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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Eau, biodiversité, déchets, énergies fossiles… le gouvernement doit revoir ses politiques publiques pour atteindre les cibles des Nations unies.
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Objectifs de développement durable : la France doit accélérer

Eau, biodiversité, déchets, énergies fossiles… le gouvernement doit revoir ses politiques publiques pour atteindre les cibles des Nations unies.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 12h09
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

En dévoilant à New York, mardi 17 juillet, à l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations unies consacré aux Objectifs de développement durable (ODD), un film tourné avec le bateau Energy-Observer, la délégation française a donné un exemple concret de l’engagement hexagonal en la matière.
Energy-Observer, premier navire à hydrogène autonome en énergie sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines, fonctionnant grâce à un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène décarbonée à partir de l’eau de mer, a quitté Venise le 16 juillet pour rejoindre la France, puis les îles Baléares, après avoir déjà fait escale en Albanie, au Monténégro et en Croatie. Il accomplit une « Odyssée pour le futur » de six ans (2017-2022), 50 pays, 101 escales, menée par Victorien Erussard, fondateur, capitaine et premier ambassadeur français des ODD.
L’escale de Venise est un parfait exemple des défis environnementaux qui menacent la planète, et la cité des Doges en particulier, visitée chaque année par trente millions de touristes : montée du niveau des mers, changement climatique, disparition de la biodiversité marine, pollution maritime intense, fragilisation de la ville.

Adoptés en septembre 2015 par 193 pays lors de l’Assemblée générale des Nations unies, et entrés en vigueur en janvier 2016, les dix-sept Objectifs de développement durable, ou Agenda 2030 – qui s’accompagnent de 169 cibles précises –, font suite aux huit Objectifs du millénaire pour le développement qui couvraient la période 2000-2015. Plus nombreux, les ODD s’attachent aussi à éradiquer la pauvreté, la faim, à garantir une éducation pour tous, l’égalité entre les sexes, à offrir santé et bien-être. La question d’un développement soucieux de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique est centrale.
Progrès enregistrés
Chaque pays en fait une déclinaison nationale et doit élaborer son agenda....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs produits vendus dans des grandes surfaces en France ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants, à la suite d’une alerte sur une possible contamination à la listeria de marchandises de l’entreprise Greenyard fabriquées en Hongrie.
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Alerte aux légumes hongrois surgelés contaminés à la listeria

Plusieurs produits vendus dans des grandes surfaces en France ont été rappelés par les distributeurs et les fabricants, à la suite d’une alerte sur une possible contamination à la listeria de marchandises de l’entreprise Greenyard fabriquées en Hongrie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h14
    |

            Cécile Prudhomme








                        


Une nouvelle crise sanitaire agite actuellement les pouvoirs publics. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été informée par le biais du réseau d’alerte européen Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) d’un risque de contamination à la listeria de légumes surgelés. L’autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire a demandé, le 29 juin, à l’entreprise belge Greenyard de procéder au retrait et au rappel des légumes surgelés – notamment du maïs – fabriqués entre le 13 août 2016 et le 20 juin, dans un de ses sites en Hongrie.
Le 11 juillet, la DGCCRF a fait savoir que « des livraisons de produits concernés par ce rappel [avaient] été faites en France ». Lidl a annoncé le retrait en magasin et le rappel auprès des consommateurs de légumes vapeur de marque Freshona ; Carrefour, de ses poêlées surgelées vendues sous sa propre marque (chili con carne boulettes de bœuf et poêlée de riz au poulet et champignons) ; Auchan, de ses salades de riz niçoises, salades camarguaises et salades landaises de marque L’Assiette d’Antoine ; Leader Price, de son mélange mexicain vendu dans les Outre-mer. L’industriel D’Aucy a rappelé, de son côté, ses surgelés poêlée villageoise, mélange caraïbe et mélange mexicain.

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Côté à la Bourse de Bruxelles, Greenyard a évalué, mardi 17 juillet, à environ 30 millions d’euros « après assurances », le coût des rappels des produits.
« Ingrédient incorporé dans de nombreux produits transformés »
« Comme pour les œufs contaminés au fipronil [à l’été 2017], c’est un ingrédient [le maïs] qui a été incorporé dans de nombreux produits transformés (légumes, salades…) », explique Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la DGCCRF. Cette institution s’attelle actuellement à identifier tous les produits, et notamment les plats préparés, dans lesquels ce maïs surgelé de Hongrie aurait pu être utilisé.
Sur son site Internet, la DGCCRF met régulièrement à jour la liste des produits rappelés, qui ne doivent pas être consommés.

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La crise des œufs contaminés au fipronil avait marqué l’été 2017. Le plus compliqué pour les autorités avait été de déceler dans quelles préparations ils avaient pu se retrouver. Une soixantaine d’élevages de volaille produisant des œufs biologiques aux Pays-Bas avaient utilisé une quinzaine de produits pesticides et désinfectants non autorisés, avait révélé l’association Foodwatch, à la mi-juin. Cette crise sanitaire avait conduit au retrait de plusieurs marques de gaufres.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait estimé que « le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible » au regard du degré de contamination. Il n’y avait alors pas eu de procédure de rappel auprès des consommateurs.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le nombre de nouvelles infections reste beaucoup trop élevé pour espérer mettre un terme à la pandémie.
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Sida : la prévention est en crise, selon l’ONU

Le nombre de nouvelles infections reste beaucoup trop élevé pour espérer mettre un terme à la pandémie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h58
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Faille de la prévention, manque de financement, ralentissement des progrès : à moins d’une semaine de la 22e conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Amsterdam du 23 au 27 juillet, l’Onusida tire le signal d’alarme. Si, pour la première fois, le nombre de personnes mortes de maladies liées au sida passe sous la barre symbolique du million, le chiffre des nouvelles infections identifiées en 2017 reste désespérément élevé : 1,8 million de personnes ont découvert leur séropositivité, soit près de 5 000 cas par jour. Le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, évoque « une crise ».
Dans un rapport intitulé « Un long chemin reste à parcourir », publié mercredi 18 juillet, l’organisation estime que « la riposte mondiale au sida se trouve dans une situation particulièrement préoccupante : les succès, certes remarquables – mais encore limités – que nous avons connus en termes de vies sauvées et d’arrêt de nouvelles infections par le VIH sont en train d’ouvrir dangereusement la voie à une certaine forme de complaisance. A mi-chemin des objectifs à atteindre d’ici 2020, le rythme des progrès est encore loin d’être à la mesure de l’ambition affichée. »

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Cette ambition est de parvenir à moins de 500 000 morts liés au sida par an en 2020. Elle est aussi qu’à la même échéance, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Il s’agirait également que 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes traitées aient une charge virale durablement supprimée, ce qui signifie une infection sous contrôle et un risque minime de transmission du virus.
Efforts gigantesques
En 2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, un nombre qui croît mécaniquement du fait du déploiement des traitements antirétroviraux qui permet aux malades de vivre avec le virus. 59 % des personnes séropositives ont ainsi eu accès à ces médicaments – contre 53 % en 2016.
Cela reste trop peu. Pour atteindre en 2020 les 30 millions de personnes sous traitement – contre 21,7 millions en 2017 –, il faudrait accroître leur nombre chaque année de près de 2,8 millions. Or, l’augmentation en 2017 n’a été que de 150 000 personnes par rapport à 2016. Cet écart donne la mesure des efforts gigantesques à accomplir pour espérer mettre fin à une pandémie qui, depuis son apparition en 1981, a tué 35,4 millions d’humains et infecté 77,3 millions de personnes. La tuberculose constitue la principale cause de décès : un patient atteint du VIH sur trois succombe à cette maladie.
Le domaine de la prévention est le plus problématique. En l’absence d’un vaccin, qui sera indispensable pour espérer réduire à néant ou presque la pandémie, la stagnation du nombre des nouvelles infections risque de compromettre les progrès. Si l’on se réfère au pic atteint en 1996 (3,4 millions de nouvelles infections par le VIH), le nombre observé en 2017 (1,8 million) représente une baisse de 47 %. Mais comparé à 2010, les nouvelles infections n’ont diminué que de 16 %, alors qu’atteindre les objectifs pour 2020 impliquerait une réduction de 75 %.
Cette crise de la prévention résulte des lacunes des programmes visant à empêcher les nouvelles contaminations, en particulier, d’une part, en Europe de l’Est et Asie centrale et, d’autre part, en Afrique de l’Ouest et centrale. Dans ces régions et au Moyen-Orient, le nombre des nouvelles infections a presque doublé depuis 2000.
Les services et interventions de prévention (circoncision, préservatif…) ne sont pas fournis à une échelle adéquate et avec une intensité suffisante. De plus, ils n’atteignent pas les personnes qui en ont le plus besoin, souvent du fait des politiques répressives et discriminatoires. Les adolescentes et jeunes femmes, les enfants, les hommes ayant des rapports homosexuels, les consommateurs de drogues injectables, les travailleuses du sexe, les femmes transgenres, tous ceux désignés sous le terme de « populations-clés » sont ainsi les laissés-pour-compte de la prévention.
Les adolescentes et jeunes femmes d’Afrique subsaharienne (15-24 ans) représentaient un quart des infections par le VIH en 2017 alors qu’elles ne constituent que 10 % de la population. Dans cette région du monde, les femmes comptent pour 59 % des nouvelles infections chez les 15 ans et plus. Une vulnérabilité liée aux violences à leur égard qui freine également l’accès aux services de santé maternelle et infantile et la détection précoce de l’infection chez la femme enceinte pour prévenir la transmission de l’infection chez l’enfant.
« Investissements indispensables »
En 2017, 180 000 enfants ont été contaminés à la naissance ou lors de l’allaitement maternel dans le monde. Les tests virologiques pour les nouveau-nés exposés au VIH demeurent insuffisamment disponibles ce qui retarde d’autant la mise en route du traitement.
Les autres populations-clés sont particulièrement en danger. En 2017, les hommes ayant des rapports homosexuels avaient un risque d’infection vingt-huit fois plus élevé que les hommes n’ayant que des rapports hétérosexuels. Chez les consommateurs de drogues injectables, le risque est multiplié par vingt-deux comparé aux non-utilisateurs. Il est treize fois plus élevé chez les travailleuses du sexe que chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, de même que chez les femmes transgenres comparées aux personnes âgées de 15 à 49 ans.
Ces motifs d’inquiétude sont accrus par les incertitudes sur le financement de la riposte à l’épidémie. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, il a augmenté de 8 % entre 2016 et 2017. Un total de 20,6 milliards de dollars (17,6 milliards d’euros) étaient disponibles en 2017, soit 80 % de la cible pour 2020. Cependant, l’Onusida souligne qu’il « n’y a pas eu de nouveaux engagements significatifs de la part des bailleurs en 2017 » et craint des conséquences catastrophiques si les financements internationaux étaient amputés de 20 %.

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En 2019, la France accueillera la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Nous demandons au président Emmanuel Macron de jouer pleinement le rôle de premier de cordée en mobilisant dès maintenant ses homologues internationaux pour obtenir des contributions à hauteur de 14,5 à 18 milliards de dollars. Ces investissements supplémentaires seront indispensables pour éviter une reprise de l’épidémie au niveau mondial dans les prochaines années », alerte Aurélien Beaucamp, président d’Aides, association membre de Coalition PLUS.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Dans un avis rendu le 18 juillet, l’Agence de sécurité sanitaire estime que leur efficacité n’est pas prouvée. Elle recommande de ne pas les utiliser.
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Pollution : les masques donnent un « faux sentiment de protection », avertit l’Anses

Dans un avis rendu le 18 juillet, l’Agence de sécurité sanitaire estime que leur efficacité n’est pas prouvée. Elle recommande de ne pas les utiliser.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h42
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Petite devinette. Qu’est-ce qui existe « en version cuir pour les personnes chics », « en couleur fluo pour les sportifs », « avec des modèles ludiques en forme d’animaux pour les enfants » ? Le nouveau maillot de bain tendance de l’été ? Mauvaise pioche. La dernière chemisette à enfiler à l’heure de l’apéro ? Encore raté. Un indice : ils promettent à leur possesseur de les « protéger efficacement »… de la pollution. Tapez « masque » et « pollution » sur un moteur de recherche et une ribambelle de modèles apparaissent à l’écran. Le « N°1 des ventes » sur le plus grand site de commerce en ligne s’affiche à 13,99 euros. Pour cette modique somme, il garantie une protection contre les gaz, les odeurs, le pollen, la fumée, les virus, les bactéries et « toutes les particules fines ». 
Mais ces masques dits antipollution, dont s’affublent notamment de plus en plus de cyclistes dans les grandes agglomérations, sont-ils réellement efficaces ? Pas vraiment, si on en croit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans un avis rendu mercredi 18 juillet, l’Anses estime que les données sont insuffisantes pour attester d’un bénéfice sanitaire et recommander leur utilisation.
215 produits
L’agence avait été saisie en septembre 2015 par les ministères de la santé et du travail afin de mener une évaluation sur leur efficacité et l’intérêt d’en recommander l’usage. Une étude de marché, réalisée en 2016, a identifié pas moins de 215 produits revendiquant une efficacité en matière de protection contre la pollution de l’air. Le marché français est relativement restreint avec un chiffre d’affaires compris entre 135 000 et 150 000 euros en 2015, pour environ 20 000 unités vendues.

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Les cibles principales de ces produits sont les cyclistes ou usagers de deux roues motorisés, les populations sensibles (personnes âgées ou allergiques, enfants, femmes enceintes) ainsi que les voyageurs ou expatriés dans des zones géographiques fortement polluées.
L’efficacité d’un masque dépend de sa conception, des performances du filtre dont il est équipé et d’autres paramètres tels que son adaptation à la morphologie de l’utilisateur. Or, note l’Anses, si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation. Celle-ci peut diminuer ou être annulée du fait d’un simple mauvais ajustement au visage (enfant, présence de barbe…). Elle peut aussi être annihilée par un manque d’entretien, une activité physique intense susceptible d’augmenter le débit respiratoire, ou l’absence d’information et de formation sur les conditions d’utilisation, de stockage ou de renouvellement.
« Surexposition »
Autre biais relevé par l’expertise de l’Anses, la plupart des masques revendiquent des technologies de filtrations visant les particules, jusqu’aux ultra-fines (de l’ordre du nanomètre de diamètre) pour les modèles les plus chers. Or, la pollution de l’air, rappelle le rapport, se caractérise par un mélange complexe de particules et de gaz, comme les très toxiques oxydes d’azote émis par les véhicules diesel. Ces masques ne protègent donc pas contre les nombreuses substances présentes dans l’air à l’état gazeux.

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Les experts de l’Anses ont également épluché la littérature scientifique. Et là aussi, ils n’ont trouvé « aucune donnée » permettant de conclure sur un bénéfice potentiel du port de masque en conditions réelles d’utilisation. Ils estiment même qu’il pourrait donner un « faux sentiment de protection » chez l’utilisateur et entraîner des comportements conduisant à une « surexposition ». Ainsi, un cycliste masqué pédalant sur un axe à fort trafic pourrait être plus exposé à la pollution qu’un cycliste à visage découvert privilégiant un trajet moins fréquenté.
Au final, l’Anses ne recommande pas aux pouvoirs publics d’encourager le port du masque mais d’agir en priorité à la source en réduisant les émissions de polluants, responsables chaque année de 48 000 morts prématurées en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La pollution des mégots, dont une grande quantité finit dans les océans, a des conséquences néfastes sur la biodiversité aquatique.
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Fumer nuit gravement à la santé des poissons

La pollution des mégots, dont une grande quantité finit dans les océans, a des conséquences néfastes sur la biodiversité aquatique.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h29
    |

                            Aline Nippert








                        



   


Deux milliards de mégots environ (350 tonnes) sont ramassés chaque année à Paris. 500 millions à Marseille et 200 millions à Bordeaux. Les chiffres du ministère de la transition écologique et solidaire donnent une idée de l’enjeu écologique que cette pollution urbaine représente. Car nombre de ces déchets toxiques finiront dans les fonds marins et océaniques.
Une fois l’ultime bouffée de cigarette ingérée, son abandon sur le trottoir signe potentiellement le début d’un long périple. Certains mégots n’échappent pas aux aspirateurs des agents de nettoyage urbains. Pour les rescapés, le ruissellement de la pluie suffit pour provoquer une chute par le caniveau, malgré les grilles dont certaines sont dotées. « Ces grilles réduisent fortement la concentration de déchets dans les eaux pluviales ou les rejets urbains de temps de pluie, mais laissent passer quantité de mégots », souligne Johnny Gasperi, maître de conférences au Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (LEESU, université Paris-Est-Créteil et Ecole des Ponts ParisTech). Ces mailles franchies, le destin des mégots dépend du type de réseau de drainage des eaux qu’ils ont à traverser.

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Le réseau d’assainissement « unitaire » achemine eaux domestiques et pluviales vers la même station d’épuration. « Quasiment tous les vieux centres historiques sont équipés d’un réseau unique, précise Johnny Gasperi. Paris intra-muros et la première couronne sont dans ce cas. » Le mégot chemine donc vers la station d’épuration, mais sa course est arrêtée juste avant de franchir la ligne. « Les stations font d’abord un dégrillage de l’eau pour évacuer tous les macrodéchets. » Et les mégots, ainsi que tous les autres détritus pêchés (résidus de plastique, cotons-tiges, etc.), finissent alors brûlés ou dans un centre d’enfouissement des déchets.
Les choses se compliquent en cas de grosse averse. « Lorsqu’une grande masse d’eau arrive, le surplus est stocké dans des cuves. Mais une fois ces ouvrages saturés, le trop-plein est directement déversé dans les cours d’eau. », explique le spécialiste. A Paris, ces eaux non-traitées se retrouvent dans la Seine. Et les mégots avec.

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Le réseau séparatif, quant à lui, draine les eaux domestiques et les eaux pluviales via des canaux distincts. « Les nouveaux quartiers ou les extensions de centres-villes très récents en sont quasiment tous équipés. », affirme Johnny Gasperi. Dans ce système, seules les eaux domestiques sont soumises au traitement en station d’épuration. « Les eaux de pluie – chargées des détritus amassés – sont déversées dans les cours d’eau généralement sans être traitées. » 
Et une fois que les mégots plongent dans un cours d’eau, aucun filtre n’entrave leur course jusqu’à l’océan.
Déchets dangereux
« Lorsque les mégots se décomposent dans le milieu naturel, le relargage de polluants est alors direct », note l’enseignant-chercheur. Une récente étude menée à l’Université technique de Berlin estime qu’un mégot de cigarette peut contaminer jusqu’à 1 000 litres d’eau.
Les résidus de cigarette sont composés d’un cocktail d’éléments chimiques, parmi lesquels des métaux lourds (cadmium, plomb, chrome, mercure), du goudron et de la nicotine. Sans oublier le filtre lui-même, souvent fabriqué à partir d’acétate de cellulose, une matière plastique non biodégradable.

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« La nicotine, nous apprend l’étude allemande, est utilisée en tant qu’insecticide depuis le XVe  siècle. Son emploi [en tant que pesticide] est très encadré aux Etats-Unis, au Canada et en Europe à cause de sa toxicité sur la biodiversité aquatique. » Or, cette molécule est très soluble dans l’eau. En septembre 2017, un rapport d’étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) classe les mégots comme « déchets dangereux ». C’est notamment « le contenu en nicotine, substance analysée au cours des investigations, [qui] conduit au classement des mégots au titre de la propriété HP 6 (toxicité aiguë) », précise le rapport.
Poissons et micro-organismes aquatiques, fumeurs passifs
L’étude de l’INERIS met notamment en évidence la toxicité des mégots sur des micro-organismes aquatiques (bactéries, microcrustacés, micro-algues) à partir d’« évaluations par essais ». Certains résultats sont éloquents : le microcrustacé Ceriodaphnia dubia ne parvient plus à se reproduire après 96 heures en présence de seulement 0,06 % de l’éluat réalisé à partir de mégots broyés. La croissance des micro-algues P. subcapitata, quant à elle, est paralysée après 72 heures en contact de 0,77 % de l’éluat. Ces essais écotoxicologiques conduisent également à attribuer aux mégots « la propriété de danger HP 14 (écotoxique) ».
Les poissons font aussi partie des victimes de cette pollution des eaux. Un seul mégot de cigarette peut suffire à décimer la moitié d’une population de poissons nageant dans un litre d’eau. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l’Université d’Etat de San Diego, en 2011, dans une étude menée sur des poissons marins (Atherinops affinis) et d’eau douce (Pimephales promelas).
Les travaux sur la pollution des eaux par les mégots de cigarette, longtemps considérée comme négligeable, sont encore peu nombreux. Mais le sujet agite de plus en plus la communauté scientifique. Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) est partenaire d’un projet de recherche européen dont l’un des volets vise précisément à mesurer l’impact que pourraient avoir les mégots sur les espèces marines.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Il a fallu cinq heures au bus à impériale pour se frayer un passage dans la capitale croate, le 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Ce concours récompense un photographe dont le travail répond aux exigences du jury : un thème lié à l’environnement.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.
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Développement durable : « Nous avons encore le choix de changer la trajectoire »

Le directeur du Programme des Nations unies pour le développement, Achim Steiner, dénonce l’inertie des systèmes politiques contre la pauvreté et le réchauffement.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 11h13
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Du 16 au 18 juillet, se tient à New York le forum de haut niveau rassemblant les gouvernements pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015 par les Nations unies. Directeur général du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner fait le point sur leur avancement.
Les objectifs de développement durable ont été adoptés en 2015. La situation apparaît toujours aussi contrastée…
En créant ce cadre pour tracer un futur commun, en 2015 lors d’une assemblée générale des Nations unies, nous reconnaissions que le modèle passé, réduit au seul développement économique, n’était pas une solution pour un monde de 7, 8 ou 9 milliards de personnes. Le constat était que les inégalités, la durabilité ou plutôt la non-durabilité du développement étaient de plus en plus des facteurs d’échec. Les ODD traduisent cette évolution.
C’est aussi la reconnaissance que le développement ne peut se faire dans le strict cadre des souverainetés nationales, mais qu’il faut tenir compte de l’interdépendance des pays pour régler les grands défis : l’émergence des nouvelles technologies, des nouveaux marchés…
D’un autre côté, les ODD ne sont pas une formule magique résolvant tous les problèmes. Ils donnent un cadre pour agir dans un contexte national et dans un cadre international : « Ne laisser personne derrière ». Ce principe est essentiel dans un monde contemporain habité par de plus en plus de conflits, de radicalisation et d’émergence d’extrémismes dans nos sociétés. Ces objectifs nous donnent une langue commune et des principes.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) existaient avant. Pourquoi une nouvelle formule ?
Les OMD n’étaient qu’au nombre de sept et très centrés sur les problèmes des pays en voie de développement. Ils ne reconnaissaient justement pas ce principe d’interdépendance des pays entre eux. Or ce que font les pays du Nord a un impact sur les pays du Sud.

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Le changement climatique occupe une place importante dans les ODD. Est-ce un nouveau paradigme ?
En effet, la question climatique impose de nouveaux défis en termes de développement, comme le montre l’objectif 13, « mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques ». Ce peut être un levier incroyable. On le voit dans le domaine de l’énergie où les modèles sont en train de changer. Mais aussi dans les transports ou l’agriculture. Cela devient une opportunité économique et sociale.
Ce qui est en jeu, c’est le changement global du modèle économique. Le secteur privé regarde les futurs marchés dans lesquels il peut investir, et a pris des engagements importants. Il ne s’agit plus seulement pour lui d’assurer un retour rapide sur investissement, mais de se poser la question : « Mon argent va-t-il contribuer à régler un problème ou à l’accentuer ? »
Cela montre la capacité du système financier, traditionnellement très conservateur, à s’engager sur de nouvelles voies. Ce défi du financement de la transition se retrouve plus particulièrement dans les objectifs 6 [eau propre et assainissement], 7 [énergie propre et d’un coût abordable], 11 [villes et communautés durables] et 12 [consommations et productions responsables].
« Le facteur fondamental de la violence dans le Sahel est l’échec du développement »
Quels sont les points noirs sur l’agenda des ODD ?
Notre problème aujourd’hui n’est pas que nous manquions d’idées, de concepts pour régler le problème de la pauvreté par exemple. Il vient de l’inertie des systèmes politiques, et aussi de la sphère économique. Aujourd’hui, dans le système actuel, beaucoup font du très bon business, accumulent des profits qui ne sont absolument pas partagés. Cette inertie est un vrai défi parce qu’avec le changement climatique, et la signature de l’accord de Paris, nous avons un délai très court pour avancer sur la « décarbonation » de nos économies.
Les pays ont commencé à travailler mais nous savons bien qu’au niveau global, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas diminué et que l’économie continue comme avant, dans le domaine des transports, des énergies… Autant de secteurs dans lesquels la question des émissions de carbone restent essentielles.
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) a encore constaté, dans son dernier rapport, que l’on avait quasiment dépassé le point de non-retour dans la limitation à 2 °C du réchauffement. Nous sommes à un moment crucial pour la civilisation, parce que nous avons encore le choix de changer la trajectoire de la planète pour les cinq cents prochaines années, pour les prochaines générations. Mais cette perspective n’est pas au centre de nos préoccupations. La conscience de l’urgence d’agir n’est pas claire.

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La situation internationale est plus volatile qu’il y a quinze, vingt ans. Pourquoi ? La cohésion est en crise, nous avons perdu la notion de contrat social et cette crise n’existe pas que dans les pays en voie de développement. L’inégalité divise toutes les sociétés. Nous vivons une époque dans laquelle les conflits, les guerres, entre pays et à l’intérieur d’un même pays sont à un niveau élevé, avec le terrorisme aussi. Or, les ODD ne sont pas que la reconnaissance de valeurs positives, ce sont des outils pour éviter les radicalisations, les conflits. On peut faire intervenir des forces des Nations unies au Mali, au Sahel, mais le facteur fondamental de la violence dans cette région est l’échec du développement.
La question climatique pose le problème de l’adaptation mais on sait que le nombre de réfugiés ne va pas cesser de croître. Avec les ODD, nous disons clairement qu’il faut non seulement répondre dans l’urgence mais investir dans les pays, intervenir certes mais surtout prévenir.
Ce constat du lien entre pauvreté, inégalités et conflits est fait depuis des décennies. Mais on a l’impression que la machine onusienne est grippée. Et Donald Trump montre qu’on peut s’affranchir du collectif sur le développement ou le climat…
Ce ne sont pas seulement les Nations unies qui sont grippées, le monde entier l’est, l’ONU n’étant que le reflet de cette situation. Le défi du multilatéralisme est de répondre à la question des moyens d’action dans un monde où le nationalisme et le protectionnisme progressent. Oui, Donald Trump représente un défi, on le voit avec le G7, la COP, l’accord sur le nucléaire iranien… Et dans ce moment sensible, nous risquons de perdre l’équilibre.
Mais l’histoire du monde ne se résume pas à Trump, ou à une seule politique nationale : il s’agit de maintenir le consensus autour d’un développement économique qui apporte le bien-être social et soit accueillant à l’autre. Une pandémie ne s’arrête pas à l’aéroport de Paris ou au port de Marseille. Il faut travailler dans le cadre des Nations unies pour mettre en commun les moyens pour combattre les risques.
Aujourd’hui par exemple, l’Europe est très préoccupée par la question des réfugiés, des migrations. On a vu le désespoir et la tragédie face à des murs, des grillages. En juin 2018, l’Europe doit trouver les moyens collectifs d’accueillir un bateau de réfugiés, de répondre à ce défi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.
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Dieselgate : Opel visé par une enquête en Allemagne

Selon le journal « Bild », le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se mettrait complètement à l’arrêt pendant la conduite.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h37
   





                        



   


Le constructeur automobile Opel, filiale de PSA, est visé par une enquête des autorités allemandes dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé, samedi 14 juillet, le ministère allemand des transports.
« Il y a une audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 », a indiqué un porte-parole du ministère, ajoutant que « rien de définitif » ne pouvait être dit avant les résultats finaux de la procédure.
Dans son édition à paraître dimanche, le tabloïd Bild, qui ne cite pas ses sources, affirme que l’Agence fédérale de l’automobile (KBA), tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides » selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ».

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Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen (VW) d’avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées.
Plus de dix fois les normes d’émission d’oxyde d’azote
Selon Bild, il s’agit pour Opel des modèles Cascada, Insignia et Zafira. Au total, 60 000 véhicules seraient concernés dans le monde, dont 10 000 en Allemagne. Ils excéderaient « plus de dix fois » les normes d’émission d’oxyde d’azote, écrit Bild.
« La production actuelle n’est toutefois pas touchée », poursuit le journal, citant des sources internes à Opel. Selon Bild, KBA a informé Opel « cette semaine » de ses soupçons et lui a donné « deux semaines » pour donner sa réponse. Mais « Opel n’a reçu aucune information de la part du KBA », a indiqué le constructeur sur Twitter.
KBA avait déjà demandé en 2016 à plusieurs constructeurs, dont Opel, de réduire leurs émissions, rappelle l’agence de presse allemande DPA. Concernant Opel, 90 000 véhicules des modèles pointés par Bild (Zafira, Cascada et Insignia) étaient alors concernés. La procédure de mise aux normes volontaire de ces modèles se poursuit, a encore fait valoir un porte-parole d’Opel, cité par DPA.

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Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de VW et de ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l’équipementier Bosch. Plusieurs hauts dirigeants de VW, dont l’ex-patron Martin Winterkorn, font l’objet de différentes enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.
En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron du constructeur Audi, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Parmi les raisons du déclenchement de la Révolution française, dans une société dont la bourgeoisie était prête pour le changement, la météo et les mauvaises récoltes ont pu jouer un rôle d’« étincelle ».
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La météo influence (en partie) la politique : climat, crise agricole et Révolution française

Parmi les raisons du déclenchement de la Révolution française, dans une société dont la bourgeoisie était prête pour le changement, la météo et les mauvaises récoltes ont pu jouer un rôle d’« étincelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h20
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Dans un siècle où le climat occupe une place centrale et légitime dans les préoccupations, le lien entre modifications climatiques, météo (quotidienne) et pouvoir politique peut être moins subtil qu’on ne le pense. Même dans la Chine du XXIe siècle, le pouvoir commence à se préoccuper à la fois de la pollution et du changement climatique, après des décennies à soutenir la croissance aux dépens de l’environnement.
Le propos de cet article n’est pas de démontrer que la météo ou le climat sont à l’origine des changements politiques, mais comment — avec d’autres facteurs — ils influencent les régimes politiques et leur avenir.
Avant la révolution industrielle, ces événements météorologiques sont étroitement liés aux crises de subsistance, que l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie définit comme « des moments de baisse de la production agricole, participant souvent à la concrétisation de troubles sociaux latents jusqu’alors ».
L’hypothèse d’un volcan islandais
Parmi les historiens, les Anglo-Saxons estiment que l’éruption du Lakagígar, en Islande, du 8 juin 1783 au 7 février 1784, pourrait avoir eu une influence sur le cours de la politique française six ans plus tard. Difficile de lier les deux, mais une chose est sûre ; l’éruption rejette dans l’atmosphère des millions de mètres cubes de dioxyde de soufre.
Sur l’île, c’est une catastrophe ; la moitié du cheptel meurt (jusqu’à 80 % pour les moutons), 20 % de la maigre population meurt de faim. Poussé par les vents vers l’Europe occidentale, le nuage conduit à une surmortalité de l’ordre de 30 % au Royaume-Uni et en France au cours de la période, pour un total estimé à 160 000 morts en Europe occidentale. Du fait des poussières qui masquent en partie le soleil, l’hiver 1784-1785 se révèle précoce et rigoureux, avant un redoux qui occasionne des inondations sur le continent.
C’est un début d’Etat providence qui se met alors en place. Louis XVI débloque 3 millions de livres (soit environ 2,2 millions d’euros d’aujourd’hui, 1 % du budget de l’époque) pour aider les sinistrés. Mais pour l’historien Emmanuel Garnier (CRHQ, CNRS-université de Caen), cet événement antérieur de cinq ans à la révolution n’a que peu à voir avec la Révolution, c’est un « serpent de mer porté par les Anglo-Saxons et les géologues ».
La « gâchette météorologique » de 1787 et 1788
Si les volcanologues tendent à attribuer les mauvaises récoltes à ce nuage, selon tous les relevés disponibles à l’époque, ce sont plus volontiers les pluies diluviennes de l’automne 1787, la chaleur du printemps 1788 et les « grandes grêles » de l’été qui ont amputé la récolte 1788 d’environ 30 % de son volume, selon Emmanuel Le Roy Ladurie.
« C’est le climat qui fait d’une crise une catastrophe », affirme l’historien britannique Geoffrey Parker, selon qui « l’agriculture cesse alors d’être productive, et le prix des denrées monte en flèche ». Dans la société de l’Ancien Régime, le lien entre faiblesse des récoltes et hausse du prix des denrées est quasi mécanique.

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Une hausse du prix des denrées au fil du XVIIIe siècle
Ce graphique représente l'évolution du prix des produits agricoles français, entre 1726 et 1790. La base 100 est la moyenne de la période 1771-1789 (calculée par l'historien chercheur Emmanuel Le Roy Ladurie).
SurvolezSélectionnez les ronds sur le graphique pour afficher le contexte d'un chiffre.

Source : Histoire du climat depuis l'an mil, Emmanuel Le Roy Ladurie (1967)


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    var largeur = document.getElementById("grapheprix").offsetWidth;
    var dataprix = [{ "an": 1726, "indice": 57.2 }, { "an": 1727, "indice": 54.2 }, { "an": 1728, "indice": 51.8 }, { "an": 1729, "indice": 55.5 }, { "an": 1730, "indice": 56 }, { "an": 1731, "indice": 58.3 }, { "an": 1732, "indice": 59.1 }, { "an": 1733, "indice": 54.8 }, { "an": 1734, "indice": 63.7 }, { "an": 1735, "indice": 58.5 }, { "an": 1736, "indice": 58.4 }, { "an": 1737, "indice": 61 }, { "an": 1738, "indice": 65.9 }, { "an": 1739, "indice": 64.4 }, { "an": 1740, "indice": 68.3 }, { "an": 1741, "indice": 77.4 }, { "an": 1742, "indice": 69.8 }, { "an": 1743, "indice": 64.2 }, { "an": 1744, "indice": 63.3 }, { "an": 1745, "indice": 64.8 }, { "an": 1746, "indice": 66.4 }, { "an": 1747, "indice": 71.1 }, { "an": 1748, "indice": 72.2 }, { "an": 1749, "indice": 70.9 }, { "an": 1750, "indice": 70 }, { "an": 1751, "indice": 69 }, { "an": 1752, "indice": 74.2 }, { "an": 1753, "indice": 70.9 }, { "an": 1754, "indice": 69.7 }, { "an": 1755, "indice": 63.8 }, { "an": 1756, "indice": 67.1 }, { "an": 1757, "indice": 72.6 }, { "an": 1758, "indice": 72 }, { "an": 1759, "indice": 75.2 }, { "an": 1760, "indice": 73.6 }, { "an": 1761, "indice": 69 }, { "an": 1762, "indice": 70.2 }, { "an": 1763, "indice": 72.2 }, { "an": 1764, "indice": 69.1 }, { "an": 1765, "indice": 72.4 }, { "an": 1766, "indice": 80.3 }, { "an": 1767, "indice": 84.8 }, { "an": 1768, "indice": 86.1 }, { "an": 1769, "indice": 88.8 }, { "an": 1770, "indice": 101.6 }, { "an": 1771, "indice": 105.6 }, { "an": 1772, "indice": 105.3 }, { "an": 1773, "indice": 99.6 }, { "an": 1774, "indice": 91.2 }, { "an": 1775, "indice": 97.2 }, { "an": 1776, "indice": 90.8 }, { "an": 1777, "indice": 96.2 }, { "an": 1778, "indice": 99.5 }, { "an": 1779, "indice": 92.8 }, { "an": 1780, "indice": 88.9 }, { "an": 1781, "indice": 96.1 }, { "an": 1782, "indice": 99.1 }, { "an": 1783, "indice": 102.3 }, { "an": 1784, "indice": 102.9 }, { "an": 1785, "indice": 108.4 }, { "an": 1786, "indice": 104.4 }, { "an": 1787, "indice": 98.6 }, { "an": 1788, "indice": 102.1 }, { "an": 1789, "indice": 119.4 }, { "an": 1790, "indice": 127.5 }],
        dico = {
            "1789": { "titre": "1789, début de la Révolution française", "detail": "C'est l'année du démarrage de la Révolution, avec la convocation des Etats généraux en janvier 1789." },
« traumatique », selon Leroy Ladurie. Il décrit la météo comme « anti-agricole », conjugée à un « déficit frumentaire et un déclic contestataire ». Les mois de mai et juin 1788 ont été chauds et secs, avant un retour des pluies diluviennes en juillet-août." }
        };

    /* les lignes y */
    function make_y_gridlines() {
        return d3.axisLeft(y)
            .ticks(1)
    };

    /* les marges et la taille */
    var margin = { top: 40, right: 20, bottom: 30, left: 50 },
        width = largeur - margin.left - margin.right,
        height = (largeur / 1.3) - margin.top - margin.bottom,
        radius = 6;
    var parseTime = d3.timeParse("%Y"),
        x = d3.scaleTime().range([0, width]),
        y = d3.scaleLinear().range([height, 0]);
    var area = d3.area()
        //    .curve(d3.curveCardinal)
 x(d.an))
        .y0(height)
 y(d.indice));
    var valueline = d3.line()
        //  .curve(d3.curveCardinal)
 x(d.an))
 y(d.indice));
    var svg = d3.select("#graphiqueindices").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + (width + margin.left + margin.right) + " " + (height + margin.top + margin.bottom))
        .append("g")
        .attr("transform",
            "translate(" + margin.left + "," + margin.top + ")");

    /* on reformate */
    dataprix.forEach(function(d) {
        d.an = parseTime(d.an);
        d.indice = +d.indice;
    });

    /* les scales */
    x.domain(d3.extent(dataprix, function(d) { return d.an; }));
    y.domain([0, d3.max(dataprix, function(d) { return d.indice; })]);

    /* les aires */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "aire")
        .attr("d", area);

    /* la ligne */
    svg.append("path")
        .data([dataprix])
        .attr("class", "lignejaune")
        .attr("d", valueline);

    /* la ligne de la base 100 et son texte  */
    basecent = svg.append("g")
        .attr("class", "base100")
    basecent.append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 0)
 y(100) + 1)
 width)
 y(100) + 1);

    basecent.append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 (0 + radius))
 y(102))
 "Base 100 (moy. 1771-1789)");

    /* les annotations, avec cercles, lignes et texte */
    var groupe = svg.selectAll("g")
        .data(dataprix)
        .enter()
        .filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("g")
        .attr("class", "annotations")
        .attr("title", function(d) {
            e = dico[String((d.an).getFullYear())];
" + e.titre + ""
Indice des prix de " + String(d.indice).replace(".", ",") + ""
"
" + e.detail + ""
            return html
        });

    /* les cercles*/
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("circle")
        .attr("class", "bubulle")
 x(d.an))
 y(d.indice))
        .attr("r", radius);
    /* le texte */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined })
        .append("text")
        .attr("class", "texteexergue")
 x(d.an))
 y(d.indice) - (radius * 2))
 dico[(d.an).getFullYear()].titre);
    /* les lignes avec pointillés */
    groupe.filter(function(d) { return dico[(d.an).getFullYear()] != undefined }).append("line")
        .attr("class", "lignebubulle passelect")
 x(d.an))
 y(0))
 x(d.an))
 (y(d.indice) + radius));
    /* l'axe des abscisses  */
    svg.append("g")
        .attr("transform", "translate(0," + height + ")")
        .attr("class", "axes x")
 d.getFullYear()));
    /* l'axe des ordonnées  */
    svg.append("g")
        .attr("class", "axes y")
        .call(d3.axisLeft(y).ticks(8).tickSizeOuter(0)
 d));
    /* La gestion du tooltip, ici sur le sélecteur "g.annotations"   */
    $("#grapheprix").tooltip({
        show: {
            effect: "fade",
            duration: 0
        },
        hide: {
            effect: "fade",
            duration: 0
        },
        items: "g.annotations",
        track: true,
        tooltipClass: "multimedia-embed tooltipdecodeurs",
        position: {
            my: 'left-30 top+50',
            at: 'right+10 center'
        },
        content: function() {
            return $(this).attr("title")
        },
        open: function(event, ui) {
            /* permet de fermer le tooltip en tapant sur lui-même en mobile*/
            var elem = $(event.target);
            ui.tooltip.click(function() {
                elem.tooltip('close');
            });
        }
    });
    $("#grapheprix a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation()
    });
});


L’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, spécialiste du climat, note par ailleurs la difficulté essentielle de « diagnostiquer, avant les thermomètres, des oscillations séculaires moyennes inférieures ou tout au plus égales à 1 °C ». En 1967, dans son Histoire du climat depuis l’an mil, il étudie les dates des vendanges, l’évolution de l’avancée des glaciers, la rigueur des hivers ou encore le cours des denrées.
Des conditions réunies pour le changement
De mauvaises récoltes et une hausse des prix des denrées ne sont néanmoins pas suffisantes pour engendrer des révolutions, « il y avait encore un pas gigantesque à franchir », écrit Le Roy Ladurie dans son Histoire humaine et comparée du climat : disettes et révolutions, 1740-1860 (Fayard, 2006). Ce pas sera franchi l’année suivante de ce drôle d’été 1788, pour « quantité d’autres raisons », essentiellement politiques et sociales, qui n’ont rien à voir avec le climat.
Parmi ces raisons, on peut citer :
l’influence des idées nouvelles, « les Lumières » ;la crise sociale d’une société divisée en trois états inégaux (noblesse, clergé et tiers état) ;la montée en puissance économique de la bourgeoisie, alors privée de droits politiques — tout comme le reste du tiers état — ;la crise institutionnelle que traverse la monarchie française ;la crise financière que traverse l’Etat — dont le budget est systématiquement en déficit.
Néanmoins, on ne meurt plus de faim dans la France du XVIIIe siècle. Le pays n’a plus connu de famine depuis 1709 ; à l’issue d’un hiver long et très rigoureux, le prix des céréales, dont les semences ont gelé, avait flambé, atteignant dix fois son prix de l’année précédente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

En Islande, le harponnage d’un mystérieux cétacé fait polémique

Il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun, un phénomène rare.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 08h21
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 06h34
   





                        



   


Baleine bleue, rorqual commun, ou hybride ? La polémique enfle en Islande, à la suite des accusations d’une association de défense des animaux, laquelle affirme qu’une baleine bleue aurait été harponnée, une première depuis cinquante ans.
« Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière Hvalur hf, à Hvalfjördur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet », a fait savoir l’association internationale dans un communiqué. La baleine bleue est en effet une espèce protégée depuis 1966 et sa chasse est interdite par la Commission baleinière internationale.
Pourtant, de nombreux experts en Islande mettent en doute les affirmations portées par Sea Shepherd. Selon les spécialistes, l’animal harponné présente des caractéristiques semblables à la baleine bleue… et au rorqual commun, deuxième plus grand animal vivant sur la planète derrière la baleine bleue. Or l’unique entreprise islandaise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf, a été autorisée en avril à reprendre la mer.
Une espèce hybride ?
L’animal possède ainsi « un large côté dorsal avec une petite nageoire comme les rorquals communs, ce qui peut expliquer la raison pour laquelle il a été tué en tant que tel », a indiqué Gisli Vikingsson, biologiste marin et spécialiste des baleines à l’Institut de recherche marine et d’eau douce. « Sa taille et ses marques sur la peau sur les côtés sont en revanche proches de la baleine bleue », a-t-il ajouté.

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« Nous l’avons harponné en pensant que c’était un rorqual commun, s’est défendu Hvalur hf, par la voix de Kristjan Loftsson, son PDG, interrogé par l’AFP. Nous voyons des baleines bleues en mer tout le temps sans jamais y toucher, car nous les identifions grâce au souffle émis par leur évent. » En effet, le souffle est plus important chez les baleines bleues que chez les autres espèces de baleines.
Selon Gisli Vikingsson, il pourrait s’agir d’une espèce hybride issue d’un croisement entre la baleine bleue et du rorqual commun, un phénomène rare. Depuis 1987, cinq animaux de ce type ont été observés dans les fonds marins islandais, selon M. Loftsson. Ils souffrent tous d’infertilité.

   


« Activité imprécise et imparfaite »
D’ici à la fin du mois de juillet, les premiers résultats d’analyses devraient être connus – mais pourraient ne pas être suffisants. Un test ADN, initialement programmé pour cet automne, va également être rapidement pratiqué face aux débats que suscite la prise.

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« Cela montre à quel point cette activité est imprécise et imparfaite et qu’il n’y a absolument aucun besoin de la poursuivre », a déclaré pour sa part Sigursteinn Masson, responsable de l’antenne islandaise du Fonds international pour la protection des animaux. « Les hybrides sont d’une rareté encore plus importante que les baleines bleues, qui sont pourtant elles-mêmes listées comme espèce en danger », a-t-il ajouté, appelant à l’arrêt immédiat de la chasse au rorqual commun.
Aucune loi ne régit la chasse à la baleine hybride. En revanche, son commerce est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

14-Juillet : cinq questions sur les feux d’artifice

Prix, pollution, activité : retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur les feux d’artifice.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 09h38
    |

                            Audrey Travère








                        


Ce week-end encore, le ciel hexagonal s’embrasera de milles feux pour la fête nationale. En moyenne, 15 000 feux d’artifice sont tirés en France pour cet unique week-end. Inventée aux IXe siècle par les Chinois, la poudre explosive utilisée reste encore mystérieuse pour beaucoup d’entre nous. Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées à ce sujet.
Combien ça coûte ?
La question du tarif dépend essentiellement de la durée du spectacle mais également de l’endroit où il est tiré et des moyens déployés. Logiquement, plus le spectacle dure longtemps, plus le prix sera élevé. Mais selon la localité, la politique tarifaire appliquée ne sera pas la même : en région, les spectacles pyrotechniques vont de 1 500 euros dans les petits villages à 5 000 euros en zone touristique. Dans les moyennes et grandes agglomérations telles Carcassonne, Marseille ou Bordeaux, les budgets avoisinent les 100 000 euros à 200 000 euros.
En tête du palmarès français, on retrouve le feu d’artifice du 14 juillet à Paris, dont le prix s’élève à 750 000 euros pour trente-cinq minutes cette année. Dans ce budget, 350 000 euros sont réellement consacrés aux artifices, le reste finançant la mise en scène, le personnel et la sécurité. Ainsi, quand une minute du feu d’artifice à Livarot-Pays-d’Auge, commune du Calvados, coûte 350 euros, celle-ci revient à 6 800 € euros Marseille et à 21 428 euros pour le spectacle parisien.
Couleurs et formes : comment ça marche ?
Les couleurs sont le fruit de réactions chimiques produites par des « bombes ». Ces artifices, de forme sphérique, sont projetés dans le ciel et produisent les bouquets colorés au moment de leur explosion. Ces projectiles sont d’une part composés de « poudre noire », plus connue sous le nom de « poudre à canon », mélangeant du soufre, du nitrate de potassium et du charbon de bois. A cela s’ajoutent, savamment disposées au cœur du projectile, des dizaines de billes en sel métallique produisant les couleurs. Au contact de la chaleur, produite par l’embrasement de la poudre dans la bombe, chaque composé émet une nuance différente : du strontium pour le rouge, du baryum pour le vert, du potassium pour le violet, du cuivre pour le bleu, etc. Produit d’une réaction chimique, il est donc impossible de nuancer les couleurs ou d’en produire d’autres, comme le rose par exemple.
Les formes, elles, dépendent de la disposition de ces mêmes billes dans la sphère. Le principe est très simple : pour obtenir un cœur, une étoile, ou une tout autre forme géométrique, il faudra installer les granules dans la sphère de manière à en reproduire les contours. Néanmoins, au moment de l’explosion, la rotation du projectile est difficilement contrôlable. C’est pour cela que vous verrez parfois les dessins de biais si les calculs ne sont pas effectués en amont par les artificiers.
Qui produit ces spectacles ?
Il existe plusieurs catégories d’entreprises dans le domaine. En premier lieu, on retrouve les grands groupes, comme Pyragric ou Riggieri. Ces deux sociétés organisent de grands événements à l’international et disposent de distributeurs agréés répartis sur tout le territoire. Grâce à cette présence massive, un grand nombre de spectacles en France sont, de fait, affiliés à ces groupes, sans qu’il ne soit forcément fait mention de leur nom. A Paris cette année, le groupe Ruggieri est d’ailleurs en charge du spectacle pyrotechnique. Fondée en 1739 par une fratrie italienne, l’entreprise s’est fait racheter en en 1997 par le groupe Etienne Le Croix, producteur entre autres d’armements et d’équipements contre « les fléaux naturels ». Le reste se répartit entre des structures plus petites, comme Jacques Couturier Organisation ou les Magiciens du Feux, et des artisans locaux.
Que fait un artificier le reste de l’année ?
Les artificiers réalisent 60 à 70 % de leur chiffre annuel le 14 juillet. Pour cette seule journée, 15 000 feux sont tirés en France, contre 5 000 le reste de l’année. Les entreprises ont donc recours à des saisonniers qui viennent mettre en œuvre les spectacles, l’espace de quelques heures à plusieurs jours. La plupart des ces techniciens ont une autre activité, celle d’artificier étant pour la plupart un loisir. Néanmoins, les grands groupes peuvent se permettre d’employer des salariés à l’année grâce à leur carnet de commande fourni.
Du point de vue de l’entreprise, l’année se découpe en plusieurs périodes distinctes. D’octobre à décembre, la saison des feux se prépare : commande des artifices, imagination des mises en scènes mais également prospection des éventuelles nouveautés. De décembre à mars, le but est alors pour les commerciales de décrocher le plus de contrats possible. D’avril à juillet, c’est la période faste, avec un pic d’activité le week-end de la fête nationale. Enfin, d’août à octobre, ce sont les congés, un peu forcés. De là redémarre de plus belle l’année.
Est-ce que ça pollue ?
Pour produire les explosions, les bombes sont remplies de « poudre noire », mélange de soufre, de nitrate de potassium et de charbon de bois. Ce cocktail dangereux produit une quantité de particules fines non négligeable. En effet, une étude de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) démontre l’augmentation drastique de ces rejets dans la zone du feu d’artifice pendant et après le spectacle pouvant atteindre + 370 %. En 2012, Airparif a analysé la concentration de ces particules dans l’air suite au spectacle dans la capitale. Résultat : une augmentation de plus de 3 000 % dans la zone, qui est rapidement descendue dans les heures suivantes.
Enfin, le fort niveau sonore des explosions est aussi problématique pour la faune environnante. Une étude néerlandaise démontre que durant le nouvel an, peu après minuit, un grand nombre d’oiseaux s’envolent brusquement du au bruit des explosions, abandonnant même parfois leurs nids.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Espèce invasive, les rats déciment les populations d’oiseaux marins. Or leurs fientes sont nécessaires au développement de la vie sous-marine.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.
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Alternatives au plastique : « Un surcoût injuste »

Deux entrepreneurs, Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, dans une tribune au « Monde », regrettent que la réglementation actuelle du recyclage des déchets plastique entrave l’usage de nouveaux matériaux moins polluants.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 16h00
    |

Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann (Cofondateurs de Yumi, producteur de jus de légumes bio)







                        



                                


                            

Tribune. Ces dernières années, des alternatives concrètes aux emballages plastique ont été développées, à l’image des bouteilles 100 % végétales et compostables. Si cet engagement écoresponsable représente un coût supplémentaire pour les acteurs qui les choisissent (le matériau utilisé, résidus de canne à sucre, est 70 % plus cher que le plastique traditionnel), l’impact sur l’environnement est sans commune mesure : zéro hydrocarbure, 40 % d’émissions de carbone en moins comparé à des bouteilles plastique standards, et des bouteilles compostables en quatre-vingts jours dans un compost industriel.
Malheureusement, ce type d’initiatives est aujourd’hui freiné en France. Ces bouteilles, meilleures pour la planète, sont frappées d’un malus : la contribution financière liée au recyclage est deux fois plus importante que celle qui concerne le plastique classique. Un surcoût injuste pour ceux qui le subissent, et en contradiction totale avec les engagements du gouvernement actuel.

Une mesure d’autant plus regrettable qu’en France, en 2018, 45 % des bouteilles plastique à base de pétrole ne sont pas recyclées (soit environ 200 000 tonnes par an qui finissent dans la nature) et que, sur les 55 % des bouteilles effectivement recyclées, elles ne le seront en moyenne que deux ou trois fois, avant de terminer incinérées, enfouies, ou tout simplement dans l’océan.
Quatre cents ans à se dégrader
Nous sommes donc en droit d’interroger notre fonctionnement et de réfléchir à de nouveaux modèles. Comme le dit l’adage, ce n’est pas en améliorant la bougie que nous avons inventé l’électricité… Alors pourquoi rester figés sur un modèle qui fait la part belle au plastique, quand des alternatives responsables existent ?
Une bouteille plastique met environ quatre cents ans à se dégrader. Entre 1950 et 2015, nous avons produit plus de 8 milliards de tonnes de plastique. A cette cadence, plus de 12 milliards de tonnes de déchets plastique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.
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L’Agence de sécurité sanitaire alerte sur les dangers des rejets de l’usine Sanofi de Mourenx

L’Anses estime que la valeur toxique du valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, fabriquée dans l’usine, doit être revue à la baisse.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 15h57
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


C’est un rapport qui ne devrait pas rassurer les salariés et les riverains de l’usine Sanofi qui fabrique la Dépakine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) et est à l’arrêt depuis lundi 9 juillet pour des rejets toxiques hors normes. Dans un avis rendu jeudi 12 juillet au gouvernement et auquel Le Monde a eu accès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que la valeur toxique de référence (VTR) du valproate de sodium, le principe actif de la Dépakine, doit être revue à la baisse.

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                Rejets toxiques : dans le viseur du gouvernement, Sanofi met son usine de Mourenx à l’arrêt



La Dépakine est un médicament antiépileptique accusé d’avoir provoqué des malformations et des retards de développements chez des milliers d’enfants. La VTR permet de quantifier un risque pour la santé d’une exposition à une substance toxique. L’Anses avait été saisie le 29 juin suite à la mise en évidence de rejets de valproate de sodium par l’usine de Mourenx, sur le bassin chimique de Lacq. Contrairement à d’autres substances dangereuses émises dans des proportions dépassant très largement les limites autorisées, Sanofi ne bénéficie pas d’autorisation pour recracher dans l’air du valproate de sodium. Le groupe pharmaceutique indique qu’« il n’existe pas de valeur de limite de rejet dans la règlementation ».
Un groupe d’expertise collective a été réuni en urgence pour établir au pas de charge ce rapport entre le 5 et le 12 juillet. Il conclut que « la VTR fondée sur la dose posologique minimale doit être revue au regard des nouvelles études publiées et des effets observés ». La dose minimale, considérée comme « dose critique », est aujourd’hui fixée à 10 mg par kilo de poids corporel par jour. Les experts soulignent que « des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction pourraient apparaître à des doses plus faibles que celles induisant des malformations congénitales ».
Pas de seuil minimal sans risque
Plus inquiétant encore pour les salariés et les populations qui ont pu être exposés au valproate de sodium, ils rappellent que « malgré un grand nombre de données existantes, aucune dose minimale en dessous de laquelle des effets sur la reproduction et le développement sont susceptibles de ne pas se produire, n’a pu être identifiée ».
En d’autres termes, il n’y a pas de seuil minimal au-dessus duquel le principe actif de la Dépakine ne représenterait pas de risque pour la santé. Paradoxalement, cela n’empêche pas les experts réunis par l’Anses d’estimer que « le choix d’une VTR à seuil n’est pas remis en cause ».
Le gouvernement avait annoncé lundi 9 juillet qu’il attendait les conclusions de l’Anses pour « fixer des prescriptions supplémentaires à l’industriel ». De son côté, Sanofi « prend note des observations des services experts de l’Etat rendus sur la base des données qu’elle avait transmises aux autorités ». Dans un communiqué publié vendredi 13 juillet, le groupe pharmaceutique assure que « ces avis vont permettre de poursuivre le dialogue technique entre nos experts et les services concernés afin de compléter lorsque nécessaire le plan d’action proposé par Sanofi Chimie dans les meilleurs délais ».
Des flux de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an
Outre l’Anses, le ministère de la santé et celui de la transition écologique avaient également sollicité l’avis de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) pour évaluer les risques sanitaires liés aux émissions de valproate de sodium de l’usine Sanofi de Mourenx. L’Ineris a remis son rapport le 12 juillet. Le rapport fait d’abord apparaître des rejets importants, de l’ordre de 13,4 tonnes à 20,2 tonnes par an selon les données communiquées par Sanofi ainsi que des pointes très au-dessus de la valeur limite proposée en décembre 2017 (0,8 kg/h) entre janvier 2016 et mars 2017.
« A défaut de mesure exploitable avant décembre 2015, il est impossible de déterminer quels étaient les flux antérieurs », relève l’Ineris. Les principales « réserves » de l’Institut portent sur la « non prise en compte des interactions microphysiques et chimiques » du valproate de sodium. Les experts notent ainsi qu’au contact de certains acides présents dans l’atmosphère, le valproate peut être libéré sous forme d’acide valproïque. L’Ineris recommande ainsi de « mener des travaux complémentaires ».



                            


                        

                        


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Le Brésil redoute la réapparition de la polio

Les autorités constatent une baisse alarmante de la couverture vaccinale contre cette maladie virale, mais aussi contre la rougeole.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 10h33
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Devaneide Rodrigues Gonçalves avait 1 an et 5 mois quand les médecins ont posé le diagnostic : poliomyélite. Nous sommes en 1989 dans l’Etat du Paraiba, au Brésil. Devaneide Rodrigues Gonçalves sera le dernier cas recensé dans le pays de « paralysie spinale infantile », autre nom de la polio, maladie virale aux terribles séquelles qui handicapa des millions d’enfants. Celui qui est aujourd’hui un jeune homme d’une trentaine d’années ne cesse, depuis, de marteler le même message : « Vaccinez vos enfants ! »
Efficace, le vaccin contre la polio, obligatoire, a permis d’éradiquer la maladie au Brésil. Mais, depuis quelques mois, les autorités sanitaires s’affolent : la couverture vaccinale se réduit dangereusement. Le 10 juillet, le ministère de la santé a lancé l’alerte : dans 312 villes, moins de la moitié des enfants de moins de 5 ans sont vaccinés contre la polio. Dans certaines municipalités telles Ribeira do Pombal, dans l’Etat de Bahia, ou Santo Antonio do Aracangua, dans l’Etat de Sao Paulo, la couverture ne dépasse pas 2 %. « On n’a jamais vu ça. C’est la porte ouverte à la réapparition de la maladie », s’inquiète Isabella Ballalai, présidente de la Société brésilienne d’immunisation.
« Négligence »
La polio n’est pas la seule maladie infantile à hanter les organismes de santé. Depuis plusieurs semaines, les cas de rougeole, fléau censé avoir disparu depuis 2016, se multiplient dans le pays. La maladie est apparue dans le Nord, dans les provinces du Roraima ou d’Amazonie du fait, notamment, de l’immigration d’une population vénézuélienne réduite à la misère. Là, le ministère de la santé a confirmé plus de 450 cas de rougeole, qui y a fait deux morts dont un nourrisson de 7 mois. La maladie s’étend désormais au sud. Ribeirao Preto, ville de l’Etat de Sao Paulo, a confirmé un cas en avril, une première depuis plus de dix ans, tandis que deux autres ont été recensés à Rio de Janeiro.
Ce début d’épidémie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les défendent, ayant créé une sorte de ZAD. Deux visions de la ville durable.
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A Dijon, un quartier autogéré et un projet d’écoquartier se disputent des terres maraîchères

Les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère font l’objet d’un conflit entre la municipalité, qui veut y construire un écoquartier, et des occupants qui les défendent, ayant créé une sorte de ZAD. Deux visions de la ville durable.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 06h31
    |

            Camille Bordenet (Dijon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Voûtés au-dessus de longs rangs de salades, de jeunes maraîchers s’activent à la récolte matinale qui approvisionnera le marché à prix libre, en fin de journée. Quelques pas plus loin, le long de chemins sinueux bordés d’une végétation sauvage, des jardiniers plus âgés cultivent leurs petites parcelles, bercés par le gazouillis des troglodytes. On oublierait presque que l’on se trouve en ville, n’était le passage régulier du train au-dessus des têtes. Et, juste de l’autre côté du mur, sur une ancienne friche industrielle, un vaste chantier dévoilant des grues qui griffent le ciel et des immeubles sortant de terre : les premières pierres d’un écoquartier en construction.
Nous sommes au sud-est de Dijon, dans un triangle de terres de quelque 7 ha, en contrebas de la voie ferrée : les derniers vestiges de l’ancienne ceinture maraîchère de la ville. Des terres que se disputent depuis huit ans la municipalité et des « potagistes-squatteurs ». La première, propriétaire du site, entend y construire la deuxième portion d’un écoquartier sur 19,6 ha – qui prévoit 1 500 logements et 28 000 m² de commerces, bureaux et services –, quand les seconds s’opposent à leur « bétonisation ».
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture »
L’histoire de ce conflit d’aménagement commence en 2010, lorsque la ville officialise sa volonté d’y construire un nouvel écoquartier – elle en compte quatorze en tout. Fourches en main et slogans légumiers – « des tomates séchées, pas des écoquartiers » –, une centaine de manifestants décident de défricher et d’occuper illégalement les terres, à l’abandon depuis le départ des derniers maraîchers, partis au gré de précédents projets d’urbanisation.
« L’idée était de libérer les dernières terres agricoles intra-muros en les remettant en culture, raconte Yannick Sencébé, 46 ans, l’une des membres du collectif à l’origine de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que, dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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La France a déjà un stock de 1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs

L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que, dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires



Le Monde
 |    12.07.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 08h21
    |

            Pierre Le Hir








                        



Chaque année, un Français produit, en volume de déchets radioactifs, l’équivalent d’une demi-brique de lait. Sur cette quantité, une cuillerée à café est composée de produits de haute activité ou à vie longue. C’est la métaphore alimentaire qu’a filée l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en présentant, jeudi 12 juillet, son nouvel inventaire hexagonal, établi tous les trois ans. Une façon, peut-être, d’édulcorer la réalité.
Car les chiffres bruts ont peu à voir avec la préparation d’un café au lait. Fin 2016, la France était à la tête d’un stock de 1,54 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit 85 000 m3 de plus que fin 2015. Ils proviennent en majorité (près de 60 %) du parc nucléaire, mais aussi des activités de recherche (27 %) et de la défense nationale (9 %), le reste étant issu d’autres industries (comme l’électronique utilisatrice de terres rares), ainsi que du secteur médical.
Ces déchets n’ont toutefois pas tous le même niveau de dangerosité. A 90 %, il s’agit de produits de faible ou moyenne activité à vie courte, voire de très faible activité. Seuls 3 % sont de haute activité ou à vie longue (des dizaines ou des centaines de milliers d’années), cette fraction concentrant 99,8 % de la radioactivité totale.
Le volume des déchets va continuer de croître
L’Andra ne s’est pas contentée de dresser un état des lieux. Elle a envisagé, pour l’avenir, plusieurs scénarios. Dans l’un d’entre eux, les 58 réacteurs actuellement en exploitation sont arrêtés au bout de quarante ans de fonctionnement (et l’EPR de Flamanville, dans la Manche, qui doit entrer en service en 2019, au bout de soixante), sans renouvellement du parc nucléaire. Dans les autres scénarios, les réacteurs sont poussés jusqu’à cinquante ou soixante ans, comme le souhaite EDF, puis remplacés par des EPR ou des réacteurs à neutrons rapides – une filière pour l’instant à l’étude.

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                Nucléaire : EDF confirme que l’EPR aura du retard



Dans tous les cas, le volume des déchets radioactifs va continuer de croître très fortement. Au terme du fonctionnement et du démantèlement du parc actuel, il aura été multiplié par trois ou par quatre, selon les scénarios, par rapport au stock déjà accumulé. Cela, sans même prendre en compte les « rebuts » des activités de recherche et de défense.

   


Cette augmentation s’explique notamment par l’afflux attendu des déchets de très faible activité qui seront générés par la déconstruction des centrales : béton, gravats, ferraille… Mais un autre facteur intervient. Fermer les réacteurs après quarante ans d’activité, et non cinquante ou soixante, mettrait fin plus rapidement à la réutilisation, qui est aujourd’hui pratiquée dans une partie du parc, de combustibles usés transformés, après retraitement, en combustibles MOx (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium). Ce sont ainsi 57 000 assemblages de combustibles usés qui, non recyclés, s’ajouteraient aux autres déchets.
Saturation des sites de stockage
En toute hypothèse, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires à court ou moyen terme. Les déchets de haute activité et à vie longue (résidus du retraitement, coques des assemblages de combustibles, effluents…) sont destinés au futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui doit être creusé dans le sous-sol de la commune de Bure, dans la Meuse. Une installation dont l’Andra prévoit de demander l’autorisation de création en 2019, pour une mise en service vers 2026, mais qui fait l’objet d’une vive contestation.

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Les produits de faible ou moyenne activité à vie courte (vêtements, outils, filtres…), eux, rejoignent le site de Soulaines-Dhuys (Aube). D’une capacité de 1 million de mètres cubes, il a pris, depuis 1992, le relais du centre de la Manche, où ont été déposés par le passé un peu plus de 500 000 m3 de déchets, et qui est en cours de fermeture.
Les matières de très faible activité, pour leur part, sont centralisées depuis 2003 à Morvilliers (Aube). D’une capacité de 650 000 m3, cette installation sera saturée d’ici à 2025 ou à 2030, et, après une possible extension, l’Andra devra trouver un second site d’entreposage.
Restent les déchets de faible activité, mais à vie longue (plus de trois cents ans), qui seront notamment générés par le démantèlement des six anciens réacteurs à graphite-gaz de la première génération du parc français (Bugey 1, dans l’Ain, Chinon A1, A2 et A3, dans l’Indre-et-Loire, Saint-Laurent A1 et A2, dans le Loir-et-Cher). Il n’existe pas encore de stockage pour ces résidus, que l’Andra prévoit de regrouper un jour à Soulaines-Dhuys.
Ce nouvel inventaire va nourrir le débat public qui sera organisé, de septembre à décembre, sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs. Il pourrait aussi contribuer à éclairer les discussions en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. En rappelant, par exemple, que relancer un parc atomique en France serait aussi relancer la production de déchets nucléaires.

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                Le grand flou du gouvernement sur la baisse du nucléaire







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Le scandale des carburants pour l’Afrique

Editorial. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
13.07.2018 à 16h05
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le scandale dure depuis des dizaines d’années. Des multinationales du négoce de produits pétroliers livrent en toute légalité un poison invisible en Afrique. Il s’agit de carburants de basse qualité volontairement mélangés à des produits chimiques à la toxicité bien connue. Il en ressort un sinistre cocktail de diesel et d’essence extrêmement polluant, émettant de grandes qualités de particules fines et à la teneur en soufre parfois 1 000 fois supérieure aux normes européennes.
La police environnementale des Pays-Bas vient de publier un rapport d’enquête sur le « dirty diesel », confirmant les résultats d’une étude rigoureuse publiée par l’Organisation non gouvernementale (ONG) suisse Public Eye, deux ans plus tôt. Le business des carburants toxiques tourne à plein régime et est pratiqué sans retenue par des grands groupes pétroliers et des mastodontes du négoce, aussi discrets qu’impitoyables dans leurs pratiques commerciales dépourvues d’éthique. C’est l’Afrique, se disent-ils sans doute. Le fait que les courtiers utilisent les termes de « qualité africaine » n’a rien d’anodin.
Un poison qui se répand partout en Afrique de l’Ouest
Leurs firmes ne se contentent pas de produire ce « dirty diesel » à quai ou en pleine mer, pour être plus discrètes. Elles l’exportent à bord de leurs tankers les plus vétustes, le distribuent à travers leurs réseaux de stations essence, parfois mis en place à l’issue de négociations opaques avec les dirigeants, de qui elles ont obtenu des parts dans des champs pétroliers et des pipelines.
Ce poison se répand ensuite partout en Afrique de l’Ouest, car il est recraché sous forme d’émissions polluantes par des voitures hors d’âge dont l’Europe se débarrasse, parce qu’elles ne sont plus aux normes occidentales. Ce scandale s’ajoute à d’autres fléaux : guerres, coups d’Etat, affaires de corruption, tragédies environnementales, dont l’or noir est systématiquement à l’origine. C’est, par exemple, ce qui se déroule au sud du Nigeria, dans la région du delta du Niger, ravagée par le pétrole, source de richesse potentielle devenue venin. Des milliers de fuites des exploitations du géant anglo-néerlandais Shell ont souillé peut-être à jamais l’un des écosystèmes les plus fragiles et précieux du continent.
Derrière le business du « dirty diesel », des grandes sociétés qui n’ont cure de l’environnement et de la santé des populations et tirent un maximum de profit de la faiblesse des normes en vigueur en Afrique. Ici s’applique la loi cynique de l’offre, qui s’adapte à une demande peu exigeante, parce que moins solvable. Rien d’illégal dans tout cela, car, jusqu’à présent, il n’est pas interdit d’exporter des carburants hautement soufrés.

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Toutefois, les choses commencent enfin à bouger. La plupart des Etats d’Afrique de l’Ouest, incités par le Programme des Nations unies pour l’environnement, se sont engagés à réduire drastiquement la teneur en soufre autorisée dans le diesel et appliquent peu à peu des standards internationaux. Mais ce mouvement est encore trop timide, car il se heurte à la pression des lobbys pétroliers et au renchérissement du prix à la pompe qu’il implique.
Du côté européen, il faut miser sur la crainte d’une mauvaise publicité pour que les acteurs pétroliers arrêtent de se livrer à ces pratiques peu reluisantes et pour que les gouvernements cessent de fermer les yeux. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’Afrique soit condamnée à utiliser des carburants nocifs fabriqués par des groupes peu scrupuleux, encouragés par des normes laxistes.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Reprise des exportations de pétrole dans l’Est libyen

La production pétrolière libyenne a été sérieusement réduite suite au bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.07.2018 à 12h00

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        Mis à jour le 12.07.2018 à 12h40






    
Une raffinerie de pétrole libyen à Ras Lanouf, en janvier 2017.
Crédits : ABDULLAH DOMA / AFP


Les exportations de pétrole libyen ont repris, mercredi 11 juillet, dans le Croissant pétrolier, poumon économique du pays au nord-est, a annoncé la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), reconnue par la communauté internationale. Elle a expliqué que le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, lui avait remis les terminaux pétroliers après plus de deux semaines d’arrêt des exportations, dû à un bras de fer entre autorités politiques rivales sur la gestion des revenus stratégiques de l’or noir.
« La NOC annonce la levée de l’état de force majeure dans les ports de Ras Lanouf, Al-Sedra, Al-Hariga et Zouetina après la remise des installations à la compagnie ce matin 11 juillet 2018. Les opérations de production et d’exportation reprendront à leurs niveaux normaux dans les prochaines heures », a précisé la compagnie dans un communiqué.

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Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l’état de « force majeure » permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.
Un milliard de dollars de pertes
En proie à une lutte de pouvoir acharnée et plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est dirigée par deux entités rivales : le Gouvernement d’union nationale, basé à Tripoli, issu d’un processus onusien et reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle installé dans l’Est, soutenu par le maréchal Haftar.
Ce dernier, qui dirige l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), avait annoncé fin juin qu’il livrait la gestion des installations pétrolières sous son contrôle aux autorités parallèles de l’Est, après que ses forces ont chassé des milices locales rivales des terminaux de Ras Lanouf et Al-Sedra, dans la région du Croissant pétrolier.

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Après ces deux sites pétroliers, pour lesquels les exportations sont gelées depuis le 14 juin en raison des violences, la NOC, basée à Tripoli, avait été contrainte d’arrêter également ses opérations dans Zoueitina et Al-Hariga, plus à l’est.

    
Les enjeux pétroliers et gaziers en Libye.
Crédits : Infographie Le Monde


Ce blocage a provoqué une chute de la production de près de 1,3 million de barils par jour à moins de 550 000 barils par jour et des pertes de près d’un milliard de dollars, selon la NOC.
La décision de M. Haftar avait ulcéré le gouvernement reconnu internationalement, alors que des résolutions de l’ONU stipulent que le pétrole doit rester sous le contrôle exclusif de la NOC et la seule supervision des autorités de Tripoli.
Les pays occidentaux, l’ONU et l’Union européenne ont eux aussi confirmé « les droits exclusifs » de la NOC à exporter le pétrole.
Apaisement
Pour justifier sa décision de remettre les terminaux aux autorités parallèles, le maréchal Haftar avait dénoncé une répartition inéquitable des revenus du pétrole entre l’Ouest et l’Est, et indiqué qu’une partie des revenus du pétrole était détournée par des groupes armés.
Les revenus du brut ont été gérés jusqu’ici par la Banque centrale dépendant du gouvernement installé à Tripoli, qui se charge de « redistribuer l’argent dans toutes les régions et institutions », y compris dans les zones sous contrôle des autorités parallèles.
Dans son communiqué, la NOC a « félicité le commandement général de l’Armée nationale libyenne pour avoir mis l’intérêt national en premier ».

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« Nous avons besoin d’un véritable débat national sur la répartition équitable des revenus pétroliers. (…) La vraie solution est la transparence », a déclaré Mustafa Sanallah, le dirigeant de la compagne nationale, cité dans le communiqué. « Je travaillerai avec d’autres parties nationales pour améliorer la transparence et résoudre cette crise, dans l’intérêt de tous nos citoyens », a-t-il promis.
Un autre geste d’apaisement est venu du chef du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Sarraj, qui a appelé mardi soir le Conseil de sécurité de l’ONU à former une Commission internationale indépendante chargée de faire l’audit des revenus et des dépenses des autorités de l’Est et de l’Ouest.
Selon des sources dans le camp de Haftar, le but du blocage des exportations était d’obtenir le limogeage du gouverneur de la Banque centrale basé à Tripoli, Seddik Al-Kebir, accusé de soutenir financièrement ses rivaux.
La Libye exporte son pétrole en particulier en Europe. Mais les Etats-Unis ou encore la Chine figurent aussi parmi ses clients les plus importants.

