqué, les ONG tunisiennes ont aussi dénoncé l’attitude « des gouvernements italiens, maltais et français dans cette situation d’urgence ».
L’Italie du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite, refuse systématiquement les arrivées de bateaux de migrants. L’île de Malte n’accepte en général que les migrants secourus dans ses eaux territoriales ou les urgences médicales. En juin, la France a, elle, refusé d’accueillir le navire Aquarius, avec 650 migrants à bord, malgré la proximité de l’île de Corse.

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« Tout renvoi du navire non dûment justifié revient à contrevenir au principe de non-refoulement des personnes à bord », ont rappelé mercredi les quatre ONG, en exprimant leur « refus que la Tunisie soit mise face au fait accompli des nouveaux choix européens d’externalisation de leurs frontières. »
La Tunisie fait partie des pays cités comme possible localisation des centres d’accueil de migrants ou des « plates-formes de débarquement hors de l’Europe », décidés par les vingt-huit pays membres de l’Union européenne lors d’un Conseil européen à Bruxelles.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Athènes considère que Moscou cherche à torpiller le récent accord signé avec la Macédoine, candidate à l’UE et à l’OTAN, afin de mettre fin à un vieux contentieux sur le nom de cette république ex-yougogoslave.
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Macédoine : la Grèce dénonce l’ingérence de la Russie

Athènes considère que Moscou cherche à torpiller le récent accord signé avec la Macédoine, candidate à l’UE et à l’OTAN, afin de mettre fin à un vieux contentieux sur le nom de cette république ex-yougogoslave.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 12h49
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Eclipsée par le débat sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016, une autre affaire met en lumière l’intrusion présumée de Moscou dans les affaires intérieures d’un pays européen, la Grèce. Le 11 juillet, au début du sommet de l’OTAN à Bruxelles, Athènes a expulsé deux diplomates russes et interdit son territoire à deux autres diplomates.
Le milliardaire russo-grec Ivan Savvidis, patron du PAOK, le club de football de Thessalonique, est également mis en cause dans ces interférences, qui ont pour toile de fond l’accord historique signé le 17 juin entre la Grèce et la Macédoine, afin de rebaptiser l’ex-république yougoslave en « Macédoine du Nord », lui ouvrant ainsi la voie d’une adhésion à l’Alliance atlantique et à l’Union européenne.
« Cet accord a conduit à une scission profonde dans la société en Grèce et en Macédoine, a déclaré, le 18 juillet, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Il est évident qu’il est loin de consolider la paix et la sécurité dans les Balkans, ce n’est qu’un outil exclusif pour attirer plus rapidement la république de Macédoine dans l’OTAN. »
Ces propos ont indigné Athènes, qui dénonce « un exemple caractéristique d’irrespect pour un pays tiers et de manque de compréhension du monde actuel, où les Etats, indépendamment de leur taille, sont indépendants ». Mercredi soir, la diplomatie grecque a estimé que Moscou « semble vouloir légitimer ces actions illégales », ajoutant : « Personne ne peut ou n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures de la Grèce. »
Inhabituelles entre la Russie et la Grèce – qui ne s’était pas jointe au vaste mouvement d’expulsions de diplomates russes d’Europe dans le cadre de l’affaire Skripal –, ces nouvelles tensions sont apparues lorsque, citant des sources diplomatiques, le journal grec Kathimerini a révélé que les autorités grecques soupçonnaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans cette affaire, le montant de l’amende et sa médiatisation reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie, explique dans une tribune au « Monde » l’économiste Bruno Alomar.
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Amende Google : « C’est bien une décision politique, qui sert des objectifs politiques »

Dans cette affaire, le montant de l’amende et sa médiatisation reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie, explique dans une tribune au « Monde » l’économiste Bruno Alomar.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h11
    |

                            Bruno Alomar (Economiste, ancien haut fonctionnaire à la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne)








                        



                                


                            

Tribune. La Commission européenne a infligé le 18 juillet une amende de 4,34 milliards d’euros à Google, dans le cas Android. Par cette décision, la Commission européenne sanctionne Google pour avoir abusé de sa position dominante, freiné l’innovation et privé les consommateurs d’un choix plus large d’applications.
L’amende infligée est la plus importante jamais mise par la Commission à une entreprise dans le chef du droit de la concurrence, la précédente amende la plus élevée – 2,42 milliards d’euros – ayant déjà concerné Google, dans l’affaire dite du « moteur de recherche », en juin 2017.
Disons-le tout net : il y aurait beaucoup à dire au fond sur cette décision. Sur l’analyse concurrentielle d’abord et sur les raisons pour lesquelles, entre autres, la Commission a estimé qu’Apple et son système d’exploitation iOS ne faisaient pas partie du même marché pertinent qu’Android.
Une nouvelle étape
Sur le montant de l’amende par ailleurs, qui marque une nouvelle étape dans la pénalisation du droit de la concurrence, dont l’origine remonte aux années 2000 et à la volonté de Neelie Kroes, commissaire à la concurrence de la Commission « Barroso 1 », de durcir les sanctions à l’égard des entreprises convaincues de cartels ou d’abus de position dominante.
Ces questions seront vraisemblablement reposées dans l’avenir tant l’on imagine mal, compte tenu de l’ampleur de l’amende, que Google ne conteste pas, comme il en a le droit et comme il est d’usage, cette décision devant le juge communautaire.

Pourtant, une part essentielle de l’intérêt de cette affaire n’est pas là. En effet, cette affaire, le montant de l’amende, sa médiatisation, reposent une nouvelle fois la question de la frontière ténue entre la politique et le droit. Et l’on se demande si en l’espèce, cette frontière n’a pas été franchie.
Cette question n’est pas une question théorique. L’Union européenne s’est entièrement bâtie sur le droit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’extrême droite est souvent accusée d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs antisémites ou islamophobes.
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En Autriche, bientôt des listes de juifs pour limiter l’abattage rituel des animaux ?

L’extrême droite est souvent accusée d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs antisémites ou islamophobes.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 15h37
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Le gouvernement régional de Basse-Autriche s’apprête-t-il à faire des listes de juifs ? Une polémique autour de l’égorgement halal et casher a pris, mercredi 18 juillet, une ampleur qui en dit long sur l’atmosphère politique empoisonnée en Autriche depuis le retour de l’extrême droite au pouvoir en décembre 2017, en coalition avec les conservateurs. Tout est parti de la volonté d’un ministre issu du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) du Land de Basse-Autriche, une région qui encercle Vienne, de limiter considérablement les méthodes d’abattage religieuses.
Chargé du bien-être animal dans le gouvernement de coalition local dominé par les conservateurs, Gottfried Waldhäusl n’a jamais caché son hostilité à l’égorgement d’animaux non étourdis prescrit par les religions juive et musulmane. Le FPÖ est régulièrement accusé d’agiter le sujet des souffrances animales pour cacher des motifs plus bassement antisémites ou islamophobes. Mais à défaut de pouvoir l’interdire totalement – une compétence nationale –, M. Waldhäusl a expliqué au quotidien Wiener Zeitung qu’il souhaitait limiter la pratique au maximum en « liant la fourniture de viande à la résidence effective » dans la région. « Il n’est pas acceptable que des Viennois viennent faire égorger des milliers d’animaux en Basse-Autriche », a-t-il justifié.
« Les chapitres les plus sombres »
Cette proposition a immédiatement déclenché les protestations du Consistoire juif de Vienne. Pour son président, Oskar Deutsch, elle impliquerait en effet la création de liste nominative de coreligionnaires. « Or, cela rappelle presque l’époque nazie », a-t-il dénoncé. Alors que les sujets migratoires, historiques et religieux sont sensibles depuis le retour au pouvoir du FPÖ, la polémique a immédiatement pris une ampleur nationale. « Cet enregistrement rappelle les chapitres les plus sombres de notre histoire », a ainsi fustigé le leader des sociaux-démocrates autrichiens, Christian Kern, en demandant la démission du ministre.
Visiblement gênés, les conservateurs, partenaires majoritaires du FPÖ au niveau national et en Basse-Autriche, ont écarté toute constitution de liste de juifs. « Nous allons trouver une solution pour dissiper les inquiétudes du président du Consistoire », a ainsi promis un représentant local de la formation du chancelier Sebastian Kurz.
Mercredi, les sites autrichiens notaient d’ailleurs avec ironie que c’est le prédécesseur social-démocrate de M. Waldhäusl qui avait autorisé les premières restrictions en septembre 2017, en demandant notamment aux autorités locales de vérifier scrupuleusement que les abattoirs pratiquant l’égorgement ne le fassent que pour des raisons strictement religieuses.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La visite du premier ministre hongrois, Viktor Orban, illustre la proximité qu’entretient Israël avec des membres de l’UE acquis à sa cause, dont certains ont pourtant des symptômes d’antisémitisme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/07/2018
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Comment Nétanyahou soigne les « illibéraux » est-européens

La visite du premier ministre hongrois, Viktor Orban, illustre la proximité qu’entretient Israël avec des membres de l’UE acquis à sa cause, dont certains ont pourtant des symptômes d’antisémitisme.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 12h35
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Dîner avec les Nétanyahou, visite au mémorial de l’Holocauste Yad Vashem et au Mur des lamentations : Viktor Orban tient à ce que son passage à Jérusalem soit réussi et remarqué. Le premier ministre hongrois sera chaleureusement reçu en Israël, au cours de sa visite du 18 au 20 juillet. Il est considéré, en Europe, comme le chef de file de la vague nationaliste dite « illibérale ». Mais il est un interlocuteur apprécié par son hôte et homologue, Benyamin Nétanyahou, qui avait effectué une visite très commentée à Budapest il y a un an.
L’objectif immédiat de ce dernier consiste à convaincre les pays européens du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) d’organiser leur prochain sommet en Israël. Une telle délocalisation illustrerait le rapprochement entre l’Etat hébreu et ces nations, dont certaines présentent pourtant des symptômes d’antisémitisme.
« Chaque premier ministre israélien essaie d’obtenir des soutiens où il peut, cela ne signifie pas qu’on soutient en retour l’idéologie des dirigeants en place, assure le professeur Shlomo Avineri, ancien directeur général du ministère des affaires étrangères à l’époque de Yitzhak Rabin. Les gouvernements polonais et hongrois ne sont pas antisémites. C’est un fait, il s’agit de régimes néo-autoritaires, mais visiblement cela est accepté au sein même de l’Union européenne. » 
Pour M. Nétanyahou, les intérêts de l’Etat priment
Tolérer des épanchements antisémites chez soi et choyer la relation avec Israël serait-il la nouvelle norme ? Viktor Orban a été précédé le 10 juin à Jérusalem par le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, qui se trouve à la tête d’une coalition avec la formation d’extrême droite Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ). Mais cette alliance n’a pas provoqué de réaction épidermique de la part de l’Etat hébreu. Lors de sa visite, le chancelier Kurz a donné les gages attendus, déclarant : « Je dois admettre qu’il y a eu beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Ce régime d’exception, qui élargit les pouvoirs du président et des forces de sécurité, avait été initialement mis en place le 20 juillet 2016 pour une durée de trois mois.
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Fin de l’état d’urgence en Turquie

Ce régime d’exception, qui élargit les pouvoirs du président et des forces de sécurité, avait été initialement mis en place le 20 juillet 2016 pour une durée de trois mois.



Le Monde
 |    19.07.2018 à 00h28
 • Mis à jour le
19.07.2018 à 06h42
   





                        



   


L’état d’urgence instauré en Turquie après la tentative de putsch du 15 juillet 2016, qui a permis aux autorités de mener de vastes purges, est arrivé à expiration tôt jeudi 19 juillet, a rapporté l’agence de presse étatique Anadolu.
Ce régime d’exception, qui élargit les pouvoirs du président et des forces de sécurité, avait été initialement mis en place pour une durée de trois mois ; il avait été sans cesse prolongé depuis. La septième et ultime extension de trois mois, qui avait débuté le 19 avril, a expiré jeudi à 1 heure (mercredi 22 h 00 GMT). Ankara avait récemment annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelle prolongation.
Traquer putschistes et prokurdes
Sous l’état d’urgence, les autorités turques ont traqué de façon implacable les putschistes présumés et les personnes perçues comme leurs sympathisants, mais elles ont aussi visé des opposants prokurdes, des journalistes critiques et des ONG.
Selon le gouvernement, l’état d’urgence était nécessaire pour permettre aux forces de sécurité de lutter efficacement contre toute menace dans la foulée de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Cependant, des organisations de défense des droits de l’homme et des responsables occidentaux accusent le président, Recep Tayyip Erdogan, d’en avoir tiré profit pour réduire au silence toute voix critique dans le pays.
L’état d’urgence reste notamment associé en Turquie aux purges rythmées par des décrets-lois souvent publiés la nuit annonçant le limogeage ou la suspension de milliers, voire de dizaines de milliers de fonctionnaires à la fois.
Pouvoirs élargis
Sa levée survient moins d’un mois après la victoire de M. Erdogan à des élections cruciales qui lui ont apporté de nouveaux pouvoirs, comme la possibilité d’émettre dans de nombreux domaines des décrets à valeur de loi, comme sous l’état d’urgence. L’annonce de la fin de l’état d’urgence n’a d’ailleurs pas rassuré l’opposition, qui accuse le gouvernement de vouloir prolonger ses effets à travers un projet de loi « antiterroriste » présenté cette semaine au Parlement.
Ce texte, consulté par l’Agence France-presse (AFP), contient plusieurs mesures inspirées de l’état d’urgence, comme la possibilité pour les autorités de continuer de limoger les fonctionnaires liés à des « groupes terroristes » pendant encore trois ans. Une autre mesure, très critiquée, vise à élargir les pouvoirs des gouverneurs des provinces, qui pourraient restreindre les déplacements de certains individus ou interdire l’accès à certaines zones.
Ankara affirme que de telles mesures sont nécessaires pour ne pas affaiblir la lutte contre le « terrorisme » après la levée de l’état d’urgence. Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a par ailleurs récemment indiqué qu’il pourrait être rétabli en cas de « situation vraiment exceptionnelle ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le texte législatif vise à lever l’ambiguïté qui peut exister dans des affaires de viol. Une loi similaire a été récemment adoptée en Suède.
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Choquée par un viol collectif, l’Espagne va modifier sa législation

Le texte législatif vise à lever l’ambiguïté qui peut exister dans des affaires de viol. Une loi similaire a été récemment adoptée en Suède.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 21h33
   





                        



   


Après l’indignation publique provoquée par l’agression d’une jeune femme lors de fêtes taurines à Pampelune en 2016, l’Espagne a décidé de modifier sa législation sur le viol, criminalisant tout acte sexuel qui n’aura pas été explicitement consenti.
Cinq jeunes hommes avaient violé en réunion une jeune femme de 18 ans lors des fêtes annuelles organisées dans cette ville du nord de l’Espagne. La justice avait condamné les accusés pour agression sexuelle et non pour viol car la victime n’aurait pas exprimé son refus lors de l’agression.
Les cinq hommes, qualifiés de « meute », ont été condamnés à neuf années de prison, mais ils ont été remis en liberté en juin après avoir fait appel de leur condamnation. Cette mesure a été accueillie par des manifestations de mécontentement en Espagne.

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                Le procès des auteurs d’un viol collectif agite l’Espagne



En l’absence de consentement, il s’agit d’un crime

   


« Si elle dit non, cela veut dire non. Et si elle ne dit pas oui, cela veut dire non », a dit le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, devant le Parlement lors de sa prestation de serment, lundi, rapporte le site du journal El Pais.
Cette modification de la loi vise à lever l’ambiguïté qui peut exister dans des affaires de viol. Une loi similaire a été récemment adoptée en Suède.
L’Espagne rejoint un petit groupe de pays, tels la Grande-Bretagne et le Canada, qui considèrent qu’en l’absence de consentement, il s’agit d’un viol, d’un crime, sans que la victime ait à faire la preuve qu’elle a subi des menaces ou des violences physiques.

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Virginia Gil, directrice de la fondation Aspacia, qui lutte contre les violences faites aux femmes, a accueilli cette évolution de la loi avec prudence, disant qu’en l’absence de précision il était impossible de dire si elle serait protectrice des victimes. « Ce sera une avancée s’il y a un règlement général de ce type de violences », a-t-elle commenté.

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            data-slide-description="Des milliers de lycéennes et d’étudiantes ont manifesté jeudi 10 mai dans toute l’Espagne contre un jugement prononcé le 26 avril et qui a disculpé de « viol »  cinq hommes se surnommant « La meute », les condamnant seulement pour « abus sexuel » sur une jeune fille de 18 ans."
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            data-slide-description="Deux organisations de gauche anticapitaliste avaient appelé à faire grève jeudi dans les lycées et universités et à manifester dans une quarantaine de villes, comme ici à Malaga."
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            data-slide-description="Deux semaines après le jugement contesté, les manifestantes, ici à Pampelune, exigeaient « l’expulsion de la magistrature des juges ayant prononcé ce jugement »."
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            data-slide-description="A Barcelone, les manifestants étaient 4 500 selon la police municipale, 30 000 selon les organisateurs."
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            data-slide-description="« Non c’est non » peut-on lire lors des manifestations qui se sont multipliées depuis le jugement du 26 avril."
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            data-slide-description="Les plaintes pour viol sont en forte hausse en Espagne. 1 382 viols ont été enregistrés l’an dernier, soit 10,6 % de plus qu’en 2016, selon le ministère de l’intérieur espagnol."
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            data-slide-description="Une femme brandit une pancarte « Mon corps n’est pas pour ta consommation » lors d’une manifestation à Barcelone jeudi."
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            data-slide-description="« Sur le chemin du retour, je veux me sentir libre, pas courageuse », peut-on lire sur cette pancarte lors de la manifestation à Pampelune, où a été prononcé le verdict du procès très critiqué."
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            data-slide-description="En Espagne, la jurisprudence établit que pour conclure au viol, il faut qu’il y ait eu violence ou intimidation, deux éléments que les juges n’ont pas constaté dans cette affaire, suscitant une énorme indignation."
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Des milliers de lycéennes et d’étudiantes ont manifesté jeudi 10 mai dans toute l’Espagne contre un jugement prononcé le 26 avril et qui a disculpé de « viol »  cinq hommes se surnommant « La meute », les condamnant seulement pour « abus sexuel » sur une jeune fille de 18 ans.

Matthias Oesterle / Matthias Oesterle/ZUMA Wire/dpa
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.
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Le recours de victimes des attentats du 13 novembre 2015 contre les « défaillances » de l’Etat rejeté

Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h07
   





                        


Le recours déposé par une trentaine de victimes des attentats du 13 novembre 2015 concernant les « défaillances » de l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan, a été rejeté mercredi 18 juillet par le tribunal administratif de Paris.

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                Bataclan : victimes et familles réclament des comptes à l’Etat



« Les éléments produits par les requérants ne permettent pas d’établir (...) que l’Etat aurait engagé sa responsabilité du fait d’un défaut de surveillance » des auteurs des attaques, estime le tribunal dans un communiqué de presse.
Par ailleurs, « aucune faute ne peut être imputée aux services de police pour n’avoir pas mis en œuvre un dispositif de sécurité particulier autour de la salle de spectacle du Bataclan après le mois d’août 2015 », poursuit le texte.
L’enquête ouverte après des menaces d’attentat contre la salle de spectacle en 2009 avait abouti à un non-lieu, « la réalité d’un tel projet [n’ayant] pu être établie », rappellent les juges.
Enfin, « aucun élément ne permet d’engager la responsabilité de l’Etat à raison d’un défaut de coopération des services de renseignement français avec les services des autres Etats membres de l’Union européenne en matière de terrorisme », a estimé le tribunal.
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité »
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité », avait affirmé lors de l’audience du 4 juillet Me Samia Maktouf, avocate de victimes et familles des victimes des attentats à Paris et Saint-Denis qui ont fait au total 130 morts et des centaines de blessés.

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                La parole des victimes contre le terrorisme



Me Maktouf, à l’origine du recours, avait énuméré les « dysfonctionnements liés au défaut de surveillance et de vigilance des services de sécurité de l’Etat français », et la circulation des djihadistes au sein de l’espace Schengen.

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                L’Etat condamné pour avoir arrêté de surveiller Mohamed Merah



L’avocate avait également reproché la non-intervention des soldats de l’opération Sentinelle, qui ont reçu « instruction de ne pas pénétrer dans une salle où une scène de guerre se déroulait ».

        Lire nos explications:
         

          13 novembre 2015 : pourquoi les militaires de « Sentinelle » ne sont pas intervenus au Bataclan



Depuis trois ans, certaines victimes et familles de victimes s’indignent que des militaires de Sentinelle, une force créée après les attentats de janvier 2015, présents près de la salle où 90 personnes ont été tuées, n’aient pas eu le droit d’intervenir. Une plainte au pénal a d’ailleurs été déposée le 8 juin pour « non-assistance à personne en péril ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.
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édition abonné


Amende Google : « une instrumentalisation politique du droit de la concurrence »

Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h59
    |

Erwan Le Noan (Associé du cabinet de conseil Altermind et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique) et Nicolas Pe...







                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 donne l’occasion de célébrer le génie de l’innovation dans les technologies numériques : 20 ans de l’iMac, de l’entrée en Bourse d’Amazon, ou de la création de Google. Mais 2018 illustre aussi l’étrange obsession de l’Union européenne (UE) pour réguler les géants de l’Internet.
Quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur du Règlement général de protection des données (RGDP), Google se voit infliger une amende record de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante. Cette fois, c’est la distribution gratuite de la plate-forme Android aux fabricants de téléphones intelligents comme Samsung qui est mise à l’index. Selon la Commission, Google utiliserait cette stratégie, qu’elle estime abusive, comme un cheval de Troie pour imposer à tous son moteur de recherche.

Dans l’opinion publique, on peut s’attendre à un concert de louanges. Depuis l’élection du président Trump et le Brexit, un grondement hostile sourd contre les géants de l’Internet : le peuple réclame châtiment. Peu importe que ses inquiétudes, de Cambridge Analytica aux « fake news », soient d’ordre politique et non économique ; dès lors qu’une cible est désignée coupable par le tribunal populiste, tout est bon pour la clouer au pilori.
Et pourtant, cette affaire relève du paradoxe intellectuel à plusieurs égards. La première contradiction apparaît quand la Commission décrète qu’Android, écosystème ouvert, domine seul un marché sur lequel Apple n’exercerait aucune contrainte concurrentielle. La firme à la pomme ne distribuant pas son système iOS, verticalement intégré et fermé, à d’autres fabricants de téléphones comme Samsung ou Xiaomi (rien ne le lui interdit pourtant), Google et Apple ne seraient pas concurrents !
Analyse économiquement contre-productive
Google est donc inévitablement en position dominante sur son propre marché. Cette conclusion de la Commission est déroutante : elle semble se désintéresser du contexte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Une ONG espagnole accuse les gardes-côtes libyens d’avoir abandonné deux femmes et un enfant qui se trouvaient à bord d’un canot entièrement dégonflé.
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Compte rendu

Une Camerounaise miraculeusement sauvée en mer au large de la Libye

Une ONG espagnole accuse les gardes-côtes libyens d’avoir abandonné deux femmes et un enfant qui se trouvaient à bord d’un canot entièrement dégonflé.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-18T11:18:22+02:00"

        Le 18.07.2018 à 11h18






    
Une femme sauvée par des membres de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, à 85 milles des côtes libyennes, le 17 juillet 2018.
Crédits : PAU BARRENA / AFP


Les secouristes de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms ont découvert une femme encore en vie ainsi que deux cadavres sur les restes d’un canot pneumatique mardi 17 juillet au large de la Libye, et ont accusé les gardes-côtes libyens, qui ont démenti, de les avoir abandonnés à leur sort en pleine mer. Le canot était entièrement dégonflé et seules quelques planches flottaient encore, à environ 80 milles au nord-est de Tripoli.

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Les secouristes espagnols, de retour sur zone après des semaines d’absence, s’étaient rendus sur les lieux après avoir entendu lundi soir des échanges radio entre un cargo panaméen et la vedette Ras Jédir des garde-côtes libyens à propos d’un canot en détresse. L’ONG espagnole accuse les Libyens d’avoir récupéré les migrants qui se trouvaient à bord mais d’avoir abandonné les deux femmes et l’enfant.
Unique survivante
Interrogés par l’AFP, les gardes-côtes ont démenti, assurant que les deux opérations de secours qu’ils ont menées lundi concernaient d’autres canots. Sur l’un d’eux, 158 personnes ont été récupérées à 16 milles au large de Khoms, relativement loin de la zone où le radeau a été repéré. Un second a en revanche été secouru par la vedette Ras Jédir dans la nuit de lundi à mardi à 76 milles au nord de Garaboulli, très près de l’endroit où a été retrouvé le radeau.
Il y avait 165 migrants sur ce second canot, dont 34 femmes et 12 enfants, qui dérivaient depuis samedi, soit plus de 60 heures sans eau ni nourriture, ont précisé les gardes-côtes, ajoutant avoir récupéré le corps sans vie d’une fillette âgée d’un mois.

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Dans un communiqué, les gardes-côtes ont cependant rappelé leur manque de moyens, en particulier pour la surveillance et le sauvetage de nuit. En général, ces derniers ne ramènent pas les corps des migrants retrouvés morts en mer. Ayant rarement les moyens de récupérer les personnes à l’eau, ils expliquent concentrer leurs efforts sur les vivants, et sont également confrontés au refus des autorités de Tripoli de prendre les cadavres en charge à l’arrivée au port, par manque de place dans les morgues ou les cimetières.
La femme qui a survécu est une Camerounaise de 40 ans et s’appelle Josepha. Selon l’équipe médicale à bord de l’Open Arms, un des deux navires de l’ONG espagnole, elle est en hypothermie et en état de choc, mais stable. Elle a cependant besoin de soins médicaux et psychologiques « aussi vite que possible ».
« Les mensonges et les insultes »
L’équipe médicale a aussi recommandé un transfert rapide des deux cadavres, le bateau n’ayant pas de chambre froide. Selon les secouristes, la femme était morte depuis des heures au moment de leur arrivée, mais l’enfant seulement depuis peu. Mardi soir, l’Open Arms faisait route vers le nord, dans l’espoir de trouver un port pour la miraculée et les deux cadavres. Mais il comptait éviter les eaux italiennes : en mars, le navire a été placé sous séquestre pendant un mois sur des accusations d’aide à l’immigration clandestine.
Le voilier Astral, le deuxième navire de l’ONG, est en revanche resté dans la zone des secours, où le travail des ONG est fortement limité par la fermeté de l’Italie, qui refuse d’accueillir les migrants secourus, et de Malte, qui interdit les escales. « Qu’ils s’épargnent du temps et de l’argent, ils ne verront les ports italiens qu’en carte postale », a répété mardi matin le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite italienne.

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Les photos du radeau, et en particulier de l’enfant mort, ont cependant provoqué de vives réactions en Italie. « M. Salvini, voilà ce que font les gardes-côtes libyens quand ils font un sauvetage humanitaire », s’est exclamé Erasmo Palazzotto, un député de gauche italien présent sur l’Open Arms. Le ministre a répondu en dénonçant « les mensonges et les insultes » et en réaffirmant : « Réduire les départs et les débarquements signifie réduire le nombre de morts et réduire les bénéfices de ceux qui spéculent sur l’immigration clandestine. Je tiens bon, ports fermés et cœurs ouverts. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ En dépit de concessions britanniques, les tractations butent sur le maintien ou pas du pays dans l’union douanière et le marché intérieur.
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Mme May déclare préparer « les modalités d’une sortie » de l’UE « sans accord »

En dépit de concessions britanniques, les tractations butent sur le maintien ou pas du pays dans l’union douanière et le marché intérieur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h40
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


La Grande-Bretagne est prête à sortir de l’Union européenne (UE) même sans avoir trouvé un accord et cette option du « no deal » est étudiée, a déclaré mercredi 18 juillet la première ministre britannique Theresa May. « Nous devons vraiment nous assurer que nous préparons les modalités d’une sortie sans accord tout en négociant avec l’Union européenne sur la conclusion d’un accord (...) L’Union européenne ne doit pas en douter : nous faisons ces préparatifs », a-t-elle souligné.
Entamées à la fin du printemps 2017, les négociations du Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni sont plus que jamais dans l’impasse, butant sur l’inextricable question irlandaise, malgré les très nombreuses ­concessions britanniques.
« Dans les deux ans, nous pouvons négocier une zone de libre-échange considérablement plus vaste que l’UE », promettait David Davis, nommé ministre du Brexit trois semaines après la victoire du non à l’Europe au référendum du 23 juin 2016. A la même époque, Liam Fox, autre partisan d’un Brexit dur propulsé au ministère du commerce extérieur, assurait qu’un accord avec l’UE serait « l’un des plus faciles à conclure de toute l’histoire de l’humanité ». Depuis, le premier a démissionné, et le deuxième se garde bien de claironner de pareilles affirmations.

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                L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord



Car deux ans plus tard, la « considérable » zone de libre-échange n’est même pas dans les limbes, l’UE ayant interdit aux Britanniques de commencer à négocier avec des pays tiers tant qu’ils seront membres de l’UE, c’est-à-dire pas avant le jour J du Brexit, le 30 mars 2019. Par ailleurs, la politique protectionniste de Donald Trump met à mal cette promesse centrale des anti-européens.
Le« facile » accord commercial avec l’UE n’a commencé à être discuté qu’en mars 2018, et encore, de manière très informelle, Bruxelles ayant d’abord à cœur de conclure un traité de divorce. Seules les grandes lignes de la « relation future » avec l’UE devraient en être adoptées d’ici au 29 mars 2019.
Quant aux lignes rouges posées à l’origine par la première ministre Theresa May – sortie du marché unique européen, rejet de la compétence de la Cour de justice de l’UE et de la libre circulation des personnes –, elles ont vacillé, voire complètement volé en éclats.
Reculade
Le gouvernement britannique n’avait pas anticipé la réaction des Européens, qui, privilégiant la pérennité de l’UE à la préservation de leurs intérêts économiques immédiats, sont restés remarquablement unis, et n’ont jusqu’à présent pas cédé d’un pouce sur l’intégrité de leur marché unique. Pas question que les Britanniques y aient encore accès une fois le Brexit prononcé, s’ils n’en respectent pas les quatre libertés de circulation – des biens, des capitaux, des services et des personnes.
Les Vingt-Sept, qui pouvaient « toujours courir » pour que Londres rembourse sa dette, comme l’avait affirmé le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, à l’été 2017, ont obtenu du Royaume-Uni qu’il solde ses engagements (entre 40 et 45 milliards d’euros) une fois le Brexit acté. Sous la pression des milieux économiques, Londres s’est aussi résolue à quémander une période de transition, afin de boucler les termes de la « relation future » entre le jour du Brexit et le 31 décembre 2020.
Theresa May avait promis que la libre circulation des ressor­tissants européens cesserait à compter du Brexit. Mais là encore, elle a dû accepter que ceux qui sont arrivés au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition (31 décembre 2020) bénéficient d’un droit au séjour de principe et de formalités simplifiées.
Même reculade concernant les juridictions de l’UE. Leurs décisions ne devaient plus s’appliquer au Royaume-Uni, avait déclaré Mme May, conformément au slogan « Reprenons le contrôle » des partisans du Brexit. En réalité, ces décisions continueront à s’appliquer pendant la période de transition et leur jurisprudence probablement après.
Enfin, et c’est le dernier gros point bloquant de la négociation du divorce : Theresa May avait promis une sortie de l’union douanière pour reprendre le contrôle de la politique commerciale britannique. Mais cette énième promesse a aussi du plomb dans l’aile, car elle conduirait à rétablir des postes-frontières entre les deux Irlandes, ce qui menacerait la paix civile et étranglerait économiquement la République d’Irlande. Or, Bruxelles a conditionné la conclusion du divorce à l’impossibilité du retour d’une « frontière dure. »
Pour contourner ce nouvel obstacle, Mme May a d’abord proposé de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour la frontière irlandaise. L’UE a refusé : Bruxelles accepte de n’inclure que l’Irlande du Nord dans l’union douanière. Impensable pour les unionistes extrémistes, dont Mme May a besoin pour conserver sa courte majorité à Westminster.
La première ministre, avec son Livre blanc, propose désormais un « arrangement douanier » complexe, consistant à collecter les taxes à la fois pour l’UE et le Royaume-Uni, sans « frictions » aux futures frontières extérieures de l’Union. Illusoire, estime-t-on à Bruxelles.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le premier ministre socialiste multiplie les promesses dans la perspective d’un scrutin anticipé.
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édition abonné


Espagne : Pedro Sanchez, des idées mais pas de majorité

Le premier ministre socialiste multiplie les promesses dans la perspective d’un scrutin anticipé.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h33
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Ambitieuses, courageuses et nécessaires, ou irréalistes, démagogiques et électoralistes ? Mardi 17 juillet, un mois et demi après avoir pris le pouvoir à la suite d’une motion de défiance inattendue contre le conservateur Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a égrené devant le Parlement, souvent sceptique, les mesures qu’il entend mettre en œuvre et ses objectifs.
La fragilité parlementaire de l’exécutif socialiste, dont le groupe ne représente que 84 des 350 députés, complique la réalisation de « l’agenda du changement » qu’a présenté M. Sanchez. Néanmoins, le dirigeant socialiste, qui a revendiqué un programme « pro-européen, d’inspiration progressiste et d’âme féministe », s’est montré décidé à chercher de grands consensus autour de quatre axes : « La consolidation de la croissance économique et de la création d’emplois dignes, le progrès en matière d’égalité et de cohésion sociale, le renouveau démocratique et le renforcement de la cohésion territoriale et la participation active à la construction européenne. »
La « concurrence vertueuse » de Podemos
Malgré quelques divergences ponctuelles, son principal allié parlementaire est pour l’heure Podemos, qui dispose de 71 députés. Le temps semble passé où le parti de la gauche radicale concentrait ses critiques sur les socialistes. Il s’est engagé dans ce que l’ancien numéro deux de la formation, Iñigo Errejon, appelle une « concurrence vertueuse » avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) permettant de mener d’importantes réformes sociales.
Pedro Sanchez est bien décidé à se réapproprier les grands sujets de prédilection de la gauche espagnole. Il a ainsi confirmé l’exhumation de l’ancien dictateur Francisco Franco, enterré dans l’immense mausolée-basilique du Valle de los Caidos. « La décision du gouvernement est ferme » et se matérialisera « dans un très bref espace de temps »,...




                        

                        

