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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.
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Le recours de victimes des attentats du 13 novembre 2015 contre les « défaillances » de l’Etat rejeté

Une trentaine de victimes ont attaqué l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 18h07
   





                        


Le recours déposé par une trentaine de victimes des attentats du 13 novembre 2015 concernant les « défaillances » de l’Etat, notamment sur la détection des djihadistes et la sécurisation du Bataclan, a été rejeté mercredi 18 juillet par le tribunal administratif de Paris.

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« Les éléments produits par les requérants ne permettent pas d’établir (...) que l’Etat aurait engagé sa responsabilité du fait d’un défaut de surveillance » des auteurs des attaques, estime le tribunal dans un communiqué de presse.
Par ailleurs, « aucune faute ne peut être imputée aux services de police pour n’avoir pas mis en œuvre un dispositif de sécurité particulier autour de la salle de spectacle du Bataclan après le mois d’août 2015 », poursuit le texte.
L’enquête ouverte après des menaces d’attentat contre la salle de spectacle en 2009 avait abouti à un non-lieu, « la réalité d’un tel projet [n’ayant] pu être établie », rappellent les juges.
Enfin, « aucun élément ne permet d’engager la responsabilité de l’Etat à raison d’un défaut de coopération des services de renseignement français avec les services des autres Etats membres de l’Union européenne en matière de terrorisme », a estimé le tribunal.
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité »
« Le 13 novembre 2015 n’était pas une fatalité », avait affirmé lors de l’audience du 4 juillet Me Samia Maktouf, avocate de victimes et familles des victimes des attentats à Paris et Saint-Denis qui ont fait au total 130 morts et des centaines de blessés.

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                La parole des victimes contre le terrorisme



Me Maktouf, à l’origine du recours, avait énuméré les « dysfonctionnements liés au défaut de surveillance et de vigilance des services de sécurité de l’Etat français », et la circulation des djihadistes au sein de l’espace Schengen.

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L’avocate avait également reproché la non-intervention des soldats de l’opération Sentinelle, qui ont reçu « instruction de ne pas pénétrer dans une salle où une scène de guerre se déroulait ».

        Lire nos explications:
         

          13 novembre 2015 : pourquoi les militaires de « Sentinelle » ne sont pas intervenus au Bataclan



Depuis trois ans, certaines victimes et familles de victimes s’indignent que des militaires de Sentinelle, une force créée après les attentats de janvier 2015, présents près de la salle où 90 personnes ont été tuées, n’aient pas eu le droit d’intervenir. Une plainte au pénal a d’ailleurs été déposée le 8 juin pour « non-assistance à personne en péril ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.
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Amende Google : « une instrumentalisation politique du droit de la concurrence »

Erwan Le Noan, consultant, et le juriste Nicolas Petit écrivent, dans une tribune au « Monde », que l’attitude répressive de Bruxelles envers des géants du numérique témoigne d’une vision dépassée et fausse de ce secteur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h59
    |

Erwan Le Noan (Associé du cabinet de conseil Altermind et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique) et Nicolas Pe...







                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 donne l’occasion de célébrer le génie de l’innovation dans les technologies numériques : 20 ans de l’iMac, de l’entrée en Bourse d’Amazon, ou de la création de Google. Mais 2018 illustre aussi l’étrange obsession de l’Union européenne (UE) pour réguler les géants de l’Internet.
Quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur du Règlement général de protection des données (RGDP), Google se voit infliger une amende record de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante. Cette fois, c’est la distribution gratuite de la plate-forme Android aux fabricants de téléphones intelligents comme Samsung qui est mise à l’index. Selon la Commission, Google utiliserait cette stratégie, qu’elle estime abusive, comme un cheval de Troie pour imposer à tous son moteur de recherche.

Dans l’opinion publique, on peut s’attendre à un concert de louanges. Depuis l’élection du président Trump et le Brexit, un grondement hostile sourd contre les géants de l’Internet : le peuple réclame châtiment. Peu importe que ses inquiétudes, de Cambridge Analytica aux « fake news », soient d’ordre politique et non économique ; dès lors qu’une cible est désignée coupable par le tribunal populiste, tout est bon pour la clouer au pilori.
Et pourtant, cette affaire relève du paradoxe intellectuel à plusieurs égards. La première contradiction apparaît quand la Commission décrète qu’Android, écosystème ouvert, domine seul un marché sur lequel Apple n’exercerait aucune contrainte concurrentielle. La firme à la pomme ne distribuant pas son système iOS, verticalement intégré et fermé, à d’autres fabricants de téléphones comme Samsung ou Xiaomi (rien ne le lui interdit pourtant), Google et Apple ne seraient pas concurrents !
Analyse économiquement contre-productive
Google est donc inévitablement en position dominante sur son propre marché. Cette conclusion de la Commission est déroutante : elle semble se désintéresser du contexte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Une ONG espagnole accuse les gardes-côtes libyens d’avoir abandonné deux femmes et un enfant qui se trouvaient à bord d’un canot entièrement dégonflé.
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Compte rendu

Une Camerounaise miraculeusement sauvée en mer au large de la Libye

Une ONG espagnole accuse les gardes-côtes libyens d’avoir abandonné deux femmes et un enfant qui se trouvaient à bord d’un canot entièrement dégonflé.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-18T11:18:22+02:00"

        Le 18.07.2018 à 11h18






    
Une femme sauvée par des membres de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, à 85 milles des côtes libyennes, le 17 juillet 2018.
Crédits : PAU BARRENA / AFP


Les secouristes de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms ont découvert une femme encore en vie ainsi que deux cadavres sur les restes d’un canot pneumatique mardi 17 juillet au large de la Libye, et ont accusé les gardes-côtes libyens, qui ont démenti, de les avoir abandonnés à leur sort en pleine mer. Le canot était entièrement dégonflé et seules quelques planches flottaient encore, à environ 80 milles au nord-est de Tripoli.

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Les secouristes espagnols, de retour sur zone après des semaines d’absence, s’étaient rendus sur les lieux après avoir entendu lundi soir des échanges radio entre un cargo panaméen et la vedette Ras Jédir des garde-côtes libyens à propos d’un canot en détresse. L’ONG espagnole accuse les Libyens d’avoir récupéré les migrants qui se trouvaient à bord mais d’avoir abandonné les deux femmes et l’enfant.
Unique survivante
Interrogés par l’AFP, les gardes-côtes ont démenti, assurant que les deux opérations de secours qu’ils ont menées lundi concernaient d’autres canots. Sur l’un d’eux, 158 personnes ont été récupérées à 16 milles au large de Khoms, relativement loin de la zone où le radeau a été repéré. Un second a en revanche été secouru par la vedette Ras Jédir dans la nuit de lundi à mardi à 76 milles au nord de Garaboulli, très près de l’endroit où a été retrouvé le radeau.
Il y avait 165 migrants sur ce second canot, dont 34 femmes et 12 enfants, qui dérivaient depuis samedi, soit plus de 60 heures sans eau ni nourriture, ont précisé les gardes-côtes, ajoutant avoir récupéré le corps sans vie d’une fillette âgée d’un mois.

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Dans un communiqué, les gardes-côtes ont cependant rappelé leur manque de moyens, en particulier pour la surveillance et le sauvetage de nuit. En général, ces derniers ne ramènent pas les corps des migrants retrouvés morts en mer. Ayant rarement les moyens de récupérer les personnes à l’eau, ils expliquent concentrer leurs efforts sur les vivants, et sont également confrontés au refus des autorités de Tripoli de prendre les cadavres en charge à l’arrivée au port, par manque de place dans les morgues ou les cimetières.
La femme qui a survécu est une Camerounaise de 40 ans et s’appelle Josepha. Selon l’équipe médicale à bord de l’Open Arms, un des deux navires de l’ONG espagnole, elle est en hypothermie et en état de choc, mais stable. Elle a cependant besoin de soins médicaux et psychologiques « aussi vite que possible ».
« Les mensonges et les insultes »
L’équipe médicale a aussi recommandé un transfert rapide des deux cadavres, le bateau n’ayant pas de chambre froide. Selon les secouristes, la femme était morte depuis des heures au moment de leur arrivée, mais l’enfant seulement depuis peu. Mardi soir, l’Open Arms faisait route vers le nord, dans l’espoir de trouver un port pour la miraculée et les deux cadavres. Mais il comptait éviter les eaux italiennes : en mars, le navire a été placé sous séquestre pendant un mois sur des accusations d’aide à l’immigration clandestine.
Le voilier Astral, le deuxième navire de l’ONG, est en revanche resté dans la zone des secours, où le travail des ONG est fortement limité par la fermeté de l’Italie, qui refuse d’accueillir les migrants secourus, et de Malte, qui interdit les escales. « Qu’ils s’épargnent du temps et de l’argent, ils ne verront les ports italiens qu’en carte postale », a répété mardi matin le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite italienne.

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Les photos du radeau, et en particulier de l’enfant mort, ont cependant provoqué de vives réactions en Italie. « M. Salvini, voilà ce que font les gardes-côtes libyens quand ils font un sauvetage humanitaire », s’est exclamé Erasmo Palazzotto, un député de gauche italien présent sur l’Open Arms. Le ministre a répondu en dénonçant « les mensonges et les insultes » et en réaffirmant : « Réduire les départs et les débarquements signifie réduire le nombre de morts et réduire les bénéfices de ceux qui spéculent sur l’immigration clandestine. Je tiens bon, ports fermés et cœurs ouverts. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ En dépit de concessions britanniques, les tractations butent sur le maintien ou pas du pays dans l’union douanière et le marché intérieur.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mme May déclare préparer « les modalités d’une sortie » de l’UE « sans accord »

En dépit de concessions britanniques, les tractations butent sur le maintien ou pas du pays dans l’union douanière et le marché intérieur.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h40
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


La Grande-Bretagne est prête à sortir de l’Union européenne (UE) même sans avoir trouvé un accord et cette option du « no deal » est étudiée, a déclaré mercredi 18 juillet la première ministre britannique Theresa May. « Nous devons vraiment nous assurer que nous préparons les modalités d’une sortie sans accord tout en négociant avec l’Union européenne sur la conclusion d’un accord (...) L’Union européenne ne doit pas en douter : nous faisons ces préparatifs », a-t-elle souligné.
Entamées à la fin du printemps 2017, les négociations du Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni sont plus que jamais dans l’impasse, butant sur l’inextricable question irlandaise, malgré les très nombreuses ­concessions britanniques.
« Dans les deux ans, nous pouvons négocier une zone de libre-échange considérablement plus vaste que l’UE », promettait David Davis, nommé ministre du Brexit trois semaines après la victoire du non à l’Europe au référendum du 23 juin 2016. A la même époque, Liam Fox, autre partisan d’un Brexit dur propulsé au ministère du commerce extérieur, assurait qu’un accord avec l’UE serait « l’un des plus faciles à conclure de toute l’histoire de l’humanité ». Depuis, le premier a démissionné, et le deuxième se garde bien de claironner de pareilles affirmations.

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                L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord



Car deux ans plus tard, la « considérable » zone de libre-échange n’est même pas dans les limbes, l’UE ayant interdit aux Britanniques de commencer à négocier avec des pays tiers tant qu’ils seront membres de l’UE, c’est-à-dire pas avant le jour J du Brexit, le 30 mars 2019. Par ailleurs, la politique protectionniste de Donald Trump met à mal cette promesse centrale des anti-européens.
Le« facile » accord commercial avec l’UE n’a commencé à être discuté qu’en mars 2018, et encore, de manière très informelle, Bruxelles ayant d’abord à cœur de conclure un traité de divorce. Seules les grandes lignes de la « relation future » avec l’UE devraient en être adoptées d’ici au 29 mars 2019.
Quant aux lignes rouges posées à l’origine par la première ministre Theresa May – sortie du marché unique européen, rejet de la compétence de la Cour de justice de l’UE et de la libre circulation des personnes –, elles ont vacillé, voire complètement volé en éclats.
Reculade
Le gouvernement britannique n’avait pas anticipé la réaction des Européens, qui, privilégiant la pérennité de l’UE à la préservation de leurs intérêts économiques immédiats, sont restés remarquablement unis, et n’ont jusqu’à présent pas cédé d’un pouce sur l’intégrité de leur marché unique. Pas question que les Britanniques y aient encore accès une fois le Brexit prononcé, s’ils n’en respectent pas les quatre libertés de circulation – des biens, des capitaux, des services et des personnes.
Les Vingt-Sept, qui pouvaient « toujours courir » pour que Londres rembourse sa dette, comme l’avait affirmé le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, à l’été 2017, ont obtenu du Royaume-Uni qu’il solde ses engagements (entre 40 et 45 milliards d’euros) une fois le Brexit acté. Sous la pression des milieux économiques, Londres s’est aussi résolue à quémander une période de transition, afin de boucler les termes de la « relation future » entre le jour du Brexit et le 31 décembre 2020.
Theresa May avait promis que la libre circulation des ressor­tissants européens cesserait à compter du Brexit. Mais là encore, elle a dû accepter que ceux qui sont arrivés au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition (31 décembre 2020) bénéficient d’un droit au séjour de principe et de formalités simplifiées.
Même reculade concernant les juridictions de l’UE. Leurs décisions ne devaient plus s’appliquer au Royaume-Uni, avait déclaré Mme May, conformément au slogan « Reprenons le contrôle » des partisans du Brexit. En réalité, ces décisions continueront à s’appliquer pendant la période de transition et leur jurisprudence probablement après.
Enfin, et c’est le dernier gros point bloquant de la négociation du divorce : Theresa May avait promis une sortie de l’union douanière pour reprendre le contrôle de la politique commerciale britannique. Mais cette énième promesse a aussi du plomb dans l’aile, car elle conduirait à rétablir des postes-frontières entre les deux Irlandes, ce qui menacerait la paix civile et étranglerait économiquement la République d’Irlande. Or, Bruxelles a conditionné la conclusion du divorce à l’impossibilité du retour d’une « frontière dure. »
Pour contourner ce nouvel obstacle, Mme May a d’abord proposé de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour la frontière irlandaise. L’UE a refusé : Bruxelles accepte de n’inclure que l’Irlande du Nord dans l’union douanière. Impensable pour les unionistes extrémistes, dont Mme May a besoin pour conserver sa courte majorité à Westminster.
La première ministre, avec son Livre blanc, propose désormais un « arrangement douanier » complexe, consistant à collecter les taxes à la fois pour l’UE et le Royaume-Uni, sans « frictions » aux futures frontières extérieures de l’Union. Illusoire, estime-t-on à Bruxelles.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le premier ministre socialiste multiplie les promesses dans la perspective d’un scrutin anticipé.
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Espagne : Pedro Sanchez, des idées mais pas de majorité

Le premier ministre socialiste multiplie les promesses dans la perspective d’un scrutin anticipé.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h33
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Ambitieuses, courageuses et nécessaires, ou irréalistes, démagogiques et électoralistes ? Mardi 17 juillet, un mois et demi après avoir pris le pouvoir à la suite d’une motion de défiance inattendue contre le conservateur Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a égrené devant le Parlement, souvent sceptique, les mesures qu’il entend mettre en œuvre et ses objectifs.
La fragilité parlementaire de l’exécutif socialiste, dont le groupe ne représente que 84 des 350 députés, complique la réalisation de « l’agenda du changement » qu’a présenté M. Sanchez. Néanmoins, le dirigeant socialiste, qui a revendiqué un programme « pro-européen, d’inspiration progressiste et d’âme féministe », s’est montré décidé à chercher de grands consensus autour de quatre axes : « La consolidation de la croissance économique et de la création d’emplois dignes, le progrès en matière d’égalité et de cohésion sociale, le renouveau démocratique et le renforcement de la cohésion territoriale et la participation active à la construction européenne. »
La « concurrence vertueuse » de Podemos
Malgré quelques divergences ponctuelles, son principal allié parlementaire est pour l’heure Podemos, qui dispose de 71 députés. Le temps semble passé où le parti de la gauche radicale concentrait ses critiques sur les socialistes. Il s’est engagé dans ce que l’ancien numéro deux de la formation, Iñigo Errejon, appelle une « concurrence vertueuse » avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) permettant de mener d’importantes réformes sociales.
Pedro Sanchez est bien décidé à se réapproprier les grands sujets de prédilection de la gauche espagnole. Il a ainsi confirmé l’exhumation de l’ancien dictateur Francisco Franco, enterré dans l’immense mausolée-basilique du Valle de los Caidos. « La décision du gouvernement est ferme » et se matérialisera « dans un très bref espace de temps »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Proche de la chancelière, la secrétaire générale de la CDU sillonne le pays et cherche à réduire les divisions au sein de la droite allemande.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Annegret Kramp-Karrenbauer, vraie fausse dauphine d’Angela Merkel

Proche de la chancelière, la secrétaire générale de la CDU sillonne le pays et cherche à réduire les divisions au sein de la droite allemande.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 10h26
    |

            Thomas Wieder (Heidelberg, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur le mur du fond, quelques feuilles de papier ont été épinglées : « économie », « social », « Europe », « immigration »… Autour, de petites fiches que les participants ont trouvées à l’entrée et où ils ont été invités à faire part de leur principal sujet de préoccupation du moment. Devant, une table haute, façon bar, sur laquelle ont été posées trois lettres rouges : CDU, pour Union chrétienne-démocrate.
Pour la quarante-quatrième fois depuis la mi-mai, Annegret Kramp-Karrenbauer, la nouvelle secrétaire générale du parti, est venue s’y accouder, face à quelques dizaines de militants, stylo et cahier en main. Ce mardi 17 juillet au soir, elle était à Heidelberg, dans le Bade-Wurtemberg. Quelques heures plus tôt, elle s’était pliée au même exercice à Ehingen, une autre petite ville de ce Land du sud-ouest de l’Allemagne.

La raison de cette tournée ? La rédaction du futur programme de la CDU. Le précédent date de 2007, et, comme le fait remarquer Mme Kramp-Karrenbauer au début de chacune de ces réunions, « on n’y trouve même pas le mot “numérique” », ce qui est bien la preuve, insiste-t-elle, qu’« il est grand temps d’en écrire un nouveau ». Avant la phase de rédaction proprement dite, qui aura lieu en 2019-2020, afin que tout soit prêt pour les élections législatives de 2021, « AKK », comme on la surnomme en Allemagne, s’est donc donné quelques mois pour aller à la rencontre des militants. Une façon de prendre le pouls du parti mais aussi de se faire connaître et de tisser ses réseaux à travers le pays, ce qui pourra lui être utile si elle décide d’être candidate à la succession d’Angela Merkel le jour où celle-ci quittera la présidence de la CDU.
Réconcilier le parti
Avant d’en arriver là, AKK aura cependant beaucoup à faire. Et d’abord à réconcilier le parti avec lui-même. Car, à la base, la colère gronde. Ce mardi soir, à Heidelberg, plusieurs militants ont ainsi expliqué à quel point ils ne se reconnaissaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Après la rencontre des deux chefs d’Etat à Helsinki, une dangereuse recomposition des alliances risque de marquer le rapport de force américano-russe, estime le politologue Frédéric Charillon dans une tribune au « Monde ».
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« Donald Trump et Vladimir Poutine sont des alliés objectifs mais pas égaux »

Après la rencontre des deux chefs d’Etat à Helsinki, une dangereuse recomposition des alliances risque de marquer le rapport de force américano-russe, estime le politologue Frédéric Charillon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.07.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 09h43
    |

Frédéric Charillon (Professeur des universités en science politique à l'Université d'Auvergne)







                        



                                


                            

Tribune. Tout prédestinait, à Helsinki, cette première rencontre bilatérale entre Donald Trump et Vladimir Poutine à être avant tout un spectacle. Les deux hommes sont prisés des médias, leurs faits et surtout leurs gestes sont abondamment commentés. Ils s’apprécient dans une relation sulfureuse faite d’amitié virile entre mâles dominants et de formules fortes. Ils pourraient, ensemble, être les héros d’une série américaine. Pas de « notetakers » pour cette entrevue, mais une conférence de presse commune qui fera date.
Au-delà du show, que retenir ? D’abord, que le jeu entretenu des perceptions a largement précédé, pour la parasiter, cette rencontre, qui aurait dû être importante. Ensuite, qu’elle a confirmé les craintes occidentales d’un différentiel de vision stratégique entre Washington et Moscou. Enfin, et de ce fait, c’est une dangereuse recomposition des alliances qui pourrait marquer désormais le rapport de force américano-russe.
Le parasitage des perceptions
Les personnages de Trump et de Poutine sont bien campés dans les esprits et dans les opinions internationales. Depuis longtemps (2000) pour le président russe, plus récemment mais de façon spectaculaire pour son homologue américain. Ils représentent chacun ce qu’une bonne partie du monde adore détester dans leurs pays respectifs. Le businessman truculent et volontiers vulgaire, qui s’assoit sur le politiquement correct sans s’embarrasser d’une grande culture et en affichant son goût pour le McDonald’s, a pour homologue l’ancien homme du KGB, impassible et brutal, qui aime jouer sur la double corde sensible de la mémoire soviétique ou impériale.
Ils cultivent leur propre légende et des clichés qui, en réalité, les servent, d’abord sur l’échiquier politique intérieur (avec des règles du jeu différentes) auprès de segments d’opinion à la fois conservateurs et en déclin social, mais aussi à l’extérieur, où ils espèrent faire figure d’énigmes suffisamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Pour Michaela Wiegel, correspondante du « Frankfurter Allgemeine Zeitung », après les attentats de 2015, les Français ont tenu à afficher leur enthousiasme autour des Bleus. Aux Allemands de s’en inspirer.
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Coupe du monde 2018 : « Les Français montrent la force de leur joie de vivre »

Pour Michaela Wiegel, correspondante du « Frankfurter Allgemeine Zeitung », après les attentats de 2015, les Français ont tenu à afficher leur enthousiasme autour des Bleus. Aux Allemands de s’en inspirer.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 14h39
    |

Michaela Wiegel (Correspondante politique du "Frankfurter Allgemeine Zeitung" en France)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a une « joie pure » à partager, à Paris, l’effervescence et la ferveur footballistique qui – à quatre ans d’intervalle – est passée d’un côté à l’autre du Rhin. Quelle belle symbolique pour l’Europe que l’Allemagne et la France, le cœur de cette construction pacifique unique, se relayent comme champions du monde ! Nous nous découvrons toujours dans le miroir de l’autre. Alors qu’il faut bien sûr se méfier des comparaisons trop simplistes, il saute aux yeux que la France, avec sa jeune équipe de champions, incarne le renouvellement dans un esprit d’équipe, un optimisme à toute épreuve et un patriotisme revisité.

La Nationalelf d’Allemagne, du haut de ses 4 étoiles, est arrivée assez brutalement à la fin d’un cycle victorieux. C’est d’autant plus difficile à supporter pour nous autres Allemands que nous avons misé depuis longtemps sur la force requinquante du football. Après les années de plomb de la vague terroriste depuis janvier 2015, la France donne l’impression de vouloir montrer, sans rien oublier, la force de sa joie de vivre. Elle incarne en cet été tout ce que les islamistes fanatisés détestent : un pays qui chante, qui se rassemble dehors, en terrasses et dans les bars, femmes comme hommes, et qui crie son plaisir (à chaque but).
Rédemption
En Allemagne, la rédemption fut longtemps cherchée à travers le football. Même les jeunes générations ont baigné dans cet esprit, entretenu par un film émouvant « Le Miracle de Berne » qui raconte la finale gagnée (contre toute attente) en 1954 par l’équipe allemande comme un retour à la joie de vivre après les années noires de guerre mais aussi après des mornes années de la reconstruction dans la culpabilité.
Le football aide à croire en une Allemagne démocratique et pacifique, tel est le message de ce film sorti en 2003 dans les salles, qui a préparé le terrain pour la Coupe du monde 2006, qu’un autre film du même réalisateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Au Royaume-Uni, où le dossier du divorce avec l’UE est devenu synonyme de crise politique, aucune des issues possibles n’est soutenue par une majorité parlementaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/07/2018
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L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord

Au Royaume-Uni, où le dossier du divorce avec l’UE est devenu synonyme de crise politique, aucune des issues possibles n’est soutenue par une majorité parlementaire.



Le Monde
 |    18.07.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 07h01
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Sauvée ! Une fois encore, la générale en chef du Brexit, Theresa May, a échappé à l’embuscade. Mardi 17 juillet, dans une atmosphère électrique aux Communes, il a fallu que quatre députés eurosceptiques de l’opposition travailliste votent avec le gouvernement pour sauver, à un cheveu près, la première ministre britannique, qui ne possède qu’une minuscule majorité parlementaire à Westminster. Douze députés conservateurs anti-Brexit lui ont fait défection, votant avec le Labour un amendement favorable au maintien dans l’union douanière européenne.
Après une journée de chaos, ce texte pro-européen visant à obliger Theresa May à renoncer à sa principale ligne rouge – la sortie du marché unique et de l’union douanière – a été rejeté de justesse par 301 voix contre 307.
La première ministre ne contrôle plus son propre parti – en cours d’implosion – et le Brexit est devenu synonyme de crise politique et d’impasse. Aucune des issues possibles au divorce avec l’Union européenne (UE) n’est soutenue par une majorité parlementaire. S’il en fallait la preuve, les derniers jours l’ont administrée.

Plus conciliant à l’égard de l’UE, le « livre blanc » de Theresa May sur l’avenir des relations avec le continent après le Brexit a déclenché un tollé chez les tories. La visite à Londres de Donald Trump, qui a soufflé sur les braises vendredi 13 juillet, a donné des ailes aux pro-Brexit les plus durs. Lundi, ils sont passés à l’offensive à l’occasion de l’examen d’un projet de loi sur le commerce après le divorce. A la consternation des modérés, la première ministre leur a cédé, non pas sur un détail, mais sur un point central de son « livre blanc » : elle a accepté un amendement interdisant au Royaume-Uni de percevoir des taxes à la frontière pour le compte de l’UE, une mesure qu’elle veut emblématique de sa main tendue aux Vingt-Sept.
Radicalisation du débat
Ainsi, ni le « livre blanc » ni l’option nettement pro-européenne ni l’issue extrême...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.
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Un faux procès de l’Union européenne afin de faire avancer les débats

Dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, un procès théâtralisé de l’UE s’est tenu lundi à Paris avec, à la barre, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et son ex-homologue italien, Sandro Gozi.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h40
    |

                            Sarah Calamand








                        



   


Dans la salle du tribunal de la « Cour des affaires exceptionnelles à caractère communautaire », l’Europe est sur le banc des accusés. Lundi 16 juillet, à la Maison de la poésie (Paris 3e), le procès de l’Europe est mené par les comédiens de l’association marseillaise Les Têtes de l’art, qui campent les rôles du président du tribunal, de la procureure, de l’avocat de la défense et du greffier. Les chefs d’inculpation sont nombreux : « entrave à la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen », « atteinte au principe de solidarité », « publicité mensongère et tromperie sur la nature du projet européen ».
Autant de critiques qui résonnent avec l’actualité et soulignent les difficultés de l’Union européenne. Deux témoins, qui connaissent bien l’accusée, mais qui ignorent les questions qui leur seront posées, sont appelés à la barre face à un public de jurés : la ministre française Nathalie Loiseau, et l’ancien secrétaire d’Etat italien Sandro Gozi, tous deux chargés des affaires européennes.

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                Union européenne : Les « conventions démocratiques » manquent d’ambition



Ce procès entre dans le cadre des consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, proposition de campagne du candidat Emmanuel Macron. Depuis le lancement de ce processus, le 17 avril à Epinal, dans les Vosges, plus de 400 événements ont déjà été organisés dans plusieurs Etats membres, en premier lieu la France. De formes variées, ils visent à rassembler les propositions des Européens afin de construire le projet de refondation autour de leurs préoccupations. Mais ce dispositif peine à trouver un écho dans les médias et auprès du grand public.
Public hilare
Cette fois, Nathalie Loiseau, cheville ouvrière de ces consultations au sein du gouvernement, est entourée de personnages souvent cocasses, d’un public hilare, dans un décor et une ambiance burlesques. A la barre, elle doit répondre aux critiques formulées à l’égard de l’Europe concernant la sécurité des Européens, leur nostalgie des frontières et des monnaies nationales, ou le coût du projet commun. Au passage, la ministre vante l’intérêt de la récente loi commune censée protéger les données personnelles des citoyens, une première dans le monde. Elle reconnaît cependant qu’en matière de politique sociale l’Europe « manque d’ambition ». En mai 2018, selon Eurostat, le chômage s’élevait à 16,8 % chez les jeunes de la zone euro de moins de 25 ans. Pour autant, à l’en croire, la disparition de l’Europe n’est pas la solution : « Les jeunes sont les premiers frappés par la crise. Mais sans Europe, il n’y a pas de filet de sécurité. »

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                « La proposition de M. Macron de consulter les citoyens sur l’Europe est nécessaire et réalisable »



Sandro Gozi, deuxième témoin à comparaître, sera interrogé sur le manque de clarté des institutions de l’Union. « En principe, ça devrait être simple. Mais dans la pratique, le nombre de comités, de fonctionnaires, de bureaucrates complique les choses. » Et pour revenir à un fonctionnement sain de l’Union, l’ancien secrétaire d’Etat italien propose de se rapprocher du contenu des traités : « Les traités sont bons. Il faut prendre du recul, observer l’Europe de l’extérieur. On voit alors tout ce qu’on a à perdre. » « Est-ce bien normal ? », lui demande la procureure, en dénonçant le « simulacre de démocratie » que représenterait, selon elle, le Parlement européen, privé du pouvoir d’initiative des lois. N’ayant le choix qu’entre « oui » et « non », Sandro Gozi répondra « non », dans un sourire gêné, sous les rires du public.
La pièce se termine par une scène comique, dans laquelle le réquisitoire et la plaidoirie sont prononcés en même temps, dans une cacophonie générale, puis le président du Tribunal invite les jurés, non pas à rendre leur verdict, mais « à forger [leur] intime conviction » quant à l’avenir de l’Europe.
Propositions des citoyens
Si le spectacle se veut participatif, la véritable « consultation » ne commence qu’une fois la pièce terminée. A la sortie, les spectateurs sont invités à écrire leurs propositions pour l’Europe et à les glisser dans une urne. Ils peuvent également décrire leurs peurs et leurs espoirs sur des panneaux installés à cet effet dans le couloir menant à la salle de spectacle. Ainsi, le « programme Erasmus », « plus de soixante ans de paix », l’envie d’une « vraie force contre Trump » inspirent les Européens en ce qui concerne l’avenir. Le public s’inquiète cependant de la « perte d’influence de la France » ou encore des « disparités ».
« L’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe. » Kenza, avocate
Les spectateurs sortent toutefois requinqués de l’audience. Alix et Eva, étudiantes de 23 et 21 ans, plébiscitent l’événement, car il clarifie le fonctionnement de l’Europe auprès des jeunes : « Tout le monde devrait participer à ce genre d’occasion ! » Pour Kenza, avocate en droit public, « l’intérêt de ce rendez-vous, c’est de comprendre pourquoi il est important de conserver l’Union Européenne, de ne pas la laisser disparaître. Les gens ne se sentent pas assez concernés par l’Europe ».
La salle affichait pourtant complet, et pour Nathalie Loiseau, l’objectif semble atteint : « Les gens se sont posé des questions tout en se distrayant. » Concernant la suite du programme, les propositions des citoyens seront regroupées. « Nous allons demander à un groupe d’experts complètement indépendants de faire une synthèse de ces consultations. Je n’ai pas voulu que ce soit fait par les gouvernements, car c’est vraiment la voix des citoyens, et il faut que ça le soit de bout en bout », explique la ministre.

Mme Loiseau n’en a pas fini avec les consultations citoyennes voulues par Emmanuel Macron, puisqu’elles sont censées se tenir jusqu’en octobre 2018, avant de faire l’objet d’une synthèse lors d’un Conseil européen extraordinaire en mai 2019, pour contribuer à fixer l’agenda du continent pour les cinq ans à venir. Quant à la troupe des Têtes de l’art, elle est déjà en route pour renouveler l’exercice ailleurs en France. Sans ses deux témoins majeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.
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Au Royaume-Uni, la campagne pour le Brexit sanctionnée pour infraction au code électoral

La Commission électorale britannique rend ses conclusions quelques mois après les accusations portées par un lanceur d’alerte.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 10h49
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères démissionnaire, en était la figure de proue et deux autres ministres de l’actuel gouvernement May y siégeaient : « Vote Leave », la plate-forme officielle de campagne pro-Brexit au moment du référendum de juin 2016, a violé la loi en versant 600 000 livres sterling (675 000 euros) à une officine parallèle afin de contourner le plafond légal des dépenses de campagne.
La Commission électorale britannique a infligé, mardi 17 juillet, une amende de 61 000 livres (68 000 euros) à « Vote Leave » et une autre de 20 000 livres (22 500 euros) à BeLeave, un groupe pro-Brexit non enregistré fondé par un étudiant en arts de la mode de 23 ans, Darren Grimes. « Nous avons trouvé des preuves substantielles selon lesquelles les deux groupes travaillaient à un plan commun, ne déclaraient pas leur travail commun et ne respectaient pas les limites de dépenses légales », a indiqué la Commission. Deux responsables des groupes en question sont désormais visés par une enquête de police pour fausse déclaration de dépenses de campagne.
Promesses et menaces fallacieuses
L’affaire, qui renforce les partisans d’un second référendum sur la sortie de l’UE, avait débuté en mars avec les déclarations de Shahmir Sanni, un ex-militant de « Vote Leave » après sa défection. Il affirmait que, pour détourner le plafond de dépenses de 7 millions de livres (7,9 millions d’euros) imposé par l’Etat, l’organisme de campagne qui s’est distingué par ses promesses et menaces fallacieuses (rapatriement de la contribution britannique à l’UE en faveur des hôpitaux, prochaine entrée de la Turquie dans l’Union), avait sous-traité à BeLeave une campagne de propagande en ligne que « Vote Leave » contrôlait en réalité totalement.

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                L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord



Rendant compte mardi des résultats de son enquête, la Commission électorale a confirmé que BeLeave avait versé 675 000 livres (759 000 euros) à Aggregate IQ, une société canadienne liée à Cambridge Analytica et spécialisée comme elle dans l’analyse des données. Un autre lanceur d’alerte, Christopher Wylie, a accusé Cambridge Analytica dont il a été salarié, d’avoir exploité à leur insu les données de millions d’utilisateurs de Facebook et d’avoir joué un « rôle crucial » dans le vote en faveur du Brexit (vainqueur avec 51,9 % des voix). Aggregate IQ dément tout lien avec Cambridge Analytica.
Les anciens dirigeants de « Vote Leave » affirment n’avoir rien à se reprocher et être les victimes de « fausses accusations » lancées par de « prétendus lanceurs d’alerte ». Ils accusent la Commission électorale d’être mue par une « stratégie politique ». Ladite commission indique, elle, avoir fixé le montant de l’amende pour sanctionner le « manque de coopération » des anciens responsables de la campagne pro-Brexit qui, affirme-t-elle, ont refusé de répondre à ses convocations.

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                Brexit : la crainte d’un « no deal » grandit à Bruxelles



Les amendes infligées relancent le débat sur la manipulation du référendum par l’utilisation des données personnelles, à un moment où le Brexit apparaît de plus en plus politiquement comme une voie sans issue. « Le résultat serré du référendum a l’air plus suspect que jamais », a tweeté mardi le député travailliste et pro-européen David Lammy. La veille, l’ancienne ministre conservatrice de l’éducation, Justine Greenings, avait été la première personnalité torie à se prononcer en faveur d’un second référendum afin, dit-elle, que le Brexit échappe à « des responsables politiques dans l’impasse » et que la parole soit redonnée au peuple.

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur le Brexit :
six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.
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« Mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés » : Nigel Farage partage une photo truquée insultante

L’homme politique britannique a posté une photo pour critiquer les militants pro-immigration. Mais le montage grossier est un détournement d’une campagne d’Amnesty International.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h08
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Croyant pourfendre les militants favorables aux réfugiés, Nigel Farage s’est embourbé dans une fausse information. « Quelle insulte envers les victimes d’abus sexuels à Cologne et de viols à Malmö. Ces gens sont malades », a tweeté l’ancien chef du UKIP, parti europhobe et anti-immigration britannique, samedi 14 juillet. Ces quelques mots étaient accompagnés de la photo d’une femme portant une pancarte aux couleurs de l’arc-en-ciel, sur laquelle est écrit en lettres d’imprimerie et à la main « mes jambes sont ouvertes pour les réfugiés ».

   


C’est faux
Las, la photographie partagée par Nigel Farage n’est… qu’un faux grossier. Le cliché a été pris par la journaliste Lasia Kretzel au Canada, en octobre 2015. Dans une série de tweets, la reportrice est revenue sur la genèse de cette photographie :
« Cette femme, dont je ne connais pas le nom, portait une pancarte faite par Amnesty International, sur laquelle était écrit “ma porte est ouverte aux réfugiés”. La photographie a été retouchée (grossièrement) et a fleuri sur Internet pour servir une propagande anti-immigration. Cette photo n’a rien à voir avec Cologne, Malmö, des abus sexuels ou des viols. »

.@Nigel_Farage 
— lkretzel1130 (@Lasia Kretzel)


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Nigel Farage a, depuis, supprimé son Tweet. « La photo s’est avérée être une “fake news”, mais la brigade des “refugees welcome” doit réfléchir à ce qui est en train de se passer », a-t-il écrit peu après le correctif de Lasia Kretzel — dans un Tweet lui aussi supprimé.
Mais la photographie retouchée continue son voyage de pages complotistes en comptes Twitter d’extrême droite. Elle a également été partagée par des personnalités issues du secteur du divertissement — à l’instar de l’acteur américain James Woods, prenant fréquemment position contre l’immigration et pour de Donald Trump.
Interrogée par le site canadien The Province, Lasia Kretzel a exprimé sa colère face aux détournements de sa photographie. « C’est nul de voir son image réutilisée à mauvais escient, s’est attristée la photographe. Produire de vraies informations nous demande beaucoup de temps et de travail. A l’ère des fausses informations, cela ne fait pas avancer la discussion. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.
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Sommet d’Helsinki : Donald Trump dénigré par les médias américains, y compris Fox News

Le président des Etats-Unis réussit l’exploit de faire l’unanimité au sein des médias. Tous décrient, avec plus ou moins de virulence, une soumission à Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h54
   





                        



   


On n’est jamais mieux trahi que par les siens, dit l’adage populaire. Au lendemain du sommet d’Helsinki, même Fox News a vivement critiqué l’attitude de Donald Trump envers Vladimir Poutine, laissant le président des Etats-Unis plus isolé que jamais sur la scène politique nationale.
A l’antenne de la pourtant très droitière chaîne de télévision, d’ordinaire prompte à soutenir la Maison Blanche, l’un des présentateurs a affirmé que la conférence de presse de Donald Trump avec son homologue russe, « a donné une très mauvaise image de lui. […] Il a semblé en décalage avec la réalité et les faits ».

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Sur son site, Fox News publie en outre une longue tribune – intitulée « Ce n’est pas une manière de gagner contre la Russie » – qui, là encore, dénonce l’attitude du président. Ce dernier a dit croire aux dénégations de Vladimir Poutine, malgré les preuves fournies par ses services de renseignements, sur l’ingérence russe lors des élections de 2016.
Fox News s’insurge :
« Plutôt que de s’opposer à Poutine, Trump a proposé de coopérer avec la Russie sur les problèmes qu’elle a elle-même créés. C’est comme demander à un criminel d’enquêter sur ses propres crimes. »
« Des carottes pour Vladimir Poutine »
Ce désaveu est d’autant plus cinglant qu’il vient du propre camp du président, qui réussit la gageure de susciter un large consensus dans le paysage médiatique américain, habituellement opposé idéologiquement. Ainsi, de nombreux sites prorépublicains dénoncent, mardi 17 juillet, « l’échec » du sommet, le Washington Examiner osant un jeu de mots en titre évoquant le « flop » d’« Hell-sinki » (littéralement, « le sommet de l’enfer »).
A l’unisson, The Federalist évoque une « grande occasion manquée pour les intérêts américains ». « D’ordinaire, Trump sait traiter ses interlocuteurs avec à la fois le bâton et la carotte. Pourquoi n’y a-t-il eu que des carottes pour Vladimir Poutine ? », s’interroge le site d’information, pourtant partisan d’un rapprochement avec la Russie.

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Le très conservateur National Review tacle tout aussi violemment – sinon plus – l’attitude du locataire de la Maison Blanche :
« Ce sommet ne signifie pas, comme l’ont suggéré les démocrates, que Trump partage son lit avec les Russes. De manière beaucoup plus probable, cela signifie que l’ego de Trump est une blessure géante grande ouverte, qui suppure d’une rage discontinue dès qu’on ose suggérer que sa victoire électorale en 2016 a pu venir d’une manipulation. »
Sans surprise, l’ensemble de la presse a tiré à boulets rouges sur la stratégie présidentielle. CNN qualifie cette rencontre de « moment le plus stupéfiant d’une présidence qui n’en manque pas ». La chaîne télévisée déplore « un gouffre aussi grand que le Grand Canyon », entre les allégations du président à Helsinki et la réalité d’une présidence russe qui « a depuis toujours pour objectif de réussir à déstabiliser le monde occidental ». 
« Le rôle du chien dominant »
Comment justifier ce discours ? ce désaveu complet des services de renseignement états-uniens ? cette adoption de la novlangue russe en matière de complot anti-Moscou ? La presse cherche des réponses. « Un tel comportement est si pervers, si contraire aux valeurs et aux intérêts américains qu’une seule conclusion s’impose : soit Donald Trump travaille pour le renseignement russe, soit il aime jouer ce personnage à la télévision », tente d’avancer le New York Times.

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Le média en ligne Vice News tout comme CNN optent pour la théorie du « kompromat » : « Il est probable que les Russes aient quelque chose de compromettant à son sujet, quelque chose de tellement embarrassant qu’il préfère ignorer le danger immédiat évident posé par la Russie plutôt que de le voir devenir public. »
Le Los Angeles Times préfère y lire, au minimum, une histoire de cohérence politique, puisque parler d’une ingérence reviendrait à délégitimer son élection et donc sa présidence. Ou alors, de formuler une hypothèse plus testostéronée et cryptique : « Trump admire Poutine parce que les hommes comme lui admirent les hommes comme Poutine », résume le quotidien californien.
Serait-ce là la seule clé de lecture du sommet d’Helsinki ? Une histoire de domestication, qu’a également soulignée le New Yorker, dans un article consacré notamment à la gestuelle des deux acteurs du sommet :
« Poutine a clairement joué le rôle du chien dominant dès le début. […] Il montre son ennui. Il s’avachit dans son siège, les jambes écartées. Souvent, il ne regarde même pas Trump. Trump, qui porte invariablement sa cravate rouge, est assis sur le bord de son fauteuil. Ses doigts s’entrechoquent, peut-être instinctivement, peut-être nerveusement. »
Et le Boston Globe de filer cette métaphore canine, évoquant ce moment où « Poutine a caressé son caniche ». Le quotidien conclut qu’il est « désormais impossible de ne pas réaliser que Trump ne combattra pas la Russie s’il n’y est pas forcé par le Congrès. C’est à lui désormais de désavouer officiellement Donald Trump ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.
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L’Union européenne et le Japon concluent un accord de libre-échange historique

Parallèlement à l’accord commercial visant à contrer les mesures protectionnistes engagées par Donald Trump, Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 06h42
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Tandis que Donald Trump poursuit le virage isolationniste américain, l’Union européenne (UE) multiplie, a contrario, les alliances. Mardi 17 juillet, ses principaux dirigeants – Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission, et Donald Tusk, le président du Conseil – ont signé un « accord de partenariat économique » entérinant définitivement le traité de libre-échange UE-Japon.
Un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon
Ce dernier est le plus important à ce jour jamais signé par les Européens : il devrait permettre un accès inédit des produits agricoles européens au marché nippon, encore très fermé, avec la reconnaissance d’environ deux cents appellations d’origine protégée, et, à terme, entraîner l’annulation de 1 milliard d’euros de droits de douane annuels sur les produits importés par le Japon. En échange, Tokyo a obtenu une levée progressive des droits de douane sur ses voitures et sur ses pièces détachées automobiles.
Quelques jours après que le président américain a qualifié l’UE d’« ennemie », MM. Juncker et Tusk ont de nouveau profité de l’occasion, à Tokyo, « si éloignée, mais si proche politiquement », comme l’a souligné le président du Conseil, pour insister sur l’importance du multilatéralisme. « Nous envoyons un message clair contre le protectionnisme », a déclaré M. Tusk, « l’accord UE-Japon est une lumière dans la noirceur croissante de la politique internationale », a ajouté, très grave, l’ex-premier ministre polonais.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine



« Nous démontrons que nous sommes plus forts quand nous travaillons de concert. Il n’y a pas de protection dans le protectionnisme », a ajouté M. Juncker, lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre japonais, M. Shinzo Abe. Le président de la Commission doit rencontrer Donald Trump avant la fin de juillet à Washington, mais déjà Bruxelles est tétanisée par les menaces du président américain d’imposer les exportations automobiles européennes aux Etats-Unis.
Tokyo s’aligne sur la protection des données personnelles
Bruxelles a conclu un autre accord majeur, mardi, avec Tokyo, même si l’événement a été un peu éclipsé par ces déclarations politiques. Européens et Japonais sont convenus de considérer comme équivalentes leurs règles de protection des données personnelles.
Pour ce faire, le Japon a accepté d’aligner sa législation, déjà très protectrice, sur le fameux règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), entré en force en mai et considéré comme un des plus avancés au monde. Il donne théoriquement aux internautes le contrôle complet de l’usage que les services en ligne font de leurs données.
Le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles »
« Les données sont le carburant des économies mondialisées, et cet accord va leur permettre de circuler de manière sécurisée, pour le bénéfice des citoyens et des entreprises », s’est félicitée la commissaire à la justice européenne, Vera Jourova.
Pour se mettre en conformité, le Japon s’est notamment engagé à réviser sa définition des « données sensibles », et a accepté l’établissement d’une instance de recours, au sein de l’autorité japonaise de protection des données, au cas où des Européens auraient à se plaindre de l’utilisation faite de leurs données personnelles sur le sol nippon.

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          Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web



L’UE a déjà accommodé ce type d’équivalences, notamment avec l’Argentine, Andorre, Guernesey, Jersey, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou les Etats-Unis. Mais dans ces deux derniers cas, les équivalences sont partielles ; dans le cas canadien, elles ne concernent que les entreprises soumises à la « loi fédérale sur les données personnelles et les documents électroniques ». Elles ne valent, en l’absence de règlement général sur la protection des données aux Etats-Unis, que pour les entreprises américaines s’étant engagées à respecter le mécanisme dit « Privacy Shield », entré en vigueur en 2016.
Etudié par les Britanniques
A l’heure de la numérisation accélérée des échanges, cet accord constitue un précédent pour l’UE, qui rêve d’exporter le plus possible son RGDP. Dans l’intérêt de ses citoyens, mais aussi dans celui de ses entreprises.
Il devrait être étudié de près par les Britanniques, à qui l’UE a proposé, pour l’après-Brexit, un régime d’équivalences afin que leurs services financiers puissent continuer à opérer dans le marché intérieur de l’Union. Mais Londres aura aussi forcément besoin d’un traité régissant les échanges dématérialisés avec l’UE.



                            


                        

                        


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L’« indice Big Mac » est-il fiable pour comparer le coût de la vie à travers le monde ?

Le magazine « The Economist » a publié, le 12 juillet, la version actualisée de son indice, un outil visant à comparer le coût de la vie entre plusieurs pays.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h16
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


Créé en 1986 par le magazine britannique The Economist, l’indice Big Mac est un outil interactif, actualisé tous les six mois, permettant de comparer des devises. Il utilise comme référence le prix du célèbre sandwich de McDonald’s, considéré comme un produit universel, la franchise américaine étant présente dans plus de cent vingt pays.
Son calcul est basé sur la théorie de la parité du pouvoir d’achat (PPA). D’après cette théorie, le prix d’un même bien devrait être similaire partout dans le monde. Si ce n’est pas le cas, cela signifie qu’une monnaie est sous-évaluée ou surévaluée par rapport à une autre.
Quelle est la méthodologie de calcul de cet indice ?
Pour mener cette étude, The Economist a relevé le prix du sandwich au 1er juillet dans la zone euro et dans quarante-huit autres pays à travers le monde. Tous les prix relevés sont convertis en dollars américains, selon les taux de change en vigueur. Afin d’établir un taux de change « implicite », selon le magazine britannique, le prix (dans la devise d’origine) du Big Mac dans chacun des pays est simplement divisé par le prix du sandwich aux Etats-Unis. Ce taux de change « implicite » est comparé avec le taux de change en vigueur. Si le taux de change « implicite » calculé pour un pays est supérieur au taux de change en vigueur entre le dollar américain et la devise de ce pays, cela signifie que la monnaie de ce pays est surévaluée par rapport au dollar américain.
D’après les données mises à disposition par The Economist, au 1er juillet, « un sandwich Big Mac coûte en moyenne 5,51 dollars américains aux Etats-Unis contre 4,04 euros en moyenne dans la zone euro ». Selon la méthode de calcul de l’indice, le taux de change « implicite » est de 1,36 (5,51/4,04). La différence entre ce taux de change « implicite » et le taux de change en vigueur (1,17) « suggère que le dollar est surévalué de 16,4 % par rapport à l’euro », d’après l’hebdomadaire britannique. « Un Big Mac coûte donc 16 % plus cher aux Etats-Unis (4,70 euros) que dans la zone euro (4,40 euros), selon les taux de change en vigueur. »

   


En suivant cet indice, il faudrait qu’un euro s’échange contre 1,36 dollar américain pour que le Big Mac coûte le même prix dans la zone euro et aux Etats-Unis. Cependant, en juillet, un euro s’échange contre 1,17 dollar américain. L’euro est donc sous-évalué de 16 % par rapport au dollar américain. Selon l’économiste Karine Daniel, « l’intérêt d’une monnaie sous-évaluée est de proposer des prix relatifs plus bas et donc de faciliter l’exportation de biens ».
Cet indicateur est-il fiable ?
L’indice Big Mac est considéré comme un indicateur sérieux pour comparer les monnaies entre elles ; il a notamment fait l’objet d’une dizaine de travaux universitaires. Cependant, la précision de cet indicateur est critiquée, principalement en raison du fait qu’il ne prend pas en compte les différences de coûts du travail entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres, où les salaires sont plus bas.
« Cet indice même ajusté reste fragile »
Pour répondre à ces critiques, The Economist met à disposition, depuis 2011, un indice corrigé prenant en compte le produit intérieur brut (PIB) par habitant. En comptabilisant la différence de PIB par habitant entre les deux zones géographiques étudiées, le Big Mac « devrait coûter 22 % de moins aux Etats-Unis (4,30 dollars américains contre 5,51), et le dollar serait sous-évalué de 5 % par rapport à l’euro », d’après l’hebdomadaire britannique.
« Cet indice même ajusté reste fragile, car tous les pays n’appliquent pas la même fiscalité à ce produit, et les us et coutumes eu égard à la restauration rapide diffèrent selon les régions du monde », estime Karine Daniel. Le prix du célèbre hamburger dépend « surtout » de la politique commerciale de la multinationale américaine, « la marge de McDonald’s peut être différente selon le pays ou est implantée la franchise ou selon sa durée de présence dans ce pays, par exemple », complète l’économiste.
Existe-t-il d’autres outils de comparaison du niveau de vie ?
« Il serait plus pertinent de comparer le prix d’un service qui n’est pas délocalisable, comme une coupe de cheveux, ajoute Karine Daniel. Le coiffeur, c’est un service de proximité présent partout dans le monde et très lié à la notion d’offre et de demande. C’est un indice assez performant pour comparer le niveau de vie entre les pays. »
D’autres outils existent pour comparer le niveau de vie entre les pays. L’édition 2018 de l’étude intitulée « Prices and Earnings », de la banque d’investissement UBS AG, permet de connaître le nombre d’heures de travail qu’un employé moyen doit effectuer pour s’offrir un Big Mac ou un iPhone X dans soixante-dix villes à travers le monde. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dispose d’un outil statistique permettant de mesurer les différences de pouvoir d’achat entre les trente-six pays membres de l’organisation internationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
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Meurtre d’Anna Politkovskaïa : la CEDH condamne la Russie pour manquements dans l’enquête

Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h45
   





                        



   


La Cour européenne des droits de l’homme a condamné, mardi 17 juillet, la Russie pour manquements dans l’enquête sur l’assassinat en octobre 2006 de la journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour ses enquêtes sur les violations des droits de l’Homme en Tchétchénie et ses critiques contre Vladimir Poutine.
La cour impute à Moscou une violation du « droit à la vie », au regard des défaillances de l’enquête qui est officiellement toujours en cours. Six personnes ayant participé à l’exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires soient jamais identifiés.
« Dans un homicide de ce type, on ne peut toutefois pas considérer que l’enquête a été appropriée si aucun effort n’a été fait pour identifier le commanditaire du meurtre », affirme la juridiction du Conseil de l’Europe.

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Indemnités pour préjudice moral
Les juges de Strasbourg soulignent que les autorités russes ont élaboré une « théorie principale » impliquant un homme d’affaires résidant à Londres et aujourd’hui mort sans qu’aucune pièce ait jamais été présentée pour étayer cette hypothèse.
« L’Etat aurait dû examiner les allégations des requérants [la famille de la victime] selon lesquelles des agents du FSB [les services secrets russes] ou des représentants de l’administration tchétchène avaient été impliqués dans l’organisation du meurtre », ajoutent-ils.
Les autorités russes devront verser 20 000 euros à la mère, à la sœur et aux enfants de la journaliste assassinée au titre du préjudice moral. L’arrêt, rendu à la majorité de cinq juges contre deux, est susceptible d’appel.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ En juin, 564 personnes ont disparu en mer. Un chiffre supérieur à celui de juin 2017, alors même que les flux d’arrivées sont sept fois moins importants.
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édition abonné


Migration : après le retrait forcé des navires de sauvetage, les traversées de la Méditerranée plus dangereuses

En juin, 564 personnes ont disparu en mer. Un chiffre supérieur à celui de juin 2017, alors même que les flux d’arrivées sont sept fois moins importants.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
18.07.2018 à 10h13
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Est-ce la conséquence d’une raréfaction des secours en Méditerranée ? Pendant le week-end du 14 juillet, un bateau de pêche en bois, avec à son bord 450 personnes, a été secouru dans les eaux internationales, non loin de l’île italienne de Lampedusa. Un mois après la crise de l’Aquarius, le navire que l’Italie – sous la pression de son ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini – a refusé d’accueillir avec 630 migrants à son bord, les ONG ne peuvent presque plus opérer au large des côtes libyennes, poussant les migrants à tenter des voies toujours plus dangereuses.
« Ce n’est pas la première fois que ce type d’embarcations tente la traversée depuis la Libye, même si l’on voit plus souvent des petits bateaux pneumatiques, réagit Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord du navire humanitaire “Aquarius”. En revanche, le fait qu’ils soient parvenus aussi loin est clairement une conséquence du manque de moyens de sauvetage en mer. »
L’Aquarius est à quai à Marseille, tandis que le Lifeline et le Sea-Watch sont empêchés de repartir de Malte. Seul l’Open-Arms, le bateau affrété par l’ONG catalane Proactiva, navigue actuellement en Méditerranée centrale, de retour de Barcelone où il avait accosté le 4 juillet, avec à son bord soixante migrants que l’Italie avait refusé d’accueillir.
Le navire secouru ce week-end rappelle le naufrage d’un chalutier aux abords de Lampedusa en 2013, au cours duquel près de 400 personnes s’étaient noyées. La catastrophe avait déclenché l’opération militaire et humanitaire européenne « Mare Nostrum ». « Ces bateaux sont particulièrement dangereux, car le risque de chavirage est très important, ajoute M. Stalla. En fonction de la quantité de carburant et d’eau à bord, le centre de gravité est modifié. Il y a aussi un risque d’asphyxie dans la cale, souvent surchargée. »
Ping-pong...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le Brexit.
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Les citoyens européens de plus en plus nombreux à quitter le Royaume-Uni

En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le Brexit.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 18h36
   





                        


C’est l’une des conséquences du Brexit. Le solde migratoire pour les citoyens européens installés au Royaume-Uni est à son niveau le plus bas depuis quatre ans, s’établissant à 101 000, a révélé lundi l’Office des statistiques nationales britannique (ONS).
Cette chute s’explique par une baisse de 4 % du nombre de citoyens européens partis vivre au Royaume-Uni et, à l’inverse, une hausse de près de 19 % du nombre de ceux qui ont quitté le pays, entre 2016 et 2017.
En mars 2013, à son plus bas, la différence entre le nombre de citoyens européens qui s’installaient et partaient du Royaume-Uni était de 95 000, selon les chiffres officiels. En 2017, 240 000 citoyens européens se sont installés au Royaume-Uni alors qu’ils étaient 250 000 en 2016 : ce chiffre est en baisse depuis le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne, en juin 2016.

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Dans le même temps, en 2017, 139 000 habitants de l’Union européenne ont quitté le Royaume-Uni, un chiffre record selon l’ONS. Ils étaient 117 000 en 2016.
Solde migratoire en hausse à l’échelle mondiale
« L’estimation du nombre de citoyens européens arrivant au Royaume-Uni pour chercher un travail a continué de baisser l’année dernière et le nombre de personnes venant au Royaume-Uni pour un emploi précis est resté stable », a déclaré l’organisme.

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A l’échelle mondiale, le solde migratoire du Royaume-Uni est cependant en hausse, s’établissant à environ 282 000 l’an passé. « Ces derniers chiffres montrent que la migration a continué à s’ajouter à la population britannique. Le solde migratoire a diminué à des niveaux records en 2015 et début 2016 et a été assez stable depuis », a déclaré Nicola White, directeur du service des migrations internationales à l’ONS. Et d’ajouter :
« L’immigration est restée globalement stable, à 630 000, et l’émigration est en augmentation progressive depuis 2015 et est actuellement autour de 350 000. »
La première ministre britannique, Theresa May, avait déclaré fin 2016 qu’elle voulait réduire le solde migratoire à quelques dizaines de milliers de personnes par an.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.
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Au Salon de Farnborough, Airbus et Boeing engrangent les commandes

L’avionneur européen est parti le plus fort avec 222 commandes dépassant les 30 milliards de dollars au prix catalogue, soit plus du double que les 14 milliards enregistrés par son rival américain.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 17h57
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Boeing ne ménage pas ses efforts pour être épargné par la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats-Unis et la Chine. A l’occasion du Salon de l’aéronautique de Farnborough, qui se tient dans la grande banlieue de Londres du 16 au 22 juillet, Dennis Muilenburg, PDG de l’avionneur américain, a indiqué que, pour l’instant, le conflit entre les deux grandes puissances n’avait pas eu d’impact négatif sur Boeing. Il n’empêche, le constructeur américain a décidé de prendre les devants. Il a reconnu entretenir des contacts discrets avec les autorités américaines et chinoises pour faire entendre son point de vue et défendre ses intérêts. Une initiative stratégique pour Boeing dont près du quart du carnet de commandes provient de compagnies chinoises.

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Pendant que Boeing s’inquiète, Airbus, présent en force à Farnborough, ne veut pas parier sur d’éventuels malheurs de son concurrent. « Pour l’instant nous ne voyons aucun signe que cette guerre commerciale » a un effet, négatif ou positif, notamment sur les commandes d’avions des deux constructeurs, signale Airbus. En clair aucune compagnie chinoise n’a encore annulé une commande de Boeing pour les remplacer par des Airbus. Au contraire, l’avionneur européen souhaite que le conflit entre les Etats-Unis et la Chine cesse rapidement car « une guerre commerciale n’est bonne pour personne ».
Boeing conserve son optimisme
Toutefois, malgré les tensions sino-américaine, Boeing conserve son optimisme. « Nous avons revu à la hausse nos estimations pour les 20 prochaines années. Nous estimons que le monde aura besoin d’environ 43 000 nouveaux avions commerciaux », a déclaré M. Muilenburg. Quelques jours plus tôt, Airbus avait été plus confiant dans ses prévisions. Selon lui d’ici 2037, les compagnies aériennes auront besoin de 48 000 appareils pour absorber la croissance du trafic aérien estimée à 4,4 % par an.
Au Salon, le duel à distance des deux géants ne connaît pas de temps morts. Les contrats viennent gonfler des carnets de commandes pourtant déjà pleins à craquer. C’est Airbus qui est parti le plus fort avec 222 commandes supplémentaires pour une valeur totale, prix catalogue, de plus de 30 milliards de dollars (plus de 25 milliards d’euros). Outre ce nouveau pactole, l’avionneur européen a eu la satisfaction de vendre vingt-sept exemplaires de son gros-porteur A350.
Dans le détail, ce sont toujours les monocouloirs de la famille A320 qui composent le gros des ventes avec 195 exemplaires commercialisés dès l’ouverture du Salon. Et ce n’est que le début ! Selon Airbus, « le rythme des commandes ne devrait pas faiblir ». Boeing a tenté de répliquer au démarrage en trombe d’Airbus avec près de 14 milliards de dollars de commandes lors de la première journée de la manifestation de la grande banlieue de Londres. En sus de trente-cinq exemplaires de son moyen-courrier remotorisé 737 Max, l’Américain a lui aussi confirmé la vente de cinq unités de son gros-porteur 777, en version cargo, à Qatar Airways.
Bataille sur le segment « Middle of the market »
Dans la coulisse de Farnborough, une lutte discrète mais féroce oppose Airbus et Boeing. Les deux concurrents ont trouvé un nouveau champ de bataille. Cette fois la guerre porte sur un nouveau segment commercial baptisé « Middle of the market », le milieu du marché. Il concerne des avions qui allient les qualités des monocouloirs et des long-courriers. L’A321LR d’Airbus est le moteur de ce nouveau créneau commercial. Le nouveau best-seller de l’avionneur européen propose un long-rayon d’action, comme un long-courrier, mais avec les coûts réduits d’un moyen-courrier. Une manière de quadrature du cercle qui a séduit les compagnies courrier à bas coûts telle Norwegian. Airbus a déjà raflé 120 commandes pour son A321LR. Pour capter l’essentiel de ce marché porteur, Airbus complète son offre avec son nouveau long-courrier A330Neo qui, lui aussi, permet aux compagnies de transporter jusqu’à 440 passagers à peu de frais. Un cocktail à succès. Ce n’est ainsi pas un hasard si la portugaise TAP est à la fois la compagnie de lancement de l’A321LR et une des clientes de l’A330Neo.
Pour l’heure, Boeing ne peut que regarder son rival faire la course en solitaire. Le constructeur de Seattle n’a aucun avion à mettre en face de l’A321LR. Dennis Muilenburg a annoncé que la décision de lancer ce que d’aucun nomme déjà le 797 sera prise en 2019. Un retard à l’allumage qui devrait permettre à Airbus de conforter sa domination sur le secteur des moyen-courriers dont il détient déjà plus de 60 % de part de marché. Seule consolation pour Boeing, c’est à bord d’un 777 que l’équipe de France championne du monde est rentrée de Moscou, lundi 16 juillet. Au grand dam d’Airbus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
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Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        

