<FILE-date="2018/07/18/19">

<article-nb="2018/07/18/19-1">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire informatif et réussi trace le portrait de cet artiste polyvalent dans le cadre sociopolitique de l’Afrique du Sud, son pays natal (sur Arte à 23 h 25).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV – « William Kentridge. L’art, le poétique et le politique »

Notre choix du soir. Un documentaire informatif et réussi trace le portrait de cet artiste polyvalent dans le cadre sociopolitique de l’Afrique du Sud, son pays natal (sur Arte à 23 h 25).



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 25



Né à Johannesburg, en 1955, dans une famille blanche et aisée, le plasticien, metteur en scène et cinéaste (d’animation) sud-africain William Kentridge trouvera vite le cœur d’un questionnement sociopolitique : « J’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. Je me suis rendu compte que les domestiques étaient noirs, que ma gouvernante devait s’asseoir au fond du bus : à 7 ans, j’ai eu conscience de vivre dans un monde anormal. »
Ses parents luttent contre l’apartheid, son père, l’un des avocats les plus célèbres du barreau sud-africain, défend Nelson Mandela qui, avec 151 autres Noirs, est accusé de haute trahison. Alors qu’il tente de devenir comédien, en étudiant à l’Ecole Jacques Lecoq, à Paris, William Kentridge comprend vite qu’il est davantage fait pour le dessin, qu’il pratique volontiers au fusain, une technique souple, légère, qui permet l’allusion, le gommage, la reprise.
Artiste « touche-à-tout »
Une matière idéale pour cet artiste qui déteste les messages définitifs et préconçus : « Je me méfie de toutes les grandes idées, et je fais davantage confiance aux petites initiatives. Le monde est fragmenté », dit, dans le documentaire de Nicolas Graef, celui qui porte par ailleurs un regard désabusé sur les années post-apartheid de son pays natal.
On voit aussi Kentridge au travail sur d’immenses tapisseries – qui semblent une écriture contrapuntique savamment pensée, à l’inverse même de l’improvisation que constituerait le dessin –, mais aussi sur des installations multimédias, des dessins animés d’une rare poésie et sur un spectacle de théâtre musical. Ce documentaire constitue un portrait informatif de « l’artiste sud-africain le plus connu aujourd’hui » et de ses méthodes de travail – en équipe le plus souvent –, dans les ateliers où Kentridge conçoit et fabrique les représentations diverses de son univers si attachant.

   


Il n’empêche : sans vouloir refaire ce film à l’aune de ce que nous aurions voulu y trouver, on dira pourtant que nous semble manquer au propos l’évocation du travail de William Kentridge sur les scènes lyriques internationales. Il avait monté, en 2005, La Flûte enchantée, de Mozart, au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, LeNez, de Chostakovitch, au Metropolitan Opera de New York, en 2011 – production reprise avec succès à l’Opéra de Lyon et au Festival d’Aix-en-Provence. Sans oublier, en 2014, à Aix également, une mise en images du Voyage d’hiver, de Franz Schubert, dont l’univers noir – avec sa corneille énigmatique – convient on ne peut mieux au plasticien.
Ce n’est pas qu’on eût voulu entendre les propos de Kentridge sur ces œuvres musicales – son travail parle pour lui-même –, mais il aurait été intéressant de savoir comment cet artiste « touche-à-tout », qui a monté des spectacles multimédias où la musique a une grande part, se confronte à un texte musical et à un livret « fixés ».
On aurait pu aussi imaginer qu’un parallèle soit tracé avec le travail de deux autres plasticiens, David Hockney et Robert Wilson, dont les activités sont en partie comparables à celles de Kentridge, même si elles n’ont pas, il est vrai, la même portée politique. Mais on l’avoue : inutile de refaire le documentaire, et convenons de bonne grâce que son sous-titre (L’art, le poétique et le politique) est clair, et que Nicolas Graef a bel et bien traité le sujet tel qu’il était annoncé.
William Kentridge. L’art, le poétique et le politique, de Nicolas Graef (Allemagne, 2017, 53 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-2">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le recours de victimes des attentats du 13 novembre 2015 contre les « défaillances » de l’Etat rejeté

Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h07
   





                        


Le recours déposé par une trentaine de victimes des attentats du 13 novembre 2015 concernant les « défaillances » de l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan, a été rejeté mercredi 18 juillet par le tribunal administratif de Paris.

        Lire aussi :
         

                Bataclan : victimes et familles réclament des comptes à l’Etat



« Les éléments produits par les requérants ne permettent pas d’établir (...) que l’Etat aurait engagé sa responsabilité du fait d’un défaut de surveillance » des auteurs des attaques, estime le tribunal dans un communiqué de presse.
Par ailleurs, « aucune faute ne peut être imputée aux services de police pour n’avoir pas mis en œuvre un dispositif de sécurité particulier autour de la salle de spectacle du Bataclan après le mois d’août 2015 », poursuit le texte.
L’enquête ouverte après des menaces d’attentat contre la salle de spectacle en 2009 avait abouti à un non-lieu, « la réalité d’un tel projet [n’ayant] pu être établie », rappellent les juges.
Enfin, « aucun élément ne permet d’engager la responsabilité de l’Etat à raison d’un défaut de coopération des services de renseignement français avec les services des autres Etats membres de l’Union européenne en matière de terrorisme », a estimé le tribunal.
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité »
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité », avait affirmé lors de l’audience du 4 juillet Me Samia Maktouf, avocate de victimes et familles des victimes des attentats à Paris et Saint-Denis qui ont fait au total 130 morts et des centaines de blessés.

        Lire aussi :
         

                La parole des victimes contre le terrorisme



Me Maktouf, à l’origine du recours, avait énuméré les « dysfonctionnements liés au défaut de surveillance et de vigilance des services de sécurité de l’Etat français », et la circulation des djihadistes au sein de l’espace Schengen.

        Lire aussi :
         

                L’Etat condamné pour avoir arrêté de surveiller Mohamed Merah



L’avocate avait également reproché la non-intervention des soldats de l’opération Sentinelle, qui ont reçu « instruction de ne pas pénétrer dans une salle où une scène de guerre se déroulait ».

        Lire nos explications:
         

          13 novembre 2015 : pourquoi les militaires de « Sentinelle » ne sont pas intervenus au Bataclan



Depuis trois ans, certaines victimes et familles de victimes s’indignent que des militaires de Sentinelle, une force créée après les attentats de janvier 2015, présents près de la salle où 90 personnes ont été tuées, n’aient pas eu le droit d’intervenir. Une plainte au pénal a d’ailleurs été déposée le 8 juin pour « non-assistance à personne en péril ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-3">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Equipés de caméras, des guépards, chimpanzés ou otaries nous entrouvrent leur univers. Un défi technique autant que scientifique (sur France 5 à 20 h 55).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV – « Caméra à la patte » : des cameramen au poil

A voir aussi ce soir. Equipés de caméras, des guépards, chimpanzés ou otaries nous entrouvrent leur univers. Un défi technique autant que scientifique (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



Outre d’infinis trésors de patience, les documentaristes animaliers doivent faire preuve d’ingéniosité pour saisir dans ses dimensions les plus secrètes et intimes le grand spectacle de la nature. Mais aussi tenter de se distinguer, au milieu d’une offre abondante, en renouvelant point de vue et regard. Et quoi de mieux pour y parvenir que de céder sa caméra aux animaux eux-mêmes. C’est le pari simple – au moins sur le papier – qu’a tenté Gordon Buchanan dans cette série en deux volets produite par la BBC. Une série dont le défi technique est subordonné à une ambition scientifique : percer les mystères d’une espèce ou d’un phénomène qui la touche afin de mieux protéger cette espèce.
Labyrinthiques terriers
Jouant en quelque sorte les auxiliaires scientifiques, Gordon Buchanan et ses équipes techniques se sont rendus en Afrique centrale pour étudier les chimpanzés dans la canopée, et tout particulièrement l’aptitude d’une jeune femelle orpheline à se réinsérer dans un groupe. Ou en Patagonie, pour suivre en pleine mer des manchots de Magellan – dont la manière de s’alimenter pourrait être à l’origine de la mortalité qui touche leur progéniture ; certaines années, son taux s’élèverait à près de 60 %. Ou en Afrique du Sud, pour s’introduire dans les labyrinthiques terriers des suricates, ou encore, dans le bush, pour résoudre un conflit de voisinage entre des babouins et les fermiers excédés de voir leurs récoltes pillées et saccagées.
Si les cameramen à pattes ne reçoivent aucune formation particulière, leur équipement, dont on suit la préparation méticuleuse, est taillé sur mesure, selon leur morphologie et l’environnement dans lequel ils évoluent. Couleur, souplesse, légèreté, lumière infrarouge pour les prises de vues nocturnes, tout est conçu pour faire oublier ce matériel grâce auquel soudain s’entrouvre un monde jusqu’alors inconnu.

   


Ici, pas ou peu de paysages grandioses, le spectacle se joue ailleurs. Dans l’intimité d’images qui épousent les mouvements des corps, nous entraînant à courir avec de jeunes guépards dans la savane, à virevolter d’arbre en arbre dans la forêt camerounaise, à plonger dans les grands fonds sur le dos d’une otarie. Avant de se lover auprès d’une mère suricate et de ses petits.
Caméra à la patte, de Dan Rees (GB, 2018, 2×50 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-4">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Passion jazz (4/6). Francis Marmande a partagé l’intimité des plus grands musiciens d’un genre en perpétuelle révolution. Aujourd’hui, « The Genius » et ses « Géants », à l’affiche du festival gersois, en 1997.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/07/18/19-5">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤     


                La chanson d’amour de Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 18.07.2018 à 17h00
                 |

                            Astrid de Villaines

















Derniers articles publiés


            « Nous assistons à une chose extraordinaire, la transformation de la paternité»


            Alexis Ohanian, le stratège du forum controversé Reddit


            Leibniz, un philosophe au service de l’Allemagne



Tous les articles






les articles les plus partagés


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins






les plus partagés










Bernard Cazeneuve fut maire de Cherbourg-Octeville, député, ministre de l’intérieur et premier ministre de François Hollande. Après la défaite du PS à l’élection présidentielle de 2017, il s’est mis en retrait de la vie politique pour reprendre son métier d’avocat. 
« C’est pendant mon enfance, à l’âge où se construit la personnalité, que j’ai découvert la chanson d’amour, en cherchant l’émotion dans le répertoire méconnu des mélodies du XVIe siècle et de la période baroque. J’ai écouté sans jamais m’en lasser les Mille regretz de Josquin des Prés, dont la prosodie du poème et la mélodie pleine de langueur me plongeaient dans la mélancolie. La mort de Didon, dans l’opéra baroque d’Henry Purcell, acheva de me convaincre qu’il n’est de beauté des chants d’amour que dans l’infinie tristesse qu’ils répandent, dans l’alchimie si singulière des images, des mots et des sons.
Dans un répertoire plus contemporain, j’ai aimé, au point d’en faire une référence, la chanson Vienne, de Barbara. Pour moi tout y est : d’abord une mélodie au piano courte et un peu incertaine qui sert de prélude et qui ne révèle rien de la confusion des sentiments et des tourments de l’âme. On comprend assez vite que dans un mélange de jeu et de tristesse amoureuse, une femme s’est astreinte à la solitude, car le ciel, pour elle, était devenu trop « lourd ».
Peur de l’oubli
A Vienne, où elle s’est isolée, elle goûte à la liberté retrouvée. Tout lui est faussement doux, jusqu’au décor de sa chambre où « tombent de pourpre et d’ambre/de lourdes tentures de soie ». Dans des déambulations qui ont les apparences de la légèreté, avant de se transformer en errance à mesure que le temps passe, elle rencontre ses « amis de Lountatchimo » qui s’étonnent de la voir esseulée. Pour les autres, l’amour partagé, c’est d’abord un contexte. Lountatchimo n’existe pas. Mais peu importe. La solitude peut être aussi l’état qui résulte du regard des autres, qui la rend plus difficile à supporter si l’on se l’est imposée à soi-même, par esthétisme ou en se fourvoyant.
Les lettres d’amour se croisent et se font plus rares, jusqu’à la peur de l’oubli. Alors, le rythme du piano s’accélère. Les violons sonnent d’amples mélodies pour révéler l’intensité d’un trouble qui a la profondeur du doute. Le manque est là, subitement, qui envahit tout comme une souffrance. Le rythme s’emballe encore et, dans un appel un peu désespéré, l’être seul, par choix, en appelle à l’autre, en cherchant à se convaincre qu’il est toujours là.
L’amour est plus doux s’il connaît ces tourments, pensent les êtres mélancoliques. Barbara est fragile. Perchée avec sa voix, elle a choisi le doute pour ne pas se le voir imposer, pour en finir avec lui définitivement par des preuves d’amour. Celles, précisément, qui peuvent venir trop tard ou ne jamais venir, vous condamnant à la nostalgie éternelle. »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Propos recueillis par                                                    Astrid de Villaines














<article-nb="2018/07/18/19-6">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le Musée Cernuschi à Paris invite à découvrir la civilisation avec, pour fil conducteur, la culture du parfum.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Exposition : l’encens, tout un art en Chine

Le Musée Cernuschi à Paris invite à découvrir la civilisation avec, pour fil conducteur, la culture du parfum.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 16h44
    |

            Sylvie Kerviel








                        



   


Du giroflier, du santal, du bois de rose, du musc, de l’angélique, du bois d’aigle… Lorsque l’on pénètre dans le magnifique hôtel particulier qui abrite le Musée Cernuschi, en bordure du parc Monceau dans le huitième arrondissement de Paris, on est saisi par les senteurs qui émanent de l’exposition « Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs ». Elles proviennent des bornes olfactives qui jalonnent le parcours, apportant une touche ludique à cette exposition. Porté par ces effluves, le visiteur est emmené à la découverte de la civilisation chinoise selon un cheminement chronologique, du IIIe siècle avant notre ère jusqu’au XIXe siècle, des Han aux Qing, avec, pour fil conducteur, la fragrance.
Loin d’être un simple agrément, l’encens, parfum obtenu par la combustion de différentes fleurs, bois et résines, occupe, en effet, dans la civilisation chinoise, une place importante tant dans la philosophie que dans les pratiques religieuses, avec le développement du bouddhisme dès les premiers siècles de notre ère. L’encens joue alors le rôle d’intercesseur entre les humains et les divinités, celles-ci étant invitées à descendre sur terre par la fumée – ce n’est que plus tard que la forme liquide du parfum fut inventée.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


        Brûle-parfum en forme de canard, bronze, dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. ‒ 9 apr. J.-C.), Musée Cernuschi"
            data-slide-description="« Aux côtés des brûle-parfums en forme de coupe ou de montagne, les brûle-parfums zoomorphes apparaissent dès la dynastie des Han. Les brûle-parfums en forme de canard connaîtront une longue postérité : sous les Ming, près de 1 500 ans plus tard, on les plaçait dans les chambres des jeunes femmes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Stèle bouddhique, bouddha sakyamuni, pierre dorée, dynastie des Liang du Sud (VIe s. apr. J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« L’arrivée du bouddhisme en Chine transforme la culture du parfum. Sur cette stèle figurent cinq personnages – un bouddha, deux disciples et deux bodhisattva. Au pied du bouddha se trouve un brûle-parfum : son corps et son couvercle ont la forme d’une fleur de lotus sur le point d’éclore. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Zhang Daqian : « La Dame Li en donatrice tenant un brûle-parfum », copie d’une peinture murale du Xe siècle, encre et couleurs sur soie, vers 1943 ‒ Don Guo Youshou, 1953"
            data-slide-description="« Le bouddhisme véhicule une culture de l’encens influencée par les pratiques indiennes. Sous l’impulsion de cette religion, les élites chinoises prennent l’habitude de se faire représenter en donateur ou en donatrice, un brûle-parfum entre les mains. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Anonyme : peinture représentant la consumation de l’encens, éventail circulaire en soie,  Dynastie des Yuan (XIIIe siècle – XIVe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Du cœur de ce groupe de personnages se détache une figure de vieillard qui s’approche d’une tablette à encens. Le meuble situé au centre de la peinture, servait à présenter les trois objets de l’encens : brûle-parfum, boîte à encens, et vase contenant baguettes et cuiller, les instruments indispensables à sa consumation. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Porte-encens, céramique, règne de l’empereur Daoguang (1820-1850), dynastie des Qing (XVIIe siècle – XXe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« La généralisation de l’encens sous forme de bâtonnets suscite l’apparition de nouvelles formes d’objets, comme ces porte-encens, dont le décor associe les deux sages Hehe pour formuler des vœux d’harmonie. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Chen Hongshou : « Femme parfumant ses manches » (détail), encre et couleurs sur soie, dynastie des Ming (XIVe siècle – XVIIe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Cette image poétique d’une jeune femme regardant un perroquet est aussi une représentation très réaliste des usages du parfum dans la Chine ancienne. On avait en effet l’habitude de placer sur les brûle-parfums des cages à fumigations avant d’en recouvrir les vêtements. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Eventail circulaire, sculpté d’iris et d’orchidées en bois d’aigle et calligraphie de Li Wentian, dynastie des Qing (XVIIe siècle – XXe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Le bois d’aigle ou bois d’aloès est sans doute le parfum préféré des lettrés chinois. Généralement consumé dans un brûle-parfum, il est parfois directement sculpté pour créer des objets naturellement parfumés. C’est le cas du délicat décor floral de cet éventail. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Brûle-parfum tripode ajouré, céramique aux cinq couleurs et or, four de Jingdezhen, dynastie des Ming (XIVe siècle – XVIIe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Les matières parfumées et les pratiques de l’encens voyagent à travers l’Asie. Ce brûle-parfum, créé en Chine, a ainsi été agrémenté d’un couvercle ajouré au décor animalier par des artisans japonais. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Brûle-parfum, bronze, dynastie des Han (IIIe s. av. J.-C. – IIIe s. apr. J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Les premiers modèles de brûle-parfums connus en Chine s’inspirent de coupes à pied munies d’un couvercle utilisées pour la présentation de liquides lors de cérémonies. A la fin des Royaumes combattants (453-221 av. J.-C.), cette forme de coupe est détournée pour devenir un brûle-parfum grâce à un couvercle ajouré, laissant s’échapper les fumées odorantes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Brûle-parfum à tripode, céramique, dynastie des Song ( Xe siècle ‒ XIIIe siècle après J.-C.), Musée de Shanghai"
            data-slide-description="« Sous la dynastie Song, les pratiques de l’encens sont influencées par la culture lettrée qui favorise aussi bien les recherches sur les matières parfumées que sur les procédés de composition des parfums. Ce type de brûle-parfum, aux formes simples inspirées des bronzes antiques, est représentatif de ce goût lettré. »"
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/10

Suivant






Brûle-parfum en forme de canard, bronze, dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. ‒ 9 apr. J.-C.), Musée Cernuschi            
« Aux côtés des brûle-parfums en forme de coupe ou de montagne, les brûle-parfums zoomorphes apparaissent dès la dynastie des Han. Les brûle-parfums en forme de canard connaîtront une longue postérité : sous les Ming, près de 1 500 ans plus tard, on les plaçait dans les chambres des jeunes femmes. »

STÉPHANE PIERA/MUSÉE CERNUSCHI/ROGER-VIOLLET
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


« L’Empire chinois tout entier sent le musc, témoigne le père Evariste Huc, qui parcourut le pays au milieu du XIXe siècle et dont le beau catalogue accompagnant l’exposition reproduit des écrits. Les marchandises même importées d’Europe s’en pénètrent complètement après quelque temps ». L’encens a aussi marqué les pratiques profanes, la méditation et l’art de vivre, et suscité de très nombreuses productions artistiques chez les peintres, les poètes mais aussi les artisans d’art.
Bornes olfactives
L’exposition a réuni une centaine de pièces – objets, textes, estampes, peintures sur soie, venus en grande partie des collections du musée de Shanghaï –, qui témoignent de l’importance de la culture de l’encens dans la civilisation chinoise. Brûle-parfums (dont la forme évolua au fil des dynasties), encensoirs, boîtes à encens, vases, bourses, etc., servant à la diffusion des fragrances, en bronze, pierre, bois, céramique ou tissu brodé, rivalisent de raffinement. On découvre aussi de nombreuses peintures et estampes montrant des scènes de la vie littéraire et artistique où l’encens est omniprésent aux côtés de la musique, du jeu d’échecs ou de la calligraphie – dans la société Ming (XIVe-XVIIe siècles), parfum et littérature sont intimement liés.

   


Ses effluves ont aussi une grande importance pour le soin du corps, la santé et le bien-être, comme en témoigne la magnifique peinture sur soie de Chen Hongsou (1598-1652), représentée sur l’affiche de l’exposition, où l’on voit une femme déployant les manches de son kimono au-dessus d’un brûle-parfum en forme de canard recouvert d’une cloche métallique afin d’en imprégner le tissu.
Les senteurs distribuées par les bornes olfactives ont été recréées par François Demachy, créateur de parfums chez Dior, partenaire de l’exposition, à partir de recettes anciennes retrouvées par le spécialiste de la Chine au CNRS, Frédéric Obringer, conseiller scientifique de l’exposition, notamment dans le Traité des parfums, de Hong Chu (vers 1115). Il a dû les « réinterpréter », car, explique-t-il, « certaines matières premières ont complètement disparu ». Cette collaboration originale avec le Musée Cernuschi lui inspirera peut-être une nouvelle fragrance pour la marque dont il est le « nez » de référence.

   


« Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs », Musée Cernuschi, 7, avenue Vélasquez, Paris 8e. Du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : de 7 € à 9 €. www.cernuschi.paris.fr. Catalogue édité par Paris Musées, 240 pages, 39,90 €. Activités pour les enfants pendant les vacances.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-7">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Ecrivains espions, espions écrivains 1/5. Leibniz (1646-1716) a été l’agent secret de Mayence à la cour de Louis XIV, tentant d’influer sur sa politique et pratiquant l’espionnage industriel.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/07/18/19-8">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Loufoques, érotiques, enfantins... Le duo d’artistes français propose à « M » dix dessins facétieux à colorier, dans un style tout en rondeurs. Une activité ludique pour l’été.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                
                                    

Mrzyk & Moriceau, fantaisistes pop et coquins


                      Loufoques, érotiques, enfantins... Le duo d’artistes français propose à « M » dix dessins facétieux à colorier, dans un style tout en rondeurs. Une activité ludique pour l’été.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 10h17
    |

                            Roxana Azimi








   


Une cervelle traversée d’une paille pour siroter du jus de crâne. Une bouche-clavier prête à swinguer. La courbe d’un sein où vient se lover un skateboard. Depuis près de vingt ans, Mrzyk & Moriceau portent leur regard amusé et leur sourire en coin sur un monde d’encre de Chine et de nuits coquines, de personnages hybrides et loufoques.
Pour M, ils ont prévu dix dessins que les lecteurs pourront colorier à leur guise, « un peu érotiques, sur le thème des vacances ». P(l)age blanche de nos fantasmes plus ou moins inavoués ? Les quadras n’en diront pas plus : ils aiment improviser au fil de l’eau. Non par nonchalance. Il n’y a pas plus bosseurs et précis que Petra Mrzyk, née à Nuremberg, et Jean-François Moriceau, gamin de Saint-Nazaire.

   


C’est à Quimper qu’ils se croisent, aux Beaux-Arts, où leur complicité artistique s’impose. Et plus car affinités. Un dessin facétieux pourrait résumer le duo d’artistes français : un dentifrice tricolore sur une saucisse de Francfort. Mais on ne vit pas d’humour et d’eau fraîche. Pas simple, à leurs débuts, de faire carrière en tandem. Le marché aime les individualités. Et le dessin n’est pas encore en odeur de sainteté. Qu’importe !
Formes rondes, molles et élastiques
Repérés par le curateur Alexis Vaillant, ils exposent, en 2001 dans « Traversées », au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, un wall drawing jubilatoire long d’un kilomètre. C’est la consécration. Depuis, le couple touche-à-tout expose dans des centres d’art pointus, publie des livres pour enfants et réalise des clips vidéo pour la crème de l’électro, fluo et futuriste pour Justice, joliment callipyge pour Sébastien Tellier.

Leur style est reconnaissable entre mille : formes rondes, molles et élastiques, plus dans l’esprit de Barbapapa que de Métal hurlant. Avec une dominante, le noir et blanc. « Petra et moi n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur une couleur, avance Jean-François Moriceau. On a choisi le noir et blanc qu’on trouve plus mystérieux, moins réducteur, plus ouvert à l’interprétation. » Leur modus operandi ? Beaucoup de brouillons, de divagations et… un peu de vin rouge. Chacun dessine dans son coin autour d’une même idée, avant de tout mettre dans le pot commun. C’est alors qu’à deux ils trient, affinent, peaufinent.

   


Malgré une patte commune, leurs dessins se suivent et ne se ressemblent pas. La composition est parfois simple, voire elliptique, ou, au contraire, très fouillée. Leur fantaisie les entraîne dans les situations les plus cocasses et les greffes les plus improbables, croisements d’organes et de genres.
Pour éviter tics et routine, Mrzyk & Moriceau s’astreignent à poster tous les jours un dessin sur Instagram, quelles que soient leur humeur ou leur ardeur. Sans ignorer les sujets de société, ils ont jusque-là évité l’actualité. « C’est délicat, on ne se sent pas à l’aise pour parler d’écologie ou des migrants. D’autres le feraient bien mieux que nous, admet Jean-François Moriceau. Naturellement, on vient vers nous pour des sujets plus légers. » Une légèreté qu’ils assument avec ce qu’il faut de gourmandise.

    Once again but in red ❤️ Une publication partagée par  Mrzyk & Moriceau (@mrzyk_moriceau) le 14 Févr. 2018 à 10 :42 PST 




<article-nb="2018/07/18/19-9">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’actrice de 24 ans, l’une des révélations du « off », tire parti de sa ressemblance avec la chanteuse pour adapter une pièce de Pierre Notte.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avignon : Pauline Chagne dans l’ombre lumineuse de Barbara

L’actrice de 24 ans, l’une des révélations du « off », tire parti de sa ressemblance avec la chanteuse pour adapter une pièce de Pierre Notte.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h06
    |

            Sandrine Blanchard (Avignon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il faut un certain culot pour, à 24 ans, se prendre pour Barbara. Sans cesse renvoyée à la ressemblance physique qui la lie à la grande interprète, animée d’un désir profond d’être heureuse sur scène, Pauline Chagne a suivi son instinct. Cette comédienne et chanteuse s’est jetée à corps perdu dans l’idée folle d’incarner une jeune fille se rêvant en Barbara. Ainsi est née, grâce à une incroyable succession de hasards et de rencontres, Moi aussi je suis Barbara, l’une des nouvelles créations présentées dans le Festival « off » d’Avignon. Pauline Chagne en est la révélation tant sa métamorphose, au fil de la pièce, trouble et émeut.
« Tout vient d’elle, de son désir, elle a porté le projet », résume Pierre Notte. Nouvelle adaptation de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, pièce créée par cet auteur en 2005 (et récompensée, en 2006, du Molière du théâtre privé), le spectacle met en scène une jeune fille qui tente d’échapper à une famille dévastée, de réenchanter son quotidien en s’imaginant en une Barbara flamboyante et charismatique.
Pauline Chagne : « Il ne s’agit pas d’un spectacle sur Barbara mais sur le désir de s’émanciper et de retrouver le plaisir de vivre »
Au gré de ses longues recherches sur la chanteuse, Pauline Chagne est tombée « par hasard » sur le texte de Pierre Notte. Alors élève au cours Florent en théâtre et comédie musicale, elle s’en empare pour son travail de fin d’études. « Je cherchais une pièce avec un trouble identitaire, je ne voulais pas faire un biopic. Il ne s’agit pas d’un spectacle sur Barbara mais sur le désir de s’émanciper et de retrouver le plaisir de vivre », insiste la comédienne. Ancienne harpiste, Pauline Chagne a vécu une expérience douloureuse avec une professeure digne du personnage de J.K. Simmons dans Whiplash, le film de Damien Chazelle. « Après quinze années acharnées à apprendre la harpe au conservatoire, j’ai été brisée par une enseignante...




                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-10">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A Arles, une rétrospective célèbre le 50e anniversaire de la collaboration de ce couple d’artistes, devenus inséparables depuis leur rencontre à Londres en 1967.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/07/18/19-11">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La cinéaste et le comédien Laurent Lafitte confrontent leurs regards sur le film qui les réunit pour la première fois.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Patricia Mazuy : « Ce n’est pas Gilles Deleuze le personnage, quoi ! »

La cinéaste et le comédien Laurent Lafitte confrontent leurs regards sur le film qui les réunit pour la première fois.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h26
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Dès l’écriture du scénario, qu’elle cosigne avec Yves Thomas, la cinéaste Patricia Mazuy a pensé à Laurent Lafitte pour le rôle de Paul Sanchez. Après lecture, le comédien a tout de suite accepté. Réunis dans un café parisien, ils reviennent sur cette drôle d’aventure qu’ils ont partagée ­durant deux mois de tournage.

Pourquoi avez-vous choisi Laurent Lafitte pour le rôle de Paul Sanchez ?
Patricia Mazuy : Parce qu’il a le sens du burlesque et du tragique. Parce qu’il peut être très beau et avoir une tête de super-naze. Mais j’avais quand même spécifié à son agent que je voulais le voir en vrai, même s’il disait oui au projet. Pour être certaine de mon choix. Dès que je l’ai rencontré, j’ai été sûre. Laurent ne calcule pas, et il a tout de suite accepté qu’on transforme son visage.
Pourquoi avez-vous accepté si vite ce rôle ?
Laurent Lafitte : Parce que je recevais la proposition d’une cinéaste. Cela fait toute la différence. J’avais vu ce que faisait Patricia, et j’ai ressenti une forte curiosité. Ensuite, j’ai lu le scénario comme un roman, j’avais envie de tourner les pages, savoir comment l’histoire se terminait. C’est un bon signe. J’ai été séduit par l’efficacité du thriller, la complexité et la drôlerie des personnages, la dimension sociale du film. Puis, quand j’ai rencontré Patricia et découvert sa personnalité, j’ai senti que le film allait être à son image : complexe, singulier, drôle, grave. Quand vous sentez que vous allez être embarqué dans un film qui est cohérent par rapport à la personne qui le dirige, vous pouvez la respecter et vous mettre à sa disposition, car vous comprenez ce qu’on vous demande. Enfin, nous avions des références ambitieuses : nous avions plus envie de faire Fargo [le thriller des frères Coen à l’humour noir, 1996] que Seven [le film sombre de ­David Fincher, 1995].
Comment s’est...




                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-12">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Pour son retour à l’écran, l’homme-fourmi mise sur la sobriété et l’humour.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

« Ant-Man et la Guêpe » : un super-héros miniature et champion de la décroissance

Pour son retour à l’écran, l’homme-fourmi mise sur la sobriété et l’humour.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h25
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Nouvel arrivant dans la transposition à l’écran de l’univers super-héroïque Marvel, l’homme-fourmi nous a été révélé en 2015, sous les traits de l’acteur Paul Rudd, dans un film déjà signé Peyton Reed. Scott Lang (Rudd), sympathique cambrioleur, y endossait la combinaison atomique inventée par le professeur Hank Pym (Michael Douglas), permettant à son possesseur de varier sa taille à loisir et de commander le peuple des fourmis. On retrouvait le personnage, en 2016, dans Captain America : Civil War, avant qu’il ne revienne aujourd’hui dans Ant-Man et la Guêpe, assigné à résidence et s’occupant, en bon papa gâteau, de sa fille, Cassie.
Mais Hank Pym ne tarde pas à le recontacter pour une nouvelle mission : retrouver sa femme, ­Janet Van Dyne (l’ex-catwoman Michelle Pfeiffer), prisonnière depuis des années de l’univers quantique. Pour ce faire, Ant-Man vole, en compagnie de la propre fille d’Hank et de Janet, la belle Hope Van Dyne (Evangeline Lilly), alias « La Guêpe », dont les charmes piquants ne le laissent pas insensible. Pour ceux qui suivent encore cet imbroglio proliférant qui se complexifie à chaque nouveau film Marvel, quelques nouveaux obstacles devront néanmoins être pris en compte. A titre principal, « Le Fantôme », une fille redoutablement désintégrée qui a un compte personnel à régler avec l’orgueilleux Hank Pym. A titre secondaire, une bande de malfrats bêtes et méchants, trafiquants de nouvelles technologies.
Réalisme et comédie
Cette constellation de personnages, d’univers et d’actions parallèles conduit à un climax bien orchestré, où leur montage téle­scopé fait habilement monter la mayonnaise. Nonobstant une belle course-poursuite sur terre et une belle divagation vernienne dans le monde quantique, ce n’est pas tant l’action qui fait la vertu de ce film que la volonté de la subordonner à des valeurs nettement plus douces. L’humour, par exemple, avec les descentes régulières, mais à chaque fois couronnées d’insuccès, du FBI au domicile de Scott (toujours de retour à temps), ou la prestation croustillante de Michel Peña dans le rôle de son associé mexicain froussard et logorrhéique.
Ant-Man pourrait d’ailleurs se définir comme la franchise de la décroissance dans l’univers marvélien. Moins de violence. Moins de superpouvoirs. Moins de monstruosité destructrice. Moins de grandiloquence cosmique. Moins de méchants hyperboliques. Par contre, plus de réalisme, plus d’attention aux acteurs, plus de comédie, plus de bricolage kitsch façon science-fiction des années 1980, plus de souci du foyer familial. C’est, si l’on veut, Disney qui prend sa revanche sur Marvel, en créant un segment super-héroïque destiné à la défense de la famille et de l’écologie.
C’est Disney qui prend sa revanche sur Marvel, en créant un segment super-héroïque destiné à la défense de la famille et de l’écologie
Il n’est pas jusqu’au couple de héros miniaturisés qui ne soit à sa manière un champion de la décroissance, loin de la course au gigantisme qui domine le genre. N’oublions pas que Ant-Man, mal-aimé de son créateur, Jack Kirby, qui finit par s’en désintéresser, fut un super-héros sacrifié, qui connut une existence sporadique, entre mort et réincarnations successives. On voit bien, derrière tout cela, l’intelligence pratique, sensible à l’air du temps, qui gouverne l’éprouvante, mais semble-t-il inépuisable machine de production super-héroïque. Elle consiste à aller chercher partout où il est possible matière à élargir le spectre du public, et partant celui du succès.

Film américain de Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michelle Pfeiffer, Michael Douglas (1 h 58). Sur le Web : newsroom.disney.fr/ant-man.html et www.marvel.com/antman



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-13">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La réalisatrice syrienne Gaya Jiji inscrit une histoire intime dans un contexte de tragédie collective.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

« Mon tissu préféré » : l’éveil sensuel d’une jeune Damascène

La réalisatrice syrienne Gaya Jiji inscrit une histoire intime dans un contexte de tragédie collective.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h24
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Présenté en mai, dans la section Un certain regard, à Cannes, Mon tissu préféré sort dans les salles françaises au moment précis où Deraa tombe entre les mains du régime de Bachar Al-Assad. Or, le premier long-métrage de la réalisatrice syrienne Gaya Jiji, exilée à Paris, est scandé par les échos du soulèvement de Deraa au printemps 2011. C’est l’une des ambitions de ce film complexe et imparfait que d’inscrire la plus intime des histoires – l’éveil sensuel d’une jeune femme – dans la plus féroce des tragédies collectives. Gaya Jiji veut aussi faire œuvre de mémorialiste et d’anthropologue : déchiffrer les codes et les contraintes d’une culture à travers les fantasmes de son héroïne, Nahla (Manal Issa), qui – de l’aveu de l’auteure – lui ressemble beaucoup.
Les murs de l’appartement familial sont parfois traversés par les bruits et les images de la révolution qui gronde
Nahla vit avec sa mère, veuve, et ses deux jeunes sœurs, à Damas. Alors que ses cadettes sont étudiantes, elle travaille dans une boutique de vêtements et balance entre la possibilité d’épouser un garçon émigré aux Etats-Unis et son désir d’indépendance. La disparition du patriarche a plongé le petit clan dans la déchéance sociale, et l’éventuel mariage serait l’occasion de remonter cette pente sans fin. Mais Nahla préfère évoquer en songe un amant parfait plutôt que de complaire à son soupirant officiel.
Manal Issa, qu’on avait découverte dans Peur de rien, de Danielle Arbid, donne à ce personnage une dureté qui confine parfois à la cruauté. La première séquence du film la montre affrontant les passagers grelottants d’un taxi collectif qui veulent la persuader de remonter la vitre de la voiture : l’actrice donne immédiatement à son personnage une force d’opposition qui convaincrait presque qu’elle est indestructible. Ce personnage de rebelle et de sale gosse prend une épaisseur qu’elle gardera tant que le film restera entre les confins de l’appartement familial et de la boutique, dont les murs sont parfois traversés par les bruits et les images de la révolution qui gronde.
Terrain de la métaphore
Quand le scénario s’avise de grimper d’un étage, pour aller fouiner dans l’appartement du dessus où Mme Jiji (Ula Tabari), femme de mauvaise vie, a entrepris d’installer une maison de passe, Mon tissu préféré s’aventure sur le terrain de la métaphore. La manière dont Nahla force l’entrée de ce lupanar – représentation des désirs féminins refoulés – pour y installer ses attentes, l’intervention d’un personnage masculin emblématique, à la fois sbire du régime et incarnation du mâle arabe éternel (à la manière du sultan Shahryar, il aime à faire de ses amantes des conteuses) ne se voient plus comme des éléments organiques du récit, mais plutôt comme les arguments d’une thèse.
Si bien que la réussite de certaines séquences, comme la dernière entrevue entre Nahla et le fiancé qu’elle a laissé échapper, ne suffit pas à préserver le lien qui s’était créé avec le monde ordinaire et tragique – puisque promis aux destructions de la guerre civile – de ces femmes damascènes. Restent ces lambeaux d’histoire, qui prennent aujourd’hui une teinte encore plus sombre.

Film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji. Avec Manal Issa, Ula Tabari (1 h 35). Sur le Web : www.sddistribution.fr/film/mon-tissu-prefere/121



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-14">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Ce film de Nicolo Ferrari, datant de 1961, frappe par sa sensibilité et dresse un remarquable portrait de femme.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Reprise : « Laura nue », la désenchantée

Ce film de Nicolo Ferrari, datant de 1961, frappe par sa sensibilité et dresse un remarquable portrait de femme.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h23
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’été est souvent propice à la redécouverte de raretés du cinéma italien. C’est le cas de Laura nue (1961), œuvre méconnue d’un cinéaste lui-même un peu oublié, Nicolo Ferrari, aujourd’hui âgé de 90 ans, qui, hormis une poignée de fictions, s’est surtout consacré à la réalisation de documentaires militants. Or, le temps a merveilleusement travaillé pour cette pépite, coproduction italo-française se proposant d’exposer sans fard les affres de la condition féminine, qui déclencha, en son temps, les foudres des institutions catholiques et frappe aujourd’hui par sa sensibilité et sa charge politique.
Sous son titre quelque peu racoleur, le film abrite un remarquable portrait de femme, issue de la classe moyenne romaine et qui fait ses débuts dans la vie à reculons. Laura (Giorgia Moll, dont Jean-Luc Godard se souviendra pour jouer la jeune traductrice du Mépris) lambine tous les jours au lit, dans sa chambre d’enfant, atteignant l’âge fatidique où tout le monde autour d’elle la pousse à se marier, que ce soient ses parents, la bonne société où elle évolue ou son petit ami Franco (Nino Castelnuovo). Elle lui accorde sa main sans conviction et rencontre, le jour même de ses noces, un jeune et ténébreux professeur, Marco (Tomas Milian), dont elle deviendra la maîtresse. Laura entame une carrière d’épouse volage, se donnant librement aux divers hommes qui l’attirent.
Laura voit bien que, partout, l’exclusivité réclamée par le mariage rend malheureux
Le film met ainsi en avant une héroïne atypique, en rupture avec les conventions sociales de son époque et les vertus dont on pare alors la féminité à l’écran. Laura se caractérise par son scepticisme et sa lucidité : elle constate la désunion consommée de ses parents, le désespoir de sa meilleure amie, Claudia (Anne Vernon), après la naissance de son premier enfant, l’insincérité généralisée des couples qui l’entourent. Elle voit bien que, partout, l’exclusivité réclamée par le mariage rend malheureux, que la sexualité des femmes est mise sous cloche. C’est contre cette appropriation contractuelle qu’elle choisit de multiplier les amants, d’être prodigue d’elle-même et de n’appartenir à personne. Mais coucher pour se désennuyer ne débouche sur rien, car ce sont encore les hommes qui en profitent. D’un côté ou de l’autre des conventions, c’est l’amour qui fait systématiquement défaut.

   


Une héroïne à contre-courant
Laura pourfend les apparences : en cela, elle est un pur vecteur de négativité, une puissance d’interrogation qui remet tout en cause – elle ne cesse de poser des questions, à elle-même et aux autres. En s’attachant à sa mobilité, à ses humeurs changeantes, à ses tâtonnements, Nicolo Ferrari traduit une forme d’errance affective, une crise du sentiment amoureux, propres à la sensibilité moderne de son temps (L’Avventura, de Michelangelo ­Antonioni, était sorti un an plus tôt). Son héroïne traverse à contre-courant les cercles familiaux, mondains, libertins de son entourage – cette société oisive et festive du miracle économique – comme pour confondre sa vanité et ses mensonges. Parcours faits d’allers-retours entre l’intérieur et l’extérieur, entre la ville et la campagne, entre la chambre et la rue (de nombreuses scènes sont filmées à travers Rome), du lit conjugal à celui des autres. Parcours d’habillages et de déshabillages successifs, la nudité de Laura n’étant pas seulement un sujet d’érotisme, mais une épreuve de vérité (cette « vérité nue » qu’elle exige de son époux).
Quelle vérité ? Celle du désir qui ne saurait se restreindre à un unique objet ? Celle de l’amour qui ne naît que pour s’éteindre irrémédiablement ? Celle d’une féminité devant encore conquérir sa propre autonomie sexuelle ? Toutes ces questions partagent le même point de chute : le visage de Laura qui, à plusieurs reprises, s’approche de la caméra, vient remplir tout l’espace du cadre de son incertitude. En scrutant son regard à la fois doux et sombre, sa détresse, bientôt son innocence perdue, ­Nicolo Ferrari sonde le gouffre existentiel de son héroïne, son mélange de détermination et de fragilité. Sans oublier pour autant de rendre un hommage émouvant à sa beauté frémissante.

Film français et italien de Nicolo Ferrari (1961). Avec Giorgia Moll, Tomas Milian, Nino Castelnuovo, Anne Vernon (1 h 40). Sur le Web : fr-fr.facebook.com/theatredutemple



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-15">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Plus de quinze ans après « Rivers and Tides », Thomas Riedelsheimer consacre un nouveau documentaire à l’artiste écossais.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

« Penché dans le vent » : sur les traces d’Andy Goldsworthy, figure du Land Art

Plus de quinze ans après « Rivers and Tides », Thomas Riedelsheimer consacre un nouveau documentaire à l’artiste écossais.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h22
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Thomas Riedelsheimer avait réalisé, en 2001, Rivers and Tides, un film sur l’artiste écossais Andy Goldsworthy, figure importante de ce que l’on appelle le Land Art. Il le retrouve avec ce film, qui, tout à la fois, capte un processus de création et l’écoute évoquer son art, sa conception animiste de la nature, sa vie personnelle.
Le travail d’Andy Goldsworthy se déploie sur plusieurs échelles et passe ici de l’activité la plus minimale (recouvrir de feuilles jaunes tel morceau d’arbre) à une monumentalisation plus spectaculaire (déplacement d’énormes rochers à l’aide de bulldozers, excavations profondes) dans différentes parties du monde, du Brésil à la Nouvelle Angleterre en passant par la France.
Aléas de la nature
A nouveau s’affirme la singularité d’une pratique artistique où l’intervention humaine doit composer avec les aléas de la nature et du temps, remettant en cause l’idée de maîtrise elle-même. Les œuvres de Goldsworthy sont aussi faites de ce qui les détruit et sont l’objet de l’érosion qui émousse, du vent qui disperse, de la pluie qui efface.

Documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (1 h 37). Sur le Web : www.facebook.com/eurozoom.distributeur



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-16">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’intérêt, ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« The Guilty » : quand le spectateur devient auditeur

L’intérêt, ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h21
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Le public veut qu’on lui raconte des histoires et il est prêt à croire à toutes celles qu’il entendra. Le premier long-métrage du réalisateur danois Gustav Möller tient du défi, d’un pari fait avec les spectateurs, celui d’un dispositif contraignant, a priori peu spectaculaire, qui maintiendra ceux-ci en haleine durant plus d’une heure vingt.
Un policier, muté au standard du commissariat où on l’a relégué à la suite d’une faute professionnelle (la culpabilité sous-tend ainsi, comprend-t-on, le comportement du personnage principal), passe son temps à répondre aux appels en tous genres qui lui parviennent. Il intercepte celui d’une femme qui prétend avoir été victime d’un enlèvement, emmenée en voiture par son présumé kidnappeur.
Tragédie horrible
Dès lors, l’homme ne quittera plus son poste, tentant de résoudre une série d’énigmes consistant à la fois à écouter, tout en la conseillant, la victime, repérer l’endroit où se trouve la voiture supposément en fuite, dépêcher des hommes au domicile de la femme pour y découvrir peut-être qu’il a été le théâtre d’une tragédie horrible.
L’intérêt, à la fois ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside, dès lors, dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son. Des voix lointaines, chuchotantes ou implorantes, décrivent les conséquences d’un fait divers à jamais invisible aux yeux d’un spectateur, réduit au statut d’auditeur, catégorie à laquelle appartient, de facto, le policier lui-même. Le visage de celui-ci devient l’écran sur lequel s’inscrit un certain nombre d’évènements qui se jouent ailleurs, hors d’atteinte, et pourtant violents si l’on en croit ce que la bande-son en délivre. La perversité du scénariste consistera alors à méduser personnage et spectateur par un retournement qui dévoile l’illusion à laquelle ils ont succombé.

Film danois de Gustav Möller. Avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohman, Laura Bro (1 h 25). Sur le Web : www.arpselection.com/category/tous-nos-films/policier/the-guilty-459.html



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-17">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
Découvrir l’application


                        

Polar danois et homme-fourmi : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 07h37
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Maintenant que l’équipe de France a fini de coudre sa deuxième étoile, on peut reprendre en masse le chemin des salles. Le rythme estival commence à s’y installer, fait de films d’auteur qui tentent d’éviter la cohue de la rentrée, à l’image du personnage principal du film de Patricia Mazuy, qui bondit dans la garrigue, de divertissements pour petits et grands, et de redécouvertes, celle de la semaine venant d’un recoin méconnu du cinéma transalpin.
« Ant-Man et la Guêpe » : petits avec de grands pouvoirs

Nouvel arrivant dans la transposition à l’écran de l’univers super-héroïque Marvel, l’homme-fourmi nous a été révélé en 2015, sous les traits de l’acteur Paul Rudd, dans un film déjà signé Peyton Reed. Scott Lang (Rudd), sympathique cambrioleur, y endossait la combinaison atomique inventée par le professeur Hank Pym (Michael Douglas), permettant à son possesseur de varier sa taille à loisir et de commander le peuple des fourmis. Il revient aujourd’hui dans Ant-Man et la Guêpe, assigné à résidence et s’occupant, en bon papa gâteau, de sa fille, Cassie. Mais Hank Pym ne tarde pas à le recontacter pour une nouvelle mission : retrouver sa femme, ­Janet Van Dyne (l’ex-Catwoman Michelle Pfeiffer), prisonnière depuis des années de l’univers quantique. Pour ce faire, Ant-Man vole, en compagnie de la propre fille d’Hank et de Janet, la belle Hope Van Dyne (Evangeline Lilly), alias « la Guêpe », dont les charmes piquants ne le laissent pas insensible.
Cette constellation de personnages, d’univers et d’actions parallèles conduit à un point d’orgue bien orchestré, où leur montage télescopé fait habilement monter la mayonnaise. Nonobstant une belle course-poursuite sur terre et une belle divagation vernienne dans le monde quantique, ce n’est pas tant l’action qui fait la vertu de ce film que la volonté de la subordonner à des valeurs nettement plus douces. L’humour, par exemple, avec les descentes régulières, mais à chaque fois couronnées d’insuccès, du FBI au domicile de Scott (toujours de retour à temps).
Ant-Man pourrait d’ailleurs se définir comme la franchise de la décroissance dans l’univers marvélien. Moins de violence. Moins de superpouvoirs. Moins de monstruosité destructrice. Moins de grandiloquence cosmique. Moins de méchants hyperboliques. En revanche, plus de réalisme, plus d’attention aux acteurs, plus de comédie, plus de bricolage kitsch façon science-fiction des années 1980, plus de souci du foyer familial. C’est, si l’on veut, Disney qui prend sa revanche sur Marvel. J.M.
« Ant-Man et la Guêpe », film américain de Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michelle Pfeiffer, Michael Douglas (1 h 58).
« The Guilty » : terreur au bout de la ligne

Le premier long-métrage du réalisateur danois Gustav Möller tient du défi, d’un pari fait avec les spectateurs, celui d’un dispositif contraignant, a priori peu spectaculaire, qui maintiendra ceux-ci en haleine durant plus d’une heure vingt. Un policier, muté au standard du commissariat où on l’a relégué à la suite d’une faute professionnelle (la culpabilité sous-tend le comportement du personnage principal), passe son temps à répondre aux appels en tous genres qui lui parviennent. Il intercepte celui d’une femme qui dit avoir été victime d’un enlèvement, emmenée en voiture par son présumé kidnappeur.
Dès lors, l’homme ne quittera plus son poste, tentant de résoudre une série d’énigmes consistant à la fois à écouter, tout en la conseillant, la victime, repérer l’endroit où se trouve la voiture supposément en fuite, dépêcher des hommes au domicile de la femme pour y découvrir peut-être qu’il a été le théâtre d’une tragédie horrible.
L’intérêt, à la fois ludique et pervers, du film de Gustav Möller réside dans la narration d’une action perçue uniquement grâce à la bande-son. Des voix lointaines, chuchotantes ou implorantes, décrivent les conséquences d’un fait divers à jamais invisible aux yeux d’un spectateur réduit au statut d’auditeur, catégorie à laquelle appartient, de facto, le policier lui-même. Le visage de celui-ci devient l’écran. La perversité du scénariste consistera à méduser personnage et spectateur par un retournement qui dévoile l’illusion à laquelle ils ont succombé. Jean-François Rauger
« The Guilty », film danois de Gustav Möller. Avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohman, Laura Bro (1 h 25).
« Laura nue » : portrait de femme libre

Œuvre méconnue d’un cinéaste lui-même un peu oublié, Nicolo Ferrari, aujourd’hui âgé de 90 ans, Laura nue est une pépite sur laquelle le temps a merveilleusement travaillé. Cette coproduction italo-française se proposant d’exposer sans fard les affres de la condition féminine déclencha, en son temps, les foudres des institutions catholiques, et frappe aujourd’hui par sa sensibilité et sa charge politique.
Laura (Giorgia Moll) lambine tous les jours au lit, dans sa chambre d’enfant, atteignant l’âge fatidique où tout le monde autour d’elle la pousse à se marier, que ce soient ses parents, la bonne société où elle évolue, ou son petit ami Franco (Nino Castelnuovo). Elle lui accorde sa main sans conviction et rencontre, le jour même de ses noces, un jeune et ténébreux professeur, Marco (Tomas Milian), dont elle deviendra la maîtresse. Laura entame une carrière d’épouse volage, se donnant librement aux divers hommes qui l’attirent. Mais coucher pour se désennuyer ne débouche sur rien, car ce sont encore les hommes qui en profitent. D’un côté ou de l’autre des conventions, c’est l’amour qui fait systématiquement défaut.
A plusieurs reprises, la caméra s’approche du visage de Laura, qui vient remplir tout l’espace du cadre de son incertitude. En scrutant son regard à la fois doux et sombre, sa détresse, bientôt son innocence perdue, ­Nicolo Ferrari sonde le gouffre existentiel de son héroïne, son mélange de détermination et de fragilité. Sans oublier pour autant de rendre un hommage émouvant à sa beauté frémissante. Mathieu Macheret
« Laura nue », film français et italien de Nicolo Ferrari (1961). Avec Giorgia Moll, Tomas Milian, Nino Castelnuovo, Anne Vernon (1 h 40).
« Paul Sanchez est revenu ! » : Lafitte en bête de Roquebrune

« Trop barré pour le Festival de Cannes » : on se prend à rêver d’une telle bannière publicitaire pour le nouveau film de Patricia Mazuy, qui y fut refusé en mai. La comédie policière avec gendarmette et tueur en cavale y aurait pourtant jeté un vif rayon de soleil, tant l’ambiance y était sépulcrale. Tourné dans le Var, à quelques encablures de là, Paul Sanchez est revenu ! nous remet opportunément en mémoire une cinéaste trop rare (cinq longs-métrages en trente-quatre ans de carrière, et une poignée de téléfilms géniaux). Lieu du crime : Les Arcs, dans le Var, son poste de gendarmerie, son rocher rouge de Roquebrune qui domine la périphérie de la ville.
Dans le premier officie Marion (Zita Hanrot), gendarmette gaffeuse d’une brigade pas moins insolite. Dans les anfractuosités du second se planque un dingue (Laurent Lafitte), sur l’identité duquel plane un mystère qui participe grandement à la réussite du film. Qui est-il au juste ? Un représentant local en piscines répondant au nom de M. Gérard, qui vient de péter une durite et de quitter sa famille, ou l’hydre en personne, le yeti, le Landru, le monstre, le seul et véritable Paul Sanchez, disparu il y a des années après avoir trucidé sa famille ?
Le doute plane tout du long, et ce n’est évidemment pas ici qu’on va le lever. Si ça se trouve, la réponse à cette question n’est pas aussi cruciale qu’on pourrait le penser. L’essentiel serait peut-être ailleurs, dans le télescopage du Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, et du Faux Coupable, d’Alfred Hitchcock. Il fallait quand même que quelqu’un le tente un jour. Jacques Mandelbaum
« Paul Sanchez est revenu ! », film français de Patricia Mazuy. Avec Zita Hanrot, Laurent Lafitte, Philippe Girard, Idir Chender (1 h 51).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 18 juillet)
Paul Sanchez est revenu !, film français de Patricia Mazuy (à ne pas manquer)Ant-Man et la Guêpe, film américain de Peyton Reed (à voir)Penché dans le vent, documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (à voir)The Guilty, film danois de Gustav Möller (à voir)Come As You Are, film américain de Desiree Akhavan (pourquoi pas)Mon tissu préféré, film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji (pourquoi pas)Fleuve noir, film français d’Erick Zonca (on peut éviter)
A l’affiche également :
Break, film français de Marc FouchardMa reum, film français de Frédéric QuiringMaya l’abeille 2 : les jeux du miel, film d’animation allemand et autrichien de Noel Cleary, Sergio Delfino et Alexs Stadermann





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-18">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La plate-forme vient de lancer sa première série indienne, « Sacred Games », déjà vivement commentée. L’entreprise pense trouver en Inde l’une des plus grandes sources de croissance de ces prochaines années.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Netflix veut révolutionner les circuits de financement de Bollywood

La plate-forme vient de lancer sa première série indienne, « Sacred Games », déjà vivement commentée. L’entreprise pense trouver en Inde l’une des plus grandes sources de croissance de ces prochaines années.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 08h43
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



                                


                            

Netflix est-il en train de révolutionner Bollywood ? La plate-forme de streaming américaine vient de mettre en ligne, à grand bruit, sa première série indienne entièrement financée par ses soins. Disponible dans le monde entier depuis le 6 juillet, Sacred Games suscite énormément de commentaires dans le sous-continent. Certains n’hésitent pas à la comparer à la célèbre série Narcos qui, à partir de l’été 2015, a connu un retentissement mondial en relatant la vie du trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar, ou à la fameuse House of Cards, la première série originale de Netflix, qui date de 2013.
Sacred Games est tirée d’un roman de 900 pages – Le Seigneur de Bombay, dans sa parution française (Robert Laffont, 2008) – qui a valu à son auteur, Vikram Chandra, d’enquêter dix ans dans les milieux de la pègre. C’est l’histoire d’un pauvre flic dont la carrière s’envole le jour où il découvre la planque de Ganesh Gaitonde, roi des mafieux de la capitale financière de l’Inde. En huit épisodes, la série brosse le portrait d’une ville où, à chaque coin de rue, la corruption le dispute au fanatisme religieux.

Jusque-là, rien de terriblement original. Sauf que le public s’emballe, car Netflix n’est pas soumis à la censure par laquelle passent tous les films habituellement destinés à la télévision ou aux salles de cinéma. Les acteurs fument sans que la classique bannière antitabac du gouvernement ne surgisse à l’écran, les scènes de violence usent et abusent d’hémoglobine, et le sexe est présenté à l’état cru. « On hallucine ! », nous ont dit plusieurs cinéphiles locaux qui ont avalé la totalité de Sacred Games en moins de deux jours.
« Place à l’écriture »
« C’est à l’évidence un bon produit, une série qu’on peut regarder sans problème aux Etats-Unis ou en Europe, ce qui n’est pas le cas des superproductions bollywoodiennes traditionnelles si l’on n’est pas indien d’origine »,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-19">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Patricia Mazuy réussit une comédie policière décalée autour d’une gendarmette gaffeuse et d’un tueur fou.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
Découvrir l’application


                        

« Paul Sanchez est revenu ! » : le retour du monstre dans l’ennui du Sud

Patricia Mazuy réussit une comédie policière décalée autour d’une gendarmette gaffeuse et d’un tueur fou.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 16h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
« Trop barré pour le Festival de Cannes » : on se prend à rêver d’une telle bannière publicitaire pour le nouveau film de Patricia Mazuy, qui y fut refusé en mai. La comédie policière avec gendarmette et tueur en cavale y aurait pourtant jeté un vif rayon de soleil, tant l’ambiance y était sépulcrale.

        Lire l’entretien avec Patricia Mazuy et Laurent Lafitte :
         

          « Ce n’est pas Gilles Deleuze le personnage, quoi ! »



Tourné dans le Var, à quelques encablures de là, Paul Sanchez est revenu ! nous remet opportunément en mémoire une cinéaste trop rare, dont l’œuvre parcimonieuse (cinq longs-métrages en trente-quatre ans de carrière, et une poignée de téléfilms géniaux) peut toutefois se compter parmi l’école la plus échevelée du cinéma français. Une ligne généalogique folle, qui court de Jean Vigo à Alain Guiraudie, en passant par Jacques Rozier, Luc Moullet ou Jean-François Stévenin. Que des durs à cuire, anarchisants à l’inspiration retorse, qui ont eu maille à partir avec l’industrie, tournent quand ils peuvent, font droit à la poésie, cultivent leur liberté avant toute chose. Auteurs à ce titre de quelques-unes des plus vives flambées du cinéma français, coups de génie qui regardent du côté de l’errance et de l’embardée fantasque, de l’utopie communautaire et de la beauté hasardeuse des choses.
Forte comme la moutarde
Fille de boulangère, ex-HEC convertie au septième art, Dijonnaise forte comme la moutarde, amoureuse des chevaux, tenante d’un cinéma populaire destiné à des gens qu’on ne prend pas pour autant pour des imbéciles, prophétesse des nanas qui ne se laissent pas faire et épingleuse du rapport tordu entre les classes, l’auteure de Travolta et moi (1994) et de Sport de filles (2011) enlève ici une farce noire qui détonne dans notre cinématographie et l’honore ipso facto. Lieu du crime : Les Arcs, pas la commune à laquelle on pense, l’autre, dans le Var, proche du massif des Maures et des gorges du Verdon, avec son quartier médiéval surplombant la ville. Le film se partage entre deux lieux principaux, sans négliger toutefois les parages. Soit le poste de gendarmerie de la commune et le rocher rouge de Roquebrune qui domine la périphérie de la ville.
Dans le premier officie Marion, gendarmette gaffeuse d’une brigade pas moins insolite, commandée par un rugueux commandant dont on se demande s’il est un profond philosophe ou juste un cinoque de plus dans le cirque varois. Dans les anfractuosités du second se planque un dingue (Laurent Lafitte), sur l’identité duquel plane un mystère qui participe grandement à la réussite du film. La situation tourne en effet autour du retour annoncé – réitéré à tous les plans, claironné sur toutes les radios et les télés – de Paul Sanchez, monstre en cavale qui, voilà dix ans, a massacré femme et enfants, et que quelques témoins indéterminés viennent d’apercevoir en train de rôder autour de la gare. Emoi. D’autant plus compréhensible que la ville nous est montrée à rebours du cliché méridional, dans l’insondable routine de son ennui, dans l’indicible laideur de sa périphérie saccagée par les zones commerciales, dans la comptabilité des dépôts de plainte déprimants qui émaillent le quotidien de sa gendarmerie.
Paul Sanchez a la tête hallucinée que lui compose brillamment Laurent Lafitte
Marion – quand elle n’immobilise pas le véhicule de marque allemande haut de gamme de l’acteur Johnny Depp, qui se trouve pourtant à l’arrêt pour cause de fellation – vit seule avec sa tortue et fricote vaguement avec le jeune échotier d’un journal local qui se dessèche à couvrir les prix des plus belles Tropéziennes. Les deux jeunes gens se jetteront donc la tête la première sur l’affaire. Pendant ce temps, en montage alterné, on découvre petit à petit l’homme qui se cache. Il a la tête hallucinée que lui compose brillamment Laurent Lafitte (qui sort déjà d’un rôle de déséquilibré dans Elle, de Paul Ver­hoeven), dort la nuit dans un trou, passe ses journées à vitupérer, à débiter des menaces sanglantes, à commettre de menus larcins et ne dispose plus à l’évidence de toute sa raison. Mais qui est-il au juste ? Un représentant local en piscines répondant au nom de Monsieur Gérard, qui vient de péter une durite et de quitter sa famille, ou l’hydre en personne, le yeti, le Landru, le monstre, le seul et véritable Paul Sanchez ?
Le doute plane tout du long, et ce n’est évidemment pas ici qu’on va le lever. Osera-t-on révéler que, peut-être, si ça se trouve, la réponse à cette question n’est pas aussi cruciale qu’on pourrait le penser ? Que l’essentiel serait peut-être ailleurs ? Dans le téléscopage du Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, et du Faux Coupable, d’Alfred Hitchcock, qu’il fallait quand même que quelqu’un tente un jour. Dans la violence sociale qui couve sous la douceur du climat. Enfin, dans la fascination générale exercée par le fait divers sanglant, prisme miroitant dans lequel se reflète une société pétrifiée par l’ennui, la solitude et la peur. La partition décalée de John Cale, à base de flûte et de trompette, orne à plaisir cette bizarrerie frontale de Patricia Mazuy, riant jaune et voyant juste.

Film français de Patricia Mazuy. Avec Zita Hanrot, Laurent Lafitte, Philippe Girard, Idir Chender (1 h 51). Sur le Web : www.sbs-distribution.fr/distribution-france-paul-sanchez-est-revenu

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 18 juillet)
Paul Sanchez est revenu !, film français de Patricia Mazuy (à ne pas manquer)Ant-Man et la Guêpe, film américain de Peyton Reed (à voir)Penché dans le vent, documentaire allemand de Thomas Riedelsheimer (à voir)The Guilty, film danois de Gustav Möller (à voir)Come As You Are, film américain de Desiree Akhavan (pourquoi pas)Mon tissu préféré, film français, allemand et turc de et avec Gaya Jiji (pourquoi pas)Fleuve noir, film français d’Erick Zonca (on peut éviter)
A l’affiche également :
Break, film français de Marc FouchardMa reum, film français de Frédéric QuiringMaya l’abeille 2 : les jeux du miel, film d’animation allemand et autrichien de Noel Cleary, Sergio Delfino et Alexs Stadermann





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-20">
<filnamedate="20180718"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180718"><AAMMJJHH="2018071819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le duo d’artistes a ouvert les portes de sa demeure-atelier à l’occasion de l’exposition qu’ils présentent à Arles.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


A Londres, dans la maison de Gilbert & George

Le duo d’artistes a ouvert les portes de sa demeure-atelier à l’occasion de l’exposition qu’ils présentent à Arles.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 13h52
    |

                            Philippe Dagen (Londres, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Pour se rendre à Fournier Street, à Londres, chez Gilbert & George – Gilbert Prousch, né en Italie du Nord en 1943, et George Passmore, né à Plymouth en 1942 –, le mieux est de descendre à la station de métro Liverpool Street et de traverser le très bobo Old Spitalfields Market. De l’autre côté, ce n’est pas le même monde : de modestes maisons à deux ou trois étages. Un panneau qui indique que l’on entre dans un « responsible drinking borough » (« quartier de consommation d’alcool responsable »). Jusqu’à 500 livres (565 euros) d’amende en cas d’ébriété sur la voie publique. Ayant consacré l’une de leurs premières séries à l’alcoolisme, les deux artistes ne peuvent qu’apprécier que Fournier Street se place sous le signe de la tempérance.
La rue se place aussi sous celui des religions, elle qui commence par une église anglicane et finit par une mosquée, celle de Brick Lane. De l’extérieur, c’est un bâtiment de brique semblable à ceux qui l’entourent. Gilbert et George en connaissent l’histoire par cœur. L’immeuble a d’abord été au XVIIIe siècle un temple protestant – « des huguenots français », précisent-ils –, puis, à partir du XIXe siècle, une synagogue pour les émigrés juifs de Russie et d’Europe centrale. Ce n’est une mosquée que depuis les années 1970, pour la communauté bengalaise qui a remplacé les familles juives parties vers d’autres quartiers.
Conversation avec un clochard
A peu près au milieu de la rue, sur ce qui fut jadis la vitrine d’un certain S. Schwartz, désormais couverte de panneaux de bois, une grande tête bleu vif est peinte. De part et d’autre, deux oiseaux bleu azur façon cartoon américain des années 1950. Un phylactère annonce que celui de gauche se nomme Gilbert, celui de droite George. C’est dire que le couple ne cache pas où il habite. Il est vrai qu’ils peuvent difficilement passer inaperçus.
On en aura la preuve quand, au terme de la rencontre, ils accompagneront le « French...




                        

                        

