<FILE-date="2018/07/17/18">

<article-nb="2018/07/17/18-1">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Au Nicaragua, les féministes ont vu venir la dictature actuelle »

Dès l’accession du président Daniel Ortega au pouvoir, le mouvement féministe a mis en garde contre le risque d’un basculement du régime dans la dictature, relève dans une tribune au « Monde » Delphine Lacombe, sociologue chargée de recherche au CNRS.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h15
    |

Delphine Lacombe (Sociologue, chargée de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune - Depuis quatre-vingt-dix jours, Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo, répriment dans le sang la population nicaraguayenne opposée à leur dictature. Le week-end dernier, à Managua, deux étudiants ont été tués d’une balle dans la tête, dans une église où ils s’étaient réfugiés avec une centaine de leurs camarades. Les 15 et 16 juillet, une nouvelle opération de terreur a été menée dans plusieurs villes proches de la capitale, ajoutant au moins dix personnes à la liste des trois cent cinquante tués depuis la fin d’avril.
Force est de constater que quelques témoins et observateurs avaient précocement compris que le retour au pouvoir de Daniel Ortega (chef de l’Etat de 1984 à 1990) n’était que l’aboutissement d’une stratégie de réascension politique à des fins dictatoriales.
Il suffisait d’écouter nombre de féministes pour comprendre la genèse de la tyrannie actuelle.
Dès 1994, au moment où Daniel Ortega finit par s’imposer seul à la tête du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), la journaliste et sociologue Sofía Montenegro rappelle dans un article intitulé « le FSLN est-il révolutionnaire ? » (« ¿Es Revolucionario el FSLN? », voir le lien PDF) que cette organisation s’est toujours donné pour principales vertus l’autoritarisme et l’obéissance, certes confortées par la polarisation guerrière des années 1980.
Egoïsme et déviationnisme idéologique
Si la « mystique révolutionnaire » a pu fomenter une énergie collective tournée vers la dignité nationale, elle a aussi été une « mystique de la négation, négation des individus et de la vie même », tant le fait d’exprimer un désir de libération personnelle et collective, notamment en tant que femmes, pouvait être marqué au sceau de l’égoïsme et du déviationnisme idéologique.
Elle affirmait que sans un véritable aggiornamiento, le FSLN serait voué à reproduire à nouveaux frais ce modèle, proclamateur de vœux...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-2">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les liaisons dangereuses de Donald Trump et Vladimir Poutine

Editorial. La rencontre entre le président américain et son homologue russe s’est faite aux dépens du premier, prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour lui complaire.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 15h04
   





                        



Editorial du « Monde ». « Faible ». Voilà pour Donald Trump ce qui constitue la sentence suprême. Celle qu’il fait tomber régulièrement comme un couperet sur ses adversaires depuis qu’il s’est installé à la Maison Blanche. Cette obsession est ancienne. Sa première publicité de campagne, il y a plus de trente ans, reprochait à Ronald Reagan une absence de « colonne vertébrale ». A l’opposé, le président des Etats-Unis n’a cessé jusqu’à présent de mettre en avant sa « force », une défense intraitable de la souveraineté américaine, à des années-lumière d’un Barack Obama qui, selon lui, avait passé ses deux mandats à s’excuser auprès du monde entier de diriger la première puissance mondiale et d’avoir pour mission principale la défense opiniâtre de ses intérêts.

        Lire aussi :
         

                Vladimir Poutine domine la rencontre d’Helsinki face à Donald Trump



Cette construction binaire, efficace auprès des électeurs de Trump, s’est brisée sur un roc, lundi 16 juillet. « Personne n’a probablement été aussi dur que moi sur la Russie », avait-il assuré en avril. Une phrase qui a curieusement résonné dans le palais présidentiel d’Helsinki.
La rencontre espérée de longue date par Donald Trump avec son homologue Vladimir Poutine s’est bien traduite en démonstration de force, mais aux dépens d’un président américain manifestement mal préparé à l’exercice et prêt à sacrifier une partie des institutions de son pays pour complaire à son interlocuteur.
Conférence de presse dévastatrice
Dans cette mauvaise séquence de télé-réalité, Donald Trump a été réduit à un rôle de faire-valoir. Validant sans le moindre état d’âme des dénégations glaciales du président russe, à propos d’interférences dans la campagne présidentielle de 2016 qui l’avait consacré. Opinant du bonnet à la mention, par le maître du Kremlin, des dossiers sur lesquels ce dernier attendait un rapprochement entre Washington et Moscou, à ses conditions.

        Lire aussi :
         

                « Enquête russe » : Donald Trump désavoue ses propres services



Contre l’avis de la justice et des services de renseignement de son pays, Donald Trump se montre depuis le 8 novembre 2016 incapable de reconnaître la moindre interférence russe dans une élection gagnée sur le fil, grâce à une différence d’un peu plus de soixante-dix mille voix obtenues dans trois Etats américains décisifs. On peut en comprendre les ressorts intimes, la hantise d’un procès en illégitimité qui sous-tend nombre des critiques du président venu sur le tard en politique et de manière particulièrement non conventionnelle. Le problème, pour Donald Trump, est que ce blocage psychologique pèse désormais sur l’ensemble de la relation avec la Russie.
Le sommet de la conférence de presse dévastatrice qui a marqué la fin de la rencontre avec Vladimir Poutine a été sans doute atteint lorsque Donald Trump a estimé ne voir « aucune raison de croire » à cette ingérence, alors que son homologue lui en a aussitôt fourni une en assurant qu’il avait eu sa préférence « parce qu’il a parlé de ramener la relation entre les Etats-Unis et la Russie à la normale ».
Une mise en garde prémonitoire
L’effet ravageur pour la crédibilité du président des Etats-Unis au sommet d’Helsinki a été décuplé par les jours qui ont précédé, marqués par ses déclarations agressives visant les alliés historiques des Etats-Unis au cours de la réunion annuelle de l’OTAN, à Bruxelles, comme au cours d’une visite à Londres. A la veille de sa rencontre avec son homologue russe, Donald Trump avait encore classé l’Union européenne parmi les « ennemis » de Washington, du fait de pratiques commerciales qualifiées d’injustes, conseillant même à la première ministre britannique, Theresa May, selon les confidences de cette dernière, de traîner l’UE devant les tribunaux.

        Lire aussi :
         

                Trump quitte l’Angleterre après avoir attisé les braises du Brexit



La vision stratégique américaine publiée en décembre et qui porte le paraphe du président des Etats-Unis contenait pourtant une mise en garde prémonitoire. Qualifiant la Russie de puissance « révisionniste », ce testament politique du deuxième conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, détaillait une volonté russe de « couper » Washington « de [ses] alliés et de [ses] partenaires » et d’« affaiblir l’unité transatlantique ». Avec l’aide aussi déterminante que désespérante de Donald Trump, cette volonté semble s’étendre tous les jours davantage.

        Lire aussi :
         

                En se rapprochant de Poutine, Trump consterne le Parti républicain




   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-3">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’ex-entraîneur de Liverpool et de l’OL, Gérard Houllier, revient sur les raisons de la victoire de l’équipe de France dans le Mondial 2018.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Cette Coupe du monde a été la victoire du collectif sur les individualités »

L’ex-entraîneur de Liverpool et de l’OL, Gérard Houllier, revient sur les raisons de la victoire de l’équipe de France dans le Mondial 2018.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 13h40
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Chroniqueur pour Le Monde pendant la Coupe du monde de football 2018, en Russie, Gérard Houllier, ex-sélectionneur et entraîneur de Lyon, revient sur les raisons de la victoire des Bleus de Didier Deschamps et tire les grandes leçons de ce tournoi.
Avant le début de la Coupe du monde, vous nous disiez être confiant concernant les chances de l’équipe de France. Qu’est-ce qui a motivé cet optimisme ?
Il y avait trois éléments. D’abord, en prenant connaissance des équipes, je trouvais que la France avait autant de talent, si ce n’est plus, que les favoris désignés, les « usual suspects », pour le titre, que sont l’Allemagne, le Brésil, l’Espagne. Ensuite, Didier Deschamps avait construit – avant même l’Euro 2016 – un groupe tourné vers le même projet, le même objectif. A partir des talents à sa disposition, il a réussi à construire un groupe qui donnait l’impression d’être uni, efficace et pragmatique, notamment dans les quelques situations où il a été en difficulté.
Enfin, il y a eu l’expérience de la finale perdue en 2016. Avec une telle défaite, vous souffrez et vous en tirez des leçons. Contre la Croatie, la France avait retrouvé ce statut de favori qu’elle avait connu face au Portugal. Elle l’avait peut-être mal géré à l’époque, elle l’a mieux appréhendé dimanche.
En 1984, on parlait des Bleus de Platini, en 1998 de ceux de Zidane. Cette équipe-là ne donne pas l’impression d’être construite autour d’une star. Etes-vous d’accord ?
Si on remarque bien, cette Coupe du monde a été la victoire du collectif sur les individualités. Les Messi, Ronaldo ou Neymar se sont arrêtés assez tôt. Les équipes qui sont allées loin sont celles où les talents étaient au service du collectif. C’est le cas de la France, bien sûr, de la Belgique et de la Croatie. Avec un peu moins de talent mais un système bien organisé, les Anglais ont aussi réussi à attendre la demi-finale.
En équipe de France, Antoine Griezmann symbolise cet état d’esprit. Il a été une star au service de son équipe. Il a parfois été en difficulté au niveau offensif, mais il s’est arraché pour donner un coup de main au milieu, à la récupération et à la transmission avec une finesse qu’on ne le lui connaissait.

        Lire aussi :
         

          Antoine Griezmann, un héraut plutôt qu’un héros



La chance a aussi accompagné les Bleus jusqu’à la réussite. Diriez-vous que c’est propre à toutes les équipes qui gagnent ?
Vous savez, plus vous travaillez, plus vous avez de la chance. C’est un constat. Cette équipe a beaucoup travaillé, avec une soif de vaincre et dans une ambiance saine. Ce n’est pas un groupe d’enfants capricieux, il n’y avait pas dissensions entre eux. La chance se provoque. En finale, certains peuvent dire que les Français ont raté leur match, mais ils n’ont pas raté le résultat. Et c’est ce que l’on retient, à la fin. Sans contrôler cette finale, ils ont quand même marqué quatre buts. Sans être beaux, ils ont été bons.
Après le premier match contre l’Australie, Didier Deschamps apporte à l’équipe davantage d’expérience avec les retours de Blaise Matuidi et Olivier Giroud. Perçoit-il qu’il doit changer son fusil d’épaule, s’adapter ?
Une équipe, c’est une affaire d’équilibre. Le sélectionneur a senti avec Matuidi qu’il fallait rééquilibrer le milieu de terrain, lui donner davantage de garantie défensive et qu’il avait déjà assez de forces offensives. C’est tout le mérite d’un entraîneur comme Didier Deschamps : savoir changer, s’adapter à la situation.
« Je savais qu’il deviendrait entraîneur. C’était un milieu de terrain qui pensait toujours à l’équilibre et aimait orchestrer »
Il existe deux compétitions dans une Coupe du monde. D’abord un mini-championnat de trois matchs et ensuite les rencontres à élimination directe, l’objectif était de passer cette première phase en terminant premier et en gardant de la fraîcheur pour la suite. C’est ce qui a été fait.
J’étais heureux qu’on ne commence pas trop fort. C’est bien qu’une équipe souffre un peu au premier tour, ça lui permet de s’unir dans la difficulté. Ceux qui démarrent très forts ne vont jamais très loin. Si on remarque bien, les Français sont montés en puissance lors de toutes les secondes périodes, ils ont toujours mieux terminé que leurs adversaires à partir des huitièmes de finale.
On a beaucoup parlé de la jeunesse de cette équipe avant la compétition. Finalement, elle a démontré que l’âge et l’expérience ne faisaient pas tout dans le football.
Quand j’entraînais Liverpool, j’ai eu Michael Owen comme attaquant, et il me marquait des buts à 17 ans et demi. Le talent n’a pas d’âge. Quand vous êtes assez bon pour jouer, vous jouez. L’âge ne compte pas pour un Kylian Mbappé. Didier Deschamps a aussi encadré ces jeunes – qui progressent vite et sont à l’écoute –, avec six joueurs qui étaient titulaires lors du traumatisme portugais de 2016.

        Lire aussi :
         

          Didier Deschamps, maître ès palmarès



Comme adjoint de Michel Platini, vous avez vu débuté Didier Deschamps comme international, en 1988. Vous l’avez ensuite dirigé comme sélectionneur. Sentiez-vous déjà chez lui l’âme d’un futur entraîneur ?
Je savais qu’il deviendrait entraîneur. C’était un milieu de terrain qui pensait toujours à l’équilibre et aimait orchestrer. Quand il est devenu capitaine des Bleus, Aimé Jacquet me disait qu’il aimait beaucoup discuter avec lui des aspects tactiques. Un peu comme Steven Gerrard à Liverpool, Didier était déjà un peu entraîneur sur le terrain. C’est assez propre du profil des milieux de terrain.
Didier Deschamps dit souvent que la défaite en 1993 contre la Bulgarie avait été peut-être le match le plus important de sa carrière. Ce mauvais souvenir l’avait aidé à se construire…
C’est quelqu’un qui a toujours su rebondir après l’échec. Le vrai talent, c’est le rebond. Dans la carrière de Didier Deschamps rien n’a été facile. Il s’est forgé dans la difficulté.

Les chroniques de Gérard Houllier
Les Bleus doivent adopter la technique du « serpent » « L’équipe de France sera plus libérée face au Pérou »« Isoler Messi, c’est déjà répondre à une bonne partie du problème » « Les Bleus dégagent une force mentale et collective impressionnante »« Les Bleus ont retenu la leçon de la finale de l’Euro »





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-4">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤     


                La chanson d’amour de Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 17.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h16
                 |

            Pascale Krémer

















Derniers articles publiés


            La chanson d’amour de Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro


            Avec Clue l’application d’Ida Tin, les menstruations sont sous contrôle


            John Lee Hooker, un cow-boy noir à l’Olympia



Tous les articles





                







L’écrivain et scénariste Daniel Pennac, auteur, notamment, des six romans de la saga Malaussène, distingué, en 1990, par le Prix du livre Inter et, en 2007, par le prix Renaudot, a publié Mon frère (Gallimard) en avril. Un hommage à son frère aîné disparu.
« Ce n’est pas la chanson la plus emblématique de toutes les chansons d’amour mais c’est la première qui me vient à l’esprit. Allez savoir pourquoi… « T’es plus jolie que jamais/Sauf le cœur/Ton cœur n’a plus la chaleur/Que j’aimais… » Cette chanson de Boby Lapointe, c’est une rengaine dont la mélodie n’est pas très savante. Une pure drôlerie rythmique qui vous habite toute votre vie dès lors que vous l’avez entendue une première fois. Comment ces ritournelles s’installent en nous ? On n’en sait rien. Ce sont nos chants d’oiseaux à nous.
Dans le fond, pourtant, la chanson n’est pas très drôle. Elle fait l’éloge de l’amour camarade, anarcho-indépendant, non vénal, réellement libre. « La nuit que je t’ai connue/T’étais nue/Tu jouais les affranchies/Sans chichis. » Boby Lapointe déplore que la jeune personne ne soit plus libre de son corps, de ses choix. Il s’est introduit de la vénalité dans le sentiment et dans la sensation. Vénal, lui, il ne l’était pas. Il vivait comme un moineau sur sa branche. c’était un mathématicien de génie, il aurait pu thésauriser là-dessus, faire carrière, mais non, il est resté lui, poète déglingué.
Un type extraordinaire
Cette chanson est singulière dans l’œuvre de Boby Lapointe parce qu’elle ne joue pas sur les mots. C’est presque une chanson ordinaire chez un type extraordinaire. Cela la rend atypique, touchante. Elle le dévoile. Attentif, affectueux, observateur de l’autre. On est loin de la déglingue lexicale dans laquelle se réfugiait sa sensibilité désespérée.
Du point de vue de la représentation de l’amour, Ça va, ça vient ne recouvre pas mes propres représentations. J’ai été très tôt un amoureux intense et monogame. Mais cette chanson fait écho à mon affection pour Boby Lapointe. Je ne l’ai pas connu, c’est l’un des regrets de ma vie. Ma fille Alice a découvert la poésie grâce à La Maman des poissons que je lui chantais en l’amenant à l’école, perchée sur mes épaules.
Elle a 35 ans aujourd’hui. Récemment encore, on a chanté tous les deux Ça va ça vient, elle était au piano. Pendant son enfance, les chansons de Boby Lapointe étaient nos rengaines familiales, en voiture, sur le chemin de la plage… A l’époque, Alice les considérait comme un supplice. Elle nous demandait si on pouvait changer de répertoire. »


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













<article-nb="2018/07/17/18-5">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Trois experts de la responsabilité sociale de l’entreprise, Sylvain Boucherand, Françoise Guichard et Charlotte Michon, dans une tribune au « Monde », font le bilan de la mise en œuvre par les sociétés de la loi sur le « devoir de vigilance », un an après son adoption par le Parlement à la suite de la catastrophe du Rana Plaza.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un an après la « loi Rana Plaza », « la grande majorité des entreprises ont commencé à identifier les risques »

Trois experts de la responsabilité sociale de l’entreprise, Sylvain Boucherand, Françoise Guichard et Charlotte Michon, dans une tribune au « Monde », font le bilan de la mise en œuvre par les sociétés de la loi sur le « devoir de vigilance », un an après son adoption par le Parlement à la suite de la catastrophe du Rana Plaza.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h45
    |

Sylvain Boucherand (PDG du cabinet de conseil B&L évolution), Françoise Guichard et Charlotte Michon (Respectivement présidente et déléguée général...







                        



                                


                            

Tribune. A la suite de l’effondrement de l’usine textile du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh (1 135 morts, 2 500 blessés), la question de la responsabilité des sociétés donneuses d’ordre a été soulevée.
Afin de répondre à ces enjeux, la France a adopté le 27 mars 2017 la « loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre ». Cette loi demande aux plus grandes entreprises françaises de mettre en place un plan de vigilance public pour identifier et prévenir les risques d’atteinte aux droits humains et à l’environnement pouvant être causés par les activités de la société, ses filiales contrôlées ou ses sous-traitants ou fournisseurs avec qui sont entretenues des relations commerciales établies.
Attendus dès 2018, les premiers plans de vigilance ont été publiés par les entreprises dans leurs documents de référence. Nos experts, de l’association Entreprises pour les droits de l’homme (EDH) et de la société de conseil B & L évolution, les ont étudiés.
Cartographies des risques
Ces documents montrent qu’une partie des entreprises étudiées a intégré les exigences de la loi, a initié la formalisation d’un plan de vigilance, et tâche de rendre compte de manière transparente de leurs avancées sur le sujet.
Si les plans de vigilance se rattachent pour le moment principalement aux démarches déjà existantes de responsabilité sociale ou d’éthique, ils ont aussi permis aux entreprises de remettre à plat l’existant et de questionner leurs pratiques, en particulier en matière de gestion de leurs fournisseurs.

Au regard des enjeux concernés (droits humains, santé-sécurité, environnement) et des processus mis en œuvre (analyse des risques, contrôle et audit, clauses contractuelles dans la gestion des achats, etc.), la coopération entre les directions (RSE, achats, juridique, opérations, etc.) est indispensable. Une partie des premiers plans de vigilance ont fait l’objet de démarches transversales...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-6">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ « Le succès, sans considération des origines, par le travail, la fraternité, l’amour du groupe » sont mis en valeur par la victoire de l’équipe de France estime l’écrivain François Sureau dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« En fêtant les Bleus, les Français célèbrent les promesses simples et belles de la République »

« Le succès, sans considération des origines, par le travail, la fraternité, l’amour du groupe » sont mis en valeur par la victoire de l’équipe de France estime l’écrivain François Sureau dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 09h31
    |

François Sureau (Ecrivain)







                        



                                


                            
Tribune. A l’occasion de la victoire de l’équipe de France de football, ce sont des vertus anciennes qui reviennent au jour. La première est celle d’une communion, pour une fois légère, comme une ivresse bienfaisante, de tous avec tous. Elle oppose, surtout, à la politique une sorte de résistance qui prévient contre toute récupération. C’est la simple vertu d’un peuple assez vieux, assez sage pour tenir enfin la politique à sa place. L’illusion n’a pas déferlé sur cette victoire, y compris l’illusion « black-blanc-beur » de 1998.
Mais d’un autre côté, cette victoire présente une étonnante similitude avec une victoire politique récente. S’il continue d’inspirer les vertus, et parfois les chansons, l’ancien monde a été mis en échec dans l’organisation, dans la tactique. La Mannschaft invincible a disparu comme le Parti socialiste, les Anglais, comme de simples Républicains. Un jeu nouveau est apparu, fluide, mélangeant l’attaque et la défense, un jeu de solidarité où l’on peut comme Giroud devenir un héros sans jamais marquer, un jeu taoïste où la possession du ballon et la domination de l’espace ne comptent pas, mais seulement la fulgurance finale, utile, décisive, celle des buts de Mbappé et de Pogba.

La seconde vertu est celle du courage. L’une des chansons les plus chantées hier parlait de Pavard, sorti « de nulle part », armé d’une « frappe de bâtard ». On se tromperait en y lisant simplement la description d’une origine modeste. Ce sont les mots qu’emploie Chrétien de Troyes pour décrire Perceval, ou Lancelot qui découvre son nom en soulevant une tombe que nul n’a soulevée avant lui.
Humilité, solidarité
L’ombre de notre plus ancienne légende couvre cette coupe du monde de football, avec ce roi Arthur changé en Merlin et qui porte le nom de Deschamps, comme pour signifier la sortie du monde obscur des forêts, avec le nombre fixe des joueurs, et cette coupe qui paraît reculer à mesure qu’on...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-7">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Fin du Patriarcat (2/5). L’écrivaine américaine Lauren Elkin estime qu’il est nécessaire d’ériger des monuments de femmes en milieu urbain pour exposer leurs réussites et cesser d’autant célébrer la masculinité et les exploits militaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤     


                « Il est temps que les femmes réclament leur juste représentation dans l’espace public »


Fin du Patriarcat (2/5). L’écrivaine américaine Lauren Elkin estime qu’il est nécessaire d’ériger des monuments de femmes en milieu urbain pour exposer leurs réussites et cesser d’autant célébrer la masculinité et les exploits militaires.

Le Monde
                 |                 17.07.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h05
                 |

Lauren Elkin (Essayiste et romancière américaine)
















Derniers articles publiés


            La chanson d’amour de Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro


            Avec Clue l’application d’Ida Tin, les menstruations sont sous contrôle


            John Lee Hooker, un cow-boy noir à l’Olympia



Tous les articles





                









                            



                        

En se promenant dans les rues de notre belle capitale, il suffit de regarder autour de soi pour constater un vrai décalage entre les êtres vivants – des hommes et des femmes – et les sculptures en bronze ou marbre : uniquement, ou presque, des hommes. Où sont les statues de femmes à Paris ?
Il y en a quelques-unes, parfois très connues, comme celles de Jeanne d’Arc, à la lourde signification politique. Et d’autres : un buste à poitrine plantureuse de Dalida à Montmartre et une Edith Piaf suppliante dans le 20e, sur les places qui portent leur nom. Marie Curie (avec son mari bien sûr) dans le 5e, près de la Fondation Curie. George Sand au jardin du Luxembourg, dans une jolie robe de femme, et non le costume d’homme, tenue qu’elle préférait. Maria Deraismes, seule femme ouvertement militante féministe dans le groupe, au square des Epinettes dans le 17e. Sarah Bernhardt est bien nichée place du Général-Catroux, également dans le 17e. Il y a une mini-stèle dédiée à la harpiste Lily Laskine au square Sainte-Odile, dans le même arrondissement, tandis que l’aviatrice Maryse Bastié a sa stèle au square Carlo-Sarrabezolles dans le 15e, près du tramway T3. Tout cela semble un peu périphérique.
A Londres, des mesures ont été prises pour remédier à ce problème. Le 24 avril, un bronze de la suffragette Millicent Fawcett a été inauguré devant le Parlement. Ce projet a été financé par le gouvernement, après le lancement d’une pétition en ligne par la militante féministe Caroline Criado-Perez qui a recueilli 84 000 signatures. Des femmes de pouvoir sont venues en nombre à la cérémonie – la première ministre, Theresa May, l’évêque de Gloucester, Rachel Treweek, la première femme commissaire du London Fire Brigade, Dany Cotton – afin d’y être vues dans leurs uniformes et de prendre des selfies.
« Partout, le courage appelle au courage »
La créatrice de la statue, l’artiste Gillian Wearing, est connue...


L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
« Il est temps que les femmes réclament leur juste représentation dans l’espace public »
Il vous reste 84% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5332454&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
« Il est temps que les femmes réclament leur juste représentation dans l’espace public »
Il vous reste 84% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5332454&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






                    

                                                Par                        Lauren Elkin (Essayiste et romancière américaine)













<article-nb="2018/07/17/18-8">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Talents du Net (2/6). Après avoir cofondé le Facebook russe, Pavel Dourov a créé un réseau social crypté qui dérange le Kremlin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤     


                Le Russe Pavel Dourov, indéchiffrable créateur de Telegram


Talents du Net (2/6). Après avoir cofondé le Facebook russe, Pavel Dourov a créé un réseau social crypté qui dérange le Kremlin.

Le Monde
                 |                 17.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 17h11
                 |

            Martin Untersinger

















Derniers articles publiés


            La chanson d’amour de Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro


            Avec Clue l’application d’Ida Tin, les menstruations sont sous contrôle


            John Lee Hooker, un cow-boy noir à l’Olympia



Tous les articles





                









                            



                        

Les avions de papier fusent et Pavel Dourov jubile. C’était il y a deux mois, le 30 avril exactement. 8 000 Moscovites battent le pavé contre le blocage de la messagerie Telegram par les autorités russes. Certains ont confectionné ces avions futiles en hommage au logo de l’entreprise. En tentant par tous les moyens, mais sans succès, de bannir cette dernière de Russie, le pouvoir a offert à son créateur, Pavel Dourov, une tribune de luxe, un costume de résistant numérique qu’il affectionne. Et même une forme de revanche.

Pavel Dourov est insaisissable – il n’a pas donné suite à nos multiples demandes d’entretien. A 33 ans, sa vie est un roman aux rebondissements multiples. Né à Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), il se passionne, enfant, pour l’informatique et, comme beaucoup d’entrepreneurs de son espèce, charrie sa petite légende : il aurait piraté le réseau de son école pour changer ses notes.
« Zuckerberg russe »
En 2006, il entend parler de Facebook, un nouveau site qui fait fureur sur les campus de la côte est des Etats-Unis. La même année, frais émoulu de l’université de Saint-Pétersbourg où il a étudié la linguistique, il décide de l’imiter et crée Vkontakte (« en contact »), ou VK, avec son discret mathématicien de frère Nikolai. Le réseau social ressemble trait pour trait à son rival américain. Il devient rapidement le plus gros en Europe, profitant du laxisme qui règne sur le continent : la musique et les films piratés pullulent sur Vkontakte…
« A l’époque, Internet était assez peu régulé en Russie. Le pouvoir ne le considérait pas comme un phénomène politique »
Pavel Dourov, décrit dans les médias comme le « Zuckerberg russe », du nom du fondateur de Facebook, n’a alors pas à se soucier des autorités. « A l’époque, Internet était assez peu régulé en Russie. Le pouvoir ne le considérait pas comme un phénomène politique », décrypte Kevin Limonier, spécialiste de l’Internet russe. Pavel...


L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Le Russe Pavel Dourov, indéchiffrable créateur de Telegram
Il vous reste 83% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5332444&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Le Russe Pavel Dourov, indéchiffrable créateur de Telegram
Il vous reste 83% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5332444&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






                    

Martin Untersinger
    













<article-nb="2018/07/17/18-9">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Il faut porter un soin particulier dans la rédaction de sa clause bénéficiaire pour transmettre dans de bonnes conditions une somme à ses enfants, ou ç ses petits-enfants, répondent les experts de Cyrus Conseil à un lecteur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Assurance-vie : « Il peut être judicieux de nommer les bénéficiaires avec un pourcentage des capitaux décès »

Il faut porter un soin particulier dans la rédaction de sa clause bénéficiaire pour transmettre dans de bonnes conditions une somme à ses enfants, ou ç ses petits-enfants, répondent les experts de Cyrus Conseil à un lecteur.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 08h28
    |

            Jérôme Porier (Avec la société Cyrus Conseil)








                        



   


Question de lecteur. L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, c’est aussi un formidable outil de transmission qui suscite beaucoup d’interrogations.
J’ai 78 ans et sept petits-enfants. J’ai une assurance-vie dont mes enfants sont bénéficiaires. Comment faire une modification de façon à ce que mes petits-enfants, qui ne sont pas tous majeurs, en profitent aussi ?
Choisir les bénéficiaires d’un contrat d’assurance sur plusieurs générations présente de nombreux avantages. Cela permet de faire un saut de génération, d’éviter une taxation payée par vos enfants et de transmettre directement à vos petits-enfants, qu’ils soient mineurs ou majeurs.
La fiscalité applicable en cas de décès dépend de la date à laquelle les capitaux ont été versés. Si les capitaux ont été versés avant vos 70 ans, vous avez intérêt à multiplier le nombre de bénéficiaires, dans la mesure où chacun d’entre eux profitera d’un abattement de 152 500 euros non taxés.
Concernant la rédaction de la clause bénéficiaire, vous pouvez nommer vos petits-enfants individuellement bénéficiaires d’une somme particulière, mais sachez qu’il n’y aura pas d’évolution de cette somme en fonction de l’évolution de votre contrat (rachats, plus-value importante). C’est pourquoi il peut être plus judicieux de les nommer bénéficiaires d’un pourcentage des capitaux décès.
Saut de génération
Les mentions comme « vivant ou représenté », ou encore « à défaut », ne doivent pas être négligées dans la rédaction de la clause. En matière de succession, le patrimoine est transmis par branche : si vous avez deux enfants, chacun aura sa part, et si l’un d’eux est prédécédé, ce sont ses propres enfants qui viennent à sa place, « en représentation ».
Dans le cadre de l’assurance-vie, cette représentation n’est pas automatique, il faut la prévoir. Ainsi, si la clause prévoit simplement : « mes enfants par parts égales entre eux », et si l’un de mes enfants décède avant moi, ses frères et sœurs se partageront le capital entre eux. Alors que si j’apporte la précision « mes enfants vivants ou représentés par parts égales entre eux », la part du prédécédé reviendra à ses enfants. Il s’agit d’un moyen efficace d’assurer un saut de génération.

        Lire aussi :
         

                Assurance vie : de la potion magique pour les fonds euro-croissance



Enfin, la mention « à défaut » permet de désigner des bénéficiaires de second rang. Par exemple, si je désigne « Marc, à défaut Paul », cela signifie que, si Marc décède avant moi ou s’il refuse le bénéfice du contrat lors de mon décès, le capital reviendra à Paul.
Envoyez vos questions à argent@lemonde.fr et suivez-nous sur twitter @lemondeargent



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-10">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Spécialiste de l’histoire du sport, Pierre Lanfranchi estime, dans une tribune au « Monde », que le succès des Bleus est celui d’une génération capable d’accumuler de longues expériences à l’étranger.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les Bleus champions du monde : « La victoire d’une génération Y triomphante »

Spécialiste de l’histoire du sport, Pierre Lanfranchi estime, dans une tribune au « Monde », que le succès des Bleus est celui d’une génération capable d’accumuler de longues expériences à l’étranger.



Le Monde
 |    17.07.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 09h42
    |

Pierre Lanfranchi (Professeur d'histoire du sport, Université de Montfort, Leicester (Angleterre))







                        



                                


                            

Tribune. La France a remporté la Coupe du monde de football, à Moscou, dimanche 15 juillet, vingt ans après sa première victoire en 1998. Seule équipe invaincue du tournoi, elle est aussi la plus jeune, si l’on considère la moyenne d’âge des trente-deux sélections en présence pendant un mois en Russie.
Mais qu’est-ce qui caractérise cette France qui gagne ? En quoi diffère-t-elle de ses glorieuses aînées de 1958, 1982 et 1998 ? Reflète-t-elle une évolution dans la société comparable à ce « black-blanc-beur » que l’on avait tant vanté en 1998 ? Est-elle enfin si différente de ses rivales croates et belges, qui terminent aux places d’honneur de la compétition ?

La première caractéristique évidente de ce groupe est son hétérogénéité. Douze clubs différents sont représentés sur les quatorze joueurs entrés en jeu au cours de la finale. Il y a vingt ans déjà, c’était le cas. Aujourd’hui comme en 1998, seuls deux joueurs opèrent dans des clubs français. C’est une constante dans le football français, le succès passe obligatoirement depuis une trentaine d’années par une expérience acquise à l’étranger dans les meilleurs clubs.
La France qui gagne vit et travaille à l’étranger, en Espagne et en Angleterre surtout. En 1958, Raymond Kopa faisait figure d’exception en étant le seul joueur de l’équipe de France opérant dans un club étranger (le Real Madrid vainqueur de la Coupe d’Europe cette même année). Rien n’avait changé en 1982, puisque Didier Six, au VfB Stuttgart (comme Pavard aujourd’hui), était le seul expatrié de l’effectif.
Expérience des langues
Le rapport de force s’est désormais inversé, si bien que Kylian Mbappé est aujourd’hui le seul titulaire à jouer pour un club français, le Paris-Saint-Germain. Mais, en y regardant de plus près, les parcours des joueurs de 2018 sont assez différents de ceux des joueurs de 1998. Hernandez, Griezmann, Pogba n’ont jamais joué avec des clubs professionnels en France, Varane...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-11">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vuk Jeremić : « Ceux qui demeurent attachés au futur démocratique de la Serbie, regardez vers la France »

À l’occasion de la visite du président serbe Aleksandar Vucic à Paris, le 17 juillet, Vuk Jeremić, leader du parti serbe d’opposition centriste, appelle à lutter pour le développement de la démocratie et des droits de l’homme en Serbie et dans les Balkans



Le Monde
 |    16.07.2018 à 16h29
    |

Vuk Jeremić (Président du parti serbe d’opposition centriste, Narodna Stranka/Parti Populaire)







                        



                                


                            

Tribune. En juin 2003, les leaders européens se sont réunis à Thessalonique (Grèce) afin d’affirmer sans ambiguïté que « l’avenir des Balkans est dans l’Union européenne ». Quinze ans plus tard, au sommet de Sofia, une nouvelle génération de leaders européens s’est prononcée sur le sujet, mais de façon plus prudente.
La déclaration signée ne faisait nulle mention du processus d’adhésion, et les parties prenantes n’ont que simplement annoncé leur « soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Emmanuel Macron le plus clair
Parmi les leaders européens, c’est le président Emmanuel Macron qui aura été le plus clair dans la présentation des raisons de ce changement de situation. À l’occasion d’un discours historique prononcé au Parlement européen à Strasbourg, et de remarques exprimées à Sofia quelques semaines après, il s’estimait favorable à l’ancrage des Balkans dans l’Europe, tout en notant qu’aller vers un prochain élargissement ne pourrait prendre place qu’à la seule condition de l’accomplissement d’une vraie réforme, qui résulterait en un approfondissement et un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.

La franchise d’Emmanuel Macron est bienvenue : elle est indicatrice d’un réel intérêt dans le futur de l’Union européenne, tout en indiquant clairement que la transformation des Balkans occidentaux en région conforme aux valeurs et standards européens, demeure une responsabilité commune.
Cette franchise porte un véritable coup envers ceux qui souhaiteraient maintenir un statu quo qui coincerait la région entre l’Union européenne et le Moyen-Orient. Le risque d’avoir une telle zone tampon, est qu’elle créerait l’illusion faisant semblant que tout va bien dans notre coin du monde.
Je considère que cette dernière approche est erronée. Elle creuserait davantage le fossé entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, diminuant ainsi sur le long...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-12">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Spécialiste du XVIIe siècle, période sur laquelle il a écrit plusieurs ouvrages à succès, François Bluche est mort le 28 juin à l’âge de 92 ans.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La mort de François Bluche, historien du Grand Siècle

Spécialiste du XVIIe siècle, période sur laquelle il a écrit plusieurs ouvrages à succès, François Bluche est mort le 28 juin à l’âge de 92 ans.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h21
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Spécialiste du Grand Siècle (le XVIIe) et biographe révérant autant que révéré de Louis XIV, l’historien François Bluche est mort le 28 juin à Cornimont, dans les Vosges, où il s’était retiré, à l’âge de 92 ans.
Si sa famille est originaire de l’Est et a été profondément marquée par les conflits qui ont vu l’Alsace-Moselle disputée entre Français et Allemands, le petit François naît le 17 septembre 1925 en terre languedocienne, son père, industriel, ayant élu le village de Ganges pour y implanter une usine de bonneterie de soie.
Malgré ce que Christian Amalvi, dans la notice qu’il consacre à Bluche dans le Dictionnaire biographique des protestants français, codirigé par Patrick Cabanel et André Encrevé (2015), qualifie d’« éducation profondément patriotique », ce fils d’ancien combattant n’épouse pas la cause maréchaliste de son père et rallie, à 17 ans, les Francs-tireurs et partisans (FTP) de Montpellier avant d’adhérer au PCF ; ce qui lui ouvre la rédaction de Rouge-Midi, l’« organe du Rayon communiste et des syndicats unitaires », né en 1930, qui reparaît après cinq ans d’interruption en août 1944. Dirigé par Jean Cristofol, éphémère maire de Marseille (décembre 1946-octobre 1947), le périodique ne retient pas longtemps Bluche, qui ne persévère pas dans le journalisme et entreprend des études d’histoire.
Sommes érudites et livres de vulgarisation
Reçu à l’agrégation, il est assistant à la Sorbonne (1951-1955), avant d’être nommé professeur à la faculté des lettres de Besançon (1957-1969) puis d’intégrer Paris-X-Nanterre, où il finira sa carrière.
Tout en se consacrant à sa thèse sur les « Magistrats du Parlement de Paris au XVIIIe siècle », d’un classicisme qui tourne résolument le dos aux options des Annales – il dédiera l’ouvrage achevé à l’académicien Pierre Gaxotte (1895-1982), maurrassien convaincu qui refusa toutefois la Collaboration –, François Bluche, s’il a rompu avec...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-13">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre sa finale, tendue, indécise, unique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Coupe du monde : magie noire, irrationnel et baraka, par Olivier Guez

L’écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie narre sa finale, tendue, indécise, unique.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 16h04
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

En guise d’apothéose, je prévoyais un récit épique, une chanson de gestes exaltant le onze français en quête d’un deuxième titre mondial : Griezmann en Gilgamesh ; Varane puisant en lui une énergie surhumaine pour enrayer les offensives adverses. Après un quart d’heure de jeu, j’ai envie d’écrire sur les Croates et, puisqu’ils ont perdu, je rends hommage au valeureux Vida (dans une vie antérieure, il fut cosaque sur le Don, il en a le coffre et la queue-de-cheval), à l’excellent Perisic (quel but !) et à leurs milieux de terrain, emmenés par le maestro Modric, désigné meilleur joueur de la compétition à juste titre.
Ce petit homme à tête de rapace est la gloire du football. Il doit posséder un pinceau à l’extrémité de chaque pied. Vista, feintes ; intelligence du corps et de l’esprit, Modric ratisse, oriente, dévie, élastique et gracile, et à le regarder cabrioler sur un terrain, d’un camp l’autre, on se dit que le football est un art.
Il n’empêche, la Croatie a perdu et c’est tant mieux. L’après-midi passant, j’avais des nœuds dans le ventre, grandissants. Mais pourquoi m’inquiéter ? Comment oublier la chance de Deschamps ? Sans jamais tirer au but, ni même esquisser un mouvement, et alors que la Croatie a développé un jeu remarquable, la France mène 2-1 à la mi-temps
Cet avantage relève de la magie noire, et pendant que dans le vestiaire français Deschamps prononce une énième incantation satanique, je pense à la malédiction des équipes d’Europe centrale, à la Wunderteam autrichienne de l’entre-deux-guerres, à la Hongrie et à la Tchécoslovaquie, qui, bien que brillantissimes, n’ont jamais réussi à remporter la Coupe du monde.
Mandzukic signe un improbable doublé : un but pour, un but contre, du jamais-vu en finale de Coupe du monde
La finale bascule dans l’irrationnel lorsqu’un commando des Pussy Riot envahit la pelouse et que deux extraterrestres français assomment les Croates, pour toujours. L’équipe de France n’est pas seulement...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-14">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. De Paris à Marseille, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Ce moment est d’autant plus précieux qu’il rassemble un pays traumatisé par les attentats

Editorial. De Paris à Marseille, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 14h51
   





                        



Editorial du « Monde ». Dès le coup de sifflet final, une fantastique liesse s’est emparée de la France entière. Une ribambelle de supporteurs, fraternels et joyeux, ont célébré la victoire des Bleus, qui ont remporté, dimanche 15 juillet au stade Loujniki de Moscou, une deuxième Coupe du monde en battant (4-2) l’équipe de Croatie. D’un bout à l’autre du pays, la fête a été totale. De Paris – avec des Champs-Elysées en folie – à Marseille, en passant par Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Montpellier ou La Réunion, tout un peuple, laissant pour un temps de côté ses querelles et ses divisions, a fait un rêve en bleu. Ce moment est d’autant plus précieux qu’il rassemble, dans toute sa diversité, à coups de drapeaux tricolores et de Marseillaise, un pays traumatisé par la succession d’attentats commis sur son sol depuis janvier 2015 et l’attaque contre Charlie Hebdo.

        Lire aussi :
         

                Coupe du monde : « Le temps d’une victoire, aimons-nous vivants »



La France a ainsi exprimé sa fierté et sa reconnaissance à des Bleus venus de loin, qui, en retour, lui ont dédié leur victoire et ont même salué « la République ». Au début de ce Mondial en Russie, les Bleus de Didier Deschamps, jeunes (26 ans de moyenne d’âge) et relativement inexpérimentés, étaient loin d’être favoris. A ces joueurs, issus pour la plupart des banlieues populaires de la région parisienne, il a fallu beaucoup de sueur, de larmes et même de souffrance pour faire triompher leur sens du collectif et de la solidarité. La réussite de Didier Deschamps, le capitaine victorieux de 1998, s’est aussi appuyée sur un « ascenseur social » qui a bien fonctionné : le repérage, la formation et la promotion des jeunes talents du football français, grâce à un tissu de clubs et d’éducateurs que les masses d’argent qui pèsent sur ce sport n’a jamais fait craquer. La précoce éclosion de Kylian Mbappé, 19 ans, en est un brillant exemple.
Regonfler le moral
Ce moment de bonheur collectif apporte aussi un cinglant démenti aux théoriciens rances d’une obsession nationale fondée sur le nom de famille ou la couleur de peau. Pour ces Bleus, aux parcours et aux origines multiples, qui se sont drapés dans des drapeaux tricolores, l’appartenance à la communauté nationale va de soi. En même temps, le pays ne va pas être transfiguré par cette seconde étoile. L’histoire a montré la fugacité de ces instants d’union nationale. L’euphorie provoquée par la victoire de 1998 n’a pas empêché, en 2002, Jean-Marie Le Pen de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. En 2005, l’explosion dans les banlieues a montré la persistance des fractures urbaines et sociales. Et l’esprit du 11 janvier 2015 s’est vite évanoui.

        Lire aussi :
         

                Quand Macron exulte avec les Bleus



La France ne va pas se métamorphoser comme par enchantement. Les inégalités sociales ne vont pas s’effacer, le chômage de masse et la précarité ne vont pas disparaître. Les querelles et les polémiques qui sont notre lot quotidien vont vite réapparaître. La magie d’une gloire sportive est fugitive et ne suffit pas, à elle seule, à rétablir la cohésion sociale. Mais, pour autant, la France aurait tort de bouder son plaisir. Dans un climat politiquement et socialement morose, la victoire de l’équipe de France est susceptible de regonfler le moral des Français. Elle est un signe de confiance en sa jeunesse et offre une salutaire bouffée d’optimisme.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-15">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La loi américaine sur les données n’est « ni extraterritoriale, ni extrajudiciaire »

L’avocat Yann Padova, dans une tribune au « Monde », entend dissiper les craintes d’arbitraire et d’intrusion de la justice américaine qui entourent le « Cloud Act », la nouvelle loi sur l’accès judiciaire aux données informatiques votée aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h45
    |

                            Yann Padova (Avocat au cabinet Baker McKenzie)








                        



                                


                            

Tribune. Adopté aux Etats-Unis sans véritable débat parlementaire le 23 mars, le « Cloud Act » a provoqué une avalanche de commentaires parfois circonstanciés, parfois outrés, mais bien souvent inexacts.
Le premier mythe à propos du Cloud Act serait son « champ d’application extraterritorial », qui permettrait aux autorités américaines d’avoir un accès illimité et inconditionnel aux données stockées dans le monde entier par tout opérateur ou intermédiaire technique. La réalité est plus subtile.
Le Cloud Act, acronyme de Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (« loi clarifiant l’usage légal des données hébergées à l’étranger »), a pour premier objet de… « clarifier ». A cet effet, il clôt une controverse judiciaire qui opposait depuis de nombreuses années Microsoft au gouvernement américain et qui concernait les modalités d’accès aux données « sous le contrôle » de prestataires soumis au droit américain mais stockées dans d’autres pays. Ce contentieux a donné lieu à de nombreuses décisions judiciaires pas toujours cohérentes entre elles.
Dans le respect de la Constitution américaine
Désormais, le Cloud Act s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis et qui contrôle les données quel que soit le lieu où elles sont stockées. Les grands acteurs américains du cloud et leurs filiales étant dans cette situation, ils devront s’y conformer. Tout comme le devront les autres entreprises du secteur, y compris européennes, qui opèrent légalement sur le territoire américain.
Le Cloud Act n’est donc pas une loi extraterritoriale s’appliquant indifféremment à toutes les entreprises dans le monde entier, mais une loi qui s’applique à toute société relevant de la juridiction des Etats-Unis. C’est une différence qui a son importance. Notre propre droit pénal connaît d’ailleurs des dispositions comparables réprimant des faits commis par un Français hors du territoire national.

Le...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-16">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que la victoire de l’équipe de France en Russie s’inscrit dans le récit national qu’Emmanuel Macron tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Des « Bleus » 100 % politiques

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que la victoire de l’équipe de France en Russie s’inscrit dans le récit national qu’Emmanuel Macron tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 13h04
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Ils sont décidément formidables, ces Bleus. Non seulement, ils gagnent, non seulement ils assurent à la France sa deuxième Coupe du monde en vingt ans, mais ils rendent le pays heureux et se chargent à eux seuls de tout le travail des politiques.
Emmanuel Macron n’avait pas besoin d’en faire beaucoup, dimanche soir 15 juillet au stade Loujniki de Moscou. Il suffisait d’entendre le sélectionneur Didier Deschamps s’exclamer « on est fiers d’être français, vive la République ! », Paul Pogba souhaiter « que tout le monde s’embrasse », Hugo Lloris commenter « c’est beau de voir les Français unis, dans la joie, de les voir avec le sourire, de les voir avec les larmes. C’est comme ça qu’on aime voir notre pays », pour réaliser que quelque chose d’important était en train de se passer.

En ce 15 juillet, les Bleus ont apporté au président de la République ce derrière quoi il court depuis plus d’un an : un événement qui fait ciment, une grande fête populaire rassemblant toutes les catégories sociales et fédérant toutes les générations, un moment de fierté nationale, un instant de fusion. Ce faisant, ils se sont inscrits de plain-pied dans le récit national que l’élu de 2017 tente d’inculquer à son peuple rétif : oui, la France peut faire de grandes choses. Oui, elle a la capacité de surprendre le monde, n’en déplaise aux grincheux qui ne la voyaient pas forcément en finale.
L’alchimie du verbe et de l’action
Mais ce que le pays a démontré, dimanche, c’est qu’il n’avait pas nécessairement besoin d’être coaché par l’Elysée pour y parvenir. Le succès des Bleus est d’abord celui d’un homme tenace et taiseux, Didier Deschamps, en tout point différent d’Emmanuel Macron : le Basque, âgé de 49 ans, n’est pas un disruptif. En 1998, il jouait dans l’équipe de France, lors de la première victoire en Coupe du monde, puis il est devenu capitaine et, enfin, entraîneur.
« Je veux tout donner à la France » Kylian Mbappé
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-17">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. La réforme constitutionnelle améliore les garanties de nomination des procureurs, mais oublie que 95,8 % des juges restent choisis par le gouvernement, explique le journaliste du « Monde », Jean-Baptiste Jacquin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le débat escamoté sur l’indépendance de la justice

Analyse. La réforme constitutionnelle améliore les garanties de nomination des procureurs, mais oublie que 95,8 % des juges restent choisis par le gouvernement, explique le journaliste du « Monde », Jean-Baptiste Jacquin.



Le Monde
 |    16.07.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
16.07.2018 à 09h57
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Analyse. Il est une disposition du projet de réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron qui fait consensus : l’article 12 renforçant l’indépendance de la justice. Il devrait être examiné et adopté en séance à l’Assemblée nationale dans la semaine du 16 au 21 juillet, sans modification ni bataille enflammée, contrairement à ce que l’on a pu voir depuis le 10 juillet sur les autres articles du projet de loi réformant, notamment, le fonctionnement du Parlement.
Pourtant, le véritable débat sur l’indépendance de la justice semble avoir été escamoté. Le projet de loi propose de modifier les conditions de nomination des magistrats du parquet. Le gouvernement ne pourra désormais nommer ces magistrats chargés des enquêtes, poursuites et réquisitions aux procès qu’avec un feu vert du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
« Enfin ! », s’est félicitée la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, lors de l’examen du texte. De fait, c’est un vieux projet, alors que la nomination des procureurs de la République par le gouvernement a toujours alimenté les soupçons de connivence. En parallèle, la réforme confie au CSM un pouvoir disciplinaire sur les magistrats du parquet équivalent à celui qu’il détient sur ceux du siège, les juges.
« Une occasion manquée »
Le gouvernement Jospin (1997-2002) s’était le premier imposé de ne procéder à ces nominations qu’après « avis conforme » du CSM. Une pratique qui n’a pas résisté aux quinquennats de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Elle est redevenue la règle avec François Hollande, qui ne l’a pourtant pas constitutionnalisée, malgré sa promesse de 2012 et un accord en 2016 entre les deux assemblées parlementaires sur un même texte.
« On progresse doucement, mais on progresse », analyse Fabrice Hourquebie, professeur de droit public à l’université de Bordeaux, qui voit dans cette réforme « un vrai gain d’indépendance du parquet »....




                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-18">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Fin du patriarcat (1/5). En quelques années, les féministes ont remporté différentes victoires au Proche-Orient. Beaucoup reste à faire, mais l’écrivaine Malu Halasa affirme, dans une tribune, que le mouvement engagé ne sera pas facilement arrêté.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤     


                Une nouvelle masculinité prend forme dans le monde arabo-musulman


Fin du patriarcat (1/5). En quelques années, les féministes ont remporté différentes victoires au Proche-Orient. Beaucoup reste à faire, mais l’écrivaine Malu Halasa affirme, dans une tribune, que le mouvement engagé ne sera pas facilement arrêté.

Le Monde
                 |                 16.07.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
17.07.2018 à 12h04
                 |

Malu Halasa (romancière et journaliste)
















Derniers articles publiés


            John Lee Hooker, un cow-boy noir à l’Olympia


            La chanson d’amour de Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe


            « Il est temps que les femmes réclament leur juste représentation dans l’espace public »



Tous les articles





                









                            



                        

Sur la Corniche de Beyrouth, une étrange installation de robes de mariée flottant dans la brise marine comme des fantômes a frappé l’imaginaire des Libanais. Il s’agit de l’une des nombreuses interventions menées en 2017 par l’ONG Abaad, qui parvint à convaincre les parlementaires libanais d’abroger l’article 522 autorisant un violeur à échapper à la prison s’il épouse sa victime. Il se pourrait bien que les féministes, les politologues et les historiens se penchent à l’avenir sur cette année 2017 pour identifier les facteurs qui auront enclenché la fin du patriarcat arabe.
L’installation de Beyrouth n’est pas la seule avancée réalisée récemment dans la région : pour la première fois en Arabie saoudite, le 24 juin, les femmes étaient officiellement autorisées à conduire ; au Liban, en Palestine et en Jordanie, la loi permettant aux violeurs d’épouser leurs victimes a été abolie, et en Tunisie, premier pays arabe autorisant les femmes musulmanes à épouser des hommes d’une autre religion, une loi d’ampleur contre les violences domestiques, le harcèlement dans les lieux publics et la discrimination salariale a été votée. Pendant ce temps, en Syrie, sept années de guerre et de déplacements forcés ont renversé les rôles traditionnels entre les femmes et les hommes ; les femmes et les jeunes filles ayant dû quitter le foyer familial pour devenir les nouveaux chefs de famille, même sans grandes ressources.

Dans nombre de ces pays, la reconfiguration de problèmes culturellement sensibles par des militants locaux et des féministes n’a pas simplement ouvert de nouveaux horizons au débat public sur la question des femmes. Les femmes commencent à l’emporter sur des hommes qui jusque-là étaient encore indifférents.
Les princesses ont disparu
Depuis Schéhérazade déjouant son assassinat programmé dans les Mille et Une Nuits, on a admis que la violence contre les femmes et la misère sexuelle des Arabes faisaient partie de la vie du Moyen-Orient....


L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Une nouvelle masculinité prend forme dans le monde arabo-musulman
Il vous reste 84% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5331895&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Une nouvelle masculinité prend forme dans le monde arabo-musulman
Il vous reste 84% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5331895&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






                    

                                                Par                        Malu Halasa (romancière et journaliste)













<article-nb="2018/07/17/18-19">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Les utopies négatives de Superstudio

Esquisses du futur 1|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les villes « idéales » d’un studio d’architecture italien.



Le Monde
 |    15.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 14h40
    |

                            Eric Loret








                        



   


Parmi les arts, c’est à l’architecture (et à l’urbanisme) que la modernité a d’abord confié la mission d’améliorer le sort des hommes. Projets visionnaires de Boullée au XVIIIe siècle, phalanstère de Fourier, machine à habiter de Le Corbusier, puis, plus près de nous, autoplanification de Yona Friedman, ­architecture de récupération…
Mais à la fin des années 1960, les lendemains commencent à déchanter. Pour certains architectes et théoriciens, les utopies industrielles des années 1920 et 1930, qui voulaient « réconcilier la technologie et la nature, les régimes collectifs et l’auto­détermination, l’accomplissement matériel et spirituel », comme le résume Benjamin Buchloh dans l’article « Fuck the Bauhaus » (revue Initiales n°11, ENSBA-Lyon, mai 2018), se sont cassé les dents sur les « transformations sociales réelles qui étaient arrivées durant la désublimation agressive de l’expérience, au temps de la consommation de masse d’après-guerre ». La contestation gronde.
Propositions irréalistes
Gordon Matta-Clark, par exemple, que l’on peut voir actuellement au Jeu de paume, à Paris, critique littéralement à coups de massue la modernisation forcée et la relégation sociale qu’exerce l’architecture. Quelques années auparavant, en 1966, Superstudio et ­Archizoom, deux agences d’architecture de Florence, bousculent les codes par leurs propositions irréalistes. Superstudio, en particulier, inonde le monde de l’art d’images aussi attrayantes que glaçantes. Des photomontages montrant des paysages ou des villes recouverts d’une grille blanche uniforme, « design unique » qui peut être répété et appliqué n’importe où. On ne sait rien de ce qui est dedans ou dessous, c’est une pure « surface neutre ».
Ces horizons immaculés sont habités par des ­hippies que l’on voit pique-niquer ou glandouiller. En 1973, dans la revue Design Quarterly (n° 89, « Sottsass, ­Superstudio : Mindscapes », Walker Art Center), ­Superstudio décrit ainsi la première de ses « douze villes idéales » : un unique bâtiment constitué de cellules. Dans chaque cellule, un individu occupe un siège qui se moule autour de lui, capable de « satisfaire tous ses besoins physiologiques ». Le mur d’en face émet des odeurs, des sons et des images en 3D tandis que le sol est un « simulateur capable d’évoquer toutes les sensations du vivant ». Sur le toit, un « analyseur sélectionne, compare et interprète les désirs de chaque individu » à partir des ondes cérébrales de ceux-ci et, en conséquence, « programme toute la ville à chaque instant. Tous les citoyens sont parfaitement égaux. La mort n’existe plus ».
Discours ironique
Superstudio entretient volontiers le doute sur ses intentions. Au début, ses six membres présentent leur travail comme une « utopie modérée pour l’avenir immédiat » mais, plus tard, ils écriront aussi avoir inventé des « utopies négatives » et proposé une « lobotomie délicate » par le design. Discours ironique, semblable à celui du pop art auquel Superstudio emprunte ses formes, qui retourne la consommation de masse contre elle-même. Mais l’ironie n’empêche pas l’ambiguïté, au contraire : les propositions de Superstudio témoignent à la fois d’une fascination et d’une répulsion pour le fonctionnalisme et les grilles totalitaires de Mies van der Rohe.
Superstudio n’a jamais rien construit, sauf des meubles « encombrants ». Un refus de produire que le chercheur en histoire de l’art Ross K. Elfline, dans l’article « Superstudio and the “Refusal to Work” » (revue Design and Culture, 8:1, 2016), a proposé de relier à l’« opéraïsme » et au « refus du travail » de Toni Negri.
En 1971, l’un de ses fondateurs résumait ainsi la philosophie du groupe : « Si le design est une pure incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l’architecture est une pure codification des modèles bourgeois de propriété et de société, alors nous devons rejeter l’architecture ; si l’urbanisme est une pure formalisation des injustices sociales du ­présent, alors nous devons rejeter l’urbanisme (…) jusqu’à ce que ces activités aient enfin toutes pour but de satisfaire nos besoins primordiaux. »
D’ici là, le monde que Superstudio présente, privé d’objets, de villes et de lieux où habiter, serait en quelque sorte le moins mauvais des purgatoires, mais sans doute pas un idéal à réaliser.
La semaine prochaine : Le design spéculatif d’Ai Hasegawa.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/17/18-20">
<filnamedate="20180717"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180717"><AAMMJJHH="2018071718">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Pourquoi le Malet &  Isaac ne fut rédigé que par Isaac

Un manuel pour deux 1|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de la bible de l’enseignement de l’histoire française (années 1920-1960) qui, en fin de compte, n’est l’œuvre que d’un seul homme.



Le Monde
 |    14.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
15.07.2018 à 20h23
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



   


Bréviaire de la nation » est sans doute excessif, mais pour des générations d’élèves du secondaire le « Malet-Isaac » a été la bible de ­l’enseignement de l’histoire. Présentée comme un monument pédagogique élaboré par un duo inspiré, la série de manuels scolaires signée Albert Malet et Jules Isaac n’a pourtant rien d’une création commune.
Jeune talent impécunieux
D’abord parce que les deux auteurs crédités de cet exceptionnel succès ne sont pas vraiment de la même génération – l’un est né en mai 1864, l’autre en novembre 1877 – mais surtout parce qu’ils ont fort peu travaillé ensemble. Recruté par Ernest Lavisse pour collaborer à sa monumentale Histoire générale, Albert Malet se voit confier par le maître la rédaction des manuels d’histoire chargés d’accompagner les nouveaux programmes scolaires de 1902. Pour Hachette, il s’y consacre en privilégiant la pédagogie par l’image et, choix plus personnel, l’histoire militaire. Seul, donc, il rédige les sept volumes du cours d’histoire en quelque 3 000 pages.
Cette même année 1902, Jules Isaac réussit l’agrégation et prend son premier poste à Nice. Ce n’est qu’en 1906 qu’il est recommandé par Lavisse, toujours, qui soutient ce jeune talent impécunieux, pour rédiger les aide-mémoire destinés à la préparation du baccalauréat. En poste au lycée Louis-le-Grand, à Paris, Isaac étend sa collaboration au projet de Malet en direction du primaire supérieur, assure les ajustements aux modifications de programme dès 1909, mais les deux hommes se connaissent peu, se croisent à peine, le cadet n’étant pour l’aîné qu’un collaborateur certes précieux et fiable, mais secondaire.
Quand la Grande Guerre éclate, tous deux partent au front, Malet s’engageant malgré son âge avancé. Il tombe au combat en Artois en septembre 1915. Isaac, blessé à Verdun, ­réchappe du carnage. Et se pense légitime pour reprendre la charge de Malet chez Hachette.
Souci de continuité
Même s’il est nécessaire de trancher entre les nombreux postulants, puisqu’il faut rédiger au plus tôt un chapitre sur la guerre qui vient de s’achever, l’éditeur hésite. L’historien proteste, arguant de son investissement et de sa parfaite connaissance du chantier. C’est finalement la modification des programmes de l’instruction publique arrêtée en août 1920 qui lui donne le poste.
Désormais l’histoire s’enseigne en continu de la sixième à la terminale. Le découpage de ­Malet ne convient plus. Tout est à reprendre, et c’est une totale refonte qu’engage Isaac. Toutefois, il n’en est crédité qu’en partie, le nom de Malet restant en vue, sur les contrats comme sur les couvertures alors que la formule du ­manuel qui va triompher pendant plus de ­quarante ans est l’œuvre du seul Jules Isaac. ­Hachette avance un souci de continuité qui masque mal celui de ne pas afficher un nom si « biblique », pour ne pas dire juif, quand le succès de la série se joue aussi dans les écoles catholiques.
Aiguiser l’esprit critique
Jules Isaac s’en accommode. Ayant renoncé à sa thèse au profit de sa « grande œuvre pédagogique », pour laquelle il s’entoure d’historiens confirmés et de pédagogues attentifs, le maître d’œuvre marque son empreinte : appel aux sources et aux textes documentaires pour ­familiariser l’élève à la méthodologie historique, confrontation de visions alternatives avec la méthode du double point de vue (même s’agissant de la guerre de 14, le souci d’équilibre tranche sur l’opinion en vogue) afin d’aiguiser l’esprit critique, élargissement à des champs « neufs » : science, économie, courants philosophiques (plus timidement certes).
Et toujours une large place à l’illustration, dont les légendes gagnent en efficacité. Le Malet-Isaac (si peu Malet et si fortement Isaac) défend clairement un idéal « républicain, laïque, de centre gauche », comme le définit André Kaspi, à qui l’on doit une formidable biographie d’un « travailleur d’histoire » jusque-là méconnu (Jules Isaac ou la passion de la vérité, Plon, 2002). A lire le manuel, on voit qu’il évite le patriotisme exacerbé qui conduit au nationalisme agressif puisque Isaac y ­dénonce « les effets déformants de l’optique nationale ». Peut-on rêver catéchisme plus ­pacifiste quand on écrit l’Histoire sans la moindre référence à Dieu et qu’on proclame : « La vérité historique n’a pas de patrie, ne porte pas d’écharpe tricolore » ?
« Les juifs perfides »
Si on se gardera d’oublier que seule une minorité d’enfants accède à l’enseignement secondaire (100 000 en 1920, 310 000 en 1945) et que chacun n’a pas eu entre les mains un Malet-Isaac, c’est statistiquement le choix le plus fréquent, les manuels concurrents ne s’octroyant vers 1946 qu’à peine 20 % du marché.
Jules Isaac y a eu quelque mérite. Nommé inspecteur général de l’instruction publique en 1936, celui qui n’hésitait pas à maintenir dans ses manuels des pans de savoir évacués par des réformes soucieuses d’allégement – « nous n’avons pas cru devoir sacrifier tout ce que les programmes ont éliminé » – est naturellement révoqué en 1940 en vertu du statut discriminatoire des juifs adopté par Vichy.
Abel Bonnard, ministre de l’éducation nationale sous Pétain, n’écrivait-il pas, dans l’hebdomadaire Gringoire, en novembre 1942, qu’« il n’était pas admissible que l’histoire de France soit enseignée aux jeunes Français par un Isaac » ? Hachette fait le gros dos, s’accommoderait de manuels où le nom d’Isaac ­disparaîtrait. Jules se bat et l’emporte. Car il ne cède jamais. Etant parvenu, réfugié en zone ­libre, à échapper aux nazis, il prie Pie XII au lendemain de la Shoah, en 1949, en audience papale, de réviser la prière universelle où sont stigmatisés « les juifs perfides ». C’est Jean XXIII qui l’exaucera en 1959.
C’est ce message de tolérance et d’ouverture, d’esprit critique aussi qu’a porté le Malet-Isaac, dès qu’il fut l’œuvre d’Isaac.

Quand Georges Perec se souvient
Ayant forgé, des années 1920 à 1970, une vision du monde et une conscience historique pour des générations d’élèves et de professeurs, les manuels inventés par Jules Isaac et présentés sous le double nom Malet-Isaac ne pouvaient pas ne pas figurer parmi les réminiscences héroïsées par Georges Perec (1936-1982). Un an après la publication de Je me souviens (Hachette, 1978), l’écrivain est sollicité par l’historien Laurent Theis, alors directeur de la rédaction de la toute nouvelle revue H Histoire, pour contribuer au premier numéro, « Enseigner l’Histoire » (Hachette, mars 1979).
Il y livre un texte, « Je me souviens de Malet & Isaac », qui sera repris dans le recueil posthume Penser/Classer (Hachette, 1985). En voici l’incipit (pp.73-74) : « Je croyais garder le souvenir intact de mes vieux manuels d’histoire ; je me suis aperçu qu’il n’en était rien et quand j’ai tenté de retrouver quelques titres de chapitre (La France de Louis XIV, Les Grandes Découvertes, etc.), quelques formules (la défenestration de Prague, la Pragmatique Sanction, la Sainte-Alliance, le Blocus continental, la Diète d’Augsbourg, les bourgs pourris, la paix de Presbourg, le traité de Tilsit, le concile de Trente, l’Affaire des poisons, le Camp du Drap d’or, etc.), quelques images (le paysan portant sur son dos un noble et un curé, la carte de la campagne de France en 1814, la coiffure de femme représentant une caravelle, etc.), il ne m’en est venu pratiquement aucune. Il a fallu que je ­recherche et retrouve, par hasard, quelques-uns de ces anciens livres de classe pour qu’en les feuilletant aussitôt ressurgissent, à travers ces ­mises en pages élaborées où alinéas, caractères gras et italiques esquissent le cadre immuable d’une pédagogie sûre de ses principes, quelques siècles de notre histoire, telle que l’ont rabâchée des générations de lycéens. »


La semaine prochaine : Lagarde et Michard.



                            


                        

                        

