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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Alaphilippe s’est imposé lors de la 10e étape, la première en montagne. Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) garde le maillot jaune de leader.
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Tour de France : première victoire française avec Julian Alaphilippe

Alaphilippe s’est imposé lors de la 10e étape, la première en montagne. Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) garde le maillot jaune de leader.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 18h24
   





                        



   


Julian Alaphilippe a remporté la 10e étape du Tour de France, la première de montagne, mardi 17 juillet, au Grand-Bornand, où il a signé le premier succès français depuis le départ. Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) a sauvé son maillot jaune de leader malgré les quatre ascensions au programme du jour.
A 26 ans, Alaphilippe a gagné pour la première fois de sa carrière une étape du Tour. En avril, il a enlevé sa première classique, la Flèche Wallonne. Le puncheur de Montluçon, qui court pour l’équipe belge Quick-Step, a précédé de plus d’une minute et demie l’Espagnol Ion Izagirre (Bahrein) et l’Estonien Rein Taaramae (Direct Energie), au bout des 158,5 kilomètres. Le peloton des favoris a franchi la ligne avec plus de trois minutes de retard, sous le soleil des Alpes.
Dans cette étape programmée au lendemain du jour de repos, les rescapés de l’échappée de 21 coureurs lancée dès la première demi-heure ont abordé la montée de Romme avec six minutes d’avance. Taaramae a été rejoint à l’approche du sommet par Alaphilippe alors que les favoris n’ont pas cherché à se départager sur cette pente rude.
Van Avermaet toujours en jaune
Dans la Colombière, dernière difficulté du jour, le Français a creusé l’écart pour basculer au sommet avec une marge d’une minute et demie. Les 14,5 derniers kilomètres, en descente pour l’essentiel, n’ont été qu’une formalité pour « Alfapolak » (son surnom sur Twitter) qui est l’un des meilleurs descendeurs du peloton.
Pour défendre son maillot jaune, Van Avermaet a eu le cran de se mêler à l’échappée du jour, en suivant la même tactique qu’en 2016 dans les Pyrénées, lors de l’étape du lac de Payolle. Le champion olympique de Rio a lâché prise dans le col de Romme mais a franchi la ligne, bien avant le premier peloton regroupant la plupart des favoris.
Seul, le Colombien Rigoberto Uran, qui a chuté dimanche sur les pavés de l’étape de Roubaix, a cédé dans le final de la Colombière. Le Russe Ilnur Zakarin, le Luxembourgeois Bob Jungels et le Néerlandais Bauke Mollema ont eux aussi été à la peine.
Mercredi, deuxième des trois actes alpestres. La 11e étape, ramassée à 108,5 kilomètres entre Albertville et La Rosière, alterne montées et descentes pour se conclure sur les pentes du col du Petit-Saint-Bernard.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Attendus par des centaines de milliers de spectateurs, les hommes de Didier Deschamps n’auront offert qu’une descente expresse des Champs-Elysées, lundi.
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Football : le retour en demi-teinte des champions du monde

Attendus par des centaines de milliers de spectateurs, les hommes de Didier Deschamps n’auront offert qu’une descente expresse des Champs-Elysées, lundi.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h30
    |

                            Corentin Lesueur








                        



La cérémonie de remise du trophée n’avait pas débuté à Moscou que les journalistes composaient l’agenda des nouveaux héros à leur retour au pays. Déjà s’organisait la haie d’honneur tous drapeaux (et smartphones) brandis et le passage par le triptyque Roissy-Champs-Elysée. Vingt ans après, on reverrait donc la foule porter les vainqueurs de leur descente d’avion au perron du château présidentiel.
Ou presque. Du bus à impérial, les supporteurs furent tenus à bonne distance. Deux décennies ont passé et avec elles le renforcement drastique des mesures de sécurité. Aux images d’un car fendant la foule comme un brise-glace ont succédé celle d’un véhicule protégé par un impressionnant cordon de sécurité (2 000 policiers et gendarmes mobilisés). Agglutinés contre les barrières pendant plusieurs heures pour assister à la procession, les centaines de milliers de curieux n’ont eu droit qu’au passage éclair de leurs nouvelles idoles.
Un petit quart d’heure. Les hommes de Didier Deschamps ont avalé les deux kilomètres séparant l’Arc de triomphe de la place de la Concorde en moins de temps qu’il n’en faut souvent aux automobilistes. En 1998, deux heures et toute la dextérité du chauffeur avaient permis de traverser l’artère.
Le suivi de la pléiade de comptes des vainqueurs sur les réseaux sociaux s’est finalement révélé le meilleur moyen de « vivre » leur défilé. Déçus par la percée fugace de la petite troupe après des heures d’attente sous la chaleur, de nombreux spectateurs n’ont pas manqué d’exprimer leur colère, sur les plates-formes numériques si sollicitées par les joueurs français pendant leur campagne russe.
Rendez-vous manqué au Crillon
Après leur escale à l’Elysée, où les attendaient des milliers de jeunes invités par la présidence, les Bleus se sont une nouvelle fois attirés les foudres des fans qui ne rêvaient que d’un moment avec Pogba et consorts. Ce dernier rendez-vous a longtemps été fixé au balcon de l’hôtel Crillon, qui donne sur la Concorde. Là où leurs prédécesseurs de 1998 (et ceux, vice-champions, de 2006) s’étaient penchés une ultime fois au-dessus de la foule.
Comme un pied de nez supplémentaire à ceux qui promettaient un copier-coller des festivités de la première étoile, les vedettes ont boudé la rambarde du prestigieux hôtel. D’un tweet, le compte officiel de l’Equipe de France a fait savoir qu’aucune sortie n’était prévue après l’Elysée, où ses ouailles ont dîné. Ne restait plus au chef cuisiner du Crillon à remiser les mets préparés pour l’équipe - dont, selon Franceinfo, un gâteau en ballon de football - , et aux spectateurs encore présents de quitter les lieux. Non sans tension.

Au-delà de la déception légitime générée par un programme sur lequel les principaux acteurs n’avaient pas la main, la différence est criante entre la célébration des nouveaux champions du monde et les images parvenues de leurs victimes en Russie. Belges puis Croates ont fêté le retour de leurs héros malheureux lors d’événements tenant bien plus de la communion que du salut fuyant parisien. La faute sans doute aux lieux choisis (des places dans les capitales respectives), plus aisés à sécuriser et propices à l’échange avec les joueurs.
Alors que le groupe tricolore ne manque pas d’« ambianceurs » (Pogba, Mendy, Kimpembe, Matuidi), les moments de partage auront finalement été circonscrits aux jardins de l’Elysée et aux « stories » déclinées sur les réseaux sociaux. Trop peu pour qui rêvait d’images et de souvenirs impérissables. Ceux de 2018 survivront difficilement à vingt ans de disette.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ A vingt ans d’intervalle, deux équipes de France ont célébré leur titre de championne du monde sur les Champs-Elysées, à Paris.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ De l’élimination précoce des favoris à la malédiction des Mexicains, retour sur les dix enseignements du tournoi remporté par les Bleus.
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Les dix commandements de la Coupe du monde 2018

De l’élimination précoce des favoris à la malédiction des Mexicains, retour sur les dix enseignements du tournoi remporté par les Bleus.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 18h42
    |

            Luc Vinogradoff, 
                                Corentin Lesueur et 
                            Grégor Brandy








                        


La malédiction du tenant du titre ou de l’équipe mexicaine, en passant par l’élimination précoce des favoris, la place des défenseurs français redoutables finisseurs, ou encore la maîtrise du temps additionnel ou des cartons jaunes… retour sur les dix enseignements d’après Coupe du monde 2018.
Collectionneur de ballons dorés, le trophée ultime tu ne toucheras
Pour Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, c’était sans doute la dernière occasion de remporter un titre mondial. A 33 ans et 31 ans, les deux vainqueurs des dix derniers Ballons d’or n’ont pas pu emmener leur sélection respective au-delà des huitièmes de finale de la Coupe du monde, et ils ne verront probablement plus jamais cette opportunité se reproduire. Le Portugal a été battu par l’Uruguay (2-1), et l’Argentine par la France (4-3).
Le Portugais pourra se consoler avec l’Euro remporté il y a deux ans en France. En revanche, pour Messi, à moins d’une surprenante victoire lors de la prochaine Copa America en 2019, son palmarès restera vierge dans les deux principales compétitions internationales. Et sa médaille d’or olympique obtenue en 2008 (compétition mineure en football) ne suffira probablement pas à le consoler.

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Tenant du titre, au premier tour tu t’arrêteras
Les Français sont avertis. S’ils parviennent à se qualifier pour la prochaine Coupe du monde, dans quatre ans au Qatar, ils devront faire très attention lors de la phase de poules. Sur les cinq derniers vainqueurs, quatre (France, Italie, Espagne et Allemagne) n’ont pas passé le premier tour lors de l’édition suivant leur sacre. Dans l’histoire de la Coupe du monde, ils sont six dans cette situation.

   


Une « malédiction des tenants du titre » qui s’explique notamment par la difficulté à renouveler un effectif champion du monde quatre ans plus tôt, et aussi par la difficulté à remobiliser des groupes qui ont parfois tout gagné. C’est sur ce point que Didier Deschamps ou son successeur devront appuyer au Qatar. Car en matière d’effectif, nombre des champions du monde 2018 devraient arriver à maturité dans quatre ans. De quoi faire naître des rêves de dynastie chez certains.
Défenseur français, des buts décisifs tu marqueras
Dans un Mondial où le système Deschamps aura moins brillé par ses éclats offensifs que par un solide alliage de rigueur et de solidarité, les défenseurs se sont mués en redoutables finisseurs. Pavard, Varane, Umtiti : les trois arrières tricolores ont, dans cet ordre, offert à leur bande le droit de passer un tour supplémentaire en phase finale, jusqu’au triomphe face aux Croates.

#CM2018 #FRAARG 57è, 2-2 
⚽⚽ BUT FRANCAIS 🇫🇷
😱😱 CHEF D'OEUVRE DE PAVARD 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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En huitièmes de finale contre l’Argentine, Pavard a permis à la France d’égaliser sur une volée de l’extérieur de la surface, aussi spontanée qu’imparable. Avec ce but, le Nordiste a mis fin à l’unique période où les Bleus ont été menés au score dans le tournoi. Neuf minutes. Dans la foulée du latéral de Stuttgart, Varane (en quarts de finale), puis Umtiti (en demi-finale) ont rejoint les Marius Trésor et Lilian Thuram parmi les défenseurs-sauveurs en Coupe du monde.
A deux jours du coup d’envoi, ton coach tu garderas
Comment espérer réussir un Mondial en se privant, à deux jours du coup d’envoi, du coach parvenu à faire d’un groupe, pourtant riche en antagonismes, une machine à cartons ? Fort de deux ans d’invincibilité à la tête de la sélection espagnole, Julen Lopetegui a vu sa cote exploser et le Real Madrid lui faire les yeux doux, après le départ inattendu de Zinédine Zidane.
Son arrivée sur le banc du triple tenant de la Ligue des champions, négociée dans le dos de la fédération, n’a pas été du goût de son futur ex-employeur. Licencié à quarante-huit heures de l’entrée en lice de la Roja contre le Portugal, Lopetegui a cédé sa place à son directeur sportif, Fernando Hierro. L’ancien défenseur ne fera pas de miracle : entre fébrilités défensives et possession stérile, l’Espagne a buté contre la Russie et pris la porte dès les huitièmes.

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A domicile, ton Mondial tu réussiras
Beaucoup prédisaient une élimination dès le premier tour de la sélection hôte, la Russie, pourtant versée dans une poule guère terrifiante (Uruguay, Arabie saoudite, Egypte). C’était sans compter sur la sublimation du groupe de Stanislav Tchertchessov, coach de poigne devenu l’un des héros de la campagne historique des Russes.

   


Après avoir fait exploser les Saoudiens en match d’ouverture (5-0), Aleksandr Golovin et consorts se sont qualifiés pour la phase finale, où ils ont fait craquer les Espagnols. Archidominés et privés de ballon, les Russes ont renvoyé chez elle la bande à Ramos, au bout des tirs au but. Là même où ils chuteront, en quarts, contre la Croatie. Jamais la Russie n’avait passé les poules en Mondial depuis la fin de l’Union soviétique. Les joueurs pourront se targuer d’un autre exploit : avoir fait tomber les critiques sur Vladimir Poutine, coupable d’avoir boudé les matchs de ses protégés.
Dans le temps additionnel, l’horloge tu contrôleras
Si la maîtrise du temps était un art, les Japonais n’en seraient assurément pas les virtuoses. Les Nippons avaient réussi à dompter les minutes au premier tour. Japon et Sénégal s’étaient retrouvés à égalité parfaite (points, différence, buts inscrits et encaissés), se disputant le ticket pour le tour suivant au nombre de cartons jaunes. Moins sanctionnés que leurs adversaires, les Samouraïs bleus ont sécurisé leur qualification en infligeant aux spectateurs de leur dernier match contre la Pologne « une passe » interminable de dix minutes.

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Au tour suivant, les Japonais n’ont pas fait preuve du même contrôle de l’horloge. Huitièmes de finale. Alors que le temps additionnel débutait contre la Belgique et que les deux équipes se dirigeaient tout droit vers les prolongations, les coéquipiers de Hiroki Sakai se sont rués sur l’attaque. De quoi ouvrir des boulevards aux Diables rouges : après une récupération de son gardien, la Belgique a lancé une attaque éclair, conclue par Chadli (3-2).
Sur le banc de l’adversaire, le tournoi tu quitteras
Le football aime les images, et celle du « traître » est souvent brandie au gré des changements d’employeurs. Quand bon nombre de bancs étaient occupés pas des sélectionneurs étrangers lors du Mondial, un passage chez l’ennemi a particulièrement fait jaser : Thierry Henry sous le maillot belge. L’ancien attaquant des Bleus est depuis 2016 l’entraîneur adjoint de la nation voisine.

   


Du questionnement de l’apport de l’ancien Gunner chez les Diables rouges à la remise en cause de son attachement passé pour son (ancien) maillot bleu : les jours qui ont précédé la demi-finale entre la France et la Belgique n’ont pas manqué d’analyses, certaines douteuses. C’était là sans doute le seul motif de satisfaction de Thierry Henry après la défaite contre les hommes de Deschamps : mettre fin au procès en trahison.

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Une minute supplémentaire, sur le terrain tu resteras
Presque une minute de plus d’une Coupe du monde à une autre. Le temps additionnel a explosé entre 2014 et 2018, passant d’un peu plus de quatre minutes à cinq lors de la dernière édition. Parmi les responsables de ces soixante secondes supplémentaires, l’arrivée de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) — utilisée à vingt reprises lors du tournoi — qui « en multipliant les arrêts de jeu, a contribué à augmenter la durée du temps additionnel ». Reste que même cette minute supplémentaire ne permet pas de récupérer tout le temps perdu.
Aux cartons jaunes, la qualification tu obtiendras
Le Sénégal a été le premier pays à être éliminé de la Coupe du monde aux cartons jaunes. Après leur défaite contre la Colombie en phase de poules, les Sénégalais avaient deux cartons jaunes de plus que les Japonais, défaits par les Polonais dans le même temps. C’est ce qui a départagé leur égalité parfaite (quatre points, quatre buts marqués, quatre buts encaissés et un match nul (2-2) lors de leur confrontation directe). La décision, une première dans l’histoire de la compétition, peut paraître cruelle, mais elle est conforme au nouveau règlement de la FIFA.
En huitièmes de finale, toujours tu t’inclineras
« On a joué comme jamais et on a perdu comme toujours. » Le dicton continuera de définir le football mexicain. Pour la septième fois d’affilée, El Tri a passé le premier tour de la compétition pour atteindre les huitièmes de finale. Et pour la septième fois, les Mexicains se sont fait éliminer à ce stade. Cette fois par le Brésil (2-0).

   


Les Mexicains, exténués physiquement et mentalement après avoir battu les Allemands et s’être qualifiés grâce à une défaite de la Mannschaft contre la Corée du Sud, pourront réfléchir encore quatre ans sur cette « malédiction du cinquième match » qui les poursuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Alaphilippe signe ainsi le premier succès français depuis le départ. Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) garde le maillot jaune de leader.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.
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Tour de France : « La loi des 80/20 s’applique au cyclisme », par Antoine Vayer

Vingt ans après l’affaire Festina, Antoine Vayer, ancien entraîneur de l’équipe symbole du dopage sur le Tour de France, explore les métamorphoses du cyclisme.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h12
    |

                            Antoine Vayer (ex-entraîneur de Festina)








                        



                                


                            
Chronique. Vingt ans après, le cycliste que la pédagogie du procès Festina a modélisé est-il devenu un sportif idéal ou bien est-il devenu celui que la société du Tour de France a voulu qu’il demeure, tel que son économie intérieure le réclame ? Le cyclisme applique sa propre loi de Pareto, le « principe des 80-20 ». En économie, il émet l’hypothèse qu’agir sur 20 % des causes permet de réduire 80 % des problèmes. Le cyclisme lui trouve bien d’autres applications. Après l’affaire Festina, 80 % des coureurs continuaient à se doper, 20 % hésitaient. Maintenant c’est l’inverse : mais les 20 % gagnent 80 % des épreuves.
Avant, ceux qui trichaient mettaient dans une seringue l’intégralité d’un corticoïde puissant, un Kenacort retard 80 mg/2 ml, et se l’injectaient en une seule fois, en plein jour, devant les autres. Désormais, c’est 20 % de cette suspension que l’on s’injecte, à cinq reprises, seul et de nuit. Même chose pour les anciennes doses d’EPO, d’hormones de croissance, de sang réinjecté : cinq fois 20 %. C’est du microdosage, indétectable dans le passeport biologique et dans les contrôles. Il représente 80 % des quelques watts supplémentaires obtenus par un tricheur par rapport aux coureurs qui ne veulent pas céder. Les 20 % restants ? C’est sa confiance totale en l’efficacité de sa tricherie. Quelques microwatts en plus, être un bon mythomane, c’est suffisant pour gagner.
De l’émotion à la lucidité critique
En 1998, la cote de popularité de Richard Virenque, même viré du Tour avec fracas, était à 80 %. Avant le départ du Tour, au milieu d’un même concert de casseroles, je félicitais Sir Dave Brailsford, manageur de l’équipe Sky, pour le blanchiment de son leader, Christopher Froome. Il me répondait « The biggest win so far » : la plus grande victoire jusqu’à présent. Etonnant pour une simple décision administrative, alors que Froome a gagné 80 % des Tour de France depuis cinq ans. Je lui parlais de l’opinion des gens :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Sur les chantiers de la prochaine Coupe du monde, la main-d’œuvre, souvent d’origine asiatique a bénéficié de quelques avancées, en matière de logement et de sécurité. Mais elle reste sous tutelle, et en l’absence de statistiques officielles, le flou reste complet sur le nombre de décès.
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édition abonné


Au Qatar, le sort préoccupant des ouvriers du Mondial 2022

Sur les chantiers de la prochaine Coupe du monde, la main-d’œuvre, souvent d’origine asiatique a bénéficié de quelques avancées, en matière de logement et de sécurité. Mais elle reste sous tutelle, et en l’absence de statistiques officielles, le flou reste complet sur le nombre de décès.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h58
    |

            Benjamin Barthe (Doha, envoyé spécial)








                        



                                


                            

De gigantesques arènes de béton et d’acier ont commencé à sortir du désert qatari. Tout autour de Doha, la capitale, là où il n’y avait que du sable, des cailloux et des buissons desséchés, les futurs stades de la Coupe du monde de football 2022, qui se jouera dans cet émirat de la péninsule Arabique, sont en train de prendre forme.
L’un des plus avancés, qui devrait être terminé à la fin de l’année, est celui d’Al-Wakrah, situé en lisière de la ville du même nom, au sud de Doha. Tout le squelette est en place, jusqu’à la charpente de 378 tonnes, sur laquelle un toit ondulé, en forme de voile de boutre, les embarcations traditionnelles du Golfe, est en cours d’installation.
D’ordinaire, la construction de ces enceintes n’intéresse les médias que dans les mois précédant la compétition, les observateurs se demandant rituellement si elles seront « prêtes à temps ». Mais, dans le cas du Qatar, ces grands travaux ont généré une attention immédiate, pour deux raisons spécifiques au Golfe.
Demande d’abolition de la « kafaka »
D’une part l’extrême chaleur qui y sévit l’été, avec des températures pouvant dépasser les 50 degrés, soupçonnées d’être la cause de nombreux décès sur les chantiers ; et, d’autre part, le système de la « kafala » (tutelle), qui, dans cette région, enchaîne les travailleurs étrangers à leur employeur, les soumettant au bon vouloir de ce dernier pour changer d’emploi ou sortir du pays.
Choquées à l’idée que les centaines de milliers d’immigrés asiatiques attendus sur les chantiers de la Coupe du monde se retrouvent à trimer dans des conditions proches de « l’esclavage », les organisations de défense des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme, en réclamant l’abolition de la kafala.
En 2013, dans une enquête retentissante parue dans le Guardian, la Confédération syndicale internationale (CSI) avait même affirmé que 4 000 ouvriers risquaient de périr au Qatar d’ici au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ L’Agence pour l’éducation  par le sport repère des jeunes des quartiers populaires et les met en relation avec des entreprises.
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Le sport, tremplin vers l’emploi

L’Agence pour l’éducation  par le sport repère des jeunes des quartiers populaires et les met en relation avec des entreprises.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h57
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Ils étaient près de 3 000 lundi 16 juillet en début de soirée dans les jardins de l’Elysée pour accueillir les champions du monde. Parmi les invités, 1 500 enfants issus de clubs de foot de la France entière, dont dix-huit de l’US Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne), le club de Paul Pogba, vingt de l’AS Bondy (Seine-Saint-Denis), qui a formé Kylian Mbappé, trois de l’US Jeumont (Nord), où s’est entraîné Benjamin Pavard… D’autres sont venus de Trappes ou de Mantes-La-Jolie (Yvelines), de Boulogne (Hauts-de-Seine)… Tous étaient accompagnés par leur coach. « N’oubliez jamais d’où vous venez, et vous venez de là : devant vous, il y a les clubs qui vous ont formés, a lancé le président de la République aux joueurs de l’équipe de France. Il y a des jeunes de ces clubs, des éducateurs qui n’ont pas compté leur temps. » Une façon de mettre à l’honneur les entraîneurs de banlieues, sur lesquels la République entend s’appuyer davantage encore, et pas uniquement pour former les futures stars du ballon rond.

« Symbole de réussite »
Son rêve à lui, c’était de « travailler en costume ». « Quand je voyais des hommes en porter, j’avais envie de leur ressembler, confie Zinédine Rafa, 20 ans, originaire d’un quartier populaire du centre-ville de Roubaix (Nord). Ça peut paraître idiot, mais pour moi, c’est un symbole de réussite. » Jamais il n’avait imaginé un jour en posséder quatre.
« J’avais passé un bac sanitaire et social, mais je ne voulais pas être aide-soignant, dit-il. Comme j’aimais le foot, je me disais que peut-être, je pouvais faire quelque chose dans le sport, mais sans conviction. Personne, au cours de ma scolarité, n’avait décelé un véritable potentiel en moi. » Personne à part André Lazaoui, directeur de Roubaix Sport et Culture, une association que le jeune homme fréquente depuis ses 5 ans.
« C’est lui qui m’a détecté, raconte, tout sourire, Zinédine Rafa,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Sur l’ensemble du Mondial, « L’Equipe » a augmenté ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière.
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« L’Equipe », TF1 et la Française des jeux, autres vainqueurs de la Coupe du monde

Sur l’ensemble du Mondial, « L’Equipe » a augmenté ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h47
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Les exploits sportifs des Bleus font généralement les affaires du quotidien L’Equipe. L’édition 2018 de la Coupe du monde, remportée dimanche 15 juillet par l’équipe de France, ne déroge pas à la règle. Au cours de la journée, le quotidien créé en 1946 a dû procéder à une réimpression de son édition du 16 juillet titrée : « Un bonheur éternel ! » Au total, le tirage de ce numéro est estimé par la direction du journal à 1,6 millions d’exemplaires. Sur l’ensemble de la Coupe du monde, le quotidien a réussi à augmenter ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière. Il peut également compter sur des audiences tout aussi exceptionnelles sur Internet puisque son site Web a recruté près de 20 000 nouveaux abonnés depuis le début du mois de juin. Le site enregistre également plus de 2 milliards de pages et 50 millions de vidéos vues. La chaîne de télévision L’Equipe revendique 1,5 % de part d’audience sur l’ensemble de la Coupe du monde, 0,4 point de plus que pendant l’Euro 2016.
A deux autres occasions, le quotidien sportif s’est écoulé à plus d’un million ; chaque fois cela a été après une victoire des Bleus lors de compétitions de premier plan, la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. Le lendemain de la victoire de 1998, le quotidien sportif avait également dépassé le million et demi d’exemplaires vendus. Dans le top 10 des numéros les plus diffusés, 9 numéros suivaient une victoire de l’équipe de France. Le dixième a été consacré au sacre européen de l’Olympique de Marseille, seule équipe française à avoir remporté la Ligue des champions, en 1993.
363 millions d’euros de mises
Malgré l’enjeu et le résultat, le record d’audience à la télévision, lui, n’a pas été battu. Dimanche soir, 19,3 millions de spectateurs ont suivi la finale de la Coupe du monde sur TF1, remportée par la France face à la Croatie. Néanmoins, Yassine Berhoun, directeur sport chez Eurodata TV Worldwide (un département de Médiamétrie), souligne : « Les premiers chiffres montrent à nouveau qu’à l’ère de la délinéarisation des contenus TV et de l’avènement des écrans mobiles, seuls les grands événements sportifs sont capables de rassembler de si larges audiences ».
Les audiences de dimanche soir représentent environ 3 millions de spectateurs de moins que le précédent record, enregistré lors de la finale de l’Euro 2016, qui a vu le Portugal s’imposer face à la France. Mardi 10 juillet, la qualification de l’équipe de France pour la finale, au terme du face-à-face avec la Belgique, avait été suivie par 19,1 millions de personnes. Sur BeIN Sports, plus de 1 200 000 personnes ont été recensées pendant la finale, sachant que ces chiffres ne prennent pas en compte les bars, les restaurants et les hôtels, ni les personnes qui suivent la rencontre sur mobile, ordinateur ou tablette. Dans le cadre de cette Coupe du monde, la chaîne qatarie a franchi le cap des 4 millions de foyers abonnés. Ils étaient 3,5 millions avant le début du mondial.

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                Coupe du monde 2018 : le nouveau maillot de l’équipe de France en vente mi-août, selon Nike



Du côté des paris sportifs, la coupe s’annonce bien remplie. L’Arjel – l’Autorité de régulation des jeux n’a pas encore communiqué les chiffres définitifs – avait indiqué le 2 juillet que les 48 matches de phase de groupes FIFA, avaient généré un total de 363 millions d’euros de mises dont 159 millions d’euros engagés auprès de la Française des jeux et 204 millions d’euros sur les sites des 12 opérateurs actifs en paris sportifs agréés (Winamax, Unibet, etc.). Lors de la Coupe du monde 2014, les joueurs français avaient engagé 290 millions d’euros sur l’ensemble de la compétition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Sponsor des Bleus depuis 2008, l’équipementier américainest peu disert sur ses perspectives de ventes. Il a mieux réussi le Mondial que son rival, l’allemand Adidas.
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Coupe du monde 2018 : le nouveau maillot de l’équipe de France en vente mi-août, selon Nike

Sponsor des Bleus depuis 2008, l’équipementier américainest peu disert sur ses perspectives de ventes. Il a mieux réussi le Mondial que son rival, l’allemand Adidas.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 15h18
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Dès potron-minet, lundi 16 juillet, des centaines de supporteurs se pressaient devant la boutique Nike des Champs-Elysées, le « flagship store » de la marque qui fournit les maillots et les survêtements de l’équipe de France de football, et les chaussures de certains joueurs. Selon Europe 1 et BFM-TV, la marque avait commencé à fabriquer les maillots floqués d’une deuxième étoile au-dessus du coq gaulois avant la finale pour pouvoir les écouler dès le lendemain.
Las, les fous de foot ont trouvé portes closes pour raisons de sécurité et la police a dû intervenir pour les disperser. Ce qui donne une petite idée des retombées que la victoire de la France aura sur les ventes de Nike.
L’équipementier a fait savoir que ce nouveau maillot sera en boutiques à partir du 14 août, comme le rapporte Franceinfo. Sponsor des Bleus depuis 2008, pour un contrat courant jusqu’en 2026 – moyennant un chèque annuel de 50 millions d’euros, Nike est peu disert sur ses perspectives de ventes. Sa réponse est expéditive : « La marque ne communique aucune donnée chiffrée. »
Président chargé des clients et des marchés, Elliot Hill a préféré évoquer « nos » stars : Kylian Mbappé, meilleur jeune du tournoi, le Croate Luka Modric, meilleur joueur, et le Belge Thibaut Courtois, meilleur gardien.
Ce sont les équipes ou les stars qui font vendre, plus que la marque. Les ventes de maillots seront donc dopées, explique-t-il, car un Mbappé « se connecte personnellement et émotionnellement avec nos jeunes consommateurs de football ».
Quatre millions des maillots réplicats devraient être écoulés
Avant le début de la compétition, mi-juin, les ventes de maillots de football toutes marques confondues affichaient une hausse de 50 % par rapport à la période de l’Euro 2016, indique le cabinet NPD. En 2014, ce dernier avait enregistré une croissance de 9 % des ventes de maillots par rapport à 2013 en moyenne sur les cinq grands pays européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne), et de 29 % sur les six premiers mois de l’année. Car après la première vague d’achats pré-Mondial, une deuxième intervient lors de l’affrontement du carré de tête, puis dans les mois suivant la finale.
On estime que, tous sports confondus, plus de quatre millions des maillots réplicats de Nike devraient être écoulés dans l’Hexagone en 2018. Directeur de NPD, David Richard note qu’un événement d’un tel retentissement mondial fait « boule de neige sur les ventes des marques de sport en général ». Le marché du maillot de foot lui-même serait plus gros si les Français, à l’instar des Allemands et des Anglais, portaient plus souvent et pas seulement à l’occasion des grandes compétitions le maillot de leur équipe nationale ou de leur club.
Les chaussures sont aussi un atout pour les équipementiers, notamment pour la marque à la virgule. Une majorité de buts marqués en Russie l’ont été avec ses crampons. Ce qui n’est pas étonnant puisque deux joueurs sur trois, comme Mbappé, l’Anglais Harry Kane ou le Portugais Ronaldo, en étaient équipés. Ses ventes devraient logiquement dépasser celles d’Adidas, qui reste néanmoins le premier équipementier mondial du football avec 29 % de part de marché, suivi par Nike.
Un duel sans merci
Depuis l’arrivée de la marque américaine dans le « soccer », lors de la Coupe du monde de 1994 aux Etats-Unis, c’est la course-poursuite entre la marque américaine à la virgule et la marque allemande aux trois bandes. Un duel sans merci à coups de centaines de millions d’euros. Pour se développer tous azimuts en Europe, Nike devait impérativement passer par la case football. Elle y a trouvé sa place. En 1998, c’est Adidas, partenaire de la France depuis vingt-cinq ans, qui avait gagné 3-0 avec l’équipe de France. Nouveau venu à ce niveau de la compétition comme parrain de la Seleçao, Nike avait perdu avec le Brésil.
C’est dire si Moscou sonne comme une revanche puisque en 2018, les deux équipes finalistes sont équipées par Nike, ainsi qu’un des deux demi-finalistes, l’Angleterre. A l’inverse, deux des prestigieux clients de la marque aux trois bandes, la Roja espagnole et la Mannschaft allemande (sans oublier l’Argentine) ont fait un parcours indigne de leur rang de vainqueurs respectifs de la compétition en 2010 et 2014. Adidas s’est consolé en rappelant qu’il était le sponsor officiel du Mondial russe et qu’il y avait équipé douze équipes, deux de plus que son concurrent. Prochains chocs des marques : l’Euro 2020 dans douze villes européennes, puis le Qatar, en 2022.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Il a fallu cinq heures au bus à impériale pour se frayer un passage dans la capitale croate, le 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Selon les experts, les tricheurs sont en minorité dans le peloton et recourent à des microdoses, indétectables mais aux effets incertains.
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Vingt ans après l’affaire Festina, le dopage se fait tout petit sur le Tour de France

Selon les experts, les tricheurs sont en minorité dans le peloton et recourent à des microdoses, indétectables mais aux effets incertains.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h35
    |

            Clément Guillou








                        



   


Au début de la décennie, le cyclisme a échappé à une nouvelle affaire Festina. Un informateur très proche d’une équipe du peloton, toujours présente sur le Tour, a contacté les autorités françaises pour évoquer le dopage organisé en son sein. La synthèse des informations données par cette source, à laquelle Le Monde a eu accès, met en évidence l’évolution des pratiques : microdoses d’EPO, d’hormone de croissance et de testostérone ; de petites poches de sang conservées depuis l’hiver dans une maison loin de tout, convoyées par avion vers la France puis dans des voitures banalisées ; des transfusions sanguines administrées par les coureurs eux-mêmes en petites quantités, s’injectant en dix minutes, pas davantage ; l’implication de tout le personnel, des mécaniciens au manageur, et de la famille de certains coureurs, dans ce schéma de dopage organisé. Malgré la multitude de détails fournis par la source, l’enquête n’a jamais abouti, en raison de l’omerta puissante au sein de l’équipe et du manque de coopération des autorités du pays concerné.
Que de complications, vingt ans après l’affaire Festina ! Le 17 juillet 1998, dans le bureau du juge d’instruction Patrick Keil, le manageur de l’équipe, Bruno Roussel, avouait tout. Oui, les 235 ampoules d’EPO, les 82 flacons d’hormone de croissance, les 60 doses de testostérone, les amphétamines, corticoïdes, fluidifiants sanguins, tout ce stock d’hôpital de campagne retrouvé neuf jours plus tôt dans le coffre de la voiture de Willy Voet était pour ses coureurs. A l’époque, le soigneur belge avait franchi la frontière à Neuville-en-Ferrain, sur une petite départementale connue des trafiquants mais aussi des douaniers, sans même penser à dissimuler son stock. Sa Fiat Marea était aux couleurs de Festina et du Tour de France.
L’ère de la lutte antidopage
Un certain cyclisme est mort, ce jour-là, celui des ampoules d’EPO côtoyant les canettes de Coca-Cola dans la glacière, des pilules étalées sur les lits d’hôtel de bord de nationale. Deux autres disciplines sont nées : la lutte antidopage et son corollaire, la dissimulation de produits dopants. Les deux avancent en parallèle. Pour chaque porte fermée par une avancée scientifique, des dizaines d’autres s’ouvrent pour des molécules similaires. Certains produits dopants sont détectables mais pas systématiquement recherchés, parce que l’argent manque. Se doper exige donc plus d’astuce et d’encadrement, mais c’est encore possible. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont arrêté de « jouer », assurent les experts consultés par Le Monde.
« Dans la culture du peloton, il n’y a plus de n’importe quoi, de mise en danger de la santé »
« Les choses se sont considérablement améliorées », pose Damien Ressiot. Ancien spécialiste de la question au journal L’Equipe, il dirige depuis 2015 les contrôles menés par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). « Dans la culture du peloton, j’ai l’impression que le rapport au dopage est complètement différent. Il n’y a plus de n’importe quoi, de mise en danger de la santé. On est davantage dans le microdosage, dans toutes les molécules, pas seulement pour l’EPO, de façon à réduire les fenêtres de détection. »
La directrice de la Fondation antidopage pour le cyclisme (CADF) affiche son optimisme quant à la sincérité des résultats au plus haut niveau : « Dans le peloton World Tour [les dix-huit meilleures équipes du monde], plus grand-chose ne se passe », assure Francesca Rossi, aux commandes de la lutte antidopage dans le cyclisme depuis huit ans. Peut-elle dire autre chose ? Les contrôles positifs à ce niveau sont rarissimes – trois depuis 2015. « Je crois fortement à l’effet de dissuasion. Le passeport a fait la différence. » 

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                Produits dopants : ce qui a changé, ce qui est resté



Pour mettre fin à la triche démasquée par des douaniers, on a en effet créé le passeport biologique, modèle analytique qui permet de déceler les manipulations sanguines en comparant l’évolution des données hématologiques. L’Union cycliste internationale (UCI) est la première fédération à l’avoir mis en œuvre, il y a dix ans.
Cet outil s’est perfectionné au fil des ans et a mis fin aux grosses injections d’EPO, comme les connaissait le peloton de l’affaire Festina, ou aux transfusions de sang des années 2000. « Le suivi biologique individuel des coureurs a changé le rapport bénéfice-risque pour les tricheurs », analyse Martial Saugy, ancien directeur du laboratoire antidopage de Lausanne. Les gains des microdoses ne sont pas certains, tandis que les précautions prises sont maximales. « Mais on sait qu’il est toujours possible de faire du microdosage et des microtransfusions », ajoute le chercheur. Au début des années 2010, l’équipe d’un favori du Tour fit l’objet d’une surveillance serrée des douanes françaises, qui avaient reçu l’information que des poches de sang étaient dissimulées près de la climatisation d’un camping-car de l’équipe.
« Les tricheurs sont hyperpragmatiques »
Ces dernières années, la presse et les sportifs n’ont cessé de chercher le nouveau produit miracle. On a gratté du côté du dopage génétique ; on a fantasmé sur l’Aicar, qui ferait maigrir en augmentant l’endurance, mais dont plus personne ne pense aujourd’hui qu’il soit utilisé dans le peloton du Tour. Las. « Le cocktail est resté le même [voir ci-dessous], constate Damien Ressiot. Les tricheurs sont hyperpragmatiques. Ils utilisent la pharmacopée qui fonctionne, dont ils maîtrisent la posologie, les effets et les protocoles. » « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » : la maxime attribuée à Antoine Lavoisier s’applique aussi au dopage. Après tout, c’est de la chimie.
« Sur ce qui se fait, on n’est finalement sûr de rien. Et même les produits qu’on sait détecter, on ne peut pas les détecter à tous les coups »
Michel Audran, directeur du laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry, pose un regard désabusé sur la situation, constatant que beaucoup d’inconnues demeurent, que les tricheurs continuent d’avoir un temps d’avance : « Sur ce qui se fait, on n’est finalement sûr de rien. Et même les produits qu’on sait détecter, on ne peut pas les détecter à tous les coups. » Martial Saugy, son homologue suisse, trouve toutefois « les trous dans la passoire pas si énormes. Pour la majorité des substances et des types de dopage, c’est même assez serré ».
Face à cette lutte de mieux en mieux organisée, dans le cyclisme notamment, les tricheurs ont deux options. La première est de fuir les contrôles en partant s’entraîner dans des « zones blanches de l’antidopage », comme l’Amérique du Sud, où les produits circulent librement et où les contrôles sont rares. La seconde est de se réfugier dans une zone grise, celle des médicaments détournés de leur usage premier, comme le Tramadol, un antidouleur, ou les corticoïdes, prisés pour leur effet euphorisant et amaigrissant, en association avec des extraits thyroïdiens. La perte de poids est devenue l’obsession des cyclistes. Il faudrait, disent certains, s’en consoler : si les grimpeurs passent leur temps sur la balance, c’est peut-être qu’ils ne l’occupent plus à cacher leurs poches de sang.

Produits dopants : ce qui a changé, ce qui est resté
Erythropoïétine (EPO) : hormone augmentant le nombre de globules rouges dans le sang, facilitant l’oxygénation des muscles et donc une meilleure endurance. Elle a changé la face du cyclisme dans les années 1990, où un coureur dopé pouvait prendre cinq injections, tous les deux jours, de 2 000 UI (unités internationales) chacune. Désormais, le risque de contrôle positif existe même pour une dose, très faible, de 500 UI.
Sous cette dose, l’hormone miracle est-elle encore utile ? Les chercheurs l’ignorent : les études sur l’efficacité des micro-doses sont encore rares. Bientôt, l’EPO sera de toute façon passée de mode : il sera sans doute possible de faire sécréter naturellement davantage d’érythropoïétine. L’EPO exogène est encore utilisée aux niveaux inférieurs de compétition, où les contrôles sont rares.
Transfusion sanguine : procédé consistant à se prélever un certain volume de sang afin d’en extraire les globules rouges et de se les réinjecter à l’approche d’une course importante, pour obtenir une meilleure oxygénation. Le passeport biologique a fortement contraint cette pratique dont l’heure de gloire fut la décennie 2000, quand le test de détection de l’EPO avait obligé les dopés à se rabattre sur les transfusions.
« Ils ont forcément arrêté de se transfuser des poches de 250 millilitres, explique Michel Audran, directeur du laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry. Ils sont passés à des micro-transfusions. En théorie, l’effet est le même mais ce n’est pas prouvé. L’Agence mondiale antidopage [AMA] met beaucoup d’argent dans la recherche d’une méthode de détection. » Pour l’heure, assure un spécialiste du passeport biologique, « on peut passer inaperçu en se réinjectant tous les trois jours, à trois reprises, des petites poches de 70 millilitres de globules rouges ».
Dopage hormonal : l’hormone de croissance, réputée favoriser l’endurance, la récupération et la force musculaire, est quasiment indétectable. Pourtant, son utilité dans les sports d’endurance est aujourd’hui remise en question, d’autant plus qu’elle coûte plus cher que d’autres produits. Dans les laboratoires, on s’inquiète davantage des précurseurs (« sécrétagogues ») de l’hormone de croissance, ou de l’IGF-1 et de l’insuline, deux hormones peptidiques indétectables dont l’effet anabolisant et globalement similaire. La DHEA serait en vogue : très rapidement introuvable dans les urines, elle se transforme en testostérone et a été décelée en proportion importante, il y a quelques années, chez les footballeurs.
Mais c’est la testostérone, vieille comme le « doping », qui aurait toujours le plus d’adeptes, dans tous les sports. « Cela reste l’un des produits les plus efficaces et, selon moi, l’un des plus utilisés dans le haut niveau, estime Martial Saugy, ancien directeur du laboratoire antidopage de Lausanne. Elle est très utile sur une course de trois semaines. C’est le produit le plus polyvalent. » Prise en gel ou en patch, elle est l’un des plus difficiles à retrouver dans les urines.
Puisqu’il est impossible de développer un test efficace pour chacun des milliers d’anabolisants déversés sur le marché, l’AMA espère limiter les excès avec un passeport stéroïdien fonctionnant selon le même modèle que le sanguin. Quatre ans après sa création, il est encore balbutiant.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ L’ex-entraîneur de Liverpool et de l’OL, Gérard Houllier, revient sur les raisons de la victoire de l’équipe de France dans le Mondial 2018.
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« Cette Coupe du monde a été la victoire du collectif sur les individualités »

L’ex-entraîneur de Liverpool et de l’OL, Gérard Houllier, revient sur les raisons de la victoire de l’équipe de France dans le Mondial 2018.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 13h40
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Chroniqueur pour Le Monde pendant la Coupe du monde de football 2018, en Russie, Gérard Houllier, ex-sélectionneur et entraîneur de Lyon, revient sur les raisons de la victoire des Bleus de Didier Deschamps et tire les grandes leçons de ce tournoi.
Avant le début de la Coupe du monde, vous nous disiez être confiant concernant les chances de l’équipe de France. Qu’est-ce qui a motivé cet optimisme ?
Il y avait trois éléments. D’abord, en prenant connaissance des équipes, je trouvais que la France avait autant de talent, si ce n’est plus, que les favoris désignés, les « usual suspects », pour le titre, que sont l’Allemagne, le Brésil, l’Espagne. Ensuite, Didier Deschamps avait construit – avant même l’Euro 2016 – un groupe tourné vers le même projet, le même objectif. A partir des talents à sa disposition, il a réussi à construire un groupe qui donnait l’impression d’être uni, efficace et pragmatique, notamment dans les quelques situations où il a été en difficulté.
Enfin, il y a eu l’expérience de la finale perdue en 2016. Avec une telle défaite, vous souffrez et vous en tirez des leçons. Contre la Croatie, la France avait retrouvé ce statut de favori qu’elle avait connu face au Portugal. Elle l’avait peut-être mal géré à l’époque, elle l’a mieux appréhendé dimanche.
En 1984, on parlait des Bleus de Platini, en 1998 de ceux de Zidane. Cette équipe-là ne donne pas l’impression d’être construite autour d’une star. Etes-vous d’accord ?
Si on remarque bien, cette Coupe du monde a été la victoire du collectif sur les individualités. Les Messi, Ronaldo ou Neymar se sont arrêtés assez tôt. Les équipes qui sont allées loin sont celles où les talents étaient au service du collectif. C’est le cas de la France, bien sûr, de la Belgique et de la Croatie. Avec un peu moins de talent mais un système bien organisé, les Anglais ont aussi réussi à attendre la demi-finale.
En équipe de France, Antoine Griezmann symbolise cet état d’esprit. Il a été une star au service de son équipe. Il a parfois été en difficulté au niveau offensif, mais il s’est arraché pour donner un coup de main au milieu, à la récupération et à la transmission avec une finesse qu’on ne le lui connaissait.

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La chance a aussi accompagné les Bleus jusqu’à la réussite. Diriez-vous que c’est propre à toutes les équipes qui gagnent ?
Vous savez, plus vous travaillez, plus vous avez de la chance. C’est un constat. Cette équipe a beaucoup travaillé, avec une soif de vaincre et dans une ambiance saine. Ce n’est pas un groupe d’enfants capricieux, il n’y avait pas dissensions entre eux. La chance se provoque. En finale, certains peuvent dire que les Français ont raté leur match, mais ils n’ont pas raté le résultat. Et c’est ce que l’on retient, à la fin. Sans contrôler cette finale, ils ont quand même marqué quatre buts. Sans être beaux, ils ont été bons.
Après le premier match contre l’Australie, Didier Deschamps apporte à l’équipe davantage d’expérience avec les retours de Blaise Matuidi et Olivier Giroud. Perçoit-il qu’il doit changer son fusil d’épaule, s’adapter ?
Une équipe, c’est une affaire d’équilibre. Le sélectionneur a senti avec Matuidi qu’il fallait rééquilibrer le milieu de terrain, lui donner davantage de garantie défensive et qu’il avait déjà assez de forces offensives. C’est tout le mérite d’un entraîneur comme Didier Deschamps : savoir changer, s’adapter à la situation.
« Je savais qu’il deviendrait entraîneur. C’était un milieu de terrain qui pensait toujours à l’équilibre et aimait orchestrer »
Il existe deux compétitions dans une Coupe du monde. D’abord un mini-championnat de trois matchs et ensuite les rencontres à élimination directe, l’objectif était de passer cette première phase en terminant premier et en gardant de la fraîcheur pour la suite. C’est ce qui a été fait.
J’étais heureux qu’on ne commence pas trop fort. C’est bien qu’une équipe souffre un peu au premier tour, ça lui permet de s’unir dans la difficulté. Ceux qui démarrent très forts ne vont jamais très loin. Si on remarque bien, les Français sont montés en puissance lors de toutes les secondes périodes, ils ont toujours mieux terminé que leurs adversaires à partir des huitièmes de finale.
On a beaucoup parlé de la jeunesse de cette équipe avant la compétition. Finalement, elle a démontré que l’âge et l’expérience ne faisaient pas tout dans le football.
Quand j’entraînais Liverpool, j’ai eu Michael Owen comme attaquant, et il me marquait des buts à 17 ans et demi. Le talent n’a pas d’âge. Quand vous êtes assez bon pour jouer, vous jouez. L’âge ne compte pas pour un Kylian Mbappé. Didier Deschamps a aussi encadré ces jeunes – qui progressent vite et sont à l’écoute –, avec six joueurs qui étaient titulaires lors du traumatisme portugais de 2016.

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Comme adjoint de Michel Platini, vous avez vu débuté Didier Deschamps comme international, en 1988. Vous l’avez ensuite dirigé comme sélectionneur. Sentiez-vous déjà chez lui l’âme d’un futur entraîneur ?
Je savais qu’il deviendrait entraîneur. C’était un milieu de terrain qui pensait toujours à l’équilibre et aimait orchestrer. Quand il est devenu capitaine des Bleus, Aimé Jacquet me disait qu’il aimait beaucoup discuter avec lui des aspects tactiques. Un peu comme Steven Gerrard à Liverpool, Didier était déjà un peu entraîneur sur le terrain. C’est assez propre du profil des milieux de terrain.
Didier Deschamps dit souvent que la défaite en 1993 contre la Bulgarie avait été peut-être le match le plus important de sa carrière. Ce mauvais souvenir l’avait aidé à se construire…
C’est quelqu’un qui a toujours su rebondir après l’échec. Le vrai talent, c’est le rebond. Dans la carrière de Didier Deschamps rien n’a été facile. Il s’est forgé dans la difficulté.

Les chroniques de Gérard Houllier
Les Bleus doivent adopter la technique du « serpent » « L’équipe de France sera plus libérée face au Pérou »« Isoler Messi, c’est déjà répondre à une bonne partie du problème » « Les Bleus dégagent une force mentale et collective impressionnante »« Les Bleus ont retenu la leçon de la finale de l’Euro »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Après le Mondial, l’heure du Tour ? Pas forcément. Après la plaine et les pavés, l’heure des grimpeurs ? A coup sûr. La route s’élève : 10e étape, bienvenue dans les Alpes.
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Tour de France : champions du monte !

Après le Mondial, l’heure du Tour ? Pas forcément. Après la plaine et les pavés, l’heure des grimpeurs ? A coup sûr. La route s’élève : 10e étape, bienvenue dans les Alpes.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 07h57
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 16h19
    |

            Henri Seckel (envoyé spécial à Annecy, Haute-Savoie)








                        



   


10E ÉTAPE : ANNECY - LE GRAND-BORNAND, 158 KM
Peut-être est-ce encore un peu tôt. Peut-être un jour de repos supplémentaire n’aurait-il pas été du luxe, pour permettre aux coureurs de finir de se remettre des pavés du Nord, et aux amateurs de sport du pays de digérer l’euphorie de Moscou. Vingt-quatre heures sans vélo ni football n’auront sans doute suffi ni aux uns ni aux autres.
Les émotions sportives ne s’opposent pas, elles peuvent s’additionner, mais à côté d’une victoire en Coupe du monde, le pauvre Tour 2018 aura du mal à se faire une place dans nos mémoires. Il lui faudra au moins, pour y rester durablement, un sacre de Romain Bardet au bout d’un scénario façon Fignon/LeMond 1989, ou une affaire Festina bis. Au passage, nous célébrons ce 17 juillet 2018 le vingtième anniversaire de l’exclusion de Richard Virenque et ses boys lors du Tour 1998 – et on peut vous dire que le discours du coureur aux cheveux peroxydés, le lendemain, n’est pas près de s’effacer, lui.
Après une semaine de cohabitation avec le ballon rond, c’est peut-être enfin le moment de cette Grande Boucle dont il faut bien reconnaître, soyons beaux joueurs, que personne n’en avait rien à cirer jusqu’à présent. « Ça commence quand le Tour ? », a demandé un ami pourtant au fait de l’actualité, mardi dernier, au matin de la 4e étape et de la demi-finale face à la Belgique… Ça commence quand le Tour ? Excellente question. Excellente réponse : ça commence aujourd’hui. Disons plutôt qu’un autre Tour commence ce mardi, et pas seulement parce qu’il va, peu à peu, s’extraire de l’ombre du Mondial.

   


Un autre Tour commence car il va changer de dimension, et intégrer la dimension verticale. Les grimpeurs vont enfin pouvoir s’amuser, après s’être vu infliger les pires outrages depuis une semaine, entre le chrono par équipes, les bordures dans les plaines venteuses, et les pavés plus infernaux pour les poids plume que pour les autres.
Le peloton va enfin se mettre en danseuse, et la course gagner les sommets. Quels ont-ils été jusqu’à maintenant ? D’un point de vue topographique, la côte de Roc’h Trévézel (340 m, 6e étape). Sur la plan dramatique, la chute de Froome acclamée par la foule en Vendée (1re étape). Sur le plan purement sportif, le sommet de ce Tour est évidemment la frappe du gauche de Paul Pogba qui porte le score à 3-1 face aux Croates.
Le cyclisme ne doit pas devenir de la F1
Dix ascensions gigantesques – 1re catégorie ou hors catégorie – ponctuent le triptyque alpestre qui s’ouvre ce mardi, et succède à neuf étapes pour rien ou presque, même si Richie Porte et Romain Bardet n’auront sans doute pas la même définition que nous du « rien ». Le premier est éliminé du Tour, clavicule fracturée. Le second compte déjà un certain retard au général – 1 min 49 s sur Thomas, probable Maillot jaune ce soir, 50 s sur Froome – et deux équipiers sur le flanc (Vuillermoz et Domont). Les trois jours qui viennent vont répondre à deux questions : Bardet peut-il refaire son retard ? Les deux leaders de la Sky vont-ils jouer en équipe ou chacun pour soi ?
Après vous avoir survendu les bosses de Bretagne et les pavés du Nord qui ont plus chamboulé les organismes que le classement général, nous n’allons pas recommencer avec la haute montagne. Le parcours à travers les Alpes est magnifique et exigeant – en vrac : la montée du plateau des Glières (aujourd’hui), le col du Pré (demain) et l’Alpe-d’Huez (après-demain). Mais le parcours a déjà été magnifique et exigeant jusqu’à présent, et les différences ne se sont faites que sur des crashs ou des ennuis mécaniques, comme si le cyclisme était devenu de la vulgaire Formule 1. « Le parcours est propice à des courses débridées mais on voit que les coureurs ont du mal à se livrer, a expliqué Romain Bardet hier. Tous espèrent plus la défaillance de l’autre que faire basculer la course pour soi-même. Je ne pense pas qu’il y ait des grandes manœuvres avant les Pyrénées. »

   


« Il ne faut plus s’attendre à de gros écarts en montagne, ce n’est plus là que les grands leaders arrivent à faire la différence », prévient Thierry Gouvenou, traceur du Tour, dans une interview au Gruppetto que l’on cite quand même pour la 3e fois depuis le départ. « Tout le monde appréhende un peu, les écarts risquent d’être à coups de secondes sur les premières étapes [de montagne] », poursuit Bardet, qui en a encore perdu sept, dimanche, après avoir crevé trois fois sur les chemins pavés de Roubaix, et devrait donc, en toute logique, crever à nouveau sur le sentier caillouteux du plateau des Glières emprunté ce mardi (cf. vidéo ci-dessous).

Check out today's steep gravel road of the Col HC des Glières ⛰️
— AnnaBarrero (@Anna Barrero)


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A quel moment la prudence, diffusée directement dans le cerveau des coureurs par l’intermédiaire de l’oreillette par leurs directeurs sportifs, s’effacera-t-elle devant l’instinct ? « C’est souvent en troisième semaine que les grandes différences se font », dit Bardet. La première a montré un peloton rationnel, soucieux de se préserver, et de ne surtout pas tenter quoi que ce soit. On croit connaître la raison : pourquoi prendre le risque d’une échappée légendaire qui aurait été de toute façon éclipsée par un but de Samuel Umtiti ? Messieurs les coureurs, désormais, la France vous regarde – disons qu’elle vous regarde un peu plus –, alors faites-vous plaisir. Que le Tour commence !

   


Départ à 13 h 15. Arrivée vers 18 heures.
À PART ÇA. Certains osent prétendre que l’étape de Roubaix, dimanche, fut décevante. C’est faux, rien que pour les images qui suivent, elle valait le coup.
Les photos extraordinaires des chutes de Chris Froome, Rafal Majka et Oliver Naesen.

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                Tour de France 2018 : Oliver Naesen, le garde du corps de Romain Bardet




Crash of Chris Froome at stage 9 of the 2018 Tour de France. This is the cycling photo of the year. 📸 by… https://t.co/5d8rGZ25rY— GWarrink (@Gert-jan Warrink)


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It was hard For me today also https://t.co/zKO0q4LsFS— majkaformal (@Rafał Majka)


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Foto van de dag: Rafal Majka valt. @OliverNaesen zit in zijn wiel en dan gebeurt dit. Vallen met stijl. Hopelijk zo… https://t.co/ubnZZNAtsQ— simon_dek (@Simon Dekaezemaker)


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Les tronches boueuses à l’arrivée.

Avant/ après ! #Roubaix 📸
— ArnaudDemare (@Arnaud Demare)


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Avant - Après https://t.co/uoxMXhBbom— Fortuneo_Samsic (@Team Fortuneo Samsic)


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That. Was. Awesome https://t.co/5XBqqHF4e0— DanMartin86 (@Dan Martin)


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La fesse droite de Michael Valgren.

   


Et cerise sur le gâteau, l’emplafonnage du Colombien Egan Bernal.

Foi um dia duro para @Eganbernal. #Tournaespn https://t.co/b0KXLzfXDI— DoCiclismo (@País do Ciclismo)


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Le Tour du comptoir : Arras
Chaque matin du Tour, En danseuse vous envoie une carte postale du comptoir d’un établissement de la ville-départ de la veille.
Où l’on apprend que la vraie vie se trouve dans le Cantal.

   


Pouvait-il vraiment en être autrement ? Pardon pour le cliché, ce n’est pas volontaire : le seul comptoir disponible à proximité de la majestueuse citadelle d’Arras dimanche était celui d’une friterie. La maison Jolivert régale depuis 1986, et écoule tranquillement 100 kg de frites dans les bons jours, ce qui, vu la taille de la plus petite portion disponible, n’est en fait pas étonnant.

   


Dans la queue, quatre cyclistes, venus s’offrir une récompense huileuse à leur effort. Jacky, Didier, Jean-François et encore Didier (de gauche à droite) ont roulé deux heures depuis Albert (Somme), à une quarantaine de bornes de là.

   


Ils ont préféré assister au départ à Arras plutôt qu’à l’arrivée à Amiens, la veille, plus près de chez eux, mais où ils étaient certains de ne rien voir. « Je vais quand même redemander si je peux prendre le départ », blague Jacky, le leader de la bande, qui dévoile sa technique fatale pour devancer ses trois compagnons de pédale lors de leurs sorties : « Je leur dis pas où on va. S’ils sont devant moi dans une longue ligne droite, je leur dit “hèpèpèpe”, c’est par-là, et hop je bifurque au carrefour. » 
Jacky se lance alors dans le récit d’une semaine à vélo dans la Cantal, et pique la curiosité de la voisine de devant, qui se retourne. Cette dame dans la quarantaine finissante a vécu douze ans là-bas, à Mauriac, car son mari gendarme y avait été affecté. Un bonheur, dit-elle, qu’ils ont quitté pour revenir dans leur Nord natal. La nostalgie arrive doucement.
Passés quelques généralités sur la splendeur de la région, sa chaleur insupportable en été, sa froideur insupportable en hiver, ses routes propices au vélo et autrement plus coriaces que celles de la Somme, les yeux de la dame sourient et se perdent dans le vague. La nostalgie est arrivée pour de bon. « Les gens ne sont pas stressés là-bas, ils vivent bien avec peu. » Silence. « On a fait l’erreur de notre vie en revenant ici. » Silence. « C’est là-bas qu’est la vraie vie. »
Tout le monde reste un peu en supsens. Sans doute certains se demandent-ils ce qu’est la vraie vie. La patronne du Jolivert interrompt la méditation. « Qu’est-ce que je vous sers ? – Deux grandes frites ! » Pardon, mais ce n’est pas ça, la vraie vie ?

   



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Des centaines de milliers de personnes ont acclamé les champions du monde, lundi à Paris. D’autres, plus chanceux, ont pu les approcher au palais de l’Elysée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/07/2018
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Les Bleus, les Champs, l’Elysée : « On veut remercier les joueurs de nous avoir fait rêver »

Des centaines de milliers de personnes ont acclamé les champions du monde, lundi à Paris. D’autres, plus chanceux, ont pu les approcher au palais de l’Elysée.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 09h44
    |

            Philippe Ridet (avec Adrien Sénécat, Virginie Malingre, Cécile Bouanchaud, Audrey Paillasse et Pierre Bouvier)








                        



                                


                            

Adam et Yazid ont 12 ans – et les traits tirés. Bondy, leur ville, a fêté longuement la victoire des Bleus et de l’enfant du pays, Kylian Mbappé.
Mais ce n’est pas pour ça qu’ils ont des petits yeux. Après avoir regardé la finale en famille, ils sont sortis jouer au foot dehors pour évacuer le stress. Puis ils sont rentrés. C’est alors que les choses sont devenues « ouf ». En leur absence, leurs parents respectifs ont reçu un coup de téléphone d’un représentant de la mairie les avertissant que leurs enfants avaient été choisis pour participer, le lendemain, lundi 16 juillet, à la réception de l’Elysée en l’honneur de l’équipe de France. Allez dormir après ça !
Comme 1 500 autres jeunes, garçons ou filles, représentants des clubs ayant formé un des joueurs de la bande à Hugo Lloris, ou d’une cité défavorisée, ils sont attendus au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré dans l’après-midi.
Devant l’entrée du stade Léo-Lagrange, ils sont dix-huit jeunes licenciés de l’AS Bondy, âgés de 12 à 15 ans, qui attendent le minibus qui les emmènera à Paris. « Je suis stressé, avoue Yazid. Ça va être bizarre de les voir en vrai, de leur parler. » Même appréhension pour Adam, qui a pourtant préparé dans sa tête quelques questions à leur poser. « Mais j’ai peur que ça ne sorte pas quand ils seront en face de moi », s’inquiète-t-il. Le mini-bus approche. Une mère fait un dernier signe de la main à son garçon, heureux élu lui aussi de cette expédition. « Il n’a pas de téléphone portable, alors je lui en ai donné un exprès pour qu’il puisse faire des photos ! », raconte-t-elle.

Choisir le meilleur emplacement
Des photos, on ne fait que ça sur les Champs-Elysées, où les Bleus, comme leurs aînés de 1998, doivent défiler à bord d’un bus à impériale, avant de rejoindre le président de la République et son épouse. Certains sont arrivés dès le matin pour choisir le meilleur emplacement de part et d’autre des barrières...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ « Le succès, sans considération des origines, par le travail, la fraternité, l’amour du groupe » sont mis en valeur par la victoire de l’équipe de France estime l’écrivain François Sureau dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/07/2018
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« En fêtant les Bleus, les Français célèbrent les promesses simples et belles de la République »

« Le succès, sans considération des origines, par le travail, la fraternité, l’amour du groupe » sont mis en valeur par la victoire de l’équipe de France estime l’écrivain François Sureau dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 09h31
    |

François Sureau (Ecrivain)







                        



                                


                            
Tribune. A l’occasion de la victoire de l’équipe de France de football, ce sont des vertus anciennes qui reviennent au jour. La première est celle d’une communion, pour une fois légère, comme une ivresse bienfaisante, de tous avec tous. Elle oppose, surtout, à la politique une sorte de résistance qui prévient contre toute récupération. C’est la simple vertu d’un peuple assez vieux, assez sage pour tenir enfin la politique à sa place. L’illusion n’a pas déferlé sur cette victoire, y compris l’illusion « black-blanc-beur » de 1998.
Mais d’un autre côté, cette victoire présente une étonnante similitude avec une victoire politique récente. S’il continue d’inspirer les vertus, et parfois les chansons, l’ancien monde a été mis en échec dans l’organisation, dans la tactique. La Mannschaft invincible a disparu comme le Parti socialiste, les Anglais, comme de simples Républicains. Un jeu nouveau est apparu, fluide, mélangeant l’attaque et la défense, un jeu de solidarité où l’on peut comme Giroud devenir un héros sans jamais marquer, un jeu taoïste où la possession du ballon et la domination de l’espace ne comptent pas, mais seulement la fulgurance finale, utile, décisive, celle des buts de Mbappé et de Pogba.

La seconde vertu est celle du courage. L’une des chansons les plus chantées hier parlait de Pavard, sorti « de nulle part », armé d’une « frappe de bâtard ». On se tromperait en y lisant simplement la description d’une origine modeste. Ce sont les mots qu’emploie Chrétien de Troyes pour décrire Perceval, ou Lancelot qui découvre son nom en soulevant une tombe que nul n’a soulevée avant lui.
Humilité, solidarité
L’ombre de notre plus ancienne légende couvre cette coupe du monde de football, avec ce roi Arthur changé en Merlin et qui porte le nom de Deschamps, comme pour signifier la sortie du monde obscur des forêts, avec le nombre fixe des joueurs, et cette coupe qui paraît reculer à mesure qu’on...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Spécialiste de l’histoire du sport, Pierre Lanfranchi estime, dans une tribune au « Monde », que le succès des Bleus est celui d’une génération capable d’accumuler de longues expériences à l’étranger.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Les Bleus champions du monde : « La victoire d’une génération Y triomphante »

Spécialiste de l’histoire du sport, Pierre Lanfranchi estime, dans une tribune au « Monde », que le succès des Bleus est celui d’une génération capable d’accumuler de longues expériences à l’étranger.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 09h42
    |

Pierre Lanfranchi (Professeur d'histoire du sport, Université de Montfort, Leicester (Angleterre))







                        



                                


                            

Tribune. La France a remporté la Coupe du monde de football, à Moscou, dimanche 15 juillet, vingt ans après sa première victoire en 1998. Seule équipe invaincue du tournoi, elle est aussi la plus jeune, si l’on considère la moyenne d’âge des trente-deux sélections en présence pendant un mois en Russie.
Mais qu’est-ce qui caractérise cette France qui gagne ? En quoi diffère-t-elle de ses glorieuses aînées de 1958, 1982 et 1998 ? Reflète-t-elle une évolution dans la société comparable à ce « black-blanc-beur » que l’on avait tant vanté en 1998 ? Est-elle enfin si différente de ses rivales croates et belges, qui terminent aux places d’honneur de la compétition ?

La première caractéristique évidente de ce groupe est son hétérogénéité. Douze clubs différents sont représentés sur les quatorze joueurs entrés en jeu au cours de la finale. Il y a vingt ans déjà, c’était le cas. Aujourd’hui comme en 1998, seuls deux joueurs opèrent dans des clubs français. C’est une constante dans le football français, le succès passe obligatoirement depuis une trentaine d’années par une expérience acquise à l’étranger dans les meilleurs clubs.
La France qui gagne vit et travaille à l’étranger, en Espagne et en Angleterre surtout. En 1958, Raymond Kopa faisait figure d’exception en étant le seul joueur de l’équipe de France opérant dans un club étranger (le Real Madrid vainqueur de la Coupe d’Europe cette même année). Rien n’avait changé en 1982, puisque Didier Six, au VfB Stuttgart (comme Pavard aujourd’hui), était le seul expatrié de l’effectif.
Expérience des langues
Le rapport de force s’est désormais inversé, si bien que Kylian Mbappé est aujourd’hui le seul titulaire à jouer pour un club français, le Paris-Saint-Germain. Mais, en y regardant de plus près, les parcours des joueurs de 2018 sont assez différents de ceux des joueurs de 1998. Hernandez, Griezmann, Pogba n’ont jamais joué avec des clubs professionnels en France, Varane...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le président de la République a de nouveau dit « merci » aux joueurs et à leur encadrement, rassemblés dans le jardin de l’Elysée avec quelque 3 000 personnes.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Dans la ville de Kylian Mbappé, la victoire des Bleus a une saveur particulière. Au lendemain de la finale, les Bondynois sont encore sous le feu des projecteurs.
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Bondy fête Kylian Mbappé, « son » champion du monde

Dans la ville de Kylian Mbappé, la victoire des Bleus a une saveur particulière. Au lendemain de la finale, les Bondynois sont encore sous le feu des projecteurs.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 21h10
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 08h19
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                            Audrey Paillasse








                        



   


Aux fenêtres, quelques drapeaux français flottent encore en silence, et sur la devanture des bars de la ville, on peut voir les affiches collées la veille, annonçant la retransmission de la finale France-Croatie, qui mettent toujours en avant l’image du seul joueur qui fasse vraiment vibrer le cœur de la ville : Kylian Mbappé.

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Ce lundi 16 juillet au matin, Bondy est à nouveau dans la lumière, prise d’assaut par les journalistes grâce à sa star locale qui, après ses premiers dribbles à l’association sportive de la ville, fait l’unanimité à l’international. Comme partout ailleurs en France, la ville s’est réveillée péniblement d’une longue nuit d’euphorie, agitée de klaxons, de pétards, de chants et de danses de supporteurs. Les rues sont vides, calmes, mais sur les visages s’esquissent des sourires, et dans l’air le souvenir d’une soirée inoubliable.

        Lire le récit d’une nuit de liesse :
         

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Dans son café du centre-ville, Elif n’est pas étonnée d’être interviewée : elle connaît « l’effet Kylian ». Au lendemain d’un service exceptionnel de treize heures d’affilée, elle sert ses clients avec le même entrain que la veille, sans montrer le moindre signe de fatigue. « Depuis que je travaille ici, je n’ai jamais vu autant de monde, avoue cette quinquagénaire derrière son comptoir orné d’un drapeau tricolore. Ça sautait dans tous les sens, il y avait une très bonne ambiance, sans histoires, et c’est ce qu’on a tous apprécié. »

   


Cette atmosphère bouillonnante, Amar et Khalid, respectivement 49 et 47 ans, l’ont également constatée depuis le snack atypique qu’ils tiennent près de l’avenue Gallieni, à l’intérieur d’un ancien kiosque à journaux. Ils ont regardé le match sur leur téléphone portable. « C’était désert autour de nous, raconte Amar, mais dix minutes après la fin, c’était parti : des voitures, des motards, et même de la fumée… »
Dix-huit Bondynois reçus à l’Elysée
Eux avaient déjà connu l’ambiance festive de la victoire en 1998 ; pour les plus jeunes en revanche, l’exaltation est nouvelle, et avec elle les scènes de liesse, qui se résumaient jusqu’ici à des images d’archives vues à la télé.
« C’était fou, témoigne Anassar, 15 ans, qui n’en revient toujours pas. Les gens montaient sur les capots des voitures ! Je n’ai pas pu m’endormir avant 2 heures du matin tellement il y avait de bruit ! » Résultat : une petite mine, mais qui ne l’empêche pas de sortir avec son petit frère pour jouer au foot, comme beaucoup d’adolescents du quartier.
Il y en a d’autres, chanceux, pour qui la magie de la soirée se prolonge de façon inattendue. Devant l’entrée du stade Léo-Lagrange, qui a diffusé la finale sur grand écran, dix-huit jeunes de l’AS Bondy, âgés de 12 à 15 ans, attendent sagement le minibus qui doit les emmener sur les Champs-Elysées, pour assister au défilé de l’équipe de France, et surtout rencontrer les champions du monde.

   


Ils ont été choisis « au mérite » par le club de la ville, mais l’initiative vient de l’Elysée, qui a invité un millier de jeunes de partout en France pour une réception au palais, en présence des Bleus. « On est heureux », assurent Adam et Yazid, 12 ans, malgré la retenue sur leurs visages. Les deux garçons jouaient au foot chez eux, après le match, quand leurs parents leur ont annoncé la nouvelle. « Je suis stressé, avoue Yazid. Ça va être bizarre de les voir en vrai, de leur parler. » Même appréhension pour Adam, qui a pourtant préparé dans sa tête quelques questions à leur poser. « J’ai peur que ça ne sorte pas quand ils seront en face de moi », s’inquiète-t-il.

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« Ça va être fantastique »
Un peu plus loin, une mère de famille fait un dernier signe de la main à son garçon de 12 ans, heureux élu lui aussi de cette incroyable expédition. « Il n’a pas de téléphone portable, alors je lui en ai donné un exprès pour qu’il puisse faire des photos ! » raconte-t-elle.
Le président de l’AS Bondy, Athmane Airouche, est ravi : « Ça va être fantastique, ils vont revoir Kylian, ils vont voir le président… Leur sourire ce soir, ça n’aura pas de prix. » Cette opportunité unique pour les Bondynois ne devrait pas être la dernière puisque la mairie travaille déjà à la nouvelle étape : un retour de Kylian Mbappé, dans la ville qui l’a vu grandir.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Après le sacre, les Bleus ont célébré leur titre de champion du monde sur l’avenue parisienne, devant des centaines de milliers de personnes.
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