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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Fin du patriarcat ( 4/5). Pour Michael Kaufman, écrivain canadien et promoteur d’une masculinité plus positive, le patriarcat est en train de tomber notamment parce qu’une nouvelle génération de pères est plus investie dans la vie de famille.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Thomas Saunier, assureur, plaide dans une tribune au « Monde » pour une meilleure prise en compte des fragilités individuelles des salariés par leurs employeurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Quand l’entreprise doit « faire du bien » aux salariés

Thomas Saunier, assureur, plaide dans une tribune au « Monde » pour une meilleure prise en compte des fragilités individuelles des salariés par leurs employeurs.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 15h08
    |

Thomas Saunier (Directeur général du groupe Malakoff Médéric)







                        



                                


                            

Tribune. La vie ne s’arrête pas à la porte des entreprises. Ce qui peut apparaître comme un truisme est pourtant une réalité plus puissante que jamais, qui ne peut que grandir sous l’effet de l’évolution des mentalités et des modes de vie.
Les débats et les mesures actuellement en préparation sur l’objet social des entreprises, l’extension de leur mission au-delà de la recherche du profit, le prouvent : on alloue désormais aux entreprises des fonctions sociales et sociétales qui vont bien au-delà de leurs impératifs économiques. On ne leur demande plus seulement d’éviter de « faire du mal » à la planète ou aux femmes et aux hommes, mais d’agir en sorte de leur « faire du bien ».
Dans un tel environnement, la responsabilité des entreprises à l’égard de leurs propres collaborateurs et l’attention qu’elles leur portent deviennent prédominantes. Dans l’intérêt de tous. Celui des salariés eux-mêmes, naturellement. Celui, aussi, des entreprises, pour lesquelles le capital humain est la première richesse : le bien-être de leurs collaborateurs est un puissant levier de leur performance économique.

Une étude menée par Malakoff Médéric montre pourtant que les collaborateurs sont de plus en plus exposés à des fragilités personnelles ou professionnelles : un salarié sur deux est concerné, et 91 % des dirigeants déclarent employer au moins un collaborateur confronté à une fragilité (« Les situations de fragilité des salariés », étude du Comptoir mm de la nouvelle entreprise, Malakoff Médéric, 20 juin 2018).
Les multiples formes des fragilités
De multiples phénomènes se conjuguent pour accroître les facteurs, personnels ou professionnels, de ces situations : le vieillissement de la population, une monoparentalité devenue une structure familiale de plus en plus commune, des maladies chroniques en progression constante, des transformations profondes dans les entreprises…
Ces fragilités peuvent prendre de multiples...




                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les journalistes du « Monde » et de La Vie, accompagnés des meilleurs spécialistes, retracent dans ce hors-série l’histoire des grands bouleversements politiques et les étapes d’un débat d’idées qui accompagne, depuis des siècles, la réflexion sociétale et politique indissociable des idéaux de liberté et de justice.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La révolution permanente, de l’âge de pierre à l’ère numérique

Les journalistes du « Monde » et de La Vie, accompagnés des meilleurs spécialistes, retracent dans ce hors-série l’histoire des grands bouleversements politiques et les étapes d’un débat d’idées qui accompagne, depuis des siècles, la réflexion sociétale et politique indissociable des idéaux de liberté et de justice.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 15h05
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef de "La Vie") et Michel Lefebvre ("Le Monde, "responsable des hors-série")







                        



   


Depuis toujours, l’humanité semble condamnée à avancer par ruptures et révolutions successives. Ces bouleversements soudains, mais finalement rares, de notre Histoire créent un avant et un après. En politique, comme dans d’autres domaines, la révolution marque un changement brutal dans la structure d’une société ou d’un État. Insatisfaits de leurs conditions de vie, des hommes et des femmes se sont rassemblés pour s’indigner et tenter de transformer le vieil ordre des choses.
De l’Egypte antique à la Chine populaire, toutes les révolutions du passé, incarnées par des figures comme Spartacus, Robespierre, Louise Michel, Lénine, Mao ou Fidel Castro, ont-elles tenu leurs promesses « révolutionnaires » ?
Beaucoup ont échoué, soit parce qu’elles n’ont fait qu’ébranler le pouvoir contesté et ont subi une répression foudroyante (les révoltes paysannes au Moyen Age, la Commune de Paris, le Printemps de Prague, etc.), soit parce qu’elles ont finalement enfanté des systèmes totalitaires et liberticides (en Russie et en Chine, notamment).
À l’aube du XIXe siècle, deux grandes révolutions de l’Histoire moderne ont en revanche réussi : l’une aux Etats-Unis, lors de la guerre d’Indépendance américaine de 1776 ; l’autre en France, avec l’instauration de la première République française en 1792. A l’inverse, au XXe siècle, après avoir nourri un élan révolutionnaire international, l’idéal communiste a partout échoué (en URSS comme ailleurs) à construire une société libre, égalitaire et juste. Toutefois, dans le sillage des guerres de décolonisation, des luttes féministes et des contestations étudiantes, de nouvelles formes de révolutions ont émergé.
Contrastes et contradictions
En ce début de XXIe siècle, nos vieilles démocraties occidentales sont-elles à l’abri de ruptures sociales et politiques comme celles de 1789, 1917 ou 1968 ? Les idéaux d’utilité générale et de bien public y paraissent usés. Les grandes utopies collectives ont été remplacées par la promesse de révolutions plus individuelles et intérieures.
Des microrévoltes aux enjeux locaux circonstanciés naissent bien, çà et là, portées par les effets de la mondialisation (financiarisation et menace écologique), mais elles ne visent plus la justice universelle. Ailleurs, des révolutions dites « arabes », après avoir enthousiasmé, ont très mal tourné (en Egypte, en Syrie, en Libye). Et en Afrique, en Asie, et même en Amérique latine, la phase des transitions démocratiques est loin d’être achevée. Là-bas, de brusques sursauts politiques sont possibles, aussi ouverts qu’imprévisibles.
C’est en tenant compte de ces contrastes et de ces contradictions de nos sociétés modernes que les journalistes du Monde et de La Vie, accompagnés des meilleurs spécialistes – Damien Agut (« Silence, tout va bien au royaume des pharaons »), Sophie Wahnich (« La Révolution française, un lent avènement du citoyen », Marc Ferro (« Le communisme a mis de côté les aspirations du peuple », etc. –, ont imaginé ce nouvel opus, sur « L’Histoire des révolutions ». Avec l’ambition de retracer non seulement l’histoire des grands bouleversements politiques, mais également les étapes d’un débat d’idées qui accompagne depuis des siècles la réflexion sociétale et politique, indissociable des idéaux de liberté et de justice.
Car, comme l’écrit l’historien Patrick Boucheron : « L’histoire ne se réduit pas à la chronique décourageante de la domination où l’on a le choix entre servir le pouvoir et s’y opposer sans espoir. »
« L’Histoire des révolutions », un hors-série « La Vie »- « Le Monde », en vente en kiosques, 188 pages, 12 euros, ou sur le site de la boutique du « Monde ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Thibault Schrepel, professeur de droit, estime dans une tribune au « Monde » que les défis posés par la blockchain, prochaine génération décentralisée de la révolution numérique, rendront bien fades ceux qui nous sont lancés aujourd’hui par les GAFA.
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« Les applications blockchain feront concurrence à tous les services numériques dans les années à venir »

Thibault Schrepel, professeur de droit, estime dans une tribune au « Monde » que les défis posés par la blockchain, prochaine génération décentralisée de la révolution numérique, rendront bien fades ceux qui nous sont lancés aujourd’hui par les GAFA.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h58
    |

Thibault Schrepel (Professeur de droit économique à l’niversité d’Utrecht (Pays-Bas) et chercheur associé à l’université Paris-1-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            

Tribune. On peut lire ça et là que les géants de l’Internet sont les premiers monopoles indestructibles de l’histoire. Cela serait dû à la détention de larges quantités de données qui leur donnerait un avantage concurrentiel irrattrapable.
Mais un nouveau modèle économique est en train de se développer en parallèle, celui de la blockchain (en français, « chaîne de blocs »). Il concurrencera bientôt les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft) et leurs équivalents chinois. Une nouvelle perspective s’ouvre ainsi et le débat autour de la puissance économique des entreprises du numérique doit être repensé.
Effet boule de neige
Nous savons, depuis les travaux de recherches de Clayton Christensen (Harvard), que les innovations de rupture sont le fait de petites entreprises, qu’elles émergent discrètement et qu’elles supplantent les marchés existants plutôt qu’elles ne les concurrencent. Ce que nous ne savions peut-être pas jusqu’à récemment, c’est que les innovations de rupture peuvent être le fait de communautés décentralisées.
C’est exactement ce qu’est la blockchain : une technologie qui permet une parfaite distribution du pouvoir en raison de son mode de gouvernance. Et cette caractéristique en fait un candidat particulièrement redoutable à la prochaine génération de l’ère du numérique, parce qu’il est bien plus difficile d’empêcher la concurrence qui provient d’un ensemble décentralisé que d’une entité définie.

De plus, la capacité de propagation de la blockchain est extrêmement élevée – c’est ce qu’a notamment illustré son application la plus connue, le Bitcoin. Cela est dû au fait que la plupart des blockchains créent de fortes incitations à l’adoption en distribuant des « tokens » (jetons) dont la valeur peut évoluer très rapidement. Cela permet aux blockchains de créer un véritable effet de réseau, un effet de boule de neige, quand bien même leur utilité est encore faible.
Le pouvoir de marché...



                        

                        


<article-nb="2018/07/18/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.
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Amende Google : « une instrumentalisation politique du droit de la concurrence »

Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h59
    |

Erwan Le Noan (Associé du cabinet de conseil Altermind et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique) et Nicolas Pe...







                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 donne l’occasion de célébrer le génie de l’innovation dans les technologies numériques : 20 ans de l’iMac, de l’entrée en Bourse d’Amazon, ou de la création de Google. Mais 2018 illustre aussi l’étrange obsession de l’Union européenne (UE) pour réguler les géants de l’Internet.
Quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur du Règlement général de protection des données (RGDP), Google se voit infliger une amende record de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante. Cette fois, c’est la distribution gratuite de la plate-forme Android aux fabricants de téléphones intelligents comme Samsung qui est mise à l’index. Selon la Commission, Google utiliserait cette stratégie, qu’elle estime abusive, comme un cheval de Troie pour imposer à tous son moteur de recherche.

Dans l’opinion publique, on peut s’attendre à un concert de louanges. Depuis l’élection du président Trump et le Brexit, un grondement hostile sourd contre les géants de l’Internet : le peuple réclame châtiment. Peu importe que ses inquiétudes, de Cambridge Analytica aux « fake news », soient d’ordre politique et non économique ; dès lors qu’une cible est désignée coupable par le tribunal populiste, tout est bon pour la clouer au pilori.
Et pourtant, cette affaire relève du paradoxe intellectuel à plusieurs égards. La première contradiction apparaît quand la Commission décrète qu’Android, écosystème ouvert, domine seul un marché sur lequel Apple n’exercerait aucune contrainte concurrentielle. La firme à la pomme ne distribuant pas son système iOS, verticalement intégré et fermé, à d’autres fabricants de téléphones comme Samsung ou Xiaomi (rien ne le lui interdit pourtant), Google et Apple ne seraient pas concurrents !
Analyse économiquement contre-productive
Google est donc inévitablement en position dominante sur son propre marché. Cette conclusion de la Commission est déroutante : elle semble se désintéresser du contexte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ A l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, l’ex-président américain s’est posé, mardi à Johannesburg, en rempart de la démocratie.
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Barack Obama : « Une partie du monde est sur le point de rebasculer vers un ordre ancien, plus brutal »

A l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, l’ex-président américain s’est posé, mardi à Johannesburg, en rempart de la démocratie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 15h26
   





                        



                                


                            

Invité à Johannesburg par la fondation Mandela à rendre hommage au premier président noir de l’Afrique du Sud, élevé au rang d’icône internationale, Barack Obama s’est posé en rempart de la démocratie et a averti des dangers d’un retour en force de l’autoritarisme. Un exposé qui a pris l’allure d’un véritable cours de relations internationales, dans lequel l’ancien président n’a pas retenu les critiques contre son successeur Donald Trump, sans jamais le nommer, fidèle à son habitude.
« Il y a cent ans, Madiba naissait dans le village de Mvezo. Rien n’aurait pu laisser présager, à ce moment-là, dans cet endroit-là, qu’un jeune garçon noir changerait le cours de l’histoire. L’Afrique du Sud avait déjà commencé à introduire des mesures de ségrégation raciale, un ensemble législatif connu sous le nom d’apartheid. La majorité de l’Afrique, dont le pays de mon père [le Kenya], était sous domination coloniale. Les puissances européennes dominantes, après une horrible guerre mondiale qui a pris fin quelques mois après la naissance de Madiba, considéraient ce continent et ses habitants comme un butin à se partager, un territoire abondant en ressources naturelles et en main-d’œuvre bon marché.
Il serait donc difficile d’exagérer les remarquables transformations qui se sont produites depuis. De plus en plus de peuples, témoins des horreurs du totalitarisme et des massacres perpétrés au cours du XXe siècle, ont imaginé une nouvelle vision pour l’humanité, fondée non seulement sur le principe d’autodétermination, mais aussi sur la démocratie, l’Etat de droit et la dignité inhérente à chaque individu.
Nelson Mandela a consacré sa vie à cette longue marche vers la liberté et la justice. Pour les peuples opprimés du monde entier, il est devenu l’incarnation de l’espoir, de l’aspiration à une vie meilleure, et de la possibilité d’une transformation morale des systèmes politiques. Lorsque, étudiant en droit, j’ai assisté à sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les correspondants en France de grands quotidiens internationaux publient dans le « Monde » quatre regards sur l’équipe de France.
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Coupe du monde 2018 : les Bleus dans les yeux de quatre journalistes étrangers

Les correspondants en France de grands quotidiens internationaux publient dans le « Monde » quatre regards sur l’équipe de France.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 12h02
   





                        


Britannique, italien, panarabe et allemand. Quatre correspondants en France de grands quotidiens internationaux publient, dans les colonnes du Monde du mercredi 18 juillet, leur regard sur l’équipe de France de football, trois jours après sa victoire en Coupe du monde.
« Le foot est peut-être le secteur le plus réussi et intégrateur de la vie française »
Simon Kuper, correspondant en France du quotidien britannique Financial Times, note que les petits Franciliens d’aujourd’hui considèrent que « l’appartenance ethnique est sans doute moins importante qu’elle ne l’était pour leurs parents ». 

        Lire la tribune de Simon Kuper :
         

          « Le foot est peut-être le secteur le plus réussi et intégrateur de la vie française »



« Les Bleus représentent bien mieux la France que la classe politique »
Pour Anaïs Ginori, correspondante en France du quotidien italien La Repubblica, si les vingt-trois joueurs ne régleront pas les problèmes des Français, ils leur apporteront au moins du bonheur.

        Lire la tribune d’Anaïs Ginori :
         

          « Les Bleus représentent bien mieux la France que la classe politique »



« Cette victoire a redonné du panache à l’identité française »
Randa Takieddine, correspondante en France du journal panarabe Al-Hayat, estime que les Bleus sont la preuve que l’intégration peut être une réussite.

        Lire la tribune de Randa Takieddine :
         

          « Cette victoire a redonné du panache à l’identité française »



« Les Français montrent la force de leur joie de vivre »
Pour Michaela Wiegel, correspondante politique du Frankfurter Allgemeine Zeitung, après la période sombre des attentats depuis 2015, les Français ont tenu à afficher leur enthousiasme autour de la bande à Deschamps. Aux Allemands de s’inspirer de l’esprit de cette jeune génération des Bleus.

        Lire la tribune de Michaela Wiegel :
         

          « Les Français montrent la force de leur joie de vivre »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. S’il était urgent de revoir les modalités d’admission dans l’enseignement supérieur, la nouvelle plateforme manque de transparence et laisse trop de candidats dans l’incertitude.
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Parcoursup, un système opaque

Editorial. S’il était urgent de revoir les modalités d’admission dans l’enseignement supérieur, la nouvelle plateforme manque de transparence et laisse trop de candidats dans l’incertitude.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h31
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il est encore trop tôt pour tirer un bilan définitif de la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, Parcoursup. Ce n’est pas avant septembre que l’on pourra véritablement juger de l’efficacité du dispositif d’orientation des bacheliers par rapport au très décrié APB (Admission post bac). Néanmoins, on peut déjà tirer quelques enseignements sur les forces et les faiblesses d’un système d’affectation instauré au pas de charge.
Plus efficace, plus transparent, plus juste… Les promesses faites au lancement de la réforme étaient nombreuses. Avec APB, tout bachelier pouvait s’inscrire dans un très grand nombre de filières, quel que soit son parcours scolaire dans le secondaire. Ce système à l’efficacité contestée, accusé d’être responsable d’un taux d’échec massif, générait de nombreuses frustrations, tout en créant des goulets d’étranglement, qui, parfois, n’ont pu être surmontés que grâce à un tirage au sort. Même si cette pratique est restée marginale, elle a réussi à jeter le discrédit sur APB et à imposer l’urgence d’une refonte du système.
Désormais, avec Parcoursup, l’essentiel de la sélection a lieu avant l’entrée à l’université, et non plus après. L’idée est de limiter le gâchis en prévenant l’échec et de permettre in fine de relever le niveau global de l’université. Reste que la mise en pratique se révèle chaotique.
Au lendemain des résultats du bac, quelque 100 000 jeunes encore inscrits sur Parcoursup demeurent sans proposition de formation, soit un chiffre légèrement supérieur à celui de 2017. Certes, la procédure se poursuit durant tout l’été. Certes, les candidats encore dans l’attente sont accompagnés, pour ceux qui le souhaitent, par une commission pilotée par le recteur. Il n’empêche, l’incertitude de se retrouver sans aucune place se prolonge pour encore trop d’élèves.

        Lire aussi :
         

                L’extrême lenteur de Parcoursup inquiète établissements et futurs étudiants



Incompréhension
Le deuxième problème est celui de la transparence. Pour chacun, il reste très difficile d’évaluer ses chances de décrocher une place dans la formation rêvée. Nombre de lycéens ne connaissent pas précisément les critères qui ont pu les faire dégringoler dans les listes d’attente. Si le gouvernement n’a cessé de revendiquer un système plus lisible, notamment en publiant l’algorithme présidant au fonctionnement de Parcoursup, c’est à l’inverse une grande opacité qui a été ressentie dans de nombreuses familles.
Prise en compte des notes de telle ou telle matière du lycée, de la filière de bac du candidat, du lycée d’origine, de la lettre de motivation, des activités extrascolaires… les différents critères ont donné lieu à toutes les théories. Et à l’incompréhension de voir un camarade, jugé moins bon, mieux classé à l’entrée de telle ou telle formation. Sans compter les nouveaux quotas géographiques, qui ont nourri les craintes de discrimination, à tort ou à raison, ou encore l’instauration d’un taux minimum de boursiers.
Si rien ne permet de savoir pour l’heure si l’orientation a pu être améliorée, si les candidats trouveront finalement une place qui leur convient à la rentrée, ou encore si les taux de réussite à l’université vont progresser, ce nouveau système part déjà avec un handicap : l’ombre de la suspicion, peu propice à la sérénité. La réforme était ambitieuse, mais le gouvernement semble avoir confondu parfois vitesse et précipitation, donnant le sentiment à une partie de ce millésime de bacheliers d’avoir essuyé les plâtres. A ce stade, l’appréciation ne peut être que « peut mieux faire ».

        Lire aussi :
         

                Parcoursup : des syndicats saisissent le Défenseur des droits sur les « algorithmes locaux »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Norbert Paquel réagit à la chronique d’Heshika Deegahawathura du 12 juillet sur la « révolution du textile » dans les pays du Sud. Au contraire de ce dernier, il explique que l’intelligence artificielle est une chance si elle met fin aux conditions sanitaires effroyables que connaît cette industrie.
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« La production textile dans les pays du Sud est l’un des scandales de notre époque »

Norbert Paquel réagit à la chronique d’Heshika Deegahawathura du 12 juillet sur la « révolution du textile » dans les pays du Sud. Au contraire de ce dernier, il explique que l’intelligence artificielle est une chance si elle met fin aux conditions sanitaires effroyables que connaît cette industrie.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 11h37
    |

Norbert Paquel (Consultant au cabinet Canope)







                        



                                


                            

Tribune. La chronique signée Heshika Deegahawathura parue dans le cahier « Eco & entreprise » du Monde daté du 12 juillet (« Industrie de l’habillement : Des mesures audacieuses sont nécessaires dans les pays du Sud ») appelle certes des remarques techniques, mais exprime surtout une position pour le moins controversée voire profondément choquante sur le développement de l’économie des pays du Sud.
M. Deegahawathura suit un courant très à la mode aujourd’hui quand il prédit, pour le textile, une révolution rapide et radicale grâce à la combinaison de l’intelligence artificielle (IA), des données massives, des réseaux sociaux et des plates-formes des géants du commerce électronique.
L’analyse, comme l’observation des difficultés pratiques, montre que cette révolution ne se déroulera sans doute ni aussi rapidement que certains le pensent ni même comme elle a été annoncée. L’IA n’atteindra pas une vraie capacité de réflexion avant pas mal d’années, la collecte des données ou l’action des GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] vont se heurter à des résistances croissantes.

Au demeurant, ces fameuses révolutions concerneront avant tout la couche aisée des populations des différents pays et je ne vois pas que l’Africain ou l’Indien moyen, qui pourtant doit se vêtir, en « bénéficiera » rapidement. Une autre illusion se retrouve aussi dans les solutions proposées : non, toute la population ne va pas travailler dans les techniques de pointe et la production ou la maintenance de robots…
Coton transgénique et cancer
Plus grave est l’analyse économique qui sous-tend le raisonnement principal : la perte d’emploi pour les pays du Sud qui ne pourront plus profiter de l’avantage représenté par une main-d’œuvre peu qualifiée aux salaires très bas. Il faudrait plutôt dire que c’est une chance, si c’était vrai, car la production textile dans ces pays est l’un des scandales de l’époque, et cela commence à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les psychologues Agnès Florin, Roger Lécuyer et Benoît Schneider plaident dans une tribune au « Monde » pour la réintroduction au lycée d’une « formation sur les facteurs psychologiques qui déterminent les comportements et la vie sociale » des élèves.
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« Réintroduisons la psychologie au lycée »

Les psychologues Agnès Florin, Roger Lécuyer et Benoît Schneider plaident dans une tribune au « Monde » pour la réintroduction au lycée d’une « formation sur les facteurs psychologiques qui déterminent les comportements et la vie sociale » des élèves.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 11h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le XXe siècle a connu un développement majeur dans l’étude des comportements humains et de leurs dysfonctionnements. De même que dans l’interdisciplinarité dans les sciences de la connaissance, avec des bouleversements théoriques de la science qui s’intéresse le plus à la connaissance : la psychologie.
La psychologie a longtemps été enseignée en France dans le cadre de la philosophie en terminale, en présentant des thèmes comme la mémoire, l’intelligence, la perception, l’émotion, l’attention, la personnalité, etc. Mais elle a disparu des programmes en 2003, après avoir été réduite, les dernières années, à des études de textes de Freud et Lacan.
Au même moment s’est développée dans le monde une profession de psychologue qui attire un très grand nombre de candidats. Dans la plupart des pays, la psychologie fait partie des cursus sélectifs.
Aux Etats-Unis, en Belgique, en Suisse
En France, la probabilité pour qu’un étudiant entrant à l’université devienne psychologue est du même ordre que pour un étudiant en 1re année de médecine de devenir médecin. Les étudiants le savent, mais l’attrait de la discipline est plus fort que les considérations sur l’emploi. Et nombre de bacheliers méconnaissent la formation universitaire de psychologue, comme la place de la biologie et de la physiologie, ou des mathématiques (statistiques, probabilités). L’importance de la psychologie pour la formation des jeunes est reconnue dans bien des pays (Etats-Unis, Belgique, Suisse, etc.) où elle est introduite dans le cursus secondaire.
Un autre indice de cette popularité, sans doute plus inquiétant, se constate en librairie : le rayon « développement personnel » y tient une place nettement supérieure à celle de la psychologie scientifique. C’est que « nous sommes tous psychologues », selon l’ouvrage Sommes-nous tous psychologues ?, de Jacques-Philippe Leyens et Nathalie Scaillet (2012), et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Simon Kuper, correspondant en France du « Financial Times », note que les petits Franciliens d’aujourd’hui considèrent que « l’appartenance ethnique est sans doute moins importante qu’elle ne l’était pour leurs parents ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Coupe du monde 2018 : « Le foot est peut-être le secteur le plus réussi et intégrateur de la vie française »

Dans une tribune au « Monde », Simon Kuper, correspondant en France du « Financial Times », note que les petits Franciliens d’aujourd’hui considèrent que « l’appartenance ethnique est sans doute moins importante qu’elle ne l’était pour leurs parents ».



Le Monde
 |    18.07.2018 à 09h22
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h45
    |

Simon Kuper (Correspondant (politique, livres, football) en France du "Financial Times")







                        



                                


                            

Tribune. Je vis à Paris depuis des années, mais je n’avais pas souvent visité les banlieues avant que mes enfants ne commencent à jouer au foot. Aujourd’hui, j’y passe la plupart de mes matinées de week-end durant la saison. Google Maps nous guide jusqu’aux complexes sportifs bien entretenus, généralement entourés de mornes barres d’immeubles. Pendant que les gosses se changent, les parents cherchent où boire un café. Ensuite, les deux équipes – toujours composées d’un mélange d’enfants blacks, blancs et beurs – se déploient sur la pelouse artificielle subventionnée par l’Etat.

Pères et mères regardent le match debout (en général dans un froid glacial), derrière une clôture grillagée tellement éloignée que nos gamins peuvent à peine nous entendre hurler. Alors que dans les pays anglo-saxons, les parents sont rois, en France, ce sont les éducateurs. Bardés de diplômes, ces émissaires du système footballistique français nous considèrent, nous autres parents, comme un désagrément qu’il convient de garder à distance. Le jeu est parfois d’une qualité remarquable. A la fin du match, tout le monde se serre la main et nous rentrons à la maison pour décongeler.
Je viens de couvrir le triomphe des Bleus à Moscou pour mon journal, le Financial Times. Ce que j’ai vu là-bas correspondait parfaitement à ce que j’avais perçu dans le football des gosses de banlieue.
Le foot est peut-être le secteur le plus réussi et intégrateur de la vie française. C’est un modèle pour votre société – mais il montre également que beaucoup de choses y fonctionnent déjà très bien, en dépit de votre pessimisme national absurdement exagéré.
Une éclatante réussite
Si le football français marche aussi bien, c’est avant tout parce que c’est l’une des rares activités qui unit Paris et sa périphérie. Les équipes parisiennes se déplacent en banlieue tout simplement parce que c’est là que se trouvent la plupart des terrains.
En deuxième...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Randa Takieddine, correspondante en France du journal panarabe « Al Hayat », estime que les Bleus sont la preuve que l’intégration peut être une réussite.
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Coupe du monde 2018 : « Cette victoire a redonné du panache à l’identité française »

Dans une tribune au « Monde », Randa Takieddine, correspondante en France du journal panarabe « Al Hayat », estime que les Bleus sont la preuve que l’intégration peut être une réussite.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h36
    |

Randa Takieddine (Correspondante en France du quotidien panarabe "Al Hayat")







                        



                                


                            

Tribune. La fête que le peuple français a réservée à l’équipe de foot championne du monde de retour de Russie a montré une communion nationale dans la joie et la liesse avec une jeunesse issue de la diversité. Un grand moment de joie partagé par un jeune président français, enthousiaste, adepte de foot, qui appelle l’équipe à rester unie et à ne pas oublier ses clubs amateurs à travers la France.

Cette fête bon enfant, ce délire des foules dans les villes le soir de la victoire et avant le match, la marée humaine qui a déferlé sur les Champs-Elysées, des heures avant l’arrivée des champions, par une forte chaleur, témoignent d’un besoin de joie, de bonne humeur, de faire la fête, de sortir d’une morosité grandissante depuis des années à cause de la fracture de la société française.
Kylian Mbappé, Samuel Umtiti, Paul Pogba, Nabil Fekir, Ousmane Dembélé, ces jeunes champions qui, pour beaucoup, sont issus de l’immigration et venant des banlieues, sont tous des enfants de cité qui ont réussi par le football. Ils sont la preuve que l’intégration peut être synonyme de réussite malgré le sentiment croissant de refus de l’immigration, pas seulement par le Rassemblement national et tous ses sympathisants, mais aussi par un bon nombre de Français, après les attentats terroristes commis par des Maghrébins issus des banlieues.
La ferveur populaire provoquée par ces 23 jeunes champions du monde en dit long sur une société qui a besoin de réussite, qui est fière de ses enfants, mais qui, très souvent, doute d’elle-même à cause de la fracture socio-économique qui mine le pays et qui souvent pousse ses jeunes à partir pour réussir à l’étranger.
Sortir de la peur du terrorisme
Cette union, cette émotion partagée par tout un peuple avait été exprimée ces dernières années dans le drame et la tristesse des attentats. Le peuple français avait besoin de se requinquer et de sortir de la peur du terrorisme et d’exprimer sa fierté d’être Français,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Après la rencontre des deux chefs d’Etat à Helsinki, une dangereuse recomposition des alliances risque de marquer le rapport de force américano-russe, estime le politologue Frédéric Charillon dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Donald Trump et Vladimir Poutine sont des alliés objectifs mais pas égaux »

Après la rencontre des deux chefs d’Etat à Helsinki, une dangereuse recomposition des alliances risque de marquer le rapport de force américano-russe, estime le politologue Frédéric Charillon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h43
    |

Frédéric Charillon (Professeur des universités en science politique à l'Université d'Auvergne)







                        



                                


                            

Tribune. Tout prédestinait, à Helsinki, cette première rencontre bilatérale entre Donald Trump et Vladimir Poutine à être avant tout un spectacle. Les deux hommes sont prisés des médias, leurs faits et surtout leurs gestes sont abondamment commentés. Ils s’apprécient dans une relation sulfureuse faite d’amitié virile entre mâles dominants et de formules fortes. Ils pourraient, ensemble, être les héros d’une série américaine. Pas de « notetakers » pour cette entrevue, mais une conférence de presse commune qui fera date.
Au-delà du show, que retenir ? D’abord, que le jeu entretenu des perceptions a largement précédé, pour la parasiter, cette rencontre, qui aurait dû être importante. Ensuite, qu’elle a confirmé les craintes occidentales d’un différentiel de vision stratégique entre Washington et Moscou. Enfin, et de ce fait, c’est une dangereuse recomposition des alliances qui pourrait marquer désormais le rapport de force américano-russe.
Le parasitage des perceptions
Les personnages de Trump et de Poutine sont bien campés dans les esprits et dans les opinions internationales. Depuis longtemps (2000) pour le président russe, plus récemment mais de façon spectaculaire pour son homologue américain. Ils représentent chacun ce qu’une bonne partie du monde adore détester dans leurs pays respectifs. Le businessman truculent et volontiers vulgaire, qui s’assoit sur le politiquement correct sans s’embarrasser d’une grande culture et en affichant son goût pour le McDonald’s, a pour homologue l’ancien homme du KGB, impassible et brutal, qui aime jouer sur la double corde sensible de la mémoire soviétique ou impériale.
Ils cultivent leur propre légende et des clichés qui, en réalité, les servent, d’abord sur l’échiquier politique intérieur (avec des règles du jeu différentes) auprès de segments d’opinion à la fois conservateurs et en déclin social, mais aussi à l’extérieur, où ils espèrent faire figure d’énigmes suffisamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Fin du patriarcat (3/5). Persuadée que « les sexes font l’histoire », la philosophe Geneviève Fraisse explique que le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes est encore loin d’être achevé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤     


                « L’émancipation des femmes est une histoire sans fin »


Fin du patriarcat (3/5). Persuadée que « les sexes font l’histoire », la philosophe Geneviève Fraisse explique que le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes est encore loin d’être achevé.

Le Monde
                 |                 18.07.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h38
                














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Patriarcat est un mot qui dit le système, le système comme théorie politique raisonnée et fondement de la société. La domination masculine, mot qui lui sert d’équivalent, dit la continuité anthropologique d’une organisation sociale hiérarchisée. Fondement et hiérarchie : quitte à penser la fin de ce système, nous pouvons confondre les deux mots ; ou les séparer. La fin supposée possible de ce régime politique nous oblige à poser la question du commencement, du début. « Quand » ? Quand cela a-t-il commencé ?
Bonne question, à laquelle il fut parfois répondu. Bien connue est l’affirmation d’Engels qui, au XIXe siècle, affirma qu’il y eut une « défaite historique du sexe féminin », un avant et un après la prise de pouvoir définitive du sexe masculin. A l’opposé, Simone de Beauvoir, au XXe siècle, trancha dès l’introduction du Deuxième Sexe : la dépendance des femmes « n’est pas la conséquence d’un événement ou d’un devenir, elle n’est pas arrivée ». Alors peut-il y avoir une fin si la question des commencements reste en suspens ?
Belle question, moins brutale que la précédente. Si on songe aux luttes contre l’esclavage ou la colonisation, il y a parfois des commencements identifiables, des histoires évolutives et surtout des ruptures, des fins datées, des horizons programmés. Dans ces luttes, la fin des asservissements est pensée, puis réalisée par des dates historiques qui disent l’abolition, ou l’indépendance. Certes, l’esclavage moderne et le néocolonialisme nous indiquent la fragilité de ces victoires ; mais quand même…
Le capitalisme, catalyseur de la domination masculine
Quant à la hiérarchie des sexes, elle semble plus pérenne, exactement constante, ayant toujours été déjà là. Et les luttes qui s’y opposent, toujours partielles, envisagent rarement un objectif de rupture définitive, elles dessinent au mieux un horizon imaginé. A moins que les travaux récents ne fournissent des explications...


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« L’émancipation des femmes est une histoire sans fin »
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Anaïs Ginori, correspondante du quotidien italien « La Repubblica », estime dans une tribune au « Monde » que si les joueurs ne régleront pas les problèmes des Français, ils leur apporteront au moins du bonheur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
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Coupe du monde 2018 : « Les Bleus représentent bien mieux la France que la classe politique »

Anaïs Ginori, correspondante du quotidien italien « La Repubblica », estime dans une tribune au « Monde » que si les joueurs ne régleront pas les problèmes des Français, ils leur apporteront au moins du bonheur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h17
    |

Anaïs Ginori (Correspondante en France du quotidien italien « La Repubblica »)







                        



                                


                            

Tribune. La France n’a pas inscrit le droit au bonheur dans la Constitution, mais elle pratique si souvent le malheur qu’on pourrait presque croire que c’est un devoir constitutionnel. Si on regarde de loin un pays qui conserve autant de richesses et qui, malgré tout, a réussi à défendre un modèle culturel, social et économique unique au monde, il y a comme une suspicion de posture intellectuelle dans cette insatisfaction permanente, peut-être la conséquence du fameux esprit critique, un regard cartésien et très exigeant sur la réalité, qui fait partie du génie de ce peuple, et de son malheur.

On peut donc craindre que le naturel français revienne bientôt au galop et referme la parenthèse enchantée provoquée par la victoire des Bleus. Ce serait dommage. Didier Deschamps a montré que son équipe avait gagné grâce à une forme de modestie, de solidarité interne et de cohésion, autant de qualités qui ne sont plus très représentées dans le débat public. Certains Italiens se consolent de leur absence de cette Coupe du monde en se disant que le jeu de Deschamps est inspiré du foot du « Bel paese » [« beau pays », en parlant de l’Italie] qu’il a si longtemps fréquenté.
« L’identité, heureuse ou malheureuse, continuera de tourmenter les esprits »
Même si les intellectuels qui prophétisaient le « Suicide français », « La Soumission » ou « La Décadence » sont obligés de se taire pour quelques jours, l’identité, pile ou face, heureuse ou malheureuse, continuera de tourmenter les esprits. Il n’y a pas si longtemps, un président socialiste proposait l’idée d’une déchéance de nationalité pour certains enfants de la République, comme des brebis galeuses que l’on pourrait expulser du troupeau. La liesse de ces jours ne va ni effacer tous les problèmes d’intégration, les ghettos de la République, ni empêcher des jeunes de tomber dans une idéologie meurtrière.
Patriotisme et joie de vivre
Est-ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Les émotions et les affects – enjeux de domination et de résistance – constituent, au même titre que les compétences et l’organisation, une sorte de rouage indispensable aux professions et aux organisations, explique la sociologue Aurélie Jeantet dans son dernier ouvrage.
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Pas de travail sans émotions

Les émotions et les affects – enjeux de domination et de résistance – constituent, au même titre que les compétences et l’organisation, une sorte de rouage indispensable aux professions et aux organisations, explique la sociologue Aurélie Jeantet dans son dernier ouvrage.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h57
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. S’intéresser au travail a longtemps consisté pour la sociologie à en étudier les rouages : techniques, modes d’organisation et compétences. « Aujourd’hui, ces leviers et mécanismes apparaissent comme grippés ou en tout cas insuffisants pour décrire le réel dans sa complexité et dans son épaisseur subjective », estime Aurélie Jeantet.
Le travail n’est pas quelque chose d’extérieur qu’on peut considérer de manière objective et indépendante : il nous mobilise psychiquement et affectivement. « Les émotions et les affects constituent, au même titre que les compétences et l’organisation, une sorte de rouage indispensable », soutient la sociologue dans Les émotions au travail (CNRS éditions).
Les émotions diffèrent d’un milieu professionnel à un autre. « Certaines émotions sont de mise dans certains métiers alors que d’autres sont mal vues, voir prohibées tandis que ce peut être tout l’inverse ailleurs ». L’ouvrage veut « redonner aux émotions la place qu’elles méritent, dans leur spécificité, leur diversité, leur ambivalence, les effets multiples, voire dans le caractère potentiellement subversif vis-à-vis de l’ordre social ».
« Réaffectiver le monde du travail »
La spécialiste du travail, maître de conférences à l’université Sorbonne-Nouvelle commence par évoquer la relation compliquée de la sociologie générale aux émotions.
Un deuxième chapitre se penche sur la manière dont les organisations et les professions ont tenté d’évacuer les émotions, de les réguler ou les outiller. Les émotions sont abondamment investies par le management et ce, dès les premiers âges du taylorisme : « La motivation, l’attente de reconnaissance, le désir de bien faire, l’esprit de compétition, le plaisir du jeu… sont quelques-uns des leviers utilisés pour mettre au travail, en allant plus loin que la seule et abrupte discipline taylorienne des corps ».
L’ouvrage s’attaque enfin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour Michaela Wiegel, correspondante du « Frankfurter Allgemeine Zeitung », après les attentats de 2015, les Français ont tenu à afficher leur enthousiasme autour des Bleus. Aux Allemands de s’en inspirer.
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Coupe du monde 2018 : « Les Français montrent la force de leur joie de vivre »

Pour Michaela Wiegel, correspondante du « Frankfurter Allgemeine Zeitung », après les attentats de 2015, les Français ont tenu à afficher leur enthousiasme autour des Bleus. Aux Allemands de s’en inspirer.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h39
    |

Michaela Wiegel (Correspondante politique du "Frankfurter Allgemeine Zeitung" en France)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a une « joie pure » à partager, à Paris, l’effervescence et la ferveur footballistique qui – à quatre ans d’intervalle – est passée d’un côté à l’autre du Rhin. Quelle belle symbolique pour l’Europe que l’Allemagne et la France, le cœur de cette construction pacifique unique, se relayent comme champions du monde ! Nous nous découvrons toujours dans le miroir de l’autre. Alors qu’il faut bien sûr se méfier des comparaisons trop simplistes, il saute aux yeux que la France, avec sa jeune équipe de champions, incarne le renouvellement dans un esprit d’équipe, un optimisme à toute épreuve et un patriotisme revisité.

La Nationalelf d’Allemagne, du haut de ses 4 étoiles, est arrivée assez brutalement à la fin d’un cycle victorieux. C’est d’autant plus difficile à supporter pour nous autres Allemands que nous avons misé depuis longtemps sur la force requinquante du football. Après les années de plomb de la vague terroriste depuis janvier 2015, la France donne l’impression de vouloir montrer, sans rien oublier, la force de sa joie de vivre. Elle incarne en cet été tout ce que les islamistes fanatisés détestent : un pays qui chante, qui se rassemble dehors, en terrasses et dans les bars, femmes comme hommes, et qui crie son plaisir (à chaque but).
Rédemption
En Allemagne, la rédemption fut longtemps cherchée à travers le football. Même les jeunes générations ont baigné dans cet esprit, entretenu par un film émouvant « Le Miracle de Berne » qui raconte la finale gagnée (contre toute attente) en 1954 par l’équipe allemande comme un retour à la joie de vivre après les années noires de guerre mais aussi après des mornes années de la reconstruction dans la culpabilité.
Le football aide à croire en une Allemagne démocratique et pacifique, tel est le message de ce film sorti en 2003 dans les salles, qui a préparé le terrain pour la Coupe du monde 2006, qu’un autre film du même réalisateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’ancien patron de l’usine horlogère donne, quarante ans après, sa version des faits sur la liquidation polémique de l’entreprise, en 1976.
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« L’affaire Lip » remonte le temps

L’ancien patron de l’usine horlogère donne, quarante ans après, sa version des faits sur la liquidation polémique de l’entreprise, en 1976.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h36
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. Que reste-t-il de « l’affaire Lip » aujourd’hui ? Quelques slogans ? « Lip, l’imagination au pouvoir », « Pas de licenciement, pas de démantèlement, maintien des acquis sociaux », « On fabrique, on vend, on se paie », ont été scandés bien au-delà des années 1970 et de la ville de Besançon, berceau du fleuron français de l’industrie horlogère jusqu’au choc pétrolier des années 1970.
Pour mémoire, l’entreprise, fondée en 1867 par Emmanuel Lipmann, est, à partir de 1973, le théâtre d’un conflit social sans précédent, qui finira par une liquidation, dont le PDG, Claude Neuschwander, est alors désigné comme le coupable. La polémique sur la responsabilité de la mort de Lip a fait couler beaucoup d’encre.
La controverse s’étalait encore largement dans les médias quarante ans après l’occupation de l’usine horlogère de Palente, en 1973, par un millier d’ouvriers. Dans Pourquoi ont-ils tué Lip ?, qu’il vient de cosigner avec le politologue Guillaume Gourgues, Claude Neuschwander rouvre aujourd’hui les coulisses de ce qui est devenu un mythe de la lutte ouvrière.
Pour l’ancien patron de Lip, c’est une certitude, « les actionnaires de Lip ont bel et bien souhaité sa mort, en choisissant délibérément de ne plus financer sa relance, avant et après mon départ », écrit-il. L’essai expose, dans leur contexte, les déclarations et les actes des protagonistes industriels, économiques et politiques, qui révèlent « des éléments précieux, jusque-là peu exploités ».
Mais, plus qu’une énième recherche de responsabilité d’un gigantesque gâchis social et industriel, l’objectif de cet ouvrage est de démontrer qu’il s’agissait avant tout de « discréditer le côté social de l’expérience » de relance de Lip au nom de l’emploi, afin de rétablir un certain ordre économique libéral.
« Tournant politique »
Pour les auteurs, « l’affaire Lip » marque « un tournant politique », celui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.
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« Au Nicaragua, les féministes ont vu venir la dictature actuelle »

Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h15
    |

Delphine Lacombe (Sociologue, chargée de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune - Depuis quatre-vingt-dix jours, Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo, répriment dans le sang la population nicaraguayenne opposée à leur dictature. Le week-end dernier, à Managua, deux étudiants ont été tués d’une balle dans la tête, dans une église où ils s’étaient réfugiés avec une centaine de leurs camarades. Les 15 et 16 juillet, une nouvelle opération de terreur a été menée dans plusieurs villes proches de la capitale, ajoutant au moins dix personnes à la liste des trois cent cinquante tués depuis la fin d’avril.
Force est de constater que quelques témoins et observateurs avaient précocement compris que le retour au pouvoir de Daniel Ortega (chef de l’Etat de 1984 à 1990) n’était que l’aboutissement d’une stratégie de réascension politique à des fins dictatoriales.
Il suffisait d’écouter nombre de féministes pour comprendre la genèse de la tyrannie actuelle.
Dès 1994, au moment où Daniel Ortega finit par s’imposer seul à la tête du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), la journaliste et sociologue Sofía Montenegro rappelle dans un article intitulé « le FSLN est-il révolutionnaire ? » (« ¿Es Revolucionario el FSLN? », voir le lien PDF) que cette organisation s’est toujours donné pour principales vertus l’autoritarisme et l’obéissance, certes confortées par la polarisation guerrière des années 1980.
Egoïsme et déviationnisme idéologique
Si la « mystique révolutionnaire » a pu fomenter une énergie collective tournée vers la dignité nationale, elle a aussi été une « mystique de la négation, négation des individus et de la vie même », tant le fait d’exprimer un désir de libération personnelle et collective, notamment en tant que femmes, pouvait être marqué au sceau de l’égoïsme et du déviationnisme idéologique.
Elle affirmait que sans un véritable aggiornamiento, le FSLN serait voué à reproduire à nouveaux frais ce modèle, proclamateur de vœux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.
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Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine

Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 15h04
   





                        



Editorial du « Monde ». « Faible ». Voilà pour Donald Trump ce qui constitue la sentence suprême. Celle qu’il fait tomber régulièrement comme un couperet sur ses adversaires depuis qu’il s’est installé à la Maison Blanche. Cette obsession est ancienne. Sa première publicité de campagne, il y a plus de trente ans, reprochait à Ronald Reagan une absence de « colonne vertébrale ». A l’opposé, le président des Etats-Unis n’a cessé jusqu’à présent de mettre en avant sa « force », une défense intraitable de la souveraineté américaine, à des années-lumière d’un Barack Obama qui, selon lui, avait passé ses deux mandats à s’excuser auprès du monde entier de diriger la première puissance mondiale et d’avoir pour mission principale la défense opiniâtre de ses intérêts.

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Cette construction binaire, efficace auprès des électeurs de Trump, s’est brisée sur un roc, lundi 16 juillet. « Personne n’a probablement été aussi dur que moi sur la Russie », avait-il assuré en avril. Une phrase qui a curieusement résonné dans le palais présidentiel d’Helsinki.
La rencontre espérée de longue date par Donald Trump avec son homologue Vladimir Poutine s’est bien traduite en démonstration de force, mais aux dépens d’un président américain manifestement mal préparé à l’exercice et prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour complaire à son interlocuteur.
Conférence de presse dévastatrice
Dans cette mauvaise séquence de télé-réalité, Donald Trump a été réduit à un rôle de faire-valoir. Validant sans le moindre état d’âme des dénégations glaciales du président russe, à propos d’interférences dans la campagne présidentielle de 2016 qui l’avait consacré. Opinant du bonnet à la mention, par le maître du Kremlin, des dossiers sur lesquels ce dernier attendait un rapprochement entre Washington et Moscou, à ses conditions.

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Contre l’avis de la justice et des services de renseignement de son pays, Donald Trump se montre depuis le 8 novembre 2016 incapable de reconnaître la moindre interférence russe dans une élection gagnée sur le fil, grâce à une différence d’un peu plus de soixante-dix mille voix obtenues dans trois Etats américains décisifs. On peut en comprendre les ressorts intimes, la hantise d’un procès en illégitimité qui sous-tend nombre des critiques du président venu sur le tard en politique et de manière particulièrement non conventionnelle. Le problème, pour Donald Trump, est que ce blocage psychologique pèse désormais sur l’ensemble de la relation avec la Russie.
Le sommet de la conférence de presse dévastatrice qui a marqué la fin de la rencontre avec Vladimir Poutine a été sans doute atteint lorsque Donald Trump a estimé ne voir « aucune raison de croire » à cette ingérence, alors que son homologue lui en a aussitôt fourni une en assurant qu’il avait eu sa préférence « parce qu’il a parlé de ramener la relation entre les Etats-Unis et la Russie à la normale ».
Une mise en garde prémonitoire
L’effet ravageur pour la crédibilité du président des Etats-Unis au sommet d’Helsinki a été décuplé par les jours qui ont précédé, marqués par ses déclarations agressives visant les alliés historiques des Etats-Unis au cours de la réunion annuelle de l’OTAN, à Bruxelles, comme au cours d’une visite à Londres. A la veille de sa rencontre avec son homologue russe, Donald Trump avait encore classé l’Union européenne parmi les « ennemis » de Washington, du fait de pratiques commerciales qualifiées d’injustes, conseillant même à la première ministre britannique, Theresa May, selon les confidences de cette dernière, de traîner l’UE devant les tribunaux.

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La vision stratégique américaine publiée en décembre et qui porte le paraphe du président des Etats-Unis contenait pourtant une mise en garde prémonitoire. Qualifiant la Russie de puissance « révisionniste », ce testament politique du deuxième conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, détaillait une volonté russe de « couper » Washington « de [ses] alliés et de [ses] partenaires » et d’« affaiblir l’unité transatlantique ». Avec l’aide aussi déterminante que désespérante de Donald Trump, cette volonté semble s’étendre tous les jours davantage.

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