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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Sur l’ensemble du Mondial, « L’Equipe » a augmenté ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière.
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« L’Equipe », TF1 et la Française des jeux, autres vainqueurs de la Coupe du monde

Sur l’ensemble du Mondial, « L’Equipe » a augmenté ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h47
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Les exploits sportifs des Bleus font généralement les affaires du quotidien L’Equipe. L’édition 2018 de la Coupe du monde, remportée dimanche 15 juillet par l’équipe de France, ne déroge pas à la règle. Au cours de la journée, le quotidien créé en 1946 a dû procéder à une réimpression de son édition du 16 juillet titrée : « Un bonheur éternel ! » Au total, le tirage de ce numéro est estimé par la direction du journal à 1,6 millions d’exemplaires. Sur l’ensemble de la Coupe du monde, le quotidien a réussi à augmenter ses ventes de 20 % par rapport à la même période de l’année dernière. Il peut également compter sur des audiences tout aussi exceptionnelles sur Internet puisque son site Web a recruté près de 20 000 nouveaux abonnés depuis le début du mois de juin. Le site enregistre également plus de 2 milliards de pages et 50 millions de vidéos vues. La chaîne de télévision L’Equipe revendique 1,5 % de part d’audience sur l’ensemble de la Coupe du monde, 0,4 point de plus que pendant l’Euro 2016.
A deux autres occasions, le quotidien sportif s’est écoulé à plus d’un million ; chaque fois cela a été après une victoire des Bleus lors de compétitions de premier plan, la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. Le lendemain de la victoire de 1998, le quotidien sportif avait également dépassé le million et demi d’exemplaires vendus. Dans le top 10 des numéros les plus diffusés, 9 numéros suivaient une victoire de l’équipe de France. Le dixième a été consacré au sacre européen de l’Olympique de Marseille, seule équipe française à avoir remporté la Ligue des champions, en 1993.
363 millions d’euros de mises
Malgré l’enjeu et le résultat, le record d’audience à la télévision, lui, n’a pas été battu. Dimanche soir, 19,3 millions de spectateurs ont suivi la finale de la Coupe du monde sur TF1, remportée par la France face à la Croatie. Néanmoins, Yassine Berhoun, directeur sport chez Eurodata TV Worldwide (un département de Médiamétrie), souligne : « Les premiers chiffres montrent à nouveau qu’à l’ère de la délinéarisation des contenus TV et de l’avènement des écrans mobiles, seuls les grands événements sportifs sont capables de rassembler de si larges audiences ».
Les audiences de dimanche soir représentent environ 3 millions de spectateurs de moins que le précédent record, enregistré lors de la finale de l’Euro 2016, qui a vu le Portugal s’imposer face à la France. Mardi 10 juillet, la qualification de l’équipe de France pour la finale, au terme du face-à-face avec la Belgique, avait été suivie par 19,1 millions de personnes. Sur BeIN Sports, plus de 1 200 000 personnes ont été recensées pendant la finale, sachant que ces chiffres ne prennent pas en compte les bars, les restaurants et les hôtels, ni les personnes qui suivent la rencontre sur mobile, ordinateur ou tablette. Dans le cadre de cette Coupe du monde, la chaîne qatarie a franchi le cap des 4 millions de foyers abonnés. Ils étaient 3,5 millions avant le début du mondial.

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Du côté des paris sportifs, la coupe s’annonce bien remplie. L’Arjel – l’Autorité de régulation des jeux n’a pas encore communiqué les chiffres définitifs – avait indiqué le 2 juillet que les 48 matches de phase de groupes FIFA, avaient généré un total de 363 millions d’euros de mises dont 159 millions d’euros engagés auprès de la Française des jeux et 204 millions d’euros sur les sites des 12 opérateurs actifs en paris sportifs agréés (Winamax, Unibet, etc.). Lors de la Coupe du monde 2014, les joueurs français avaient engagé 290 millions d’euros sur l’ensemble de la compétition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Lundi, CNN a diffusé sur Facebook la première de Full Circle, une émission d’actualité quotidienne financée par le réseau social.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Du 13 au 15 juillet, des ateliers d’initiation au journalisme sous toutes ses formes ont été proposés aux enfants et aux adolescents, âgés de 5 à 18 ans.
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Les reporters en herbe du Festival de Couthures

Du 13 au 15 juillet, des ateliers d’initiation au journalisme sous toutes ses formes ont été proposés aux enfants et aux adolescents, âgés de 5 à 18 ans.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 11h50
    |

            Léa Iribarnegaray et 
Adrien Naselli








                        


« Pujadas, il écrit dans les journaux ? – Ben non ! Il est présentateur télé ! » Au fond de l’école de Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), on assiste à un échange entre Hector et Ettore, respectivement 15 et 12 ans. Ils participent à l’atelier Snapchat proposé dans le « off » du festival. Les ados préparent, tout excités, leur interview de la star du JT. « On peut lui demander s’il est de droite ou de gauche. Si on pose jamais la question, comment on peut savoir ! Et si ça se trouve, on aura un scoop ! », renchérit Barnabé, 14 ans. Encadrés par des bénévoles, on les sent comme des poissons dans l’eau avec leurs smartphones branchés sur Snapchat – leur réseau social préféré, qu’ils utilisent tous quotidiennement.

   


Si les conférences du Festival international de journalisme restent peu accessibles aux moins de 18 ans, ici, les rôles s’inversent. Ce sont les jeunes qui donnent des billes à leurs aînés. Gifs animés, mises en scène hypercréatives, ils customisent leurs « stories » à toute vitesse et bluffent les adultes. « Avec Snapchat, on entre dans un échange de savoirs très ouvert. Tout le monde assume une posture d’humilité », analyse la journaliste de l’AFP Sandra Laffont, cofondatrice de l’association Entre les lignes, qui sensibilise à l’éducation aux médias depuis 2010.

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Emprunter aux jeunes leur langage et leurs canaux de communication permet de les atteindre plus facilement, quand l’édition papier d’un journal ressemble à un dinosaure bien lointain. Même si, à Couthures, les formats plus traditionnels continuent de faire de la résistance : tous les jours, Le P’tit Monde est fabriqué par des journalistes en herbe, âgés de 5 à 12 ans, en six pages bien remplies. Pour deux « boutons », la monnaie locale du festival, ils vendent eux-mêmes leur journal du soir à la criée.

   


Premier direct
Dans l’ancienne corderie, six jeunes préparent leur premier direct avec Radio Parleur. La présentatrice du jour, Héloïse, dont le père est journaliste à Sud-Ouest, a 17 ans. « On essaie de mettre les filles en avant, car elles osent moins s’emparer du micro », explique Violette, cofondatrice de cette radio engagée. Il y a aussi des enfants couthurains autour du studio d’enregistrement : Enzo, 11 ans, est pétrifié quand vient le moment de s’essayer à l’interview : « En quoi consiste le journalisme, Violette ? », ose-t-il pour sa première question. Vaste sujet. Le temps d’un week-end, il ne s’agit pas de faire de ces enfants et adolescents des minijournalistes, ni même de promouvoir à tout prix la profession. On leur donne des armes pour résister au flux continu de l’information, pour démêler le vrai du faux et, éventuellement, on leur donne le goût de l’actualité. Toutes générations confondues, c’est aussi ça, Couthures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Tout au long du week-end du 14 juillet, ce village du Lot-et-Garonne a accueilli la 3e édition du Festival internationnal de journalisme organisé par le groupe Le Monde.
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A Couthures, un festival de journalisme sans tabou

Tout au long du week-end du 14 juillet, ce village du Lot-et-Garonne a accueilli la 3e édition du Festival internationnal de journalisme organisé par le groupe Le Monde.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 13h01
    |

            Léa Iribarnegaray et 
Adrien Naselli








                        


« Vous savez, mon grand-père était forgeron, raconte Jean-Michel Moreau, 65 ans. Si je ne me bats pas contre quelque chose de résistant, je m’ennuie. » Maire de Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne) depuis 2008, ce pétillant retraité aime les défis. Celui-ci est de taille : installer le Festival international de journalisme, organisé par le Groupe Le Monde, dans les rues de son village de 390 habitants, et faire en sorte que les échanges soient aussi fluides que le débit du fleuve. « Ce qui m’inquiète, c’est bien sûr le vieillissement de la population, mais aussi que l’on dérive vers une trop grande quiétude. Si on ne veut pas disparaître, on doit faire venir de la vie, ici. »

   


La vie, pendant ce long week-end (13-14-15 juillet), grouille de l’église à l’école, de l’ancienne corderie à la place de la Cale, avec quelque 4 500 festivaliers pendant les trois jours. Sous un soleil de plomb, panama vissé sur la tête, on s’assoit dans la paille ou sur des chaises en plastique, on picore un bout d’atelier ou on savoure l’intégralité d’une conférence. Mais les locaux se mélangent-ils aux journalistes, majoritairement parisiens ? Fait-on réellement tomber les barrières entre ville et campagne ? Entre médias et citoyens ? A l’ouverture du festival, le journaliste du Monde Gilles van Kote annonce la couleur : « On veut qu’il y ait du débat. Nous sommes prêts à toutes les remises en question, sans tabou. »
Echanges mordants
De fait, les échanges se font parfois mordants dans cet immense forum à ciel ouvert. Le journaliste David Pujadas en a fait l’expérience vendredi 13, dans la chaleur étouffante de l’espace « Jardin », sous l’œil des poules du voisin. Un quinquagénaire, qui dit n’avoir pas voté depuis 2005, s’interpose : « Aidez-moi à me dire que votre journal télévisé n’est pas subjectif ! – L’objectivité n’existe pas, rétorque David Pujadas. Est-ce que cela signifie pour autant qu’il y a un parti pris ? »
Couthures, c’est avant tout un laboratoire vivant. Pour pousser le public à participer, un « Cercle samoan » trône dans le chœur de l’église. A l’inverse des chaises musicales, un siège est toujours disponible pour qui veut prendre la parole. Résultat, les quinze lève-tôt du vendredi ont presque tous donné leur avis sur les dérives et les bienfaits du numérique. « Avec les algorithmes, chacun s’enferme dans sa bulle », s’attriste un participant.

   


A l’extérieur, les séances de « speed dating » n’ont rien d’algorithmique : une simple inscription sur le mur du village suffit pour s’offrir un tête-à-tête de quinze minutes avec Jean-Michel Aphatie, ex-France info, ou Elisabeth Lévy, de Causeur. Autre expérience d’échange direct : au matin du dimanche 15, les festivaliers font des dégustations dès 10 heures, à l’atelier « Les mots du vin : un lexique pour les initiés ». « On n’est pas là pour dispenser un savoir, on veut que ce soit très interactif ! », lance la journaliste Ophélie Neiman, la « Miss GlouGlou » du Monde. Alors, ce vin est-il « tutti-frutti » ? « Adorable » ? « Potelé avec quelques bourrelets » ? Chacun défend son avis, et c’est tant mieux : « On est tous les incultes de quelqu’un », rassure Arnaud Daphy, consultant dans la filière viticole.
Questions loufoques
A toute heure, on lève le coude. « Rien n’est pire qu’un Belge qui a bu et qui va devoir faire des phrases ! », prévient l’acteur Benoît Poelvoorde, parrain de cette édition. Après avoir plongé dans la Garonne face à un paparazzi local, il discute médias sur scène avec Sonia Devillers, journaliste à France Inter. L’ambiance est à la fois sérieuse et potache. Au détour d’une rue, on croise la chroniqueuse Raquel Garrido et le député Alexis Corbière posant devant une affiche portant l’inscription : « Doit-on coucher avec un élu ? » Le graphiste bordelais Jérémie Bonne habille le village en direct avec ses questions loufoques : « Super Picsou géant est-il un journal de propagande du Medef ? » Ou encore : « Interviewer, est-ce tromper ? »

   


Pour le dîner, on s’installe tous à la même table, façon banquet géant : tomates et magrets du coin réconcilient les uns et les autres. Et, dès 23 heures, des « Rencontres au clair de lune » jouent sur l’intimité de la nuit. La journaliste et écrivaine Adeline Fleury commence par lire un texte érotique qui pourrait heurter les oreilles les plus chastes. Le cadre est exquis, sous les étoiles, face à la Garonne. Puis Pierre Haski, journaliste à L’Obs, fait son entrée : « Il ne s’agit pas d’une conférence de plus ni d’un cours magistral. On ne veut pas d’inhibition ni de frein au dialogue. » Mais les vieux réflexes reprennent le dessus, et les questions demeurent bien timides : le psychiatre Serge Tisseron s’accroche à son micro pour parler des robots.

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                Les reporters en herbe du Festival de Couthures



Des débats sur l’intelligence artificielle ? « Trop élitiste », selon Patrick, le gérant du P’tit Troquet, l’unique bistrot du village. Un verre à la main, il ironise sur ses nouveaux clients « parisiens » : « Les gens d’ici travaillent douze heures par jour dans les champs : quand ils sortent du boulot, ils ont autre chose à faire que de s’interroger sur nos sentiments pour les robots ! » Pourtant, depuis plusieurs semaines, plus de 120 bénévoles du village et des environs s’investissent corps et âme. Sans eux, pas de festival. Dimanche soir, pendant la première mi-temps de la finale de la Coupe du monde, l’orage se déchaîne. La préfecture débranche l’écran géant. Alors, on s’organise, on trouve des câbles, on termine le match chez l’habitant. Avec les Bleus, finalement, on est tous ensemble.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ L’ex-animateur de France Télévisions présentera à la rentrée une émission d’actualité culturelle et de débats de société, du lundi au jeudi, sur la version francophone de la télévision publique russe RT.
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Frédéric Taddeï recruté par la chaîne russe RT France

L’ex-animateur de France Télévisions présentera à la rentrée une émission d’actualité culturelle et de débats de société, du lundi au jeudi, sur la version francophone de la télévision publique russe RT.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 06h36
   





                        



   


L’ex-animateur de France Télévisions est la première personnalité connue du paysage audiovisuel français à rejoindre la grille de RT France, lancée en décembre 2017. Frédéric Taddeï animera une émission d’actualité culturelle et de débats de société à la rentrée, du lundi au jeudi, a annoncé la chaîne russe, lundi 16 juillet dans un communiqué.

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                « Depuis le Nouvel An, j’ai regardé RT France chaque jour, et je me suis ennuyée »



Animateur de radio et de télévision, intellectuel érudit et amateur d’art, Frédéric Taddeï s’est dit « ravi » de rejoindre la chaîne. Il prendra la tête d’une émission dont le nom n’a pas été dévoilé, d’une durée d’une heure et qui sera diffusée du lundi au jeudi. Frédéric Taddeï s’est réjoui d’avoir « carte blanche pour faire ce [qu’il] faisait dans “Ce soir ou jamais” », émission diffusée durant une dizaine d’années sur France 3 puis France 2, fustigeant selon le communiqué « un paysage télévisuel sinistré, où les intellectuels, les chercheurs, les savants, les contestataires n’ont plus la parole et où les vrais débats ont totalement disparu ».
« Des émissions intelligentes, sans parti pris »
Il entend proposer « des émissions intelligentes, sans parti pris, dans lesquelles on pourra discuter de tout, entre gens qui savent de quoi ils parlent, qu’on ne voit pas ailleurs, et qui ne sont pas d’accord entre eux », poursuit-il dans le communiqué.
Présentateur de « D’art d’art », pastille culturelle dominicale sur France 2 depuis sa création, en 2002, Frédéric Taddeï sera remplacé par Adèle Van Reeth, animatrice des matins de philo sur France Culture, à la rentrée.

        Lire la tribune d’un collectif de spécialistes de la Russie :
         

          « Monsieur Schrameck, suspendez l’attribution de la licence de diffusion à Russia Today »



RT France, version francophone de la télévision publique russe RT (ex-Russia Today) a fait parler d’elle récemment à cause d’une remontrance du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Le gendarme de l’audiovisuel lui a adressé une mise en demeure pour manquement « à l’honnêteté, à la rigueur de l’information et à la diversité des points de vue » dans son traitement du conflit en Syrie. Des reproches rejetés catégoriquement par la chaîne, qui a déposé un recours pour faire annuler cette sanction.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ La journaliste Astrid de Villaines avait déposé une plainte contre le présentateur de « Questions d’info », en novembre 2017, pour agression sexuelle.
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Le journaliste de LCP Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle, a eu un rappel à la loi

La journaliste Astrid de Villaines avait déposé une plainte contre le présentateur de « Questions d’info », en novembre 2017, pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h42
   





                        


Frédéric Haziza, présentateur vedette de La Chaîne parlementaire (LCP), qui faisait l’objet d’une enquête à la suite d’accusations d’agression sexuelle portées par l’ex-journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines dans une plainte, a fait l’objet d’un rappel à la loi, le 11 juillet.
« Le parquet de Paris lui a remis une convocation devant le délégué du procureur qui lui a notifié un rappel à la loi », a précisé une source judiciaire à l’AFP, confirmant l’annonce faite par le journaliste dans la matinée sur le site La Règle du jeu.

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« Je n’ai jamais été un agresseur sexuel », s’est défendu Frédéric Haziza dans une tribune sur ce site, évoquant un « pincement aux mollets blagueur » alors que la journaliste décrit un pincement à la fesse.
« Il m’a juste été rappelé, le 11 juillet, qu’il valait mieux éviter désormais les blagues vaseuses », a-t-il commenté au sujet de ce rappel à la loi, une mesure alternative aux poursuites pénales, qui vient clore l’enquête menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.
« Un geste lourd mais jamais à connotation sexuelle »
Cette mesure a été décidée en présence « de versions contradictoires », selon son avocate Jacqueline Laffont, qui souligne que le délégué du procureur avait employé les termes de « rappel à la loi – classement sans suite ». Selon elle, son client a reconnu « qu’il avait eu un geste lourd mais jamais à connotation sexuelle ».
Le parquet de Paris avait ouvert cette enquête préliminaire après la plainte déposée le 19 novembre dernier par une ancienne collègue de la chaîne, la journaliste Astrid de Villaines, l’accusant de faits s’étant déroulés en novembre 2014.
Dans sa plainte, révélée par le site Buzzfeed, elle relatait que Frédéric Haziza lui avait pincé la fesse après lui avoir bloqué le passage dans les bureaux de la chaîne, un geste qui avait valu à l’époque un avertissement au présentateur, selon LCP. La journaliste affirmait s’être décidée à parler à la faveur du contexte de la libération de la parole des femmes, consécutive au mouvement #metoo et à l’affaire Weinstein.
L’affaire avait suscité des remous au sein de la chaîne, qui avait suspendu dans la foulée son présentateur vedette avant de le réintégrer au début de janvier.
Ce retour avait suscité la colère d’une partie de la rédaction, qui avait voté une motion de défiance à l’encontre des dirigeants de la chaîne, et motivé en partie la décision en février de son accusatrice de démissionner.

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La direction avait justifié cette réintégration par le fait qu’une enquête interne avait conclu que, depuis la sanction reçue en 2014, Frédéric Haziza n’avait pas eu de comportements inappropriés.
« J’ai toujours contesté cette histoire. Je suis un blagueur, mais ce n’est pas parce qu’on est un plaisantin qu’on est un agresseur sexuel », a déclaré à l’AFP Frédéric Haziza. Il ajoute que depuis la plainte il « ne plaisante plus » : « J’ai complètement changé de comportement, je serre à peine la main. »
Sur LCP, Frédéric Haziza anime l’émission « Question d’Info » – en partenariat avec l’AFP et Le Point. Il s’entretient également chaque dimanche avec une personnalité politique sur Radio J.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ A Couthures-sur-Garonne, le festival international de journalisme bat son plein le week-end du 13 au 15 juillet 2018.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».
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Coupe du monde : la FIFA demande l’arrêt des gros plans « privilégiant un sexe plutôt que l’autre »

Dans un communiqué, l’instance rappelle aux diffuseurs d’éviter les plans « exagérés » sur les spectatrices et spectateurs pour éviter toute « connotation sexuelle ».



Le Monde
 |    14.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 13h43
   





                        



   


C’est quasiment un passage obligé pour qui regarde un match du Mondial. Au détour d’une action, le caméraman montre en gros plan la réaction de supporteurs en tribunes, qui s’avèrent souvent être des supportrices – plutôt jeunes et jolies. Une pratique à laquelle la FIFA entend mettre un terme.
Vendredi 13 juillet, la Fédération internationale de football a fait savoir qu’elle avait demandé aux réalisateurs de télévision d’éviter ces gros plans, les diffuseurs ayant tendance à privilégier de jeunes femmes parmi les supporters :
« Nous préférons que la couverture évite les gros plans exagérés et prolongés qui pourraient conduire à des suggestions à connotation sexuelle ou privilégiant un sexe plutôt que l’autre. »
Dans son communiqué, la FIFA précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté, puisque « cela fait partie des recommandations standards, émises plusieurs mois avant le tournoi ».
Les femmes journalistes victimes d’agressions
Le sujet a relancé le débat sur la misogynie du milieu footballistique. Depuis le début de la compétition en Russie, plusieurs femmes journalistes ont ainsi fait face à des agressions, parfois en direct à la télévision. La journaliste Julia Guimaraes, lors d’une intervention sur la chaîne brésilienne TV Globo le 24 juin, a notamment dû repousser un homme tentant de l’embrasser.
Trois jours plus tôt, un supporteur russe s’était publiquement excusé pour avoir embrassé par surprise, sur la joue, la journaliste colombienne Julieth Gonzalez Theran à Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Le journaliste intervenait deux fois par semaine dans « On est pas forcément d’accord », animé par Yves Calvi.
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La chronique d’Eric Zemmour supprimée des programmes de RTL

Le journaliste intervenait deux fois par semaine dans « On est pas forcément d’accord », animé par Yves Calvi.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
14.07.2018 à 10h18
   





                        



   


La chronique « On n’est pas forcément d’accord » de la matinale de RTL, tenue deux fois par semaine par le journaliste Eric Zemmour, ne sera pas renouvelée la saison prochaine, selon des informations publiées, vendredi 13 juillet, par le magazine Challenges.
Le journaliste, qui officie depuis 2010 sur la radio du groupe M6, pourrait continuer à intervenir à l’antenne lors du débat du vendredi face à Alain Duhamel. Il pourrait aussi animer une tranche horaire du week-end, toujours selon le magazine.
La radio avait reçu, à deux reprises, des mises en garde du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour des propos tenus par le journaliste, connu pour ses positions polémiques sur l’islam et l’immigration. Contesté au sein de la rédaction, qui a demandé son départ à plusieurs reprises, Eric Zemmour a continuellement été soutenu par la direction de M6 et de RTL.

        Lire aussi :
         

                Eric Zemmour condamné en appel pour des propos islamophobes



Le 3 mai 2018, le journaliste a été condamné par la cour d’appel de Paris pour provocation à la haine religieuse en raison de propos islamophobes qu’il avait tenus en 2016 dans l’émission de télévision « C à vous », sur France 5. Eric Zemmour avait déjà été condamné en 2011 pour provocation à la haine pour avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.
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Festival international de journalisme : « Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars »

Le Festival international de journalisme a ouvert ses portes à Couthures-sur-Garonne, vendredi, pour sa troisième édition. Paroles de festivaliers.



Le Monde
 |    13.07.2018 à 17h45
    |

            Léa Iribarnegaray et 
Adrien Naselli








                        



   


Intérêt pour l’actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons de se rendre au Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne). Dans ce village de 380 habitants, un bon millier de personnes investissent les lieux en ce week-end du 14 juillet. Témoignages de festivaliers.

   


Milène, 67 ans, administratrice dans une exploitation agricole
« Je viens de Gaujac, tout près de Couthures-sur-Garonne, un village de 260 habitants. Je viens chaque année, pour le plaisir d’entendre un tas de choses auxquelles on n’a pas accès d’habitude. On est isolés, ici, à la campagne. On ne vient pas vers nous. J’ai le sentiment qu’on compte peu, parce que les moyens ne sont pas là. Je ne lis pas beaucoup la presse, je regarde parfois BFM-TV ou les JT. Les informations semblent toujours tronquées : ce sont des flashs, des instantanés, qui méritent d’être approfondis. Je viens ici pour décortiquer des sujets, pas pour y croiser des stars. Je ne suis pas en admiration devant telle ou telle personne, tout le monde mérite de s’exprimer. Si on n’est pas vigilants, vous nous orientez, vous, les journalistes ! »
Inès et Victor, 20 ans, étudiants en journalisme et en sciences politiques
« Nous sommes venus de Toulouse en voiture. Je viens de terminer trois années d’études de journalisme là-bas, et un stage dans une boîte de production à Paris [Inès voudrait être journaliste d’investigation]. On lit les médias sur nos smartphones : Courrier International, Le Monde, des “pure players” comme Konbini. Rarement du papier. On trouve ça génial d’aborder des problématiques délicates sur nos métiers, comme la connivence entre politiques et journalistes, car on a mauvaise presse ! Cela permet de faire le lien entre les personnes qui reçoivent l’information et nous qui la rédigeons. »

   


Victoria, 8 ans, en classe de CE2
« Je suis née en Inde, mais j’habite à Bordeaux. Je suis venue avec mon centre d’animation. On fait un atelier photo, pour mettre les illustrations dans l’édition de ce soir. Ça s’appelle La P’tite Rédac. Moi je n’ai jamais lu un journal, je regarde les infos sur France 2 avec mes parents. »
Didier, 66 ans, retraité de la banque
« Je viens de Marmande, la commune voisine. Mon épouse me rejoint cet après-midi. On vient souvent pique-niquer sur les bords de Garonne l’été, ce village est très authentique. C’est la première année que je viens au Festival, grâce à des amis qui m’en ont dit beaucoup de bien. Ancien directeur d’un réseau bancaire, je ne me suis jamais senti proche du monde des médias. Pourtant, je suis abonné au Figaro et à Sud-Ouest. L’image qu’on a de la presse, c’est une image parisienne, très centralisée. Comme l’est un peu la France. Je trouve super qu’un festival vienne déplacer le centre, se mélanger à du terroir. Quand on va déjeuner, tout le monde est là, il n’y a pas la caste des invités et puis le bas peuple. Or, c’est souvent le cas dans les festivals ! J’ai hâte de pouvoir discuter avec Jean-Michel Apathie, mais surtout de me rendre à l’une des conférences sur le vin. Car les modifications climatiques peuvent mettre en péril les cépages actuels de Merlot ! »

   


Carole, 65 ans, éducatrice spécialisée
« C’est la deuxième fois que je viens. Cette fois, j’ai embarqué avec moi deux amies et mon mari. Nous venons de Tonneins, un petit village à une trentaine de kilomètres. Je suis très intéressée par tous les sujets traités, mais j’ai un grave défaut : je ne lis pas ! Ni journaux ni livres. Mon mari est abonné à Sud-Ouest mais je me contente de le voir passer. Ici, je peux m’informer sans avoir besoin de me plonger dans le journal ou, pire, sur les articles en ligne. J’écoute beaucoup la radio, en revanche. J’ai toujours été syndicaliste dans mon métier, les luttes sociales m’intéressent, l’histoire des femmes, de l’exil… et même le vin ! Mais je n’irai pas voir les sujets qui concernent la politique, car je sature un peu. “Infobésité”, c’est vraiment le mot ! D’ailleurs si je croise des célébrités, je ne les reconnaîtrais pas. »
Lucien, 27 ans, et Elaine, 29 ans, consultants en agence de communication à Paris
« On est des curieux. On avait envie d’un Festival sympathique, dans un cadre hyper agréable, avec un soupçon d’entre-soi entre journalistes parisiens, politiques et communicants. On passe la journée ici parce que c’est sur la route de nos vacances. Dans nos métiers, on lit la presse tous les jours, on est abonnés à tous les journaux. La profession de journaliste est en danger, elle a du mal à garder une qualité de contenus parce qu’elle fait face à la pression de l’audience. Et quid des relations entre les rédactions et les marques ? Il y aurait presque un festival à organiser sur l’avenir du journalisme ! »

   


Michelle, 62 ans, attachée culturelle au château de Duras
« J’habite à Marmande, je suis venue avec ma fille de 22 ans. Dans le Lot-et-Garonne, on doit se bouger et proposer des événements intéressants : les gens ne viendront pas ici pour la beauté des paysages ! A part nos tomates, les Parisiens ne connaissent pas la région. Petit à petit, les locaux se rendent compte qu’ils font aussi partie du monde. Il existe un vrai complexe des “culs-terreux” face aux “cultureux”. Ce Festival pourrait permettre de gommer ces frontières. Moi, j’ai pris du recul par rapport aux médias : au moment des attentats, j’ai trouvé insupportable cette forme de jouissance et de jubilation dans la voix de certains journalistes. Depuis, je n’écoute plus que France Culture. C’était un mal pour un bien ! »
Véro, 46 ans, militante associative
« J’ai entendu parler du Festival sur France Inter, ma radio fétiche. Je n’avais pas du tout réalisé que c’était le Couthures juste à côté de chez moi, ça me semblait improbable ! J’habite à une quinzaine de kilomètres d’ici, je suis venue toute seule. L’idée de départ me semble intéressante : la rencontre entre les journalistes et ceux qui la réceptionnent. Je n’aime pas l’expression “consommation” des médias, mais, en tout cas, je ne les subis pas : je n’ai plus de télé depuis vingt ans, et pour la presse écrite je lis Le Monde et Libération, en ligne. Je suis abonnée au Canard enchaîné, c’est mon seul média papier. J’ai bossé pendant huit ans dans le secteur social avec des personnes migrantes qui se prostituent. Auparavant, j’étais une militante très active dans le milieu LGBT à Bordeaux. Ça vient sans doute de là, mon intérêt pour le monde. »
Pour plus d’informations : Festival international de journalisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/07/2018
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Serge Tisseron : « Les  robots vont modifier la psychologie humaine »

Satisfaction des désirs, solitude, mémoire, relation à l’espace… Pour le psychiatre Serge Tisseron, les machines dotées d’une intelligence artificielle vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 10h46
    |

            Catherine Vincent








                        



   


Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et, depuis 2015, membre de l’Académie des technologies. Il a cofondé, en 2013, l’Institut pour l’étude des relations homme/robots (IERHR), dont il est toujours un membre actif.
Comment l’omniprésence de machines dotées d’une intelligence artificielle (IA) dans notre quotidien va-t-elle modifier le psychisme humain ?
Les robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine ont modifié nos corps. Notre taille et notre corpulence ont changé, notre résistance aux maladies et à la douleur aussi, mais nous ne nous en rendons pas compte car ces changements nous sont devenus naturels. Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.
Quatre domaines, au moins, seront profondément modifiés. D’abord, notre capacité à différer la satisfaction de nos désirs. Le téléphone, puis le mail, ont déjà commencé à altérer notre capacité de résistance à l’attente relationnelle : avec la livraison quasi instantanée par drone, nous allons aussi devenir intolérants à l’attente des objets. Le degré suivant sera probablement l’intolérance à nos attentes de reconnaissance, car nos robots de proximité pourront nous gratifier de quantité de félicitations et gentillesses. Dès lors, serons-nous capables de supporter que la société humaine qui nous entoure soit moins aimable avec nous ? Aurons-nous seulement envie de continuer à la fréquenter ?
Le deuxième changement concerne le rapport à la solitude et au discours intérieur. Avec nos « chatbots »[« agents conversationnels »], nous allons développer une tendance à nous raconter en permanence. Contrairement à la plupart des humains, ces machines nous ­feront constamment rebondir par des questions, des plaisanteries et des gentillesses. Pour une raison simple : la capture de nos données personnelles…
Mais, du coup, la ­notion de solitude changera : la compagnie ne se définira plus seulement par la présence d’un humain, mais aussi d’une machine. Que deviendra la possibilité de se tenir à soi-même un discours intérieur, sans interlocuteur, lorsque nous serons habitués à en avoir un à demeure, prêt à nous écouter aussi longtemps que nous le voudrons ?
Les deux autres domaines dans lesquels l’IA va modifier notre psychisme sont notre ­mémoire et notre relation à l’espace. Demain, notre smartphone ne sera pas seulement en mesure de stocker quantité de nos données personnelles, il pourra les classer à notre place, participant ainsi en permanence à la construction de notre biographie.
Quant aux outils de géolocalisation, ils nous permettront bientôt de nous déplacer dans l’espace sans en avoir la moindre compréhension. Si la téléportation, aujourd’hui banale dans les jeux vidéo, existe un jour dans le monde réel, elle sera perçue comme totalement naturelle, car nous avons déjà perdu la représentation des espaces intermédiaires entre le point dont nous partons et le point où nous arrivons !
Les robots vont-ils obliger l’homme à redéfinir l’idée qu’il se fait de lui-même ?
Dans toutes les technologies inventées jusqu’alors, les objets étaient à mon service : je les mettais en route quand j’en avais besoin, comme un chef d’orchestre. Ce qui sera nouveau avec les objets dotés d’IA, c’est qu’ils pourront m’interpeller et me proposer leurs services comme des partenaires à part ­entière. Lorsque je rentrerai dans ma voiture autonome – Ford prévoit sa commercialisation pour 2021 –, je serai accueilli par une voix couplée à une petite caméra, qui me dira par exemple : « A voir ton visage ce matin, j’ai ­l’impression que tu as mal dormi ! »
Si j’ai oublié mon parapluie avant de sortir, ce ne sera pas ma femme ou mes enfants qui me le feront remarquer, mais mon assistant personnel qui me morigénera : « Rappelle-toi, je t’ai dit ce matin qu’il allait pleuvoir ! » Nous ­serons de plus en plus confrontés au fait que les machines ont des compétences que nous n’avons pas, c’est-à-dire à notre incomplétude humaine. Avec le risque d’une certaine honte face à nos insuffisances… Et celui d’une ­confiance de plus en plus aveugle dans leurs capacités. Nous serons ainsi graduellement enfermés dans une dépendance affective croissante vis-à-vis d’elles.
Comment la psychologie peut-elle étudier ces nouveaux phénomènes ?
Il va lui falloir intégrer notre relation aux ­objets comme un élément d’appréciation de la qualité de notre relation au monde – autrement dit de notre santé mentale. On estime aujourd’hui que celle-ci est bonne lorsqu’on a un bon réseau social, une sexualité satisfaisante, un travail à peu près stable…
Il faudra y ajouter la reconnaissance d’une dépendance affective saine aux objets. Elle pourrait en ­effet devenir pathologique, comme c’est le cas pour ceux qui souffrent de manque quand ils sont privés de jeux vidéo, de réseaux sociaux ou d’alcool. Un autre risque étant de glisser du bonheur de l’anthropomorphisme (je projette mes émotions et mes pensées sur un objet ou un animal, mais je sais qu’il s’agit d’une projection) aux illusions de l’animisme (je prête à l’objet en question des capacités cognitives et émotionnelles identiques aux miennes).
Pourquoi les machines intelligentes vont-elles augmenter ce risque d’animisme ?
Parce qu’elles pourront prendre l’initiative de la relation, et aussi parce que leurs fabricants alimenteront l’illusion qu’elles ont des émotions. Cela aggravera le phénomène constaté, il y a plus d’un demi-siècle, par l’informaticien Joseph Weizenbaum. Il avait écrit un programme baptisé Eliza, un précurseur des chatbots destiné à simuler un psychothérapeute dont la méthode consiste à reformuler les propos du patient en se concentrant sur ses réactions émotionnelles. Weizenbaum s’aperçut que certains des étudiants qui l’aidaient dans cette tâche avaient tendance à penser que la machine les comprenait vraiment ! Il eut alors cette phrase, qui devrait être inscrite au fronton de tous les laboratoires de recherche en IA : « Je n’aurais jamais cru qu’un programme aussi simple puisse provoquer chez des gens normaux de tels délires. »
C’est ce qu’on appelle un phénomène de dissonance cognitive : on a beau savoir que ce sont des machines, on ne peut pas s’empêcher de développer avec elles la même relation qu’avec des humains, et croire qu’elles ont des émotions. Plus récemment, l’état-major américain a découvert que certains soldats envoyés en Irak et en Afghanistan s’attachaient de manière déraisonnable à leur robot démineur : les dommages que ­subissait celui-ci les affectaient gravement, et ils voulaient absolument qu’on le leur répare plutôt que de recevoir un robot tout neuf sorti de l’usine. Pendant le combat, certains pouvaient même mettre leur vie en danger pour lui éviter des dommages.
Vous écrivez dans votre dernier ouvrage : « Si j’étais plus jeune, je créerais un ­laboratoire d’étude de la psychologie des IA. » Inventer une psychologie des machines, est-ce vraiment nécessaire ?
J’ai été conforté dans cette évidence par ce qui s’est passé avec Tay, une IA censée jouer le rôle d’une adolescente capable d’interagir sur les réseaux sociaux. Mise au point par Microsoft et « lâchée » sur Twitter en mars 2016, elle avait été programmée pour apprendre par imitation et renforcement. Résultat : après une journée et plus de 96 000 Tweet, des internautes mal intentionnés lui avaient fait tenir des propos misogynes, racistes et antisémites, contraignant Microsoft à suspendre en urgence son compte Twitter. Ce qu’il faut retenir de cette expérience désastreuse, c’est que les machines douées d’apprentissage évolueront différemment au contact de leurs utilisateurs.
S’agit-il à proprement parler de psychologie ? D’une certaine façon, oui. Si l’on s’en tient à ce qui est observable, des machines élevées dans des environnements différents se distingueront les unes des autres par leurs comportements, par leurs propos, voire par les émotions qu’elles simuleront. Il nous faudra donc étudier la manière dont ces IA se transformeront au fil des inter­actions avec les humains. Et aussi au fil de leurs propres interactions !
Car on l’oublie trop souvent, les communautés de robots vont prendre une importance croissante : ils pourront par exemple se connecter la nuit à un serveur central, une sorte d’école du soir qui corrigera leurs ­apprentissages les plus antisociaux. Cette ­interconnexion est le grand défi que nous poseront les objets dotés d’une IA. Les ­informaticiens nous présentent leurs créatures comme des objets « autonomes », mais leur puissance d’apprentissage et de stockage des données sera basée sur leur interconnexion permanente.
Les robots, dites-vous, vont changer notre rapport à la culpabilité. De quelle manière ?
D’une part en nous culpabilisant, de l’autre en nous déculpabilisant. Les machines vont pouvoir nous culpabiliser car nous allons leur donner le droit de nous punir. Reprenons l’exemple de la voiture autonome, dans laquelle le conducteur est censé rester ­disponible en cas de nécessité. Pour s’en assurer, le véhicule vous envoie régulièrement un ­signal, auquel vous devez répondre en mettant la main sur le volant. Si vous ne répondez pas au signal – parce que vous dormez, ou êtes plongé dans un film sur la banquette ­arrière –, que se passe-t-il ? L’algorithme vous sanctionne en vous obligeant, la prochaine fois que vous prendrez votre véhicule, à ­conduire vous-même, à l’ancienne.
Accepterons-nous de telles punitions comme relevant d’un pacte social ? Certains se sentiront-ils persécutés par leur machine ? C’est à ce genre de questions que les psychologues de demain seront confrontés. Mais les machines auront aussi le pouvoir de déculpabiliser, avec le risque de rendre certains ­d’entre nous de plus en plus inhumains. Les « robots tueurs », ces machines militaires programmées pour ouvrir le feu sur telle ou telle cible, présentent déjà ce danger. A partir du moment où l’homme sort de la boucle des décisions, il lui devient plus facile de se déresponsabiliser et d’accepter pour son propre ­intérêt des « dommages collatéraux » plus importants, autrement dit un plus grand nombre de morts civils.
Même si leurs fabricants font tout pour nous en donner l’illusion, les robots n’éprouvent ni émotion ni souffrance. Cela pourrait-il changer un jour ?
Il n’y a aucune raison de donner des émotions aux robots, bien au contraire. Rappelez-vous HAL, dans 2001 l’Odyssée de l’espace, et son ­fameux « J’ai peur » : c’est à partir de là que tout tourne mal. Mais une grande rupture surviendra probablement quand les robots combineront des matériaux inertes et biologiques. A ce moment-là, les humains eux-mêmes seront probablement transformés. Il n’y aura plus alors que des créatures métissées, des cyborgs. Certains plutôt humains, d’autres plutôt machines, sans que la limite entre les deux soit peut-être très claire.

A lire
Ouvrages de Serge Tisseron :
« Petit traité de cyberpsychologie » (Le Pommier, 304 p., 19 €) ; « Robots, de nouveaux partenaires de soins psychiques », en codirection avec Frédéric Tordo (Erès, 208 p., 12 €) ; « Le jour où mon robot m’aimera » (Albin Michel, 2015).



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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.
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TF1 en passe de racheter Doctissimo

TF1 est entré en négociations exclusives avec Lagardère, qui avait acquis le site consacré à la santé il y a dix ans.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 11h16
    |

            Sandrine Cassini








                        


Dix ans après sa reprise par Lagardère, Doctissimo change de mains. TF1 a annoncé jeudi 12 juillet être entré en négociations exclusives pour reprendre le site consacré à la santé. Selon nos informations, le montant de la transaction s’élèverait à 15 millions d’euros. En une décennie, Doctissimo, qui enregistre pourtant 12 millions de visiteurs uniques chaque mois d’après Médiamétrie, a vu sa valeur divisée quasiment par dix. A l’époque, Lagardère avait repris 53,4 % du capital de Doctissimo dans une opération valorisant l’entreprise 138 millions d’euros.

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                Doctolib rachète son concurrent direct Mondocteur



Las, depuis, le site – qui a continué de croître et qui réunit une importante communauté féminine – a, selon des sources proches du dossier, eu du mal à suivre les évolutions du marché publicitaire. Ainsi, il est resté ancré sur la publicité classique, ne prenant pas le virage du programmatique, ces publicités ciblées commercialisées via des plates-formes d’enchères automatisées, ou du e-commerce.
Comparaison cruelle
La comparaison est cruelle avec Aufeminin, également propriétaire de Marmiton, qui faisait à l’époque figure de concurrent de Doctissimo, et que TF1 a racheté fin 2017 pour 365 millions d’euros. Depuis deux ans, le site féminin s’est réinventé pour se tourner vers ces nouvelles formes de publicité. D’ailleurs, de bonne source, c’est parce que la Une a mis la main sur les équipes d’Aufeminin et leur savoir-faire qu’elle peut se permettre de reprendre Doctissimo.
Ensemble, les deux marques cumuleront 20 millions de visiteurs uniques. Une force de frappe conséquente pour le groupe de médias propriété de Bouygues sur le marché de la publicité en ligne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Les géants américains des médias 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.
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édition abonné


Télévision : surenchères dans la bataille pour racheter Sky

Les géants américains des médias 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.



Le Monde
 |    12.07.2018 à 10h59
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

C’est depuis Sun Valley, petite commune de l’Idaho (nord-ouest des Etats-Unis) où se réunit cette semaine l’essentiel des grands chefs d’entreprise américains, que la bataille pour Sky est encore montée d’un cran. Mercredi 11 juillet, 21st Century Fox et Comcast ont tour à tour relevé leur offre de rachat sur le bouquet satellite britannique.
L’avantage reste, pour le moment, au second : il demeure le plus offrant, proposant 26 milliards de livres (29,4 milliards d’euros) pour acquérir 61 % du capital de Sky. C’est 4 milliards de plus que précédemment et 1,5 milliard de mieux que l’offre rivale. Pour remporter la mise, Fox, le groupe fondé et dirigé par Rupert Murdoch, qui possède déjà 39 % du bouquet, devra de nouveau surenchérir. A condition toutefois d’obtenir le feu vert de Disney, auquel il souhaite vendre la majorité de ses actifs.
C’est en effet une partie de billard à trois bandes qui se joue entre les trois géants américains des médias. Fin 2017, Disney avait trouvé un accord avec Fox pour mettre la main sur ses studios de cinéma, ses chaînes de télévision (mais pas Fox News), le groupe de télévision indien Star, et sur Sky, une fois ce dernier racheté par Fox. Le créateur de Mickey va ainsi financer la surenchère : il reprendra la dette additionnelle que Fox devra contracter pour finaliser cette opération.

Jouer les trouble-fêtes
Face à cette alliance, Comcast est bien décidé à jouer les trouble-fêtes. En avril, le premier cablo-opérateur aux Etats-Unis, également propriétaire du groupe de télévision NBC et des studios de cinéma Universal, s’est d’abord lancé à l’assaut de Sky, soumettant une offre supérieure à celle de Fox. Deux mois plus tard, il a proposé 20 % de plus pour racheter les actifs de Fox convoités par Disney, obligeant la société californienne à surenchérir.
Malgré cette offensive, Fox privilégie toujours la proposition de Disney, qui a déjà reçu le feu vert des autorités de la concurrence quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.
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Molotov à la recherche du modèle gagnant

L’application de télévision recrute « 650 abonnés par jour », mais cherche des investisseurs.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 12h39
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Une interface séduisante mais un modèle économique fragile ? La question de la viabilité du modèle se pose depuis le lancement en juillet 2016 de Molotov, qui propose de regarder les chaînes de télévision classiques avec une application moderne, rappelant celle du champion de la vidéo à la demande, Netflix.
L’entreprise ne cache pas qu’elle recherche actuellement des partenaires pour passer un cap. « L’ADN de Molotov reste le même. C’est un projet de long terme, nous avons besoin de fonds pour accélérer notre développement. Nous visons la rentabilité à cinq ans », soit en 2021, explique Jean-David Blanc, cofondateur avec Pierre Lescure, l’ancien président de Canal+ et Jean-Marc Denoual, un ex-cadre de TF1.
Si M. Blanc refuse de communiquer sur le chiffre d’affaires ou le résultat de la start-up, il assure que le nombre d’abonnés, qui n’était que de quelques milliers, augmente ces derniers mois. « Début 2018, nous avons réellement commencé à travailler la monétisation : à l’époque, nous recrutions 15 à 20 abonnés par jour. Six mois plus tard, nous engrangeons 650 nouveaux abonnés quotidiennement, et parfois jusqu’à 1 500. » A ce rythme, l’entreprise séduirait actuellement environ 20 000 abonnés par mois. Selon M. Blanc, le revenu moyen par abonné est de 8 à 9 euros par mois.
Devenir un « carrefour »
Si la « monétisation » n’a pas décollé rapidement, c’est que rendre Molotov accessible sur toutes les plateformes ou inclure de nouvelles chaînes dans les offres a pris du temps, sans compter un problème juridique initial empêchant l’enregistrement, explique M. Blanc. Après avoir constitué une équipe de 70 personnes environ, dont une cinquantaine d’ingénieurs, Molotov s’est attaché à construire et fidéliser une audience, raconte M. Blanc. Six millions « d’utilisateurs », auraient téléchargé l’application et se seraient inscrits sur la plateforme. 40 % d’entre eux sont des « fidèles » regardant plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.
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Audience France-Belgique : sur TF1, 19 millions de Français ont regardé la demi-finale de Coupe du monde 2018

A titre de comparaison, 17,7 millions de Français avaient regardé la demi-finale face à la Croatie en 1998.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 17h29
   





                        



   


Jamais la Belgique et la France ne s’étaient affrontées à un stade aussi avancé d’une Coupe du monde de football. Alors que près de 13 millions de téléspectateurs avaient regardé les quarts de finale opposant la France à l’Uruguay, vendredi 6 juillet, la demi-finale contre la Belgique, mardi 10 juillet, a réuni un peu plus de 19 millions de spectateurs, soit 71 % de part d’audience, selon les chiffres publiés par TF1.
A titre de comparaison, 17,7 millions de Français étaient devant la demi-finale face à la Croatie lors de la Coupe du monde de 1998.
C’est aussi un tout petit peu moins que les 20,6 millions de spectateurs qui ont suivi le sacre face au Brésil. Et que les audiences des finales du Mondial 2006 et de l’Euro 2000, mais aussi que le record absolu de la demi-finale de 2006 face aux Portugais, nombreux dans l’hexagone : 22,2 millions de spectateurs.
Toutefois, le chiffre de ce jeudi ne prend pas en compte l’audience additionnelle de BeINSports. Un record pourrait-il être battu pour la finale dimanche ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ La ministre de la culture s’est vu retirer la régulation économique du secteur de l’édition, afin d’éviter tout conflit d’intérêt avec ses anciennes fonctions à la tête d’Actes Sud.
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Françoise Nyssen privée d’édition par le gouvernement

La ministre de la culture s’est vu retirer la régulation économique du secteur de l’édition, afin d’éviter tout conflit d’intérêt avec ses anciennes fonctions à la tête d’Actes Sud.



Le Monde
 |    11.07.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
11.07.2018 à 13h45
    |

            Nicole Vulser et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

C’est une nouvelle pierre dans le jardin de Françoise Nyssen. Selon un décret, publié mardi 10 juillet au Journal officiel, la ministre de la culture ne peut plus s’occuper de « la régulation économique du secteur de l’édition littéraire », un domaine pourtant stratégique de son ministère. De même, elle ne pourra plus exercer de tutelle sur le Centre national du livre (CNL) et devra se tenir éloignée de toute décision concernant la maison d’édition Actes Sud. Les deux premières fonctions seront désormais exercées par le premier ministre, Edouard Philippe.
Cette décision a été prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), chargée d’étudier les éventuels conflits d’intérêt des membres du gouvernement. Avant de devenir ministre, Françoise Nyssen dirigeait, avec son mari, Jean-Paul Capitani, la maison arlésienne Actes Sud, numéro dix de l’édition en France, avec 80 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 (+ 5,2 % par rapport à 2016) et 2,9 millions de bénéfice net, selon le dernier classement de Livres Hebdo. Des fonctions jugées incompatibles avec certaines tutelles exercées par le ministère de la culture.

Caractère tardif
Lors de son entrée au gouvernement, le 17 mai 2017, Mme Nyssen avait pourtant mis fin aux mandats qu’elle exerçait au sein d’Actes Sud, que ce soit au conseil d’administration de la maison mère ou dans ses différentes filiales. Mais elle a gardé un lien capitalistique puisque, selon son entourage, la ministre de la culture jouit de l’usufruit des parts détenues par ses enfants dans la maison d’édition. De plus, la HATVP prend en compte les cinq années précédant l’entrée au gouvernement pour déterminer les risques de conflit d’intérêt avec les fonctions ministérielles exercées.
« Le CNL distribuant des subventions aux éditeurs, la HATVP a considéré que Françoise Nyssen ne pouvait exercer d’autorité sur cet organisme »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.
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« La presse papier est une réalité durable et un point lumineux dans le devenir tourmenté des démocraties »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Postel-Vinay, fondateur du magazine « Books », explique que l’exploitation des données personnelles et les dégâts des « fake news » amplifiées par la Toile poussent les opinions vers de meilleurs supports d’information et se traduisent par un regain d’intérêt pour le papier.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 16h36
    |

Olivier Postel-Vinay (Journaliste, fondateur du magazine "Books")







                        



                                


                            

Tribune. Au début de l’été 1618, voici précisément quatre cents ans, sortait des presses à Amsterdam le numéro 1 de Courante uyt Italien, Duytslandt, & c. (« Evénements courants d’Italie, d’Allemagne, etc. »).
D’aucuns y voient le premier journal véritable. Un hebdomadaire en format folio d’une parfaite austérité. Une feuille unique à ses débuts. Deux larges colonnes de néerlandais en caractères gothiques sur un support en chiffons recyclés.
La suite en accéléré : l’arbre remplace le chiffon, la presse devient une industrie, un « quatrième pouvoir ». On voit les journaux résister tant bien que mal à la radio, à la télévision, aux débuts d’Internet, et puis… vient le XXIe siècle. En quelques années, lecteurs et publicité basculent vers le Web. Depuis l’an 2000, la diffusion de la presse papier payante ne cesse de baisser. Les quotidiens sont particulièrement affectés : - 40 % en vingt ans aux Etats-Unis.
Le dernier en 2043
En 2005, l’universitaire américain Philip Meyer fixe à 2043 la date du dernier exemplaire d’un journal imprimé. Aujourd’hui, la plupart des quotidiens, concurrencés par des sites en ligne, ne parviennent pas à compenser les pertes de leur version papier par les gains des abonnements à la version numérique.
Quel est l’enjeu ? Ira-t-on regretter, diront certains, une presse pétrie de partis pris et de bien-pensance, phagocytée par les lobbies, un journalisme souvent superficiel, des rédactions en chef désorientées ? « Le journaliste, esclave des trois M, écrivait Nietzsche. Le moment, les opinions [“Meinungen”] et les modes. » Question de degré.
On doit l’espérer, une société a d’autant plus de chances de bien se porter, à terme, qu’elle contrecarre plus efficacement la tendance naturelle à voir la mauvaise information chasser la bonne. L’argument vaut du point de vue politique mais aussi économique. Or à cet égard le numérique tarde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.
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« Le Média », en proie à des tensions, s’interroge sur son avenir

Lors d’un séminaire parfois houleux, la dirigeante Sophia Chikirou a démissionné d’une de ses fonctions, qui pourrait être assurée par la journaliste Aude Lancelin.



Le Monde
 |    10.07.2018 à 11h30
    |

                            Yassine El Azzaz et 
Alexandre Piquard








                        



   


Deux semaines de séminaire. C’est l’exercice qu’entreprend, depuis le lundi 2 juillet, Le Média, pour tirer les leçons de neuf mois d’activité en tant que « pure player » de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI). Le rassemblement a donné lieu à des débats houleux et à des changements parmi les dirigeants de premier plan.
Les tensions ont notamment été relatées par un article paru le 8 juillet sur Mediapart, qui a notamment eu accès à des échanges issus d’un groupe de discussion interne sur la messagerie cryptée Telegram. En réponse, Le Média accuse le site fondé par Edwy Plenel de vouloir nuire à un concurrent. Mais l’équipe est bel et bien confrontée à une nouvelle crise, après le départ, en février, de plusieurs journalistes, notamment en raison de divergences sur le traitement du conflit syrien. Elle tente de surmonter les dissensions.
Un premier point sensible est l’état des finances : signe des tensions internes, celui-ci a donné lieu mardi à de vifs échanges, la fondatrice Sophia Chikirou étant soupçonnée d’avoir sous-estimé le déficit, avant que ce débat comptable ne soit résolu. Reste que les recettes n’atteignaient que 152 000 euros pour 185 000 euros de dépenses, soit environ 30 000 euros de perte par mois, selon les chiffres avancés par la direction mi-juin.
Lors du séminaire aurait été annoncée la réduction du déficit à 25 000 euros par mois environ, grâce à de meilleurs recrutements de « socios » – équivalents d’abonnés, membres de l’association de soutien au Média, aujourd’hui au nombre de 19 000 – et à une subvention reçue du Centre national du cinéma pour une mini-série historique sur les assassinats politiques à Paris.
Le manque de collégialité dénoncé
L’équipe espère pourtant toujours atteindre l’équilibre en deux ans. Pour cela, Sophia Chikirou prône de longue date la « diversification » des revenus. Elle voudrait tester l’insertion de publicités d’annonceurs sélectionnés, mais cette solution suscite des réticences de certains journalistes, notamment Aude Lancelin. Lancé après la web-télé, le premier numéro du mensuel papier, 99 %, aurait lui généré environ 6 000 euros d’excédent, grâce à 10 000 précommandes. Et une boutique de « goodies » siglés du Média serait à l’étude. Mme Chikirou compte aussi obtenir des « subventions » publiques, comme celle du CNC ou des aides à la presse.
Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre « Le Média » et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction.
Enfin, le journaliste Serge Faubert a suggéré jeudi que Le Média accueille à l’avenir des « investisseurs ». L’expression a suscité de vives réactions de presque toute l’équipe, certains craignant une « bollorisation », en référence à l’industriel breton Vincent Bolloré, qui a racheté Vivendi. Seule Sophia Chikirou a soutenu l’idée d’intégrer des apports d’institutionnels comme la Caisse des dépôts et consignations, des collectivités locales ou des entreprises sociales et solidaires. Ce débat devra être tranché lors de la conversion de l’association en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), promise de longue date et prévue, en principe, à l’automne.
L’autre source de conflit a été le management : des journalistes ont dénoncé, lundi 2 juillet, un certain autoritarisme et un manque de collégialité. En ligne de mire, la figure centrale de Sophie Chikirou accusée de concentrer tous les pouvoirs en cumulant les postes de présidente de la société de presse et de la société de production, détenues par l’association.
Dans la foulée, mardi, celle qui assurait seule la direction entrepreneuriale du projet a annoncé qu’elle démissionnait de ses fonctions à la société de presse, pour travailler à l’alliance entre La France insoumise et le parti espagnol Podemos en vue des élections européennes. Toujours pointée du doigt comme trait d’union entre Le Média et le parti de Jean-Luc Mélenchon, Mme Chikirou a assuré vouloir ainsi préserver « l’indépendance » de la rédaction. Mais son annonce, qui a surpris tout le monde, n’a pas apaisé les tensions.
Une société des journalistes créée
Jeudi, le nom d’Aude Lancelin a été proposé pour prendre la présidence de la société de presse et la direction de la publication. Mais l’ancienne journaliste de L’Obs ne semblait pas prête à assurer ce remplacement au pied-levé sans avoir des garanties : elle ne veut pas être responsable des activités commerciales et souhaite que la rédaction soit renforcée. En effet, deux nouvelles démissions sont annoncées, notamment celle d’Iban Raïs, en conflit avec Mme Chikirou. Depuis, cette dernière aurait dit que les départs seront remplacés. Lundi, une société des journalistes a été créée.
Un autre changement important se profile : le psychanalyste Gérard Miller annonce depuis des mois qu’il veut démissionner de la présidence de l’association. En remplacement, le nom de Mathias Enthoven, chargé de la communication sur les réseaux sociaux et ancien de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, a été avancé, mais il suscite des réserves, notamment de Mme Chikirou.
L’équipe espère trancher les questions non résolues d’ici vendredi et la fin du séminaire, une échéance invoquée par tous les participants pour refuser de s’exprimer dans les médias. Lundi 9 juillet, l’ambiance des débats était plus apaisée. Les discussions ont porté sur les programmes et notamment sur l’emblématique « JT » de 20 heures. Certains le jugent trop lourd à produire. Il est envisagé de le suspendre certains jours, de le raccourcir ou de le tourner en différé.
Un débat a aussi lieu sur le profil des invités et la place des politiques, notamment issus de La France insoumise. Un signe de la tension latente entre une logique journalistique et une approche plus militante. Une autre des difficultés à dépasser pour Le Média.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ La question soulevée par le journal « Libération » sur la diversité des profils au sein de sa rédaction met en lumière l’homogénéité de toute la profession, estime la chercheuse Marion Dalibert.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Diversité dans les médias : « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »

La question soulevée par le journal « Libération » sur la diversité des profils au sein de sa rédaction met en lumière l’homogénéité de toute la profession, estime la chercheuse Marion Dalibert.



Le Monde
 |    06.07.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
07.07.2018 à 03h01
    |

                            Simon Auffret








                        


Il n’existe, à ce jour, qu’une seule étude statistique sur la diversité ethnique et sociale des journalistes. Menée en 2009 par la commission « Médias et diversités » mise sur pied par le ministère de la culture, elle rencontra d’ailleurs un relatif échec : sur 117 entreprises de presse contactées, seules 40 avaient répondu aux questions. Le taux de réponse le plus faible est venu de la presse écrite (20 %), bien loin derrière la télévision (42 %) et la radio (78 %), plus actives sur le sujet depuis le début des années 2000.

        Lire aussi, en 2010 :
         

          Les médias ne sont toujours pas le reflet de la société française



La quasi-absence de débat public concernant la diversité des profils dans les rédactions de presse écrite rend la démarche de Libération, le 3 juillet, tout à fait inédite. Un journaliste y a raconté, dans un article intitulé « La rédaction de “Libé” est-elle “blanche” ? », les discussions internes au journal sur le recrutement de journalistes issus des « minorités visibles », en réaction notamment à une photo de l’équipe publiée en 2015.
Si l’initiative est nouvelle, le sujet est depuis plusieurs années couvert par les chercheurs : Marion Dalibert, maître de conférences à l’université de Lille, spécialisée dans les médias et l’accès à l’espace public des minorités et des mouvements sociaux, s’y est notamment intéressée.
L’homogénéité des profils ethniques et sociaux dans la profession journalistique est-elle, aujourd’hui, avérée ?
Les différents travaux menés en sociologie du journalisme mettent en avant que, depuis les années 1980, la profession a changé. Elle s’est notamment rajeunie et féminisée et les titulaires de la carte de presse sont aujourd’hui beaucoup plus diplômés qu’auparavant.
En revanche, comme les statistiques ethnoraciales ne sont pas autorisées en France, on ne dispose pas de données permettant de mesurer précisément l’homogénéité ou non des rédactions selon ce critère, même si on peut faire l’hypothèse que celles-ci sont majoritairement « blanches » vu que les rapports de classe s’articulent à la dimension ethnoraciale.
Les questions de l’accès au métier et de la formation sont régulièrement citées comme les raisons majeures de ce manque de diversité. Est-ce bien là que se situe le problème ?
Effectivement, les rédactions prestigieuses embauchent avant tout des journalistes qui sortent des grandes écoles dont l’accès par concours est significatif d’inégalités sociales. D’ailleurs, la critique du « manque de diversité » au sein des rédactions n’est pas nouvelle – elle sera même formulée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel dès la fin des années 1990 et trouvera une visibilité médiatique importante lors des émeutes de novembre 2005.
Les chercheurs ont aussi montré comment les écoles de journalisme ont été invitées à mettre en place, par exemple, des classes préparatoires aux concours à destination d’étudiants boursiers pour développer l’hétérogénéité des rédactions.
La question de la diversité dans les rédactions est posée depuis plusieurs années à la télévision et à la radio, mais assez peu en presse écrite. Qu’est-ce qui explique ce décalage ? 
Les démarches pour plus de « diversité » ont effectivement été plus importantes dans le secteur audiovisuel, grâce au CSA qui interroge depuis 1999, avec son « baromètre de la diversité », la différence de représentation entre « blancs » et « non-blancs » à la télévision. Le CSA a également participé à modifier le cahier des charges des chaînes publiques de télévision en 1999, et celui des chaînes privées en 2005, afin que celles-ci soient plus représentatives de la société française. 
Les enjeux autour de la représentation des minorités ethnoraciales dans les médias se sont donc centrés dès le départ sur la télévision et, effectivement, plus sur la présence à l’antenne ou sur les écrans que dans les rédactions elles-mêmes.
Cette focalisation sur la télévision vient aussi du fait que ce média fait l’objet d’un nombre important de critiques. Dans les années 1990, on lui a beaucoup reproché la manière dont elle représentait la banlieue et ses habitants par exemple. Ces critiques ont poussé les journalistes et autres producteurs de contenus à se remettre en question. La presse écrite est moins critiquée, notamment parce qu’elle est considérée comme beaucoup plus analytique et moins « divertissante » que la télévision. Culturellement, l’écrit bénéficie d’une légitimité sociale beaucoup plus forte que l’image.

        Lire aussi :
         

                "Les médias ont un retard phénoménal sur la manière dont on doit traiter les banlieues"



Dans ce débat, les arguments de diversité « sociale » et diversité « ethnoraciale » sont souvent utilisés en même temps. Ce recoupement a-t-il une pertinence sociologique ? 
En France, on interroge souvent les rapports de pouvoir à l’aune de la classe sociale, c’est-à-dire dans leur dimension économique, et moins sur des critères liés à « l’identité » comme le genre, l’attribut ethnoracial, la religion, l’âge… Cette façon de voir provient du fait que nous sommes dans un système politique républicain, qui refuse de reconnaître l’existence de groupes sociaux en son sein, de peur que ces groupes formulent des revendications et que la réponse collective à ces revendications soit discriminante à l’égard des autres groupes.
Pour garantir l’égalité, l’échelle d’action de la République est toujours individuelle et non pas collective. C’est d’ailleurs en partie pour cela que les statistiques ethnoraciales ne sont pas autorisées en France, car elles participeraient à reconnaître l’existence des groupes « blancs » et « non-blancs ». Or, prendre uniquement en compte la classe sociale empêche de comprendre que les inégalités économiques sont articulées à d’autres rapports de pouvoir, et notamment au racisme et au sexisme.
Ainsi, même s’il est tout à fait salutaire que les rédactions travaillent à être plus représentatives de la société, les réflexions doivent aller au-delà de critères purement quantitatifs. Il faut s’interroger aussi sur la division genrée et raciale du travail journalistique : qui est chef de rubrique ? Quels sont les journalistes qui composent les rubriques « International », prestigieuse, ou « Vie pratique », moins valorisée ? Ou encore qui a le plus la parole dans les conférences de rédaction ? Les rapports de pouvoir se manifestent en effet de multiples façons, qu’il faut aussi interroger et prendre en compte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

George Sand, la libre-penseuse

Libre-penseuse, féministe avant l’heure et socialiste par conviction, George Sand (1804-1876) ne peut être réduite à ses amours tumultueuses avec Musset et Chopin, ou à la « bonne dame de Nohant ». Les extraits proposés dans ce hors-série permettent de prendre la mesure d’une œuvre considérable, accompagnés d’un entretien avec Michelle Perrot, de critiques et d’hommages, signés Baudelaire, Flaubert ou Sagan…



Le Monde
 |    06.07.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
06.07.2018 à 16h38
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Martine Reid (Professeure à l’université de Lille)







                        



   


Née à Paris en 1804, Aurore Dupin, devenue « George Sand » à l’occasion de la publication de son premier roman, Indiana, en 1832, n’est plus aujourd’hui réduite à ses amours tumultueuses ou à quelque image de « bonne dame » que le temps aurait assagie. Son œuvre ne se trouve plus limitée aux romans champêtres et leur lecture réservée aux enfants. Le temps a débarrassé l’œuvre et la vie des attaques et caricatures innombrables dont elles ont longtemps fait l’objet.
Comme Victor Hugo, George Sand occupe la scène littéraire pendant près d’un demi-siècle.
Comme lui, au nom de l’égalité, elle prend la défense du peuple, des paysans surtout, et affiche toute sa vie de fortes convictions socialistes et républicaines. L’œuvre qu’elle laisse est considérable : plus de soixante-dix romans, des contes et des nouvelles en nombre, une autobiographie monumentale, une vingtaine de pièces de théâtre, des essais, des récits de voyages, des centaines d’articles publiés dans les grands journaux et revues auxquels s’ajoute une correspondance comptant près de vingt-cinq mille lettres.
« Génie narratif »
Au-delà de sa grande inventivité formelle, l’ensemble témoigne d’une remarquable attention aux questions esthétiques, politiques, philosophiques et religieuses, à l’apport des Lumières et de la Révolution, au monde rural et à ses spécificités berrichonnes au moment où se développe l’intérêt pour le folklore, à la condition des femmes, enfin, que le code civil de 1804 a privées des droits civils et politiques.
Balzac, Musset, Delphine de Girardin, Marie d’Agoult, Hugo et Sainte-Beuve reconnaissent à George Sand ce « génie narratif » que Flaubert et Taine salueront plus tard. Tocqueville voit en elle « une manière d’homme politique » quand elle soutient activement la révolution de 1848 puis s’oppose à l’empire.
Quand elle meurt à Nohant, en 1876, Flaubert confie : « Il fallait la connaître comme je l’ai connue pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme, l’immensité de tendresse qui se trouvait dans ce génie », tandis que Victor Hugo déclare : « Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire. »
Le hors-série du Monde qui lui est consacré propose un portrait, signé Martine Reid, des extraits de l’œuvre de l’écrivain, un entretien avec l’historienne Michelle Perrot, des critiques de son œuvre et des hommages d’auteurs contemporains (Baudelaire, Barbey d’Aurevilly, Proudhon, Musset, Flaubert, etc.), ou modernes (Simone de Beauvoir, Julien Gracq, Françoise Sagan, etc.)…
Martine Reid est spécialiste de littérature du XIXe siècle et des auteures. Elle a consacré deux ouvrages à George Sand, dont une biographie (Signer Sand. L’œuvre et le nom, Belin, 2003 ; George Sand, Gallimard, Folio biographie, 2013). Elle a réédité plusieurs de ses romans et nouvelles, ainsi qu’Histoire de ma vie (Gallimard/Quarto, 2004).
« George Sand. L’insoumise », un hors-série du Monde, 124 p., 8,50 euros. En vente en kiosque ou sur la boutique du monde.fr.



                            


                        

                        

